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Full text of "Généalogie des familles acadiennes : avec documents : rapport concernant les archives canadiennes pour l'année 1905"

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5-6   EDOUARD  VII  DOCUMENT   DE   LA  SESSION    No    18 


A.   1906 


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APPENDICE  A 


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5-6  l  DOUARD  VII  D0<  H    Dl     LA  SI  -No   18 

.GÉNÉALOGIE  MIS  FAMILLES  ACADIENNES, 

AVEC  D0OUMENTS 

PLACIDE  QAUDE1 

Conformémenl  au  désir  du  département  de  publier  nue  partie  <[>■  mon  1 
année,  j'ai  dressé  à  cette  fin   la  généalogie  des  trois  famille    acadienne     Bourg         l. 
noue  et  Belliveau.     Par  Buite  du  manque  de  données  officielle  -  qu'on  oe  trouve  que  da 
certains  registres  paroissiaux  et  recensements  nominatifs,  cette  partie  de   mon  travail 
est  nécessairement  incomplète. 

La  tftohe  entreprise  est  oollossale  et   lente.     De  fait,  ce  n'est  que  depuis  dix-huit 
mois  qu'il  m'est  possible  de  puiser  dans  les  documents  éparpillés  aus    Etats  CJnia  et  en 
Europe,     lue  t'ois  terminé,  cet  ouvrage  formera  un  dictionnaire  généalogique  comp< 
de  plusieurs  volumes  d'un    format  considérable  disposés  alphabétiquement.     Bien  que 
des  milliers  d'actes  aient  été  extraits  de  registres  d'état  civil,  je  n'ai  pu  compléter  qu'un 
certain  nombre  de  tableaux  généalogiques.     Les  trois   généalogies  publiées  H 
volume  démontrent  le  progrès  accompli  dans  cette  voie,   et  l'on  constatera  que  les  reg 
très  qui  font  défaut  aujourd'hui  m'auraient  permis  de  les  dresser  d'une  façon  à  peu    | 
complète. 

Le  système  de  coopération  établi  entre  la  division  des  archives  et  ceux  qui  font  des 
recherches  historiques  au  Canada  et  à  l'étranger,  me  fait  espérer  d'obtenir  bientôt  plu- 
sieurs documents  essentiels  pour  compléter  cet  ouvrage.  Les  pièces  découvertes  durant 
L'année  dernière  m'ont  fourni  des  renseignements  que  je  n'espérais  presque  plus  me  pro- 
curer. Parmi  ces  documents  découverts  récemment  par  M.  Biggar  à  la  mairie  de  La 
Rochelle,  se  trouvent  les  registres  paroissiaux  de  Beaubassin,  de  1712  à  1748,  et  ceux 
de  Saint-Pierre  et  Miquelon,  de  1763  à  17/6. 

Si  j'avais  eu  ces  registres  de  Beaubassin  à  ma  disposition,  les  branches  de  la  famille 
Bourgeois  établies  à  Chignictou,  n'auraient  pas  été  omises  dans  la  généalogie  de  cette 
famille. 

La  tâche  de  dresser  la  généalogie  des  familles  acadiennes  n'est  pas  facile. 

Pour  procéder  avec  méthode  il  faut  d'abord  établir  que  l'arrivée  des  familles 
primitives  en  Acadie,  remonte  à  l'expédition  du  commandeur  de  Razilly  en  1G32, 
car  sauf  les  La  Tour,  on  ne  trouve  pas  en  Acadie  de  descendants  des  colons  qui  v 
vinrent  avec  de  Monts  et  de  Poutrincourt. 

Les  Acadiens  descendent  donc  presque  tous  des  "  trois  cents  hommes  d'élite" — 
d'après  la  Gazette  de  Renaudot — venus  avec  de  Razilly.  Ils  descendent  aussi  des  immi- 
grants français  venus  avec  d'Aunay  de  Charnisay,  de  1639  à  1649,  et  avec  Charles  de 
Saint-Etienne  de  La  Tour  en  1651  ;  et  de  quelques  petits  contingents  d'immigrant^ 
venus  ultérieurement 

Quant  aux  Le  Borgne,  ceux-ci  semblent  avoir  très  peu  contribué  à  faire  venir  des 
colons  en  Acadie. 

Les  premiers  colons  qui  s'établirent  d'une  manière  permanente  en  Acadie,  y  arri- 
vèrent donc  en  1632.  Il  faut  remarquer  que  les  "  trois  cents  hommes  d'élite  "  du  com- 
mandeur de  Razilly  n'étaient  pas  tous  mariés,  car  à  l'exception  de  douze  ou  quinze,  les 
autres  sont  inscrits  comme  "  engagés  célibataires  "  qui  plus  tard  épousèrent  des  jeunes 
filles  venues  de  France.  Cependant  il  est  probable  que  plusieurs  d'entre  eux  restèrent 
célibataires  et  retournèrent  dans  leur  pays  natal  à  l'expiration  de  leur  engagement. 

Trois  frères  capucins  vinrent  avec  de  Razilly  pour  prendre  charge  des  missions 
acadiennes;  ils  furent  suivis  par  d'autres  religieux  de  leur  ordre  jusqu'en  1654,  époque 
où  l'Acadie  passa  sous  la  domination  anglaise. 

18-35     r-16 


iv  AI<<  HI\  ES  rANADJl.S  \  !  6 


5-6  EDOUARD  VII.  A.   1906 


Comme  les  premiers  colons  étaient  accompagnés  de  leurs  missionnaire*,  il  serait 
intéressant  de  s'assurer  si  les  registres  où  furent  sans  doute  consignés  curant  cette 
période,  les  baptêmes,  les  mariages  et  les  sépultures,  existent  encore.  Ces  registres 
auraient  une  importance  exceptionnelle  et  nous  indiqueraient  de  quels  endroits  en  France 
sont  sorties  les  premières  familles  acadiennes.  J'espère  que  les  recherches  qui  se  font 
actuellement  en  Europe,  nous  révéleront  l'existence  de  ces  documents,  soit  au  Vatican 
OU  à  Senlis. 

Pendant  une  période  de  dix  ans  à  peu  près,  de  1654  à  1664,  aucun  missionn- 
aire n'a  résidé  à  Port-Royal.  Les  jésuites  qui  résidèrent  à  Chedabouctou  et  à  Miscou, 
baie  des  Chaleurs,  de  1657  à  1662,  visitaient  probablement  Port-Royal  de  temps  à  autres. 
Néanmoins  aucun  de  leurs  registres  n'a  pu  être  découvert. 

Nous  avons  vu  que  l'Acadie  passa  sous  la  domination  anglaise  durant  l'été  de  1654. 
Bien  qu'elle  fut  restituée  à  la  France  par  le  traité  de  Bréda,  ce  ne  fut  qu'en  1670  que  le 
chevalier  de  Grandfontaine  prit  possession  des  forts  au  nom  du  roi  de  France  et  établit 
ses  quartiers  généraux  à  Pentagouët,  aujourd'hui  Penobscot  dans  l'Etat  du  Maine. 

Il  fut  fait  un  recensement  nominatif  de  toute  l'Acadie  en  1671, et  c'est  à  ce  docu- 
ment qui  forme  l'appendice  A,  qu'il  faut  avoir  recours  pour  trouver  les  noms  des  familles 
primiti\es  de  l'Acadie.  Il  fut  fait  un  recensement  nominatif  du  district  des  Mines  en 
1698  et  la  lettre  de  Villebon  du  3  octobre  1698,  indique  que  ce  recensement  fut  envoyé 
au  ministre  de  la  Marine  à  Paris. 

M.  Biggar  a  été  chargé  de  rechercher  en  France  l'original  de  ce  document  qu'il  est 
possible  de  découvrir  avec  le  temps,  et  qui  serait  une  acquisition  très  précieuse  puisqu'on 
y  trouverait  non  seulement  les  noms  des  parents  mais  ceux  des  enfants  et  leurs  âges. 
En  outre,  il  ferait  suite  aux  recensements  de  1671,  1686  et  1693  dont  il  existe  des  copies 
au  bureau  des  archives  du  Dominion  depuis  1904.  Il  se  trouve  aussi  à  cet  endroit  des 
copies  des  recensements  faits  à  Port-Royal  et  à  Beaubassin  en  1698,  1700  et  1701. 

A  l'arrivée  de  Grandfontaine  à  Port-Royal,  cet  endroit  et  Pentagouët  étaient  les 
deux  principaux  établissements  de  l'Acadie.  Il  en  existait  deux  autres  moins  impor- 
tants à  Pohomkou,  qu'on  appelle  à  tort  cap  de  Sable,  et  à  la  rivière  Saint-Jean.  Peu 
de  temps  après,  de  nouveaux  établissements  furent  formés  à  Beaubassin  ou  Chignictou 
et  aux  Mines.     Ce  dernier  endroit  est  mieux  connu  sous  le  nom  de  la  Grand-Prée. 

Au  commencement  du  dix-huitième  siècle  d'autres  établissements  se  formèrent  à  la 
rivière  aux  Canards,  à  Piziquid,  à  Chipoudy,  à  Petkoudiack,  et  ensuite  à  Memeramcouk 
et  à  Tintamarre.  Les  quatre  derniers  se  trouvaient  dans  les  limites  des  comtés  appelés 
aujourd'hui  Westmorland  et  Albert  au  Nouveau-Brunswick. 

A  une  certaine  époque,  le  district  de  Port-Royal  ou  Annapolis  Royal  possédait 
deux  églises,  celle  de  la  ville  dédiée  à  Saint-Jean  Baptiste  et  une  autre  siiuée  à  dix 
milles  de  cette  dernière. 

L'église  de  la  Grand-Prée  fut  dédiée  sous  le  vocable  de  Saint-Charles  ;  celle  de  la 
rivière  aux  Canards,  sous  le  vocable  de  Saint-Joseph  et  celle  de  Cobequid  sous  le  vocable 
de  Saint-Pierre  et  Saint-Paul.  Le  district  de  Piziquid  comptait  deux  églises,  celles  de 
l'Assomption  et  de  la  Sainte-Famille.  Sainte-Anne  fut  choisie  pour  patronne  du  district 
de  Beaubassin. 

Les  registres  de  ces  différentes  églises  rendraient  facile  la  tâche  de  dresser  la 
généalogie  des  familles  acadiennes  à  partir  de  1632  jusqu'à  1755,  mais  malheureusement 
il  ne  s'en  trouve  que  quelques-uns  dans  le  pays.  En  fait,  jusqu'à  présent,  deux  volumes 
seulement  des  registres  de  l'église  Saint-Jean  Baptiste  de  Port-Royal  ont  été  découverts  ; 
ils  commencent  avec  l'année  1702  pour  se  terminer  en  1755.  Les  originaux  sont  à 
Halifax  et  depuis  1882  il  s'en  trouve  une  copie  au  bureau  des  archives  du  Dominion. 

A  l'époque  de  leur  expulsion,  les  Acadiens  emportèrent  à  la  Louisiane  les  registres 
de  l'église  Saint-Charles  de  la  Grand-Prée  qui  formaient  cinq  volumes  commençant  en 
1687  et  se  terminant  en  1755.  Ils  furent  confiés  au  curé  de  la  paroisse  Saint-Gabriel 
d'Iberville  qui  ne  paraît,  pas  en  avoir  pris  grand  soin.  Dans  l'automne  de  1893,  une 
inondation  du  presbytère  de  Saint-Gabriel  détruisit  entièrement  deux  volumes  de  ces 
registres  et  une  partie  des  autres.  Deux  ans  après,  Sa  Grandeur  feu  Mgr  O'Brien, 
archevêque  d'Halifax,  fit  copier  ce  qui  restait  et  au  printemps  de  1899  je  fus  chargé  d'en 
faire  un  duplicata  pour  le  bureau  des  archives  du  Dominion.  Ces  registres  commencent  en 
1707  pour  se  terminer  en  1748.     Il  y  manque  plusieurs  baptêmes,  mariages  et  sépultures. 


QEN1  IL0QI1    m  >   ICADIESs    117:1    ixxcu i-.\tn  v 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Il  y  a  quelques  mois,  l'archiviste  a  découvert  à  la    I" 
partir  de  1773  jusqu'à  1859.     On  est  A  in       kotuellemeni   la  trai 
t  rea  pour  le  bureau  des  archi 

l'n  doouihenl  daté  de  Paria  en  I7<)<'»,  im  ■  ution  que  les  regiHtres  d<:  la  paroisse 
Saint-Pierre  et  Saint-Paul  furent  détruits  par  les  Anglais*  (  1  I  une  lettre  de  l'abbé 
de  l'I sic  l>i(>u  dans  laquelle  il  est  question  de  deui  jeunes  Acadien  .  Joseph  Biathurin 
Bourg  et  Jean  BrOi  natifs  de  la  rivière  aux  Canards,  qui  possédaient  leur  extrait  de 
baptdme.  Ceux-ci  se  préparaient  à  la  prêtrise  dans  un  petit  séminaire  du  di< 
Saint-Malo  et  fuient  ordonnés  au  Canada  en  1772. 

Il  est  vraisemblable  que  les  extraite  de  baptême  requia  pour  leur  ordination  fui 
tirés  des  registrea  de  l'église  Saint-Joseph,  <-t  que  oea  registrea  devaient  être  en  Prano 
11  est  probable  qu'ils  y  curent  transportée  par  les  Acadiens  déportée  à  la   Virginie,   d'on 
ceux-ci  fuient   ensuite  envoyés  en  Angleterre  et  de  là  à  Saint-Malo  et  à  Morlaix*     Bi 
1 7 7*2  et  1 774,  plusieurs  de  c<>s  familles  vinrent  s'établir  a  la  baie  des  Chaleurs  et  a  Arichat. 

Mgr   Tanguay   dit  dans   l'un   de   ses   ouvragée   «pi'il    a   trouvé   ]<  trea   de 

l'église  de  la  Grand-Prée  à   Paris,  en    1867.     Il  est   probable  que   Mgr   Tanguay 
trompé  et  que  les  registres  en  question  étaient  ceux  de  l'église  Saint-Joseph  de  la  \w  ière 
aux  Canards,  car  en  dépit  des  recherches  de  M.  Marmette  et  de  M.  Richard,  ceux  de  la 
Grand-Prée  n'ont  pu  être  découverts  (a). 

Les  registres  des  paroisses  de  L'Assomption  et  de  la  Sainte-Famille  de  Piziquid 
seront  probablement  trouvés  un  jour  dans  quelque  ville  de  France,  car  je  ne  crois  pas 
qu'ils  aient  été  détruits  à  l'époque  de  l'expulsion.  Ils  seraient  très  utiles  pour  dresser 
la  généalogie  des  familles  de  ce  district,  car  sauf  les  recensements  très  incomplets  de 
1701,  de  1703  et  de  1714,  parce  que  les  noms  des  femmes  et  des  enfants  y  ont  été  omis, 
je  n'ai  pas  de  données  officielles  à  ma  disposition. 

De  1749  à  1755,  plusieurs  familles  de  ce  district  émigrèrent  à  l'île  Saint- Jean,  d'où 
elles  furent  transportées  en  France  en  1758.  Quelques-unes  se  fixèrent  dans  ce  pays  et 
les  autres  se  transportèrent  à  la  Louisiane  vers  1784.  Onze  cents  personnes  de  celles 
qui  restèrent  à  Piziquid  furent  déportées  comme  prisonnières,  savoir  :  200  à  la  Virginie, 
sur  le  sloop  Neptune  ;  263  à  Annapolis,  Maryland,  sur  le  sloop  Ranger  ;  230  au  même 
endroit  sur  le  sloop  Dolphin  ;  156  à  Philadelphie,  sur  le  sloop  Tliree  Friends  ;  206  à 
Boston,  sur  le  sloop  Seajlotcer,  et  environ  50  furent  embarquées  à  la  Grand-Prée  sur 
d'autres  navires. 

On  lit  dans  la  Maryland  Gazette,  Annapolis,  4  décembre  1755  : 

11  Dimanche  dernier  (30  nov.)  est  arrivé  le  dernier  transport  de  la  Nouvelle-Ecosse, 
11  chargé  de  déporter  des  Français  neutres  dans  cette  province  ;  c'est  le  quatrième  depuis 
"  quinze  jours  et  le  chiffre  des  déportés  dépasse  900.  Pour  des  motifs  politiques  ces 
"  malheureux  ont  été  dépouillés  des  biens  qu'ils  possédaient  à  la  Nouvelle-Ecosse  et 
"  envoyés  ici  dans  le  plus  grand  dénuement  :  aussi  l'humanité  et  la  charité  chrétienne 
"  font  elles  à  chacun  de  nous  un  devoir  de  secourir  selon  nos  moyens  ces  êtres  dignes  de 
"  compassion." 

Le  chiffre  900  donné  par  la  Maryland  Gazette  n'est  pas  exact,  car  il  arriva  493 
déportés  sur  Le  Ranger  et  Le  Dolphin  et  420  du  district  de  la  Grand-Prée,  dont  242 
sur  la  goélette  Elizabeth  et  178  sur  la  goélette  Léopard,  formant  un  total  de  913. 

Dans  les  archives  coloniales  de  la  province  de  Pennsylvanie,  je  trouve  ce  qui  suit 
dans  les  procès-verbaux  d'une  séance  du  Conseil  tenue  à  Philadelphie  le  8  décembre 
1755:  "  Après  avoir  débarqué  les  Français  neutres  de  la  Nouvelle  Ecosse  à  proximitc 
de  l'hôpital  des  pestiférés,  les  capitaines  des  vaisseaux "nolisés  par  Lawrence,  demandè- 
rent leur  décharge  et  elle  fut  accordée  le  jour  même  à  ceux  qui  étaient  munis  de  ]& 
formule  requise  de  reçu  imprimé  : 

"  Tansportés  à  Philadelphie  par  le  sloop  Hannah,  capitaine  Richard  Adam?,  cent 
"  trente-sept  personnes  d'origine  française  de  la  Nouvelle-Ecosse  ; 

(a)  La  rivière  aux  Canards  était  un  district  très  populeux,  et  j'ai  trouvé  que  les  ancêtres  d'un  grand 
nombre  de  familles  des  provinces  maritimes  et  du  district  de  Montréal  étaient  originaires  de  cette  paroisse. 
Je  pourrais  ajouter  qae  Pierre  Gaudet,  mon  trisaïeul,  né  à  Paradis,  sur  la  rivière  Annapolis,  le  8  janvier 
1723,  épousa  en  1747,  à  la  rivière  aux  Canards,  Madeleine  Aucoin  et  que  tous  les' deux  décédèrent  à  Meme- 
ramcouk,  N.-B.,  à  un  âge  très  avancé  au  commencement  du  siècle  dernier.  Ils  laissèrent  deux  fils  dent 
Ips  descendants  sont  très  nombreux  surtout  dans  le  nomté  de  Westmorland,  N.-B. 

18—35J 


ri  ABUSIVES  CANADIEN  \ 

5-6  EDOUARD  VII.  A.  1906 

11  Par  le  sloop  Tlnr,  Prieru/ê,  capitaine  James  Carly le,  cent  cinquante-six  personnes 
"  d'origine  française  ; 

"  Par  le  sloop  Stran,  capitaine  Jonathan  Loviett,  cent  soixante  et  une  personnes 
11  d'origine  française.     Total,  101  personnes. 

Dans  les  archives  de  la  Pennsylvanie,  vol.  [I, p.  581,  se  trouve  la  lettre  suivante  du 
gouverneur    Dinwiddie   «le   la   Virginie,  au   gouverneur  de  la   Pennsylvanie,  datée  de 
Williamsbourg  le  21  février  1756  : 
Vfonsieur, 

"  Il  nous  a  *5té  envoyé  de  la  Nouvelle-Ecosse,  1140  neutres  qui  causent  beaucoup 
"  d'embarras  à  la  population.  Nous  les  avons  accueillis  et  le  Conseil  et  moi  avons  donné 
"  ordre  qu'il  soit  pourvu  à  leurs  besoins,  mais  il  me  parait  bien  incertain  que  la  Législature 
"  prenne  des  mesures  à  leur  égard.  J'ai  raison  de  me  plaindre  de  la  conduite  du  gou- 
"  verneur  Lawrence  qui  aurait  dû  nous  avertir  de  l'arrivée  de  ces  gens,  afin  de  nous 
ermettre  de  prendre  des  dispositions  à  ce  sujet. 

"  Je  vous  prie  de  me  faire  connaître  ce  que  votre  Législature  a  décidé  a  cet  égard  ; 
"  ce  renseignement  nous  sera  utile. 

"  ROBT.  DINWIDDIE." 

Il  paraît  que  la  Législature  de  la  Virginie  refusa  de  prendre  des  mesures  à  l'égard 
des  Acadiens  déportés  dans  cette  province,  puisqu'ils  furent  rembarques  sur  des  vais- 
seaux et  transportés  en  Angleterre,  comme  l'indique  l'extrait  ci-après  d'une  lettre  des 
lords  du  Commerce  au  gouverneur  Lawrence,  datée  de  Whitehall,  8  juillet  1756,  savoir  : 
"  Bien  que  par  votre  lettre  vous  nous  ayez  fait  savoir  que  les  provinces  avaient  accueilli 
11  les  Acadiens  qui  y  ont  été  envoyés,  nous  devons  vous  informer  que  plusieurs  centaine* 
"de  ces  gens  ont  été  transportés  ici  de  la  Virginie,  et  plusieurs  de  la  Caroline  du  Sud, 
"et  que  Sa  Majesté  a  donné  instruction  aux  lords  de  l'amirauté  de  charger  les  commis- 
saires des  marins  malades  et  blessés  d'en  prendre  soin." 

Ces  Acadiens  furent  envoyés  à  Liverpool,  à  Southampton,  à  Bristol  et  à  Penryn  et 
traités  comme  prisonniers  jusqu'au  printemps  de  1763,  alors  que  les  démarches  du  duc 
de  Nivernois  eurent  pour  effet  de  les  faire  transférer  à  Saint-Malo  et  à  Morlaix. 

En  1765,  des  terres  furent  concédées  à  Belle-Isle-en-Mer  dans  le  département  du 
Morbihan,  à  78  familles  presque  toutes  venues  d'Angleterre.  En  1767,  ces  familles 
furent  requises  de  faire  devant  une  commission  des  dépositions  assermentées  afin  de 
retiacer  leur  origine  et  leur  filiation.  L'abbé  Le  Loutre,  ancien  missionnaire  des 
Micmacs,  était  présent  lors  de  ces  dépositions,  et  après  avoir  entendu  les  déclarations 
des  chefs  de  famille,  établis  dans  les  quatre  paroisses  de  Belle-Isle-en-Mer,  il  fit  la 
déclaration  suivante  pour  établir  de  quelle  façon  ces  Acadiens  étaient  parvenus  à  cet 
endroit  :  "  Déclaration  de  M.  l'abbé  Le  Loutre,  ancien  vicaire  général  du  diocèse  de 
"  Québec  en  Canada.  Du  douze  mars  mil  sept  cent  soixante-sept,  a  le  dit  messire  Le 
"  Loutre  déclaré  que  les  Acadiens  placés  en  cette  isle  ont  été  transportés  par  les 
"  Anglois  à  Boston  et  autres  colonies  angloises  au  mois  d'octobre  mil  sept  cent 
"cinquante-cinq  ;  que  de  ces  colonies  ils  ont  été  transférés  dans  la  vieille  Angleterre  et 
"  dispersés  en  divers  endroits  du  royaume  dans  le  courant  de  l'année  mil  sept  cent 
"cinquante-six;  qu'en  mil  sept  cent  soixante-trois  après  le  traité  de  paix  ils  ont  été 
"  transportés  en  France  par  les  Gabarres  du  roy  et  placés  en  divers  ports  de  mer.  Et 
"qu'en  mil  sept  cent  soixante-cinq  dans  le  courant  du  mois  d'octobre  ils  ont  passé  en 
"  cette  isle  par  ordre  de  Monseigneur  le  Duc  de  Choiseul,  Ministre  de  la  Marine.  Ce 
"  qu'il  a  affirmé  véritable  et  a  signé  après  lecture  le  dit  mois  et  an  que  devant. 

"Signé  :  J.  L.  Le  Loutre  ptre  miss." 

La  déportation  de  1755  eut  pour  effet  de  démembrer  les  familles  acadiennes  et  de 
les  disperser  aux  quatre  coins  du  monde.  Suivre  la  trace  de  ces  familles  dans  leurs 
déplacements  n'est  certes  pas  une  tâche  facile,  et  il  n'est  pas  possible  de  dresser  des 
généalogies  complètes  avant  d'avoir  découvert  les  documents  qui  font  défaut. 

Je  ne  me  suis  pas  proposé  d'apprécier  dans  ce  travail  les  circonstances  dans  lesquelles 
l'expulsion  eut  lieu,  mais  de  placer  sous  les  yeux  de  celui  qui  s'intéresse  à  l'histoire,  une 
série  de  documents,  la  plupart  inédits,  rassemblés  au  prix  de  persévérantes  recherches 
et  q  i  éclairent  d'un  jour  nouveau  l'histoire  de  ce  malheureux  peuple,  surtout  après 
son  bannissement  du  pays  natal. 


(,/    \  /    1/  ni, Il      Dl  W  \IUI    \  M/'      1)001    Ml    I  *" 

DOC.  DE  LA  SESSION   No    18 

Quelques-uns  de  oes  documenl      ont  antérieui     i  l'expu  lit  à 

oette  époquo  et  quelques-un     on!    extrait     du  Journal  <!«■  Winslow.     Ce  journal  a 
«'•te  public  dann  loi  ColUctiom  </>•  fa  Société  historique  tU  lu 
volumes  sont  rares  aujourd'hui!     Pour  oette  raison, 
«>u\  rage,  de  nombreu  n  extrait    de  oe  journal,  afin  de  faii  s  le  récit  de 
les  données  de  oeux  qui  ont  exécuté  les  ordres  du  gouverneur  I-  ts*il, 

Je  n'ai  tiré  de  <'»'  journal  que  1rs  parties  r.ssrntiellr  M    <!»•  I.i  '!•  on. 

E^e  lieutenant  gouverneur   Lawrenoe  et  le  Oon  eil  prirent  à  Halifax,  le  28  juillet 
1755,  la  décision  finale  d'expulser  et  de  déporter  les  Acadiem       iv<»i     jour   apri   . 
rence  transmettait  dans  une  longue  lettre  ses  instructions  au  major  John  nandtield, 
au  capitaine  AJexander  M  urray  et  au  lieutenant  colonel  Robert  Monokton,  commandants 
respeotifs  aux   forts  Annapohs  Royal,   ESdouaifl  ei    Beauséjour  et  leui 
môme  temps  de  '*  la  résolution  du  Conseil  d'expulser  les  Acadien    el  de  purger  ls 
vince  de  tous  ces  mauvais  sujets.' 

Le  même  écrivait  à  Monckton  :  ii  L'ordre  est  donné  d'envoyer  en  toute  diligence  à  la 
"  liai»'  (Chignictou)  un  nombre  suffisant  de  transports  pour  embarquer  la  population. 
11  Vous  recevrez  en  même  temps  Les  instructions  relatives  aux  dispositions  à  prend 
41  l'égard  des  déportés  et   aux  endroits  qui  leur  sont  assignés  et  tout  ce  qui  pourra  vous 
u  être  nécessaire  en  cette  occurrence.     Dans  l'intervalle,  vous  devrez  agir  avec  le  plus 
11  grand  secret,  de  crainte  qu'ils  ne  s'enfuient  avec  Leurs  bestiaux,  ete.,  etc.     Et 
"  mettre  ce  projet  à  exécution  vous  devrez  avoir  recours  à  quelque  stratagème  pour  faire 
"  tomber   les    hommes  en  votre  pouvoir,   jeunes   comme  vieux  et   surtout  Les  chefs  <le 
11  famille.     Vous  les  détiendrez  ensuite  afin  que  tous  soient   prêts  à  embarquer  a  l'ar- 
M  rivée  des  transports  ;  après  quoi,  il  ne  sera  plus  à  craindre  que  Les  femmes  et  les  enf 
"  ne  s'enfuient  avec  les  bestiaux." 

Le  six  aoûtjJVIonckton  envoya  au  lieutenant-colonel  Winslow,  au  camp  Cumberland 
sur  la  Butte-à-Mirande,  un  billet  dans  lequel  il  exprimait  le  désir  de  lui  parler.  Ce  qui  fut 
arrêté  lors  de  cette  entrevue,  nous  est  révélé  par  les  extraits  du  journal  de  Winslow  qui 
forment  l'appendice  B.  Winslow  s'embarqua  le  16  août  à  Chignictou  avec  313  hommes, 
y  compris  les  officiers  et  arriva  le  18  au  fort  Edouard,  à  Piziquid  (aujourd'hui  Windsor) 
où  il  trouva  une  note  du  lieutenant-gouverneur  Lawrence,  lui  enjoignant  de 
prendre  ses  quartiers  aux  Mines.  A  la  marée  suivante,  Winslow  descendit  la  rivière 
Piziquid  et  entra  dans  la  rivière  des  Gaspareaux  où  il  jeta  l'ancre  le  19  II  établit  son 
camp  entre  l'église  et  le  cimetière,  réserva  pour  lui  le  presbytère  et  l'église  fut  trans- 
formée en  place  d'armes. 

Le  presbytère  de  la  Grand-Prée  était  vacant  depuis  le  4  août,  car  ce  jour-là,  le  curé 
de  la  paroisse,  l'abbé  Chauvreulx  avait  été  arrêté  et  envoyé  au  fort  Edouard.  Le  G  du 
même  mois  l'abbé  Daudin,  curé  d'Annapolis  Royal,  fut  aussi  arrêté  au  moment  où  il  ter- 
minait la  messe  et  envoyé  au  même  endroit.  Quant  à  l'abbé  Lemaire,  curé  de  la  paroisse 
Saint- Joseph  de  la  rivière  aux  Canards,  il  se  livra  lui-même  à  Murray  le  10  août.  Ces 
trois  prêtres  (il  n'y  en  avait  pas  à  Piziquid  depuis  le  mois  de  novembre  1754)  furent  en- 
voyés à  Halifax  où  ils  furent  incarcérés.  Au  mois  d'octobre  de  la  même  année,  ils  furent 
embarqués  sur  le  vaisseau  du  vice-amiral  Boscawen  et  transportés  à  Portsmouth  où  ils 
arrivèrent  au  commencement  de  décembre.  Ils  nolisèrent  une  petite  embarcation  à  cet 
endroit  et  partirent  pour  Saint-Malo  où  ils  arrivèrent  le  8  décembre,  jour  où  la  flotte 
d'Annapolis  mettait  à  la  voile  avec  sa  cargaison  humaine  de  1,6G4  Acadiens. 

Le  28  août,  Winslow  écrivit  la  note  suivante  dans  son  journal  :  "  L'enceinte  palis- 
sadée  a  été  parachevée  aujourd'hui  et  nous  avons  entrepris  la  tâche  de  nous  débarrasser 
de  l'une  des  plaies  d'Egypte." 

Le  lendemain  au  soir,  Winslow  reçut  la  visite  du  capitaine  Murray  du  fort  Edouard, 
porteur  de  nombreuses  dépêches  du  lieutenant-gouverneur  Lawrence,  parmi  lesquelles 
se  trouvaient  deux  lettres  d'instruction  concernant  la  déportation  des  habitants 
des  districts  des  Mines,  de  Piziquid,  de  la  rivière  aux  Canards,  de  Cobequid,  etc. 
Ces  pièces  datées  d'Halifax,  11  août  1755,  sont  reproduites  dans  l'appendice  B.  Il  s'y 
trouvait  une  circulaire  de  Lawrence  pour  les  gouverneurs  des  provinces  du  continent  où 
les  Acadiens  devaient  être  déportés,  que  Winslow  devait  remettre  aux  capitaines  des 
transports. 


viii  t  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

Dans  cette  soirée  du  29  août,  Winslow  et  Murray  décidèrent  d'avoir  recours  au  strata- 
gème employé  par  Monckton  à  Beauséjour  le  ]  1  du  même  mois,  pour  s'emparer  des  habi- 
tants de  ce  district.  Il  fut  convenu  de  sommer  toute  la  population  mâle  des  villages  de 
la  Grand-Prée,  des  Mines,  de  la  rivière  aux  Canards,  de  la  rivière  des  Habitants  et  delà 
rivière  des  Gaspareaux,  de  se  rassembler  à  l'église  de  cet  endroit  (Saint  Charles  de  la 
Grand-Prée)  le  5  septembre  suivant,  pour  entendre  l'ordonnance  du  roi.  D'autre  part, 
le  capitaine  Murray  devait  rasssembler  de  la  même  manière  au  fort  Edouard,  les  habi- 
tants de  Piziquid  et  des  villages  adjacents.  Winslow  écrivit  ensuite  à  Lawrence  pour 
lui  faire  part  de  la  détermination  qui  venait  d'être  prise.  Après  le  départ  du  capitaine 
Murray,  le  même  consigna  ce  qui  suit  dans  son  journal  :  "J'ai  convoqué  les  capitaines 
Adams,  Hobbs  et  Osgood  et  après  leur  a#voir  fait  prêter  serment  de  garder  le  secret,  je 
leur  ai  communiqué  mes  instructions  et  mes  plans  et  tous  ont  approuvé  ce  qui  a  été 
arrêté  entre  le  capitaine  Murray  et  moi." 

Dans  l'après-midi  du  30  août,  trois  vaisseaux  arrivèrent  de  Boston  à  l'entrée  de  la 
rivière  des  Gaspareaux,  conformément  aux  ordres  de  Lawrence,  pour  déporter  les  Aca- 
diens.  C'était  L7  Indeavour,  83  tonneaux,  capitaine  John  Stone  ;  L7  Industry,  86  ton- 
neaux, capitaine  Georges  Goodwin  (ou  Gooding),  et  Le  Mary,  90  tonneaux,  capitaine 
Andrew  Dunning.  L'ordre  de  marche  de  chaque  vaisseau,  signé  de  Chas.  Apthorp  et 
fils  et  Thomas  Hancock,  était  daté  de  Boston,  21  août,  sauf  celui  du  Mary  qui  était 
daté  du  22. 

Le  jour  suivant,  le  1er  septembre,  Winslow  écrivit  à  Murray  :  "Je  dois  vous  infor- 
mer que  trois  transports  sont  arrivés,  que  les  habitants  sont  allés  à  bord  et  ont 
cherché  à  connaître  leur  destination,  mais  je  m'étais  rendu  de  bonne  heure  auprès  des 
capitaines  et  leur  avais  donné  instruction  de  dire  qu'ils  avaient  été  envoyés  pour  me 
Servir  et  accommoder  les  troupes  en  quelque  endroit  qu'il  me  plairait  de  leur  assigner. 
Les  capitaines  m'ont  informé  que  dans  quelques  jours  onze  autres  vaisseaux  doivent 
partir  de  Boston.     Je  serais  heureux  de  voir  M.  Saul  ici  avec  les  vivres." 

Le  31  août,  une  autre  goélette  de  90  tonneaux,  Le  Neptune,  capitaine  Jonathan 
Davis,  arriva  et  se  rendit  immédiatement  à  Piziquid. 

Deux  autres  transports,  le  sloop  Elizabeth,  93  tonneaux,  capitaine  Nathaniel  Mul- 
burry,  et  la  goélette  Léopard,  87  tonneaux,  capitaine  Thomas  Church,  arrivèrent  au 
bassin  des  Mines,  le  premier  le  4  septembre  et  le  second  le  6.  Il  s'en  suit  que  six  vais- 
seaux seulement  arrivèrent  au  bassin  des  Mines  et  à  Piziquid,  tandis  que  sept  furent 
envoyés  de  la  capitale  du  Massachusetts  à  Annapolis  Royal.  Au  mois  d'octobre  il  fut 
ordonné  à  ces  sept  vaisseaux  de  se  rendre  au  bassin  des  Mines  et  à  Piziquid,  parce  que 
les  transports  que  Lawrence  avait  promis  d'envoyer  de  Chignictou  à  Winslow,  n'étaient 
pas  arrivés.  Treize  transports  en  tout  furent  donc  envoyés  de  Boston,  mais  il  faut 
ajouter  à  ce  nombre  la  goélette  Seaflower,  81  tonneaux,  qui  partit  de  Kitterney  Point, 
Maine,  pour  la  Grand-Prée,  au  commencement  de  septembre.  Le  propriétaire  de  ce 
vaisseau,  le  colonel  Nathaniel  Donnai  (alias  Dunniel  ou  Donnell),  se  rendait  à  cet- endroit 
pour  se  faire  payer  des  sommes  que  lui  devaient  depuis  longtemps  les  Français   neutres. 

Quelques  semaines  après,  on  s'est  servi  de  ce  vaisseau  pour  transporter  de  la  Grand- 
Prée  à  Boston,  206  personnes  du  district  de  Piziquid.  Le  2  septembre,  Winslow  se 
rendit  au  fort  Edouard,  afin  de  s'entendre  avec  Murray  au  sujet  de  la  sommation  pour 
rassembler  les  habitants,  tel  que  Winslow  le  mentionne  dans  son  journal.  Cette  som- 
mation reproduite  dans  les  extraits  du  journal  de  Winslow  qui  forment  l'appendice  B, 
semble  avoir  été  rédigée  par  Murray  et  traduite  en  français  par  Isaac  Deschamps,  mar- 
chand d'origine  suisse,  établi  à  Piziquid,  qui,  en  1783,  devint  juge  en  chef  de  la  Nou 
velle-Ecosse.  Cette  sommation  enjoignait  à  tous  les  habitants  de  Piziquid,  aux  vieil- 
lards comme  aux  jeunes  gens,  y  compris  les  jeunes  garçons  de  dix  ans,  de  se  rendre  au 
fort  Edouard  ;  et  à  ceux  du  district  de  la  Grand-Prée,  de  la  rivière  des  Mines  [aujour- 
d'hui Cornwallis],  de  la  rivière  aux  Canard-,  etc.,  "de  se  réunir  à  l'église  de  la  Grand- 
Prée,  le  vendredi,  5  courant,  à  trois  heures  de  l'après-midi,  afin  que  nous  leur  fassions 
parc  de  ce  que  nous  avons  reçu  ordre  de  leur  communiquer." 

Le  lendemain  Winslow  se  consulta  avec  ses  capitaines  et  tous  furent  d'avis 
d'adresser  la  sommation  aux  habitants  le  jeudi  matin,  4  courant.  Le  "  Dr  Rodion  " 
(il  s'agit  évidemment   du  Dr  Whitworth)  fut  chargé  de  cette  tâche.     Le  5  septembre 


OOC.  DE  LA  SESSION   No 

[ans  l'après-midi,  183  Aoadieni  s  rend  ire  al  au  fort  Edouard  ef   il  >  ds 

Prée      il  leur  fut  annonoé  que  'Meurt  terre    et   leur    i  ,  de  même  que 

à  oornes  el  bous  leurs  bestiaui   étaient   oonftsqui  profil  d(  >uronne  el    qn 

u,  m,-,  allaient  être  déportés  de  la  provino        II    furent  <" 

In 
u  roi. 

Oinq  jours  après,  Winslo*   fit  embarquer  141  jeune    gen    et  39  homme    mai 

les  oinq  transports  qui  m-  trouvaient  dsuas  le  bassin.      Par    aite  d'il 

l>;ir  Baliburton  qui  s  déclaré  que  oes  oinq  transport     partirent   le    10  leptembre,  jour 

même  de  l'embarquement,  plusieurs  historiens  anglais   et   franoai     de  mérite  qui  ont 

puise  leurs  renseignements  dans  sou  ouvrage,  <>nt  commis  la  même  inexactitude.      Pari 

inan  a  été    le  premier    à     la  signaler   dans     IOD    ÀCCtdion     '/'>"/■■//        I  >••    I 

ports  sont  restés  au  bassin  des  blines  jusqu'au  27  octobre,  alors  qu  ils  partirent    avec  le 
reste  de  la  Botte  oomposée  de  neuf  autres  transports,  sans  compter  les  10 de  Chigni 

qui  partirent  le   1  >î  pour  leur  rendez  VOUS    ni  dit    bassin. 

Dans  une  lettre  à  MoQcktou  en  date  du  15  novembre  1755,    Winslow   parlant  des 
1510  personnes  qu'il  avait  embarquées  sur  neuf  transporte,  dit  :    "J'espère  que  le 
portés  sont  arrivés  ou  sont  sur  le  point  d'arriver  aux  ports."     Il  s'agissait  des  p 
Williamsbourg,  à  la  Virginie;  de  Philadelphie,  à  la  Pennsylvanie;  d' Annapolis,  au  Mary 
land.     Cette  explication  a  été  jugées  nécessaire  pour  faire  disparaître  l'impression  qui 
persiste  chez  plusieurs  et  surtout  chez  les  écrivains  acadiens,  au  sujet  des  événement* 
du  lu  septembre  I  755. 

Les  transports  que  Lawrence  avait  promis  à  Winslow  et  B  Murrayet  que  Monekton 
devait  envoyer  de  Chignictou,  n'arrivant  pas,  ceux-ci  se  trouvèrent  fort  embarra 
pour  exécuter  l'ordre  de  déporter  les  habitants.  Ils  convinrent  de  dernand* ir  à  Lawrence 
de  leur  faire  parvenir  les  navires  de  Boston  qui  se  trouvaient  à  Annapolis,  et  le  '29 
septembre,  Winslow  écrivit  une  lettre  à  cet  effet  au  lieutenant-gouverneur.  Lawrence 
répondit  ce  qui  suit  le  1er  octobre  :  "  Je  viens  de  recevoir  votre  honorée  lettre  du  29 
';  septembre.  Vu  que  nous  n'avons  pas  un  nombre  suffisant  de  transports  pour  dé- 
"  porter  les  habitants  des  Mines  et  de  Piziquid,  je  transmets  ci-inclus  l'ordre  au  major 
"  Handfield  de  vous  envoyer  ainsi  qu'au  capitaine  Murray,  tous  les  transports  qui  se 
"  trouvent  à  Annapolis  afin  de  déporter  immédiatement  les  habitants  de  vos  districts. 
"  Dans  quelques  jours  j'enverrai  d'ici  au  major  Handfield,  d'autres  transports  pour  rem- 
"  placer  ceux  qu'il  doit  vous  faire  parvenir.  Maintenant  vous  êtes  prié  de  lui  trans- 
11  mettre  l'ordre  ci-inclus  en  toute  diligence,  avant  qu'il  ne  commence  l'embarquement  de 
"  la  population  de  son  district,  et  afin  que  vous  ayez  des  transports  à  votre  disposition 
"  le  plus  tôt  possible  .  ...  Le  major  Handfield  recevra  en  même  temps  l'ordre  de  vous 
11  remettre  les  circulaires  adressées  aux  gouverneurs  sur  le  continent  à  raison  du  nombre 
"de  transports  qu'il  vous  enverra." 

Le  4  octobre,  une  demi-heure  après  avoir  reçu  cette  lettre,  Winslow  chargea  un 
détachement  d'aller  porter  à  Annapolis  les  ordres  adressés  au  major  Handfield.  Six 
jours  après,  dans  l'après-midi  du  10  octobre,  sept  transports  arrivèrent  d' Annapolis, 
savoir  :  Les  sloops  Hannah,  70  tonneaux,  capitaine  Richard  Adains  ;  Sally  and 
Molley,  70  tonneaux,  capitaine  James  Purrington  (alias  Puddington,  Parrington)  ; 
Dolphin,  87  tonneaux,  capitaine  Zebad  Farman  ;  Prospérons,  75  tonneaux,  capitaine 
Daniel  Blagdon  ;  Ranger,  90  tonnneaux,  capitaine  Francis  Perrey  ;  Three  Friends,  69 
tonneaux,  capitaine  James  Carlyle  ;  Swan,  80  tonneaux,  capitaine  Ephm.  Jones.  Le 
capitaine  Jones  qui  était  malada  demanda  que  le  commandement  du  vaisseau  fut  confié 
à  l'officier  en  second.  Bien  que  cette  demande  fût  accordée,  Jonathan  Loviett  devint 
par  la  suite  capitaine  du  Swan,  et  c'est  le  nom  de  ce  dernier  qui  apparaît  sur  la 
décharge  du  vaisseau  à  Philadelphie  et  dans  les  comptes  transmis  à  Lawrence  en  1756, 
par  Apthorp  &  Hancock  de  Bos'on. 

Ces  détails  sont  donnés  pour  faire  mieux  comprendre  le  journal  de  Winslow  dans 
lequel  le  nom  du  vaisseau  est  invariablement  omis  et  remplacé  par  celui  du  capitaine. 
De  plus,  il  devient  possible  avec  ces  renseignements  de  trouver  le  nom  du  transport  sur 
lequel  ont  été  embarqués  les  habitants  de  tel  ou  tel  village  du  district  des  Mines  et  où 
ils  furent  déportés. 

Les  transports  Three  Friends  et  Dolphin  reçurent  le  1 2,  l'ordre  de  se 
rendre   au  fort   Edouard   et    ie   même  ordre  fut  donné  au   Ranger  le    16.      Huit  cent 


x  ÂRCHn  ES  CANADIEN  VES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

soixante    personne   de    Piziquid   furent     embarquées    sur    ces    trois    vaisseaux    et    sur 
le  Neptume,  transport  de  90  tonneaux  arrivé  de  Boston  le  31  août. 

Le  14  octobre  Murray  écrivait  à  Winslow  :  "  La  population  d'ici,  y  compris  les 
enfants,  dépasse  le  chiffre  de  920  personnes." 

Le  23  octobre,  Winslow  écrivait  à  Apthorp  &  Hancock  :  "Le  capitaine  Murray  est 
arrivée  de  Piziquid  avec  plus  de  1,000  personnes  distribuées  sur  quatre  vaisseaux — 
Nous  nous  sommes  procurés  la  goélette  du  colonel  Dunniel."  Il  ajoute  ensuite  :  "  Le 
capitaine  Murray  a  déporté  toute  la  populatiion  de  Piziquid  dont  le  chiffre  dépasse 
1,100  personnes." 

Le  3  novembre  le  même  écrivait  à  Monckton  :  "  Le  capitaine  Murray  s'est 
débarrasé  de  la  population   de  son  district  qui  dépassait  le  chiffre  de  1,100  personnes.  ' 

Il  semble  évident  que  le  14  octobre,  Murray  croyait  que  la  population  de  son 
district  se  composait  de  920  personnes,  mais  qu'il  en  a  découvert  d'autres  après  cette 
date,  et  que  ces  derniers  joints  au  chiffre  ci-dessus  formaient  un  total  de  plus  de  1,000 
personnes  qui  furent  embarquées  sur  quatre  vaisseaux  et  transportées  pu  bassin  des 
Mines.  A  cet  endroit,  206  furent  transférées  sur  la  goélette  Seaflower  du  colonel 
Dunniel,  nolisée  par  Winslow.  Il  restait  donc  sur  les  quatre  vaisseaux  d'Apthorp  k 
Hancock  860  personnes  qui  ajoutées  aux  206  transférées  sur  le  Seaflower  formaient  un 
total  de  1,066  personnes. 

Le  19  octobre  Winslow  se  rendit  à  un  endroit  appelé  la  "  Pointe  -des-Boudrots  "  sur 
la  rivière  aux  Canards,  et  le  21  il  retourna  à  son  camp  à  la  Grand-Prée.  Murray  l'at- 
tendait à  bord  du  seneau  Halifax  dans  le  bassin  des  Mines  où  il  était  arrivé  le  20  avec 
ses  quatre  transports  sur  lesquels  se  trouvait  la  population  de  Piziquid. 

Immédiatement  après  son  arrivée  au  camp,  Winslow  approuva  un  projet  de  Murray, 
en  vertu  duquel  un  certain  nombre  d'Acadiens  que  celui-ci  avait  embarqués,  furent 
transférés  sur  la  goélette  Seaflower.  C'est  après  cela  que  Winslow  écrivait  à  Apthorp 
&  Hancock  le  23  du  même  mois  que  "  le  capitaine  Murray  était  arrivé  de  Piziquid  avec 
plus  de  1,000  personnes  sur  quatre  transports  "  et  qu'il  "  avait  déporté  tout  son  monde  "  ; 
ce  qui  ne  fut  fait  qu'après  avoir  nolisé  la  goélette  Seaflower.  Il  reste  à  examiner  une 
autre  version  de  Winslow  transmise  à  Monckton  le  3  novembre,  en  vertu  de  laquelle 
"le  major  Murray  se  serait  débarrassé  de  toute  la  population  de  son  district  qui  com- 
prenait plus  de  1,100  personnes. 

A  ce  sujet,  il  faut  se  rappeler  que  plusieurs  familles  s'étaient  réfugiées  dans  les  bois 
où  elles  se  tenaient  cachées.  Le  documeut  ci-après  fait  voir  les  moyens  auxquels  on 
avait  recours  pour  s'emparer  des  Acadiens  ;  il  fut  rédigé  par  le  lieutenant  Cox  qui  rem- 
plaça Murray  au  fort  Edouard  au  commencement  de  novembre,  et  se  lit  comme  suit  : 

"  D'autant  que  certains  des  habitants  des  départements  de  Pissiquid,  des  villages 
"  Landry,  Forêt,  Babin,  etc,,  se  sont  absentés  de  leurs  habitations  dans  la  crainte  que  le 
11  gouvernement  de  sa  Majesté  ne  leur  veuille  mal,  et  soit  dans  l'intention  de  les  punir  de 
"  leur  témérité  et  desobédissance  aux  ordres  de  son  Excellence  le  gouverneur  :  Je  déclare 
11  au  nom  et  de  par  Sa  Majesté  le  roi  de  la  Grande-Bretagne,  que  si  les  dits  habitants 
"  réfugiés  se  rendent  et  se  soumettent  aux  ordres  de  Sa  Majesté,  qui  n'est  rien  autre  que 
,s  de  les  embarquer  et  les  consigner  aux  colonies  de  Sa  Majesté  Très  Chrétienne,  ils  seront 
"  reçus  et  bien  traités  ;  au  contraire,  s'ils  s'obtinent  à  rester  dans  leur  rétraite,  ils 
"  seront  traités  comme  des  rebelles  et  doivent  s'attendre  au  Châtiment  le  plus  sévère. 
"  Et  comme  il  y  a  à  la  Grand'Praye  nombre  suffisants,  je  promets  aux  habitants  qui  se 
11  rendront  icy  sous  trois  jours  qu'ils  seront  immédiatement  envoyés  joindre  les  dits 
11  habitants  de  la  Grande'Praye,  pour  vivre  et  être  embarqués  avec  eux,  sitôt  que  les 
"  transports  pour  cet  effets  seront  arrivés.  Donné  au  Fort  Edouard  ce  douzième  de 
"  novembre,  l'an  1755." 

Aucun  document  ne  démontre  que  des  Acadiens  tombèrent  dans  le  piège  tendu  par 
la  déclaration  ci -des  sus. 

Pour  expliquer  le  chiffre  de  "  1,100"  dont  il  est  fait  mention,  il  est  raisonable  de 
supposer  que  plusieurs  Acadiens  du  district  de  Piziquid  furent  embarqués  à  la  rivière  des 
Gaspareaux,  sur  quelques-uns  des  transports  que  Winslow  avait  déjà  remplis  avec  les 
Acadiens  de  ses  districts. 

Il  a  été  constaté  déjà  que  trois  des  sept  transports  arrivés  au  bassin  des  Mines  le  10 
octobre,  reçurent  l'ordre  de  se  rendre  au  fort  Edouard. 


f,i  \  /  1/ ooie  i>'     a  i /'//  \     il/»   /""  /  i//  \  / 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Outre  les  quatre  autres,  à  savoir  :  le  Hannaht  le  Sally  and  MoUy%  le  P 
\eSwaih,  Winslow  avait  enoore  à  sa  dit po  ition  pour  tran  porter  on  monde,  V/nd 
VIndustry,  Le  Afary,  Vffli  abeth  et  le  Léopard,     Il  faut   m  rappeler  que  le  I"  septeia 
III  jeunes  gens  et  89  hommes  mariés  furent  embarqué      m  ei  que  plus 

bard  l<)()  autres  Aoa  liens  furent  ajoutés  s  ce  nombre* 

Apres  avoir  reçu  de  Lawrence  la  promesse  <|n<-  les  bran  ports  qui  se  trouvaient  à 
Annapolis  seraient  envoyés  au   batsin  des   Mines,   Winslow  comme  préparatifs 

pour  embarquer  les  Aoadiens.     Dans  son  journal  se  trouve  la  note  mivante  en  date  du 
6  octobre  :  "  Sur  l'avis  de  mes  capitaines,  il  a  été  fait  une  division  de  la  population  de 
H  ohaque  village,  et  il  a  été  déci  lé  que  les  habitants  «l'un  même  rills  tient  embar 

"  qués  sur  le  même  transport  autant  que  possible,  afin  que  les  membre  d'une  même 
M  famille  s  .icnt  déportés  ensemble,  .l'ai  ensuite  donné  ordre  au*  familles  de  s  préparer 
"  à  embarquer  avec  leurs  effets,  etc.,  mais  malgré  cela  je  n 'ai  pu  les  convaincre  que 

"  j'étais  sérieux. 

8  octobre.  "  On  a  commencé  à  embarquer  les  habitants  qui  partirent  à  regret  et 
"  malgré  eux,  Les  femmes  très  affligées  portaient  leurs  nouveaux-nés  dans  leurs  bras 
"  et  d'autres  traînaient  dans  des  charrettes  leur»  parents  infirmes  et  leurs  effets.  En 
11  somme,  ce  fut  une  scène  où  la  confusion  se  mêlait  au  désespoir  et  à  la  désolation. 

"  Quatre-vingts  familles  ont  été  embarquées  sur  les  vaisseaux  des  capitaines  Church  et 
11  Milburry. 

9  octobre.  —  "  A  l'arrivée  des  autres  transports,  les  hommes  qui  avaient  été  mis  à 
11  bord  des  trois  premiers  vaisseaux,  furent  débarqués  pour  leur  permettre  de  se  réunir 
"  à  leurs  familles.'' 

Ces  deux  citations  du  journal  de  Winslow  démontrent  que  le  8  octobre,  80  familles 
furent  embarquées  sur  le  Léopard  et  Y  Elizabeth  qui  se  trouvaient  dans  le  bassin  des 
Mines  depuis  le  commencement  de  septembre,  et  que  les  hommes  qui  avaient  été  mis  à 
bord  des  trois  premiers  transports  furent  débarqués.  Il  faut  donc  conclure  que  330 
personnes  se  trouvaient  sur  les  trois  transports  Indeavour,  Industry  et  Mary,  arrivés  de 
Boston  le  30  août  et  dont  il  a  été  question  précédemment,  et  que  les  hommes  mariés  ou 
non  mariés  qui  avaient  été  embarqués  sur  le  Léopard  et  Y  Elizabeth  ont  été  transférés 
depuis  le  10  septembre. 

Dans  une  lettre  à  Lawrence,  en  date  du  11  octobre,  Winslow  dit  :  "  Nous  avons 
rempli  deux  transports  qui  sont  pourvus  des  choses  nécessaires."  C'étaient  le  Léopard 
et  Y  Elizabeth  auxquels  Winslow  donna  ordre  le  13  de  mettre  à  la  voile,  comme  il  est 
démontré  par  les  extraits  du  journal  de  Winslow  qui  forment  l'appendice  B.  Il  est  fait 
mention  dans  les  instructions  au  capitaine  Church  que  cent  soixante-quatorze  personnes 
qui  font  partie  des  habitants  français  de  la  Nouvelle- Ecosse,  ont  été  embarquées  sur  la 
goélette  Léopard,  et  il  est  ordonné  au  capitaine  de  transporter  ses  "  passagers  "  au 
Maryland.  Dans  une  liste  provenant  de  Winslow  qui  indique  les  noms  des  navires,  leur 
destination  et  le  nombre  de  déportés  sur  chaque  transport,  il  est  démontré  que  178 
personnes  ont  été  mises  à  bord  du  Léopard,  et  ce  chiffre  doit  être  exact.  \!  Elizabeth 
avec  186  déportés  avait  reçu  ordre  aussi  de  se  rendre  au  Maryland.  Il  est  dit  dans  un 
autre  document  que  242  déportés  se  trouvaient  sur  Y  Elizabeth  ;  or  d'après  cette  version 
56  autres  personnes  auraient  été  embarquées  après  le  13  octobre.  Il  s'en  suit  que  420 
Acadiens,  tous  du  village  de  la  Grand-Prée,  ont  été  déportés  sur  ces  deux  transports. 
Le  reste  des  habitants  de  ce  village  et  ceux  de  la  rivière  des  Gaspareaux  qui  for- 
maient un  total  de  462  personnes,  furent  embarqués  comme  suit;  168  sur  le  Swan, 
140  sur  le  Hannah,  et  154  sur  le  Sally  and  Molly.  Ce  dernier  chiffre  ajouté  à  celui  de 
420,  démontre  que  882  personnes  ont  été  déportées  du  village  de  la  Grand  Prée  et  de  la 
rivière  des  Gaspareaux.  Le  Swan  et  le  Hannah  transportèrent  leurs  cargaisons  humai- 
nes à  Philadelphie  et  le  Sally  and  Molly  prit  la  route  de  la  Virginie. 

Le  19  octobre,  les  quatre  transports  restés  au  bassin  des  Mines  remontèrent  la  rivière 
de  ce  nom  (aujourd'hui  Cornwallis)  jusqu'à  la  "  Pointe  des  Boudrots  "  où  182  personnes 
furent  embarquées  sur  le  Mary,  177  sur  YIndustry,  166  sur  Y Endeavour  et  152  sur  le 
Prospérons,  formant  un  total  de  677  personnes  de  la  rivière  aux  Canards  et  de  la  rivière 
des  Habitants,  qui  furent  mis  à  bord  de  ces  quatre  transports  et  déportés  à  Williams- 
bourg,  à  la  Virginie. 


xH  W.V7//I  ES   <    INADIE  VNE8 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

A  mon  sein,  c'est  la  première  t'ois  que  sont  mis  au  jour  de  tels  renseignements  con- 
.•-•rnant  l'embarquement  des  Acadiens.     Pour  les  obtenir  il  a  fallu   plus  de  travail  qu'on 

aurait  se  l'imaginer,  mais  ils  sont  nécessaires  pour  faire  connaître  les  endroits  où  les 
ramilles  de  tel  ou  tel  district  ont  été  exilées,  afin  de  pouvoir  les  suivre  à  travers  leurs 
déplacements  juxju'a  leur   rapat  riement. 

Si  l'on  ajoute  les  882  personnes  de  la  Grand  Prée  et  de  la  rivière  des  Gaspareaux 
aux  G77  de  l  i  rivière  aux  Canards  et  de  la  rivière  des  Habitants,  on  obtient  un  total  de 
1,659  Acadiens  déportés  par  Winslow  le  27  octobre,  sur  nerf  transports.  Ce  chiffre 
dépasse  de  49  celui  da  1,510  fourni  par  Winslow,  mais  ni  l'un  ni  l'autre  ne  doivent  être 
exacts,  puisqu'il  est  reconnu  que  par  suite  du  manque  de  transports,  plusieurs  personnes 
furent  embarquées  après  avoir  donné  aux  capitaines  l'ordre  d'appareiller. 

Le  20  octobre,  Winslow  écrivait  à  Shirley  qu'il  n'avait  des  "  transports  que  pour 
1,500  personnes  seulement"  et  qu'il  croyait  "  qu'il  y  en  avait  2,000  dans  ses  districts" 
Le  27  octobre,  jour  du  départ  de  la  flotte,  le  même  écrivait  à  Lawrence  :  "  Bien  que  les 
déportés  aient  été  entassés  sur  les  vaisseaux  à  raison  de  deux  par  tonneaux,  il  me  fau- 
drait encore  des  transports  pour  embarquer  tous  les  habitants  des  villages  d'Antoine  et 
de  Landry  où  résident  98  familles  formant  une  population  de  600  âmes  Je  les  ai  trans- 
portées toute  de  la  Pointe  à  Boudrot  à  la  Grand-Prée  où  je  les  ai  installées  dans  des 
maisons  k  proximité  du  camp.  Sur  leur  parole  qu'elles  seront  prêtes  à  embarquer  au 
premier  avis  et  qu'elles  répondront  à  l'appel  de  leurs  noms,  au  camp,  à  l'heure  du  cou- 
cher du  soleil,  je  leur  permets  de  se  visiter.  Je  serais  heureux  d'avoir  des  vaisseaux  à 
ma  disposition  pour  terminer  ma  tâche."  Cette  lettre  est  écrite  du  fort  Edouard  et 
Winslow  la  termine  en  ajoutant  :  "  J'apprends  par  un  détachement  qui  arrive  de  la 
Grand-Prée  que  les  transports  mettent  à  la  voile.  Vous  trouverez  ci-inclus  un  rapport 
concermnt  la  distribution  des  soldats  que  j'ai  sous  mon  commandement." 

A  la  fin  du  journal  de  Winslow  se  trouve  un  compte-rendu  statistique  qui  renferme 
les  chiffres  ci-après,  qu'il  est  important  de  faire  connaître  : — 

Déportés  par  Winslow 1,510 

"     Osgood 732 


2,242 

Winslow  partit  de  la  Grand-Prée  le  13  novembre  et  arriva  à  Halifax  le  19  du 
même  mois.  Le  capitaine  Osgood  de  son  bataillon  fut  chargé  de  déporter  les  habitants 
qui  n'avaient  pas  été  embarqués.  Du  13  novembre  au  12  décembre,  celui-ci  a  dû  expul- 
ser 150  personnes,  bien  qu'il  n'en  fasse  pas  mention  dans  ses  lettres  à  Winslow.  Il 
peut  se  faire  que  ce  dernier  ait  égaré  ou  perdu  les  lettres  d'Osgood,  ce  qui  expliquerait 
pourquoi  ce  fait  n'est  pas  indiqué  dans  son  journal.  Il  est  dit  dans  deux  autres  lettres 
que  le  13  décembre  la  goélette  Dove,  capitaine  Samuel  Forbes,  partit  du  bassin  des  Mines 
pour  le  Connecticut  avec  114  personnes  et  que  le  brigantin  Swallow,  capitaine  William 
Hayes,  prit  la  route  de  Boston  le  même  jour  avec  236  personnes.  Le  20  décembre,  la  goé- 
lette The  Race  Borse,  capitaine  John  Banks,  partit  pour  Boston  avec  120  personnes  et,  le 
même  jour,  la  goélette  Ranger,  capitaine  Nathan  Munrow,  partit  pour  la  Virginie  avec 
112  Acadiens.  Il  s'en  suit  que  582  Acadiens  furent  déportés  par  Osgood  sur  ces  quatre 
transports,  et  que  pour  atteindre  le  chiffre  732  fourni  par  Winslow,  il  faut  supposer  que 
150  ont  été  déportés  avant  le  12  décembre.  Pendant  le  cours  du  même  mois,  50  délé- 
gués acadiens,  détenus  à  Halifax  depuis  le  mois  de  juillet,  furent  déportés  à  la  Caroline 
du  Nord  sur  la  goélette  Providence,  capitaine  Samuel  Birrow. 

Dans  le  journal  de  John  Thomas,  résidant  à  Chignictou,  chirurgien  du  bataillon 
de  Wrinslow,  il  est  fait  mention  de  ce  qui  suit  : 

"21  août. — Le  Syren,  capitaine  Proba,  [Proby],  e-t  arrivé  d'Halifax  avec  sept 
"  transports  sous  son  escorte,  pour  déporter  les  habitants  français. 

"  1er  octobre. — Nuit  obscure  et  orageuse.  Quatre-vingt-six  prisonniers  français  se 
"  sont  frayé  une  issue  en  creusant  sous  le  mur  du  fort  Lawrence  et  se  sont  évadés  en 
"  trompant  la  vigilance  de  la  sentinelle. 

"  9  octobre. — Le  capitaine  Rousse  [Rous]  est  arrivé  ici  d'Halifax  pour  hâter  le 
11  départ  de  la  flotte  avec  les  prisonniers. 


',/  \  /    1/  OUII     DKÏ     \<    \i,u  \        \Vè /   1//  \  /. 


OOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

"  il  ootobre      L6  rlerniei    oontingenl   de  pritonniei     fi 

"  Ira   vaisseaux    pour  et  le  •  1«  -|  »<  »l  te  «|e   l.i    prOTillOt 

11 18  octobre,     U ne  flotte  de    10  raltooaiiT,  90W  Le  oomm&ndemenl   du  capitaine 
"  Rousse  [Roua],  est  parti»»  c<<  matin  aveo  960  prioonnioi  u    pour  la  Gejrolim 

M  Sud  et  la  (  ioorgie 

L'extrait  suivant  du  journal  historique  de  «John  Knox,  roi.  I.  pp 
nant  Port  Royal  ou  distriot  <1  A.nnapolin,  me  paraît  mt<  n-    ant 

".le  n'ai  jamais  pu  savoir  le  nombre  exaol  de  combattant     que  poliraient    fournir 
"ces  familles  [oelles  d'Annapolis]  ou  oelles  des  autres  endroits  de  la  province,     v 

•'  inoins,   j'ai  réussi  a  me  procurer  une  liste  indiquant  le  nombre  d  lionum-  .  '"    blDDi 

11  d'enfants  déportés  sur  le  oontinent   au  commencement  de  le  guerre  et  les  endroits  qui 
M  leur  ont  été  assignés,  etc.     J'ai  aussi  obtenu  une  liste  indiquant    lei    noms  d< 
••seaux,  leur  tonnai;.'  et  pour  combien  de  jours  ils  avaient  été  approvisionnés,  ain  i  que 
>%  le  nombre  d'habitants  français  qui  furent  déportés  d'ici  [Ânnapolis]  et  leur  destins 
4  tion.     Je  connais  les  noms  de  ceux  qui  ont  pris  la  fuite  ou  qui  s'étaient    i  dans 

••  les  bois  mais  je  ne  oroifl  pas  ,ju'il  soit  important  de  les  mentionner. 


Noms  il*-—  vaisseaux  et  leur  destination 


(Navire)  Le  H<h  nat  pour  Boston 

(Senean)  LiEdtoard,  pour  le  Connecticut 

i  Seneau]  Le  Two  Si*t(  r»  n  m  

(Brigantin)  lYA'.r/x  rn/u  nt.  pour  New- York 

(Seneau)   Le  Pcmbroke,    (a)   pour  la   Caroline  du 

Nord 

i  Navire)  Le  flopton,   j>our  la  Caroline  du  Sud 

Une  goélette  m  m  .... 

Sept  vaisseaux   


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1 

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3 

9 

251 

263 

539 

611 

1664 

"J'apprends  que  plusieurs  de  ces  malheureux  sont  morts  durant  le  trajet  et  que 
"  plusieurs  d'entre  eux  [seulement  ceux  qui  étaient  à  bord  du  Pembroke]  ont  réussi  à 
"  s'échapper  et  à  rejoindre  les  autres  fugitifs  dans  les  montagnes." 

Je  ne  sache  pas  que  les  instructions  du  roi  au  gouverneur  Cornwallis  en  1749,  et 
au  gouverneur  Hopson  en  1752,  aient  été  publiées  par  aucun  historien. 

J'ai  tiré  d'une  copie  des  instructions  du  roi  à  Cornwallis,  reçue  de  Londres  récem- 
ment, les  extraits  qui  forment  l'appendice  C. 

Les  paragraphes  49  et  50  de  ces  instructions  permettent  de  considérer  la  question 
acadienne  à  un  point  de  vue  nouveau. 

Sauf  la  disposition  différente  des  matières,  les  instructions  à  Hopson  et  à  Corn- 
wallis sont  identiques.  Dans  le  paragraphe  69  des  instructions  à  Hopson,  auquel  cor- 
respond le  paragraphe  42  des  instructions  à  Cornwallis,  est  omise  une  partie  de  ce  dernier 
après  les  mots  :  "  A  l'égard  des  habitants  français  qui  ne  se  seront  pas  soumis  à  ces  con- 
ditions dans  l'intervalle  assigné."  Beaucoup  de  personnes  sont  sous  l'impression  qu  !  les 
Acadiens  furent  requis  de  prêter  les  serments  d'allégeance,  de  suprématie  et  d'abjuration 
et  qu'ils  furent  déportés  pareequ'ils  refusèrent  de  les  prêter.  Tel  n'est  pas  le  cas,  comme 
il  est  démontré  par  l'extrait  ci-après  des  procès-verbaux  du  Conseil  : — 

"  A  bord  du  transport  Beaiifort,   le  vendredi,  14  juillet  1749. 

11  Son  Excellence  ouvrit  et  lut  la  commission  et  les  instructions  de  Sa  Majesté  et 
considéra  particulièrement  les  instructions  relatives  aux  sujets  français  et  la  déclaration 
qui  devait  être  faite  conformément  aux  ordres  de  Sa  Majesté. 

"  Après  avoir  lu  la  formule  de  serment  ci-après  que  les  habitants  français  avaient 
prêté,   le  colonel   Mascarène  en  remit  à  Son  Excellence   une  copie  signée  de    ceux-ci  : 

(a)  "  Ce  navire  fut  pris  par  un  corsaire  pendant  son  voyage  et  conduit  à  la  rivière  Saint-Jean  ;  les 
passagers  retournèrent  dans  l^urs  districts." 

Pour  la  prise  de  ce  navire  voir  le  dernier  paragraphe  au  bas  de  la  page  411  du  présent  travail. 


>iv  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

"Je  promets  A  jure  Bincèrement  en  Foi  «le  Chrétien  que  je  serai  entièrement  fidèle 
ltâ  obéirai  vraiment  Sa  Majesté  Le  Roi  George  le  Second  que  je  reconnais  pour  le 
••  Souverain  Seigneur  de  l'Acadie  ou  Nouvelle-Ecosse.    Ainsi  que  Dieu  nie  soit  en  Aide/' 

"  Le  colonel  Mascarène  fit  part  au  Conseil  qne  les  Français  pré tendaient  n'avoir 
bé  ce  serment  qu'cà  la  condition  d'être  toujours  dispensés  de  porter  les  armes.  Pour 
cette  raison,  il  fut  proposé  d'ajouter  la  clause  suivante  à  la  formule  de  serment  ci- 
dessus  :  "  Et  ce  serment  je  prens  a  ma  réserve."  Mais  comme  le  Conseil  fut  d'avis  que  la 
formule  de  serment  ci-dessus  qu'ils  ont  prêté  et  souscrit  jusqu'à  présent,  no  renfermait 
aucune  condition,  il  fut  jugé  nécessaire  d'informer  les  Français  qu'ils  devaient  prêter  le 
serment  sans  aucune  réserve  ou  clause  sous-entendue." 

Dans  les  procès- verbaux  du  Conseil,  il  est  fait  mention  de  "la  déclaration  qui  doit 
être  faite  aux  Acadiens  par  ordre  de  Sa  Majesté." 

J'ai  cru  pendant  longtemps  et  bon  nombre  ont  dû  penser  comme  moi,  que  cette  d< 
ration  avait  été  rédigée  par  ordre  de  Cornwallis.  Mais  tel  n'est  pas  le  cas  puisqu'il  est 
dit  dans  une  lettre  contenant  des  instructions  des  Commissaires  du  Commerce,  datée  de 
Portsmouth,  15  mai  1749  (vieux  style)  :  "Nous  vous  transmettons  aussi  dans  des  boîtes 
"indiquées  par  les  numéros  1,  2,  3  et  4,  que  vous  remettra  le  capitaine  Rous,  100 
"  exemplaires  en  anglais  et  200  en  français  de  la  déclaration  que  vous  avez  ordre  de 
11  communiquer  aux  habitants  français."  Cornwallis  signa  ces  exemplaires  à  "  Chebouctou 
le  14  juillet  1749,"  soit  le  25  juillet  d'après  le  nouveau  calendrier. 

La  version  française  de  cette  déclaration  est  reproduite  dans  l'appendice  C  où  se 
trouve  aussi  une  autre  déclaration  en  français  faite  par  Cornwallis  lui-même,  en  réponse 
à  la  demande  que  lui  firent  les  habitants  le  1er  août  17  19,  d'être  dispensés  de  prendre 
les  armes  en  temps  de  guerre.  Il  est  déclaré  dans  cette  requête  que  si  cette  faveur, 
leur  est  accordée,  tous  les  Acadiens  sont  prêts  à  renouveler  leur  serment  de  fidélité  au 
roi  d'Angleterre.  Cornwallis  repoussa  cette  demande,  et  par  la  suite,  ni  les  efforts  de 
Cornwallis,  ni  ceux  de  Hopsonson  successeur,  et  du  colonel  Charles  Lawrence  qui  devint 
président  du  Conseil  après  le  départ  de  ce  dernier,  ne  purent  décider  les  Acadiens  à 
prêter  le  serment  sans  réserve. 

Dans  l'appendice  C  il  y  a  quelques  documents  relatifs  à  ce  sujet,  parmi  lesquels 
est  une  lettre  de  William  Cotterell  au  gouverneur  Hopson,  concernant  la  formule  du 
serment  qui  fut  proposé  de  temps  à  autre  aux  Acadiens  et  les  réponses  de  ceux-ci. 

Dans  l'appendice  D  se  trouvent  la  pétition  de  l'abbé  Charles  René  de  Breslay, 
curé  de  Port-Royal,  au  général  Richard  Phillips  et  celle  des  Acadiens  de  Port-Royal 
ou  rivière  Annapolis  dans  laquelle  ils  déclarent  qu'ils  sont  prêts  à  prêter  le  serment  de 
fidélité.  Il  y  a  aussi  avec  d'autres  pièces  importantes,  savoir  :  les  listes  des  habitants  des 
districts  de  la  rivière  Annapolis,  des  Mines,  de  Piziquid,  de  Cobequid  et  de  Beaubassin 
qui  prêtèrent  le  serment  en  décembre  1729  et  en  avril  1730. 

Dans  les  premiers  jours  de  mai  de  l'année  1750,  le  colonel  Lawrence  partit  d'Hali- 
fax avec  ses  soldats  pour  déloger  de  la  pointe-à-Beauséjour  et  des  autres  endroits  de 
l'isthme  de  Chignictou,  le  détachement  canadien  envoyé  de  Québec  Tannée  précédente 
pour  conserver  ce  territoire  que  la  France  prétendait  n'avoir  pas  cédé  à  l'Angleterre  par 
le  traité  d'Utretcht.  A  l'approche  de  Lawrence,  presque  tous  les  habitants  du  riche 
district  de  Beaubassin  abandonnèrent  leurs  fermes  et  traversèrent  la  petite  rivière 
Mesagouèche  pour  se  mettre  sous  la  protection  du  chevalier  de  la  Oorne. 

Immédiatement  après  leur  départ,  les  Micmacs  mirent  le  feu  aux  habitations  des 
Acadiens  et  incendièrent  l'église  avec  trois  cents  maisons. 

Lawrence  n'attaqua  pas  La  Corne  et  retourna  immédiatement  à  Halifax.  Il  revint 
au  mois  de  septembre  de  la  même  année  et  sur  les  ruines  du  village  de  Beaubassin,  il 
érigea  un  fort  auquel  fut  donné  son  nom.  A  cette  seconde  approche  de  Lawrence,  les 
habitants  qui  étaient  restés  sur  leurs  fermes,  les  abandonnèrent  et  se  réfugièrent  sur 
l'isthme.  C'est  ainsi  que  cinq  ans  avant  le  "  Grand  dérangement,"  furent  abandonnés 
les  villages  florissants  ci-après  :  Beaubassin  ou  Mesagouèche,  Les  Planches,  La  Butte, 
Veschtock,  la  rivière  de  Nampanne,  la  rivière  de  Mainkanne,  la  rivière  des  Mines  ou 
des  Hébert  et  Menoudv. 

Dans  les  documents  anglais,  ces  Acadiens  sont  appelés  "habitants  désertés  "  et  dans 
les  documents  français  "  habitants   réfugiés."     Durant  l'été   de    1751,   Franquet   fit   un 


0EN1  1/  0Q1E  Di       L(   ÏDJ1  S       i  i  /  '    D0(  I  i// 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

"  dénombrement  dee  habitant    réi  te  villa  '«.it    let 

\  i\  îcs  ' ,  qui  démontre  'i'"'  la  population  atteignait  le  chiffi  e  de  1 
nommée,  1  18  fe enfante. 

Au  printemps  de  17 ■"»<»,  la  population  du  district  d<    !'••  i 
dépari  dea   acadiens,  le  chiffre  de  2,000  âme   environ,     [la  I  donc  évident  qu'à  YA\ 
du  dénombrement  de  Pranquet,  plu  ieui    oentaine   d'habitant    avaientd<  l'île 

si  Jean  et  un  certain  nombre  à  rîle  Royale,  comme  l'indique  le  journal  d<  [U(     I  • 

dénombrement  dea  habitante  de  l'Aoadie  françai  e  o  kit  le 

31  janvier  1762,  indiqua   une  population  de   1,478  ••nue    ré]  omme 

Verte,  5 ;  Pont-à-Buot,  5:  Weakak,  64j  Pré-dee-Bourg,  Richard,    l(»     I 

marre,  152;  La  Coupe,  34;  La  Lac,  78 ;  Beauaéjour,    Ml;  Memeramcouk,    24 
koudiack,  352  .  Chipoudj 

[Jn  autre  dénombrement  dea   Acadiena  réfugiée,   U  I       la  même  date,  noua  donne 
les  chiffres  suivants  pour  le  même  district:   Lea  G     pareaux,  33     Bai<    VerU     127     La 
Portage,  18;  l'ont  a  Buot,  92;   La  Coupe,    L5;   1-'-   Lac,    i'-'l     Point 
Weakak,  37;  Pré-des-Bourg,  37 ;  Lea   Richard,  24;  Tintamarre  Memeramcouk, 

h'  .  Chipoudy,  s;  Petkoudiak,  l.     Total,  1,113  âmes. 

v  >r,  ce  total  de  l.l  13  réfugiée  ajouté  aux  1,473  âmes  du  dénombrement  du  3 1  anvier 
1 7 ~> *_? ,  indique  qu'à  oette  date,  la  population  était  d<  6  âmes. 

Pendant  lea  trois  années  qui  suivirent,   le   nombre  des  réfugiée   fut  doublé  par  les 
Àcadiens  qui  quittèrent  les  districts  .le   Port-Royal,  dea  Mines,  de  Piziquid 
quid.     .Mais  après  la  reddition  de  Beauaéjour  le  16  juin  1755,  un  fort  courant  d'émi 
lion  se  dirigea  du  côté  de  nie  Royale  et  de  l'île  Saint-Jean. 

Dans  un  mémoire  du  juge  Bolcher  Lu  devant  le  Conseil  à  Halifax  le  28  juillet  1 
il  est  dit  que  la  population  de  la  Nouvelle-  Ecosse  et  de  l'isthme  de  Chignictou,  était  à 
celte  époque  de  8,000  âmes.  Le  11  août  1755,  ie  lieutenant-gouverneur  Lawrence  dit 
dans  sa  circulaire  aux  gouverneurs  des  colonies  britanniques  en  Amérique  :  "  La  popu- 
lation doit  être  de  7,000  âmes  environ."  Le  chiffre  de  10,000  serait  plus  exact,  car  prèa 
de  7,000  furent  faits  prisonniers  et  déportés  et  les  autres  s'enfuirent  dans  les  bois  ou  se 
réfugièrent  à  la  rivière  Saint- Jean,  à  Miramichi,  à  l'ile  Saint- Jean,  etc.  Au-deLà  de 
1,500  qui  échappèrent  à  la  déportation  se  réfugièrent  dans  la  province  de  Québec  où  ils 
furent  rejoints  par  un  nombre  aussi  considérable  qui  revinrent  des  colonies  de  la  Nou- 
velle-Angleterre pendant  les  années  1766,  1767  jusqu'à  1775  et  se  fixèrent  dans  cette 
province.  Il  doit  donc  y  avoir  aujourd'hui  plus  d'Acado  canadiens  dans  la  province  de 
Québec  que  d' Acadiens  dans  les  provinces  maritimes  où  ils  forment  une  population  de 
140,000  âmes. 

Il  y  a  aussi  beaucoup  d'Acadiens  à  la  baie  Saint-Georges  de  Terre-Neuve,  à  Saint- 
Pierre  et  Miquelon,  aux  îles  de  la  Madeleine  et  sur  les  côtes  du  Labrado»',  sans  compter 
plusieurs  autres  milliers  qui  habitent  la  Louisiane  et  le  grand  nombre  disséminé  dans  les 
autres  états  de  la  république  voisine.  Un  grand  nombre  d'habitants  de  la  Colombie- 
Anglaise,  du  Manitoba,  de  la  Saskatchewan,  de  l'Alberta  et  de  la  province  d'Ontario, 
sont  d'origine  acadienne.     En  fait,  il  se  trouve  des  Acadiens  partout,  même  en  France. 

Les  archives  coloniales  des  provinces  de  la  baie  du  Massachusetts,  de  New- York,  du 
Connecticut  et  de  la  Pennsylvanie,  démontrent  que  des  lois  furent  édictées  pour  secourir 
et  mettre  en  apprentissage  les  malheureux  Acadiens  déportés  dans  l'automne  de  1755. 

Les  lois  de  la  Législature  du  Massachusetts,  relatives  à  ce  sujet,  SDnt  reproduites 
dans  l'appendice  E. 

Le  20  février  1756,  la  Chambre  d'assemblée  de  Philadelphie  vota  un  projet  de  loi 
intitulé  "  Acte  à  l'effet  de  placer  les  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  déportés  dans  cette 
province,  dans  les  comtés  de  Philadelphie,  de  Bucks,  de  Chester  et  de  Lancaster  et  dans 
les  bourgs  d'iceux,  et  de  prendre  des  mesures  à  cette  fin.  "  Le  même  jour  cet  acte 
fut  soumis  à  l'approbation  du  gouverneur. 

Le  3  mars  deux  membres  de  la  Législature  furent  délégués  auprès  du  gouverneur 
pour  savoir  si  celui-ci  avait  pris  une  décision  au  sujet  du  projet  de  loi  concernant  les 
Français  neutres.  Le  gouverneur  répondit  que  le  Conseil  considérait  cette  mesure  dans 
le  moment  même  et  celle-ci  après  avoir  subi  sans  objection  une  seconde  lecture,  fut  ren- 
voyée à  la  Chambre  des  représentants  avec  l'approbation  du  gouverneur. 


Nvi  AI«  111  \  A>    (  ASMUr.SSI  > 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


Le  vendredi,  5  mars,  le  secrétaire  du  Conseil  fat  délégué  pour  annoncer  verbalement 
à  la  Chambre  des  représentante  que  le  gouverneur  s'était  rendu  à  la  chambre  du  Conseil 
pour  y  recevoir  la  députation  et  sanctionner  le  projet  de  loi  concernant  le  placement  des 
Français  neutres.  L'orateur  accompagné  de  tous  les  représentants  B'étant  rendu  auprès 
du  gouverneur,  il  plut  à  celui-ci  de  donner  la  sanction  législative  au  dit  bill  auquel  le 
grand  sceau  fut  ensuite  apposé  ;  puis  celui-ci  fut  déposé  en  greffe. 

Un  autre  bill  intitulé  :  "  Loi  relative  «à  la  mise  en  apprentissage  et  à  l'établissement 
"  des  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse,  déportés  dans  cette  province  et  qui  n'ont  pas 
11  encore  atteint  l'âge  de  majorité,  ainsi  qu'à  l'entretien  des  vieillards,  des  malades,  des 
"  infirmes,  aux  frais  de  la  province,  "  fut  voté  et  sanctionné  par  le  gouverneur  en  Conseil 
"  le  vendredi,  14  janvier  1757.  Cette  loi  fut  confirmée  par  le  roi  à  la  cour  de  Ken- 
sington,  le  16  juin  1758. 

Dans  les  Colonial  Records  of  Connecticut,   vol.  10,  p.  2  45,  nous  lisons  : 

"  Attendu  que,  dans  l'intérêt  public  et  pour  la  sécurité  des  colonies  américaines  de 
"  Sa  Majesté,  des  mesures  sont  prises  pour  expulser  les  habitants  français  de  la  Nouvel- 
"  le-Ecosse  et  les  disperser  dans  d'autres  endroits  : 

"  Il  est  résolu  par  cette  assemblée,  que  si  par  suite  de  la  mise  à  exécution  de  ce 
11  projet,  des  Acadiens  sont  envoyés  dans  cette  colonie  (voir  copie  de  l'acte  à  l'appendice 
"  C)  avec  l'espoir  d'y  être  accueillis  et  secourus,  Son  Excellence  le  gouverneur  donne  des 
11  ordres,  à  leur  arrivée,  pour  qu'ils  soient  accueillis,  secourus  et  installés  dans  un  endroit 
"  ou  des  endroits  de  cette  colonie,  dans  les  conditions  qui  paraîtront  les  plus  avanta- 
"  geuses  ;  ou  pour  leur  renvoi  ailleurs,  et  en  ce  cas,  que  des  mesures  soient  prises  pour 
"  opérer  leur  translation.  " 

Cette  résolution  fut  adoptée  au  mois  d'octobre  1755  et  c'est  le  seul  endroit  connu, 
où  des  moyens  furent  pris  pour  recevoir  les  Acadiens  chassés  de  la  Nouvelle-Ecosse. 
Les  gouvernements  des  autres  provinces  se  sont  plaints  de  n'avoir  pas  été  prévenus  du 
projet  de  Lawrence  de  leur  expédier  des  contingents  d'Acadiens. 

Cependant,  les  gouvernements  pouvaient  difficilement  ne  pas  connaître  le  projet 
d'expulsion  des  Acadiens,  car  le  fragment  suivant  d'une  lettre,  datée  d'Halifax,  9 
août  1755,  publiée  dans  la  New  York  Gazette,  le  25  du  même  mois  et  dans  la  Pennsyl- 
vania  Gazette  le  4  septembre  1755,  n'a  pas  dû  échapper  à  leur  connaissance. 

Le  voici  : 

"  Nous  formons  actuellement  le  noble  et  grand  projet  de  chasser  de  cette  province 
u  les  Français  neutres  qui  ont  toujours  été  nos  ennemis  secrets  et  ont  encouragé  nos  sau- 
"  vages  à  nous  couper  la  gorge. 

"  Si  nous  pouvons  réussir  à  les  expulser,  cet  exploit  sera  le  plus  grand  qu'aient  ac- 
"  compli  les  Anglais  en  Amérique,  car  au  dire  de  tous,  dans  la  partie  de  la  province  que 
"  ces  Français  habitent,  se  trouvent  les  meilleures  terres  du  monde.  Nous  pourrions 
"  ensuite  mettre  à  leurs  places  de  bons  fermiers  anglais,  et  nous  verrions  bientôt  une 
"  abondance  de  produits  agricoles  dans  cette  province.  " 

L'Assemblée  législative  de  la  colonie  de  New- York  vota  un  bill  intitulé  :  "  Loi  pour 
11  donner  le  pouvoir  aux  juges  de  paix  des  comtés  de  Westchester,  de  Suffolk,  deQueens, 
"  de  Kings  et  de  Richmond  de  placer  en  apprentissage,  ceux  des  sujets  de  Sa  Majesté 
"  appelés  Français  neutres,  qui  ont  été  déportés  de  la  Nou\elle-Ecosse  dans  cette  colonie 
"  et  distribués  dans  les  comtés  susdits.  " 

Le  bill  fut  envoyé  au  Conseil  le  1er  juillet  1756  pour  y  recevoir  son  adhésion.  Et  le 
vendredi,  9  juillet  1756,  le  gouverneur  le  sanctionna  en  présence  du  Conseil  et  de  l'As- 
semblée législative. 

Les  minutes  des  assemblées  du  Conseil  donnent  les  noms  des  déportés  et  indiquent 
à  quels  endroits  ils  furent  envoyés,  avant  que  ne  fut  adopté  le  bill  relatif  à  leur  mise  en 
apprentissage.      Des  mesures  ont  été  prises  pour  se  procurer  une  copie  de  ces  listes. 

Pendant  que  les  négociations  pour  la  paix  se  poursuivaient  à  Versailles,  les  Acadiens 
qui  se  trouvaient  à  Liverpool  (Angleterre),  envoyèrent  par  un  Irlandais  qui  avait  épousé 
une  Acadienne,  une  lettre  au  duc  de  Nivernois,  plénipotentiaire  de  Louis  XV  à  Lon- 
dres, pour  lui  exposer  leur  pénible  situation. 


01  \  i   IL0QI1    Dl  fi     U    i/'//  n       H/'    D0<  I  i//  S 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

[mmédiatenieut  après  avoir  n  tte  lettre  le  du<  oonfti  une  mi    ion  i  M 

de  1a  Rochette.     Celui-ci  parti!  de  Londre    le  20  décembre   17(".  I 

le  31  du  même  moi*  ;  11  y  trouva  224    Aoadien     el    apprit    qu'il  t'en  trouvai!  d 
Southampton,  b  Penryn  e!   •  Bristol.     Aussitôt  revenu    i   Londre  ,  le  duc  l'envoya 
tous  ces  endroits  j  il  constata  qu'il  j  tvaij  219  Acadien  luthampton, 

isi  a  I  h  i-,t<»l  t-t  environ  80  à  bord  des  coi  aire    anglai    formant  i 
un  total  de  866  .'mies,  débris  des  1500  déportés  <|ui  fureni  en 

1 7 r> « ">  ;  la  plus  grande  partie  des  autres  étanl  mort  de  la  variole  peu  de  ten  p  apn  leur 
arrivée.  I>ela  Elochette  1rs  assura  que  des  mesures  étaient  prise  pour  leur  translation 
immédiate  en  France  ou  le  roi   les  recevrait    à   bras  ouverts.     Le  printemp  ut  ils 

furent  transportés  à  Si  Mata  et  à  ftiorlaix. 

Bn  apprenant  qu'ils  seraient   bientôt   transportés  en    France,  quelqu<     Acadiei 
Li  ver  pool  écrivirent  à  leurs  parents  el    à  leurs  amis  <|ui   s.-   trouvaient  «  Baltimoi 
Philadelphie,  à  New  Yoik,  à  New  Baven,  à  Boston  et  ailleurs  dans  les  colonie*  angla 
pour  leur  apprendre  cette  nouvelle  et   les  engager  à  demander  aus  i  leur-  translation  en 
France.     Des  copies  de  lettres  écrites  aux   Acadiens  de  Philadelphie,  furent  eni 
quelques  uns  de  leurs  compatriotes  détenus  à  Halifax  . 

Cm  lettres  furent   saisies  par  les  fonctionnaires  du   gouvernement    à  Halifax;  la 
teneur  en  fut  communiquée  au  gouverneur  en  Conseil  el  des  duplicata  en  turent  en 
en  Angleterre.     Use  trouve  «les  copies  de  ces  duplicata  au    Bureau  des  Arec 

Canada  ;  elles  sont  reproduites  dans  L'appendice  F.      Biles  nous  t'ont  connaître  que 
qui  voulaient  passer  en  France  furent  requis  de  préparer  des  listes  des  chefs  de  famille, 
contenant  aussi  le  nombre  d'enfants  de   chacune,   et  de  les  faire  parvenir  ensuite  à  une 
personne  dont  le  nom  est  donné,  laquelle  devait  les  envoyer  en  France  aux  autorités 
part  ceux  du  Massachusetts,  je  ne  sais  si  les  autres  Acadiens  dispersés  dans  les  di/fén 
provinces  anglaises  d'Amérique,  profitèrent  de  cette  occasion  de  sortir  de  leur  capti 
Ceux  du  Massachusetts  préparèrent   leur   liste   et   la  présentèrent  au  gouverneur.      Les 
sources  de  renseignements  que  nous  possédons,   ne  nous   apprennent   pas   pourquoi  ces 
Acadiens  ne  passèrent  pas  en  France,  après  en  avoir  si  fortement  exprimé  le  désir.      Il 
est  probable  que  le  gouvernement   de  la   métropole  repoussa   leur  demande.     Ces  gens 
étaient  si  certains  d'obtenir  la  permission  de  partir,  qu'ils  quittèrent  les  bourgs  dans  les- 
quels ils  avaient  été  placés  et  se   rassemblèrent  en  grand  nombre  à  Boston,  où  ils  cau- 
sèrent des  embarras  aux  autorités.     U  semble  que  le  gouverneur  du  Massachusetts,  en 
prévision    d'une     réponse   favorable  de   la  part    du   gouvernement    de     la    métropole, 
accorda  la  permission  à  plusieurs   familles  de   noliser   des   navires   et  de  se  rendre 
Pierre-Miquelon.     Le  recensement  des  Acadiens  qui  habitaient  ces  îles  au  mois  de  mai 
1767,  nous  donne  les  noms  de  ceux  qui  s'y  étaient  rendus  de  Boston.     Il  y  avait  à  cette 
époque,  103  familles  acadiennes   à  St. -Pierre-Miquelon  formant  une   population  de  551 
âmes.     C'est  un  recensement  très  important  qui  avec  le   nom  du  chef  de  famille  indique 
aussi  l'endroit  d'où  il  est  venu,    soit  de   Boston,   de   Chédabouctou,  de  Piziquid,  de  la 
Pointe-à-Beauséjour,  de  l'Ile  St.  Jean,  etc.  ;  il  s'y  trouve  en   outre  les  noms  et  les  âges 
des  parents  et  des  enfants.     Ce  recensement  est  dans  l'appendice  G. 

Le  13  octobre  1755,  une  flotte  de  dix  transports  chargés  de  960  Acadiens  prisonniers, 
partit  de  Chignictou  pour  le  bassin  des  Mines,  avec  ordre  de  faire  voile  de  cet  endroit 
pour  la  Géorgie  et  la  Caroline  du  Sud. 

Durant  le  mois  de  décembre  de  la  même  année,  deux  vaisseaux  de  cette  flotte  arri- 
vèrent à  Savannah  avec  environ  400  Acadiens  qui,  d'après  l'histoire  de  la  Géorgie,  par 
Stevens,  "  furent  distribués  dans  la  province  par  petits  contingents,  et  entretenus  jus- 
"  qu'au  printemps,  aux  frais  de  la  population.  Le  gouverneur  leur  permit  alors  de  se 
11  construire  des  bateaux  et  au  mois  de  mars  ils  partirent  presque  tous  pour  la  Caroline 
"  du  Sud.  Deux  cents  s'embarquèrent  sur  des  bateaux  avec  l'espoir  de  réussir  à  atteindre 
"  leur  Acadirt  bien  aimée." 

Quelques-uns  seulement  arrivèrent  à  destination  ;  car  soixante-dix  huit  qui  débar- 
quèrent à  Long  Island  (New-York),  furent  empêchés  d'aller  plus  loin,  comme  nous  l'ap- 
prend la  lettre  suivante  du  gouverneur  Hardy  adressée  aux  lords  du  Commerce. 


xvi  i  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

"  Fom   George,  N.  York,  G  sept  1756. 

11   .M  [LORDS, 

"  Le  jeudi,  22  août,  soixante-dix  huit  Français  neutres  sont  arrivés  à  Long  Lsland 
"  sur  des  bateaux.  Aussitôt  averti  de  leurs  présence,  j'ai  donné  ordre  de  saisir  leurs 
"embarcations  el  de  les  arrêter  tous.     Après,   les  avoir  interrogés,  j'ai  découvert  que 

tait  un  parti  de  Français  neutre-  envoyés  pur  Lawrence  à  la  Géorgie;  ils  avaient 
'■  obtenu  du  gouverneur  de  cette  provinco  des  passeports  pour  se  rendre  à  la  Caroline  du 

il.  Le  gouvernement  de  cette  endroit  ne  se  souciant  pas  de  les  avoir  à  charge  leur 
••  délivra  d'autres  passeports  pour  aller  plus  loin  vers  le  nord  ;  de  là,  côtoyant  le  rivage, 
"  ils  ont  réussi  à  atteindre  Long  lsland  avec  l'intention  de  retourner  à  la  Nouvelle- 
ESoosse.  J'ai  cru  devoir  les  empêcher  de  mettre  ce  projet  à  exécution  et  pour  cela  je 
"  les  ai  fait  disperser  dans  les  parties  les  plus  reculées  de  cette  colonie  et  les  plus  pro- 
"  près  à  les  faire  tenir  en  tutelle.  J'ai  demandé  en  même  temps  aux  magistrats  de 
"  donner  de  l'ouvrage  à  ceux  qui  sont  capables  de  travailler,  et  de  placer  les  enfanN  en 
"  apprentissage  chez  des  personnes  qui  en  prendront  bien  soin.  C'est  le  moyen  le  plus 
,l  sûr  d'en  faire  de  bons  sujets. 

"  J'ai  l'honneur  d'être  de  Vos  Seigneuries  le  très  humble  et  le  très  obéissant  servi- 
"  teur, 

"  Chas.  Hardy." 

J  )  autres  Acadiens  se  rendirent  jusqu'à  Boston  où  le  lieutenant-gouverneur  Phips 
les  empêcha  de  continuer  leur  voyage. 

Dans  une  lettre  datée  de  Boston,  23  juillet  1756  et  adressée  au  lieutenant-gouver- 
ne ar  Lawrence,  Phips  dit  : 

"  Je  viens  d'apprendre  que  sept  bateaux  portant  quatre  vingt-dix  habitants  fran- 
11  çais  de  la  Nouvelle-Ecosse,  sont  arrivés  à  un  port  dans  le  sud  de  cette  province,  après 
11  avoir  longé  le  rivage  depuis  la  Géorgie  ou  la  Caroline  du  Sud,  où  votre  gouvernement 
"  les  avait  déportés.  Après  avoir  fait  saisir  leurs  bateaux,  je  les  ai  fait  arrêter  et  j'en 
"  ai  envoyé  trois  ou  quatre  à  Boston  pour  y  subir  un  interrogatoire. 

"  Votre  Excellence  n'ignore  pas  sans  doute,  que  nous  avons  reçu  et  entretenu  ici 
"  un  très  grand  nombre  de  déportés,  nombre  bien  audessus  de  celui  que  nous  aurions 
"  dû  recevoir,  s'il  eut  été  compris  d'en  faire  une  part  égale  à  toutes  les  provinces.  Votre 
"  Excellence  sait  aussi  que  ce  nombre  est  beaucoup  plus  élevé  que  celui  qui  nous  était 
"  destiné  au  début.  Malgré  cela,  je  suis  absolument  convaincu  qu'il  serait  dangereux  de 
li  les  laisser  donner  suite  à  leur  projet.  L'Assemblée  législative  doit  se  réunir  le  11 
"  août  et  comme  le  Conseil  a  raison  de  croire  qu'elle  refusera  de  pourvoir  à  l'entretien  de 
11  ce  nouveau  contingent  de  déportés,  j'ai  été  chargé  d'écrire  à  Votre  Excellence  pour 
"  lui  demander  de  défrayer,  à  l'avenir,  le  coût  de  l'entretien  de  ces  gens  afin  qu'ils  ne 
"  soient  plus  un  fardeau  pour  cette  province." 

Deux  lettres  de  Vaudreuil,  reproduites  dans  l'appendice  H,  nous  disent  que  le  16 
juin  1756,  cinq  familles  acadiennes  composées  de  50  âmes,  arrivèrent  de  la  Caroline  du 
Sud  à  la  rivière  St-Jean  et  qu'elles  informèrent  Boishébert  que  quatre-vingts  autres 
exilés  les  suivaient.  Il  s'agissait  de  ceux  dont  il  est  fait  mention  dans  la  lettre  écrite 
par  Phips  à  Lawrence.  Ces  lettres  de  Vaudreuil  nous  fournissent  aussi  d'autres  rensei- 
gnements tout  à  fait  nouveaux,  à  l'égard  des  Acadiens  déportés  dans  les  Etats  du  Sud. 

Il  serait  trop  long  dans  cet  introduction,  de  suivre  les  Acadiens  à  travers  leurs 
transmigrations  dans  les  colonies  anglaises  où  ils  furent  déportés  ;  il  sera  peut-être  pos- 
sible de  le  faire  quand  j'aurai  terminé  la  présente  tâche.  J'ai  consacré  beaucoup  de 
temps  à  ce  sujet,  fort  peu  connu  des  historiens.  Il  est  en  outre  impossible  de  dresser 
les  généalogies  des  familles  acadiennes,  sans  une  connaissance  approfondie  de  leurs 
déplacements.  Les  archives  du  Massachusetts  contiennent  des  renseignements  très  pré- 
cieux au  sujet  des  Acadiens  qui  y  furent  déportés  et  ensuite  dispersés  dans  les  différents 
bourgs  de  cette  province.  Il  y  a  des  centaines  de  listes  contenant  leurs  noms,  dont  plu- 
sieurs indiquent  aussi  les  âges,  ceux  des  enfants  et  le  noms  des  bourgs  où  les  déportés 
avaient  été  placés,  etc. 

On  fait  actuellement  des  recherches  dans  les  autres  villes  des  Etats-Unis,  où  :es 
Acadiens  furent  déportés  pour  obtenir  de  semblables  données  généalogiques. 


5-6  EDOUARD  VII  DOCUMENT  DE  LA  SESSION   No    18  A.    190« 


FAMILLE    BOUH(JK()IS 

ARRIVÉE  EN  ACADIE  EN  1642 
\i     FORT  M     BAS  DE  LA  RIVIÈRE  ST-JEAfl   LE  81  JUILLET  : 

A.ujourd'huy  trente  unième  et  dernier  jour  de  juillet   l  «  ti  »ï  »,  Par  devant  doui  Itfathieu  de  Goutin,  i 
du  lù>y.  Lieutenant  général  et  oivil  «'t  criminel  en  If  province  d'Acadie,  mparu  le  item  Jaeqvss 

Bourgeois,  entiennement  establj   en  <■<■  paye,  lequel  rment  par  luy  preste  de  dire  la  vérité,  a  dit 

qu'il  est  venu  ici  en  1643  pour  s'y  établir  et  la  chirurgie,  que  Monsieur  d'Aulnay  étoit  pour  loti 

gouverneur  général  <!<•  œ  paya 

Aculic    Correspondance  générale     F.  117,  p.  » 
N.B.  -Pour  la  clef  voir  page  56. 


FAMILLE   BOURGEOIS 

PREMIÈRE  GÉNÉRATION. 

,  À  PORT  ROYAL. 

JACQUES  BOURGEOIS,  chirurgien,  à  JEANNE  TRAHAN 
né  1621,  en  France,  née  1631,  en  France, 

Mariés  en  1643,  cà  Port  Royal. 

Enfants  : 
a.     Jeanne,  née  1644  ; 
b-      Charles,  né  1646  ;    marié  à  Port  Royal,    en   1668,    à    Anne  Dugas,    fille  de 

Abraham    et  de  Marguerite  Doucet  ;  mort    à  Beaubassin    vers    1678. 

Voir  page  2. 
C.      Germain,  né    1650  ;  marié  à  Port  Royal,  1°  en  1673,   a  Marguerite  Belliveau 

fille  de  Antoine  et  de  Andrée  Gouin.      2°  à  Port  Royal  en    1682    à 

Madeleine  Dugas,  fille  de  Abraham  et  de  Marguerite  Doucet  ;  mort  au 

printemps  de  1711,  à  Port  Royal. 

Voir  page  2. 
d-     Marie,   née  1652  :   mariée    1°  à  Port  Royal  en    1669,   à  Pierre  Sire,  armurier 

2°  en  1680,   à  Beaubassin,  à  Germain  Girouard,    fils  de  François  et  de 

Jeanne  Aucoin. 

e.  Guillaume,   né   1655;  marié    en  168 o,   à  la  rivière  St-Jean,   à   Marianne    de 

Martignon,  fille  de  Martin  d'Aprendestigué,  sieur  de  Martignon,  et  de 
Jeanne  LaTour. 
Voir  page  3. 

f.  Marguerite,    née    1658  ;  mariée    1°   en   1676,  à  Jean  Boudrot,  fils  de  Michel 

et  de  Michelle  Aucoin  ;  2°  à  Beaubassin,  le  30  nov.  1679,  à  Emanuel 
Mirande,  fils  de  Emanuel  et  de  Catherine  Spire,  Portugais  de  la 
paroisse  de  Ste  Croix,  à  Tlsle  Gravoise  aux  Assores  ;  3°  à  Port  Royal 
le  12  janvier  1707,  à  Pierre  Maisonnat,  fils  de  Helie  et  de  Jeanne  Se»ure 

18— 35a 


2  A RCJU  \ 'E    DU  CA NA VA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   190C 

g.      Françoise,   née  1 6 "> 9  ;   mariée  6D  1673,    à    Port-Koyal,   à  Claude  J)ugas,  fils  de 

Abraham  et  de  Marguerite    Doucet. 
h.     Anne,    née  1661  ;   mariée   en    1G7(.>,    à  Port   Royal,   à  René  LeBlanc,   fila  de 

Daniel  et  de  Françoise  Gaudet. 
i.     Marie,    née  1664  ;    mariée  à  Port  Royal,   en   1C80,    à   Antoine  LeBlanc,    fila 

de  Daniel  et  de  Françoise  Gaudet. 
j.     Jeanne,  née  1667  ;  mariée   à   Port  Royal,    en  1689,    à  Pierre  Comeau    dit  des 

Loup*    Marins,    fila    de    Pierre   et  de    Rose   Bayols  ;  inhumée   à  Port 

Royal,  le  10  juin  1716. 

DEUXIÈME  GÉNÉRATION. 

À  BEAUBASSIN. 

Voir  b  CHARLES  BOURGEOIS     k     ANNE  DUGAS, 

page  1.  Mariés  en  1668,  'à  Port  Royal. 

Enfants  : 

a.  Charles,  né  1672  ;  marié  en  1692,   à   Marie  Blanchard,    fille  de  Guillaume   et 

de  .Huguette  Goujon. 
Voir  page  3. 

b.  Claude,  né   1674  ;  marié  en  1703,  à  Anne  Blanchard,  fille  de   Guillaume  et 

de  Huguette  Goujon. 
Voir  page  4. 
C.     Anne,  née  1679  ;  mariée  en  169-%  à  Jean  Quessie,  fils  de  Roger  et   de  Marie 
Poirier. 

DEUXIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT  ROYAL. 

Voir  c  GERMAIN  BOURGEOIS  à  MARGUERITE  BELLIVEAU, 

p.  1.  lrc  femme. 

Mariés  en  1673,  à  Port  Royal. 

Enfants  : 

a  Guillaume,  né  1674  ;  marié  1°  en  1700,  à  Marguerite  Mius,  fille  de  Abra- 
ham, sieur  de  Pleinmarets,  et  de  Marguerite  de  St.  Etienne  de  La 
Tour  ;  2°  le  17  février  1705,  à  Catherine  Thibodeau,  fille  de  feu 
Pierre  et  de  Jeanne  Terriot  ;  décédé  à  Port  Royal  le  7  août  1747. 
Voir  pages  4  et  5. 
b.  Marie,  née  1677  ;  mariée  en  1693,  à  Pierre  Breau,  fils  de  Vincent  et  de 
Marie  Bourg. 

C.     Michel,  né  1679  ; 

DEUXIÈME  GÉNÉRATION. 

À  BEAUBASSIN  ET  À  PORT  ROYAL. 

Voir  c  GERMAIN  BOURGEOIS  &  MADELEINE  DUGAS, 

p.  1.  2U  femme. 

Mariés  en  1682,  à  Port  Royal. 

Enfants  : 
a.     Madeleine,  née  à  Port-Royal,   en   1683  ;    mariée  à   Beaubassin,    en   1698,    à 
Michel  Poirier,  fils  de  Michel  et  de  Marie  Boudrot  ;    inhumée   22  dé 
cembre  1760,  à  la  Pointe-aux-Trembles,  Q.         • 


0ÊSÊALOG1E  DES  A0AD1  r  \<>i  \  3 

UOC.    DE    LA   SESSION    No    18 

b.  Agiy    .  née  il  janviei  l'  IJruuljii    Mi     n  ioi   1707,   i  Michel 

I ; ii  Ii.imI,  ilii  /.tt/'i'iir/,   lil     de  Michel   el    de   Jeanne  Uabin 
Port  Royal,  !<•  6  ai  ri]  1742 

c.  Juif,  n. ■  •  168*  .  mariée  le  V  février  1701      i    I 

Joseph     h    <lt     Marguerite    (Juutrol  ■■  >■     l<-    2/3   tnar      17.'.' 

Port   K«»yal. 
cl      ,/cs'Y'//,   il    1690  j  marié  10  janvier  1719     i   Anne  I  je  Blanc,  fii 
et  dr  Madeleine  Bourg;  à  l'automne  de  1755,  H  fui 
déporte  '!<•  Por(  Royal  à  la  Nouvelle-Angleterre,  ou  il  séjourna  douze 

MHS,    et    (le    la    M    ivmlit    .1     I  '■        ,:■■.'       | 

Voit  p.  5. 

e.  Marie-Joêtphy  née  1698  .  mariée  21  nov,  1712,  à  Michel  Richard,  fila  de  l 

et  de  Madeleine  Landry  ;  moite  à  Porl  Royal,  1<-  I  août   17 

f.  Claude^  né  L695  j  marié  le  24  nov.  1721    à  Marie  LeBlanc,  611e  de  feu  Pierre 

ri  de  Madeleine  Bourg;  déporté  ;'•  l'automne  de  1755,  de   Port  R< 
a  la  Nouvelle  Angleterre,  avec  -a  famille,  où  il  semble  être  mort   apréi 
1 760.     Sa  veuve  ei  pluaieura  <!<•  ses  enfanta,   après  un  exil  <]<•  ; 
di\  neuf  ans,  arrivèrent   a  8t.  Jacques  de  1  Achigan,  à  l'été  <1<-  177; 
s'y  fixèrent. 
Marie  LeBlanc,   veuve  de  Claude  Bourgeois,   est  morte  à  St.  Jacques,  le 

L*  I  janvier    1781. 

Voit  p.  6. 

g.      Ft\  .    née   1698;  mariée   10  janvier  171 9,   à   Prudent  Robichaud,   fils   de 

Prudent    et    de    Henriette  Petitpas  ;    décédée    à    Port  Royal,    1< 
nov.  1747. 

h.  Marguerite,  née  1700  ;  mariée  20  janvier  1721,  à  Joseph  LeBlanc,  fils  de  feu 
Pierre  et  de  Madeleine  Bourg.  Ils  furent  déportés  à  la  Nouvelle- 
Angleterre.  Revenu  de  l'exil,  Joseph  LeBlanc,  veuf  de  Marguerite 
Bourgeois,  est  décédé  à  St.-Denis-sur-Richelieu,  le  19  oct.  1 7 7 - > . 
i.  Marie- Madeleine,  née  22  déc.  1704,  b.  à  Port  Royal,  19  mars  1705  ;  mariée 
8  février  1724,  à  Pierre  Robichaud,  fils  de  Prudent  et  de  Henriette 
Petitpas.  Décédée  à  Québec,  le  8  juin  1770. 
j.  Jeanne,  née  30  nov.  1708,  b.  à  Port  Royal,  30  mars  1709  ;  mariée  17  février 
1730,  à  Louis  Robichaud,  fils  de  Prudent  et  de  Henriette  Petitpas. 
Ils  furent  déportés  à  la  Nouvelle-Angleteire  qu'ils  quittèrent  en  1775, 
pour  Québec  où  tous  deux  sont  morts  :  Jeanne  fut  inhumée  le  19  mars 
1790. 

DEUXIÈME  GÉNÉRATION. 
À  LA  RIVIÈRE  ST-JEAN. 

Voir  e       GUILLAUME  BOURGEOIS  A:  MARIANNE  DE  MARTIGNON, 

p.  1.  Mariés  à  la  Rivière  St-Jean,  en  1686. 

Enfants  : 

a.     Jeanne,  née  16S7  ;  mariée  à  Port   Royal  le  25  janvier  1704,  à  Jean   LeBlanc 
fils  de  André  et  de  Marie  Dugas,  des  Mines. 

TROISIEME  GÉNÉRATION. 
A  BSAUBASSIX. 

Voir  a  CHARLES  BOURGEOIS  À:  MARIE  BLANCHARD, 

p.   2.  Mariés  en  1692,  à  Port  Royal. 

18-  Zola 


|  A  IICHI VES  D  V  CA  XA  DA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Enfants  : 

a-     Maria  Jeanne,  née  1693  ;  mariée  en  a  Charles  Héon,  fils  de 

Inhumée  à  Québec,  le  8  janvier  1758. 
b.      Charles,  né  1695  ;  marié  vers  1 7  Madeleine  Cormier,  fille  de  Alexis  et  de 

Marie  LeBlanc. 

Voir  p.  7. 
C.     Marie,  née  1696  ;   mariée  à 

d.  Pierre,  né  1698  ;  marié  vers  1722,  à  Marie  Cormier,  fille  de  Pierre  et  de  Cathe- 

rine LeBlanc.     Ils  furent  déportés  à  la  Caroline,  avec  plusieurs  de  leurs 
enfants,  et  ne  revinrent  point  de  l'exil. 
Voir  p.  8. 

e.  Honore,  né  1702  ;  marié  23  juillet  1726,  à  Marie  Jeanne  Richard,  fille  de  Michel 

dit  Lafond  et  de  Agnès  Bourgeois. 

Voir  p.  8. 
f.     Michel,  né  1704  ;  marié  k  Marguerite  Girouard,  fille  de 

)  oir  p.  8. 
g.     Jean- Baptiste,  né  1706; 

Jacques,  né  1708  :  marié  en  à  Marie  Bourg,  fille  de 

Us  furent  déportés  à  la  Caroline,  d'où  ils  vinrent  à  Boston,  et  de  là  se 

rendirent  à  St-Pierre-Miquelon,  en  1764. 

Voir  p.  9. 
i.       Madeleine,  née  1710; 
j.       Anne,  née  1712  : 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 

À  BEAUBASSIN. 

Voir  b  CLAUDE  BOURGEOIS  à  ANNE  BLANCHARD, 

p.  2.  Mariés  en  1703. 

Enfants  : 

a.  Marie,  née  1704  ; 

b.  Paul,  né  1706  ;  marié  17  nov.  1727,  à  Marie  Joseph  Brun,  fille  de  Jean  et  de 

Anne  Gautrot. 
Voir  p.  9. 
C-     Claude,  né  1708  ;  Marie  à  Anne  Marie  Cormier,  fille  de 

Il  est   mort  à  Ste-Anne  de  la  Pérade  où  il  fut  inhumé  le    17  janvier 

1770. 

Voir  p.  9. 

d.  Joseph,  né  1710  ; 

e.  Michel,  né  1712  ;    . 

f.  Jean- Baptiste,   dit  Berças,   né    1714  ;  mar  é  vers   1737,  à  Anne  Bernard,   fille 

de 

Il  est  mort  à  la   Pointe-du-Lac,  district  de  Trois-Rivières,  10  janvier 
1771,  et  fut  inhumé   le  lendemain  à  Bécancourt,   sous  le  nom  de  Jean- 
Baptiste  Bre'cas, 
Voir  p.  10. 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 
A  PORT  ROYAL. 

Voir  a  GUILLAUME  BOURGEOIS  &  MARGUERITE  MIUS 

p.    2.  lere  femme, 

Mariés  en  1700,  à  Port-Royal. 


asm  ilooim  d  I 

DOC.    DE    LA   SESSION    No    18 

I  .  M     V  \    I 

a.  Mû  o   1701  ;  n  i  Jo  epfa  1  bib 

Pierre  el  de  Anne  Boni  g,  babil  la  i  h  <■ 

TROISIÈME  QÉNÉB  ITÏON* 

\   POB  i    i;    5  \i, 

Voir  a         GUILLAUME  BOURGEOIS  à    CATHERINE  THIBODEAU 
p.  2.  Mariés  17  fév.  1705,  I  Port  Royal  2  femme 

I     \|    Wh 

a    «l iioni/in» ,  né  a  l'automne  de  1 71 

b.  Marguerite  née  15  avril  1708,  b.  20  mai  suivant     mariée  1  1  oel 

Queasie,  51a  de  Jean  Baptiste  Queasie  dit  Roger  et  de  feue  Anne  B 
geoia,  habitant  de  Beauojssin.   . 

c.  Catherine-Joseph,  bée  24  février  1711,  b.  13  avril  suiv.  ;  mariée  17  avril   1731, 

à  Jean  Breau,  fila  de  Jean  e1  de  Anne  Chiasson. 

d.  Michel^  né  1713  :  marié,  à  26  ans,  le  26  janvier  173'.',  a  Marie  Joseph   I' 

tille  de  François  et  de  Claire  Bourg. 

Voir  p.  10. 

6.  Si/Irai/i,  né  20  juin  1715,  b.  lendemain  ;  marié  3  fév.  1749,  a  Anne  Comeaui 
fille  de  Pierre  et  de  Susanne  Besier  ;  mort  à  Port-Royal,  le  25  ma, 
1751. 

Voir  p.  10. 

f.  Guillaume,  né  et  b.  4  mai  1717  ;  marié  6  février  1741,  à  Anne  Hébert,  611e  de 
Alexandre  et  de  Marie  Dupuis.  Furent  déportés  à  la  Nouvelle-Angle- 
terre et  revinrent  de  l'exil  en  1767,  et  s'établirent  à  St-Jacques  de 
l'Achigan,  où  Guillaume  est  mort  le  21  novembre  1794. 

Voir  p.  10. 

g\     Agnès,  née  et  b.  3  juin  1719  :  mariée  le  6  oct.  173S,   à  Pierre  Cotard,  fils  d© 
Poncrace  et  de  Marguerite    Duchesne,  de    la    paroisse  de  St-Pancrace 
diocèse  de  Coutance.     Inhumée  à  Québec,  le  29  sept.  1755. 
h.     Arnaud,  né  et  b.  22  sept.  1721  ; 
i.     Anne,  née  et  b.  17  oct.  1723  ;  mariée  3  fév.  1749,   à  Jean  Comeau,  fils  de  feu 

Augustin  et  de  Jeanne  Levron. 
j.     Theotiste,  née  15  mars  1726,  b.  8  avril   suivant;  mariée  6  nov.  1752,   à   Louis 

Maillet,  fils  de  Jacques  et  de  Madeleine  Hébert. 
k-     Marie-Joseph,  née  15  fév.    1729,    b.    7.   fév.    1730;  mariée   25   janvier   1751,  à 

Joseph  Forest,  fils  de  feu  Joseph  et  de  Marie  Guilbeau. 
1.     Madeleine-Victoire,  née  16  oct.  1734,  b.  1er  déc.  1735. 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT  ROYAL. 

Voird  JOSEPH  BOURGEOIS  à  ANNE  LEBLANC 

p.   3.  Mariés  10  janvier  1719,  à  Port-Royal. 

Enfants  : 

a.  Judith,  née  9  juillet  1720,  b.  10  nov.  et  inhumée  24  décembre  de  la  même 
année. 


6  Ah  CEI  I  rB8  1)  U  CA  N  A  DA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

b.     Joseph-Grégoire,  né  et  h.  22  mai    1722:    marié    1°    10   fév.    1749,   à   Catherine 

Comeau,  fille  de   Abraham  et  de  feue  Marguerite  Pitre.     2    à  Nicolet, 

le  20  juin  1771.  à  Thérèse  Hubert,  veuve  de  François  Précourt.    Furent 

déportés   a   la   Nouvelle-Angleterre,  et  revinrent  de  l'exil  en  1767,  et 

fixèrent  à  à    Bécanoourt.     Il  est  mort  le  6  avril    1803,  et  fut  inh. 

lendemain  a   Nicolet. 

Voir  p.  1 1. 
C.     Bonaventv/re,  né  1"  avril  1725,  1).  3  même  mois; 

d.  Félicité,  née  11  fév.  1727,  b.  19  avril  suivant;   mariée  1    3  fév.  1750,  à  Pierre 

LePrince,  fils  de  Jean  et  de  Jeanne  Blanchard.  2°  à  Bécancourt  le  19 
nov.  1700,  à  Bénoni  Bourg,  veuf  de  Marie-Joseph  Hébert,  et  fils  de 
Michel  et  de  Marie  Cormier.      Décédée  à  St-Grégoire,   le  16  mars  1814. 

e.  Perpétue,  née  30  avril  1729,  b.  7  février  1730  ;  mariée  10  fév.    1749,    à   René 

Richard,  fiis  de  René. et  de  Marguerite  Terriot.  Morte  a  Memeramcouk, 
le  19  mars  1808,  et  son  mari  est  décédé  en  la  même  paroisse  le  22 
février  181 1. 

f.  L  h  divine,  née  27  août  1732,  b.  30  déc,  suivant;    déportée  à  la  Nouvelle-An- 

gleterre,  elle  s'y   marie  en  1761,  à  Victor  Richard,  fils  de  Jean-Bte  et 
de  Marguerite  Robichaud.     Revinrent  de  l'exil  en  1774  et  se  fixèrent  à 
St-Jacques  de  l'Achigan. 
g.     Pépin- Gauthier,  né  21  fév.  1734,  b.  14  juin   suivant;  déporté   à   la   Nouvelle- 
Angleterre,   il   y   resta  jusqu'en    1774  ;    il  se  marie  à  Bécancourt,  le  4 
février  1783,  à  Marie  Poirier,  veuve  de  Olivier  Thibodeau.      Mort  à  St- 
Grégoire,  le  5  juillet  1809. 
Voir  p.  1 1 . 
h-     Pétronille,  née  le  1er  août  1736,  b.   18  mai  suivant;  mariée   26   juin    1754,    à 
Antoine  Benoit,  fils  de  feu  Claude  et  de  Jeanne  Hébert,  de  la  Rivière- 
aux-Canards. 

i.  Joseph-Timothée,  né  13  mai  1739,  b.  lendemain;  déporté  à  la  Nouvelle-Angle- 
terre, il  se  marie  civilement  à  Boston,  le  31  janvier  1769,  à  Elizabeth 
Ouiniet,  fille  de  feu  Guillaume  et  de  Louise  Robichaud,  ce  mariage  fut 
réhabilité  à  la  Pointe-aux-Trerables,  Montréal,  le  28  décembre  1775. 
Timothée  Bourgeois  s'établit  ensuite  à  St  Jacques  l'Achigan  où  il  est 
mort  le  10  mars  1777. 
Voir  p.  11. 

j.  Elizabeth,  née  1742  ;  mariée  civilement  en  1759,  à  la  Nouvelle-Angleterre,  à 
Polycarpe  Robichaud,  fils  de  Joseph  et  de  Marie  Forest,  mariage  réha- 
bilité à  L'Assomption  le  22  sept.  1767,  au  retour  de  l'exil. 

k.     Anne-Séraphie,  née  19  mars  1744,  b.  29  mai  suivant;  fut  déportée  à  la  N.-An- 

gleterre.     Elle  épousa  Joseph  Bourg. 
1.     Marguerite,  née  et  b.  13  mai  1746  ;  fut  déportée  à  la  N. -Angleterre,  où  elle  se 
marie  1°  à  Joseph  Dupuis,  fils  de 

2°  à  Bécancourt,  le  25  fév.  1775,  à  Pierre  Bourg,  fils  de  feu  François  et 
de  défunte  Marie  BeJliveau.      Morte  à  St-Grégoire  7  fév.  1810. 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT  ROYAL. 

Voir  f  CLAUDE  BOURGEOIS  k  MARIE  LEBLANC 

p.  3.  Mariés  le  24  nov.  1721,  à  Port  Royal. 

Enfants  : 

a.  Anonyme,  né  1722  ; 

b.  Anonyme,  né  1724  ; 


QENÊA /<><,//:  DES    I-  '  i  /</     .         V  NOTi  7 

DQC.    DE    LA   SESSION    No    18 

c.  /'/>/•/•'■  li'n'i^min,  né  16  mal  1720,  b   i    m- m.-  moi      il  il 

échappa   i  la  d<  porta! ion,  et  plu    tard  il     •  •   fl  ■  »   à    Mem< 

demeura  nombre  d'annns,  i>"i     M  alla  finii    s«-m  joui     chez  an  <1«î  eee 

il  -•  t,  morl  le  II. 

voir  paflei    11  et   I  ' 

d.  Marie  Madeleine^  née  7  mai  [728,  i>.  lendemain  .J<>H*'j>h 

Elobiohaud,  veuf  de  MaiieOomeau,  et  fila  de  Joseph  <  ••  <!<•  M  -•  «  f  i  •  ■  l<>r«-  ,i 

e.  Elizabêth  (jumelle)  ;i>,  b.  lendemain 

f.  Anoêteuiêi  (jumelle),  née  "  d  10,  b,  lendemain  .  mari 

Pierre  Dupuii,  file  de.  feu  Pierre  et  de  défunte  Anne  Richard.     Purent 

déportée  à  lt  V  Angleterre,  revinrent  de  l'exil   en   1  7**7 

à  Si  Jacques  de  I  Aohigan,  oh  Ans  t  morte,  le  24  juillet  178 

g.    Jotêph-Abeli  né  29  août  I7.">."5,  l>.  lend.  :  fui  déporté  à  la  N    Angleterre,  ob 
marie'oivilement  en  1762,  à  Marguerite  Douoet,  fille  de 

,  mariage  réhabilité  à  Bécanoourt  ■  •  pt.  176' 

son  retour  de  l'exil.     Il  se  fixa  i  Bécancourt.      Poirp.  12. 

i.  Amandf  né  25  mais  1735,  b.  '_>:»  juillet  suivant]  déporté  à  la  N    An  oeil 

marie  civilement,  en   I7<w>,  :i  Marguerite   Du         fille  de  Claude  et 
de  Marie  Joseph  Melaoson,  mariage  réhabilité  à  l'Assomption,  k 
juillet  1 7 < > 7 ,  au  retour  do  l'exil.     Il  se  fixa  à  Bt-Jaoq  L'Aobigan. 

I'"/Y  ]>.  1  ■">. 

j.     AmaoUj  né  28  oct.  1737,  b.  30  nov.  1738  j  déporté  à  la   N.   Angleterre  i 

marie  civilement  en  à  Louise  Richard,  fille  de  Jean 

Bte  et  de  Marguerite  Robichaud,  mariage  réhabilité  à  L'Assomption,  le 
7  août  1774,  au  retour  de  l'exil.  Il  se  fixa  à  St-Jacques  de  l'Achigan 
où  il  est  mort  le  22  janvier  1795.      Voii    p.  13. 

k.      (u'rtrude,  née  10  mai  1739,  b.  lendemain  ; 
1.     Marguerite,  née  10  mai  1741,  b.  lendemain; 

m.      Xatalic,  née  7  fév.  1743,  b.  lendemain. 

n. — 

O.     Germain,  né  28  déc.  1749,  b.  1er  janvier   1750;  déporté  à  la  Nouvelle-Angle- 
terre ;  il  se  marie  à  St-Jacques  de  l'Achigan,  le  10  juin  1776,  à  Ludivine 
Elisabeth  Belliveau,  fille  de  Charles  et  de  Ozite  Dugas. 
Voir  p.  14. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
À  BEAUBASSIN. 

Voir  b  CHARLES  BOURGEOIS  à  MADELEINE  CORMIER 

p.  4.  Mariés  vers  1720,  à  Beaubassin. 

Enfants  : 

a. 
b. 
c. 
d. 
e. 

f.     Claude,  né  vers  1735  ;  marié  vers  1764,  à  Marie  Vigneau,  fille  de 

Voir  p.  14. 

g- 

h.     Jean- Baptiste,  né  vers  1737  ;  échappa  à  la  déportation  ;  marié  à  Bécancourt  le 

17  fév.  1762,  à  Marie  Elisabeth  LePrince,  fille  de  feu  Honoré  et  de 
Isabelle  Forest.     Mort  à  Bécancourt  en  1765. 

i. 

I 

1. 


S  ARCHIVES  DU  CANADA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
À  BEAUBASSIN. 

Voir  d  PIERRE  BOURGEOIS  à  MARIE  CORMIER 

p.  4.  Mariés  vers  1722',  à  Beaubassin. 

Enfants  : 
a.     Pierre,  né  vers  1723;  marié  vers  17-46,  à  Cécile  Aucoin,  fille  de 

b. 
c 
d. 

e.  Gilles,  né  vers  1731  ; 

f.  Baptiste,  né  vers  1733  ;  marié  au   Port  LaJoye,  ile  St-Jean,  le  15  fév.  1757,  à 

Madeleine  Bourg,  fille  de  Joseph  et  de  Anne  Cormier. 


g 

h. 

i.  Joseph  dit  Calotte,  né  1739  ;  marié  civilement  à  Pigiguit  (Windsor)  en  1764. 
à  Félicité  Belliveau,  fille  de  Pierre  et  de  Jeanne  Gaudet,  mariage  réha- 
bilité par  l'abbé  Bailly,  au  même  lieu,  le  29  août  1768.  Il  est  mort  à 
Memeramcouk,  le  20  nov.  1833,  laissant  neuf  enfants  dont  six  garçons 
qui  firent  souche  à  Memeramcouk.  Joseph,  l'un  d'eux,  né  en  1779, 
épousa  Marie  LeBlanc,  fille  de  Simon  et  de  Madeleine  Richard,  et 
mourut  à  Memeramcouk  le  5  mars  1814.  De  cette  union  naquirent 
quatre  filles  et  un  garçon,  nommé  Simon.  Celui-ci,  né  en  1801,  épousa 
le  8  janvier  1826,  Anne  Belliveau,  fille  de  Jean  et  d'Isabelle  Gaudet, 
et  mourut  en  1895.  Ce  Simon  est  le  grand  père  du  Révd  Père  Philias 
F.  Bourgeois,  C.S.C.,  de  l'Université  du  collège  St-Joseph,  de  Meme- 
ramcouk. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  BEAUBASSIN. 

Voir  e  HONORÉ  BOURGEOIS  à  MARIE  JEANNE  RICHARD. 

p.  4.  Mariés  le  23  juillet  1726,  à  Port  Royal. 

Enfants  : 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
À  BEAUBASSIN. 

* 

Voir  f  MICHEL  ROURGEOIS  À:  MARGUERITE  GIROUARD. 

p.  4.  Mariés  vers  1729. 


Enfants  : 


a. 
b. 
c 


QÊNÊ  ILOOIÈ  i  T  KOI  9 

DOC.    DE    LA   SESSION    No    18 

d.      Mii-IkI,   aé    \<-i:,    1736  .  mai  \\        [ouche,    l<  1 T ♦ .  1 , 

I  [aohé,  H  Ile  <!••  Jean  et  de  Mai  guérite  l  ■  • 


QUATRIÈME  QÉNÉB  VI  D 

\   BEAUBA88I3 

Voir  h  JACQUES  BOURGEOIS  a    MARIE  BOURG 

p.  4.  Mariés  en  à   I  leauba  •  lin. 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

A    BEAUBASSIN   ET  A   MALPEC. 

Voir  b  PAUL  BOURGEOIS  &  MARIE  JOSEPH  BRUN, 

p.  4.  Mariés  17  nov.  1727,  à  Port  Royal. 

Enfants  : 
'  a. 
b. 
c 

d.     Joseph,  né  vers  1734  ;  marié  à  Ristigouche,  le  5  nov.  1759,  à  Marie  Girouard, 
fille  de  Claude  et  de  Madeleine  Vincent,  et  veuve  de 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  BEAUBASSIN. 

Voir  c  CLAUDE  BOURGEOIS  &  ANNE  MARIE  CORMIER. 

p.  4,  Mariés  vers  1732,  à  Beaubassin. 

Enfants  : 

a.     Jean-Baptiste  dit  Berças,   né  vers  1733  ;  marié   vers   1758,   à  Marguerite  Sire, 
fille  de 


b. 
c 
d. 
e. 
t 

H.     Michel,  né  vers  1747  ;  marié  le  2  fév.  1773,  à  Laprairie,   à  Natalie  Comeau, 

fille  de  Jean-Bte  et  de  Anne  Bourgeois. 
i.     Pierre,  né  vers  1749;  marié  à  Laprairie,  le  2  août  1778,  à  Appoline  Brosseau, 

fille  de  feu  Pierre  et  de  Marie  Anne  Deneau. 
j.     Clément,  né  vers  1751  ;  marié   à   St- Philippe,  le  24  juillet  1780,  à   Agnès  La- 

noue,  fille  de  Pierre  et  de  LTrsule  Brun. 


10 


ARCHIVAS  DU  CANADA 


5-6  EDOUARD  VI!,  A.   190( 


Voir  f 
P-   * 


Voir  d 
P5. 


a 
b 

c 
d 
e 


g 


Voir  e 
p.  5. 


QUATRIÈME   GÉNÉRATION. 

\    BEAUBAB8IN. 

JEAN-BAPTISTE  BOURGEOIS  k  ANNE  BERNARD, 
mariés  vers  L737,  à  Beaubassin. 

Enfants  : 


a.      Marie,  née  en  1738;  inhumée  à  Québec,  le   17  déc.  17 

b-     Marie-Anne,  née  1740;  mariée  à  Montréal,  le  9  fév.  L762,  k  Pierre  Blache,  fils 
de  Jean-François  et  de  Elie  Saquard,  de  St-Agrère,  diocèse  de  Viviers. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
À  PORT  ROYAL. 


MICHEL  BOURGEOIS  k  MARIE  JOSEPH  DUGAS, 

mariés  le  26  janvier  1739,  à  Port  Royal. 

Enfants  : 

Rosalie,  née  22  fév.  1742,  b.  lendemain. 
Marguerite,  née  et  b.  23  oct.  1743. 
Pétronne,  née  16  déc.  1745,  b.  lend. 
Joseph,  né  15  janvier  1748,  b.  22  même  mois. 
Marie,  née  22  avril  1751,  b.  26  même  mois. 
Anne,  née  et  b.  16  mars  1753. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT  ROYAL. 

SYLVAIN  BOURGEOIS  k  ANNE  COMEA.U, 
mariés  le  3  fév.  1749,  à  Port  Royal. 

Enfants  : 


a.  Joseph,  né  14  oct.  1749,  b.  lend. 

b.  Anne-Esther,  née  30  janvier  1751,  b.  lend. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT  ROYAL. 

Voir  GUILLAUME  BOURGEOIS  k  ANNE  HÉBERT, 

p.  5.  mariés  le  6  février  1741,  à  Port-Royal. 

Enfants  : 

a.  Marie- Modeste,  née  27  nov.  1741,  b.  14  mai  1742. 

b.  Félicité,  née  9  janvier  1744,  b.  lend. 

C.  Théotiste,  née  1746  ;  mariée  civilement  à  Boston,  en  1764,  à  Jean  Bte  LaNoue, 
fils  de  Pierre  et  de  Anne  Belliveau,  mariage  réhabilité  à  L'Assomption 
le  15  nov.  1767,  au  retour  de  l'exil.  Morte  à  St- Jacques  de  l'Achigan, 
le  2  décembre  1814. 

d-     Joseph,  né  31   mars  1748,  b.  1er  avril  suivant. 


9ÈXÊAL0QIJÛ  WSà    iC  I  D/J  11 

DOC.    DE    LA   SESSION    No    18 

©.     Ji  an,  né  ot  i»  S  avril  !  7 
f.     Jaêph%  né  el  i».  l  !  avril  I  » 

•I   \i  RIÈME  GÉNÉR  \l  [ON. 

\   roi;  i    ROI  \i. 

Vni,  b  GRÉGOIRE  BOURGEOIS  a    CATHERINE  COMEAU, 

p.  6  mariéa  LO  t"<  \  rier  L 749  à  Port  I  loyal. 

l'.M    w 

a 

b-     Joëêph,  né   15  mai  1753,  b.  lend.j  marié  à   St-Jacqw  Lchigan,  le 

1777,  à    Marie  Séraphique  LeBlanc,  fille  de  Jean-Simon  et  de   M 

Landry. 

Voir  p, 
C.     Marguerite,  née  et    b.  à   Port  Royal,  en    1755;  mariée    i    Nicolet,  le   1er  i 

1774,  à   l-Y.in.ois  IVécourt,  (ils  df  feu  François  et  de  Thérèee  Hub 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

\    BÉOANCOURT. 

Voir  g  PEPIN  BOURGEOIS  <fe  MARIE  POIRIER, 

p.  6.  mariés  le  4  fév.  1783,  à  Bécancourt. 

Enfants  : 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
À  ST-JACQUES-DE-L'ACHIGAN 

Voir  i  TiMOTHÉE  BOURGEOIS  à  ELIZABETH  OUINIET, 

p.  G.  mariés  civilement,  le  31  janvier  1759.  à  Boston. 

Enfants  : 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

A  MEMERAMCOUK. 

Voir  c  PIERRE-BEN JAM  N  BOURGEOIS  &  Ire  femme, 

p.  7.  mariés. 

Enfants  : 


12  ARCHIVES  DU  CAXADA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
À  MEMERAMCOUK. 

Voir  c  PIERRE  BENJAMIN  BOURGEOIS  à  2e  femme, 

p.  7.  mariés. 

Enfants  : 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
À  MEMERAMCOUK. 

Voir  c  PIERRE-BENJAMIN  BOURGEOIS  à  3e  femme, 

p.  7.  mariés. 

Enfants  : 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  MEMERAMCOUK. 

Voir  c  PIERRE  BENJAMIN  BOURGEOIS  &  ANNE  LEBLANC, 

p.  7.  4e  femme, 

mariés. 

Enfants  : 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  MEMERAMCOUK  ET  GRANDE-DIGUE. 

Voir  c  PIERRE-BENJAMIN  BOURGEOIS  à  ANNE  THÉBEAU, 

p.  7.  5e  femme, 

mariés. 

Enfants  : 


QUATRIÈME    GÉNÉRATION. 

À  BÉCANCOURT. 

Voir  g  JOSEPH- ABEL  BOURGEOIS  &  MARGUERITE  DOUCET, 

p.  7.  mariés  civilement  en  1762,  à  la  N. -Angleterre. 


.     IL0Q1M  D 

DOC.    DE    LA   SESSION    No    18 

a.  Jaan  Baptiste,  né  17<  I  "t.    1767,  Agi*  dfl    1 

marié  à    B<  cancourt,   le  *J7   oef    17    3,        M  i 
Duchaiinc        I  *  <  •  -  *  <  J  «    1er  juillet    1793,  à   BéCAQCOUI 

Voit  p. 

b.  Mariê-Joêtphy  née  1765,  i».  à  Troii  Uivirns  !«•  |s  ().  t    ]  7 •  » 7 ,  a  ;/•'•< 

c.  Joseph^  né  et  l).  t  eept,  I  rroi    Rivièn   ,  où  il  fat  inh.  le  9  oct.  17 

d.  Mairie  Marguerite^  q< •«•  1er  mai  1771,  1).  lend.,  A  Troi    R 

e.  /'/V/vv,  m.'  et  b.  27  mari  1774,  à  Bëoanoourt. 

f.  Elizabôthi  née  et  l).  20  lept.  177''.  a  Bécencourt. 
Joseph,  né  .'50  sept.  177'.»,  t>.  1er  <  rroi    Rivi 


S 


« 


i. 
k.     Marte-Anne,  née  19  mai  l/vv,  à  "rois-Rivières. 

QUATRIK.Mi:   GÉNÉRATION. 

\   ST-JACQUES  DE  L'ACHIGAN. 

Voir  i  AMAND  BOURGEOIS  &  MARGUERITE  DUGAS, 

p.  7.  mariés  civilement  en  17GG,  à  la  N.- Angleterre. 

Enfants  :  , 

E-     Marie-Anne,  née  et  b.  à  L'Assomption  le  22  sept.  17G7,  où  elle  fut  inhumée  le 

5  oct.  suivant. 
b.     Marie-Joseph,  née  27  oct.  1768,  b.  lend.  à  l'Assomption;  mariée  25  oct.   1790, 

à  Pierre  Dupuis,  fils  de  Pierre  et  de  Anne  Agathe  Thibodeau. 
C-     Abraham,  né   24  août    1770,  b.  28  sept,   suivant   «à   l'Assomption  ;  marié  le  3 

mars  1794,  à  Marie- Angélique  Breau,  fille  de  feu  Joseph  et  de  Anastasie 

Benoist. 
d-     Marie-Marguerite,  née  25  août  1772,  b.  lend.  k  l'Assomption. 

e.  Claude,  (jumeau)  b.  16  mai    177  1    à  l'Assomption;  marié   le   18  juin  1798,  à 

Isabelle  Martin,  tille  de  Charles-Benjamin  et  de  Marie  Thérèse 
Robichaud.  Moïse,  issu  de  ce  mariage,  épousa  Marie  Anne  Dugas,  et 
est  le  père  de  M.  Méderic  E.  Bourgeois,  de  Tracadie,  N.-B. 

f.  Marie- Angélique,  (jumelle)  b.  16  mai  1774,  à  L'Assomption, 
g".     Marie-Esther,  née  et  b.  7  juillet  1776,  à  St-Jacques. 

h.     Jean- Baptiste,  né  et  b.  29  mai  1778,  à  St-Jacques  ;  marié  2  fév.   1807  à  Marie 

Vénérende  Poirier,  fille  de  Hilaire  et  de  Marie  Angélique  Dugas. 
i.     Joseph,  né  et  b.  7  juin  1780,  à  St-Jacques. 

QUATRIÈME   GÉNÉRATION. 
À  ST-JACQUES  DE  L'ACHIGAN. 

Voir  j  AMABLE  BOURGEOIS  k  LOUISE  RICHARD, 

p.  7.  mariées. 

Enfants  : 


14  A  RCIIl  l 'ES  D  U  CA  XA  DA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

A  STJACQUE9   DE  L'ACHIGAN, 

Voir  o         GERMAIN  BOURG  KOIS  &  LUDIVINE  ELIS  BELLIVEAU, 
p.  7.  mariés  le  10  juin  1770,  a  S t- Jacques. 

Enfants  : 


CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 

À  MIQUELON,    LAROCHELLE  ET  ST.-GRÉGOl  RF. 

Voir  f  CLAUDE  BOURGEOIS  &  MARIE  VIGNEAU, 

p.  7.  Mariés  vers  1764. 


a 
b 


d 


Enfants  : 


Jean,  né  1766  ;  marié  9  oc  t.  1797,  à  Marie  Joseph  Puirier. 
Marie,  née  1768;  mariée  22  nov.  1790,  à  Joseph  Richard. 


*~ •     •    —  —  j  —  j  ______  j_ 

C-     Michel,  ne  1770;  mort  célibataire,  à  .^t-Gré^oire 


Charlotte,  née  1772;  mariée  17  fév.  1794,  a  Pierre  Bergeron. 
6.      Victoire,  née  1775  ;  mariée  à  Benoit, 

f.     Jacques,   né    1777;  marié   V    1er  mars    1813,  à  Eléonore  Vigneau;  2e  19  fév, 

1816,  à  Madeleine  Bourque. 
g.     Joseph,  né  1779  ;  marié  13  juillst  1807,  à  Madeleine  Bergeron,  fille  de  Charles 

et  de  Marie- Joseph  Le  Blanc.  C'est  le  grand  père  maternel  de  M.  Louis 

Philippe  Hébert  célèbre  sculpteur. 


QÊNÊ  [L001Ë  DÉS  Ai    i/'//  a     ET  N01 1 

DOC.    DE   LA   SESSION    No   18 


FAMILLE    LANOUE 

PREMIÈRE  QÉNÉB  VI  [ON. 

\   POB  r  ROYAL. 

PIERRE  LANOUE,   tonnelier,  A  JEANNE  GAUTROT 
né  1<>I7,  m  Fran  née  1664,  A  Port  Royal 

Mariée  en  l  68 1 .  à  Port  Royal. 

ENFÀN i> : 

a.     ri')-r-\  né  L682  :  marié  a   Port  Royal,  le  21  nov.  17  fille 

de  L  turent  <'t  »!»■  Marie  Landry. 

Voir  j»    1  •"">. 

DEUXIÈME  GÉNÉRATION. 
À  PORT  ROYAL. 

Voira  PIERRE  LANOUE  à  MARIE  GRANGES 

p.  lô.  Mariés  le  21  nov.  1702  à  Port-Royal. 

Enfants  : 

a.     Joseph,  né  oct.  1703,  b.  18  nov.  suivant;  marié  à  Port- Royal,  le  16  oct.    1725, 
à  Marguerite   Belliveau,  fille  de   Charles  et  de  Marie   Melanson,   avec 
dispense  du  4e  degré  de  parenté.      Déporté   avec   sa  famille,  en  175 
la  Nouvelle-Angleterre,  on  le   retrouve  à    Laprairie,  près  de  Montréal, 
au  mois  de  septembre  1772.  Il  est  mort  à  St  Philippe,  le  27  avril  1782. 

Voir  page  16. 

b-  Pierre,  né  4  janvier  1706,  b.  3  avril  suivant  ;  marié  1°  aux  Mines,  en  1730,  à 
Françoise  Thibodeau,  née  26  sept.  1708,  fille  de  Pierre  et  d'Anne- Marie 
Bourg;  2°  à  Port-Royal,  le  4  nov.  1737,  à  Anne  Belliveau,  fille  de 
Charles  et  de  Marie  Melanson,  avec  dispense  du  4e  degré  de  parenté. 
Déporté  avec  sa  famille  en  décembre  1755,  à  la  Nouvelle  Angleterre,  il 
mourut  subitement  le  24  décembre  1772,  à  St-Jacques  de  l'Achigan,  où 
il  s'était  établi  au  retour  de  l'exil.  Il  était  alors  veuf. 
Voir  pages  16  et  17. 

C.  Chirles,  né  4  février  1709,  b.  31  mars  suivant;  marié  à  la  Grand-Prée,  le  12 
juin  1729,  à  Marie  Landry,  fille  de  Charles  et  de  Catherine  Brossard, 
de  Port  Royal. 

Voir  page  17. 

d-  René,  né  2  décembre  1710,  b.  lendemain  ;  marié  à  la  Grand-Prée  le  8  janvier 
1732,  à  Marguerite  Richard,  fille  de  Michel  Richard  dit  Lafond  et 
d'Agnès  Bourgeois,  de  Port-Royal.  Il  est  mort  à  Port-Royal  le  9  mai 
1751. 

Voir  page  18. 
e.     Honoré,  né  le  24  décembre  1713,  b.  lendemain  ;  marié  à  Port  Royal,  le  7  février 
1745,  à  Agnès  Belliveau,  fille  de   Charles  et  de  Marie  Melanson,  avec 
dispense  du  4e  degré  de  parenté. . 

Voir  page  18. 


16  A  RCIU  I  rE8  1)  U  C'A  XA  h  A 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

f.  Michel)  né  7  février  1717,  b.  lendemain;  marié  à  Port- Royal  le  15  janvier 
1712,  a  Marie  Judith  Belliveau,  fille  de  Charles  et  de  Marie  Melanson, 
avec  dispense  du  4"  degré  de  parenté. 

Voir  page   1 8. 

g.  Marie,  née  et  b.  26  janvier  1720  ;  mariée  à  Port-Royal,  le  15  janvier  1742,  à 
Jean  Melanson,  fils  de  Charles  et  d'Anne  Bourg,  avec  dispense  du  4e 
degré  de  parenté.     Inhumée  à  Québec,  le  2  janvier  1758. 

h.     Anne,  née  18  décembre  1722,  b.  lendemain. 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 
A  PORT-ROYAL. 

Voir  a  JOSEPH  LANOUE  à  MARGUERITE  BELLIVEAU, 

page  16.  Mariés  16  octobre  1725,  à  Port-Royal. 

Enfants  : 

a.  Joseph,  né  19  août  1726,  le  lendemain.  Je  le  retrouve  à  Laprairie  le  6  sept. 
1772. 

b-     Charles,  né  18  oct.    1728,  b.  4  juin  1730  ;  il  fut  déporté,  à  l'automne  de  1755, 
à  la  Nouvelle- Angleterre  où  il  se  maria  civilement  à  Marie  Breau,  fi'le 
de   Pierre  et  de  Marie   Melanson,   mariage   rehabilité  à  Laprairie,   le  6 
sept.  1772,  avec  dispense  du  3e  degré  de  parenté. 
Voir  page  18. 

C.  Marguerite,  née  15  avril  1731,  b.  17  juin  suivant;  mariée  civilement  à  la  Nou- 
velle-Angleterre, à  Charles  Oranger,  fils  de  Claude  et  de  Jeanne  Guil- 
beau,  et  veuf  de  Marguerite  Belliveau,  mariage  rehabilité  à  Laprairie, 
le  6  septembre  1772,  avec  dispense  du  2  au  3e  degré  de  parenté. 

d-  Pierre,  né  30  août  1733,  b.  6  sept,  suivant;  marié  1°  en  1753,  à  Ursule  Brun. 
Ils  furent  déportés  à  la  Nouvelle- Angleterre,  et  revenus  de  l'exil  il  se 
fixèrent  à  St-Philippe,  où  Ursule  Brun  mourut  le  10  juillet  1783  ;  2°  à 
St-Jacques  de  l'AchLan,  le  28  juillet  1788,  à  Marie  Hébert,  veuve  de 
Françoise  Landry. 
Voir  page  19. 

e      Michel  Poney,  né  2  avril  Î736,  b.  lendemain  ;  il  fut  déporté  à  la  Nouvelle- Angle- 
terre, où  il  se  maria  civilement,  le  26  janvier  1761,  à  Madelaine  Brun, 
mariage  réhabilité  à  Laprairie,  le  6  nov.  1774. 
Voir  page  19. 

f.  François,  né  26  mars  1739,  b.  lendemain  :  il  fut  dépor.té  à  la  Nouvelle- Angle- 
terre, et  je  le  retrouve  à  St-Philippe,  le  16  février  1775. 

g.     Jean- Baptiste,  né  et  b.  15  août  1743. 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 
À    PORT-ROYAL. 

Voir  b  PIERRE  LANOUE  k  FRANÇOISE  THIBODEAU. 

page  16.  1ère  femme. 

Mariés  en  1730,  aux  Mines. 

Enfants  : 
a.     Natalie,  née  vers  1731  ;  mariée  à  Port-Royal  le  3  février  1749,  à  Joseph  Brun, 
fils  de  Jean  et  de  feue   Anne  Gautrot,  avec  dispense   du  3   au  4  de 
parenté. 


GÉNÉALOGIE  DKê    \GADIKN8  El    V01  17 

DOC.   DE  LA  SESSION   No  18 

b.     .h/"'  Bmph i osi if ,  ip  ■•  ii  'I'-  i  A 

le  21  teptembi  ••    1778,  à  Pierre  Trahai  I  de  Marie  Richard,  d< 

Philippe 

TROISIÈME  GÉNÉRATION, 

\    PORT-ROYAL, 

Voirb  PIERRE  LANOUE  A   ANNE  BELLIVEAU. 

p.  15.  Gemme. 

Mariés  I.-    1    novembre    I7."»7  à    l'orl  - 1  loyal. 

l'.N  i    w  i 

a.  Pierre  (dit    L<*guerre)}  né  le   21    auût    1738  ;  marié  civilement   a   la  Nouvelle 

Angleterre  vers  1764,  à  Marie  Joseph  Dugas,  fille  de  Louii  el  <1"  Marie 
Joseph  Qirouard,  mariage   réhabilite  à  L'Assomption  le  22  sept.  1  7  *  »  7  . 
Voir  page  20. 

b.  Jecut-Baptiste,   né  et  b.  18  mai    1740  ;  marié  civilement  à  la  Nouvel!* 

terre  vers    176-1,    à  Marie  Théotiste  Bourgeois,  fille  de  Guillaume  > 

Anne  Hébert,  mariage  rehabilité  à  L'Assomption,  le  15  nov.  1767. 

Voir  page  20. 
C-     Benjamin,  né  et  le  octobre  1742. 

d.     Marie-Geneviève,  née  mariée 

à  Jean- Baptiste  Sincennes. 
6.     Joseph,  né  23  sept.  1747,  b.  lendemain. 

f.     Marguerite,  née  et  b.  6  mai  1750;  marié  civilement  à  la  Nouvelle-Angleterre, 
9  a  Marie  Granger,  fils  de  Joseph  et  de  Marie  Joseph  Robichaud,  mariage 

réhabilité  à  L'Assomption  le  1er  nov.  1772,  avec  dispense  du  3  au  4  de 

parenté. 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 
À  PORT  ROYAL. 

Voire  CHARLES  LANOUE  &  MARIE  LANDRY. 

page  15.  Mariés  le  12  juin  1729,  à  la  Grand  Prée. 

Enfants  : 

a.  Marie- Joseph,  née  9  mars  1730,  b.  30  avril  suivant;  marié  le  5  février  1748, 

à  Jean  Bte  Thibodeau,  fils  de  Michel  et  de  Agnès  Dugas. 

b.  Joseph,  né  17  nov.  1731,  b.  lendemain. 

d.  Charles,  né  23  mars  1734,  b.  28  avril  suivant. 

e.  Marguerite,  née  29  juillet,  1736,  b.  26  décembre  suivant;  marié  à  Port-Royal, 
le  21  juin  1752,  à  Benjamin  Thibodeau,  fils  de  Michel  et  d'Agnès  Dugas. 

f.  François,  né  16  février  1738,  b.  19  même  mois, 

g.  Rosalie,  née  15  nov.  1739,  b.  lendemain. 

11.  Elisabeth,  née  16  janvier  1742,  b.  20  du  même  mois. 

i.  Joseph,  né  et  b.  19  mars  1744. 

j.  Marie-Esther,  née  20  janvier  1747,  b.  11  mars  suivant. 

k.  Claire- Modeste,  née  1er  janvier  1749,  b.  lendemain. 

1.  Jean-Cyrille,  né  3  nov.  1751,  b.  5  même  mois. 

18—356 


18  A RCHl  VES  DU  CA XA DA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 

\    PORT   ROYAL. 

Voir  d  RENÉ  LANOUE  k  MARGUERITE  RICHARD. 

page  15.  mariés  le  8  janvier  1732,  à  la  Grand  Prée. 

Enfants  : 

a.  Joseph,  né  2  fév.  1734,  b.  28  avril  suivant; 

b.  Arnaud,  né  5  octobre    1736,  b.  24   mai    1737;    marié  apparemment  en   exil  a 

Marie   Melanson,  fille  de   Ambroise  et  de   Marguerite  Comeau.     Je  le 
trouve  en  juillet  1768,  à  Windsor,  (l'ancien  Pigiguit  des  Acadiens),  et 
de  là  il  va  s'établir  aux  Grosses  Coques,  à  la  baie  Ste.  Marie,  comté  de 
Digby,  N.  Ecosse,  où  il  est  mort  le  22  juillet  1815. 
Voir  page  20. 
C-     Jean  Baptiste,  né  23  oct.  1738,  b.  lendemain. 

d.  Grégoire,  né  1er  nov.  1741,  b.  14  avril  1742.     Il  fut  déporté  à  la  Caroline. 

e.  Pierre,  né  et  b.  3  avril  1744  ;  revenu  de  l'exil,  il  se  fixa  à  Liveipool,  Nouvelle- 

Ecosse,  où  il   épousa  Mary   Doane.     Plusieurs  années  plustard  il  alla 
s'établir  avec  sa  famille  aux  Grosses  Coques,  à  côté  de  son  frère  Amand. 
Sa  femme  qui  était  protestante  se  fit  catholique,  à  la  baie  Ste-Marie,  le 
9  février  1800,  "âgée  d'environ  cinquante  ans"  dit  le  registre. 
Voir  page  21. 

f.  Basile,  né  13  nov.  1746,  b.  lendemain.     Il  fut  déporté  à  la  Caroline  du  Sud, 

où  il  était  encore  le  23  juillet  1793. 
g.     François,  né  18  avril  1750,  b.  lendemain  : 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 
À  PORT  ROYAL. 

Voir  e  HONORÉ  LANOUE  AGNÈS  BELLIVEAU 

page  15.  Mariés  le  7  février  1745  à  Port-Royal. 

Enfants  : 

a.  Honoré,  né  et  b.  15  juin  1746,  et  mort  le  lendemain. 

b.  Joseph,  né  15  mars  1748,  b.  lendemain. 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT  ROYAL. 

Voir  f  MICHEL  LANOUE  à  MARIE  JUDITH  BELLIVEAU. 

page  16.  Mariés  le  15  janvier  1742,  à  Port-Royal. 

Enfants  : 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  LA  NOUVELLE  ANGLETERRE,  À  LAPRAIRIE  ET  À  ST  PHILIPPE. 

Voir  b  CHARLES  LANOUE  &  MARIE  JOSEPH  BREAU. 

page  16   .  Mariés  civilement  à  la  Nouvelle-Angleterre. 


QÊNÊ  i  /  OOIE  DÈS    U  '  IDI1  \  I  / .  /   N0T1  19 

DOC.    DE    LA  SESSION    No    18 

Uni  \s  i 

a.     Cnorlêêf 

b-        .Uttn/nsrif,  ,    mr    I7»'»7,    I).     i    L:i|  >l    i  1 1  i«  .    i' 

.<  Si  Philippe,  le  I,  •■■  .Joseph   l'oudrnt,  Alt  de  (  ii.ul»-iet 

de  Marguerite  Oloatre     Témoins  du  côte  de  l'épo    i      Chai 
son  père,  (  Iharle*  I  eNoue,  ioo  fn  n 

c      Mniu\  Qêe  1770,  l>.  à  Laprairii  >û(  I77'_\  " 

d 

e 

f.     Jmn,  né  qov,  1 777,  décédé  9  décembre    uivant,  mainea*11 

g.     Fnnirois,  né  13  mai  1769,  b.  à  Sf  Philippe,  le  lendemain. 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT-ROYAL  ET  A  BT   PHILIPPE  P.Q 

Voir  d  PIERRE  LANOUE  à  URSULE  BRUN. 

page  L6«  Mariés  vers  1753,  en 

Enfants  : 

a-  Marie- Félicité,  née  20  oct.  1754,  baptisée  à  Port-Royal,  le  21  janvier  1755  : 
mariée  civilement  à  la  Nouvelle  Angleterre  le  20  juin  1773,  à  Charles 
(ï  ranger,  fils  de  Charles  et  de  Marguerite  Beiliveau,  mariage  réhabilité 
à  St-Philippe,  le  16  février  1775,  avec  dispense  du  3  au   4  de  parenté. 

b-     Agnès,  née  à  la  Nouvelle- Angleterre  ;  mariée  à  St-Philippe  le  25  juillet  17" 
Clément  Bourgeois,  fils  de  Claude  et  de  Anne  Cormier. 
Témoins   au  mariage  du  côté  de  l'épouse  :  Pierre   LaNoue,    son   père, 
Jean  LaNoue,  son  frère,  Olivier  Hébert,  son  beau-frère. 

C-     Jean, 

d-  Félicité,  née  1759,  à  la  Nouvelle- Angleterre,  b.  à  Laprairie,  le  25  juin  1775, 
"Agée  de  16  ans."  ;  mariée  le  5  février  1776,  Paul-Olivier  Hébert,  fils 
de  Charles  et  d'Ursule  Forest. 

e.  Anne,  née  en  1761,  à  la  Nouvelle-Angleterre,  b.  à  Laprairie,  le  25  juin  177". 
"âgée  de  14  ans." 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  NOUVELLE-ANGLETERRE  ET  À  ST-PHILIPPE. 

Voir  e  MICHEL  LANOUE  à  MADELEINE  BRUN. 

page  16.       Mariés  civilement  à  la  Nouvelle- Angleterre  le  26  janvier  1761. 

Enfants  : 

a.  Marie,  née  1762,  à  la  Nouvelle- Angleterre  ;  mariée  à  St  Philippe,  le  3   juillet 

1780,  à  Mathurin  Boudrot,  fils  de  Charles  et  de  Madeleine  Cloatre,  de 
Laprairie. 

b.  Marguerite,  née  1764,  à  la  N.  Angleterre  ;  mariée  à  St  Philippe  le  19  fév.  1781, 

à  Joseph  Vincester  Cloatre,  fils  de  Dominique  et  de  Marguerite  Boudrot, 
et  décédée  â  St  Philippe  le  3  avril  1784. 
C.     Michel,  né  à  la  N.  Angleterre,  en  1766. 

18— Sbhb 


20  1  B CI1I J 'ES  1)  U  CA  NA  DA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  LA   N.  ANGLETERRE,  A  L'ASSOMPTION,  P.  Q.  ET  À 

ST-JACQUES  DE  L'ACHIOAN. 

Voir  a  PIERRE  LANOUE  &  MARIE  JOSEPH  DUGAS 

page  17.  mariés  civilement  à  la  N.  Angleterre  vers  1701. 

Enfants  : 

a-     Marie-Joseph,  née  vers  le  mois  avril  1765,  à  "  Canaticotte  "  (Connecticut)  b.  à 

L'Assomption,    20   sept.    1767,    "  âgée  de  2  ans  et  demi  ";  mariée  à  St- 

. Jacques  le  22  nov.  1784,  à  Isaac  Robichaud,  fils  de   Dominique   et   de 

Marguerite  Forest,  avec  dispense  du  4e  degré. 
b-     Joseph,  né  et  b.  à  L'Assomption,   9  janvier  1768:  marié   à   St-Jacques,    le   1er 

octobre  1798,   à  Anne   Etther  Mirault,   fille   de  Charles  et   d'Isabelle 

Robichaud. 
C.      Marguerite,  née  11  sept.  1771,  b.  à  L'Assomption  le  lendemain;  mariée  à 

Jacques  le  4  fév.  1793  à  Amable  Poney  Melanson,  veuf  de  Marie  Richard, 

avec  dispense  du  4e  degré. 

d.  Elïzabetk,  née  6  oct.  1774,  b.  lendemain,  à  St-Jacques 

e.  Marie-Anne,  née  et  b.  le  24  octobre  1777,  à  St-Jacques  ;  mariée  le  7  nov.  1796, 

à  Jean-Bte  Mireault,  fils  de  Jean-Bte  et  de  Marie  Martin. 

f.  Pierre,  né  9  août  1780,  b.  lendemain. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  LA  N.  ANGLETERRE,  À  L'ASSOMPTION  ET  À  ST-JACQUES. 

Voir  b  JEAN-BAPTISTE  LANOUE  &  THÉOTISTE  BOURGEOIS, 

page  17.  mariés  civilement  vers  1764,  à  la  N.  Angleterre. 

Enfants  : 

a.     Jean- Baptiste,  né  en  octobre  1765,   à  Connecticut,   b.    à  L'Assomption,   le  20 
sept.    1767,    "âgé  de  23  mois";  marié  à  St-Jacques  le  22  fév.  1794,  à 
Cécile  LeBlanc,  fille  de  Joseph  et  de  Marie-Madeleine  Dugas,  avec  dis- 
pense du  4e  degré  de  parenté. 
b-     Pierre,  né  19  août  1767,  b.  lendemain  à  L'Assomption;  marié  à  St-Jacques  le 

3  mars  1794,  à  Suzanne  Breau,  fille  de  Jean  et  de  Suzanne  Dupuis. 
C.      Marie-Marguerite,  née  20  juillet  1769,  b.  lendemain,  et  inhumée  à  L'Assomp- 
tion, le  8  mai  1770. 
d-     Joseph,  né  et  b.  16  mai  1771,  à  L'Assomption; 

©.     Marie- Marguerite,  née  27  avril  1773,  b,  29  du  même  mois,  à  L'Assomption, 
f.     Anne-  Véronique,  née  et  b.  25  juin  1774,  et  inhumée  à  St-Jacques,   le   26   août 

1787. 
g.     Anne-Séraphine,  née  et  b.  20  juin  1776  à  St-Jacques,  mariée  le  16  juillet  1798, 

à  Pierre  Terriot,  fils  de  Honoré  et  de  Marie  Fouquet. 
i.     Marie,  née  et  b.  1er  avril  1778,  à  St-Jacques  ; 
j.      Guillaume- Benjamin,  né  28  mars  1780,  b.  lendemain  ;  * 

1.      Anne-Rachelle,  née  21  avril  1781,  b.  lendemain. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
AUX  GROSSES  COQUES. 

Voir  b  ARMAND  LANOUE  à  MARIE  MELANSON. 

page  18.  Mariés  vers    1762. 


.y/   [L001B  DEà    II    i  01     \  21 

DOC.  DE  LA  SESSION   No  18 

a.     Marié- Afad>'l ni n<\   mV  ...  i     i  ,■•;.;,   i,     ,    Windsor,    v^    E  .   le   I-    juillet   M 

mariée  en  i  •  '"  '-pli    ^mirault,  til     il«*  -!.-*«  ■  # ■!••■■   »-\  <j  Belli- 

\  eau. 

t).      i/aan  Baptiste)  n<    vers   1 T  *  >  *  »  .    in<>rl    il;»-  d'environ    1  I   un 

fo.     s,-/iu/(tsfit/n>-  (dite  CoteUâ\  née  vers  1768  .  mariée    ei 
dit    Dtudley, 

c.  Marguéritex   uée   21  fév,  I77>».   l>.  I B  oot.    1771  ;  mariée  civilement  eu 

Charles  David  Comeau,  file  de  Fran  ois  el  de  I  Le  Blanc,  i 

réhabilité  le  28  août  L 799,  aveo  dispense  du  V  degré  de  p 

d.  Anaitaiiêi  uée  28  avril  1771,  b.  L 5  octobre  suivant     mariée  civilement  24  nov. 

1798,  a  Frédéric  (dit  Tikine)  Belliveau,  ftls  de  Frédéric  «-t  de  Bdadeleine 
LeBlanc,  mariage  réhabilité  le  20  août  1799,  avec  dispense  du  1   d< 
de  parent 
©.     Anne)  uée  vers  L776;  mariée  civilement  en  17'.,,.,1  à  Anselme  Belliveau,  fils  de 
Frédéric  «'t  de  Madeleine  LeBlanc,  mariage  réhabilité  le 
avec  dispense  du    1    degfl 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  LIVERPOOL,  N.-E.,  ET  AUX  GROSSES  COQUES. 

Voir  e  PIERRE  LANOUE  à  MARY  DOANE 

page  18.  Mariés  vers  .i  Liverpool,   N.-E. 

Enfants  : 

a.  Mary,  née  ;  mariée  en  à  Aquila  Enslow. 

b.  Marguerite,  née  ; 


22  ARCHI] TKS  I)  U  C'A  .Y  A  D .  1 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


FAMILLE   BELLIVEAU 

PREMIÈRE  GÉNÉRATION. 
À  PORT  ROï'AL. 

ANTOINE  BELLIVEAU  k  ANDRÉE  GOUItf, 

né  1621,  mariés  vers  1650. 

Enfants  : 

a.  Jean- Antoine,  né  1652  ;  marié  1°  en  1671,  à  Jeanne  Bourg,  née   1653,  fille  de 

Antoine  et  de  Antoinette  Landry  :  2°  en  1702  ou  1703,  à  Cécile 
Melanson,  née  en  1670,  fille  de  Charles  et  de  Marie  Dugas,  et  veuve  de 
Abraham  Boudrot.  Ce  Jean- Antoine  Belliveau,  émigra  en  1715,  au 
Port  Toulouse,  Isle  Royale,  d'où  il  alla  en  1728,  à  Tracadie,  Ile  St- 
Jean,  où  il  est  mort  à  un  âge  très  avancé.  Les  enfants  issus  de  son 
premier  mariage  restèrent  à  Port-Royal. 
Voir  pages  22  et  27. 

b.  Madeleine,  née  1654  ;  mariée  à  un  Chiasson  dit  La  vallée,  de  Beaubassin. 

C.        Marguerite,  née  ;  mariée  en  1673,  à  Germain  Bourgeois,  né  1650,  fils  de 

Jacques  et  de  Jeanne  Trahan. 

DEUXIÈME  GÉNÉRATION. 
À  PORT  ROYAL. 

Voir  a  JEAN- ANTOINE  BELLIVEAU  à  JEANNE  BOURG, 

page  22.  mariés  en  1671. 

Enfants  : 

a.  Jeanne,  née  1672  ; 

b.  Jean-Charles,  né  1674  (connu  sous  le  nom  de  Jean  Belliveau,  le  jeune)  ;  marié 

en  1696,  à  Madeleine  Melanson,  née  1679,  fille  de  Charles  et  de  Marie 

Dugas  ;  mort  à  Port-Royal. 

Voir  page  22. 
C.        Madeleine,  née  1676  ;    mariée  en  1693,  à  François  Boudrot,  né  1666,  fils  de 

Michel  et  de  Michelle  Aucoin. 
d.        Charles,  né  1678  ;  marié  en  1699,  à  Marie  Melanson,  née  1681,  fille  de  Charles 

et  de  Marie  Dugas. 

Voir  page  23. 
6-       Antoine,  né  1679  ;  marié  1°  en  ;  2°  en  1702,  à 

Marie  Terriot,  née  1679,  fille  de  Claude  et  de  Marie  Gautrot.     Il  est 

mort  à  Port-Royal,  le  1er  sept.  1740. 

Voir  pages  23  et  24. 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT  ROYAL. 

Voir  b      JEAN  BELLIVEAU,  le  jeune,  à  MADELEINE  MELANSON, 
page  22.  mariés  en  1696. 


Q&m    [LOQIB  DE  \    WA  D1BH  ?  MT  NOÎ  H 

DOC.    DE    LA   SESSION    No    18 

I  .  ■  i  \  \  i 

a.  Chorlâêi  né  1697  .  marié  i  la  Qrand  Pi  I  nov,  1717.   i    Marguerite  Orao 

ger,  née  1698,  Aile  de  Ren<  et  de  VI  II  fui  inhuE 

Québec,  le  jani  iei 
1 1 . 

b.  ifcan,  ué  1699  .   mari    19  nov,  IZ30  h   M  uidet,  fille  <1<-  I 

iimi  et  de  Ji  urne  Terriot,     il  ee<   nu  ou  ses 

descendant  i  sont  I  rèa  nombreux. 
Voit  page  2  i , 

C.  /.>i//  is,   ne    1700  .    mort  ni   I)  i 

d.  Mur'ir  Madelt  i m-,  née  1  août  L70d  ;   mariée  21    janvier  17'_'.'),  A   Pran         I 

dry,  lil    de  Pierre  et  de  feue  Madeleine  Robichaud. 

e.  Pierre  (dit  Ptau),  l>.  i  août  L706  .   marié  12  janvier  17  ne  Gau< 

fille  de  Bernard  et  de  Jeanne  Terriot.     [1  est  mort  i  Memeramconl 
ses  descendants  sont  très  nombreux. 
Voir  page  26, 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT  aOYAL. 

Voir  d  CHARLES  BELLIVEAU  &  MARIE  MELANSON 

page  22.  Mariés,  1G99. 

Enfants  : 

a.      Marie,  née  1700;  marié  26  nov.  1720,  à  Pierre  Gaudet,  fils  de  Bernard  et  de 

Jeanne  Terriot. 
b-     Charles,  né  1702;  marié  16  oct.  1725  à  Agnès   Gaudet,  fille  de   Bernard  et  de 

Jeanne  Gaudet.      Voir  page  53. 
C.      Marguerite,  née,  30  déc.  1704  ;  marié  16   oct.  1725,  à  Joseph    Lanoue,  fille  de 

Pierre  et  de  Marguerite  Grançer. 
d-     Deux  bessons,  nés  23  août  1707  et  décédés  le  25  du  même  mois. 

e.  Madeleine,  née  14  oct.  1708. 

f.  Piéride,  né  31  août  1711,  et  décédé  19  oct.  1733. 

g.  François,  né  17  nov.  1714;  marié   15  janv.  17  42,  à   Marie-Joseph   Blanchard, 

fille  de  Charles  et  de  Madeleine  Girouard.      Voir  page  26. 

h.  Anne,  née  3  juin  1717  ;  mariée  4  nov.  1735  à  Pierre  Lanoue,  frère  du  précé- 
dent, et  décédée  28  fév.  1752. 

i.       Marie-Joseph,  née,  5  mars  1719  (a). 

j.  Marie-Judith,  née  28  juillet  1721  ;  mariée  15  janvier  1742,  à  Michel  Lanoue, 
frère  des  précédents. 

k.     Cécile,  née  29  août  1723. 

1.  Agnès,  née  28  déc.  1725;  mariée  1er  fév.  1745,  à  Honoré  Lanoue,  frère  des 
précédents. 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 

A   PORT   ROYAL. 

Voir  e  ANTO  NE  BELLIVEAU  & 1ère  femme. 

page  22.  Mariés  en  1700. 

Enfant  : 

a.     Joseph,  né  1701  ;  il  émigra  à  Beaubassin,  où  il  épousa  1°  Marie  Gaudet, 

2°  Marie  Bourg.     Ses  descendants  sont  très  nombreux  en   le   district 
des  Trois-Rivières .      Voir  pages  47  et  48. 

(«)  C'est  peut-être  celle  connue  sous  le  prénom  de  Madeleine  qu'on  trouve  au  Port  Toulouse,  mariée 
1°  à  Jean  Fougère,  2°  à  Claude  Dugas. 


24  ARCHIVES  DO  CANADA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 

A    PORT    ROYAL. 

Voir  e  ANTOINE  BELLIVEAU  à  MARIE  TERRIOT,  2e  femme, 

page  22.  Mariés  en  1702. 

Km  an ts  : 

a.  Marie,  née  30  avril  1703  ;  mariée  à  François  Bour^,  de  Beaubassin. 

b.  Charles,  né  4  nov.  1705,  b.  lend.;  marié  14  octobre  1732,  à  Anne   Dugas,   fille 

de  Claude  et  de  Marguerite  Bourg.      Voir  page  26. 
C.      Marie- Anne- Madeleine,  née  18  avril  1708;  mariée   25   janvier    1734,  à   Pierre 

Granger,  fille  de  Claude  et  de  Jeanne  Guilbeau. 
d .     Jean-Baptiste,  né  12  mai  1710  et  décédé  3  août  suivant. 
G.  "-Jean- Baptiste,  né  3  nov.  1713;  marié  23  janvier  1741,  à  Marguerite  Melanson, 

fille  de  Jean  et  de  Marguerite  St.  Sceine.     Mort  le  5  juillet   1786,  et 

inhumé  le  lendemain  à  Nicolet.      Voir  page  49. 

f.  Paul,  né  30  mars  1717  ;  mort  célibataire,  le  11  juin  1793  et  inhumé  le  lende- 

main à  Nicolet. 

g,  Anoryme,  inhumé  6  mars  1720,  âgé  de  8  jours. 

n.     Madeleine,  née  27  juillet  1722;  mariée  à  Nicolet,    18   août   1783,  à  François 
Bourg,  veuf  de  Marie  Prince.     Décédée  16  juin  1801. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT  ROYAL. 

Voir  a  CHARLES  BELLIVEAU  à  MARGUERITE  GRANGER. 

p.  23.  Mariés  3  nov.  1717. 

Enfants  . 

a.  Marguerite,  née  9  nov.  1718,  et  décédée  17  janvier  1724. 

b.  Marie-Joseph,  née  26  janvier  1721  ;  mariée  1er  mars  1745,   à  Pierre  Pellerin, 

fils  de  Bernard  et  de  Marguerite  Gaudet. 
C.     Anne,  née  20  mars  1723  ;  mariée  6  fév.  1742,  à  Claude  Landry,  fils  de  Claude 

et  de  Marie  Babineau. 
d.  Madeleine,  née  14  juin  1725. 
6.     Anonyme,  né  26  avril  1727,  décédé  lend. 

f.  Marguerite,  née  15  nov.  1729  ; 

g.  Charles,  né  12  oct.  1731  ;    marié  20  janvier  1755,   à   Osithe  Dugas,   fille   de 

Claude  et  de   Marie  Joseph  Melanson.     Il  est  mort    à  St. -Jacques  de 

l'Achigan,  le  10  août  1796. 

Voir  page  51. 
h.     Pierre,  né  16  mai  1734  ;  marié  vers  1760,  à   Anne  Girouard,   fille  de  Joseph 

et  d'Anne  Doucet.     Mort  à  Memeramcouk,  le  16  février  1820. 

Voir  page.  46. 
i.      Cécile,  née  4  août  1737. 
j.      Modeste,  née  8  mai  1739. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
A  PORT  ROYAL  ET  LA  BAIE  STE.  MARIE. 

Voir  b  JEAN  BELLIVEAU  &  MARIE  MADELEINE  GAUDET 

p.  23.  Mariés  13  nov.  1730. 


i/o,,//    0JB6    II    i  /'/  /'  N01  ■ 

DOC.    DE   LA  SESSION    No   18 

\N  I 

a.  Jean,  h-   2  '    spt  1 78 1 

b.  Poncyt  né  I  l  *>  ril  i  78  I 

C.       rnrr>\    né    I  8  a\  i  il    l  7  :' 

d.  Joêeph-Jaoquêêi  né  24  juin  1788  .  marié  civilement, 

Marguerite  Etabichand,  fille  de  Dominiq il   de  Mai 

Mort,  .i  l'Anie  des  Belliveaa,  baie  Ste   x' 
Voir  page 

e.  Anaêtaiùt  née  L3  déc    1739  ;  mariée    •    Ri  tigouche,   le    12  juin  17 

rator  (  Joraeau,  fi]    de  Franco!    et   de   Mai  ie  I 
Ste,  Marie. 

f.  Frédéric  dit  Soudic,  né   24  Juin  1742;    marié   civilement    en 

Modeste  Madeleine  LeBlanc,  Bile  de  Charles  et  de  Madeleine  Giron 
Mort  à  l'Anse-des  Belliveaa,  le  17  man  Ifi 
Voir  page 

g.  Marie,  née  26  sept  L744  :  mariée  à   Bilarion-Chai  iot,  fil 

de  Madeleine  Bourg.      Morte  à  L'Ai  Bellivean. 

h.     Charles-Marin,  né  1  '  juillet  1717  ;  marié  20  oct.  1771,  à  Madeleine  LeBlanc, 

tille  de  Pierre   et   «le    Madeleine  Babin.      Morl    à    L'A  B  ellr 

Voir  page  29. 
i.      Maraueritê-Praxède,  née  16  sept.  1749  j  mariée   l    en  17  Pierre  LeBlanc, 

fils  de  Charles   et   de  Madeleine   Girouard.     2e     3  juin  1799,    à   Denis 

Doucet,   veuf  de  Marie  Walsh. 


QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
1  PORT  ROYAL  ET  À  MEMERAMCOUK. 

Voir  e  PIERRE  BELLIVEAU  dit  PI  AU  à  JEANNE    GAUDET 

p.  23.  Mariés  le  12  janvier  1728. 

Enfants  : 

a.  Marguerite,  née  11  déc.  1728,  b.  10  janvier  1729  ;  marié  le  5  février,  à  Charle 

Granger,  fils  de  Claude  et  de  Jeanne  Guilbeau,   avec  disp.  du  3e  degré' 

b.  Jeanne   [dite  Touchenette]   née  1er   avril  1731,    b.    1er  juillet  suiv.  ;  mariée  1° 

;  2°  vers  à  Joseph  Girouard,  dit 

Bistait,  veuf  de  Anne  Doucet.  Elle  est  morte  à  Bouctouche,  le  1 1  nov. 
1816. 

C.  Marie-Madeleine,  née  20  avril  1734,  b.  lend.  ;  mariée  en  1755,  à  Jacques  Ami- 
rault,  né  le  17  juin  1732,  fils  de  Jacques  et  de  Jeanne  Laure.  Morte  a 
la  Butte  des  Amirault,  comté  de  Yarmouth,  N.  Ecosse. 

d.     Théotiste,  née  25  oct.  1736,  b.  16  mai  1737  ;  mariée  vers  à  Charlitte 

LeBlanc  (dit  Lefort),  né  12  oct.  1734,  fils  de  Paul  et  de  Marie- Joseph 
Richard.  Morte  à  Memeramcouk. 

6.     Agnès,  née  en  1739  ;  mariée  en  ,  à  Joseph   LeBlanc,   fils  de  Paul  et  de 

Marie  Joseph  Richard.     Elle  est  morte  à  Memeramcouk,    le  17  janvier 
1820,  "  âgée  d'environ  80  ans." 
f.     Rosalie,  née  22  avril  1742,  b.  lend.  :  mariée  vers  à  Bonaventure 

LeBlanc,  né  le  29  juin  1738,  fils  de  Paul  et  de  Marie-Joseph  Richard. 
Elle  est  morte  à  Memeramcouk,  avant  1807. 

g"      Félicité,  née  et  b.  11  août  1744  ;  marié  civilement  en  à  Joseph  Bourgeois 

(dit  Calotte)  fils  de  Pierre  et  de  Marie  Cormier,  mariage  révalidé  à 
Windsor,  le  29  août  1768,  par  l'abbé  Bailly.  Elle  est  morte  à  Meme- 
ramcouk, le  10  mai  1827. 


26  ARCHIVES  DU  CANADA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

h.     Joseph  dit  Joêpiau,    né  et  l».  18   déc.    1747;  mari»'-    l'en  a  Marie-Joseph 

Gaudet,  née  2  janvier  1754,  fille   de  Jean-Bte  dit  Varouél  et  de  Anne 
Bastaroche.      2  a  Marie  I>uj»uis,  fille  de  Cyprien  et 

de  Françoise  Préjean.     Décédé  à  M'-mcramcouk,   le  1er  nov.    1840,  âgé 
de  près  de  (|  3  ans. 
Voir  pages  43  et  44. 
i.      LucUvine,    née   23    mai  1751,  b.  le  27,    même    mois  ;   mariée   1"  à  Etienne  Thé- 
beau.   2°  à  Dominique  à  Pierre  Babineau,  du  village  de  Kichibouctou. 

j.     Anne-Marguerite,  née  vers  1755  ;  mariée  1°  à 

2°  à  Charles-Amand  Babin,  veuf  de  Céleste  Babin. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT  ROYAL  ET  À  PUBNICO. 

CHARLES  BELLIVEAU  à  AGNÈS  GAUDET 
Mariés  16  oct.  1725. 

Eneants  : 

a-     Marie-Madeleine,  née  17  nov.  1726  ;  mariée  13  fév.  1752,  à  Etienne  Robichaud, 

fils  de  Joseph  et  de  Marie  Forest.     Décédée  à  la   Pointeaux-Trembles, 

Montréal,  29  janvier  1770. 
b.     Charles,  né  22  fév.    1729  ;  marié  20  janvier  1755,   à   Marguerite    Bartarache, 

fille  de  feu  Pierre  et  de  défunte  Marg.  Forest  ;  mort  à  Pubnico. 

Voir  page. 
C.     Michel,  né  1er  sept.  1731,  mort  célibataire  à  Pubnico. 
d.     Pierre,  né  24  sept.  1734. 
6-     Isidore,  né  12  fév.  1737. 
f.     Agnès,  née  17  oct.  1739  ;  mariée  à  Joseph  d'Entremont,  fils  de 

feu  Jacques"  et  de  Marguerite  Amirault.     Morte  à  Pubnico. 
g      Nathalie,  née  11  janvier  1739  ; 
*  h.     Isabelle- Modeste,  née  4  janvier  1748;  mariée  en  à  Paul  d'Entremont 

frère  du  précédent.     Elle  est  morte  à  Pubnico. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
À  PORT  ROYAL. 

Voir  g        FRANÇOIS  BELLIVEAU  à  MARIE  JOSEPH  BLANCHARD, 

p.  23.  mariés  15  janvier   1742. 

Enfants  : 
a.     Anne,  née  4  nov.  1742. 
b-      Marguerite,  née  24  mars  1745. 
C.     Marguerite,  née  17  avril  1748. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

À  PORT  ROYAL. 

Voirb  CHARLES  BELLIVEAU  &  ANNE  DUGAS 

p.  24.  mariés  14  oct'.  1732. 

Enfants  : 

a.  Joseph,  né  29  nov.  1733;  marié  en  Nouvelle-Angleterre,  civilement,  18  nov. 
1762,  à  Félicité  LeBlanc,  veuve  de  Charles  Richard,  et  fille  de  Joseph 
et  de  Marguerite  Bourgeois.  Il  est  mort  à  Maskinongé,  où  il  fut 
inhumé  15  nov.  1802.     Voir  page. 


OÊNÊALOOIM  DES    \CADl  /   V03  27 

DOC.    DE    LA   SESSION    No    18 

b.  Marù  Josephte,  m'-r  6  <»ct.    I  - 

c.  Madeleine,  née  23  h-     1781     déo<  lillef  1  ! 

d.  (  'harlt  $,  m-    l<»  j;in\  iei   I740i 

e.  François,  n<  2< I  js nvier  17  1 2. 

f.  Jean  Baptiste,  ai  "' l  juillet  1 7  I  I. 
MargueriU .  née  15  nov,  1  ]  i  0, 
.1  r»n< ,  un'  30  "<•' .  l  750  .  m. h i(  e    i  Qu •  ■  I       I 

enfant    en  anglais  Gtaodohild,  anglai    •  ■■  d,  fili  de  Thon 

àbeth  Goodchild.     101 1 « •  fui  inhuo  le  30  mari  179 


l 


QUATRIÈME  GENERATION. 

\   PORT  ROYAL  ET  A    NICOLET, 

Voir  e  JEAN  BTE  BELLIVEAU  A    MARGUERITE  MELANSON 

p,  2  l.  mariés  23  janvier  17  11. 

ËNl  LNT8 

a.  Joseph,  né  9  déo.  L741.  # 

b.  Charles,  né  -0  mai  17  11. 
C.     David,  né  en  17-46. 

d-     Pierre,  né  25  mars  17  lv. 

e.  Marguerite!  née  22  avril  1750. 

f.  Jean,  né. 

g.     François,  né  à  la  N.  Angleterre,   17  oct.  1758  ;  b.  à  Bécancourt,  3  avril  1768  ; 

marié. 
h.     Marie-Madeleine^  née  à  la   N.  Angleterre,  27  mars  1762,  b.  à  Québec,  le  27 

mars  1767. 

DEUXIÈME  GÉNÉRATION. 
À  PORT  ROYAL  ET  À  TRACADIE,  ILE  ST-JEAN. 

Voir  a  JEAN  BELLIVEAU  &  CÉCILE  MELANSON, 

p.   22.  né  1652  2e  femme. 

mariés  vers  1703. 

Enfants  : 

a.  Marie-Judith,  né  21  déc.  1704  à  Port-Royal  ;  mariée  vers  1724,  à  Claude  Bou- 

drot,  fils  de  Michel  et  de  Anne  Cormier.     Ce  ménage  s'établit  au  Port- 
Toulouze,  Ile  Royale. 

b.  Louis,  né  à  Port-Royal,  le  4  mai  1708;  marié  à  Tracadie,    Ile  St-Jean,   le   20 

juin  1735,  à  Louise  Haché,  fille  de  Michel  et  de  Anne  Cormier. 

TROISIÈME  GÉNÉRATION. 
À  TRACADIE,  ILE  ST-JEAN. 

Voir  b  LOUIS  BELLIVEAU  &  LOUISE  HACHÉ 

p.  27.  (mariés  20  juin  1735) 

Enfants  : 

a.  Jean-Baptiste,  baptisé  14  nov.  1736. 

b.  Louise- Félicité,  née  22  fév.  1738,  b.  6  mars  suiv  ;  mariée   en    1762,    à   Michel 

Doucet.     Morte  à  Rustico,  Ile  du  Prince-Edouard. 


ARCHIVES  itu  CANADA 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


C.     Anne,  née  26  mai  1740,  b,  26   juin   suiv.,   mariée   à   Paul   Gautrot.     Elle  est 
morte  à  Memeramcouk,  le  1")  janvier  1  v 

d.  "    Joseph,  né  2  juin  174  2,  b.  10  août  suiv. 

e.  Athuiiase,  nt:  17  16. 

f.  Marie,  baptisée  20  oct.  1749,  "âgée  de  deux  mois."  mariée  vers   1774,  à  Fran- 

çois Buote,  né  1740,  et  morte  à  Rustico. 
g       Marie- Madeleine,  née  1752  ;  mariée  vers  1775,  à  François  Testa  r.'i  dit  Paris. 
Rosalie,  née  1757  ;  mariée  vers  1783,  à  Pierre  Leclair,  et  morte  à  Rustico. 
i.     Pierre,  né  1759. 


LES  BELLIVEAU  DE  LA  BAIE  STE  MARIE,  NOUVELLE- 
ECOSSE. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 

A  L'ANSE-DES-BELLIVEAU. 

Voir  d    JOSEPH-JACQUES  BELLIVEAU  &  MARGUERITE  ROBICHAUD. 

p.  25. 

Enfants  : 

a.  Marie,  née  en  1772,  jumelle  ;  mariée  en  1794,  à  Joachin  Maillet,  fils  d'Antoine 

Salomon  Maillet  et  de  Marguerite  Blanchard. 

b.  Anne,  née  en  1772,  jumelle  ;  mariée  en  1795  à  Pierre  Guedry,  fils   d'Augustin 

Guedry  et  de  Marie  Johnson. 

C.  Charles  dit  Morpain,  né  en  1774,  marié  1°  en  1799,  à  Rosalie  Comeau,  fille  de 
François  à  Maza  Comeau  et  de  Félicité  LeBlanc.  2°  en  1813,  à  Théo- 
tiste  Doucet/  fille  d'Amable  Doucet  et  de  Marie  Doucet  et  de  Marie 
Gaudet.     Il  s'établit  à  l'Anse  des  Belliveau.      Voir  pages  29  et  30. 

d.  Marguerite,  née  1778,  mariée  en  1799  à  Joseph-Tranquille  Maillet,  fils  de 
Antoine-Salomon-Maillet  et  de  Marguerite  Blanchard. 

e.  Jean  dit  Mouna,  né  en  1780,  marié   en   1806,  à  Marguerite  Amirault,  fille  de 

Basile  Amirault  et  de  Marguerite  Doucet.     Il  s'établit  à  l'Anse-des- 
Belliveau.      Voir  page  30. 

f.  Rosalie,  née  1790,  mariée  en  1812  à  Isaac  Robichaud,  fils  de  Pierre  Robichaud 

et  de  Madeleine  Surette. 
g".     Anastasie,  née  1792,  mariée  en  1815,  au  capitaine  Anselme  LeBlanc,   veuf  de 

Anne  Gaudet,  et  fils  de  Charles  LeBlanc  et  d'Anne  Melanson. 
h.     Marie-Madeleine,  née  1794,  mariée  en  1813,  à  François  Doucet,  fils  de  Joseph 

Doucet  et  de  Marie  Dugas. 
i.     Théotiste,  née  en  1797,  mariée  en  1815  à  Pierre  Comeau,  fils  de  Jean-Chrysos- 

tome  Comeau  et  de  Suzanne  LeBlanc. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 

A  L'ANSE-DES-BELLIVEACJ. 

Voir  f     FRÉDLRIC  dit  SOUDIC  BELLIVEAU  k  MARIE  MADELEINE 
page  25.  LEBLANC. 

Enfants  : 

a.  Frédéric  dit  Tikine,  né  13  septembre  1769  ;  marié  en  1793,  à  Anastasie 
LaNoue,  fille  de  Amand  Lanoue  et  de  Marie  Melanson.  Il  s'établit  à 
la  Pointe  de  l'Eglise.      Voir  page  31. 


<./  xi  m  <>,,//:  i>i-    II    i  <</  H 

DOC.   DE  LA  SESSION  No  1b 

b.  Mnin  Scholoêtique,  née  16  août  1771     marieN  an  1700  i  (  barl<     ^  !  «  •  J  -  l  r  i  on,  fila 

(1  A 1 1 1 ; 1 1 1< I  Melanson  et  «I  Anne  LeBlam 
q.     iiadeleim  ,  née  en  1778  \  mariée  en  179^  à  Jo  eph  Melanaondil  le  Vv 
nu  de  Pierre  ^.mbroiae  Melanaon  el  d  Anne  Sdelan  on. 

c.  Scholastique,  née  17/1    mariée  en  l-  ''  i  J<»sr|>li  l>u  In-i, 

I  iin.i.'ii.  ri  ,!,•  \i. u  |e  Elobtobaud. 
f.     Hélène,  née  1780;  mariée  en  1801   ■••  Olivier  Douoel  i  capitaine  r 

l  ><>ii.ti  e(  de  Mai  gu<  rite  I «blanc. 
g.    Joseph,  né  1783;  marié  en  1801,  à  Roealie  Du    i    fille  de  Joeoph  I 

et  de  Marie  Robiohaud.     Il  l'établit  a  I  A  liveau  i 

de  lign 
d      Anêelmê,  né  1776  :  marié  en  1799,  •  A.nne  Lanoue,  filled'Amand  La 

Marie  Melanson,     Il  s'établit  aux  Grosses  Coque  .      Voir  page  31. 
h-     Fr<nirois,  né  L 786  ;  marié  en  1811,   i  Marguerite  Gaudet,  Bile  de   I  î •  1 1 -    Poney 

Gaudet  e1  de  Félicité  Comeau.     Il  s'établil  à  I  A.nse-dea  Belliveau. 

Voit  page  32. 
i.      Suzanm    Adélaïde,  née  en   1790;  mariée  en    1811,  à  Joseph   LeBlanc,  Aie  de 

Charles  LeBlanc  et  de  Marie  Melanson. 
].     Monique,  née  171.»."),  mariée  en   lsl<»,   à    Augustin    LeBlanc,   fils  de  Cha 

LeBlanc  et  de  Marie  Melanson. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 
1  L'ANSE-DES-BELLIVEAU. 

CHARLES-MARIN  BELLIVEAU  &  MADELEINE  LEBLANC. 

Enfants  : 

a.  Marie,  née  30  avril  1775  ;  mariée  en .  .  .  . ,  à  Joseph  Gaudet  dit  Latouze,  fils  de 
René  Poney  Gaudet  et  de  Félicité  Comeau. 

b.  Natalie,  née  1777  ;  mariée  en. ... ,  cà  Pierre  Gaudet,  fils  de  René  Poney  Gaudet 
et  de  Félicité  Comeau. 

C      Charles-Marin  dit  Sucre,  né  26  octobre  1781  ;  marié  en  1808  à  Natalie  LeBlanc, 

fille  de  Charles  LeBlanc  et  d'Anne  Melanson.     Il  s'établit  aux  Grosses- 
Coques. 

Voir  page  32 
d-     Joseph-Charles  dit  Lescargot,  né  1783  ;  marié  en   1807,  à  Marguerite  Comeau, 

fille  de  François  Comeau  dit  Mâza  et  de  Félicité  LeBlanc.     Il  s'établit 

à  St-Bernard. 

Voir  page  32. 
e.     Pierre-Isaie,  né  en.  1791  ;  marié  Ie  en  1823,  à  Marie  Comeau,  fille  de  François 

Comeau  dit  Maza  et  de  Félicité  LeBlanc.     2e   en    ....    à   Madeleine 

d'Entremont,  fille  de  Jacques    d'Entremont  et  d'Angélique    Bourque. 

Pas  de  lignée  du  2e  mariage.     Il  s'établit  à  l'Anse-des-Bel liveau. 

Voir  page  33. 
g.     Germain  dit  Benjamin,  né  2  septembre  1793;  marié  en   1828,  à  Madeleine 

LeBlanc,  fille  de  Charles  Leblanc  et  d'Anne  Melanson.     Il  s'établit  aux 

Grosses  Coques. 

Voir  page  33. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

À  L'ANSE-DES-BELLIVEAU. 

CHARLES  dit  MORPAIN  BELLIVEAU  à  ROSALIE  COMEAU. 

Ire  femme. 


30  A  UC III I  rES  D  U  CA  NA  DA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Enk.w  i  1 

a.  Hilaire,  né  9  décembre  1800:  marié  en  L830  k  Dorothée  Sonrqoe,  née  le  20 

août  1811,  à  Ste-Anne  du  Ruisseau,  tille  de  Pierre  à  Joseph  Bourque  et 
de  Marie  Surette.     Il  B'établit  à  l'extrémité  de-  Grosses  Coqu<- 
Voir  page  34. 

b.  Anselme,    né    7   septembre  1802;  marié  en    182>        9   raphie  Dou cet,  fille  du 

colonel  Anselme  Doucet  et  de  Marguerite  LeBlanc.      Il  s'établit  aussi  à 

l'extrémité  des  Grosses  Coques. 
Voir  page  34. 
C-     Eusebe,  né  20  août   1804  ;  marié  en   1830,  à  Marie  Rosalie  Belliveau,  fille  de 

Charles-Marin  Belliveau  dit  Sucre  et  de  Natalie  LeBlanc.     Il  s'établit 

aux  Grosses  Coques.      Voir  page  35. 
d.     Julie  Adélaïde,   née    11  juin  1806;   mariée    en    ....    à   Gabriel    dit    Célestin 

Gaudet,  fils  de  Charles  à  Poney  Gaudet  et  d'Isabelle  Dugas. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  c         CHARLES  dit  MORPAIN  BELLIVEAU  k  THÉOTISTE  DOUCET, 
p.  _  2e  femme 

Enfants  : 

a.  Placide,  né  4  octobre  1814  ;  marié   à   Geneviève   LeBlanc,   fille   de  Benjamin 

LeBlanc  et  de  Marie  Doucet.     Il  s'établit  à  l'Anse-des-Belliveau. 
Voir  page  35. 

b.  Urbain,   né  24  mai  1816;  marié  en  novembre   1846,  à  Anne  Doucet,   fille  d'Au- 

gustin à  Jean  Doucet  et  de  Modeste  à  Charles  Thériault.     Il  s'établit  à 
l'Anse-des-Belliveau. 
Voir  page  3ô. 
C.     Rosalie,  née  5  septembre  1818  ;  mariée  le  1842,  à  Jovite 

Polycarpe  Doucet,   fils  du   colonel  Anselme  Doucet  et  de   Marguerite 
LeBlanc. 

d.  Vénérante,  née  9  novembre  1820  ;  mariée  en  à  Jean  Claude 

Thimotte,   fils   de  Joseph    Dimer  dit  LaFleur,  aujourd'hui   surnommé 
Thimotte  et  de  Françoise  Saulnier. 

e.  Marie  Séraphie,  née  23  mai  1824  ;  mariée  à  Rémi  Comeau,  fils  de  Gabriel  Co- 

meau  et  de  Suzanne  Doucet. 
f.     Catherine   Colette,   née  6    mai    1828;  religieuse  de  la  maison  Ste-Marthe,  et 

décédée  au  Couvent  des  Sœurs  de  la  Charité,  à  la  Pointe  de  l'Eglise. 
g.     Tècle-Mélanie,  née  23  septembre  1831  :  morte  aune  quinzaine  d'années. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

À  L'ANSE-DES-BELLIVEAU. 
Voire  JEAN  dit  MOUNA  BELLIVEAU  k  MARGUERITE  AMIRAULT. 

p.  28.  Enfants  : 

a.     Juliette- Monique,  née  16  juin  1807  ;   mariée  en  à  Pierre  Melanson, 

fils  de  Jean  Baptiste  dit  Jani  Melanson  et  de  Cécile  Murât. 

b.     Rosalie,  née  24  avril  1810  ;  mariée  en  novembre  1834  à  Christophe  Dugas,  fille 
de  Joseph  Dugas,  fils,  et  de  Scholastique  Belliveau. 

C.  Séraphie-Blandine,  née  30  mai  1813  ;  marié  en  à  Hilaire  Thé- 

riault, fils  de  Jean  Bapt.  Thériault  et  de  Marie  Josepte  Guedry. 

d.  Henri,  né  24  mai  1816  ;  marié  en  à  Marie  Geneviève  Thibodeau, 

fille  de  Joseph  Thibodeau  et  de  Marguerite   Blin.    Il  s'établit  à  l'Anse- 
des-Belliveau. 
Voir  page  36. 


\LOOIE  DM8    II    [DIEN&  i  i    VO  i  31 

DOC.    DE    LA   SESSION    No    18 

6.     Mùrgtn  i'<t'\  d  "i  u  1818  ,  mariée  ou 

N i »■-.!. i      l 'h-  i  i.iuli ,  lils  dr  Jean  Bapti  te  Thériaull  Jotepte 

(  ;  ii.'.ii  \ 
f.      Vitollim  Domitil  12  mai  1821      mariée  à   Hon<  iphin  LeBlanc,  SU 

de  bVançoi    a    Anselme  LeBlanc  et  de  Scholastique  G 
g.     Marie  Blandine,  née  7  juin  1833    mai  pfa  Antoine  Orner  Blin,  BU  de 

Luc  Blin  «•(  de  Marguerite  Geneviève  Saulni< 
h.     Julien,  Dr  28  octobre  1834,  w\^i\  àg<  d'une  douzaine  d'anné< 

SIXIÈME  QÉNÉB  \ri<>\. 

\    LA   POINTE-DE  L'EGLISE. 

Voir  a  FRÉDÉRIC  «lit  TIKINE  BELLIVEAU  à  ANASTASIE  A  AMAND 

p.  28.  LANOUE 

Km  \\  m  : 

a.  Marv   fl       .  née  en  1794,  morte  jeune  enfant. 

b.  Joseph,  né  24  septembre  L796  ;  marié  en  L823  à  Anne  Comeau,  fille  de  Frédéric 

Salvator  dit  Breau  Comeau  et  de  Marguerite  Melanson.      Il  s'établit  à 
Pointe  de  l'Eglise. 

Voir  page  .'56. 
C.     Cyriaque,  né  30  novembre  1798  ;  marié  en  1825  à  Marie  Doucet,  fille  du  Colo- 
nel Anselme  Doucet  et  de  Marguerite  LeBlanc.  Il  s'établit  à  la  Pointe- 
de-1'Eglise. 
Voir  page  36. 
d-       Barthelemi- Anselme,  né  24  août  1800  ;  mort  à  23  ans,  non  marié. 

e.  Hélène,  née  6  août  1802;  mariée  en  1821  à  Cyriaque   Melanson,  fils  d'Etienne 

dit  Petit  Amand  Melanson  et  de  Marie  Rose  Comeau. 

f.  Marie,  née  16  janvier  1805  ;  mariée  en  à  Amand  Saulnier,  fils  de  Pierre 

Dominique  Saulnier  et  d'Anne  Melanson. 
g".        Marc,  né  28  janvier  1808;  marié  1°  1842  à  Hélène  Julitte  Amirault,  fille  de 

Timothée   Amirault  et  de  Rosalie  Doucet  ;    2°  à  Monique  McCullough, 

fille  de  Mathurin  McCullough  et  de  Christine  Corporon.     Pas  de  lignée 

vivante, 
h.       Anne-Anastasie,  née  7  décembre  1810  ;  mariée  en  à  Alexis  Saulnier,  fils 

de  Pierre  Dominique  Saulnier  et  d'Anne  Melanson. 
i.         Frédéric  dit  Dick  à  Tikine,  né  21  juin    1813  ;  marié   le   26   novembre    1833   à 

Léonisse  Doucet,  fille  de  Germain  à  Charles   Doucet  et  d'Angélique  à 

Amable  Doucet.     Il  s'établit  à  la  Pointe  de  l'Eglise  où  il  est  mort  le 

17  mai  1892.  . 

Voir  page  37. 
j.        Sophie,  née  12  mars  1817,  vieille  fille,  elle  demeure  chez  Jean  à  Dick  Beiliveau 

.    SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

AUX  GROSSES  COQUES. 

Voir  d  ANSELME  à  SOUDIC  BELLIVEAU  &  ANNE  LANOUE, 

p.  29. 

Enfants  : 

a.  Marie,  née  en  1800  ;  mariée  en  181 8"  à  Victor  Leblanc,  fils  de  Charles  à  Pierre 

Leblanc  et  de  Marie  Melanson. 

b.  Marguerite-Jidilt".,  née  5  janvier  1802  ;   mariée  en  1825,  à   Charles-Denis   Le- 

Blanc, fils  de  Charles  à  Pierre  LeBlanc  et  de  Marie  Melanson. 


32  ARCHIVES  DO  CANADA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

\    L'ANSE   DES   BELLIVEAU. 

Voir  h     FRANÇOIS  à  SOUDIC  BELLIVEAU  à  MARGUERITE  GAUDET. 
page 

ENFANTS  : 

a.  Jovite,  né  16  novembre  1812  ;  marié  1  le  2^  novembre  1835  à  Thérèse  Char- 
lotte Leblanc,  fille  de  Joseph  LeBlanc  dit  Morrison  et  de  Rosalie 
Thériault  ;  2°  à  Agathe-Angèle  Dugas,  fille  de  Basile  Dugas  et  de 
Marie-Louise  Comeau.  Il  s'établit  d'abord  à  l'Anse-des-Belliveau,  puis 
a  Weymouth  Bridge.  Il  est  décédé  le  15  mars  1903. 
Voir  pages  37  et  38. 

b-        Augustin- Lambert  dit  Ber,  né  17  septembre  1814,  marié  le 

à  Anne-Charlotte  Amirault,  fille  de  Timothée   Amirault  et  de  Rosalie 
Doucet.     Il  s'établit  à  l'Anse-des-Belliveau. 
Voir  page  38. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 
AUX  GROSSES  COQUES. 

Voire      CHARLES-MARIN  dit  SUCRE  BELLIVEAU  ,v   NATALIE  LEBLANC. 

page  29. 

Enfants  : 

a.       Marie-Rosalie,  née  11  octobre   1809;  mariée  en  1830  à  Eusèbe  Belliveau,  fils 

de  Charles  dit  Morpain  Belliveau  et  de  Rosalie  Comeau. 
b-        Hélène,  née  20  octobre  1811  ;  mariée  en  1832  à  Charles-Casimir  Melanson,  fils 

de  Jean-Baptiste  dit  Jani  Melanson  et  de  Cécile  Murât. 
C.        Pierre-Nicolas,   né   5  décembre  1814  ;   marié  1°   à  Elizabeth  Bourneuf,  fille  de 

François  et  de  Marie  Doucet  ;  2°  à  Vitalline  Deveau.   Il  s'établit  aux 

Grosses  Coques  et  n'a  pas  eu  de  lignée. 
d-        Marguerite-Thérèse,   née   15   octobre    1817  ;  mariée  en    1836  à  Jean-Baptiste 

Melanson,  fils  de  Jean-Baptiste  dit  Jani  Melanson  et  de  Cécile  Murât. 
e.     M adelaine- Rosalie,  née  12  septembre  1821  ;  mariée  à  Martin-Henri  Thériault, 

fils  de  Joseph  à  Hilarion  Thériault  et  de  Madeleine  Comeau. 

SIXIÈME   GÉNÉRATION. 

%  À  ST-BERNARD. 

Voird      JOSEPH  CHARLES  dit  L'ESCARGO  BELLIVEAU  à  MARIE 
page  29.  MARGUERITE  COMEAU. 

Enfants  : 

a.  Marguerite-Léonisse,  née  11  septembre  1808  ;  mariée  en  1829  à  Rémi  d'Entre- 

mont,  né  le  2  octobre  1797,  à  Pubnico,  fils  de  Cyrille  à  Joseph  d'Entre- 
mont  et  de  Anastasie  Pothier. 

b.  Marie- Ursule,  née  20  octobre  1812  ;  mariée  en  1835,  à  Charles  Gaudet,  fils  de 

Charles  à  René  Poney  Gaudet  et  d'Isabelle  Dugas. 
C.     Anne-Charlotte,  née  14  février  1815  ;  mariée  en  1840  à  Mathurin  Robichaud, 

fils  de  Armand  à  Prudent  Robichaud  et  de  Rosalie  Bourque. 
d.      Vénérante,  née  16  avril  1817  ;  mariée  en  1842  à  Maximin  Thériault,    fils  de 

Frédéric  Thériault  et  de  Madeleine  Bourque. 


<;i  HJI1      >>        U    \Dl 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

q.     Jovxié  Euëtaohêt  n  uin  1816  i  Mut  ho  I    I 

< 'haï  !<•-<   LeBlanc  81   de   Monique   Bel  H  veau      l       établit 
I  H«lii\  eau. 

£     Rosalie  Bitildêi  née   ;i   janvier  1821     mari  0  Bruno  \j 

de  Mann  dit   Martin  LeBlano  el  d  Ai Suretfc  Henri   A 

Oomeau,    SI     «I   Antoine       Jo  epli  Comeau  el   de   Madeleine  à    ' 
l  higai. 

g*.     Mad'l,  i n>\  née  L6  aoûl    1828  .  mariée  à    Maximin   l  .  fil    d  m  a 

Charlee  LeBlano  et  de  Monique  Bel li veau. 

h.     Augustin,  m  tnvier  1826,  morl  jeune  enfant 

i.     Julie  YititHiii>\  mr  i '.»  mai  1829  .  mariée  !<•  27  octobre  L854  à  Luc  L 
lils  de  Joseph  LeBlanc  'lit  Morrison  el  <|.   Rosalie  Tbériault. 

j.     Jêanns- Françoise  CKantal,  née  24  juin   1832  ;  mai  l     ettin   LeBlanc,  lils 

d'Augustin  à  Charles  LeBlanc  et  de  Monique  Belliveau. 


SIXIÈME  GÉNÉRATION. 
\    L'ANSE-DES  BELLIVEAU. 

Voir  e  PIERRE-ISAI  BELLIVEAU  à  MARIE  COMEAU, 

page  29.  1      femme. 

ENFANTS  : 

a.     Pierre,  né  21  février  1824  ;  marié  à  Marguerite  Catherine  LeBlanc,  fille  de  du 
capitaine   Anselme   LeBlanc    et  d'Anastasie  Belliveau.      Il  s'établit  à 
l'Anse-des- Belliveau. 
Voir  page  38. 


SIXIÈME  GÉNÉRATION. 
AUX  GROSSES  COQUES 

Voir  g  GERMAIN  dit  BENJAMIN  BELLIVEAU  à  MADELEINE  LEBLANC. 

page  29. 

Enfants  : 

a.  Monique,  née  12  mai  1829  ;  mariée  le  17  novembre  1854  k  Maximin  Gervais 

Comeau,  fils  de  Célestin  à  Darré  Comeau  et  de  Julitte  Adélaïde  Robi- 
chaud. 

b.  Augustin-  Leujroi,  né  22  juin  1830  ;  marié  1°  à  Marie  Elizabeth 

LeBlanc,  fille  de  Victor  à  Charles  LeBlanc  et  de  Marie  Belliveau.     2° 

8  septembre  1872,  à  Philomène  LeBlanc,  fille  de  Placide  Barthelemi 

LeBlanc  et  de  Catherine  LeBlanc.     Il  s'établit  aux  Grosses  Coques. 

Voir  page  39. 
C.      Charles,  né  20  avril  1832;  marié  le  26  janvier  1863  à  Vénérante  LeBlanc,  fille 

de  Victor  à  Charles  LeBlanc  et  de  Marie  Belliveau.     Il  s'établit  aux 

Grosses  Coques. 

Voir  page  39. 
d.     Kicolas-Hilaire,  né  6  octobre  1833  ;  marié  en  1861,  à  Elizabeth  Belliveau,  fille 

de  Cyriaque  Belliveau  et  de  Marie  U>oucet.     Il  s'établit  à  la  Pointe  de 

l'Eglise. 

Voir  page  40. 

18— 35c 


34  ARCHIVEE  CANADA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 
AUX  GR<  «SES  COQUE 
Voir  a        HILAIRE  à  MORPAIN  BELLIVEAU  A  DOROTHÉE  BOURQUE. 

a.  Marie- Madeli  ine,  née  10  août  1831  ;  mariée  le  à  Pierre  Comeau, 

fils  de  Charles  à  François  Comeau  et  de  Rosalie  Dugas. 

b.  Elizabeth-Célinie,  née  18  octobre  1834  ;  mariée  à  Urbain  Comeau,  fils  de  Joseph 

à  Justinien  Comeau  et  de  Perpétue  Babin 
C-      Colombe-C harlofte,  née  31  décembre  1836  :  mariée  le  7  décembre  1854,  B  Marie 
Charles  à  Victor  Leblanc,  fils  de  Victor  à  Charles  Leblanc  et  de   Marie 
Bel  li  veau, 
d-     Rosalie,  née  22  avril  1839  ;  mariée  le  à  Pierre  Leblanc,  fils  de 

Cyriaque  à  Pierrotte  LeBlanc  et  de  Monique  Comeau. 
e-      Pierre- Martial,  né  1er  juillet  1841  ;  marié  a  Marguerite  Gaudet,  fille  de  Célestin 

à  Jean  Gaudet  et  d'Anne  LeBlanc.     Il  est  établi  à  St-Bernard. 
f.      îlilairt  Ambroise,  né  26  décembre  1843  ;  marié  1°  en  à  Marie  Comeau, 

fille  de  Jovite  Comeau  et  de  Marguerite  Dugas.     2    en  à  Marie 

Anne  Babin,  fille  II  est  établi  à  l'extrémité  des  Grosses  Coques. 

Voir  page  39. 
g.     Jean,  né  1845  ;  noyé  non  marié, 
h.     Marguerite,  née  ;  marié  à  Mandé  Doucet,  fils  de  Timothée  Doucet  et 

de  Marguerite  Melanson. 
i.      Vénérant'',  née  17  mars  1852  :  mariée  le  3  mars  187G  à  Joeeph  Théophile  Dugas, 
fils  d'Hilaire  Avertin  Dugas  et  de  Marie  Rosalie  de  Krolin. 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 
AUX  GROSSES  COQUE- 

Voir  b       ANSELME  à  MORPAIN  BELLIVEAU  &  SÉRAPHIE  DOUCET 

page  30. 

Enfants  : 

a.  Jovite- Rupert,   né   11  novembre  1829  ;  marié   le   30  novembre  1867  à  Hélène 

Dugas,  fille  d'Olivier  Dugas  et  de  Monique  Bastarache.    11  s'établit  aux 
Grosses  Coques. 

Voir  page  40. 

b.  Justin,  né  8  août  1832,  marié  en  à  Catherine  Comeau,  fille  de 

François  Comeau  et  de  Madeleine  Amirault.     Il  s'établit    aux    Grosses 
Coques. 

Voir  page  40. 

C.  Marie- Josepli,  né  15  août  1834  ;  marié  le  26  février  1865,  à  Hélène  Melanson, 
fille  d'Augustin  Melanson  et  de  Madeleine  Dugas.  Il  s'établit  aux 
Grosses  Coques. 

Voir  page  41. 

d.  Marie-Catherine,   né  27   décembre  1837  ;  marié   à    Mai-Henri   Gaudet,  fils  de 

Cyrille  à  Jean  Gaudet  et  de  Geneviève  Bastarache. 

e.  LuCfSimon,  né  19  février  1841  ;  mariée  le  a  Marie  DeBlanc,  fille  de 

Joseph  à  Victor  LeBlanc  et  de  Madeleine  Melanson.     Il  s'établit  aux 
Grosses  Coques, 
f.     Madeleine-Ursule,  née  21  octobre  1843  ;  marié  à  Gabriel  Saulnier,  fils  de  Marc 
Saulnier  et  de  Charlotte  Deveau. 


[LOOJà   D  3r, 

DOC.  DE  LA  ION   No  18 

/•/,  ,-r>\  <i<  meun    tu     i  !  •■    Un 

E/i  iabeth,  née  2  I  juillet   184      marié  li 

lils  de  Cyriaque  i  Pierrotte  Le  Blanc  et  de  Vioni(j  •    I 

SEPTIÈME  QÉNÉB  mON, 
ai   \  ci  OQUE 

C      EUSÈBE  A  MORPAIN  BELLIVEAU   a    MARIE  ROSALIE    BELLIVEAU 
V 

a.  Charles- Albin,  né  I     mai  1 8 30  ;  marié  le  2  novembre  1862  à  Marie  Comeau,  fille 

de  Gabriel  Comeau  e1  de  Marguerite  Comeau.     Il  i  établit  i 

(  loques.      Voir  page  1 1 . 

b.  Pierre-Serge,  né  6  octobre  1881  ;  mort  non  mariée  I 
C.     Hélèm  |  née  I  v"'.">  .  morte  fille. 

d.  Augustin,  né  L2  janvier  1835  :  non  marié, 

e.  Madeleine  Agnès,  née  22  janvier  lb37  :  mariée  à  [sidore  Amirault,   fil.s  Gabriel 

Aroirault  et  de  Geneviève  Melanson,  de  Meteghan. 

f.  Marc-Jean,  né  12  février  1839  :  non  marié. 

g.     MarieGertrude,  née  15  mars  181 1  ;  morte  jeune  fille. 
h.     Rosalie-Stéphanie,  née  ;>>  août   L842  ;  non  mari 
i.     Philippe,   né  20  août   1845  ;  marié  le  8  octobre  1869,  à    Emilie  Melanson,  fille 

d'Augustin  Melanson  et  de  Madeleine  Dugas.      11  s'établit  aux  Grosses 

Coques.      Voir  page  41. 
j.     Anïbroise,  né  1848  ;  mort  à  10  ans. 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 

À  L'ANSE-DES-BELLIVEAU. 

Voir  a         PLACIDE  A  MORPAIN  BELLIVEAU  à  GENEVIEVE  LEBLANC 
page  30. 

Enfants  : 

a.     Elisabeth,  née  ;  mariée  le  à  Ambroise  LeBlanc,  fils 

de  Louis  LeBlanc  et  de  Marthe  Bourneuf. 
b-     Marie,  née  :  mariée  à  Théodore  Gaudet,  fils  de   Charles  Gaudet 

et  de  Marie  Belliveau. 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 

À  L'ANSE-DES-BELLIVEAU. 

Voir  b        URBAIN  A  MORPAIN  BELLIVEAU  À:  ET  ANNE  DOUCET 
page  30. 

Enfants  : 

a.  Marie,  néï  ;  mariée  le  au  capitaine  François  LeBlanc, 

fils  de  et  décédée  le 

b.  Catherine,  née  ;  mariée  en  fév.  1886,  à  Augustin  D.  Melanson,  fils 

de  Pierre  Jani  Melanson  et  de  Judith  a  Mouna  Belliveau. 
C.      Chantai,  née  ; 

d.  Joseph,  né  ; 

e.  Rosalie,  née  ;  mariée  le  ,  à  Marin  Belliveau,  fils  de 

Pierre  à  Isaï  Belliveau  et  de  Marguerite  Catherine  LeBlanc,  et  décédée 
le 

18— 35Jc 


1 


36  ARCHIVE  NADA 

5-6  EDOUARD  VU,  A.   1906 

f.  Marguerii  :  morte  jeune. 

g.  Louis- Philippe  né  ;         mort  jeun--. 

h.     Charl  ;      marié  le  tfarie  L.  Amirault,  fille  de  Basile 

Amirault  et  de 
i.     Benjamin,    né   24   mai   1861  ;  marié  le  7   janvier  1891,    à  Marie-Evangéline 

Iîourneuf,   fille  de  Fruncois  Bourneuf  et  de  Marie- Rosalie  Melanson. 
j.     Anne,  née  ;  mariée  le  à  Comeau,  fils  de  Jean  Charlitte 

Comeau  et  de 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 

À  L'ANSE-DES-BELLIVEAU. 

Voir  d  HENRI  A  MOUNA  BELLIVEAU  &  MARIE  GENEVIÈVE 

p.  30.  THIBODEAU. 

Enfants  : 

a.  Marie,  mariée  à  Louis  Dionne,  fils  de 

b.  Jean,  marié  à  Marguerite  Walsh,  fille  de 
C.      Emilie,  mariée  à  Maudé  Doucet,  fils  de 

d.      Emilien,  marié  à  Marie  Bonenfant,  fille  de  Robert  Bonenfant  et 
f.     Arsène,  mariée  le       avril  1893  à  Marc  Melanson,  veuf  de  et  fils  de 

Cyriaque  Melanson  et  de 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 

À  LA  POINTE-uE-L'EGLISE. 

Voir  b  JOSEPH  A  TIKINE  BELLIVEAU  à  ANNE  LEBLANC, 

p.  31. 

Enfants  : 

a.  Ro salie- Paule,  née  26    janvier  1825;  mariée  à  Julien   Blin,  fils  d'Etienne  à 

Julien  Blin  et  de  Scholastique  Boudreau. 

b.  Elisabeth-Domitilde,  née  27  octobre  1826  ;  mariée  à  Jean  Comeau,  fils  de  Jean 

Chrysostome  Comeau  et  de  Théotiste  Belliveau. 
C.     Monique-  Vitalline,  née  26  janvier  1831  ;  mariée  à  Clément  Babin,  fils  de  Luc 
Babin  et  de  Marguerite  Melanson. 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION 

À  LA  POINTE-DE-L'EGLISE. 

Voir  c  CYRIAQUE  A  TIKINE  BELLIVEAU  k  MARIE  DOUCET. 

Enfants  : 


p.  31. 


a.     Anselme-Eugène,  né  2  juin  1826  ;  marié  le  à  Sophie  Melanson,  fille  de 

Pierre  Melanson  et  de  Marie  Joseph  Comeau.     Il  s'établit  à  la  Pointe 
de  l'Eglise.     Il  est  mort  et  n'a  pas  laissé  de  lignée. 

b-     Marthe- S e'raphie,  née  30  juillet  1829  ;  mariée  le  à  Benjamin  Comeau, 

fils  d'Anselme  Comeau  et  de  Marie  Bastarache. 

C.     Luc- Alexandre,  né  17  mars  1835  ;  noyé  non  marié. 

d.     Jean-Baptiste  Lambert,  né  17   septembre   1839,   marié    1°  en  novembre  1864  à 
Rosalie    Maillet,   fille  de   Gabriel   Maillet,    et  de   Geneviève  Saulnier. 
2°    à    Vitalline   Saulnier,   fille  de   de   Marc  Saulnier   et   de   Charlotte 
Deveau.     Il  est  établi  au  Petit  Ruisseau. 
Voir  pages  41  et  42. 


I       .  /    A  '  /  /  . 

DOC.   DE  LA  SESSION  No  18 

e.     Mû  i  ■  l    $abt  th,  i  Qovembi  i    à  Hilaire  Belli 

Germain  dit   Benjamin  Belliveaù  et  de  Madeleine  I  a  il 
t  ine  Thibeau,  ni    <l  I  i  et  <le  Héraphie  <  bmi  i  An. 

broise  M  élan  i  m,  Ali  de  1 'ierre    M  eln  n»on  et  d<  e  Thib 

si  \u.  OËNÉR  \i  [ON. 

\    LA   l'"i\  i  E  DE  L  EGLIS 

Vn„i  FRÉDÉRIC  «lit   DICK  A  TIKINE  BELLIVEAU  à  LÉONLSSE 

p    81,  DOUCET. 

Eni  \n 

a.  Joseph-Louis,  né  26  avril  1835;  ma  Anne   Borda.     Il 

mort,  paroisse  de  8te  Marie,  Louisiane. 

b.  Jean-Biaise^  né  2  février   1837  ;  marié  le  28  novembre   1865,   i  Marie  Mai 

rite  Stuart,  fille  «le  James  Valentine  Btuarf   el   de  B4argu<  phie 

Ddelanson.     Il  est  établi  à  la  Pointe  de  l'Eglie 

Voir  page  1 2. 
C.     Marie- Elisabeth,  née  L5  février  1839  :   motte  jeune  fille, 
d-     Anne-Charlotte,  née  2  mars  L841  ;   morte  jeune  tille. 

e.  Philippe-Etienne,  né  26  décembre  1812  ;  mort  jeune  homme,   non  marié,  à  la 

maison  paternelle.     Il  était  âgé  de  22  ans. 

f.  Ambroise- Augustin,  né  28  décembre  1844  ;  marie  à  Catherine  II 

est  établi  à  Boston, 
g".      Marie-Anne,  née  31  août  184G  ;  mariée  aux  Etats-Unis  où  elle  est  morte. 
h.      Frédérie-Lueius,  né  18   septembre   1848  ;  marié  le  21  mai  1870  à  Sarah  Anne 

Mulcahey,  fille  de  Philippe  Mulcahey  et  de  Mary  Gearn.     Il  est  établi 

à  la  Pointe-de-1' Eglise. 

Voir  page  42. 
i.     Marie-Rose,  née  6  septembre  1851  ;   mariée  le  à  Moïse  Thibodeau, 

fils  de  Charles  Thibodeau  et  de  Marguerite  Babin. 
j.      Charles,  né  23  septembre  1853  ;  marié  le  7  janvier  1885  à  I  >dille  LeBlanc,  fille 

d'Augustin  LeBlanc  et  de  Catherine  Comeau.    Il  est  établi  à  la  Pointe- 

de  l'Eglise. 

Voir  page  42. 

k.  Catherine- Adélaïde,  née  18  novembre  1855  ;    non  mariée. 

« 

SEPTIÈME    GÉNÉRATIOX 

À  WEYMOUTH  BRIDGE. 

Voir  a  JOVITE  BELLIVEAU  à  THERESE  CHARLOTTE 

p.  32.  LEBLANC,   Ire  femme. 

Enfants  : 

a.     François,  né  28  janvier  1837  ;  mort  à  25  ans,  non  marié. 
b-     Augustin,  né  17  septembre  1838  ;  mort  à  40  ans,  non  marié. 
C.      Charles- Norbert,  né  6  juin  1841  ;  marié  le  à  Jeanne-Françoise 

Chantai  Gaudet,  fille  de  Jeau  Gaudet  et  de  Rosalie  LeBlanc.      Pas  de 

lignée. 

d.  Elisabeth,  née  11  mai  1844  ;  mariée  à  Etienne  Trahan,  fils   d'Amateur  Trahan 

et  de  Rosalie  Luce  Doucet,  et  décédée  à  l'automne  de  1894. 

e.  Joseph,  né  4  avril  1849  ;  marié,  1°  le   25  novembre    1875   à  Marie   Belliveaù, 

fille  de  Pierre  à  Isaï  Belliveaù  et  de  Marguerite  LeBlanc.     2°  le 
a  Elizabeth  iStanton,  fille  d'Etienne  Miles  Stanton  et  de 


38  ARCHIVES  DU  CANADA 

5-6  EDOUARD  VU,  A.   1906 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  a  JOVITE  BELLIVEAU  et  AGATHE  ANGELE  DUGA<\  2e  femme. 

Enfants  : 

a.  Olivier^  mort  à  10  mois. 

b .  Marguerite,  morte  en  bas  â^e. 
C .      Anne,  née 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 

À  LWNSE-DES-BELLIVEAU. 

Voir  b  AUGUSTIN-LAMBERT  dit  BER  BELLIVEAU  h  ANNE-CHARLOTTE 

page  32.  AMIRAULT. 

Enfants  : 

a .     Hélène,  née  ;  mariée  le 

à  Hilaire  Comeau,  fils. 
b-     Ambroise,  né  ;  marié  le 

à  Elizabeth  Gaudet,  tille  de 
C .      Catherine,  née  ;   mariée  le  à 

Thériault,  fils  de 
d .     Edouard,  né  ;  marié  le  à  Aimée 

Belliveau,  fille  de   Pierre  à   Isaï  Belliveau  et  de   Marguerite-Catherine 

LeBlanc. 
6.      Odille,  née  ;  mariée  le  à  Gabriel 

Saulnier,  fils  de 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 

À  LANSE-DES-BELLIVEAU. 

Voire  JOVITE-EUSTACHE  A  LESCARGO  BELLIVEAU  à  MARTHE 

page  33.  LEBLANC. 

Enfants  : 

a .  Catherine,  mariée  à  Auguste  Gaudet,  fils  d'Alexandre  à   Nicolas  Gaudet  et  de 

Marie- Anne  LeBlanc. 

b .  Elizabeth,  mariée  à  Charles  Gaudet,  fils  de  Jean  à  Nicolas  Gaudet  et  de  Rosa- 

lie LeBlanc. 
C .      Marguerite,  mariée  à  James  Buckley. 

Et  plusieurs  autres  enfants  morts  en  bas  âge. 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 

A  L'ANSE-DES-BEL   IVEAU. 

Voir  a         PIERRE  A  ISAI  BELLIVEAU  et  MARGUERITE-CATHERINE 
page  33.  LEBLANC. 

Enfants  : 


\  '   I  /  OOIE  DE&    \0A  DJi    i  39 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

III  ri  M.Mi    QÉNÉB  \l  [03 

\r\  <;i;<  >SSE 

Voi.  f        HILAIRE  AMBROISE  à  HILAIRE   .  MORPAIN  BELLIVEAU 
page  34.  -  i  MARIE  COMEAU 

I  rc  femme. 

Enfaki 

a.  /.in/ /s  Théophile,  né  I  avril  \^~'-'>. 

b.  Marié  Leoniêêe,  née  5  août  1874, 

c.  Rosi ,  née  9  a\  ri]  1  876, 

d.  Soêimêj 

q.     Marguerite, 
1.     Od 

§       Lé°\ 
H.     Auguste, 

i.     Adri.-.,,  Qé  L6  juillet  1889. 

Voir  f         HILAIRE-AMBROISE  a  HILAIRE  à  MORPAIN  BELLIVEAU 
page  34.  et  MARIE-ANNE  BABIN, 

2e  femme. 


a.     Siméon, 


Enfants  : 

SEPTIÈME   GÉNÉRATION. 

AUX  GROSSES  COQUES. 

Voir  b  AUGUSTIN-LEUFROI  à  BEN  BELLIVEAU  et  MARIE 

page  33.  ELISABETH  LEBLANC. 

Ire  femme. 

Enfants  : 

a.  Monique,  née  3  juillet  1857  ;  mariée  à  LeBlanc,  fils  de  Henri - 

Maxime  LeBlanc  et  de  Vénérante  LeBlanc. 

b.  Maximin,  né  4  janvier  1860. 
C.      William,  né  23  mars  1763. 
d.     Hilarion,  né  4  mai  1866. 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 

AUX  GROSSES  COQUES. 

Voir  c         CHARLES  A  BEN  BELLIVEAU  &  VÉNÉRANTE  LEBLANC, 
page  33. 

Enfants  : 

a.  Marie- Madeleine,  née  1er  janvier  1864. 

b.  Bose-Agnès,  née  15  juillet  1866. 
C.     Eleuthère,  né  6  mars  1869. 

d.  Marguerite- Elise,  née  20  juillet  1873. 

e.  Joseph-Théophile,  né  12  janvier  1876. 

f.  Philippe-  Valère,  né  1 1  février  1878. 
g.     Elisabeth- Irène,  née  21  janvier  1880. 
h..     Charles-Albanie,  né  6  février  1883. 

i.      Marie-Emilie,  née  4  septembre  1886. 


40 


ARCHIVES  DU  CANADA 


Voir  d 
P 

a. 


Voir  a 
page  34. 

a. 
b. 
c 
d. 
e. 
f. 

g- 
h. 


Voir  b 

page  34. 

a. 

b. 
C 

d. 
e. 


5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

SEPTIÈME  GÉNÉRATION. 
A    LA   POINTE  DE  I.  EGLISE, 

NICOLAS  HJLAIRE  A  BEN  BELLIVEAU  à  ELISABETH  BELLIVEAU. 

Km  \\t-  : 

Marie,  née  25  mars  1862;  mariée  le  5  juin    1888   à    M  ouieau,  fils  de 

Silaire  à  JeaE  Comeau  et  de  Marie-Marthe  8auluier. 

Luc  s  .  né  17  mars  1866;  mort  jeune. 

HUITIÈME  GÉNÉRATION. 

AUX  GROSSES  COQUES 

JOVITE-RUPERT  BELLIVEAU  k  HELENE  DUGAS 

Enfants  : 

Marie- Aimée,  née  15  septembre  18G6. 
Hilarion,  né  12  août  1869. 
Marie-Agathe,  née  5  février  1871. 
Marie-Arsène,  née  18  avril  1872. 
Denise,  née  20  mars  1874. 
Marie-Rose,  née  8  avril  1879. 
Natiré,  né  21  juillet  1880. 
Sérapliie,  née  18  août  1882. 

HUITIÈME  GÉNÉRATION. 

AUX  GROSSES  COQUES. 

JUSTIN  BELLIVEAU  &  CATHERINE  COMEAU. 

Enfants  : 
Anne,  née  20  août  1861. 
Wil lie- Henri,   né  21  août  1865. 
Séraphie,  née  12  janvier  1867. 
Edith,  née  6  décembre  1868. 
Amédée,  né  13  juillet  1878. 


HUITIÈME  GÉNÉRATION. 

AUX  GROSSES  COQUES. 

Voir  e  LUC-SIMÉON  BELLIVEAU   &  MARIE  LEBLANC, 

page  31. 

ENFANTS  : 

a.  Léandé,  né  21  octobre  1871. 

b.  Sévénié,  né  28  décembre  1873. 
C.      Edmont,  né  22  octobre  1875. 

d.  Marie- M  air  ina,   née  29  juin  1876. 

e.  Marie- Madeleine,  née  22  octobre  1879. 

f.  Marie- Alphée,  née  30  août  1882. 
g\  Ma.vimin,  né  23  avril  1884. 

h.      Désiré,  né  15  août  Î888. 
i.       Ulysse,  né  6  octobre  1891. 


QÊNÊA  LOGlâ  D  H 

DOC.  DE  LA  SESSION   No  18 

Mi  il  ii'.mi  l'.i:  \i  [01 

\  l   \   GROSSES  COQUI 

Voire  MARIE  JOSEPH  BELLIVEAU        HELENE  MELANSON 

■">  I . 

l'.N  I     \N 

q.     Marié  Agnèi,  née  20  janvier  I 

b.  Madeleine-Hélèfit)  □  novembre  i 867,   mariée  John 

MoLaughlin,  fila  de  John  McLaughlio 

c.  Elis*,  née  22  juillet   L869. 

cl  lfari6-EmUÎ6nnet  née  LO  avril  L871. 

e.  Marie- Irène- Léocadiôi   née  L 9  août   ls7_. 

f.  Marie-Rite^   née  12  mai  1874. 

g.  Joseph- Albi  n    .  née  20  décembre  1876. 

-     HUITIÈME  GÉNÉRATIOl 

Al'X   OR  >SSES  COQUES 

Voir  a      CHARLES  ALBIN  à  EUSÈBE  BELLIVEAU  et  MARIE  COMEAU. 
page 

ENFANTS . 

a.  Mariê-Aimée^  née  15  août  1863. 

b.  Marguerite- Agnès,  née  28  septembre  1864. 
C.  Josrph-Lrzin,  né  2  février  1866. 

d.  Gabriel-Edmond,  né  £5  mars  1871. 

6.  Marie-Edesse}  née  11  janvier  1878. 

HUITIÈME  GÉNÉRATION. 

AUX  GROSSES  COQUES. 

Voir  i       PHILIPPE  à  EUSÈBE  BELLIVEAU  &  EMELIE  MELANSON 

page  35. 

Enfants  : 

a.  Este/ le,  née  17  juin  1870. 

b.  Ambroise,  né  24  août  1873. 

C.     Marie- Aimée,  née  1er  mai  1879. 

d.  Léonie,  née  13  octobre  1881. 

e.  Ereliua,  née  12  janvier  1885. 

f.  Louis,  né  19  août  1889. 
g.     Alphonse,  né  4  août  1893. 

HUITIÈME  GÉNÉRATION. 

AU   PETIT-RUISSEAU. 

Voir  d      JEAN  BAPT.  LAMBERT  à  ÇYRIAQUE  a  TIKINE  BELLIVEAU 
page  36.  et  ROSALIE  MAILLET. 

lre  femme. 

Enfants  : 

a.  Marie,  née  9  novembre  1865,  morte  à  3  mois. 

b.  Philippe- Edouard,  né  2  octobre  1867. 
C.     Guillaume,  né  1869. 


42  ARCHIV1  CANADA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

HUITIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  d        JEAN  BABT.  LAMBERT  à  CYRIAQUE  à  TIKINE  BELLIVEAU 
p.  36.  &  VITALLINE  SAULNIER.    2'  femme. 

ËNFANT8  : 

a.  A- m 

b.  Joseph, 

C.      Marie-Claire, 

HUITIÈME  GÉNÉRATION. 

A    LA  POINTE-DE-L'EGLISE. 

Voir  b       JEAN-BLAISE  A  DICK  A  TIKINE  BELLIVEAU  ET  MARIE 
p.  37.  MARGUERITE  STUART. 

Enfants  : 

a.  Louis-Arcade,  né  7  octobre  1866,  marié  le  à  Cédulie  LeBlanc,  fille  de 

Il  est  établi  à  Duluth,  Minneapolis,  E.  U. 

b.  Jean- Philippe,  né  15  mars  1869. 
C.     Joseph-Moi,  né  10  mars  1871. 

d.  A^ine- Amélie,  née  16  novembre  1872. 

e.  M oise- Daniel,  né  17  novembre  1874. 

f.  Bernard-Vincent,  né  11  novembre  1876. 
g.  George- Edouard,  né  8  août  1879. 

h.      Marie-Grâce,  née  16  décembre  1881. 
i.     Rose-Eugénie,  née  6  avril  1884. 
j.     Jean-Edmond,  née  27  juin  1886. 

HUITIÈME  GÉNÉRATION. 

1  LA  POINTE-DE-L'EGLISE. 

Voir  h      FRÉDÉRIC  LUCIUS  A  DICK  A  TIKINE  BELLIVEAU  k  SARAH 
p.  37.  ANNE  MULCAHEY. 

Enfants  : 

a.  François,  né  11  mars  1871. 

b-  Marie-Rose,  née  17  décembre  1873. 

C.  Marie-Catherine,  née  12  décembre  1875. 

d-  Marie- Béatrice,  née  12  mai  1878. 

e.  Marie-Léa,  née  20  septembre  1880. 

f.  Marie- Léonisse,  née  17  janvier  1884. 

g.  Joseph-Augustin,  né  19  septembre  1885. 
h.  Marie-Antoine,  née  18  décembre  1888. 

HUITIÈME  GÉNÉRATION. 

AUX  GROSSES  COQUES. 
Voir  j      CHARLES  A  DICK  A  TIKINE  BELLIVEAU  à  ODILLE  LEBLANC. 

p.  37.  Enfants  : 

a.  Marie- Marguerite-Rose,  née  18  octobre  1885. 

b.  Joseph-Louis,  né  18  août  1887. 

C-     Joseph- Adolphe,  née  31  mars  1889. 
d.     Joseph-Alexandre,  né  30  août  1891. 
6.     Joseph- Frédéric,  né  24  octobre  1892. 


QÊSÊ  ILOOlâ  D  Ml  II 

DOC.   DE  LA  SESSION  No   1H 

LE8  BELL1VEA13  DE  MEMERAMCX)UK. 
CINQ!  [ÈME  GÉNÉB  \l  [ON. 

Voir  h    JOSEPH  BELLIVEAU  dit  JOSPIAU  a   MARIE  JOSEPH  OAUDET 
p.  23.  1ère  femin 

ËNl  w 

a.     Afarù)  née  vera   177!  ;  mai  Béloni  à   Amable   Richard,  12 

dov.  1852, 
t>.     /'"/T'',  né  vers  1776  ;  marié  à  Marguerite  Bourque,  et  décédé  '■'>  mais  lv"7 

!'<<//•  page  i S. 
C.     Joseph  dit  Piaujeau%  marié  à  [sabelle  à  Pierre  Melanson. 

!'<»//•  page  43. 

d.  Thomas,  marié  à  M odeete  à  Sylvain  Babineau. 

Voir  page  1  I , 

e.  David,  ne  vers  1782;   marie   t  dov.   1806,  à  Henriette  à  Sylvain  lîabineau. 

Voir  page  44. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  b  PIERRE  BELLIVEAU  à  MARGUERITE  BOURQUE. 

page  4.'}. 

Enfants  : 

a.  Joseph,  marié  1°  le  21  juin  1819,  à  Pélagie  Maillet,  fille  de  Charles  et  de  Mar- 
guerite Boudreau;  2"  le  25  nov.  1828,  Marguerite  LeBlanc,  fille  d'Alexis 
et  de  Sophie  Bourgeois. 

b-  Lainent,  marié  10  oct.  1825,  à  Henriette  Cormier,  fille  d'Ignace  et  de  Colette 
LeBlanc. 

C-  Ma.cimhi,  né  en  1800  ;  marié  à  Justine  Melanson,  fille  de  Pierre  et  de  Marthe 
Ouellet.  C'est  le  père  de  Edouard  M.  Belliveau,  de  la  Rivière  de 
Meteghan,  comté  de  Digby,  N.-E.,  de  Damien  Belliveau,  marchand  a 
Joggins-Mines,  N.-E.,  Szq. 

d.  Dominique,  né  28  sept.  1809;  marié  1°  à  Marie  Gautrot,  fille  de  Petit-Jean, 

2  à  Rose  Landry,  fille  de  Pierre. 

e.  Rosalie,  mariée  12  fév.  1822,  à  Pierre  Gautrot,  fils  de  Pierre  et  d'Anne  Babin. 

f.  Anne-Marie,  née  19  nov.  1812  ;  mariée  à  Béloni  Bourque. 

g.     Anne,  née  15  mars  1816  ;  mariée  à  Joseph  Richard,  fils  de  Pierre. 
h.     Modeste,  née  19  mai  1819;  mariée  à  David  Boudreau,   fils  de  Mathurin.      Les 
enfants  issus  de  ce  mariage  sont  établis  à  St-Pierre  de  Bouctouche. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  c      JOSEPH  PIAUJEAU  BELLIVEAU  à  ISABELLE  MELANSON. 
page  43. 

Enfants  : 

a.     Bruno,  marié  à  Marguerite  LeBlanc,  fille  de  Bélonie  à  Isaac. 

b-     Marie,  mariée  à  François  Melanson,  de  Scoudouc. 

C.      Anne,  née  16  août  1808. 

d.     Marguerite,  née  13  juillet  1811  ;  mariée  à  Pierre  à  Meléme  Bourque,  veuf  de 

Susanne  Arseneau. 
6.     François,  né  8  fév.  1814  ;  marié  à  Henriette  Gaudet,  fille  de  Bélonie  à  Charles. 


44  AR(  HIVES  DU  CANADA 


5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 


f.     Modext*-,  m'r  17  îïv.  ish;  :  Mi.-irii-c  ;i  .Jean  Comeau,  fils  de  François  à  Mathurin. 
g\     Henriette,  née  13  nov.  1819,  morte  fille. 

h.     /'/'//'.   ix    27  avril    L822  j  marié  à    Marguerite    Bourgeois,  tille  de  Fidèle  à 
Pierre  à  Benjamin. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

Voird  THOMAS  BELLIVEAU  &  MODESTE  BABINEAU. 

p.  43. 

Enfants  : 

a.  Marie,  mariée  à   Pierre  Thibodeau,  fils  de  François  à  Grégoire,  de  la  l'Abou 

jagane. 

b.  Marguerite,  née  16  août  1807  ;  mariée  à  François  LeBlanc,  fils  de  Joseph. 

C.      Thadée,  né  18  juin  1809  ;  marié  à  Henriette  LeBlanc,  fille  de  Amarnd  à  Bonan. 

d.  Marie-Joseph,  née  24  avril  1811  ;  mariée  à  Hilaire  Saulnier,  fils  de  Pierre'. 

e.  Sylvain,  marié  1°  à  Marie  Richard,  fille  de  Pierrotte  ;  2°  à  Henriette  LeBlanc, 

fille  de  Laurent, 
f.      Simon,  marié  à  Paul  Duguay,  du  Cap  Pelé. 
g".      Moise,  né  12  déc.  1817;  marié  à  Marguerite  LeBlanc,  fille  de  Placide  à  Isaac, 

et  s'établit  à  Cocogne. 
Ife     Béloni,  né  10  mai  1820;  marié  à  Marguerite  Bourque,  fille  de  Mélene. 
i.      Placide,  né  24  avril  1822,  à  Céleste  Landry,  fille  de  Pierre, 
j.     iVanette,  mariée  à  Georges  Gueguen,  fils  de  Placide,  de  Cocogne. 
k-      Dominique,  marié  à  Isabelle  Léger,  fille  de  Pierrotte. 
1.     Denis,  marié  1°  à  Anne  LeBlanc,  fille  de  Pierrotte  à  Jean  ;  2    à 

Richard. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  e  DAVID  BELLIVEAU  à  HENRIETTE  BABINEAU. 

page  43. 

Enfants  : 
a-     Marie,  née  27  nov.  1808  ;  mariée  à  Dominique  Léger,  fils  de  Thomas, 
b.     Marguerite,  né  7    mai   1810;  mariée   à    Pierre   Léger,  fils  de   Pierre    à    Petit 

Jacques. 
C      Modeste,  née  21  mai  1813  ;  mariée  à  Pierre  Boudreau,  fils  de  Charlitte,  de  la 

Haute  Aboujagane. 
d-      Thadée,  né  19  mai  1816  ;  marié  à  Françoise  Léger,  fille  de  Jérôme,  et  s'établit 
à  Cocagne. 

e.  Pierre,  né  25  janvier  1817  ;  marié  à  Blanche  Léger,  fille  de  Jérôme,  et  s'établit 

à  l'Aboujagane. 

f.  Nanette,  née  18  janvier  1819  ;  mariée  à  Olivier  Léger,  fils  de  Thomas. 

g.      Laurent,  né  5  janvier  1822  ;  marié  à  Marie  LeBlanc,  fille  de  Joseph  à  Joseph 

dit  Coudjeau. 
h.      Frédéric,  marié  à  Marie  Bourque,  fille  de  Laurent  à  Jean. 

i.      Osithe,  mariée  à  LeBlanc. 

j.     Julie,  mariée  à  Boudreau. 

k      Madeleine,  mariée  à  Charlitte  Bourgeois,  fils  de  Augustin. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  h  JOSEPH  BELLIVEAU  dit  JOSPIAU    à  MARIE  DUPUIS, 

p.  23.  2e  femme. 

Enfants  : 

a.     Françoise,  née  1790  ;  mariée  19  février  1811,  à  Fabien  Bourque,  fils  de  Pi<rre 
et  de  Marie  LeBlanc. 


i  /  '".//•  DB&    \CADI1  V) 

DOC.  DE  LA  SESSION   No  13 

b.  (  '<//>n>n,  h.    1792     mai  lé  7  féi     I 

dit  le  G ro    I  *ndi  \  et  de  M  ndeline  '  laudet 
Voit  page  I  • 

c.  iieurguerxtê,   née  1794     mariée  II  aoù(    1819    i  Fidèle   (î 

.  t  .1  Anne  <  taudel    et  déc<  dée  le  l  6  jani  1er  I 

l"  ' 

d.  ,/m///,  ihtii  mini  1798     d  \  i. n.    Bonrqne,  fille  de  J 

de  M . « i  !-•  Belli>  eau.     El  ee(  moi  I  en  avri 
Voit  page  I 6 

e.  Fretnçoiti   né  2  février    1802;  marié    16   janvier 

fille  do  Tlm(l<c  et  de  Louise  Légi 
Potr  page  I ,;. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

Vnirb  CYPRIEN  BELLIVEAU  &   MARGUERITE  LANDRY. 

page  15. 

I.M    \N   I 

a.  Joseph^  né  12  février  L821  ;  marié  à  Marie  Meunier. 

b.  M<n  uMdrf,  I,  in> ,  née  -S  janvier  1823,  morte  non  mari 

c.  Jean,  marié  à  Marguerite  LeBlanc,  fille  de  Thadée  à  [aaac. 

d.  Charles, 

e.  Edmond,  marié  à  Osithe  LeBlanc,  fille  de  Pierre. 

f.  T/u'otiste,  religieuse. 
g\  Isabelle,  non  mariée. 
E.  Marie,  non  mariée. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  d  JEAN  À  JOSPIAU  BELLIVEAU  &  ANNE  BOURQUE. 

page  45. 

Enfants  : 

a.  François,  né  22  juin  1820  ;  marié  en  1840,  à  Madeleine  Landry,  fille  de  Pierre 

et  de  Modeste  Cormier,  et  mort  le  12  sept.  1890  C'est  le  père  de  feu 
l'abbé  Fidèle  Belliveau,  mort  curé  du  Village  de  Richiboucton;  de  l'abbé 
Philippe  L.  Belliveau,  curé  de  la  Grande  Digue  ;  de  Philomène,  en  reli- 
gion sœur  Edouard  ;  de  Alphée,  professeur  à  l'Ecole  Normale  de  Fré- 
dericton,  tfcc,  <fec. 

b.  Jean,  (jumeau)  né  29  avril  1822  ;  et  moit  14  juin  suivant. 

C.  Marie,  (jumelle)  née  29  avril  1822  ;  marée  en  janvier  1843,  à  Bélonie  Gaudet, 
fils  de  Fidèle  à  Jean. à  Pierrotte,  et  de  Marie  Landry.  Elle  est  morte  le 
21  mars  1892.  C'est  la  mère,  de  Jean  B.  Gaudet,  contracteur  :  du 
Docteur  Fidèle  Gaudet,  de  Moncton  ;  de  Marie,  en  religion  Sœur  Marie 
de  Gonzague,  kc,  <fcc. 

d.  Fidèle,  né  en  1824,  et  noyé  à  St- Louis  de  Kent,  le  1er  juin  1841. 

e.  Marguerite,  mariée  à  Louis  Richard. 

f.  Jean,   marié  à  Emilie   Lafrance,   fille  de  Charles  et  de  Pélagie  Doucet.     Il  en- 

seigna pendant  plusieurs  années,  puis  fut  marchand  et  aujourd'hui  il 
est  employé  depuis  nombre  d'années,  aux  bureaux  de  l'Intercolonial  à, 
Moncton. 

g".      Ma.'-ïmin,  ancien  instituteur. 

h.     Laurent,  mort  enfant, 
i.     Isabelle,  mariée  à  Hyppolite  Bourque,  fils  de  Maximin. 

j.  Marceline,  mariée  à  Antoine  Duguay,  fils  de  Paul. 


46  ARCHIVES  DU  CANADA 

5-6   EDOUARD  VII,   A.   1906 

XIÈME  GÉNÉRATION. 

Voire     FRANÇOIS  à  JOSPIAU  BELLIVEAU  &  MARGUERITE  RICHARD. 
page  45. 

Enfanta  : 

a.  Thadée,  mariée  à  Françoise  Bourque,  tille  de  Mélem  e1  de  Françoise  Vienneau. 

Il  est  mort  à  St-Paul,  comté  de  Kent,  ei  B8  veuve  demeure  a  Moncton. 
(   est  le  père  de  Aimé,  .Maxime  et  Rose  Anne  Belliveau,  d'Ottawa. 

b.  Mauricôf  mort  en  bas  âge. 

C.     Maurice y  marié  à  Marceline  Bourque,  tille  de  Laurent.    Il  est  mort  en  1905. 

d.  Pélagie,  mariée  à  Frédéric  Bourque,  fils  de  Céleatin. 

e.  Mer  if,  mariée  à  Calixte  Le  Blanc,  fils  de  Pierre  a  Charlitte. 

f.  Olive,  mariée  a  Abraham  Bourque,  fila  de  Laurent  à  Jean. 

AUTRE  BRANCHE  DE  BELLIVEAU  A  MEMERAMCOUK. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  h  (t)  PIERRE  BELLIVEAU  à  ANNE  GIROUARD- 

page  24. 

Enfants  : 

a.  Bénoni,  noyé  âgé  de  20  ans. 

b.  Amand,   noyé,  âgé  de  18  ans. 

C.     Anne,  mariée  à  Charles  LeBlanc,  et  morte  à  Memeraincouk,  le  4  août  1838. 
d-     Jean,  né  en  janvier  1779  ;  marié  vers  1800,  à  Isabelle  Gaudet,  fille  de  Jean  et 
de  Marie  Me'anson.     Il  est  mort  ie  26  septembre  1822. 
Voir  page  46. 
e      Laurent   marié  vers  1806,  à  Isabelle  Melanson,  fille  de  Pierre. 

Voir  page  47. 
f.     Marie,  mariée  à  Jean  Bourque,  fils  de  Pierrette,  de  Menoudie. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  d  JEAN  BELLIVEAU  à  ISABELLE  GAUDET. 

page  46 . 

Enfants  : 

a.     Marie,  née  vers  1801  ;  mariée  le  16   novembre   1818   avec  Charles  à   Charlitte 

Maillet. 
b-     Pierre,  né  en  1803  ;  marié  avec  Marie  à  Simon  Léger. 
C.      Amand,  né  en  1805,  marié  avec  Nathalie  à  Joseph  Bourgeois.     Il  est  le   père 

du  Dr  Sifroi  Belliveau,  de  Boston. 

d.  Jean,  né  le  11  décembre  1807,  mort  à  22  ans  non  marié. 

e.  Anne,  née  le  23  juillet  1809  ;  mariée  le  8  janvier   1826   avec  Simon   à  Joseph 

Bourgeois.  Elle  est  la  grand'mère  du  Révd  Père  Ph.  F.  Bourgeois, 
C.S.C.,  de  l'Université  du  Collège  St.  Joseph  de  Memorancouk. 

f.  Placide,  né  le  14  ;  mars  1812  mort  à  22  ans  non  marié. 

g.  Joseph,  né  le  13  septembre  1813  ;  marié  le   17   janvier   1844   avec   Modeste  à 

Ignace  Cormier,  et  décédé  le  8  février  1892.  C'est  le  père  d'André 
J.  Belliveau,  du  Village  de  l'Eglise  à  Memeramcouk  du  Kévd  Père 
Philippe  J.  Belliveau,  Jésuite,  du  docteur  Lucien  J.  Belliveau,  maire 
de  Shédiac,  etc.,  etc. 

h.     Sauveur,  né  le  9  mars  1816  ;  marié  avec  Madeleine  à  Fidèle  Gaudet. 

i.       Marguerite,  née  le  17  janvier  1818  ;  morte  non  mariée. 

(X)  Ce  Pierre  Belliveau  est  le  frère  de  Charles,  époux  de  Osithe  Dugas,  de  St-Jacques  de  l'Achigan. 


OÊNEA  LOOlh  /'/>  AC  i  Dl  T  NOTi 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

l        //■  nrirff, ,  née  le  I  '••  o  yi.     ,    J .    .  i 

touohe 
k       Fidèle,  né  le  14  mars  1 

dreau,  .m  i  que  Le] 

1        Fran  <■    .  ùé  le    1  3   a\  ril    I  823  .  m  i 

Bouotouche 
m     /     "  '.  uiMit  célibataii e. 

SIXIÈM1     QÉI  i '::  i  i  [ON. 

Voire  LAURENT  BELLIVEAU  a    ISABELLE  MELANSON 

Km  km 

a.  Joseph,  né  1«'  27  mai  1806  ;  épousa  Marie  à  Pierro  Richard. 

b.  F/'imu  is.  né  le  30  novembre    1809;  épousa    Pélagie  à    Amand  à    Bounao   Le- 

BlailO,         11   ol    le   jure  (le    I  )<  un  i  II  i«  j  (Il  ■    lîcl  1  i  \  «  ■;■  il,    lll'Ut     i  ♦•!]•_' i  ••  u  X     I      • 

1!  II.   PP.  de  la  Ste  I  r<  »i  c,   i    M  ont  réal,  el 
Sœur  Dominique. 


c 
d. 


Marie,  uée  le  12  mars  1812  ;  épousa  Raphaël  à  Célestin  Bourqu*  >uc. 

Laurent^  ùé  le  29  novembre  1812,  mort  à  15  ans. 

e.  ThadU,  né  le  28  mais  L816;  épousa  Rosalie  à  François  LeBlan 

f.  David,  né  le  28  mars  1816  j  mort  non  marié. 

g.  Pierre,  né  le  2  avril  1830  ;  épousa  Pélagie  à  Fran  Blanc. 

h.     Maximin,  né  le  28  décembre  ls'_' l  ;  épousa  Olive  à  Pierre  Cormier. 

i.      i/wn,  marié  à  Pélagie  à  Thaddé  Belliveau. 

j.      Marguerite,  épouse  de  Dominique  à  Pierre       3  blanc.     <   est    ia   niera 

du  Rév.  Père  Hyppolite  D.  LeBlanc,  C.S.C.,  de  l'Université  du  Collège 

St.  Joseph  de  Memerancouk. 


LES  BELLIVEAU  DU  DISTRICT  DE  TROIS-RIVIÈRES. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
À  TINTAMARRE. 


Voir  a  JOSEPH  BELLIVEAU  (1)  &  MARIE  GAUDET. 

page  23. 

Ire  femme. 

Enfants  : 

a.  Pierre,  né   vers   1735  ;    marié  à  Bécancourt,   le   14   janvier   1765,    à   Félicité 

Richard,  fille  de  Joseph' et  de  Madeleine  Prince,  avec -dispense  du  3  au 
3  de  cousanguinité.     Il  est  mort  à  St-Grégoire,  le  18  mars  1810. 
Voir  page  48. 

b.  Joseph,  né  vers  1748  ;  marié  à  St-François  du  Lac,  le  11  janvier  1773,  à  Mar- 

guerite  Bibeau,    tille  d'Antoine   et   de   Marguerite   Ritchotte.     Il  est 
décédé  le  22  avril  1789. 
Voir  page  48. 

(1)  Quand  nous  aurons  au  Bureau  des  Archives,  la  transcription  des  registres  de  l'Etat  civil  de  Beau- 
n  qui  sont  à  la  Mairie  de  LaRochelle,  il  sera  facile  de  compléter  la  nomenclature  des  enfants  issus  de 
ce  mariage  jusqu'en  1748.  Peut-être  y  trouverons-nous  l'acte  de  mariage  de  Joseph  Belliveau  avec  Marie 
Gaudet,  sa  première  femme,  ce  qui  nous  donnera  le  nom  de  la  mère  de  ce  Joseph. 

D'après  un  dénombrement,  dressé  le  31  janvier  1752,  Joseph  Belliveau  est  établi  à  Tintamarre,  aujour- 
d'hui Sackville.     Il  est  veuf  et  a  quatre  garçons  et  une  fille,  mais  les  noms  ne  sont  pas  donnes. 


48  I  KGHIVE&  !>U  CANADA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 
A  TINTAMARRE. 

Voir  a  JOSEPH  BELLIVEAU  k  MARIE  BOURG. 

page  23.  2e  i  mine. 

Enfants  : 

a.       François,  n<;  ;  marié  à  Bécancourt,  le  10  janvier  177v.  a  Marie  Leblanc* 

fille  de  Sylvain  et  d'Anne  Prince.      Il  est  mort  à  St-Grégoire. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 
À  BÉCANCOURT,  NICOLET  ET  ST-GRÉGOIRE. 

Voir  a  PIERRE  BELLIVEAU  &  FÉLICITÉ  RICHARD. 

p.  47.  Mariés  14  janvier  1765. 

Enfants  : 

a.        Pierre,  né  à  l'automne  de  1765,  et  décédé  le  13  avril  1789,  non  marié. 

fo.       Joseph,  né  et  baptisé  20  mars   1767,  à  Bécancourt  ;    marié  à  Nicolet,  22  nov. 

1790,  à  Rosalie  Bergeron,  fille  de  François  et  de  Rosalie  Bourg,  avec 

dispense  du  3  au  4  de  consanguinité. 
C.        Charles,  né  25  janvier  1769,  baptisé  à  Trois  Rivières,  et  décédé  13  déc.  1772. 
d.        Marie-Joseph,   née    2    janvier    1771,   b.    lendemain   à   Bécancourt;    mariée   à 

Nicolet,  le  25  oct.  1790,  à  Jean-Bte  Pichet,  veuf  de  Marie  Louise  Pré. 
6-        Marguerite,  née  et  b.  7  juin  1776,  à  Bécancourt. 

f.  Marie-Louise,  née  13  juillet  1778,  b.  lendemain  à  Bécancourt. 
g.        Jean- David,  né  et  b.  1er  sept.  1782,  à  Bécancourt. 

h.        Madeleine,  née  11  mai  1785,  baptisée  lendemain  à  Nicolet. 
i.        Jean- Baptiste,  né  et  b.  11  juillet  à  Nicolet. 
j.        Pierre,  né  20  avril  1790,  b.  lendemain  à  Nicolet. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 

A  BÉCANCOURT  ET  NICOLET. 

Voir  b  JOSEPH  BELLIVEAU  à  MARGUERITE  BIBEAU 

p.  47.  Mariés  11  janvier  1773. 

Enfants  : 

a.     Marguerite,  née  30  mai  1774,  b.  lendemain  à  Bécancourt. 

b-     Madeleine,  née  et  b.  1er  janvier  1776,  à  Bécancourt  ;  mariée  à  Nicolet,  6  février 

1797,  à  Charles  Dupuy,  fils  de  Joseph  et  de  Marguerite  Bourgeois. 
C.     Marie- Joseph,  née  29  oct.  1778,  baptisée  29  nov.  suivant  à  Bécancourt. 

d.  Marie-Claire,  née  et  b.  18  oct.  1780,  à  Bécancourt. 

e.  Joseph,  né  et  b.  12  nov.  1782,  à  Bécancourt. 

f.  Pierre,  né  et  b.  25  janvier  1785,  à  Nicolet. 

g.  Marie,  née  6  mars  1787,  b.  lendemain  à  Bécancourt. 
Ê.     François  (fils  posthume),  né  et  b.  16  mai  1789. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 

A  BÉCANCOURT,  NICOLET  ET  ST-GREGOIRE. 

Voir  a  FRANÇOIS  BELLIVEAU  à  MARIE  LEBLANC. 

page  48.  Mariés  19  janvier  1778. 


i.i  m    \LOUi  \CAD1  i    \"  i 

DOC    ni    i  A  81  88ION   No   18 

a.  \farù    \fad  U  ini .  bapt  i  •  •   31   jan   iei 

ni.ii  1801,  à  Jean-Baptiste    Hébert,  fils  d'Etienne  et   de   M  eph 

Babin. 

b.  Mai"  Angéliqttêy  née  et  b    I     juin    1782    i  Béoanoouii 

c.  Franooiif  né  et  b.  1 6  ept    L7€         I         oouri 

d.  Joêtph,  né  e1  b,  L9  déo,  1780,  à  ffieo 

e.  Miii-i/ui  nti\  née  30  août  L788,  b.  lendemain  i  Nicolet. 

f.  Aii<>ii;/ni>\  1 1 1 1 1 1 1 1 1 1  •    i  juillet   '  Nioolet 

()l  VNMKMi;  GÉNÉRAI  [ON. 

A   PORT  ROYAL,   BÉOANOOURT  BT  NICOLE] 

Voir  e         JEAN-BTE  BELLIVEAU  (  1  )  a    MARGUERITE  MELANSON 
page  24.  Mariée  le  23  janvier  17  11,  à  Porl  Royal. 

l'.MAN  TS  : 

a.      Jûêûph,  né  3  nOV.    17  II  ;  déport.-  à   Bœton,  en   1705,  il  revint  de  l'exil  en    I 

avec  ses  parents,  etaes  frères  et  Boeurs.  Marie'  à  Bécancourt,  Le  7  janvier 
1772,  à  Rosalie  Richard,  fille  de  Joseph  et  de  Françoise  Cormier,  avec 
dispense  du  3  au  4,  il  fut  inhumé  à  Nicolet  le  26  sept    1 7 
\'<>ir  page   l'.'. 

b-     Charles^  né  20  niai  1744  ;  marié   à  Bécancourt  en    janvier  177o,   à    Klizabeth 
Doucet,  tille  de  Joseph  et  d'Anne  Bourg. 
Voir  page  50. 

C.     David,  né  en  1746  ;  marié  é  Bécancourt  en  janvier  1773,  à  Marguerite  Gaudet, 
fille  de  Charles  et  de  Marie  Cormier,  il  est  décédé  à  St-Grégoire,   le   15 
mars  1813. 
Voir  page  50. 

d.      Pierre,   né  25  mars  1748. 

9.     Marguerite,  née  22  avril  1750  ;  mariée  à  Bécancourt,  en  janvier  1773,  à  Louis 
Doucet,  fils  de  Joseph  et  de  Anne  Bourg. 

f.  *Jean,  né  vers  1755  ;  marié  à  Bécancourt,  le  7  février  1780,  à  Marie  Geneviève 

M&rin,  fille  d'Augustin  et  de  Judith  Taillebot. 
Voir  page  50. 

g.  François,  né  en  la  Nouvelle-Angleterre,  le  17  oct.  1758,  baptisé  à  Bécancourt, 

le  3  avril  1768  ;  marié  à  Nicolet,  le  5  février  1787,  à  Marie-Anne 
Poirier,  fille  de  Joseph  et  de  Marguerite  Thibodeau. 
Voir  page  51. 
h.  Marie-Madeleine,  née  "dans  le  gouvernement  de  Baston  ",  le  27  mars  1762, 
baptisée  à  Québec,  le  4  juillet  1767  ;  mariée  à  Nicolet,  le  29  janvier 
1787,  à  François  Hélis,  fils  de  François  et  de  Marie  Joseph  Derosier, 
des  Trois-Rivières. 

CINQIÈME  GÉNÉRATION. 

A  BÉCANCOURT  ET  NICOLET. 

Voir  a  JOSEPH  BELLIVEAU  k  ROSALIE  RICHARD. 

page  49.  Mariés  le  7  janvier  1772. 

Enfants  : 
a.     Joseph,  né  29  nov.  1772,    et  baptisé  le  même  jour   à  Bécancourt  ;    marié  à 
Nicolet,    8  oct.  1798,  à  Marie  Prince,  'fille   de  Timothée  et  de  Marie 
Anne  Richard. 


(1)  Ce  Jean  Belliveau  est  frère  consanguin  de  Joseph  Belliveau,  époux  de  Marie  (iandet. 

ls_35d 


50  AR0HIVB8  DV  CANADA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

b.     Marié  Madeleine,    née   en   1774  ;    mariée  à    Nicolet,  8  janvier  1798,  à  Jean 

Vigneau,  fila  de  -Joseph  et  de  Marie  Anne  Bourgeois. 
C.      Jean,   ru    2  avril  1776,  baptisé  6  juin  suivant  à  Bécancourt. 

d.  François  d'Assise,    né   13  juin  1778,  b.  lendemain  à  Bécancourt.    Mort  en  bas 

e.  François  D'Assise,  né    14   août   1 77'.»,   b.   même  jour  à  Bécancourt  ;    marié   à 

Nicolet    26   juillet   1802,  a    Madeleine  Hébert,    fille  de  Joseph    et  de 
Marie  Madeleine  Richard. 

f.  David,   né  15  juin  1782,  b.  lendemain  à  Bécancourt,   et  inhumé  à  Nicolet,   le 

21  juillet  1786. 

g.  David,    né  20  oct.  1787,  b.  lendemain  à  Nicolet. 

h.     Marguerite,  née  6  février  1790,  b.  lendemain  à  Nicolet. 
i.      Michel,  né  25  sept.  1791,  1).  même  jour  à  Nicolet. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 

A  BÉCANCOURT  ET  NICOLET. 

Voir  b  CHARLES  BELLIVEAU  à  ELIZABETH  DOUCET. 

page  49.  Mariés  le         janvier  1773. 

Enfants  : 
a.     François,  né  6  août  1775,  b.  20  du  même  mois  à  Bécancourt. 
b-     Jean- Baptiste,  né  16  juillet  1777,  b.  lendemain  à  Bécancourt. 
C.     Marie- Marguerite,  baptisée  4  juin  à   Bécancourt;  mariée  à  Nicolet,   23  sept. 

1799,  à  Joseph  Vigneau,  fils  d'Amand  et  d'Anastasie  Boudreau. 
d-     Joseph,  né  28  août  1781,  b.  lendemain  à  Bécancourt. 

e.  Charles,  né  10  août  1783,  b.  même  jour  à  Bécancourt. 

f.  Marie-Madeleine,  née  21  juillet  1785,  b.  lendemain  à  Nicolet. 
g.     Louise-Elizabeth,  née  30  jan.ier  1787,  b.  même  jour  à  Nicolet. 
h.     Marie-Joseph,  née  5  mai  1791,  b.  lendemain  à  Nicolet. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 

À  BÉCANCOURT,  NICOLET  ET  ST  GRÉGOIRE. 

Voir  c  DAVID  BELLIVEAU  &  MARGUERITE  GAUDET. 

page  49.  Mariés  le         janvier  1773. 

Enfants  : 

a.  David,  né  21  fév.  1774,  b.  même  jour  à  Bécancourtj  marié  à  Nicolet  14  sept 

1801,  à  Marguerite  Bourg,  fille  de  Raphaël  et  de  Marie  Poirier,  avec 
dispense  du  3e  degré. 

b.  Simoîi,  né  15  août  1775,  b.  20  du  même  mois  à  Bécancourt;  marié  à  Nicolet, 

14  sept.  1801,  à  Marie  Madeleine  Hébert,  fille  de  Jean-Baptiste  et  de 

Marie  Arseneau. 
C.     François,  né  2  nov.  1782,  b.  lendemain  à  Bécancourt. 
d.     Joseph,  né  15  sept.  1784,  b.  même  jour,  à  Bécancourt. 
0.     Marie-Marguerite,  née  10  déc.  1786,  b.  lendemain  à  Nicolet. 
f.     Jean- Baptiste,  né  23  nov.  1788,  b.  lendemain  à  Nicolet. 

CINQUIÈME   GÉNÉRATION. 

À  BÉCANCOURT  ET  NICOLET. 

Voir  JEAN  BELLIVEAU  &  MARIE  GENEVIÈVE  MORIN. 

page  49.  Mariés  7  février  1780. 


OËNÊ  ILOGIË  DBA    U   \D1 

DOC.    DE    LA   StSSION    No    18 

n  : 

a.  Marié  Margw  rtto,  aée    12   qov,  1780,   I,.   lendema  □       H  »ui       m 

Nic<»l«'t,  9  tkO\    I    01     i  Piern    Bergeron,   Ali  d<     Raphaël   et  de    M 

TIiiImmu 

b.  ifarie  Qenevièv*,  née  10  déc    1781,  b.  même  jour      B  irt 

c.  Miirir  Louit$t  née  10  oot  L 783,  b.  lendema  i'     incouri 

d.  Joêephf  né  9  avril  lï*-'»,  l>.  lendemain  >let. 

Q.       Mnrir  M(u{rhim\   née    |S  janvier    l/v7.    !i.   môme   JOUI  »let 

f.  Jean  Baptiste,  né  l     qov.  L788,  b.  même  joui    i  tfioolet. 
g.     Joêêphy  né  7  sept.  1790,  *».  même  jour  à  Nioolet. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 

\    NIOOLET. 

Voir  g  FRANÇOIS  BELLIVEAU  A  MARIE   ANNE  POIRIER, 

page  49.  Mariés  5  février  L787. 

Enfants  : 

a.  Anonyme)  inhumé  5  déc.  17S7,  à  Nicolet. 

b.  François,  né  et  baptisé  23  avril   1789,  à  Nicolet. 
C.     Joseph,  né  et  b.  6  sept.  1790,  à  Nicolet. 

LES  BELLIVEAU  DE   ST-JACQUES  DE  L'ACHIGAN. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  g  CHARLES  BELLIVEAU  à  OSITHE  DUGAS. 

page  24.  Mariés  20  janvier  17"'"' 

Enfants  : 

a.  Marie-Madeleine,  née  au  Port-Royal,  à  l'automne  de  1755,  baptisée  à  L'Assomp- 

tion, P.  Q.,    22   nov.    1767;  mariée   à   St-Jacques,   27    janvier   1777,   à 
Joseph  Langlois  dit  Lachapelle,  fils  de  Pierre  et  de  Charlotte  Janotte. 

b.  Ludivine-Elizabeth,  née  à   Boston,  en   1757  b.  à   L'Assomption,  22  nov.  17G7  ; 

mariée  à  St-Jacques,  10  juin  1770,  à  Germain  Bourgeois,  fils  de  Claude 

et  de  Marie  LeBlanc. 
C.     Pierre,  né  à  Boston,  en  1759  ;  le  8  février,  1760,  il   avait  8  mois,  et   le   2   juin 

1766  il  était  encore  vivant.     Je  perds  ses  traces  après  cette  date. 
d.      Marguerite,  née  à  Boston,  en   1761,  b.  à  L'Assomption,  6  juillet  1767  ;  mariée 

à  St-Jacques,  12  janvier  1783,  à  Athanase  Duprat,  fils  de  Joseph  et  de 

Marie  Charles  Beaulieu,  et  décédée  à  St-Jacques,  13  avril  1787. 
6.     Joseph,  né  à  Boston,  en  1763  ;  1).  à   L'Assomption  6   juillet  1767  ;  mariée  à  la 

Grande-Rivière,  Gaspésie,  le  14  septembre  1791,  à  Mairie  Beaudoin,  fille 

de  Pierre  et  de  Marie  Charlotte  Dupuis. 

Voir  page  52. 
f.     Marie-Anne,  née  en  1765,  à  Boston,  b.  à  L'Assomption,  6  juillet  ?767  ;  décédée, 

fille,  le  7  juillet  1782,  à  St-Jacques. 

g.  Pierre,  (jumeau),  né  à   St-Jacques,  3  octobre  1767,  b.  même  jour  à  L'Assomp- 

tion; marié  1°  à  St-Jacques,  10  janvier  1791,  à  Marie  Madeleine  Ratel, 
fille  de  Charles  et  d'Anne  Breau  ;  2°  à  St  Jacques,  26  janvier  1795,  à 
Marquerite  Dupuis,  fille  de  François  et  de  Monique  Richard,  avec- 
dispense  du  4e  degré  de  consanguinité  ;  3°  à  St-Sulpice,  le  6  juin  1803, 
à  Marie-Madeleine  Rivet,  fille  de  Louis  et  de  Marie  Louise  Jeannot. 
Voir  page  52. 


52  ARCHIVES  DU  CANADA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

h.     Geneviève,  (jumelle),  née  à  St -Jacques,  3   octobre  1767,  b.  même  jour  à  L'As- 
somption. 

i.      Charles,    n«'   .'30   décembre   1769,   à  St-Jacques,  b.   lendemain    à   l'Assomption; 
mari.'  a  St. Jacques,  G  février  1792,  à    I-  ibelle  Richard,  fille  de  Victor 
et  de  Ludivine  Bourgeois. 
I  "ir  page  53. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 
À  LA  GRANDE  RIVIÈRE. 

Voir  e  JOSEPH  BELLIVEAU  à  MARIE  BEAUDOIN. 

page  51. 

t  Mariés  14  sept.  1791. 

Enfants  : 

a.  Joseph,  né  8  sept.    1792,  b.  16  du  même    mois;  marié   en  1819,   à  Charlotte 

Paget,  fille  de  Jean-Bte  et  de  Elisabeth  Bariault. 

b.  Charles,  baptisé  en  1795. 
C-     Pierre,  baptisé  en  1796. 

d.     Marie- Anne,  baptisée  en  1798. 

e..    Sophie,  baptisée  en  1799  ;  mariée  en  1816,   à  Daniel  Lelièvre,   fils  de  Daniel 

et  de  Geneviève  Blondin. 
N.B. — Les  descendants  de  Joseph  Belliveau  et  de  Marie  Beaudoin  sont  à  la 

Grande  Rivière  et  à  la  Petite  Rivière,  comté  de  Gaspé,  P.Q. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 
À  ST-JACQUES. 

Voir  g  PIERRE  BELLIVEAU  &  MARIE-MADELEINE  RATEL. 

page  51. 

Mariés  10  janvier  1791. 

Enfants  : 
a.     Joseph,  né  23  mars  1792,  b.  lendemain  et  décédé  16  juillet  de  la  même  année. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 
À  ST-JACQUES. 

Voir  g  PIERRE  BELLIVEAU  à  MARGUERITE  DUPUIS. 

page  51.  -   femme. 

Mariés  26  janvier  1795. 

Enfants  : 

a.     Marie- Esther,  née  et  b.  27  mars  1796. 

b ?  1798 

C.     Monique,  née  et  b.  13  avril  1800. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 
À  SAINT  JACQUES. 

Voir  PIERRE  BELLIVEAU  à  MARIE  MADELEINE  RIVET. 

page  51.  3e  femme. 

Mariés  6  juin  1803. 
Enfants  : 


01  m   [LOQIÉ  DES    \0  i/'/  i    NOTi 

DOC.    DE    LA   SESSION    No    18 

0INQ1  LÊME  OÉNÉB  \i  [0 

\  s'il  \<\>i  \:*. 

y.,..  i  OHABLBfl  BBLUVBATJ  A  ISABELLE  RICHARD 

j,;l,  M  .-h  i.     6  féVriei   1792. 

Km  \n  i 

a.  Joseph^  n<  20  fév.  1793,  l>  lendemain 

b.  '   17! 

c.  C/mr/rs,  né  et  i».  1 7  iii.H  1 71)7. 

d.  Marié  Anne,  née  et  1 7  août  1 7 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION, 

A  <>l  ■  \.\W.r  l'.T  MASKINov.i. 

Voira  JOSEPH  BELLIVEAU  à  FÉLICITÉ  LEBLANC. 

page  26 .  Mariés  1 8  nov.  1762. 

Enfanï  B 

a.     Cltarh '.s-,  "  né  dans  le  gouvernement  de  Baston,  en  Nouvelle-Angleterre,   le  * 
novembre   1761.",   baptisé   à  Québec,   23  juillet   1767  ;  mari,   à  Ma4;i 
nongé,  20  février  1803,  à  Agathe  Marchand,  fille  de  Pierre  et  de  Eliza- 
beth  Sicard.     Il  s'établit  à  Maskinongé.     C'était  un  marchand. 

b-     Jean,  né  et  b.  2  mai  1768,  à  Québec. 


LES  BELLIVEAU  DE  PUBNICO,  NOUVELLE-ECOSSE. 

QUATRIÈME  GÉNÉRATION. 

Voir  b  CHARLES  BELLIVEAU  à  AGNÈS  GAUDET. 

page  23.  Mariés  16  oct.  1725. 

Enfants  : 

a.  Marie- Madeleine,  née  17  nov.  1726  ;  mariée  13  février  1752,   à  Etienne  Robi- 

chaud,  fils  de  Joseph  et  de  Marie  Forest.  Déportée  au  Massachusetts 
avec  son  mari  et  ses  enfants,  elle  revint  de  l'exil  en  1767,  et  mourut  le 
29  janvier  1770,  à  la  Pointe-aux-Trembles,  Montréal. 

b.  Charles,  né  22  fév.  1729;  marié  20  janvier  1755,    à  Marguerite   Bastarache, 

fille  de  Pierre  et  de  Marguerite  Forest.  Ce  jeune  ménage  fut  déporté 
au  Massachusetts  où  naquirent  leurs  enfants.  En  1766,  Charles  et  sa 
famille  se  rapatrièrent  à  Pobomkou,  avec  les  d'Entremont  et  d'autres 
familles. 
Voir  page  54. 
C.  Michel,  né  1er  sept.  1731  ;  déporté  à  Boston  à  l'automne  de  1755,  il  revint  de 
l'exil  en  1766.  Il  est  mort  célibataire,  à  Pubnico,  le  9  décembre  1804, 
et  inhumé  le  lendemain,  •'  en  présence  d'Ange  Amirault,  de  Charles 
Belliveau,  neveu  du  défunt,  et  de  plusieurs  habitants,"  dit  le  registre. 

d.  Pierre,  né  24  sept.  1734  : 

e.  Isidore,  né  12  fév.    1737  ;  marié  à   Ursule  Amirault,   fille  de  Jacques  et  de 

Jeanne  Laure.     Il  est  mort  à  Pubnico,  le  30  oct.  1800. 
Voir  page  54. 


54  A RCJII VES  DU  CA NA DA 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

f.  Agnès,  née  17  oct.  17.'>(.i  :  mariée  à  Joseph   d'Entremont,  fils  de  Jacques  et  de 

Marguerite  Amirault,  et  morte  à  Pubnico. 

g.  Natalie,  née  11  janvier  1712  ;  mariée  k  Ange  Amirault,  fils  de  Jacques  et  de 

Jeanne  Laure,  et  décédé  a  Pubnico. 
h.     Joseph)  né  24  février  1 745  ;  décédé  à  Pubnico,  apparemment  célibataire. 
i.       Isabelle- Modeste,    née  4    février    1741S;    mariée  à   Paul   d'Entremont,    fils   de 

Jacques  et  de  Marguerite  Amirault,  et  morte  à  Pubnico. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 

A  PUBNICO. 

Voir  b  CHARLES  BELLIVEAU  &  MARGUERITE  BASTARACHE. 

page  53. 

Enfants  : 

a.  Marie,  née  en  1756  ;  mariée  à  John  Larkins,  de   Pubnico,  où  elle  est  morte  le 

12  mai  1831. 

b .  Joseph,  né ;  marié  à  Ste-Anne  du   Ruisseau-de-1'Anguille, 

à  Marie  Osithe  Bourque,  fille  de  Jean  et  de  Marie  Rose  Surette.    Il  est 

mort  à  Pubnico.      Voir  page  54. 
C-      Anne- Marguerite,  née ;  mariée  vers  1795,  à  Charles-Amand 

Babin,  veuf  de  Cécile  Bellefontaine.     Morte  au   Ruisseau-de-1'Anguille. 
d .     Glaire,  morte  jeune  fille. 

CINQUIÈME  GÉNÉRATION. 
A  PUBNICO. 

Voir  e  ISIDORE  BELLIVEAU  à  URSULE  AMIRAULT 

page  53. 

Enfants  : 

a.  Charles,  dit  Belou,  marié  à  Sherah  Robbins,  protestante. 

Voir  page  55. 

b.  Elizabeth,  mariée  le  19  nov.  1792,   à  Basile   Bourque,  fils  de  Jean  et  de  Marie 

Rose  Surette. 
C.     Pierre,  né  en  1775,  mort  garçon,  le  25  oct.  1800,  à  Pubnico. 
d.     Marguerite,  née  en  1781  ;  marié  5  aoât  1806,  à  Joseph  LeBlanc,  fils  de  Joseph 

et  décédée  6  avril  1808. 

SIXIÈME  GÉNÉRATION. 

A  PUBNICO. 

Voir  b  JOSEPH  BELLIVEAU  k  MARIE-OSITHE  BOURQUE 

page  5  I. 

Enfants  : 

a.  Jean,  marié  à  Thècle  Surette,  fille  de  Jean-Louis  et  de  Rosalie  Amirault. 

b.  Joseph,  né  5  juillet-  1794  ;  mort  célibataire. 

C.  Charles,  né  28  oct.  1796  ;  mort  garçon  le  10  sept.  1804. 

d.  Pierre-Vincent,  né  25  juillet  1799  ;  marié  à  Juliette  Amirault. 

e.  Basile,  né  25  nov.  1801  ;  marie  à  Marie  Anne  Amirault. 
f.  Célestin,  né  29  mai  1806  ;  mort  non  marié. 

g.      Marie- Hélène,  née  21  avril  1809  ;  morte  fille. 


i  /  nci r  i>i.s    h  i  1 1>!  /    \<>  / 

DOC.    DE    LA   BE68ION    No    18 

SIXIÈME  QÉNÉB  il  [ON 
\   PUBNIOO 

Voira       CHARLES  BELLIVEAU  dit    BELOU   &    SHERAH    ROBBINS 
page  D  I 

Eni  l  N  I 

,i.     McUhHd^  mariée    L6  oov.    1824,   à  Timothée   d'Entremont,    ni.   <l«-  ''l. 

(  'clrst  in  «m  <l  \  une  \l  a  pie  I  toudi  eau 
h      frtiore,  marié  l    à  Letitia  Robbine,  2   è  Phœbe  Uoodwin 
c      Marguerite^  mariée  à  Jeremiah  Larkin. 


i  DOUARD  VII  DOCUMENT  DE  LA  SESSION   No   18  A.   1906 


CLEF. 


Nous  nous  sommes  proposé  en  établissant  ces  tables  généalogiques,  de  faciliter 
autant  qu'il  était  possible,  les  recherches  aussi  bien  pour  la  détermination  des  descen- 
dants que  des  ascendants. 

Dans  ce  but  nous  avons  adopté  un  double  système  d'index  et  de  renvois. 

Voici  comment  nous  avons  procédé  : 

Partant  du  chef  de  la  branche  nous  avons  donné  successivement  la  liste  de  tous  les 
enfants  issus  de  chaque  union,  en  résumant  succinctement,  à  la  suite  du  nom,  son  état 
civil. 

Pour  chaque  rejeton  mâle  nous  avons  ajouté  à  la  suite  de  cette  nomenclature,  l'in- 
dication de  la  page  à  laquelle  se  trouvent  donnés  les  renseignements  qui  concernent  la 
famille  issue  de  ce  rejeton  mâle. 

De  cette  façon  on  peut  facilement  en  se  rapportant  à  ces  index  suivre  à  travers 
toute  la  généalogie  des  Bourgeois,  la  descendance  directe  du  fils  aîné  du  premier 
Bourgeois,  Charles  Bourgeois. 

En  effet  à  la  suite  du  nom  de  Charles  Bourgeois  (page  1,  liste  des  enfants  de 
Jacques  Bourgeois)  nous  voyons  l'indication  "  Voir  page  2." 

A  la  page  2,  nous  trouvons  semblabiement  que  le  fils  aîné  de  Charles  Bourgeois 
®tait  Charles  et  le  renvoi  indiqué  à  la  page  3,  nous  montre  que  son  fils  aîné  a  été  un 
autre  Charles  dont  nous  trouvons  la  descendance  à  la  page  7. 

En  suivant  ces  divers  renvois  nous  pouvons  en  peu  de  temps  et  sans  aucune  diffi- 
culté, retrouver  ainsi  toute  la  descendance  de  ce  premier  Charles  jusqu'à  la  génération 
requise. 

Voici  pour  les  recherches  des  descendants. 

En  ce  qui  concerne  les  ascendants  nous  avons  adopté  un  système  d'annotation  ana- 
logue, basé  sur  l'emploi  de  lettres  alphabétiques  a,  b,  c.  etc.,  afiixées  dans  la  nomencla- 
ture de  chaque  famille,  à  chacun  des  enfants,  par  ordre  chronologique. 

Ainsi  à  la  page  13  qui  concerne  la  famille  Bourgeois  nous  trouvons  la  liste  des 
enfants  issus  de  Amand  Bourgeois  et  de  Marguerite  Dugas. 

L'annotation  en  marge  du  nom  de  Amand  Bourgeois  ("  Voir  i  page  7  "  )  nous 
montre  que  par  une  simple  référence  à  la  page  indiquée,  que  cet  Amand  Bourgeois,  cata- 
logué i  dans  la  nomenclature  figurant  à  cette  page,  était  le  fils  de  Claude  Bourgeois  et 
de  Marie  LeBlanc. 

En  référant  à  l'annotation  en  marge  du  nom  de  ce  Claude  Bourgeois  ("  Voir  f.  page 
3  ")  nous  voyons  que  lui-même  était  le  fils  de  Germain  Bourgeois  et  de  Madeleine  Dugas 
et  en  consultant  l'annotation  en  marge  du  nom  de  Germain  Bourgeois,  nous  trouvons 
qu'il  était  le  fils  de  Germain  Bourgeois,  troisième  enfant  du  chef  de  la  famille,  Jacques 
Bourgeois. 


QBNMALOQIÈ  DE      LC  ID11  \      I  I  10  DOi  I  IfJ 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 


APPENDICE  A 


PAMILLBS  B8TABLIBS  A  L'ACADIR 

1671 
PORT  ROY  M. 


Familles. 

N.niil). 
d'enfuns. 

r..  itei  .i  o  •!  i 

Moutons. 

.    .             .                         1 ,        'il'-. 

laboorao. 

68  savoir  :  *>:<  hoinmes  81 
autant  de  tVtmm  l  <  t   S 
\  cuves. 

227 

829 

990 

117 

21  boisseaux. 

l'ol'.o.MKol  . 


;: 
;>  hommes  et  :>  femmes. 


12  bestes  a  cornes  et 
12  chèvres. 


G  ar|>ens.        5  bftriq 


CAP  NEIGRE. 


1 

1  homme  et  1  femme. 

2 

25  bestes  a  cornes  24 
chèvres. 

2  arpens  en 
jardin. 

PENTAGOUET. 

1  famille  et  25  soldats. 

i 

MOUSK  AD  A  BOUET. 

13  personnes. 

ST.  PIERRE  DANS  L'ISLE  DU  CAP  BRETON. 


1  famille. 


4  arpens. 


Abrégé  du  Roole  des  familles  de  l'Acadie  fait   par  le  Sr  Randin,  envoyé  a  Monsei- 
gneur Colbert,  de  Québec  le  huit/  Novemb.  1671. 


Chirurgien — Jacob  Bourgeois  aagé  de  50  ans,  sa  femme  Jeanne  Trahan  aagée  de 
40  ans,  Leurs  enfans  10,  deux  de  marié  un  garson  et  une  fille,  Jeanne,  aagée  de  27  ans, 
Charles  25,  Germain  21,  Marie  19,  Guillaume  16,  Margueritte  13,  Françoise  12, 
Anne  10,  Marie  7,  Jeanne  4  ans.  Leurs  bestiaux  a  cornes  33,  Leurs  brebis  24,  Leurs 
terres  Labourables  et  en  valeur  en  deux  endroit  environ  ving  arpans  plus  ou  moins. 

18—36     r-16 


58  ARi  lll\  l>   CANADIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


Laboureur — Jehan  Gaudbt  aagé  de  quatre  vingt  et  seize  ans,  sa  femme  Nicolle 
Colleson  aagée  de  soixante  et  qnattrè  ans,  leurs  enfans  Jehan  aagé  18  ans,  Leur  terre  en 
labour  trois  arpans  en  deux  places,  Leurs  bestes  a  Cornes  six  pièces,  Leurs  brebis  trois 
pièces. 

Laboureur — Dknis  Gaudet  aagé  de  quarante  six  ans,  sa  femme  Martine  Gautier 
aagée  de  sinquante  deux  ans,  Leurs  enfans  cinq,  deux  de  marie  La  première  Anne 
Gaudet  aagée  de  vingt  cinq  ans,  La  seconde  Marie  aagée  de  21  ans,  Pierre  aagé  de  20 
ans,  Pierie  aagé  de  27  ans,  Marie  aagée  de  quatorse  ans  tous  cinq  sans  métiers  excepté 
Laboureurs,  Leurs  terre  en  valeur  six  arpens,  Leurs  bestes  a  Cornes  neuf  pièces  treize 
brebis  tant  petites  que  grandes. 

Laboureur — ROGER  Kkiessy  [Kuessy]  aagé  de  25  ans,  sa  femme  Marie  Poirier 
aagée  de  22  ans,  Leurs  enfans  une  fille  Marie  aagée  de  deux  ans,  Il  na  point  de  terre 
en  Labour,  Leurs  bestes  a  Cornes  trois  pièces,  Leurs  brebis  2  pièces. 

Laboureur — Michel  de  Forest  aagé  de  trente  trois  ans,  sa  femme  Marie  hebert 
aagée  de  ving  ans,  Leurs  enfans  3. — Michel  aagé  de  4  ;>ns,  Pierre  deux  ans  et  demy — 
René  un  an,  Leurs  terres  en  Labour  deux  arpans.  Leurs  bestes  a  Cornes  douxe,  et  deux 
brebis. 

Marie  Gaudet  Veufve  de  Estienne  hebert  aagée  de  trente  huict  ans,  ses  enfans  dix, 
deux  de  mariés — Marie  aagée  de  20  ans,  Maigueritte  aagée  de  19  ans.  Les  autres  a 
marié,  Emmanuel  aagé  de  17  ans,  Estienne  aagé  de  17  ans,  Jehan  aagé  de  13  ans, 
françoise  10  ans,  Catherine  9,  Martine  6  ans,  Michel  5  ans,  Anthoine  1  an.  Ses 
terres  en  labour  2  arpans,  bestes  a  cornes  4  et  5  paires  de  brebis. 

Laboureur — Anthoine  Babin  aagé  de  quarante  cinq  ans,  sa  femme  Marie  Mercié 
aagée  de  26  ans,  Leurs  enfans  cinq,  Marie  aagée  de  neuf  ans,  Charles  aagé  de  7  ans,  Vin- 
cent aagé  de  cinq  ans,  Jeanne  3  ans,  Maigueritte  un  an.  Leurs  terres  en  Labour  2 
arpans,  Leurs  bestes  a  cornes  six  paires,  huict  paires  de  brebis    tant  petites  que  grandes. 

Laboureur — Olivier  Daigre  aagé  de  28  ans  sa  femme  Marie  Gaudet  aagée  de  20 
ans,  Leurs  enfans  3,  Jehan  aagé  de  quattre  ans,  Jacques  deux  ans,  Bernard  un  an, 
Leurs  terres  en  Labour  deux  arpans,  bestes  a  Cornes  six  paires  et  six  brebis 

Tonnelier — Anthoine  Hebert  aagé  de  50  ans,  sa  femme  Geneviefve  Lefrand  aagée 
de  58  ans,  Leurs  enfans  3,  Jehan  Hebert  aagé  de  22  ans,  Jehan  Hebert  aagé  de  18  ans, 
Catherine  Hebert  aagé  de  15  ans,  Leurs  bestiaux  a  cornes  18,  Leurs  brebis  sept  paires, 
Leurs  terres  en  Labour  six  arpans  en  deux  places. 

Laboureur — Jehan  Blanchard  aagé  de  soixante  ans,  sa  femme  Radegonde  Lam- 
bert aagée  de  quarante  et  deux  ans.  Leurs  enfans  six,  3  de  mariés,  Martin  Blanchard 
aagé  de  24  ans,  Magdeleine  Blanchard  aagée  de  28  ans,  Anne  aagée  de  26  ans.  Les  non 
mariés,  Guilleaume  aagé  de  21  ans,  Bernard  aagé  de  18  ans,  Marie  aagée  de  15  ans, 
Leurs  terres  en  labour  5  arpans,  Leurs  bestiaux  a  cornes,  douxe,  et  brebis  neuf. 

La  veufve  de  deffunt  François  Guérin  aagée  de  26  ans,  ses  enfans  5,  Anne  aagée 
de  douxe  ans,  Marie  aagée  de  neuf,  Frivoline  7  ans,  Huguette  aagée  de  5  ans,  François 
2  ans,  Son  bestail  a  Cornes  six  pièces  et  3  brebis,  ses  terres  en  labour  six  arpans. 

Laboureur — Michel  du  pont  |I)upuis]  aagé  de  37  ans,  sa  femme  Marie  Gautrot 
aagée  de  34  ans,  Leurs  enfans  4,  Marie  potier  [ou  Potet  aagée  de  14  ans,  Martin  du 
pont  aagé  de  six  ans,  Jeanne  aagée  de  quatre  ans,  Pierre  aagé  de  3  mois,  Leurs  bestiaux 
a  Cornes  5  et  une  brebis,  Leurs  terres  en  Labour  six  arpans. 

Laboureur — Claude  Terriau  aagé  de  34  ans,  sa  femme  Marie  Gautrot  aagée  de  24 
ans,  Leurs  enfans  4.  Germain  aagé  de  9  ans  Marie  aagée  de  six  ans,  Maigueritte  aagée 
de  4  ans,  Jehan  aagé  de  un  an,  Leurs  bestiaux  a  Coi  nés  13  pièces  et  de  brebis  trois, 
Leurs  terres  en  Labour  six  arpans. 

Laboureur — Germain  Terriau,  âgé  de  25  anc,  sa  femme  Andrée  Brun  aagée  de  25 
ans,  Leurs  enfan  Germain  aagé  de  deux  ans,  Leurs  bestiaux  à  Cornes  5  pièces  et  deux 
brebis,  terres  Labourables  deux  arpans. 

Laboureur — Jehan  Terriau  aat;é  de  soixante  et  dix  ans,  sa  femme  Perrine  Bau 
aagée  de  soixante  ans.  Leurs  enfans  sept.  Ceux  qui  sont  mariez,  Claude  Terriau,  aagé 
de  34  ans,  Jehan  aa:é  de  32  ans,  Bonaventure  anj:é  de  30  ans,  Germain  25  ans,  Jeanne 
aagée  de  27  ans,  Catherine  aagée  de  vingt  et  un  ans,  Le  non  marié  Pierre  aagé  de  seize 
ans.     Leurs  bestiaux  a  cornes  six  et  une  brebis,  terres  Labourables  cinq  arpans. 


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doc.  de:  :  a  session  no  18 

Laboureur     Fbàîu  on   S<  tvoi  '■    •l'-1""' 

de  38  an'»,     Leurs  enfana,  neuf,    une  fille  de  mariée,  Frai  âgée  de  i 

maries,  Germain  aagé  de  17  an»,  M. m.  de    14   an  ,  Jeanne  •»«•■«•  «!'■  i  ; 

thei  ine  aagée  de  neuf  ans,  Françoi     B,   Barna  \n.ii---  ag.'-.-  <!••  ; 

Marie  aagee  d'un  an  ci   <l<mv,  besiiau\    a  «■unir     i  ,  .m.iM. 

arpane. 

Laboureur    -I  shàn  (  Iobforoi  q      ■  femme  I 

18  ans.  Leurs  enfana  une  fille  de  nii  semaine    -i"1  " ;i  i 

sts  fonds,  béates  a  cornes,  une  vache  et  une  brebis,  point  de  terre  labourable. 

Laboureur     Pibbee  Mabtin  aagé  de  soixante  et    di>  >    f«-mun-  i 

Vigneau  aagée  de  soixante  et   buict    ans,   Leui    enfana  cinq,  qua  a,   '  n 

garson  et  broia  filles,  Pierre  aagé  de  46  ans,   Marie  aagee  de  35  ao     Sri 
de  39  ans,  Andrée  aagée  de  30,  an*,   Le  non  marié  Mathieu  aag<    de  35  ai 
bestiaux  a  Cornes  7  pièces,  huicl  brebis,  terres  Labourables  deus  arp 

Laboureur     François  Pèlerin  aagé  de  *15  ans,  sa  femme  Andrée  Martin 
trente  ans,  Leurs  enfana  3,  Huguette  aagéede  Sans,  Marie  aagée  de  2  ans  et  une  | 
fille  aagée  de  2  jours  non  nommée.     Leurs  bestiaux  une  brebis,  terre  labourable  un 
arpan. 

Laboureur     Pibbbe  Morin  aagé  de  37  ans,  sa  femme  Marie  aagée   de    35  an 
Leurs  enfans  cinq,  3  garsona  et  2  filles,  Pierre  aagé  <le  neuf  ans,  Louj  ris, 

Anthoine  aagé  de  cinq  ans,  Marie  aagée  de  3   ans,   Anm  de  dix  mois,  Leui 

tiaux  a  cornes  3  et  4  brebis,  terre  en  Labour  un  arpan. 

—   Texier —  Mathieu    Martin  garson  demeurant  en  son   particulier,   nagé  de  35  au-, 
ses  bestes  a  Cornes  quattre  et  trois  brebis. 

Laboureur — Vincent  Brun  aagé  de  soixante  ans,  sa  femme  Renée  brode  aagée  de 
55  ans.  Leurs  enfans  5  tant  mariez  que  non  mariez,  3  de  mariez.  Magdeleine  Brun  aagée 
de  25  ans,  Andrée  aagée  de  24  ans,  Françoise  aagée  de  18  ans,  Les  non  mariez  Bastien 
aagé  de  15  ans,  Marie  aagée  de  12  ans,  Leurs  bestes  a  cornes  dix  pièces  et  quattre 
brebis,  terres  Labourables  cinq  arpans. 

Laboureur — François  Gautrot  aagé  de  58  ans,   sa  femme  P^dmée  Le  Jeune  aagée 
de  47  ans,  Leurs  enfans   onxe,  quatre  de    marié,  dqnt  sensuivent  Les  noms,  Marie  aagée 
de  35  ans,   Charles  aagé  de   34   ans,    Marie  aagée  de   24  ans,   Renée  âgée  de    19  a 
Margueritte  aagée  de  16  ans,  Les  non   mariés,   Jehan  aagé  de  23  ans,  François  aagé  de 

19  ans,  Claude  aagé  de  12  ans,  Charles  aagé  de  10  ans,  Jeanne  aagée  de  7  ans,  Ger- 
main aagé  de  3  ans,  Leurs  bestes  a  cornes.  16  et  six  brebis,  Leurs  terre  en  Labour  six 
arpans. 

Mareschal — Guilleaume  Trahan  aagé  de  soixante  ans  ou  environ  sa  femme  Mag- 
deleine Brun  a*gée  de  25  ans,  Leurs  enfans  trois.  Guilleaume  Traham  aagé  de  quatre 
ans,  Jehan  Charles  aagé  de  trois  ans,  Alexandre  aagé  d'un  an,  Leurs  bestiaux  a  cornes 
huict  et  dix  brebis,  Leurs  terre  en  labour  cinq  arpans. 

Armurier — Pierre  Sire  aagé  de  27  ans,  sa  femme  Marie  Bourgeois  aagée  de  18 
ans,  Leur  enfans  un  garson  nommé  Jehan  3  mois,  Leurs  bestiaux  a  cornes  onxe  pièces 
et  six  brebis,  point  de  terre  en  Labour. 

Laboureur — Pierre  Thibeaudeau  aagé  de  quarante  ans,  sa  femme  Jeanne  Terriau 
aagée  de  27  ans,  Leurs  enfans  six,  Marie  aagée  de  dix  ans,  Marie,  âgée  de  huit  à  neuf 
ans,  Marie  aagée  de  sept  an^,  Anne  Marie  six  ans,  Catherine  quattre  ans,  Pierre  aagé 
d'un  an,  Leurs  bestiaux  a  cornes  douxe  et  onxe  brebis.  Leurs  terres  labourables  sept 
arpans. 

Laboureur — Claude  Petitpas  aagé  de  quarante  cinq  ans,  sa  femme  Catherine 
Bagard  aagée  de  trente  trois  an^,  Leurs  enfans  sept,  Bernard  aagé  de  12  ans,  Margue- 
ritte aagée  de  dix  ans,  Claude  aagé  de  8  ans,  Jehan  aagé  de  7  ans,  Jacque  aagé  de  5  ans. 
Marie  aagée  de  deux  ans  et  demy,  Elizabet  aagée  de  un  an.  Leurs  bestiaux  a  cornes 
Vin  g  six  et  onxe  brebis,  Leurs  terre  en  Labour  trente  arpans. 

Laboureur—  Bernard  Bour  aagé  de  23  ans,  sa  femme  Françoise  Brun  19  ans,  un 
enfan  qui  sapelle  Marie.  Leurs  bestes  a  cornes  six,  et  deux  brebis — aucune  terre  en 
Labour. 

18—361 


60  ARVIin  E8  CANAI'II.  Y  S I > 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

-  Laboureur — Bonaventurk  Terkiau  aagé  de  27  ans,  sa  femme  Jeanne  Boudrot 
aagée  de  26  ans,  Leur  enfans  une  fille,  Marie  quattre  ans,  Leurs  bestes  a  cornes  six 
pièces  et  six  brebis,  Leur  terres  en  Labour  deux  arpans. 

Laboureur — Michel  Boudrot  aagé  de  soixante  et  onze  ans,  sa  femme  Michelle 
Aucoin  aagée  de  cinquante  et  trois  ans.  Leurs  enfans,  onxe,  trois  de  mariés,  Françoise 
aagée  de  29  ans,  Jeanne  aagée  de  26  ans,  Margueritte  aagée  de  20  ans,  Les  non  mariez 
Charles  aagé  de  22  ans,  Marie  aagée  de  18  ans,  Jehan  aagé  de  16  ans,  Habrahan  aagé 
de  14  ans,  Michel  aagé  de  12  ans,  Olivier  aagé  de  dix  ans,  Claude  aagé  de  8  ans,  Fran- 
çois aagé  de  5  ans,  Leurs  bestes  a  cornes  vingt  et  douxe  brebis,  Leurs  terres  Labou- 
rables huict  arpans. 

Laboureur — Pierre  Guilbault  aagé  de  32  ans,  sa  femme  Catherine  Terriau  aagée 
de  20  ans,  une  fille,  Margueritte  Guilbault  aagée  de  deux  ans,  Leurs  bestiaux  a  cornes 
six  pièces  et  cinq  brebis,  Leurs  terres  en  Labour  15  arpans. 

Laboureur — Jehan  Labatte  aagé  de  33  ans,  sa  femme  Renée  Gautrot  aagée  de  19 
ans,  point  d'enfant,  Leurs  bestiaux  a  cornes  26  pièces  et  15  brebis,  Leurs  terre  en 
Labour  15  arpans. 

Laboureur — Martin  Blanchard  aagé  de  24  ans,  sa  femme  Françoise  Leblanc 
aagée  de  18  ans,  point  d 'enfans,  Leurs  bestes  a  cornes  5  pièces  et  deux  brebis,  Leurs  terre 
en  Labour  15  arpans. 

Laboureur — Jehan  Bour  aagé  de  25  ans,  sa  femme  Margueritte  Martin  aagée  de  27 
ans,  Leurs  enfans  deux,  Anne  aagée  de  3  ans,  Margueritte  aagée  d'un  an  et  deux  mois, 
Leurs  bestes  a  cornes  trois  et  cinq  brebis,  terre  en  labour  15  arpans. 

Laboureur — Anthoine  Bourc  aagé  de  soixante  et  deux  ans,  sa  femme  Anthoinette 
Landry  aagée  de  cinquante  trois  ans,  Leurs  enfans,  onxe,  quattre  de  mariez  dont  sen 
suivent  les  noms,  Marie  aagée  de  26  ans,  François  aagé  de  27  ans,  Jehan  aagé  de  24  ans, 
Bernard  aagé  de  22  ans,  Les  non  mariez,  Martin  aagé  de  21  ans,  Jeanne  âgée  de  18  ans, 
Renée  aagée  de  16  ans,  huguette  aagée  de  14  ans,  Jeanne  12  ans,  habrahan  aagé  de  9 
ans,  Margueritte  4  ans.  Leurs  bestes  a  Cornes  douxe  et  huict  brebis,  Leurs  terres  La- 
bourables quattre  arpans. 

Matelot — Laurent  Grange  aagé  de  34  ans  sa  femme  Marie  Landry  aagée  de  24 
ans,  Leurs  enfans,  deux,  Margueritte  aagée  de  3  ans,  Pierre  aagée  de  neuf  mois,  Leurs 
bestes  a  cornes  cinq  et  six  brebis,  Leurs  terres  Labourables  quattre  arpans. 

Perrinne  Landry  aagée  de  soixante  ans  Veufve  de  deffunt  Jacques  Joffriau,  Elle 
na  aucun  enfans. 

Maçon — Pierre  Doucet  aagé  de  cinquante  ans  sa  femme  henriette  Peltret,  aagée 
de  trente  et  un  ans,  Leurs  enfans,  cinq,  Anne  âgée  de  10  ans,  Toussainct  8  ans,  Jehan 
aagé  de  six,  Pierre  aagé  de  4  ans,  une  aultre  fille  non  nommée  aagée  de  trois  mois,  Leurs 
bestiaux  à  cornes  7  et  six  brebis,  Leurs  terre  Labourable  quattre  arpans. 

Laboureur — François  Bour  aagé  de  28  ans,  sa  femme  Margueritte  Boudrot  aagée 
de  23  ans,  Leurs  enfans,  deux,  Michel  aagé  de  5  ans  et  demy,  Marie  aagée  de  trois  ans, 
Leurs  bestiaux  a  cornes,  15,  et  cinq  brebis,  Leurs  terres  en  Labour  cinq  arpans  et  demy. 

Marie  Salé  veufve  de  deffunt  Jehan  Claude  aagée  de  soixante  et  un  an. 

Laboureur — Germain  Doucet  aagé  de  trente  ans,  sa  femme  Marie  Landry  aagée 
de  24  ans,  Leurs  enfans,  trois,  Charles  aagé  de  six  ans,  Bernard  aagé  de  quattre  ans, 
Laurent  aagé  de  trois  ans,  Leurs  Bestiaux  a  Cornes  onxe  et  sept  brebis,  Leurs  terres 
en  Labour  trois  arpans. 

Laboureur — François  Girouard  aagé  de  cinquante  ans,  sa  femme  Jeanne  Aucoin 
aagée  de  quarante  ans,  Leurs  enfans  cinq,  trois  de  mariez,  Jacob  aagé  de  23  ans,  Marie 
aagée  de  20  ans,  Marie  Magdeleine  aagée  de  17  ans,  Les  non  mariez  Germain  aagé  de 
quatorze  ans,  Anne  aagée  donxe  ans,  Leurs  bestiaux  a  cornes  16  six  pièces  de  brebis, 
Leurs  terres  en  Labour  huict  arpans. 

Tonnelier—  Jacque  Belou  aagé  de  30  ans,  sa  femme  Marie  Girouard  aagée  de  20 
ans,  un  enfans,  nommée  Marie  aagée  de  huict  mois,  Leurs  bestes  a  Cornes  7  pièces  et 
une  brebis,  point  de  terre. 

Laboureur — Jacob  Girouard  aagé  de  23  ans,  sa  femme  Margueritte  Gautrot 
aagée  de  17  ans,  Leur  enfan  un  garson  nomimé  Alexandre,  Leurs  bestes  a  Cornes 
sept  pièces  et  trois  brebis,  point  de  terres. 


A 


QBNBALOQIB  m. s  10ÂDIËNB    iVEi    DOOl  \i  i  a  61 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Laboureur—  Pibbbi  Vivqmvi  sage  de  quarante  m  tmm<    I   m  (  taudet  aagée 

•  le  :'7  ans,  Leurs  enfant  quattre,  Huguette  aagée  de  7  uns,  Thomas  aagé  di  iii 
Michel  aagé  de  3  ans,  Pierre  aagé  de  deus  ao  ,  Leur    bestiaui   koornes  I 
brebis,     Leurs  terres  eo  Labour  16  arpan 

—  Laboureur   -Piibbi  Martin  Le  Jeune  aagé  de    i(»  an       >   femme   A.  nue  Ou< 
orouest  aagée  de  '.}.~i  ans.     Leurs  enfans,  quattro,  Pierre  le  lo  au  .  I!en<  ■!<•  - 

ans,  A  ml  if  aagé  de  6  ans,  Jaoque  deux  anse!  demy,  Leurs  la* 
six  brebis,  Leurs  terres  en  Labour  8  arpana 

Laboureur     Vinobnt  Brot  aagé  de  quarante  ans,  sa  femme  Marie  Boui 

(*>  ans,   Leurs  enfans  quatre,    Marie  aagée  de  neuf  ans,   Ant  hoirie  aagé  de  •'ans,  Mai 

ritte  aagée  de  trois  ans,  Pierre  aagé  duu  an,  Leur   bestiaux  a  Cornes  neuf,  ei  iep(  brebi  , 
Leurs  terres  en  Labour  quattre  arpans. 

Laboureur     Daniel    Leblanc  aagé  de  quarante  oinq   ans,  «.;i  femme   Franc 

(îaudet     aagée    de    quarante    huiei    ans,     Leurs  enfans  Sept,   une  fille  de  mariée  t'ian- 

Leblanc,  aagée  de  18  ans,  Les  non  mariez,  Jacques   Leblanc,  âgé  de  20  ans,    Estienne 
aagé  de  15  ans,  Kené  aagé  de  11  ans,  André  aagé  de  12  ans,  Anthoine  aagé  de  neuf  aa 

Pierre  aagé  de  7  ans,  Leurs  bestiaux  a  Cornes   18  et  de  brebis  26,  Leurs  terres  en  Labour 
10  arpans  en  deux  plaOOa 

Laboureur  -Michel  Poibib  garson,*  fils  de  deffunt  Jehan  Poirié,  aagé  de  20  ans, 
ses  bestiaux  a  cornes  deux,  point  de  brebis  ny  de  terres. 

BARBE  Baiolet  veufve  de  deffunt  Savinien  de  Courpon  aagée  de  soixante  et  trois 
ans,  ses  enfans  huict,  deux  en  ce  pays  et  six  tant  en  France  qu'alieurs,  Les  deux  qui 
sont  icy  sont  mariez  a  scavoir  deux  filles,  Marie  Peselet  aagée  de  26  ans,  Mariane  Le 
Febvre  aagée  de  21  ans,  ses  bestiaux  a  cornes,  une  vache  et  cinq  brebis,  point  de  terres. 

Laboureur — Anthoine  Gouqeon  aagé  de  45  ans,  sa  femme  Jeanne  Chebrat  âgée  de 
45  ans,  un  enfan  Huguette  Gougeon  aagée  de  14  ans,  Leurs  bestiaux  a  cornes  20  pièces 
et  17  brebis  Leurs  terres  Labourables  et  en  Labour  10  arpans. 

Tonnelier — Pierre  Commeaux  aagé  de  soixante  et  quinze  ans  sa  femme  Rose 
Bayou  aagée  de  quarante  ans,  Leurs  enfans  neuf,  un  de  marié,  Estienne  Commeau 
aagé  de  21  ans,  les  non  mariez,  Pierre  Commeau  aagée  de  18  ans,  Françoise  aagée  de  15 
ans,  Jehan  aagé  de  14  ans,  Pierre  aagé  de  13  ans,  Anthoine  aagé  de  10  ans,  Jeanne  aagée 
de  9  ans,  Marie  aagée  de  7  ans,  Jehan  six  ans,  Leurs  bestes  a  cornes,  16  pièces  et  22 
brebis,  Leurs  terres  Labourables  six  arpans 

Tailliandier — Jehan  Pitre  aagé  de  35  ans,  sa  femme  Marie  Peselet  aagée  de  26  ans, 
Leurs  enfans  trois,  Marie  aagée  de  5  ans,  Catherine  aagée  de  trois  ans,  Claude  aagé  de 
neuf  mois,  Leurs  bestes  a  Cornes,  une  vache,  point  de  brebis  ny  de  terres  Labourables. 

Laboureur — Estienne  Commeaux  aagé  de  21  ans,  sa  femme  Marie  Anne  Lefebvre, 
aagée  de  21  ans,  un  enfant,  qui  est  une  fille  aagée  de  trois  semaines  nommée  Catherinne, 
Leurs  bestiaux  a  Cornes  sept  et  sept  brebis  point  de  terres  Labourables. 

Laboureur — Charles  Bourgeois  aagé  de  25  ans,  sa  femme  Anne  du  Gast,  aagée  de 
17  ans,  Leur  enfans,  une  fille  Marie  aagée  de  un  an  et  demy,  Leurs  bestiaux  a  cornes  12 
pièces  et  sept  brebis,  Leurs  terres  Labourables  et  en  Labour  2  arpans. 

Laboureur — Barnabe  Martin  aagé  de  35  ans,  sa  femme  Jeanne  Pelletret,  aagée  de 
27  ans,  Leurs  enfans  deux,  Marie  aagée  de  4  ans,  René  aagé  de  huict  mois,  Leurs 
bestiaux  a  cornes  trois  et  deux  brebis,  Leurs  terres  Labourable  et  en  Valeur  deux 
arpans  et  demy. 

Charpantié — Clément  Bertrant  aagé  de  50  ans,  sa  femme  huquette  Lambelot  aagée 
de  48  ans,  point  denfans,  Leurs  bestiaux  a  Cornes  10  et  six  brebis,Leurs  terres  Labourables 
six  arpans. 

Laboureur — Anthoine  Belliveau  aagé  de  50  ans,  sa  femme  Andrée  Guion  aagée 
de  56  ans,  Leurs  enfans  deux,  Jehan  aagé  de  19  ans,  Magdeleine  aagée  de  17  ans,  Leurs 
bestiaux  a  cornes  onxe,  et  huict  brebis,  point  de  terre. 

Laboureur — René  Landry  Lesnés,  aagé  de  53  ans,  sa  femme  Perrinne  Bourc, 
aagée  de  45  ans,  Leurs  enfans  7,  quattre  de  mariez,  a  scavoir  henriette  Pelletret  aagée 
de  30  ans,  Jeanne  aagée  de  28  ans,  Marie  aagée  de  25  ans,  Marie  aagée  de  23  ans,  Les 
non  Mariez,  Magdeleine  aagée  de  15  ans,  Pierre  aagé  de  13  ans,  Claude  aagé  de  8  ans, 
Leurs  besHaux  a  Cornes  10  et  6  brebis,  Leurs  terres  en  Labour  12  arpans  en  deux  places. 


62  VRCEn  EB  (   I  S  IDIBX  VEB 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Ch  irpantié—  »Thom a>  Cobmib  aagé  de  35  ans,  sa  femme  Magdelaine  Girouard  aagée 
17  ans,  une  fille  aagée  <1<-  -ans,  Leurs  bestiaux  a  Cornes  sept  pièces  e<  s^pt  brebis, 
Leurs  terres  en  Labour  six  arpans. 

Lzboureur — HesÉ  RiMBAULT  aagé  de  55  ans,  sa  femme  Anne  Marie  aagée  de  40 
ans,  Leurs  enfans  5,  Philipe  aagé  de  16  ans,  François  15  ans,  Jeanne  aagée  de  11  ans, 
Marie  aagée  de  10  ans,  Françoise  aagée  de  5  ans,  Leurs  bestiaux  a  cornes  12  et  9  brebis, 
Leurs  terres  en  Labour  12  arpans. 

Armurier — HabràHAN  DuGAST  aagé  de  55  ans,  sa  femme  Marie  Judith  [sic  pour 
Marguerite]  Doucet  aagée  de  46  ans,  Leurs  enfans  8,  deux  de  mariez,  Marie  aagée  de 
23  ans,  Anne  aagée  de  17  ans,  Les  non  mariez,  Claude  aagé  de  19  ans,  Martin  15, 
Margueritte  14  ans,  habrahan  10  ans,  Magdeleine  7,  Marie  6,  Leurs  bestiaux  a  cornes 
19  et  3  brebis  Leurs  terres  Labourables  16  arpans. 

Laboureur — Michel  Richard,  aagé  de  41  ans  sa  femme  Magdeleine  Blanchard 
aagée  de  28  ans,  Leurs  enfans  7,  René  aagé  de  14  ans,  Pierre  10  ans,  Catherinne  8, 
Martin  6,  Alexandre  3,  deux  besonne  Anne  et  Magdeleine  aagée  de  cinq  semaines,  Leurs 
bestes  a  Cornes  15  et  14  brebis,  Leurs  terres  Labourables  et  en  valeur  en  deux  places  1  4 
arpans. 

Laboureur — Charle  Melanson  aagé  28  ans,  sa  femme  Marie  Dugast  aagée  de  23, 
Leurs  enfans,  4,  Marie  âgée  de  7  ans,  Margueritte  5,  Anne  3,  Cecille  6  mois,  L°urs 
bestiaux  a  Cornes  40  et  6  brebis  Leurs  terres  Labourables  20  arpans. 

Tailleur — Pierre  Melanson  a  refusé  de  donner  son  aage  et  Le  nombre  de  ses  bes- 
tiaux et  terres  et  sa  femme  ma  respondu  si  jestois  si  fous  de  courir  les  Rues  pour  des 
choses  de  m  es  me. 

Laboureur — Estienne  Robichaut  ne  ma  pas  voulut  voir  II  a  sorty  de  chez  Luyet 
a  dit  a  sa  femme  quel  me  dit  quil  ne  me  vouloit  point  donner  Le  Conte  de  ses  bestiaux 
et  terres. 

Tonnelier — Pierre  LaNoue  ma  f  lit  response  Lorsque  que  je  Luy  ay  demandé  son 
aage  quil  se  portoit  bien  et  qu'il  ne  Le  vouloit  pas  donner. 

Yostre  plus  obligé  serviteur 

p.  Laurent  Molins  religieux  Cordelier. 

DE    LABITTATION    DE    POBOMCOU    PRES    LES    ILLES    DE   TOUSQUET. 

filhipe  mieux  ecuier  sieur  de  LENDREMONT  âge  de  62  ans,  Madellene  Ellie  sa  famme 
âge  de  45  ans  leur  fille  enne  [aînée]  Marguerite  mariée  aavec  Pierre  Melanson,  son  fis 
enne  âgé  de  dix  seit  ans,  le  puyne  Abrahan  âge  de  13  ans,  le  cadet  Filhipe  âge  de  11 
ans  une  fille  la  cadette  de  tous  Madeleine  âge  de  2  ans,  leur  teire  en  labour  six  arpans 
leur  bestiaux  à  corne  26  des  brebis  29  des  chèvres  12  des  cochons  20. 


DE    LABITTATION    DU    CAP    NEIGRE. 

Amand  Lalloue  ecuyer  sieur  derivedu  âge  de  58  ans  Ellisabet  Nicollas  sa  ffame 
âge  de  40  ans  son  fis  enne  iage  [Jacques  ?]  âge  de  24  ans  le  second  Ammant  Lalloue  âge 
de  1 1  ans  le  cadet  Amand  âge  de  1 2  ans,  leur  filles  Janne  âge  20  ans  lauttres  Ellisabet 
âge  de  12  ans  leur  teire  en  labeur  2  arpans  bestiaux  des  chèvre  20  des  cochons  29. 

Guillaume  Poulet  sa  famme  son  enfant  un  arpant  défriche  des  cochons  demy 
douzene  abitte  dem  la  rivière  au  rocheloy. 

Total  des  hommes,  femmes,  et  enfans,  de  la  Coste  de  l'Acadie  392. 

Total  des  bestes  a  corne  482. 

Total  des  brebis  524. 


DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

APPENDICE  B 

3   dur  du  Conseil  tenue  ohei  le  gouverneur,  à  Halifax,  le  lundi,  i  llet  I  <  ' 

/'/ 

LE    L1I  i   i  i  \  w  i  001  \  ERNEl  i;. 

Benj.  1 1 m 

.1  do,  (  rollier 

Willm.  Cotterell  ■  <  bnseillers. 

Jno,  Roua 

.1  m».  Beloher 
L'honorable  vice-amiral  Boscawen  el  le  contre  amiral  Mostyn  étaient  aus  il 
Le  lieutenant  gouverneur  t'a  i  t  pari  au  Conseil  «le  l'arrivée  des  délègues  de  risiquid, 
Sdenis  (Mines)  et  de  la  rivière  aux  Canards,  qui  ont  présenté  les  mémoire!  ci-après 

|  Les  deux  mémoires  qui  suivent  sont  tirés  (Tune  copie  qui  se  trouve  aux  Archith 
Dominion.     Celle-ci  a  été  faite  au  Colonial  Record,  sur  nue  r<>j>ir  d<s  ornj'num  •-.     ( 
\nblent  avoir  été  détruits  et  c'est  pour  cette  raison  que  les  noms  des  signataires  font 

>nt.] 

A  l'honorable  Charles  Lawrence,  Président  du  Conseil  du  Roy,  Commandant  en 
chef  de  la  Nouvelle-Ecosse,  Lieutenant-Gouverneur  d'Annapolis  Royal,  Lieutenant 
Colonel  d'un  Régiment  d'Infanterie. 

MONSIEUR, — Les  Habitans  de  nos  départements  ayant  été  informé  par  Monsieur 
Murray,  Commandant  le  Fort  Edward  a  Pisiquit  que  nous  les  Habitans  de  nos  Dépar- 
tements ayant  à  faire  paroître  quelques  homme  devant  Monsieur  le  Gouverneur  à 
Halifax  pour  répondre  à  la  demande  à  nous  faite  en  vertus  d'un  serment  que  l'on  nous 
assure  que  son  honneur  exige  de  nous,  les  Habitans  de  nos  Départements,  en  général 
prenne  la  liberté  de  Représenté  qu'après  avoir  pretté  Serment  de  fidélité  a  Sa  Majesté 
Britannique  avec  toutes  les  Circonstances  et  les  [sic  pour  la]  Reserve  sur  vente  (a)  à 
nous  accordés  au  nom  du  Roy  par  Monsieur  Richard  Phillips,  Commandant  en  chef  dans 
la  ditte  Province  à  laquel  le  nous  avons  observé  notre  fidélité  d'autant  plus  qu'il  nous  a  été 
possible  depuis  un  nombre  d'années  en  jouissant  paisiblement  de  nos  droits  suivant  la 
Teneur  de  notre  serment  en  toute  sa  Teneur,  et  réserve,  et  nous  ayant  toujours  appuie  sur 
notre  Serment  de  fidélité  tant  pour  sa  Teneur  que  pour  l'observation,  et  nous  sommes  resous 
tous  de  bon  consentement  et  de  voy  de  ne  prendre  aucun  autre  Serment.  Nous  avons 
prêtés  le  Serment  de  fidélité  de  bonne  foy,  nous  sommes  très  contemps  et  satisfais,  nous 
espérons,  Monsieur,  que  vous  au  ré  la  bonté  d'écouté  nos  Justes  Raisons,  et  en  consé 
quence  supplie  tous  d'une  voy  unanime  son  honneur  d'avoir  la  bonté  de  délivré  nos 
Gens  qui  sont  tenu  a  Halifax  depuis  quelque  Temps,  en  ne  pouvant  même  scavoir  leur 
situation  qui  nous  paroit  déplorable,  nous  avons  toute  confiance,  Monsieur  que  son  hon- 
neur aura  [la]  bontés  pour  nous  de  nous  accordé  les  grâces  que  nous  avons  l'honneur  de 
vous  demander  très  humblement,  et  nous  prieront  pour  la  conservation  de  son  honneur. 
Pisiquit,  22  juillet  1755. 

(Signé  par  103  des  susdits  habitants  de  Pisiquid). 

De  la  part  des  Habitans  des  Mines,  et  la  Rivière  aux  Canards  et  des  lieux  qui  en 
dépendent. 

A  Son  Excellence  Charles  Lawrence,  Ecuyer,  gouverneur  generalle  et  Commandant 
en  chef  la  Province  de  la  Nouvelle-Ecosse  ou  l'Acadie,  et  colonel  d'un  Régiment  au 
Service  de  Sa  Majesté  dans  la  ditte  Province. 

(a  )  Sic  pour  suhante.     Le  texte  de  cette  réserve  est  au  bas  de  la  page  81  (note  b.) 


64  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

D'autant  qu'il  s'est  répandue  un  Bruit  parmis  nous  les  Habitans  françois  de  cette 
Province,  que  son  Excellence  le  gouverneui  exige  de  nous  un  serment  d'obéissance  con- 
forme en  quelque  façon  à  celuy  des  Sujets  Naturels  de  Sa  Majesté  le  Roy  Georges 
Second,  et  qu'en  conséquence  nous  avons  une  certitude  Moralle  que  plusieurs  de  nos 
Habitans  sont  retenue  et  gênée  à  Halifax  pour  ce  sujet. 

Si  les  Intentions  de  son  Excellence  sont  celle  qu'icy  dessus  envers  nous,  nous  pre- 
nons la  liberté  de  représenté  à  Son  Excellence  tous  en  généralle  et  au  nom  de  tous  les 
Habitans,  que  nous  et  nos  Perres  ayant  pris  pour  eux  et  pour  nous  un  serment  de  fidélité 
qui  nous  a  été  approuvé  plusieurs  fois  au  nom  du  Roy,  et  sous  les  privilèges  duquel  nous 
avons  demeuré  fidèlle  et  soumis  et  protégé  par  Sa  Majesté  le  Roy  Britannique  suivant 
les  Lettres  et  Proclamation  de  son  Excellence  Monseigneur  le  Gouverneur  Shirley,  en 
datte  du  16  septembre  1746,  et  du  21  octobre  1747,  nous  ne  commettrons  jamais 
l'inconstance  de  prendre  un  Serment  qui  change  tant  soit  peut  les  Conditions  et  les 
privilèges  dans  lesquels  nos  Souvereins  et  nos  Perres  nous  ont  placé  par  le  passé. 

Et  comme  nous  pençons  bien  que  le  Roy,  notre  Maître,  n'aimes  et  ne  protège  que 
des  sujets  constents,  fidèlle  et  franc,  et  que  ce  n'est  qu'en  vertu  de  sa  bonté  et  de  la  fidélité 
que  nous  avons  gardé  envers  Sa  Majesté  qu'elle  nous  a  accordé  et  continue  l'entière 
possession  de  nos  biens,  et  l'exercice  libre  et  public  de  la  Religion  Romaine. 

Ainsi  nous  voulons  continué  dans  tous  ce  qui  sera  dans  notre  pouvoir  à  être  fidèlle 
et  soumis  ainsi  qn'il  nous  a  été  accordé  par  Son  Excellence  Monseigneur  Richard 
Phillips. 

La  Charité  pour  nos  Habitans  détenus  et  l'innocence  que  nous  croyons  en  eux  nous 
oblige  à  supplier  très  humblement  Son  Excellence  à  se  laisser  touché  de  leurs  misères  et 
leurs  donner  la  liberté  que  nous  demandons  pour  eux  avec  toute  la  soumission  possible 
et  le  Respect  le  plus  profond. 

(Signé  par  203  habitans  des  Mines  et  de  la  Rivière-aux-Canards.) 

Les  dits  délégués  sont  ensuite  introduits.  Ils  refusèrent  péremptoirement  de  prêter 
le  serment  d'allégeance  à  Sa  Majesté. 

Les  délégués  d'Annapolis  se  présentèrent  aussi  et  refusèrent  de  prêter  le  serment. 

Sur  ce  refus,  ils  furent  tous  jetés  en  prison. 

Comme  il  avait  été  décidé  antécédemment  d'expulser  les  habitants  français  de  la 
province  s'ils  refusaient  de  prêter  le  serment,  il  n'y  avait  plus  par  conséquent  qu'à 
prendre  les  mesures  nécessaires  pour  opérer  leur  expulsion  et  à  décider  à  quels  endroits 
les  déporter. 

Après  mûre  délibération,  il  fut  convenu  à  l'unanimité  que  pour  prévenir  le  retour 
des  habitants  français  dans  la  province  et  les  empêcher  de  molester  les  colons  qui  pour- 
raient s'être  établis  sur  leurs  terres,  il  était  urgent  de  les  disperser  dans  les  diverses 
colonies  sur  le  continent  et  de  noliser  immédiatement  un  nombre  de  vaisseaux  pour  les 
y  transportés. 

CHAS.  LAWRENCE. 
J.  N.  Duport, 

Secrétaire  du  Conseil  (a). 

Extraits  d'une  lettre  du  gouverneur  Lawrence  au  colonel  Robert  Monckton. 

Halifax,  31  juillet  1755. 

Sur  quoi  le  Conseil  fut  d'avis  et  il  est  en  conséquence  décidé  de  transporter  les 
habitants  français  de  la  province  hors  du  pays  aussitôt  que  possible,  et  de  commencer  par 
ceux  des  environs  de  l'isthme  qui  ont  pris  les  armes  (b)  et  qui  pour  cette  raison  ne  méritent 

(a)  Ces  minutes  d'une  séance  du  Conseil  tenue  à  Halifax  le  28  juillet  1755,  à  laquelle  fut  définitive- 
ment décidée  la  déportation  des  Acadiens,  sont  indiquées  comme  suit  au  verso  :  "  Nouvelle- Ecosse.  Minu- 
"  tes  du  Conseil  de  Sa  Majesté  à  Halifax,  du  28  juillet  au  7  octobre  1755  ;  reçues  avec  la  lettre  du  lieute- 
"  nant-gouverneur  Lawrence,  du  18  octobre  1755  ;  lues  le  20  novembre  1755." 

Comme  la  déportation  a  eu  lieu  aux  mois  d'octobre  et  novembre,  il  semble  que  le  Conseil  du  commerce 
et  des  colonies,  qui  représentait  le  gouvernement  de  la  métropole,  en  fut  informé  trop  tard  pour  l'empêcher. 

(6)  "  Termes  de  la  capitulation  que  sont  accordés  au  Commandant  et  garnison  de  Beauséjour,  16 
juin  1755." 

"  4e.  Pour  les  Acadiens,  comme  ils  ont  été  forcés  de  prendre  les  armes  sur  peine  de  la  vie,  ils  seront 
pardonnes  pour  le  party  qu'ils  viennent  de  prendre." 


DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

iiuiMiim  faveur.     Pour  mettro  ce  |»r«>j»^t  à  exécution,  «le,  .mire,    .,1,1  donn<  en 

toute  diligence  un  nombre  suffisant  de  vm  1  la  Baie  pour  emberquei  la  population 

VOUI  rnrviv/  «mi  ini'iiic  temps     1rs     inst  niellons    relatives    aux     moyen       |     prendre  I'' 

exéouter  oette  tâche,  aux  endroitt  où  la  déportes  devront  êtw  env(  atout  oequi 

pourra  vous  cire  nécessaire  en  OOttfl  00CU1  i  l'iinv 

.Min  de  les  empéoher  de  l'enfuir  avec  leurs  !><•  tiaux,  il  faudra  avoir  grain  |ue 

ee  projet    ne  lrans|.ire  pal  .   et   le  moyen   le  plut  sur    pOUI  œil   D M 

quelque  stratagème  qui  fera  tomber  lee  hommes,  jeunei  ••'  vies  toui   le    ohefi  de 

Camille)  en  votre  pouvoir.     Vous  lea  détiendres  ensuite  jo  qu'A  l'ai 

afin  quili  soient,  prêts  pour  l'embarquement.     [Jne  foii  l<-s  homme    d<  tenu     U  d 

à  craindre  que  les  femmes  et    les  enfant      ne    l'enfuient    SVOC  Toutefol       il 

serait  très  prudent,  pour  prévenir  leur  fuite,  non  seulement   de  vous  emparer  de  leun 

chaloupes,  de  leurs  l>ateaux,  de  leUIS  canots  et  de  tous  les  autre-  vais-eaux  qoi  ,in 

beront  sous  la  main,  mais  en  môme  temps  de  oharger  des  détachementi  de  nirveiller 

Villages  et  les  routes.      Tous  leurs  bestiaux  et    leurs  céréales    «tant  OOnfisquél  au  prol'r 

la  couronne,  par  suite  de  leur  rébellion,  et  (levant  être  appliqués  au  remboursemenl 
dépenses  que  le  gouvernement  devra  faire  pour  les  déporter  de  ce  pays,  il  faudra  que 

personne  n'en  fasse  l'acquisition  sous  aucun  prétexte.     Tout  marché  de   ce  genre 
de  nul  effet,  parce  que  (depuis  l'arrête  du  Conseil)  les  habitants  français  -ont  dépour 
de  leurs  titres  de  propriété  et  il  ne  leur  sera  permis  de   rien  emporter,   à  l'exception  de 
leurs  mobiliers  et  de  l'argent  qu'ils  possèdent  présentement. 

Les  commandants  du  fort  de  Peziquid  et  de  la  garnison  d'Annapolis  ont  reçu  à  peu 
près  les  mômes  ordres  à  l'égard  des  habitants  de  l'intérieur. 

Quant  aux  provisions  trouvées  dans  le  fort  de  Beauséjour,  les  832  barils  de  farine 
devront  servir  à  la  nourriture  des  habitants  français  pendant  leur  transport  aUx  en- 
droits où  ils  seront  envoyés  et  après  en  avoir  fait  une  distribution  suffisante  à  tous  les 
vaisseaux,  le  reste  sera  envoyé  aux  colons  de  Lunemburg. 

Il  est  entendu  que  chaque  navire  devra  être  approvisionné  d'une  livre  de  farine 
et  d'une  J  livre  de  pain  par  jour  avec  une  livre  de  bœuf  par  semaine  pour  chaque 
habitant  ;  vous  recevrez  le  bœuf  et  le  pain  par  les  transports  d'Halifax.  Quant  à  la 
farine  vous  en  avez  déjà  suffisamment.  ^ 

Extraits  d'une  autre  lettre  du  gouverneur  Lawrence  au  colonel  Monckton. 

Halifax,  8  août  1755. 
*  *  *  *  * 

Les  navires  destinés  au  transport  des  habitants  étant  sur  le  point  de  mettre  à  la 
voile,  arriveront  bientôt  chez  vous.  Ils  vous  apporteront  de  plus  amples  renseignements 
et  en  même  temps  des  instructions  particulières  au  sujet  de  la  déportation  des  habitants 
et  des  endroits  où  ils  doivent  être  transportés. 

J'espère  que  vous  avez  mis  en  pratique  les  instructions  que  je  vous  ai  transmises 
dans  ma  dernière  lettre.  Comme  il  sera  peut-être  très  difficile  de  s'emparer  des 
habitants,  vous  devrez  autant  que  possible,  détruire  tous  les  villages  des  côtés  nord 
et  nord-ouest  de  l'isthme,  situés  aux  environs  du  fort  Beauséjour  et  faire  tous 
les  efforts  possibles  pour  réduire  à  la  famine  ceux  qui  tenteraient  de  se  cacher  dans  les 
bois.  Il  faudra  prendre  grand  soin  de  sauver  les  animaux  et  la  récolte  sur  le  champ,  que 
vous  pourrez  faire  rentrer  sans  exposer  vos  hommes  au  danger  ;  vous  devrez  aussi 
autant  que  possible,  empêcher  les  Français  fugitifs  et  les  sauvages  d'enlever  ou  de 
détruire  les  bestiaux.  *  *  * 

Extraits  du  journal  de    Winslow. 

Ordres  du  jour  au  camp  du  fort  Cumberland,  (a)  2  août  1755. 

Mot  oV ordre  :    Coventry, 

Un  détachement  composé  d'un  capitaine,  de  deux  lieutenants,  de  deux  enseignes,  de 

quat:  e  sergents,  de  quatre  caporaux,  de  2  tambours  et  de   120  soldats,   devra   être  prêt 

à  marcher  lundi  matin  [4  août]  au  petit  jour,  avec  le  reste    des    vivres    de    la    semaine 

(a)  Le  fort  Cumberland  est  le  nom  qui  fut  donné  au  fort  Beauséjour  sur  l'isthme  de  Chignictou  après 
sa  reddition  au  colonel  Monkton,  le  16  juin  1755.  Le  camp  Cumberland  était  situé  à  la  Butte-à-Mirande 
près  du  fort. 


66  AROSn  ES  CANADIEN  S  i  S 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

idente.  A.prèi  son  départ,  ce  détachement  recevra  d'autres  vivres;  quelques 
hommes  qui  font  partie  de  ce  détachement  devront  aller  les  chercher  à  l'anse,  demain  à 
une  heurt-.  Le  capitaine  [Willard]  et  le  lieutenant  Malcohn  auront  charge  de  ce  déta- 
chement  et  le  capitaine  Lewis  avec  les  "Rangers"  devra  être  prêt  à  marcher  en  même 
temps  :  cea  derniers  recevront  des  vivres  demain,  à  deux  heures. 

T.  MONCRE1FFE. 
Au  lieutenant  colonel  Winslow,  officier  commandant  au  camp. 

Camp  du  fort  Cumbebland,  G  août  1755. 

MONSIEUR, — Je  viens  de  recevoir  une  lettre  du  lieutenant-gouverneur  Lawrence  (a) 
et  je  serais  heureux  d'avoir  une  entrevue  avec  vous,  aussitôt  qu'il  vous  conviendra  d<>  me 
l'accorder. 

Je  suis  votre  humble  et  obéissant  serviteur, 

ROBT.  MONCKTON. 
Au  lieutenant-colonel  Winslow  ;  s'il  j 
n'est  pas  au  camp,  faites  parvenir  par 
un  sergent  de  son  bataillon.  ) 

Pour  répondre  au  désir  exprimé  dans  la  note  ci-dessus,  je  me  suis  rendu  immédia- 
tement auprès  du  colonel  Monckton.  Il  m'informa  que  le  gouverneur  Lawrence,  dans 
le  but  d'établir  des  colons  de  la  Nouvelle-Angleterre  dans  une  partie  de  cette  province 
et  de  me  consulter  à  ce  sujet,  avait  manifesté  l'intention  de  me  rapprocher  et  de  me 
transférer  à  Piziquid  avec  une  partie  des  troupes  de  la  Nouvelle- Angleterre.  Le  colonel 
me  dit  qu'il  ne  savait  pas  encore  le  nombre  d'hommes  qu'il  pourrait  céder  et  me  fit  la 
confidence  qu'il  avait  été  décidé  de  déporteries  habitants  français  de  la  province  et  qu'il 
devait  rassembler  tous  les  hommes,  de  Tintamar,  de  Shepody,  d'Olake,  de  Beauséjour  et 
de  la  baie  Verte  pour  leur  lire  les  ordres  du  gouverneur  et  profiter  de  cette  occasion  pour 

les  retenir  tous  prisonniers  dans  le  fort. 

*  *  •*  *  ■*  *  * 

Le  colonel  me  fit  connaître  aussi  que  le  détachement  (b)  susdit  avait  été  envoyé  à 
Cobbegate  [Cobeguit]  et  à  Tatmebush  [Tatamagouche]  pour  s'emparer  des  habitants  de 
ces  endroits,  détruire  leurs  vaisseaux,  etc.  Depuis  la  prise  du  fort  Beauséjour,  c'est  la 
première  entrevue  que  j'ai  eue  à  ce  sujet  avec  le  colonel.  Je  suppose  que  ce  qui  précède 
n'a  été  communiqué  à  aucun  officier  des  deux  bataillons  et  reste  un  secret  pour  tout  le 
monde. 

ORDRES    DU    JOUR. 

Camp  du  fort  Cumberland,  7  août  1755. 

Mot  d  ordre  :  Glasyoïv. 

Quatre  compagnies  du  bataillon  du  colonel  Winslow  doivent  se  préparer  à  embar- 
quer sur  les  transports  avec  leur  bagage  et  leurs  tentes. 

T.  MONTCREIFFE. 
Au  lieutenant-colonel    Winslow  j 
ou  au  commandant 

du  camp.  1 

Le  9  août. — Les  habitants  de  la  baie  Verte  et  des  villages  circon voisins  ont  été 
sommés  de  comparaître  pour  entendre  la  lecture  des  ordres  de  Son  Excellence  le  gouver- 
neur Lawrence  ;  mais  n'ayant  pas  réussi  à  convoquer  une  assemblée  générale  des  habi- 
tants, ceux  qui  se  sont  présentés  ont  été  renvoyés  avec  instruction  de  revenir  demain 
matin. 

(a)  Lettre  du  31  juillet  1755,  reçue  le  2  août. 

(b)  Dans  le  journal  de  John  Thomas,  chirurgien  du  bataillon  du  colonel  Winslow,  je  trouve  le  passage 
qui  suit  en  date  du  25  août:  "Quarante  hommes  du  détachement  envoyé  à  Cobegate  avec  le  capi- 
taine Willard  sont  revenus  avec  seize  prisonniers  après  avoir  détruit  plusieurs  jolis  villages." 

Le  26  du  même  mois,  je  trouve  le  passage  suivant:  "Le  capitaine  Willard  est  revenu  avec 
son  détachement  ainsi  que  le  capitaine  Lues  (Lewis)  avec  ceux  qu'il  commandait  ;  tous  semblaient 
épuises." 


i.i  \  /   i/  0011    l'i        WA  in i  \       ii/'     D0(  i  i//  \  /  67 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

10  août.     Aujourd'hui  de  nombreux  habitant    de   villujjd  en 
■entéti  ni. H-;  p.i    en  aurai  grand  nombre  qu'où     j  attendait     Poui 
retenus   1 1  >  1 1 1  «  *   la  nuit   mmis  la  gueulé  dw  canon    de  la  garni  on, 
not  ili.  |,  etc 

I  >R  nii        IH      JOt    II 

Camp  di    k>h  i  (  '■  mûbbl  ind,  Il  août  1 7- 

Mot  oVordt      R  'hmond.     Mot  de  ralliement     .1/"'    déVAmé    ■ 

Les   présentes  sont  pour  servir  d'avis  aux  officiers,  aux  solda 
tout  •*  les  personnes  attacné?i  au  camp,  qu<  tous  les  bœufs,  ch<     i  moutoi 

beatiaux  de  toutes  sortes  appartenant  aux  habitants  françai     sont   confisqués  au  profil 
de  li  couronne  et  qu'en  <•  mséquenoe  il  est  défendu  d'en  faire  l  ach 
Les  offioiers  devront  en  outre  faire  connaître  à  leurs  hommes  qu  il  leu  i  de 

rôder  en  dehors  du  camp,  de  tuer  ou  de  détruire   Les  bestiaux   qui  appartiennent 
Majesté,     i/'s  ordres  ci  dessus  devront  être  communiqués  à  chaque  compagnie. 

'J'.  MONTCREIFFE 
Au  lieutenant  colonel  NN  inslow,  j 
commandant  au 

camp.  I 

Ce  jour  [11  août]  a  été  une  mémorable.  Les  habitants,  du  moins  les 
principaux  d'entre  eux,  de  Tintamar,  de  Wescoak,  d'Olake,  de  La  baie  Verte,  de 
Beauséjour  et  des  places  environnantes  ont  été  rassemblés  dans  le  fort  Cumberland  pour 
y  entendre  la  sentence  du  gouverneur  et  du  conseil  d'Halifax,  qui  décidait  de  leurs 
propriétés  et  les  déclarait  rebelles.  Leurs  terres,  leurs  biens  et  effets  étaient  confisqués 
au  profit  de  la  couronne  et  eux-mêmes  faits  prisonniers,  puis  les  portes  du  fort  furent 
fermées  et  au  delà  de  quatre  cents  hommes  furent  ainsi  emprisonnés. 

Le  major  Preble  et  le  capitane  Speakman  furent  envoyés  avec  un  détachement  à 
Wescoak,  à  Tintamar,  etc.,  pour  s'emparer  des  garçons  au-dessus  de  seize  ans. 

La  major  Boum  avec  le  capitaine  Bayley  et  un  détachement  reçurent  l'ordre  de 
conduire  150  prisonniers  au  fort  Cumberland.  Ces  officiers  devaient  prendre  le  com- 
mandement du  fort  et  y  garder  les  prisonniers. 

Le  capitaine  Cobb  est  parti  hier  du  fort  Cumberland,  pour  s'emparer  des  habitants 
de  Shepody,  mais  ceux-ci  s'étaient  sauvés  dans  les  bois  et  le  capitaine  est  revenu  -ans 
avoir  capturé  personne. 

13  août. — Hier  le  capitaine  Perry  et  son  détachement  sont  revenus  d'Olake  avec  11 
prisonniers  français.  Nous  en  avons  eu  la  garde  pendant  toute  la  nuit  et  ce  matin  ils 
ont  été  envoyés  au  fort  Cumberland.  Le  major  Preble  est  revenu  aujourd'hui  avec 
trois  habitants  seulement,  le  reste  s'étant  sauvé  dans  les  bois.  Le  nombre  de 
prisonniers  dans  les  deux  forts  s'élève  présentement  à  420. 

16  août. — Ma  compagnie  s'est  embarquée  aujourd'hui  sur  le  Warren,  capitaine 
Adams,  celles  d'Osgood  et  du  lieutenant  Crooker  se  sont  embarquées  sur  le  York. 
capitaine  Preble  ;  celle  d'Adams  et  ce  qui  restait  de  la  compagnie  de  Hobbs,  s'embar- 
quèrent sur  le  Grey  Hound,  capitaine  Hodg^kins,  à  destination  de  Piziquid. 

18  août. — Nous  avons  remonté  la  rivière  Piziquid  jusqu'au  fort  Edouard  où  nous 
sommes  arrivés  dans  la  matinée  à  11  heures;  nous  avons  trouvé  l'endroit  agréable  mais 
le  fort  ne  pourrait  opposer  une  résistance  sérieuse.  Je  me  suis  rendu  ensuite  auprès  du 
capitaine  Murray  ;  nous  avons  diné  ensemble  en  compagnie  de  ses  officiers  et  j'ai  été 
mis  au  courant  des  instructions  suivantes  adressées  au  capitaine  Murray.  savoir  : 

Instructions  pour  le  capitaine  Murray. 

"Il    doit    faire   tous    ses    efforts   pour    empêcher   les    habitants    de    s'enfuir    de    la 
pro\  ince. 

11  doit  autant  qu'il  est  en  son  pouvoir,  empêcher  les  habitants  de  transporter  leurs 
effets  ou  de  les  cacher  dans  les  bois  ;  leur  ordonner  de  continuer  la  coupe  du  foin,  de 
leurs  céréales  et  de  prendre  soin  de  tous  les  produits  de  leurs  terres  comme  s'ils  devaient 


68  a  Ht  Hl\  Eê  CA  VADIBNNBS 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

rester  dans  la  province  ;  sinon,  ils  devront  être  traités  avec  la  plus  grande  sévérité  lors 
de  rembarquement.  En  conséquence,  des  détachements  devront  surveiller  la  campagne  et 
se  tenir  au  courant  de  tout  ce  qui  se  passera  parmi  les  habitants  qui  maintenant  vont 
avoir  recours  uniquement  à  l'intrigue  et  à  la  ruse. 

Si  le  capitaine  Murray  soupçonne  que  les  habitants  ont  des  armes  à  feu  en  leur 
possession,  il  doit  par  tous  les  moyens  chercher  à  s'en  emparer.  Il  ne  leur  sera  permis 
d'emporter  avec  eux,  lors  de  leur  déportation,  que  leur  argent  et  leur  mobilier  ;  ils 
doivent  ignorer  autant  que  possible  les  endroits  qui  leur  sont  destinés  et  chacun  doit 
continuer  de  croire  (mon  opinion  est  qu'ils  le  croient  certainement)  que  le  gouvernement 
après  tout,  ne  les  expulsera  pas  de  leurs  propriétés,  afin  qu'ils  n'aient  pas  la  moindre 
tentation  d'inquiéter  les  transports,  lorsque  ceux-ci  arriveront.  Vous  devrez  tolérer  le 
moins  de  rapports  possible  entre  les  soldats  et  les  habitants,  et  entre  ces  derniers  et  les 
gens  de  M.  Mauger  et  surtout  prendre  garde  qu'ils  n'apprennent  la  défaite  du  général 
Braddock. 

Immédiatement  après  l'arrivée  du  colonel  Winslow  aux  Mines  où  il  établira  ses 
quartiers  aux  alentours  de  l'église  ou  dans  l'église  même,  s'il  le  juge  à  propos,  pour  la 
sûreté  et  le  bien-être  de  son  monde,  laissez  le  capitaine  Croxton  retourner  à  cet  endroit 
avec  son  détachement.  Si  après  son  départ,  vous  trouvez  votre  détachement  trop 
faible  pour  remplir  la  tâche  qui  vous  incombe,  vous  demanderez  au  colonel  Winslow  de 
vous  envoyer  quarante  ou  cinquante  hommes.  A  la  première  occasion  favorable,  faites 
transporter  par  eau  ou  par  terre,  les  deux  prêtres  (a)  que  vous  détenez  actuellement. 
Arrêtez  et  emprisonnez  ceux  des  habitants  que  vous  surprendrez  à  haranguer  et  à  sou- 
lever le  peuple,  parce  que  dans  ces  temps-ci,  ces  fomenta teurs  sont  dangereux.  Ne 
souffrez  pas  non  plus  la  moindre  arrogance  de  la  part  des  habitants,  surtout  après  l'arri- 
vée du  colonel  Winslow,  et  s'ils  se  comportent  d'une  manière  répréhensible,  punissez-les 
en  conséquence.  Si  vous  emprisonnez  quelques  habitants  dans  votre  fort,  surveillez  les 
étroitement,  et  vous  devrez  exiger  que  leurs  parents  ou  leurs  voisins  les  nourrissent 
durant  le  temps  de  leur  incarcération  ;  autrement  ils  nous  coûteraient  bien  cher  et  cela 
n'étant  pas  inévitable,  je  ne  pourrais  en  aucune  manière  le  tolérer. 

Aussitôt  après  son  arrivée,  mettez  le  colonel  Winslow  au  courant  des  instructions 
qui  précèdent,  et  faites  en  sorte  d'informer  les  habitants  que  dans  le  cas  de  tentative  de 
destruction  ou  de  molestation  des  troupes  de  Sa  Majesté,  soit  par  les  sauvages  ou  par 
d'autres,  vous  avez  reçu  mes  ordres  d'exiger  de  ceux  dans  le  voisinage  desquels  l'offense 
aura  été  commise,  œil  pour  œil,  dent  pour  dent,  en  un  mot,  vie  pour  vie.  Il  serait 
avantageux  de  faire  l'exploration  de  la  source  de  la  rivière  Chibnaidie,  avant  l'arrivée 
du  colonel  Winslow  ;  ce  qui  permettrait  par  la  suite  de  se  rendre  facilement  à  cet  endroit, 
soit  par  eau  ou  par  terre.  C'est  par  cette  route  que  les  habitants  transporteront  leurs 
animaux  et  leurs  effets  dans  le  cas  où  ils  tenteraient  de  le  faire.  Si  le  Warren  arrive  à 
Chignectou  avec  les  dépêches  que  j'envoie,  le  capitaine  Goreham  avec  un  de  vos  officiers 
et  quelques  hommes  fera  une  excursion  à  Chibnaidie  sur  la  barge,  mais  si  le  navire  n'est 
pas  encore  rendu  au  fort  Edouard  à  l'arrivée  du  capitaine,  celui-ci  devra  se  rendre 
à  Chignectou  avec  son  détachement  sur  les  barges,  conformément  à  ces  ordres. 

CHAS.  LAWRENCE. 
Halifax,  9  août  1755. 

Le  colonel  Winslow  au  gouverneur  Lawrence. 

Fort  Edouard,  18  août  1755. 
Qu'il  plaise  à  Votre  Excellence, 

Deux  jours  après  mon  départ  de  Chignectou,  je  suis  arrivé  ici  avec  une  partie  des 
quatre  compagnies  de  mon  bataillon,  l'autre  partie  ayant  été  envoyée  en  expédition,  tel 
que  je  l'ai  appris  à  Votre  Excellence  par  mon  rapport.  A  mon  arrivée  ici  j'apprends 
par  le  capitaine  Murray  que  vous  avez  choisi  le  village  des   Mines  pour  l'installation  de 

mon  camp.     Je  partirai  pour  cet  endroit  à  la  prochaine  marée. 

*  *  •*  *  *  -*  ■* 

(a)  Le.-î  abbés  Chauvreulx  et  Daudin. 


QBNMALOQIM  />/'      U   ID/J  '■       I    '  I    D(K  I  VJ  '•  I  r>'' 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Je  m'eflbroerai  de  luirre  fidèlement    1m   In  bruetions  que   rosis   m 
mettre  par  le  capitaine  Murray,  jusqu'au  Jour  où  11  plein  I   Veto    Rioellei 

.lie. sci  «1rs  ordres  personnellement 

****** 

Je  suis  arrive  à  la  Grand  Prëe  le  19  a.ût  el  après  evoii  prli  oonnaieeanceck 
j'ai  trouve  les  alentours  de  l'église  que   roui  m'avez  design  rsntegi 

['installation  de  mon  oamp.     J'ai  earoyé  oheroher  le    vieillards  \»>\u   leur  taire  enl< 
ohoses  saoroes  afin  qu'elles  ne  soieni  pas  souillée    pai 

Pour  ee  protéger  contre  lee  surprises,  j«'  vais  faire  oonetroire  parle  détachement 
une  enceinte  palissadée  s'étendant  <le  l'église  jusqu'au  cimetière. 

Le  colon»-!  Winslow  à  William  8hieiêyt  gouverneur  de  la  province  de  la  baie  du 

Maeeach  ueeUe, 

Au  OAMP  Dl   LÀ   GbAITD-PbAi,   NOUVELLE  EÎC088I,  22  aoiit  17 

<.v)u'il  plaise  à  Votre  ËxoellenoCj 

Je  suis  embarqué  à  Chignectou  le  1G  courant  avec  31  •  ">  hommes,  y  compris  les  offi< 
que  j'ai  places  sur  trois  navires  avec  les  capitaines  Adauis,  Bobbs  el  Osgood,  à  destina- 
tion du  fort  Edouard  iV  Piziquid.  Nous  arrivâmes  à  cet  endroit  le  lendemain,  et  là 
l'ai  pris  connaissance  des  dépêches  du  colonel  Lawrence  m'ordonnant  d'établir  mes 
quartiers  aux  Mines.  En  conséquence,  profitant  de  la  marée  suivante,  j'ai  descendu  la 
rivière  de  ce  nom  et  je  suis  ensuite  entré  dans  la  rivière  Gaspareau  où  nous  sommes 
débarqués.  J'ai  établi  mon  camp  entre  l'église  et  le  cimetière.  Je  me  loge  dans  le 
presbytère  et  l'église  a  été  transformée  en  place  d'armes.  Je  fais  construire  une  enceinte 
palissadée  dans  mon  camp  afin  d'éviter  toute  surprise.  J'attends  un  renfort  de  200 
hommes  qui  doivent  arriver  bientôt  (a).  Quant  aux  habitants  appelés  neutres,  le  sort 
de  ceux  de  Chignectou  semble  fixé  puisqu'il  est  décidé  de  les  déporter.  Nous  détenons 
prisonniers  actuellement  dans  les  forts  Lawrence  et  Cumberland,  400  des  principaux 
d'entre  eux  ;  les  femmes  et  les  enfants  ont  la  permission  de  rester  dans  leurs  maisons. 
Il  est  probable  que  les  habitants  de  toute  la  province,  bien  que  coupables  à  un  degré 
moindre  que  ceux  de  Chignectou  et  de  la  baie  Verte  qui  ont  commis  des  actes  de  violence, 
subiront  le  même  sort. 

Le  colonel  Winslow  à  William  Coffin  fils,  marchand  à  Boston. 

Au  camp  de  la  Grand-Prée,  22  AOÛT  1755. 

Cher  monsieur, 

******* 

Je  suis  maintenant  en  possession  de  votre  ancien  terrain  aux  Mines.  Je  viens 
d'installer  mon  camp  ici,  ayant  à  ma  droite  l'église  que  j'ai  tranformée  en  place  d'armes, 
et  le  cimetière  à  ma  gauche.  Ma  garnison  se  compose  de  313  hommes,  y  compris  les 
officiers,  et  j'attends  du  renfort  prochainement.  Pour  prévenir  toute  surprise,  je  fais 
construire  une  enceinte  palissadée  autour  de  mon  camp,  afin  que  mes  soldats  n'aient 
rien  à  craindre.  *  *  *  * 

****** 

23  août. — L'enceinte  palissadée  a  été  terminée  aujourd'hui  et  nous  avons  entrepris 
la  tâche  de  nous  débarrasser  de  l'une  des  plaies  d'Egypte. 

Halifax,  11  août  1755. 
Instructions  (scellées)  envoyées  au  lieutenant-colonel  Winslow,  commandant  des  troupes 
de  Sa  Majesté  aux^Mines,et  en  son  absence,  au  capitaine  Alexandre  Murray,  com- 
mandant des  troupes  de  Sa  Majesté  à  Piziquid,  au  sujet  de  l'expulsion  des  habi- 
tants des  districts  des  Mines,  de  la  rivière  Passequid,  de  la  rivière  aux  Canards, 
de  Cobequid,  etc.,  situés  dans  la  Nouvelle-Ecosse. 
Monsieur, — Après  avoir  fait  connaître  au  capitaine   Murray,  par  ma  lettre  du  31 
juillet  dernier,  les  raisons  qui  ont  fait  prendre  au  Conseil  de  Sa  Majesté  la  résolution  de 

(a.  Le  six  de  septembre,  un  détachement  composé  de  56  hommes  de  son  propre  bataillon,  sous  les 
ordres  des  capitaines  Willard  et  Malcolm  qui  étaient  absents  lors  du  départ  de  Winslow  de  Beauséjour, 
vint  le  rejoindre. 


70  ARC  EU  EB   CA  VADIENNE6 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

chasser  tous  les  habitants  français  et  de  purger  le  pays  de  ^i   mauvais  sujets,   (laquelle 

lettre  il  vous  communiquera  en  même  temps  que  les  instructions  que  je  lui  ai  envoyées 
depuis) — il  ne  me  reste  plus  qu'à  vous  donner  les  ordres  et  les  instructions  nécessaires  cà 
l'exécution  d'un  projet  si  solennellement  décidé. 

Afm  d'empêcher  ces  habitants  de  revenir  dans  cette  province  ou  d'aller  se  joindre 
aux  Français  du  Canada  et  de  LouUbourg,  il  est  résolu  qu'ils  soient  dispersés  dans  les 
colonies  de  Sa  Majesté,  sur  le  continent  américain. 

A  cette  tin,   des   transports   sont  envoyés  dans   la  Baie  pour  embarquer   ceux   de 
Chignectou.      Le  colonel  Monckton  expédiera  au   bassin  des  Mines   les   transports  qu'il 
n'aura  pu  remplir,  afin  de  déporter  aussi   les   habitants  de  cet  endroit.      Vous   recevrez 
aussi  des  vaisseaux  de  Koston  en  nombre  suffisant  pour   transporter  mille  personn* 
raison  de  deux  par  tonneau. 

A  l'arrivée  des  navires  de  Boston  et  de  Chignectou  dans  le  bassin  des  Mines,  vous 
embarquerez  tous  les  habitants  des  districts  des  Mines,  de  Piziquid,  de  Cobéquid,  de  la 
rivière  aux  Canards,  etc.,  dont  vous  vous  emparerez  par  tous  les  moyens;  vous  devrez 
surtout  vous  efforcer  de  saisir  les  chefs  de  famille  et  les  jeunes  gens  et  les  distribuer  sur 
les  navires,  à  raison  de  deux  par  tonneau  autant  que  possible.  Le  tonnage  devra  être 
fixé  d'après  la  charte-partie  de  chaque  navire  que  les  capitaines  vous  feront  connaître. 

Afin  de  vous  faciliter  la  tâche  de  l'approvisionnement  des  navires,  j'ai  confié  pour 
l'occasion,  la  charge  de  préposé  aux  vivres  à  M.  George  Saul.  Je  lui  ai  donné  des  instruc- 
tions particulières  à  cet  effet,  avec  ordre  de  vous  les  communiquer  et  de  vous  en  remettre 
une  copie  à  son  arrivée  de  Chignectou,  et  de  vous  délivrer  les  provisions  ordonnées  pour 
les  transports. 

Destination  des  vaisseaux  assignés  au  rendez-vous,  dans  le  bassin  des  Mines. 

Pour  la  Caroline  du  Nord,  un  nombre  suffisant  pour  transporter  à  peu  près  cinq 
cents  personnes. 

Pour  la  Virginie,  un  nombre  suffisant  pour  transporter  à  peu  près  mille  personnes. 

Pour  le  Maryland,  un  nombre  suffisant  pour  transporter  à  peu  près  cinq  cents  per- 
sonnes, ou  un  nombre  proportionnel  d^  vaisseau  si  le  nombre  des  expulsés  devait  excéder 
deux  mille. 

Si  les  vaisseaux  de  Boston  arrivent  au  bassin  des  Mines  avant  que  M.  Saul  y  soit 
rendu,  ils  devront  attendre  à  cet  endroit  l'arrivée  de  celui-ci  avec  les  vivres.  Si  vous 
avez  embarqué  des  habitants  avant  l'arrivée  du  préposé  aux  vivres,  vous  pourrez  s'il  y  a 
nécessité,  faire  distribuer  à  chaque  personne  5  livres  de  farine  et  une  livre  de  porc  pour 
chaque  semaine  ;  M.  Saul  a  reçu  ordre  de  vous  remettre  les  vivres  que  vous  aurez  fournies. 

Une  fois  la  population  mise  à  bord,  vous  aurez  la  bonté  de  remettre  au  capitaine  de 
chaque  vaisseau  une  des  lettres  que  j'ai  signées  (et  dont  vous  recevrez  un  nombre  suffi- 
sant). Vous  les  adresserez  au  gouverneur  ou  au  commandant  en  chef  de  chaque  province 
où  les  déportés  devront  être  débarqués  ;  vous  devrez  y  inclure  la  formule  imprimée  des 
certificats  qui  doivent  être  remis  aux  capitaines  des  vaisseaux  et  qui  leur  donne  droit  de 
retirer  le  montant  du  nolisement,  tel  que  stipulé  par  la  charte-partie.  En  même  temps 
vous  donnerez  aux  capitaines  leurs  instructions  par  écrit.  Vous  leur  recommanderez  de 
suivre  l'itinéraire  susmentionné,  et  à  leur  arrivée  à  destination,  de  se  rendre  immédiate- 
ment chez  le  gouverneur  ou  le  commandant  en  chef  de  la  province  qui  leur  aura 
été  assignée,  et  de  lui  remettre  la  lettre  dont  ils  seront  chargés,  de  débarquer  leurs 
passagers  aussi  promptement  que  possible  et  d'obtenir  des  certificats  conformes  à  la 
formule  ci  dessus.  Dans  vos  instructions  aux  capitaines  vous  devrez  leur  enjoindre 
sévèrement  de  prendre  les  plus  grandes  précautions  et  d'exercer  la  plus  stricte  surveil- 
lance pendant  toute  la  traversée,  afin  de  prévenir  toute  tentative  des  déportés  pour 
s'emparer  des  vaisseaux.  En  conséquence,  les  capitaines  ne  devront  tolérer  à  la  fois  qu'un 
petit  nombre  de  passagers  sur  le  pont  et  ne  rien  négliger  pour  éviter  toute  tentative  de 
ce  genre  ;  ils 'devront  aussi  prendre  bien  garde  que  les  habitants,  lors  de  l'embarquement, 
n'emportent  avec  eux  ni  armes  ni  qu  i  que  ce  soit  qui  pourrait  en  tenir  lieu,  et  voir  à  ce 
que  les  vivres  soient  distribuées  conformément  à  la  ration  fixée  par  les  instructions 
données  à  M.  Saul. 

Le  capitaine  Murray  connaissant  bien  le  peuple  et  le  pays,  je  vous  conseille  de  le 
consulter  en  toute  occasion,  surtout  quant  aux  moyens  à  prendre  pour  les  rassembler  et 


Q)    \  I    1/  ni.ll      hl  .       WA  "Il    \         II/'      /""   i    l/i  71 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

mbarquer.     Siles  moyens  de  douceur  ne  rëu 

me  mes   1rs   |  >  1 1 1      .  :n  i  :;  i- 1  u<  ■      |  ■■  mr   l«'S    nul  >HI<|  un     ri    |  \    C|OI    j'M-ii'i 

fuite,  toute  potiibi  li  te*  ae  se  mettre  ii.ii.n,  en   brûlent   leui     ma  i  détrui 

dan    le  paj  s  bout  œ  qui  pourrai!  leui  de    ubsj  ban<  e.  \  ■         • 

OOpie  des  chartes  part  ios   coiivcinics  ciitic    1rs     capitaim 

nemeni      Je  oroii  devoir  vous  informer  que  celle   qui  concernent  lei  I 

renferment  s  peu  près  les  mêmei  conditions  que  !•■•  autre  .     Vous  < 

eaux  sont  nolisés  au  mois  et  irons  devres  agir  le  plus  rôte  possible  i 
les  dépensée. 

Je  vous  conseille  d'envoyer  le  sloop  Dove  k  Annapolû  pour  3  embarquer  la 
tion  de  cet  endroit,  si  rien  de  ne  voui  en  empèohe,  ru  que    •  as 

au  1  Sonneotioul  et  que  les  habitants  d'A.nnapD'U  doiven  dan 

vin 

[mmédiatemenl  après  l'embarquement  de  le  population,  au  moment  de  mettre  à  la 
voile,  v«ms   informerez  Le  commandant  du   navire  de  la   marine  royale  qu  il  doii  1 
1rs  transports  e1  prendre  la  mer  Bans  perdre  de  tempe. 

Apres  avoir  embarqué  boue  1rs  habitants  que  voua  aurez  pu  rs    embli 
du  district   du   bassin  des   Mines,   vous  vous   rendrez  vous-même  a   Annapoli     R 
sinon  \ous  y  enverrez  un  for!   détachement  pour  aider  le  major  EEandfield  à  embarquer 
la  population  de  cette  rivière  ;  et  tous  les  déserteurs  que  vous  pourrez  saisir  d 
conduits  à  Annapolia  pour  être  embarqués  avec  les  déport*  -  de  ce1  endroit. 

CHAS.   LAWREN!  E 
Au  colonel  Winslow. 

ou  au  Formule  de  la  circulaire  envoyée  aux   gouverneurs  do 

capitaine  Murray,  continent, 

au  bassin   des  Mines. 

Service  spécial  de  Sa  Majesté. 

Caroline  du  Xord. 

A  l'honorable  Arthur  Dobbs,  e'cuyer,  capitaine  général  et  gouverneur  pour  Sa  Majesté 
de  la  province  de  la  Caroline  du  Nord  en  Amérique  ou  au  commandant  en 
chef  en  exercice,  de  la  dite  province. 

Halifax,  Nouvelle-Ecosse,  11  août  1755. 

Monsieur, — Le  succès  de  l'entreprise  de  chasser  les  Français  des  endroits  qu  ils 
avaient  empiètes  dans  cette  province,  a  eu  un  effet  tel  que  j'en  ai  profité  pour  soumettre 
les  habitants  français  de  cette  colonie  aux  volontés  de  Sa  Majesté  et  du  gouvernement 
ou  les  contraindre  à  quitter  le  pays.  Ces  habitants  ont  eu  la  permission  de  reste: 
possession  de  leurs  terres,  à  condition  de  prêter  le  serment  d'allégeance  dans  l'intervalle 
d'une  année  après  le  traité  d'Utrecth,  par  lequel  cette  province  fut  cédée  à  la  Grande- 
Bretagne.  Ils  ont  toujours  refusé  de  se  soumettre  à  cette  condition,  sans  la  promesse 
écrite  du  gouverneur,  qu'ils  ne  seraient  pas  appelés  à  prendre  les  armes  pour  la  défense 
de  la  province.  Le  général  Phillips  leur  fit  cette  concession  que  Sa  Majesté  a  désap- 
prouvée, et  depuis,  les  habitants  se  prétendant  sur  un  pied  de  neutralité  entre  Sa 
Majesté  et  ses  ennemis,  ont  continuellement  entretenu  des  intelligences  avec  les  Français 
et  les  sauvages  leur  ont  procuré  des  refuges,  des  vivres  et  autres  secours  et  causé  des 
ennuis  au  gouvernement.  Pendant  que  les  uns  favorisaient  les  empiétements  des  Français 
par  leurs  trahisons,  les  autres  les  supportaient  au  moyen  de  la  rébellion  ouverte. 

Trois  cents  d'entre  eux  viennent  d'être  pris  les  armes  à  la  main  dans  le  fort  Beausé- 
jour  Malgré  leur  mauvaise  conduite  par  le  passé,  Sa  Majesté  a  daigné  me  permettre 
d'accorder  son  pardon  à  tous  ceux  qui  voudraient  rentrer  dans  le  devoir.  En  conséquence. 
j'ai  offert  à  ceux  qui  n'avaient  pas  ouvertement  pris  les  armes  contre  nous,  de  rester  en 
possession  de  leurs  terres  à  condition  de  prêter  le  serment  d'allégeance  sans  aucune 
réserve.  Ils  ont  aud;:«cieusement  et  unanimement  refusé  de  prêter  le  serment  s^ns 
restriction,  et  s'ils  croient  pouvoir  agir  de  la  sorte  au  moment  où  nous  avons  une  flotte 
considérable  dans  le  port  et  de  nombreuses  troupes  dans  la  province,  que  ne  devons-nous 


72  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

pas  craindre  quand  l'hiver  qui  approche,  nous  privera  de  notre  flotte  et  que  les 
volontaires  de  la  Nouvelle-Angleterre  enrôlés  pour  peu  de  temps,  retourneront  dans 
leur  pays. 

Les  habitants  ayant  encouru  par  leur  conduite,  la  confiscation  de  leurs  terres  et 
perdu  tout  droit  à  de  nouvelles  faveurs  de  la  part  du  gouvernement,  j'ai  convoqué  une 
séance  du  Conseil  de  Sa  Majesté  à  laquelle  étaient  présents  l'honorable  vice-amiral 
Boscawen  et  le  contre-amiral  Mostyn,  pour  considérer  les  mesures  qu'il  va  falloir  prendre 
pour  nous  débarrasser  sans  danger  et  d'une  manière  efficace,  de  cette  population  qu'il 
était  de  notre  devoir  de  faire  disparaître  depuis  son  refus  de  prêter  le  serment,  et  qui  de 
plus,  sera  toujours  un  obstacle  à  la  colonisation  de  cette  province. 

Le  chiffre  de  cette  population  est  de  sept  mille  à  peu  près,  et  il  n'est  pas  douteux 
qu'elle  ira  renforcer  la  population  du  Canada  si  après  l'avoir  chassée  elle  est  laissée  libre 
d'aller  où  il  lui  plaira.  Le  Canada  n'ayant  pas  de  terres  défrichées  pour  un  si  grand 
nombre  d'habitants,  ceux  qui  sont  en  état  de  prendre  les  armes  seront  immédiatement 
employés  à  inquiéter  cette  colonie  et  les  colonies  avoisinantes.  Pour  empêcher  cela  il 
n'y  a  pas  d'autre  moyen  praticable  que  de  les  distribuer  par  groupes  dans  les  colonies  où 
ils  pourront  être  utiles  ;  car  le  plus  grand  nombre  de  ces  habitants  sont  forts  et  jouissent 
d'une  excellente  santé.  Il  leur  sera  ainsi  bien  difficile  de  se  rassembler  de  nouveau  et 
impossible  de  commettre  des  méfaits  ;  ils  pourront  par  la  suite  rendre  des  services  et 
avec  le  temps  devenir  de  bons  sujets. 

Cette  mesure  a  été  jugée  inévitable  pour  la  sécurité  de  la  colonie,  et  si  Votre 
Excellence  prend  en  considération  qu'il  est  reconnu  que  la  prospérité  de  l'Amérique  du 
Nord  dépend  en  grande  partie  de  la  préservation  de  cette  colonie  contre  les  empiéte- 
ments des  Français,  je  n'ai  pas  le  moindre  doute  qu'elle  nous  donnera  son  concours, 
qu'elle  recevra  les  habitants  que  je  lui  envoie  maintenant  et  que  suivant  notre  désir, 
elle  prendra  les  moyens  de  les  installer  de  manière  à  ce  qu'ils  ne  puissent  se  grouper  à 
l'avenir. 

Les  vaisseaux  employés  au  transport  des  déportés  étant  nolisés  au  mois,  je  vous 
prie  de  les  retenir  le  moins  longtemps  possible  et  de  remplir  les  certificats  indiquant  la 
durée  de  leur  engagement  conformément  à  la  formule  ci-incluse. 

Je  suis  monsieur, 

votre  très  humble  et 

très  obéissant  serviteur, 

CHAS.  LAWRENCE. 


Le  gouverneur  Lawrence  au  colonel  Winslow. 

Halifax,  11  août  1755. 

Monsieur, — Les  instructions  ci-incluses  renfermant  toutes  les  explications  née  ossaires 
à  l'égard  de  ce  qu'il  y  a  à  faire,  je  n'ai  rien  à  ajouter,  sinon  que  vous  devrez  avoir  recours 
aux  moyens  les  plus  sûrs  pour  rassembler  les  habitants  et  les  embarquer,  et  vous  servir 
de  la  ruse  ou  de  la  force  selon  les  circonstances.  Je  désire  surtout  que  vous  ne  teniez 
aucun  compte  des  supplications  et  des  pétitions  que  vous  adresseront  les  habitants,  quels 
que  soient  ceux  qui  désirent  rester.  Faites  embarquer  tous  le  monde  s'il  est  possible  con- 
formément aux  instructions  ci-jointes,  sans  requérir  de  nouvelles  explications  de  ma  part. 
Après  avoir  placé  les  déportés  à  raison  de  deux  par  tonneau,  si  vous  n'avez  pas  un 
nombre  suffisant  de  vaisseaux  pour  transporter  la  population,  vous  m'en  informerez 
immédiatement  par  un  messager,  mais  vous  ne  devrez  pas  pour  cette  raison  retarder 
l'embarquement. 

Bien  qu'il  soit  permis  aux  habitants  d'emporter  avec  eux  leurs  effets,  il  faudra 
cependant  ne  pas  les  laisser  encombrer  les  vaisseaux  de  choses  inutiles.  Après 
avoir  embarqué  les  habitants  et  leurs  lits,  s'il  reste  de  l'espace  pour  autre  chose,  vous 
pourrrez  leur  permettre  d'emporter  des  objets  qui  ne  causeront  pas  trop  d'embarras. 


i,i  \  i   \LOQll    01       L<   i/'//  \       h/'    D0(  i  \n  \  i 
DOC.  DE  LA  SESSION  No   IH 

Vous  informerai  la   oapil  m    evoii    une  pro 

lorsqu'ils  mettront  i  la  voila  dire  qu'ili   devronl  u 

ques  out  été"  bien  remplie 

Je  \t»ns  envoie  la  formule  d'une  circulaire    idreasée  eu 

oont  inent 

.1.-     ,i     m  »n  ieur, 

vnt re  humble  tt 

obéi     'fii  or, 

I  HAfi    LAWRBN(  E 

Service  de  Sa  Majesté.    Au  colonel  Winslow,  el  en  ion  ab  i  ipitaine    I 

ander  M  urray. 

80  tioiît.    -Le  capitaine  Murray  set  venu  hier  au  soir  et  a  apporté  toute  >m« 

missions,  les  instructions  et  les  lettres  sus  mentionnées.   Nous  a  von    con  idén 
à  prendre  pour  déporter   tous   les  habitants  de     villages  de  la  Grand  Prée,  des    Min 
des  rivières  aui  Canards,  des  Babbertong,  [Habitants]  et  de  <;  »u.     Nous  avo 

décidé  de  oonvoquer  tous  Les  habitants  mAles  de  ces  villages  à  l'église  de  la  Grand  Pi 
pour  le  oinq  septembre  prochain,  sous  le  prétexte  de  leur  communiquer  les  instruction! 
du  roi.  Le  même  jour,  le  capitaine  Murray  devra  rassembler  de  la  même  manière,  au 
fort  Edouard,  les  habitants  de  Pinquid  et  dos  villages  adjacents.  J'ai  écrit  aujourd'hui 
au  colonel  Lawrence  pour  lui  faire  connaître  le  plan  que  nous  avons  adopté.  Apres  le 
départ  du  capitaine  Murray,  j'ai  réuni  les  capitaines  Adams,  Hobbe  et  Osgood  el 
avoir  exigé  d'eux  le  serinent  de  garder  le  secret  et  leur  avoir  fait  connaître  mes  instruc- 
tions, ils  approuvèrent  tous  le  plan  que  le  capitaine  Murray  et  moi  venion- 
d'adopter. 

Cet  après-midi,  trois  des  transports  nolisés  pour  la  déportation  des  habitants  fran- 
çais, les  sloops  Gooding,  Stone  et  Dunning  sont  arrivés  de  Boston  et  nous  ont  appris  que 
plusieurs  autres  arriveront  bientôt. 

Le  colonel  Winslow  au  gouverneur  Laurence. 

Grand-Prée,  30  août  1755. 

J'ai  eu  l'honneur  de  recevoir  d  3  Votre.  Excellence,  ses  lettres  du  11  et  du 
courant,  que  le  capitaine  Murray  a  eu  la  bonté  de  m'apporter.  Je  me  suis  entendu  avec 
lui  au  sujet  de  la  tâche  que  nous  avons  à  remplir.  Mais  toutes  les  récoltes  étant  coupées 
et  la  température  ayant  empêché  les  habitants  de  les  engranger,  nous  avons  cru  devoir 
différer  jusqu'à  vendredi  pour  faire  connaître  les  ordres  de  Votre  Excellence.  Nous 
nous  proposons  de  les  communiquer  à  la  population  ce  jour-là 

Bien  que  nous  soyons  chargés  d'un  devoir  pénible  à  remplir,  je  crois  que  les  mesures 
prises  sont  nécessaires  et  je   m'efforcerai  de  suivre   rigoureusement  vos   ordres.     J'em- 
ploierai tous  les  moyens  pour  transporter  les  habitants  des   environs  dans  un  meilleur 
pays.    Quant  au  père  Le-Blond  [René  LeBlanc],  avec  la  permission  de  Votre  Excellence 
e  l'enverrai  à  l'endroit  d'où  je  viens  moi-même. 

Le  major  Handfield  au  colonel  Winsloic. 

Annapolis  Royal,  31  août  1755. 
Monsieur, — Immédiatement  après  l'arrivée  d'un  transport  envoyé  par  MM. 
Apthrop  et  Hancock  pour  déporter  les  habitants  français,  j'ai  donné  ordre  à  un  détache- 
ment de  s'emparer  d'une  centaine  de  chefs  de  famille  et  de  jeunes  gens.  Mais  tous  les 
chefs  de  famille  se  sauvèrent  dans  les  bois,  emportant  avec  eux  leurs  literies,  etc.,  et  nos 
hommes  n'en  trouvèrent  aucun  dans  les  villages.  Je  désire  que  vous  m'envoyiez  aussitôt 
que  vous  pourrez  en  disposer,  un  renfort  de  quelques  hommes,  afin  que  je  puisse  leur 
faire  entendre  raison. 

Je  suis,  monsieur,  votre  humble  serviteur, 

J.  HANDFIELD. 
Service  de  Sa  Majesté.    Au  colonel  Winslow,  commandant  des  troupes  à  la  Grand- 
Prée,  aux  Mines. 

18—37    r-16 


/ 


74  \L'<  il l\  ES  CANADIEN  \  /> 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Le  c<i/nf<ii,,>   Alex.  M  h  rmtj  un  colonel  John   WinslotO. 

Fort  Edouard,  [à  Piziquid]  31  août  1755. 

Cbek   M0K8IEI  1:,  *  *  * 

J'apprends  que  quelques  vaisseaux  sont  arrives  aux  Mines  et  je  suppose  que  ce  sont 

des  transports.      11    vaut  mieux   frapper   le   coup  immédiatement.     Je  serai  heureux  de 

vous  rencontrer  ici,   aussitôt  que  vous   pourrez  venir.     Je  fais  transcrire  pour  vous  les 

soumettre,    les  ordres   qui    vont    servir   au  rassemblement  des  gens,  sauf  la  date  qui  est 

laissée  en  blanc.     J'ai  l'espoir  que  tout  va  se  passer  selon  nos  désirs. 

%.  *  ■*  *  *  * 

Le  colonel  John    Winston-    au  capitaine  Murray. 

Grand  Prée,  1er  septembre  1755. 

Cher  Monsieur,  *  *  * 

Je  me  propose  d'aller  vous  rencontrer  demain  matin,  afin  de  m'entendre  avec  vous 
au  sujet  des  dernières  dispositions  à  prendre.  Je  dois  vous  informer  que  trois  des  brans 
ports  sont  arrivés,  que  les  habitants  sont  allés  à  bord  et  ont  cherché  à  connaître  leur 
destination.  Mais  je  m'étais  déjà  concerté  avec  les  capitaines  de  ces  vaisseaux  et  ceux-ci 
avaient  reçu  ordre  de  répondre  que  ces  transports  avaient  été  envoyés  pour  l'utilité  des 
troupes.     Les  capitaines  m'ont  appris  que  o'nze  autres  navires  doivent  venir  de  Boston  et 

mettront  à  la  voile  dans  quelques  jours.     J'aimerais  que  M.  Saul  fut  ici  avec  les  vivres. 

*  *  '   ■*  *  *  * 

Boston,  21  août  1755. 

Monsieur, — Conformément  aux  ordres  de  l'honorable  lieutenant-gouverneur  Law- 
rence, je  vous  transmets  la  présente  par  le  sloop  Indeavour,  capitaine  John  Stone. 
Ce  navire  est  envoyé  pour  transporter  les  Français  selon  les  instructions  auxquelles  vous 
allez  sans  doute  vous  conformer. 

Vos  très  humbles  serviteurs, 

CHS.  APTHORP  et  FILS, 

THOMAS  HANCOCK. 

Service  de  Sa  Majesté.   A  l'Officier  commandant  aux  Mines — par  le  capitaine  Stone. 

Boston,  21   août  1755. 

Monsieur, — Conformément  aux  ordres  de  l'honorable  lieutenant-gouverneur  Law- 
rence, nous  vous  transmettons  la  présente  par  le  sloop  Industry,  capitaine  George 
Gooding,  envoyé  pour  déporter  les  Français.  Celui-ci  a  reçu  des  ordres  auxquels  vous 
allez  sans  doute  vous  conformer. 

Nous  sommes,  monsieur,  vos  très  humbles  serviteurs, 

CHAS.  APTHROP  k  FILS. 

THOMAS  HANCOCK. 

Service  de  Sa  Majesté.  A  l'officier  commandant  aux  Mines — par  le  capitaine 
Gooding. 

Boston,  22  août  1755. 

Monsieur, — Conformément  aux  ordres  de  l'honorable  lieutenant-gouverneur  Law- 
rence, nous  vous  transmettons  la  présente,  par  le  sloop  Mary,  capitaine  Andrew 
Dunning,  envoyé  pour  déporter  les  Français.  Celui-ci  a  reçu  des  ordres  auxquels 
vous  allez  sans  doute  vous  conformer. 

Nous  sommes,  monsieur,  vos  très  humbles  serviteurs, 

CHAS.  APTHORP  et  FILS. 

THOMAS  HANCOCK. 


0j  \  /   1/  Ofif/1    /'/  .      M    i/'//  \ .      ii/'     /""  i  m i  -  i  76 

D0<      DE  LA  SESSION  No   1H 

Bo 

Monsieur,    Gonfoi-mrimmi    aux    onln-M    <!«■     riionoiubu-    li»utenanl 
Lawrence,  noua  vous  tran  mettons  la  présente  pai  la   goéletfc     Vepturu 
Jonathan   Davis,   envoyés   pour  déporter   les  Françai       Celui-ci  a  n  aux 

quels  voua  allez    ans  douta  voua  conformer. 

\ mur  ,  mon  ûeûi ,  vos  tri     bumb 

cils   APTHORP  a    mi 

THOM  18  HANCOCK 
Service  de  Sa  Majesté.     A  l'officier  commandant  aux  Mm 

l  kx  i  o»,  2 1  août  1 755. 

Monsieur,     Conformément  aux  ordres  de  l'honorable   lieutenant  srneui   I 

rence,  nous  vous  transmettons  la  présente  par  le  sloop  Elizabeth%  (h)  capitaine  Nathl 
Milbury,  envoyé  pour  déporter  les  Français.  Celui-ci  s  reçu  des  ordre  auxquels 
nous  ailes  sans  doute  vous  conformer. 

Nous  sommes,  monsieur,  vos  très  humbles  serviteu 

CHAS.  ARTHROP  a    ML- 
THOS.  HANCOCK. 

Service  de  Sa  Majesté,    A  L'officier  commandant  aux  Mines     par  Millbury. 

Boston,  28  août  17-V». 

Monsieur,  —Conformément  aux  ordres  de  l'honorable  lieutenant-gouverneur  Law- 
rence, nous  vous  transmettons  la  présente  par  la  goélette  Léopard,  (e)  capitaine  Thomas 
Church,  envoyée  pour  déporter  les  Français.  Celui-ci  a  reçu  des  ordres  auxquels  vous 
allez  sans  doute  vous  conformer. 

Nous  sommes,  monsieur,  vos  très  humbles  serviteurs, 

CHAS.  ARTHROP  £  EIL- 
THOMAS  HANCOCK. 

A  l'officier  commandant  aux  Mines — par  Church. 

Extraits  du  .iouknal  du  colonel  John  Winslow. 

Le  g  septembre  1766. — Je  me  suis  rendu  en  bateau  de  bonne  heure  ce  matin,  au 
fort  Edouard,  afin  de  m'entendre  avec  le  capitaine  Murray  au  sujet  de  la  tâche  critique 
que  nous  avons  à  remplir.  J'étais  accompagné  du  docteur  Whitworth  et  de  l'adjudant 
Kennedy.  Nous  avons  définitivement  adopté  le  projet  que  nous  avions  conçu,  et  nous 
sommes  convenus  de  rassembler  les  Acadiens  à  trois  heures  de  l'après-midi.  Les  habi- 
tants de  mon  district  seront  sommés  de  se  réunir  à  l'église  de  la  Grand-Prée,  et  ceux  du 
district  du  capitaine  Murray  devront  se  rendre  au  fort  Edouard,  à  Piziquid.  Xous 
avons  fait  traduire  cette  sommation  en  français  par  M.  Beauchamp  [sic  pour  Isaac 
Deschamps],  marchand.     Cette  sommation  se  lit  comme  suit  : 

Le  lieutenant-colonel  John  Winslow,  écuyer,  commandant  des  troupes  de  Sa 
Majesté,  à  la  Grand-Prée,  à  la  rivière  des  Mines,  à  la  rivière  aux  Canards  et  autres 
endroits  adjacents,  etc. 

Aux  habitants  du  district  de  la  Grand-Prée,  rivière  des  Mines,  rivière  aux  Canards, 
etc.,  y  compris  les  vieillards,  les  jeunes  gens  et  les  adolescents. 

Attendu  que  Son  Excellence  vient  de  nous  faire  connaître  ses  dernières  volontés, 
au  sujet  des  propositions  qui  ont  été  faites  récemment  aux  habitants  et  que  nous  avons 
reçu  ordre  de    vous  en  faire   part  nous-mêm^s  ;  car  Son   Excellence   désirant  que  tous 
soient  mis  au  courant  des    intentions  de  Sa    Majesté,  nous    a    enjoint  de  vous  les  com- 
muniquer telles  qu'elle  les  a  reçues  : — 

(a)  Arriva  le  31  août  et  se  rendit  à  Piziquid. 
(h)  Arriva  le  4  septembre. 
(c )  Arriva  le  G  septembre. 

18— 37i 


76  .!/,'<  lll\  l.s  CANADIEN  \ 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

Ed  conséquence,  j'ordonne  et  enjoins  strictement  par  les  présentes  a  tous  les  habi- 
tanU,  y  compris  les  vieillards,  1rs  jeunes  gens  ainsi  que  COU  le  dix  ans,  dei  districts 

sus mentionnés  et  autres  districts,  de  se  réunir  à  L'église  de  la  Grand-Prée,  le  vendredi, 
,r>  oouranl  à  trois  heures  de  l'après-midi,  afin  de  leur  faire  part  des  instructions  que  nous 
sommes  chargés  de  leur  communiquer.  Je  déclare  qu'aucune  excuse,  de  quelque  nature 
qu'elle  soit,  ne  sera  acceptée  et  que  le  défaut  d'obéissance  aux  ordres  ci-dessus  en- 
traînera la  confiscation  des  biens  et  effets. 

Donnée  à  la  Grand-Prée  le  deux  septembre  de  la  29e  année  du  règne  de  8a  Majesté, 
A.  D.  1755. 

JOHN  WINSLOW. 

N.  B. — Le  capitaine  Murray  adressera  la  même  sommation  aux  habitants  de 
Piziquid,  etc. 

Une  fois  ces  dispositions  prises,  je  partis  du  fort  Edouard  à  11  heures  de  la  matinée 
et  arrivai  à  Gaspareau  à  2  heures. 

8  sept. — Après  avoir  pris  aujourd'hui  l'avis  de  mes  capitaines,  il  a  été  décidé  que 
je  devais  adresser  demain  matin  ma  sommation  aux  habitants. 

4  sept.  1755 — Ce  matin  j'ai  chargé  le  docteur  Rodion  [c'est  vraisemblablement 
Whitworth  dont  il  est  ici  question]  de  faire  connaître  la  sommation  aux  habitants.  Je 
lui  ai  ordonné  sévèrement  de  remplir  cette  tâche  avec  beaucoup  de  soin  ;  il  m'a  promis 
qu'il  s'en  acquitterait  fidèlement. 

5  sept. — Quatre  cent  dix-huit  des  principaux  habitants  se  sont  présentés  à  l'église 
de  la  Grand-Prée  à  trois  heures  de  l'après-midi,  conformément  à  l'ordre  qu'ils  avaient 
reçu.  J'ai  donné  ordre  d'apporter  une  table  au  centre  de  l'église,  et  assisté  de  mes 
officiers  qui  faisaient  la  garde,  je  leur  ai  communiqué  au  moyen  d'interprètes  les  ordres 
du  roi,  savoir  : 

Messieurs, — J'ai  reçu  de  Son  Excellence  le  gouverneur  Lawrence,  les  instructions 
du  roi,  que  j'ai  entre  les  mains.  C'est  par  ses  ordres  que  vous  êtes  assemblés  pour 
entendre  la  résolution  finale  de  Sa  Majesté  concernant  les  habitants  français  de  cette 
sienne  province  de  la  Nouvelle-Ecosse  où  depuis  près  d'un  demi-siècle  vous  avez  été 
traités  avec  plus  d'indulgence  que  ses  autres  sujets  dispersés  dans  ses  Etats.  Vous 
savez  mieux  que  tout  autre  quel  usage  vous  avez  fait  d'une  telle  bonté.  Le  devoir 
que  j'ai  à  remplir,  quoique  nécessaire,  m'est  très  désagréable  et  contraire  à  ma  nature  et 
à  mon  caractère,  car  je  sais  que  cela  vous  affligera  puisque  vous  possédez  comme  moi  la 
faculté  de  sentir.  Mais  il  ne.  m'appartient  pas  de  m'élever  contre  les  ordres  que  j'ai 
reçus  ;  je  dois  m'y  conformer.  Ainsi,  sans  autre  hésitation,  je  vais  vous  faire  connaître 
les  instructions  et  les  ordres  de  Sa  Majesté,  qui  sont  que  vos  terres  et  vos  maisons  et 
votre  bétail  et  vos  troupeaux  de  toutes  sortes,  sont  confisqués  au  profit  de  la  couronne, 
avec  tous  vos  autres  effets,  excepté  votre  argent  et  vos  mobiliers,  et  que  vous-mêmes  vous 
devez  être  transportés  hors  de  cette  province. 

,  Les  ordres  péremptoires  de  Sa  Majesté  sont  que  tous  les  habitants  français  de 
ces  districts  soient  déportés  ;  et  grâce  à  la  bonté  de  Sa  Majesté,  je  dois  vous  accorder 
la  liberté  d'emporter  votre  argent,  et  autant  de  vos  effets  que  possible,  sans 
encombrer  les  navires  qui  doivent  vous  transporter.  Je  ferai  tout  en  mon  pouvoir 
pour  que  ces  effets  soient  laissés  en  votre  possession,  que  vous  ne  soyez  pas  molestés  en 
les  emportant,  et  que  chaque  famille  soit  réunie  dans  le  même  navire,  a6n  que  cette 
déportation  qui,  je  le  comprends,  doit  vous  causer  de  grands  ennuis,  vous  soit  rendue 
aussi  douce  que  le  service  de  Sa  Majesté  peut  le  permettre.  J'espère  que  quelles  que 
soient  les  parties  du  monde  où  le  sort  va  vous  jeter,  vous  serez  des  sujets  fidèles,  et  un 
peuple  paisible  et  heureux. 

Je  dois  aussi  vous  informer  que  c'est  le  plaisir  de  Sa  Majesté  que  vous  soyez  retenus 
sous  la  garde  et  la  surveillance  des  troupes  que  j'ai  l'honneur  de  commander. 

Winslow  les  déclara  ensuite  tous  prisonniers  du  roi  et  fit  publier  la  déclaration 
suivante  : 

Grand-Prée,  5  septembre  1755. 

Les  présentes  sont  pour  notifier  les  officiers,  les  soldats  et  les  marins  au  service  de 
Sa  Majesté  ainsi  que  ses  sujets  de  toute  dénomination,  que  tous  les  bestiaux  tels  que 
chevaux,   bêtes  à  cornes,    moutons,   chèvres,   cochons  et  volailles  de  toutes  sortes,  qui 


OBNà   1/  OQJE   Dl       U   i/'//  \       i  i  /  (    m»  i  \n  \  i  77 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   IH 

appartenaient  jusqu'aujourd'hui  aux    habitant     fran    i  >nfi*qu< 

qui   ru  prend  poases  ion,  <i  que  toute  per  onne  ne  «I'  n  ordre     p«*<  ial,  i 

tuer  on  détruire  «i1""  que  oe   <>n  m  piller  le  jardins  m  faire  de  ravage 

d'auoun  genre  dan    oet  d  Donnée  à  mon  i  IVmlroii  h  ■<  lad 

JOHN   H  >W 

Pour  êl  re  publiée  dan     mon  camp  el    'lui     i  •     village     i 
\  .h  leaux  sont  mouill 

Je  me  rendis  ensuite  quartiers.     Les  habitants  français,    par  l'intermédia 

des   plus  anciens,  exprimèrent    leurs  regrets   d'avoir  encouru    !<•    mécontentement     de 
Sa.  Majesté  <vt  leurs  oraintes  que  Is    nouvelle  de  leui    empri  <ein<in<-n!  allait  portei   an 
coup  terrible  à  leurs  familles.     De  plus,  se  trouvant    dans   l'impossibilité  d'apprendn 
leurs  paient. s,  la  triste  situation  dans  laquelle  ils  bc  trouvaient,   ils  me  demandèrent   de 
garder  un  certain  nombre  d'entre  eux    comme  o  le  permettre   au  plus  grand 

nombre  de  retourner  dans  leurs  familles,    ('es  derniers  s'engageaient  a  ram 
ceux  des  habitants  qui  étaient    absents  lorsque  furent,  lancés  les  ordres  de   rassemble- 
blement.     Je  leur  répondis  que  je  considérerais  leur  demande  et    leur  communiquer) 
ma  décision. 

J'ai  réuni  immédiatement  mes  officiers  afin  de  leur  soumettre  ls  demande  des  prison- 
niers et   nous  décidâmes  d*'  leur   faire  choisir  vingt  d'entre  eux,  dont  ils  seraient   respOU 

sables.     Pour  former  ce  nombre,  ils  devaient  en  nommer  dix  de   la   Grand-Prée  et   dix 

autres  de  la  rivière  aux  Canards  et  de  La  rivière  aux  Habitants,  qu'ils  devaient   char_ 
d'aller  annoncer  aux  familles  ce  qui  s  était  passé  et  apprendre  aux  femmes  et  aux  enfai 
qu'ils   étaient  en    sûreté   dans   leurs   demeures,  pendant   l'absence   des  chefs  de  famille. 
Ces  délégués  devaient  en  outre  s'assurer  du  nombre  des  habitants  absents   et  faire  leur 
rapport  le  lendemain. 

Le  capitaine  A.  Murray  an  colonel  John   W inslow. 

Fort  Edouard,  5  septembre  1755. 

Cher  monsieur, — J'ai  très  bien  réussi  et  je  me  suis  emparé  de  183  hommea.  A 
l'exception  des  malades,  je  crois  qu'il  en  reste  très  peu.  J'espère  que  vous  avez  aussi 
opéré  avec  succès.     Je  serais  heureux  de  recevoir  les   transports  aussitôt   que   possible, 

car  vous  savez  que  le  fort  n'est  pas  grand. 

*  ■*  *  *  * 

P.S. — Je  vous  ai  envoyé  le  fils  de  Pierre  (a)  Leblanc,  afin  qu'il  soit  déporté  avec 
son  père  que  vous  avez  pris  sous  votre  protection.  D'après  le  calcul  le  plus  approxi- 
matif, il  faudra  pour  embarquer  le  nombre  de  prisonniers,  un  jaugeage  de  360  tonneaux. 
Dp,vis  (b)  croit  que  ce  chiffre  n'est  pas  assez  élevé  et  en  conséquence  je  crois  qu'il  vaut 
mieux  le  porter  à  400  tonneaux. 

Depuis  que  j'ai  écrit  ce  qui  précède,  il  est  arrivé  un  ou  deux  transports. 

Le  colonel  John  Winslow  an  capitaine  Alex.  Murray. 

Grand  Prée,  5  septembre  1755. 

Cher  monsieur, — Je  viens  de  recevoir  votre  lettre  de  ce  jour  et  je  me  réjouis  d'ap- 
prendre que  vous  vous  êtes  acquitté  avec  succès  de  votre  tâche.  Je  dois  vous  dire  que 
tout  s'est  bien  passé  ici.  Le  nombre  de  prisonniers  que  j'ai  sous  ma  garde  présentement 
ne  doit  pas  être  beaucoup  au-dessous  de  500.  J'en  ai  commencé  l'énumération,  mais  la 
nuit  m'a  empêché  de  continuer.  J'ai  permis  à  vingt  d'entre  eux  (pour  lesquels  les  autres 
sont  responsables)  d'aller  faire  connaître  aux  familles  des  prisonniers  ce  qui  était  arrivé  ; 

ces  délégués  m'ont  promis  qu'ils  reviendraient. 

*  *  *  *  * 

Quant  aux  transports,  je  vous  les  enverrai  aussitôt  qu'ils  seront  arrivés.     J'embarque- 
rais la    population   d'ici   et  j'ordonnerais    le  départ  si  j'avais  reçu  les  vivres.     Je   ne 

(a)  Sic  pour  Père,  signifiant  René,  le  notaire. 

(6)  Jonathan  Davis,  capitaine  de  la  goélette  Neptune  arrivée  récemment  de  Boston. 


78  ARCHn  ES   '   i  \  \ni':\  \  ES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 


pourquoi  M.  Saul  u'est  pas  encore  arrivé  ici  et  pour  quelle  raison  la  barge  u'est  pas 
revenue  de  Chignectou.  La  situation  actuelle  m'inquiète  et  m'embarrasse  sérieusement. 
Je  voudrais  avoir  un  plus  grand  nombre  d'hommes  sou^  mon  commandement,  car  je  me 
demande  si  je  vais  être  capable  de  terminer  ma  tâche  avec  le  nombre  de  soldats  (pie  j'ai 
à  ma  disposition. 

Le   5   septembre,   les   prisonniers  français  n'ayant  pas  de  livres  et    se  plaignant 
de   la   faim,   ont  demande   du  pain  ;  je  leur  en  ai  fait  distribuer  et  j'ai  donné    ordre 
(pie   les  familles  des   prisonniers   leur  fournissent   la  nourriture  à  l'avenir.      Ainsi 
terminée   la  journée  mémorable  du  cinq   septembre,   qui   a  été  remplie  de  fatigue  et 
d'inquiétude. 

Le  colonel  John   Winslow  au  capitaine  Alex.  Murray. 

Grand  Prés,  7  septembre  1755. 

CHBB  MONSIEUR, — Ayant  en  ma  possession  des  lettres  arrivées  d'Annapoiis  dont  les 
unes  doivent  vous  être  remises  et  les  autres  envoyées  à  Halifax,  je  profite  de  l'occasion 
du  départ  de  M.  Denier  pour  vous  les  faire  par\enir  et  je  dois  vous  apprendre  en  même 
temps  qu'ici  tout  se  passe  aussi  bien  que  possible  et  que  la  population  accepte  son  sort  avec 
autant  de  résignation  que  j'en  aurais  moi-même  dans  une  semblable  situation.  Je  permets 
aux  meuniers  de  faire  leur  travail  habituel  comme  par  le  passé.  Je  peimets  également  à 
dix  prisonniers  de  la  rivière  aux  Canards,  etc.  et  à  dix  autres  de  la  Grand-Prée,  d'aller  à 
tour  de  rôle  chercher  ce  que  les  prisonniers  ont  besoin.  11  s'en  est  présenté  418  le  premier 
jour  et  si  la  liste  qu'ils  m'ont  donnée  est  exacte,  34  chefs  de  famille  sont  malades.  Six 
autres  habitants  sont  venus  se  livrer  aujourd'hui  et  je  crois  qu'un  très  petit  nombre  ont 
l'intention  de  prendre  la  fuite.  Je  vais  envoyer  un  détachement  cet  après-midi  sous  les 
ordres  du  lieutenant  Handfield  arrivé  vendredi  d'Annapoiis,  avec  instruction  de  se 
rendre  jusqu'aux  maisons  les  plus  éloignées,  a6n  de  s'assurer  si  la  liste  qui  nous  a  été 
fournie  est  exacte.  Si  nous  découvrons  que  nous  avons  été  trompés,  je  serai  dans  l'obli- 
gation de  faire  des  exemples,  conformément  aux  instructions  que  j'ai  reçues. 

Ma  barge  n'est  pas  encore  revenue  de  Chignectou  et  je  ne  puis  m'expliquer  ce  retard. 
Les  vaisseaux  qui  doivent  nous  apporter  les  vivres  ne  sont  pas  encore  arrivés  et  je 
n'ai  pas  reçu  de  nouvelles  du  capitaine  Adams.  J'espère  que  tout  va  bien  dans  votre 
localité.  Cinq  transports  sont  ici  actuellement  et  je  suppose  que  vous  en  avez  deux 
autres  à  votre  disposition.  Une  fois  les  vivres  arrivés,  j'en  ferai  une  distribution 
à  raison  du  nombre  de  prisonniers.  Je  suis  persuadé  que  le  gouvernement  n'a 
pas  noli^é  un  nombre  suffisant  de  vaisseaux.  Le  fils  de  René  LeBlanc  se  comporte 
aus->i  bien  que  son  père  ;  il  nous  dit  qu'il  a  empêché  les  jeunes  gens  de  prendre  la  fuite 
et  je  le  crois  digne  de  confiance. 

Le  capitaine  Alex.  Murray  au  colonel  John  Winslow. 

Fort  Edouard,  8  septembre  1755. 

Cher  monsieur, — J'aceuse  réception  de  votre  lettre,  et  je  dois  vous  dire  que  je 
suis  content  d'apprendre  que  tout  va  bien  à  la  Grand-Prée  et  que  les  pauvres  diables 
sont  si  résignés.  Ceux  d'ici  ont  montré  plus  de  patience  que  j'en  attendais  de  gens  dans 
leur  situation  et  je  suis  grandement  surpris  de  constater  l'indifférence  des  femmes  qui 
sont  réellement  ou  paraissent  indifférentes  à  leur  sort. 

Quand  je  pense  à  ceux  d'Annapoiis,  je  me  réjouis  de  les  avoir  sommé  de  venir  au 
rendez-vous.  Je  crains  qu'il  y  ait  des  pertes  de  vie  avant  que  nous  ayons  terminé  le 
rassemblement  :  vous  savez  que  nos  soldats  les  détestent  et  qu'ils  profiteront  de  tout 
prétexte  pour  les  tuer.  *  * 

Je  suis  des  plus  heureux  d'apprendre  que  votre  camp  est  en  sûreté  et  puisse  servir 
(comme  dit  le  Français)  de  bonne  prison  pour  les  habitants.  J'ai  hâte  de  voir  ces 
pauvres  infortunés  embarqués  et  notre  tâche  terminée  ;  alors  je  m'accorderai  le  plaisir  de 
vous  faire  une  visite  et  nous  boirons  à  leur  bon  voyage. 

10  septembre. — J'ai  remarqué  ce  matin  parmi  les  Français  une  agitation  inaccou- 
tumée qui  me  cause  de  l'inquiétude.     J'ai  réuni  mes  officiers  auxquels  j'ai  fait  part  de  ce 


i,l    \  I    l  /  <><,l  l     Dl  \<     l  DU    \         Il  /  <      hni   i    \l  I    \  l  79 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

que  j'avais  remarqué  et  apr<  -  avoir  examina   la  lituation,  il  fui  décidé  à  l'un'inimiu  d< 
séparer  les  prisonniers.     Afin  de  pn  l<    8a  Majesté  et  de  mettre  tout  le 

monde  à  l'abri  du  danger,  nou h  convinmei  de  î-tirt   monter  cinquante   pi 
ohaoun  des  oino  vaisseaux  arriv<    ds    Boston  et  de  oororaenoer  par  le    jeun»  I  .■ 

uapitaine  Ad. uns  du  Warren    vaisseau  de  guerre  au  service  de  8s  Maji 
prendre  les  transports  iou     on  commandement  et  une  foi  nniei    rendu    à  bord 

«  le  donner  au  i  capitaines  des   vaisseaux    le    ordi  pour   la  protection   du 

sers  ire  de   Sa    Majesté.     Il    fui    décidé   de   oonftei    la    garde   de   chaqu< 
Bous-officiero  ou    soldats.     Ensuite    le   capitaine    A.dami  et    le    capiti 
u\  reçurent  ordre  de  toul  préparer  pour  l'embarquement   de    captifs.     Je  fis  venir  le 
père  Landry   (a),   leur  meilleur  interprète  et  celui  ôVentn  |ui  parlait  le  mieux  l'an 

glais.    Je  lui  dit  que  nous  allions  commencer  l'embarquement  <i  une  partie  des  habitai 
que  nous  avions  décidé  d'un  embarquer  250   le  jour   même  et  que  nous  commenoerion 
par  les  jeunes  gens.     Je  le  chargeai  d'avertir  ses  compagnons  de  cette  déci  ion  qui 
beacoup  surpris.     Je  lui  «lis  qu'il  fallait  que  la  chose  se  fasse,  que  je  donnerais  ordre  de 
mettre  tous  les  prisonniers  en  lignes  de  six   hommes  de  front,  avec  Lee  jeun 
gauche,  et  que  la  marée  ne  me  permettait  pas  de  leur  accorder  plus  d'une  heure  poui 
préparer.     Toute  La  garnison  fut  appelée  sous  les  armes  et  placée  derrière  le  presbyte 
entre  L'églis  •  et  Les  deux  portes  de  1  enceinte  palissadée.    Selon  an  s  ord  les  habi 

tan ts  français  furent  rassemblés,   les   jeunes   gens  placés  à  gauche.      Ensuite  j'ordonnai 
au  capitaine  Adams,  aide  d'un  lieutenant  et  de  80  sous-officii  ildats,  de  faire  sortir 

des  rangs,  111  jeunes  gens  et  de  les  escorter  jusqu'aui  transports.  .1  ordonnai 
aux  prisonniers  de  marcher.  Tous  répondirent  qu'ils  ne  partiraient  pas  Bans  leurs 
pères  Je  leur  répondis  que  c'était  une  parole  que  je  ne  comprenais  pas,  car  l'ordre 
du  roi  était  pour  moi  absolu  et  devait  être  exécuté  impérieusement  :  que  je  n'aimais  | 
les  mesures  de  rigueur  et  que  le  temps  n'admettait  pas  de  pourparlers  ou  de  délais. 
J'ordonnai  a  toutes  les  troupes  de  mettre  la  baïonnette  au  canon  et  de  s'avancer  sur  les 
Français.  Je  commandai  moi-même  aux  quatre  rangées  de  droite  des  prisonniers,  com- 
posées de  vingt-quatre  hommes,  de  se  séparer  du  reste  ;  je  saisis  l'un  d'entre  eux  qui 
empêchait  les  autres  d'avancer  et  je  lui  ordonnai  de  marcher.  Il  obéit  et  les  autres  le 
suivirent,  mais  lentement.  Ils  s'avançaient  en  priant,  en  chantant  et  en  se  lamentant, 
et  sur  tout  le  parcours  (un  mille  et  demi)  les  femmes  et  les  enfants  à  genoux  priaient  et 
faisaient  entendre  leurs  lamentations. 

J'ordonnai  ensuite  à  ceux  qui  restaient,  de  choisir  parmi  eux  cent  neuf  hommes 
mariés  qui  devaient  être  embarques  après  les  jeunes  gens.  La  glace  était  rompue  et 
le  nombre  indiqué  fut  rassemblé  sous  la  surveillance  du  capitaine  Adams  J'ordonnai 
3uite  au  capitaine  Osgood  aidé  d'un  subalterne  et  de  80  sous-officiers  et  soldats,  de  les 
escorter,  mais  lors  de  l'embarquement  le  capitaine  Osgood  constata  qu'il  n'y  en  avait  que 
au  lieu  de  109.  De  sorte  que  le  nombre  de  prisonniers  mis  à  bord  ce  jour-là  était  de 
230.  Ainsi  se  termina  cette  pénible  tâche  qui  donna  lieu  à  une  scène  navrante.  Le 
capitaine  Adams  donna  ordre  aux  transport  de  descendre  la  rivière  Gaspareau  et  de  jeter 
l'ancre  à  l'embouchure  de  cette  rivière  et  de  la  rivière  Piziquid.  Je  fis  alors  connaître  à 
la  population  française  qu'il  était  loisible  aux  familles  et  aux  amis  des  prisonniers  de 
fournir  les  vivres  dont  ceux-ci  avaient  besoin  à  bord  des  transports  ou  de  me  laisser  le 
soin  de  les  nourrir  aux  frais  du  roi.  Comme  ils  décidèrent  de  fournir  la  subsistance 
aux  prisionniers,  je  donnai  ordre  à  tous  les  bateaux  de  profiter  des  marées  de  chaque 
jour  pour  venir  chercher  les  vivres  qu'apporteraient  les  femmes  et  les  enfants  pour  les 
prisonniers  à  bord  des  navires,  et  d'envoyer  un  prisonnier  sur  chaque  bateau  pour  les 
recevoir  et  les  distribuer  ensuite  à  chaque  personne  à  laquelle  ils  étaient  destinés  ;  et  en 
outre,  de  transporter  sur  les  bateaux  en  aussi  grand  nombre  que  possible,  les  amis  qui 
désiraient  visiter  les  prisionniers  sur  les  navires. 

(n)  François  Landrv,  né  en  1692,  fils  d'Antoine  Landrv  et  de  Marie  Thibodeau,  épousa  à  la  Grand  - 
Prée  le  27  niai  1711,  Marie  Joseph  Doucet  et  eut  une  famille  nombreuse.  Ils  furent  déportés  à  la  baie  du 
Massachusetts  en  1755,  et  revinrent  à  St-Jacques  LAchigan  à  l'automne  de  1766,  où  le  père  mourut  et 
fut  enterré  à  L' Assomption  le  21  avril  1767. 


80  i/,'<  7//i  />   (   i  \  \i>/l.\  \ 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Li  colonel  Winêlow  au  capitaine  Murray. 

<  ;  i  ;  a  n  i  >   l'ci.i:,   1  1    septembre  \~->~>. 

Cher  monsieur,    -J'ai  embarqué  sur  les  vaisseaux  230  de  dos  amia  les  Français  et  je 

vais  eu  ajouter  20  autres  à  oe  nombre  aujourd'hui  ;  leurs  amis  restés  dans  les  villages  leur 
apportent  <les  vivre-.    Je  suis  désireux  de  voir  arriver  M.  Saul  et  les  vaisseaux,  et  je 

fatigué  d'entendre  des  lamentations. 

*  *  * 

Le  gouverneur  Lawrence  au  colonel  Winslow. 

Halifax,   11  septembre  17t 

.  Le  capitaine  Murray  m'a  fait  connaître  que  les  mesures  que  vous  avez  prises  en 
commun  pour  rassembler  les  habitants,  ont  très  bien  nu^si  :  et  certes  je  les  approuve 
entièrement.  Le  village  de  Cobequid  faisant  partie  du  district  dont  vous  êtes  chargé, 
j'y  ai  envoyé  à  la  demande  du  capitaine  Murra}7,  le  capitaine  Lewis  avec  autant 
d'hommes  dont  on  peut  se  passer  ici,  pour  aider  à  s'emparer  des  habitants  de  cet  en- 
droit, et  je  crois  que  cette  tâche,  sera  rude.  Le  capitaine  a  visité  ces  endroits  dernièrement 
et  connaît  bien  la  topographie  de  ces  villages.  Pour  cette  raison,  je  le  crois  apte  à  diriger 
cette  entreprise  et  à  vous  suggérer  les  moyens  à  prendre  pour  la  mener  à  bonne  fin  ;  par 
conséquent  j'aimerais  que  tous  les  deux,  le  capitaine  Murray  et  vous,  vous  vous  concertiez 
avec  lui.  L'amiral  a  ordonné  récemment  au  capitaine  Diggs  d'escorter  les  transports 
avec  un  vaisseau  de  vingt  canons;  j'espère  qu'il  arrivera  avant  longtemps.  Vous  devrez 
embarquer  les  hommes  aussitôt  que  possible  et  faire  en  sorte  que  les  femmes  leur  four- 
nissent des  vivres  jusqu'à  leur  départ;  ce  qui  signifiera  une  épargne  considérable  pour 
le  gouvernement.  Mais  s'il  vous  est  impossible  d'obtenir  cela,  vous  devrez  suivre  vos 
instructions.  Rogers  mettra  à  la  voile  demain  ou  après-demain  et  apportera  des  vivres. 
Le  détachement  emmènera  les  députés  qui  ont  été  retenus  ici,  afin  qu'ils  soient  déportés 
avec  leurs  familles  ;  vous  réunirez  ceux  des  Mines  et  de  la  rivière  aux  Canards  aux  pri- 
sonniers de  ces  endroits,  puis  vous  enverrez  ceux  d'Annapolis  au  major  Handfield  et 
vous  les  ferez  escorter  par  un  détachement.  Je  crois  que  les  habitants  auront  presque 
terminé  leurs  récoltes  avant  leur  arrestation  ;  et  vous  devez  dans  l'intérêt  public 
sauver  autant  de  grain  que  vous  pourrez,  et  protéger  les  bestiaux  dont  nous  aurons 
grand  besoin,  afin  de  fournir  de  nouvelle  provisions  à  notre  flotte  et  à  nos  soldats.  J'ai 
déjà  mis  le  capitaine  Murray  au  courant  de  cette  nécessité. 

Lorsque  vous  enverrez  un  détachement  au  capitaine  Handfield,  donnez  ordre  de 
fouiller  tous  les  villages  situés  le  long  de  la  rivièr6  et  de  conduire  à  Annapolis  tous  les 
hommes  qui  y  seront  trouvés  ;  donnez  ordre  également  aux  femmes  de  les  suivre  avec 
les  enfants  et  d'apporter  autant  de  vivres  que  possible,  afin  de  nourrir  les  prisonniers 
jusqu'à  leur  départ. 

Je  ne  tiens  pas  au  départ  immédiat  du  détachement  qui  doit  aller  à  Annapolis,  de 
crainte  que  l'expédition  de  Cobequid  ne  soit  retardée.  Vu  l'importance  de  cette  dernière, 
elle  doit  être  organisée  et  avoir  lieu  sans  délai. 

12  septembre, — J'ai  reçu  hier  des  habitants  neutres  une  pétition  rédigée  en  français  ; 
je  l'ai  fait  parvenir  par  le  lieutenant  Mercer  à  M.  Deschamp  qui  après  en  avoir  fait  la 
traduction  en  anglais  me  l'a  retournée  avec  la  lettre  suivante,  etc.: 

Monsieur, — Vous  trouverez  ci-inclus  les  deux  documents  français.  J'en  ai  traduit 
en  anglais  les  parties  essentielles  qui  suffiront  à  vous  faire  comprendre  les  demandes  des 
habitants.     Je  vous  prie  de  présenter  mes  félicitations  au  docteur,  etc. 

Je  suis,  monsieur,  votre  humble  serviteur, 

ISAAC  DESCHAMP. 

Au  colonel  Winslow,  commandant  des  troupes  de  Sa  Majesté  à  la  Grand-Prée. 

N°  1. — Pétition  des  habitants  au  général  Phillips  demandant  que  le  libre  exercice 
de  leur  religion  soit  accordé  à  ceux  qui  prêteront  le  serment  de  fidélité  à  Sa  Majesté  le 
roi  George,  avec  le  privilège  d'avoir  des  missionnaires  au  milieu  d'eux  ;  et  que  la  posses- 


<,i  \  i   1/  iii.i i    in  .      [VA  Oïl  Vi      ii/'    DOOl  Mi  S  i 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

lion  «1«-   leur  i   propi  iét<      leui  intie    di  pai(  n 

ignée  |  u   li       'i  i  il  Phiïlip ■  annon  que  leur  p< 

été  l.i  formule  de  ce    ennenl  est  reproduite  ci- apri 

Je  promi  te  et  jure  sincère ni  en  foi  de  chrétien  qui  ntièn  ment  fidi 

oumettrai  véritablement  à  Sa  Maje  té  G  nd,  roi  delà  Grande  Bi 

que  je  reconnais  pour  le  Souverain  Seigneur  <!«•  In  Nouvelle  E 

Ainsi  que  I  >ieu  m 

Ce  serment    n'a    jara  publié.     (  >n  le  trouve  annexé  a  am 

Phillips  en  date  du  2  septembre  1730,     La.  formule  de  ce  serment   diffère  d  <|ue 

Les  Acadiens  d'Annapolis  prêtèrent  en  décembre  L729,  et  qui  se  lit  comme  mit: 

"Je  promet  et  jure  sincèrement  en  foi  de  chrétien  qui  rai  entièrement  Fidelle 

et  obéirai  Vrayment  [à]  Sa  Majesté  Le  Eloy  >nd,  que  je  reconnois  pour  le 

Souverain  Seigneur  de  la  Nouvelle  E  sosse  ou  de  L'Accadie." 

"  Ainsi  que  1  >if  u  me  soit  en  aide." 

Vient  ensuite  un  certificat  de  monsieur  De  la  Godelis  [De  la   Goudalie]  et  d'Alex. 
Nouville  [De  Noinville]  prêtres,  déclarant  que  le  général  Philipps  promit  aux  habitants 
qu'ils  seraient  dispensés  de  prendre  les  armes  contre  les  Français  ou  contre  les  Sauvag 
et  les  habitants  s'engageaient  à  ne  pas  prendre  les  armes  contre  l'Angleterre   ou   contre 
son  gouvernement. 

En  date  du  29  avril  1730.  (b). 

No.  2. — Pétition  adressée  à  John  Winslow,  écr.,  lieutenant-colonel  des  troupes  de 
Sa  Majesté,  commandant  à  la  Grand-Prée  : 

A  la  vue  des  maux  qui  semblent  nous  menacer  de  tout  côté,  nous  sommes 
obligés  de  réclamer  votre  protection  et  de  vous  prier  d'intercéder  auprès  de  Sa  Majesté, 
afin  qu'elle  ait  des  égards  pour  ceux  qui  ont  inviolablement  gardé  la  fidélité  et  la  soumis- 
sion promises  à  Sa  Majesté.  Comme  vous  nous  avez  fait  entendre  que  le  roi  vous  a  donné 
ordre  de  nous  transporter  hors  de  cette  province,  nous  supplions  que,  s'il  nous  faut  aban- 
donner nos  propriétés,  il  nous  soit  au  moins  permis  d'aller  dans  des  endroits  où  nous 
trouverons  des  compatriotes,  nous  engageant  à  nous  déplacer  à  nos  propres  frais  et  qu'il 
nous  soit  accordé  un  délai  raisonnable  pour  cela.  De  plus  cette  faveur  nous  permettrait 
de  conserver  notre  religion  à  laquelle  nous  sommes  profondément  attachés  et  pour 
laquelle  nous  sommes  contents  de  sacrifier  nos  biens,  etc. 

{a)  Voici  la  formule  en  français  de  ce  serment  qui  fut  prêté  par  591  Acadiens. 

Nous  Prommettons  et  Jurons  sincèremeut  en  foi  de  Chrétien  que  nous  serons  entièrement  Fidelle  et 
et  Xous  nous  Soumettons  Véritablement  à  Sa  Majesté  George  Le  Second,  Roy  de  La  Grande  Bretagne, 
que  nous  reconnoissons  pour  Le  Souverain  Seigneur  de  la  Nouvelle  Ecosse  et  L'Accadie. 

Ainsi  Dieu  nous  soit  en  Aide. 

(b)  Xous,  Charles  de  la  Goudalie,  Prêtre,  Curé  Missionnaire  de  la  Paroisse  des  Mines,  Grand-Prée  et 
la  Rivière  aux  Canards,  et  Noël  Alexandre  Noiville  [de  Noinville],  Piètre,  bachelier  de  la  Sacrée  Faculté 
de  Théologie  de  Sorbonne,  Missionnaire  Apostolique  et  curé  de  l'Assomption  et  de  la  Sainte-Famille  de 
Piziquid,  certifions  à  qui  il  appartiendra,  que  Son  Excellence  le  Seigneur  Richard  Philipps,  écuyer, 
capitaine  en  chef  et  Gouverneur-Général  de  la  Province  de  Sa  Majesté,  la  Nouvelle-Ecosse  en  Acadie,  a 
promis  aux  habitants  des  Mines  et  autres  rivières  qui  en  dépendent,  qu'il  les  exempte  du  fait  des  am 
de  la  guerre  contre  les  François  et  les  Sauvages,  et  que  ies  dits  habitants  se  sont  engagés  uniquement  et 
ont  promis  de  jamais  prendre  les  armes  dans  le  fait  de  la  guerre  contre  le  Royaume  d'Angleterre  et  Son 
Gouvernement.  Le  présent  certificat  fait  et  donné  et  signé  par  Nous  cy-nomméf-,  le  25  avril  1730,  pour 
être  mis  <mtre  les  mains  des  habitans  et  leur  valoir  et  servir  partout  où  besoin  sera  ou  que  de  raison  en  est. 

(Signé)  :  De  la  Goudalie,  curé.  Noël  Noiville  (de  Noinville),  Prêtre  et  Missionnaire.  Debourg  Belle- 
humeur,  collationné  le  25  avril. 


82  \/:<  n/\  E&  C  i  \  \hii:\  \  i> 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
/.■  colonel  Winslow  cm  gouverneur  Lawrence. 

Camp   DE   LA   GRAND   I'hkk,  1 7  septembre  L755. 

Je  viens  de  recevoir  votre  lettre  <lu  1  1  courant  et  j'apprends  avec  plaisir  que  Votre 

ellence  approuve  les  mesures  prises  par  le  capitaine  Murrây  et  moi.  Je  prends  la 
Liberté  de  faire  connaître  à  Votre  Excellence  ce  qui  s'est  passé  depuis  le  5  de  ce  mois 
jusqu'à  date.  Le  cin<j.  j'ai  rassemblé  les  habitants  mâles  auxquels  j'ai  communiqué 
vos  ordres,  leur  apprenant  <pie  leurs  terres.  1<  urs  habitations,  tous  leurs  bestiaux  et 
toutes  leurs  autres  propriétés,  étaient  confisqués  au  profit  de  la  couronne,  excepté-  leur 
argent  et  leurs  mobiliers  qu'ils  axaient  la  liberté-  d'emporter,  de  façon  <ependant  à 
ne  pi--  encombrer  outre  mesure  les  vaisseaux  sur  lesquels  ils  devaient  être  embar- 
qués :  je  leur  ai  déclaré  ensuite  qu'ils  étaient  tous  prisonniers  du  roi  Ils  furent  grande- 
ment surpris  de  cette  détermination,  mais  je  crois  qu'ils  ne  s'imaginaient  pas  alors  et 
qn'ils  sont  encore  loin  de  croire  qu'ils  vont  être  déportés.  Ils  étaient  impatients  d'obte- 
nir leur  liberté  temporaire  en  laissant  un  petit  nombre  d'entre  eux  comme  otages.  Je 
leur  repondis  que  je  ne  pouvais  leur  accorder  cela,  mais  qu'en  considération  de  leur 
situation  et  de  la  nécessité  de  pourvoir  aux  besoins  de  leurs  familles  et  à  leurs  besoins 
personnels,  je  permettais  à  dix  prisonniers  de  la  Grand-Prée  et  à  dix  autres  de  la 
rivière  aux  Canards,  de  sortir  à  tour  de  rôle  pendant  24  heures.  Je  leur  laissai  choisir 
eux-mêmes  ceux  qui  devaient  jouir  de  ce  privilège,  les  autres  prisonniers  devant  être 
responsables  de  leur  retour.  Ces  délégués  devaient  s'occuper  de  faire  parvenir  aux 
prisonniers  ce  dont  ceux-ci  avaient  besoin.  J'ai  suivi  cette  ligne  de  conduite  jusqu'aujour- 
d'hui sans  inconvénient.  J'ai  accordé  le  même  privilège  aux  meuniers,  afin  qu'ils  conti- 
nuent de  moudre  le  grain  pour  la  population  ;  nous  avons  agi  de  cette  manière  avec  les 
prisonniers  jusqu'au  dix,  alors  que  les  Français  m'ont  paru  s'agiter.  J'ai  consulté  mes 
officiers  et  nous  fûmes  tous  d'accord  qu'il  était  urgent  de  séparer  les  prisonniers  ;  nous 
avions  alors  cinq  transports  arrivés  de  Boston  et  nous  décidâmes  de  faire  monter 
cinquante  prisonniers  sur  chacun.  Nous  commençâmes  par  embarquer  141  jeunes 
gens  et  nous  avons  décidé  ensuite  de  les  faire  suivre  de  109  hommes  maries  : 
mais  une  erreur  ayant  été  commise,  il  n'y  eut  que  89  de  ces  derniers  qui  furent 
mis  à  bord.  Il  y  a  donc  aujourd'hui  230  prisonniers  sur  les  navires  qui  sont  à  l'ancre 
à  l'embouchure  de  l'Anse  sous  la  protection  du  capifaine  Adams  qui  commande  le 
Warren,  et  d'une  garde  de  six  hommes  de  notre  détachement,  que  j'ai  fait  monter  sur 
chaque  vaisseau.  Les  autres  prisonniers  sont  enfermés  dans  l'enceinte  palissadée  durant 
le  jour  et  dans  l'église  durant  la  nuit  et  tout  est  tranquille  maintenant.  Voilà  pour  ce 
qui  regarde  les  Français. 

(t>uant  à  nos  propres  affaires  et  à  notre  situation  présente,  je  dois  informer  Votre 
excellence  que  nous  avons  envoyé  des  détachements  dans  tous  les  villages  jusqu'aux 
parties  les  plus  reculées  de  la  rivière  aux  Canards,  et  que  nous  croyons  avoir  tous  les 
habitants  mâles  en  notre  possession,  à  l'exception  de  trente  vieillards  invalides]  dont  je 
me  soucie  guère  de  m'embarrasser  avant  le  départ  de  la  population.  Quant  aux  vivres 
je  n'en  ai  pas  fourni  aux  Français,  si  ce  n'est  le  premier  jour  de  leur  détention,  alors 
que  nous  n'avions  encore  pris  aucune  décision  à  l'égard  des  choses  nécessaires  à  leur 
subsistance.  Maintenant  il  est  entendu  que  les  femmes  et  les  enfants  apporteront  ce 
qu'il  [faut  pour  nourrir  les  prisonniers  qui  nous  restent  ici  et  ceux  qui  sont  sur  les 
vaisseaux.  Les  vivres  sont  apportés  au  village  et  à  toutes  les  marées,  un  bateau  est 
envoyé  de  chaque  navire  pour  les  y  transporter  ;  en  outre,  un  Français  est  envoyé  sur 
chaque  bateau  afin  que  les  prisonniers  à  bord  reçoivent  exactement  ce  que  leur  apporte 
leur  famille.  C'est  ainsi  que  tout  s'est  passé  (malgré  les  lamentations  des  femmes  et  des 
enfants  et  bien  qu'ils  se  plaignent  de  la  faim)  jusqu'à  ce  jour.  Je  serais  très  heureux  de 
voir  ici  M.  Saul  ainsi  que  la  flotte,  dont  on  m'a  appris  l'arrivée  à  Chignectou  le  vingt  août 
dernier  ;  je  ne  puis  m'expliquer  ce  retard.  J'ai  reçu  une  lettre  du  colonel  Monckton  en  date 
du  5  septembre.  Il  n'y  est  pas  question  du  départ  des  transports  de  cet  endroit  ;  il 
m'apprend  que  l'embarquement  des  habitants  se  fait  lentement  et  qu'il  craint  de  ne 
pouvoir  nous  fournir  des  vivres,  etc. 

J'ai  dressé  une  liste  de  toutes  les  personnes  que  j'ai  sous  ma  garde,  hommes, 
femmes,    garçons  et    filles,   et    des   bestiaux    de    toutes    sortes    dont    le   nombre  m'a 


(,l   \  I    1/  ni.ll     IU  .-      l<    \hll   \         II/'     UOi  i    \H   \  I 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

été  donné    par    les    habitants      Sauf    len  dcput<      mriv»     ici  dont  le 

nombre  exaot  dan    ta  pré*  ente  ol  pour  lequel  je  ne  pu  I  on  abl<     e  i  du  ; 

rendu  que   je   \  mis  t'.ii  1  jeu  \  nui    d;i  1 1  B  08(  »  '  ■    lettre  t    '     W  que   po     iblo. 

Je  m'efforcerai   d'épargnei   de    dépense    au  ornement   comme     il  lit  de 

mes  intérêts  personnels  ;  cependant  dan    l'intérel  public,  si  Votre  I 
je  promettrai  une  oertaine  rémunération    J  e  p<  re  qu'avant    longtemji 
fini  avec  les  embarras  que    nou  ni    no     vo\  in  termine  en   pi 

hommages  .;i  Vol  re  Rxcellen< 

/.'•  colonel  II  inslow  nu  colonel  Monckton 

<    wn-  1)1    LA  UraND-PbKB,  19     BPTRMBRI     17- 

honorable  monsirur,     J'aurais  été  heureux  de  recevoii   d( 
actuellement  ici  dea  détachements  en  expédition  en  plus  do  mec  troupe    et  au  delà  de 
500   Français  avec  leurs  familles  sous  ma   protection;  ce  qui   forme  un   total  de  2000 
personnes. 

Je  serai  heureux  d'apprendre  le  départ  de  M.  Saul  avec  les  transporta,  afin  que  je 
sache  sur  quelle  quantité  de  vivres  je  puis  compter  pour  les  prisonni  il  y  aura  lieu 

de  se  procurer  d'autres  transports,   pareeque   la  saison  avancée  exige   que  non 
diligence. 

Le  colonel  Winslow  à  Johhua   Winslow^  commissaire  dfec,  à  Chignectou. 

Camp  de  la  Grand-Pree,  19  septembre  1755. 

J'ai  actuellement  507  hommes  sous  ma  garde  qui  avec  leurs  femmes  et  leurs  enfants 
forment  une  population  de  2000  personnes  dans  mon  district.  Sans  compter  les 
villages  circonvoisins  et  plusieurs  localités  du  district  de  Piziquid,  il  y  a  près  de  6,000 
bêtes  a  cornes,  8,000  moutons,  4,000  cochons  et  500  chevaux.  .Je  ne  puis  comprendre 
pourquoi  les  transports  sont  encore  à  Chignectou,  et  pourquoi  je  ne  recois  pas  de 
vivres. 

Le  colonel  Winslow  à  George  Saul. 

Camp  de  la  Grand  Prée,  20  septembre  1755. 

Je  dois  vous  informer  que  nous  avons  ici  300  prisonniers  dont  230  ont 
été  embarqués  le  10  courant.  En  y  ajoutant  les  femmes  et  les  enfants,  ce  nombre 
s'élève  à  2,000  personnes,  sans  compter  les  populations  de  Cobequid  et  de  Piziquid. 
Nous  avons  envoyé  un  détachement  au  premier  endroit  pour  s'emparer  de  la  population 
et  nous  n'avons  pas  de  vivres  pour  ces  prisonnieis,  lorsqu'ils  arriveront.  Depuis  mon 
arrivée  ici  je  n'ai  reçu  des  vivres  pour  mes  hommes  que  pour  l'espace  d'un  mois  ;  il 
m'a  fallu  en  prendre  de  ceux  que  les  femmes  et  les  enfants  apportaient  pour  leurs  amis. 
Mais  lorsqu'il  vente,  ce  qui  a  lieu  aussi  souvent  qu'a  Chignectou,  les  prisonniers  à  bord 
souffrent  de  la  faim,  et  lorsque  le  détachement  reviendra  avec  deux  ou  trois  cents 
personnes,  suivant  nos  calculs,  ces  prisonniers  n'auront  pas  d'an  is  ici  pour  les  nourrir  et 
je  n'aurai  pas  de  vivres  pour  eux.  En  conséquence,  je  vous  prie  d'envoyer  les  viv 
aussitôt  que  possible. 

• 

Joshua  Winslow  au  colonel  Winslow. 

Fort  Lawrence,   23  septembre  1755. 

Cher  monsieur, — Nous  n'avons  pas  encore  embarqué  tous  les  Français,  mais  je 
crois  que  nous  les  aurons  expédiés  d'ici  à  deux  jours.  Je  crois  que  vous  avez  été  très 
expéclitif,  et  vous  avez  réussi  mieux  que  je  m'y  attendais.  Vous  avez  réellement  un 
bon  nombre  de  bestiaux.  Je  voudrais  les  voir  distribuei  à  de  nombreuses  et  bonnes 
familles  établies  sur  les  terres,  mais  Dieu  sait  quand  cela  se  fera. 


84  Â.R(  lin  />   0  i  VADI1  S  S  / 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Le  <-<>l>>itel  Winslow  au  capitaine  iiurray. 

Grand  Prée,  25  septembre  17.";."). 
Je  suis  décidé  d'embarquer  un  certain  nombre  d'habitants  aujourd'hui. 

/>''  colonel  Winslow  au  gouverneur  Lawrence. 

Camp  de  la  Grand  Preb.  29  septembre  1755. 
Qu'il  plaise  a  \  excellence, 

J'ai  reçu  votre  honorée  lettre  du  '2'.>  courant.  Je  suis  très  heureux  d'apprendre  que 
Votre  Excellence  approuve  ce  que  j'ai  fait,  mais  mon  plaisir  sciait  plus  grand  si  je 
pouvais  vous  apprendre  que  les  vaisseaux  sont  arrivés  de  Chignectou.  Je  regrette,  hélas  '. 
que  nous  soyons  désappointés  de  ce  côté,  car  le  capitaine  Taggart  arrivé  le  26  avec  M. 
Saul  et  les  vivres,  m'informe  que  tous  les  transports  de  cet  endroit  ont  été  utilisés 
pour  transporter  la  population,  et  que  nous  ne  devons  attendre  aucun  secours  de  ce 
côté.  J'ai  aussi  reçu  une  lettre  du  colonel  Monckton  en  réponse  à  celle  par  laquelle 
je  lui  demandais  de  me  faire  connaître  le  nombre  de  vaisseaux  sur  lequel  je  puis 
compter  ;  j'avais  envoyé  en  même  temps  une  barge  avec  les  dépêches  de  Votre  Ex- 
cellence, mais  sa  réponse  ne  fait  pas  mention  de  transports.  Après  avoir  examiné 
sérieusement  cette  situation,  je  me  suis  rendu  hier  matin  au  fort  Edouard  sur  une 
barge,  dans  le  dessein  de  m'entendre  avec  le  capitaine  Murray.  Sachant  que  le  major 
Handfield  se  trouve  dans  l'impossibilité  d'embarquer  les  habitants  de  la  rivière 
Annapolis,  avant  d'avoir  reçu  l'aide  d'un  fort  détachement  que  je  dois  lui  envoyer, 
ce  qu'il  m'a  fait  savoir  par  l'officier  du  détachement  qui  a  escorté  les  délé- 
gués appartenant  à  cette  localité,  lequel  m'a  informé  que  les  habitants  le 
long  de  la  rivière  s'étaient  sauvés  à  son  approche.  Considérant  aussi  que  dans 
notre  présente  situation  il  serait  dangereux  d'envoyer  un  détachement,  et 
qu'en  outre,  les  transports  sont  pans  utilité  au  major  Handfield  à  lheure  pré- 
sente, nous  avons  décidé  de  demander  à  Votre  Excellence  s'il  ne  serait  pas  préférable 
de  nous  faire  parvenir  aussitôt  que  possible,  les  navires  qui  sont  actuellement  à  Anna- 
polis,  afin  que  nous  puissions  embarquer  la  population  d'ici  et  celle  de  Piziquid,  et  d'en- 
voyer par  la  suite  d'autres  vaisseaux  au  major  Handfield  pendant  que  nous  terminerons 
notre  tâche  ici  ;  après  quoi  je  pourrai  lui  envoyer  un  détachement  suffisant.  Si  Votre 
Excellence  croit  nécessaire  d'envoyer  tout  le  détachement  pour  porter  secours  à  Hand- 
field, je  vous  prie  de  me  faire  connaître  vos  volontés  à  ce  sujet.  Les  choses  en  sont  là 
pour  le  moment,  la  saison  devient  chaque  jour  plus  mauvaise,  rien  ne  nous  fait  prévoir 
que  nous  aurons  bientôt  des  transports,  et  je  suis  peiné  de  cette  perte  de  temps.  J'ai 
été  informé  par  le  capitaine  Lewis,  le  23  courant,  que  les  habitants  de  Cobequid  ont 
tous  quitté  cet  endroit,  qu'il  a  commencé  à  incendier  et  à  dévaster  ce  canton  et  qu'il 
croit  terminer  sa  tâche  aujourd'hui.  *  * 

Le  capitaine  Diggs  est  arrivé  ici  le  26  de  ce  mois  sur  le  Nightengil  de  Sa 
Majesté  et  s'attendait  à  trouver  la  population  à  bord  des  transports.  Il  m'apprit  qu'il  ne 
pouvait  rester  longcemps,  que  les  vaisseaux  fussent  prêts  ou  non  ;  cependant  il  a  eu  la 
bonté  de  m'accompagner  chez  le  capitaine  Murray,  et  après  avoir  pris  connaissance  de 
la  proposition  que  nous  devions  vous  faire,  il  a  décidé  d'attendre  que  votre  décision  nous 
soit  parvenue.  Va-t-il  écrire  à  l'amiral  ou  non,  je  ne  le  sais  pas  ;  Votre  Excellence  est 
le  meilleur  juge  de  ce  qui  doit  être  fait.  J'ai  actuellement  300  hommes  à  bord  des 
transports.  ****** 

Le  gouverneur  Lawrence  au  capitaine  Alex.  Murray. 

Halifax,  30  septembre  1755. 

Pour  faciliter  le  transport  des  prisonniers  et  parceque  le  capitaine  Diggs  ne  doit  pas 
aller  plus  loin  dans  la  direction  de  l'ouest  que  le  port  de  Philadelphie,  l'amiral  désire  que 
la  destination  des  habitants  qui  doivent  être  déportés  à  la  Caroline  du  Nord,  conformé- 
ment aux  instructions  que  vous  avez  reçues  conjointement  avec  le  colonel  Winslow,  soit 
changée  et  que  ces  habitants  soient  envoyés  à  Philadelphie.     Je  dois  vous  exprimer  ma 


Ui  \  i   1/  OQIE  /»/        WA  in l  V'i      ii/'     /""  (   1//  \  / 
DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

satisfaction   pour  la  dili  reo  laquelle   vou  ioi        i   | 

que  tout  le    transport      ont  à  l'heure  présente  a r ri vi     d<    Boston  et  qti 
ront  disponibles  après  l'embarquement  de  (  îhignoctou,  arriveronl  dai 
quelques  joura     -'  ai  écrit  au  oolonel  Bdonokton  pour  ! 

Je  vous  prie  de  ne  pa    laisser  M.  Saul  outrepo    ei     ••    instruol    ••     lors  de  la  distri 

bution  des  vivres,  Cm    n  >u     ;i\.»n     l'.ut    '!<■     nV|HhM's    cm    i  -  i  <  r  ;  i  J  >  ]  «  •  .    [»oiir    l',ij)j>r<y\  i    îom 

menl  à  (  Ihignectou. 

r    Lit/ri-  roi  (nul     WlfliloU 

Il  ai.  ii  bembre  1 7.' 

Je  profite  du  dépari   d'un  détachement    chargé  de  porter  mes  lel 
Monokton  a   Piziquid,  pour  vous  Informer  que  l'amiral  désire  que  les  babil  [ni, 

d'après  vos  instructions,  devraient   être   transportés  ••»   la   Caroline  du    Nord, 
envoyés  à  Philadelphie  sous  l'escorte  du  capitaine  Diggs.     En  conséquence,  ro 
prendre  vos  dispositions  en  vue  de  ce  changement  «1»'  destination  paroeque  j  ai  transmit 
des  instructions  au  oolonel  Monckton,  lui  ordonnant  d'envoyer  à  la   Caroline  du   Nonl 
sous  le  commendemenl  du  capitaine  Proby,  un  nombre  d'habitants  de  Chignectoc  équr 
lenl  à  celui  qui  devait  v  être  envoyé  du  bassin  des  Mines.     Vous  devez  aussi  prendre 
garde  que  M.  Saul  n'outrepasse  pas  ses  instructions  lors  de  la  distribution  des  vivres, 
et  je  crois  inutile  de  vous  recommander  de  déporter   la  population  aussitôt  que  possible, 
parceque   la   détention   de  tout  ce  monde  est  cause  de  grandes  dépenses,  et  de  grands 
embarras  pour  le  service  public. 

Le  capitaine  Mnrray  au  colonel  Winsloic. 

Fort  Edouard,  3  octobre  1755. 

Cher  monsieur, — M.  Fassett  est  arrivé  hier  soir.  Le  gouverneur  m'informe  qu'il 
vous  envoie  des  vaisseaux  d'Annapolis  et  qu'il  a  donné  ordre  d'en  envoyer  d'Halifax  à 
cet  endroit  pour  les  remplacer.  Le  gouverneur  vous  recommande  de  faire  parvenir  sa 
lettre  au  major  Handfield  le  plus  tôt  possible  ;  il  me  dit  que  l'amiral  doit  écrire  à  Diggs 
pour  l'engager  à  prendre  patience.  * 

Le  gouverneur  Lawrence  au  colonel  Winsloic. 

Halifax,  1er  octobre  1755. 

Monsieur, — J'accuse  réception  de  votre  honorée  lettre  du  29  septembre  dernier. 
Vu  que  nous  n'aurons  pas  un  nombre  suffisant  de  vaisseaux  pour  transporter  les  popu- 
lations des  Mines  et  de  Piziquid,  je  vous  transmets  ci-incluses  des  instructions  pour  le 
major  Handfield,  lui  ordonnant  de  vous  envoyer  ainsi  qu'au  capitaine  Murray,  tous  les 
transports  qui  se  trouvent  à  Annapolis,  afin  que  vous  puissiez  déporter  votre  monde 
immédiatement  ;  et  je  lui  apprends  en  même  temps,  que  je  lui  ferai  parvenir  d'autres 
transports  dans  quelques  jours.  Daus  le  but  de  prévenir  l'embarquement  à  Annapolis 
et  de  vous  procurer  des  vaisseaux  le  plus  tôt  possible,  vous  devrez  faire  parvenir 
immédiatement  ma  lettre  au  major  Handfield. 

La  lettre  du  colonel  Monckton,  du  23  septembre,  bien  que  ne  faisant  pas  mention 
de  celle  qu'il  vous  a  écrite,  m'apprend  qu'il  vous  enverra  tous  les  transports  disponibles, 
tel  que  je  l'ai  ordonné.  L'amiral  enverra  au  capitaine  Diggs  l'ordre  d'attendre  l'arrivée 
des  transports  d'Annapolis.  *  * 

Le  major  Handfield  a  reçu  ordre  de  vous  faire  parvenir  les  circulaires  adressées  aux 
gouverneurs  du  continent  ;  le  nombre  de  ces  circulaires  est  proportionné  au  nombre  de 
transports. 

Extraits  du  journal  du  colonel  Winslow. 

J/.  octobre. — M.  Fassett  est  arrivé  aujourd'hui  d'Halifax  porteur  des  lettres  précé- 
dentes, et  une  demi-heure  après  son  arrivée,  j'envoyai  un  détachement  de  trente  hommes 
sous  le  commandement  du  lieut.  Fitch  porter  les  dépêches  adressées  au  major  Handfield. 


86  \l:< m\  ES  G  \  VADIENNE8 


5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 


Le  capitaine  Murray  es!  dénude  Piziquid  pour  s'entendre  avec  moi  au  sujet  des 
dispositions   a    prendre;   nous  avons  décidé   d'expédier   autant    de   Français    que   les 

vaisseaux   à  notre    disposition     pouvaient  en    contenir,   et   oie  commencer    ce    travail 
lundi  prochain. 

6  octobre. — Suivant  l'entente  que  j'ai  eue  avec  mes  capitaines,  il  a  été  décide  que 
les  familles  ne  devaient  pas  être  séparées,  et  que  les  habitants  d'un  même  village  devaient 
être  placés  sur  le  même  navire  autant  que  les  circonstances  le  permettaient.  Je  leur 
donnai  ordre  de  se  tenir  prêts  à  embarquer  avec  leurs  effets  etc.  Malgré  les  dispositions 
que  je  venais  de  prendre  à  leur  égard,  je  n'ai  pu  les  convaincre  que  j'étais  sérieux. 

/  octobre.—  !]  a  plu  considérablement  aujourd'hui  et  nous  n'avons  pas  commencé  à 
embarquer  la  population  comme  nous  l'avions  décidé.  Pendant  la  soirée,  24  jeunes  gens 
ont  déserté-  des  vaisseaux  du  capitaine  Church  et  du  capitaine  Stone,  (a)  bien  qu'il  y  eût 
8  hommes  de  garde  sur  chaque  navire,  à  part  l'équipage.  Personne  ne  peut  expliquer 
comment  cette  désertion  a  eu  lieu. 

<i>  octobre. — Nous  avons  commencé  à  embarquer  les  habitants  qui  abandonnèrent 
leurs  domiciles  à  regret  et  malgré  eux,  les  femmes  très  affligées  porta  ent  leurs  nou- 
veaux-nes  dans  leurs  bras,  d'autres  traînaient  dans  des  charrettes  leurs  parents  infirmes 
et  leurs  effets.  Ce  fut  une  scène  où  la  confusion  se  mêlait  au  désespoir  et  à  la  déso- 
lation; Environ  80  familles  ont  été  mises  à  bord  des  transports  des  capitaines  Ohurch 
et  Àïilburry  (b)  Je  fis  faire  l'enquête  la  plus  rigoureuse  afin  de  savoir  comment  ces  jeunes 
gens  s'étaient  évadés  hier,  et  après  avoir  pris  connaissance  des  faits,  je  constatai  qu'un 
nommé  François  Hébert  qui  se  trouvait  à  bord  du  navire  et  y  embarquait  ce  jour  là  ses 
effets,  en  avait  été  l'auteur  ou  l'instig  tteur.  Je  le  fis  venir  à  terre,  et  le  conduisis  devant 
sa  propre  maison,  et  là  en  sa  présence  je  fis  brûler  sa  maison  et  sa  grange.  Je  donnai 
ensuite  avis  à  tous  les  Français  que  si  les  fugitifs  ne  se  rendaient  pas  dans  l'intervalle 
de  deux  jours,  tous  les  amis  des  déserteurs  subiraient  le  même  sort  ;  que  de  plus,  je 
confisquerais  tous  leurs  effets,  et  que  si  jamais  ces  déserteurs  tombaient  entre  les  mains 
des  Anglais,  il  ne  leur  senit  accordé  aucun,  quartier,  car  tous  les  habitants  français  de 
ces  districts  s'étaient  rendus  responsables  lorsque  la  permission  fut  accordée  aux  amis  de 
transporter  des  provisions  aux  prisonniers  à  bord  et  de  les  visiter. 

9  octobre. — J'ai  fait  descendre* les  hommes  qui  avaient  été  embarqués  sur  les  trois 
premiers  transports,  (c)  afin  de  permettre  à  leurs  familles  de  les  rejoindre  à  l'arrivée  des 
autres  transports.  Le  père  Landré  (d)  m'a  fait  des  pr  positions  au  sujet  du  retour  des 
déserteurs  ;  il  croit  qu'il  serait  possible  de  les  faire  revenir,  mais  à  condition  que  je  signe 
la  promesse  qu'ils  ne  seront  pas  punis.  Je  lui  répondis  que  j'avais  déjà  donné  ma  parole 
d'honneur  et  que  je  ne  fournirais  pas  d'autres  garanties,  qu  Ique  en  puisse  être  le 
résultat. 

10  octobre. — M.  Fitch  avec  son  détachement  et  les  tranports  sont  arrivés 
d'Annapolis.  Les  capitaines  de  ces  transports  sont  Adams  (e)y  Purrington,  Dunning, 
Carlile.  Je  leur  donnai  ordre  d'accoster  immédiatement  le  seneau  Halifax,  capitaine 
Taggart,  et  de  prendre  à  leur  bord  les  vivres  que  M.  Saul  avait  instruction  de  leur 
délivrer  pour  les  habitants  français  et  de  commencer  à  approvisionner  le  capitaine 
Carlile  le  premier.  *  Ces  transports  reçurent  ordre  de  remonter  au 
fort  Edouard  pour  embarquer  les  habitants  rassemblés'par  le  capitaine  Murray  aussitôt 
que  possible. 


(a)^  Thomas  Church  était  capitaine  de  la  goélette  Léopard,  arrivée  à  la  Grand-Prée  le  6  septembre  et 
John  Stone  capitaine  du  sloop  Endeavour,  arrivé  au  même  endroit  le30aout.  Les  deux  vaisseaux  venaient 
de  Boston. 

(b)     Nath&niel  Milburry  était  capitaine  du  sloop  Elizabeth  arrivé  le  4  septembre. 

(e)     Voir  la  préface. 

(d)  François  Landry,  époux  de  Marie  Joseph  Doucet. 

(e)  Richard  Adams,  capitaine  du  sloop  Bannah. 

James  Purrington  (ou  Purrenton)  capitaine  du  sloop  Sali  y  and  Mol??/. 

Andrew  Dunning,  capitaine  du  sloop  Mary. 

James  Carlile,  capitaine  du  sloop  Thrte  Fritnds,  ensuite  Zelbad   Farnam,  capitaine  du  sloop  Dolphin. 


01  \  i   1/  OOIB   i>i        \CA  ni i  \       il/'     /""  i   i//  \  /  w/" 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

I  r     tHdJor    John     1 1 <i  ndtit  Itl     nn     ColoWil      !l 

A  s  s  m-..i  i      EiOTAI 
Mo.NBlEI   i:,       LOS  Imninirs  qui   \<  M  hi.i  n -m t   le  <  1  <  I . i <  1 1 ♦  •  1 1 1 «  1 1 1   que 

plaignant  de  douleurs  aux  pied  6    parle    mauvai     chemin  ,    j'ai  donn< 

[et  prendre  à  bord  des  transports  qui  doivent  se  rendre  à  la  I  ■ . •  i •  ■     '  in<|   i 

ont  pour  pilotes  des  habitants  de  1s  rivière  Annapolis.     Vbusdevrei  me  n 

oi  à  la  prochaine  occasion,  afin  qu  ili  soient  réunis  à  leui    famille   quand  nous  les  ûé\ 

berons  de  cette  province.     Votre  officier  m'a  appris  <|u'il  s  rencontré  en  diffi 

plus  d'une  douzaine  de  Français  de  cette  rivière,  sur  la  route  qui  conduit  aux  M 

qu'il  ne  les  a  pas  arrêtés  parce  qu'il  n'avait  pas  instruction  <1  eu  agii  ainsi,    Je  lonc 

nécessaire  que  vous  Passiez  «les  recherches  dans  votre  localité,  afin  de  mettre  la  main 

tous  les  fugitifs  qui  pourraient  b'v  trouver  et  vous  devrez  maintenir  un  détachement 

la  route  pour  les  arrêter.     Nous  trouverez  ci-inolus  l'ordre  <lu  gouverneur  et 

très  contenant  «les  certificat*  en  blanc,  adressées  aux  gouverneurs  du  continent  ou 

déportés  doivent  et re  en> oyés. 

Le  colonel  Monckton  au  coït  net    Winslow 

Fort  t  Iuhberlahd,  7  octobre  1 7 

Monsieur, — J'acouse    réception   de   votre    lettre  du  2  courant,  que  le  capitaine 

Adams  [Abraham]  m'a  remise  avec  les  paquets.     Je  suis  peiné  d'apprendre  les  embai 
et  les  fatigues  qu'il  vous  faut  subir  et  je  serais  heureux  de  vous  secourir  s'il  m'était  pos- 
sible de  le  faire. 

Après  tous  les  eftbrts  qui  ont  été  faits  nous  n'avons  pas  onze  cents  personne**,  de 
sorte  que  je  vais  vous  envoyer  trois  transports  d'ici.  Il  y  a  quelque  temps,  quatre-vingt- 
six  Français  se  sont  échappés  pendant  la  nuit  en  s'ouvrant  une  issue  sous  le  mur  «le  la 
caserne,  sur  une  longueur  de  trente  pieds,  dans  la  direction  de  la  courtine  du  sud.  Ce  qui 
rend  l'événement  regrettable,  c'est  que  ce  sont  des  déserteurs  dont  les  femmes  ne  sont 

pas  encore  arrêtées  et  qui  venaient  de  Chipoudi,  de  Petcoudiak  et  de  Memeremkouk. 
$  ♦  *  *  * 

Le  major  Jedidiah  Prebbe  au  colon?!    Winston-. 

Camp  Cumberland,  10  octobre  1755. 

Cher  Monsieur, — Il  reste  encore  dans  le  fort  Cumberland  un   certain   nombre   de 
Français  que  je  voudrais  embarquer.    Les  transports  d'ici  ont  été  assaillis  par  un  terrible 
ouragan  ;  quelques  uns   ont   cassé   leurs  cables  et  ont  été  jetés  à  terre  ;  d'autres  ont  • 
poussés  dans  l'anse  et  si  ces  vaisseaux  ne  mettent  pas   à  la   voile   bientôt,   il  n'y  en  aura 
pas  un  en  état  de  transporter  les  Tartares. 

Les  Français  emmènent  tous  les  jours  sous  nos  yeux  des  bestiaux,  des  moutons,  des 
cochons  et  rien  n'est  fait  pour  les  en  empêcher.  * 

Le  colonel    Winslow  au  gouverneur  Lawrence. 

Grand-Prée,    11  octobre  175". 

J'accuse  réception  de  la  lettre  de  Votre  Excellence  en  date  du  1er  courant.  J'ai 
envoyé  immédiatement  un  détachement  porter  au  major  Handfield  les  dépêches  que 
vous  aviez  incluses  dans  cette  lettre,  et  hier  après-midi,  sept  navires  sont  arrivés  d'An- 
napolis.  Je  leur  ai  donné  ordre  aujourd'hui  d'aller  prendre  des  vivres  à  bord  du 
seneau  du  capitaine  Taggart  et  j'espère  que  ces  vaisseaux  seront  prêts  à  recevoir  la  popu- 
lation après  demain.     J'ai  fini  de  remplir  deux  vaisseaux  (a) 

*  -*  *  *  * 

(a)  La  goélette  Léopard,  capitaine  Thomas  Church  et  le  sloop  Elisabeth,  capitaine  Natbaniel  Milburry. 


88  M;<  lll\  l  >   (   i  \  IDIE  S  W> 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Ordres  du  colonel    Winelow  aux  capitaines  des  navit 

I    iMF  de   LA   Qrand-Préb,    11   octobre  17.")."). 

Monsieur, — Je  vous  ordonne  par  la  présente  de  faire  diriger  le  sloop  Three  Friends 
dont  vous  rtes  le  capitaine,  auprès  du  Halifax,  seneau  de  S;i  bfajesté,  capitaine  Tag- 
gart,  et  de  vous  faire  délivrer  par  M.  Saul  les  vivres  nécessaires  pour  la  subsistance 
des  habitants  français  que  vous  devez  transporter,  et  de  vous  rendre  ensuite  au  fort 
Edouard  de  Sa  Majesté  et  de  vous  adresser  au  capitaine  Murray  pour  obtenir  des  ordres 
ultérieurs. 

JOHN  WINSLOW. 
Commandant  les  forces  de  Sa  Majesté  aux  Mines. 

Au  capitaine  Carlile.  commandant  du  sloop  Three  Friends. 

Les  mêmes  ordres  furent  donnés  [au  capitaine  Zebad  Farnam,  commandant  du 
sloop  Dolphin]  et  au  [capitaine  Francis  Pierey,  commandant  du  sloop  Ranger]. 

Geo.  Saul  au  colonel   Winslow. 

A  bord  du  seneau  Halifax,  12  octobre  (dimanche). 

Cher  monsieur, — J'ai  le  plaisir  de  vous  apprendre  que  je  suis  revenu  'ce  matin 
après  avoir  approvisionné  trois  transports  que  j'ai  envoyés  à  Piziquid  durant  la  marée 
actuelle,  suivant  le  désir  du  capitaine  Murray.  Si  vous  donnez  ordre  aux  autres  de 
sortir  de  l'anse,  je  les  approvisionnerai  demain  et  vous  obligerez  beaucoup  votre  très 
obéissant  serviteur, 

GEO.  SAUL. 
A  l'honorable  John  Winslow,  écr.,  aux  Mines. 

Extrait  du  journal  de   Winslow. 

12  octobre. — Deux  des  trois  transports  qui  doivent  se  rendre  à  Piziquid  sont  partis 
pour  cet  endroit.  Nos  détachements  qui  font  la  patrouille  dans  les  campagnes  ont  ren- 
contré un  des  déserteurs  français  qui  s'est  efforcé  de  s'échapper  à  cheval.  Ils  ta  héièrent 
et  tirèrent  au-dessus  de  lui,  mais  voyant  qu'il  continuait  de  galoper,  l'un  de  nos  hommes 
le  renversa  mort  d'un  coup  de  fusil.  Ils  rencontrèrent  aussi  un  certain  nombre  de 
déserteurs  auxquels  ils  tirèrent  des  coups  de  fusil,  mais  ceux-ci  se  sauvèrent  dans  les 
bois. 

Le  capitaine  Murray  au  colonel  Winslow. 

Fort  Edouard,  12  octobre  1755. 

Cher  monsieur, — J'accuse  réception  de  votre  très  honorée  lettre.  Dieu  merci  !  les 
vaisseaux  sont  enfin  arrivés.  Je  crois  que  vous  devrez  m'envoyer  au  moins  quatre  vais- 
seaux, parceque  le  capitaine  Davis  a  perdu  un  ancre.  Pour  cette  raison  il  se  dit  incapable 
de  prendre  la  mer  et  j'ai  porté  plainte  contre  lui.  Je  vous  prie  de  lui  en  obtenir  un  des 
autres  transports  ou  du  seneau  du  capitaine  Taggart.  Transmettez  moi  s'il  vous  plaît 
votre  opinion  concernant  les  mesures  que  je  dois  prendre  à  l'égard  du  capitaine  Davis. 
Aussitôt  que  j'aurai  expédié  mes  coquins  je  descendrai  m'entendre  avec  vous  et  nous 
nous  divertirons  un  peu. 

Ordres  d'appareiller  transmis  aux  capitaines  de  vaisseaux. 

Au  capitaine  Thomas  Church,  commandant  de  la  goélette  Léopard. 

Monsieur, — Vous  avez  pris  à  bord  de  votre  goélette  cent  soixante-quinze  personnes, 
hommes,  femmes  et  enfants,  qui  forment  une  partie  des  habitants  français  de  la  province 
de  la  Nouvelle-Ecosse.     Vous  devrez,  lorsque  le  vent  et  la   température  le  permettront, 


01  \  i  ILOQIR   Dl       W  IDIE  Vê    i  I  i  <    DOt  !  Ml  M 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

i  m  iporter  dan     li i  rnemenl   «l<-  fi  -    A  du    M  u  yl  incj 

vous  devrez  voua  rendre  ohes  l'honorable  Horatio  Shar]  lieutena 

el  commandant  on  chef  de  cette  colonie  ou  lui  qui  i 

mandant  en  ohef,  el  lui  remettre  le  paquet  qui  •  i  M,     \ 

hâter  de  débarquer  vo    pn     i  obtenir  de     certii 

que  j'envoie  aux  dits  goui erneura.     Il  vous  fau  Ira  eu  outi 

n'emportent  pa  «  d'armea  ai  ec 

sur  vos  gardes  durant  le  1  ifîn  que  lea  pa  ne  tentent    p< 

•m.     En  conséquence  ne  devrez  tolérer  qu'un  petil 

fois  sur  le  pont   et  prendre  tout     Les  mesures  pour  prévenir  1< 
blabla  tentât  ive.      Il  voua  faudra  sui   i    ■  cuper  d< 

aux  passagère  lea  vivrea  que    M.  Saul   a    reçu    instruction  de  vou  In  de 

vous  assurer  d'une  protection   efficace,  i  de   Dudley    Dij 

oommandant  du  vaisseau  de  Sa  Majesté, le  Nightengill%y  .unie/  luidi  »rter. 

Je  voua  Bouhait  e  un  bon  voy  i 

Signé  de   ma   main   au   camp  de   la   Grand-Prée,    Nouvelle-Eco  I3ème 

d'octobre,  anno  domini  I  755, 

.JOHN    WINSLOW. 

Commandant  en  chef  «les  forces  de  Sa  Maj  lx  Mines  el  plues  avoisin 

De  semblables  ordres  d'appareiller  ont  été  remis  aux  capitaines  Adama,  Milburry, 

Purrington,  Dunning,  Eazlam,  Bragdon,  Stone  et  Goodwin.     Les  originaux  font  partie 

du  registre. 

/.;    octobre.-   Le    reste    des   déserteurs,    Boit    22,    est    revenu   hier   soir  i 

embarqué  secrètement.     Celui  qui  manquait  a  été  tué  hier  avec  son  < 

rapport  de  ceux  qui  se  sont  livrés. 

Le  capital)!'  Murray  au  colonel  Winslow, 

Chek   Monsieur, — J'embarque  en  ce  moment  les  gens  à  bord  des  deux  sloops 
et   si  j'avais   un   nombre   suffisant   de  vaisseaux,   je   les   embarquerais  ton-  demain.   Le 
troisième  sloop  (b)  que  vous  deviez  m'envoyer,  n'est  pas  encore  arrivé.     Dieu  sait  ce  qui 

l'a  empêché  de  venir  ;  je  vous  prie  de  l'envoyer  aussitôt  que  possible,  car  la  saison  avance 
et  le  temps  devient  mauvais.  Quant  à  Davis  il  est  parti  sans  m'en  avertir,  de  sorte  que 
je  n'ai  pu  rien  faire  pour  l'en  empêcher»  Je  crains  que  le  gouverneur  ne  nous  trouve 
lents.  Les  gens  sont  tous  prêts,  et  si  vous  croyez  que  je  doive  risquer  de  mettre  les 
habitants  à  bord  du  vaisseau  de  Davis,  (a)  je  le  ferai.  Même  dans  le  cas  où  je  me  ser- 
virais des  trois  sloops  et  de  cette  goélette,  les  passagers  se  trouveraient  sérieusement 
entassés.  Après  tout,  si  je  ne  reçois  pas  d'autres  vaisseaux,  je  vais  les  mettre  tous  à 
bord  des  navires  que  j'ai  à  ma  disposition. 

Une  réponse  immédiate  obligera  beaucoup 

votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

A.  MURRAY. 

Fort  Edouard,   14  octobre  1755. 

La  population  d'ici  dépasse  920  personnes,  y  compris  les  enfants. 
Les  vaisseaux  comprennent  deux  sloops  (d)  d'une  capa- 
cité de ; 156  tonneaux. 

La  goélette  de  Davis 90  m 

246 

Ce  n'est  pas  suffisant  ;  adieu. 

A  John  Winslow,  écuyer,   commandant  en  chef  des  troupes   de   Sa  Majesté    à   la 
Grand  Prée. 

(a)  Le  Thrce  Fricnds  et  le  Dolphin. 

{b)  Le  Ranger,  capitaine  Francis  Pierey,  arriva  au  Fort-Edouard  le  1G  octobre. 

(c)  Le  Neptune,  capitaine  Davis  ;  celui-ci  fut  remplacé  par  William  Ford,  propriétaire  et  capitaine  de 
ce  navire  comme  le  démontre  le  compte  concernant  le  nolisement  du  navire. 

[d)  Three  Fricnds,  G9  tonneaux,  et  le  Dolphin,  87  tonneaux.     Total,  156  tonneaux. 

18—38     r-16 


90  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

/,<  capitaine  Murray  au  colonel  Winslow. 

Fort  Edouard,  16  octobre  1755. 

Ohbb  Monsieur, — J'ai  reçu  toutes  vos  Lettres  hier  aoirj  je  serais  heureux  d'accep- 
ter l'invitation  d'aller  vous  voir;  mais  comme  vous  le  dites  je  suis  sérieusement  retenu 
ici.  J'ai  l'espoir  de  tous  les  mettre  à  bord  et  de  les  faire  descendre  au  Bassin  dimanche 
le  19].       Un  autre  transport  [le  Ranger]  vient  de  jeter  l'ancre. 

Le  colonel  W inslow  à  Apthorp  jils,  et  Hancock. 

Camp  de  la  Grand-Prée,  19  octobre  1755. 

MESSIEURS, — Plusieurs  vaisseaux  sont  arrivés  aux  Mines  où  je  commande.  Ceux 
qui  avaient  été  envoyés  à  Annapolis  ont  reçu  ordre  de  se  rendre  ici  pour  transporter  les 
Français  des  Mines,  de  la  rivière  aux  Canards,  des  rivières  aux  Habitants  et  de  Gaspa- 
reau.  Les  déportés  ont  tous  été  embarqués  sur  les  navires  des  capitaines  Church,  Hazlam 
qui  a  remplacé  Jones  tombé  malade,  Millburry,  Adams  et  Purrington.  Ces  navires  sont 
entièrement  chargés  et  ont  reçu  leurs  instructions.  Le  capitaine  Adams  de  notre  régi- 
ment est  à  la  rivière  aux  Canards,  occupé  à  embarquer  la  population  sur  les  vaisseaux 
de  Goodwin,  Stone  et  Dunning.  Je  me  propose  de  me  rendre  à  cet  endroit  ce  soir  afin 
de  terminer  demain  l'embarquement  de  ia  population.  J'ai  envoyé  le  transport  de  Davis 
et  les  trois  derniers  navires  arrivés  d' Annapolis,  à  Piziquid  pour  y  embarquer  la  popula- 
tion de  ce  district.  J'ai  attendu  pendant  longtemps  des  vaisseaux  de  Chignectou.  Le 
colonel  Monckton  m'a  appris  qu'il  m'en  enverra  trois,  mais  Dieu  sait  quand.  J'ai  cinq 
cents  personnes  de  plus  à  embarquer  et  les  neuf  vaisseaux  ci-dessus  mentionnés  peuvent 
à  peine  transporter  1,500  personnes. 

Le  colonel  John  W inslow  au  gouverneur  Wm.  Shirley. 

Camp  de  la  Grand-Prée,  20  octobre  1755. 
Qu'il  plaise  à  Votre  Excellence, 

■*  *  *  *  *  * 

Nous  déportons  actuellement  les  habitants  et  nous  aurions  terminé  ce  travail  il  y  a 
longtemps  si  nous  avions  eu  des  transports.  J'ai  déporté  à  peu  près  tous  ceux  de  ia 
Grand-Prée  et  de  la  rivière  Gaspareau.  Nous  avons  commencé  à  embarquer  hier  ceux 
de  la  rivière  aux  Canards  et  de  la  rivière  aux  Habitants,  mais  nous  n'avons  des 
transports  que  pour  1,500  personnes.  J'ai  fait  arrêter  au  moins  500  personnes  de  plus 
dans  mes  districts  et  tout  indique  que  je  vais  être  chargé  d'embarquer  au  delà  de  la 
moitié  de  la  population,  avec  l'aide  de  360  hommes  seulement,  y  compris  les  offi- 
ciers, et  dans  un  endroit  où  il  n'y  a  pas  de  fortifications. 

Le  capitaine  Murray  au  colonel  Winslow. 

[Grand-Prée]  le  mardi,  21  octobre. 

Cher  monsieur, — Je  vous  ai  attendu  ici  (a)  hier,  durant  toute  la  journée.  Je  vous 
prie  de  revenir  aussitôt  que  possible,  pareeque  j'ai  besoin  de  soumettre  bien  des 
choses  à  votre  approbation,  entre  autre,  un  projet  (b)  que  j'ai  en  vue,  mais  que  je  ne 
puis  effectuer  avant  de  vous  voir.     A  vous  toujours  sincèrement. 

A.  MURRAY. 
A  John  Winslow,  écuyer,  commandant  à  la  rivière  aux  Canards. 

(a)  Il  semble  que  le  seneau  Halifax,  capitaine  Taggart,  s'est  rendu  au  fort  Edouard,  le  samedi  18 
octobre  pour  escorter  les  transports  de  Piziquid  lors  de  leur  départ  pour  rejoindre  la  flotte  au  bassin  des 
Mines.  Ces  transports  descendirent,  au  bassin  des  Mines  le  vingt  qui  était  un  lundi,  et  le  capitaine  Murray 
les  accompagna  sur  le  seneau  Lalifax. 

Le  colonel  Winslow  avait  quitté  la  Grand-Prée,  le  19  qui  était  un  dimanche,  pour  se  rendre  à  la  pointe 
à  Boudrot  sur  la  rivière  aux  Canards,  et  retourna  le  21,  avec  lestransports  escortés  par  le  sloop  Warren. 
capitaine  Abraham  Adams.  Le  capitaine  Murray  l'attendait  sur  le  seneau  Halifax  et  avait  envoyé  une 
barge  à  sa  rencontre. 

(6)  Ce  projet  avait  sans  doute  pour  objet  de  noliser  le  vaisseau  du  colonel  Donnall,  le  Sea  Flower,  81 
tonneaux.     Ce  sloop  transporta  20G  personnes  de  Piziquid  à  Boston. 


<,i  \  i  w  ik.ii   nus   w  i/'//  v/    w  i  <   ixH  '  \n 


9] 


DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

/,,■  oolotiêl  John  Wiiislow  à  Apthorp  <>  Hancock 

M  l'.ssi  i;i  i:s,     Depuis  que  je  vou    ai  éoril    ma  dernière  lettre  le  capitaine  Mui 
est  arrivé*  de  Piziquid  aveo  quatre  vaisteaui   oha         déplus  de  l'iou  personn* 
nolisc  le  sloop  du  oolonel  Donoall  auquel   j'ai  fourni  d<  pour   uni 

d'en u  de  84  tonnes.     J'en  ai  aobetë  an  certain  nombre  et  je  me  rvi  de  q  • 

unes  des  miennes.     J'espère   que  trous  n'oublierez   pai  <l<-    portei    le  montanj   qu'il    les 
aurait  paye'  à  Boston  au  débit  du  compte  du  gouvernement  et  de  me  crédit  itant. 

Je  suis  en  état  devous  donner  ci-dessous  un  compte  rendu   du  nombre  de  personnes 
mises  m  bord  des  navires  <|iic  j'ai  m  ma  disposition. 


Noms  ilc>  w.w  ires. 


J/ainnih    

Sien  il 

Salty  A  Molly 

Mary 

Prospt  roua. . . . 
Endeavour. . . . 
Industry. . . . 

Léopard 

[Elizabeth] . 


'  lapitaines. 


Adatlis. 
I  l:i/.liiin  .  . 

PurringtoD 
Dunuing. . 
Bradgton . 

Stone 

Goodwio  . 

Clmrch.  .  . . 
Milbury.  .. 


Nombre. 

l  »■   •  •    •  Ion. 

140  i 

Pensilvanie 

L68J 

Ditto.     Total 

[(a) 

164  ) 
L82 

1 52  y 

1\U: 

Ditto 

Ditto 

L66 

Ditto 

m) 

Total 

1781 

Maryland 

186  i 

Ditto 

Total  364 

14<J8  (6) 

1498  [sic  pour  1503\  Le  manque  de  transports  est  cause  qu'il  m'en  reste  encore  500  à 
déporter.  Le  capitaine  Murray  a  déporté  tout  son  inonde  de  Piziquid,  c'est  à-dire  au 
delà  de  1,000  personnes. 

Je  vous  souhaite  beaucoup  de  succès,  Arc. 

J.  WIN  SLOW. 
A  messieurs  Apthorp  &  Hancock. 

Le  gouverneur  Lawrence  au  colonel    Wiiislow. 

Halifax.   27  octobre  1755. 

Monsieur, — La  présente  est  pour  contremander  l'ordre  donné  par  moi,  le  23 
courant,  d'envoyer  ici  toutes  les  troupes  sous  votre  commadement,  car  je  dois  mainte- 
nant vous  ordonner  de  faire  parvenir  au  major  Handfield  (comme  il  a  été  décidé  premiè- 
rement) un  détachement  de  quatre-vingts  soldats,  avec  deux  capitaines  et  quatre  offi- 
ciers subalternes  pour  l'aider  à  transporter  les  habitants  et  à  s'acquitter  de  toute  autre 
tâche. 

Le  colonel    Winsloiv  au  gouverneur  Lawrence. 

Fort  Edouard,  27  octobre  1755. 

Dans  ma  lettre  du  11  courant,  j'ai  exprimé  à  votre  Excellence,  l'espoir  de  terminer 
l'embarquement  des  habitants  français  dans  le  cours  de  la  semaine  ;  et  sans  revenir  sur 
les  événements  antérieurs  à  cette  date,  je  vais  vous  rendre  compte  de  ce  que  nous  avons 
fait  depuis.     Après  l'arrivée  des  sept  navires  d'Annapolis,   j'en   ai   approvisionné   trois 

(a)  Le  total  de  140  et  168  n'est  pas  364,  mais  308. 
(h)  Le  total  de  308  avec  831  et  364  n'est  pas  1498,  mais  1503. 

18—381 


92  ARCH1 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

que  j'ai  envoyés  au  fort  Edouard  au  capitaine  Murray:  les  autre*  sont  restés  aux  Mines 

où  il  a  fallu  deux  jour-,  pour  le-  approvisionner  d'eau  ois,  puis  nous  avons  commencé 

L'embarquemenl  des  habitants  de  la  Grand-P  de  la  rivii  re  (  taspareau.    1  )ana  le  but 

de  terminer  promptement  ce  travail,  j'ai  envoyé  le  capitaine  Adams  avec  la  moitié  de  mon 
détachement  camper  entre  la  rivière  aux  Canards  et  la  rivière  aux  Habitants  à  un  en- 
droit appelé  La  pointe  à  Boudrot,  où  tous  les  habitants  de,  ces  rivières  ainsi  que  ceux  de  la 
rivière  Perro  avaientreçu  ordre  d  tdre  et  du  ils  s'étaient  ciblés  conformément 

à  cet  ordre  avec  leurs  familles  et  leurs  eilêts.  Le  1H,  je  donnai  mes  ordres  aux  transports 
sur  lesquels  on  avait  embarqué  les  habitantsde  la  Grand-Prée  *vc  ,et  le  19,  je  me  suis  rendu 
à  la  pointe  à  Boudrot  pour  embarquer  ceux  qu'on  avait  rassemblés  à  cet  endroit,  comptant 
pour  cela  sur  les  transports  qui  devaient  venir  de  Chignectou,  car  le  colonel  Monckton  dans 
sa  [Lettre]  du  7  courant  m'avait  promis  qu'il  m'en  enverrait  trois.  A  ma  grande  sur- 
prise, iN  ne  sont  pas  encore  arrivés.  Sur  l'avis  de  mes  officiers,  nous  décidâmes  d'em- 
barquer autant  d'habitants  que  les  navires  que  nous  avions  à  notre  disposition,  pouvaient 
en  transporter  et  de  les  déporter  aux  endroits  que  Votre  Excellence  avait  désignés. 
Nous  terminâmes  ce  travail  le  21  courant  et  les  transports  descendirent  sous  l'escorte 
du  capitaine  Admis  (a)  et  furent  confiés  au  NightengcU,  capitaine  Diggs.  Bien  que  nous 
ayons  chargé  les  navires  à  raison  de  plus  de  deux  personnes  par  tonneau  et  que  les  dé- 
portés soient  sérieusement  entassés,  il  me  reste  cependant  sur  les  bras  par  suite  du  man- 
que de  transports,  les  populations  des  villages  d'Antoine  et  de  Landry  et  quelques  per- 
sonnes de  la  rivière  aux  Canards,  formant  98  familles  et  un  total  de  six  cents  âmes.  Je 
les  ai  transférées  de  la  pointe  à  Boudrot  à  la  Grand-Prée,  où  je  les  ai  installées  dans  des 
maisons  à  proximité  du  camp.  Sur  leur  parole  de  répondre  à  l'appel  de  leurs  noms  qui  se 
fait  à  l'heure  du  coucher  du  soleil,  je  leur  permets  de  se  visiter.  Je  serais  heureux  d'avoir 
des  vaisseaux  à  ma  disposition  et  de  terminer  ma  tâche.  Quant  aux  navires  surnumé- 
raires, nous  avons  pensé  le  capitaine  Murray  et  moi,  qu'ils  étaient  nécessaires  dans  les 
circonstances  et  nous  avons  promis  aux  capitaines  de  payer  pour  chaque  déporté  qu'ils 
vont  transporter  en  plus  du  nombre  déterminé,  le  prix  convenu  avec  les  armateurs  à 
raison  de  deux  personnes  par  tonneau.  Nous  avons  dû  recourir  à  ce  moyen  et  nous 
procurer  un  sloop  (b)  sans  quoi  le  capitaine  se  serait  trouvé  dans  l'impossibilité  de  faire 
prendre  la  mer  à  son  monde. 

*  *  *  *  ■* 

Un  détachement  qui  vient  d'arriver  m'apprend  que  les  navires  sont  prêts  à  mettre  à 
la  voile.  Vous  trouverez  ci-inclus  un  compte  rendu  concernant  la  distribution  des  trou- 
pes que  j'ai  sous  mon  commandement. 

Le  colonel  Winslow  au  gouverneur  Lawrence, 

Fort  Edouard,  31  octobre  1755. 

Vos  lettres  du  23  et  du  27  de  ce  mois  m'ont  été  remises  par  le  détachement.  Je  suis 
content  de  n'avoir  rien  à  faire  avec  les  expulsés  d'Annapolis,  car  il  n'y  a  rien  de  plus 
désolant  que  le  spectacle  des  souffrances  des  malheureux  et  je  voudrais  avoir  terminé  ma 
tâche  aux  Mines. 

Après  m'être  entendu  avec  le  major  Murray  nous  avons  décidé  de  détruire  immé- 
diatement les  villages  situés  dans  les  environs  de  nos  districts  :  nous  détruirons  la 
Grand-Prée  après  le  départ  des  habitants,  excepté  les  endroits  où  sont  installés  les 
Allemands,  car  nous  croyons  qu'il  serait  imprudent  de  laisser  un  faible  détachement 
ici. 

Le  colonel  Winslow  au  capitaine  Nathan  Adams. 

Grand-Prée,   3  novembre  1755. 

Monsieur, — Vous  êtes  par  les  présentes  requis  de  conduire  le  détachement  que 
vous  avez  sous  votre  commandement,  à  Annapolis  Royal  et  de  recevoir  à  l'avenir  vos 
ordres  du  major  Handfield.     Et  s'il  vous  arrive  de  revenir  ici  avant  le  départ  des  h:bi- 

(a)  Le  capitaine  Abraham  Adams  était  le  commandant  delà  goélette  de  Sa  Majesté  le  Warren. 

(b)  Le  Scafiower,  capatine  Sam.  Harris  ;  ce  navire  appartenait  au  colonel  Donnall. 


r//  \/i/  ouu   m      w  i/'//  \      ii/'   ooc/  '// 


DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

prendrez  vo    qu 
oonduii '■    votre  di5l tichcmenl    i  tialil 

A  h  oapitaine  A,d    i        a) 

I    colonel    I  ncl  M" 

ip  di    !•  \   '  •  nbre  I ï 

M0N8U  i  i.\     Par  votre  lettre  du  7  courant  (b)  qu«  j'ai  eu  le 
m'annonciez  l'envoi  de  trois  transports.    J'ai  cru  que  d< 

ii  i  m  t  le  service  de  Sa  Majesté  les  ont  empêché  de  venir  ici.    E  rqué 

tous  les  habitants  de  la  Grand  Prée  et  de  la  donné  ordre  au  c 

j  Nathan    Admis  de  se  rendre  avec  la  moitié  de  sou  détachem  □  endn 

pointe  à  Boudrot  située  au  confluent  des  rivj  b  Ha  « 

les  habitants  de  ces  rivières  ainsi  que  ceux  de  la  rivière  Perro  el  je  croi  que  toute  la 
population  s'esl  rendue  à  l'endroil  indiqué.     Je   m'y  suis  rendu  apn  imes 

instructions  ici,  et  j'ai  rempli  tous  les  brans]  môme  au  delà  de  la  proportion  d< 

minée,  c'est  à  dire  deux  par  tonneau.     L  •  nombre  de  dépoi  c  -t  endroit 

I ."  10  personnes,  et  il  en  es1  resté  600  que  j'ai  fait  conduire  dans  des  m  imité 

de  mon  camp.     Ceux  qui  ont  été  embarqués  doivent  tr  le  poinl  indre  les 

ports  qui  leur  ont  été  assignés.  Le  major  Murray  s'est  débarrassé  de  la  population  de 
son  diatriot  qui  B'élevait  à  au  delà  de  1100  personnes.  J'envoie  aujourd'hui  un  détache- 
ment à  Annapolis.     Voilà  où  nous  en  sommes. 

Extrait  du  journal  de  Winslow. 

Nombre  de  constructions,  etc.,  brûlées  par  le  lieutenant  colonel  Winslow  flans 

les  districts  des  Mines,  etc. 


17« 

Maisons. 

l'  novembre. 

5 

6 

Aux  rivières.  Canards,  Habitants,  Perro,  etc. 
A  (  'an  ;r<l  vt  Ha1. ntants 

4!) 
76 

45 

30 

100 

56 

19 

33 

i         ii 

28 

255 

276 

155 

Moulins  détruits  de  temps  en  temps  aux  endroits  ci-dessus  11.  Granges 276 

Déportes  par  le  colonel  Winslow  1,510  Maisons 255 

h  n  Osgood        732  Moulins 11 

Eglise 1 

2,242  

Total G   i 

Le  capitaine  Abraham  Adams-au  colonel  Winslow. 

Annapolis  Royal.   S  décembre  1755. 

Cher 'Monsieur, — T'ai  reçu  quelques  mots  de  vous  il  y  a  quelque  temps.  Je 
vous  aurais  répondu  plus  tôt  si  Fembirquement  des  habitants  de  cette  rivière  ne 
m'avait  tenu  très  occupé  depuis  mon  arrivée  ici.  Nous  avons  mis  1664  personnes 
à  bord  des  navires  suivants,  savoir  :  deux  transports,  trois  seneaux  et  un  brigantin 
qui  ont  mis  à  la  voile  à  Tile-aux-Chèvres  sous  l'escorte  de  la  corvette  Baltimore. 
Nous  présumons  que  trois  cents  habitants  du  haut  de  la  rivière  se  sont   sauvés   dans   les 

bois  ;  les  autres  ont  été  déportés  au  grand  désespoir  de  quelques-uns  d'entre  eux. 

*  *  *  *  *  * 

I     Nathan  Adams,  capitaine  d'une  compagnie  dans  le  bataillon  de  Winslow. 
(b)    C'est  le  "7   du   mois   dernier"  qu'il   a   voulu  dire.     Voir  lettre  de  Monckton  à  Winslow,  du  7 
ectobre  1755,  à  la  page  87. 


94  .IAV7//I  /:>  0  i  \  i  />/  /:  \  n 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1905 

Nous  avons  appris  que  vous  êtes  parti  des  Mines  depuis  quelques  temps  e1  nous 
espérons  que  tes  arrivé   Bain  et  sauf  à  Halifax  (o).     Après  son  départ  des  Mil 

notre  flotte  a  été  assaillie  par  un  des  plus  violents  ouraçans  que  j'aie  vu,  (6).  Je  l'ai 
accompagnée  avec  le  Nightingal  jusqu'au  Grand  Menan  ou  nous  avons  mis  en  panne 
avec  l'espoir  de  ne  pas  sortir  de  la  baie  mu-  il  B'est  déclaré  une  voie  d'eau  et  je 
fus  obligé  de  me  hâter  de  quitter  la  baie.  Je  suis  resté  au  gouvern-iil  durant  cinq 
heures,  pendant  lesquelles  tout  le  monde  fut  requis  aux  pompes  afin  de  débarrasser  le 
navire  de  l'eau  (pli  s'y  engouffrait.  L'île  George  a  été  le  premier  endroit  où  nous  avons 
pu  atterrir  et  jeter  l'ancre.     Je  crains  que  plusieurs   transport!  M'iit.  perdus  durant 

la  bourrasque.  Je  suis  arrive?  ici  le  1er  courant..  Les  capitaines  Taguart  et  Roger.s 
sont  partis  pour  Halifax.    Je  suis,  cher  monsieur,  votre  ami  et  très  humble  serviteur, 

ABIIM  ADAM- 
P.8.   Ce  matin  à  cinq  heures,  la  flotte  est  sortie  du  bassin  par  un  bon  vent. 
Au  colonel  Winslow. 

Le  capitaine  Osyood  au  colonel  Winslow. 

Mines  [Grand-Prée],   18  décembre  1755. 

Monsieur, — Je  suis  heureux  de  vous  apprendre  que  j'ai  déporté  les  habitants  fran- 
çais que  vous  aviez  laissés  ici.  J'en  ai  mis  114  à  bord  du  sloop  Dove,  capitaine  Saml 
Forbes.  à  destination  du  Connecticut  et  236  à  bord  du  brigantin  Swallow,  capitaine 
Willm.  Hayes,  à  destination  de  Boston.  Les  deux  vaisseaux  sont  partis  le  13  courant. 
J'ai  deux  autres  navires  ici  qui  se  préparent  à  prendre  à  bord  ceux  qui  restent  et  je  crois 
qu'ils  mettront  à  la  voile  demain.  Une  des  goélettes  partie  de  Chignectou  pour  se  rendre 
ici,  s'est  échouée  dans  la  rivière  Piziquid  et  je  ne  crois  pas  qu'il  soit  possible  de  la  ren- 
flouer à  présent.  Le  capitaine  Newell  qui  en  a  charge,  croit  pouvoir  la  remettre  à  flot 
bientôt.     Dans  l'incertitude  qu'elle  pourra  bientôt  reprendre  la  mer,  nous  nous  sommes 

procurés  le  Race  II or  se  qui  appartient  à  M.  Mauger,  pour  la  remplacer. 

*  *  *  *  *  * 

Nous  tâchons  de  nous  mettre  à  l'abri  autant  que  possible,  du  froid  qui  va  se  faire 
sentir  de  jour  en  jour,  en  construisant  une  cheminée  dans  l'église,  Arc. 

Je  suis,  monsieur,  votre  humble  serviteur, 

PHINS  OSGOOD. 
Au  colonel  Winslow. 

Le  colonel  Winslow  aie  gouverneur  Wm.  Shirley. 

Halifax,  Nouvelle  Ecosse,  19  décembre  1755. 

Qu'il  plaise  à  Votre  Excellence, 

Par  madermière  lettre  du  20  octobre  j'informais  Votre  Excellence  que 
Je  vous  ai  appris  également  que  nous  avions  rempli  tous  les  transports  que  nous 
avions  avec  les  habitants  français  qui  formaient  un  total  de  1,510  âmes,  et  qu'il  nous 
restait  encore  sur  les  bras,  y  compris  ceux  qui  ont  été  arrêtés  à  Piziquid,  650 
personnes.  Le  3  novembre  j'ai  envoyé  sous  les  ordres  des  capitaines  Adams  et  Hobbs, 
3  sous-officiers  et  90  soldats  pour  aider  le  major  Handfield  à  rassembler  les  habitants 
d'Annapolis  Royal.  Le  13,  après  en  avoir  obtenu  la  permission  du  gouverneur 
Lawrence,  je  suis  parti  avec  un  officier  et  54  soldats  pour  Halifax  où  je  suis  arrivé  le 
19.  Le  jour  suivant,  j'ai  installé  mon  détachement  à  Dartmouth,  dans  d'excellents 
quartiers.  *  *  *  *  *  * 

(a)  Le  colonel  Winslow  quitta  la  Grand-Prée  le  13  novembre  et  arriva  à  Halifax  le  19  du  même  mol.- 
(6)  Le  27  octobre  1755. 


ai  m  1/ oaii  dï     i'  i/'//  \     i  i  i  i   ooi  i  Mi  s  i  91 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

/.,•  cavitaim   0  \good  au  colonel   II 


.M,»\, ni  i  ,     La  pn   ente  <   I  pour  vou    appi  endi  e  que  le    l 'i  i 

,,,  i     [rda,  on1  boas  i  té  déporte        !••      dernien    on!  i    midi 


Mi 

oonfi 

deux    goélettes,    !«•   Raee    !!■•>■,  capitaine    John    Ba  et  le 

Ranger,    capitaine    Nathan    Mouron  112   personne        Bai  ^tion  'l'- 

on  et    Mouron    i   destination  de   la  Virginie.     I        i     ont   too    rend*] 

de  difficultés  d'après  le  nombre  que  nom  ■  fourni  monsieur  Landi 

à  bord  autant  de  leurs  effet    qu  ila  noua  a  été  p  i    ible. 

*  r  *  *  *  ■  * 

l'ilIN  K)OD 


APPENDICE  C 

Mascarèm  à  Shirlev. 


Peinj  bmps,    1  7  1-". 


Monsieur, — Nous  avons  appris  de  différentes  sources  que  Duvi\  iersest  ren  lu  à  Louis- 
bourg  avec  un  nouveau  gouverneur  et  trois  vaisseaux  qui  devaient  se  rendre  directement 
ici  [Annapolis].  Le  rassemblement  des  sauvages  et  la  présence  de  deux  cent  cinquan- 
te Canadiens  à  Chignectou,  ont  été  cause  que  nos  hommes  se  sont  livrés  aux  réparations 
avec  la  plus  grande  activité.  En  tout  cas,  il  est  certain  que  Gauthier,  commerçant  de  notre 
endroit,  qui  avait  laissé  son  sloop  à  Manis  [aux  Mines]  l'hiver  dernier  est  allé'  à  l'arrivée  du 
printemps,  pour  le  ramener  avec  une  cargaison  de  blé  pour  les  habitants  de  cette  rivière  qui 
en  ont  grand  besoin,  et  qu'il  a  été  arrêté  par  un  détachement  de  30  sauvages,  et  qu'une 
chaloupe  partie  pour  le  même  endroit  il  y  a  cinq  semaines,  a  subi  le  même  sort.  Si  les 
vaisseaux  ne  sont  pas  encore  arrivés  de  la  Nouvelle-Angleterre,  il  y  a  lieu  de  croire  la 
première  partie  de  ces  rapports. 

Mascarène  au  duc  de  Neiucastle. 

Annapolis  Royal,  29  avril  1745. 
*  *  *  *  *  *  * 

Je  vous  transmets  ci-incluses  les  minutes  et  les  délibérations  du  conseil  afin  de  met- 
tre Votre  Excellence  au  courant  de  la  conduite  des  habitants  français  lorsque  l'ennemi 
était  dans  cette  province.  Je  suis  avec  la  plus  grande  soumission  et  le  plus  grand 
respect,  de  Votre  Grâce,  le  plus  humble  et  le  plus  obéissant  serviteur, 

P.  MASCARENE. 
Reçue  le  30  juillet  1745. 
Pour  le  contenu  de  cette  lettre,  voir  les  minutes  du  Conseil  ^|^  p.  106. 

Newcastle  à  Shirley. 

Wiiitehall,  10  août  1745. 

Monsieur, — Je  profite  du  départ  d'un  vaisseau  que  les  lords  commissaires  de 
l'Amirauté  envoient  à  Louisoourg,  pour  vous  faire  parvenir  l'accusé  de  réception  de 
vos  nombreuses  lettres  (la  dernière  datée  du  mois  de  juin)  et  pour  vous  féliciter  du 
succès  des  armes  de  Sa  Majesté,  lors  de  la  prise  de  l'importante  place  de  Louisbourg. 


S6  AJR0H1  IN  AD  II 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Sa  Maj  été  heu  maître  le  mérite  des  cou  lanta  en  chef  de 

l'expédition,  en  élevant  M.  Warren  au  rang  de  contre-amiral  e1  en  conférant  la  dignité  de 
baronnet  de  la  Grand*  -ine  à  M.  Pepperell.    El  je  Buia  convaincu  que  jesté 

Bera  également  heureuse  de  voua  transmettre  quelque  témoignasse  >yale  confiance, 

en  reconnai  que  ?ous  avez  rendus;  et  j'<  que  l'occasion  qui  vous 

vaudra  cet  honneur  8e  présentera  bienti 

Je  vous  transmets  dans  cette   lettre   une   copie  de  celle   que   j'écris  aujourd'hui  à 

M.  William   Pepperell,  el  ***** 

Que  leurs   Excellences  ont    recommandé    M.  Warren   pour  remplir  la  charge  de  gou- 

\  «•;  ueur  »le  cetie  place. 

*  *  *  *  *  *  * 

Newcastle  à  sir  William  Pepperell. 

Whitehall,  10  août  1745. 

Monsieur, — Les  lords  justiciers  ont  cru  devoir  recommander  de  conférer  la  charge 
de  gouverneur  de  Louisbourg  à  M.  Pepperell.  La  commission  à  cet  effet  lui  sera 
envoyée  à  la  prochaine  occasion. 

Newcastle  au  contre-amiral  Warren. 

Whitehall,  11  septembre  1745. 

.Monsieur — Je  n'ai  reçu  aucune  lettre  de  vous,  depuis  que  je  vous  ai  écrit  le  10  du 
mois  dernier. 

Conformément  à  ce  que  je  vous  annonçais  à  cette  date,  vous  recevrez  par  ce  trans- 
port  la  commission  de  Sa  Majesté  vous  nommant  gouverneur  du  Cap-B'eton.  Je  vous 
félicite  sincèrement  de  ce  témoignage  de  confiance  et  de  reconnaissance  de  la  part  de 
Sa  Majesté. 

Le  contre-amiral  Warren  au  duc  de  Newcastle. 

Louisbourg,  3  octobre  174Ô. 

Milord, — J'ai  été  honoré  de  recevoir  par  le  capitaine  Rouse  arrivé  ici  le  23  septembre, 
la  lettre  de  Votre  Grâce,  du  10  août,  et  d'apprendre  que  les  capitaines  Montagu  et 
Geary  vous  ont  remis  les  lettres  du  général  Pepperell,  et  celles  que  j'y  avais  ajoutées, 

contenant  un  compte  rendu  des  succès  des  armes  de  Sa  Majesté  contre  Louisbourg. 

*  *  *  *  * 

Le  titre  de  contre-amiral  m'avait  '  entièrement  satisfait  et  je  n'embitionnais 
pas  la  charge  de  gouverneur  du  Cap-Breton,  laquelle,  vous  êtes  heureux  de  me  l'appren- 
dre, m'est  réservée.  Si  cette  commission  n'a  pas  encore  été  envoyée,  je  demande  comme 
faveur  qu'elle  ne  le  soit  pas  ;  cependant,  depuis  la  réception  de  la  lettre  de  Votre  Grâce 
je  me  considère  obligé  de  rester  ici  en  qualité  de  gouverneur  jusqu'à  ce  que  je  reçoive 
vos  instructions  ultérieures.  Et  permettez  moi  d'exprimer  l'espoir  qu'elles  s'adresseront 
à  un  autre  que  S  t  Majesté" croira  devoir  nommer.  Quant  à  moi,  je  serai  plus  apte  à 
m'occuper  de  l'escadre  qui  doit  arriver  au  printemps  et  je  pourrai  mieux  servir  Sa 
Majesté  dans  une  carrière  où  j'ai  acquis  de  l'expérience.  Comme  je  ne  m'attendais  pas 
à  recevoir  cette  nomination,  M.  Shirley  et  sir  William  Pepperell  devront  se  charger 
de  vous  transmettre  un  rapport  exact  de  l'état  de  la  garnison  et  je  crois  que  le  premier 
vous  le  fera  parvenir  par  le  présent  transport. 

Comme  il  a  été  impossible  de  transporter  en  France  cet  automne,  conformément 
aux  stipulations  du  traité,  les  habitants  de  l'île  St  Jean  qui  fait  partie  de  ce  gouverne- 
ment, nous  avons  conclu  un  arrangement  avec  eux  par  lequel  ils  s'engagent  à  rester 
neutres  et  à  demeurer  dans  cet  endroit  aussi  longtemps  que  nous  le  permettrons.  J'es- 
père qu'ils  seront  transportés  le  printemps  prochain,  car  nous  savons  que  la  permission 
de  rester  dans  nos  territoires  aurait  des  conséquences  déplorables  pour  la  Nouvelle- 
Ecosse.  De  plus  il  serait  avantageux  de  déporter  ceux  qui  résident  présentement  à 
Annapolis  et  j'ai  exprimé  cette  opinion  à  l'Amirauté.  Je  crois  que  M.  Shirley  vous  trans- 
met la  même  opinion  par  sa  présente  lettre. 


01  \  r  iLOOIE  m       WADIENi     iVBi    DOi  97 

DOC.  Dl     I  A      1  SSION  No   18 

Sir  William  Pepperell  au  duc  < 

Loi  i 

MlLORD,  * 

J'aurais  dû  faire  parvenu  plu    tôt  à  Voti  un  rapport  con 

l'armée  durant  l<  de  cette  place,  ainsi  qu  un  aperçu  du  c dm  ree  q 

Le  i  des  pôi  Im  u  ils  ont  explo  I 

actuelle    des    Françaii     neutrei     qui    habitent  la     Nouvelle-] 

oonnaît  re  iu   li  le    dan  jers  qui  nou 

ird,     J'aurais  dû  aussi  informer  Vol  ité  de  H 

français  d    l'île  St-Jean  (oe  que  nous  n'avons  pu  faire  cet  automne)  qu                          le 
temps  devenir  très  nuisibles  dan            adroit. 

Wam  a  au  du  île. 

[8B0UHO,  23  novembre  1 7  15. 

Mi  lord,     M.  Shirley  et   moi  avons  considère   le  dan  [uel  nou 

rions  en  permettant  aux  habitants  français  de  demeurer  dans  la    Nbu>  M. 

Shirley  écrit  longuement  à  Votre  Grâce  but  ce  sujet 

[mmédiatemenl  avant  le  départ  pour  rerre-Neuve  des  quatre  vaisseaux  de  soixante 
oan  aïs  qui  forment  Dia flottille,  nous   fûmes  alarmés  par  le  ranpori  d'un  vaisseau  qui  pi 
tendit  avoir  aperçu  six  voiles  contourner  L'île  au  Sable  et  se  dirig  de  Fundy. 

Nous  pensâmes  de  suite  que  c'étaient  les  vaisseaux  de  la  flottille  de  monsieur  Perrier- 
salvere  |  Périerçle  Salvertl  envoyés  au  secours  de  cette  place  et  dont  la  pi  sur  les 

bancs  de  Terre-Neuve  nous  avait  été  signalée.  Vu  que  M.  Du  vivier  qui  avait  commandé 
L'attaque  contre  Annapolis  l'année  dernière,  faisait  partie  de  l'escadre,  nous  crûmes  que 
l'ennemi  avait  appris  la  reddition  de  Louisbourg  et  ^e  rendait  à  Annapolis  dans  le  d 
sein  de  surprendre  la  garnison.  Pour  éviter  une  surprise  de  ce  côté,  ma  flottille 
préparait  à  partir  immédiatement  avec  six  cents  hommes  de  troupes  de  la  Nouvelle- 
Angleterre  lorsque  nous  apprîmes  que  cette  nouvelle  était  fausse.  Cependant  après 
avoir  considéré  les  sérieures  conséquences  que  nous  aurions  eu  à  déplorer  si  les  Français 
s'étaient  emparé  de  cetre  garnison,  nous  n'hésitâmes  plus  à  envoyer  du  renfort,  bien  que 
la  garnison  d'ici  qui  reste  alFaiblie,  puisse  courir  des  dangers.  En  effet,  si  cette  nouvelle 
eût  été  vraie  et  que  l'escadre  se  fût  emparée  de  la  garnison,  l'ennemi  aurait  ajouté  cinq 
ou  six  mille  combattants  aux  troupes  du  roi  de  France  sur  ce  continent.  En  outre,  cet 
événement  aurait  entraîné  fatalement  la  perte  de  la  conquête  que  nous  avons  faite  récem- 
ment et  suscité  des.  embarras  sérieux  aux  colonies  en  général,  pareeque,  à  l'exception  de 
la  garnison,  les  habitants  français  forment  la  population  entière  et  ils  semblent  croire 
qu'ils  doivent  rester  neutres  lorsque  les  drapeaux  anglais  flottent  sur  les  fortifications, 
mais  qu'ils  sont  libres  de  prendre  parti  pour  le  roi  de  France  à  l'apparition  du  drapeau 
français. 

P.S. — Depuis  que  j'ai  terminé  la  lettre  précédente,  je  suis  informé — et  j'ai  raison 
de  croire  ce  renseignement  fondé — que  le  sloop  qui  a  transporté  au  Canada  l'officier  et 
vingt  soldats  qui  étaient  en  garnison  a  1-île  St-Jean,  immédiatement  après  la  reddition  de 
cette  place,  est  de  retour  et  noas  a  appris  qu'on  a  formé  au  Canada  ie  projet  d'envoyer 
cet  hiver  six  mille  Français  et  sauveges  pour  surprendre  notre  garnison.  Quant  aux 
conséquences  de  cette  tentative,  le  temps  nous  l'apprendra.  En  tout  cas,  nous 
serons  sur  nos  gardes,  et  j'ai  envoyé  un  sloop  dans  les  parages  de  l'île  à  la  recherche  de 
renseignements. 

Je  suis  porté  à  croire  que  ce  rapport  est  fondé,  parce  que  n'ayant  pu  transporter 
les  habitants  en  France  cet  automne,  nous  retenons  responsable  de  leur  neutralité  et  de 
leur  bonne  conduite,  l'un  des  principaux  d'entre  eux  comme  otage,  auquel  j'ai  demandé  s'ils 
avaient  reçu  des  nouvelles  du  Canada  dernièrement.  Il  me  répondit  qu'aucun  vaisseau 
n'était  arrivé  de  ce  pays  à  l'île  St-Jean  durant  l'année  ;  mais  l'ayant  accusé  de  men- 
songe, il  m'avoua  l'arrivée  du  sloop  et  me  dit  que  le  générai  du  Canada  approuvait  la 
neutralité  qu'ils  avaient  promis  d'observer,  sans  doute  avec  l'espoir  de  se  servir  de  ces 


98  Ah'cim  ES  l   i  \  WIBNNEB 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

i  dès  que  L'occasion  se  présentera.     Ces  faits  nous   montrent  le  peu  de  confiance  que 
nous  devons  accorder  à  ces  gens  et  je  Crois  q  le  nous  ne  devons  pas  plus   compter   sur   la 

fidélité  de  cens  de  la  Nouvelle-Ecosse. 

*  *  *  *  * 

Dans  quelques  jours  nous  enverrons  <'ii  France  deux  vaisseaux  qui  y  transporteront 
environ  cent  vingt  habitants  de  cette  place,  suivant  les  conventions  de  la  capitulation. 
Ces  habitants  feront  sans  doute  connaître  la  faiblesse  de  notre  garnison  et  le  nombre 
de  décès   qui    esl    en    moyenne     de     huit     à     quatorze    par    jour.      Si     cette     maladie, 

ée  pir  la  privation  des  choses  nécessaires,  continue  ses  ravages,  Dieu  sait  qui  de  nous 
survivra  jusqu'au  printemps  prochain. 

Cette  situation  étant  propre  à  encourager  les  Français  à  tenter  de  bonne  heure  un 
vigoureux  effort  pour  s'emparer  de  cette  importante  possession,  je  crois  de  m  m  devoir 
de  mettre  Votre  Grâce  au  courant  de  ce  qui  se  passe,  de  peur  que  nous  ne  recevions  pas 
les  troupes  et  les  vaisseaux  qui  doivent  être  envoyés  de  Gibraltar  pour  nous  secourir. 

Je  ferai  tous  mes  efforts,  de  concert  avec  le  gouverneur  Shirley,  pour  obtenir  du 
secours  des  colonies  aussitôt  que  possible  le  printemps  prochain,  mais  nous  ne  devons 
pas  compter  beaucoup  sur  cette  ressource  si  la  maladie  ne  diminue  pas. 

Maintenant  nous  savons  qu'il  est  impossible  d'accorder  notre  confiance  à  ces  Fran- 
çais (jue  nous  avons  cru  devoir,  à  leur  demande,  laisser  sur  leurs  propriétés,  parceque 
nous  en  avions  besoin  pour  fournir  du  bois,  etc.,  à  la  garnison.  Nous  avons  donné  ordre 
à  ces  habitants  qui  forment  une  population  de  deux  cent  quatre-vingt  sept  âmes,  y  com- 
pris hommes,  femmes  et  enfants,  outre  les  cent  vingt  déjà  mentionnés,  de  se  rendre 
immédiatement  aux  quartiers  de  la  garnison  et  nous  allons  les  envoyer  en  France  aussi- 
tôt que  possible.  Bien  que  nous  puissions  les  manquer  l'année  prochaine  lorsqu'il  s'agira 
de  se  procurer  du  bois  de  chauffage  pour  la  garnison,  la  crainte  qu'ils  ne  fournissent  des 
renseignements  aux  ennemis  nous  porte  à  croire  qu'il  vaut  mieux  avoir  recours  à  cette 
mesure  que  de  s'exposer  au  danger. 

Nous  aurions  dû  faire  partir  à  la  métropole  les  deux  vaisseaux  français  ci-dessus 
mentionnés,  mais  nous  avons  craint  qu'ils  ne  fissent  connaître  que  nous  devions  envoyer 
à  Terre-neuve  quatre  vaisseaux  de  soixante  canons  et  les  deux  prises  des  Indes,  pour 
escorter  les  vaisseaux  chargés  de  marchandises  qui  doivent  partir  de  cet  endroit  pour 
l'Angleterre,  avec  une  cargaison  très  riche,  comprenant  le  chargement  des  vaisseaux  de 
la  mer  du  Sud  et  près  d'un  million  de  pièces  de  huit.  * 


Warren  et  Pepperell  à  Newcastle. 

Louisbourg,  18  janvier  1745-46. 
Milord, —  ***-.**« 

Nous  Sommes  très  heureux  d'avoir  gardé  ici  le  Vigilant  et  le  Chester  qui  nous  ont 
permis  de  mettre  des  marins  en  garnison  dans  la  grande  bitterie  qui,  (comme  nous  vous 
l'avons  appris,  a  été  dégarnie  de  gros  canons),  et  de  transporter  les  troupes  américaines 
dans  la  ville.  Les  travaux  à  exécuter  sont  considérables  et  requièrent  un  grand 
nombre  d'hommes  pour  faire  la  garde  et  mettre  la  place  en  bon  état,  car  il  ne  faut  pas 
perdre  de  vue  que  nous  sommes  exposés  à  des  suprises.  En  outre,  n'ayant  pas  d'éta- 
blissement à  l'extérieur  et  aucun  moyen  de  connaître  les  mouvements  de  l'ennemi,  celui- 
ci  pourrait  s'approcher  de  la  place  sans  que  nous  en  ayons  connaissance.  De  plus,  il 
est  impossible  de  cacher  nos  mouvements  à  l'ennemi  parce  qu'il  y  a  deux  cent  cinquante 
habitants  sur  ce  te  île,  sans  compter  ceux  de  l'île  St-Jean  que  nous  n'avons  pu  dé- 
porter, et  qui  (bien  que  nous  leur  ayons  ordonné  de  rester  dans  la  ville)  se  cachent  dans 
la  campagne,  afin  d'éviter  d'être  transportés  en  France,  car  ils  s'y  opposent  fortement. 
Nous  devrons,  le  printemps  prochain,  nous  occuper  avant  tout  de  transporter 
les  habitants  d'ici  et  ceux  de  l'île  St-Jean  et  nous  efforcer,  si  l'entreprise  est  jugée  pro- 
fitable, de  former  des  établissements  dans  les  endroits  conquis  et  de  les  peupler  de  sujets 
britanniques. 


I  /  \  /   i/  OOIB  I"       [CAD I Mb       \  '  i  '    DOCl  \é  M 

DOC.  DE   LA  SESSION   No   18 

/.  m  duc  d 

Mi  lord,     N"M   %\  u  dernièrement  une  lettre  du  lieutenants  rionel  Ma 

président  du  Conseil  et  eommandanl  eu  ohe!  de  8a    Vfa  poui  de  la 

Nouvelle  Boos  e,  datée  du  9 décembre  dernier,  el  dan     do  riptum  «l  ité  du    i 

même  mois,  il  nous  apprend  que  la  ôîéci  ion   à   prendre  au     ujel    d< 
français  qu'il   avait    fait    prisonnier!    pour    avoii   entretenu  uni  pondan 

l'ennemi,  l'embai  i  w  tait  I  leauooup, 

Nous  nous  permet  bons  'I  inclure  à    \ 
post  scriptum.     Nous  sommes,  tnilord,  de  \  s,    le    tri     humbles  et    ol 

■en  iteurs, 

i;    PLI   MER, 
.!.    l'IlT, 

B.   LEVE8SOH   Gt  W  i 
.).  GRENVILLE 
Win  11:11  \i.i„  23  n\  ril  1  7  16. 

A  Sa  Gràoe  le  duc  de  Newoastie. 

Knowleê  à  Newoastie. 

LrOuiSBOUEO,  1 8  septembre  1 7 16. 
Qu'il  plaise  à  Votre   Grâce, — 

Le  munitionnaire,  M.  Kilbv,  étant  mort  il  y  a  quelques  jours,  j'ai  chargé  M. 
Green  (qui  a  ét<;  secrétaire  de  l'amiral  Warren  et  de  sir  \\  Llliam  Pepperell)  de  Le 
remplacer  temporairement,  île  prendre  soin  des  magasins  et  de  faire  la  distribution  des 
provisions  jusqu'à  ce  qu'elles  soient  consommées. 

Newcastle  à  Knotvles. 

AU    C0MM0D01Œ    KNOWLES. 

WhitehalLj  11  mars  1745 

]\IoNSiB:uii, — Le  contre-amiral  Warren  ayant  demandé  à  Sa  Majesté  la  permisvion 
d'abandonner  le  gouvernement  du  Cap-Breton  à  cause  de  son  mauvais  état  de  santé,  et 
Sa  Majesté  vous  ayant  choisi  pour  le  remplacer,  je  vous  transmets  ci  incluse  votre  com- 
mission signée  par  Sa  Majesté,  vous  nommant  gouverneur  du  Cap-Breton.  J'ai  reçu  en 
même  temps,  ordre  de  Sa  Majesté  de  vous  informer,  qu'à  votre  arrivée  à  Louisbourg, 
selon  le  plaisir  de  Sa  Majesté,  vous  devrez  attendre  le  départ  de  M.  Warren  avant 
d'exercer  les  pouvoirs  que  vous  confère  votre  commission  d'agir  comme  gouverneur. 

Je  vous  souhaite  beaucoup  de  succès  dans  l'accomplissement  des  devoirs  importants 
que  Sa  Majesté  a  cru  devoir  vous  confier.     Je  suis  etc., 

HOLLES  NEWÇASTLE. 

Warren  au  vice-amiral  Townsend. 

Louisbourg,   16  mai  1746. 

MONSIEUR, — Pour  obéir  à  vos  ordres,  je  prends  la  liberté  de  vous  exposer  le  plan 
d'opérations  que  j'ai  préparé  et  que  je  me  proposais  de  mettre  à  exécution  au  cours  de 
l'été,  si  on  m'avait  laissé  le  commandement  de  la  flottille  de  Sa  Majesté. 

Il  s'agissait  aussi  d'expulser  de  l'île  St-Jean  tous  les  habitants  français  qui 
forment  une  population  de  mille  âmes,  de  brûler  leurs  établissements  et  de  les 
transporter  en  France  avec  leurs  mobiliers,  conformément  aux  termes  de  la  capi- 
tulaton,  lors  de  la  reddition  de  la  garnison  à  Sa  Majesté.  CJn  des  articles  de  la 
capitulation  engageait  les  Français  de  ce  territoire,  à  ne  pas  prendre  les  armes  contre 
Sa  Majesté  ni  contre  ses  alliés  durant  l'espace  d  une  année,  à  partir  de  la  ratification  de 
cette  capitulation  ;  laquelle  année  finissant  le  17  juin  prochain,  il  est  urgent  de  prendre 
des  mesures  nécessaires  pour  opérer  l'évacuation  de  l'île  aussitôt  que  possible,  avant  que 
les  Français  puissent  sans  violer  leurs  engagements,  prendre  les  armes  contre  nous. 
J'avais  commencé  à  faire  des   préparatifs   pour  effectuer   ce  projet  avant  votre  arrivée, 


100  AROHIV1 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


mais  j'ai  du  discontinuer  parceque  la  glace  rendait  la  navigation  trop  dangi  Je  crois 

qu'il  est  important  d'envoyer  un  vaisseau  de  guerre  de  quarante  canons  pour  supporter  la 
garnison   d'Annapolis   qui    se    trouve  au   milieu   d'une    population   composé* 
appelés  Français  neutres  qui,  en  plusieurs  occasions,  ont  montré  leur  attacl  à  la 

cause  des  Française!    n'attendent   qu'une  o  ible    pour  >l  er.     A.  la 

demande  pressante  du  gouverneur   Mascarène,   j'avais   l'intention  d'envoyer  un 
a  cette  endroit  avec  ordre  de  n'y  rester  que  durant  quinze  jours,  à  moins  que  la  garnison 
ne  I 

Warren  à  Knowh 

LouiSBOUEG,   2  juin  1746. 

MONSIEUR,  —  Sa  Grâce  le  duc  de  Newcastle  m'a  appris  par  sa  lettre  du  14  mars 
dernier  que,  Sa  Majesté,  à  ma  demande,  m'a  généreusement  accordé  la  permission 
d'abandonner  le  commandement  de  cette  importante  garnison  et  du  territoire  confié  à 
sa  garde  et  vous  a  nommé  pour  occuper  le  poste  important  que  je  viens  d'abandonner. 
Je   vous  souhaite   succès  et  bonheur  M.  Townsend  ayant  reçu 

instruction  de  mettre  un  vaisseau  à  mon   service,  je  vous  abandonne  ma  charge,  et  avec 

sa  permission  je  partirai  d'ici  aussitôt  que  possible. 

*  *  *  *  * 

Quant  au  plan  d'opération  que  j'avais  l'intention  de  mettre  à  exécution  si  j'avais 
continué  de  commander  l'escadre,  et  que  je  vous  ai  fait  connaître,  M.  Townsend 
m'a  fait  l'honneur  d'approuver  l'opinion  que  j'ai  émise  au  sujet  des  mesures 
qui  auraient  dues  être  prises  déjà  pour  transporter  les  Français  de  l'île  St-Jean  en 
France  conformément  aux  termes  de  la  capitulation,  lorsque  la  garnison  de  cette  place 
s'est  soumise  au  roi.  Un  des  articles  de  cette  capitulation  engageait  les  Français  à  ne 
pas  prendre  les  armes  contre  le  roi  ou  ses  alliés  pendant  une  année.  Le  terme  de  cet 
engagement  prendra  fin  le  17  juin  prochain,  et  il  est  nécessaire  d'évacuer  cette  île  avant 
que  les  habitants  aient   le  droit   de  prendre  les  armes  pour  se  défendre.     Quant  aux 

autres  parties  du  plan  d'opération,  je  vous  renvoie  à  M.  Townsend. 

*  *  *  *  ■» 

Je  dois  vous  recommander  Baptiste  Young,  Français  et  très  bon  pilote.  J'ai  fait 
des  efforts  pour  le  garder  ici,  car  il  peut  rendre  de  grands  services  dans  le  cas  d'une 
attaque  contre  Québec.  Il  est  présentement  sur  le  Kinsale  à  l'île  St-Jean  et  je  lui  ai 
promis  une  somme  de  cent  livres  sterling  s'il  réussit  à  faire  soumettre  les  habitants  de 
cette  île  aux  termes  de  la  capitulation.  A  son  retour,  vous  aurez  la  bonté  de  lui  payer 
cette  somme  s'il  s'est  acquitté  de  sa  tâche  avec  succès,  et  son  salaire  de  pilote  sur  le 
Chesler  que  j'ai  fixé  à  quarante-deux  livres  pour  l'encourager.  Je  crois  que  dans 
l'intérêt  de  Sa   Majesté,  il  est  nécessaire  de  le  garder  à  notre  service. 

Conseil  de  guerre  tenu  à  Louisbourg,  le  7  juin  1746. 

Présents  : 

Le  vice  amiral  Townsend,  commandant  en  chef  des  vaisseaux  de   Sa  Majesté 

dans  l'Amérique  du  Nord. 
Le  commodore  Charles  Knowles.  gouverneur  de  Louisbourg. 
Le  colonel  Warburton,  lieutenant-gouverneur. 
Le  lieutenant-colonel  Hopson 
Le  lieutenant-colonel  Horsman 
Le  lieutenant-colonel  Ellison 
Le  major  Mercer. 

L'amiral  Townsend  et  M.  Knowles  nous  ayant  fait  connaître  le  dessein  du  contre- 
amiral  Warren  (gouverneur  sortant  de  charge)  de  mettre  à  exécution  les  termes  de  la 
capitulation  de  cette  place  à  l'égard  des  habitants  de  l'île  St-Jean,  en  les  obligeant 
d'évacuer  l'île  immédiatement  et  en  les  transportant  en  France  avec  leurs  familles,  nous, 
officiers  en  chef  de  Sa  Majesté,  commandant  par  terre  et  par  mer,  après  nous  être 
réunis  et  avoir  considéré  les  intentions  de  l'amiral  Warren,  et  surtout  les  derniers  ordres 


01  \  i   ILOGIB  /'/        \.C ADIEU >      iVE(     OOi 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

dernièi  e    in  il  rilol  ion  i  d<         I  le  duc  do 

effet  d<-    boul    pi  apurer   au    i  rapii 
01 03  "ii    bouH  que  la  ti  1  a  port 
le  moment ,  pai  ceque  le    transport 
t  roupes.     B1  dou*  v\  on    tenu  corn  pi 

la  déportation  de  ces  habitante  en  France  et  du  grand  be  oin 
l>i  ésentemenl . 

En  oui  ^oir  entendu  les  représentants  de  la 

Bolliciter  la  libert  é  de  1  t  en  es  pend  int  q 

iou mettre  à    la  volonté  du  roi,   con  idérant  qui  iborté  leui 

mois  de  septembre  dernier  par  l'amiral  Warren,  Bir  William  Pepp 
Shirley,  et  qu'ils  ont  strictement    respecté  les   termes   et  li 
imposés  el  qu'il  »nt  conduits   depuis  d'une   mai  ire,  noc 

M.    Knowles  de    leur   accorder  la  liberté  di  ion    de  leui 

longtemps  que    le  permettra  le    plaisir  d<  i  du  moins  jusqu'il 

dition  projetée  ait  eu  lieu  el  qu'une  occasion  plus  favorable  permette 
en  France,  avant  soin  de  retenir  des  otages  en  garantie  de  leur  soumit 
impo  que  noua  désirons  conformes  à  la  copie  ci  incli 

Donné  bous  notre  signature,  ce  7' jour  «le  juin  1746. 

.).  TOWNSEND 
CHAS.   KNOWJ 
BENR.  WARBURTON 
P.  T.  HOPSOfl 
JNO.  HORSMAN 
ROBT.  KLLISOfl 
JAMES  F.  MERCER. 

Articles  concernant  les  faveurs  accordées  aux   habitants  de  l'île  St-Jean,  que  le  ' 

de  guerre  recommande  de  laisser  sur  leurs  terres  aussi   longtemps   que  le  pe 

le  plaisir  de  Sa  Majesté. 

Attendu  que  les  habitants  de  l'île  St-Jean  qui  fait  partie  du   territoire  appartenant 
au  gouvernement  de  Sa  Majesté,  m'ont  représenté   par   l'intermédiaire  de  leurs  repr< 
tants,  Jean  Cheney  et  Louis  Cloquene  [Closquinet],  que  depuis   la    reddition    de    cette 
forte.'  de   l'île  St-Jean    et   de   ses   dépendances  au   roi  de  la  Grande-Bretagne,  leur 

conduite  à  l'égard  des  Anglais  a  été  inoffensive  et  conforme  aux  articles  de  la  capitu- 
lation du  16  juin  17-tô  ;  et  considérant  qu'ils  ont  obtenu  du  contre-amiral  Warren,  de 
sir  William  Pepperell  et  du  gouverneur  Shirley,  le  30  septembre  1746,  la  permission  de 
rester  sur  leurs  terres  pendant  quelque  temps  encore  et  que  par  suite  de  ce  privilège,  ils 
ont  préparé  et  ensemencé  leurs  terres  pour  la  présente  année  ;  en  outre,  les  dits  délé- 
gués sollicitant  pour  eux-mêmes  et  pour  les  habitants  de  l'île  St-Jean,  un  laps  de  temps 
suffisant  pour  leur  permettre  de  faire  leurs  récoltes,  ou  tout  délai  que  Sa  Majesté 
daignera  leur  accorder. 

Je,  après  avoir  considéré  leur  requête,  consens  à  ce  que  les  dits  habitants  restent 
sur  l'île  St-Jean  aussi  longtemps  qu'il  plaira  à  Sa  Majesté,  à  condition  qu'ils  se  soumet- 
tent aux  termes  de  la  capitulation  de  Louisbourg  et  aux  conditions  imposées  antérieure- 
ment par  le  gouverneur  Warren  ;  à  condition  aussi,  qu'ils  envoient  ici  pour  y  résider, 
l'un  des  principaux  d'entre  eux  en  qualité  de  représentant,  chargé  de  solliciter  en  leur 
nom  et  de  régler  avec  moi  ou  mes  successeurs  toutes  les  questions  qui  pourront  se  soule- 
ver, et  qu'ils  s'engagent  à  mettre  en  pratique  les  décisions  et  à  exécuter  les  ordres  que 
moi  et  mes  successeurs  leur  transmettrons  par  l'intermédiaire  de  leur  représentant. 

En  outre,  ils  doivent  envoyer  directement  ici  comme  otages  dix  ou  douze  de  leurs 
principaux  jeunes  gens,  en  garantie  de  leur  soumission  aux  conditions  ci-dessus  et  trans- 
porter ici  la  moitié  des  bestiaux  qu'ils  ont  actuellement  sur  la  dite  île  pour  lesquels  nous 
leur  paierons  un  prix  raisonnable. 

De  plus,  je  permets  à  six  ou  huit  familles  résidant  actuellement  sur  l'île  St-Jean,  de 
se  transporter  ici  avec  leurs  ménages  ;  il  leur  sera  donné  une  quantité  suffisante  de  terre 
pour  les  dédommager  de  leur  déplacement.     Un  petit  vaisseau  sera   chargé  de  faire  le 


102  ABOHIVB8  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

trajet  entre  l'île  Si  Jean  el  Louisbourg,  afin  qu'elles  puissent  nous  amener  leurs  bestiaux, 

des  provisions  et   autres  articles   que  produit  cette  île      Et  si    ces  familles  fourni 

du  bois,  du  charbon  el    de  la   chaux  à   la  garnison    il   leur  sera  payé  la   pleine   valeur 

pour  ces  objets. 

Sur  preuve  complète  qu'il  y  a  eu  violation  des  articles  ci-dessus  ou  des  stipulations 
de  la  capitulation  de  Louisbourg  et  des  conditions  attachées  aux  faveurs  accordées  par 
le  ci-devant  gouverneur  Warren,  les  coupables  seront  immédiatement  remis  entre  les 
mains  du  gouverneur,  ou  les  otages  seront  tenus  responsables  selon  la  plus  grande, 
ligueur  de  la  guerre. 

Donné  sous  mon  seing  et  sceau  au  milieu  de  la  garnison  de  Sa  Majesté,  à  Louis- 
bourg, le  9  juin  1746. 

CHAS.  KNOWLE<. 

Knowles  à  Newcastle. 

Louisbourg,  8  juillet  1746. 
Qu'il  plaise  à   Votre  Grâce, 

Je  profite  du  départ  d'un  estaffette  de  l'amiral  Townsend  pour  vous  apprendre  mon 
arrivée  ici,  en  même  temps  que  le  Canterbury  et  le  Norwich,  le  22  mai  dernier. 

Sur  réception  de  vos  dépêches,  M.  Warren  s'est  préparé  à  partir  directement  pour 
les  colonies  afin  de  s'entendre  avec  les  gouvernements,  suivant  les  instructions  qu'il  a 
reçues  ;  et  le  3  juin  il  m'a  remis  la  charge  de  ce  gouvernement.  *  * 

Sur  l'approbation  de  l'amiral  Townsend,  du  lieutenant-gouverneur  et  des  officiers 
supérieurs,  j'ai  accordé  aux  habitants  de  l'île  St-.Jean  la  liberté  de  rester  sur  leurs 
terres  aussi  longtemps  que  le  permettra  Sa  Majesté,  car  leur  transport  en  France  (con- 
formément aux  termes  de  la  capitulation  de  cette  place)  nous  aurait  non  seulement 
occasionné  une  dépense  de  6  à  .£8,000,  mais  nous  aurait  privé  des  transports  et  des 
vaisseaux  dont  nous  aurons  besoin  pour  transporter  les  troupes  au  Canada.  En  outre, 
nous  n'avous  rien  à  craindre  de  cette  population  pauvre  et  inoffensive  dont  j'ai  des 
otages  entre  les  mains.  Votre  Grâce  trouvera  ci-inclus  copies  des  conditions  en  vertu 
desquelles  leur  a  été  accordée,  la  permission  de  rester  sur  leurs  terres  et  des  décisions 
prises  par  le  conseil  de  guerre;  et  j'espère  que  Votre  Grâce  approuvera  ces  mesures. 

Knowlts  à  JWivcaslle. 

Louisbourg,  20  janvier  1747. 

Monsieur, — Je  prends  la  liberté  de  vous  transmettre  la  copie  d'une  lettre  reçue 
d'un  prêtre,  que  je  trouve  intéressante.  Ce  prêtre  est  arrivé  avec  le  dernier  armement 
français. 

Vabhé  Maillard  à  Edward  Hoic. 

Monsieur, — Il  y  a  longtemps  que  je  cherche  l'occasion  de  vous  asseurer  de  mes 
Respects,  de  mon  Amitié,  et  de  mon  affection  constamment  les  mesmes  a  vostre  égard 
depuis  mon  arrivée  a  Annapolis  Royal  :  Je  la  trouve  aujourd'hui  cette  occasion  toute 
semblable  a  celle  que  me  fournit  il  y  a  deux  ans,  la  trop  honorab'e  et  trop  glorieuse 
Retraite  que  nous  fumes  forcez  de  faire  de  dessus  vos  Terres. 

Dieu  qui  conduit  les  Gouvernemens  voit  bien  que  ce  que  nous  entreprenons  est  si 
mal  concerté  qu'il  ne  mérite  pas  la  plus  petite  de  ses  Attentions.  E  -t-il  possible  que  le 
petit  Fort  d'Annapolis  Royal  ait  paru  a  nos  vaillans  Alcides  sous  la  figure  d'un  Monstre 
cent  mille  fois  plus  fier,  plus  indomtable,  plus  féroce,  plus  effrayant,  et  plus  redoutable 
que  la  Piihon  de  la  Fable  ou  si  vous  voulez  mieux  que  L'hydre  de  Lerne. 

Je  suis  venu  avec  une  des  plus  belles  Flottes  que  soit  jamais  sortie  de  la  France. 
C'était  un  Corps,  grand,  beau,  bienfait,  bien  compassé  en  apparence  dans  toutes  ses  par- 
ties, mais  mal  animé.  J'ay  toujours  pensé  et  dit  en  conséquence  des  idées  que  j'en  avois 
sans  cependant  me  donner  des  Airs  de  Prophète  que  c'était  ce  feu  de  paille  dont  parle 
Virgile  dans  ses  Georgiques, 

Ut  quondam  in  Hipulis  magnus  sine  viribus  Ignis, 
Incassum  furit. 


DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Je  ne  puii  soutenir  plu   longtem] 
ment  que  je  ne    ui    revenu  dam  oe  paj    oj  que  pour  Obéir, 

.1  ,,i  <•  it  enl  i<  i'  ment  de  dommage  de  toute    le    peim  mon 

départ  par  le  bon   Bntret  ien  que   m  ont    fait  rai  oni 

tour  ne  le  oontentoient  pa  ■  neulement  de  plaindre  mo 
Leur  mieux   pour  me  distraire  de  mon  chagrin      M   faut   avouer  qui*  •■ 
habitans  "\    ont   furieusement   balottez,  Comment    n  I  >rtw       en 

avoir  compassion,  Bans  cependant  exciter  en  même  temp 

<iui  leur  font  faire  tout  ce  que  vous  devrez  neot     airement  ne  point  approuvi  i      Je 
tout  oela  a  la  Sagesse  de  vos  Conseils,  honorez  moy,  s'il  vous  plait  di  ii 

Permettez  mois  de  saluer  très  effectivement  par  vous  Mon  ieur  le  Gouverneur  el 
Messieurs  les  officiers  de  votre  fort. 

Je  suis  avec  une  estime  et  une  considération  parfaite 
Monsieur 
Votre  très  humble  et  tièz  Obéissant  Serviteur 

MAY  AD    Prostré 

De  la   Rivière  de  V Original  (Orignal)  ■'<    ïïov,   I î  '/'>■ 

Mascarène  à  \>  wcastle. 

M  n. oui),     Le  15  novembre  dernier  j'informais  à  Votre  Grâce  que  la  flotte fran< 
avait  abandonné  Le  projet  d'attaquer  cette  place  et  quitte  nos  parages,  et  que  les  trouj 
du  Canada  avaient  aussi  abandonné  cette  place  et  s'était  retirées  aux  Mû  aviron 

20  lieues  d'ici.  J'attendais  alors  le  renfort  quedevait  m'envoyer  le  gouverneur  Shirley 

pour  chasser  entièrement,  s'il  était  possible,  les  Canadiens  de  cette  province.  Mais  la 
saison  étant  très  avancée  et  le  temps  très  mauvais,  les  troupes  arrivèrent  lentement; 
celles  du  Rhode  Isïand  ne  durent  pas  rétrograder  trois  ou  quatre  fois  comme  on  me 
l'avait  appris.  Après  leur  arrivée,  j'ai  tenu  ces  troupes  en  mouvement  autant  que  la 
saison  le  permettait,  mais  le  chemin  pour  se  rendre  aux  Mines  fut  trouvé  impraticable 
et  le  mauvais  temps  obligea  les  vaisseaux  qui  essayèrent  de  prendre  la  mer  de  rebrousser 
chemin.  Cependant  nos  mouvements  ont  décidé  l'ennemi  à  quitter  les  Mines  et  à  se 
retirer  à  Chignectou  sur  l'autre  côté  de  la  baie  de  Fundy;  et  depuis,  les  gelées  ont  permis 
à  cinq  cents  hommes  de  se  rendre  aux  Mines  par  terre  tandis  que  deux  vaisseaux  s'y 
rendaient  avec  des  munitions  pour  l'artillerie  et  la  charpente  pour  y  établir  un  block- 
haus. Dans  l'intervalle,  des  délégués  vinrent  des  Mines  pour  m'informer  du  départ  des 
Canadiens  et  m'avertir  que  M.  de  Ramsay  après  avoir  appris  les  préparatifs  que  nous 
faisions  ici  en  vu  de  l'attaquer,  manda  les  habitants  dans  le  dessein  de  connaître  leurs 
intentions,  qu'il  les  engagea  à  se  joindre  à  lui  pour  repousser  les  troupes  qui  devaient 
marcher  entre  les  Mines,  mais  qu'après  avoir  constaté  que  les  habitants  ne  se  laisseraient 
pas  persuader,  sur  leur  déclaration  qu'ils  s'en  tiendraient  au  serment  de  fidélité  qu'ils 
avaient  prêté  au  roi  de  la  Grande-Bretagne,  il  embarqua  ses  provisions  et  ses  munitions 
sur  quatre  vaisseaux  dont  l'un  était  un  seneau  de  quatorze  canons  et  se  retira  à  Chi- 
gnectou. Pour  décider  les  habitants  à  se  révolter,  M.  de  Ramsay  comptait  surtout  sur  la 
nouvelle  répandue  au  sein  de  la  population,  qu'une  force  considérable  devait  arriver  de  la 
Nouvel  le- Angleterre  pour  transporter  les  gens  ou  les  massacrer  ;  mais  le  gouverneur 
Shirley  me  fit  parvenir  une  lettre  dont  il  avait  fait  imprimer  à  Boston  plusieurs  exemplai- 
res en  français  que  je  fis  distribuer  immédiatement  afin  de  prévenir  les  résultats  fâcheux 
que  cette  rumeur  eût  pu  produire  et  de  faire  avorter  les  projets  de  M.  de  Ramsay.  Cette 
lettre  démontra  aux  habitants  que  ces  troupes  n'étaient  pas  envoyées  dans  un  semblable 
dessein  ;  et  depuis,  l'expérience  leur  en  a  fourni  la  preuve,  car  voici  deux  mois  que  ces 
troupes  sont  aux  Mines  et  leur  conduite  a  été  telle  que  les  habitants  ont  eu  peu  ou  point 
de  motif  de  se  plaindre.  Outre  notre  intention  de  forcer  les  Canadiens  à  quitter  cette 
place,  nous  avons  pensé  qu'il  était  urgent  dans  l'intérêt  de  Sa  Majesté,  de  laisser  les 
troupes  à  cet  endroit,  afin  de  consumer  le  surplus  de  provisions  dont  disposent  les 
habitants  et  d'empêcher  l'ennemi  d'y  aller  se  ravitailler  durant  l'été  et  d'en  faire  une 
place  d'armes  comme  il  l'a  pratiqué  depuis  trois  ans.     On  a  promis  aux  habitants  fran- 

(<i)  Ce  prêtre  est  l'abbé  Maillard. 


104  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

çais  de  leur  payer  leurs  provisions.  La  nécessité  <l  •  cette  expédition  exige  des  dépei 
auxquelles  la  province  n'esl  pas  en  él  <\  de  faire  face,  car  je  l'ai  souvent  fait  re  larquer 
humblement,  qu'aucune  autorité  ne  permettant  d'imposer  i  ne  taxe  aux  habitants,  il  est 
par  conséquent  impossible  de  prélever  des  fonds  pour-  faire  face  aux  dépenses  publiques. 
Depuis  Bept  ans  que  je  suis  président  de  cette  province,  j'ai  été  obligé  de  rencontre! 
dépenses  inhérentes  à  mes  fonctions  à  même  le  budget  qui  m'est  alloué  en  ma  qualité  de 
militaire,  comme  major  et  comme  lieutenant-colonel  du  régiment  du  lieutenant-général 
Phiilips,  et  depuis,  Sa  Majesté  m'a  accordé  une  commission  de  lieutenant  rneur  de 

cette  garnison.     J'ai  déjà  très  humblement  fait  remarquer  à  ce  sujet,  qu'en  vertu  des- 
instructions  de  Sa  Majesté,  une  partie  du  traitement  du  gouverneur  doit  être  versé  pen- 
dant   l'absence  de  celui-ci,  au  commandant  en  chef  afin  de  l'aider  à  maintenir-  la  dignité 
de  -a  charge,  mais  m  >s  observations  sont  toujours  restées  sans  rép  lumets  très 

humblement  ma  situation  à  Votre  Grâce  avec  l'espoir  qu'elle  fera  un  rapport  favorable  à 
Sa  Majesté.  Je  suis  avec  la  plus  entière  soumission  et  le  plus  profond  respect,  votre 
très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

MASCARENE. 
Annapolis  Royal,  23  janvier  174G-47. 

Xeivcastle  à  Shirlry. 
[Endossé:   Brouillon  dune  lettre  au  gouverneur  Shirley,  30  mai  17.1/7). 

Whitehall,  30  mai  1747. 
Monsieur, —  *  *  *  * 

Attendu  que  vous  et  M.  Warren  m'avez  informé,  qu'on  a  fait  circuler  parmi  les 
habitants  de  la  Nouvelle  Ecosse,  la  nouvelle  que  ceux-ci  allaient  être  chassés  de  leurs 
établissements  et  de  leurs  habitations  et  que  cette  rumeur  a  pu  avoir  été  propagée  dans 
le  dessein  de  les  induire  à  rompre  leur  allégeance  à  Sa  Majesté,  et  à  se  joindre  à  l'en- 
nemi, Sa  Majesté  croit  qu'il  est  nécessaire  de  prendre  les  moyens  de  détruire  ces  dan- 
gereuses insinuations,  et  pour  cela,  Sa  Majesté  ordonne  que  vous  fassiez  une  déclaration 
publique  et  authentique  aux  sujets  de  Sa  Majesté,  les  habitants  de  cette  province,  par 
laquelle  vous  leur  apprendrez  qu'ils  ne  doivent  nullement  craindre  que  rien  de  semblable 
ne  leur  arrive  ;  mais  qu'au  contraire,  Sa  Majesté  est  déterminée  de  les  protéger  et  de 
conserver  tous  ceux  qui  seront  fidèles  à  leurs  devoirs  et  à  leur  allégeance  envers  Sa 
Majesté,  dans  la  paisible  possession  de  leurs  établissements  et  de  leurs  habitations  et  de 
leur  accorder  le  libre  exercice  de  leur  religion 

Sa  Majesté  a  eu  l'intention  de  faire  rédiger  une  proclamation  dans  le  sens  ci-dessus, 
et  de  vous  la  transmettre  pour  la  faire  publier  dans  la  province;  mais  après  avoir  été  in- 
formée qu'un  détachement  de  troupes  de  la  Nouvelle- Angleterre  qui  se  rendait  aux  Mines, 
avait  été  surpris  par  un  parti  composé  de  Canadiens-français  et  de  sauvages  et  avait 
été  massacré  ou  fait  prisonnier,  Sa  Majesté  croyant  que  ce  malheur  ne  pouvait  arriver 
à  ces  troupes  sans  l'aide  ou  du  moins  sans  la  connivence  des  habitants  de  la  Nouvelle- 
Ecosse,  et  qu'il  devenait  par  suite  difficile  de  choisir  les  termes  propres  à  cette  procla- 
mation, a  décidé  de  vous  charger  de  préparer  en  son  nom  la  déclaration  que  requièrent 
les  circonstances  actuelles.    •  *  * 

Je  suis  Arc, 

HOLLIS  NEWCASTLE. 

Annexée  à  la  lettre  du  20  octobre  17J/7. 


Armes 
Royales. 


Par  ordre  de  Sa  Majesté. 

Déclaration  de  William  Shirley,  écuyer,  capitaine  général  et  gouverneur  en  chef  de 
Sa  Majesté  dans  et  pour  la  province  de  la  baie  du  Massachusetts,  dans  la  Nouvelle- 
Angleterre. 

Attendu  qu'après  avoir  été  informé  qu'on  a  propagé  parmi  les  sujets  de  Sa  Majesté, 
les  habitants  français,  la  rumeur  qu'il  était  question  de  les   chasser   de  leurs   établisse 


QBNBAl  0011    Dl       U    i/'//  \       il/'     D0(  i 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

menti  dans  cette  ^province     je   leur  ai   d<  connaître  | 

du  1748,  que  oette  rumeui  était  fau    s  e1  u   oonti    ire    :  que 

s.i    Vf  aie  I  •■     ora    heureuse  d'i lei      »    protection    royale  à  tou     ceux    qui  resteront 

fidèles  à  lour  allégé* ncc.  i-i  qui  m  ml    ou   entretiendront    en   h 

des  correspondance  les  en  m  i  couronne  ;  el  que 

temps  <l»'  faire  tin  rapport   I  kvoi  ible  de  leur    ituution  h  Ha  M 

A  i  h  m  ni  u  que  ce  rapporl  h  été  transmis  à  8a   Maje  té  qui  m'a  I 
ses   \  ••h.iitcs  m  l'égard  de   es  dit  de   la  Nouvelle  rmel 

de  les  leur  oomrauniquer  en  son  nom  : — 

/><)/'<•,  'H  vertu  des  instruction*  de  Sa  Majesté  et  pour  obéit  à  net   orà 
au  moi n  de  8s  Majesté,  qu'il  n'y  a  aucune  raison  de  croire  que  Sa   Via 
de  chasser  les  habitants  français  de  la  Nouvelle  Eco  Be  de    établi  semei  I     et  <l»s   I 
tations  qu'ils  possèdent  dans  la  dite  province,  mais  qu'au  contraire,  Sa  Ma 
minée  de  les  piotéger  el  de  maintenir  tous  ceux  qui  onl  fait  leur  sou  mi*  ion  et  qui 
tinueront  de  remplir  leur  devoir  d'allégeance  envers  elle,  dan  »n  de 

leurs  établissements  el  de  leurs  habitations  el  dans  la  jouissance  des  <  e1  privi 

accordés  a  ses  sujets.     Et  je  déclare  de  plus  par  les  présentes,  an  nom  tl>  Sa  Majesté  que 
Sa  Majesté  voulant  mettre  sa  dite  province  en  état  de   prévenir  autant    que  possible  à 
L'avenir  les  incursions  de  l'ennemi,  les  troupes  qui  Beront  chargées  de  cette   tâcl 
vront  l'ordre  formel  de  ne  molester  ni  déranger  les  dits  habitants,  pourvu  que  ceux  <-i 
ne  s'écartent  pas  de  leurs  devoirs  et  consentent  à  participer  dans  une  a  mnable, 

aux  travaux  qui  devront  être  effectués  dans  la  dite  province  et  <|u  ils  fournissent  aux 
troupes  des  provisions  pour  lesquelles  Sa  Majesté  veut  que  les  dits  habitants  reçoivent 
un  prix  juste  et  raisonnable. 

Quant  aux  habitants  de  la  oite  province  de  Sa  Majesté,  qui  ont  pris  les  armes  pour 
aider  l'ennemi  ou  qui  l'ont  ouvertement  encouragé,  ou  qui  l'ont  de  quelque  manière  que 
ce  soit,  entret'  nu.  aidé  ou  nourri  dans  la  dite  province,  ou  entretenu  avec  lui  une  corres- 
pondence  coupable  de  trahison,  soit  dans  la  province  ou  à  l'extérieur  :  c'est  le  plaisir  de 
Sa  Majesté  que  j'ordonne  sévèrement,  et  en   conséquence  j'ordonne  -  ent   par  les 

présentes  au  nom  de  Sa  Majesté,  à  tous  ses  bous  sujets  de  la  dite  province  de  n'entre- 
tenir, ni  héberger,  ni  cacher  les  dits  habitants,  mais  de  f  <ire  tous  leurs  efforts  pour  les 
arrêter  et  les  garder  en  sûreté,  afin  de  les  remettre  entre  les  mains  du  commandant  en 
chef  de  la  dite  province  à  Annapolis  Royal,  chargé  de  punir  ces  offenses  de  la  manière 
prescrite  par  la  loi.  Je  défends  aussi  aux  dits  bons  sujets,  au  nom  de  Sa  Majesté,  de 
laisser  un  ou  des  étrangers  s'installer  dans  aucun  des  districts  de  la  dite  province, 
sans  avoir  au  préalable  obtenu  la  permission  du  gouverneur  ou  du  commandant  en  chef 
de  Sa  Majesté,  alors  en  exercice. 

Attendu  qu'il  m'a  été  représenté  que Gauthier  d'Annapolis  Royal,  Armand 

Bujeau  et  Joseph  Le  Blanc  delà  Grand-Prée,  aux  Mines,  le  prêtre  Le  Loutre  et  un  autre 
prêtre  dont  le  nom  sera  inscrit  dans  la  présente  par  M.  Mascarène  avec  les  noms  de 
deux  autres  de  la  province  de  la  Nouvelle- Ecosse,  se  sont  rendus  notoirement  coupables, 
au  mépris  de  leur  allégeance  à  Sa  Majesté,  d'avoir  entretenu  ouvertement  une  corres- 
pondance avec  l'ennemi,  de  l'avoir  aidé  et  assisté  dans  les  limites  de  la  dite  province  de 
la  Nouvelle-Ecosse  :  j'ordonne  en  conséquence,  au  nom  de  Sa  Majesté,  à  tous  ses  sujets 
résidant  dans  la  dite  province,  d'arrêter  le  plus  tôt  possible  le  dit  Gauthier  ainsi  que  les 
autres  coupables  et  de  les  remettre  entre  les  main  du  commandant  en  chef  de  la  dite 
province,  à  Annapolis  Royal.  Et  pour  encourager  les  sujets  de  Sa  Majesté  à  s'acquitter 
de  ce  devoir,  je  promets  au  nom  de  Sa  Majesté,  une  récompense  n'excédant  pas  50  livres 
sterling  pour  chaque  coupable  qui  sera  arrêté  et  remis  au  commandant  en  chef,  M.  Mas 

carène,  dans  l'intervalle  de à  partir  de  la  publication  de  la  présente. 

Ce  montant  sera  payé  à  telle  personne  ou  personnes  sur  l'arrestation  du  dit 


ou  de  quelque  autre  coupable  ci-dessus  nommé.  Et  si  les  personnes  qui  arrêteront  un 
ou  des  coupables  et  les  remettront  au  commandant  en  chef,  sont  elles-mêmes  coupables 
d'avoir  violé  leur  allégeance  à  Sa  Majesté  dans  la  dite  province,  ces  personnes  recevront 
outre  la  récompense  promise,  le  pardon  complet  de  leur  ou  leurs  offenses.  Donnée  sous  ma 

18—39     It-IG 


106  ARCHIVES  C  I  VADIEX  VE& 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

signature  à  Boston,  le Jour 1747,  dans  la  21  ème  année  du 

règne  de  Notre  Souverain,  George   II,  par  la  grâce  de  Dieu,  roi  de  la  Grande-Bretagne, 
de  France  et  d'Irlande  <  t  défenseur  de  la  foi,  &c., 

W.  SHIRLT5Y. 


NOUVELLE-ECOSSE. 
29  avril 
1741). 

V  >  c  s  S 

°     3     CÔ     O;     C 

^    O  -c    _  g 

^o  is  ^",o^  Instructions  à  notre  fidèle  et   bien-ainié   Edward  Cornwallis,    écuyer, 

.2  ">  ^^  w notre  capitaine  général  et  gouverneur  en  chef  dans  et  pour  la  pro- 

o*  c  ""§  ^-n  °*  vince  de  la  Nouvelle-Ecosse  ou  Acadie  en  Amérique.      Données  à 

w  .2  'i  ©  m  t^  notre  Cour  à                                                                                                  , 

)_3  g  -2 \  ^  "  le     *                                                                en  l'année  de  notre  règne. 

1 — •  <«   _   ^  +a  C 

1. — En  môme  temps  que  Nos  instructions  vous  recevrez  Notre  commissio11 
sous  le  grand  sceau  de  la  Grande-Bretagne,  Vous  constituant  Notre  capitaine  gêné 
rai  et  gouverneur  en  chef  dans  et  pour  Notre  province  de  la  Nouvelle- Ecosse  ou 
Acadie,  en  Amérique.  Vous  devez  donc  pour  cela  vous  préparer  aussi  vite  que  possible 
et  vous  rendre  dans  notre  province  de  la  Nouvelle- Ecosse.  Une  fois  rendu  à  cet  en- 
droit, vous  devrez  vous  acquitter  de  la  charge  qui  vous  est  confiée  selon  la  confiance 
que  Nous  vous  avons  accordée.  Vous  devrez  Vous  charger  du  gouvernement  et  faire 
et  exécuter  toutes  choses  de  la  manière  prescrite  par  vos  instructions  et  conformément 
aux  pouvoirs  et  autorités  que  confèrent  Notre  dite  Commission  sous  le  grand  sceau  de 
la  Grande-Bretagne  et  Nos  présentes  instructions  à  vous  adressées  ;  et  conformément 
aux  pouvoirs  et  instructions  qui  vous  seront  en  tout  temps  transmis  ou  octroyés,  sous 
notre  seing  et  sceau  ou  par  décret  de  Notre  Conseil  privé.  Vous  devrez  réunir  immédia- 
tement les  personnes  que  votre  commission   vous  autorise   de   nommer   conseillers  dans 

Notre  dite  province. 

*  *  *  * 

6. — Attendu  que  pour  développer  l'agriculture  d'une  manière  efficace  et  donner  de 
l'essor  au  commerce,  il  a  été  trouvé  à  propos  de  fonder  des  établissements  dans  différents 
endroits  de  Notre  province,  vous  devrez  en  conséquence,  de  faire  installer  des 
magasins  aux  endroits  suivants,  savoir  :  aux  Mines,  à  la  baie  Verte,  à  Chignectou,  à 
Whitehead  et  à  la  Hève;  et  à  d'autres  endroits  si  vous  le  jugez  à  propos,  et  faire  sta- 
tionner dans  chacun  des  dits  établissements  et  autres  localités,  tel  que  pourrait  le  re- 
quérir Notre  service,  la  quantité  de  troupes  que  vous  jugerez  nécessaire. 

*  *  *  * 

10. — Vous  devrez  aussi .  donner  instruction  aux  personnes  (arpenteurs)  que  vous 
chargerez  d'arpenter  et  de  tracer  les  dits  cantons,  d'avoir  soin  en  préparant  les  relevés, 
d'adjoindre  aux  dits  cantons  les  établissements  appartenant  à  Nos  sujets  français,  afin 
que  les  dits  habitants  français  se  trouvent  astreints  aux  règlements  et  décrets  qui  seront 
jugés  nécessaires  par  la  suite,  pour  établir  une  bonne  administration  et  un  bon  gouver- 
nement des  dits  cantons. 

*  *  *  * 

20. — Attendu  qu'il  Nous  a  été  proposé  d'établir  les  personnes  qui  doivent  être  en- 
voyées d'ici  dans  la  dite  province  de  la  Nouvelle-Ecosse,  aux  endroits  et  dans  les  propor- 
tions indiquées  ci-après,  savoir  : — 

A  Chebouctou 1,200 

Aux  Mines 500 

A  la  Hève 300 

A  Whitehead 500 

A  la  baie  Verte 500 


GENE  i  /  OQIE  OKi      \<   \  in i  \       i  i  /  <     D0(  I   i//  \  /  101 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Ce  i  pai  oon  équenl  Notre  rolont<  e!  plai  ir,  ul  es  auto 

rive  et  requis  au   u tôt  que  possible  après  l'arrivée  de    coloni  ans  port  d<  Chebouctou,  de 

faire  installe]    dam  les  cantons  que  vou             fail  tri  le  nombre  de 
familles  que  vous  jugerez  à  pro]                  lanl   ps    cependant  1,200  pei 

distribuer*!  en  nombre  égal  dans  les  dits  eantoi 

#  *  *  * 

39      Vous  devez  aussi  encourager  Is   formation   d'établi    emenl  ,  faire  trs 
cantons,  faire  des  conoessioni  déterres  en  la  maniérée!  sus  condition    ci-d<  on 

nées,  daus  la  partie  de  Notre  dite  provino    qui    i  V  ad  an  nord  de  la  | 
Saint  Laurent,  surtout  à  la  rivière  Bain(  Jean  sur  le  côté  nord  de  Is  baie  de  Fundj,  en 
vue  de  oultiver  l'amitié  des  sauvages  qui  babitenl  ces  endroits  e1  de  pi   ■■<  nir  les  desseins 
des  Français. 

40.     Et  si  des  sujets  du  mi  <lr  France   soui    déjà  établi     ou  s'étab 

à  l'avenir  sur  des  terres  comprises  dans  les  anciennes  limite-    de    Notre  dite 

29  avril      province     lors  de  la  concession  qui  en  fut  octroyée  pai  le  roi  Jacque    I 
[749,  .      William    Aiexander,     vous  devrez    faire  tous  vos  efforts  pour   le 

quitter  cet  endroit  et  proclamer  Nos  droits  sur  tout    le  territoire  compris 

dans  ces  limites. 

11. — Attendu  que  Nous  sommes  informés  que  les  habitants  de  la  Nouvelle  K 
(excepté  ceux  de  ta  garnison d'Annapolis  Royal)  sont,  presque  tous,  Binon  tous  Français, 
vous  devrez  pour  les  encourager  à  devenir  de  bons  sujets  et  les    induire!  a  fournir 
provisions  et  autres  choses  nécessaires  aux  nouveaux  colons,  lors  de   leur  installation, 

aussitôt  que  VOUS  le    jugerez    à  propos    après  votre   arrivée,    publier   en    Notre    nom    une 

déclaration  exposant  que  :  bien  que  Nom  sachions  que  toutes  les  hontes  dont  Nos  pi 
déce»seurs  ont  fait  preuve  à  l'égard  des  habitants  en  leur  permettant  le  libre  exercice  fie 
leur  religion  et  la  possession  paisible  et  entière  de  leurs  terre-;,  ne  leur  aient  pas  attiré 
de  la  part  de  ces  derniers  toute  la  reconnaissance  qu'ils  étaient  en  droit  d'attendre,  et 
qu'au  contraire  plusieurs  des  dits  habitants  ont  ouvertement  encouragé  et  secrètement 
aidé  Nos  ennemis  dans  leurs  projets,  en  leur  procurant  des  refuges,  des  provisions  et 
des  renseignements  et  en  cachant  leurs  desseins  au  commandant  en  chef  de  Notre  dite 
province,  en  sorte  que  l'ennemi  plus  d'une  fois  est  apparu  sous  les  murs  d'Annapolis 
Royal,  sans  que  la  garnison  de  cette  place  ait  eu  la  moindre  nouvelle  de  son  arrivée 
dans  la  province,  cependant  Nous  voulons  donner  aux  dits  habitants  d'autres  preuves  de 
Notre  royale  indulgence,  espérant  que  ces  nouveaux  témoignages  de  Notre  sollicitude, 
les  induiront  à  devenir  de  fidèles  et  loyaux  sujets,  et  Nous  sommes  heureux  de  déclarer 
que  les  dits  habitants  continueront  à  jouir  du  libre  exercice  de  leur  religion  en  tant  que 
les  lois  de  la  Grande-Bretagne  le  permettront,  et  de  la  paisible  possession  de  leurs  terres 
en  culture,  pourvu  que  les  dits  habitants  dans  l'intervalle  de  trois  mois  à  partir  de  la 
date  de  la  déclaration  ou  dans  un  délai  plus  long  si  vous  le  jugez  nécessaire, 
prêtent  le  serment  d'allégeance  prescrit  par  les  lois  de  Notre  Royaume  et  se  comportent 
de  manière  à  devenir  de  bons  sujets,  soumis  aux  règlements  et  décrets  qui  pourront  être 
à  l'avenir  jugés  nécessaires  par  Nous  ou  par  toutes  personnes  investies  de.  Notre  auto- 
rité, pour  maintenir  et  consolider  Notre  gouvernement  et  pourvu  aussi  qu'ils  soient 
prêts  à  secourir  et  à  aider  toutes  personnes  que  nous  déciderons  d'établir  dans  notre 
dite  province. 

42. — Et  vous  devrez  nous  faire  connaître  ainsi  qu'à  Nos  commissaires  du  commerce  et 
des  colonies  par  l'entremise  de  l'un  de  Nos  principaux  secrétaires  d'Etat,  les  effets  de  cette 
déclaration,  afin  que  nous  soyons  en  mesure  de  vous  transmettre  à  l'avenir  Nos  instruc- 
tions à  l'égard  des  habitants  français  qui  ne  se  seront  pas  soumis  à  ces  conditions 
clans  l'intervalle  assigné.  En  attendant  vous  devrez  considérer  que  les  dits  habi- 
tants français  de  la  Nouvelle-Ecosse  ont  omis  depuis  longtemps  de  transporter  leurs  effets 
hors  de  cette  province,  dans  quelques  parties  des  possessions  françaises,  dans  le  délai 
prescrit  par  le  traité  d'Utrecht  et  si  malgré  tous  les  avantages  que  nous  leur 
offrons  de  devenir  de  bons  sujets,  quelques-uns  des  habitants  français  expriment  le 
désir  de  sortir  de  Notre  province,  vous  devrez  par  tous  les  moyens  en  votre  pouvoir, 
empêcher  qu'aucun  dommage  ne  soit  fait  à  leurs  maisons  et  à  leurs  propriétés  avant  leur 
départ. 

18—391 


108  ARCHn  ES  r  w  \mi:\  \/> 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


I.").  —  Et  c'est  de  plus  Notre  volonté  et  Notre  plaisir  que  dans  un  intervalle  conve- 
nable ou  aussitôt  que  vous  Le  croirez  à  propos,  vous  fassiez  le  dénombrement  des  habi- 
tants français  qui  demeurenl  actuellement  dans  Notre  province.  Voua  devrez  vous  infor- 
mer du  nombre  de  ceux  en  état  de  porter  les  armes,  de  La  quantité  de  munition  que  pos- 
sède chaque  habitant  français,  de  l'endroit  où  sont  situés  leurs  établissements,  de  la  quan- 
tité de  terre  cul!  ivée  suivant,  les  méthodes  act  uelles,  du  nombre  d'acres  cultivés  par  chacun 
d'eux  :  et  Bavoir  si  ces  habitants  demeurent  dans  les  cantons  ou  se  trouvent  éparpillé 
uns  des  autres,  s'ils  font  du  trafic  avec  les  sauvages  ou  avec  d'autres,  el  par  quels  moyens  ils 
se  procurent  la  subsistance  de  leur  famille.  Vous  devrez  vous  enquérir  du  nombre  de 
vaisseaux  qu'ils  possèdent,  quel  usage  ils  en  font,  à  quel  marché  ils  t ronsportent  leur 
poisson  et  quels  marchandises  ou  autres  effets  ils  en  rapportent.  Nous  devrez  Nous 
faire  parvenir  ainsi  qu'à  nos  commissaires  du  commerce  et  des  colonies,  par  l'entremise 
de  l'un  de  nos  principaux  secrétaires  d'Etat,  un  rapport  à  l'égard  de  tout  ce  qui  précède, 
afin  que  Nous  donnions  Nos  instructions  en  conséquence,  et  Nous  transmettre  également 
de  temps  e  i  temps  un  rapport  concernant  Nos  autres  sujets  présentement  établis  ou 
ceux  qui  s'établiront  à  l'avenir  dans  Notre  dite  province. 

!  \.  —  Vous  devrez  nous  apprendre  aussi  ainsi  qu'à  Nos  commissaires  du 
commerce  et  des  colonies,  par  l'entremise  de  l'un  de  Nos  principaux  secrétaires 
d'Etat,  le  nombre  de  prêtres  résidant  dans  les  établissements  français,  le  nombre  d'églises 
ou  de  places  publiques  où  se  fait  l'exercice  du  culte  ;  vous  ne  devrez  permettre  à  aucun 
prêtre  d'otficier  ni  tolérer  la  construction  d'aucune  église  sans  une  permission  accordée 
par  vous  ou  par  le  commandant  en  chef  alors  en  exercice. 

45. — Et  c'e^t  aussi  Notre  volonté  et  plaisir  qu'immédiatement  après  votre  arrivée 
dans  Notre  dite  province,  vous  défendiez  strictement  par  une  proclamation,  à  chacun 
et  à  tous  de  s'approprier  des  terres  incultes  dans  Notre  dite  province  avant  d'avoir  au 
préalable  obtenu  une  concession  de  vous  ou  du  commandant  en  chef  alors  en  exercice 
dans  Notre  dite  province,  sous  peine  de  punition  que  vous  jugerez  à  propos  d'infliger 
du  consentement  de  Notre  Conseil. 

46. — Et  vu  que  les  personnes  que  Nous  croirons  propres  à  s'établir  dans  Notre  dite 
province,  auront  peut-être  besoin  lors  de  leur  première  installation,  de  grande  quantité 
de  céréales  et  de  bestiaux  pour  leur  usage  immédiat  et  pour  ensemencer  leurs  terres, 
vous  devrez  par  une  proclamation,  défendre  sous  des  peines  sévères,  d'exporter  hors  de 
la  dite  province  dans  d'autres  établissements  français,  des  céréales,  des  bestiaux  ou  des 
provisions  d'aucune  sorte,  sans  une  permission  obtenue  de  vous  ou  du  commandant  en 
chef  alors  en  exercice.  * 

47. — Attendu  que  Nous  avons  été  informé  quel'évêque  français  de  Québec  a  étendu 
sa  juridiction  ecclésiastique  jusque  dans  la  dite  province  de  la  Nouvelle-Ecosse  et  a 
excommunié  ceux  des  habitants  français  qui  ont  contracté  des  unions  avec  Nos  sujets 
protestants,  vous  êtes  par  les  présentes  autorisé  et  requis  de  lui  signifier  que  malgré  tout 
Notre  bon  vouloir  d'accorder  la  liberté  de  conscience  à  Nos  sujets  français,  ces  excom- 
munications étant  préjudiciables  au  bonheur  et  à  la  tranquillité  de  Notre  dite  province 
et  incompatibles  avec  les  instructions  que  Nous  croyons  devoir  donner  en  vue  d'y  main- 
tenir un  gouvernement  de  progrès,  nous  désirons  voir  cesser  à  l'avenir  son  autorité 
épiscopale  dans  cette  province.  En  outre,  si  quelque  prêtre  missionnaire  croit  devoir 
prononcer  telle  excommunication  dans  Notre  dite  province,  vous  devrez  le  faire  arrêter 
et  sur  preuve  légale  de  son  délit  le  punir  en  la  manière  prescrite  dans  ces  cas  parles  lois 
.anglaises. 

48 — Attendu  que  Nous  avons  été  informé  que  ledit  évêque  de  Québec  a  demandé  a 
Paul  Mascarène,  écuyer,  commandant  en  chef  de  Notre  dite  province,  alors  en  exercice,  la 
permission  de  visiter  Notre  dite  province  et  d'y  administrer  la  confirmation,  vous  devrez 
aussitôt  que  vous  le  croirez  à  propos,  l'informer  que  Nous  ne  pouvons  permettre  telle 
visite  ni  tolérer  aucun  acte  découlant  de  la  juridiction  ecclésiastique  de  l'Eglise  de  Rome 
dans  les  limites  de  Nos  possessions. 

49. — Et  dans  le  dessein  de  convertir  les  dits  habitants  français  à  la  religion  protes- 
tante et  de  faire  élever  leurs  enfants  dans  les  principes  de  cette  religion,  vous  devrez 
encourager  par  tous  les  moyens  en  votre  pouvoir,  l'instruction  des  enfants  catholiques 
dans  les  écoles  protestantes,  et  concéder  à  chaque  ministre,  200  acres  de  terre  dans  cha- 
que canton,  et  100  acres  à  chaque  instituteur  que  Nous  jugerons  à  propos   d'envoyer,  à 


<;i  \  i   [LOOIE   DJ       WAUIEÙ       iVEi    DOOl  \tl  v.  /  109 

DOC.  DE  LA  SESSION  No 

i  h  iv  de  propriété  h  su  i  ul  à  leui      u  nenl  qui  leu  >rd< , 

aveo  eu  plus  une  exemption  do  redei  ridant  di)  ition  di 

il  leur  sera  chargé  une  redevADoe  d'un     liilling  |  I  ne  (  »m         m  adui 

aelle   de    •">11   ai  kite  pour  chaque    uiwnibre   de    leui    tamilli  nditions 

requises  pour  les  autres  oolons,  el  d'autn  rronl  lei 

nir  à  mesure  que  leur  famille  augmentera,  ou   «'n   raison  d<-  leui     s] 

leurs  (crics. 

C'est  au    t  Notre  volonté  et  plaisir  que  vou    accord  habitai 

qui  embrasseront    <l<v  temps  «-m  temps  la  religion  prote  tante,  une  conce    ion  d<     U 
qu'ils  oull ivent  aotuellemenl  et  que  vous  en  confirma  z  la  possessioi 
dite  province,  avec  u  t  m-  exemption  d<-  redevance  pour  une  période  do  dis  am    • 
piration  desquelles  ils  Beront  Bur  le  même  pied  que  Nos  sujeti  pr<  i  des 

redevances  et  des  taxes  et  auront  également  droit  à  une  concession   additionnelle  de    10 
acres  pour  chaque  membre   protestant  dont    la  famill  kugmenté*       l.    ei 

d'amener  les  dits   habitants  à  Be  soumettre  à    Noir.'  gouvernement    v<  i   requis 

d'encourager  autant  que  possible  les  mariages  entre  eux  el   Nos    ujets  pn  ats. 

Première  déclaration  de  Cornwallis  aux  Acadiens. 

Ordonnance  do  bon  Excellence  le  Sr.  Edward  Cornwallis,  Capitaine  Général  et  Gouver- 
neur en  chef  do  La  Nouvelle-Ecosse  lu  L'Acadie  dans  la  partit  utrionale  de 
L'Amérique. 

Dk  par  le  Roy. 

Le  Roy  avant  voulu  faire  passer  dans  cette  province  de  la  Nouvelle- T  plusieurs 

de  les  sujets  naturels  de  La  Grande  Bretagne  dans  Le  dessein  de  L'établir  de  façon 

taire  fleurir  le  commerce  et  la  pêche  ;  à  ces  causes  et  pour  porter  les  Français  habitués 
dans  cette  province  à  marquer  leur  bonne  volonté  et  à  donner  les  secours  nécessaire 
ces  nouvelles  colonies,  nous  déclarons  au  nom  et  par  ordre  de  Sa  Majesté  que  quoiqu'elle 
n'ignore  pas  qu'au  lieu  d'avoir  reconnu  d'une  manière  convenable  les  grâces  toutes  parti- 
culières qu'il  a  plu  à  Sa  Majesté  ou  à  ses  prédécesseurs  d'accorder  aux  dits  Françai 
leur  permettant  l'exercice  libre  de  leur  religion  et  en  leur  accordant  la  possession  paisible 
et  tranquille  de  leurs  biens,  plusieurs  d'entre  eux  ont  ouvertement  pris  le  parti  des  enne- 
mis déclarés  de  Sa  Majesté  et  leur  ont  môme  donné  des  secours  dans  leurs,  différentes 
entreprises  en  fournissant  des  quartiers  et  des  vivres  à  leur  troupe,  en  leur  donnant  avis 
de  tout  ce  qui  se  passait,  en  cachant  leur  dessein  au  gouveneur  de  cette  province,  de 
sorte  que  ceux-ci  ce  sont  plus  d'une  fois  trouvés  sous  les  remparts  du  Fort  d'Annapolis 
Royale,  avant  même  que  la  garnison  fut  informée  de  leur  arrivée  dans  la  province. 
Cependant  pour  donner  des  nouvelles  marques  de  sa  clémence  véritablement  royable  en- 
vers les  dits  Français,  dans  l'espérance  que  s'attachant  à  leurs  devoirs,  ils  se  comporte- 
ront à  l'avenir  en  fidèles  sujets,  il  a  plu  à  Sa  Majesté  de  leur  accorder  de  nouveau  l'ex- 
ercice libre  de  leur  religion  entant  que  le  permet  les  lois  de  la  Grande  Bretagne,  comme 
aussi  la  possession  paisible  et  tranquille  des  terres  qu'ils  tiennent  actuellement,  à  condi- 
rions  qu'ils  prêteront  le  serment  de  fidélité  à  sa  Majesté  prescrit  par  les  lois  de  la  Grande 
Bretagne,  et  cela  dans  l'espace  de  trois  mois  à  compter  de  la  date  de  la  présente  déclara- 
tion et  qu'ils  se  soumettront  d'ailleurs  aux  Règlements  et  aux  ordonnances  nécessaires 
pour  le  soutien  et  le  salut  du  gouvernement  de  cette  province,  et  qu'enfin  ils  donneront 
les  secours  nécessaires  à  toute  autre  colonie  qu'il  plaira  à  Sa  Majesté  d'y  établir  dans  la 
suite.  Nous  ordonnons  très-expressément  au  nom  et  par  ordre  de  Sa  Majesté  à  tous  les 
sujets  du  Roy  de  quelque  qualité  ou  condition  qu'il  soit  d'occuper  les  terres  incultes  de 
cette  province  sans  en  avoir  préalablement  obtenu  pour  cet  effet  un  octroi  formel  sous  le 
sceau  de  la  province.  Enfin  leur  faisons  aussi  défense  de  transporter  hors  de  cette  pro- 
vince dans  les  colonies  étrangères  ni  grains  ni  bestiaux  ni  aucune  autre  sorte  de  provi- 
sions sans  en  avoir  obtenu  notre  permission  pour  cet  effet. 

Donné  à  Chibouctou  le  14  de  juillet  dix-sept  cent  quarante-neuf. 

Signé  EDWARD  CORNWALLIS 
et  plus  bas  par  ordre  de  Son  Excellence 

Signé  HUGH  DAVIDSON. 
pour  copie 

LAJONQUIÈRE. 


110  W.V7//I  /  >    <\\   \hll  \  M  > 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
OND]     DÉCLARATION    DR    CORNWALLIS    AUX     ACADIEN8. 

Ordonnance  de  Son    Excellence  Edward  CornwallU  capitaine  Général  Gouverneur  en 
Chef  à  Vice  Amiral  dans   la    Province  du   Roy,  de  la  Nouvelle-Ecosse  ou  L'Acadie 
•lonel  au  Service  de  sa  Majesté,  &  Gentilhomme  de  Sa  Chambre. 

De  tau  le  Roy 

Ayant  reçu  par  les  Députés  une  lettre  des  Habitana  François  de  cette  Province 
datée  le  1er  d'Aoust  N.S.  dans  laquelle  ils  demandent  que  noua  voulions  leur  accorder 
des  Prêtres  à  l'exercice  libre  &,  public  de  leur  religion  A:  aussi  qu'ils  ne  soient  pas  obligés 
de  porter  les  armes  en  cas  de  guerre,  6i  quand  même  la  province  seroit  attaquée  Nous 
Edward  Cornwallis  Capitaine  General  A:c  :  avec  à  par  l'Avis  du  Conseil  Faisons  Scavoir 
&  déclarons  que  pourvu  que  les  dits  Habitans  soient  &  contienuent  Fidèles  sujets  du 
Roi  de  la  Grande  Bretagne  Nous  leur  Accordons  des  Prêtres  à  l'exercice  libre  et  public 
de  leur  religion,  bien  entendu  qu'aucun  Prêtre  ne  présumera  d'officier  sans  avoir  obtenu 
la  permission  du  Gouverneur  ou  Commandant  en  Chef  de  la  province  &  -  mis  avoir  prêté 
le  serment  de  fidélité  au  Roi. 

Nous  Faisons  scavoir  par  ordre  &  au  nom  du  Roi  que  Sa  Majesté  ne  veut  point 
qu'aucuns  de  ses  sujets  qui  jouissent  des  privilèges  &  avantages  de  son  Gouvernement, 
Â:  qui  possèdent  des  Habitations  &  des  Terres  dans  cette  province  soient  exceptés  d'une 
entière  Fidélité,  ni  qu'ils  soient  exemptés  de  l'obligation  naturelle  de  se  deffendre  eux- 
mêmes,  leurs  Habitations  leurs  Terres  à  le  Gouvernement  sous  lequel  ils  jouissent  de 
tant  d'avantages — A  ces  Causes  &  pour  exécuter  les  ordres  de  Sa  Majesté  Nous  devons 
envoyer  au  plustot  des  officiers  du  Roi  aux  Etablissements  François  savoir  a  la  Rivière 
d'Annapolis,  a  la  Grande  pré  &  a  Chinecto  pour  faire  prêter  le  serment  de  Fidélité  avant 
le  15-26  d'Octobre  lequel  jour  sera  le  dernier  que  nous  accordons. 

En  attendant  que  nous  puissions  envoyer  des  personnes  a  ces  établissements  nous 
avous  nommé  deux  Membres  de  Conseil  à  Chebucto  et  Le  Lieutenant  Gouverneur  ou 
officier  Commandant  a  Annapolis  Royale,  pour  faire  prêter  le  Serment  aux  Habitants 
qui  auront  envie  de  se  présenter  en  ces  Endroits. 

Nous  déclarons  en  même  tems  &  promettons,  par  ordre  et  au  Nom  de  Sa  Majesté 
que  tous  ceux  qui  auront  prêté  le  Serment  de  Fidélité  &  qui  en  Conséquence  de  cela  con- 
tinueront Fidèles  &  Bons  Sujets  du  Roi  de  la  Grande  Bretagne  seront  aidés  assistés  à 
protégés  contre  tous  ceux  qui  pourront  Us  molester  &  auront  les  mêmes  privilèges  égale- 
ment avec  les  autres  sujets  de  Sa  Majesté. 

Donnée  dans  le  Port  de  Chebucto  le  23me  Année  du  Règne  de  S. M.  le  1er  d'Aoust 

1749.  V.  S.  C.S.  s.         ED.  CORNWALLIS. 

C'est  l'ordre  de  Son  Excellence  que  cette  ordonnance  soit  publiée  dans  chaque 
Département,  au  plutôt  afin  que  personne  ne  puisse  prétendre  cause  de  Ignorance. 

HUGH   DAVIDSON. 

Endossée  :  Déclaration  en  réponse  à  la  lettre  des   habitants   français  de  la  Nouvelle- 
Ecosse. 
1er  août  1749. 

Le  gouverneur  Cornwallis  aux    lords  du  commerce  et  des  colonies. 

Chibuctou,  11  septembre  1749. 

Milords, — Ma  dernière  lettre  vous  a  été  remise  par  le  colonel  Hopson  qui  a  dû 
vous  faire  un  rapport  exact  de  notre  administration  jusqu'à  date. 

Depuis  le  départ  de  Hopson,  les  troupes  ont  continué  l'érection  d'une  ligne  de 
palissade  autour  de  la  ville,  conformément  au  plan  qui  vous  a  été  transmis.  Le  carré 
sur  le  sommet  de  la  montagne  est  terminé.  Les  carrés  sont  contruits  avec  une  double 
rangée  de  piquets,  chaque  piquet  ayant  10  pieds  de  longueur  et  six  pouces  d'épaisseu  . 
Les  troupes  ont  aussi  défriché  un  espace  de  30  pieds  sans  y  construire  de  palissade 
mais  les  arbres  y  ont  été  disposés  pour  servir  de  barricade.  Une  fois  ces  travaux 
terminés  je  crois  que  la  ville  sera  aussi  bien  protégée  contre  les  sauvages  que  si  elle  était 


0EN1   1/  OQlï    Dl       10  [DU  Vfl    IVEi    OOi  UMEN1  111 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

mlièrement    fort  iflée      J  ai   n  •■  a  du   Cap  Bi  si  on  el    de    toul 
province  <lcs  avis   <|iir   lr  ;   M icm/u's  avaient    l'intention  d'attaquei  n   ti  nt 

[]s  sont    lOutanu  s  par  les   auvage  de  l'île  St-Jean  et   ont  à  leur  tête   un   nommé     I 
Loutre,  prêt  re  françai 

Le    19  août  ils  ont  fait    prisonnier       I        o   vingl  A.n  ont  qua  ient   dei 

colons  et  les  autres  des  I  lo  tonnais  qui  tou  <  rend  i 

pOUr  faire  une    provision  de  loin.        .If  fui    un      ■",    COU  Tant   de  «•  ment   dès    que    la 

goélette    fut    de    retour.     J'envoyai    aussitôt    deux  ix   arini 

pour  délivrer  les  prisonniers  el    protéger  nos  hommes  qui   coupent  du   foin  en 

droit,  car  noua  avons  absolument    besoin  de  ce  fourrage  pour  la  saison  d'hiver.     '  n 

des  vaisseaux   doit  passer  par  le  détroit  de  Cai  iter  ton    |<     p. 

et  recueillir  tous  les  renseignements  qu'il  pourra.     J'ai  donné  à  l'officier   Tordu-   formel 

d'éviter  s'il  est    possible,   boute  querelle  avec    les   sauvag<        I    ux-ci   on(    bran 

leurs   prisonniers   a    Louisbqurg    le   29.     M.    Desherbiers  en   a  envoyé  !•'>  i<-i  et  a   i 

les  quatre   autres  à  bord  de   leur  propre   vaisseau   dans  le  port   de    Louisbourg.     I 

sauvages  prétendent  qu'ils   ont    commis  set    acte   pareequ'un   homme  de  la   Nouvelle 

Angleterre  qui  leur  avait  promis   une  rançon  de  £100] r  son    as  rail 

laissé  son   tils  comme  otage,   n'est    jamais   revenu,   bien  que  le  colonel    Eicpson  lui 
avancé  cette  somme.     J'ai  écrit  à  Boston  pour   obtenir  une  enquête  s  ce  •sujet  et  faire 
arrêter  le  capitaine  Bllingwood. 

Les   Français  font  certainement  tout  leur  possible  pour  soulever  les  sauvages  contre 

nous.    Depuis    quelques  semaines    nous  n'avons  pas  vu  de  Bauvages   dans  cette  baie.      .1  ai 

appris  aujourd'hui  par  un  officier  nui  réside  aux  Mines  qu'ils  sont  bous  à  Cobequid  av< 

Le   Loutre  qui  a  été  envoyé  à  cet   endroit  avec   les  présents  des    Français.     Je   crois 

fermement  qui  si  les  sauvages  recommencent  leurs  agressions,  il  vaudrait  mieux  ne 
jamais  taire  la  paix  avec  eux.  Un  renfort  de  troupes  de  terre  et  de  nier  nous  permet- 
trait de  les  chasser  définitivement  :  ce  qui,  autre  résultat  désirable,  enlèverait  aux 
habitants  français,  le  seul  prétexte  qui  les  empêche  de  devenir  de  véritables  sujets  de 
Majesté1.  Si  nous  pouvons  une  fois  compter  sur  leur  fidélité,  cette  colonie  deviendra  une 
des  plus  importantes  p  >ssessions  de  Sa  Majesté.  Les  délégués  français  sont  venus  ici 
cette  semaine  et  ont  déclaré  qu'ils  avaient  apporté  une  réponse  finale.  Par  la  copie 
ci-incluse  d'une  lettre  signée  par  mille  habitants,  qu'ils  m'ont  remise,  Vos  Seigneuries 
constateront  qu'ils  sont  décidés,  du  moins  ils  le  disent,  de  quitter  la  province  plutôt  que 
de  prêter  le  serment  d'allégeance.  Comme  je  suis  convaincu  qu'ils  n'abandonneront  pas 
leurs  habitations  durant  la  présente  saison,  j'ai  répété  après  la  lecture  de  cette  lettre 
devant  le  Conseil  et  en  présence  des  délégués,  sans  rien  y  changer,  ce  que  j'avais  déjà 
dit  dans  ma  première  déclaration  et  sans  faire  à  celle-ci  la  moindre  allusion.  Mon 
intention  est  qu'ils  se  rendent  utiles  autant  que  possible  à  Sa  Majesté  pendant  leur 
séjour  dans  cette  province.  Si  par  la  suite,  ils  persistent  dans  leur  entêtement  et 
refusent  de  prêter  le  servent,  j'aurai  pour  me  guider  les  instructions  de  Sa  Majesté  que 
je  dois  recevoir  le  printemps  prochain  par  l'intermédiaire  de  Vos  Seigneuries.  Dans 
l'après-midi  j'ai  eu  une  entrevue  avec  les  délégués  qui  sont  restés  pour  obtenir  ma 
réponse  par  écrit  ;  j'ai  essayé  de  les  persuader  qu'il  était  de  leur  intérêt  commun  d'être 
fidèles  à  Sa  Majesté,  de  rompre  leurs  relations  avec  la  France  et  de  faire  tout  ce  qui 
était  en  leur  pouvoir  pour  le  progrès  de  cette  colonie.  Ils  s'en  allèrent  de  fort  bonne 
humeur  et  firent  beaucoup  de  promesses. 

Je  compte  que  le  détachement  d'Annapolis  arrivera  aux  Mines  aujourd'hui.  Bien 
que  le  colonel  Mascarène  soit  à  Annapolis  depuis  le  24  août,  le  résument  n'a  pu  partir 
plus  tôt.  La  conduite  de  ce  régiment  a  été  plus  honteuse  qu'il  est  possible  de  le  croire. 
Rien  de  semblable  ne  s'est  vu  dans  aucun  service  militaire.  Il  est  de  mon  devoir  de 
mettre  fin  à  cet  état  de  choses  et  de  tout  remettre  dans  l'ordre.  J'ai  donné  ordre  à  une 
compagnie  de  se  rendre  par  terre  à  Chibouctou. 

Le  capitaine  Gorham  est  allé  aujourd'hui  s'installer  avec  sa  compagnie  à  l'entrée  de 
la  Baie,  afin  de  maintenir  en  tout  temps  les  communications  entre  cet  endroit  et  les 
Mines.  J'ai  envoyé  un  vaisseau  armé  pour  le  seconder  et  des  matériaux  de  toutes 
sortes  pour  l'érection  de  casernes,  etc. 


112  m;< m\  Ej6  0  i  VADIE  VNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Le  vaisseau  est  arrivé  de  Liverpool  le  30  août  avec  l  l '5  colons.  Ceux-ci  ont  déj  à 
défriché  des  terrains  pour  construire  leurs  maisons,  et  deux  nouvelles  rues  ont  été 
ouvertes  pour  eux. 

Des  provisions  oui  été  distribuées  la  semaine  dernière  à  IÔ7  1  colons.  Jusqu'à 
présent,  milord-*,  tout  vs   bien,  et   beaucoup  mieux    même   que    mous  pouvion  érer. 

Les  derniers  colon-  se  conduisent  très  bien. 

.J  envoie  à  Vos  Seigneuries  uy\  rapport  du  procès  de  Peter  Carteel,  accu séde  meurtre. 
Nous  nous  efforçons  de  suivre  autant  que  possible  les  lois  et  les  coutumes  anglaises. 
Nous  nous  sommes  peut-être  écartés  de  la  forme,  mais  nous  avons  certainement  observé 
la  substance  et  l'esprit  des  lois. 

Je  dois  engager  Vos  Seigneuries  à  envoyer  ici  aussitôt  que  possible,  des  corvettes 
sans  lesquelles  je  ne  puis  empêcher  les  communications  avec  les  établissements  français  et 
l'exportation  de  provisions,  de  bestiaux  ou   autres  produits  qu'il  leur  plaira  de  faire. 

Je  suis, 

milords, 

de  Vos  Seigneuries, 

le  plus  humble  et  le 

plus  obéissant  serviteur, 

ED.  CORNWALLIS. 
Endossée  : — 

NOUVELLE-ECOSSE . 

Lettre  du    colonel    Cornwallis,    gouverneur    de    la    Nouvelle-Ecosse,  datée  de  Chi- 
>  bouctou,    11    septembre    1749,  contenant  un   exposé  de   la  situation  fie  la  province,  des 
embarras  causés  par  les  Français  et  les  sauvages,  et  plusieurs  autres  renseignements. 
Reçue  le  9  octobre  1747. 
Lue  le  16 

Les  lords  du  commerce  à  Cornwallis. 

Whitehall,  16  février  1749-50. 

Les  sentiments  hostiles  des  habitants  français,  leurs  menaces  de  quitter  la  province, 
si  leu  rs  conditions  ne  sont  pas  acceptées,  sont  suscités  par  les  Français  du  Canada-. 
Ceux-ci  leur  donnent  l'espoir  qu'un  jour,  ils  seront  les  maîtres  de  cette  colonie  et  ils 
entretiennent  les  habitants  dans  cette  attente  par  les  efforts  injustifiables  qu'ils  font  pour 
s'en  emparer.  Mais  nous  croyons  qu'après  avoir  pris  les  moyens  nécessaires  pour  détruire 
cet  espoir,  ils  accepteront  la  tutelle  du  gouvernement  le  plus  propre  à  les  protéger  et  à 
leur  procurer  tous  les  jours  des  avantages  qu'ils  ignorent  aujourd'hui. 

La  déclaration  que  vos  instructions  vous  enjoignaient  de  faire,  est  encore  en  vigueur, 
et  nous  croyons  que  s'il  y  a  lieu  de  croire  qu'ils  ont  fourni  en  quelque  temps  que  ce  soit, 
des  armes  aux  Français  ou  aux  sauvages,  la  preuve  de  cette  trahison,  une  fois  établie,  vous 
justifiera  suffisamment  de  les  dé-armer  tous. 

Comme  les  Français  du  Canada  ont  fondé  des  établissements  dans  cette  province, 
dans  le  dessein  sans  doute  de  s'attirer  les  habitants  français,  nous  croyons  que  toute 
mesure  rigoureuse  qui  les  forcerait  à  abandonner  leurs  établissements  doit  être  différée,  au 
moins  pour  le  présent. 

Le  gouverneur   Hopson  aux  lords  du  commerce  et  des  colonies. 

Halifax,  10  décembre  1752. 
Milords, 

*  *  *  $  *  *  * 

Je  serais  très  heureux  de  recevoir  de  bonne  heure  le  printemps  prochain,  la  décision 
de  Vos  Seigneuries  à  l'égard  du  serment  que  le  68ième  article  de  mes  instructions,  m'or- 
donne de  faire  prêter  aux  habitants  français. 

M.  Cornwallis  peut  très  bien  informer  Vos  Seigneuries  combien  il  est  difficile,  sinon 
impossible,  d'employer  la  force  en  cette  occurrence  et  quelles  en  seront  les  déplorables  con- 
séquences. Je  crois  qu'il  vous  apprendra  aussi  que  les  habitants  de  Chignectou  (qui  avaient 
prêté  le  serment  suivant  les  conditions  exigées  par  le  général  Phillips),  bien  qu'il  n'y  eût 


i,i  \i  VLOQIÏ    DJ  ■    10  IDI1  M     iVSO  i""  1]' 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

d'autre  pre   lion  i  ur  eux  que  la  publication  dé  la  proclamation  du  i  bte  fin» 

on!    ervi    de  ce  prétexte  pour  renoncer  à  leur  all<  ibandonnei  leurs  ten 

(  lomme  ils   parai    enl    l'êtri    bea  ucoup  am<  lion     el    qu'i 
deviendront   avec  le  tempi  plu    conciliant    el    moin      scrupuleux,   je  demande  à    \ 
Seigneuries  de  me  Caire  connaître  le  printemp     pi  >chain,  quel   délai 
Majesté  ai  je  croyais  devoir  attendre   une  •  rable   pour  leur  pi 

ment     M.  Cornwallia  éal   en   étal   d'apprendre   h    \  ombien 

noua  sont  utiles  et  Indi  pensable  et  que  nous  ne  pouvons  non   en  pa    oi  ni 
même  si  nous  avions  d'autres  ooloni  à    notre  di  position.     •)«• 
(|u'ils  ont  refusé  obstinément  de  prêter  le  Berment  chaque  il  leur 

t.. ta  lords  du  com\  m. 

Whiteb  mi 

»  *  *  * 

Il  est  certainement  très  désirable  que  les  habitants  français  prêtent  le  serment  et  qu 
s'acquittent  de  cette  obligation  Le  plus  fcot  possible.     Cependant  il  Berait  très  imprudei 
de  les  aigrir  en  leur  imposant  cette  mesure  à  L'heure  où  ils  sont  tranquille* 
Toutefois  nous  devons  voua  recommander  de   les  contraindre  à  prêter  le  serment  lorsque 
les  circonstances  promettront  «I*'  Le  tenter  sans  danger  et  noua  croyons  devoir  voua  laiai 
libre  de  choisir  le  moment  et  le  moyen  d'obtenir  ce  résultat,  pareeque  vivant  an  milieu 
d'eux  vous  êtes  mieux  que  nous  en  état  de  juger  la  situation.     Nous  avons  appris  que 
Les  habitants  français  ont  fait  l'offre  de  payer  lea  rentes  ;  m'  cette  infoi  mal  ion  eat  exa< 
nous  vous  recommandons  de  bien   examiner   leura  titres  et  de  n  bre  qu'il  ne 

leur  soit  demandé  plus  que  le  montant  qu'ils  sont  obligés  de  payer,  afin  d'éviter  toute 
réclamation  injuste  et  exorbitante. 

Le  secrétai>  e  d' Etat  aux  lords  du  commerce. 

Whitehall,  25  juin  1753. 
Milords, — Ayant  présenté  au  roi  la  demande  du  gouverneur  Hopson,  d'abandonner 
son  gouvernement  de  la  Nouvelle-Ecosse  pendant  douze  mois,  et  Sa  Majesté  lui  ayant 
accordé  cette  permission,  je  transmets  par  la  présente  cette  information  à  Vos  Seigneu- 
ries qui  devront  faire  préparer  la  formule  requise  en  cette  occurrence  et  me  la  transmet- 
tre, atin  que  j'y  fasse  apposer  la  signature  royale  de  Sa  Majesté. 

Je  suis 

de  vos  Seigneuries, 

le  plus  humble 

et  le  plus  obéisssant  serviteur, 

HOLDERNESSE. 
Aux  lords  du  commère  et  des  colonies. 

Les  lords  du  commerce  à  Hopson. 

Whitehall,  9  juillet  1753. 
*  *  *    '  * 

En  môme  temps  que  cette  lettre  nous  vous  transmettons  la  permission  que  vous  accorde 
Sa  Majesté  le  vous  absenter  de  votre  gouvernement  pendant  douze  mois,  mais  nous 
espérons  qu'en  considération  de  vos  intérêts  et  de  ceux  de  la  province,  vous  ne  serez  pas 
dans  la  nécessité  de  mettre  votre  projet  à  exécution.  Cependant  si  vous  êtes  obligé  de 
vous  absenter,  nous  vous  prions  de  transmettre  toute  la  correspondent  que  nous  avons 
échangée  avec  vous,  au  colonel  Lawrence  qui  aura  charge  du  commandement,  et  de  lui 
remettre  tous  les  ordres  et  toutes  les  instructions  concernant  les  affaires  de  votre  gouver- 
nement que  nous  vous  avons  transmis  de  temps  à  autre.  Donc,  nous  vous  disons  sincè- 
rement adieu,  et  nous  sommes, 

vos  amis  dévoués  et  vos  humbles  serviteurs, 

DUNK    HALIFAX, 
JAMES  OSWALD, 
CHARLES   TOWNSEND. 
[Cette  lettre  arriva  à  Halifax  le  30  août  1753,  par  la  corvette  New-Casco.\ 


114  1  /.*<  /// 1  />  0  i  \  ADIE  \  \/> 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
ffopson  >i"  conseil  du  commerce, 

Halifax,  1er  octobre  1753. 

Milord8,  —Depuis  que  je  suis  ici,  les  habitants  français  bc  Bont  conduits  assez  bien, 
mais  les  craintes  que  leur  inspirent  Les  Français  et  Les  Bauvages  les  empêchent  de  faire 
démarches  <|wi  démontreraient  de  L'attachement  pour  non-. 

Je  «rois  que  certaines  mesures  de  protection,  comme  un  mode  efficace  d'administrer 
la  justice  parmi  eux,  et  de  nouvelles  concessions  de  terres  qui  Leur  garantiront  la  posses 
sion  de  leurs  propriétés,  auraient  de  très  bons  résultats. 

Wm.   Cottere/l  à  Ilopson. 

Au  bureau   du  SECRÉTAIRE,   le   1er  octobre   175:5. 
MONSIEUR, — Conformément  à  l'ordre   de   Votre  Excellence,  j'ai   examiné  avec  soin 
la  partie  des  archives    de   cette   province   concernant   les  formules  de  serment  qui  ont 
été  proposées  de  temps  en  temps  aux  habitants  français  et  la  manière  dont  elles  ont  été 
accueillies. 

Vu  que  les  archives  du  Conseil  sont  très  incomplètes,  je  ne  puis  constater  aucune 
tra  e  de  serment  avant  celui  qui  a  été  prêté  le  25  septembre  1726,  dont  voici  la  teneur  : 

•'  Nous  soussignés,  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  ou  Acadie  appartenant  aujour- 
"  d'hui  à  la  couronne  impériale  de  la  Grande-Bretagne  et  gouvernés  en  l'absense  de  Son 
"  Excellence  Richard  Phillips  écuyer,  notre  gouverneur,  par  l'honorable  Lawrence 
"  Armstrong,  écuyer,  lieutenant-g  mverneur  et  commandant  en  chef  de  la  dite  province, 
"  jurons  solennellement  au  nom  du  Dieu  éternel,  qu'à  l'avenir  nous  serons  de"  fidèles  et 
"  Loyaux  sujets  de  Sa  Souveraine  Majesté  George,  roi  de  la  Grande-Bretagne,  de  France 
"  et  d'Irlande,  aujourd'hui  notre  gracieux  et  souverain  maître  qui  nous  a  accordé  les 
"  mêmes  privilèges  et  les  mêmes  libertés  qu'à  ses  sujets  naturels  de  la  Grande-Bretagne 
"  et  d'Irlande  ;  et  de  plus,  nous  promettons  de  nous  conduire  avec  une  entière  soumission 
11  et  une  entière  obéissance  envers  un  si  bon  roi  comme  envers  la  couronne  de  la  Grande- 
"  Bretagne  auxquels  nous  jurons  d'être  toujours  fiièles,  et  nous  protestons  que  ni  les 
"  menaces  ni  les  promesses  d'aucune  puissance  ni  l'espoir  d'ê  tre  relevés  de  notre  engage- 
"  ment  par  une  absolution  obtenue  de  qui  que  ce  soit  faisant  partie  des  ordres  sacrés, 
"  quels  que  soient  son  titre  et  sa  distinction,  ne  narviendront  à  nous  faire  violer  ce  serment 
"  solennel.  Ainsi  que  Dieu  nous  soit  en  aide.  Prêté  ce  24ème  jour  de  septembre  1726  en 
"  la  treizième  année  du  règne  de  Sa  Majesté." 

N.B.  Il  est  indiqué  par  les  minutes  du  Conseil,  que  le  25  septembre  était  un 
dimanche  ;  je  crois  que  c'est  la  raison  pour  laquelle  on  y  a  substi  ué  la  date  du  2-L 

Lorsque  la  formule  de  serment  ci-dessus  leur  fut  présentée,  les  habitants  exprimè- 
rent le  désir  qu'elle  fût  traduite  en  français.  Une  fois  cette  traduction  obtenue,  ils 
exprimèrent  le  désir  qu'une  clause  fût  insérée  par  laquelle  ils  seraient  exemptés  de  porter 
les  armes.  Puis  viennent  les  observations  du  lieutenant-gouverneur  qui  s'efforça  de 
démontrer  l'inutilité  d'une  clause  semblable,  puisque  la  loi  ne  leur  permettait  pas  de 
porter  les  armes  en  leur  qualité  de  catholiques  romains.  Ici  les  minutes  ajoutent  qu'ils 
persistèrent  «dans  leur  refus  et  insistèrent  pour  obtenir  la  dite  clause,  que  le  gou- 
verneur sur  l'avis  du  Conseil  permit  d'insérer  cette  clause  en  marge  de  la  traduction 
française,  afin  de  les  gagner  graduellement  et  qu'ensuite  ils  prêtèrent  et  souscrivirent 
le  serment  en  anglais  et  en  français. 

N.  B.  Ce  qui  précède  ne  concernait  que  les  habitants  de  la  rivière  Annapolis 
Royal. 

Il  n'est  ensuite  question  de  serment  qu'un  peu  après  la  mort  du  roi.  Il  paraît  qu'à 
cette  époque,  un  enseigne  nommé  Wroth  fut  envoyé  aux  Mines  pour  proclamer  l'avène- 
ment du  nouveau  roi  et  inviter  les  habitants  à  prêter  le  serment.  Il  semble  que  cet 
envoyé  revînt  peu  de  temps  après  et  que  le  Conseil  désapprouvât  entièrement  sa  con- 
duite, mais  il  n'est  fait  mention  ni  des  moyens  employés  ni  des  succès  obtenus  il  n'est 
qu'indiqué  que  le  tout  a  été  ajouté  aux  autres  archives. 

Je  ne  trouve  rien  de  plus  qui  puisse  éclairer  ce  sujet  ;  néanmoins  il  ressort  que  les 
habitants  français  ont  été  fréquemment  invités  à  prêter  le  serment  et  qu'ils  ont  tou- 
jours refuse.     Il   ressort  aussi  que   ceux   qui  ont  consenti  à  jurer  ne  l'ont  fait  que  sur 


0EN1  1/  OQli    i>i       U   \"n  S       ii/'    /""  !  i//  '-  /  LU 

DOC.  DE  LA  SESSION  No    18 

la    garant  i«-    .pi  il  I  "ii  l«u 

que  oet  te  •  > raol  ie  leur  6l  ni  aoooi i li 

(  le  Boni  le     eu)  •  menl    que  j  ai  pu  recueillir  df  i 

Nous  avons  dans  le  bureau,   trois  <  1 1  il  ■  r  •  t  1 1 .     i..imul.-    d«-  ■-«  i  u.<  -n  t 
grand  nombre  d'habitant  ei  je    uppo  •    q  i  liée  don!  il  I  men 

bion  dans  les  livres  du  Conseil  d'Annapoli    Royal.     L'une  d'ell(  en  sngl 

deui  .iui res  son!   en  fi  Is  formule  i  elle  qui 

lus  et  les  formula  i  n  français  ■••  li  en!  comme  mil  :     "Je  promel 

lincèremenf   en  Foi  de  (  hretten   que  je  serai  entièrement  fidèle  el  ob  raimenl 

Majesté  le  Roy  George  le  Second  qui  je  reconnai    poui  le  Sou  • 
die  ou  Nouvelle-Ecosse   Ainsi  I.-     formules  sont   le    même    s   toui 

oeptiod  que  lei  mot*  " j'obairai  vraiment"  dans  la  première,  sonl  rempla  es  par  le 
uje  m»'  bou mettrai  véritablement"  dans  la  Beconde. 

Les  habitants  semblent  croire  qu'en  prêtant  serment  d'api  formules  ci-de 

ils  a'engagenl    à   une  soumission   absolue  et  implicite  an  roi  \  c'esl  pourquoi] 
l'assurance  qu  ils  ne  seront  jamais  appelés  à   porter  les  arme  .  car  ils     ml  i  •  ■     imbus  du 
ridicule  préjugé  que  les  Anglais  ont  l'intention  de  faire  d'eux  des  solda 
provient,  de  la  traduction  erronée  des  mots,   "]    will   bear  Irne  nllegiance.     Je  cr 
qu'une  traduction  fidèle  de  ces   mots   leur  en  rendrait  la  signification  moin 
moins  effrayante.     Je  propose  doue  II  traduction  suivante  qui  me  pai  i  littén 

que  la  langue  le  permet.     La  formule  en  anglais  se  lit  "  I  Bincerely   promise  and 
that  I  will  be  faithfull  and  beat  true  allegiance  to   lli-   Majesty   King  thc 

Second, v  &c. 

Traduction. 

"Je  promets  &  jure  sincèrement  que  je  serai  fidèle  et  que  je  porterai  une  Loyauté 
parfaite  vers  3a  Majesté  le  Roy  George  le  second.      Ainsi,"  etc. 
Je  suis,  monsieur, 

Avec  le  plus  grand  respect  et  la  plus  profonde  estime, 
de  Votre  Excellence  le  plus  dévoué  et  le  plus  obéissant  serviteur, 

Wm.  cottekell, 

A  Son  Excellence  le  gouverneur  Hopson  [Secrétaire  de  la  colonie] 

lï.vue  le  30  janvier  l17.3[i  n54] 

Lue      le  31        .i        l  l       r  j 

John   PownaJl  à   Hopson. 

Whitehall,  28  mars  1754. 

Monsieur, — Les  lords  commissaires  du  commerce  et  des  colonies  croyant  qu'il 
est  nécessaire  de  nommer  lieutenant-gouverneur  de  la  Nouvelle-Ecosse,  celui  qui  présen- 
tement est  chargé  du  gouvernement  de  cette  province,  et  leurs  Seigneuries  appréhendant 
que  vous  n'avez  pas  l'intention  de  reprendre  le  commandement  de  cette  p  ovince,  ne 
peuvent  vous  considérer  plus  longtemps  gouverneur.  Elles  se  proposent  en  recomman- 
dant à  Sa  Majesté  de  nommer  le  colonel  Lawrence  au  poste  de  lieutenant-gouverneur, 
de  lui  faire  octroyer  le  traitement  du  commandant  en  chef,  afin  de  lui  permettre  de 
maintenir  la  dignité  du  gouvernement  et  du  service  de  Sa  Majesté.  Mais  leurs  Sei- 
gneuries se  rendant  compte  que  vous  ne  les  avez  pas  informées  officiellement  de  votre 
intention  d'abandonner  le  gouvernement  de  cette  province,  et  désirant  vous  témoigner 
la  bienveillance  et  le  respect  dus  à  vos  attributions  et  profiter  de  toute  occasion  pour 
témoigner  qu'elles  approuvent  les  actes  de  votre  administration,  m'ont  chargé  avant  de 
transmettre  leurs  représentations  à  Sa  Majesté,  de  vous  communiquer  leur  résolution  et 
de  vous  exprimer  leur  espoir  que  ce  témoignage  de  confiance  accordé  au  colonel 
Lawrence  sur  votre  recommandation  et  c^lle  du  colonel  Cornwallis,  vous  donnera  entière 
satisfaction. 

Je  suis, 

monsieur, 
votre  plus  humble  et  plus  obéissant  serviteur, 

JOHN  POWNALL. 


116  Mt<  fin  EB  '   \\.\hll.  \  \ 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

//<,j>s',,/  à   Pownall, 

Rue  >i  -I LME8,  30  niais  L75 1. 

AfONSIEl  B  — l'accuse  réception  de  votre  honorée  lettre  du  28  courant,  par 
laquelle  vous  m'apprenez  l'intention  des  lords  commissaires  du  commerce  et  des  colonies 
de   recommander  à    Sa   Majesté    de    nommer   le  colonel   Lawrence    lieuteuant-gourer 

neur  de  la  Nouvelle- Ecosse  et  de  lui  octroyer  en  même  temps  le  traitement  accordé  au 
comman  tant  en  clief,  afin  de  lui  permettre  de  maintenir  la  dignité  du  gouvernement  et 
du  servi  Sa  Majesté.    Vous  me  communiquez  ces  informations  afin  que  je  sois  mis  au 

courant  de  la  résolution  de  Leurs  Seignemies  avant  que  leur  représentation  soit  trans- 
mise à  Sa  Majes 

En  conséquence,  je  désire  que  vous  exprimiez  à  Leurs  Seigneuries  combien  j'ai  été 
sensible  à  leur  témoignage  de  bienveillance  et  combien  je  suis  honoré  d'apprendre  (pie 
mon  administration  a  mérité  leur  approbation.  Veuillez  donner  à  Leurs  S<  igneuries 
l'assurance  que  la  pensée  d'avoir  mérité  leur  confiance  me  donne  beaucoup  de  conten- 
tement. 

Je  dois  vous  prier  d'informer  Leurs  Seigneuries,  que  la  même  maladie  d'yeux  qui 
m'a  obligé  de  demander  à  Sa  Majesté,  la  permission  de  repasser  en  Angleterre,  ne  s'est 
pas  améliorée  et  que  je  suis  encore  incapable  de  reprendre  la  charge  du  gouvernement. 
En  outre,  j'ai  toujours  préféré  le  service  de  Sa  Majesté  à  mes  intérêts  personnels,  et  je 
prie  Leurs  Seigneuries  d'obtenir  pour  moi  de  Sa  Majesté  la  permission  de  résigner  mon 
gouvernement. 

Je  suis,  monsieur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

P.  T.  HOPSON. 

John  Pownal,  écr. 
Reçue — 31  mars  "),__, 
Lue-  2  avril         j 


Extrait  d'une  lettre  des  lords  du  commerce. 

A  Charles  Lawrence, 

Président  du  Conseil  et  commandant  en  chef  de  la  Nouvelle-Ecosse. 
Il  nous  paraît  nécessaire  pour  le  service  de  Sa  Majesté  que  vous  soyez  nommé 
lieutenant  gouverneur  de  cette  province  et  nous  demanderons  bientôt  à  Sa  Majesté  de 
vous  octroyer  une  commission  vous  confiant  cette  charge.  Le  colonel  Hopson  nous 
ayant  fait  entendre  qu'il  n'a  pas  l'intention  de  reprendre  ses  fonctions,  nous  recom- 
manderons en  même  temps  que  le  traitement  octroyé  par  Sa  Majesté  au  commandant  en 
chef  vous  soit  accordé  pour  le  temps  que  vous  remplirez  cette  charge,  afin  que  vous 
puissiez  maintenir  la  dignité  du  gouvernement  et  vous  occuper  d'une  manière  efficace 
du  service  de  Sa  Majesté.  Nous  espérons  que  ce  témoignage  de  notre  satisfaction  de 
votre  conduite  vous  sera  agréable. 

Nous  vous  adressons  un  cordial  adieu  et  nous  demeurons, 

Vos  sincères  amis  et  vos  humbles  serviteurs, 

DUNK  HALIFAX. 

J.  GRENVILLE. 

JAMES  OSWALL. 
Wiiiteuall,  4  avril  1754. 

[Lawrence  reçut  cette  lettre  le  13  juin  1754.] 


ai  \  i  1/  o(  u   m      u  i/)/i  \     11/'   /""  /  117 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

/.'■  j 

a  i  \   Vii  m 

A  Son  Rxcellonce  <  Lawi  rneur  de  la  provii 

i        b  ou    \'  i<  l  h  -,  etc.,  etc. 

Monseionei  R,     Les  habitants  des  M  m«  i,  de  Pi  iquid,  et  delà  R 
prennent  la  Liberté  de  s'approcher  de  votre  I  en  ce  pour  lui  témoigne!   i 

sont  sensibles  à  la  conduite  que  le  gouvernement    tienl  à  leur  i  gard.     li  | 
gneur,  que  votre  Excellence  doute  de  la  sincérité  laquelle 

fidèles  à  Sa  Majesté  Britannique.    Noua  supplions  très  humblement  Votre  I 
considérer  notre  conduitte  passée  elle  voira  que  bien  loin  d<  rment  que  nous 

avons  prettéa,  nous  l'avons  maintenus  de  i   entier,  malgré   les  bo11î< 

menacée  effrayantes  d'une  autre  puissance.     Nouh  - mes  aujourd'hui  rieur, 

dans  les  mêmes  dispoaitions  les  plus  pures  et  les  plus  sincères  de  prouver  en  t 

tance  une  fidélité  à  tente  épreuve  pour  Sa  Majesté,  de  la  mêm 

t'ait   jusqu'ici   tandis   que  Ss    Majesté   noua   laissera   les   mêmes   libertés  qu'elle  n< 

accordée,  à  ce  sujet  nous  prions  instemment  votre  Excellence  de  vouloir  nous  informer 

des  [ntentione  de  Sa  Majesté  sur  cet  article,  et  de  vouloir  bien  nous  en  donner  d< 

ranoes  de  sa  part. 

Permettes  nous  s'il  vous  plait,  Monseigneur,  d'exposer  ici  les  circonstam 
dans   lesquelles  <>n   nous   retiens  au  préjudice  de  la  tranquilité  dont  nous  devons  jouir. 
Sous  prétexte  que  nous  transportons  notre  Bled  ou   autn  -  <i<  orées  à  la  pointe  de   13 
séjour,  et  a  la   Rivière  St-Jean,  il  ne  nous  est  plus  permis  de  taire   le   moindn  port 

de  Bled  par  eau  d'une  endroit  à  l'autre  ;  nous  supplions  votre  Excellence  de  croire  que 
nous  n'avons  jamais  transporté  aucune  Provision  de  vivre,  ni  à  la  pointe  ni  à  la  Rivière 
St-Jean.      Si  quelques  habitans  réfugiée  à  la  pointe  ont  été  saities  avec  d  biaux 

nous  n'en  sommes  aucunement  coupables  d'autant  que  les  Bestiaux  leur  appartenoient 
en  particulier  et  qu'ils  les  conduisoient  sur  leurs  habitations  respectives.  (^>uant  à  nous, 
monseigneur,  nous  navons  jamais  d'élinqué  sur  ces  sortes  de  matière,  par  conséquent 
nous  devrions  ce  nous  semble  n'en  être  pas  punis,  au  contraire  nous  espérons  qu'il  plaira 
à  votre  Excellence  nous  rendre  la  même  libertés  que  nous  avions  cy-dev&nt  en  nous 
rendant  l'usage  de  nos  canots,  soit  pour  transporter  nos  besoins  d'une  Rivière  à  l'autre, 
soit  pour  faire  la  Pèche,  et  par  la  subvenir  à  notre  nourriture.  Cette  Permission  ne 
nous  a  jtmais,  été  ôtée  qu'aprésent,  nous  espérons,  Monseigneur,  qu'il  vous  plaira  nous 
la  rendre,  surtout  en  considération  de  quantité  de  pauvres  habitans  que  seroient  bien 
aises  de  substanter  leur  famille  avec  le  Poisson  qu  ils  pourroient  prendre. 

De  plus  nos  Fusils,  que  nous  regardons  comme  nos  propres  meubles  nous  ont  été 
enlevés,  malgré  qui  nous  sont  d'une  dernière  nécessité,  soit  pour  défendre  nos  Bestiaux 
qui  sont  attaqués  par  les  Betes  sauvages,  soit  pour  la  conservation  de  nos  Enfans  et  de 
nous-mêmes,  tel  habitan  qui  a  ses  Boeufs  dms  les  Bois,  et  qui  en  a  besoin  pour  ses 
travaux,  n'oseroit  s'exposer  à  aller  les  chercher,  sans  être  en  état  de  se  deifendre  et  de 
se  conserver,  il  est  certain,  "SI  onseigneur,  que  depuis  que  les  Sauvages  ne  fréquentent 
plus  nos  Quartiers,  les  Bêtes  féroces  sont  extrêmement  augmentées,  et  que  nos  Bestiaux 
en  sont  dévorés  presque  tous  les  jours,  d'ailleurs  les  Armes  que  l'on  nous  enlève  sont  un 
foible  garant  de  notre  fidélité,  ce  n'est  pas  ce  fusil  que  possède  un  Habitan  qui  le  portera 
à  la  Bevolte,  ni  la  privation  de  ce  même  Fusil  qui  le  rendre  plus  fidel,  ruais  sa  conscience 
seule  le  doit  engager  à  maintenir  son  sermen. 

Il  paroit  un  Ordre  de  par  votre  Excellence,  donné  au  Fort  Edward  le  4  juin  1755, 
et  de  la  28me  Année  du  règne  de  Sa  Majesté,  signé  A.  Murray,  par  lequel  il  nous 
enjoints  de  transporter  les  Fusils,  Pistolets  au  Fort  Edward,  il  nous  peroit,  Monseigneur, 
qu'il  nous  seroit  dangereux  d'exécuter  cet  Ordre  (dans  le  supposé  qu'il  s'en  trouva  encore 
quelques  un  qui  auroient  échappés  à  la  recherche  exacte  que  l'on  en  a  faite)  avant  que 
de  vous  représenter  le  danger  auquel  cet  Ordre  nous  expose,  les  Sauvages  pouvent  venir 
nous  menacer  et  nous  saccager  en  nous  reprochant  que  nous  avons  fournis  des  Armes 
pour  les  tuer,  nou  espérons,  Monsigneur,  que  bien  loin  de  nous  le  faire  exécuter  avec 
tant  de  danger,  qu'il  vous  plaira  au  contraire  d'ordonner  que  l'on  nous  remette  ceux  que 


118  I/.V///1  ES  0  INADIENNE& 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

l'on   nous  a  enlevées,  et   nous   procurer   le   moyen  par  là  de   nous  conserver  nous  eb  nos 
Bestiaux. 

En  dernier  lieu,  il  nous  est  douloureux,  Monseigneur  de  nous  voir  coupables  sans 
le  scavoir,  an  de  nos  Habitans  de  la  Rivière  au  Canards,  nommé  Pierre  Melancon,  a  été- 
saisi  et  arrête  avec  la  charge  de  son  canot,  avant  d'avoir  entendu  aucun  Ordre  portant 
deffence  de  ces  sorts  de  transports.  Nous  supplions  à  ce  sujet,  Votre  Excellence  de 
vouloir  nous  communiquer  son  bon  plaisir  avant  de  nous  contisquer  et  de  nous  mettre 
en  faute.  Ce  sont  les  grâces  que  nous  attendons  des  bontés  de  votre  Excellence,  et  nous 
espérons  que  vous  nous  ferez  la  justice  de  croire  que  bien  loin  du  vouloir  transgresser 
nos  promesses  nous  les  maintiendront  en  assurant  que  nous  sommes  très  respectueuse- 
ment, monseigneur,  vos  très  humbles  et  très  obéissants  serviteurs. 

(Signé  par  vingt-cinq  des  susdits  habitants.) 

Aux  Mines,  ce  24  juin  1755. 

A    Son    Excellence  Charles  Lawrence,   écuyer,    gouverneur  de  la    Nouvelle- Ecosse  ou 

Acadie,  &c,  ctc, 

Monseigneur, — Tous  les  Habitans  des  Mines,  de  Pisiquid,  et  de  la  Rivière  aux 
Canards  supplient  votre  Excellence  de  croire  que  si  dans  la  Requette  qu'ils  ont  eu 
l'honneur  de  présenter  à  votre  Excellence  il  se  trouvoit  quelque  faute  ou  quelque  manque 
de  respect  envers  le  gouvernement,  que  c'est  contre  leur  intention,  et  que  dans  ce  cas, 
les  Haldrans  qui  l'ont  signé  ne  sont  pas  plus  coupables  que  les  autres.  Si  quelquefois  il 
se  trouve  des  Habitants  embarrassés  en  présence  de  votre  Excellence,  ils  supplient  très 
humblement  de  vouloir  excuser  leur  timidité;  et  si  contre  notre  attente  il  se  trouvoit 
quelque  chose  de  dure  sur  la  dite  requette,  nous  prions  votre  Excellence  de  nous  faire  la 
grâce  de  pouvoir  expliquer  notre  intention,  ce  sont  les  faveurs  que  nous  espérons  qu'il 
plaira  à  votre  Excellence  de  nous  faire  en  la  suppliant  de  croire  que  nous  sommes  très 
respectueusement,  Monseigneur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissants  serviteurs. 
(Signé  par  quarante- quatre  des  susdits  habitants,  au  nom  de  tous.) 

Séance  du  vendredi,  25  Juillet  1755. 

A  Son  Excellence  l'honorable  Charles  Lawrence,  écuyer,  lieutenant-gouverneur  et  com- 
mandant en  chef  de  la  province  de  la  Nouvelle-Ecosse  pour  Sa  Majesté  britannique 
et  colonel  d'un  de  ses  régiments  d'infanterie,  &c,  etc. 
Monseigneur, — 

Aussitôt  que  nous  avons  reçus  les  ordres  de  votre  Excellence  datez  du  12me  jour  de 
juillet  1755,  nous  nous  sommes  assemblé,  le  Dimanche  13me  jour  du  présent  mois  pour 
faire  la  lecture  à  tous  les  Habitants  de  vos  ordres,  voulant  toujours  nous  tenir  sous  une 
ridelle  obéissance;  Nous  avons  délibérez  tous  en  générale  d'un  consentement  unanime  de 
porter  tous  nos  armes  à  feux  a  monsieur  Hanfield,  notre  très  digne  commandant,  quoi- 
que nous  n'ayons  jamais  eu  la  volontéz  de  nous  en  servir  contre  le  gouvernement  de  Sa 
Majesté  ;  ce  qui  fait  que  nous  n'avons  aucuns  Reproches  à  nous  faire  à  ce  sujet,  ny  dans 
toute  la  fidélité  que  nous  devons  au  gouvernement  de  Sa  Majesté,  car,  Monseigneur, 
nous  pouvons  bien  assurer  votre  Excellence  que  plusieurs  d'entre  nous  se  sont  risqué  la 
vie  pour  donner  connoissance  au  gouvernement  de  l'ennemis  et  aussi  lorsqu'il  à  été 
nécessaire  de  travailler  pour  l'entretient  du  Fort  d'Annapolis  et  autre  travail  nécessaire 
au  gouvernement  nous  nous  y  avons  porter  de  tous  notre  cœur,  et  nous  sommes  prêt  à 
continuer  avec  la  même  fidélité.  Et  aussi  nous  avons  fait  l'élection  des  Trente  hommes 
pour  aller  à  Halifax  auxquels  nous  recommandons  bien  de  ne  rien  dire  ou  faire  qui  soit 
contraire  au  conseille  de  Sa  Majesté,  Mais,  nous  leurs  Enjoignons  de  ne  contracter 
aucun  nouveaux  serment,  nous  sommes  résous  et  en  volontéz  de  nous  en  tenir  à  celuy  que 
nous  avons  donnez  et  auquel  nous  avons  été  fidelles  autant  que  les  circonstances  l'ont 
demander,  car  les  Ennemis  de  Sa  Majesté  nous  ont  sollicité  à  prendre  les  armes  contre 
le  gouvernement  mais  nous  n'avons  eu  garde  de  le  faire. 

(Signé  par  deux  cent  sept  des  susdits  habitants.) 


i.i  \  i  1/  OQli    DJ       i'   i/'//  VB    ii/'    /""  I  '//  '  /  119 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Séance  <l"    *8  Juillet   l, 

A  l'honorable  (  lharies  La*  renoe,  président  'In  (  Ion  leil  «lu  Roy,  Commandant  en  chef  de 
la  Nouvelle  Eco  le,  Lieutenant-Gouverneur  d'Annapoli  Royal,  Lieutenant  Colonel 
d'un  Régi  mon  1  d'Infanterie. 

Monsieur,     Les  Babitans  <!••  nos  départements  ayanl  été  informé  par   Monsieur 
Marray,   Cominandanl   le  l(,«>'i  Edward  à  risiquit  que- nous  lei  Habitant  d<   doi   De] 
bements  ayant  à  faire  parrottre  quelques  homme  devant    Monsieur    le    Gouverneur    a 
Halifax  pour  répondre  i  la  demande  s  noua  faite  en  vertus  d'un    erroent  que  l'on  □ 
assure  que  son  Sonneur  exige  de  nous,   lea  Habitans  de  noi    Départeroenta,  en  général 
prenne  la  liberté  de  Repréaenté  qu'après  avoir  pretté  serment  de  fidélité 
Britannique  avec  toutes  lea*!  îircons  tances  et  la  Réserve  suri  entej(sic  pour  mivai 
accordés  au  nom  du  Roy  par  Monsieur  Richard  Phillips,  Commandant  en  chef  dans  la 
ditte  Province  a  laquelle  noua  avona  obaervé  notre  fidélité  d'autant  plus  qu'il  non 
possible  depuia  un  nombre  d'années  en   jouissant,  paisiblement,  de  nos  droite  suivant  la 
Teneur  do  notre  serment  en  toute  sa  Teneur,  et  réserve,  et  nous  ayant  toujours  appuie 

notre  Serment  de  fidélité  tant   pour  sa  Teneur  que  pour  1  observât  ion,  et  nous 

sous  tous  ee  bon  consentement   et  de  voy  de  ne  prendre  aucun  aul  n-  S<  rment,    NoUi  av< 

prettésle  Serment  de  fidélité  de  bonne  foy,  Nous  sommes  très  contempa  et  aati 
espérons,  Monsieur,  que  nous  auré  la  bonté  d'écouté  nos  Justea  Raisons,  e1  <-n  con 
quence  supplie  tous  d'une  voy  unanime  son  honneur  d'avoir  la  bonté  de  délivré  nos 
Gens  qui  sont  tenu  à  Halifax  depu:s  quelques  Temps,  en  ne  pouvant  même  Bcavoir  leur 
situation  qui  nous  paroit  déplorable,  nous  avons  toute  confiance,  Monsieur,  que  son 
honneur  aura  la  bontés  pour  nous  de  nous  accordé  les  grâces  que  nous  avons  L'honneur  de 
vous  demander  très  humblement,  et  nous  prieront  pour  la  conservation  de  Son  Honneur 
Risiquit,  22  juillet  1755. 

(Signé  par  103  des  susdits  habitants  de  Pisiquid.) 

De  la  part  des  habitans  des  Mines,  et  de  la  Rivière-au  t-Ccmaris  et  des  lieux  qui  en 
dépendent 

A  Son  Excellence  Charles  Lawrence,  Ecuyer,  Gouverneur  Generalle  et  Commandant  en 

chef  la  Province  de  la   Nouvelle-Ecosse  ou  Pacadie,  et  Colonel  d'un  Régiment  au 

Service  de  Sa  Majesté  dans  la  ditte  Province. 

D'autant  qu'il  s'est  répandue  un  Bruit  parmis  nous  les  Habitans  francois  de  cette 
Province,  que  Son  Excellence  le  Gouverneur  exige  de  nous  un  serment  d'obéissance 
conforme  en  quelque  façon  à  eeluy  des  Sujets  Naturels  de  Sa  Majesté  le  Roy  Georges 
Second,  et  qu'en  conséquence  nous  avons  une  certitude  Moralle  que  plusieurs  de  nos 
Habitans  sont  retenue  et  gênée  à  Halifax  pour  ce  sujet. 

Si  les  Intentions  de  Son  Excellence  sont  celle  qu'icy  dessus  envers  nous,  nous 
prenons  la  liberté  de  représenté  à  Son  Excellence  tous  en  général  le  et  auxnoms  de  tous 
les  Habitans,  que  nous  et  nos  Perres  ayant  pris  pour  eux  et  pour  nous  un  serment  de 
fidélité  qui  nous  a  été  approuvé  plusieurs  fois  au  nom  du  Roy,  et  sous  les  privilèges 
duquel  nous  avons  demeuré  fidelle  et  soumis  et  protégé  par  Sa  Majesté  le  Roy  Britanni- 
que suivant  les  Lettres  et  Proclamation  de  Son  Excellence'Monseigneur  le  Gouverneur 
Shirley,  en  datte  du  16  septembre  1746,  et  du  21  octobre  1747,  nous  ne  commettrons 
jamais  l'inconstance  de  prendre  un  Serment  qui  change  tant  soit  peut  les  Conditions  et 
les  privilèges  dans  lesquels  nos  Souvereins  et  nos  Perres  nous  ont  placé  par  le  passé. 

Et  comme  nous  pençons  bien  que  le  Roy,  notre  Maître,  n'aimes  et  ne  protège  que 
des  sujets  constents,  fidèlle  et  franc,  et  que  ce  n'est  qu'en  vertu  de  sa  bonté  et  de  la 
fidélité  que  nous  avons  gardé  envers  sa  Majesté  qu'elle  nous  a  accordé  et  continue 
l'entière  possession  de  nos  biens,  et  l'exercice  libre  et  public  de  la  Religion  Romaine. 

Ainsi  nous  voulons  continué  dans  tous  ce  qui  sera  dans  notre  pouvoir  à  être  fidèlle 
et  soumis  ainsi  qu'il  nous  a  été  accordé  par  son  Excellence  Monseigneur  Richard  Phillips. 

La  Charité  pour  nos  Habitans  détenus  et  l'innocence  que  nous  croyons  en  eux 
nous  oblige  à  supplier  très  humblement  Son  Excellence  à  se  laisser  touché  de  leurs 
misères  et  leurs  donner  la  liberté  que  nous  demandons  pour  eux  avec  toute  la  soumission 
possible  et  le  Respect  le  plus  profond. 

(Signé  par  203  habitans  des  Mines  et  de  la  Rivière-aux-Canards.) 


120  ARCEn  ES  <   I  \  \iui:\  \/> 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
An  une  lettre  du   /,'    avril  1756     L*s  lords  d"  (sommera    à   Fox. 

28  juillet    1755. 

La  question  actuellement  soumise  au  gouverneur  et  au  conseil.  Bavoir:  si  les  habi- 
tants français  doivent  être  déportés  de  la  province  de  la  Nouvelle  Ecosse  ou  s'ils  doivent 
continuer  d'y  résider,  est  une  question  de  la  plus  haute  importance  pour  la  couronne  et 
intéresse  grandement  la  colonisation  de  cette  province.  En  outre,  considérant  que 
l'occasion  actuelle  qui  permet  d'en  arriver  à  une  conclusion  ne  se  présenl  era  peut  être  plus, 
je  crois  qu'il  est  de  mon  devoir  de  faire  connaître  les  raisons  qui  me  persuadent  que 
nous  ne  devons  pas  permettre  aux  habitants  français  de  prêter  le  serment  ni  les  tolérer 
dans  la  province. 

1. — Depuis  le  traité  d'Utrecht  jusqu'à  cette  date,  ils  se  sont  conduits  comme  des 
rebelles  envers  Sa  Majesté  dont  ils  sont  devenues  les  sujets  par  la  cession  de  la  province. 
En  outre,  en  vertu  du  traité,  ils  devinrent  des  habitants  de  la  dite  provi: 

2. — Pour  ces  raisons,  les  tolérer  dans  cette  province  serait  contraire  à  la  lettre  et  à 
l'esprit  des  instructions  de  8a  Majesté  au  gouverneur  Cornwallis,  et  a  mon  humble  avis, 
encourrait  le  déplaisir  de  la  couronne  et  du  Parlement,  et  de  plu«, 

3. — Cela  rendrait  stériles  les  résultats  qu'on  attendait  de  l'expédition  de  Beau 
Séjour  ; 

4. — Et  entraverait  d'une  manière  déplorable  le  progrès  de  la  colonisation  et  empê- 
cherait la  réalisation  des  projets  que  la  Grande-Bretagne  avait  en  vue  lorsqu'elle  a  fait 
des  dépenses  considérables  dans  cette  province. 

5. — Lorsque  ces  habitants  auront  de  nouveau  recours  à  la  perfédie  et  à  la  trahison, 
procédés  dont  ils  se  serviront  certainement,  et  avec  plus  de  haine  que  par  le  passé,  la 
province  après  le  départ  de  la  Hotte  et  des  troupes,  se  trouvera  dans  l'impossibilité  de  les 
chasser  de  leurs   possessions. 

1. — Quant  à  leur  conduite  depuis  Je  traité  d'Utrecht  en  1713 — Bien  qu'il  y  fut 
stipulé  qu'ils  seraient,  laissés  en  possessions  de  leurs  terres  à  condition  qu'ils  prêtassent 
le  serment  dans  l'intervalle  d'une  année  à  partir  de  la  date  du  traité,  non  seulement 
ils  ont  refusé  de  prêter  serment,  mais  se  sont  livrés  encore  à  des  actes  d'hostilité  contre 
la  garnison  anglaise.  De  concert  avec  les  sauvages  ils  massacrèrent,  dès  l'année  du  traité, 
un  détachement  anglais  de  quatre-vingts  hommes  et  pendant  les  trois  années  qui 
suivirent  le  traité,  ils  se  rendirent  coupables  de  plusieurs  autres  actes  d'hostilité. 

En  1725,  lorsque  le  général  Philipps  envoya  des  troupes  pour  les  forcer  à  prêter  le 
serment,  ils  refusèrent  pendant  quelque  temps  mais  finirent  par  consentir  à  le  prêter 
à  condition  qu'ils  seraient  exemptés  de  prendre  les  armes  contre  le  roi  de  France.  A 
cette  condition,  quelques-uns  prêtèrent  le  serment  d'allégeance,  mais  un  grand  nombre 
refusèrent,  et  depuis  cette  date,  Us  ont  cru  devoir  se  donner  le  titre  de  neutres,  bien 
qu'ds  soient  des  sujets  de  Sa  Majesté. 

A  leur  instigation,  l'établissement  fondé  pour  l'exploitation  des  mines  de  charbon 
de  Chignectou  par  une  compagnie  de  gentilshommes  anglais,  au  coût  de  <£3,000,  a  été 
détruit  par  les  sauvages  qui  poussés  par  ces  habitants,  chassèrent  les  mineurs,  incen- 
dièrent leurs  maisons  et  les  magasins,  et  volèrent  ce  que  ces  mineurs  possédaient  et  des 
marchandises  qu'ils  partagèrent  ensuite  avec  les  dits  habitants. 

En  1724  ils  soulevèrent  les  sauvages  et  les  aidèrent  à  détruire  une  pêcherie  anglaise 
et  à  messacrer  cent  pêcheurs  anglais.  Quelques  Anglais  [sic  pour  sauvages]  et  quelques 
Français  furent  arrêtés  sous  l'accusation  d'être  les  auteurs  de  ce  massacre  et  furent  par 
la  suite  pendus  à  Boston. 

En  1744,  trois  cents  sauvages  conduits  par  Le  Loutre,  et  supportés  par  ces  Français 
neutres,  parcoururent  les  districts  qu'habitent  ces  derniers  et  campèrent  à  un  mille  de  la 
garnison  sans  que  les  habitants  en  aient  averti  le  gouvernement. 

La  même  année,  et  de  la  même  manière,  ils  accueillirent  et  encouragèrent  M. 
Duvivier  qui  aurait  pris  la  garnison  par  surprise,  si  un  habitant  ne  l'avait  averti  et  mis 
sur  ses  gardes. 

Pendant  tout  l'été  de  1746,  ils  entretinrent  dans  leurs  districts  1700  Canadiens  qui 
attendaient  l'arrivée  de  la  flotte  du  duc  Dan  ville,  et  lorsqu'une  partie  des  troupes  se 
rendit  jusqu'au  fort,  ils  l'aidèrent,  lui  fournirent  des  fascines  et  reçurent  des  armes  des 
Français  pour  prendre  part  à  l'attaque. 


i.i  \  /   1/  OQll    Oi        i'    i/'//  \       il/'     00(  i  Mi   •  1^1 

DOC.  Ul    I  A  Bl  SSION  No  18 

L'hivei    ni  vaut,  les  habit  tnt    françai    flr<  al  connaître  i  >  •  troup< 
t  roupe  anglfl  ise  de   >00  hommi     avait  établi    e    qua  1 1  iei  d  i 

iiciiii  .i  attaquer  l<  et    rëu  isirent    V   fain   pénétra   di 

les  quartieri  anglais  avant  l'attaque.     EU  prirent  pari  eo  h     Frai 

massacreront  7"  Bujet    de  8a  Maje  té     l<    deui  tier   de  oe  non 
furent  assassin*     par  les  habitants  français.     ('   t  renseignement    ont  ,:'  foun 
toldats  qui  s'évadèrent.     Parla  suite,  et  avant  la  capitulation, 
et    furent    ohargés  de  la  garde  des  pri  onniei     anglai     q 
érité  que  les  sujets  du  roi  franoaii  l'auraient  fait, 

Parla  suite,  ils  reçurent  et  supportèrent   trè      cuvent    desdétach< 
durant  la  guerre. 

Depuis  le  premier  établissement  des  Anglais  à  Halifax,  !•  habitants  français  ont 
toujours  incité  les  sauvages  à  commettre  des  hostilités  contre  eui  II  ont  maintenu, 
supporté  ceux  ci  et  leur  ont  indiqué  les  endroits  où  ils  pouvaient  a  ment  har 

rasser  ceux-là,  car  toujours,  avant  que  les  saui  ne  commissent  leu 

habitants  français  ont  été  vus  rôdant  autour  de  l'établissement. 

Depuis  notre  premier  établissement,  Us  ont  refusé  obstinément  de  prêter  le 
d'allégeance  et  ont  induit  plusieurs  de  nos  colons  étrangers  à  passer  chez   le*    Pran  aie. 
Us  ont  toujours  foui  ni  des  provisions  aux  troupes  françaises  qui  -«'sont  introduite 
cette  province  et  Les  ont  tenues  au  courant  de  tous  les  mouvement  Anglais,  obi 

ces  damiers  à  se  tenir  dans  les  bourgs  fortifiés  et  les  empêchant  de  cultiver  et  d'amélû 
les  terres  situées  à  une  certaine  distance.     Cette  situation  a  causé  de  grandes  dépei 
à  la  nation  britannique  et  pour  la  même  raison,  au-delà  de  la  moitié  des  habitants  vei 
ici  pour  s'y  établir  ont  quitté  la  province  pour  aller  dans  d'autres   colonies   où    il   leur 
sera  possible  de  gagner  leur  pain  sans  risquer  leur  vie. 

L'énumération  des  faits  précédents  qui  se  sont  succédé  depuis  quarante  ans,  doit 
nous  convaincre  que  les  habitants  français  au  lieu  de  manifester  l'intention  de  devenir 
de  bons  sujets,  ont  démasqué  de  plus  en  plus  leur  haine  invétérée  contre  les  Anglais  et 
leur  affection  pour  les  Français,  D'ailleurs  ils  viennent  de  donner  un  exemple  de  leur 
insolence  au  capitaine  Murray  auquel  ils  ont  caché  leurs  meilleures  armes  et  livré  des 
mousquets  hors  d'usage  et  refusé  absolument  de  prêter  le  serment. 

Dans  de  semblables  circonstances,  je  crois  qu'il  est  contraire  à  l'honneur  du  gou- 
vernement, à  la  sécurité  et  à  ia  prospérité  de  cette  province  de  permettre  à  aucun  de  ces 
habitants  de  prêter  le  serment. 

2.  Ce  serait  contraire  à  l'esprit  et  à  la  lettre  des  instructions  de  Sa  Majesté. 

C'est  sur  la  représentation  du  gouverneur  au  sujet  des  hostilités  commises  par  les 
habitants  français  que  cette  instruction  a  été  transmise. 

L'exposé  de  cette  instruction  démontre  l'intention  d'exiger  une  plus  entière  sou- 
mission des  Français  et  de  fortifier  l'autorité  du  gouvernsment  ;  et  vu  que  ceux-ci  ont 
déclaré  d'une  manière  implicite  en  refusant  de  prêter  le  serment,  leur  détermination  de 
ne  pas  devenir  des  sujets  de  Sa  Majesté,  il  s'en  suit  que  leur  expulsion  de  cette  pro- 
vince serait  littéralement  conforme  à  l'instruction  concernant  la  formule  de  serment  qui 
devait  leur  être  proposée  par  le  gouverneur  en  Conseil  et  qu'ils  ont  refusée.  En  outre, 
il  serait  impossible  de  croire  à  leur  fidélité  après  leur  refus  absolu  de  se  soumettre  à  la 
couronne.  De  plus,  il  est  prévu  que  dans  leur  cas,  les  personnes  qui  refusent  de  se 
soumettre  aux  sommations  de  prêter  le  serment,  sont  déclarées  non-conformistes  et  par 
la  suite  ne  peuvent  plus  être  admises  à  prêter  le  serment,  parce  qu'après  avoir  une  fois 
refusé  leur  allégeance,  toute  profession  ultérieure  de  fidélité  ne  peut  être  prise  en  con- 
sidération. 

Cette  instruction  fut'  transmise  à  une  époque  où  le  gouvernement  n'était  pas  assez 
puissant  pour  animer  ses  droits  contre  les  habitants  français  qui  encouraient  la  confisca- 
tion de  leurs  biens,  et  je  crois  que  si  la  couronne  était  au  courant  de  la  situation  actuelle, 
cette  instruction,  si  elle  est  encore  en  vigueur,  serait  révoquée. 

Le  gouverneur  Cornwallis,  en  vertu  de  cette  instruction,  somma  les  habitants  fran- 
çais de  jurer  allégeance,  et  comme  ils  refusèrent,  l'instruction  se  trouva  de  fait  invalidée; 
et  par  suite,  il  n'est  pas  au  pDuvoir  du  gouvernement  actuel  de  proposer  aux  habitants 
de  prêter  le  serment,  parceque  ceux-ci  ne  s'étantpas  conformés  aux  stipulations  du  traité 

18-  40     r-16 


122  M'rj/n  />  |   UfADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

d'Utrecht,  ont  encouru  la  confiscation  de  leurs  propriétés  au  profit  de  la  couronne' 
Voici  ma  manière  de  voir:  Sa  Majesté  a  exige  de  transmettre  la  réponse  des  habitants 
français  au  secrétaire  d'Etat  pour  être  soumise  au  plaisir  de  Sa  .Majesté,  et  la  réponse 
suivante  de  tous  les  habitants  français  devrait  être  par  conséquent  transmise,  savoir  : 
11  Qu'ils  ne  prêteront  pas  le  serment  sans  l'exemption  de  porter  les  armes  contre  le  roi  de 
France,  qu'autrement  ils  demandent  six  mois  pour  se  transporter  au  Canada  avec  leurs 
effets,  et  qu'en  outre,  ils  expriment  ouvertement  le  désir  de  servir  le  roi  de  France,  afin 
d'avoir  des  prêtres.''  Et  l'on  doit  présumer  que  par  suite,  au  lieu  de  considérer  l'instruc- 
tion, des  ordres,  et  probablement  des  troupes,  seraient  immédiatement  envoyés  pour 
chasser  de  la  province  ces  insolents  et  dangereux  habitants. 

Quant  à  leur  permettre  maintenant  de  prêter  le  serment,  voici  quel  en  serait  le 
résultat  : 

3 .  Nous  perdrions  nécessairement  le  fruit  de  l'expédition  de  Beau  Séjour. 

Les  avantages  à  retirer  de  cette  expédition,  consistent  dans  l'affaiblissement  de  la 
puissance  des  sauvages  et  la  répression  de  l'insolence  des  habitants  français.  Mais  si 
après  la  réduction  des  forts  français,  alors  que  nos  troupes  sont  dans  le  voisinage  et  que 
la  flotte  britannique  est  dans  notre  port,  ils  se  permettent  en  présence  même  des  ami- 
raux de  Sa  Majesté  et  en  mépris  du  gouverneur  et  du  Conseil,  de  refuser  de  prêter  le 
serment  d'allégeance  à  Sa  Majesté,  nous  allons  les  accueillir  et  avoir  foi  en  eux  comme 
sujets  dans  de  telles  circonstances,  cela  équivaudra  à  la  perte  des  avantages  acquis  par 
cette  victoire. 

Si  tel  est  leur  attitude  au  moment  où  nous  avons  les  troupes  et  la  flotte  avec  nous, 
que  n'oseront-ils  pas  et  jusqu'où  iront  leur  insolence  et  leurs  agressions  quand  cette  pro- 
tection nous  manquera  ! 

4.  Cela  entraverait  le  progrès  de  la  colonisation,  et  l'arrêterait  peut-être  entièrement. 
On  compute  comme  suit  la  proportion  des  habitants  français  aux  habitants  anglais  : 

A  Annapolis,  200  familles  composées  de  5  membres  chacunes.  .  .  1000 
Aux  Mines,     300  "  "  "  ..    .1500 

A  Piziquid,     300  "  "  "  ....1500 

A  Chignectou,800  "  "  "  ....4000 

8000 

600  familles  anglaises  composées  de  5  membres  chacunes 3000 

Surplus  d'habitants  français « 5000 

Sans  compter  les  Français  résidant  à  Lunenburg  et  les  habitants  de  Lunenburg 
eux-mêmes  qui  sont  plus  sympathiques  aux  Français  qu'aux  Anglais. 

Une  telle  supériorité  du  côté  de  ceux  qui  ont  juré  de  ne  pas  devenir  sujets  du  roi 
est  propre  à  inquiéter  les  colons  actuels  et  à  décourager  ceux  qui  auraient  l'intention  de 
venir  s'établir  dans  cette  province,  car  il  est  bien  connu  que  s'ils  prêtent  le  serment,  ils 
ne  se  croiront  pas  engagés  après  en  avoir  obtenu  la  dispense. 

5.  D'autre  part,  considérant  qu'il  ne  sera  plus  possible  de  les  déporter  de  cette  pro- 
vince après  le  départ  de  l'armement  dont  nous  disposons  présentement  ;  et  que  leur 
déportation  deviendra  inévitablement  nécessaire,  car  il  est  incontestable  qu'ils  se  livre- 
ront de  nouveau  avec  plus  d'artifice  et  de  rancune  qu'auparavant,  à  la  perfidie  et  à  la 
trahison  ; 

Considérant  aussi  que  la  présence  dans  cette  province,  de  ces  habitants  français 
attachés  à  la  France,  est  de  nature  à  favoriser  tous  les  projets  du  roi  de  France  et  les 
tentatives  de  celui-ci  pour  s'emparer  de  la  dite  province  : — 

A  ces  causes  je  crois  que  ces  raisons  et  la  nécessité  impérieuse  —  qui  est  la  loi  du 
moment  —  de  protéger  les  intérêts  de  Sa  Majesté  dans  la  province,  m'obligent  de  con- 
seiller humblement  la  déportation  de  tous  les  habitants  français. 

(Signé)  JONATHAN  BELCHER.(a) 

Halifax,  28  juillet  1755. 


(a)  Le  document  ci-dessus  fut  lu  devant  le  gouverneur  en  son  Conseil,  à  Halifax,  le  28  juillet  1755, 
jour  où  fut  prise  par  le  Conseil,  la  décision  finale  d'expulser  et  de  déporter  les  Acadiens.  Jonathan 
Belcher  était  alors  juge  en  chef  delà  Xouvelle-Ecosse. 


,,i  \r  [LOOIi    m       U   LD/J  \      IVBO  DOOl  Ul  v. 
DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

APPENDICE  l). 

LE  GOl  \  i;i:m:i'i;   PHILLIPS 

Le  gouverneur  Richard  Phillip    parti  d'Angleterre    —   pi  nt<     p    d<      i  \u  le 

navire  du   roi    Thé  /i'«w,    capitaine  waller,  arriva  ■<  «  la  onde  juin  I7--".',  i 

style,      Il  demeura   à  oet  endroit   Jusqu'au    17   octobre,  ilora   qu'il   parti!    pour 

Annapolia  Royal.     \.-  voyage  dura  cinq  semaine  .     Le  26  novembre  1729,  il  écrivit  de 

cet   endroit   au  duc  <l<'   Newcasl  1<'. 

Phillips  <t"  dur  ,/>  tfewcastiê. 

Canso,  2  octobre  1729. 

MiLOKi), — Je  profite  de  la  présente  occasion  pour  informer   Votre  mon 

arrivée  dans  cet  endroit  du  gouvernement  vers  la  fin  de  juin.  ta  conscience  de  mon 
devoir  me  faisait  souhaiter  d'y  arriver  plus  tôt,  mais  j'ai  dû  attendre  l'arrivée  de*  ins- 
tructions et  des  pouvoirs  que  je  croyais  et  que  je  croie  encore  nécessaires  pour  établir  la 
paix  et  la  concorde  dans  la  province. 

Après  avoir  amélioré  la  situation  ici,  autant  que  la  durée  de  mon  séjour  me  le  per- 
mettait, à  la  satisfaction  générale  de  la  population  qui  commençait  à  se  décourager,  je 
me  propose  de  me  rendre  à  Annapolis  Royal  où  je  suis  aussi  attendu  avec  impatience, 
car  les  habitants  français  m'ont  assuré  qu'ils  sont  prêts  à  accepter  toutes  mes  conditions 
au  sujet  de  leur  soumission.  La  joie  universelle  qui  se  manifeste  partout  me  donne  la 
certitude  qu'avant  longtemps,  je  pourrai  faire  à  Votre  Grâce  un  rapport  satisfaisant  des 
affaires  de  cette  province,  auxquelles  je  vais  consacrer  toute  mon  énergie. 

Phillip*  à  Neiccastle. 

Annapolis  Royal,  25  novembre  1729. 
(Ou  6  décembre  d'après  le  nouveau  style.) 

Milord, — Je  viens  d'arriver  ici  après  une  traversée  orageuse  qui  a  duré  cinq 
semaines.  Je  trouve  les  derniers  vaisseaux  que  nous  verrons  cette  année,  sur  le  point 
de  partir,  de  sorte  que  le  peu  de  temps  qui  m'est  accordé  ne  me  permet  pas  de  trans- 
mettre beaucoup  de  renseignem  nts  à  Votre  Seigneurie.  Cependant  la  joyeuse  réception 
dont  j'ai  été  l'objet,  surtout  de  la  part  des  habitants  français,  m'engage  à  promettre  à 
Votre  Seigneurie  qu'à  la  prochaine  occasion  je  serai  en  état  d'apprendre  à  Sa  Majesté 
qu'ils  ont  volontairement  fait  leur  soumission  au  gouvernement  en  prêtant  le  serment 
d'allégeance.  J'aurai  soin  de  leur  faire  prêter  le  serment  d'une  manière  aussi  solennelle 
que  possible.  Je  crois  que  pour  les  faire  persévérer  dans  leur  soumission,  il  serait  bon 
de  leur  faire  entendre  que  la  possession  de  leurs  propriétés  leur  sera  confirmée  par  de 
nouvelles  concessions  du  roi,  aux  conditions  qui  seront  jugées  nécessaires  et  qu'il  serait 
à  propros  d'annuler  et  de  révoquer  les  anciennes  concessions.  J'espère  que  Sa  Majesté 
me  transmettra  des  instructions  au  sujet  de  ce  qui  précède,  et  me  fera  connaître  si  les 
habitants  français  doivent  contribuer  aux  dépenses  du  gouvernement,  et  dans  quelles 
proportions.  Je  crois  qu'ils  s'attendent  à  cela.  En  toute  occasion  je  suivrai  strictement 
les  ordres  que  j'aurai  reçus. 

J'ai  choisi  la  semaine  prochaine  pour  recevoir  la  soumission  des  habitants  français  de 
cette  rivière  et  je  suis  certain  que  ceux  des  Mines  et  des  autres  endroits  situés  à  l'entrée 
de  la  baie  de  Fundy  sont  décidés  de  suivre  leur  exemple.  Mais  l'hiver  étant  arrivé, 
il  est,  impossible  de  se  rendre  à  ces  endroits  avant  l'ouverture  de  la  navigation.  Je  vais 
terminer  cette  tâche  ici  avant  de  me  rendre  à  Canso  et  j'aurai  l'honneur  de  vous  faire 
parvenir  un  rapport  concernant  le  nombre  de  familles,  leur  situation,  l'état  actuel  du 
commerce,  et  tous  les  renseignements  qui  pourront  être  utiles  à  Sa  Majesté. 

18— 40  J 


124  JLRCHn  E6   '   1  VADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Phillips  aux  lords  du  commert 

Awwolis  Royal,  3  janvier  1729-30. 

Miloedb,— Comme  je  croie  qu'il  est  tics  important  que  les  habitante  français  de 

cette  province  qui  forment  une  partie  considérable  de  la  population,  fassent  leur  soumis- 
sion complète  et  prêtent  le  serment  d'allégeance  à  Sa  Majetë  afin  d'assurer  la  prospérité 
et  la  paix  dans  cette  colonie,  et  que  les  instructions  au  gouverneur  concernaient  dans 
une  large  mesure  cette  importante  question,  j'ai  voulu  que  Vos  Seigneuries  se  n  ndent 
compte  par  les  parchemins  ci-inclus  et  par  ce  qui  a  été  t'ait  depuis  trois  semaines,  que 
j'avais  cette  tâche  à  cœur  et  que  l'espoir  que  j'entretenais  de  réussir  n'a  pas  été  déçu. 

Ces  parchemins  contiennent  les  signatures  de  tous  les  habitants  de  cette  rivière,  à 
partir  de  l'âge  de  seize  ans.  Ils  sont  heureux  d'avouer  que  la  satisfaction  que  leur  a 
donnée  mou  gouvernement,  a  beaucoup  contribué  à  produire  cet  heureux  résultat,  qu'ils 
ont  fait  l'expérience  d'un  grand  changement  après  mon  départ  et  qu'ils  voulaient  me  faire 
l'honneur  de  recevoir  leur  soumission.  Réellement  il  n'a  pas  été  nécessaire  de  recourir 
aux  menaces  ou  à  la  contrainte,  ni  de  prostituer  l'honneur  du  roi  en  ayant  recours  à  des 
moyens  honteux  en  son  nom,  comme  l'a  fait  Wroth,  un  enseigne  de  mon  régiment.  Je  me 
fais  un  devoir  de  vous  transmettre  une  copie  de  sa  transaction.  Ce  monsieur  est  présen- 
tement en  Angleterre  (et  j'apprends)  qu'il  est  allé  dans  sa  famille  et  qu'il  réclame  beau- 
coup pour  les  services  qu'il  a  rendus.  Je  me  soumets  d'avance  au  jugement  qui  sera 
rendu,  mais  si  j'étais  appelé  à  régler  le  cas  de  celui  qui  se  serait  servi  du  nom  du  roi 
sans  sa  permission,  je  ne  manquerais  pas  d'accorder  la  récompense  que  méritent  de  sem- 
blables actions. 

Bien  que  j'aie  terminé  ma  tâcha  avec  les  habitants  de  cette  rivière,  je  dois  attendre 
la  fin  de  l'hiver  pour  entrer  en  communication  avec  les  autres  établissements  du  haut  de 
la  baie  de  Fundy.  Je  m'attends  tous  les  jours  à  voir  arriver  à  travers  les  bois  des  délé- 
gués de  ces  endroits,  pour  m'annoncer  que  ces  populations  sont  décidées  de  faire  leur 
soumission  de  la  même  manière  que  celles  d'ici,  dès  qu'elles  en  recevront  l'invitation,  mais 
je  tiens  à  leur  faire  prêter  le  serment  moi-même  avec  une  grande  solennité  comme  je  l'ai 
pratiqué  avec  les  habitants  de  cette  rivière.  Je  retournerai  ensuite  à  Canso  où  je  serai 
attendu. 

Les  lords  du  commerce  au  gouverneur  Phillipps, 

Whitehall,  20  mai  1730. 

Monsieur, — Nous  avons  reçu  vos  lettres  du  2  octobre,  du  25  novembre  et  du  3 
janvier  dernier  ainsi  que  les  pièces  que  vous  y  avez  incluses.  Nous  vous  félicitons 
d'avoir  réglé  la  question  de  la  pêcherie  de  Canso  et  d'avoir  amené  les  habitants  français 
d'Annapolis  Royal  à  prêter  volontairement  le  serment  à  Sa  Majesté,  mais  nous  aime- 
rions qu'ils  l'eussent  fait  en  termes  plus  explicites,  comme  notre  secrétaire  vous  en  ins- 
truira, et  nous  espérons  apprendre  bientôt  que  les  autres  établissements  français  auront 
suivi  cet  exemple. 

Le  gouverneur  Phillips  à  Sa  Grâce  le  duc  de  Newcastle. 

Canso,  2  septembre  1730. 

Milord, — Depuis  mon  retour  dans  ce  gouvernement,  je  me  suis  fait  un  devoir  de 
profiter  de  toutes  les  occasions  pour  tenir  Votre  Grâce  au  courant  de  l'état  des  affaires 
de  cette  province. 

Par  ma  dernière  lettre  du  3  janvier,  Votre  Grâce  a  constaté  que  je  me  suis  parti- 
culièrement efforcé  d'amener  les  habitants  français  à  faire  leur  soumission  à  la  Couronne 
britannique  en  leur  faisant  prêter  le  serment  d'allégeance  à  Sa  Majesté.  Cette  mesure 
devenait  de  plus  en  plus  nécessaire,  car  le  nombre  de  ces  habitants  augmente  rapide- 
ment et  ils  forment  aujourd'hui  une  population  considérable  qui  comme  la  progéniture 
de  Noé  s'étend  sur  toute  l'étendue  de  la  province.  Votre  Grâce  n'ignore  pas  que  pen- 
dant les  vingt  dernières  années  ils  ont  refusé  avec  opiniâtreté  de  prêter  le  serment  qui 
leur  fut  proposé  ;  mais  après  avoir  constaté  le  changement  d'administration  pendant 
mon  absence,  ils  ont  déclaré  qu'ils  étaient  prêts  à  accorder  ce  que  j'exigerais  d'eux  à  mon 


Ql  \  /   1/  OQli    /"        i'    \i>n  Vi      WKi    i><"  i 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

retour  dan    cel  te  piw  inoe      Au  oi  u  le  temp   fa  voi  si 

mon  arrivée  su  milieu  d'eux,  commençant  par  l'établissement  d< 
polis  Royal.     Votre  Qràoeaappri    par  le  duplicata  que  je  lui  ai  fail  parvenir  de  la  li 
que  boni  let  habitante,  à  partir  de  tetcç  an  e,  que  l'entreprise  a  bien  réo 

dans  cet  endroit . 

J'informais  su  ri  Votre  Grâce  que  j'avai  l'intention  (à  li  fin  de  ihiver)  de  ne 
rendre  è  l'entré  de  Is  baie  de  Pun  l\  ou  sont  établis  la  plu    grande  :  habitai 

afin  de  terminer  une  tâohe  Bi  l >i<*n  commencée.     0  oir  eu  tion  de 

terminer  entièrement  œ  travail,  j'ai  l'honneur  d'apprendre  sujourd  nui  à  V*otr<  Oi  ice  la 
soumission  complète  de  ce  peuple  si  longtemp    réfractaire,  et  I  tion 

d'un  grand  nombre  de  sujets.     Je  vous  envoie  ci-inclus  an  duplicata   <1<    l'engagemei 
qu'ils  ont  juré  et  signé,  sans  compter  la  liste  qui  nous  s  été  l  ransmi  led  AnnapolU  Royal. 
Ils  sont    tous  mariés  et  chaque  famille  se  compose  d'un'-  moyenne  de  cinq  roembn 
Votre  Grâce  peut  ainsi  établir  le  chiffre  «le  cette  population  aujourd'hui,  en  y  ajoutant 
environ  cinquante  familles  vagabondes  qui  attendent  mon  retour  à  Annapolis. 

Je  m'attendais  à  rencontrer  beaucoup  d'obstination  de  la  part  des  sauva 
l'accomplissement  de  cette  tâche;  j'avais  remarqué  leurs  craint*  s  lorsqu'ils 
niaient  par  bandes  et   cherchaient  à  connaître  ce  qui  se  passait  ;  ma  nduite 

prudente,  notre  raisonnement  honnête  et  les  présents  que  j'avais  fait  préparer  pour  eux, 
produisirent  un  tel  effet,  que  non  seulement  ils  ne  causèrent  pas  d'embarras,  mais  fiient 
leur  soumission  à  leur  manière  au  gouvernement  anglais  et  après  des  dances  «t    d< 
perçants  ils  s'en  allèrent   très  satisfaits. 

Jusqu'ici  la  paix  est  assurée  dans  cette  province  et  elle  durera  sans  doute  au 
longtemps  que  L'union  entre  les  deux  couronnes  ;  car  il  est  certain  que  la  sécurité  de 
cette  province  dépend  entièrement  de  cette  union.     Une  fois  celle-ci  rompue,  la  colonie 
deviendra  une  proie  facile  pour  nos  voisins. 

Les  lords  du  commerce  au  gouverneur  Phillipps, 

Whitehall,  20  mai  1730. 

Monsieur, — Nous  avons  reçu  vos  lettres  du  2  octobre,  du  25  novembre  et  du  3 
janvier  dernier  ainsi  que  les  pièces  que  vous  y  avez  incluses.  Nous  vous  félicitons 
davoir  réglé  la  question  de  la  pêcherie  de  Canso  et  d'avoir  amené  les  habitants  français 
d'Annapolis  Royal  à  prêter  volontairement  le  serment  à  Sa  Majesté  ;  mais  nous  aime- 
rions qu'ils  l'eussent  fait  en  termes  plus  explicites,  comme  notre  secrétaire  vous  en  ins- 
tiuira,  et  nous  espérons  apprendre  bientôt  que  les  autres  établissements  français  auront 
suivi  cet  exemple. 

Quant  aux  habitants  français  qui  prêteront  le  serment,  ils  doivent  reconnaître  la 
bonté  dont  ils  sont  redevables  à  Sa  Majesté  qui  ne  les  a  pas  obligés  d'abandonner  leurs 
établissements  dans  la  Nouvelle-Ecosse  suivant  les  termes  du  traité  d  Utrecht,  qui  les 
obligaient  de  prêter  le  serment  d'allégeance  à  Sa  Majesté.  Malgré  cette  soumission  de 
leur  part,  il  est  à  craindre  que  nous  ne  puissions  pas  compter  sur  eux  dans  le  cas  d  une 
rupture  ;  aussi  croyons-nous  qu'il  serait  à  propos  de  leur  faire  obtenir  de  nouvelles 
concessions' de  leurs  terres  et  nous  ne  voyons  pas  de  raison  qui  les  empêche  de  payer  les 
mêmes  rentes  que  les  autres  sujets  de  Sa  Majesté.  Nous  vous  adressons  un  cordial 
adieu  et  nous  demeurons  vos  amis  sincères  et  vos  humbles  serviteurs. 

WESTMORLAND, 
P.  DOCMINIQUE, 
0.  BRIDGEMAX. 
J.  BRUDENEL, 
A.  CROFT. 
Phillipps  aux  lords  du  commerce. 

Annapolis  Royal,  26  novembre  1730. 

Milords, — J'ai  eu  l'honneur  de  recevoir  à  mon  retour  de  Canso,  la  lettre  que    Vos 
igneuries   m'ont  écrite  le  20  mai.     J'ai  reçu  en  même  temps  les  instructions  a  klition- 


126  ARCHIVES  CANADIEN  S 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

iiclles  de  Sa  Majesté  au  >ujet  de  la  pacification  de  cette  province  et  je  ferai  tout  ce   qui 

est  en  mon  pouvoir  pour  les  mettre  scrupuleusement  en  pratique  * 

*  *  *  ■*  * 

*  *  *  Je  suis  harassé  et  fatigué  des  voyages  que  j'ai  été  obligé  de  faire  d'un 
bout  à  l'autre  de  la  province  ;  puis  les  vaisseaux  étant  sur  Le  point  de  partir  pour  leur 
hivernement,  je  ne  puis  que  vous  faire  parvenir  des  duplicata  des  listes  qui  ont  été 
envoyées  de  Canso  où  j'ai  eu  l'honneur  d'écrire  à  Vos  Seigneuri<  -s.  -le  dois  vous  informer 
que  le  duplicata  contenant  les  noms  des  habitants  de  l'entrée  de  la  baie,  qui  ont  fait 
leur  soumission,  renferme  aussi  les  noms  de  ceux  qui  n'étaient  pas  encore  venus  comme 
je  vous  l'apprenais  par  une  lettre  antécédente  ;  de  sorte  qu'il  ne  reste  plus  pour  com- 
pléter la  liste  des  habitants  qui  ont  fait  leur  soumission  que  cinq  ou  six  familles  dissé- 
minées sur  la  côte  orientale  de  la  province  où  je  me  propose  d'aller  le  printemps  pro- 
chain. 

Je  suis  peiné  d'apprendre  que  Vos  Seigneuries  ne  trouvent  pas  le  serment  que  les 
habitants  de  cette  rivière  ont  prêté  bien  rédigé.  J'ai  employé  tout  mon  discernement 
pour  en  préparer  la  teneur,  et  je  croyais  avoir  donné  plus  de  force  au  serment  que  n'en 
renferme  le  texte  anglais  en  y  ajoutant  les  mots  '  fin  foi  de  chrétien  '  et  '  que  je  Recon- 
nois,  &c.'  ;  le  mot  'fidelle'  est  le  seul  que  j'ai  trouvé  dans  le  dictionnaire  pour  exprimer 
allégeance  et  les  Français  que  j'ai  consultés  m'ont  dit  que  les  mots  '  fidelle  '  et  '  obéir  ' 
gouvernent  tous  deux  le  datif  et  que  la  conjonction  '  et  '  qui  les  unit  les  met  en  rapport 
avec  la  personne  du  roi,  suivant  les  connaissances  que  je  possède  de  la  grammaire.  Je 
dois  humblement  exposer  que  je  crois  les  jésuites  capables  de  donner  à  la  formule  de 
serinent  la  mieux  conçue  un  sens  par  lequel  les  papistes  ne  se  trouveront  pas  engagés 
envers  les  héritiques.  Vos  Seigneuries  remarqueront  que  la  formule  de  serment  que  j'ai 
fait  prêter  aux  habitants  de  l'entrée  de  la  baie  de  Kundy  a  été  modifiée  parce  qu'ils 
trouvaient  la  première  trop  rigide.  J'espère  que  Vos  Seigneuries  approuveront  cette 
modification  et  que  vous  serez  d'avis  qu'elle  n'altère  nullement  la  force  du  serment. 


Le  secrétaire  Popple  au  gouverneur  Phillipps. 

Whitehall,  20  mai  1730. 

Monsieur, — Vous  constaterez  par  le  premier  paragraphe  de  la  lettre  que  les  lords 
commissaires  du  commerce  et  des  colonies  vous  adressent  aujourd'hui,  que  Leurs  Sei- 
gneuries désirent  que  le  serment  que  les  habitants  français  d'Annapolis  ont  prêté  volon- 
tairement eût  été  rédigé  en  termes  plus  explicites,  et  en  conséquence  je  dois  vous  faire 
remarquer  que  par  la  teneur  de  ce  serment  les  Français  ne  promettent  pas  d'être  fidèles 
à  Sa  Majesté.  Il  est  évident  qu'on  a  eu  l'intention  de  traduire  en  français  le  texte 
anglais  du  serment  d'allégeance,  mais  l'idiome  différent  des  deux  langues  en  a  pervertie 
la  signification  originale  pareeque  la  particule  '  to  '  du  serment  anglais  a  été  omise  dans 
la  traduction  française.  En  sorte  que  la  formule  française  ne  renferme  qu'une  simple 
promesse  de  fidélité  sans  en  en  indiquer  l'objet.  De  plus  le  mot  '  Fidelle  '  ne  pouvant 
se  rapporter  qu'à  un  datif,  et  '  obéirai'  à  un  accusatif,  il  en  résulte  que  le  roi  George  ne 
se  trouve  pas  suffisamment  protégé  par  la  première  partie  du  serment.  En  outre  il  est 
à  craindre  que  les  jésuites  français  ne  profitent  de  cette  ambiguité  pour  essayer  de  con- 
vaincre à  l'occasion,  la  population  qu'elle  n'est  pas  tenue  à  être  fidèle  à  Sa  Majesté,  ce 
qui  aurait  été  évité  si  le  serment  avait  été  rédigé  de  la  manière  suivante  :  '  Je  promets 
&  jure  sincèrement  en  Foy  de  Chrestien  que  je  serois  entièrement  fidelle  à  sa  Majesté 
le  Roy  George  le  Second  que  je  Reconnois  pour  le  Souverain  Seigneur  de  la  Nouvelle 
Ecosse  et  de  L'Accadie  &  que  je  lui  obéirais  vrayment.     Ainsi  Dieu  me  soit  en  Aide.' 

Je  suis  monsieur,   Votre  humble  serviteur, 

A.  POPPLE. 


i.i  \i  ilOQll    DJ       LO  iDïi  \       il/''  /""  I  127 

DOC.  DE  LA  SEvSSION  No   18 

/    gouverneur  l'hillipp*  à  Allured  /'"/,< 

Ans  ipoi  i     Royal,   !6  no    mbre  I  > 

Vfo»  ii  i  i .     A  mon  retour  de   <  u   votre    lettre  du   20  mai  que 

m, avi    éorite    ous  le  direction  des  lords  commi     tire    du  oommen 
au  sujet  delà  teneur  du  serment  d'allégeance  que  j'ai  fait   prêt 

rivière.     Je  suis  peiné  d'apprendre  qu'on  ne  lui  trouve  ps    la  I  rient 

que  je  trouve  dans  les  documents  des  provinces  environnante    ne  renferme  que  quelques 

i,voir:  Je  promets  d'être  loyal  et    fidèle  <■♦    d'obéir     Incèremei  té,  le 

feorge,     Ainsi  que  Dieu  me  soit  en  aide.     J'ai  traduit  fidèlement  ces  m<  quels 

j'ai  ajoute:  "Je  jure  en   Foi  de  chrétien,'    pour  leur  donnei    plus  d 
u  Que  je  reconnoia  pour  le  Souverain  Seigneur  de  la    Nouvelle  l.  i  de  l'Acadie." 

Je  croyais  cette  dernière  expression    significative   dans    Is    situation  où 
population.     Quant  à  votre   objection   au    mot    "Fidelle"qui   selon  voua  gouverna 
datif  et  qui  devrait  être  immédiatement  suivi   des  mots  "au  Roj  lois  voua  répon 

dn  que  selon  mon  interprétation  de  la  grammaire,  la  conjonction  et  qui  joint  les  mota 
"Fidelle"  et  "obéirai  "  dans  la  phrase:  je  promets   et    jure   que 
Fidelle  et  obéiray  vraiment  à  Sa  Majesté  le   Roy  George"  fait  rapporter  les  deux  mots 
à  la  personne  du  roi  ;  et  des  Français  m'assurent  que   les   mots  "fidelle"  »*t  "obéir"  ;'ou 
vc ment  tous  les  deux  an  datif.     S'il  en  est  ainsi,  le  serment  que  j'ai  rédig  plus  fort 

que  Le  texte  anglais  —  et  lorsque  les  Jésuites  français  entreprendront  d'infirmer  L'allé- 
geance que  ce  peuple  a  jurée,  ils  auront  recours  à  l'argument  conforme  à  leurs  principes: 
qu'il  n'y  a  pas  de  serment  obligeant  un  papiste  à  obéir  à  ce  qu'ils  appellent  un  prince 
hérétique. 

Vous  remarquerez  que  le  serment  prêté  depuis  par  le  gros  des  habitants  de  1  entrée 
de  la  baie  a  été  modifié  mais  d'une  manière  qui  n'encourra  pas  l'objection  ci-de 
J'ai  dû  faire  cette  modification  parcequ'ils  trouvaient  que  le  mot  "obéir"  avait  une 
signification  trop  étendue,  mais  je  crois  qu'ils  n'ont  rien  geigne  par  le  changement  qui  a 
été  opéré.  Je  viens  d'apprendre  que  le  soin  des  veuves  vous  a  été  confié  ;  je  vous  en 
félicite  et  je  souhaite  de  toute  cœur  que  cette  nouvelle  soit  vraie. 

L'abbé  de  Breslay  an  gouverneur  PhiUipps. 

A  Son  Excellence  Richard  PhiUipps,  Ecuier,  Capitaine  General  et  Gouverneur  en  chef 

de  la  Nouvelle-Ecosse. 

La  très  Humble  Représentation  de  René  Charles  de  Breslay,  Prêtre  Missionnaire 
Curé  de  toute  la  Rivière  d'Annapolis  Royal, 

Qui  prend  la  liberté  d'informer  Votre  Excellence  que  dans  L'année  1724  un  peu  de 
temps  après  l'insulte  des  Sauvages  contre  cette  place  j'arrivay  icy  étant  envoie  par  la 
Cour  de  France,  J'ay  eu  l'honneur  d'être  Reçu  avec  beaucoup  de  gracieuseté  par  Mon- 
sieur le  Lieutenant  Gouverneur  Doucet,  qui  me  présenta  au  Conseil  par  lequel  j'ay  été 
approuvé  et  enregistré  avec  plusieurs  autres  marques  de  ses  bontez  jusqu'à  sa  mort. 

Peu  après  la  mort  du  dit  Lieutenant  Gouverneur  Doucet  monsieur  le  Lieutenant 
Gouverneur  Armstrong,  Commandant  en  chef  dans  cette  Province  m'a  prié  à  Diner,  et 
étant  à  Sa  Table  m'avoit  Demandé  une  somme  d'argent  à  emprunter,  sur  laquelle  je 
m'excusay  de  ne  l'avoir  point.  Depuis  ce  tems-là  II  a  toujours  cherché  occasion  de  me 
faire  de  la  peine  en  plusieurs  Rencontres. 

Premièrement  il  a  voulu  me  faire  rendre  compte  des  Confessions  de  mes  Paroissiens 
&  cela  à  différentes  fois,  m'aiant  envoie  chercher  pour  cet  effet  quand  les  Dits  Parois- 
siens (lesquels  m'ont  fort  insulté  se  voiant  appuies  de  son  autorisé)  sont  allez  se  plaindre 
à  Luy;  Toutes  les  particularitez  seroient  trop  Longues  pour  les  déduire  à  Votre 
Excellence. 

Après  cela  étant  à  l'autel  &  faisant  actuellement  les  fonctions  Sacerdotalles  il  m'en- 
voia  ordre  par  le  Sieur  Adjutant  Wroth  d'en  sortir  et  de  luy  venir  parler,  je  luy  répondis 
que  ce  n'étoit  n'y  le  Lieu  n'y  le  tems  de  venir  me  parler  dont  il  s'offensa  tout  en  colère 
et  disant  lorsqu'il  s'en  retournoit  qu'il  me  tireroit  de  L'Autel  quand  je  serois  même  à  la 
Consécration,  après  cela  le  Dit  Lieutenant-Gouverneur  m'envoia  son  Jardinier  pour  me 


128  i/.''7//l  ES  CAH  IDIEh  VES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Dire,  Lorsque  j'avois  commence    la  Messe  de   me  Dépêcher  afin  de   Luy  aller  parler, 
Je  me  plaignis  à  Luy  de  L'Insulte  qu'il  m'avoit  été  faite  au  dit  Autel  sur  quoy  il  me  dit 

plusieurs  t'ois  de  prendre  mes  mesures. 

De  plu^  le  I  >'  Lieutenant  Gouverneur  a  envoie  le  dit  Sieur  Wrolh  saisir  tou: 
qui  étoit  chez  la  Done  Laquelle  étoit  une  de  mes  Paroissiennes  et  à  l'heure  de  sa  mort  en 
présence  de  plusieurs  Témoins  me  recommanda  d'avoir  soin  de  Tous  ses  Effets,  pour 
acquitter  ses  Debtes,  et  élever  ses  Enfans  dont  Elle  m'avoit  chargé,  et  surtout  elle 
envoia  dans  mon  Presbytère  une  Cassette  dans  laquelle  il  y  a  voit  environ  six  cent  francs 
en  Or  et  en  argent  blanc,  outre  des  bagues  et  croix  d'or  qu'elle  avoit  donné  à  L'Eglise. 
Le  Dl  Sr  Wroth  est  venu  avec  des  Soldats  fouiller  dans  mon  Dl  Presbytère  après  que  je 
Luy  eu  dit  que  la  ditte  Cassette  y  étoit,  et  ayant  fait  Inventaire  de  Tout  ce  qu'il  y  avoit, 
il  en  fit  son  Rapport  au  Dl  Lieut.  Gouverneur,  lequel  quelques  jours  après  m'envoia  le 
D1  Sr  Wroth  pour  la  luy  délivrer  auquel  je  fis  refus  de  la  luy  remettre  entre  les  mains. 
Aussitôt  le  dit  Lieut.  Gouverneur  m'envoia  ordre  par  le  l)1  Sr  Wroth  de  la  Luy  livrer  et 
mentionnant  dans  son  dl  ordre  que  le  dit  S1  Wroth  m'en  donneroit  un  Reçu,  promettant 
de  paier  les  Dittes  Debtes,  ce  qu'il  n'a  point  fait,  Disant  pour  ses  Raisons  qu'il  n'avoit 
reçu  que  Dix  Ecus  de  tous  l'argent  de  la  Done,  Il  n'a  pas  même  voulu  qu'on  rendit  à 
l'Eglise  les  bagues  et  croix. 

En  outre  allant  au  Fort  j'ay  rencontré  le  Dl  Lieutenant  Gouverneur  Armstrong  qui 
m'a  fait  reproche  à  l'égard  d'un  homme  Nommé  Barnabe,  habitant,  qui  s'étoit  allé 
plaindre  que  je  luy  avois  Refusé  les  Sacrements,  et  que  j'avois  dit  que  le  Dc  Barnabe  se 
servoit  Du  Manteau  du  Dl  Lieutenant  Gouverneur,  pour  ne  point  paier  ses  Debtes 
.Lequel  dernier  article  j'assuray  Le  Dl  Sr  Lieutenant  Gouverneur  n'avoit  point  dit  ; 
Nonobstant  il  appela  Le  Dl  Barnabe  pour  me  faire  donner  un  démenti,  et  après  Le  D* 
Lieutenant  Gouverneur  m'a  dit  d'un  ton  menaçant  de  prendre  garde  de  ne  pas  me  mêler 
des  Dixmes  et  des  Rentes,  je  luy  representay  que  c'étoit  là  une  affaire  de  religion 
qu'il  alloit  contre  le  Traité  de  Paix  dont  il  s'offensa  fort,  et  me  répéta  de  ne  me  mêler 
point  des  Dixmes  et  des  Rentes.  Ensuite  de  cela  j'allay  chez  le  Lieut.  Gouverneur 
Cosby  Dont  je  Luy  fis  le  Récit,  et  comme  je  luy  marquois  que  je  pensois  à  passer  en 
Angleterre  pour  Représenter  Tous  ces  mauvais  Traitements  à  Votre  Excellence,  et  de 
là  à  la  Cour  de  France,  Le  D*  Lieutenant  Gouverneur  Cosby  me  dit  que  ce  n'étoit  que 
l'effet  de  la  colère  du  Dl  Lieut.  Gouverneur  Armstrong,  et  que  je  devois  l'éviter  tant 
que  je  pourrois,  et  il  m'a  conseillé  d'attendre  l'arrivée  de  Votre  Excellence  qui  me 
rendroit  bonne  justice  à  moy  et  à  tous  les  autres. 

Encore  le  d1  Gouverneur  m'aiant  proposé  de  faire  faire  un  chemin  pavé  depuis  chez 
Ollivier  jusqu'à  l'Eglise  moiennant  six  pistoles,  les  quelles  il  a  reçu  de  Moy  et  comme 
estorquées,  et  il  n'a  point  fait  faire  le  chemin  n'y  rendu  l'argent  à  la  réserve  d'environ 
un  Ecu  qu'il  m'a  remis. 

En  outre  j'ay  été  informé  à  différentes  fois  que  le  Dl  Lieutenant  Gouverneur  Arm- 
strong avoit  Dessein  de  m'envoier  hors  de  la  Province,  ce  que  j'avois  lieu  de  croire  étant 
souvent  menacé  par  François  Manjeau  qui  a  toujours  été  emploie  par  le  Dl  Lieut.  Gou- 
verneur dans  les  affaires  du  gouvernement,  Se  disant  chargé  des  ordres  du  dl  Lieut. 
Gouvnr  en  toutes  occasions  principalement  quand  le  D*  Sr  Manjeau  est  entré  dans  notre 
Eglise  contre  mes  Deffenses  et  les  Règles  de  L'Eglise  ;  il  est  Venu  au  pied  de  l'Autel 
minsulter  et  m'outrager  Lorsque  je  faisois  l'office  de  mon  Ministère,  et  ne  voulant  pas 
sortir  de  l'Eglise  Suivant  le  Commandement  que  je  luy  en  faisois,  il  dit  hautement  qu'il 
étoit  venu  de  la  part  du  Dl  Lieut.  Gouveneur  et  n'en  sortiroit  pas,  il  en  sortit  néantmoins 
à  la  persuation  de  quelques  personnes  qui  luy  représentèient  qu'il  étoit  cause  que  l'office 
cessoit  (car  je  l'a  vois  fais  cesser)  il  me  menaça  en  sortant  du  Dl  Lieut.  Gouv1"  Armstrong, 
et  disant  qu'il  alloit  revenir  bientôt,  mais  ce  ne  fut  qu'une  ou  deux  heures  après,  Il  me 
dit  à  la  porte  de  mon  Presbytère  que  j'étois  un  faux  Apôtre,  et  que  je  n'étois  pas  Digne 
de  Dire  la  Messe,  et  autres  choses  qui  sont  trop  infâmes  pour  être  représentées  à  Votre 
Excellence,  et  en  aiant  porté  mes  plaintes  par  écrit  au  Dl  Lieutenant  Gouvr  au  lieu  de 
me  faire  justice,  il  a  ordonné  au  Dl  Manjeau  de  me  faire  des  procès. 

Dans  le  commencement  du  mois  d'Octobre  de  l'année  dernière,  1728,  étant  à  l'autel 
et  Disant  la  Messe,  j'ay  été  informé  que  le  Sr  Wroth  venoit  pour  me  faire  embarquer  dans 
un  bâtiment  qui  partoit  pour  l'Angleterre.     Je  fus  au  bord   de   l'Eau  où  je  trouvay  un 


(,i  \  r  \LOQIE  01       i'    i/'//  V-      il/'    1)001  i//  v.  129 

DOC.  DL  LA  SESSION  No  18 

Canot  a vec  deux  petit  qui  me  pa    ôrenl   fie  l'autre  bord  aftn  de  i 

avoir  le  teins  d'écrire  au  Dft  Lieut.  Qouv,    Armstrong  poui    le  de  me  1 

ii,  contre  ni'-\    m. h    aiant    appri     que    L    l)!  Wroth  •  'non  Pi 

ïamment  après  mon  Départ  pour  me  oh<  lequel  ne  m'ai 

Lieut.  Gouverneur  en voia  d'abord  des  Soldat    arm<    pour  méprendre  ont  fou 

dan    bon    lee  canots  qui  passoient  et  ont  même  tire  à  I  io1  nà  il    ont 

çonné  que  j'étois,     Après  cela  je  me  suis  retiré  dan     l<      Boî    où  »lig»: 

de  ohanger  de  Cabanes,  et  étant  presque  privé  de  Tou     ecoura  n<  la  vie      i.' 

l  >'  Lient.  Gk>uv,  Armstrong  aiant  Donné  ordre  par  François  Manjeau  aui  bal  le  ne 

me  donner  aucun  Seoours,  nef uge  à  Assi  tance,  Et  ayant  fait  publier  par  on  ordre  affi 
ché  à  la  porte  de  l'Kglise  de  me  retirer  dans  dii  jours  de  la  Province,  jay  d<  meure  dans 
oo  dangereux  état  et  pitoiable  pendant   près  de  quatorze  mois  jusqu'à  l'heur 
de  Vbt  re  Excellence. 

Peu  après  mon  départ  le  I)1  Wroth  avec  François  M  an j  eau  tinrent  a 
qui  s'emparent  de  l'Eglise,  du  Presbytère  et  de  la  maison  que  j'avois  but  bâtir  à  mes 
dépens  propres  avec  déffenae  d'en  laisser  rien  sortir,  et  d'y  entrer  personne,  et  dans 
la  Suite  du  Tema  le  dit  Lieutenant  Gouverneur  a  fait  venir,  contre  les  règles  de 
l'Eglise  a  au  grand  scandale  de  notre  Religion,  un  Prêtre  des  Mine  Nommé  leS  Braud 
pour  s'Emparer  de  ma  Cure,  de  l'Eglise  et  de  ma  propre  Maison,  à  s  obligé  par  force  les 
BAarguillers  de  délivrer  les  clefs  de  l'Eglise  ee  qui  est  contre  les  règles  de  l'Eglise,  et  mon 
Domestique  ne  voulant  pas  livrer  la  clef  de  La  Maison,  Le  Lieutenant  Gouven 
Armstrong  donna  ordre  au  S1  AVroth  &  à  Manjeau  de  rompre  les  portes  &  les  Serrure*, 
ce  qu'ils  ont  fait,  sans  épargner  mes  coffres  où  ils  ont  fouillé  mes  papiers  les  plus  secrets, 
et  ceux  même  de  l'Eglise,  aiant  emporté  quantité  de  papiers  &  d'effets,  et  étant 
cause  que  j'ai  été  entièrement  pillé,  jusqu'à  détruire  toutes  les  clôtures  de  l'Eglise,  & 
enlevé  les  peintures  et  garnitures  de  plusieurs  de  mes  portes. 

Aiant  commis  tous  ces  désordres  par  l'ordre  du  Lieutenant  Gouverneur  Armstrong 
pour  me  combler  de  misères  le  Sr  Wroth  et  François  Manjeau  chargés  de  son  ordre  ont 
fait  vendre  à  l'encan  Tous  mes  Bestiaux,  Savoir  Trois  Vaches,  un  Veau  et  trois  cochons, 
Dont  il  a  pris  l'argent  sans  m'en  donner  aucune  satisfaction. 

Je  ne  prendray  pas  la  liberté  de  troubler  l'attention  de  Votre  Excellence  de  quan- 
tité de  Calomnies  et  De  Mauvais  traitements  du  Lieutenant  Gouverneur  Armstrong, 
principalement  à  Sa  Table  parlant  mal  de  la  Couronne  de  France,  Je  demande  seulement 
à  Votre  Excellence  la  permission  de  représenter  les  Calomnies  dont  le  Sr  Brau  &  Man- 
jeau m'ont  accusé  aiant  fait  foueter  mon  petit  garçon  et  Domestique  âgé  d'environ 
treize  ans  et  le  menaçant  de  le  faire  pendre  pour  lui  faire  dire  que  je  lui  avois  donné  de 
la  poudre  pour  faire  brûler  le  Dl  Sr  Brau,  Laquelle  fausseté  étoit  bien  évidente  n'aiant 
pas  vu  ny  parlé  à  mon  Dit  Domestique  depuis  mon  départ  jusq'aujourd'hui,  laquelle 
fausse  Accusation  il  a  fait  publier  contre  Moi,  même  par  mon  Dc  Domestique  à  la  porte 
de  l'Eglise. 

Il  ne  me  reste  plus  présentement  que  de  me  Soumettre  au  Jugement  c\i  à  la  Justice 
de  Votre  Excellence  Desquels  je  ne  Doute  Nullement  de  recevoir  une  entière  Satis- 
faction étant  avec  un  profond  Respect 

A  Votre  Excellence, 

Le  très  humble  et  Très  obéissant  Serviteur, 

De  BRESLAY,  Prêtre, 

Missionnaire  Curé. 
Ce  23  Décembre  1729. 

REQUÊTE  DES  ACADIENS  PAR  LAQUELLE  ILS  DEMANDENT  DE 
PRETER  LE  SERMENT  D'ALLÉGEANCE. 

A  Son  Excellence  Richa  Phillipps  Ecuyer   Capitaine  Général  et  gouvr  en  chef  de  la 
Province  de  Sa  Majesté  de  la  Nouvelle  Ecosse,  &c. 

Nous  les  Députés  et  tous  les  Habitants  d'Annapolis  Royale  avec  des  Coeurs  tous 
pénétrés  de  joye,  congratulons  la  bonne  et  heureuse  Arrivée  de  Votre  Excellence   dans 


130 


MU  lll\  ES  c  INADIENNE& 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Vostre  Gouvernement  de  cette  Province  de  Sa  Majesté,  et  nous  espérons  que  Vostre 
Excellence  sera  entièrement  convainca  de  nos  bonnes  Intentions  de  nous  soumetre  à 
Nostre  Gratieux  Souverain  le  lloy  Georges 

Nous  avons  malheureusement  expérimentes  en  plusieuis  Ocasions  La  très  Grande 
l  différence  qu'il  y  a  entre  Vostre  Douce  et  Juste  Administration  de  celle  dont  nous  sortons 
présentement,  d'autant  plus  que  nous  avions  entre  nos  mains  l'assurance  que  Vostre  Excel- 
lence a  eu  la  bonté  de  nous  donner  signé  de  Sa  Main  que  nou>  jouirions  pleinement  de 
la  Liberté  de  nostre  Religion  et  de  la  Possession  de  nos  biens  jusqu'à  ce  que  le  bon  Plaisir 
de  Sa  Majesté  nous  fut  signifié  par  Vostre  Excellence  du  retour  de  laquelle  nous  Com- 
mencions à  désespérer,  A:  de  plus  le  traitement  tout  à  fait  Inhumain  que  Nostre  bon 
Pasteur  Monsieur  de  Breslay  a  souffert  jusqu'à  nous  estre  Défendu  de  Le  voir  <fc  de  luy 
donner  aucun  refuge  h  la  moindre  assistance  dans  le  Temps  qu'il  a  esté  obligé  de  s'en 
fuire  dans  les  bois,  où  il  a  Demeuré  près  de  quatorze  Mois,  nous  avoit  mis  dans  la  der- 
nière Consternation  voyant  que  nous  ne  pouvions  plus  exercer  notre  Religion  ni  même 
prier  Dieu  deux  ou  Trois  ensemble,  &  cela  près  d'un  Temps  que  nous  avions  estes  requis 
pour  faire  le  Serment  de  Fidélité  à  Sa  Majesté  par  Monsieur  le  Lieutenant  Gouverneur 
Armstrong.  Nonobstant  la  Doctrine  de  nostre  dit  Pasteur  a  esté  en  toute  Occasion  pour 
nous  rendre  sensible  à  l'obéissance  que  nous  devions  à  un  Souverain  sous  le  doux  Gou- 
vernement duquel  nous  avons  Toujours  estes  heureux,  Car  nous  n'avons  jamais  estes 
auparavant  molestés  ni  troublés  dans  l'entier  exercice  de  nostre  Religion.  Ce  mauvais 
traitement,  avec  plusieurs  autres  en  trop  grand  nombre  pour  estre  répétés,  nous  a  fait 
appréhender  de  n'avoir  jamais  nostre  Religion  sauve  et  libre,  et  mesme  nous  a  obligé  de 
différer  de  faire  l'acte  d'obéissance  diie  à  Sa  Majesté  jusqu'à  l'arrivée  de  Vostre  Excel- 
lence, Lequel  heureux  Jour  estant  venu  à  notre  grande  Joye  et  Consolation  nous  sommes 
assurés  de  voir  tous  nos  souhaits  accomplis  et  comme  Vostre  Excellence  a  bien  voulu 
conformément  à  sa  bonne  Justice  rendre  notre  bon  Pasteur,  nous  prions  très  humble- 
ment d'accepter  nos  sincères  remerciments. 

Nous  n'attendons  pour  cet  effesb  que  vos  Ordres  pour  paroître  devant  Vostre  Excel- 
lence afin  de  donner  les  dernières  preuves  de  nôtre  obéissance  à  Sa  Majesté  Brittannique 
pour  faire  le  serment  de  fidélité.  Nous  craignons  d'avoir  trop  arresté  l'attention  de 
Vostre  Excellence  nous  demandons  permission  de  nous  soussigner  avec  toutes  les  sou- 
missions possibles 

Les  très  Humbles  <k  très  obéissants  Serviteurs 


Pierre  Laurent 
Louis  Allain 
Jean  Landry 
Laurent  G  ranger 
Alexandre  Richard 
Joseph  Doucet 
Pierre  Robichaud 
Germain  Doucet 
Jean  Bastarache 
François  Foret 
Pierre  Bastarache 
François  Boudrot 
Guillaume  Blanchard 
Guillaume  Bourgeois 
Pierre  Lanoue 
Claude  Girouard 
Pierre  Brossard 
François  Dugas 
Jean  Melanson 
Jacques  Doucet 
Jean  Breau 
Charles  Melanson 
Charles  Pellerin 


Antoine  Blanchard 
Laurent  Doucet 
Joseph  Lanoue 
Jean  Brossard 
Charles  Lanoue 
Jean  Prijean 
Jean  Dupuis 
Jean  Dupuis,  le  fils, 
Alexandre  Pellerin 
Michel  Richard 
Charles  Martin 
Charles  Girouard 
Alexandre  Hébert 
René  Richard 
Alexandre  Girouard 
Augustin  Comeau 
Jacques  Girouard 
Antoine  Hébert 
Pierre  Richard 
Jean  LePrince 
Guillaume  Girouard 
Louis  Girouard 
Jean  Simon  Leblanc 


Bernard  Gaudet 
Joseph  Bourgeois 
René  Babineau 
Claude  Bourgeois 
Charles  Bel li veau 
Pierre  Landry 
Charles  Prijean 
René  Blanchard 
René  Doucet 
Antoine  Brun 
Germain  Savoie 
Jean  Brun 
Antoine  Thibodeau 
Claude  Brun 
Abraham  Bourg 
Joseph  Babineau 
Pierre  Gaudet 
J.  Baptiste  Pellerin 
Ambroise  Breau 
Claude  Granger 
Jacques  Maillet 
Michel  Thibodeau 
Michel  Thibodeau 


ai  \ i  m odii   m      m  \i>n  \     i     c  noi 


i  i 


)E  LA  SESSION  No  1R 

i  iii.iin  Si ■ • 

Jean  Duon 
Pau]  Sa  voie 
Jacques  (  touzille 
Jean  (  faudet 
Jean  Ques  \ 
l  louia  Elobiohaud 
René  Martin 
Jaoques  Latine 
(  lharles  Lairre 
i  Haude  Melanson 

( Mande  Bourg 

I  tonis  St  Sceine,  31 
Pierre  Laure 
Franc  >is  Elobiohaud 
Prudent  Robichaud,  fils 
François  (  Sirouard 
Joseph  Dugaa 
J.  Bte  Richard 
•  I.  Bte  Aurillon 
Denis  St-Sceine,  fils 
François  Raymond 
Michel  Picot 
Claude  Landry 
Antoine  Belliveau 
Joseph  Amiraut 
Mathieu  Doucet 
Alexandre  L'Or 
Pierre  Comeâu 
François  Richard 


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Mathieu   Foret 
Prudent  Robichaud 
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Alexandre  Robich  1 
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Châties  Blanchard 
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Pierre  I  baudet,  le  jeune 
Bernard  Pellerin 
Charles  Bellive  lu 
Bernard  Gaudet 
Jean  Prijean 
Joseph  Richard 
Charles  Savoie 
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Antoine  Thibodeau 
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Joseph  (  larceau 
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Louis  1  [t:l . 
Pierre  H<-; 
Claude  Dugae 
Baptiste  -Jacqueau 
Joseph  Belliveau 
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Jacques  Levron 
Baptiste  Levron 


SERMENT    D'ALLÉGEANCE    PRÊTÉ  ET  SIGNÉ  PAR  LES  ACADIEXS  DE 
LA  RIVIÈRE  ANNAPOLIS  EN  DÉCEMBRE   1729. 

Je  Promet  et  Jure  sincèrement  en  Foi  de  Chrétien  que  Je  serai  entièrement  Fidelle 
et  Obéirai  Vrayment  [à]  sa  Majesté  Le  Roy  George  le  Second,  que  je  Reconnois  pour  le 
Souverain  Seigneur  de  la  Nouvelle-Ecosse  ou  de  l'Aceadie. 

Ainsi  Dieu  me  soit  en  aide. 


Prudent  Robichaud 
Nicolas  Gautier 
Joseph  Bourgeois 
Guillaume  Blanchard 
Pierre  Lanoue 
Claude  Girouard 
Prudent  Robichaud,  jun1 
Louis  Allain 
François  Robichaud 
Jean  Landry 
Denis  St  Sceine 
Pierre  Landry 
Joseph  Doucet 
Claude  Melanson 
Baptiste  Landry 
Claude  Landry 
Charles  Pellerin 


Charles  Belliveau 
Baptiste  Porlier 
Antoine  Belliveau 
Charles  Guilbeau 
Ambroise  Melanson 
François  Landrv 
Joseph  Dugas 
Pierre  Robichaud 
Charles  Lor 
Jacques  Lor 
Abraham  Bourg 
Claude  Bourgeois 
Claude  Bours: 
Joseph  Bourg 
René  Doucet 
Clément  Babineau 
Germain  Doucet 


Joseph  Amirault 
Charles  Mius 
Mathieu  Doucet 
Louis  Thibeau 
Pierre  Garseau 
Pierre  Lor 
Denis  St  Sceine 
René  de  Foret 
Charles  Belliveau 
Pierre  Gaudet 
Joseph  Robichaud 
Jean  Breau 
Germain  Savoie 
Bernard  Pellerin 
Laurent  Doucet 
Alexandre  Lor 
Jacques  Léger 


(a)  C'est  soit  Joseph  ou  Alexandre. 


132 


MU'IIIX  />  '   \  \  un i:\nes 


André  Simon 
François  Raymond 
Charles  Belliveau 

<  'haï  tes  .M-laiison 

Pierre  Belliveau 
Jean  Melanson 
Jean  Bastarache 

Pierre  Thibodeau 
François!  Richard 
Augustin  Comeau 
Germain  Savoie,  cadet, 
Paul  Savoie 
Alexis  Doucet 
Charles  Martin 
Charles  Prijean 
Jean  Gaudet 
Jean  Quessie 
René  Martin 
Pierre  Gaudet 
Joseph  Leblanc- 
René  Richard 
Jacques  .Maillet 
Jean  Savoie 
Ambroise  Breau 
Pierre  Comeau 
Jean  Brossard 
Jacques  Bonnevie 
Michel  Richard 
François  Foret 
Alexandre  Girouard 
Jean  Brun 
Bernard  Gaudet 
Jean  Simon  LeBlanc 
Etienne  Martin 
Alexandre  Richard 
Charles  Lanoue 
Louis  Girouard 
Jean  Du  puis 
Joseph  Lanoue 
Jacques  Gouzille 
Pierre  Du  puis 
René  Blanchard 
Pierre  Bastarache 
Michel  Martin 
René  Martin 
Charles  Girouard 
Alexandre  Hébert 
Guillaume  Girouard 
Charles  Blanchard 
Jean  Bte  Orillon 
Pierre  Blanchard 
Pierre  Brossard 
François  Girouard 
Antoine  Blanchard 
J.  Bte  Pellerin 


Jacques  Michel 
Claude  Doucet 
Charles  Dou 
Pierre  Prijean 
Jacques  Doucet 
François  Dugas 
Bernard  Gaudet 
Jean  LePrin*  • 
Joseph  Prijean 
Antoine  Hébert 
François  Amirault 
Abraham  Comeau 
Charles  Guibeau 
Alexandre  Robichaud 
Laurent  G  ranger 
Charles  Dugas 
Charles  Roy 
Charles  Urillon 
François  Basque 
Jacques  Bertran 
Louis  Dugas 
Pierre  Guilbeau 
Pierre  G  ranger 
Charles  Belliveau 
Michel  Boudrot 
Charles  Melanson 
Charles  Dugas 
Michel  Picot 
Pierre  Beiliveau 
Charles  Boudrot 
Antoine  Thibodeau 
Jean  Belliveau 
Pierre  Boudrot 
Jacques  Lavergne 
Joseph  Doucet 
Jacques  Michel 
Claude  Landry 
Charles  Simon 
Pierre  Doucet 
Pierre  Suret 
Joseph  Landry 
François  Mius 
Baptiste  Raymond 
Pierre  Robichaud 
André  Simon 
Pierre  Doucet 
Pierre  Michel 
Jean  Prijean 
Joseph  Richard 
Charles  Savoie 
Paul  Blanchard 
Jean  Lor 

Antoine  Thibodeau 
Claude  Thibodeau 
Michel  Thibodeau 


5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

.Jean  Duon 
Alexandre  Pellerin 

Mathieu   F<  l 

Antoine  Brun 

Claude  Brun 

Pierre  Richard 

Daniel  Garceau 

Claude  Doucet 

Michel  Doucet 

Joseph  Brun 

Vincent  Brun 

Michel  Richard 

Alexandre  Comeau 

Joseph  Richard 

Pierre  Brossard 

Louis  Fontaine 

Joseph  Dupuis 

Honoré  Prijean 

Pierre  Comeau 

Michel  Bourgeois 

Joseph  Garceau 

Charles  Dupuis 

Louis  Hébert 

Pierre  Hébert 

Claude  Dugas 

Baptiste  Jacques 

Joseph  Belliveau 

Jean  Léger 

Jacques  Levron 

Baptiste  Levron 

Jean  Baptiste  Thibodeau 

Jean  Baptiste  Pitre 

Témoin  : 
René  Charles  de  Bresly, 
Prêtre  missionnaire, 
curé  de  toute  la  rivière,  &c 

Témoin*  : 
Richard  Watts,  clerc 
\ViH,n  Skene 
Willm  Winnett 
Témoins  : 

Alexander  Cosby,  Lt.  gov1 
Paul  Mascarène 
Henry  Cope 
Otho  Hamilton 
Thos  Barton 
George  Baker 
Edrd  Amhurst 
Eras  J.  Philipps 
John  Bradstreet 
Archd  Renney 
Richd  Bull 
John  Handfield 


i,l   \  I    \l  (ii,l  I     in         \(    \IU  I   \        II/'     !>()(  i    i//.  \  /■ 


DOC.  DL    LA  81  SSION   No 

REFU8  DES    ICAD1  ENfl  DE 


l   \li;l.   .\i;i'i;\  i  i.i;    LKI   i:  -    l'KKl 


Copie  de  la  réponse  dei  babitanta  de  la   rivièn    Annapoli     Royal  en  date  du  jeudi  11 
novembre  1731,  à  l'ordre  à  eux  donne4  de  taire  arpenter  l<  m    tern 

A  L'Honorable  Laurent    ^rmstrong,  Eouyer,  Lieutenant  Uouverneui  et  I    d 
Chef  dans  toute  La  province  de  Se  uaje  bêla  Nouvelle  Booateou  A 
d'Annapolia  Royal,  pto.,  etc. 

Lee  Babitanta  de  cette  Rivière  d'Annapolia  Royal!  pregnent  la  liberté  deliej 
à  Vôtre  Honneur  pour  Repondre  à  L'ordre  qu'l  Ivouaa  plu  Leurs  adre  1er  touchant  L'arpen 
bation  dea  Terres  j  [la  vous  sont  infiniment  obligée  de  la  Bonté  que  v<  spoui  Eux  dont 

[la  vous  remercie  des  soins  que  vous  prené  pour  leura  repos,  lit  que  pour  ce  qu  le  les 

h  agitations  de  cette  rivière  elles  sont  toutes  bornées  par  les  oont  ra  de  plus  le  pay 

est  Sy  pauvre  que  la  plupart  dos  habitants  sttnt,  hora  du  pouvoir  de  payer  l<  qu'il 

faudrait  pour  arpenter  leurs  terres,  n'ayant  pas  de  quoy  vivre  eux>mêm< 
quoy  ils  prient  votre  honneur  de  ne  pas  retenir  l'arpenteur  davantage  pour  eux,  d  • 

point  dans  le  dessein  de  l'employer  en  aueune  manière    pour  cet  efï'et  ;    Et    iy    il    S    ren 

contre  quelques  difficultés  sur  les  terrains  qui  sont  concédés  ey-devant  ou  sur  ceux  qui 
sont  à  concéder  présentement  vous  en  décideré  comme  votre  honneur  le  jugera  àpr 

car  Ton  nous  a  promis  en  prenant  le  serment  de   fidélité  que  nous  ne    serions    inqtl 
en  auoune  manière  dans  la  jouissance  et  possession  de  nos  biens  tant  cfr  ils  que  religieux, 
C'est   ce  que   nous   espérons   que   votre  honneur  nous  fera  la  grâce   de  nous  accorder 
Espérant  en  votre  bonté  nous  vous  suplions  de  permettre  de   nous  dire  avec  un   très 
profond  respect  vos  très  umbles  et  obéissants  et  soumis  serviteurs. 


Bernard  Gaudet 

Charles  Préjean 

Jean  LePrince 

Claude  Tibaudeau 

Bernard  Gaudet 

Michel  Richard 

François  Ri  hard 

Antoine  Blanchard 

Michel  Tibeaudeau 

Joseph  LeBlanc 

J.  Bourgeois 

Michel  Richard 

Jean  Simon  LeBlanc 

Marque  de  4-  Jean  Dupuis 

Marque  de  +  François  Foret 

Marque  de  +  Louis  Girouard 

Marque  de  +  Jean  Baptiste  Levron 

René  de  Forest 

Marque  de  Jean  Savoie 

Marque  de  -f  Alexandre  L'or 

Marque  de  +  Laurent  Doucet 

Pierre  Bastarache 

Claude  Bourgeois 

François  Robichaud 

Marque  de  +  Alexandre  Pellerin 

Marque  de  4-  Baptiste  Pellerin 

Marque  de  4-  Pierre  Dupuis 

Marque  de  -f  Abraham  Comeau 

Marque  de  4-  Jean  Brun 

St  Sceine 

Marq.  de  4-  Jean  Gaudet 


Marq.  de  4-  Charles  Girouard 
Marque  de  4-  Pierre  Comeau 
Marq.  de  4-  René  Richard 
Marque  de  4-  Antoine  Hébert 
Marq.  de  4-  René  Martin 
Marq.  de  4-  Antoine  Brun 
Marq.  de  4-  Pierre  Gaudet 
Marq.  de  4-  Guillaume  Girouard 
Marq.  de  +  Jean  Brossard 
Marq.  de  4-  Jacques  Girouard 
Marq.  de  4-  Germain  Savoie 
Marq.  de  4-  Alexandre  Girouard 
Marq.  de  4-  François  Girouard 
Marq.  de  4-  René  Martin,  fils 
Marq.  de  4-  Charles  Guilbeau 
Marq.  de  4-  Abraham  Bourg 
Marque  de  4-  Le  vieux  Babineau 
Marq.  de  4-  Pierre  Guilbeau 
Marq.  de  4-  Charles  Belliveau 
Marq.  de  4-  Jacques  Michel 
Marq.  de  4-  Bernard  Pellerin 
Claude  Doucet 
Marq.  de  4-  Jacques  Doucet 
Marq.  de  4-  Claude  Landry 
Jean  Baptiste  Landry 
François  Remin 
Antoine  Belliveau 
Claude  Melanson 
Marq.  de  4-  Claude  Landry 
Marq.  de  4-  Tibeau 
Marq.  de  4-  Pierre  Garseau 


134 


Msrun  ES  CANADIEN  VES 


Marq.  de       Pierre  8ure1 

Abraham  Bourg 

Louis  Robichaud 

Marq.  de  +   Laurent  Granger 

Marq.  de  +  Claude  Granger 

Marq.  de  +   Michel  Picot 

Marq.  de  +   Mathieu  Doucet 

Marq.  de  +  Joseph  Dugas 

Marq.  de  +  Jeau  Belliveau 

Marq.  de  +  René  Doucet 

Laverdure 

Marq.  de  +  René  Blanchard 

Marq.  de  +  Jacques  Bonnvevie 


5-6  EDOUARD  VIL  A    1906 

Louis  Fontaine 

Pierre  Landry 

Marq.  de  +  Claude  Breau 

Marq.  de  +  Charles  L'or 

Marq.  de  +   Charles  Melanson 
Marq.  de  +  Joseph  Bourg 
Marq.  de  +  Jacques  L'Or 
Charles  Melanson 
Marq.  de  +  Daniel  Garseau 
François  Dugas 
Jean  Baptiste  Porlier 
Marq.  de  +  Claude  Dugas. 


SERMENT    D'ALLÉGEANCE    PRETE    ET    SIGNE    PAR    LES    ACADTENS 

DES  DISTRICTS  DES  MINES,  COBEQUIT,  PIZIQUID  ET 

BEAUBASSIN,  EN  AVRIL  1750. 

Annexe  d'une  lettre  de  Philipps,  du  2  tept.  17 '30. 

Nous  Promettons  et  Jurons  sincèrement  en  Foi  de  Chrétien  que  Nous  serons  entière- 
ment Fidelles  et  Nous  Soumettrons  Véritablement  à  Sa  Majesté  George  Le  Second  Roy 
de  La  Grande  Bretagne,  que  nous  reconnoissons  pour  Le  Souverain  Seigneur  de  La  Nou- 
velle Ecosse  et  L'Accadie. 

Ainsi  Dieu  nous  soit  en  Aide. 


François  le  Blanc 

Antoine  le  Blanc 

François  Landry 

Jacques  Terriot 

Anth.  Dupuis 

Michel  Boudrot 

Baptiste  Landry 

Anthoine  Landry 

René  Oquin  [Aucoin] 

Charles  Dueron  [Douaron] 

Pierre  Boudrot 

René  Richard 

Jean  Landry 

André  Savoir  (sic) 

René  Granger 

Alex.  Bourg  (notaire) 

René  LeBlanc 

Pierre  Landry 

Jacques  LeBlanc 

Jean  Terriot 

Claude  LeBlanc 

Germain  Terriot 

Philippe  Melanson 

Pierre  LeBlanc 

Pierre  Braux 

Charles  LeBlanc 

Pierre  Richard 

Jean  Como 

Anth.  Beau  [Breau] 

Charles  Babin 

Michel  Vincent 

Anth.  Célestin 


Estienne  Comeau 
Claude  Boudrot 
Joseph  Landry 
René  LeBlanc 
Martin  Oquein  [Aucoin] 
Pierre  le  Blanc,    fils    de 

Jean 
Pierre  Oquein  [Aucoin] 
Pierre  Landry 
Germain  Landry  (le  vieux) 
Jean  Tibodo 
Jean  Flanc 

Joseph  Oquien  [Aucoin] 
Jean  Oquien  [Aucoin] 
Pierre  Landry 
Claude  Brussar  [Brossard] 
Louis  Le  Bove  [LaBove] 
Jean  Le  Bove  [LaBove] 
Joseph  Trahan 
Jean  Terriot,  le  ffls 
Etienne  Sornier  [Saulnier] 
Alex.  Trahan,  Cadet 
Jean  Terriot 
Ollivier  D'Aigre 
Charles  Oquien  [Aucoin] 
Charles  Terriot 
Joseph  Boudrot 
Anth.  Landry 
Pierre  Babin 
Pierre  Lamirre 
Jacques  Hilbert  [Hébert] 
Guillaume  Sampson 


Alex.  Landry 

Claude  Terriot 

Claude  Bennoit 

Jean   LeBlanc,    Le    Vi    [Le 

Vieux] 
Pierre  Foret 

Claude  Landry,  Le  V  [Vieux] 
René  Hilbert  [Hébert] 
René  Blanchard 
Etienne  Racois 
Jean  Dupuis 
Pierre  LeBlanc 
René  Landry 
Pierre  LeBlanc 
Claude  Granger 
Pierre  Cloistre 
Germain  Terriot 
Abr.  Landry,  fils  de 

de  Germain 
Pierre  Landry 
Pierre  Landry 
Joseph  Landry 
Pierre  LeBlanc 
Charles  Landry 
Estienne  Comeau 
Louis  Michel 
Benj.  Landry 
Vincent  Babin 
Charles  Hilbert  [Hébert] 
René  Boudrot. 
Pierre  Trahan 
Jean  Hilbert  [Hébert] 


Ql  M   [LOVIE   /'/        l'    1/'//  n        iVEO   ï)()i  i   \ll  \  l 


DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

René'  Bornier  1 Saulnier  | 
rien»-  Landry 
Bernard  LeBlanc 

Martin    (  )(jucm  |  Aucoin  | 

Jacques  LeBlano. 

Joseph    Landry 

René  ( (ranger 
Anth.  Vincent 
Joseph  Bugeauld 
Bapt.  Landry 
Pierre  (  bmeau 
Michel  Bornier 
Jean  I  >'  Aigre 
Jermain  Landry 

Jean    Breau 
Jean  Babin,  Le  Jeune 
Jean  Babin 
François  Babin 
Claude  Comeau 
Joseph  D'Aigre 
Bapt.  Meîlanson 
Claude  Gautreaux 
Pierre  Benoit 
François  LeBlanc 
Augustin  Hébert 
Claude  Terriot 
Pierre  Breau 
René  Trahan 
An  th.  LePrince 
Bernard  d'Aigle 
Claude  Boudrot 
Alex.  Tibodo 
Jean  Trahan 
Pierre  Tibodo 
Pierre  Lannou 
Jean  Landry 
Pierre  Doucet 
François  Gautreaux. 
Charles  G  ranger 
Pierre  Babin 
Jean  LeBlanc,  Vieux 
Jean  LeBlanc 
Char.  Gautreaux. 
Joseph  Babin 
Jean  Terriot 
René  Landry 
Jean  G and rot 
Charles  Dupuis 
Jean  Babin 
Jean  G  au  trot 
Jean  Doucet 
Joseph  Terriot 
Anth.  LeBlanc 
Claude  Gautrot 
Pierre  Richard,  le  fils, 
Charles  Hilbert,f.  de  Jacques 
[Hébert] 


Jean  Mêlant  on 
.Iran  Leblai 
Jean  <  !hené 

Jo  i  pli  I .•■  Blano. 

I lené  l  •l.iiu  haï d 

.L'an   >■ 

Jean  Breau 

(  lharles  ( 
Pierre  <  Iran 

Claude   Landry. 
Martin    Hennit, 
nue    I  laincl 

Jean  Eloy 
(  "haï  les  Babin. 
(  'itinent  Benoit 
Alex'   Breau 
Joseph  (  Iranger 
Claude  Babin 
Jean  Bapt.  Foret. 


'  'h.,  i  l  ■     lia  n 

'i   'I  i  ah 
('liai 

\hi    Landi 

(    lande    I  ',.-r. 

Jo  epfa  Vi\    ■ 
l'ani  D'Arc 
Michel   i 
Mai  t m  (  lorporon 
I  )enm    I  loudrot 
(  "haï  les  Breau 

n  Dupui 

n  Lebove 

i  raha  d 
Jermain  Dapu 
Jean  Le  Roy 
Etienne  Boudrot. 
Philippe  B 
Paul  Landry 


Jacques  Belemare  [BellemèreJFrançois  Boudrot. 


Louis  iSornier  [Saulnier] 
Jean  Boudrot. 
Jean  LeBlanc 
Joseph  Landry. 
Guillaume  Benoit 
Pierre  Sornier  [Saulnier] 
Paul  LeJeune 
Charles  Pas 
Jean  Landry. 


Paul  Le  I  il  a 
Pi°rre  Boudrot. 
Joseph  Hilbert  [Hébert] 
Pierre  Landry 
Claude  LeBlanc 
Pierre  Hébert. 
Jean  Boudrot. 
François  Michel. 
Claude  LeBlanc 


Pierre  LeBlanc,  fils  d'André.  Claude  Boudrot. 


François  LeBlanc 

Pierre  Allain 

René  Babin 

Jacques  LeBlanc 

François  Breau 

Pierre  Meîlanson 

Paul  Landry. 

Pierre  Meîlanson,  fils. 

Jermain  Hilbert  |  Hébert] 

Amant  Bujeau 

François  Prijeant 

Michel  Hébert 

Jean  LeBlanc,  fils  d'André. 

Nicolas*  Lacroix 

Anth.  Oquein.  [Aucoin] 

René  Tibodo 

Charles  Chauvet 

André  LeBlanc. 

René  Vincent 

Jean  Bapt.  Tibodeau. 

Jean  Bapt.  Galerme 

Pierre  Thibodo 

Philippe  Thibodo 

Pierre  Vincent,  Le  Vieux 

,  Louis  Long  Epée. 
Paul  LeBlanc 


Claude  Gautrot 

Joseph  Robishau  Robichaud] 

Charles  Boudrot. 

Michel  Poupar. 

François  Boussel  [Boinseau; 

Alexr  Bourg,  fils, 

Charles  Dueron  ^Douaron| 

Abr.  D'Aigre. 

Charles  Terriot. 

Nicolas  Terriot  [Barriot] 

Paul  Boudrot. 

Jean  Hilbert.  [Hébert] 

Thomas  Dueron.  [Douaron] 

Honoré  Girouard 

Anth.  Boudrot. 

Allain  Bugeaux 

Jean  Boudrot. 

Pierre  Boudrot. 

Joseph  Tibodo 

Anth.  Thibodo 

Ph.  Melanson,  fils, 

Paul  Hilbert 

Charles  Tibodo,  fils  de  Jean, 


Joseph  Landry. 
Michel  Rivet. 


136 


m;<iii\  ES  C  i  \  \iui-:\  \ /:> 


Pierre  Melanson,  fils  de  Jean,Pierre  Martin 
Jermaiii  Tibodo,  lils  de  Fran  Charles  Boudrol 


.•ois 

François  Hilbert  [Hébert 

Joseph  LeBlanc 

Âmbroise  Bourg 

Jean  Gautreaax. 

Abr.  Bourg 

Ji  an  Bourg 

Alexis  Oquein  [Aucoin] 

Jean  Benoit 

Jean  Benoit 

Claude  Petre  [Pitre] 

Pierre  Bourg 

Alexis  Dugas 

Jean  Hilbert  [Hébert] 

Claude  Dugas. 

Louis  Bourg 

Jean  Petre,  [Pitre] 

Charles  Dugas 

Joseph  Petre  [Pitre] 

Jean  Petre,  Le  Jeune. 

Noël  Doeron.     [Douaron] 

Jean  Bounr. 


Ollivier  Boudmt 

Jacques  Gautrot. 

Pierre  Gaudet. 

Jean  Bte  Gaudet. 

Pierre  Berriot.     [  Ban 

Alex.  Landry. 

Jacques  Foret. 

Pierre  LeJeune 

Jean  Bapt.  Landry. 

Fran.  Landry. 

Abr.  Landry. 

Guill.  Hilbert  [Hébert] 

Jean  Trahan 

Jean  Bte  Trahan 

Abr.  Benoit. 

Jean  Hilbert  [Hébert] 

Franc.  La  Vache 

Pierre  Benoit. 

Pre  Benoit,  Le  Vieux. 

Jean  Doucet 

René  LeBlanc 

J.  B.  Henry. 

Pierre  Hilbert.     [Hébert] 


Jean  Hilbert  [Hébert] 

Mathurin  Brassier  [Brasseur]  Jean  Terriot. 

Louis  Math.  Dueron  [Doua-  Jermain  Richard 


ron] 
Martin  Henry 
Pierre  Hilbert  [Hébert] 
Joseph  Blanchard. 
Jean  Henry 
Jean  Henry,  le  fils. 
Pr.  Claude  Hertements 


Charles  LeBove  [LaBove] 
Paul  Oquien  [Aucoin] 
Etien  Trahan. 
Fran.  Boudrot. 
Paul  Corporon. 
René  Roy. 
Pierre  Landry. 
Pierre  Trahan. 


Claude  Terriot. 

Jacques  Naquien  [Naquin]     René  Landry. 

Alex.  Robishau  [ Robichaud]  Jean  Ely. 

Jean  Robishau.  [Robichaud]  Joseph  LeBlanc,  fils  d'André, 


Michel  Bourg. 
Joseph  LeJeune 
Anth.  Brun 
Joseph  Robishau  Jr. 

chaud] 
Pierre  Blanchard 
Pierre  Terriot. 
François  Michel 
François  Terriot 


Pre.  LaLande 
Joseph  LeBlanc 
Louis  Sire. 
[Robi-  Jermain  Babin. 
Charles  Benoit. 
René  Guillot. 
Fran.  Noge 
Jean  Lebert 
Joseph  Landry. 
Paul  Benoit. 


Joseph  Terriot. 
François  Naquien  [Naquin]  Bapt.  Landry. 
Pierre  Henry.  Pierre  Breau. 

François  Robishau.     [Robi-  Honoré  LeBlanc. 

chaud]  -Vincent  Dueron  [Douaron] 

Martin  Blanchard.  "*- Clément  Vincent 

Pierre  Robishau  [Robichaud]  Joseph  Dueron  [Douaron] 
François  Bourg.  Jacques  Giroir.   [Girouard] 

Pierre  Poirier  Pierre  Breau 

Pierre  Doeron  [Douaron]         Abr.  Arsenoe,  le  jeune  [Arse- 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  190o 

|.li  Maurole  ( Mazerolle] 
Charles  Chaavet. 

Paul  Trahan 

Etienne  Hilbert  [Hébert] 

Joseph  Trahan 

François  Blanchard 

Joseph  Babin. 

Paul  Babin. 

Charles  Foret. 

Paul  Boudrot. 

Emmanuel  Hilbert  [Hébert] 

Guillaume  Trahan. 

Alex.  Trahan. 

Charles  Hilbert.   ;  Hébert] 

Jacques  LeBlanc 

Jacques  Richard 

Joseph  Trahan 

Denis  Hibbert  [Hébert] 

Charles  Hibbert.  (Hébert] 

Pierre  d'Aigre. 

Charles  d'Aigre. 

Pierre  Hibbert.    'Hébert] 

Bapt.  Hibbert.   [Hébert] 

Louis  Gouscié  [Gouzier] 

François  d'Aigre. 

Paul  Michel 

Pierre  Sire. 

Amant  d'Aigre. 

René  Daigle 

Etienne  Giroar.  [Girouard] 

Claude  Giroar. 

René  D'Aigre. 

Joseph  Breau. 

Jacques  LeBlanc. 

Charles  Leblanc. 

Franc.  Granger. 

J.  B.  Comeau. 

Jaques  Sornier.  [Saulnier] 

Anth.  Oquein.    [Aucoin] 

Pierre  Oquein.  [Aucoin] 

Paul  Oquein.   [Aucoin] 

René  Oquein.   [Aucoin] 

Jean  Sire. 

Michel  Poirier. 

Louis  Doucet. 

Michel  Quincie.   [Quaicie] 

Franc.  Doucet. 

Paul  Bourgeois. 

Charles  Bourgeois. 

Claude  Bourgeois. 

Henry  Bourgeois. 

Guill.  Sire. 

Pierre  Sire. 

Jean  Mouton. 

François  Lebove.  [Labove] 

Jean  Savoie 

Jacques  Amiraul 


i.l   \  /    1/  <)(,/!     (H         \t    \IU  I    \         l  I  /  i     MH  I    Ml   \  /  - 


DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Pierre  Hibberl  (  Hébert 
Michel  Dévot 

Martin    Bichanl 

Vfiohel  Poirier 
Miohel  Poirier  de  France 
François  I  touoet 
René  Poirier 
Charles  LeBrun 

Anlli.  (  I.iikIcI 

(  iharles  Bourgeois 

Joseph  Grivois 

Joseph  Poirier 

Miohel  Bourge< 

Jermain  <  liroar  [(  lirouard  | 

Pierre  (  >lli>  ier 

Charles  Arsenoe  |  Ai  sciir.au  ] 

.Iran  Poirier 

Franc.  LaPierre 

Franc.  Hugon 

Jean  Casy  |  Caissy  | 

Jacques  Hibbert  [  Hébert  i 

Fran.  Arsenoe  [Arseneau] 

Jermain  Cormier 

Pierre  Doucet 

Jacques  Miratte  [Nuirai te] 

Paul  Martin 

Paul  Boudrot 


Augustin  Gaudet 

Pierre  Cormier 

Jacques  Caissy 

Abraham  Arsenoe 

Jean  Arseneau 

Jacques  Hibbert  [Hébert] 

Pierre  Poirier,  Le  Jeune 

Abraham  Caissy 

Jacques  Arsenoe 

Joseph  Hébert  [Hébert  | 

Pierre  Quinsy 

Michel  Quinsy,  Le  fils 

Jean  Dévot 

Michel  Poirier,  Le  jeune 

Phil.  Lambert 

Baptiste  Poirier 

François  Doucet 

Germain  Henry 

Jacques  Quincy 

Pierre  Dévot 

Michel  Bernard 

Joseph  Bérard  [Bernard] 

Jean  Foret 

Claude  Gaudet 

Pierre  Gaudet 

Denis  Gaudet 

Guillaume  Gaudet 

Pierre  Arsenoe  [Arseneau] 

Pierre  Hibbert,  le  fils  [Hébert 

Franc.  Hibbert  [Hébert^ 


Je  m  t 'ii.i  on  on 

Louis  Poiriei 
Jean  Poit  ier 
\ n  .inii-  Boa  Irot 
Pierre  (  îormier 
Pierre  Bourgeoi 
Paul  l  >  ni-!  «  >  1 1  |  I  louai  «mi 
M  ichel  Sire 
.1  aoques  Foret 

Àmbroise   Martin 

Paul  Sire 

Pierre  Bourgeo 

Pierre  Cas)    Oai 

Jean  1 1 ibbert  1 1 [ébert 

Michel  Bourg 

Jean  Poirier 

.Michel  Richard 

Jerm.  (  liroar  |  (  lirouard  ] 

Franc.  Blanchard 

Martin  Richard 

René  Bernard 

Alexis  Cormier 

Pierre  Arsenoe  |  Arseneau] 

Claude  Bourgeois 

Alex.  Richard 

Franc.  Cormier 

Pierre  Doucet 

Joseph  Poirier 

Pierre  Cormier 

Pre  Gaudet,  l'ainé, 

Jean  Sire 


Petn     P 
Piei  re  lli<  haï <\ 

A  Lia.    BOU 

I U  n.    Babin 
Piei  i  e  'l 

Louis  Foni  aine 
Jo  'pli  I >up 
l'i.  rre  (  îomeau 
Michel  Bourga 
i  u 
(  Iharles  I  tapuis 
Louis  1 1  ibbert  |  Hébert] 
Pierre  Hibbert  [Hébert] 
(  llaude  1 1 
Bapt  iste  Jarea 
.!•   eph   Bel li vai 
Jean  [j  \ 
Jacques  Le^  ron 
Baptiste  Levron 
Honoré  Pryjean 
Anth.  Tibodo 
Jean   Bapt.  Pitre 
.1.  B.  Tibodo 
Pierre  Tibodo 
Michel  Martin 
J.  1).  Tibodo,  jeune, 
Jacques  Foret 
Alex1'  Hibbert  [Hébert] 
[Pierre  Richard 
Michel  Richard 
Jacques  Giroar  [Girouard] 


Augustin  Arsenoe  [Arseneau]Jean  Doucet 


Jean  Bte.  Bourgeois 
Charles  Doucet,  D'  A.  R. 

[de  la  rivière  Annapolis] 
Pierre  Dueron  [Douaron] 
Charles  Bourg 
Joseph  Michel 
Pierre  Terriot 
Michel  Oquein  [Aucoin] 
Franc.  Bourg 
Jacques  Barriot 
Joseph  Hibbert  [Hébert] 
Pierre  Gering  [Guérin] 
Joseph  Hibbert  [Hébert] 
Franc  Terriot 
Cha.  Gautrot 
Charles  Dupuis 
Claude  Petre  [Pitre] 
Jerm.  Terriot 


Guillaume  Bourgeois 
Michel  Richard 

Charles  Landry 
Jean  Doucet 
Franc.  Corporon 
Pierre  Hautbois 
Jean  Breau 
Baptiste  Martin 
Pierre  Martin 
Pierre  Blanchard 
Pierre  Breau 
François     Robishau 

chaud] 

Louis  Robishau  [Robichaud] 
Baptiste  Richard 
Paul  LeBlanc 
Joseph  Levron 
Claude  Gaudet 
Joseph  Melanson 


[Robi- 


Paul  Doiront  [Douaron] 

Chas.  Robishau  [Robichaud]  Jean  Melanson 

Pierre  Gautrot  Joseph  Bourg 

Joseph  Bourg  Franc.  Bourg 

]Jean  Turpin  Jaques  L'Or 

Pierre  Dugas  Anth.  Petre  [Pitre] 
18—41      r-16 


138  \i;<  il i\  i  >  <   i  \. ;/>//.  \  VES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  190Ô 

Alex  Foret                                 Jean  Bourg  Jean  Babinot 

Michel  Haché                            Joseph  Henry  Jean  Melanaon 

Franc.  Bourg                             Pierre  Bourg  Claude  Dugas 

Pierre  Cormier                          Alex.  Bourg,  le  jeune,  En  tout  591. 
Bapt.  Bernard 

Les  noms  qui  suivent  sont  ceux  des  personnes  qui  ont  prêté  serment  depuis  que  j'ai 
envoyé  un  duplicata  de  la  dernière  liste  : 

François  Leblanc                      Pierre  Amiraul  Jean  Bap.  Comeau 

Jacques  Léger                           Jean  Bertrand  Joseph  Comeau 

Paul  Melanson                          Jean  Tibodo  .Maurice  Comeau 

Toussaint  Blanchard                Paul  Thibodo  Alexr  Comeau 

Claude  Petre  [Pitre]                Jean  DuBois  Jean  Dugas 

Ambroise  Comeau                     Pierre  Petre  [Pitre]  Joseph  Foret 
François  Comeau 

Duplicata.  R.  PHILTPPS. 

Annapolis  Royal,  26  novembre  1730. 


APPENDICE  E.  . 

Toutes  les  pièces  qui  forment  cet  appendice  et  celles  indiquées  par  les  nos  484,  485  et 
486  à  l'appendice  F  sont  extraites  des  volumes  XXIII  et  XXIV  intitulés  :  French  Neu- 
trais,  et  des  volumes  XXI  et  XXV  intitulés  :  Court  Records.  Ces  quatre  volumes  font 
partie  des  archives  de  la  baie  du  Massachusetts  conservées  à  Boston.  C'est  là  que  M.  Ber- 
nard A.  Pâté,  Acadien  originaire  d'Arichat,  C.  B.  et  domicilié  à  Sommerville,  Mass.,  avec 
la  patience  d'un  bénédictin,  a  consacré  plusieurs  mois  à  copier  ces  pièces  d'une  si  grande 
valeur  historique.  En  1905,  M.  Pâté  vendit  au  bureau  des  archives  du  Canada  son  précieux 
recueil  dans  lequel  ont  été  puisés  les  documents  qui  forment  l'appendice  E  et  une  partie  de 
l'appendice  F.  Quant  aux  pièces  françaises  elles  ont  été  copiées  textuellement  de  l'original 
par  Mlle  Stanton.  C'est  par  inadvertance  que  dans  la  version  anglaise  de  la  Généalogie 
des  familles  acadiennes  avec  documents,  publiée  en  1906,  il  a  été  omis  de  mentionner  la 
compilation  faite  par  M.  Pâté.  Pour  réparer  cette  omission,  le  nom  de  M.  Pâté  a  été 
inséré  à  la  page  358  de  la  version  anglaise,  sous  la  rubrique  de  Massachusetts,  dans  la 
table  indiquant  la  provenance  des  documents. 


EXTRAITS  DES  ARCHIVES  DE  LA  BAIE  DU  MASSACHUSETTS. 

A  la  chambre  des  représentants,  5  novembre  1755. 

Résolu  que  MM.  Griddley,  Hooper  et  le  colonel  Otis  et  autres  que  l'honorable  Conseil 
choisira,  forment  un  comité  chargé  d'étudier  la  situation  des  Français  sur  les  transports 
qui  sont  actuellement  dans  le  port  de  Boston,  (a)  et  d'indiquer  ce  que  la  Législature 
devra  faire  à  ce  sujet. 

Soumis  à  l'approbation  du  Conseil 

T.   HUBBARD,  orat-ur. 

Au  Conseil,  le  5  novembre  1755.  Résolution  lue  et  approuvée.  Jos.  Pynchon  et 
William  Brattle  sont  choisis  pour  faire  partie  du  comité. 

J.   W ILLARD,  secrétaire. 

(a)  Ces  six  vaisseaux  avaient  essuyé  une  furieuse  tempête  après  leur  départ  du  bassin  des  Mines  et 
étaient  entrés  dans  le  port  de  Boston  pour  y  chercher  un  abri.  Leurs  noms  sont  donnés  ci -dessus  ainsi 
que  le  nombre  de  prisonniers  acadiens  qu'ils  transportaient,  etc.,  etc.  Après  qu'il  eût  été  permis  à  quel- 
ques membres  de  leur  cargaison  humaine  de  débarquer,  ces  vaisseaux  se  remirent  en  route  pour  les  endroits 
qui  leur  avaient  été  assignés. 

P.  G. 


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M.ila'l'--.  i                                       1 

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209 
1,077 

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14  jo 

En   bonne    suite,   environ  40 
ror  le  pont. 

\.  B.    Oea  vaisseaux   Boni   trop  remplis  el    les  vivres  sont  insuffisante:  savoir,  une li  œuf, 

5  liv.  de  farine  et  2  liv.  de  pain  par  personne  pour  une  semaine.    Oes  rations  ne  permettent  pas  de  1< 
<luiiv  aux  porte  qui  leursonl  atsùrnée,  surtout  à  c  ou  do  l'ami' ••:  «-u  outir  !•  mauvaise. 

A  la  Chambre  des  représantanta,  6  nov.  1755. 

Résolu  que  M.  Cooper  fass,«  partie  du  comité  chargé  d'étudier  la  situation  (J<~ 
Français  sur  les  transports  qui  sont  actuellement  dans  le  port  oîe  Boston,  à  la  place  de 
M.  Gridley  qui  désire  être  dispensé  de  cette  tâche. 

Soumis  à  l'approbation. 


Certifié 


HENRY  GIBBS,  greffier  de  la  Chambre  des  représentants. 


A  la  Chambre  des  représentants,   7  nov.  1755. 

Résolu  que  MM.  l'orateur,  Tyng,  Cooper,  Gridley  et  James  Bowdon,  écuyers,  et  autres 
que  l'honorable  Conseil  leur  adjoindra,  constituent  un  comité  chargé  (durant  la  sus- 
pension des  séances  de  la  législature)  de  placer  les  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  qui 
ont  été  ou  seront  envoyés,  de  manière  à  causer  le  moins  d'embarras  à  ce  gouvernement. 

T.   HUBBARD,  orateur. 

Au  Conseil,  7  novembre  1755. — Résolution  précédente  lue  et  approuvée.  MM. 
Small,  Watts,  Andrew  Oliver,  Joseph  Pinchow,  John  Erwin  et  William  Brattle  sont 
choisis  pour  faire  partie  du  comité. 

THOS.  CLARK,  sous-secrétaire. 
[Ratifié]         S.  PHIPS. 

Le  Comité  chargé  d'une  enquête  sur  la  condition  des  Français  neutres  à  bord  des 
transports  qui  sont  actuellement  dans  le  port  de  Boston  s'étant  acquitté  de  cette  tâche, 
croit  qu'il  est  nécessaire  d'en  débarquer  un  certain  nombre  afin  qu'il  n'en  reste  pas  plus 
que  deux  par  tonneau.  L'honorable  Benj.  Green,  écr.,  d'Halifax,  a  promis  au  comité 
de  régler  l'affaire  avec  les  capitaines  des  vaisseaux.  Nous  avons  l'honneur  de  soumettre 
ce  qui  précède, 

JOSEPH  PYNCHON,  par  ordre. 

Au  Conseil,  7  nov.  1755.     Lu  et  envoyé  à  la  Législature. 
A  la  Chambre  des  représentants,  7  nov.  1755. 
Le  rapport  est  lu  et  accepté. 
Soumis  à  l'approbation. 

T.  HUBBARD,   orateur. 
Au  Conseil,  le  7  nov.  1755.     Lu  et  approuvé. 

THOS.  CLARK,  sous-secrétaire. 
Ratifié. 

S.   PHIPS. 

18-411 


140  IRCHH  />   (    i  \  \h//\ 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1900 


A  la  Chambre  dea  représentants,  11  décembre  L755. 

Résolu  que  MM.  Gridley,  James  Kussell,  Tyng  et  Wilder  et  autres  que  l'honorable 
Conseil  leur  adjoindra,  constituent  un  comité  pour  considérer  le  cas  des  habitants  fran- 
çais de  la  Nouvel  le-  Ecosse  qui  ont  été  envoyés  dernièrement  dans  cette  province  par  le 
gouverneur  Lawrence  et  préparer  un  rapport. 

Soumis  à  l'approbation. 

T.   HUBBARD,  orateur. 

Au  Conseil,  12  décembre  1755.  Lu  et  approuvé.  Samuel  Watts,  Andrew  Oliver, 
John  Erwin  et  William  Brattle  sont  choisis  pour  faire  partie  du  comité. 

J.  W ILLARD,  secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  16  décembre  17~>."j. 

Résolu  que  le  lieutenant-gouverneur  soit  requis  d'écrire  au  gouverneur  Lawrence 
pour  l'informer  que  ce  gouvernement  a  admis  les  habitants  français  de  la  Nouvelle- 
Ecosse  qu'il  a  envoyés  ici,  mais  que  ce  gouvernement  compte  qu'il  sera  remboursé  des 
dépenses  que  lui  ont  occasionnées  et  lui  ^occasionneront  à  l'avenir  ces  déportés,  et  lui 
apprendre  que  si  d'autres  habitants  sont  envoyés  ici  dorénavant,  ils  ne  seront  pas 
admis  dans  ce  gouvernement  sans  la  promesse  formelle  du  gouverneur  de  la  Nouvelle 
Ecosse  d'indemniser  cette  province  de  toutes  les  dépenses  qui  en  résulteront. 

Soumis  à  l'approbation. 

T.   HUBBARD,  secrétaire. 

Au  Conseil,  16  décembre  1755.  La  résolution  précédente  est  lue  et  approuvée  telle 
que  rédigée  ci-après. 

Soumise  à  l'approbation  de  la  Chambre. 

THOS.   CLARKE,  sous-secrétaire. 

Résolu  que  le  lieutenant-gouverneur  écrive  au  gouverneur  Lawrence  pour  l'informer 
qu'il  devra  se  charger  de  l'entretien  des  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  qu'il  donnera 
ordre  d'envoyer  dans  cette  province. 

Au  Conseil,  16  décembre  1755.  Résolu  que  Son  Honneur  le  lieutenant-gouverneur 
soit  autorisé  d'écrire  à  Son  Excellence  le  gouverneur  Lawrence  pour  l'informer  que  ce 
gouvernement  a  admis  dans  cette  province  un  certain  nombre  d'habitants  de  la 
Nouvelle-Ecosse,  (envoyés  ici  par  son  ordre)  et  qui  sont  arrivés  ici  à  une  époque  de 
la  saison  qui  ne  leur  permet  pas  de  pourvoir  à  leurs  besoins,  et  lui  apprendre  en  même 
temps  que  ce  gouvernement  les  a  admis  avec  l'intention  de  se  faire  rembourser  les  dépen- 
ses qu'ils  occasionneront,  et  que  pour  cette  raison  Son  Excellence  doit  donner  les  instruc- 
tions nécessaires  pour  défrayer  tou>  les  fran  dont  ils  seront  l'objet.  Son  Excellence 
devra  aussi  être  informée  que  si  d'autres  habitants  doivent  être  envoyés  ici,  des  instruc 
tions  analogues  devront  être  données  à  leur  égard. 

A  la  Chambre  des  représentants,  17  décembre  1755.      Lu  et  appromV. 

T.    HUBBARD.  orateur. 

Dans  la  vingt-neuvième  année  du  règne  de  George  IL 

Loi  à  l'effet  de  pourvoir  aux  besoins  des  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  déportés 
par  le  gouvernement  de  cet  endroit,  et  qui  sont  arrivés  récemment  dans   cette  province. 

Attendu  que  plusieurs  habitants  et  plusieurs  familles  de  la  Nouvelle-Ecosse  ont  été 
envoyés  dans  cette  province,  par  ordre  du  gouverneur  et  du  Conseil  de  cet  endroit,  et 
qu'à  leur  arrivée  nous  leur  avons  permis  de  débarquer,  afin  de  leur  épargner  des  souf- 
frances; et  qu'en  conséquence  un  comité  nommé  par  la  Chambre  haute  et  la  Législature 
de  cette  province  a  été  chargé  d'en  disposer  de  manière  à  causer  le  moins  d'embarras  à 
ce  gouvernement,  et  que  ce  comité  les  a  distribués  dans  plusieurs  bourgs  de  cette  pro- 
vince où  il  fut  trouvé  nécessaire  d'en  prendre  soin,  parce  qu'il  était  impossible  à  plusieurs 
de  ces  déportés  de  pourvoir  à  leurs  propres  besoins  :  — 


i.i  \  i   1/  ni,//    m        {(   [DU  \  ■      iVEO  DOOl  Ml  s  \  IN 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Ili",i  par  conséquent    déoréfc   par  le  lieutenant  srneur,  le  G 

bre  dei  représentante,  que  les  cours  g<  m'nilr   <i-  n    <!<•  1.1  p.n 

comté,   les  administrateurs  de  la  taxe  dei  pauvre    ou  ceux   qu  ni   choi  ii  dan 

différents  bourgs  pour  prendre  loin  de    dit  -  habitants  ou  Camille   -i"1 
tel  que  susdit,  soient  requis  el  autorisés  d'employer,  de  mettn  en    ei  ppoi 

ter  les  dits  habitants,  de  la  même  manière  qu  il  le  ferait  à  l'égard  de    hal 
provinoe  si  la  loi  leur  en  conférait  l'autorité. 

Il  est  aussi  décrété  que  dans  le   bourg    où  le    dép 
susdit.,  ceux  qui  seront  chargés  d'ec  prendre  soin,  ou  les  administrât 
pauvres,  doivent  jusqu'au  10  avril  prochain  tenir  un  compte  exact    des  dépen  e     w 
Baires  et  inévitables  encourues  pour  leur  entretien.     Cei  étal  de  compte  d< 
mis  au  bureau  du  secrétaire  qui,  après  l'avoir  soldé,  B'en    ervirs  pour  établit  le  montant 
déboursé  par  ce  gouvernement  en  aidant  et  secourant  l;i  province  de  la  Nbuvi  lie  E 

Au  Conseil,  20  décembre  1755.  Lue  une  première  et  deuxième  fois  adoptée  à  la 
troisième  lecture  et  envoyé  pour  en  faire  exécuter  la  grosse. 

Soumise  à  l'approbation  de  la  Chambre, 

ÏHOS.  CLARKE,   wu 

À  la  Chambre  des  représentants,  22  décembre  1755.  Lue  une  première  et  deuxième 
fois.      Décembre  le  23,  lue  une  troisième  fois  et  approuvée. 

T.  HUBBARD,  orateur. 

A  la  Chambre  des  représentants,  27  décembre  1755. 

Attendu  qu'un  grand  nombre  d'habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  sont  arrivés  ici  le 
26  courant,  après  avoir  été  déportés  par  le  gouverneur  en  Conseil  pour  assurer  la  sécu- 
rité de  la  province,  et  qu'aucune  mesure  n'ayant  été  prise  en  vue  de  pourvoir  à  leurs 
besoins,  ils  sont  exposés  à  souffrir  durant  cette  saison  rigoureuse  si  la  Législature  ne 
vient  à  leur  secours  : — 

Il  est  ordonné  que  MM.  James  Russell,  Cooper  et  Hall  et  autres  que  l'honorable 
Conseil  voudra  leur  adjoindre,  constituent  un  comité  chargé  de  pourvoir  aux  besoins  des 
habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse,  jusqu'à  ce  que  nous  ayons  reçu  des  instructions  et  des 
ordres  du  gouveurneur  Lawrence  à  leur  égard,  ou  jusqu'à  ce  que  nous  ayons  l'occasion  de 
soumettre  le  cas  à  Son  Excellence  le  général  Shirley,  commandant  en  chef  des  forces  de 
Sa  Majesté  dans  l'Amérique  du  Nord,  et  que  nous  ayons  reçu  les  instructions  de  ce 
dernier  à  ce  sujet.  En  attendant,  le  comité  devra  les  distribuer  dans  les  bourgs  de 
cette  province  où  ils  causeront  le  moins  d'embarras,  et  les  administrateurs  de  la  taxe 
des  pauvres  dans  les  bourgs  où  ces  habitants  devront  être  envoyés  ou  ceux  qui  auront 
été  choisis  pour  en  prendre  soin,  sont  requis  et  autorisés  par  les  présentes  de  les  recueillir 
et  de  les  employer,  ou  de  les  supporter  de  manière  à  encourir  le  moins  de  dépenses 
possible.  Les  dits  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  ainsi  recueillis  et  entretenus  dans  les 
bourgs  n'en  seront  pas  par  le  fait  considérés  comme  habitants  de  l'endroit,  la  Législature 
comptant  que  des  mesures  seront  prises  à  leur  égard  par  lesquelles  ils  n'occasionneront 
pas  de  dépenses  à  ce  gouvernement. 

Soumis  à  l'approbation 

T.  HUBBARD,  orateur. 
Au  Conseil,  27  décembre  1755.     Lu   et  approuvé.     Samuel   Wsjtts  et  William  Brattle 

sont  nommés  pour  faire  partie  du  comité  ci-dessus. 

THOS.   CLARKE,  sous-secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  27  décembre  1755. 
Ordonné  que  James  Bowdoin,  écr.,  MM.  Tyng,  Trowbridge,  colonel  Cotton  et  le 
capitaine  Tivermore  et  autres  que  l'honorable  Conseil  voudra  leur  adjoindre,  constituent 
un  comité  pour  considérer  la  condition  des  derniers  habitants  français  de  la  Nouvelle- 
Ecosse  qui  sont  arrivés  ici  et  préparer  un  rapport  au  sujet  des  mesures  qui  doivent  être 
prises  à  leur  égard. 

Soumis  à  l'approbation.  T.   HUBBARD,  orateur. 

Au  Conseil,  27  décembre  1755.  Lu  et  approuvé.    Le  colonel  Cushing.  MM.  Watts, 
Danforth  et  Oliver  sont  choisis  pour  faire  partie  du  comité. 

THOS.  CLARK,  sous-secrétaire. 


142  l  /.'<7//i  />   c  \\  \h  h.  \  \  ES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1900 

A  la  Chambre  des  représentants,  l'i  janvier  17ôi). 

<  ordonné  que  le  «..mit.-  nommé  le  27  décembre  dernier  pour  pourvoir  à  la  subsistance 
des  habitants  français  de  la  Nouvelle- Ecosse  envoyas  i « •  i  par  le  gouverneur  Lawrence, 

soit  requis  <!■■  B  occuper  de  leur  placeimiit  jusqu'à  nouvel  ordre  de  la  législature,  et  que 
le  dit  comité  fasse  rapport  des  dispositions  qu'il  a  prises  jusqu'aujourd'hui  à  l'égard  des 
dits  habitants. 

Soumis  à  l'approbation. 

T.   HUBBARD,  orateur. 
Au  Conseil,  16  janvier  1756.     Lu  et  approu\ 
Approuvé, 

S.  PHIPS. 

Retranchez  [jusqu'à  nouvel  ordre  de  cette  législature,  et  insérez]  jusqu'à  réception  des 
ordres  du  gouverneur  Lawrence  à  leur  égard,  ou  jusqu'à  ce  que  la  situation  ait  été  soumise 
à  Son  Excellence  le  général  Shirley  eUque  nous  ayons  reçu  ses  instructions. 

Résolution  pour  ordonner  aux  conseillers  et  aux  administrateurs  de  la  taxe  des 
pauvres  de  suspendre  le  placement  des  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  en  service. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  22  janvier  1756. 

Ordonné  que  les  administrateurs  de  la  taxe  des  pauvres  et  les  conseillers  des 
différents  bourgs  dans  lesquels  des  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  déportés  dans  cette 
province  par  le  gouverneur  Lawrence,  ont  été  envoyés  par  un  comité  nommé  par  cette 
Législature,  soient  requis  de  suspendre  le  placement  des  dits  habitants  en  service,  en 
vertu  de  l'autorité  qui  leur  fut  conférée  par  un  acte  de  cette  législature  intitulé  :  Un 
acte  à  l'effet  de  pourvoir  à  la  subsistance  des  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse,  jusqu'à 
nouvel  ordre  de  cette  législature. 
Soumis  à  l'approbation. 

T.  HUBBARD,  orateur. 
Au  Conseil,  22  janvier  1756.      Lu  et  approuvé. 

THOS.  CLARKE,  sous-secrétaire. 
Au  Conseil,  23  janvier  1756.     Lu  et  reconsidéré,  puis  rejeté. 

THOS.  CLARK,  sous-secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  23  janvier  1756. 

Attendu  que  pour  sauvegarder  les  intérêts  de  la  Nouvelle-Ecosse,  le  gouverneur 
Lawrence  a  envoyé  ici  un  nombre  considérable  d'habitants  de  cette  province,  qui  sont 
arrivés  depuis  le  27  décembre  dernier,  et  qu'aucune  mesure  n'ayant  été  prise  au  sujet  de 
leur  subsistance,  ils  sont  exposés  à  souffrir  durant  le  présent  hiver,  si  cette  Législature 
ne  vient  à  leur  secours  : 

Il  est  ordonné  que  le  comité  nommé  par  cette  Législature  le  27  décembre  dernier, 
s'occupe  de  l'entretien  des  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  qui  sont  arrivés  ici- depuis 
le  27  décembre  dernier,  jusqu'à  réception  des  instructions  et  des  ordres  du  gouverneur 
Lawrence  à  leur  égard,  ou  jusqu'à  ce  que  le  cas  ait  été  soumis  à  Son  Excellence  le  major 
général  Shirley,  commendarit  en  chef  des  forces  de  Sa  Majesté  dans  l'Amérique  du  Nord, 
et  que  nous  ayons  reçu  ses  instructions  à  l'égard  des  dits  habitants.  Dans  l'intervalle, 
il  est  laissé  à  la  discrétion  du  comité  de  les  distribuer  dans  les  bourgs  de  cette  province 
où  ils  causeront  le  moins  d'embarras  au  public  et  le  moins  de  dépenses,  prenant  en 
considération  le  montant  de  la  taxe  des  pauvres  perçu  dans  ces  bourgs  ainsi  que 
le  nombre  d'habitants  qui  y  sont  envoyés  A — Les  administrateurs  de  la  taxe  des 
pauvres  des  bourgs  dans  lesquels  les  dits  habitants  seront  distribués,  sont  par  les  pré 
sentes  autorisés  et  requis  de  les  recueillir,  de  les  employer  et  de  les  assister  de  manière 
à  encourir  le  moins  de  dépenses  ;  et  les  dits  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  ainsi 
receuillis  et  entretenus  dans  un  bourg  ne  seront  pas  considérés  par  ce  fait  comme 
habitants  de  ce  bourg  et  ne  seront  pas  non  plus   entretenus  aux  frais  de  celui-ci,  mais 

A — A  insérer  : — et  le  nombre  de  ceux  qui  y  ont  été  envoyés  antérieurement. 


(il  \  /   i/  mm    m       \<   \i>ii  \       mm    t)(H  i  \i i  \  i 

DOC.   l'I     I  A     .LSSION   No    18 

oonsidérés   comme  étant  <<   chargea  la  province  B  / 

entretien    m  géraient  pas  rembow        pa\    la    •  >n,-,,,iii<  >>n  /■  gouvernement  de  la  elle 

Eoosss.     Cette   Législature  comptant  que  <l<-     mesun       eronl    prise    k  leui  égard  pi 
exempter  <■<■  gouvernement  «!<•  toute   dépen  ies,  et  le    m  |"  i  teui    de    |  auvn  .  -i'     ;  oi 
où  ces  habitants  ont  été  ou  seront   envoyée,  on    vertu  d<     \>n  •  m.-   <t  <!••  I  uniic  d<<  i.i 
Législature  susmentionné,  devront  jusqu'au  10  avril  prochain  tenir  cm  oompt 
dépenses  nécessaires  et  inévitables  qu'ils  ont  faite    ou  qu'il    Feront      I  st  état  décompte 
devra  être  transmis  au  bureau  du  secrétaire  qui  après   l'avoir  soldé  rur 

établir  les  sommes  avancées  de  temps  k  antres  par  ■• tvernement  poui  aidet  et 

courir  la  province  de  la  Nouvelle  Eco 
Soumis  A  L'approbat  ion, 

T.   Il  [JBBARD,  orateur. 

Au  Conseil,  23  janvier  1756.     Lu  et  approuvé  avec  les  amendements  A  et  lî 

THOS.  CLARK,  étaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  24  janvier  1756.     Lu.    Amendement  A  approu 
amendement  I»  rejeté. 

Soumis  à  l'approbation. 

T.   HUBBARD,  orateur. 

Au  Conseil,  le  24  janvier  1756.     Lu  et  approuvé. 

THOS.  CLARK,  a  étaire. 

Ratifié, 

S.  PHIPS. 

Dans  la  vingt-neuvième  année  du  règne  de  George  II. 

Loi  additionnelle  à  une  loi  passée  durant  la  présente  année  du  règne  de  Sa  Majesté, 
intitulée  :  Loi  à  l'effet  de  pourvoir  aux  besoins  des  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse 
déportés  par  le  gouvernement  de  cette  province  et  qui  sont  arrivés  récemment  dans 
cette  province. 

Attendu  que  depuis  la  promulgation  d'une  loi  au  cours  de  la  présente  année  du 
règne  de  Sa  Majesté  a  l'effet  de  pourvoir  à  la  subsistance  des  habitants  de  la  Nouvelle- 
Ecosse  déportés  par  le  gouvernement  de  cette  province  et  qui  sont  arrivés  ici  dernière- 
ment, d'autres  habitants  de  la  dite  province  ont  été  également  déportés  et  sont 
arrivés  dans  les  limites  de  ce  gouvernement  et  qu'aucune  mesure  légale  n'a  été  prise  en 
vue  de  régulariser  la  situation  de  ces  gens  et  île  leur  venir  en  aide,  et  qu'en  outre  la 
première  loi  a  été  trouvée  insuffisante  : — 

Il  est  décrété  par  le  gouverneur,  le  Conseil  et  la  Chambre  des  représentants,  que 
les  cours  de  comté,  les  juges  de  paix  de  comté, -les  administrateurs  de  la  taxe  des 
pauvres  et. ceux  qui  seront  désignés  pour  prendre  soin  des  déportés  dans  les  bourgs  où  les 
dits  habitants  ont  été  ou  seront  envoyés  en  vertu  d'une  résolution  ou  par  ordre  de  la  Légis- 
lature, sont  autorisés  par  les  présentes  et  requis  d'employer,  de  mettre  en  service  les 
dits  habitants  ou  de  prendre  les  mesures  nécessaires  pour  pourvoir  à  leur  subsistance  de 
la  même  manière  qu'ils  le  feraient  à  l'égard  des  habitants  d'une  ou  des  villes  de  cette 
province  si  la  loi  leur  en  conférait  l'autorité  dans  les  mêmes  circonstances. 

Il  est  de  plus  décrété  que  les  administrateurs  de  la  taxe  des  pauvres  et  ceux  qui 
ont  été  ou  seront  nommés  pour  prendre  soin  des  déportés  dans  les  bourgs  où  les  dits 
habitants  ont  été  ou  seront  envoyés,  tel  que  susdit,  soient  et  sont  autorisés  par  les  pré- 
sentes et  requis  de  leur  procurer  des  instruments  aratoires  et  ce  qui  est  nécessaire  pour 
tisser  ou  filer  ou  pour  d'autres  travaux  manuels  selon  les  capacités  et  les  aptitudes 
de  ces  dits  habitants,  pour  un  montant  n'excédant  pas  quarante  shellings  par  personne, 
de  fournir  une  maison  aux  familles  dont  le  chef  entreprendra  de  gagner  la  subsistance  et 
de  secourir  et  supporter  tous  ceux  qui  sont  incapables  de  pourvoir  à  leurs  propres  besoins. 

Les  administrateurs  de  la  taxe  des    pauvres,   etc.,  devront  tenir  un  compte  exact 

jusqu'au  premier  juin  prochain  et  jusqu'au  premier  jour  de  chaque  année  subséquente. 

> . — , — — 

B.  A  retrancher. 


144  A/:' lin  /■>  (   1  VADIE  \.\/-> 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


aussi  Longtemps  que  cette  loi  Bera  en  vigueur,  des  dépenses  encourues  par  1  application 
des  'lites  lois.     Cet  état  de  compte  devra  être  transmis  de  temps  à  autre  au  bureau  du 

taire  chargé  de  le  présenter  au  gouverneur  en  Conseil  qui  en  autorisera  le  paiement. 
Le  dit  état  de  compte  servira  à  établir  les  sommes  déboursées  par  ce  gouvernement  pour 
les  lins  ci-dessus. 

Il  est  en  outre  décrété  que  dans  les  bourgs  où  des  administrateurs  de  la  taxe  des 
pauvres  ont  été  nommés,  il  sera  du  devoir  et  dans  les  attributions  de  ces  derniers  de 
prendre  soin  des  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  qui  y  ont  été  envoyés  et  d-  pourvoir  à 
leur  subsistance  ;  et  que  dans  les  endroits  où  de  tels  inspecteurs  n'auront  pas  été  nommés, 

onseillers  devront  se  charger  de  ce  soin. 

Cette  loi  ne  sera  en  vigueur  que  jusqu'au  20  juin  de  l'an  de  grâce  1757. 

Au  Conseil,  le  1er  mars  1756.     Lue  une  première  et  deuxième  fois,  puis  adoptée 
envoyée  pour  en  faire  exécuter  la  grosse. 

Soumise  à  la  chambre. 

THOMAS  CLARK, 

sous-secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  1er  mars  1756. 
Approuvée  après  la  3me  lecture  et  envoyée  pour  en  faire  exécuter  la  grosse. 

T.  HUBBARD,  orateur. 


Dans  la  vingt-neuvième  année  du  règne  de  George  IL 

Loi  pour  exempter  les  bourgs  de  la  responsabilité  des  dépenses  encourues  à  l'égard 
des  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  envoyés  dans  cette  province. 

Attendu  que  plusieurs  bourgs  ou  districts  ont  été  forcés  de  recueillir  les  habitants 
de  la  Nouvelle-Ecosse  qui  ont  été  envoyés  et  sont  arrivés  ici,  et  qu'il  est  possible  qu'à 
l'avenir  quelques-uns  de  ces  habitants  se  trouvent  dans  l'impossibilité  de  pourvoir  à 
leurs  propres  besoins,  soit  par  la  maladie  ou  autres  causes  et  qu'il  devienne  nécessaire 
de  les  secourir. 

Il  est  décrété  par  le  gouverneur  en  Conseil  et  la  Chambre  des  représentants  que 
toutes  les  fois  qu'il  sera  nécessaire  de  venir  en  aide  à  des  habitants  de  la  Nouvelle- 
Ecosse  incapables  par  la  maladie  ou  autre  cause  de  pourvoir  à  leurs  propres  besoins,  les 
bourgs  ou  districts  dans  lesquels  se  trouveront  les  dits  habitants  ne  seront  pas  tenus 
responsables  des  dépenses  encourues  à  cette  fin,  lesquelles  seront  ajoutées  aux  charges 
de  la  province  ;  et  que  'par  la  suite,  si  aucune  mesure  n'a  été  prise  et  rien  n'a  été  fait 
à  cette  fin,  les  dits  habitants,  chaque  fois  qu'il  y  en  aura  dans  l'incapacité  de  pour- 
voir à  leurs  propres  besoins,  seront  assistés  et  secourus  de  la  même  manière  que  la 
loi  prescrit  d'aider  et  de  secourir  les  personnes  malades  et  indigentes  qui  ne  sont  pas 
des  habitants  de  ces  bourgs  ou  districts  ;  et  les  frais  encourus  à  cette  fin  devront  être 
payés  par  le  trésor  de  la  province. 

Au  Conseil,  1er  mars  1756,  Lue  une  première  et  une  deuxième  fois  puis  adoptée 
et  envoyée  pour  en  faire  exécuter  la  grosse. 

Soumise  à  la  Chambre. 

THOS.   CLARKE,  sous-secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  1er  mars  1756. 
Lue  une  1ère,  2ième  et  oième  fois  et  approuvée. 

T.   HUBBARD,  orateur. 


i,i  \i  IL0QI1    m       U   i/'//  \.     il/'    DOOÏ  \n  v> 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

RÉSOLUTION    \   L'EFFET  DE  SOUMETTRE  a  r  COMITÉ  L'EXAMEN    m 
COMPTES    \   L'ÉGARD  DES  DÉPENSES  ENCOU RI  E     POl  H 
LES    HABITANTS    FRANÇAIS    DE    LA    NOl 
\  r.u.i:  i  COSSE. 

R&olu  que  les  réclamations  des  aubergistes  el  d'autres  pei  onne     qui  ont  | 
le    prisonniers  français  sur  leur  parcours  d'Albanj      Boston,  soien!  mit. 

iKiiiinii''  pour  examiner  les  rëolamal  ions  des  soldats  revenus  de  l'an 
approuvés  par  le  comité*  Boienf  payés  par  le  trésor  public 
Soumise  ••»  l'approbal  ion. 


Au  Conseil,  Le 6  mars  1756.     Lue  et  approuvée, 
Ratifiée. 


T.    HUBBARD    orai 

.1     Wl  LLA  K  D,  eecn  • 
W.  SHIRLEY. 


Loi  pour  empêcher  Les  habitante  de  La  Nouvelle  Ecosse  qui  vont  de  bourg  en   bourg  e< 
ceux  qui  sont  employés  à  faire  la  pèche  ou  sur  des  cabotiers,  de  causer  des  embs 
au  gouvernement. 

Dans  la  vingt-neuvième  année  du  règne  de  George  11, 

Attendu  que  les  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse,  par  suite  de  la  liberté  qui  leur  a 
été  accordée  et  du  privilège  de  les  employer  aux  pêcheries  et  sur  les  cabotiers,  peuvent 
causer  des  ennuis  et  des  embarras  au  gouvernement  : — 

Il  est  décrété  par  le  gouverneur  en  Conseil  et  la  Chambre  des  représentants  qu'à 
partir  du  1er  mai  1757,  tous  les  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  ne  devront  pas  sortir 
des  limites  du  bourg  dans  lequel  ce  gouvernement  les  a  placés,  sans  une  permission 
signée  par  au  moins  un  des  conseillers  du  bourg  chargé  d'en  prendre  soin,  ou  par  celui 
qui  les  aura  pris  à  son  service  ;  et  toutes  les  fois  que  les  dits  habitants,  tel  que  susmen- 
tionné, seront  trouvés  en  dehors  des  limites  de  leur  bourg  respectif,  celui,  celle  ou  ceux 
qui  auront  enfreint*  cette  loi  pourront  être  traduits  devant  un  juge  de  paix  de  Sa  Majesté 
qui,  sur  preuve  de  la  contravention,  maintiendra  le  ou  les  coupables  en  état  d'arrestation, 
jusqu'à  ce  qu'ils  soient  renvoyés  à  l'endroit  qui  leur  aura  été  assigné,  et  les  frais  de  l'arres- 
tation et  du  renvoi  du  coupable  dans  son  bourg  seront  ajoutés  aux  autres  dépenses 
encourues  par  la  province  au  sujet  des  dits  habitants,  par  les  conseillers  qui  avaient 
charge  du  coupable.  Et  toutes  les  fois  que  les  dits  habitants  se  rendront  coupables  d'une 
deuxième  contravention  de  ce  genre,  celui,  celle  ou  ceux  qui  seront  coupables  seront  pas- 
sibles d'une  amende  n'excédant  pas  dix  schelings  ou  de  recevoir  publiquement  un  nom- 
bre de  coups  de  fouet  n'excédant  pas  dix  ;  en  outre,  le  juge  de  paix  devra,  s'il  le  juge  à 
propos,  condamner  chaque  fois,  tel  que  décrété  ci-dessus,  celui,  celle  ou  ceux  qui  seront 
trouvés  coupables  d'avoir  transgressé  cette  loi.  Tous  les  constables  et  autres  officiers  du 
gouvernement  sont  par  les  présentes  requis,  autorisés  et  munis  du  pouvoir  d'arrêter  telles 
personnes  et  de  les  empêcher  de  parcourir  la  contrée  en  les  traduisant  devant  un  juge 
de  paix  de  l'endroit  où  ces  personnes  seront  trouvées  en  contravention  à  la  présente  loi. 

Il  est  de  plus  décrété  qu'aucune  personne  ne  pourra  transporter  aucun  des  habi- 
tants de  la  Nouvelle-Ecosse  à  bord  des  vaisseaux  de  pêche  ou  des  cabotiers,  et  que  toute 
personne  trouvée  coupable  de  cette  offense  sera  passible  d'une  amende  de  dix  livres,  dont 
la  moitié  ira  au  trésor  de  la  province  et  l'autre  moitié  à  celui  ou  ceux  qui  auront  porté 
plainte  et  intenté  la  poursuite  ;  laquelle  somme  pourra  être  réclamée  dans  les  cours  de  Sa 
Majesté  ayant  juridiction  dans  ces  cas. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  15  avril.     Lue  une  1ère  et  2ème  fois. 

Le  avril,   lue  une  3ième  fois  et  envoyée  pour  en  faire  exécuter  la  grosse. 

Soumise  à  l'approbation. 

T.   HUBBARD,  orateur. 

Au  Conseil,  le  20  avril  1756.     Lue. 


146  i /.*<■//  /i  />   (   i  \  \!>ll.  \  \  i  - 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

[  Tiré  de  Vorigi nal '. 

A  Son  Excellence  le  Gouverneur  General  <!<■  la   province  de   Massachusetts  Bay  de  la 

nouvell  Angleterre  et  au  honorable  Gentilhomes  du  Consseil»-. 
Nous  avons  pris  la  liberté  de  Vous  présente  cette  Requeste,  Comme  nous  Somme 
En  Chagrin  par  llaport  a  Nos  Enfans.  La  perte  que  nous  a  Voii-^  Souffris  de  nos  habi- 
tations et  amené  icy,  et  nos  Séparations  Les  zun  des  autres  n'est  Rien  a  Comparé  a  Cell 
que  nous  trouv  [ons]  a  présent,  que  de  prendre  Nos  Enfans  par  force  devant  nos1  yeux, 
La  Nature  inesme»  ne  peut  Souffrir  cela.  Si  il  Estaite  en  nostre  pouvoire  davoir  nostre 
chois.  Nous  Choisirions  plustot  de  Rendre  nos  Corps  et  nos  âmes  que  destre  Séparé 
deux.  Cest  pour  quoy  nous  Vous  prions  en  grâce  et  Vos  honours  que  Vous  ayé,  La 
bonté  dapaiser  Cette  Crueltée,  nous  ne  Ruffussons  au  Cunement  de  travallier  pour 
lentretien  de  nos  Enfans,  moyainent,  que  Si  Cestoit  Sufsent  [suffisant]  pour  nos  familles. 
Vous  priant  en  grâce  que  davoir  La  bonté  davoir  Egart  a  nostre  Requeste  ainsy  faisent 
Vous  obligeray 

Vostre  très  humble  et  très  Obéissent  Serviteurs 

a  Chelmsford  JEAN  LENDRY. 
a  Oxford  CLAUDE  BENNOIS. 
a  Concord  CLAUDE  LeBLANC. 

charle  daigue  [daigle.j 
pier  Leblanc. 

aWorcester  AUGUSTIN  [Le]  BLANC, 
a  Andover  JAQUE  EBERT  [HÉBERT.] 

JOSEPH   VINCENT. 
a  Waltham  ANTOINE  EBERT    [HÉBERT.] 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  13  avril  1756. 

Pétition  précédente  lue.  Ordonné  que  MM.  Giidley  et  Tyug  et  autres  que  l'hono- 
rable Conseil  voudra  bien  leur  adjoindre  constituent  un  comité  pour  examiner  cette 
requête  et  indiquer  ce  que  cette  Législature  devra  faire  à  ce  sujet. 

Soumis  à  l'approbation. 

Certifié  :  HENRY  GÏBBS,  greffier  de  la  Chambre  des  représentants. 

Au  Conseil,  le  13  avril  1756.  Lu  et  approuvé.  John  Cushing,  écr.,  est  nommé 
pour  faire  partie  du  comité. 

J.  W ILLARD,  secrétaire. 
Le  comité  chargé  d'examiner  la  pétition  de  quelques-uns  des  habitants  de  la  Nou- 
velle-Ecosse envoyés  ici  dernièrement,  s'étant  acquitté  de  cette  tâche,  propose  humble- 
ment de  recommander  aux  conseillers  des  bourgs  dans  lesquels  résident 
ces  habitants  ou  aux  administrateurs  de  la  taxe  des  pauvres,  de  cesser  pour  le  présent 
de  les  mettre  en  service,  de  leur  fournir  une  maison  pour  chaque  famille,  afin  que  ces 
familles  puissent  vivre  ensemble  si  elles  le  désirent,  et  cela  jusqu'à  nouvel  ordre;  de  pro- 
curer du  travail,  à  un  prix  raisonnable,  à  ceux  qui  sont  capables  de  supporter  leur 
famille  et  de  leur  fournir,  outre  les  choses  nécessaires  qui  leur  sont  déjà  distribuées  par 
les  conseillers  ou  les  administrateurs  de  la  taxe  des  pauvres,  certains  articles  avec  les- 
quels ils  sont  aptes  à  se  confectionner  des  vêtements,  etc.  Si  quelques-uns  doivent  être 
mis  en  apprentissage,  il  faudra  au  préalable  en  obtenir  le  consentement  de  deux  juges 
de  paix  du  comté,  et  tous  devront  être  traités  avec  bonté  et  humanité. 

Le  tout  humblement  soumis 

Par  JNO.  CUSHING  par  ordre. 
Au  Conseil,  le  15  avril  1756.     Lu  et  approuvé  et  il  est  recommandé  aux  conseillers 
et  aux  administrateurs  de  la  taxe  des  pauvres  des  bourgs  di  s'y  conformer. 
Soumis  à  l'approbation. 

J.  WILLARD,   secrétaire. 
A  la  Chambre  des    représentants,  le  17  avril  1756. 
Lu  et  rejeté. 

T.  HUBBARD,  orateur. 


i.l  \  I    I  /  n,,n     m        [CAlilKS        il/'     /""  '   i// 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

/><!,)<  /ii  trentième  anuA  du  règne  dé  (itorg*.  Il 

Loi  ivl.'it ive  au k  habitant    de  la  N ouvollo  Ëi  brai 

«et te  province. 

Il  (>>(  décrété  par  li ivorneur,  le  Conseil  el  la  Chambre  de    repi 

anoiena  habitants  français  de  la  Nouvelle  l  on!  ii"  more  pi 

ohain,  en  dehors  des  lim>tes"des  bourgs  ou  d  re  pectifs, 

ture  leur  a  ordonné  de  demeurer,  an   unepermi    ion    ignée  par  au  moin  i 

des  «lits  bourgs  ou  distriots,  les  «lit  -  habitant    pour  la  première oontrt  entioo  dont  ili  on 

elles  seront  trouvés  coupables  devant  un  juge  de  paix,  seront  tni    au  bloc  pour  un  e  | 

temps  n'excédant  pas  trois  heures,  et  pour  la  deuxième  contravention  re 

misa  mu  un  nombre  de  coups  de  fouet  n'excédant  pasdii  mt  renv<  du 

juge  de  paix  à  l'endroit  qui  leur  a  él  pié.     Et  que  toute  peraoni  toi 

chacun  des  habitants  français  qui  ne  Bera  pas  muni  d'une,  permission  ou  d'un  ■  >rt, 

tel  que  susmentionné  ;  les  fiais  de  l'arrestation,  du  procès,  de  la  punit  ion  et  du  renvoi  du 

coupable  dans  sa  localité  devant   lui  être  chai  il  est  en  état  de  r,  sinon  le 

bourg  ou  distriot  du  délinquant  en  Bera  tenu  responsable. 

11  est  de  plus  décrété  que  si  la  permission   ou  le  passeport   délivré  par  1»  .lier- 

ou  les  administrateurs  de  la  taxe  des  pauvres,  leur  accorde  plus  de  six  jours,  ou  si  le  tem 
qui  leur  a  été  accordé  est  expiré,  l'habitant  français  dans  les  deux  <  -ihled  une 

punition  infligée  de  la  même  manier»!  (jue  s'il  n'avait  pas  de  permission. 
Cette  loi  ne  sera  en  vigueur  que  jusqu'au  25  septembre  17 

A  la  Chambre  des  représentants,  lue  une  première  fois  le  27  ;  lue  une  2ième.  et 
3ième  fois  le  28  ;  puis  approuvée  et  envoyée  pour  en  faire  exécuter  la  grosse. 

Soumise  à  l'approbation, 

T.  HUBBARD,  orateur. 
Au  Conseil,  le  28  août  1756.     Lue   une  1ère  fois.     Le  30  août  1756,  lue  une  2ième 
fois  ;  puis  approuvée  et  envoyée  pour  en  faire  exécuter  la  grosse. 

Soumise  à  la  Chambre. 

THOS.  CLARK,  80 us- secrétaire. 
Messieurs  de  la  Chambre  des  représentants, 

Je  vous  transmets  la  traduction  d'une  pétition  qui  m'a  été  présentée  par  les  Aca- 
diens  appelés  Français  neutres,  qui  résident  actuellement  à  Boston. 

La  situation  de  ces  gens  est  vraiment  déplorable.  Aucun  d'eux  n'a  eu  la  variole 
et  tous  comptent  sur  leurs  travaux  quotidiens  pour  gagner  leur  pain.  S'il  ne  leur  est  pas 
permis  d'aller  à  travers  la  ville  y  chercher  du  travail,  ils  doivent  donc  mourir  de  faim  ; 
et  s'il  leur  est  permis  de  circuler,  ils  contracteront  la  maladie.  Comme  ils  sont  entassés 
dans  des  appartements  étroits  et  qu'ils  manquent  des  choses  nécessaires  à  la  vie,  il  faut 
les  protéger  contre  le  danger  de  périr.  Je  me  suis  entretenu  avec  les  conseillers,  et  ceux- 
ci  après  avoir  consulté  les  administrateurs  de  la  taxe  des  pauvres,  croient  qu'ils  n'ont 
pas  l'autorité  requise  pour  venir  au  secours  de  ces  malheureux.  Aussi  je  me  trouve  dans 
l'obligation  de  m'adresser  à  vous  pour  sauver  ces  gens.  Si  vous  leur  fournissez  les  moyens 
de  subsistance,  je  vais  donner  ordre  de  les  placer  dans  les  casernes  de  la  forteresse  et  une 
fois  le  danger  de  contracter  la  maladie  disparu,  ils  recevront  la  permission  d'aller  dans 
les  autres  bourgs  chercher  du  travail  ;  ce  que  présentement  je  crois  impossible. 

FRA.  BERNARD. 
Chambre  du  Conseil,  18  janvier  1764. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  18  janvier  1764. 
Après  lecture  de  la  lettre  précédente,  il  est  résolu  que  Son  Excellence  ordonne 
de  transporter  tous  les  Acadiens  qui  résident  actuellement  à  Boston  dans  les  casernes 
de  la  forteresse,  et  que  les  vivres  nécessaires  à  1<  ur  subsistance  leur  soient  fournis  jus- 
qu'au 15  février  prochain  ;  cette  Législature  se  chargeant  d'établir  parla  suite  la  respon- 
sabilité des  dépenses  encourues. 

Soumis  à  l'approbation  du  Conseil 

TIM.  RUGGLES,  orateur. 
Au  Conseil,  le  19  janvier  1764.     Lu  et  approuvé. 
Ratifié,  A.  OLIVER,  secrétaire. 

Fra.  Bernard. 


148 


l/.'f  7//i  /  ,$   c  I  \  IDIE  \  NES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

GOUVERNEMENT  DES   fSLES  SOUS  LE  VENT. 

Charles  ïheodat  Comte  D'Estaing,  etc.,  nommé  et  admis  chevalier  des  ordres  du 
Roi,  Lieutenant  Général  de  ses  armées  navales,  Gouverneur  généra]  Représentant  La 
Personne  de  Sa  Majesté  aux  Isles  sous  le  vent  de  l'Amérique  et  Mers  adjacentes. 

Faisons  Bcavoir  a  tous  les  Acadiens  résident  à  la  Nouvelle  Angleterre  que  tous 
d'entre  eux,  hommes,  femmes  et  enfants  qui  voudront  passer  aux  Colonies  françpises  de 
Si- Dominique  pourront  s'adresser  à  sieur  Jean  Hanson,  négotiant  à  la  Nouvelle  York, 
qui  leur  fournira  tous  les  vivres  nécessaires  et  les  moyens  de  passer  aux  dittes  colonies, 
OU  ils  seront  bien  reçus.  Il  leur  sera  concédé  du  Terrain,  et  ils  seront  entretenu  par  le 
Roy  pendant  les  premiers  mois  de  leur  séjour  à  ce  qu'ils  puissent  gagner  de  quoi  vivre 
par  eux  même. 

Au  Cap  François,  Isle  St- Dominique  le  26  juin  1764. 

ESTAING. 

Par  ordre, 
MARTIN. 

A  Boston  ce  premier  décembre  l'an  1764. 

A  Votre  excellence  Monsieur  le  Gouverneur  en  chef  commandant  en  Massachu- 
setts Bay. 

Nous  prenont  la  liberté  touts  en  gênerai  de  présenter  a  votre  excellence  ce  peu  des 
mots  en  prenant  la  liberté  de  supplier  votre  hooeur  de  nous  accorder  in  passeport  en 
gênerai  pour  tous  ceux  qui  veulent  passer  an  Isle  St  Dominique,  Nous  priont  votre 
honorable  personne  de  nous  rendre  raisons  si  votre  honeur  permettera  de  nous  accorder 
la  demande  que  nous  vous  font  ainsi  signé  les  chefs  des  familles  Acadiens,  ici  présents 
sans  compter  le  nombre  de  ceux  qui  ne  sont  pas  présents. 


Noms.  Nombre  dans 

chaque  famille. 

Paul  Landry 5 

Jean  Landry 2 

Alexis  Braux 9 

Jean  Melanson 4 

Jean  Leblanc    .  , 11 

Jean  Thibodot . .  7 

Joseph  Landry 6 

Joseph  Hebaire 4 

Augustin  Leblanc 8 

Charles  Landry 4 

Pierre  Trahant 4 

Charles  Trahant 9 

Jean  Bâtes  Hebaire 3 

Charles  Thibodot 3 

Jean  Trahant 10 

Pierre  Leblanc 2 

François  Leblanc 12 

Joseph  Vinsent 6 

Joseph  Benoit 4 

François  Benoit 4 

René  Landry 6 

Godefroit  Benoit 9 

Jean  Charles  Daigue 8 

Jean  Jacques  Maiet  (Maillet) 6 

Marguerite  Pregent 3 

Jaques  Remont  (Raymont) 5 

AmanLandry 7 

Paul  Braux ,  9 

Joseph  Braux 2 

François  Landry 3 


Noms.  Nombre  dans 

chaque  famille. 

Jermain  Landry 2 

Charles  Braux 8 

Clode  Dugat 7 

Pierre  Landry 7 

La  veuve  à  Antoine  Thibodot 7 

Charles  Hebaire 7 

Jean  Baptis  Thibodo    .    3 

René  Landry 4 

Paul  Landry 6 

Joseph  Leblanc 3 

Jean  Landry 10 

Benonis  Douset 2 

Aman  Dupuis 8 

Jean  Landry    5 

Aman  Braux Il 

Jean  Guedrit 10 

Jean  Leblanc , 12 

Jean  Pelerant  (Pellerin) 9 

Pierre  Pelerant  (Pellerin) 9 

Dominique  Clouoitre. 9 

Charle  Boudrot 1 

Jean  Boudrot 7 

François  Rous 9 

Nicola  Bario 2 

Simon   Leblanc    6 

Castain  Tibaudau 4 


.Nombre  total , 350 


QEVl  ILOQIB  m       U   i/'//  n       ii/'    DOi  '  UEN1 

>E  LA  SESSION  No  18 

Aux  nom.  oi-de    u     il    faut    ajouter   le  qui   donnèrent    leui  ••    I'' 

décembre  1764,    >  \  oir 

Pierre  Braux I  ■       ■  i 

Dominique  Thibodol  i      Ollivier  Dupui  7 


Alexis  Thibodol 

A  mail  l.i.iux  ,.....,,  I 

MLiohelle  Dupuia   . 


Jermairj  Dupui  -   .  12 

Jeâu  I tapuifl Nbmbi 

François  Dupuia 6 

A  une  Béanoe  du  Conseil  tenue  à  Boston  !<•  19  décembre  1764. 

Son  Excellence  le  gouverneur  ayant  t'ait  part  -mi  (  Sonseil  <!<•  la  demande  que  lui  ont 
adressée  quelques  uns  des  Acadiens  français  venus  a  Boston,  Lesquels  sonl  dénui  de  tout 
moyen  de  subsistance  et  sollicitent,  la  permission  >!«■  s'en  aller  aux  île-  fran 

Résolu  que  8  -u  Excellence  charge  les  administrateurs  de  la  taxe  i  le  la 

ville  »lc  Boston  «le  s'enquérir  minutieusement  de  la  situation  de  ce  Acadien  .  des 
bourgs  auxquela  Lia  appartiennent  et  du  nombre  de  ceux  qui  sont  venus  de  chacun 
des  dits  bourgs  ;  qu'une  somme  de  £25,  soit  remise  aux  administrateurs  de  la  taxe  des 
pauvres  pour  pourvoir  a  leurs  besoins  du  moment,  et  que  ces  administrateurs  prennent 
les  moyens  de  mettre  fin  à  de  telles  dépenses,  en  renvoyant  ces  Acadiens  dans  leurs  bourgs 
respectifs  et  en  empêchant  qu'il  en  vienne  d'autres  ;  et  que  les  dits  inspecJ 
présentent  mardi  prochain  un  rapport  à  ce  sujet  à  Son  Excellence  et 
I  onseil. 

A.   OLIVER,  sécréta 

Les  administrateurs  de  la  taxe  des  pauvres  de  la  ville  de  Boston  demandent  la  per- 
mission d'informer  Votre  Excellence  et  les  honorables  membres  du  Conseil  qu'immédiate- 
ment après  avoir  reçu  la  recommandation  qui  leur  a  été  adressée  ils  se  sont  mis  à  L'œu- 
vre et  ont  l'honneur  de  transmettre  le  rapport  suivant  : 

La  plupart  de  ces  gens  sont  dans  la  raffinerie  près  de  la  Pointe  du  Moulin  à  Vent. 
Les  dits  administrateurs  ont  loué  cette  maison  des  héritiers  de  Benjamin  Clark  pour  y 
loger  les  Acadiens  qui  leur  ont  été  confiés,  au  prix  de  seize  livres  sterling  par  année, 
lequel  prix  les  héritiers  sont  convenus  d'exiger  pendant  le  temps  que  ces  gens  occuperont 
la  maison. 

Un  grand  nombre  de  ces  malheureux  Acadiens  ont  été  trouvés  sérieusement  malades, 
plusieurs  autres  le  deviennent  tous  les  jours,  et  nous  croyons  que  cette  maladie  a  été 
causée  surtout  par  les  misères  que  ces  gens  ont  eu  à  supporter  avant  qu'aucun  soulage- 
ment ne  leur  fût  prodigué.  La  présente  saison  de  l'année  ne  permet  pas  de  procurer 
beaucoup  de  travail  à  ceux  qui  sont  en  bonne  santé  et  capables  de  travailler.  Il  semble 
qu'ils  se  sont  efforcés  de  trouver  du  travail  ;  malgré  cela  ils  ne  peuvent  faire  suffisam- 
ment pour  se  supporter  eux-mêmes  :  à  plus  forte  raison,  sont  ils  dans  l'impossibilité  de 
pourvoir  aux  besoins  de  leurs  familles. 

Quant  à  mettre  fin  immédiatement  aux  dépenses  qu'ils  occasionnent,  le  moyen  que 
nous  propose  Votre  Excellence  nous  paraît  efficace  pour  atteindre  ce  but  ;  mais 
prenant  en  considération  la  saison  de  l'année  et  leur  situation  présente,  et  le  fait  que 
quelques-unes  de  ces  familles  ont  des.  vieillards  et  des  infirmes  ;  que  d'autres  ont  des 
malades  et  que  dans  chaque  famille  se  trouvent  des  femmes  et  des  jeunes  enfants,  nous 
ne  croyons  pas  qu'il  soit  possible  pour  le  moment  de  mettre  le  projet  de  Votre  Excellence 
à  exécution. 

Nous  nous  permettons  de  mentionner  à  Votre  Excellence  et  aux  honorables  membres 
de  ce  Conseil  comme  moyen  de  se  désister  de  la  charge  de  supporter  ces  gens,  de  faire 
connaître  aux  conseillers  des  bourgs  assignés  à  ces  malheureux  par  la  Eégislature,  les 
circonstances  dans  lesquelles  ils  se  trouvent,  afin  que  ces  conseillers  prennent  les  mesures 
nécessaires  pour  l'entretien  de  ces  Acadiens. 

(a)  En  1766  et  1767  les  66  chefs  de  famille  ci-dessus,  sauf  quelques-uns  qui  allèrent  ailleurs,  se  ren- 
dirent en  divers  groupes  dans  la  province  de  Québec  et  s'y  fixèrent.  11  y  en  arriva  jusqu'en  177"»  et  même 
plus  tard. 


150  ARi  ///!/.>   (   iNADIENNEft 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

Quant  aux  moyens  à  prendre  pour  empêcher  les  autres  de  venir  ici  pour  les  mêmes 
motifs,  nous  ne  voyons  pas  de  mesure  plus  efficace  à  cette  fin,  que  la  proclamation  de 
Votre  Excellence  qui  a  été  affichée  en  plusieurs  endroits  et  qui  défend  à  toute  personne 
de  les  transporter. 

Nous  sommes  avec  le  plus  grand  respect 

De  Votre  Excellence  et  des  honorables  membres  du  Conseil 

les  humbles  serviteurs, 

JOHN  BARRET,  par  ordre. 

(Tiré  de  V original)  (a) 

A  Boston  le  premier  de  janvier  1765. 
Nous  autre  tout  les  aCadien  ayent  un  grand  désire  de  passe  au  Colonis  frances  nous 
prenont  la  liberté  de  présente  une  Segonde  Retierte  (Requête)  a  votre  Excellence  Mon- 
sieur le  gouverneur  coumandant  au  Massecusete  Be  a  vous  et  a  votre  Concielle  an  vous 
Soitant  une  Bonne  anné  et  Bonne  pro(s)pairrite  nous  Sespairont  monsieur  que  votre 
honorable  personne  nous  Randras  Bonne  justice  alegardde  Se  que  nous  vous  présentant, 
vous  ette  Bien  perSuadés  mes  Sieur  des  offre  quon  nous  fait  au  colonie  franses  voilas 
neufan  que  nous  vivont  an  espairance  dales  joindre  notre  patris  et  il  nous  Semble  que  la 
porte  nous  Setait  ouverte  et  vous  nous  La(vez)  fermes  nous  Savont  toujour  atant 
dudirre  quand  tamp  de  paix  quan  tout  peyit  que  la  porte  des  prison  Souvrait  pour  les 
priSonier. 

Cela  MeSieur  nous  Setonne  Bien  devoir  quon  nous  detien  an  nous  disent  quou 
nous  donne  toute  libreté  de  notre  Religion  Se  qui  et  (sic  pour  est)  tout  Contraire  à  nos 
Sentiment  par  Ce  que  nos  Sentiment  Son  quand  Nous  deténent  Isis  Iveveres  [I vou- 
lons ?]  nous  Zostes  le  libre  ExCercis  de  notre  Religion  Celas  et  Bien  deurre  pour  nous 
et  ausi  durre  se  (sic  pour  c'est)  devoirre  Notre  Situation  de  nous  voire  tout  dun  pilot 
ettant  un  Capable  de  nous  Soulage  de  nous  mesme 

Mesieur,  Si  vous  naves  Compastion  de  Nous  nous  panson  que  nous  perriront  de 
frète  et  de  fain  Monsieur  dans  puis  que  nous  vous  Savons  présentes  notre  Retier 
[requête]  jasvont  resus  [94]  livre  de  viande  [de]  mouton  2  Corde  de  Boy  2  Boisot  depoit 
5  Boisot  de  patate  et  de  navos  a  SoiSante  et  douze  perSonne  que  nous  Somme  mesieur 
Sa  nous  et  Bien  pénible  aPres  avoir  ette  rounaine  comme  nous  Sa  vont  ette  quilia  de 
gen  parmi  vous  autre  qui  pance  que  nous  Somme  riche  qui  et  une  chose  qui  na  jamais 
ette  an  nous  dans  Se  peiit  Isis  ancorre  Bien  moin  a  presen  que  jamais  Caria  Riches  [se] 
qui  nous  Reste  Ces  La  Misère  et  la  pauvreté. 

Ainsi  MeSieur  nous  Supplyons  vos  Bonté  da  voir  Compastion  de  pauvre  jen  Comme 
nous  le  temp  que  nous  Seront  détenus  Isis. 

ainsi  Signé  JEAN  TRAHANT. 

CASTIEN  THIBODOT. 

JEAN  HEBAIRE. 

CHARLES  LANDRY. 

ALLECIS  BROUX. 

Message  du  gouverneur  Francis  Bernard  au  sujet  des  Acadiens. 

Messieurs  les  membres  du  Conseil  et  de  la  Chambre  des  représentants. 

J'ai  été  informé  pour  la  première  fois,  il  y  a  trois  mois,  que  les  Acadiens  de  cette 
province  partaient  d'ici  en  grand  nombre  pour  aller  former  un  établissement  à  la  colonie 
française  de  Saint-Domingue.  J'ai  toujours  considéré  ces  gens  comme  sujets  britan- 
niques ;  et  il  y  a  quelque  temps,  j'ai  soumis  leur  cas  aux  ministres  d'Etat  de  Sa  Majesté, 
les  priant  de  me  donner  des  instructions  à  ce  sujet.  Par  conséquent  je  ne  pouvais 
laisser  cette  émigration  s'opérer  sous  mes  yeux  avant  d'avoir  reçu  des  ordres  de  mes 
supérieurs.     C'est   pourquoi,  après  avoir  reçu  l'approbation  du   Conseil  j'ai  lancé  une 

(a)  On  constatera  que  dans  ce  document  l'accent  aigu  est  omis  sur  Te  final.     Il  y  a  aussi  plusieurs  a 
auxquels  il  faut  donner  le  son  de  a  au  commencement  de  certain?  mots. 


i,i  \  i  1/  u(,n    ni  !     LO  \i>i i  \       m  /  '    /""  /  in 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

proolamatioa   pour  empêcher  leur  transport,     Depuis,  j'ai   n    i  d< 

pétitions  dans   lesquelle     il      e    plaignent    de  manquci    ici   <!<•    ■!  ;i  l<*>ir 

subsistance.     A\r.-  l'approbation  du  Conseil,  jo  leur  ni  |>n><un    de 

mentj  en  attendant  l'ouverture  de  la  Législature,     Je  rou     transnael    aujourd'hui  leun 

pétitions  et  autres  document!  oonoernant   oette  que  bion,  et   je   ollicite  et 

\  otre  aide  au  sujet  de  os. 

Leur  sit  nation  est  certainement  pitoyable  :  car  en  allant  à  St  Domin  courent 

à  leur  destruction  certaine.     En  effet,  un  très  petit  nombre  pourront  ix  effet 

meurtriers  du   olimat  de  oel    endroit  :  mais,  d'un  autre  ne  i 

encouragement  les  engageant  à  rester  dans  ce  paya  CJn  entiment  d'humanité  plutôt 
qu'auoune  considération  politique  me  porte  à  empêcher  ceux  qui  restent  d'entreprendre 
<•<>  fatal  voyage  J'ai  moins  l'ambition  d'en  f;wn-  des  sujets  britannique  que  de  les 
empêcher  <le  périr.     La  première  chose  à  taire,  c'est  de  leur  procurer  le 

SaireS  à    leur  subsistance  ;   ensuite  je  serai  très  heureux  de    voir  prendre  des  moyen-    qui 

leur  permettront  de  former  un  établissement  quelque  part,  afin  de  les  empêcher  d  effe< 

leur  projet  de  s'en  aller  à  St  Domingue  ou  il  est  peu  probable  qu'ils  survivent  aux  effets 
du  olimat. 

Chambrk  du  Conseil.  Fi;a.  BERNARD. 

24  janvier  1765. 

Le  comité  chargé  de  considérer  le  message  de  Son  Excellence  du  25  (sic)  courant 
au  sujet  des  Acadiens  résidant  dans  cette  province,  a  l'honneur  de  Caire  rapport  qu<-  les 
dits  Acadiens  sont  très  opposés  à  la  perspective  de  rester  dans  cette  province. 

Le  comité  croit  que,  pour  cette  raison,  il  serait  inutile  pour  le  moment  de  leur  faire 
des  offres  de  terrains  en  vue  d'y  former  un  établissement. 

Le  comité  a  constaté  qu'un  bon  nombre  oiît  abandonné  les  bourgs  dans  lesquels  ils 
avaient  été  envoyés  et  sont  venus  à  Boston  dans  le  dessein  de  partir  pour  les  Indes 
Occidentales  ;  et  que  quelques-uns  d'entre  eux  avaient  vendu  leurs  provisions  et  leurs 
ustensiles  nécessaires  et  perdu  un  temps  considérable  à  se  préparer  pour  le  départ. 

En  outre,  le  comité  a  compris  que  l'intention  de  la  proclamation  de  Son  Excellence 
était  d'empêcher  toute  personne  de  s'engager  à  transporter  des  sujets  de  Sa  Majesté  dans 
une  autre  contrée  où  ils  iraient  augmenter- la  puissance  d'un  prince  étranger,  et  que  les 
dits  Acadiens,  à  cause  de  leur  déception,  se  trouvent  aujourd'hui  dans  une  situation 
précaire  et  en  danger  de  périr  si  cette  Législature  ne  vient  immédiatement  à  leur  secours. 

C'est  pourquoi  le  comité  croit  devoir  faire  rapport  qu'il  est  urgent  de  secourir  ceux 
des  Acadiens  qui  sont  dans  la  misère  et  de  les  supporter  durant  les  deux  prochains  mois. 

Soumis  par  ordre  du  comité. 

BENJ.  LYNDE. 

A  une  séance  du  Conseil,  le  2  février  1705.      Lu  et  renvové  à  la  Chambre. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  5  février  1765.      Lu  et  rejeté. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  15  février  1765. 
Résolu  qu'il  soit  alloué  aux  frais  de  cette  province,  aux  Acadiens  qui  se  trouvent 
présentement  dans  cette  ville  et  qui  conformément  à  une  mesure  de  cette  législature 
sont  reconnus  habitants  de  bourgs  de  cette  province,  et  sont  maintenant,  à  cause  de 
leur  pauvreté,  à  la  charge  du  public,  des  vivres  pour  quatre  jours  afin  qu'ils  se  pré- 
parent à  s'en  retourner.  Cette  quantité  de  vivres  devra  suffire  à  leur  renvoi  dans 
leurs  bourgs  respectifs  en  leur  permettant  de  parcourir  une  distance  de  huit  milles  pendant 
ces  quatre  jours.  En  outre  qu'ils  soient  immédiatement  renvoyés  dans  les  bourgs  qui  leur 
ont  été  assignés  et  que  les  dépenses  encourues  pour  le  transport  de  ceux  qui  ne  sont  pas 
capables  de  faire  le  trajet  soient  payées  par  le  trésor  public  ;  et  que  le  commissaire  géné- 
ral soit  autorisé  à  fournir  aux  Acadiens,  la  quantité  de  vivres  susmentionnée  et  à 
faire  exécuter  le  présent  ordre  à  l'effet  de  renvo}Ter  les  Acadiens'dans  leurs  bourgs  res- 
pectifs. 

Soumis  à  l'approbation  du  Conseil. 

S.  WHITE,  orateur. 
Au  Conseil,  le  7  (sic)  février  1765.     Lu  et  approuvé. 

A.   OLIVER,  secrétaire. 
Ratifié         FRA.  BERNARD. 


152 


\h'(  III  \  ES   CANADIE  \  S 


5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 


Tiré  de  l'original.  < 


A  Son  Excellence  François  Barnard  Esq'  ( 'apitaine gênerai  et  Gouverneur  en  Shef  pour 
majesté  Le  Roy  de  la  viande  Bretagne  en  la  province  de  masachuset  en  la  nou- 
velle angleterre  a  Boston  ainsy  qua  messeigneur  de  Son  Conseil  de  Boston. 
Nous  franséss  de  la  Cadie  que   Ion   apelle  Neutre  estant   dans  le  gouvernement  de 
Boston  estant  répandu  dans  plusieurs  ville  de  Ganpagne  par  ordre  du  Conseil  et  y  ayant 
restes  plusieurs  année  Sans  Interrompre  le  gouvernement,  mais  nos  famille  estant  multi- 
plies extrêmement  depuis   quelque  année  nous  ayant  oblige  de  quiter  les  Campagne  et 
venir  a  Boston  pour  nous  en  aller  mais  nous  avons  été  aresté  par  ordre  du  gouvernement 
ce  qui  Nous  a  oblige  de  rester  a  Boston  et  de  tacher  de  gagner  nostre  vie  et  celle  de  nos 
pauvre   famille  les  un  Sont  aile  a  la  pèche  les  autre   on  fait  le   travaille  ordiner  de  la 
vielle  [sic  pour   ville]   quand  qu'il   zont  pu   [en]  trouver  les  seu  quavont  été  a  la  pèche 
avont  été  oblige  de  cïiarche  des  homme  quil  leur  zo  [t]  avance  tout  leur  nècètèr  [sic  pour 
nécessaire]  pour  la  pèche  an  leur  prometant  de  peier  après  daitre   de  retour  après  leur 
/avance  peier  ils  ne  leur  restes  Rien  pour  mentenir  leur  famille. 

Cest  pourquoy  aujourdhuy  nous  pauvre  fransois  prions  Messeigneur  de  Son  Conseil 
davoir  pitié  et  Compasion  de  nous  et  de  plusieur  pauvre  veuve  et  de  nos  petite  famille 
de  Nous  assister  Cette  hiver  de  quelque  Chose  pour  nous  pour  nous  pouvoir  faire  Subsis- 
ter envie  faute  de  quoy  nous  Somme  obliges  davoir  ReCours  a  vous  de  nous  donner  dus 
travail  estant  tous  Bien  volontiers  de  travailler  et  nen  pouvant  trouver  au  Cunement 
<l  un  Se  [tte]  ville  Cest  pour  quoy  nous  prions  Son  ExCellenCe  ainSy  que  messeigneur  du 
Conseil  de  nous  regarder  d'un  Oeil  de  pitié  et  de  nous  pas  oublier  et  nous  ne  manqueront 
jamais  de  nous  Souvenir  que  Nous  Somme  et  Serons  toujour  les  plus  humble  et  Soumis 
Serviteur 

JEAN  HEBERT 
AUGUSTIN  leBLANC 


sa 


PIERRE  X  TRAHAX 

marque 


sa 


A  Boston  Ce  13  de  Jeanvier  lan  1766. 


MARIN  X  GOURDEAUX 

marque 


(  Tiré  de  Voriginal ) 

A  SonExcellence  francois  Barnard  Gouverneur  en  Chef  a  Boston  pour  Sa  Maj  estez 
Le  Roy  de  la  Grande  Bretagne  Ainsy  qua  Messeigneurs  du  Conseil 
Nous  habitans  francois  Acadiens  ayant  Présentés  un  Mémoire  en  datte  du  Onse  du 
Mois  dernier  a  la  Cour  devant  Messeigneurs  du  Conseil  pour  les  prier  de  nous  assister 
de  quelque  Chose  pour  nous  maintenir  cet  hiver  et  nen  Ayant  Reçue  aucune  Réponse 
Nous  vous  Suplions  très  humblement  pour  prier  Son  Excellence  ainsy  que  Messeigneurs 
du  Conseils  D'avoir  la  bontés  de  nous  transporter  au  Canada  dans  des  Vaisseaux  propre 
pour  nous  et  nos  familles  avec  des  provisions  pour  une  année  pour  pouvoir  Nous  main- 
tenir Estant  hors  destat  Par  nous  mesme  de  pouvoir  y  Pourvoir  et  Prions  Son  Excellence 
francois  Barnard  Gouverneur  en  chef  pour  Sa  Majestez  a  boston  d'avoir  la  bontés 
descrire  en  nostre  faveur  a  L'honorable  James  Murray  Gouverneur  et  Commandant 
General  de  la  province  du  Canada  d'avoir  la  Bontés  de  nous  donner  des  terres  et  des 
assistances  pour  Nous  et  Nos  familles  Après  que  nous  Saurons  Arrivés  au  Canada  Sui- 
vant Sa  Proclamation  en  date  Du  Premier  Mars  1765  Signés  James  Murrav  En  Se  faisant 
Messeigneurs  vous  Obligerés  vos  plus  Soumis  nous  tous  les  Soussignés. 

JEAN  TRAHAN.  AUGUSTIN  LEBLANC. 

JOSEPH  DUGAS.  ISTDORE  GOURD  AUX. 

ALEXIS  BROE.  JEAN  HEBERT. 

RENÉ  LANDRY.  FRANÇOIS  AMIRAUX. 

ISAC  GOURD  AUX.  JOSEPH  MANZEROL. 
A  Boston  Ce  8  février  1766. 


\  /   1/  OQli    01        U    i/'//  \       il/'     /""  !   1// 

DOC.  Dl    I  a  3E88ION  No 

Vie    ieui    do  la  <  'ha mbi e  i le    repi  •  •  enl  u 

Au   commencement   de  la  il    parvenir  un  un  iuquel 

épondu.      I  '  i  n    oe   un  immandai     u  de   qu(  Ique  - 

\ « •. t •  1 1- ■  1 1  .  n  in    u  .     Je  *ou    recommande  aujourd'hui   >»n<  diena 

en  général  el  j'ai  l 'espoir  que  •  dernière  votre  iromi  Lion. 

I  lepuis  mon  arrivée  lu  po  aur  de  oel  ta  pm 

ooup  de  pitié  pour  oe  peuple  ;  en  effet,  c'e  t    bien   le    entimenl  que  fait  naître  la  p 
qu'il  a  été  victime  des  <  es  de  1  et  que  oe  n'<  en  punition  d< 

graves  qu'il  a  <  té  arra  hé  «I  une  condition  heurt  pro  p<  re  i  i  jeté  dana  la  pan 

et  la  dépendance,  Ban  i  espoir  à  l'heure  pré  ente  •  oir  un   jour  délivrer  d 

J'ai  déjà  essayé  plusieurs  fois  de  faire  établir  les   A  en  liens  de  façon  à  ce  qu'ils  pui 
devenir  des  sujets  utiles  à  la  Grande-Bretagne  et    trouver  pour  enx-i  le  conl 

mais  le  manque  de  moyen  m'a  empêché  de  réussir. 

U  ne  occasion  se  présente  qui  vous  permet  de  disposer  d  encourir  de 

grandes   dépenses  ;  et  a  l'avenir,   au    lieu  d'être  un  fardeau  pour  cette  provin 
rester  dans  la  misère  au    i  Ion   temps  qu'ils  demeureron!    ici,  il  leur    -  ible  de  con 

bribuei  à  la  richesse  et  à  la  puissance  de  l'empire  britannique  dans  l'Amérique  du  Mord. 
11  est  ctut  iin  que  seule  l'occasion  d'exercer  leur  activité  leur  l'ait  défaut,  sans  quoi  aucun 
ne  pourra  se   rendre  utile.     J'espère   messieurs  que  vous  profiterez  de  i 
pour  les  secourir  et  faire  preuve*  de  patriotisme  et  de  charité. 

FRA.    BERNARD. 

Chambre  du  Conseil,  le  13  février  1766. 

Concernant  la  pétition  des  Acadiens   dont   il  est  fait  mention  dans  le  me-     . 
gouverneur  adressé  à  la  Chambre  des  représentants,  le  13  février  176 

A  la  Chambre  des  représentants,   18  février  1766. 
Résolu  que  le  commissaire  général  soit  requis  de  mettre  immédiatement  ttion 

la  resolution  adoptée  par  toute  la  législature,  à  l'égard  des  Acadiens,  le  15  février  dernier. 
Et  que  s'ils  refusent  de  retourner  dans  les  différents  bourgs  qui  leur  ont  été  a  .    par 

ordre  de  cette  Législature,  le  pi  ix    du    loyer    des  maisons  et   les   vivres  qu'ils  reçoivent 
présentement  leur  soient  retranchés,  et  qu'en  outre,  ils  soient  considérés  comme  habitants 
-  bourgs  qui  leur  ont  été  assignés  en  premier  lieu. 

Et  si  quelques-uns  se  trouvent  actuellement  dépourvus  au  point  d'avoir  besoin 
immédiatement  de  secours,  qu'ils  soient  assistés  aux  frais  de  la  province,  jusqu'à  ce  qu'ils 
soient  en  état  de  retourner  dans  les  bourgs  qui  leur  ont  été  assign 

S.  WH1TE,  orateur. 
Au  Conseil,  20  février  1766.     Lu  et  rejetée. 

A    OLIVER,  secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  20  février  1766. 
Résolu  de  prier  Son  Excellence  le  gouverneur,  d'écrire  au  gouverneur  du  Canada, 
pour  lui  faire  part  du  désir  des  Acadiens  de  cette  province  d'aller  demeurer  au  Canada, 
et  savoir  s'ils  y  seraient  reçus  comme  colons  ;  et  que  la  somme  de  vingt  louis  soit  fournie 
par  le  trésor  public  pour  permettre  au  gouvernement  d'y  envoyer  deux  des  Acadiens 
français  pour  préparer  les  voies. 
Soumis  à  l'approbation. 

S.  WHITE,  orateur. 
Au  Conseil,  20  février  1766.     Lu  et  approuvé. 

JNO.   COTTON,  secrétaire. 
Ratifié. 

FRA.  BERNARD. 

Extrait  d'une  lettre  du  gouverneur  Murray  au,  gouverneur  Bernard,  datée  de  Québec, 

28  avril  1766. 

Monsieur, — J'ai  reçu,  il  y  a  quelque  temps,  votre  lettre  du  25  février  au  sujet  des 
Acadiens   de  votre   province.     Je  crois  qu'il  sera  avantageux  pour  l'empire  britannique 

18—42     r-16 


154  AJU  111 1  WB  CANADIENM  > 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

et  surtout  pour  cette  province  d'établir  ici  ces  Acadiens  sur  le  même  pied  que  les  nou- 
veaux sujets  canadiens  de  Sa  Majesté,  et,  pour  cette  raison,  je  n'hésiterai  pas  à  les  rece- 
voir. Mais  connue  ils  ont  refusé  jadis  de  prêter  le  serment  d'allégeance  et  d'abjuration, 
et  que  d'après  la  pétition  qu'ils  m'ont  adressée  ils  s'attendent  à  être  Bupportés  par  le  gou- 
vernement, jusqu'à  ce  qu'ils  puissent  se  charger  de  leur  entretien,  je  crois  nécessaire  de 
rédiger  ma  réponse  à  leur  pétition,  réponse  que  je  vous  prie  de  leur  communiquer,  de 
telle  manière  que  personne  ne  puisse  plus  tard  plaider  ignorance,  et  afin  d'éviter  aussi 
les  rancunes  et  les  reproches  de  côté  et  d'autre. 

(  Tiré  de  V original.) 

A  Son  Excellence  françois  Barnard  Esqr  Gouverneur  en  chef  pour  Sa  Majesté   Le   Roy 

de  la  Grande  bretagne  ainsy  qua  Messieurs  du  Conseil. 

Monskigneur. — Nous  tous  les  habitans  Acadiens  en  gênerai  Remercions  vostre 
Excellence  ainsy  que  [les]  Messieurs  du  Conseil  des  bontés  que  vous  avés  eu  de  crire  en 
nostre  faveur  A  Son  Excellence  Jaques  Murray  Esqr  Gouverneur  A  Québec  pour  Sa 
Majesté  le  Roy  de  La  Grande  Bretagne  et  ayant  eu  réponse  de  Son  Excellence  pour 
nous  Aller  Establir  au  Canada  mais  Son  Excellence  ne  pouvant  nous  aider  en  aucune 
façon  pour  des  provisions  après  que  nous  Serons  Arriver  au  Canada  Nous  prions  vostre 
Excellence  ainsy  que  [les]  Messieurs  Du  Conseil  d'avoir  la  bontee  de  nous  regarder  d'un 
Œil  de  pitiez  et  de  nous  assister  de  quelque  chose  pour  pouvoir  Vivre  quelque  Temps 
après  que  nous  Serons  arriver  au  Canada  Nostre  Situation  estant  Extrêmement  pauvre 
et  Bien  triste  beaucoup  de  pauvre  Veuve  chargés  Denfans  ainsy  que  bien  des  Gens 
avancée  D'âge  estant  hors  d'estat  de  travailler  cest  Pourquoy  nous  nous  mettons  Sous 
vostre  protextion  Nous  ayant  tousjours  promis  de  nous  aider  et  nayant  Personne  que 
Vous  Messeigneurs  Qui  puisent  nous  Retirer  de  labisme  et  du  Grand  trouble  ou  nous 
Somme 

Messeigneur  Nous  Sommes  en  gênerai  resou  de  prendre  le  Serment  de  fidelitee  cest 
pourquoy  nous  \ous  Prions  de  Donner  vos  ordres  le  plustost  qu'il  vous  Sera  possible  de 
nous  faire  passer  Car  la  plus  part  de  nous  autre  Ne  travaillons  point  tous  les  Jours  en 
Attendant  que  Vostre  Excellence  nous  fasse  Passer  et  ne  Scachant  quelle  parti  prendre 
Sinon  que  vostre  Excellence  ainsy  que  [les]  Messieurs  du  Conseil  nous  veille  assister 
dans  nostre  besoin  et  Regarder  nostre  pauvre  estât  cest  ce  quatend  vos  très  humble  et 
très  obéissants  Soumis  et  ridelle  Sujets 

ALEXIS  BRC) 
JEAN  LANDRY 
JEAN  TIBODOT 
PIERRE  MUSE  [Mius] 
AMAN  LANDRY 

A  Boston  Ce  2  juin  1766. 

Liste  Des  Noms  des  françois  qui  veulent  passés  au  Canada. 


Membres  de 
chaque  famille 

Charles  Hébert    7 

Aman  Dupuis 7 

Jean  Landry 5 

J  ean  Baptiste  Tibodo 5 

Jermain  Landry ■ 4 

Jacques  Hébert 11 

Silvin   Dupuis 12 

Fabien   Dupuis 3 

Pierre  LeBlanc 4 

Jean  Baptiste  Dugas 5 

Joseph  Vincent 7 

Joseph  Benoit .  5 

François  Benoit 4 


Membres  de 
chaque  famille 

Charles  Tibodo 3 

René  Landry 6 

Jean  Landry 3 

Charles  Landry 4 

François  Ducet 2 

Jean  Hébert 6 

Joseph  Manzerolle 4 

Joseph  Landry 7 

Jean  Guedry 11 

Joseph  Hébert 4 

Castin  Tibodo 5 

Rose  Boudro 2 

Jean  Melanson 5 


QENE  \LOUll    01        i'    ibll  \       il/'     OOi  i  mi 


DOC.  DE  LA  SESSION  No    IH 


.ir.ui  Trahan 

Agnes,  vruvr  de  Joteph  Trahan 
Pierre  Trahant 

.Iran    I  i.i(  IrOÎl   Tiliodo 


M.lnl.l.       tj( 

chaque  famille 

.... 


A.ugust  ni  LeBlanc .       . . .    . 

Aiexii  Bro 

Jean    I  jo Blanc    I  2 

[sao  (  lourdaux 5 

Stanislas  (îourdaux 

Joseph  LeBlanc 2 

I  'rançois  Miraui    2 

Joseph  I  toucet <s 

Charles  Belivaux v 

Joseph  Douœt 9 

(Modo  Dugas   9 

Joseph  Douoet. 11 

Ahcl  Bourgeois 4 

Joseph  Michel 5 

Jean  Landry 9 

Etienne  Robiehaux 9 

Paul   Robiehaux 8 

Grégoire  Bourgeois 8 

ïite  Robiehaux 4 

Michel  Robiehaux 3 

Joseph  Brun 6 

Charles  Lord 7 

Basile  LeBlanc 6 

Eprahim  Robiehaux 3 

Joseph  Doucet 2 

François  Doucet 11 

Pierre  Dupuis 4 

Joseph  Bellivaux 4 

Pierre  LeBlanc .  .  .  .  : 9 

Aman  Bourgeois 3 

Charles  Bellivaux 6 

Charles  Bellivaux,  fils 5 

J  acques  Amiraux 6 

Jacques  Amiraux      ,  6 

Lange  Amiraux 3 


unille 


<  Mvier  I  tapui 

1      ph  Bro.  

Aman    BrO 

Franc  oi    D  u  pu  is ,  7 

Jean  I  tvpuii • 

9 
9 

...      il 

. . . 


Joseph  Dantremons 4 

La  veuve  Dantremons 4 

Abel  Duhon 5 

Dominique  Cloistre 9 

Charles  Boudrot 8 

Pierre  Bro 9 

Germain  Dupuis , 15 

Dominique  Tibodp 4 

A  Boston,  ce  2  Juin,  1766. 

151 

183 

161 

42 

Liste  de  Salem  141 

Liste  additionnelle  29 


Alexi    Tibodo 

(  Iharlss  Trahan 

.1  eau  1  tapi  iste  I  Leberl ,  .  . 

François  Le  Blanc   

Joseph  LeBlanc 

Isidore  <  MMlidau  \ 

Pierre  Paul   Landry 

La  veuve  de  Mal  bien  I  kmcel 

Joseph  M  ieuse   ! 

(  Claude  Dugas 7 

(  Sharles  M  irau 5 

Pierre  LaBlanc i 

Pierre   Landry .  .  7 

Marguerite  Landry 7 

Aimable   Pregeant 2 

Charles  M  ieuse 6 

Paul  Clairmon 7 

Julien  Frantin 5 

Jean  Baptiste  Mieus 10 

Charles  Bro 8 

Aman  Landry 10 

Paul  Landry 6 

Pierre  Landry 5 

Joseph  LeBlanc 5 

Simon  LeBlanc 2 

Michel  Landry 2 

Jean  LeBlanc 9 

Joseph  Girroire. 8 

René  Richard 3 

François  Mieuse    13 

François  Roux  [Rivé]. .    5 

Nicolas  Geutte  [dit  Barillo] 2 

Charles  Babin 3 

François  Remon 4 

Marin  Gourdaux 4 

Godefroy  Benoist 3 

Aman  Bro    11 

Marie  Benois,  veuve  de  Benoni  Me- 

lanson 6 

Bononi  Doucet 3 

Jacques  Benois 3 


Total 


890 
18— 42* 


156 


AKCHJ]  i>   C  !  \.\hll.  \ 


Membr< 
chaque  famille. 


(  rlaude  I  >uga   

Joseph   .Mi«'US 

(  lharlea  Miroa 

Pierre  LeBlanc 

Pien*e  Landry     

Amable  Pregeant 

(  lharlea  Mius    

Polie  Clarremont 

Jullien  Frontin    

Jean  Baptiste  -Mius 

Charles   Braux 

Aman  Lauriry  .  . .         10 

Polie  Landry 6 

Leur  nom  donné  à  Selerame  pour  ye  ferre  leur  anbarquement.   [Leurs  noms  donnés 
à  Salem  pour  y  faire  leur  embarquement.] 


7 
5 

I 

r- 
/ 

2 
6 
7 
5 
10 
8 


5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

Metnbr< 
chaque  famille. 

Pierre  Landry 5 

Joseph  Leblanc 5 

Simon  Leblanc. .      ■> 

Michel  Landry 2 

Jean   LeBlanc 9 

Joseph  Girroire   8 

René  Kicharre 3 

François  Mius 13 

François  Braux -r) 

Nie, la  Barillo 2 


141 


29 


Clode  Boudrot 9      Jean  Michelle 

.)  ean  lloit 17 

Joseph 4 

Messieurs  de  la  Chambre  des  représentants  : 

Conformément  au  désir  exprimé  par  cette  Chambre,  à  la  dernière  session,  j'ai  confié 
à  deux  Acadiens  des  lettres  pour  Son  Excellence  le  gouverneur  Murray.  L'un  des  deux 
est  revenu  avec  des  lettres  du  gouverneur  Murray  par  lesquelles  celui-ci  nous  apprend 
qu'il  est  prêt  à  recevoir  les  Acadiens,  s'ils  sont  transportés  au  Canada  ;  mais  en  même 
temps  il  nous  apprend  qu'il  lui  est  impossible  de  leur  fournir  des  provisions,  à  leur  arrivée. 

Les  Acadiens  sont  décidés  d'y  aller  et  ont  transmis  des  listes  contenant  les  noms  de 
890  personnes  qui  sont  prêtes  à  partir.  Ils  m'ont  fait  parvenir  en  même  temps  une 
pétition,  par  laquelle  ils  nous  prient  de  leur  fournir  des  vivres  qui  leur  permettront 
de  subsister  pendant  quelque  temps  après  leur  arrivée.  Je  vous  communique  le  tout 
afin  que  vous  preniez  à  ce  sujet  les  mesures  que  vous  croirez  nécessaires. 


A  la  Chambre  du  Conseil,  9  juin  1766. 


FKA.  BERNARD. 

Juin  1766. 


Le  comité  chargé  de  s'enquérir  de  la  condition  des  Français  neutres  de  cette  pro- 
vince s'est  acquitté  de  sa  tâche  et  a  constaté  que  plusieurs  bourgs  dans  lesquels  des 
Français  neutres  avaient  été  envoyés,  lors  de  leur  distribution,  n'avaient  pas  contribué 
leur  part  de  dépenses  tandis  que  d'autres  bourgs  avaient  encourues  des  dépenses 
considérables.  De  plus,  le  comité  a  constaté  que  conformément  à  l'ordre  de  la 
Législature,  le  commissaire  général  a  fourni  les  8-10  des  vivres  aux  Français, 
et  que  par  ordre  du  gouverneur  et  du  Conseil,  il  a  été  payé  pour  les  Français, 
depuis  le  21  août  1765,  la  somme  de  £48,  15s,  8d,  2fr.,  pour  marchandises  et  loyer 
de  maison  et  qu'une  somme  de  «£20  a  été  accordée  par  la  Législature  pour  per- 
mettre à  deux  des  Français  d'aller  au  Canada  ;  en  outre,  que  les  Français  pour 
lesquels  une  dépense  de  «£48,  L's,  8d,  2fr.  a  été  faite,  appartiennent  à  Lenncester  : 
Acton,  Shrewsbury,  Medford,  Wilmington,  Worcester,  Woburn,  Barnstable,  Hingham 
et  Rutland. 

AARON  WOOD,  par  ordre. 

M.  Otis,  le  colonel  Bowers  et  M.  Sayward  sont  chargés  de  rédiger  une  résolution 
afin  d'empêcher  qu'on  ne  fournisse  davantage  des  vivres  aux  neutres  et  que  l'on  se 
rendre  compte  des  sommes  d'argent  qui  ont  déjà  été  déboursées  pour  eux. 


\  /   i  /  0011    i>i        \<    \  /u  i  \  ■      !  i  /  '     DOi  '   MKNTi 
:;0C.   Dt  LA  SESSION   No 

A  la  (  !  h  Ambre  de    repi  i  entant 

i;.  «lu  que  la   te  «I-      I  du  tré  01  d<  1 

par  ordre  du  gouverneur  <-i   du  Conseil  pour  le  soutien  d 

bourgs  auxquel    01  1  ai  j«nl  a  >ur  l'enl  rei  i(  □  ni  y  01 

envoy<  forme  de  montant  additionnel  sui  de   l'année   prêcha 

bourg  dei  ra  payer  en  proporl  ion  de  ce  qu'il  a  reçu  et  aucun  argent  1  tiré  du  t  • 

à  l'avenir,  pour  tenir  <ui  aide  à  »     A.caaien  tn  ordre  de  ure. 

A 
Soumis  à  l'approbat  ion, 

T    CUSH1NG,  i 

Au  Conseil,  27  juin  1 766. 

Lu  et  approuvé  ;  l'amendement  Buivant  devant  être  ajouté  à   l'endroit    A, 
excepté  dans  les  cm  de  nécessité  impérieu  •• 

Soumis  a  l'approb  l1  ion. 

A.  '  >LI  VER,    1  -  '  <" 
A  la  Chambre  des  représentants,  27  juin  17 
Lu  «>t  rejeté. 

T.  CUSHING,  orateur. 
Au  Conseil,  27  juin  1766.     Lu. 

L'article  suivant  a  <;té  publié  dans  la  Gazette  de  Québec  du  1er  septembre  I76t 
11  La  goélette  Terry  est  arrivée  la  nuit  dernière  de   Boston   avec   40   Acadiens  qui 
viennent  s'établir  ici  pour  l'avantage  «I»'  leur  religion." 

Le  8  septembre  de  la  même  année,   la  Gazette  de  Québec  publiait  ette 

)d  Ititentj    capitaine    Samuel    Marris,    est    arrivée    ici   jeudi    avec    un    grand    QOmb 
d'Acadiens  qui  viennent  s'établir  dans  cette  province." 

A  une  séance  du  Conseil  qui  eut  lieu  le  même  jour,  les  mesures  suivantes  furent 
prises  à  l'égard  de  ces  Acadiens. 

A  la  chambre  du  Conseil,  au  Château  St  Louis  en  la  ville  de  Québec,  le  lundi 
8  septembre  1766. 

Présents  : 
L'honorable  Hector  Théo.  Cramahé 
Adam  Mabane 
Thomas  Mills        !  ë  u   ers 
Walter  Murray    [        ^ 
James  Goldfrap.  J 
Le  Conseil  s'est  réuni   ce  jour  pour  entendre  la  lecture  d'une  pétition  d'un  grand 
nombre  d'Acadiens   qui   viennent  d'arriver  de  la  province  de   la  Nouvelle-Angleterre, 
à  la  suite  d'une    lettre  que  Son  Excellence,  le    gouverneur  Murray   leur  a   adressée   au 
mois    d'avril,    en   réponse     à    une    pétition    des    Acadiens,     en    date    du    28    février 
1766. 

Les  membres  du  Conseil  décident  d'envoyer  au  munitionnaire,  l'ordre  de  fournir 
aux  90  Acadiens,  sans  compter  les  femmes  et  les  enfants,  des  vivres  pour  un  mois  et  de 
faire  publier  un  avis  pour  informer  tous  les  seigneurs  de  cette  province,  de  l'arrivée  de 
ces  gens  et  qu'ils  devront  sans  perdre  de  temps,  s'entendre  avec  les  nouveaux  venus 
pour  les  établir  sur  leurs  terrains  aux  meilleures  conditio  s  possibles. 

Résolu  qu'un  ordre  soit  transmis  au  munitionnaire,  de  fournir  une  ration  entière 
aux  hommes  et  aux  femmes,  et  une  demi-ration  aux  enfants. 

Signé  :  H.  T.  CRAMAHÉ. 

Le  15  septembre  1760  la  Gazette  de  Québec  publiait  les  avis  suivants  : 

Chambre  du  Conseil,  Québec,  8  septembre  1766. 

Attendu  qu'un  certain  nombre  d'Acadiens  sont  arrivés  dernièrement  de  la 
Nouvelle- Angleterre    avec    l'intention    d'obtenir    des  terres    et  de  s'établir  dans  cette 


158  MH1U\  />   CANADIEN  VEê 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

province,  les  membres  du  Conseil  de  Sa  Majesté  ont  donné  ordre  de  publier  le  présent 
avis  public,  adresse  ;i  tous  les  seigneurs,  afin  que  sans  retard  ils  s'entendent  avec  ces 
Acadiens  et  les  établissent  sur  les  terrains  de  leurs  seigneuries  qui  ne  sont  pas  encore 
concédés. 

N.B.  Il  est  en  outre  ordonné,  que  des  provisions  provenant  des  magasins  de  Sa 
Majesté  leur  soient  fournies  pour  assurer  leur  subsistance  pendant  un  mois,  jusqu'à  ce 
qu'ils  puissent,  tel  que  susmentionné,  pourvoir  à  leurs  propres  besoins. 

Par  ordre  du  Conseil. 

JA.  POTTS,  D.D.C. 

PÉTITIONS  DES  ACADIENS. 

N°  51. 
Province  de  la 
baie  du  Massachusetts 

A  Son  Excellence  William  Shirley^écr.,  capitaine  général  et  gouverneur  en  chef  de 
la  province  de  la  baie  du  Massachusetts,  dans  la  Nouvelle-Angleterre,  aux  hono- 
rables membres  du  Conseil  et  de  la  Chambre  des  représentants  réunis  en  assemblée, 
le  30  mars  1756. 

Joseph  Mitchell,  ci-devant  habitant  français  neutre  de  la  Nouvelle-Ecosse,  rési- 
dant présentement  à  Marshfield  dans  le  comté  de  Plymouth,  représente  humblement  ce  qui 
suit  :  -Votre  pétitionnaire  résidait  autrefois  près  de  la  garnison  d'Annapolis. — Il  possédait 
une  bonne  ferme  à  cet  endroit,  avec  au  moins  trente  pièces  de  bétail  et  vivait  en  bonne 
intelligence  avec  les  Anglais.  Il  fournissait  du  bois  à  la  garnison  ainsi  qu'une  quantité 
considérable  de  vivres,  qu'il  mettait  de  côté  tous  les  ans  à  cette  fin.  Par  suite  de  la 
mauvaise  conduite  des  Français  qui  résidaient  près  des  Mines,  votre  pétitionnaire  a  eu  à 
subir  une  large  part  de  leurs  infortunes  sans  avoir  commis  les  mêmes  fautes  ;  il  a  perdu 
tous  ses  biens  meubles  et  immeubles,  et  dans  cet  état  de  pauvreté,  a  été  conduit  avec  sa 
famille  l'automne  dernier  à  Marshfield  où  il  a  résidé  depuis,  et  où  il  a  été  entretenu 
avec  sa  femme  et  ses  enfants  jusqu'à  ce  jour. 

Son  fils  aîné  Francis,  âgé  de  vingt  trois  ans,  travaillait  depuis  le  commencement  du 
printemps  chez  un  voisin  rapproché,  nommé  Caleb  Tildon  ;  il  s'était  engagé  à  travailler 
pour  ce  dernier  jusqu'au  mois  de  mai  prochain,  moyennant  une  "  pistarene  "  par  jour. 
Après  cette  date  son  salaire  devait  être  augmenté  et  mon  fils  et  son  patron  étaient  tous 
deux  très  satisfaits. 

La  semaine  dernière,  John  Little,  écr.,  et  Seth  Bryant,  deux  conseillers  de  Marsh- 
field sont  venus,  et  contre  la  volonté  de  votre  pétitionnaire  et  de  son  fils,  ont  emmené 
ce  dernier  de  force  et  l'ont  placé  chez  Anthony  Winslow  de  Marshfield,  bien  que  le  dit 
Tilden  ait  offert  de  transporter  ses  biens  en  garantie  au  dit  bourg  et  à  la  province,  afin 
de  garder  le  fils  de  votre  pétitionnaire. 

Les  dits  conseillers,  ont  en  même  temps  engagé  un  autre  fils  de  votre  pétitionnaire, 
Paul  âgé  de  15  ans,  à  Nathaniel  Clift,  marin  de  Marshfield.  Ils  ont  emmené  mon  fils  de 
force  et  l'ont  envoyé  sur  la  mer,  bien  que  plusieurs  personnes  l'eussent  volontiers  employé 
sur  des  fermes  à  faire  des  travaux  auxquels  il  était  habitué  et  qu'il  eût  demandé 
lui-même  qu'on  le  laissât  travailler  aux  champs,  parceque  la  mer  le  rendait  malade. 
Bref,  toutes  les  supplications  de  votre  pétitionnaire  et  de  sa  femme  ont  été  vaines;  le  dit 
Paul  a  été  emmené  de  force  et  envoyé  sur  la  mer,  et  les  dits  conseillers  ont  en  outre 
exigé  à  son  sujet  des  garanties  au  montant  de  30  livres  sterling. 

Comme  étranger  sur  une  terre  étrangère,  votre  pétitionnaire,  pour  obtenir  protec- 
tion, ne  peut  que  s'adresser  à  Votre  Excellence  et  aux  honorables  membres  du  Conseil 
et  de  la  Législature.  Bien  qu'il  ait  perdu  tous  ses  biens,  il  ne  désire  pas  que  ses  enfants 
soient  à  charge  à  personne  lorsqu'ils  sont  capables  de  travailler,  et  votre  pétitionnaire 
croit  que  ceux  qui  ne  sont  pas  majeurs  devraient  avoir  des  emplois  appropriés  à  leur  âge 
et  que  ceux  qui  sont  majeurs  devraient  être  laissés  libres  de  travailler  où  il  leur  plait. 

C'est  pourquoi  votre  pétitionnaire  supplie,  que  les  engagements  de  ses  fils  soient 
déclarés  nuls  et  de  nul  effet  ;  qu'il  leur  soit  permis  de  pourvoir  eux-mêmes  à  leurs 
besoins  ou  qu'il  soit  adoptée  à  leur  égard  telle  mesure  de  protection  que  Votre  Excellence 


0EN1  1/  OQll    i"       U   i/'//  \       m/'    Dût  UMEN1  169 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

i-i  1rs  honorablea  membres  trouveront    à  propo       Kl    votr<    \  comme  il    le 

«luit,  no  oessera  de  prier. 

J08EPB   MIOHELLE 

Au  Conseil,  20  avril    L756     Lue  et  ordonné  que  Thomi    Hutchii 
Lincoln,  éors.  et  autres   membres  que   la  Ohambre  d(      repn  entant  ropo 

d'adjoindre,  constituent  un  comité  chargé  de  l'enquérii  di  mentioi 

pétition,  de  faire  un  rapport  aussitôt  que  possible  et  «!<■  ■  n-s  qui  <!<••. 

«i  i»'  prisée  par  le  <  Son  »eil. 

Boumi     i  l  approbat  ion. 

.1.  V7 ILLARD, 

A   la  Ohambre  des  représentants,   20  avril    1756.     Lu  et  approuvé.     Le  colonel 
Quinoy,  M.  Trowbridge  et  M.  Cooper  sont  adjointe  au  comité. 

Certifié  :  1 1  KN  K  Y  Q]  BBS,  greffier  de  la  t 'hambre  di 

No.  54, 
Déposition  de   David  Thimias. 

Je,  David  Thomas,  déclare  et  «lit  ce  qui  suit:  —  Le  25  du  moia  de  mars  dernier,  je 
me  trouvais  chez  John  Little,  <•<•!• ,  à  Marshfield.     An  cours  de  la  conversation  au 
de  la  mise  des  Français  neutres  en  apprentissage,  j'ai  entendu  le  dit  Little  dire,  que  les 
conseillers   avaient    rais  Paul    Mitchell,  fils  de   Joseph  Mitchell,   en  apprentissage   chez 

Nathaniel   Clift  et  qu'ils    s'étaient  munis    de  garanties    pour  un    montant    de    vingt  ou 
trente  livres  sterling  ;  ce  montant  devant  être  appliqué  à  payer  les  dépenses  publiques 
J'ai  aussi  entendu  le  dit  Little  dire  qu'ils  avaient  aussi  mis  Francis,  un  autre  fils  du  dit 
Joseph,  en  apprentissage  chez  Anthony  Winslow,  mais  que  pour  celui-là  ils  ne   s'étaient 
pas  munis  de  garanties.   Et  je  suis  prêt  à  jurer  que  ce  qui  précède  est  vrai. 

DAVID  THOMAS. 

N°  55. 

Déposition  de  Caleb  Tildon. 

Je,  Caleb  Tildon,  majeur,  dépose  et  dit  :  Que  vers  le  24ième  jour  du  mois  de  mars 
dernier,  je  me  trouvais  présent  à  la  maison  d'école  du  bourg  de  Marshfield  où  résidaient 
quelques  Français  neutres  ;  que  deux  conseillers  du  dit  bourg  s'y  trouvaient  aussi  et 
j'ai  compris  qu'ils  y  étaient  venus  dans  le  but  de  mettre  en  apprentissage  quelques-uns 
des  dits  Français  neutres.  Ils  parlèrent  d'emmener  un  nommé  Francis  Mitchell,  jeune 
homme  de  24  ans  environ,  fils  de  Joseph  Mitchell.  Je  dis  alors  aux  conseillers  que 
j'avais  engagé  le  dit  Francis.  Ils  me  répondirent  qu'il  logeait  avec  les  neutres  et  con- 
sommait avec  eux  les  vivres  du  bourg.  Je  leur  fis  remarquer  que  j'avais  fourni  des 
vivres  au-delà  de  la  quantité  qu'il  avait  pu  recevoir  et  que  je  m'engagais  quant  au  dit 
Francis,  à  l'exempter  d'être  à  charge  au  bourg.  Ils  me  répondirent  qu'il  ne  devait  pas 
vivre  chez  moi  et  lui  ordonnèrent  d'aller  chez  Anthony  Winslow  ;  il  s'en  alla  donc  chez 
le  dit  Anthony  Winslow,  et  le  dit  Francis  nous  déclara  qu'il  partait  tout  à  fait  contre  son 
gré  et  que  son  père  était  entièrement  opposé  à  son  départ.  Ensuite,  ils  ordonnèrent  à 
Paul,  un  autre  fils  de  Joseph,  de  partir  avec  Nathaniel  Clift,  marin,  qui  était  présent. 
Celui  qui  s'appelait  Paul  était  âgé  de  seize  ans  à  peu  près,  et  son  père  et  sa  mère  étaient 
tout  à  fait  opposés  à  son  départ  avec  le  dit  Clift,  parce  que  ce  dernier  était  marin,  et 
que  le  dit  Paul  ne  pouvait  supporter  les  effets  de  la  mer.  Je  fis  remarquer  aux  con- 
seillers que  c'était  cruel  d'envoyer  un  jeune  homme  sur  la  mer  qui  le  rendait  malade  et 
qu'il  y  avait  beaucoup  de  gens  qui  le  feraient  travailler  sur  des  fermes.  Ils  répondirent 
qu'ils  devaient  l'envoyer  chez  le  dit  Clift  et  qu'il  fallait  qu'il  y  aille  ;  puis,  avec  l'aide  de 
cinq  ou  six  assistants,  ils  saisirent  le  jeune  homme  et  l'emmenèrent,  et  depuis  j'ai  appris 
qu'il  était  sur  la  mer.  Et  je  suis  prêt  à  jurer  que  cette  déclaration  est  conforme  à  la 
vérité. 

CALEB  TILDON. 


160  \i:<  Il  l\  l.s  CANADIEN  VI 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

N°  56. 

Ordre  relatif  à  la  pétition  de  Mitchell. 

Le  comité  chargé  de  considérer  la  pétition  de  Joseph  Mitchell,  se  trouve  dans  L'im- 
possibilité d'en  vérifier  L'exactitude  avant  la  fin  de  la  session,  à  cause  des  longues  distances 
a  parcourir  pour  visiter  les  endroits  où  les  faits  se  sont  accomplis.  Le  comité  croit  qu'il 
esl  préférable  de  renvoyer  cette  enquête  jusqu'à  la  prochaine  session  de  la  Législature. 
De  plus,  les  membres  du  comité  représentent  humblement,  que  tout  conseiller  de  cette 
province  qui  aurait  disposé  de  quelques-uns  des  enfants  des  Français  de  la  Nouvelle- 
Ecosse  pour  quelque  somme  d'argent  ou  autres  motifs  que  l'avantage  et  le  profit  immédiats 
de  ces  entants,  aurait  agi  contrairement  à  l'intention  de  cette  Législature  ;  en  outre, 
toutes  les  fois  qu'un  enfant  ou  des  enfants  pourront  et  voudront  pourvoir  à  leurs  propres 
besoins,  ou  lorsque  des  parents  ou  des  amis  s'en  chargeront,  cet  enfant  ou  ces  enfants  ne 
devront  pas  être  séparés  de  leurs  parents  ou  de  leurs  amis,  et  les  conseillers  devront, 
autant  que  possible,  consulter  les  parents  et  les  enfants  quant  à  leur  préférence  pour  le 
genre  de  travaux  qu'on  aura  en  vue  pour  eux. 

T.  HUTCHINSON. 

Au  Conseil,  le  20  avril  1756.  Le  rapport  ci-dessus  étant  lu,  il  est  ordonné  aux 
conseillers  de  tous  les  bourgs  où  se  trouvent  des  Français,  de  se  conformer  à  ce  qui  est 

Soumis  à  l'approbation. 

THOS.  CLARK E,  tous-secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  '20  avril  1756.     Lu  et  approuvé. 

T.   E[UBBARD,  orateur. 
Ratifié, 

W.  SHIRLEY. 

N°  60. 

Charles  Breau  et  Nicholas  Breau,  ci-devant  habitants  français  de  la  Nouvelle-Ecos- 
se, représentent  humblement  ce  qui  suit  à  l'honorable  Conseil  de  Sa  Majesté  de  la 
province  de  la  baie  du  Massachusetts  : — 

Quelque  temps  après  leur  arrivée  à  Boston,  les  pétitionnaires  furent  envoyés  avec 
leur  famille  composée  de  neuf  personnes  en  tout,  au  bourg  de  Hanover,  où  ils  furent  ins- 
tallés sous  la  surveillance  d'un  nommé  John  Bailey,  dans  la  maison  réservée  pour  les 
déportés.  Pendant  leur  séjour  à  cet  endroit,  c'est-à-dire  jusqu'à  samedi  dernier,  ils  se  sont 
efforcés  par  leur  travail  ainsi  que  leur  autre  frère  et  leurs  quatre  sœurs  de  pourvoir  à 
leurs  besoins  et  à  ceux  de  leurs  parents.  Bien  qu'ils  aient  constamment  travaillé,  car 
on  les  employait  soit  à  couper  du  bois,  à  enlever  de  la  pierre  ou  à  d'autres  travaux  des 
champs,  ils  n'ont  jamais  reçu  un  farthing,  et  pendant  les  quatorze  derniers  jours  on 
leur  a  distribué  très  peu  de  vivres  et  encore  tous  étaient  de  mauvaise  qualité  et  il  leur 
a  été  bien  difficile  de  vivre  dans  de  telles  conditions. 

Samedi  dernier  une  vingtaine  d'hommes  à  l'air  menaçant  ont  pénétré  dans  l'habita- 
tion des  pétitionnaires  et  plusieurs  portaient  des  cordes  dans  leurs  mains.  Ils  ont 
entraîné  le  père  et  la  mère  des  pétitionnaires,  vieillards  âgés  de  soixante-quatre  ans,  dans 
une  charrette  et  les  ont  emmenés  dans  un  endroit  inconnu,  ayant  auparavant  attaché 
avec  les  cordes  qu'ils  avaient  apportées  le  pétitionnaire  Nicholas  et  l'un  de  ses  frères, 
afin  qu'ils  ne  pussent  suivre  leurs  parents  âgés  et  sans  défense.  Le  dit  John  Bailey 
tenait  le  dit  Nicholas  à  la  gorge  pendant  qu'un  autre  l'attachait. 

Vos  pétitionnaires  prient  l'honorable  Conseil  de  s'intéresser  à  leur  situation,  et  de  leur 
accorder  la  protection  que  dans  sa  sagesse  et  dans  sa  bonté  il  croira  à  propos  ;  et  vos 
pétitionnaires  ne  cesseront  de  prier  etc. 

Boston,  26  avril  1756. 

La  marque  de  CHARLES    x    BREAU. 
et  de  NICHOLAS    +    BREAU. 


1,1  \  i   1/  0Q11    i>i        U    i/'//  V-      I  I  '  '     "'"  I   MEfiTi  III 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

A    uni-     <  .mer  «lu   <  \.n    ni    ti-nin-   .i    (  \nni.i  i«l 

(  >nl.»tiii.-  qu'une  copie  cerl  iflëe  de  la  plainte  de   p<  l 
a  .loi  m  Bailey  et  qu'il  soit   m né  de  comparaître  devant»  Oonaeil,  V  di,  5  m 

prochain. 

l'Il  I  P 

A  une  séance  du  <  lonseil,  à  Bo  ton,  le  jeudi  I  l  mai  l  i 

La  pétition  oi  dessin  ainsi  que  la  réponse  de  John  Bailej 
oonaeillera  du  bourg  de  II.  aover  ayant  été  relues,  le  (  Ion  eil  eota  le  renvoi  de  >n 

du  27  avril  etc. 

\ 

A  l'honorable  Conseil  de  Sa  Majesté,  de  la  province  de  la  baie  du  Ma 
Qu'il  plaise  aui  honorables  membres. 

Claude  Bourgeois  votre  pétitionnaire,  ci-devant  habitant  français  delà   Nouvelle 
Ecosse,  a  été  envoyé  avec  sa  famille  par  ordre  de  la  Législatur* 

toujours  résidé  avec  bm  femme  et  ses  enfants.     Il  demande  la   permission  de  repré  enter 
aux  honorables  membres  du  Conseil,  qu'il  y  s  environ  quat  dis  ou  douze  nom 

mes  sont  venus  ohez  lui  et  ont   emmené  deux  de  ses  fille*,  l'uni  de  vingt  cinq 

l'autre  de  dix-huit     Ses  filles  étaient  alors  occupées  à  nier  pour  la  famille,  les   pauvn 
restes  de  laine  qu'ils  avaient  pu  sauver  à  Annapolis.     Votre  pétitionnaire  ayant  ramené 
ses  tilles  au  toit  paternel,  on  lui  a  retranché  tous  les  \  h  i  depuis  quatorze  jours  il 

n'a  rien  reçu  pour  empêcher  sa  famille  de  mourir  de  faim.     De  plus,  le  propriétaire 
la  maison  dans  laquelle  il  demeure  le  menace  de  faire  travaillei  niante  pour  pa 

ment  du  loyer  de  la  maison.   Votre  pétitionnaire  prie  les  honorables  membres  du  Conseil 
de  venir  à  son  seeours  dans  ces  circonstances  et  il  ne  cessera  de  prier,  etc. 

La  marque  de  +  CLAUDE   BOURGEOIS. 

Boston,  4  mai  1  756. 

Au  Conseil,  5  mai  1756. 
Il  est  ordonné  qu'une  copie  de  la  pétition  ci-dessus  soit  envoyée  aux  conseillers 
d'Amesbury  qui  devront  immédiatement  faire  une  enquête  sévère  et  transmettre  un 
rapport  à  ce  sujet  au  Conseil  aussitôt  que  possible  ;  et  que  dans  l'intervalle  ils  doivent 
prendre  un  soin  particulier  des  Français  neutres  dans  le  dit  bourg,  les  traiter  avec 
humanité  et  prévenir  qu'ils  ne  soient  en  but  à  aucun  traitement  inhumain. 

S.   PHIPS. 
N°  65. 

Aux  honorables  membres  du  Conseil  de  Sa   Majesté,   de  la  province  de   la    baie  du 
Massachusetts  : 

La  pétition  de  John  Trahan  et  de  Peter  Trahan,  ci-devant  habitants  français  de  la 
Nouvelle- Ecosse,  expose  humblement  : 

Que  vos  pétitionnaires,  John,  âgé  de  26  ans,  et  Peter,  âgé  de  24  ans,  sont  menacés 
d'être  séparés  de  leurs  parents,  par  les  conseillers  de  Scituate,  bourg  dans  lequel  ils  ont 
été  installés  et  où  ils  ont  en  vérité  enduré  bien  des  misères.  Qu'on  leur  a  refusé  des 
vivres  depuis  [illisible]  jours.  Qu'ils  tiennent  plus  que  jamais  à  ne  pas  être  séparés  de 
leurs  parents  et  sont  prêts  à  faire  tout  ce  qu'ils  pourront  pour  leur  venir  en  aide. 

Vos  pétitionnaires  vous  prient  d'ordonner  de  les  secourir  et  de  leur  permettre  de 
vivre  avec  leurs  parents. 

La  marque  de  JOHN  -  TRAHAN. 
et  de  PETER  +  TRAHAN. 

Au  Conseil,  5  mai  1756.  Cette  pétition  ayant  été  lue,  il  est  ordonné  d'en  envoyer 
une  copie  aux  conseillers  de  Scituate  qui  devront  immédiatement  faire  une  enquête  au 
sujet  de  ces  plaintes  et  transmettre  un  rapport  au  Conseil  aussitôt  que  possible.  Dans 
l'intervalle,  ils  devront  prendre  bien  soin  des  Français  neutres  qui  se  trouvent  dans  le 
dit  bourg,  les  traiter  avec  humanité  et  empêcher  qu'ils  ne  soient  en  but  à  aucun  traite- 
ment inhumain. 

S.  PHIPS. 


162  1/.T///1  EB  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

A  une  séance  du  Conseil,  «à  Boston,  le  8  mai  1756. 

Attendu  qu'un  nommé  Peter  [Doucet|  (qui  a  été  envoyé  ici  dernièrement  avec  d'au- 
tres habitants  français  de  la  Nouvelle-Ecosse  auxquels  il  n'a  pas  été  permis  de  débar- 
quer) a  fait  connaître  au  Conseil  que  ses  parents  habitent  aujourd'hui  le  comté  d'York 
où  ils  sont  résidents  depuis  quelque  temps,  et  a  demandé  la  permission  de  venir  à  terre 
et  d'aller  demeurer  avec  eux.      Il  est  en  conséquence  *  * 

Recommandé  à  -Son  Honneur  le  lieutenant-gouverneur  de  donner  des  instructions  à  cet 
effet. 

PHIPS. 

N°  68. 

A  Son  Honneur  le  lieutenant-gouverneur  et  aux   honorables   membres  du  Conseil  de  Sa 
Majesté,  de  la  province  de  la  baie  du  Massachusetts. 

La  pétition  de  plusieurs  habitants  ci-devant  du  Cap  Sable  en  la  Nouvelle-Ecosse, 
expose  humblement  se  qui  suit  : — 

Vos  pétitionnaires  étaient  des  habitants  du  passage  Baccareau  au  Cap  Sable, 
endroit  éloigné  et  séparé  des  autres  établissements  de  l'Acadie,  où  ils  se  livraient  exclu 
sivement  à  la  pêche  et  ne  comptaient  que  sur  cette  ressource  pour  vivre.  Ce  genre  de 
vie  leur  a  fourni  souvent  l'occasion  de  secourir  des  pêcheurs  anglais  et  autres  gens  de 
cette  nation,  pour  laquelle  ils  ont  toujours  éprouvé  des  sentiments  d'amitié.  Ils  ont 
secouru  des  naufragés  et  tous  ceux  qui  étaient  dans  la  détresse,  et  fourni  des  choses 
nécessaires  à  ceux  qui  en  avaient  besoin.  Ils  ont  aussi  accordé  la  plus  cordiale  hospita- 
lité à  tous  ceux  qui  entraient  dans  leur  port  ;  et  les  Anglais  qui  vont  faire  la  pêche 
dans  ces  parages  diront  que  ce  qui  précède  est  vrai. 

Vos  pétitionnaires  actuellement  dans  ce  port,  craignent  d'être  transportés  à  la 
Caroline  du  Nord,  où  il  ne  leur  sera  pas  permis  de  se  livrer  à  un  travail  auquel  ils  sont 
habitués  pour  gagner  leur  vie,  et  ils  seront  obligés  pour  y  vivre  de  cultiver  la  terre  ou 
de  se  livrer  à  d'autres  travaux  qu'ils  n'ont  jamais  faits,  et  par  conséquent  ils  se  trouve- 
ront exposés  à  la  plus  grande  misère. 

Vos  pétitionnaires  vous  supplient  donc  humblement  et  vous  demandent  avec 
instance  de  prendre  leur  malheureuse  situation  en  considération  et  de  leur  permettre  de 
rester  dans  cette  province  où  l'on  pourra  les  employer  aux  travaux  qu'ils  faisaient  autre- 
fois ;  et  de  la  sorte,  le  changement  leur  paraîtra  moins  grand  parce  que  dans  tous  les 
endroits  de  pêche  ils  rencontreront  des  gens  qu'ils  ont  connus  et  avec  lesquels  ils  ont 
souvent  entretenu  des  relations  d'amitié 

Et  vos  pétitionnaires  ne  cesseront  de  prier. 

La  marque  de  JACQUES  +  MIREAU. 

et  de  +  JOSEPH  D'ENTREMONT. 

N°  185 

A  Son  Excellence  le  gouverneur  et  aux  honorables  membres  du  Conseil  et  de  la  Cham- 
bre des  représentants  de  la  province  de  la  baie  du  Massachusetts. 
François  Leblanc,  pauvre  habitant  de  l'Acadie,  représente  humblement,  qu'il  a  été 
placé  avec  sa  famille  à  la  Pointe  Shirley  et  que  cinq  de  ses  enfants  sont  des  hommes. 
Tous  ont  eu  beaucoup  de  peine  à  se  nourrir  depuis  que  les  vivres  que  leur  fournissait  la 
province  ont  été  retranchés  et  ils  ne  peuvent  présentement  trouver  du  travail.  L'hiver 
approche  et  ils  ne  voient  pas  de  chance  de  trouver  de  l'ouvrage  pendant  cette  saison. 
Les  choses  nécessaires  à  la  vie  coûtent  très  cher  à  cet  endroit  et  la  famille  de  votre 
pétionnaire  sera  en  danger  de  mourir  de  froid  et  de  faim.  Votre  pétitionnaire  a  des 
parents  qui  ont  été  placés  dans  le  bourg  d'York  ;  il  connaît  le  colonel  Donnell  et  le 
capitaine  Donnell,  avec  lesquels  il  a  fait  des  affaires  et  bien  qu'il  ait  atteint  l'âge  de  63 
ans,  il  se  croit  capable  avec  l'aide  de  ses  enfants  et  un  peu  d'assistance  du  public  de 
supporter  sa  famille  et  vous  prie  humblement  de  l'envoyer  à  cet  endroit  avec  sa  famille. 

Q.      ,    /  FRANÇOIS  LEBLANC 
fcigne    <  CHARLES  LEBLANC 


01  \  i  \i  001 E  m       WA  OU  S       11/'    /""  I  161 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Au  Oonieil,  la  20  août  1756  Apn  i  lecture  de  la  pétition  pn  -  l«-nf,<-,  il  ■  •  i.  ordonné 
que  James  Bdinot,  éor.,  et   oeus  que  la  Chambro  « I •  ■    i-« - j •  r-- •••.•■ni.-ini  ropoe  de 

lui  adjoindre,  constituent  un  comité*  chargé  de  oon  id<  roi  <<-iir  pétition  »i  «l  indiqui 
qu'il  y  aura  i  faire. 

Bouml    à  i  approbal  î  «  »  i  j  , 

.1.  MILLIARD 

A  là  Chah  BRI  Dia  bipbbsbhtàhts,  le  20  août  1766      Lu  et  approuva      Tl 
Poster,  éor,  el  M.  Stockbridge  Boni  nommés  pour  faire  partie  du  corn 

Il  r  BBAB  D,  oratew 

Nu  216. 

A  la  Chambbe  dbs  bbpbbsbntabts,  le  10   ept.  1766, 

Ordonné  que  François  Leblanc  aoil  transporte  avec  sa  famille  de  la  Pointe  Shirlej 
Needham,  et  que  le  shérif  du  comté  de  Suffolk  soit  requis  de  se  charger  de  cette  tâche. 

Soumis  à  l'approbal  ion, 

T.    HUBBARD,    orateur. 

Au  Conseil,  le  10  sept.  L756,     Lu  et  approuv 

.1.    WILLAKD,  secrétaire. 
Ratifié 
W.  Shirley. 

Le  comité  auquel  a  été  référé  la  pétition  de  François  Leblanc  s'étant  réuni,  a  cons- 
taté après  avoir  considéré  les  faits  qu'il  est  vrai  que  cette  famille  ne  pouvait  trouver  du 
travail  à  la  Pointe  Shirley  et  qu'elle  n'avait  aucun  espoir  de  se  procurer  les  choses  n< 
saires  pour  passer  l'hiver.  Pour  cette  raison  ce  comité  croit  que  ces  gens  devraient  être 
transportés  à  quelque  autre  endroit  où  il  leur  sera  plus  facile  de  se  procurer  du  travail 
et  pourvoir  à  leurs  besoins. 

JAMES  MINOT,  par  ordre. 

Au  Conseil,  le  26  août  1756.  Le  rapport  est  lu  et  accepté.  Soumis  à  l'appro- 
bation. 

J.  WILLARD,  secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  27  août  1756.     Lu  et  approuvé. 

T.   HUBBARD,  orateur. 
Ratifié,  W.  Shirley. 

N°  187. 

A  Son  Excellence  le  gouverneur,  et  aux  honorables  membres  du  Conseil  et  de  la 
Chambre  des  représentants  de  la  Province  de  la  baie  du  Massachusetts. 

La  pétition  d'Eléonore  Thibaudau,  autrefois  de  la  Nouvelle-Ecosse,  expose  humble- 
ment : — 

Que  votre  pétitionnaire  a  été  placée  par  le  gouvernement  avec  son  mari  et  ses 
enfants,  dans  un  bourg  appelé  Malden,  où  elle  réside  encore. 

Son  mari  est  mort  il  y  a  quatre  semaines,  et  elle  est  restée  veuve  inconsolable  avec 
cinq  petits  enfants  dont  le  dernier  est  un  bébé  qu'elle  berce  dans  ses  bras,  et  le  plus  âgé 
n'a  que  douze  ans.     Elle  est  privée  de  tout  secours  dans  cette  triste  situation. 

Sa  nièce,  une  grande  fille,  après  avoir  appris  son  infortune  est  venue  de  Dorchester 
pour  l'assister  et  demeurer  avec  elle.  Elle  lui  serait  d'une  grande  utilité  et  pourrait 
l'aider  beaucoup  dans  un  pays  étranger  où  il  n'y  a  autour  d'elle  que  des  gens  qu'elle  ne 
connaît  pas,  à  l'exception  de  ses  pauvres  enfants  qui  n'ont  plus  de  père  ;  mais  les 
conseillers  du  bourg  ne  veulent  pas  que  sa  nièce  reste  ici,  prétendant  qu'elle  leur  sera 
un  fardeau  de  plus. 

Votre  pétitionnaire  supplie  donc  Votre  Excellence  et  les  honorables  membres  d'avoir 
pitié  d'une  veuve  et  de  ses  orphelins  et  de  lui  accorder  la  faveur  de  garder  sa  nièce 
auprès  d'elle. 


164  i/;r///i  />■  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

El  votre  pél  itionoaire  ne  i  de  j  lier. 


Boston,  le  •-,:>»  aoûl  L756.  ELBONOR  +  THIBOUDAU, 

marque. 

Au  Conseil,  le  23  août  1 7  ~>(ï.  Lue  et  ordonné  que  la  demande  de  la  pétitionnaire 
soit  accordée. 

Soumise  à  l'approbation.  THOS.   CLARKK,   secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  23  août  1756.      Lue  et  approuvée. 

Ratifiée  M.  Shirley.  T.  HUBBARD,  orateur. 

N°  215. 
Province  de  la  baie    ) 
du  Massachusetts     j 

A  Son  Excellence  William  Shirley,  écr.,  gouverneur  et  aux  honorables  membres  du 
Conseil  et  de  la  Chambre  des  représentants,  siégeant  le  10  sept.  1756. 

La  pétition  de  Marguerite  Dowsett  [Doucet],  autrefois  de  la  Nouvelle-Ecosse, 
expose  : 

Que  votre  pétitionnaire  est  présentement  très  malade  de  la  fièvre  à  Boston  et  elle 
supplie  humblement,  si  Dieu  lui  conserve  la  vie  et  lui  rend  la  santé,  qu'on  lui  accorde  la 
permission  d'aller  demeurer  avec  son  frère  Peter  Dowsett  à  Newbury.  Ce  frère  est  le 
seul  parent  et  ami  qu'elle  a  dans  ce  pays.  Pour  cette  faveur,  elle  ne  cessera  de 
prier  itc.  sa 

MARGARET   +    D  AVSEÏT. 
marque. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  10  sept.  1756.  Lue  et  ordonné  que  cette  permis- 
sion soit  accordée. 

Soumise  à  l'approbation. 


Au  Conseil,  le  10  sepo.  1756.     Lue  et  approuvée. 
Ratifiée.      W.  Shirley. 


T.    HUBBARD,  orateur. 
J.  W1LLARD,  secrétaire. 


N'2  228,  Sec.  425. 
Province  de  la  baie 
du  Massachusetts 
A  Son  Excellence  Spencer  Phips,  écr.,  lieutenant-gouverneur  et  aux  honorables  membres 

du  Conseil  de  la  dite  province. 
L'humble  pétition  d'Augustin  Hébert  expose  très  humblement  : 

Que  votre  pétitionnaire  qui  réside  actuellement  à  Watertown,  a  été  traité  dernière- 
ment très  brutalement  par  le  capt.  Conligot  qui  lui  a  arraché  un  de  ses  enfants  lorsque 
votre  pétitionnaire  parvenait  à  les  faiie  vivre  par  son  travail.  Et  non  content  de  cela, 
il  a  battu  votre  malheureux  pétitionnaire  au  point  que  celui-ci  a  pu  à  peine  marcher 
pendant  deux  semaines.  Tous  les  signataires  sont  prêts  à  jurer  ce  qui  précède  et  il  est 
bien  cruel  pour  un  homme  de  se  voir  enlever  ses  enfants,  de  se  faire  maltraiter  aussi 
brutalement  et  de  voir  traiter  sa  femme  inhumainement.  Mais  je  compte  sur  votre 
esprit  de  justice  et  d'équité  et  j'espère  qu'après  avoir  pris  les  faits  susmentionnés  en 
considération,  vous  n'hésiterez  pas  à  faire  réparer  les  torts  qu'on  m'a  causés  ;  et  votre 
pétitionnaire,  comme  il  le  doit,  ne  cessera  de  prier. 

Signature  des  AUGUSTIN    +    HEBERT. 

témoins  des  mauvais  traitements  : 

Paul    -f    Braux.  Augustin    +    Hébert. 

Jean    -f    Landry.  Antoine    +    Hébert. 

Charles    +    Hébert.  Olivier    +    Hébert. 

Jacq.    +    Hébert.  Joseph    +    Hébert. 

Pierre   +    Hébert.  Fra.    +   Landry. 
7  octobre  1756. 


01  \  I    \l  0(111     i>l        LC  l  /'//  \        il/'     !)<M  i   Ml  v   > 

DOC.  DE  LA  SESSION  No 

l 'i  o\  une  t|r   la  Dû  i<-     | 

du    M.i      .i.-Iiii  .cl  I  H      | 

A  l  honorable  Spencer  Phips,  ëor.,  Lieutenanl  gouverneui   et  con 

dite    provino6i    et  au*    bonorable     membres   du   Con  eil 

Chambre  des  repre*  ent  tnl  jour  de  janvier,  A.  I  >  ,  l' 

L'humble  pétition  ne  Claude  I  '»«  nway,  i  Benoit    pau   i     I  i 
incui    de  la  Nouvelle  Eco  1e    dam  cette  province  ave< 
membres,  expo  e  humblement  oe  qui    ail 

Votre    pétitionnaire   âjçé  d'environ    cinquante   el  un 
delà  Législature,  esl  allé  demeurer  à  Cambridge   avec    ia    femme  cinq  enfani 

dont  les  trois  plus  vieux   sont   des  filles.     L'aînée  i  aviron  rinj 

deux  autres  sont  des  garçons,  dont  le  plus  jeune  d'environ    ix  au 

bionnaire  et  sa  famille  auraient  été  heureux  de  demi  adroit,   mais  peu  de 

temps  après  leur  arrivée,   les  conseillers  de  Cambridge  ont    envoyé   les  enfant 
pét  tionnaire  chez  un  M    Campbell  d'Oxford      Votre  pétitionnai]    i         femme  mi 
l'amour  paternel  et  entraînés  par  leur  affection  pour  leurs  enfant 

chei  le  dit  Campbell  et  ont  vécu  là  avec  eux  (dans  des  conditions  telles  que  i         pétition- 
naire serait  heureux    d'en  donner  connaissance   verbalement  aux    honorables  membn 
Ledit  Campbell   a  ensuite  dispersé   les  enfants  <!<'   votre  pétitionnaire  dans  difl 
endroits  et    nous  en   avons  r         bi  beaucoup  de  peine  et  de  chagrin.     Pour  éviter  < 
cruautés  votre  pétitionnaire  s'est    enfui  avec  sa  famille  chez  Bon  frère  qui  demeure 
Newton.     Grâce  à  la  charité  publique,   nous  avons   vécu   pendant   quelque 
Brookline  et  pendant  quelque  temps  à  Newton,  jusqu'à  ce  que  1<  pillera  de  Newton 

nous  aient  renvoyés   à  Cambridge.      \j  illers  de  Cambridge   à  une  heure  avancée 

de  l'après  midi,  nous  conduisirent  dans  une  charrette  chez  notre  frère  qui  demeure  dans 
une  petite  maison  à  Newton  où  se  trouvent  deux  familles  composées  de  treize  personnes 
qui  ont  été  envoyées  à  cet  en  Iroit  par  ordre  de  la  Législature  (d'après  la  version  des 
conseillers  de  Newton).  Les  conseillers  de  Newton  ont  refusé  de  s'occuper  de  nous  et 
nous  ont  menacés  de  nous  envoyer  à  la  prison  commune,  si  nous  ne  partions  immédiate- 
ment. Dans  ces  circonstances  déplorables,  votre  pétitionnaire  vous  supplie  d'avoir 
pitié  de  lui  et  de  sa  famille  et  de  ne  pas  les  obliger  de  retourner  chez  le  dit  Campbell  à 
Oxford,  mais  de  fournir  une  logement  confortable  à  votre  pétitionnaire  et  à  sa  famille 
qui  veulent  travailler  et  faire  tout  ce  qui  est  en  leur  pouvoir  pour  se  supporter  eux- 
mêmes,  ou  de  prendre  à  leur  égard  les  mesures  que  dans  votre  grande  sagesse  vous 
croirez  à-propos.      Et  votre  pétitionnaire,  comme  il  le  doit,  ne  cessera  de  prier,  etc. 

sa 

Claude   4-   Benway. 
marque 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  7  janvier  1757. 

Lue  et  ordonné  '  A  '  que  les  conseillers  de  Newton  soient  autorisés  par  les  présentes 
de  transporter  le  dit  Claude  Benway  et  sa  femme  à  Cambridge  où  ils  avaient  été  d'abord 
installés  par  ordre  de  cette  Législature  :  et  que  les  conseillers  de  Cambridge  '  B  '  soient 
par  les  présentes  requis  d'en  prendre  soin  conformément  aux  lois  relatives  aux  habitants 
de  la  Nouvelle- Ecosse  qui  demeurent  dans  cette  province.     '  C  '  Soumis  à  l'approbation. 

T.   HUBBARD,  orateur. 

Au  Conseil  le  2  février  1757.    Lu  et  approuvé  avec  les  amendements  A  et  B  :  C. 
Soumis  à  l'approbation. 

A.   OLIVER,  secrétaire. 
A  la  Chambre  des  représentants,  le  2  février  1757.      Lu  et  rejeté  à  l'unanimité  :  la 
Législature  s'en  tenant  à  son  premier  vote. 
Soumis  à  l'approbation. 


Au  Conseil,  le  2  février  1757.      Lu  et  approuvé. 


T.   HUBBARD,  orateur. 
A.  OLIVER,  secrétaire. 


166  ARCHIVES  i  AXADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Au  (  lonseil,  le  5  février  1757.     Une  motion  est  proposée  et  secondée,  ordonnant  de 
aminer  cette  pétition  le  jeudi  suivant  à  11  heures. 

THOS.  CLARKE,  sous-secrétaire. 

Au  Conseil,  le  8  février  1757.  Lu  et  rejeté  à  l'unanimité,  et  le  Conseil  s'en  tient 
à  son  premier  vote. 

Soumis  à  l'approbation. 

THOS.  CLARKE.  sous-secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  8  février  1757.  Lu  et  rejeté  à  l'unanimité,  et 
la  Chambre  persiste  à  maintenir  son  propre  vote. 

Soumis  à  l'approbation. 

T.   HUBBARD,  orateur. 
"  A."  A  retrancher  "B," 

"  A  retrancher  Cambridge,  insérer  Newton."  C.  Insérer  jusqu'à  nouvel  ordre  de 
cette  Législature  ;  et  qu'une  copie  de  cette  pétition  soit  transmise  à  Duncan  Cainpbell, 
écr.,  afin  qu'il  pui«se  répondre  à  ces  accusations  jeudi  le  24  courant,  s'il  y  a  réunion  des 
membres  ce  jour-là,  sinon  à  la  prochaine  séance  qui  aura  lieu  le  jeudi. 

Au  Conseil,  le  8  février  1757.  Lu  et  rejeté.  Vu  qu'il  appert  que  dix  habitants 
français  seulement  devaient  être  envoyés  par  ordre  de  la  Législature  au  bourg  de  Cam- 
bridge, au  mois  de  septembre  dernier  ;  que  trois  des  Français  neutres  avaient  reçu  ordre 
de  se  rendre  au  bourg  de  Dunstable,  et  que  les  conseillers  de  Cambridge  en  ont  pris 
treize,  y  compris  les  trois  qui  devaient  être  envoyés  à  Dunstable  et  en  ont  pris  soin  de- 
puis. Il  est  par  conséquent  ordonné  que  les  conseillers  de  Newton  soient  libres  d'en- 
voyer le  dit  Claude  Benway  et  sa  femme  à  Dunstable  et  que  les  conseillers  de  Dunstable 
soient  requis  par  les  présentes  d'en  prendre  soin,  conformément  aux  lois  promulguées 
par  le  gouvernement  à  cet  effet. 

Soumis  à  l'approbation. 

A.  OLIVER,  secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  14  février  1757.  Lu  et  renvoyé  à  une  date 
ultérieure. 

N°  358. 

A  Son  Excellence  le  lieutenant-gouverneur  et  à  l'honorable  Conseil  de  Sa  Majesté,  de  la 
province  de  la  baie  du  Massachusetts,  Nouvelle- Angleterre. 

La  pétition  de  Belloni  Melançon,  ci-devant  habitant  de  la  Nouvelle- Ecosse,  expose 
humblement  : — 

Que  votre  pétitionnaire,  ses  sept  enfants  et  sa  femme,  ainsi  que  le  frère  de  celle-ci 
avec  sa  femme  et  quatre  enfants,  ont  été  envoyés  à  Lancaster  par  ordre  du  gouverne- 
ment, où  ils  ont  demeuré  pendant  douze  mois,  mais  qu'ils  ont  été  forcés  de  quitter  cette 
place,  il  y  a  environ  vingt-quatre  jours,  à  cause  de  la  misère.  Pendant  les  trois  premiers 
mois  ils  ont  été  bien  traités  et  n'avaient  aucune  raison  de  se  plaindre,  mais  par  la  suite 
on  a  commencé  à  leur  faire  subir  des  mauvais  traitements.  On  a  premièrement  proposé 
à  votre  pétitionnaire  de  lui  enlever  ses  enfants  ;  il  a  refusé  de  les  laisser  partir,  disant 
qu'il  aimerait  mieux  les  voir  mourir  plutôt  que  s'en  séparer  ;  et  le  capitaine  Richardson 
lui  dit'alors  qu'il  allait  prendre  soin  des  trois  plus  jeunes  ainsi  que  la  femme  de  son 
beau-frère  qui  était  atteinte  de  désordre  cérébral,  et  que  les  autres  devaient  gagner  leur 
vie  ou  mourir  de  faim. 

Votre  pétitionnaire  s'est  alors  décidé  de  placer  ses  deux  fils,  à  condition  d'en  placer 
un  lui-même  et  de  laisser  le  magistrat  Richardson  s'occuper  de  l'autre.  D'après  cet  engage- 
ment, votre  pétitionnaire  en  a  engagé  un  pour  travailler  chez  M.  James  Wilder  et  l'autre 
est  allé  demeurer  chez  le  magistrat  Richardson.  Mais  M.  Richardson  obligea  bientôt  votre 
pétitionnaire  de  retirer  son  fils  qu'il  avait  placé  chez  M.  Wilder,  prétendant  qu'il  lui 
appartenait  de  le  placer  où  il  voudrait  ;  en  outre,  il  a  battu  et  maltraité  celui  qui  demeu- 
rait chez  lui  d'une  cruelle  manière,  lui  a  fait  des  meurtrissures  noires  et  bleues  au  bras, 
au  point  qu'il  n'a  pu  se  servir  de  ce  membre  pendant  un  mois.  Nous  avons  ensuite  été 
forcés  de  quitter  la  maison  que  nous  habitions  et  nous  avons  été  transportés  dans  une 


i,i  \  i   1/  00/1    DJ       i<   ÏDIÏ  \       ii/'    /""  ■'  VI  \  i  Wl 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

autre.     Dana  oette  circonstance,  une  pauvre  tannin-  i  »« .  1 1  #  - 1 1  .    .  .  i.  in  lii  <i 

(  iHiiifc  dans   la  rliarirl  te  (|Mi   Jr\  .ni      mais    t.i  m  Q|  I .«  >i  I  <t         BfOf,     HOU       SVOn  %\\èn 

dans  mu'  .i m i r« •  maifoo  où  nous  ■(▼oui  mené*  une  <m  tenoe  mi  '  rabl<  boii 

pour  chauffer  durant  l'hiver,  et    ne   recevant  de     vivres  que  pour  l<--.  i:inc|  plu 
enfante,     BSn  sorte  Que  votre  pétitionnaire  a  été  obligé  de  quitter  cet  endroit  et  !«•  de 
oendre  à  Blilton,  d'où  il    <■  I   rendu  à  Weymouth.     Il  voue    •  i j » j » 1 1 « •  <l<-  lui  permettre  de 
demeurer  à  oe  dernier  endroit,  de  lui  fournit  une  mai  on   pour   e  lo 
s'efforcera  de  faire  vivre  bm  tamme  qui  <-si    iniinnn  h    ••    rmq  miant  .     Il  pia< 
deux  HIm  atnéa  dans  quelques  bonnet  familles. 

Bit  votre  pétitionnaire  n»-  oei  ers  de  prier,  etc. 

BELLON1    :    MELANt  ON. 

iii;u<|W. 

Boston,  le  22  février  1 757. 

Au  Conseil,  le  22  février  1757.  (Vite  pétition  «tant  lue,  il  est  ordonné  que  Sylvanus 
Boum,  trr.,  vt  ceux  (jur  la  Chambre  des  représentants  voudra  lui  adjoindre,  constituent 
un  comité  chargé  d'entendre  le  pétitionnaire  et  les  autres  personnes  concernées  et  de 
faire  connaître  les  mesures  que  le  eomité  croira  à  propos  de  prendre  en  cette  occurrence. 

Soumis  à  l'approbation. 

THOMAS  CLARKE,  um    secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  22  février  1757. 

Lu  et  approuvé.     Le  colonel  Merry  et  M.  Turner  sont  nommés  membres  du  comité 

T.   HUBBARD,  orateur. 

N°  35. 

Le  comité  chargé  de  considérer  la  pétition  de  Belloni  Melancon  transmise  en  son 
nom  et  au  nom  de  quelques  autres  expulsés  français,  s'est  réuni,  et  après  avoir  entendu 
le  pétitionnaire  et  l'un  des  conseillers  de  Lancaster,  au  sujet  des  plaintes  formulées  dans 
la  pétition  et  reçu  aussi  le  témoignage  d'un  représentant  de  Weymouth,  où  demeurent 
aujourd'hui  les  Français  dont  il  est  question  dans  cette  pétition,  demande  la  permission 
de  faire  le  rapport  suivant,  savoir  : 

Qu'il  ne  paraît  pas  que  le  pétitionnaire  ait  eu  raison  de  se  plaindre,  car  aucun  des 
conseillers  de  Lancaster  a  eu'connaissance  des  faits  dont  il  est  question  dans  la  pétition. 
Par  conséquent  le  comité  croit  que  ces  Français  devraient  recevoir  l'ordre  de  retourner 
à  Lancaster  d'où  ils  sont  partis  après  avoir  causé  du  désordre.  Le  tout  humblement 
soumis. 

Par  ordre  du  comité. 

SILVANUS  BOURN. 

Au  Conseil,  le  24  février  1757.  Après  la  lecture  du  rapport,  il  est  ordonné  que  la 
partie  concernant  les  plaintes  du  pétitionnaire  trouvées  non  fondées,  soit  acceptée  ;  mais 
considérant  que  le  pétitionnaire  s'engage  de  faire  vivre  sa  famille  et  les  autres  Français 
partis  de  Lancaster,  à  condition  qu'une  maison  et  le  chauffage  lui  soient  fournis,  qu'il 
est  décidé  de  placer  deux  de  ses  fils  en  service  dans  des  familles,  que  le  pétitionnaire 
est  pêcheur  par  métier  et  qu'il  lui  est  impossible  de  faire  la  pAche  à  Lancaster  :  il  est 
par  conséquent  ordonné  de  lui  accorder  la  liberté  de  résider  dans  le  bourg  de  Weymouth 
jusqu'à  ce  que  ce  Conseil  en  décide  autrement  ;  en  outre,  que  les  conseillers  de  ce  bourg 
soient  autorisés  de  placer  deux  de  ses  fils  dans  des  familles  anglaises  à  des  conditions 
raisonnables,  de  procurer  un  logement  aux  autres  et  de  leur  accorder  la  liberté  de 
couper  dans  un  endroit  aussi  approprié  que  possible,  le  bois  de  chauffage  nécessaire.  Le 
loyer  de  la  maison  et  le  bois  de  chauffage  devront  être  mis  au  débit  de  la  province. 

Soumis  à  l'approbation  de  la  Chambre  etc. 

THOS.  CLARKE,  sous-secrétaire. 


168  mu  ///!  /..     CA1   IDIE  \  VEB 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


A  la  Chambre  'I»'-  représentants,  l<"  25  février  1757.      Lu  et  rejeté  à  l'unanimité  et 
il  est  ordonné  que  le  rapport  du  comité  soil   accepté   et  que  les  dits  Français  neutres 
ii  requin  de  retourner  au  bourg  de  Lancaster.     Soumis  à  l'approbation  du  Conseil 

T.   BUBBARD,  orateur. 
Au  Conseil,  Le  25  février,  1757.     Lu  et  approuvé. 


Rai  itir. 


A.   OLIVER,   secrétaire. 
S.   PHIPS. 


N°  373,  sec.  389. 


A  Sou  ilonneurle  lieutenant-gouverneur  et  aux  honorables  membres  du  Conseil 
et  de  la  Chambre  des  représentants  de  la  province  de  la  baie  du  Massachusetts.  La 
pétition  de  Peter  Boudreault  expose  humblement  : 

Que  votre  pétitionnaire  ci-devant  habitant  de  la  Nouvelle-Ecosse  a  reçu  ordre  d'aller 
résider  à  Scituate  avec  sa  femme  et  ses  enfants.  A  cet  endroit  ils  ont  enduré  jusqu'à  ce 
jour,  toutes  sortes  de  privations  et  ne  pouvant  plus  vivre  dans  cette  localité  ils  sont 
venus  à  Boston  implorer  votre  protection.  On  lui  a  pris  deux  de  ses  enfants  qui  ont  été 
chargés  du  soin  des  chevaux  et  après  deux  ou  trois  mois  de  durs  travaux  ceux-ci  ne 
reçurent  pour  paiement  que  quelques  guenilles.  Votre  pétitionnaire  serait  content  de  tra- 
vailler et  de  faire  travailler  ses  enfants  si  on  les  payait,  mais  ne  connaissant  ni  la  langue 
anglaise  ni  les  coutumes  de  ce  pays,  ils  ne  savent  à  qui  s'adresser  pour  obtenir  justice, 
lorsqu'on  refuse  de  les  payer  pour  leur  travail  ou  qu'on  leur  donne  un  salaire  insuffisant; 
en  sorte  que  les  habitants  de  ce  pays  peuvent  les  traiter  comme  il  leur  plait.  Votre 
pétitionnaire,  au  cours  de  l'hiver  dernier,  a  été  employé  à  couper  du  bois  pour  un  nommé 
Israël  Kandall,  il  en  a  coupé  vingt  quatre  cordes  et  n'a  été  payé  que  pour  huit  pour  les- 
quelles il  a  reçu  des  vivres  qu'il  a  apportés  à  sa  femme  qui  était  ma'ade.  Jusqu'à  ce 
jour  il  n'a  rien  reçu  pour  la  balance  du  bois  qu'il  a  coupé  et  il  ne  sait  comment  s'y  pren- 
dre pour  obtenir  ce  qui  lui  est  légitimement  dû  autrement  qu'en  vous  demandant  de  lui 
faire  rendre  justice.  On  refuse  la  subsistance  à  votre  pétitionnaire  et  il  ne  peut  faire 
payer  son  travail  quand  il  a  eu  la  chance  d'en  faire.  On  doit  venir  lui  enlever  ses  en- 
fants cette  semaine  et  votre  pétitionnaire  ne  pouvant  supporter  la  pensée  d'être  séparé 
de  ses  enfants,  est  venu  vous  demander  protection  et  vous  prie  de  lui  accorder  le  secours 
que  dans  votre  sagesse  vous  trouverez  à-propos.  Et  votre  pétitionnaire  ne  cessera  de 
prier. 

sa 
PETEPv  +  BOUDREAU 
marque 

Au  Conseil,  le  1er  avril  1757.  Cette  pétition  étant  lue,  il  est  ordonné  que  Samuel 
Watts  et  William  Brattle,  écuyers,  et  ceux  que  la  Chambre  des  représentants  voudra  leur 
adjoindre,  constituent  un  comité  chargé  de  considérer  cette  pétition  et  d'indiquer  les 
mesures  qui  devront  être  prises  en  cette  occurrence.  Soumis  à  l'approbation  de  cette 
Chambre. 

THOS.  CLARK E,  sous- secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  2  avril  1757.  Lu  et  approuvé.  Le  colonel 
Cotton  et  MM.  Prentice  et  Umphrys  sont  nommés  pour  faire  partie  du  comité. 

T.   HUBBARD,  orateur. 

N°  3S1  sec.  214. 

A  Son  Honneur  Spencer  Phips,  écr.,  lieutenant-gouverneur  et  commandant  en  chef  de 
la  province  delà  baie  du  Massachusetts  en  la  Nouvelle-Angleterre  ;  aux  honorables  mem- 
bres du  Conseil  de  Sa  Majesté  et  de  la  Chambre  des  représentants,  siégeant  le  30  mars 
1757.     La  pétition  des  conseillers  de  Leicester  expose  humblement  : 

Que  vos  pétitionnaires  conformément  à  vos  ordres,  ont  pris  soin  aussi  bien  que  pos- 
sible de  James  Morris  [Jacques  Vigneau  dit  Maurice]  et  de  sa  famille,  qui  se  compose 
de    vingt   personnes   en   tout    et   de  manière   à   causer  le  moins  de  frais  possible  à  \«, 


01  \r  ILOOIE  m       10  iDIl  Vl     L1  i  '    D0(  I  M 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

proi  inrc ,  que   le   ooûl    de  leur  ont  pel  ien  dar  int    la     i    on  d 
pour    ohaque    membre.      Non     avion     l'e  poir,    unn    foi     l'h  i   •«'•,    <l<-    h 

pour  œs  geni  quelque  ••hJm.ii  où  il  h  pourraient    pourvoir    inon  entièn  du   mo 

à  une  p*i  i  ie  de  leurs  be  loin  .  mai     nou 

ml  dans  des  conditions   belles  que   pei  onne  ne   veul    le    prendi 
I ie  père  et  la   mère  fl  ;<     i     pocl  h ornent  de  B6  <■' 

hUs  aîné  est  d'une  constitution  faible,  el  i  quatre  enfant  ad  fila  a  un  enl 

il  femme  est    tur  le  point  de  donner  naiisanoe  è  un  autre;  le  troisième  a   une  femme 
avec  un   enfant  à  la   mamelle;  le  quatrième  a  une  fournie  qui  -hé  dernièrement 

et  qui  est  encore  malade  <%t  faible  ;  l<%  cinquième  h  une  femme  et  un  enfai  l  me 

et  dernière  enfant  esl  une  petite  fille,     On  ne  veut  plus  les  garder  dan 
Us  sont  aujourd'hui,  et  les  frais  de  leur-  entretien  augmentent,   |  [ue  nous  somn 

obligés  de  faire   venir  des   rivres  pour  eui    des  bourgs  roi  in        En 
pétitionnaires  vous  prient  humblement  «le  faire  transporter  le  dit  Jam<  famille 

dans  un  autre  bourg  où  leur  entretien  coûtera  moins  cher,  ou  de  nous  faire  parvenir 
des  instructions  spéciales  à  leur  égard. 

Le  tout  est  soumis  humblement 


Daniel  Bbnshaw 
Benj.   Earls 

JONATB  \N     Nl.\N  H  ALI. 


(  Sonseil  i 
de  I  a 


Au  Conseil,  le  1  avril  1757.      La  pétition  est  lue  et  envoyée  à  la  Chambi 

représentants.     Le  22  avril  1757.     Renvoyée  à  la  session  du  mois  de  mai. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  10  juin  1757. 

Lapétition  est  lue  et  considérée;  et  il  est  ordonné  qu'un  comité  soit  nommé  et  chargé 
de  s'enquérir  des  mesures  que  nécessite  la  situation  des  habitants  de  la  Nouvelle- 
Ecosse  dans  cette  province  et  de  préparer  un  rapport  à  cet  effet. 

Soumis  à  l'approbation  du  Conseil. 

T.   HUBBARD,  orateur. 
Au  Conseil,  le  15  juin  1757.     Lu  et  approuvé. 

A.  OLIVER,  sec. 

N°  395. 

La  pétition  de  Amot  Fuller,  représentant  de  Needham.  Il  demande  d'envoyer  dans 
un  autre  bourg  une  partie  de^  douze  habitants  français.     Datée  le  -  avril  1757. 

N°  398. 

Boston,  le  2  mai  17;") 7 

A  l'honorable  Conseil  de  Sa  Majesté,  province  de  la  baie  du  Massachusetts.  La 
pétition  de  Magloire  Hébert  expose  humblement  : 

Que  votre  pétitionnaire,  autrefois  habitant  de  la  Nouvelle-Ecosse,  fut  arrêté  par  le 
gouvernement  de  cette  province  en  revenant  de  la  Caroline  et  placé  avec  sa  famille  dans 
un  bourg  appelé  Attleborough,  où  il  a  demeuré  depuis  le  mois  de  juillet  1756. 

Il  a  reçu  des  provisions  pendant  les  quatre  premières  semaines  qui  suivirent  son 
arrivée  ;  les  conseillers  le  faisaient  travailler  pour  le  paiement  des  vivres  qu'il  recevait 
et  depuis  ce  temps  il  a  toujours  travaillé  pour  payer  l'entretien  de  sa  famille  qui  se  com- 
pose de  votre  pétitionnaire,  de  sa  femme  et  de  trois  enfants,  mais  malgré  son  travail  il 
n'a  pu  se  procurer  des  vêtements  pour  empêcher  sa  famille  de  se  trouver  nue. 

Maintenant  les  conseillers  ne  lui  donnent  ni  travail  ni  vivres,  de  sorte  qu'il  se 
trouve  avec  sa  famille  dans  la  plus  grande  détresse  et  en  danger  de  périr,  si  vous  ne 
donnez  ordre  de  nous  secourir.  Votre  pétitionnaire  supplie  cet  honorable  Conseil  de  le  pro- 
téger et  de  lui  faire  obtenir  les  mêmes  rations  qui  sont  accordées  à  ses  compatriotes  qui 

(a)  Par  James  il  faut  comprendre  Jacques  Vigneau  dit  Maurice.  On  remarquera  qu'au  cours  de  cet 
appendice  E  nous  avons  scrupuleusement  respecté,  dans  la  traduction  de  ces  diverses  pièces,  l'ortographe 
des  noms  et  prénoms  telle  que  donnée  dans  les  documents  qui  sont  à  Boston,  quoique  ces  noms  et  prénoms 
y  soient  affreusement  défigurés.  Invariablement  les  prénoms,  surtout,  sont  écrits  à  l'anglaise,  même  dans 
la  requête  des  Acadiens. 

18—43     r-16 


170  \i:<lll\  ES  '   !  \  IDJENNEB 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

se  trouvent  dans  Les  mêmes  circonstances  dans  d'autres  endroits,  et  qui  de  plus  sont  con- 
tents de  leur  soit  et  reçoivent  les  meilleurs  soins.  Et  votre  pétitionnaire  ne  cessera 
de  prier. 

MAGLOIRE  HÉBERT. 

N°   402,  omis. 

La  pétition  des  conseillers  du  bourg  de  Mathuen  informe  le  Conseil  de  Sa  Majesté 
qu'ils  ont  fait  beaucoup  de  démarches  et  se  sont  donné  beaucoup  de  peine  pour  supporter 
les  habitants  français  de  manière  à  causer  le  moins  de  frais  possible  à  la  province. 

25  mai  17-r<7 . 
No  403  est  aussi  omis. 

N°  407. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  1er  juin  17-~»7. 

Il  est  ordonné  que  le  colonel  Williams,  le  colonel  White,  le  colonel  Quincy,  le  colonel 
Worthington,  M.  Witt  et  ceux  que  le  Conseil  voudra  leur  adjoindre,  constituent  un  comité 
chargé  d'étudier  la  situation  actuelle  des  ci-devant  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse  qui  sont- 
présentement  dans  cette  province,  d'indiquer  les  mesures  que  cette  Législature  doit  prendre 
à  leur  égard  ;  si  elle  doit  les  transporter  ailleurs  ou  en  disposer  autrement,  et  de  présenter 
un  rapport  à  ce  sujet      Soumis  à  l'approbation  du  Conseil. 

T.   HUBBARD,  orateur. 

Au  Conseil,  le  1er  juin   1757.     Lu  et  approuvé.    John  Orborne,    Benjamin  Lynde 
John  Erving,  William   Brattle   et   James   Bowdoin  sont   nommés  pour  faire  partie  du 
comité. 

THOS.   CLARKE,  sous  secrétaire. 
N°  420. 

Boston,  11  juin  1757. 

A  l'honorable  Conseil  de  Sa  Majesté,  province  de  la  baie  du  Massachusetts.  La 
pétition  de  Basil  Saimere,  ci-devant  habitant  de  la  Nouvelle  Ecosse,  expose  humblement  : 

Que  du  mois  de  juin  au  mois  de  novembre  de  l'année  dernière,  votre  pétitionnaire 
est  parvenu  par  son  travail  personnel  à  se  procurer  les  choses  nécessaires  à  sa  subsistance 
et  à  celle  de  sa  famille  composée  de  sa  femme  et  de  quatre  enfants  dont  l'aîné  est  âgé  de 
neuf  ans  sans  avoir  été  à  charge  à  personne.  Durant  l'hiver  sa  santé  est  devenue  si  mau- 
vaise qu'il  n'était  pas  même  capable  de  couper  un  morceau  de  bois  et  en  conséquence  il 
a  reçu  des  vivres  des  conseillers  du  bourg  de  Westown,  mais  ils  lui  ont  été  retranchés 
le  dernier  jour  du  mois  d'avril.    • 

Une  maladie  de  l'estomac  dont  il  a  souffert  autrefois  et  qui  a  failli  lui  coûter  la  vie 
lui  cause  des  douleurs  violentes,  et  l'empêchera  de  travailler  pendant  longtemps.  Pour 
ajouter  à  son  malheur,  les  conseillers  menacent  de  lui  enlever  ses  enfants.  Votre  péti- 
tionnaire vous  prie  d'empêcher  qu'on  ne  fasse  cela,  d'avoir  pitié  de  sa  condition  et 
d'ordonner  qu'on  lui  prodigue  les  secours  que  dans  votre  grande  sagesse  vous  trouverez 
à  propos  ;  il  ne  doute  pas  que  s'il  reçoit  des  vivres  pour  sa  famille,  il  pourra,  quand  il 
sera  guéri,  lui  procurer  les  vêtements  dont  elle  aura  besoin.  Et  votre  pétitionnaire  ne 
cessera  de  prier. 

BASIL    +   SAIMERE. 

N°  425.  Sec.  22<s. 

Boston,  2  juin  1757. 

A  l'honorable  Conseil  de  Sa  Majesté,  province  d3  la  baie  du  Massachusetts. 

Augustin  Hébert  demande  la  permission  de  représenter  à  cet  honorable  Conseil  que 
la  semaine  dernière  il  a  eu  l'honneur  de  vous  transmettre  une  pétition  par  laquelle  il 
implorait  votre  protection  au  sujet  d'un  enfant  de  huit  ans  que  les  conseillers  du  bourg 
qu'il  habite  lui  ont  enlevé.  Vu  sa  grande  détresse,  nayant  pas  d'argent  pour  solder  ses 
frais  de  déplacement,  il  attend  impatiemment  une  réponse,  et  il  vous  prie  de  bien  vouloir 
vous  occuper  de  sa  pétition,  afin  de  connaître  votre  décision  et  de  s'en  retourner  ensuite 
au  bourg  où  il  demeure.     Et  votre  pétionnaire  ne  cessera  de  prier. 


Ql  \  i   1/  0011    DEi      i'    i  /'//  \       il  /  <    DOOl  Ml  '■  i  171 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

\       I 

\  ii  t  '.m  ,■  il,  le  I  I  juin   I7.r>7.     Résolu  que  Samuel    Danforth  el    William    Bran  te, 
pg.,  et  ceux  que  la  Chambre  dea  représentai]  dm  leur  adjoindre,  oon  bituenl  un 

comité  chargé*  d'indiquer  le  moyen  d  épargner  au  gouvernement  le   dé|  |u  il  de 

faire  pour  l'entretien  des  pri  onnier    cram  bi    qui  pourraient  être  tran  portés  dan 
province  par  <l«'s  vaisseaux  de  guerre  obérant  pour  le  compte  de  particuliei      el   que  le 
dit  comité  se  mette  à  l'œuvre  immédiatement.     Soumi    à  l'approbation  de  la  i 
des  représentants. 

THOS,  CLARK  I. 

A  La  Chambre  des  représentante,  le  14  juin  1757.     Lu  et   approuvé.     MM.    Hum 
phry,  Tyng  et  Prat  sont  i iméa  pour  fajre  partie  du  comité. 

T.   HUBBARD,  oratetw. 

N°    II:;. 

Boston,   I  5  juillet  1 7 

A  L'honorable  Conseil  de  Sa  Majesté  de  la  province  «le  la  baie  du  M  a  b  ihusetts. 
La  pétition  do  Paul  Clerrnont  et  de  Charles  Aimant  Meuse  expose  humblemenl  : 
Que  vos  pétitionnaires  étaient  autrefois  habitants  de  La    Nouvelle-Eco  qu'ils 

habitaient  la  partie  de  la  province  située  à  proximité  de  la  mer  et  qu'ils  se  sont  trou 

très  souvent  en  relation   avec  des  pêcheurs  anglais   qu'ils  ont    toujours    train'-    a 
beaucoup  de    bienveillance.     Après  avoir  été  transportés  dans  la  Nouvelle- Angleterre, 

vos  pétitionnaires  ont  été  désignés  pour  aller  à  Plymouth  où  ils  avaient  à  cœur  de  gagner 
leur  subsistance  sans  être  à  charge  au  public.  Ils  sont  restés  à  cet  endroit  jusqu'au 
mois  de  mars  dernier,  alors  qu'ils  se  sont  engagés  à  travailler  pendant  douze  mois  pour 
M.  Ray  Thomas.  Un  contrat  fut  préparé  en  double  et  signé,  mais  M,  Thomas  en 
conserva  une  copie  signée  par  vos  pétitionnaires  et  refusa  de  leur  procurer  le  duplicata. 
Vos  pétitionnaires  ont  cependant  travaillé  pour  lui  au  moins  pendant  six  semaines, 
alors  que  poussés  par  l'inquiétude  de  n'avoir  aucune  garantie  de  leur  patron,  ils  lui 
demandèrent  la  copie  de  l'engagement  qu'il  leur  devait.  Ils  furent  renvoyés  cette  fois 
et  chaque  fois  qu'ils  réitérèrent  leur  demande.  Jeudi  dernier  au  matin,  vos  pétition- 
naires lui  adressèrent  une  nouvelle  demande  et  il  les  menaça  de  les  envoyer  en  prison 
s'ils  l'importunaient  davantage  ;  ils  crurent  alors  que  c'était  le  temps  de  s'adresser  à  cet 
honorable  Conseil  pour  obtenir  justice.  Ils  sont  consentants  de  demeurer  et  de  travailler 
où  ils  ont  été  placés  mais  ils  désirent  que  cet  honorable  Conseil  oblige  le  dit  Thomas  de  leur 
remettre  la  copie  qui  constitue  pour  eux  la  garantie  qu'il  remplira  ses  obligations,  ou  de 
les  libérer  de  leur  engagement.     Et  vos  pétitionnaires  ne  cesseront  de  prier. 

PAUL   +    CLERMONT. 

marque 

sa 

CHARLES  AIMANT    +    MEUSE. 

marque 

Au  Conseil,  le  15  juillet  [1757].  Après  lecture  de  cette  pétition,  il  est  résolu  d'en 
transmettre  une  copie  à  M.  Ray  Thomas  et  de  le  sommer  de  donner  sa  version  jeudi  pro- 
chain. 

N°  445. 

Au  Conseil,  le  19  juillet  1757. 

Au  sujet  de  la  pétition  de  John  Lucas  et  des  autres  prisonniers  français  du  comté 
de  Middlesex,  il  est  résolu  que  le  shérif  des  comtés  dans  lesquels  les  prisonniers  ont 
été  ou  seront  envoyés  par  le  gouvernement,  soit  autorisé  de  leur  accorder  la  liberté  de 
s'embarquer  sur  les  vaisseaux  anglais  en  partance  pour  quelque  possession  de  Sa  Majesté  ; 
et  le  shérif,  en  cette  occurrence,  doit  s'efforcer  de  protéger  à  la  fois  le  prisonnier  et  la 
province.     Il  est  ordonné  aussi  que  les  shérifs  soient  autorisés  de  permettre  aux  dites 

18— 43^ 


172  mu  7//1  ES  0  INADIENNEB 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

I  •      d'origine  française  de  travailler  pour  le  compte  des  bonnes  familles  de  leur 

district  respectif  à  condition  que  ceux  qui  les   prendront    à   leur  service  s'engagent  à 
informer  le  shérif  de  toute  désertion  et  de  tout  délit  qui  pourraient  se  produire. 

N°  449. — Circulaire. 

Province  de  )  -n      a       -™       n  i 

,     ,    .      .     AI  ,  >  Jrar  feon  hxcellence  le  gouverneur. 

la  baie  du  Massachusetts  j  & 

Au  shérif  du  comté  de ,  à  ses  sous  shérifs.      Salut  ! 

Attendu  que  la  garnison  du  fort  William  Henry  de  Sa  Majesté  a  été  obligée 
d'abandonner  ce  fort  à  nos  ennemis,  les  Français  et  les  sauvages,  qui  ont  également  attaqué 
le  fort  Edouard  dont  le  sort  est  incertain,  et  qu'il  serait  très  dangereux  dans  un 
moment  aussi  critique  d'accorder  trop  de  liberté  aux  habitants  français  autrefois  de  la 
Nouvelle  Ecosse. 

Vous  êtes  par  conséquent  requis  d'exercer  la  plus  stricte  surveillance  sur  les  dits 
Français,  ci-devant  habitants  de  la  Nouvelle-Ecosse,  qui  se  trouvent  dans  votre  comté, 
de  faire  observer  sévèrement  les  lois  qui  ont  été  promulguées  à  leur  égard,  de  faire 
mettre  en  prison  chacun  des  dits  habitants  qui  les  transgressera,  et  tous  sont  requis 
de  vous  aider  et  de  vous  assister  dans  l'exercice  de  vos  fonctions.  La  présente  devant 
vous  servir  de  mandat  à  cette  fin. 

Donnée  sous  mon  seing  et  sceau  à  Boston  le  treizième  jour  du  mois  d'août  1757, 
dans  la  trente  et  unième  année  du  règne  de  Sa  Majesté,  par  ordre  de  Son  Excellence. 

N°  509. 

Boston,  18  novembre  1757. 
A  Son  Excellence  1(3  gouverneur  et  aux  honorables  membres  du  Conseil  de  Sa  Majesté  et 
de  la  Chambre  des  représentants. 

La  pétition  de  Francis  Miuse  expose  humblement  : 

Que  votre  pétitionnaire,  ci-devant  habitant  du  cap  Sable,  en  la  Nouvelle-Ecosse, 
dont  les  habitants  ont  toujours  eu  des  relations  amicales  avec  les  Anglais  et  qu'on  a 
toujours  trouvés  prêts  à  secourir  les  pêcheurs  qui  ont  bien  souvent  profité  de  leur 
protection  et  de  leur  hospitalité.  *Or,  après  avoir  été  transporté  en  la  Nouvelle- 
Angleterre,  votre  pétitionnaire  a  été  envoyé  à  Salem  avec  sa  famille  composée  de  douze 
personnes  ;  il  a  résidé  à  cet  endroit  pendant  neuf  mois,  pendant  lesquels  grâce  aux 
secours  de  la  population  et  à  leur  travail  ils  ont  bien  vécu.  Mais  le  gouvernement 
a  cru  devoir  les  envoyer  dans  un  bourg  appelé  Tewksbury,  où  ils  ont  beaucoup  souffert, 
parce  que  ce  bourg  est  petit  et  pauvre,  que  l'ouvrage  y  est  rare  et  qu'il  est  bien  difficile 
de  se  faire  payer  pour  le  peu  qu'on  y  fait.  Pour  cette  raison,  ils  n'ont  pas  l'avantage 
de  travailler,  bien  qu'ils  soient  capables  et  désireux  de  le  faire.  Ils  sont  logés  dans  la 
plus  mauvaise  maison  qu'il  y  ait  au  monde  ;  toute  la  charpente  est  pourrie  et  il  n'y  a 
pas  une  seule  vitre  ;  en  guise  de  cheminée  ce  sont  des  pierres  superposées  à  une  hauteur 
de  six  pieds  environ  avec  un  trou  dans  le  toit  ;  de  sorte  que  la  fumée  les  suffoque.  En 
outre,  ils  s'attendent  à  voir  cette  maison  s'écrouler  sur  leurs  têtes  à  chaque  coup  de  vent, 
et  croient  que  c'est  par  miracle  qu'elle  s'est  tenue  debout  si  longtemps.  Votre  pétition- 
naire prie  Votre  Excellence  et  les  honorables  membres  du  Conseil  et  de  la  Législature 
de  considérer  ce  qu'il  devra  souffrir  durant  l'hiver  dans  de  semblables  conditions  et 
d'ordonner  de  le  secourir.  Il  sollicite  surtout  la  faveur  de  retourner  à  Salem,  d'où  il  a 
été  déplacé  et  où  il  a  vécu  coufortablement  sans  causer  de  tort.  Là,  sa  famille  et  lui 
pourront  subvenir  à  leurs  besoins  par  leur  travail,  sans  qu'il  en  coûte  beaucoup  au  public. 

sa 

FRANCIS  +  MIUSE. 

marque. 

Au  Conseil,  le  10  janvier  1758.  Cette  pétition  étant  lue,  il  est  ordonné  que  James 
Minot,  écr.,  et  ceux  que  la  Législature  voudra  lui  adjoindre  constituent  un  comité  chargé 
de  considérer  cett^  pétition  et  d'indiquer  ce  qu'il  sera  à  propos  de  faire.  Soumis  à  l'appro- 
bation de  la  Législature. 

A.   OLIVER,  secrétaire. 


01  m  VLOQIi    ni       L<   !/'//  \.     ii/'    D0(  I  Ifl  »  I 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

A  la  Chambra  de     repn  \i  ,   le  15  janvier  H  i        Lu  h    appi  I         >lo 

ni'l  Ohoal     et  le  colonel  Buskmin    ei    ont  nommé    pour  faire  partie  du  coni 

T.   m   l'.l;  \  rlD,  orai 

Au  Conseil   le   19  novembre  17 

Attendu  que   le    comité    uomo  iu'à  présenl  pour  fix*»r  le  <  liilln-  «l«-s  <l<p<'n  <•-. 

totales  encourues  par  ce  gouvernement]  pour  ls    ub  i  tance  l<-   habitant*  fran  la 

Nouvelle-Ecosse,  envoy<  bte  province,   nom    pas  encore  fail    de   rapp 

attendu  qu'il  est  peut-être  difficile  de  connattre  lequel  d< 
de  cet  te  tâche  : — 

Il  est,  résolu  que  Samuel  Watts  et  William  Bral  tle,  écuyei  que  lai  'hambre 

des  représentants  voudra  leur  adjoindre,  con  tituent  uu  comité  chargé  d'établir  le  mon 
tant  des  dépenses  encourues  en  toute  occasion  pour  le  maintien  de*  habitanl  Pi 
résidant  dans  cette  province;  que  ce  comité  doit  se  rendre  compte  séparément  de*  dé 
penses  occasionnées  par  ceux  qui  sont  venus  des  provinces  du  sud  afin  d'en  exiger  le 
paiement  «lu  gouverneur  Lawrence  conformément  a  l'entente  du  mois  de  février  dernier 
(Mitre  Son  Excellence  et  an  comité  du  Conseil  ;  que  le  comité  qui  vient  d'être  nommé 
doit  aussi  se  rendra  compte  de  la  valeur  des  effets  que  ces  derniei  ipporti 

eux  et  exiger  un  rapport  des  montants  réalisés    par  ls  vente  de    dit  ou  au  tnoyi 

de  transactions  effectuées  par  toute  personne  de  cette  province,  et  en  faire  rapport  au 
Conseil  ;  et  que  le  dit  comité  se  met, tir  à  l'œuvre  immédiatement. 

Soumis  a  l'approbation  de  la  Législature. 

A.  OU  V  Kl!. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  29  novembre  1757.  Lu  et  approuva'-.  M.  Kiucker, 
James  Kussell,  écr,  eb  M.  Hall  sont  nommés  pour  faire  partie  du  comité. 

T.  HUBBARD,  orateur. 

Le  comité,  s'étant  acquitté  de  sa  tâche,  présente  le  rapport  suivant  :  Le  montant 
des  dépenses  ci-inclus  a  été  préparé  suivant  les  instructions  à  cet  effet  et  le  comité  y  a 
annexé  séparément  le  montant  des  dépenses  encourues  pour  les  Français  neutres  qui  sont 
venus  des  provinces  du  sud. 

Jack  Morris  (a)  a  informé  le  comité  que  ces  Français  neutres  ont  amené  ici  cinq 
bateaux  et  deux  canots  ;  deux  des  bateaux  sont  à  l'étang  du  moulin,  àCharlestovvn,  et  on 
nous  a  informé  que  les  autres  bateaux  et  les  canots  ont  été  vendus  par  ordre  du  colonel 
Cotton.     Le  tout  étant  soumis. 

Par  ordre. 

SAM'L  WATTS. 

Au  Conseil,  3  janvier  1758.     Lu  et  soumis  à  la  Chambre  des  représentants. 

N°  547. 

A  Son  Excellence  Thomas  Pownall,  écr,  gouverneur,  et  aux  honorables  membres  du 
Conseil  et  de  la  Législature  : 

L'humble  pétition  de  Lawrence  Mieuse  expose  humblement  : 

Que  vers  le  commencement  du  mois  de  mars,  les  conseillers  de  Metheun  ont  envoyé 
le  pétitionnaire  et  son  frère  travailler,  leur  promettant  le  saiaire  qu'on  payait  aux  autres 
dans  cet  endroit.  Ils  ont  travaillé  pendant  deux  mois,  mais  lorsqu'ils  sont  allés  pour 
retirer  leurs  salaires,  votre  pétitionnaire  a  reçu  trois  verges  de  vieille  toile  évaluée  à  7 
deniers  la  verge,  deux  livres  de  morue  sèche  et  une  livre  de  graisse  de  porc  et  son  frère 
n'a  guère  reçu  davantage.  La  famille  de  votre  pétitionnaire,  composée  de  douze  person- 
nes, n'a  reçu  pour  subsistance  que  six  livres  de  porc  par  semaine  et  un  minot  de  blé- 
d'inde  ;  et  les  conseillers  nous  ont  averti  que  cette  ration  sera  réduite  de  moitié  durant 
l'hiver.      Le  frère  de  votre  pétitionnaire  a  travaillé  pour  la  valeur  de  3   pistoles  et   15 

(et)  Jacques  Vigneau  dit  Maurice. 


174  ARCHIVES  CANADIENS 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

schellings,  mais  lorsqu'il  ;i  réclamé  ce  montant,  non  seulement  on  lui  a  refusé  le  paiement 
de  son  travail,  mais  il  fut  cl  I  poursuivi  par  un  homme  armé  d'un  tisonnier,  qui  le 

frappa  dans  le  côté.  Li  coup  qu'il  reçut  lui  fit  cracher  du  sang  pendant  le  reste  du  jour 
et  lui  causa  une  grande  douleur  qui,  depuis  cette  date,  l'a  rendu  incapable  de  travailler. 
Son  assaillant  lui  dit  que  sans  la  crainte  de  la  justice,  il  l'aurait  tué  comme  une  grenouille, 
en  sotte  qu'il  se  trouve  aujourd'hui,  comme  votre  pétitionnaire  et  sa  famille,  presque  nu, 
parce  qu'il  est  sans  ouvrage  et  n'a  pu  retirer  de  salaire  pour  le  travail  qu'il  a  fait.  Votre 
pétitionnaire  8  un  autre  frère  qui  a  travaillé  pendant  sept  mois  pour  un  autre  homme  qui 
ne  voulait  pas  le  payei.  Mais  lorsqu'il  voulut  quitter  ce  dernier,  celui-ci  le  poursuivit 
jusque  chez  lui,  le  dépouilla  au  point  de  le  laisser  nu  en  menaçant  de  casser  la  tête  à 
son  père  s'il  prenait  la  défense  de  son  fils.  Et  deux  pauvres  femmes  ayant  accouché, 
il  fallut  s'adresser  aux  conseillers  pour  obtenir  des  planches  afin  d'empêcher  la  neige  de 
tomber  sur  leurs  lits,  et  deux  vieilles  couvertures  de  laine  pour  les  couvrir.  C'est  ainsi 
qu'après  avoir  été  dépouillés  de  tout  ce  qui  avait  quelque  valeur  lorsqu'on  les  a  chas 
de  leurs  fermes,  on  les  oblige  maintenant  de  payer  ces  objets.  Votre  pétitionnaire  pourrait 
ajouter  plusieurs  autres  griefs  trop  longs  à  mentionner.  Il  soumet  ce  qui  précède  à 
votre  bienveillante  considération  avec  la  certitude  que  vous  ne  lui  refuserez  pas  votre 
secours.      Et  votre  pétitionnaire,  comme  il  le  doit,  ne  cessera  de  prier. 

sa 
LAWRENCE  +  MIEUSE. 

marque 

Au  Conseil,  le  10  janvier  1758.  Cette  pétition  étant  lue,  il  est  résolu  que  James 
Minot  et  ceux  que  la  Législature  voudra  lui  adjoindre  constituent  un  comité  chargé  de 
considérer  cette  pétition  et  d'indiquer  ce  qu'il  sera  à  propos  de  faire. 

Soumis  à  l'approbation  de  la  Législature. 

A.  OLIVER,  secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  10  janvier  1758.  Lu  et  approuvé.  Le  colonel 
Choate  et  le  colonel  Buckmin  sont  choisis  pour  faire  partie  du  comité. 

T.  HUBBARD,  orateur. 

574. 
Province  de 
la  baie  du  Massachusetts 
A  Son  Excellance  Thomas  Pownall,  écr,  commandant  en  chef  de  la  province   de  la  baie 
du  Massachusetts,   en  la  Nouvelle  Angleterre,  et  aux  honorables  membres  du  Con- 
seil et  de.  la  Législature. 

L'humble  pétition  des  signataires,  conseillers  du  bourg  de  Needham,  expose  hum- 
blement : 

Qu'il  a  plu  à  la  Législature  de  placer  en  1756,  cinq  des  Français  ci-devant  habitants 
de  la  Nouvelle-Ecosse  dans  notre  bourg  ;  mais  lorsque  nous  les  envoyâmes  chercher  à 
Boston,  le  colonel  Pollard  nous  envoya  douze  de  ces  gens  qui  ont  demeuré  au  milieu  de 
nous  depuis  quinze  mois.  Vos  humbles  pétitionnaires  considérant  que .  leur  bourg  est 
petit  et  renferme  un  grand  nombre  de  pauvres  et  qu'il  n'y  a  pas  de  maison  confortable 
pour  les  loger  à  l'avenir,  croient  que  le  nombre  de  Français  qu'ils  ont  reçus  est  hors  de 
proportion.  En  outre,  parmi  eux  se  trouvent  un  homme  et  sa  femme  âgés  tous  les  deux 
de  70  ans  environ,  un  de  leurs  fils  avec  sa  femme  et  trois  enfants  est  malade  et  incapable 
de  travailler.  Un  autre  fils  de  ces  vieillards  a  obtenu  du  Conseil  le  printemps  dernier 
un  billet  gratuit  pour  aller  à  Philadelphie  et  il  est  revenu  de  cet  endroit  avec  une 
épouse.  En  sorte  que  nous  avons  aujourd'hui  13  de  ces  gens  et  la  perspective  de  voir 
ce  nombre  augmenter.  Bien  qu'il  ait  plu  à  cette  Législature  sur  réception  de  notre 
pétition  du  mois  d'avril,  d'ordonner  de  transporter  cinq  de  ces  personnes  dans  le  bourg 
Wrentham,  nous  n'avons  pu  les  décider  à  se  séparer,  parce  qu'ils  étaient  tous  membres 
d'une  même  famille,  disaient-ils,  et  avaient  reçu  la  promesse  qu'ils  demeureraient  ensemble. 


01  \i.  ILOOJE  DJ  ■     LC  VDIÏ  \       WEC  DOi  ! 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Vos  pétitionnaires,  *n  conséquence,  vou     prient   d'ordonnei    leur  transport  dai 
autre  bourg.     ESI  vo    pétitionnaire     b  feront  un  devoir  de  i 

N  ii  dh  \  m.  le   '"  -i-  ■  '  mbre  I  i 

A  M  -  ■  I      II    Mil: 

Thom  is    Mbtcali 

l;«.i:i  i:  i      l-'i    mm;   .i|;  <      ffl    .-i,. 

Elbazeb    Kin  .m 

S  wii   i  i.    M  \«  I  I  IV  i    IN 

A  la  Chambre  «!«•     représentant     l<-  l  janvier   1758.     Cette  pétition    étant    lue,  il 
est  résolu  de  donner  la  permission  aux  conseiller!  de   Needham  'I'-  bran  i 
habitants  français  de  Needham  a  Stoughton.     El  <|u<-  les  conseillers  de  Stougl  I  sut 

requis  par  les  présentes  de  prendre  ><>in  de-  sept  personnes  qui  leur  teront  envo 

Suuuiis  a  l'approbat  ion  fin  ( 

T.   U  QBBARD,  orateur. 
Au  Conseil,  le  6  janvier  1758.     Lu  et  approuvé. 

THt  •>.  <  LARKE,  Sou*-$*crétQ 
Ratifié.     Pownall. 

N'  576. 

A  Sou  Eexcellence  Thomas  Pownall,  écr.,   gouverneur  et  aux   honorables  membre*   'lu 

Conseil  et  de  la  Chambre  des  représentants. 

L'humble  pétition  de  John  Labardor  expose  :     Que   lorsqu'il  demeurait  a  Maliga 

il  a  toujours  été  très  heureux  de  eervir  et  de  secourir  les  Anglais   qui  8e  trouvaient  dan- 
la  détresse  et  de  les  protéger  contre  les  cruautés  des  sauvages.      Or,  un    jour  ayant   ; 
sortir  du  port  un  vaisseau  anglais  que  les  sauvages  avaient  l'intention  de  piller,   ceux-ci 
le  guettèrent  et  le  tirèrent  avec  du  plomb  à  chevreuil  lorsqu'il  revenait  du  vaisseau  ,  sept 
de  ces  plombs  pénétrèrent  dans  la  chair  et   trente  transpercèrent  son  habit.      Les  ci 
trices  sont  encore  visibles  et  trois  de  ces  plombs   lui  restent  dans  le  dos.      Les  sauva  _ 
non  contents  de  l'avoir  blessé,    menacèrent  de  le  tuer  à  la  prochaine  occasion  ;  en  sorte 
qu'il  fut  obligé  d'aller  demeurer  à  Pisiquite.     Aujourd'hui,   la  pensée  de  se   voir  exposé 
à  mourir  de  misère  sans  recevoir  ni  secours  ni  pitié  de  personne,  après  avoir  rendu  tous 
les  services  qu'il  a  pu  lui  brise  le  cœur.      Depuis  dix  semaines  il  n'a  reçu  pour  sub 
tance,  qu'un  quartier  d'agneau  et  une  pinte   de  lait  par  jour   pour  une  famille  composée 
de  sept  personnes.      Il  n'a  pas  de  bois  parce  qu'on  lui  a  refusé  un  bœuf  pour  transporter 
chez  lui  celui  qu'il  a  coupé  lui-même  ;  il   est   présentement  abandonné  avec   sa  famille, 
sans  vivres  et  sans  feu  dans  une  maison  qui  n'a  ni  porte  ni  toit.      Lorsqu'il  pleut,  il  leur 
faut  transporter  leurs  lits  sous  le  vent  afin  de  se  mettre  à  l'abri  de  la  pluie  et  de  la  neige 
fondante.     Il  lui  arriva  une  fois  de  faire  remarquer  à  un  conseiller  qu'ils  étaient  inondés 
dans  la  maison  ;  celui-ci   répondit   de  construire  un  bateau  et  d'y  naviguer.     Pendant 
trois  semaines  on  ne  lui  a  donné  sans  pitié  que  du   blé   d'inde  pour   se  nourrir   avec  sa 
famille,  et  il  a  été  victime  d'une  infinité  de  cruautés  qu'il  serait  trop  long  de  raconter. 

En  conséquence  si  vous  permettez  à  votre  pétitionnaire  de  quitter  cet  endroit  de 
malheur  et  d'aller  demeurer  à  Charlestown,  il  se  fera  un  devoir  de  toujours  prier  pour 
vous.  Espérant  que  pour  l'amour  de  Dieu  vous  (les  pères  de  votre  province)  aurez  pitié 
des  malheureux  et  ferez  cesser  les  injustices  commises  à  leur  égard,  je  reste  avec 
confiance, 

Votre  très  humble  serviteur, 

JN.    LABARDOR. 
Wilmington,  le  26  décembre  1757. 

Au  Conseil,  le  10  janvier  1758.  Cette  pétition  étant  lue,  il  est  résolu  que  James 
Minot  et  ceux  que  la  Législature  voudra  lui  adjoindre,  constituent  un  comité  chargé 
d'examiner  les  faits  et  de  faire  connaître  les  mesures  à  prendre  en  cette  occurrence. 
Soumis  à  l'approbation  de  la  Législature. 

A.    OLIVIER,  secrétaire. 


176  ABCHn  />   CANADIE2TNE8 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

A  la  Chambre  dee  représentants,  le  L5  janvier  1758.  Lu  ei  approuvé.  Le  colonel 
Choate  et  le  colonel  Buckmington  sont  nommée  pour  faire  partie  du  comité. 

T.    HUBBARD,  orateur. 

N°  581. 

A  Son    Excellence  Thomas   Pownall,  écr.,  capitaine  général  et  commandant  en  chef  de 

la  province  de  la  baie  du  Massachusetts   et   aux  honorables  membres  du  Conseil  et 

de  la  Législature  de  la  dite  province. 

La  pétition  de  Jacques  LeBlanc,  Français,  expose  humblement  : 

Que  votre  pétitionnaire  ainsi  que  sa  femme  et  ses  trois  enfants,  conformément  à 
l'ordre  du  gouvernement,  a  demeuré  plus  de  deux  ans  dans  le  bourg  de  Braintree. 
Durant  ces  deux  années  jusqu'au  milieu  du  mois  dernier,  les  conseillers  de  ce  bourg  ont 
fourni  à  votre  pétitionnaire  et  à  sa  famille  les  vivres  nécessaires  à  leur  subsistance,  ce 
qui  lui  a  permis  de  se  procurer  aussi  avantageusement  que  possible,  avec  le  produit  de 
son  travail  et  de  celui  de  sa  famille,  quelques  vêtements  et  quelques»  couvertures  de  lit 
et  autres  choses  indispensables,  pour  remplacer  ce  qu'il  avait  eu  le  malheur  de  perdre  ou 
qu'on  lui  avait  enlevé  lorsqu'il  fut  déporté  de  son  pays  natal. 

Depuis  que  votre  pétitionnaire  est  rendu  ici,  les  étrangers  ont  eu  si  peu  à  faire  que 
lui  et  ses  enfants  n'ont  pu  travailler  que  pendant  la  moitié  de  l'année,  de  sorte  que  le 
produit  de  leur  travail  a  été  totalement  employé  à  acheter  des  vêtements,  des  couver- 
tures de  lit  et  autres  choses  indispensables  dont  ils  étaient  dépourvus,  tel  que 
susmentionné. 

Malheureusement,  le  plus  jeune  fils  de  votre  pétitionnaire  a  perdu  la  main  droite 
accidentellement  le  printemps  dernier,  par  suite  d'un  coup  de  hache  et  il  est  maintenant 
incapable  de  pourvoir  à  sa  subsistance,  et  la  femme  de  votre  pétitionnaire  qui  est  âgée 
et  faible  ne  peut  guère  travailler. 

Votre  pétitionnaire  s'est  adressé  lui-même  aux  conseillers  du  dit  bourg  pour  obtenir 
du  secours  et  ceux-ci  le  lui  ont  refusé.  Or,  se  trouvant  sans  ressource  et  réduit,  pour  se 
procurer  les  choses  nécessaires  à  sa  subsistance  et  à  celle  de  sa  famille,  à  mendier  de  porte 
en  porte,  il  espère  que  la  considération  des  griefs  qu'il  vient  d'énoncer  et  les  bonnes  inten- 
tions que  vous  inspirera  votre  sagesse,  vous  induiront  à  accorder  à  votre  pétitionnaire 
l'assistance  que  vous  d  cteront  la  compassion  et  la  pitié.  Et  votre  pétitionnaire  ne 
cessera  de  prier,  etc. 

sa 

JACQUES   +   LEBLANC. 

marque 
Braintree,  28  décembre  1757. 

A  la  Chambre  des  représentants,  10  janvier  1756.     La  pétition  ci-dessus  ayant  été 
lue,  il  est  résolu  de  la   transmettre   au  comité   nommé   précédemment   pour  faire   une 
enquête  au  sujet  des  plaintes  de  John  Labardor  et  autres  plaintes  de  même  genre.     Ce 
comité  devra  indiquer  les  moyens  à  prendre  en  cette  occurrence. 
Soumis  à  l'approbation  du  Conseil. 

T.   HUBBARD,  orateur. 
Au  Conseil,  juillet  1758. 
Lu  et  approuvé. 

A.  OLIVER,  secrétaire. 
N°  604. 

A  Son  Excellence,  Thomas  Pownall,  écr,  gouverneur  en  chef,  et  aux  honorables 
membres  du  Conseil  et  de  la  Législature  de  la  province  de  la  baie  du 
Massachusetts. 

La  pétition  de  Joseph  Dugas,  ci  devant  habitant  français  de  la  Nouvelle-Ecosse, 
expose  humblement  : 

Que  lui  et  sa  famille,  composée  de  son  cendre  et  de  six  filles,  ont  été  envoyés  en 
premier  lieu  à  Marblehead  et  que  pendant  leur  séjour  à  cet  endroit  ils  ont  eu  aucune 
raison  de  se  plaindre. 


i,i  \r  VLOOll    DJ       iO  IDIl  \.     il/'    !>"■  i  177 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Mai .  depiii   quinze  mois  il    demeurent  à  Holliston  où  il    ont» 
de  nourriture.     Lee  ooneeillei    leur  ont  dit  n'avoir  pt    i  tru<t ion  d< 

Les  quelques   vivres  qu'ils  «>nt  reçu    de  temps  en   tempe,   joint 
se  procurer  par  leur  travail,  n'ont     nffl  qu'à   leui  il  leui 

e  procurer  des  i  fttement    pour  i  «  mpl  I  en  Lan  E(  d 

œt  étal  de  dénuement,  ils  onl  la  plupart  «lu  temp  .    oufferl  <l<*  la  ii-  rre  intermittente. 

Ils  n'ont   aUOUnc  raison  d<-     c  |  >l;i  in*  i  i-i-  <l<-     cou  nlli  rs  ou  <1  nul  i  <•     pei 

pétitionnaire}  s'il  doit  demeurer  dan    cet  endroit  a  famill 

qui  lui  permettra  de  nourrir  et  de  vêtir  le    lient.     Dan    le  es    contraire,  il  demande  < 

le  gouvernement  leur  vienne  en  aide.     Et  votre  pét  itionn 

JOSEPH        DV 

rqua 
Au  Conseil,  1  1  janvier  1758.     Lue  et  soumise  à  l'approbation  de  la  Chamb 

A  la  Chambre  des  représentant  .  29  janvier  17" 

La  pétition  ci-dessus  étant  lue,  et  considérant  que  le  comité,  chargé  d'indiquer  le 
moyen  de  délivrer  la   province  de  la  charge  de  supporter  les  bal  e  la 

Nouvelle-Ecosse,  n'a  pas  encore  fait  de  rapport  : — 

Il  est  résolu  d'autoriser  le  secrétaire  d'écrire  aux  conseillers  de  BEollistown  pour 
leur  enjoindre  de  prendre  soin  de  la  famille  française  qui  cuve  dans  1<  .dite  et 

de  ne  pas  laisser  souffrir  ses  membres. 

Soumis  à  l'approbation  du  Conseil. 

T.  HUBBARD,  orateur. 

Au  Conseil.     Lu  et  approuvé. 

A.   OLIVER,  secrétaire. 

Ratifié.      T.  POWNALL. 

No  49. 

A  Son  Excellence  Tho.  Pownall,  écr.,  gouverneur  en  chef,  aux  honorables  membres  du 
Conseil  et  de  la  Chambre  des  représentants  de  la  province  de  la  baie  du 
Massachusetts 

Jacques  LeBlmc  expose  humblement,  qu'il  est  un  ci-devant  habitant  de  la  Nouvelle- 
Ecosse  et  a  été  déporté  avec  sa  famille,  à  l'exception  de  son  fils,  dans  cette  province.  Il 
avait  ardemment  sollicité  que  son  fils  no  fut  pas  séparé  de  lui,  mais  malgré  ses  prières  il 
fut  envoyé  au  Maryland.  Il  a  reçu  des  lettres  de  lui  dans  lesquelles  il  lui  dit  que  le 
gouvernement  du  Maryland  est  prêt  à  lui  délivrer  un  passeport,  si  le  gouvernement  de 
cette  province  lui  permet  de  venir  me  rejoindre.  Votre  pétitionnaire  sait  que  le  sup- 
port des  habitants  français  est  une  lourde  charge  pour  cette  province  et  n'a  pas  l'inten- 
tion d'en  augmenter  le  poids.  Il  a  obtenu  du  capitaine  Beale,  citoyen  solvable  de 
Braintree,  une  garantie  signée  de  sa  main,  par  laquelle  il  s'engage  à  indemniser  le  public. 
L'année  de  la  prise  du  Cap-Breton,  votre  pétitionnaire  a  sauvé  la  vie  à  un  Anglais 
nommé  Joseph  Lugar,  qui  fut  assailli  par  les  sauvages  avec  quatre  de  ses  compagnons,  à 
Merleguish.  Les  sauvages  avaient  tué  ses  trois  compagnons  et  auraient  aussi  massacré 
Joseph  Lugar  si  votre  pétitionnaire  n'avait  donné  quinze  dollars  pour  sa  rançon  et  com- 
plété cette  somme  en  se  dépouillant  de  son  habit.  Votre  pétitionnaire  espère  que  le 
gouvernement  ne  refusera  pas  de  laisser  venir  son  fils,  dont  la  présence  adoucirait  le 
regret  d'avoir  perdu  ses  biens,  d'autant  plus  que  cette  faveur  peut  être  accordée  sans 
causer  de  dépenses  à  la  province  et  votre  pétitionnaire  ne  cessera  de  prier. 

sa 
JACQUES    +    LEBLANC. 

marque. 


178  Ah'iJin  ES  C  LNADIE2TNE& 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


Au  Conseil,  le  3  juin  L758.  La  pétition  ci-dessus  ('-tant  lue,  il  est  résolu  que  le 
secrétaire  transmette  au  pétitionnaire  l'autorisation  de  faire  venir  son  fils,  à  condition 
de  remettre  au  trésorier  une  garantie  du  capitaine  Benjamin  Béate  que  le  fils  du  péti- 
tionnant, ,i  son  arrivée  ne  Bera  pas  à  charge  à  la  province.  Soumis  à  L'approbation  de 
la  Chambre  des  représentants. 

THOS.  CLARKE,  sous-secrétaire. 
A  la  Chambre  des  représentants,  le  2  juin  1758. 

Lu  et  approuve.  T.   HUBBARD,  orateur. 

Ratifié.  POWNAL. 

N°  57. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  14  juin  1758. 

Il  est  résolu  de  procurer  comme  par  le  passé  des  logis  aux  habitants  de  la  Nouvelle- 
Ecosse  résidant  dans  cette  province.  Les  malades,  les  invalides  et  les  vieillards  devront 
être  entretenus  comme  auparavant,  aux  frais  du  gouvernement,  et  toute  personne  capable 
de  travailler  devra  pourvoir  à  ses  propres  besoins  et  à  ceux  de  sa  famille,  jusqu'à  nouvel 
ordre  de  cette  Législature.  Les  conseillers  des  bourgs  où  résident  les  dits  habitants, 
doivent  aider  ceux-ci  à  trouver  de  l'ouvrage  et  voir  à  ce  qu'ils  ne  soient  pas  privés  de  ce 
qu'il  leur  est  dû.  Les  membres  de  la  Législature  sont  requis  de  s'enquérir  de  l'inca- 
pacité des  vieillards,  des  malades,  des  infirmes  et  des  orphelins  qui  se  trouvent  dans 
leurs  bourgs  respectifs  et  dans  les  bourgs  voisins  qui  n'ont  pas  de  représentants,  et  faire 
parvenir  un  rapport  pour  la  prochaine  séance.     Soumis  à  l'approbation  du  Conseil. 

T.  HUBBARD,  orateur. 
Au  Conseil,  le  14  juin  1758.     Lu  et  approuvé.  A.  OLIVER,  sec. 

Ratifié.  POWNALL. 

N°  76. 

A  Son  Excellence  Thomas  Pownall,  écr.,  capitaine   général  et  gouverneur  en  chef  de  la 

province  de  la  baie  du  Massachusetts,  Nouvelle- Angleterre. 

La  pétition  de  Joseph  D'Antremont,  ci-devant  habitant  français  de  la  Nouvelle- 
Ecosse,  expose  humblement  : 

Que  votre  pétitionnaire,  son  père  âgé  de  90  ans,  sa  vieille  mère,  son  frère  et  sa  sœur 
et  quatre  autres  membres  de  la  même  famille  ont  été  placés  par  ordre  du  gouvernement 
dans  un  bourg  appelé  Walpole.  Un  autre  frère,  un  beau-frère,  une  sœur  et  son  enfant 
ont  été  envoyés  dans  un  autre  bourg  appelé  Medfield.  Comme  il  leur  serait  plus 
agréable  et  plus  avantageux  de  vivre  ensemble  et  qu'il  leur  serait  plus  facile,  une  fois 
réunis,  de  prendre  soin  de  leur  famille  et  de  leurs  vieux  parents,  votre  pétitionnaire  en 
conséquence,  prie  Votre  Excellence  d'ordonner  que  votre  pétitionnaire  et  les  autres 
membres  de  sa  famille  résidant  à  Walpole  soient  transférés  à  Medfield. 

Cela  peut  se  faire  sans  causer  d'embarras  à  Medfield,  car  il  se  trouve  à  cet  endroit 
une  famille  française  composée  de  cinq  membres  comme  celle  de  votre  pétionnaire,  qui 
pourrait  être  transférée  à  Walpole.     Et  votre  pétitionnaire  ne  cessera  de  prier. 


Boston,  8  novembre  1758. 


JOSEPH  (sa    +    marque)    D'ANTREMONT. 


Au  Conseil,  le  2  janvier  1759.  La  pétition  ci-dessus  étant  lue,  il  est  résolu  que 
Samuel  Watts  et  William  Brattle,  écuyers,  et  ceux  que  la  Chambre  des  représentants 
voudra  leur  adjoindre,  constituent  un  comité  chargé  de  considérer  cette  pétition  et 
d'indiquer  ce  qu'ils  croiront  à  propos  de  faire. 

Soumis  à  l'approbation. 

THOS.  CLARKE,  sous-secrétaire. 


Oi  \r  LLOGf/J    /'/        i'    i/'//  \       iVB(     DO(  i 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

\  [g  (  lhambre  de    n  pn  entant  ,  le  3  janvier   1759      Lu  el  approuvé*,     M 
M.  .1.  Tucker  el  M.  Johnson  lonl  notnmëi  pour  Caire  partie  du  oomi 

i     SUBBARD 

I ,r  munir  propose  de  1 1 .i m  t'  rer  la  famille  fran  idanf  à  Medfield,  h  Wa  i 

deux   bourgi   oe  B'oppoaanl    |  ■  •    changement,  el    do  t  cinq 

année  d'origine  française,  qui  ne  font  pe    partie  de  la  famille  du  pétil  ionn 
lement  .;i  Walpole,  à  Wrentham  où  il  o  \  u  ps    de  Fra  I 

\\  M    i;i;.\ti  il 

Au  Conseil,  le  5  janvier  1759.     Le   rapport    oi-de 
r.soiu  de  transférer  les  dits  Français  neutres,  tel  que  proposé.     Soumis  à  ['approbation 
de  la  ( lhambre  «les  représentants. 

THOS.  CLARK  E,  9ou*-$ecréta\ 

A  la  Chambre  des  représentants  le  6  janvier  1759.     Lu  et  approui 

T,   HUBBARD,  orateur. 

N°   L57. 
Province  de  ") 

la  baie  (lu  Massachusetts,    j 

A  Son  Excellence  Thomas  Pownal,  écr.,  aux  honorables  membres  du  Conseil  e1  de  la 
Chambre  des  représentants. 

Attendu  que  nous  avons  obtenu  de  la  Législature  au  mois  de  juin  dernier,  la 
permission  de  transférer  cinq  Français  neutres  de  Milton  à  Wrentham,  nous  avions  par 
conséquent  pris  des  mesures  à  cette  fin,  mais  apprenant  que  les  Français  de  ce  dernier 
endroit  étaient  malades,  ceux  de  Milton  refusèrent  d'y  aller.  Et  vu  qu'il  nous  aurait 
fallu  les  transporter  de  force  nous  avons  cru  pour  cette  raison  devoir  diiîérer  leur 
translation.  Ils  désirent  beaucoup  s'en  aller  dans  quelques  bourgs  situés  près  de  l'eau 
salée. 

Nous  vous  prions  de  leur  accorder  cette   faveur,   et  de   nous   permettre  de  trans 
porter  une  famille  française  composée  de  huit  personnes  résidant  ici  dans  tel  bourg  que 
votre  sagesse  croira  à  propos  de  désigner. 
Milton,  1  janvier  1759. 

STEPHEN  DAVENPORT 
THOMAS  VASE  Conseillers 

WILLIAM  BABCOCK  de 

JOSIAH  HOW  Milton 

ENOCH  HORTON 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  2  janvier  1759. 

La  pétition  ci-dessus  étant  lue,  il  est  résolu  de  la  transmettre  au  comité  chargé  de 
l'affaire  d'Antremont,  qui  après  l'avoir  considérée  indiquera  ce  qu'il  y  a  à  faire  à  ce 
sujet.     Soumis  à  l'approbation  du  Conseil. 

T.   HUBBARD,  orateur. 
Au  Conseil,  le  3  janvier  1759.     Lu  et  approuvé. 

A.   OLIVER,  secrétaire. 

Le  comité  auquel  fut  transmise  cette  pétition  fait  rapport  que  les  conseillers  de 
Milton  en  vertu  d'une  résolution  de  la  Législature,  furent  autorisés  de  transporter  la 
famille  de  Français  neutres  mentionnée  dans  la  dite  pétition  à  Wrentham  ;  que  cette 
résolution  est  encore  en  vigueur,  que  les  conseillers  de  Milton  n'ont  pas  besoin  de  l'inter- 
vention de  la  Législature  en  cette  occurrence  et  que  leur  pétition  soit  déclarée  non 
avenue. 

WM.  BRATTLE. 


180  M:cill\  E&  CANADIEN* 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Au  Conseil,  le  (I  janvier  L759.  Le  rapport  est  lu  et  accepté,  et  il  est  résolu  de 
rejeter  la  pétition  ci-dessus.     Soumis  à  l'approbation  de  la  Chambre    des  représentants, 

ÏHOS.  CLARKE,  sous -secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  6  janvier  1759.  La  résolution  ci-dessus  est  lue 
et  rejetée  et  il  est  résolu  que  la  pétition  ci-dessus  soit  de  nouveau  transmise  à  l'examen 
du  comité.     Soumis  à  l'approbation  du  Conseil. 

T.   HUBBARD,  orateur. 

Au  Conseil,  le  8  janvier  1759.     La  résolution  ci-dessus  est  lue  et  adoptée. 

THOS.  CLARKE,  sous-secrétaire. 

N°   109. 

Walpole,   1er  janvier  1759. 

La  présente  est  pour  certifier,  que  nous,  les  signataires,  conseillers  du  bourg  ci- 
dessus,  autorisons  le  capt.  Joshua  Clap  d'adresser  une  requête  à  la  Législature  pour 
obtenir  la  permission  de  transporter  ailleurs  quelques-uns  des  Français  neutres  qui  nous 
ont  été  envoyés.  Nous  en  avons  eu  dix  à  charge  depuis  deux  ans,  et  ces  gens  nous  ont 
causé  de  grands  embarras  ;  nous  serions  heureux  que  la  Législature  les  fasse  trans- 
porter à  Wrentham  ou  dans  d'autres  endroits  qui  n'ont  pas  reçu  le  nombre  qui  aurait 
dû  leur  être  envoyé. 

AGUILLA  ROBBINS    )     Conseillers 
JEDIDIETH  MORSE    '  de 

HENRY  SMITH  )      Walpole. 

N°  110. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  12  janvier  1759.  Tl  est  résolu  de  charger  le 
comité  auquel  a  été  référée  la  pétition  de  Joseph  D'Antremont  de  trouver  quelques 
moyens  pour  diminuer  les  dépenses  encourues  par  la  province  pour  l'entretien  des  habi- 
tants français  qui  y  résident.     Soumis  à  l'approbation  du  Conseil. 

T.   HUBBARD,  orateur. 

Au  Conseil,  le  4  janvier  1759.     La  résolution  ci-dessus  est  lue  et  adoptée. 

A.  OLIVER,  secrétaire. 
Voyez  la  pétition  n°  111. 

N°  111. 
Province  de  la  baie 
du  Massachusetts. 

A  Son  Excellence  Thomas  Pownall,  écr.,  capitaine  général  et  gouverneur,  et  aux  honora- 
bles membres  du  Conseil  de  la  dite  province,  réunis  en  Conseil. 
La  pétition  de  Hammond  Tibido,  Français  neutre  de  la  Nouvelle-Ecosse,  déporté  dans 
la  province  de  la  baie  du  Massachusetts,  expose  humblement  :  Que  votre  pétitionnaire 
est  père  de  quatre  enfants  dont  l'aîné  est  âgé  de  neuf  ans,  que  son  épouse  mettra  un 
autre  enfant  au  monde  durant  l'hiver,  si  la  Providence  lui  vient  en  aide  ;  que  votre 
pétitionnaire  est  dans  l'impossibilité  de  se  procurer  les  choses  nécessaires  pour  sa  femme 
à  l'approche  de  cette  saison,  qu'il  a  besoin  de  lits  et  de  couvertures,  qu'il  en  a  demandé 
aux  conseillers  du  bourg  de  Dorchester  où  il  réside,  mais  qu'il  n'a  reçu  aucun  secours. 
En  conséquence  votre  pétitionnaire  vous  supplie  humblement  de  lui  faire  obtenir  un  lit 
et  des  couvertures  ainsi  que  des  vivres,  et  de  donner,  à  cet  effet,  les  ordres  que  dans 
votre  sagesse  vous  jugerez  à  propos.  Et  votre  pétitionnaire,  comme  il  le  doit,  ne  cessera 
de  prier. 

Dorchester,  29  décembre  1758. 

sa 

HAMMOND  +  TIBIDO. 

marque 


0J  w  ILOOJE  m       W  IDIl  \-     11/'    /""  /  1H1 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Au  Conieil,  '-'  janvier   1709.     '<'    pétition  oi-de  iun  étanl    lue,   il  >lu  que 

Samuel  Watts  et  Wm  Brattle,  <  I        luture   voudra   leur  adjoindre, 

constituent  un  comité  pour  considérer  la  dite  pétition  et  indiquer  ce   ju'il  ••  sui 

Soumis  à  l'approbation  de  la  Chambre  des  repn   entai 

Il  l<  >s.  <  LA  I;  K,    ou    h  oréta 

A  If  Chambre  des  représentants,  Il  janvier  1759      La  ré  olution  ci  I    Ine 

et  adoptée.     M. M.   Stone,  Jaarohial  Tucker  ei  Johnson    ont  choisi    poui  Caire  partie  du 
comité. 

T.   BUBBARD,  orateur. 

Le  comité  auquel  la  pétition  oi-dessu    tut  référée  rapporte  qu'il  i  ueu  que 

l,i  famille  Tibido  est   dans  la  misère  \  quels  femme  du  pétitionnaire,  inr  le  point 
couoher,  Bouffrirs  beaucoup  si  elle  ne  reçoit  pas  un  lit,  des  couvertures  et    antre 
nécessaires.     Et    les  conseillers  de   Dorchester  devraient   être  autorisés  de  délivre] 
articles  à  l.i  dite  famille, 

W.M    BRATTLE,  par  ordre. 

Au  Conseil,  5  janvier  17~>9.  Le  rapport  est  lu  et  soumis  à  l'approbation  de  la 
Chambre  des  représentants. 

A  la  Chambre  des  représentants,   6  janvier    1759.     Le  rapport  est  lu  et  adopfc 
il  est  résolu  d'autoriser  les  conseillers  de  Dorchester  à  procurer  au  pétitionnaire,    un   lit, 
des  couvertures  et  autres  choses  nécessaires  pour  l'entretien  de  sa  famille. 

Soumis  à  l'approbation  du  Conseil. 

HENRY  GIBBS, 

greffier  de  la  Chambre  des  représentants 

Au  Conseil,  G  janvier  1759.     La  résolution  ci-dessus  est  adoptée. 

A.   OLIVER,  secrétaire. 
Ratifiée. 

POWNALL. 
N°  113. 

Dorchester,  3  janvier  1759. 
M.  Hatch, 

Monsieur, —  La  présente  est  pour  vous  informer  que  nous  avons  loué  une  maison 
pour  le  Français  neutre  qui  réside  dans  ce  bourg  et  dont  la  femme  est  dans  un  état  de 
grande  faiblesse  ;  que  nous  leur  avons  fourni  du  bois,  et  que  nous  avons  prodigué  des 
secours  au  dit  Hammomd  Tibido,  qui  s'est  coupé  une  jambe  il  y  a  quelque  temps  et  a  boité 
pendant  longtemps.  Depuis,  le  dit  Tibido  nous  a  demandé  un  lit  et  des  couvertures, 
mais  nous  avons  cru  que,  conformément  aux  instructions  de  la  Législature,  nous  ne  pou- 
vions lui  donner  davantage. 

SAMUEL  PRICE   ] 
JSOAH  CLAP  |  n        .„ 

SAMUEL   BOW       r  Conseillers. 

RICHARD  HALLJ 

N°  120. 

A  Son  Excellence  Thomas  Pownall,  écr.,  capitaine  général  et  gouverneur  de  la  province  de 

de  la  baie  Massachusetts,    aux  honorables  membres  du  Conseil  et  de  la   Chambre 

des  représentants  de  la  dite  province. 

La  pétition  de  François  Meuse  expose  humblement  : — 

Que  votre  pétitionnaire  résidait  autrefois  au  Cap  Sable  avec  plusieurs  autres  habi- 
tants français.  Ils  ont  toujours  vécu  en  bonne  intelligence  avec  les  Anglais,  qui  venaient 
chercher  un  refuge  à  cet  endroit  lors  de  leurs  excursions  de  pêche.  Votre  pétionnaire 
a  été  déporté  à  la  Nouvelle- Angleterre  et,  par  ordre  du  gouvernement,  il  a  été  placé  avec 


182  \/:<  lin  />  <\\.\i>ii  VNE& 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

sa  famille  composte  de  lui  même,  de  sa  femme  et  de  dix  enfanta,  cinq  garçons  et  cinq 
filles,  <l<»nt  L'aîni  est  âgé  de  II'  ans,  dans  un  endroit  appelé  Salem  où  ils  ont  vécu  paisi- 
blement et  confortablement.  Pour  des  raisons  inconnues,  au  mois  de  février  1757,  ils 
furent  transférés  dans  le  bourg  de  Tewksbury,  où  Lia  onl  vécu  depuis  dans  la  mi 
et  les  privations.  C'est  an  endroit  pauvre  où  il  est  presque  impossible  de  trouver  du 
travail  et  le  salaire  payé  pour  le  peu  d'ouvrage  qu'il  y  a  à  faire  est  insignifiant.  La 
maison  qu'ils  ont  habitée  jusqu'au  23  décembre  dernier  était  en  ruine  et  abandonnée  ; 
il  n'y  avait  ni  cheminée  ni  quoi  que  ce  soit  pour  en  tenir  lieu  ;  en  sorte  qu'ils  ont  dû 
faire  du  feu  sur  le  sol  et  la  fumée  les  suffoquait.  Il  n'y  avait  pas  une  seule  vitre  dans 
toute  cette  maison,  la  plus  horrible  masure  qu'il  fût  possible  d'imaginer.  Depuis  Le  23 
décembre  ils  ont  été  transférés  dans  une  autre  maison  qui  fut  abandonnée  il  y  a  un  an, 
parce  qu'elle  était  inhabitable  et  que  la  pluie,  la  neige  et  le  vent  y  pénétraient  par  tous 
les  côtés. 

Votre  pétitionnaire,  par  conséquent,  vous  prie  de  lui  accorder  la  liberté  d'aban- 
donner cet  endroit  de  désolation  et  de  retourner  dans  le  bourg  de  Salem  où  il  demeurait, 
ou  dans  d'autres  endroits  où  il  pourra  vivre  et  pourvoir  à  ses  besoins  et  à  ceux  de  sa 
famille.     Et  votre  pétitionnaire  ne  cessera  de  prier. 

sa 
FRANCIS   +   MEUSE. 

marque. 
Boston,  le  6  janvier  1759. 

Au  Conseil,  le  15  janvier  1759.  Considérant  que  le  pétitionnaire  peut  difficilement 
trouver  du  travail  dans  le  bourg  de  Tewksbury,  ce  Conseil  ordonne  de  le  transférer  avec 
sa  famille  dans  le  bourg  de  Danver,  et  les  conseillers  de  cet  endroit  sont  requis  de  les 
recevoir  et  d'en  prendre  soin.     Soumis  à  l'approbation  de  la  Chambre  des  représentants. 


A.  OLIVER,  secrétaire. 


N°  170. 


A  Son  Excellence  Thomas  Pownall,  écr.,  gouverneur  en  chef,  aux  honorables  membres  du 
Conseil  et  de  la  Chambre  des  représentants  réunis  en  assemblée,  avril  1759. 
Peter  Trahan,  ci-devant  habitant  de  la  Nouvelle-Ecosse,  expose  humblement  : — 
Que  votre  pétitionnaire  à  son  arrivée  dans  cette  province  a  été  placé  dans  le  bourg  de 
Scituate.  Peu  de  temps  après,  il  trouva  sur  la  route  qui  conduit  à  Hanover,  près  de  la 
maison  où  résidait  une  famille  française,  une  montre  d'argent  qu'il  remît  à  la  femme  de 
cette  famille  française  et  il  continua  son  voyage.  En  revenant,  s'étant  informé  de  la 
montre,  la  femme  lui  dit  que  le  propriétaire  l'avait  réclamée  et  votre  pétitionnaire  n'y 
pensa  plus.  Un  an  et  demi  au  plus  après,  un  frère  de  votre  pétitionnaire  causant  avec 
le  major  House,  celui-ci  lui  dit  qu'il  avait  perdu  une  montre  vers  l'époque  ou  la  montre 
susmentionnée  fut  trouvée.  Mon  frère  lui  ayant  innocemment  appris  que  votre  pétition- 
naire avait  trouvé  une  montre,  ce  qu'il  en  avait  fait  et  comment  il  l'avait  eue  momenta- 
nément en  sa  possession,  là-dessus  le  major  House  envoya  chez  le  pétitionnaire  réclamer 
la  montre,  puis  fit  mettre  celui-ci  en  prison,  où  après  avoir  séjourné  pendant  quatre 
jours,  votre  pétitionnaire  signa  un  billet  pour  un  montant  de  <£50,  ancien  cours,  payable 
au  mois  de  septembre  prochain.  Le  montant  du  billet  aurait  été  de  cinq  cents  livres 
que  votre  pétitionnaire  l'aurait  signé  plutôt  que  de  mourir  en  prison  ;  cependant  votre 
pauvre  pétitionnaire  ne  croit  pas  pouvoir  payer  ce  montant  et  devra  retourner  en  prison 
s'il  est  poursuivi  pour  paiement  du  montant  ci-dessus. 

En  outre,  le  père  et  la  mère  de  votre  pétitionnaire  sont  âgés  et  ressentent  un  grand 
chagrin  à  l'égard  de  la  situation  de  leur  fils.  Dans  le  pays  de  votre  pétitionnaire,  il  est 
de  règle  de  déposer  toute  chose  trouvée  dans  les  mains  de  quelqu'un  qui  demeure  dans 
l'endroit  où  l'objet  a  été  perdu,  afin  que  le  propriétaire  puisse  facilement  le  retrouver. 
La  femme  à  laquelle  le  pétitionnaire  a  trop  imprudemment  remis  la  montre  a  déclarée 
sous  sa  signature  qu'elle  l'avait  reçue  de  votre  pétitionnaire  avec  l'intention  de  la  remettre 
au  propriétaire.  Il  ne  reste  plus  à  votre  pauvre  pétitionnaire  qu'à  s'adresser  à  Votre  Ex- 
cellence et  aux  honorables  membres  des  chambres  et  à  implorer  leur  protection  en  même 


0J  \  /   1/  0QI1    Dl        i'    WIÏ  \       ii/'    /""  !  i// 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

temps  que  la  Domination  de  quelqu  un  qui  le  chargera  <!••  Ht 
lu  ruine  ,  et  oelui  ci  comme  il  le  d< >it ,  m  *  < J .   | •  t  : 

;  i.l;    l  i:  Ail  \ 

An  ('..us. -il,   le  ril    I7-V.).     La  pétition  étant  lu<  I   ordonné  que  Samuel 

Watts,  éor.,  soit  ohargé  de  Caire   une  enqu<  oj  de  pi 
i m  du  mois  de  mai  prochain. 

TH  O H  C  L  A  H  K  E 

A  La  Chambre  des  représentante,  le  24  avril  1759.     Lu  e<  adopté, 

F.   Il  i   BBARD,  orateur. 
Rati 

T,   POWNALL. 

N"  196. 

A  Son  Excellence  Thomas  Pownall,  gouverneur  en  chef,  et   aux  honorables  membres 
du  Conseil  et  de  la  Législature  réunis  en  assemblée.     La  pétition  de  Charles  Me 
pose  humblement  : — Que  votre  pétitionnai]  te  soixante  ac  ,  très  infirme  et  incapable 

de  travailler,  réside  à  ESaston  avec  sa  femme  et  une  petite  fille.  Le  prix  «les  rivres  'tant 
devenu  très  élevé,  ses  tils  ont  quitté  la  famille  et  sont  ailes  chacun  de  son  côî<  cherchant 
du  travail  a!in  de  pourvoira  leurs  propres  besoins.  Votre  pétitionnaire,  depuis  longteo  : 
n'a  pas  reçu  d'autre  secours  des  conseillers  que  trois  pintes  de  lait  écrémé  par  jour,  et  lors- 
qu'il s'adressa  aux  conseillers  pour  obtenir  quelque  chose,  ils  répondirent  qu'ils  n'avaient 
pas  reçu  d'instructions  de  la  Législature  de  nous  donner  d'avantage.  En  sorte  que  nous 
sommes  oondamnés  à  mourir  de  faim  si  nous  ne  sommes  pas  secourue 

Votre  pétitionnaire  vous  prie  donc  de  considérer  leur  situation,  de  les  secourir,  et, 
comme  il  le  doit,  ne  cessera  de  prier. 

sa 
CHARLES  +  MEUSE. 

marque. 

Au  Conseil  le  2  juin  1759.  La  pétition  est  lue  et  envoyée  à  la  Chambre  des  repré- 
sentants. 

A  la  Chambre  des  représentants  le  9  juin  1759.  La  pétition  ci-dessus  étant  lue, 
il  est  résolu  d'autoriser  les  conseillers  de  Easton  de  supporter  la  famille  du  pétitionnaire, 
conformément  aux  instructions  adressées  précédemment  par  cette  Législature  au  sujet 
des  Français  neutres.     Soumis  à  l'approbation  du  Conseil. 

S.  WHITE,  orateur. 
* 
Au  Conseil,  le  9  juin  1759.     La  résolution  ci-dessus  est  lue  et  adoptée. 

THOS.  CLARKE,  sous-secrétaire. 
Ratifiée, 

T.  POWNALL. 

N°  225. 

Son  Excellence  ayant  informé  le  Conseil  qu'elle  a  été  mise  au  courant,  par  le  général 
AVolfe,  d'une  correspondance  échangée  entre  quelques-uns  des  ci-devant  habitants  français 
de  la  NouvelJe-Ecosse  qui  résident  actuellement  dans  cette  province,  et  les  Français  du 
Canada,  et  de  la  désertion  de  quelques-uns  des  dits  habitants  qui  se  sont  enfuis  au 
Canada. 

Il  est  résolu  que  les  conseillers  des  bourgs  où  résident  les  habitants  français  doivent 
à  l'avenir  surveiller  strictement  la  conduite  de  ces  derniers  et  transmettre  aussitôt  qae 
possible  au  bureau  du  secrétaire,  une  liste  complète  des  habitants  français  résidant  dans 


184  MUlli's  />   0ANADI1 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

leur*  bourgs  et  v  mentionner  les  noms  de  ceux  qui   ont  quitté   la  province  ou  qui  sont 
bemporairemenl  absents  de  l'endroit  où  le  gouvernement  les  a  places.     Cette  résolution 
tivoyée  à  La  Chambre  des  représentants. 

A.   OLIVER,  secrétaire. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  11  octobre  1759.  La  résolution  ci-dessus  est 
lue  et  acceptée. 

ATTR.  ROLAND  COTTON, 

Ratifiée,  greffier  dé  la  Chambre  des  représentants. 

T.  POWNALL. 

N°  283. 

A  Son  Excellence  Thomas  Pownall,  écr.,  capitaine  général  et  gouverneur  en  chef,  aux 
honorables  membres  du  Conseil  et  de  la  Législature  de  la  province  de  la  baie  du 
Massachusetts  en  Nouvelle- Angleterre,  siégeant  à  Boston,  le  19  mars  1760. 

Votre  pétitionnaire  expose  humblement  :  Qu'après  son  arrivée  dans  la  Nouvelle- 
Angleterre,  il  résida  pendant  qnelque  temps  au  cap  Anne.  Il  a  été  ensuit^  transféré 
avec  sa  famille  au  bourg  de  Methuen,  où  il  demeure  depuis  trois  ans.  A  cet  endroit, 
bien  des  circonstances  ont  contribué  à  le  plonger  dans  la  détresse,  et  votre  pétitionnaire 
se  permet  de  soumettre  à  Votre  Excellence  et  aux  honorables  membres  quelques-unes  des 
causes  de  sa  misérable  situation.  Sa  femme,  depuis  qu'elle  est  éloignée  de  l'eau  salée,  a 
été  faible  et  malade,  tandis  que  lui  et  ses  fils,  accoutumés  à  faire  la  chasse  et  la  pêche 
pour  gagner  leur  vie,  ne  sont  nullement  habitués  aux  travaux  des  fermiers,  et  par  suite 
ne  peuvent  obtenir  à  Methuen  ou  dans  les  bourgs  environnants  des  salaires  aussi  élevés 
qu'au  cap  Anne.  Deux  de  ses  fils  sont  allés  passer  les  deux  derniers  étés  au  cap  Anne 
où  ils  ont  trouvé  de  plus  grands  avantages  et  réalisé  de  plus  grands  profits  qu'ils  auraient 
obtenus  à  Methuen.  Trois  de  ses  fils  ont  pris  la  détermination  et  fait  la  promesse  de 
retourner  au  cap  Anne  l'été  prochain.  Dans  l'endroit  où  il  réside  actuellement,  l'entre- 
tien de  sa  famille  est  devenu  une  charge  assez  lourde  pour  les  conseillers  de  Methuen, 
mais  s'il  lui  était  permis  de  résider  au  cap  Anne  il  n'aurait  besoin  que  d'un  logis  pour 
lui-même,  sa  femme  et  ses  enfants,  ce  que  lui  et  ses  fils  préféreraient  à  leur  logis  actuel 
avec  trente  dollars  par  année,  et  dans  un  endroit  éloigné  de  la  mer. 

Votre  pétitionnaire  supplie  donc  humblement  Votre  Excellence  et  les  honorables 
membres  de  considérer  sérieusement  sa  situation  et  d'ordonner  que  votre  pétition- 
naire soit  transféré  immédiatement  de  Methuen  à  Gloucester,  et  il  ne  cessera  de  prier. 

JOHN  MIUS. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  22  mars  1760.  Cette  pétition  étant  lue,  il  est 
résolu  d'accorder  au  pétitionnaire  la  permission  de  quitter  le  bourg  de  Methuen  pour 
aller  demeurer  dans  celui  de  Gloucester,  mais  il  devra  à  l'avenir  pourvoir  à  sa  subsistance 
et  à  celle  de  sa  famille  sans  compter  sur  la  moindre  assistance  du  gouvernement.  Cette 
résolution  est  envoyée  au  Conseil. 

S.  WHITE,  orateur. 

Au  Conseil,  le  24  mars  1760.     La  résolution  est  lue  et  adoptée. 

A.  OLIVER,  secrétaire. 
Ratifiée, 

T.  POWNALL. 


N°  287. 


Au  Conseil,  le  21  mars  1760. 


Résolu  que  le  comité  nommé  au  mois  de  janvier  dernier  pour  étudier  la  question 
des  Français  neutres,  conformément  à  la  recommandation  contenue  dans  le  message  de 
Son  Excellence,  le  25  du  même  mois,  soit  requis  de  commencer  son  travail  immédiate- 
ment et  de  présenter  un  rapport. 

A.  OLIVER,  secrétaire. 


QBN1  VLOOll    DJ       iO  IDIl  Vi     IVti    D0<  I 

SESSIONAL  PAPER  No 

A  la  Chambre  de    repré  entant  ,  le  ""  mar     I  fdO      L§   n  otution 

lu»-  el  adopi 

s.   w  III  i  i. 

Au  (  Ion  'il,  le  1 1  '•  '  'i  i  <  •'>"      R<  '•>"  m1""  •,"1"1  '' 
chargé  de  l'affaire  des  exilé    fran   li    'I-  la    Nouvelle   I  i  le   place  de  Chamh 

Russells,  écr.,  et  que  le  dil  comiti    oit  requii  de  commence]     on  travail  immédiat 
el  de  présenter  un  rappoi  t. 

En  i  la  <  lhambre  dea  repr<   i  ritan 

A    OL1 V  il. 

A  la  Chambre  des  représentante,  le  17  avril  1760      L  ution  ci-di  l  lue 

e{  acceptée.     M.  Belcher,  le  colonel  Whiteombe,  le  capitaine  Richard  on  el   M.  Tncl 
sont  choisis  pour  faire  partie  du  comité.     En>  >il. 

s.    WIMTK.  orad 

A.u  Conseil,  le  17  avril  I7t'><>.     La  résolution  oi*d  I  lueetadopto 

A.   o|,|\  !.!:. 

\     293. 

A  Son  Excellence  Thomas  Pownall,  écr.,   capitaine  général  et  gouverneur  en  i  •  la 

province  de  La  baie  «lu   Massachusetts,    Nouvelle-Angleterre,    el    aux    honorables 
membres   du   Conseil   et  de  la  Chambre   des   re]  banta  de  la  dite  pro 

Biégeant  à  Boston,  Le  I  août.  1760. 

La  pétition  de  John  Mius,  ci-devant  habitant  du  cap  Sable,  et  résidant  présenta  menl 
à  Methuen,   expose  humblement:    Que   votre  pétitionnaire,  dans  la  localité  où  il 
meure,  se  trouve  dans  dos  conditions  difficiles  et  désavantageuses  (et  que  pour  ce: 
son  L'entretien  de  sa  famille  cause  des  dépenses  considérables  aux  conseillers).    Il  a  trans- 
mis une  pétition  à  la  Législature  à  sa  dernière  session,  exprimant  son  désir  d'être  trans- 
fert sa  famille  de  Methuen   à  Gloucester  où  il  s'engageait  de  pourvoir  à  sa  sub- 
tance et  à  celle  de   sa  famille,    cà  condition   que  le  gouvernement  lui    procurât  un  h  _ 
dans  ce  dernier  endroit.   Bien  que  cette  grande  et  sage  Législature  ait  ordonné  d'accorder 
à  votre  pétitionnaire  la  liberté  de  quitter  le  bourg  de  Methuen  et  de  se  transporter  avec 
sa  famille  dans  celui  de  Gloucester,  à  condition  que  le  pétitionnaire  fut  tenu  de  pourvoir 
à  sa  subsistance  et  à  celle  de  sa  famille  sans   le  moindre  secours   du   gouvernement, 
aujourd'hui  votre  pétitionnaire  représente  humblement   qu'il   a  une  famille  nombreuse, 
que  plusieurs  de  ses  enfants  sont  encore  bien  jeunes  et  incapables  de  lui  venir  en  aide 
et  que  le  gouvernement  dépensera  moins  pour  lui  procurer  un  logis  confortable  que  pour 
maintenir  le  plus  grand  nombre  de  ses  compatriotes  dans  les  circonstances  pénibles  où 
ils  se  trouvent.     En  conséquence,    votre  pétitionnaire   supplie  Votre   Excellence  et  les 
honorables  membres  de  reconsidérer  sa  situation,  d'abaisser  des  regards  de  compassion 
sur  de  pauvres  étrangers,  de  lui  procurer  un  logis  à  Gloucester  aux  frais  de  la  province 
atin  que  par  son  travail  constant  et  ses  efforts  il  puisse  subvenir  à  ses  besoins  et  à  ceux 
de  sa  famille,  sans  avoir  recours  au   gouvernement  à  l'avenir.     Et  votre  pétitionnaire 

ne  cessera  de  prier. 

sa 

JOHN  +  MIUS. 

marque. 

Jest.  Ebend.  Barker. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  17  avril  1760.  La  pétition  ci-dessus  étant  lue, 
il  est  résolu  d'ordonner  aux  conseillers  de  Gloucester  de  procurer  un  logis  confortable 
au  pétitionnaire,  aux  frais  de  la  province.     Cette  résolution  est  envoyée  au  Conseil. 

S.  WHITE,  orateur. 

Au  Conseil,  le  19  avril  1760.     La  résolution  ci-dessus  est  lue  et  adoptée, 

A.  OLIVEB,  sec. 
Ratifiée. 

T.  POWNALL. 

18—44     r-16 


186 


w,'<  un  /■>  <  anadienm  > 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


171. 


illence  le  gouverneur  et  aux  honorables  membres  du  Conseil  de  Sa  Ma 

el  de  li  Législature,  province  de  La  baie  du  Massachusetts. 

La  pétition  de  John  Benoit,   ci-devant  habitant  de  l'Acadie  i  humblement  : 

votre  pétitionnaire  et  sa  famille,  a  Leur  arrivée  dans  la  Nouvelle-Angleterre  furent 
installés  à  Brookline,  mais  que  conformément  à  une  décision  récente,  lui  et  sa  femme 
ont  été  laissés  à  Brookline  et  ses  enfants  transport)  >n.      Votre  pétitionnaire  a 

nti  beaucoup  de  chagrin  de  cotte  séparation,   d'autant  plus  que  ses  grands  enfants 
contribuaient  beaucoup   par  leur  travail   à  l'entretien   de   la  famille,  sans  compter  qu'ils 
étaient  le  soutien  de  leurs  parents.     Cette  séparation  a  plongé  votre  pétitionnaire  i 
femme  dans  une  situation  difficile  et  pénible. 

Votre  pétitionnaire  supplie  humblement  Votre  Excellence  et  les  honorables  mem- 
bres de  le  faire  transporter  avec  sa  femme  à  Boston  ou  de  faire  revenir  ses  enfants  à 
Brookline.  Les  conseillers  de  ces  endroits  refusent  de  ne  rien  faire  sans  avoir  reçu  des 
instructions  de  Votre  Excellence  et  des  honorables  membres. 

Et  votre  pétitionnaire,  comme  il  le  doit,  ne  cessera  de  prier. 


Boston,  25  février  1762. 


JOHN    +    BENOIT. 

marque. 


No  530. 


A  Son  Excellence  Francis  Bernard,  écr.,  gouverneur  de  la  province  de  la  baie  du 
Massachusetts,  aux  honorables  membres  du  Conseil  de  Sa  Majesté  et  de  la  Chambre 
des  représentants  siégeant  le  23  février  1765.  La  pétition  de  John  White  [Jean  Le- 
Blanc]  ci-devant  habitant  des  Mines,  en  la  Nouvelle- Ecosse,  demeurant  actuellement  à 
Falmouth,  baie  de  Casco,  expose  humblement  en  son  nom  et  au  nom  des  autres  habi- 
tants français  qui  demeurent  au  même  endroit  :  Que  par  leur  déportation  du  pays  natal, 
ils  ont  été  privés  de  leurs  maisons,  de  leurs  terres  et  de  presque  tous  leurs  moyens  de 
subsistance  et  qu'ils  vivent  maintenant  parmi  des  étrangers  dans  la  misère  et  les 
privations.  Le  bourg  de  Falmouth  vient  d'exiger  leur  contribution  à  la  taxe  publique 
et  d'augmenter  ainsi  leur  détresse.  En  conséquence,  ils  supplient  humblement  Votre 
Excellence  et  les  honorables  membres  de  prendre  en  pitié  leur  misérable  situation  et 
de  les  exempter  de  payer  des  taxes  jusqu'à  ce  qu'ils  puissent  pourvoir  à  leur  entretien 
et  à  celui  de  leurs  familles,  ou  de  leur  accorder  d'autres  secours  que  dans  votre  grande 
sagesse  vous  jugerez  raisonnables.  Et  votre  pétitionnaire,  comme  il  le  doit,  ne  cessera 
de  prier. 

JOHN  WHITE  [Jean  Le  Blanc]. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  25  février  1765  :  La  pétition  ci-dessus  est  lue 
et  il  est  résolu  de  donner  instruction  aux  répartiteurs  du  bourg  de  Falmouth  de  retran- 
cher toutes  les  taxes  de  district  imposées  jusqu'ici  aux  Français  neutres  qui  demeurent 
dans  le  dit  bourg.     Cette  résolution  est  envoyée  au  Conseil. 

S.  WHITE,  orateur. 

Au  Conseil,  le  27  février  1765.     La  résolution  précédente  est  lue  et  adoptée. 


Ratifiée. 


JNO.  COTTON,  sous-sec. 


FRA.  BERNARD. 


N'    539, 

A  Son  Excellence  Francis  Barnard,  écr.,  capitaine  général  et  commandant  en  chef 
de  Sa  Majesté  dans  la  province  de  la  baie  du  Massachusetts  et  à  l'honorable  Conseil  de 
Sa  Majesté.  L'humble  pétition  de  Peter  Pèlerine  [Pierre  Pellerin],  Français  neutre 
envoyé  par  ordre  du  gouvernement  dans  le  bourg  de  Pembrook,  comté  de  Plymouth, 


w   iLOOU    Dl       U    i/'//  Vi      IVB(     D0( 

DOC.  DL   LA  SI     '.ION   No    18 

expose  humblement      Que  \  ot  re  pét  il  ionnain 

d'un  jugement  que   M.  Imiac    Keiw    di     I ' 

je  în.i i  mm.     Il  est   père  de     ept    enfant  ,   dont    cinq    onl    i 

i  ravail   <•'   celui  de  i  u  t  mme    il  peut    ■•>   peine  le  pn  p  lui  et 

\ et.  m.  ni     dont  il    on1  be  loin  pour    e  pn  lu  froid 

ne  pas  mourir  de  faim.     Bien  qu'il   lui  soit    impo  ible   de  au   I" 

maison,  oependant,  qu'il   plai  e  à    Votn    I  l'honorai  eil,  M.  Keine 

n  en  .1   pa     m. mu    exécut<   une    ai  mettre  le  combi<  malheni  .   jeudi 

dernier,    l'officier   l'a  conduit    à    Is    pri  on   de   Plymouth,   où    il   e  i    re  té  ent 
qu'aujourd'hui,     [lest   bien  pénible  a]  oir  endun  d<     pri  durant  un  lu 

rigoun  ux,  de  Be  trouver  au  retour  <lu  prin  ermé  dan    un  uoir  -  achoi 

de   la   présence  de  sa   femme  et  d  dont  la  sépaiation  lu  oup 

de  chagrin  et  qui  ont   dû  eux  mêmes   beaucoup  souffrir.     Qu'il    pla  el 

lenoe  de  sommer  mon  créancier  <!«•  m'accorder  les  con  que  la  loi  accorde  dai 

un  tel  cas  mais  je  voua  prie  de  venir  à  mon  Beoours  d'abord,  si  quelqu 
être  fait   pour  moi.     Je  voua  prie  d'avoir  pitié  de   ma   déplorable  situation    et   d'în 
former  les  conseillera  de  Pembrook  qu'ils  doivent   payer  le  loyer-  de  la  maison  qui 
monte  à    £2,  8   et   les  frais  dont   le  montant  jusqu'à  de  62,  21i 

dans    l'impossibilité   de    payer   cette   Bomme  et  si  on  me   I  enfermé    ici    pendant 

quarante  jours,  je  perdrai  les  avantages  que  m'offre  le  printemps  de  venir  en  aide  i  ma 
famille  et  l'occasion  de  faire  mes  semailles.    Il  y  a  quelques  années  j< 
ferme  et  tout  ce  dont  j'avais  besoin  non  seulement  pour  donner  le  confort  a  ma  famille, 

mais  aussi  pour  la  rendre  heureuse,  et  j'avais  l'espoir  de  laisser  mes  enfants  dans  l'aisar,. 
Aujourd'hui,  après  avoir  été  dépouillé  de  tout  ce  que  je  possédais  et  déporté  dans  un 
pays  étranger,  pour  rendre  mou  malheur  eomplet  on  me  sépare  de  ma  chère  femme  et  dé- 
nies entants  et  <"n  me  renferme  dans  une  obscure  prison  :  il  m'est  impossible  d'exprimer 
toutes  mes  angoisses.  Votre  Excellence  et  l'honorable  Conseil  comprendront  facile- 
ment ce  que  ma  famille  et  moi  avons  souffert.  S'il  vous  est  possible  de  venir  au  se- 
cours d'un  pauvre  prisonnier,  je  supplie  Votre  Excellence  et  l'honorable  Conseil  de 
prendre  les  moyens  de  me  faire  mettre  en  liberté,  afin  que  je  puisse  retourner  au 
milieu  de  ma  pauvre  famille.     Et  votre  pétitionnaire  ne  cessera  de  prier. 

sa 

PETER   +   PELERINE,  [Pellerin] 

marque 
Prison  de  Plvmfouth], 
13avrifl765. 

No.  540. 

Il  est  résolu  de  faire  transmettre  aux  conseillers  de  Pembrook  une  copie  de  la 
pétition  de  Peter  Pèlerine,  Acadien  français,  actuellement  enfermé  dans  la  prison  de 
Plymouth  par  suite  de  l'exécution  d'un  jugement  obtenu  contre  le  prisonnier  par  Isaac 
Keine  pour  la  somme  de  £2,  8s.  due  pour  loyer  de  maison  et  de  <£2,  2s.  pour  les  frais,  afin 
que  les  dits  conseillers  prennent  immédiatement  les  moyens  de  secourir  le  pétitionnaire, 
conformément  aux  mesures  adoptées  par  la  Législature  à  l'égard  des  habitants  français 
qui  ont  été  placés  dans  les  bourgs  et  qui  devaient  être  pourvus  des  choses  nécessaires 
qu'ils  ne  pouvaient  se  procurer  ;  si  non  les  conseillers  devront  faire  connaître,  mercredi 
le  1er  mai,  pour  quelles  raisons,  le  pétitionnaire  n'a  pas  reçu  de  secours. 

Tiré  de  l'original    No.  572. 

A  Son  Excellence  francois  Barnard  Esq.,  Gouverneur  en  Chef  pour  Sa  Majesté  le 
Roy  de  La  Grande  Bretagne. 

Monseigneur, — Moy  Le  Sousignés  francois  le  blanc,  fransois  Acadien,  Demeurant 
dans  la  paroisse  de  Dudley  Dans  le  Gouvernement  de  boston  estant  une  personne 
extrêmement  Incommodés  D'une  main  dont  je  ne  puis  me  Seivir  ce  qui  me  met  hors 
destat  de  pouvoir  gagner  ma  pauvre  Vie  Ainsy  que  mon  fils,   francois  leblanc,  estant 

18—441 


188  â.R<  un  /■>  ('ANADIJ  .\  m: s 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


tombé  malade  Le  20  D'Auost  1766  {<()  ne  pouvant  faire  aucun  travaille  I  mains  et 

ayant  été  obli^rs  I  >y  Apeller  trois   Médecins  pour  tacher  Dy  Remédier,  et  mon  pau vie 
fils  Cy  Desua  nommés,  avant  perdu  Son   bras,  et   Les  médecins  aujourd'huy  mon  t'ait 
[mer  pour  le  payement  et  mon  arresté  jusoua  mes  pauvre  bardes  pour  !<•  payement  et 
nioy  n'ayant  aucune  chose  pour  pouvoir  payer  Je  Recours  a  Vous. 

Monseigneur, — Pour  vous  prier  d'avoir  la  bonté  de  m'assister  Dans  mon  Besoin  et 
De  Donner  S'il  Vous  plaist  Vos  Ordres  pour  que  La  parroisse  Don  je  suis  qui  est 
Brimfield  est  à  payer  Les-  Médecins  m'a  Nécessités  me  mettant  hors  Destat  De  pouvoir 
payer,  quoy  que  la  Somme  n'est  pas  Kxtremeraent  forte,  les  trois  médecin  charge  pour 
Leur  travail  la  Somme  de  cinq  £5,  2s,  8d. 

Monseigneur, — Cy  Jestais  en  estât  de  travaillé  je  Voudrois  le  payer  De  moy  mesme 
je  ne  Viendrois  pas  Importuner. 

Votre  Excellence  me  Voilà  sans  apuy  Du  Costé  De  Mon  fils  qui  a  perdu  Le  bras 
je  prie  Monseigneur  de  faire  tout  ce  qui  est  en  Son  pouvoir  pour  me  Délivrer  de 
Labisme  ou  Je  Suis  Sans  cela  mes  pauvre  hardes  Seronts  Vendue  et  Je  nauray  plus 
Rien  a  me  Couvrir  Je  prie  Dieu  pour  la  Conservation  De  Vostre  Excellence  et  Suis  et 
Serez  Le  reste  De  Mes  Jours 

Monseigneur,  Vostre  très  humble  et  obéissant  Serviteur 

FRANÇOIS  LE  BLANC. 

No  577. 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  18  juin  1766.  Il  est  résolu  que  le  montant  de 
,£5,  2s,  8d.  soit  tiré  du  trésor  de  la  province  pour  payer  les  honoraires  de  médecins  tel 
que  demandé  dans  la  dite  pétition  de  Francis  LeBlanc  et  de  sommer  les  bourgs  de  Brim- 
field et  de  Brimfield  Sud  de  faire  connaître  les  raisons  qu'ils  peuvent  avoir  pour  empê- 
cher que  le  montant  de  £5,  2s,  8d.  ne  soit  ajouté  à  leurs  taxes  de  l'année  prochaine. 
Cette  résolution  est  envoyée  au  Conseil. 

T    CUSHING,  orateur. 

Au  Conseil,  le  24  juin  1766.     La  résolution  ci  dessus  est  lue  et  adoptée. 

A.  OLIVER,  sec. 
Ratifiée. 

FRA.  BERNARD. 

No  576. 

Messieurs  de  la  Chambre  des  représentants  : 

Ayant  reçu  la  pétition  ci-incluse  de  Francis  LeBlanc,  je  l'ai  transmise  au  Conseil, 
et  à  la  demande  de  celui-ci  je  vous  l'ai  fait  parvenir.  Les  faits  qu'elle  contient  n'ont  pas 
besoin  de  commentaires. 

FRA.  BERNARD. 

No  578. 

Le  comité  chargé  d'une  enquête  au  sujet  de  l'état  des  Français  neutres  qui  résident 
dans  cette  province  et  des  dépenses  encourues  pour  leur  entretien,  s'étant  acquitté  de 
cette  tâche,  fait  rapport  que  plusieurs  bourgs  de  la  province  dans  lesquels  des  Français 
neutres  ont  été  envoyés  lors  de  la  distribution  qui  en  a  été  faite,  n'ont  encouru  aucune 
dépense  à  l'égard  de  ces  derniers  depuis  quelque  temps,  tandis  que  d'autres  bourgs  ont 
dépensé  considérablement  pour  l'entretien  de  ces  gens.  De  plus,  le  comité  a  constaté 
que  conformément  aux  instructions  de  la  Législature,  le  commissaire  général  "  has 
supplyd  the  French  with  8s  lOd  "  et  que  par  ordre  du  gouverneur  en  son  Conseil,  les 
Français  ont  reçu  depuis  le   21  août   1765,  pour  divers  articles  et  loyers  de  maison  un 

(a)  C'est  17G5  qu'il  faut  lire.     C'est  la  date  donnée  dans  la   traduction   officielle  en   anglais,   numéro 
cotté  574. 


1,1  \  i  \i  OOIB  /'/'■     U   [DJEN8    IVBG  i><>('t  VI  \  IM 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

montant  de  $48,  L5i.  8d   2fr,     En  outre,   In  [jégi  lature  h    fourni   la    ommi    de  I 
deux  d'entre  eux  pour  leur  permettre  d'elle?  au  Canada,     l^'  If    I 
le  somme  do  lis    \.>,  Kd    'h    u  rU    <l.j..n,.    r<   iilnni   à    Leni  Aoton,  8bn 

bury,  Ddedford,  Willmington,  Woroester,  Woborn,  Barn  tabl(    il     ;ham       R 

\  \i:<  »N    w ■<  M»h.  pu  ord] 

tf<   581. 

\  la  Chambre  dei  représentant  ,  le  26  juin  17»')'».     Il  i  olu  qu<  mme   de 

I  t8,  L5s.  8d.    2fr.  payée  par  le  trésor  de  la  province   par  ordre  do  go       i     tir   en 
Conseil   pour  l'entretien  d'un  oertaio   nombre  d'Acadien  i 

l'année  prochaine  qu'il  soit   imp  baque  bourg  une  augmentation  de  I 

tionnelle  au  montant  qu'il  a  reçu  pour  L'entretien  de  ai     ei    qu'aucun  argent 

porte  du    trésor  à  l'avenir,    pour  l'entretien   i  .  \  «  • .  l  <  !  j  <  -  r  ■       ins  un  ordre  d< 

Législature.    A.     Cette  résolution  est  envoyée  au  Conseil. 

T.  CUSHING,  ora* 

Au  Conseil,  le  27  juin  L766.  La  résolution  oi-deesuc  est  lue  et  adoptée  aveo 
l'amendement  suivant  à  l'endroit  A.  Excepte  pour  1rs  cas  de  né  ne.    Envoj 

à  la  Législature. 

A.  (  >U  \  ER,      <  /•'  tain 

A  la  Chambre  des  représentants,  le  27  juin  176G.  lia  résolution  telle  qu'amendée 
par  le  Conseil,  est  lue  et  rejetée. 

T.  CUSHING.  orateur. 

Au  Conseil,  le  27  juin  1766.    Lue. 

Nû  582. 

A  Son  Excellence  le  gouverneur  et  au  Conseil  siégeant  à  Boston. 

La  pétition  de  John  Labardoie  expose  humblement  : — Que  le  pétitionnaire  père  de 
huit  enfants  trop  jeunes  pour  lui  venir  en  aide  se  trouve  dans  une  situation  déplorable 
par  suite  du  manque  d'ouvrage  et  craint  que  lui  et  sa  famille  n'endurent  de  grandes 
privations  s'ils  sont  laissés  dans  cette  endroit  jusqu'à  l'hiver.  En  conséquence  il  solli- 
cite avec  instance  qu'on  lui  accorde  son  passage  et  celui  de  sa  famille  pour  se  rendre  à 
Québec,  où  il  demeurera  durant  l'hiver  dans  la  maison  d'un  cousin. 

Votre  pétitionnaire  réclame  avec  confiance  votre  protection  et  votre  secours,  car 
autrefois  il  a  rendu  des  services  aux  loyaux  sujets  de  la  Grande-Bretagne  en  sauvant  la 
vie  d'un  grand  nombre  d'entre  eux  qui  auraient  été  massacrés  par  les  sauvages  micmacs, 
et  c'est  en  exposant  sa  vie  et  en  risquant  de  perdre  ses  biens,  assez  considérables,  qu'il 
a  prévenu  ces  assassinats.  Et  plusieurs  citoyens  qui  demeurent  présentement  à  Marble- 
head  sont  en  mesure  de  corroborer  ce  qui  précède.  Ce  fut  à  l'occasion  de  l'arrivée 
d'un  vaisseau  anglais,  dans  le  port  qui  porte  mon  nom,  que  j'ai  empêché  une  dernière 
fois  les  sauvages  de  massacrer  l'équipage,  car  ceux-ci  m'avertirent  que  si  je  me  rendais  à 
bord  pour  prévenir  les  gens  du  danger  qui  les  menaçait,  comme  j'avais  l'habitude  de  le 
faire,  ils  me  tueraient.  Mais  votre  pétitionnaire  leur  répondit  qu'il  irait  à  bord  et  qu'il 
ne  permettrait  pas  qu'on  commette  de  semblables  assassinats  ;  une  bataille  s'en  suivit 
avec  le  messager  sauvage,  et  celui-ci  déchargea  sur  votre  pétitionnaire  une  arme  à  feu 
chargée  de  menus  plombs  dont  plusieurs  n'ont  pas  été  extraits.  Votre  pétitionnaire, 
pour  sauver  sa  vie,  fut  obligé  de  se  réfugier  dans  une  autre  partie  de  la  province.  Il 
prend  la  liberté  de  porter  tous  ces  faits  à  votre  connaissance  et  il  espère  que  vous  lui 
accorderez  ce  qu'il  demande. 

Votre  très  humble  serviteur, 

JOHN  LA.BARDORE. 
Boston,  le  14  juillet  1766. 


190  l//r  7//I  />    (    I  \    !/>//.  V\ 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

N°  583. 

Bo«to\,  23  juillet  17G6. 

Messibi  eis,     John  Labardore,   Acklien   français   dont   la   famille   réside   presque 

toute  entière  dan*  votre  bourg,  où  elle  a  été  placée  par  ordre  du  gouvernement,  a  de- 
mandé au  gouverneur  et  au  Conseil  de  le  transporter  à  Québec  avec  sa  famille  aux 
frais  de  la  province.  Mais  comme  vous  êtes  chargée  du  soin  de  ces  gens,  je  vous  trans- 
mets, conformément  aux  ordres  du  gouverneur,  la  demande  qu'ils  viennent  d'adresser 
afin  «jue  vous  leur  accordiez  leurs  passages,  si  vous  préférez  leur  départ,  sinon,  que  vous 
remplissiez,  vus  engagements  envers  eux.  Les  arrérages  que  vous  leur  devez  suffiraient 
à  payer  une  partie  des  dépendes  de  leur  transport,  s'ils  consentaient  à  vous  acquitter  de 
cette  façon,      Un  vaisseau  va  mettre  à  la  voile  pour  Québec  samedi  prochain. 

NB  584. 

Au  Cons 'il,  le  13  juin.  Il  est  proposé  et  résolu  que  le  secrétaire  écrive  aux  con- 
seilleurs des  bourgs  de  Wilmington  et  de  Woburn  pour  leur  recommander  les  Français 
neutres. 

A  Son  Excellence  Francis  Bernard,  écr.,  capitaine  général  et  gouverneur  en  chef  de  la 
province  de  la  baie  du  Massachusetts  de  Sa  Majesté,  en  la  Nouvelle-Angleterre,  à 
l'honorable  Conseil  de  Sa  Majesté  et  à  l'honorable  Chambre  des  représentants  de  la 
dite  province.  La  pétition  de  Bennway  Eday  (Edouard  Benoit)  Français  neutre 
expose  humblement  : 

Que  votre  pétitionnai  te  a  été  déporté  des  Mines  en  même  temps  que  les  autres  habi- 
tants français  qui  ont  été  transportés  dans  cette  province.  Il  a  été  amené  à  Boston  par 
le  capitaine  Lovett  et  transporté  de  là  à  Cambridge  avec  la  famille  à  laquelle  il  appar- 
tient. Comme  il  est  jeune  il  a  quitté  cette  famille  pour  gagner  sa  vie  et  n'a  jamais  été 
à  charge  dans  aucun  endroit  ni  reçu  de  secours  de  personne  ;  les  Fiançais  avec  qui 
votre  pétitionnaire  avait  l'intention  de  partir  quittèrent  à  son  insu  le  bourg  où  ils 
résidaient.  Votre  pétitionnaire  et  sa  famille  sont  dans  une  telle  indigence,  qu'il  est  dans 
l'impossibilité  de  leur  procurer  leurs  passages  pour  se  rendre  au  Canada  où  il  aimerait  à 
se  transporter.  En  conséquence,  il  vous  prie  de  lui  procurer  ainsi  qu'à  sa  famille  les 
moyens  d'aller  à  Québec  ou  dans  un  autre  endroit  du  Canada  qu'il  vous  plaira  dans 
votre  bonté  et  à  votre  sagesse  de  désigner  ;  et  votre  pétitionnaire  ne  cessera  de  prier. 

Dedham,  30  mai  1767. 

sa 
BENNWAY  +   EDAY 
marque 
Le  3  juin  1767.    La  pétition  ci-dessus  est  lue  et  M.  Wassay,  le  capitaine  Brown,  de 
Abbington,  et  le  colonel  Preble  sont  chargés  de  considérer  la  demande  qu'elle  contient 
«t  de  présenter  un  rapport. 

Le  11  juin,  le  rapport  est  lu  et  la  pétition  est  rejetée. 

N°  587. 

A  Son  Honneur  ïhos.   Hutchinson,  écr.,  lieutenant-gouverneur  de  la  province  de    la 

baie  du  Massachusetts,  Nouvelle-Angleterre. 

Edy  Bennoy  (Edouard  Benoit)  habitant  français  déporté  des  Mines,  demande  la 
liberté  de  représenter  brièvement  sa  situation  et  sollicite  humblement  la  protection  de 
Votre  Honneur.  Le  dit  Edy  lorsqu'il  a  été  déporté  dans  cette  province  avec  sa  famille 
a  été  omis  lors  de  la  distribution  des  habitants  français  dans  les  bourgs  de  la  pro- 
vince et  vu  qu'aucun  bourg  ne  lui  a  été  assigné,  il  rencontre  beaucoup  de  difficulté  à  se 
procurer  une  résidence  et  à  pourvoir  à  ses  besoins  et  à  ceux  de  sa  famiile.  Dans  ces 
circonstances  exceptionnellement  difficiles,  il  sollicite  les  conseils  et  la  protection  qu'il 
vous  plaira  dans  votre  bonté  et  à  votre  sagesse  de  lui  accorder,  et  votre  pétitionnaire, 
comme  il  le  doit,  ne  cessera  de  prier. 

EDY  BENNOY. 


01  \  i   1/  OQll    I"       U    i  /'/ /  '■       ii/'     /""'/  '//  \  /  IfJ 

DOC.  DE  LA  SESSION   No    18 

Ho  ro.v,    16    eptembi <■  \  > 

Voilà  devet  vous  Adresser  au  secrétaire  et  lui  demandai  de  soumettre  vol 
au  gouverneur  en    Conseil  .  e(    i  vou  II    un  rapj 

môme  proteol  ion  que  les  aul  re    Pra  n<  ai    n<  ul  n 


A  l'honorable  A  m  lieu  Olivei  ecrétaire  de  la  provins 

Cette  pétition  expose  humblement     Que  le  signataire,  Fi  u 
avec  de  grandes  difficultés,  s'esl  adrea  é  à  l'honorable  Tho     Hutchin  .  pour  obte 

air  du  secours.     Ce  dernier  lui  a  dit  de    adr<     er  au  gouverneur  en  Conseil  par  l'entre 
mise  de  M .  Oliver.     Votre  pétitionnaire  prend  donc  la  liberté  de 
qu'on  ne  lui  a  assigné  auoun  district,  en  sorte  qu'il  □  s  droit  «le  s'adresser  nulle  part.     Il 
a  une  femme  et  deux  enfants  donl  l'un  est  aveugle  imme  étant  une  invalide^ 

trouve  dans  l'impossibilité  de  soutenir  sa  famille.     Il  est  ailé  à  Québec  avec  l'espoir  d'y 
trouver  Bes  amis  et  des  moyens  de  subsistance,  mais  rencontrant,  personne  pour  le    • 
rir  il  est  revenu  dépourvu  de  tout   et   presque   nu.     En  conséquence  il  sollicite  d( 
Excellence  et  de  l'honorable  Conseil  de  8a  .M  la  protection  que  leur  dai- 

gnera lui  accorder,  et  votre  pétitionnaire,  comme  il  le  doit,  ne  cessera  de  prier. 

31    mais    17 

EDY   BENNOY. 

Au  Conseil,  17  mai  1769.  La  pétition  ci-dessus  est  lue.  Attendu  que  le  dit 
Bennoy  n'a  pas  été  placé  comme  les  autres  habitants  français  dans  un  bourg  de  cette 
province,  il  est  proposé  qu«  James  Russell  et  Royal  Tyler,  écrs,  soient  chargés  de  pour- 
voir caux  besoins  du  dit  Edy  Bennoy,  de  sa  femme  et  de  ses  deux  enfants,  ou  de  tel  mem- 
bre de  la  famille  s'ils  le  jugent  à  propos,  aux  frais  de  la  province  ;  et  de  les  placer  dans 
un  bourg  ou  dans  un  endroit  qui  leur  paraîtra  convenable. 


APPENDICE  V. 

N°  484. 

Boston,  24  août  1763. 
Jasper  Mauduit,  écr  : 

Monsieur, — Par  une  lettre  que  vous  a  adressée  la  Législature,  le  16  juin  dernier, 
vous  étiez  informé  que  les  dépenses  encourues  par  cette  province  pour  l'entretien  des 
Français  de  la  Nouvelle-Ecosse  qui  y  ont  été  envoyés,  se  montaient,  au  mois  de  juin 
1759,  à  £6,543-1 9s.  9d.  sterling.  La  session  étant  sur  le  point  de  finir,  lorsque  la  lettre 
ci-dessus  a  été  écrite,  il  n'a  pas  été  possible  de  produire  le  montant  des  dépenses  jusqu'à 
ce  jour,  mais  nous  sommes  en  mesure  de  fournir  ce  montant  aujourd'hui. 

Par  conséquent,  vous  trouverez  ci-inclus  une  liste  des  montants  qui  ont  été  payés 
par  le  trésor  de  la  province  pour  l'entretien  de  ces  gens  depuis  leur  arrivée  ;  ces  mon- 
tants forment  un  total  de  £9,563-9s.  lOd.  sterling.  Cette  somme  est  certifiée  par  le 
secrétaire  et  le  trésorier  de  la  province. 

La  liste  ci-dessus  vous  est  transmise  parce  que  quelques-uns  des  anciens  habitants 
français  de  la   Nouvelle-Ecosse   ont  communiqué   à   Son  Excellence  le  gouverneur  des 


192  W,v///i  ES  0  \XM  HENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

lettres  reçues  de  Londres  leur  faisant  pari  d'une  déclaration  de  l'ambassadeur  français, 
le  <luc  de  Nivernois,  par  laquelle  ils  sont  informés  que  Sa  Majesté  Très-Chrétienne  les 

considérant  comme  de  ses  sujets  très  fidèles,  est  prête  à  envoyer  des  vaisseaux  pour  les 
transporter  en  France  sur  réception  d'une  liste  de  ceux  qui  habitent  cette  province  et  qui 
seraient  désireux  d'y  passer.  Ils  ont,  selon  la  demande  qui  leur  en  a  été  faite, 
préparé  cette  liste  et  en  ont  envoyé  un  duplicata  à  Son  Excellence  le  gouverneur; 
celui-ci  en  a  transmis  une  copie  aux  lords  du  commerce  et  vous  en  trouverez  une  autre 
ci-incluse.  D'après  cette  liste,  le  nombre  d'Acadiens  dans  cette  province  serait  de  1019  ; 
et  ils  semblent  tous  désireux  de  partir.  Le  roi  de  France  qui  les  considère  comme  ses 
sujets,  ne  doit  pas  perdre  de  vue  que  ce  sont  des  prisonniers  de  guerre  et  que  conformé- 
ment à  l'entente  entre  les  deux  couronnes,  la  Grande-Bretagne  a  le  droit  d'exiger  le  rem- 
boursement des  dépenses  encourues  pour  leur  entretien.  Vous  êtes  autorisé  de  réclamer 
le  remboursement  de  ces  dépenses  et  de  faire  prévaloir  à  cette  fin,  l'argument  ci-dessus  ; 
mais  si  ce  moyen  ne  réussit  pas,  vous  devrez,  conformément  aux  instructions  qui  vous  ont 
été  transmises,  par  la  lettre  susmentionnée  de  la  Législature,  vous  efforcer  de  l'obtenir 
par  des  moyens  qui  sont  laissés  à  votre  discrétion.  Cette  lettre  vous  est  écrite  au  nom 
et  sous  la  direction  du  gouverneur  en  Conseil. 


N°  485. 

Depuis  que  les  lettres  précédentes  ont  été  communiquées  au  gouverneur,  ?es  habi 
tants  français  ont  reçu  de  M.  Robin,  Français  protestant  qui  a  obtenu  de  la  couronne 
une  concession  de  terrains  situés  sur  la  baie  ou  rivière  Merrimechi  [Miramichi],  dans  le 
golfe  St-Laurent,  l'invitation  d'aller  s'établir  à  cet  endroit.  Quelques  uns  accepteront 
probablement  cet  offre.  En  général  ils  veulent  quitter  cette  province.  Si  leur  départ 
doit  avoir  lieu  et  que  nous  soyons  privés  de  leurs  services  au  moment  où  ils  vont  deve- 
nir des  sujets  utiles,  la  province  qui  a  supporté  1 1  charge  de  leur  entretien  pendant  le 
temps  qu'ils  étaient  considérés  comme  des  ennemis,  a  droit  également  à  un  rembourse- 
ment équitable  en  cette  occurence.  C'est  malgré  nous  que  nous  les  avons  accueillis 
en  premier  lieu  ;  notre  désir  de  venir  en  aide  au  service  de  Sa  Majesté  nous  a  poussés  à 
leur  permettre  de  venir  dans  cette  province  et  à  les  secourir,  tandis  que  les  gouverne- 
ments des  provinces  voisines  refusaient  de  recuellir  ceux  qui  leur»  avaient  été  envoyés. 
Un  grand  nombre  vinrent  se  réfugier  dans  cette  province  et  augmenter  nos  dépenses. 
Conformément  aux  instructions  transmises  par  la  lettre  précédente  de  la  part  de  la 
législature,  vous  devrez  vous  efforcer  d'obtenir  le  remboursement  de  nos  dépenses  et  em- 
ployer pour  cela  des  moyens  qui  sont  laissés  à  votre  discrétion.  Son  Excellence  ayant 
mis  les  Lords  du  commerce  au  courant  de  ce  qui  précède,  nous  espérons  que  ces  derniers 
appuiront  votre  réclamation  et  que  vous  réussirez  entièrement.  Cette  lettre  vous  est 
écrite  au  nom  et  sous  la  direction  du  gouverneur  en  conseil. 

Vous  remarquerez  que  la  liste  des  montants  certifiés  par  le  secrétaire  ne  corrobore 
pas  exactement  celle  certifiée  par  le  trésorier.  Le  secrétaire  n'a  certifié  que  les  sommes 
pour  lesquelles  des  mandats  ont  été  émis  tandis  que  le  trésorier  a  certifié  toutes  les 
sommes  qui  ont  été  payées.  En  tous  cas,  le  gouvernement  est  tenu  d'exiger  le  rembour- 
sement de  tout  ce  qui  a  été  payé. 

Pour  vous  renseigner  davantage  sur  ce  sujet  vous  trouverez  ci-incluses  des  copies 
d'un  paragraphe  d'une  lettre  de  M  Bollan,  du  1er  octobre  1757,  et  de  la  pétition  à  Sa 
Majesté  dont  il  y  est  fait  mention. 

24  août.  HONORABLE  ANDREW  OLIVER,  ECR. 

(M.  Boudon  présente  au  secrétaire  en  même  temps  que  ses  salutations  le  brouillon 
de  la  lettre  écrite  à  l'agent  au  sujet  de  la  question  présentée  au  Conseil  aujourd'ui.  Le 
secrétaire  aura  la  bonté  d'y  faire  les  corrections  qu'il  jugera  à  propos.) 


01  \i  [LOOIÏ    m       U   IDIl  Vi     ii/'    DOi  '  1/1  v-  / 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

\       I 

I .i- 1 1    di     i  i.  \n-  \ i    '. i   n.i  \  i   i  \    ii    i  s  Frange,    ■  ••  i ri  •    i      :  - 

•i    toi  i     r< 


de    l.illllll. 


Pierre  Sut  [Sire  !  A   Madel<  ini 
\l  tgloire  Ktbeire  |  Hébert  ]  à   A  nm 
.1 ,  .m  Tei  rie  I  Tel  ru  »(  |  <^   M  arie 
ph  Sier  [Sire]  &  Joset 

Paul  Siar[Sire]  A  Josets 

Jean  Sier  [S in  |  Â   \.nne  

Jacques  Ktbeire  [Hébert]  <S  Anne 

Benoni  Melanson  S  Marie  

(  llaude  Benoil  iV  Anne  

.Iran  M'iuiMin  \-  Franooisi    

Joseph  Vansant  |  Vina  ni  j  \  <  launi 
Jean  d'Aigu  [d'Aigre]  &  Margrette 

Pranooii  crAign  !  I  l'Aigre] 

Gold<  froi  Benoit  &  Madeleine 

François  Benoit  A  Françoise  

Eteno  I «andry  A  Anne 

Jacques  Vigno  A  Margrette     

Pierre  Vigno  &  Madeleine      

Jacques  Vigno  A  Marie    

Joseph  Vigno  &  Marie 

Abram  Vigno  &  Marie 

Joseph  Bourgoia  |  Bourgeois]  «V  Marie 

Jean  Vigno  ifc  Marie 

La  veuve  Robicho 

Benoni  1  tousel  1 1  Poucet  |  &  Marie 

Jean  Gaidry  [Guedry]  &  Marie 

Aman  Bodot  [  Boudrot  (?)]  &  Isabelle 

Joseph  Bros  [  Breau]  &  Anne 

.1  ean  Bodot  [Boudrot]  <fc  Anne 

Joseph  Benoit  &  Blanche 

Jean  Truchani  [Trahan]  A  Marie 

Ls  Veuve  Anne  Truchant  [Trahan] 

lu  noni  Chilet  &  Marie 

.1  ulik  Scandrin 

■  Pierre  Landry  &  Cécile 

La  veuve  Thibodet  [Thibodeau].    

•  Jean  Landry  &  Madelaine 

-  Paul  Landry  A  Rose 

Pierre  LeBlanc  &  Claire.. 

Claude  LeBlanc 

Antoine  Forrait  [Forest]  &  Marguerette  &  Isabelle  la  belle  mère. 

t  'astain  Thibodot  &  Xataly 

Jean  Baptiste  Vigno . 

Jermain  Thibodet  [Thibodeau]  &  Madeleine 

Charles  LeBlanc  &  Marie . 

Jacques  LeBlanc  &  Xatalie 

François  LeBlanc  &  Ganne 

Nore  [Honoré]  Babin  &  Anne 

Aman  Broux  [Breau]  &  Madeleine 

La  Veuve  LeBlanc 

Simon  Forrait  [Forest]  &  Marguerite 

La  veuve  Forrait  [Forest]* 

Joseph  Broux  [Breau] '. 

Pierre  Peleran  [Pellerin]  &  Anne 

La  Veuve  Marie  Blanchar  [Blanchard] 

Victor  Richar  [Richard]  &  Marie 

Paul  LeBlanc  &  Marie 

Simon  LeBlanc  &  Margrette 

Simon  Broux  [Breau] 

La  veuve  Michell  [Michel] 

Charles  Belivo*  [Belliveau]  &  Anne 

Jean  Belivos  [Belliveau]  &  Margrette 

Paul  Belivos  [Belliveau]  &  Madelaine 

Jean  Baptisse  Peleran  [Pellerin]  

Dominick  Clouitre  [Cloatre]  &  Françoise 


I 


I 


10 

: 

: 

I 
6 

4 

6 

2 
9 
7 
3 
7 
3 
6 
5 
2 
1 
8 
7 
3 
4 
10 
12 
9 
4 

8 
6 

2 
3 
9 
5 
9 
1 
3 
9 
2 
3 
8 
6 
6 
12 
8 
9 
2 
8 
8 


194 


m:<iii\  />  CANADIENNE 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

LISTE  DBS  FRAN<  AISQU1   DÉSIRENT  PASSEE   EN  FRANCE.   ANNEXÉE    \   LA   LISTE 

1)1'  lm  AOUT  17<;:'..     Suite. 


(  Ibefa  de  famille. 


l'ii- 


Charles  Bond  rot  &  Madelaine 

La  Veuve  Marie  Boudrot 

Jean  B  >udrot    

■  René  Broux  |  Breau]  &  Marie 

François  Rout  |  Rivet]  &  Nazette  [Nanette] 

Pierre  Bourge  |  Bourg] 

•     Hébert  i  &  Mari.- 

Paul  Etbaire  [Hébert] , 

Nicolas  Barriot  &  Madelaine 

Pierre  Boudrot  &  Marguerite 

Marguerite  Prejean 

Jaques  Remon  [Raymond]  &  Marie 

Jean  Maist  |  Maillet]  &  Ursule 

Jean  Le  Blanc  &  Margrette 

La  Veuve  Leblanc 

La  Veuve  .Margrette  Leblanc 

Pierre  Leblanc  &  Marie 

Michel  Fourait  [Forest]  &  Madeleine 

Timothée  Semaine  &  Anne 

Renc  Tibodat  [Thibodeau]  &  Anne 

Jean  Semaine  &  Marguerite 

Aman  Semaine  &  Anne 

Charlotte  Forrait  [Forest] 

La  veuve  Margrette  Forrait  [Forest] 

Alexis  Broux  [Breau]  &  Margrite 

Laurent  Galanie  [Galerne]  &  Margrite 

Marie  Taraise  labora  [Thérèse  Labove] 

La  veuve  Thibodat 

Joseph  Lanout  [Lanoue]  &  Nanette 

Philip  Thibondit  [Thidodeau]  &  Isabelle 

Charles  Tranchant  [Trahan]  &  Anne 

Joseph  Landry  &  Madeleine 

Claude  Boudrot  &  Judith 

Pierre  Leblanc  &  Madelaine 

Joseph  Leblanc  &  Madelaine 

René  Leblanc  &  Marie 

Charles  Belivoux  [Belliveau]  &  Janne 

François  LeBlanc  &  Isabellle 

Augustin  Leblanc  &  Isabella 

Pierre  LeBlanc  &  Françoise 

Charles  Landry  &  Marie 

Jean  Etbaire  [Hébert]  &  Marie 

Jean  Etbaire  [Hébert]  &  Elisabeth 

Joseph  Robicho  [Robichaud]  &  Marie 

Etienne  Robicho  [Robichaud]  &  Marie 

Silven  Dupuie  [Sylvain  Dupais]  &  Françoise. . .    

Jermain  Landry  &  Cecille 

Jacques  Hebaire  [Hébert]  &  Marie 

Jean  Thibodat  [Thibodeau]  &  Isabelle 

René  Benoit  &  Félicite 

Margrite  Benoit 

Charles  Thiboudat  [Thibodeau] ........ 

Joseph  Hebaire  [Hébert]  &  Josits .    .- 

Jean  Benoit  &  Margritte 

Baptiste  Semaine  &  Anne. 

Olivier  Hebaire  [Hébert] 

Simon  Melanson  &  Marie 

Pierre  Leblanc  &  Margrite 

Charles  Miros  [Mirault]  et  épouse 

Jean  Royal  [  Roy]  et  épouse 

Fransois  Douse  [Doucet]  &  Margrite 

Jean  Michello  [Michel]  &  Nanette 

Joseph  Douse  [Doucet]  &  Nanette 

Dominique  Douse  [Doucet]  &  Madelaine 

La  veuve  Madelaine  Leblanc. . .    

Joseph  Dentremont  &  Natalie    

La  veuve  Margrite  Dantermon  [d' Entremont] 

Benonie  Linait  [Abel  Duon  dit  Lyonnais]  &  Anne   

Jaques  Fougranse  [Amirault  dit  Tourangeau]  et  épouse. 


Fille*. 


Total 


6 

i 
3 

4 

1 
4 
1 
3 

10 

3 

5 

4 
10 

1 

3 

4 
7 

H» 
3 
3 
2 
1 
4 

10 
6 
1 
4 
5 
4 
9 
6 
B 
9 

10 
!) 
7 

11 
7 
2 
3 
3 
G 
5 
6 

11 
5 

10 
3 

1 
7 
2 
9 
8 
6 
2 
3 
5 
11 
11 
6 

12 
3 
9 
2 
4 
5 
8 


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DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

LISTE  DES  ru  \\<   U3Q1  I  I  »i:   1 1: 1  S  i  H  \  •    i  R  ÈE    \   LA    LB1  i  RI 

hl     24     \i»l     I     1,.,.: 


CUoh 


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.1  aqui  'H  ■    j  Alun  .mit  Mu  Tout  iingt«au  :  M 

Augusl  m.'  I  [ebaii  o  >V    \  nu. 

Pierre  l  [ebaire  1 1  leberl  |  A  .loHcts, 

Auguatine  I  [ebaire  [  I  Eût»  rt|  A   Vlurjrrite 

A  atoine  René  Brou  t  â   Marie 

Joseph  I  [ebaire  !  I  [e*bor1  |  »V  Anne 

A  lexie  Bi  noil  &  KUene 

(  lharles  Hebaire  |  Héberl    A  Mai  pp  ite., 

Jean  Landry  a    Sfai  ie 

Aman  I )ii|'in  .  &  Blanohe 

Elane  BabiD  A   Marie 
Pranoi  >ii  I  «andry  S  Ma/  ie. 

Jean  l.:m.lr\  A  Margrite, .  

Jermain  Landry  A  Margrite 

Paul  Broux  [Breau]&  Cécile  

lù'iir  l  tanclry 

Aman  Landry  A  Madelaine 

Pau]  Landry  A  boutai  la    . .  

La  veuve  David 

La  veuve  Leblanc  

Joseph  Bourgeois  A  Anne 

Le  veuve  Magdelain  1  Cousette  ;  I  toueet] 

Charles  Mieus  |  Mius] à  Marie  

Julien  Fortin  [  Fia  tin)  el  A  un.' 

Paul  Etermon  [d'Entremont  |  &  Marie 

Jean  Baptiste  Mieus  [Mius] 

Simon  LeBlano  &  .)  aime 

(  'lande  1  tagas  A  Margrite 

René  Richar  [  Richard  ]  &  Margrite 

Joseph  Mieus  [Mius]  &  Marie 

Pierre  Gilbos  [Guilbeau]  &  Theoptiste 

Charles  Broux  [Breau]  &  Elisabeth 

La  veine  Margrite  Landry 

Joseph  Giroire  [Girouard]  A  Nataly 

François  Mieus  [Mius]  <fc  Jaune.  

Jean  Leblanc  &  Marie 

Charles  Pure  [Forest]  &  Margrite 

Jermain  Dupuis . .    

Pierre  Broux  [Breau] 

Jermain  1  hipuis  &  Angélique 

Olivier  Dupuis  &  Aune 

François  Dupuis  &  Françoise 

Jean  Dupuis  &  Josete 

Dominique  Thiboudat  [Thibodeau]  &  Anne  


64 


l 


7" 


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10 

7 

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10 

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2 
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7 

8 

12 

9 

2 

4 

10 

10 

1 

7 

3 

3 


1,019 


Séance  du  Conseil  tenue  à  Halifax,   le  jeudi  18  août  1763. 


Présents  : 

L'honorable  lieutenant-gouverneur. 

Charles  Morris 
Richard  Bulkelev 
Alexander  Grant 
Henry  Newton 
Michael  Franklin 


1 

\  Conseillers 

j 


Le  lieutenant  gouverneur  fait  part  au  Conseil  que  M.  Deschamps  lui  a  transmis 
une  copie  d'une  lettre  trouvée  entre  les  mains  de  Joseph  Broussard  dit  Beausoleil,  de 
Pisiquid,  et  qui  a  passé  de  main  en  main  parmi  les  Acadiens  français.     Cette   lettre  a 


196  AIi<  lin  E6   I    i  VADIE  S  VES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


écrite  par   !><•  la  Itochetto,    qu'on    dit  <-tre  au  service  du  duc  de  Nivernois,  pour 
inviter  les  Acadiens  à  passer  en  France   où   le   roi  le  prendra  immédiatement    sous  sa 

protection.     Le  Heutenant-gouverneur  croit  à  propos  de  communiquer  au   Conseil  cette 
lettre  reproduite  oi-après,  afin  de  connaître  son  avis  à  ce  sujet  : — 

"  fait  à  Liverpool  le  18  mars  1763. 
-■  Messieurs  et  chers  frères 

11  Nous  ont  |avons]  ordre  de  Monseigneur  le  Duc  de  Nivernois,  Ambassadeur  extra- 
ordinaire de  Sa  Majesté  très  Chrétienne  qui  reste  actuellement  a  Londres  pour  unlongtems 
de  vous  faire  tenir  la  Copie  de  celle  qu'il  nous  a  donnée,  qui  est  que  le  traité  définitif 
est  signé,  et  l'on  va  procéder  Immédiatement  à  votre  renvoi  en  france,  comme  le  Regle- 
m  nt  a  ce  sujet  ne  peut  ce  prendre  qu'en  sachant  Exactement  le  nombre  de  ceux  ou  de 
celles  qui  vcullent  s'en  rapporter  à  la  Protection  du  roi  de  france,  il  est  nécessaire  que 
vous  lui  en  faisier  tenir  la  Liste  le  plutôt  qu'il  vous  sera  possible,  cette  liste  contiendra 
les  noms  des  hommes  et  des  femmes  et  des  Enfants,  chacun  la  signera  pour  soi.  Et 
ceux  qui  ne  sauront  pas  signer  mettront  leurs  marques. 

"J'ai  le  plaisir  de  vous  apprendre  que  votre  Traitement  sera  en  france  Encore  plus 
avantageux  que  vous  ne  l'attender,  et  que  vous  serés  sous  la  protection  Immédiate  du 
Roi  et  de  son  ministre,  Monseigneur  Le  duc  de  Nivernois. 

"Communiquez  à  nos  Frères  cette  Lettre  et  assurés  les  bien  de  la  protection  [sic] 
que  j'approuve,  en  leur  annonçont  leur  prochaine  délivrance. 

11  J'ai  l'honneur  d'être  très  parfaitement 
11  Messieurs, 
"  Votre  Très  Humble  et  Obeiss\  Servr. 

"De  La  ROCHETTE." 

"  Nous  avons,  tous  les  ceux  qui  sont  en  Angletterre,  pris  cette  Liste,  et  nous 
sommes  tous  sur  notre  départ  pour  passer  En  France,  Nous  prions  tous  Dieu  de  vous  y 
voir  avec  nous.  Nous  vous  assurons  que  quelque  parts  que  nous  allions  nous  n'auront 
plus  de  neutralité  puisqu'il  n'y  En  aura  plus,  prenons  donc  le  parti  de  notre  Religion, 
C'est  La  Grâce,  Messieurs  que  vous  demandent  ceux  qui  sont  bien  sincèrement. 

"  Vos  Très  Humbles  Servrs 

"Les  Accadiens 

"ALEXIS  TRAHAX, 
"TRANQUILLE  PRINCE, 
"JOSEPH  LEBLANC, 
"ALEXIS  BOUDROT." 


"  Mon  cher  Ami, — Je  vous  fais  parvenir  la  Copie  de  cette  Lettre  pour  que  vous  en 
Envoyés  une  Copie  au  Port  Royal,  et  que  vous  leur  fassiés  a  savoir  le  parti  qu'ils  doivent 
prendre,  et  comme  nous  Esperont  la  Lettre  qui  a  Eté  Ecrite  pour  être  Envoyé  à  tout  le 
public  Lorsquelle  nous  sera  parvenu  nous  vous  l'en  voiront  paraillement. 

"  Je  suis  très  parfaitement 

"  Mon  cher  ami 

"  Votre  serviteur 

"LEMAIGRElepère. 
"Halifax,  le  30e  Juillet  1763. 

"  A  Monsieur  Broussard  dit  BkauSoleil 

"  Pigiguit. 

11  Comme  il  appert  que  la  lettre  ci-dessus  a  été  reçue  par  un  nommé  Joseph  LeMaigre 

de  cette  ville  et  que  celui-ci  l'a  ensuite  envoyée  à  Broussard,  le  Conseil  a  fait  comparaître 

LeMaigre.     Après  l'avoir  interrogé,  il  a  admis  avoir  reçu  cette  lettre  de  Philadelphie  et 

l'avoir  adressée  à   Beausoleil  pour  la  f iire  lire  aux   Acidiens   français  de  ce  pays.     Il  a 


,,/  w  ihOQll    !"       U   i/'//  i       ii/'      »04  /  1&7 

DOC.  DE  LA  81  No  18 

hIiih  ,  au  ■  i   avoii  i  acu  di  n  :   lo   tnAma  temp  ,  it  ion  qu< 

ordonna  de  oon  ligner  dan  Brbau       pi  i  i>m 

i epi oduit<  oi  apr< 

n  \l  o  >  1 1 1 1 1 1  •  .le    père  que  vom  ■  ne  manqui  i  Repi 

monSeigneur  le  Duo  de  Nivernoi    Je  man  \  \>\  in<  •    L  b  repre 

sental  ion  (  !aohèt<    ot   à  dn  i  duo  pu  Ladres*  <  nvelopj  <• 

lei  n  .  ci  \  ou    metten     La  dre    «•  que  \ 

"  To    M  i:      A  n  i  n«,N«  I     KàSTMNG, 

\i   (  )l«l   England  (  îofll  e  Hou 

■  i  .  l  Ane 

To  London. 

'•  Voua  pouvez  par  Le  premier  \  aia  eau  que  vou    Trouverrez  qui  tiendra  en  A  - 
terre,   Envoyez   votre    Liste,    auasytôt   quel    sera   att<  ;  >u   en 

Birlande  elle  yra  à  bod  adresse  à  Londres  &c. 

••  N'espérez  point  de  soulagemenl  de  franco  sil  vous  retourniez  en  notre    | 
parce  qu'il  veut  retirer  tous  Les  Ceux  qui  veulent  allei  à  luy. 

"  Y  rviteur. 

Le  Conseil  fut  d'avis  que  l'examen  de  cette   affaire   devait  jusqu'à 

l'arrivée  de  Beausoleil  et  que  le  lieutenant  gouverneur  fut  requis  de  faire  venir  celui  ci 
à  Halifax  afin  de  l'examiner  au  sujet  de  cette  lettre. 

Séance  du  Conseil,   Halifax,  le  lundi,  22  août  17< 

Présents  : 

L'honorable  lieutenant-gouverneub 

Charles  Morris 
Richard   Bulkeley 

Edmund  Crawley     [-  Conseiller^ 
Henry  Newton        | 
Michael    Franklin   J 

Apres  avoir  examiné  les  lettres  écrites  en  français,  trouvées  en  la  possession  de 
Joseph  Leblanc  dit  Lemaigre  et  de  Joseph  Broussard  dit  Beausoleil,  et  avoir  inter- 
rogé ceux  ci  au  sujet  du  contenu  de  ces  lettres,  le  Conseil  de  Sa  Majesté  suggère  au 
lieutenant-gouverneur  de  les  transmettre  au  secrétaire  d'Etat  de  Sa  Majesté  avec  les 
commentaires  qu'il  croira  à  propos  de  faire.  Le  Conseil  croit  qu'une  conespondance  de 
cette  nature  entre  les  sujets  de  Sa  Majesté  et  ceux  du  roi  de  France  à  l'insu  du  gouver- 
nement, est  préjudiciable  aux  intérêts  de  Sa  Majesté. 


APPENDICE   G. 

NOTES  ET  DOCUMENTS  TIRÉS  DES  ARCHIVES  DE  LA  MARINE 

À  PARIS. 

Extrait  de  la  lettre  de  M.  Francy,  commissaire  des  classes  à  Cherbourg,  à  M.  Mistral. 

A  Cherbourg  le  13  mars  1767. 

J'ay  l'honneur  de  vous  adresser  ci-joint,  Monsieur,  les  trois  Rolles  des  Acadiens  que 
vous  m'avés  fait  celuy  de  me  demander  et  auxquels  le  Roy  est  disposé  à  accorder  des 
pensions,  je  les  ay  détaillés  autant  que  les  éclaircissemens  qu'ils  ont  pu  me  donner 
me  l'ont  pu  permettre,  au  surplus  j'ay  remarqué  tant  de  candeur  dans  toutes  ces  per- 
sonnes que  je  crois  qu'on  peut  ajouter  foy  à  tout  ce  qu'ils  déclarent.   Dans  certains  rolles 


198  Mu  lll\  l>   <  A\M>ll.  WB& 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

j'ay  différencié  Les  grabataires  de  ceux  qui  ne  sonl  qu'infirmes,  par  ces  deux  mots  mis 
en  marge  de  leurs  noms,  suivaut  le  rapport  de  M.  De  laVille,  médecin,  que  j'ay  prié  d'en 
refaire  une  visite  la  plus  exacte,  comme  ii  y  a  des  uns  et  des  autres  dans  chacun  de  ces 
rôlles,  je  les  ay  t'ait  signer  par  ce  médecin.    Les  pensions  que  j'ay  ;  hors  ligne 

en  raison  de  celles  accordées  aux  D'Entremonl  de  Rochefort,  ainsy  qu'ils  me  l'ont  fait 
connoître  par  les  lettres  que  «-eux  '1  icy  ont  reçu  de  leurs  parents  de  là,  je  Bouhaitte  que 

que  .M.  le  Duc  de  Prasliu  désire  de  Bavoir  et  produisent  1 
que  ces  bons  et  malheureux  sujets  en  peuvent  attendre.      Signé  :   De  Francy. 


Pour  copie  : 
COLONIES. 


MISTRAL. 


Acadibns  a  Cherbourg. 
Lettre  de  M.   Mistral  au  Duc  de  Praslin. 

A  Paris  le  21  mars  1767. 

Monseigneur, — M.  Dubuq  par  vos  ordres  m'ayant  remis  le  placet  cy-joint  qu'ont 
eu  l'honneur  de  vous  adresser  les  Accadiens  de  familles  nobles  résidants  à  Cherbourg  et 
fait  connoître  vos  intentions  à  leur  sujet,  j'ai  ordonné  à  M.  de  Francy,  Commissaire  des 
classes  de  ce  quartier,  de  dresser  les  trois  Rolles  détaillés  que  j'ay  l'honneur  de  vous 
envoyer  cy-joints. 

Le  premier  contient  touts  les  Accadiens  qui  se  disent  être  d'extraction  noble,  n'ayant 
aucuns  titres  pour  le  prouver,  les  Anglois  les  leur  ayant  enlevés  à  ce  qu  ils  assurent. 

Le  second,  ceux  qui  sans  être  nobles  ont  exercé  des  employs  militaires  et  qui  par 
cette  raison  il  me  paroît  juste  qu'ils  soient  trayttés  comme  le>  premiers. 

Le  troisième  de  ceux  qui  n'étant  ny  nobles,  ny  ayant  remply  des  fonctions  militaires 
sont  par  leurs  infirmités  dans  le  cas  d'être  aussi  favorablement  traités. 

Par  l'extrait  de  la  lettre,  Monseigneur,  que  M.  de  Francy  m'a  écrit  en  m'adressant 
ces  rolles  et  que  je  joins  icy,  vous  verres  ce  qui  l'a  déterminé  à  proposer  les  pensions  qui 
y  sont  portées,  et  qu'il  a  exactement  fait  visitter  ces  Accadiens  par  le  médecin  qui  rési- 
doit  à  Cherbourg. 

Je  suis,  avec  un  profond  respect,  Monseigneur 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

MISTRAL. 
ACADIENS  À  CHERBOURG  EN  1767. 

Rôle  des  noms,  surnoms  et  qualités  des  Accadiens  d'honnête  famille  de 
l'Amérique  septentrionnale  qui  y  ont  exercé  les  fonctions  d'officiers  mili- 
taires actuellement  résidants  à  Cherbourg. 

Premièrement. 

Pensions 
,  Livres 

Grabataire  1°  Le  Sr  Joseph  Bellefontaine  dit  Beauséjour  de  la  Rivière 
S1  Jean,  fils  de  Gabriel,  officier  sur  les  vaisseaux  du  Roy  dans  le 
Canada,  [sic  pour  l'Acadie]  et  d'Angélique  Roberte  Jeanne,  estoit 
Major  de  toutes  les  milices  de  la  Rivière  S1  Jean  par  ordre  de  M.  de 
la  Galissonnière  du  dix  avril  1749  et  en  a  toujours  fait  les  fonctions 
pendant  la  dernière  guerre  jusqu'à  ce  qu'il  ait  été  pris  par  les  enne- 
mis et  y  possédoit  en  propres  plusieurs  lieues  de  terrain  où  il  a  eu  la 
douleur  de  voir  massacrer  à  ses  yeux  une  de  ses  filles  et  trois  des 
enfants  de  cette  fille  par  les  Anglois  qui  vouloient  par  ces  cruautés  et 
par  la  crainte  d'un  pareil  traitement  l'engager  à  prendre  leur  parti, 
sort  qu'il  n'a  évité  que  par  sa  fuite  dans  les  bois  en  important  deux 
autres  enfants  de  cette  même  fille,  âgé  de  71  ans,  grabataire 300 


i,i  \  /   i/  OOIE  i>l       L(    iDIENh    i  i  /  '    DOOi  Mi  \  i 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Grabatain  Marii     \  ■  ne  Borgoroi  i   n<  "'" 

1706],  de  Poi  i  Royal  ftllc  de  Barthéh  m)  qu 

tablir  dan  i  le  <  lanada    lio  poui    Vcadie  où  il  n  do 

i  de  D     Cérau  de  -    Aubin 
\|  îchel  Bel  i  dan  M  ili<  ■ 

o< ier  pour  te  H"\  dan    le  <  anada,     ic  pour  de  l 

au  <  lanada  I  où  il  a  vu  oorome   on  i 

••  le     \  ni  ••!    <i  m    i  pour  I  -  leur   | 

:;  i   ans,  a   fait   en  ce   i  i!"     d'hydrograph  ne 

dans  lea  bâtiments  qui  vont  faire  la  poche  de  la  morue 
Pi  |  il  Nord  de  Ti  rrreNeuve 

l     Eui  i  ache  Pare,  de  Loui  boui g,  fili    de    I  une 

Dugaa,     y     faisant      !<■     commerce     el      valoi 
i  la  pêche  -lu  |">ivsuii    i  ie    Bellefont 

fille  du  S1  Bellefontaine  cy-d  nommé,  celle  qui  a  été   i 

par  les  Angloia  avec  trois  de  sea  trois  enfanta 
Kst  remarii 
Infirme  :>     Anne  Melanson,  fille  de  Jean  et  de  Madeleii  Petil 

celle-ci  fille  d'un  médecin,  âgée  de  53  ans,  infirme 

<i"  Laurent  Pare,  aon  fila  de  Bon  premier  mari'. 
Bellefontaine   âgé   de    13   ans,   va   aux    Ecolee    et    quelque  la 

juche  a\  ec  Bon  père 

7  Marie  Pare,  Ba  fille  issue,  du  premier  mariage,  id 100 

8  Le  sieur  Jean  François  Loiael  de  Senm  .  de  Compiègne, 
61s  de  Marc  Antoine,  qui  avoit  été  Ch  de  l'Ordre  militaire  de 
8' Louis,  capitaine  réformé  au  Rég*  de  Piémont;  Infanterie,  et  e 
mort  Lieutenant  de  Roy  et  Commandant  à  Granville,  et  de  J canne 
Françoise  Brugnard,  a  servi  trois  ans  dans  le  Etég1  de  Quércy,  volon- 
taire,  et  cimj  dans  celuy  de  Vernandaie,  dont  trois  comme  volontaire 
et  deux  en  qualité  de  sous  (nssigne,  ensuite  a  pris  le  métier  de  la  mer, 
a  fait  six  campagnes  dans  les  vaisseaux  du  Roy  en  qualité  de  volon- 
taire et  d'officier  marinier,  une  course  avec  le  capitaine  Thurot,  et  six 
autres  campagnes  en  qualité  d'officier  dans  les  bâtiments  de  Terre- 
Neuve,  ensuite  maître  d'école  ;  c'est  le  même  qui  présenta,  il  y  a 
quelques  années,  des  mémoires  à  M.  le  duc  de  Choiseul  pour  obtenir 
les  Invalides  de  terre,  il  est  dans  sa  69mc  année.      Il  a  une  femme  qui 

est  d'une  naissance  très  commune  et  deux  filles  de  15  et  13  ans.  .  .  .        150 
8  Personnes Livres  1500 

Les  Acadiens  cy-dessus  n'ont  pu  me  produire  ny  extraits  baptistaires, 
ny  autres  papiers  que  l'ordre  de  M.  de  la  Galissonnière  cy  dessus  cité 

Celui-ci  m'a  produit  son  extrait  baptistaire,  l'extrait  mortuaire  de  son 
père  qui  constate  les  postes  que  cet  officier  a  remplis  et  une  note  informe 
et  non  signée  des  services  qu'il  dit  avoir  rendus,  tant  par  terre  que  par  mer, 
il  est  constant  qu'il  est  dans  une  grande  misère  avec  sa  famille. 

Nous,  Commissaire  des  classes  de  la  Marine,  au  Département  de  Cher- 
bourg, certifions  que  les  dénommés  au  présent  rôle,  nous  ont  fait  avec 
assurance  de  vérité  les  déclarations  mentionnées  chacun  à  leur  nom. 

Certifions  en  outre  que  le  Sr  DeLa Ville,  Docteur  en  médecine  en  cette 
ville,  a  visité  à  notre  prière,  ceux  d'entr'eux  qui  sont  grabataires  ou  seule- 
ment infirmes,  et  que  c'est  d'après  son  rapport  que  nous  les  avons  aussy 
titrés,  ce  qu'il  a  signé  avec  nous. 


Fait  à  Cherbourg  le  13  mars  17~67. 


De  FRANCY 
De  La  VILLE. 


200  i//'7//l  E&   CANADIEN  VES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


Grabataire 


PlàOBT    BXVOYÉ     l     M.    LB    DUC    DE    PrASLIH     PAR     LU     DUG    DB     Nivi;i;v 

LB    10   JANVIBB    1  7  «  »  7 . 

Suplienl  très  humblement  les  Accadiens  <\<'<  nobles  familles  De  Mius 
Dentremont  et  de  Saint  ESstienne  «le  la  Tour. 

Us  ont  l'honneur  de  remontrer  à  Votre  Grandeur  qu'ils  ont  VU  avec 
la  dernière  affliction  la  diminution  des  gratifications  que  Sa  Majesté  avoit 
eu  la  bonté  de  leur  donner  et  le  retranchement  du  euplément  qui  leur  étoit 
accordé  pour  cause  de  maladies  et  infirmités  continuelles. 

L<-s    familles  *des   supliants,  Monseigneur,    sont   composées   d'environ 
soixante  personnes  dont  le  nom.  le  détail  et  Les  services  ont  été  adn 
à  Votre  Grandeur  par  Monsieur  le  Commissaire  Général    et  Ordonnateur 
vers  le  quinze  Septembre    dernier  la   pluspart  sont    d'un    âge    avancé  et 
quelques  uns  incapables  de  fournir  aux  besoins  même  les  plus  pressants. 

Ils  avoient  d'abord  espéré,  Monseigneur,  que  Sa  Majesté  convaincue  de 
leurs  pertes  immenses  dans  l'Acadie,   leur  procureroit  un  établissement  aux 
îles  Miquelon  et  Saint  Pierre  où  il  leur  seroit  aisé  de  recevoir  les  revenu- 
leurs  seigneuries  et  de  leurs   terres  que  les  Anglois  ont  donné  ordre  de  leur 
payer. 

Les  mêmes  Anglois  ont  voulu  persuader  aux  supliants  de  vendre  ces 
biens  mais  l'espérance  qu'ils  ont  conservée  que  l'Acadie  retourneroit  sous  la 
domination  de  Sa  Majesté,  les  a  empeschés  de  se  rendre  aux  oiî'res  de  leurs 
ennemis,  ils  gardent  avec  soin  leurs  titres  et  les  papiers  qu'ils  ont  pu 
emporter  avec  eux  de  l'Acadie. 

Considérés,  Monseigneur,  avec  toute  l'humanité  dont  vous  êtes  rempli, 
combien  il  est  dur  pour  les  suppliants  de  se  voir  réduits  à  ne  recevoir 
presque  plus  rien  en  France,  après  s'être  vues  dans  la  situation  la  plus  bril- 
lante dans  l'Acadie,  de  se  trouver  confondus  dans  le  retranchement  fait  aux 
autres  Acadiens  qui  tous  sans  exception  étoient  leurs  censitaires  et  leurs 
vassaux.  Le  fait  est  vray,  Monseigneur,  et  cependant  ils  sont  devenus 
moins  en  état  qu'eux  de  subsister,  ceci  est  attesté  par  les  Ecclésiastiques, 
les  Nobles  et  les  Echevins  de  la  ville  de  Cherbourg. 

Les  suppliants,  Monseigneur  ont  déjà  eu  recours  à  vos  bontés  pour 
obtenir  de  Sa  Majesté  le  même  traitement  accordé  a  leurs  parents  résidens 
à  Rochefort,  c'est-à  dire  des  pensions  proportionnées  à  leur  état,  âge  et  situa- 
tion, ils  espèrent  que  vous  regarderés  leur  état  présent  avec  les  sentiments 
dûs  à  leur  naissance,  que  votre  sensibilité  ne  tiendra  point  contre  le  détail 
de  leurs  misères,  et  que  vous  leur  obtiendrés  de  Sa  Majesté  l'avantage  d'un 
établissement  honnête  aux  îles  Miquelon  et  Saint  Pierre,  ou  au  moins  que 
vous  adoucirés  leur  sort  par  des  secours  un  peu  sensibles,  ils  continueront 
de  prier  Dieu  pour  la  conservation  de  vos  jours. 

ACADIENS  À  CHERBOURG  EN  1767. 

Rôle  des  noms,  surnoms  et  qualités  des  familles  de  l'Amérique  septen- 
trionale reconnues  d'extraction  noble  et  de  leurs  alliés,  actuellement  rési- 
dents à  Cherbourg. 

Joint  à  la  lettre  de  M.  Mistral  du  21  Mars  1767. 

Premièrement. 

Dame  Marie  Joseph  Demius  Dantremont,  chef  de  toutes  les  familles 
cv  après,  fille  de  Monsieur  Abraham  De  Mius  d'Entremont,  Ecuyer,  Baron 
de  Pobomcoup  et  des  Quatre  Sables,  et  de  Demoiselle  de  Saint  Etienne  de 
la  Tour,  veuve  de  René  Landry,  Capitaine  des  troupes  du  Roy  et  Ingénieur 
pour  Sa  Majesté,  possesseur  d'une  très  grande  étendue  de  terrain  dans 
l'Acadie,  mort  de  misère  dans  le  navire  anglois  qui  les  transportait  en 
France,  dans  sa  71cmc  année.     Très  infirme  et  grabataire 400 


OKNl    [LOail     1)1        i<    \l>H  \       il/'     DOCllSU 


m 


DOC.  DE  LA  SLSSION  No   IM 


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(  rraba  taire 


(  rrabataire 


Grabataire 


Grabataire 


M. h  h-  Blizabel  h  Landry,   i  ttll< 

\l arie  Elic  Landry,  iden  ;< 

i    Joseph  Landry,  m  i  de  I  Lene*  -t  <l<-  I  »     Mari*  Joseph  de  Miui 
I  >.uii  remonl .  fai  anl    valoir    on   bi(  de  16  a  nu       veul 

nooe  i  de  D    I  décile  d'Enl  remont  et  ren  une 

Jeanne  Marie  Varangue  du  «lit  lieu 

Jeanne  Marie  Vtarçderaine  \  berbourg,  fille  d'An 

boine,    Marchand,  et   de   l»     •'•  elle 

ii  i  pai  la  mb  liât  ance. 

i û  •  |'li  Landry .  ion  fila  «lu  l     mai  iage,  1 6  an 

6  Pet  h  Ange,    on  fila,  id   I S  am 

7  Marie,  Ba  fille,  id.    10  ana,  grabataire 
Jeanne  Marguerite,  aa  fille  du  2     mai 

9    Aimable  Etienne  Landry,  aoo  fila,  id.    15  moi 

L0    M    Charles  De  Bfiue  Dantremont,  filade  Charles  et  de  M 
guérite  Landry,  armoit  et  naviguoit  pour  son  com]           é  de  51 
grabataire 


11  Marie  Joseph  Landry,  sa  femme,  fille  de  René  et  de  I»     M 
Joseph  Dantremont,   19  ans,  grabataire 

12  Charles  Laurent,  son  (ils,  Id.   12  ana 

13  Marie,  sa  fille,  id.   18  ans 

14  Marguerite   Landry,   fille  de   René  et  de    D     Mai            eph 
Dantremont,   Y    de  Jacques     Dantremont,             de    37   ans,    _ 
bataire 

1  5    Jacques,  son  fila,   12  ana 

16°  Abraham,  son  fils,   âgé  de. 9  ans 

17u  Jean  Oranger,  de  Port  Royal,  fils  de  Pierre,  (a)  cominandoit 
les  bâtiments  de  commerce  et  y  étoit  intéressé,  âgé  de  31  ans,   - 
cupe  ici  à  la  pèche  du  poisson  frais 

18'  Anne  Landry,  sa  femme,  fille  de  René  et  de  Dme  Marie  Joseph 
D'Entremont,  âgée  de  31  ans 

19"  Tsaac  Amable,  son  fils  2  ans 

20°  Dme  Marguerite  Dantremont,  belle-sœur  et  cousine  germaine 
de  Dme  Marie  Joseph  Dantremont,  fille  de  Mr*  Jacques  De  Miu- 
Dantremont,  frère  d'Abraham  et  d'Anne  de  Saint  Etienne  de  La- 
tour,  sœur  de  Marguerite,  âgée  de  77  ans,  Y  de  Pierre  Landry, 
frère  de  René,  grabataire. .  . 

21°  Joseph   Landry,  son  fils,  52  ans,  grabataire 

22°   Pierre  Landry     Id  47  ans  id.  

23°  Grégoire  Landry  Td  43  ans  id.  

24°  Jean  Melanson,  de  Port  Royal,  fils  de  Jean  et  de  Madelaine 
Titau  [Petitau  dit  St.  Sceine,]  fille  d'un  médecin.  (6)  armoit  et 
cominandoit  pour  son  compte,  âgé  de  39  ans,  travaille  en  ce  port 

du  mettier  de  charpentier  de  navire 

Grabataire           25°   Anne  Landry    sa  femme,    fille    de    Pierre   et   de   Marguerite 
Dantremont,  âgée  de  49  ans,  grabataire 

26°  M1* Pierre  De  Mius  Dantremont,  neveu  de  DmeMarg.  Joseph,  fils 
de  Charles  et  de  Marguerite  Landry,  armoit  et  commandoit  pour  le 
compte  de  son  père  et  pour  le  sien,  âgé  de  36  ans,  va  quelque  fois 
à  la  pêche  de  poisson  frais,  garçon , 

27"  Bazile  Boudrot,  de  Port  Royal,  fils  de  Pierre,  naviguant  et 
commerçant  pour  son  compte,  et  de  Madelaine  Melanson,  et  petit 
fils  du  Sieur  Abraham  Boudrot,  Lieutenant  général,  civil  et  criminel 

(o)  Pt  d'Anne  Bell i veau. 

(6)  Denis  Petitau  dit  St.  Sceine,  marié  à  Madeleine  Robichaud. 

18—45    r-16 


200 


250 


1  :Vi 


Grabataire 
Grabataire 

Grabataire 


400 
350 
350 
350 


200 
350 

300 


202  \i:<  h i\  />   <   \\  \im  \  \ 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

de  t<»ut  le  pays  de  l'Acadie,  oaviguoil   avec  son  pèi  ans, 

\  a  quelque  fois  à  la  pêche  du  poisson  frais 200 

l's  Madelaine  Dantremont,  sa  Cemme,  nièce  de  Dame  Marie 
Joseph    Dantremont  et  sœur  de  Pierre  Dantremont 250 

'     Jean    Landry,    neveu   de    I  >""   Marie   Joseph    I  )ant  i ciuont ,    fila 

de  François  et  de  Marie  Belliveau,  faisoil   valoir  son  bien,  38  ans, 
navigue  dans  les  bâtiment»  qui  vont  faire  la  pèche  de  la  morue  au 

Petit  Nord  de  'J'erre Neuve,  garçon    250 

30  Pierre  Landry,  son  frère,  20  ans,  va  a  la  pêche  du  poisson  frais. 

31  Joseph  Landry,  son  frère,  23  ans,  va  id 250 

32°  Madelaine  Landry,  leur  sœur,  45  ans 250 

33     Anne  Landry,   (c)  nièce  de  D""   Marie  Joseph   Dantremont, 

303 ur  de  Jean  Landry  et  veuve  de    Joseph    Dantremont,    âgée    de 

30  ans 250 

34e  Joseph  David   Dantremont,  son  fils,  3  ans 200 

35°  Pierre  Marin,  id.  son  fils,   âgé  d'un  an,   mort   le  1  7 

février  1767 

Grabataire  35°  Marie  Joseph  Molaison,    [née  en  1707]    cousine  germaine    de 

I  >     Marie  Joseph    Dantremont,  fille  de  Gabriel  qui   vivoit  de    son 
bien  à  Paubomcous  et  de  Marie    Aubois,   veuve  de  Mre    de  Joseph 

Dantremont,  âgée  de  57  ans,  grabataire 350 

36°  Erienne  Dautrement,  son  fils,  a  fait  icy  son  cours  d'hydro- 
graphie et  cherche  à  naviguer,  27  ans 250 

37"  Augustin   Dantremont,   son  fils,  va  aux  Ecoles  et  quelque  fois 

à  la  pêche  du  poisson  frais,   19  ans , 250 

38°  Cornélius  Dantremont,   autre  fils,   id.     id.      16  ans 250 

39°  Philippe  Dantremont,  autre  fils,  14  ans,  id.  id.   id 250 

40.  Jean  Granger,  de  Port  Royal,  fils  de  Jean  qui  naviguoit 
pour  son  compte,  et  de  Madelaine  Melanson.  naviguoit  avec  son  père. 

âgé  de  26  ans,  va  à  la  pêche  du  poisson  frais.  , 200 

41.  Madelaine  D'antremont    sa    femme,     fille   de  Mre    Joseph   et 

de  Marie  Joseph  Molaison,  âgée  de  26  ans 300 

42.  Jean  Siriac,  son  fils,  âgé  de  3  ans  [sic  pour  mois  (a) 150 

43.  Mre  Simon  D'antremont,  fils  de  Joseph  et  de  Cécile  Bou- 
drot,  naviguoit  et  commerçoit  pour  son  compte,  âgé  de  41  ans,  navi- 
vigue  ici  dans  les  bâtiments  qui  vont  faire  la  pêche  de  la  morue  à  la 

côte  du  Petit  Nord  de  TerreNeuve 300 

44.  Anne  Molaison,  sa  femme,  sœur  de  Marie  Joseph  Molai- 
son cy-dessus,  âgée  de  37  ans,  étoit  veuve  de  François   Viger 200 

45.  Firmin  D'antremont,  son  fils,  âgé  de  3  ans 200 

46.  J.  Bte  Galerne,  de  l'Acadie,  fils  de  Jean  Baptiste,  qui  étoit 
de  Paris,  et  avoit  été  s'établir  dans  le  canton  appelé  les  Mines  et 
y  vivoit  de  son  bien,  et  de  Marie  Hébert,  âgé  de  29  ans,  travailloit 
chez  son  père,  est  icy  charpentier  de  navires  et  s'embarque  en  cette 
qualité  sur   les  bâtiments  qui   vont  faire  la  pêche  de  la  morue  à  la 

côte  du  Petit  Nord  de  TerreNeuve 200 

47.  Marie  Dantremont,  sa  femme,  sœur  de  Mre  Simon  Dan- 
tremont, âgée  de   30  ans - 300 

48.  Jean  Baptiste,  son  fils,  4  ans .  . 150 

49.  Etienne  David,  son  fils,  3  ans 150 

50.  Marie  Madelaine,  sa  fille,  1  an 150 

51.  Madelaine  Cousin,  de  Louisbourg,  fille  de  Jean  qui  étoit 
Capitaine  de  navire  marchand,  et  Pilote  pour  le  Roy  dans  le  port  de 

{c)  Née  à  Port  Royal,  le  25  déc.  1736,  et  bapt.  le  lendemain. 
(a)  Né  à  Cherbourg,  le  27  déc.  1766. 


01  \  i   \i  00 II    Di  ■      U    \i>n  \.      ii/'    DOOl  i// 
DOC.  DE  LA  81  '■  -ION  No   lu 

I .'.m  bourg,   et  d<  Judith   Oui  In    qui  étoil  fille  d'une    Anw    U 
1 1  emonl ,  pa  n  n  1 1  ,  fille  < 

i,,iini„.  ''"  ''l''1    '  '  '"    '"'    ''       ''"    '       |UI"    '  ' 

lils   de  <  'haï  le     qui  faisoil    raloii     on   bien,  si  de   \l  arie    l  '• 

[LeBlane,  I  âgée  de  illoil    oh< 

port  du  métier  de  charpentier  de    naviree  quanti  m-s  in  il  i m  i  t  <  ■    !•• 

\w\  permettent 

.  .                             \iiii.'  Poiriei     l  b)      n<  i             iani  ier   l  \  •-11.  a  femme,     fille 

I  nln m.  \ 

de  Jean  Bapti  te,    Pilote  au    ervice  du  Ko     et    de    I>ll«-  de  nainl 
El  iennede  LaTourquiétoil  cou  inné  germai  nue  de  Dme  Marie  Jo  eph 
Dantremont,  ngée  do  38  ans,  infirme  et  In      ouvenl  maladi 

.i    Jo  eph  I  ».i\  ni  '  •  i  .m"  i     '.n  i:;  i  un  an  .  I  •"'(, 

>,  Joan  Renaud,  de  l'île  St. -Jean,   fila  de  Jean,  qui  étoil  de   R 
ohefort,  et  uaviguoit  à  l'île  St. -Jean  pour   on  compte,    el    de  Marie 
Madelaine  Pottier,  Agé  de  26  an  .  navigue  iey  dan  timent 

cabotage    

Marie  Poirier,  sa    femme,  fille  de  Jean    Baptiate  qui  étoit   til 
de    Délie   de  St.  Etienne  de   La  Tour,  cousine  germainne  de   Marie 
Joseph    Dantremont  e1  de  Madelaine  Grangei  de  23  ans.  200 

r.  Jean  Baptiste  Renaud,  son  fils,  2  ans 150 

58.  Olivier  Thibodau,  de  L'Acadie,  fils  de  Joseph,  vivant  de  son 
bien  et  de  Marie  Joseph  Bourgeois,  nièce  de  Dame  Marie  Joseph 
Dantremont,  âgé  de  31  ans,  marié  à  Elizabeth  Boudrot  qui  ont  2 
(Mitants,  demeurent  à  St.-Malo,  où  ils  ont  la  subsistance  de  6a  par 
jour,  cette  Dame  est  extrêmement  attachi  parents  et  elle  vou- 
drait les  avoir  avec  ('lie    

En  ce  cas  on  pourroit  donner  à  chacune  de  ces  I  personnes  une 
pension  de  150 600 

Total.      Gl  personnes,  15,100  livres 

Aucunnesdes  personnes  dénommées  au  présent  rôle  n'ont  pu  me 
produire  leurs  extraits  baptist aires  ny  aucuns  titres  qui  constatent 
les  déclarations  qu'elles  m'ont  faites  de  leur  origine  "t  de  leur  état 
dans  leur  pays,  les  Anglois  en  les  prenant  les  ayant  pillées  et  dépouil- 
lées de  tout,  dételle  sorte  qu'en  arrivant  icy,  elles étoient  toutes  sans 
hardes  et  presque  toutes  nues,  ceci  est  à  la  connoissance  de  tout  le 
pays  et  m'a  été  attesté.  Les  Dantremont  m'ont  cependant  montré  quel- 
ques vieux  papiers  informes,  mais  qui  prouvent  que  dès  l'année  1622, 
[sic  pour  1653]  ils  possédoient,  sous  le  nom  de  De  Mius  Dantremont 
les  terres  de  Pobomcous  et  autres  sous  le  titre  de  Baronnie,  avec 
haute,  moyenne  et  basse  justice  et  tous  autres  droits  et  titres  hono- 
rifiques et  seigneuriaux. 

Les  pensions  tirées  hors  liirne,  sont  je  crois  proportionnées  à 
l'état,  aux  infirmités  et  à  la  naissance  de  chacun,  et  surtout  au  dessein 
où  Sa  Majesté  paroît  être  de  faire  du  bien  à  ces  nobles  et  à  leurs  alli. 

Nous,  Commissaire  des  Classes  de  la  Marine  au  Département  de 
Cherbourg,  certifions  que  les  Acadiens  nobles  et  leurs  alliés  résidants 
en  ce  port,  nous  ont  fait  avec  assurance  de  vérité  les  déclarations 
mentionnées  chacun  à  leur  nom.  Certifions  en  outre,  que  le  Sieur  De 
La  Ville,  Docteur  en  Médecine  en  cette  ville  a  visité  à  notre  prière 
ceux  d'entre  eux  qui  sont  grabataires  ou  seulement  infirmes  et  que 
c'est  d'après  son  rapport  que  nous  les  avons  ainsy  titrés  ce  qu'il  a 
signé  avec  nous. 

Fait  à  Cherbourg  le  13e  jour  de  mars  1767 . 

DE  FRANCY 
DeLaVTLLE. 

(b)  Mariée  1°  à  Port-Royal,  le  23  juillet  1753  à  Gabriel  Moulaisoii.   fils  de  feu  Gabriel 
et  de  Marie  Aubois,  du  Cap  de  Sable. 

18—451 


204 


ARCHIVES  CANADIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


ACADIENS. 


Infirme. 

Infirme. 
Infirme. 

Infirme. 
Grabataire. 


Infirme. 


Grabataire. 


Infirme. 


Infirme. 


Infirme. 
Infirme. 


Infirme. 

Infirme, 

Grabataire. 
Infirme. 


Rôle  des  noms  et  surnoms  des   Acadiens  résidants  à    Cherbourg  reconnus 
grabfttaij  es  ou  infirmes. 

F Premièrement. 

Pensions. 

l.°  Denis  Melanson,  fils  de  Jean  et  de  Madelaine  Titau,   celle-ci    Livres. 
fille  d'un  médecin  faisoit  le  commerce   de  la  pêche,  âgé  de  35  ans, 
va  icy  quelquefois  à  la  pêche,  poitrinaire  et  très  infirme 150 

2.°  Madelaine  Melanson,  sa  sœur,  femme  de  Jean  Granger,  âgée 
de  50  ans,  attaquée  de  différentes  maladies,  très  infirme 150 

3.°  François  Landry  de  Port  Royal,  autre  que  ceux  alliés  aux  Dan- 
treraont,  fils  de  Charles  et  de  Catherine  Richard,  étoit  laboureur 
et  pêcheur  pour  son  compte,  âgé  de  56  ans,  va  ici  quelquefois  à  la 
pêche  du  poisson  frais,  asthmatique  et  très  infirme ,        150 

4.°  Olivier  Dubois,  du  fort  Beauséjour,  fils  de  Jean  et  d'Anne  Vin- 
cent, faisoit  valoir  son  bien,  âgé  de  34  ans,  va  quelque  fois  à  la 
pêche  du  poisson  frais,   presque  toujours  malade  et  fort  infirme.  ...        150 

5.°  Colette  Renaud,  de  l'Isle  Saint-Jean,  fille  de  Jean  qui  étoit  de 
Rochefort  et  naviguoit  à  l'Isle  Saint  Jean  pour  son  compte  et  de 
Marie  Madelaine  Pottier,  âgée  de  28  ans,  mariée  à  René  Thuillier  de 
Cherbourg,  qui  n'a  pas  la  subsistance  des  6  sols,  très  incommodée 
de  la  poitrine  et  presque  grabataire 200 

6.°  Clotilde  Langlois,  de  l'Isle  Saint  Jean,  fille  de  Jacques  et  de  Marie 
Durambourg,  âgée  de  23  ans,  étoit  mariée  à  Paul  Henry  de 
l'Acadie  qui  vient  de  périr  dans  le  navire  de  ce  port  la  Colombe 
et  dont  il  lui  reste  deux  très  petits  enfants,  très  souvent  malade  et 
fort  infirme 200 

7.°  Jean-Baptiste  Durambourg  né  à  Cherbourg,  fils  de  Jean  Baptiste 
de  l'Isle  Saint  Jean  et  de  Madelaine  Hébert  de  l'Acadie,  âgé  de  6 
ans,  grabataire  de  naissance 200 

8.°  Jean  Baptiste  Razicot  de  l'Isle  Saint  Jean,  fils  de  René  et  de 
Marie  Haché,  étoit  charpentier  et  naviguoit,  âgé  de  35  ans,  travaille 
quelque  fois  de  son  métier,  pulmonique,  et  très  infirme 150 

9.°  Charles  Haché,  de  l'Isle  S'-Jean,  fils  de  Joseph  qui  étoit  capi- 
taine de  port  au  Port  Lajoye,  et  de  Marie  Gaudet,  labouroit  son 
bien  et  étoit  charpentier  de  navires,  âgé  de  43  ans,  travaille  quelque 
fois  de  son  métier,  l'estomach  dérangé  de  la  suite  d'un  naufrage  et 
très  infirme , 150 

10.°  Marie  Hébert,  sa  femme,  de  l'Acadie,  fille  de  Charles  et  de  . . 
D'Aigle,  âgée  de  32  ans,   d'une  santé  très  foible  et  très  infirme.  ...        150 

11.0  Joseph  Prieur  de  Port  Royal,  fils  de  Guillaume  qui  étoit  mar- 
chand, et  de  Madelaine  Podevin,  étoit  pêcheur  et  charpentier,  âgé 
de  59  ans,  travaille  quelque  fois  de  son  métier,  plusieurs  côtes  rom- 
pues dans  un  naufrage,  le  pied  droit  dont  il  ne  se  sert  qu'avec  beau- 
coup de  peine  et  de.  douleur,  l'estomach  dérangé  pour  avoir  avalé  par 
surprise  de  l'eau  arsenicale 150 

12.°  Marguerite  Caissie,  sa  femme,  de  Beaubassin,  fille  de  Jean, 
charpentier,  et  menuisier,  et  de  Cécile  Hébert,  âgée  de  51  ans, 
affectée  de  plusieurs  maladies  et  très  infirme    150 

13.°  Anne  Chiasson,  de  Beaubassin,  fille  de  Jean  Baptiste  et  de 
Madelaine  Boudrot,  âgée  de  51  ans,  et  très  infirme 150 

14.°  Anne  Pottier,  delTsle  S1- Jean,  fille  de  Jean  et  deMarie  Chias- 
son, veuve  de  Jean  Chesnaye,  âgée  de  53  ans,  grabataire 200 

15.°  Cécile  Chesnaye,  sa  fille,  âgée  de  18  ans,  sujette  à  des  vapeurs 
épileptiques,  très  infirme 150 


<,i  \i   1/  <><,ii    DBl     i'   iDIl  Vi     i  !  /  '    DOi  KM 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

tnflnn*  m;.    Haleine  Viger,  de   Quatre  Sables,  fill  d<  Franco 

Le  Jeum  do  13  an  ,  presque  toujoui    malade  i  I  br<     infirme 

l  <*.  |„i  onne  ■ 

Tous  les  r  I  «  1 1  <  m  1 1 1 1  m  ■     au   pn'-snil    rmV    mil    \n  rdu    leUI  I  • 

avec  tout  oe  qu'il    a  voient  ton  de  leur  pri  e  par  U     Ang 

No  de  li  Mu  ii"       i  I  '  menl  '!<•  <  !b<  i  boui 

dons  avoir  fait  \i  Sieur  De  La  Ville,  docteur  en  médecine  qui 

a  reconnu    pour  grabataire*  <>u  infirmi 
gné  b \ '•<•  nous. 

l'ail   a  (  IherOOUrg   le    I   -     mars    I  7'»7. 

DE  FRANCY. 
DE  LAVILLE 


FAMILLES    A.OADIENN1 

Projet  d'établissement  des  famille    Acadiennea  pour  concilier  I  *  ■  s  r  > f Fi  • 
•  le  M    le  Marquis  de  Pérusse  avec  Les  Intentions  «lu  mini-'' 

S    ÉTAT    N°   1. 

Il  y  a  actuellement  en  France  626  familles  acadiennes  doni  il  faut 
faire  l'établissement  avec  un  secours  de  600,000  livres,  ces  familles  sont 
réparties  en  plusieurs  villes  maritimes  et  composées  en  total  de  2.370 
personnes . 

8    ÉTAT    N°   2. 

Dans  ce  nombre  il  se  trouve  1,347  laboureurs  ou  gens  propres  à  la 
culture  des  terres,  le  surplus  est  composé  de  gens  de  métiers  dont  l'indus- 
trie analogue  à  leur  séjour  actuel  ne  pourroit  que  s'annéantir  par  un  chan- 
gement de  domicile. 

Cette  division  indique  la  différence  qu'il  convient  d'admettre  dans  le 
traitement  de  ces  deux  classes  d'Acadiens  :  on  doit  attacher  l'une  et  l'autre 
à  l'état  par  une  propriété  personnelle  à  chaque  individu,  mais  il  paroit 
encore  nécessaire  d'ajouter  à  cette  propriété  un  établissement  particulier  en 
faveur  des  laboureurs  afin  de  donner  à  leur  état  la  consistence  de  celui  des 
Accadiens  gens  de  métier. 

PLAN    DES    MOYENS    POUR    REMPLIR    CES    VUES. 

Accorder  à  chaque  Acadien  la  propriété  de  trois  arpents  de  terrein 
qu'offre  M.  de  Pérusse,  établir  sur  ce  terrein  1,500  Accadiens,  savoir  :  les 
1,347  laboureurs  et  153  autres  choisis  parmi  les  gens  de  métiers  qui  sont  les 
moins  en  état  de  subsister  ou  dont  le  genre  d'industrie  est  le  plus  analogue 
à  l'agriculture. 

Les  1,500  Accadiens  seront  divisés  en  150  établissements,  trente  éta- 
blissements ou  maisons  formeront  un  "village. 

Les  7,110  arpents  de  terre  de  M.  de  Pérusse  seront  aussi  divisés  en 
cinq  portions  égales  dont  chacune  formera  le  territoire  d'un  village. 

Ainsi  chacun  de  ces  cinq  villages  sera  composé  de  trente  maisons,  con- 
tiendra 300  cultivateurs  et  renfermera  dans  ses  limites  1,422  arpents  dont 
900  appartiendront  aux  cultivateurs  établis  à  raison  de  30  par  établissement 
ou  maisons,  et  les  522  autres  seront  distribués  dans  la  proportion  des  trois 
arpents  par  personne  aux  familles  de  gens  de  métiers  dispersées  dans  le 
reste  du  royaume. 


206  iat///i  /  >   OA  \\l>//:\  \/> 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Exécution. 

En  L773,  avant  le  premier  octobre  on  bâtira  30  maisons  propres  à  loger 
300  Aeadiens  et  les  bestiaux  nécessaires  au  défrichèrent,  dans  le  mois  d'Octo 
bre  on   fera  venir  les   Aeadiens,  ceux   qui  ne  pourront  se  loger  dans  les  30 
maisons,  seront  placés  à  Poitiers  dans  les  casernes  et  à  Chatelberault  deux 
villes  peu  éloignées  de  l'établissement,  l'automne   sera  employé  au  défriche 
ment  du  tiers  des  terres. 

En  1771  on  travaillera  à  toutes  Les  maisons  et  on  les  mettra  en  état  de 
recevoir  les  Acadien«,  l'automne  sera  également  employé  à  défricher  un 
autre  tiers  des  terres. 

En  1775,  on  achèvera  les  établissements  et  le  défrichèrent  de  sorte  que  le 
premier  janvier  1776  les  1,500  Aeadiens  cultivateurs  seront  établis,  et  les 
1,023  Aeadiens  gens  de  métiers  pourront  vendre  ou  affermer  les  terres  dont 
la  propriété  leur  aura  été  accordée,  et  qui  seront  alors  en  culture. 

Ce  projet  demande  de  la  part  du  ministère. 

V  Que  la  solde  de  6  sols  par  jour  soit  continuée  à  tous  les  Aeadiens  in- 
distinctement jusqu'au  1er  janvier  1774,  après  cette  époque  il  ne  sera  rien 
payé  aux  Aeadiens  restés  dans  les  villes  maritimes,  l'Etat  s'étant  libéré  en 
assurant  à  chacun  d'entre  eux  la  propriété  de  trois  arpents  dont  ils  ne  jouiront 
cependant  qu'au  1er  janvier  1776.  A  l'égard  des  cultivateurs  occupés  au 
défrichement  et  des  Aeadiens  logés  à  Poitiers  et  à  Chatelleraut,  M.  de  Pérusse 
se  charge  de  leur  continuer  la  même  solde  ou  de  pourvoir  à  leur  nourriture 
jusqu'au  1er  janvier  1776. 

2°  Que  l'administration  se  charge  du  transport  des  Aeadiens  jusqu'à 
Poitiers  et  Chatelleraut,  qu'elle  facilite  parcorvées,  autant  qu'il  sera  possible, 
l'exécution  et  le  transport  des  matériaux  nécessaires  à  l'établissement. 

3°  Que  le  secours  de  600,000  livres  accordé  en  huit  paiements  égaux  de 

trois  mois  en  trois   mois,  le   premier  payement  seroit  indispensable  dès  ce 

moment,  tant  à  cause  des  bâtiments  à  faire  que  des  bestiaux  à  acheter.    Au 

,     surplus   une  telle  distribution  assure   l'emploi   de  la  finance  accordée  et  il 

sera  facile  en  cas  de  négligence  ou  d'inexécution  de  suspendre  les  payements. 

8   ETAT  n°   3. 
Preuve  de  la  possibilité  du  projet. 

Chacun  des  150  établissements  en  y  comprenant  tous  les  frais 
de  défrichement,  de  bâtiments,  de  bestiaux  et  outils  aratoires,  doit 
coûter  2,800  livres,  ainsi  la  dépense  des  150  établissements  montera 
à livres    420,000 

La  solde  de  1,500  Aeadiens  à  6s.  par  jour  depuis  le  1er  janvier 
1774  jusqu'au  1er  janvier  1776,  fait  une  somme  de livres    328,500 


748,500 
Sur  cette  somme  il  faut  déduire  le  secours  de  600,000  cy .  .  .  .     600,000 


Déficit livres    148,500 

Mais  pour  s'indemniser  des  148,500  livres,  M.  de  Pérusse  aura  un  revenu 
nouveau  de  10,000  livres  que  lui  procurera  la  rente  seigneuriale  qu'il  veut 
imposer  sur  chaque  arpent  de  terre,  il  estime  cette  rente  1  livre  15  sols 
par  arpent  sans  les  profits  féodaux. 

D'ailleurs  plusieurs  des  objets  compris  dans  l'état  n°  3  sont  susceptibles 
d'économie,  et  on  n'a  point  calculé  la  diminution  de  dépense  qni  résultera 
nécessairement  des  corvées. 


'-/  \  /    1/  OQIl     01        L<    \hi  l  \        m  /  i     in, il   i/  / 
OOC.  DE  LA  SESSION  No   18 


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i    '.i  m  i:  m.  <lo .  t'.iniill.- .  ;i.  i.  h.  h  h.     i  .-|.  n  i  ..•    in  différent       illen. 


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7 

36 

4 

6 

24 

A  Morlaix -\ 

8 

5 

40 

16 

le»; 

5 
4 

4 
3 

20 
12 

7 

2 

14 

V 

11 

1 

11 

1 

5 

5 

y 
i 

2 

1 

2 

3 

7 

1 

6 

6 

J 

Lu  Rochelle i 

3 
5 

5 

1 

15 
3 

}          9 

26 

( 

1 

11 

11 

7 

10 

70 

7 

9 

63 

21 

8 

168 

39 

7 

273 

St-Malo .' < 

42 
61 

6 
5 

252 
305 

>       425 

1.712- 

54 

4 

216 

50 

3 

150 

61 

2 

122 

l 

82 

1 

82 

r 

1 

8 

8 

1 

6 

6 

Kochefort 

3 

5 

15 

2 

4 

8 

27 

69 

4 

3 

12 

1 

4 

2 

8 

«. 

12 

1 

12      , 

1           ; 

Dunkerque 

1 

1 

1 

i 

1 

626 

2,37" 

208 


ARCHIVES  CANADIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

ACADIENS— N     2. 

Etat  des  familles  acadiennes  distinguées  selon    les  différents  genres  d'in- 
dustrie qui  peuvent  déterminer  leur  destination. 


<  'la 

Nombre 
des 
nilles 
de  la 

1"  cl. 

Nombre 

«l<  - 

Familles 

de  la 

L'   classe. 

Nombre 

Famillec 
de  la 

3e  classe. 

aux 

Individus 
par  chaque 

cl  a  s 

ln   Classe. 

Laboureurs — 

Bons  laboureurs 

Laboureurs  et  marins 

m 

25 

48 

2 

17 

• 

1 
3 
3 
4 

11 

1 

10 
1 
1 
4 
1 
3 
1 
1 
2 
151 

Laboureurs  et  charpentiers  

1,347 

Laboureurs  et  forgerons 

2e  Classe. 
Gens  de  professions  analogue  à   l'agriculture— 

Sabotiers 

Charons - 

153 

Forgerons 

Scieurs  de  long 

Chaufaurniers 

3e  Classe. 

Gens  de  métiers  qui  peuvent  les  i-etenir  où  ils 
sont  - 
Charpentiers  de  navire. 

Constructeurs  de  vaisseaux 

Perruquier 

Tailleur  d'habits 

Boulanger 

870 

Menuisier 

Tapissier 

Voillier 

Cordiers 

Bêcheurs,  saleurs  ou  calf as 

264 

23 

175 

2,370 

ACADIENS— N°  3. 

Etat  des  dépenses  nécessaires  pour  former  un  établissement  de  10 
Acadiens. 

Une  maison  suivant  le  plan  de  M.  de  Pérusse  bâtie 

solidement  et  couverte  en  tuilles  peut  coûter.  .      1,400  L 

Deux  paires  de  bœufs  à  300  livres  la  paire 600 

Deux  vaches  à  60  l.  pièce 120 

Deux  charrues,  une  charette  et  tous  les  instruments 

propres  à  l'exploitation  d'une  ferme 220 

Nourriture  des  bœufs  et  de  la  moitié  des   vaches 

pendant  la  première  année 460 

Total 2,800 

Nota — On  n'a  point  compris  l'achapt  des  semences  pareequ'il  suffira 
d'emprunter  l'avoine  qui  sera  semée  la  première  année,  la  récolte  de  cette 
avoine  au  produit  de  cinq  pour  un  doit  suffire  au  remboursement  de  l'em- 
prunt et  à  l'achapt  du  froment  nécessaire  pour  la  seconde  semaille. 


0J  \/  ILOQIB  m  ■     U   i/'//  M8    i  i  /  '    D0(  /  Ml 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Projet  de  M    de  Tr<      >  i   pour  établir  un  certain  nombn 
,  |„,,,i      (a |  dans  le  .ninic  de  Bitch< ,  en   Loi 
leadi»         aépeuplé  par  Gu  tave  roi  de  Su<  de      1 1  nbabil i 

in  qu  au  beoai i  il  fui  r  la  Fran<        ir  M. 

de  vauban  \  fil  construire  an  ohAteau  i  I    M   de   Louvoi  .  une  i 

peu  plui    tard  la   Lorraine   fut    n    r 

quelquee  progrès  mai    trei    lents.     Il  en  esi  de  mém<  la  domi 

nation  du  roi  de  Pologne.     Il  y  s  20,000  habitant 

le  double.   Les  ,'■'„  du  terrain    ont  occupa    par  uni   I 

et   pauvre  mais  peut  être  facilement  améliora  lit  le 

projet  de  M.  de  Tressas  "il  pourrait  convenir         i  iplea 

ont  quitté  un  payi  froid  et  êtériU.     IK   n<  nt    point  peines  d'haï 

le  pays  «le  Bitcbe  qui  l'est  moins  que  le  Canada     (  '••    peupl      d    'i1    point 

été  acoontuméi  à  manger  du  pain  de  froment,     [la  trouveraient   dans  le 

paya  de  Bitche   une  nourriture  plus  abondante  que  dans    le  leur  où  le 

blé  de  Turquie  forme  la  principale  partie  de  leurs  alimei 

l'imposait  d'y  établir  120  Canadiens,     [1  demandait  pour  cela  10,000/. 
a  prendre  sur  la  vente  du  bois  de  la  forêt.    Il  demandait  dea  appoint 
de  8,000/.  par  an.     L'opération  faite,  il  pourrait  ou  afferme 
Canadiens  ou  les  remettre  au   roi  en  obligeant   ces  Canadiens  a  lui  j 
3,000  /.  par  an  à  perpét  uité. 

Ce  projet,  on  le  comprendra  ne  dut  pas  avoir  de  suites. 


M.  le  duc  de  Nivernois  déclarait  dans  un  mémoire  du    l   mars  17 
qu'il  restait  encore  866  Acadiens  en   Angleterre,   distribues  dans   les  villes 
de  Liverpool,  Southampton,  Penryn  et   Bristol.     Il  proposait  d'en  fixer  un 
certain  nombre  sur   l'île   de   Bouin  qui  lui  appartenait  et  de  distribuer  le 
reste  sur  les  c(>tes  de  Bretagne. 

Mémoire  sur  les  Acadiens.  (a) 
Les  Français  Acadiens  conjius  aussi  sous  le  nom  de  Français  Neutres 
étaient  établis  sur  la  rivière  d'Annapolis  où  ils  formaient  une  peuplade 
pund-re8176o  d'environ  3,000  (sic)  familles.  Cédés  aux  Anglais  par  la  Paix  d'Utrecht,  ils 
avaient  conservé  avec  leurs  églises  et  leurs  prêtres  le  libre  exercice  de  leur 
religion.  Ils  conservèrent  aussi  l'attachement  le  plus  profond  et  le  plus 
tenace  pour  la  France,  et  c'est  de  ce  sentiment  qu'ils  sont  aujourd'hui  la 
victime.  L'Angleterre  les  regarda  comme  des  séditieux  parce  qu'ils  ne 
voulurent  jamais  prêter  le  serment  qu'on  exigeait  d'eux.  La  formule  de  ce 
serment  attaquait  leur  religion  et  leur  religion  leur  était  garantie  par  le 
traité.  Mais  leurs  juges  étaient  en  même  temps  leur  partie.  Leur  procès 
fut  jugé  sans  être  instruit  et  l'ordre  fut  donné  de  transporter  les  Acadiens 
dans  les  diverses  colonies  anglaises. 

Quinze  cents  débarquèrent  à  la  Virginie.  Ils  y  furent  regardés  comme 
des  prisonniers  de  guerre  et  on  les  renvoya  presque  aussitôt  en  Europe  dans 
les  premiers  transports  qui  firent  voile.  Arrivés  en  Angleterre  et  dispersés 
dans  tous  les  ports  de  ce  royaume,  ils  y  périrent  presque  tous  de  misère  et 
de  chagrin.  Trois  cents  abordèrent  à  Bristol  où  ils  n'étaient  point  attendus, 
car  on  ne  les  attendait  nulle  part.  Ils  pissèrent  trois  jours  et  trois  nuits 
sur  les  quais  de  la  ville  exposés  à  toutes  les  injures  de  l'air.  On  les  renferma 
à  la  fin  dans  quelques  édifi  es  ruinés  où  la  petite  vérole  acheva  de  détruire 
tous  ceux  qui  n'avaient  pas  succombé  à  la  fatigue  et  au  désespoir. 

Douze  cents  autres  de  ces  malheureux  furent  envoyés  au  Maryland. 
Ils  y  arrivèrent  au  mois  de  décembre  et  souffrirent  durant  trois  semaines 
toutes  les  rigueurs  du  froid  et  de  la  faim.     On  les  dispersa  ensuite  dans  les 

(a)  Ce  document  est  donné  ici  en  orthographe  moderne,  d'après  une  copie  tirée  de  l'ori- 
ginal par  Edouard  Richard  pour  son  propre  usage.  L'original  est  au  folio  340  du  volume 
449  du  Fonds  Angleterre,  au  ministère  des  Affaires  Etrangères,  à  Paris. 


210  ARCHI]  ES   '    i  \  !/'//  \  \i:> 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


campagnes,  ou  les  plus  robustes  servirenl  de  journaliers  e(  où  Les  vieillards 
et  les  in6rmes  récurent  d'aumône. 

Un  troisième  détachement  beaucoup  plus  considérable  que  les  deux 
premiers,  aborda  h  la  Caroline.  Les  habitants  de  Charleston  et  des  autres 
ports  ne  voulurent  point  recevoir  les  Â-oadiens.  Ils  leur  donnèrent  deux 
vieux  \aisscaux,  une  petite  quantité  de  mauvaises  provisions  <'t  la  permis- 
»n  d'aller  où  ils  voudraient,  embarqués  dans  ces  vaisseaux  qui  faisaient  eau 
de  toutes  parts,  ils  échouèrent  bientôt  sur  les  côtes  de  la  Virginie,  près 
d'Hampton,  colonie  Irlandais1.  On  les  pris  d'abord  pour  de-  ennemis  qui 
venaienl  piller,  ensuite  pour  des  pirates,  et  enfin  pour  des  botes  dangereux 
dont  il  fallait  se  défaire.  On  Ifs  força  d'acheter  un  vaisseau.  Tout  l'argent 
qu'ils  purent  rassembler  entre  eux  se  montait  a  400  pièces  de  huit,  et  ce  fut 
le  prix  qu'on  leur  demanda.  Ce  vaisseau  valait  encore  moins  que  ceux 
qu'ils  venaient  de  quitter  et  ils  eurent  toutes  le?  difficultés  du  monde  à  se 
faire  échouer  une  seconde  fois  à  la  côte  du  Maryland.  !1  serait  injuste  d'ou- 
blier de  dire  ici  qu'un  des  magistrats  de  la  Virginie,  ayant  appris  la  perfidie 
qu'on  avait  exercée  contre  ces  malheureux,  fit  punir  les  habitants  du  village 
d'Hampton  et  qu'il  envoya  une  chaloupe  après  les  Acadiens  pour  les  faire 
revenir  et  les  instruire  de  l'état  de  leur  vaisseau.  Les  débris  de  leur  nau- 
frage furent  alors  la  seule  ressource  qu'ils  eurent  à  espérer  et  ils  passèrent 
deux  mois  sur  une  rive  déserte  à  raccommoder  leur  vaisseau.  Ils  réussirent 
à  la  tin,  et  après  avoir  remis  en  mer  pour  la  troisième  fois,  ils  eurent  le  bon- 
heur d'aborder  dans  la  Baie  de  Fundy.  Le  nom  que  nous  donnons  à  cette 
Baie  est  celui  de  Baie  Française  où  ils  débarquèrent  près  de  la  rivière  St. 
Jean,  réduits  à  900  de  plus  de  2,000  qu'ils  étaient  à  leur  départ  d'Acadie. 
Ce  sont  eux  qui  ayant  dans  la  suite  armé  un  corsaire  se  rendirent  redouta- 
bles à  tous  les  vaisseaux  anglais  qui  naviguaient  dans  ces  parages. 

Le  quatrième  transport  d'Acadiens  que  l'on  avait  destiné  pour  la  Penn- 
sylvanie eut  moins  à  souffrir  que  ceux  dont  on  vient  de  parler,  une  tempête 
ayant  englouti  leur  bâtiment  mit  fin  tout  d'un  coup  aux  misères  qui  les 
attendaient. 

Parmi  ceux  qui  ont  été  transportés  en  Angleterre,  un  grand  nombre  a 
succombé  à  la  misère  et  aux  maladies  qu'elle  entraîne.  Ceux  qui  y  ont 
échappé  sont  détenus  dans  les  divers  ports  d'Angleterre  et  principalement 
à  Liverpool.  Ceux-ci  ayant  fait  parvenir  à  M.  le  Duc  de  Nivernois  une 
requête  dans  laquelle,  après  lui  avoir  rendu  compte  des  persécutions  que 
leur  attachement  pour  la  France  ne  cessait  de  leur  attirer,  ils  réclamaient 
sa  protection  et  comme  Français  et  comme  malheureux.  Son  Excellence 
jugea  à  propos  de  leur  dépêcher  secrètement  M.  de  la  Rochette  avec  les  ins- 
tructions suivantes  : 

1°  D'assurer  les  Acadiens  que  le  roi  était  instruit  de  leur  zèle  inviolable 
pour  sa  personne  ainsi  que  des  malheurs  auxquels  ce  zèle  les  avait  réduits, 
et  qu'à  la  Paix  S.  Mte  les  récompenserait  comme  de  bons  et  de  fidèles  sujets, 
en  quelques  parties  de  ses  Etats  qu'ils  vinssent  à  s'établir. 

2°  De  les  assurer  qu'ils  pouvaient  compter  sur  l'entière  protection  de 
Son  Excellence  mais  que  le  moment  n'étant  pas  encore  venu  de  la  rendre 
publique,  la  circonspection  et  le  secret  étaient  indispensables. 

3°  De  prendre  tous  les  éclaircissements  nécessaires  tant  à  l'égard  des 
Acadiens  de  L'verpool  que  de  ceux  qui  pouvaient  être  dispersés  dans  les 
autres  villes  d'Angleterre. 

M.  de  la  Rochette  partit  le  26  Décembre  1762  et  arriva  à  Liverpool  le 
31.  Il  se  transporta  au  quartier  des  Acadiens,  et  après  s'être  fait  connaître  à 
ceux  qui  avaient  envoyé  la  requête  à  M.  le  Duc  de  Nivernois  en  leur  pro- 
duisant cette  même  requête,  il  leur  fit  part  de  sa  mission  et  des  ordres  qu'il 
avait  reçus  de  Son  Excellence.  Quelques  précautions  qu'il  eut  prises  pour 
les  en^a^er  à  modérer  leur  joie  il  ne  put  empêcher  que  les  cris  de  "  Vire  le 
Roi,"  ne  se  tissent  entendre  dans  leur  quartier,  au  point  même  que  quelques 


ai  \ i  iLoon  01     u  i/'//  .     ii/'   noci  ui  \  i 


DOC.  DE  LA  SLSSION   No    IH 


\  ii  ■  lai    en  fui  eiil     oandalisi         l        lai  inu 

.ic.l.iiiiit  ioni ,  el    Se    I me  *  el  li 

Dieu  b  I      bon  H  Plu  ieui      omb 

hoi    d'eui  m  Ami       il*  bittaient  de»  main  .  le    levaient  au 
oont  re  lea  muraille  \  ot  ne  i       i     il  di     i  I     ©rail  iropo  lible  enfti 

déci  ii"  t. .11 .  |q    transporte  au  t.     1 

i .  i    èrenl  la  nuit  a  bénir  le  roi  et  son  a 
heur  dont  ils  al  ai<  ni  j<  >uii 

Lorsqu'il!  furent  rei  oqu  M  de 

obtint  d'eux  lea  é<  laircii  lements  mivant  i    ur  la    ituai  tuelle. 

Depuis  lept  ans  on  les  a  détenus  dan  la  ville  de  Liv<  rpool  i  ù  ili  ont 
été  (  ran  porti  i  de  la  V  irginie      Quelque    m  >n   leur 

gna  un  certain   nombre  de   maisona  dana  un   quartii  en  leur 

donnant  la  ville  pour  prison.     On  a   ligna  pareillement    un>-  paie  de 
par  jour  à   toua  ceux   qui  avaient    plus  de    ept   an    et   de    tn»; 
entants  au  dessous  de  cet  âge. 

I  la  ;u-ii\  èrent  à  Liverpool  au  nombre  de  336  <'t  ils  aont  réduits  aujourd  nui 
à  224.     Pendant  les  sept  années  de  leur  détention  on  les  a    peu  inquiet 
mais  depuia  que  la  paix  est  décidée  on  ne  ••esse  de  travailler  à  le      éduire. 
Langton,  commissaire  anglais  des  prisonniers  français,  lea  fit  paraître  dei 

lui  dans  les  premiers  joura  de  décembre,  et  leur  représenta  que  la  Pi 
ayant  abandonnés  depuia  ai  longtemps,  le  roi  d'Angleterre  roulait  bien 
les  regarder  oomme  Bea  sujets,  et  qu'il  les  renverrait  en  Acadie  ou  on  leur 
rendrait  leurs  terres  et  leurs  troupeaux.  Ils  répondirent  tous  unanimement 
qu'ils  étaient  Français  et  que  c'était  au  roi  de  France  de  décider  de  leur 
sort. 

Le  commissaire  les  traita  de  rebelles.  Il  les  menaça  de  les  faire  ren- 
fermer et  de  réduire  leur  paie,  mais  comme  rien  ne  les  intimidait,  il  eut  recours 
a  un  moyen  qui,  par  l'attachement  qu'ont  les  Acadiens  pour  leur  religion 
semblait  infaillible. 

II  séduisit  un  certain  prêtre  Ecossais,  directeur  des  Acadiens  en  lui 
promettant  la  place  de  curé  principal  des  villages  catholiques  d'Acadie. 

Cet  homme  leur  prêcha  des  sermons  scandaleux,  et  54,  parmi  lesquels 
sont  presque  tous  les  vieillards,  (tous  ceux  là  ont  écrit  depuis  à  M.  le  Duc 
de  Nivernois  pour  le  supplier  de  les  réclamer  comme  sujets  du  roi)  se  déter- 
minèrent, d'après  ces  sermons,  à  repasser  dans  leur  pays.  On  doit  dire 
cependant,  qu'ils  n'ont  voulu  signer  aucuns  des  écrits  que  le  commissaire  leur 
a  fait  présenter.  Le  reste,  au  nombre  de  170  personnes,  faisant  38  familles, 
était  presqu'ébranlé  et  aurait  suivi  cet  exemple  sans  le  nommé  Normand 
Du  Plessis,  pilote  français  né  au  Havre  et  rançon  à  Liverpool  pour  M.  de 
la  Touche,  de  la  Martinique. 

Du  Plessis  engagea  les  Acadiens  à  présenter  une  requête  à  M.  le  Duc 
de  Nivernois  avant  de  se  laisser  aller  aux  insinuations  du  commissaire  et 
du  prêtre.  Ils  s'y  déterminèrent,  mais  comme  le  Commissaire  ouvre  toutes 
les  lettres  qu'ils  écrivent  ou  qu'ils  reeoiveiit,  ils  firent  entre  eux  une  contri- 
bution de  quatre  guinées  pour  envoyer  un  exprès  à  Londres.  Cet  exprès  fut 
un  Irlandais  catholique  marié  à  une  Acadienne,  sa  femme  a  été  privée 
de  sa  paie  de  6  sols  depuis  son  mariage,  et  qui  demande  pour  sa  récompense 
qu'on  veuille  bien  lui  permettre  de  suivre  les  Acadiens  partout  où  il  plaira 
au  roi  de  les  établir. 

Les  dits  Acadiens  détenus  à  Liverpool,  ayant  fait  savoir  à  M.  le  Duc 
de  Nivernois  qui  se  trouvait  encore  près  de  600  de  leurs  frères  à  Southamp- 
ton,  Pernyn  et  Bristol,  Son  Excellence  donna  ordre  à  M.  de  la  Rochette  de 
se  rendie  secrètement  dans  ces  trois  villes  et  d'y  faire  usage  des  instructions 
qu'il  avait  reçues  pour  Liverpool  au  mois  de  Décembre  1762. 

M.  de  la  Rochette  arriva  à  Southampton  le  18  janvier  1763.  Comme  il 
n'avait  aucune  marque  à  laquelle  les  Acadiens  dussent  le  reconnaître  et  que 


212  AJti  un  ES  (  ASAim.w 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

d'ailleurs  Les  artifices  répétée  des  Anglais  engageaient  ce  peuple  à  la  plus 
grande  défiance,  il  ne  put  Les  convaincre  ni  de  La  réalité  de  sa  mission  ni  de 
celle  de  bos  instructions.  Il  les  quitta  cependant  satisfait  de  leur  zèle  pour 
Le  roi  et  persuadé  que  L'excès  de  ce  même  zèle  était  l'unique  motif  de  leur 
défiance.  Plus  voisins  de  Londres,  que  leurs  frères  et  placés  dans  une  ville 
qui  devient  en  été  Le  rendez-vous  d'une  partie  de  la  noblesse  anglaise,  les 
Acadiens  de  Southampton  a\aient  essuyé  des  attaques  plus  fréquentes  et 
plus  dangereuses.  Le  '  •  •  rai  .Mordaunt,  et  même  en  dernier  lieu  le  Duc 
d'York,  n'avaient  pas  crà  au  dessous  d'eux  de  les  solliciter  de  renoncer  à  la 
France,  D'ailleurs,  dans  le  moment  où  M.  de  la  Rochette  leur  fut  envoyé, 
ils  attendaient  une  réponse  de  la  part  des  Commissaires  anglais  accoutumés 
à  les  tromper,  et  c'était  pour  eux  une  raison  de  défiance  très  légitime.  Ils 
prirent  le  parti  d<  lier  deux  des  leurs  à  M.  le  Duc  de  Nivernois  pour 

l'assurer  de  la  vérité,  et  il  ne  leur  reste  aujourd'hui  aucun  doute.  Ces 
Acadiens  se  trouvent  réduits  a  219  de  340  qu'ils  étaient  à  leur  débarque- 
ment en  Angleterre. 

De  Southampton,  M.  de  la  Rochette  partit  pour  Penryn,  où  il  se  rendit 
le  25  janvier.  Il  y  trouva  159  Acadiens  dans  la  situation  la  plus  déplo- 
rable. Depuis  la  fin  de  novembre  le  gouvernement  a  arrêté  leur  paie.  Ceux 
qui  n'ont  appris  aucun  métier  vivent  d'emprunts  ;  les  veuves  et  les  orphe- 
lins demandent  l'aumône,  et  ils  doivent  entre  eux  plus  de  250  guinées  dans 
le  bourg.  Cette  paie  est  comme  à  Liverpool  de  6  sols  par  jour  pour  chaque 
personne  au  dessus  de  sept  ans  et  de  3  sols  au  dessous  de  cette  âge.  Les  Aca- 
diens de  Penryn  ne  demeurent  point  dans  un  quartier  séparé.  Ils  sont  dis- 
tribués dans  diverses  maisons  bourgeoises,  et  d'ailleurs  plusieurs  de  leurs 
jeunes  gens  en  apprentissage  chez  des  ouvriers  anglais  y  ont  contracté  des 
inclination  peu  françaises  :  ainsi,  il  y  a  lieu  de  craindre  que  le  secret  exigé 
par  M.  de  la  Rochette  n'ait  pas  été  observé  avec  autant  d'exactitude  que 
dans  les  autres  villes.  Il  faut  dire  aussi  que  plusieurs  d'entre  eux  ajoutant 
peu  de  foi  aux  assurances  qui  leur  étaient  données,  leur  bonne  volonté  n'a 
pas  été  unanime. 

M.  de  la  Rochette  arriva  à  Bristol  le  31  janvier.  Il  y  trouva  les  Aca- 
diens au  nombre  de  184  personnes  qui  s'abandonnèrent  entièrement  à  la 
protection  du  roi.  Ils  n'eurent  aucune  peine  à  prendre  confiance  en  M.  de 
la  Rochette,  pareequ'ils  avaient  vu  les  deux  députés  qui  de  Southampton 
s'étaient  rendus  auprès  de  M.  le  Duc  de  Nivernois. 

Il  y  a  eu  une  défiance  générale  qui  prévaut  plus  ou  moins  chez  tous  les 
Acadiens  et  dont  voici  les  principaux  motifs. 

1°  Leurs  frères  qui  furent  transportés  en  France  au  commencement 
de  la  guerre,  y  restèrent  plusieurs  mois  sans  recevoir  aucuns  secours.  Ils 
craignent  d'éprouver  le  même  sort  en  arrivant  dans  le  royaume. 

2°  Leurs  prêtres  actuels,  qui  sont  Anglais  ou  Ecossais,  et  que  l'on  a 
flattés  de  l'espérance  de  devenir  leurs  curés  en  Acadie,  ne  cessent  de  les 
exhorter  à  renoncer  à  la  France  qu'ils  leur  représentent  comme  un  pays 
abandonné  de  Dieu. 

4°  Ils  se  flattent  toujours  de  retourner  en  Acadie  et  d'y  jouir  du  libre 
exercice  de  leur  religion  sous  la  protection  du  roi.  Ceux  mêmes  qui  sont  en 
France,  à  Boulogne,  S1  Malo  et  Rochefort  persistent  dans  cette  opinion  et 
l'ont  même  écrit  aux  Acadiens  en  Angleterre. 

5°  Ils  craignent  que  le  roi  n'abandonne  leurs  frères  dispersés  dans  les 
Colonies  anglaises  du  continent  septentrional  de  l'Amérique.  Ceux-là 
forment  le  plus  grand  nombre,  et  ils  sont  plus  de  10,000  qui  meurent  de 
faim. 

De  tems  en  tems  il  s'en  sauve  quelques-uns  en  Europe  et  deux  familles 
de  ces  malheureux  sont  arrivées  il  y  a  quelques  semaines  de  Boston  à  Bristol. 
Les  Anglais,  cependant,  en  transportent  tous  les  jours  et  lorsque  le  Chherde 
Ternay  s'empara   de    Terre-Neuve,  ils  en  firent  passer  à  la  Nouvelle  Angle- 


QEN1  ILOQIE   m       10  LD/J  DOi  i  ME  \  i 


DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 


terre  (ou  il  j  en  ■  déjà  un  grand  nombi        '      «pu    •«•  in>uvan-ni    •  n 
(  Ihibouctou,  I  l.iiii.i  n  ou  au  i  eni  Ln  >n 

I  »  h,    li     uppo  il  ion  que  le  roi  ne  pourrai  i  d<  .1 .  k-i 

di  ipei  •      m  «-n  [(     réolam  1  d<  ni  eu  lee  nme 

.1,- .  oapt  it'  >.   il  1  11  que   l'on   peu(    tou  joui    1  1  nir  la  1 

grande  pai  1  ie,  en  fai  ant  1    iirei 

le  traitement  accordé  aui  À.cadi<  ourd'hui  en  Euro] 

A  1  égard  «lu  1  raitement  à  leui    ao  ord(  r,  voi 
bonne,   parce  qu'elle  me  parait  concilier  lee  int<  m  de 

Acadiens  et  oeui  de  l'équité.     A \ anl  de  la  pi 
.  ement  les  mot  il 

II  t\- nit  aa voir  que  les  Acadiens  étaient    tou     laboun 
tous  adonnée  1  uo  t  ravail  et  à  une  industrie  pénibles    1 
une  culture  assidue,   [la  étaient  occu]  ntinuelli 

des  digues  pour  empêcher  la  mer  de  lee  iobmerger,  et  dl<  1 

de  relâche  ils  fabriquaient   des  toiles  ou  allaient  à  la  pèche. 

D'ailleurs,  les  Acadiens,  dans  un  climat  ide,  quoiqu'au    il    degré  de 

latitude  jouissaient  d'un  air  très  pur  et  connaissaient   très  peu  de  malad 
Leur  expatriation  en  Europe  en  a  fait  périr  plus  d< 

seulement,  dont  ils  avaient  aucune  idée  dans  leur  paye.     Si  on   les  établit 
sait  dans  nos  lies  méridionales,  il  est  indubitable  que  l'on  n'en  o 
pas  la  moitié.     Ce  ne  Boni  pas  d'ailleurs  des  colons  pauvres  qu'il  fa 
Iles,   les  plantations  de  sucre,  de  café,  d'indigo  et  de  coton,  demandent 
gens  aisés,  et  il  n'y  a  pas  un  Acadien  qui  ne  Boil  à  la  mendicité.    La  col 
de  Cayenne  est  peut  être  le  seul  endroit  où  l'on  pourrait  les  placer  avec   un 
certain  avantage,  mais  la  ressource  des  Acadiens  placés  dan-  cette  colonie, 
serait  uniquement  dans  les  plantations  de  cacaotiers,    cell-  sucre,    d'in- 

digo <fcc.  <fec.  leur  étant  interdites  par   leur   pauvreté,  et  il  faudrait  bien  des 
années  avant  que  le  commerce  profitât  avec  eux  ou  par  eux. 

Ainsi  le  climat  et  la  nature  de  la  cultivation  et  de  l'industrie  dans  no- 
colonies  méridionales  ne  convenant  pas  aux  Acadiens,  et  ces  peuples  ayant 
même  à  cet  égard  un  préjugé  de  répugnance,  il  semble  nécessaire  de  tourner 
ses  idées  d'un  autre  côté,  et  c'est  ce  qui  m'a  inspiré  celles  dont  je  vais  ren- 
dre compte 

1°  On  parle  depuis  longtemps  en  France  de  l'utilité  qu'il  y  aurait  a 
opérer  le  défrichement  des  landes  de  Guyenne  et  de  Gascogne,  et  personne 
ne  doute  que  ce  ne  fut  un  grand  avantage  pour  l'Etat  ;  or,  les  Acadiens 
pourraient  servir  à  former  un  établissement  si  salutaire  ;  et,  en  les  plaçant 
dans  ses  déserts,  on  tirerait  un  bon  parti  d'eux  et  de  leur  industrie.  Le 
climat  de  la  Guyenne  est  à  la  vérité  fort  différend  de  celui  de  l'Acadie,  mais 
il  est  sain,  et  l'on  peu  croire  que  les  nouveaux  colons  pourraient  s'y  habituer 
sans  danger.  Au  reste,  il  faut  avoir  l'attention  de  placer  les  Acadiens  dans 
des  parties  qui  avoisinent  la  mer  et  d'y  former  quelque  havre,  parce  qu'alors 
ils  auront  bientôt  établi  un  cabotage  qui  leur  produira  une  nouvelle  ressource. 
Il  est  vrai  que  la  côte  de  Guienne  est  aride,  sablonneuse  et  sujette  aux 
tempêtes,  mais  l'industrie  et  le  labeur  des  Acadiens  pourraient  tout  réparer 
et  vaincre  les  plus  grands  obstacles. 

2°  La  Province  de  Bretagne  a  éprouvé  une  dépopulation  sensible  par 
la  quantité  de  soldats  et  de  matelots  qu'elle  a  fournis  à  l'Etat  pendant  cette 
guerre.  Cette  Province  a  des  avantages  dont  le  défaut  de  population  l'em- 
pêche de  profiter.  Le  sol  y  est  bon,  la  côte  abonde  en  poisson  :  la  pêche 
du  hareng  pourrait  y  devenir  une  branche  de  commerce  considérable  et  utile 
à  l'état,  cependant  il  y  a  dans  cette  Province  une  quantité  immense  de 
terrain  inculte.  La  pêche  n'y  fait  point  une  branche  de  commerce  et 
fournit  à  peine  à  la  consommation  du  pays.  L'établissement  des  Acadiens 
dans  cette  Province  lui  serait  sans  doute  très  utile,  et  les  Acadiens  y  trou- 
veraient peut-être  plus  d'avantage  que  dans  toute  autre  autre  Province.     Les 


214  àJti  HIVE6  <   wmui.w 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

Etate  pourraient  concourir  avec  le  Gouvernemenl  au  prompt  établissement 

de  ces  nouveaux  colon-,  el  la  Société  d'Agi  iculture  qui  y  e>t  établie  pourrait 
leur  fournir  les  moyens  d'étendre  leur  industrie. 

3  11  y  aurai!  un  établissement  particulier  à  proposer  pour  les  Acadiens 
prisonniers  en  Angleterre.  Cet  établissement,  quoique  moins  susceptible 
d'extension  que  les  deux  autres,  aurait  cependant  certains  avantages.  L'île 
de  Bouin,  sur  la  côte  du  Bas  Poitou,  n'est  peuplée  ni  à  proportion  d< 
grandeur,  ni  en  raison  de  ses  ressource-  si  on  y  plaçait  les  Acadiens 
actue.lement  détenus  en  Angleterre,  les  parties  incultes  de  cette  île 
défricheraient  et  la  pèche  qui  se  fait  aux  environs,  acquèrerait  une  grande 
activité.  On  sait  que  cette  pêche  es!  celle  de  la  sardine,  objet  d'autant  plus 
important  pour  nous  que  c'est  un  des  articles  essentiels  du  commerce  des 
Anglais  qui  exportent  une  quantité  prodigieuse  de  ce  poisson  séché  sur  les 
côtes  de  Cornouailles. 

De  toutes  les  îles  sur  les  côtes  de  France,  1«>  climat  de  celle  de  Bouin, 
est  celui  qui  ressemble  le  plus  à  l'Acadie  et  qui  par  cette  raison  peut  le 
mieux  convenir  aux  Acadiens.  D'ailleurs,  ces  m  ilheureux  prisonniers  qui 
ont  appris  que  l'île  de  Bouin  appartenait  au  Duc  de  Nivernois,  désirent  avec 
passion  de  passer  de  préférence  dans  cette  île  dont  il  est  seigneur,  parce 
qu'ils  le  regardent  comme  le  libérateur  de  leur  captivité  en  Angleterre  et 
qu'ils  ne  connaissent  que  lui.  D'ailleurs,  l'île  de  Bouin  jouissant  de  tems 
immémorial  de  privilèges  renouvelés  successivement  par  tous  nos  rois,  et  en 
vertu  desquels  privilèges  les  dits  insulaires  ne  sont  soumis  à  aucune  imposi- 
tion ni  corvée  à  la  charge  de  se  défendre  eux-mêmes  et  d'entretenir  les 
digues  et  canaux  d'où  dépend  l'existence  de  l'île,  les  Ac  idiens  s'y  trouve- 
raient plus  heureux  et  y  seraient  par  conséquent  plus  utiles.  Il  suffirait 
pour  vivifier  l'île  de  Bouin  et  la  pèche  qu'elle  peut  exploiter,  d'y  placer  les 
Acadiens  qui  sortiront  d'Angleterre.  Peut-être  même  la  totalité  ne  pourrait- 
elle  pas  être  placée  et  le  Duc  de  Nivernois  prendra  sur  cela  incessamment 
un  éclaircissement  positif,  alors  le  surplus  refluera  en  Bretagne  où  ils  seraient 
fort  bien  pour  eux  et  pour  l'Etat, 

Le  Duc  de  Nivernois  ne  cachera  pas  ici  qu'il  serait  fort  flatté  si  S.  M*" 
avait  la  bonté  d  î  décider  le  sort  du  petit  nombre  des  Acadiens  qui  sont  en 
Angleterre  en  faveur  de  l'île  de  Bouin,  attendu  que  ces  malheureux  sont 
d'une  grand  industrie  et  ont  l'attachement  le  plus  grand  pour  le  roi  et  la 
France. 

A  l'égard  de  ceux  qui  sont  déjà  en  France  ou  qui  reviendront  des  Colo- 
nies anglaises,  l'avis  particulier  du  Duc  de  Nivernois  serait  aussi  qu'on  les 
mit  plutôt  en  Bretagne  qu'en  Guyenne,  à  cause  du  climat  et  de  la  proximité 
de  leurs  frères  qui  seraient  dans  l'île  de  Bouin,  laquelle  n'est  qu'à  8  lieues 
de  Nantes. 

Au  surplus,  quelque  part  qu'on  place  les  restes  de  ce  malheureux  et 
respectable  peuple,  il  sera  nécessaire  par  politique  ainsi  que  par  équité,  d'en- 
courager leur  zèle  et  leur  industrie.  Le  Duc  de  Nivernois  propose,  pour 
parvenir  à  cet  objet  nécessaire,  d'imiter  la  pratique  constamment  suivie  des 
Anglais  lorsqu'ils  établissent  des  Colonies.  Ils  divisent  le  terrain  en  autant 
de  portions  qu'il  y  a  de  centaines  de  familles  et  subdivisent  chaque  portion 
en  cent  lots.  Chaque  famille  a  des  vivres  pour  la  première  année  et  de  la 
semence  pour  la  seconde,  des  instruments  de  labourage  et  des  instruments 
et  matériaux  propres  à  bâtir.  On  lui  donne  de  plus  une  vache  ou  une 
jument  ou  deux  truies  et  cinq  brebis  à  son  choix,  et  Ton  distribue  un  taureau 
et  un  étalon  pour  chaque  centaine  de  familles.  Enfin,  la  colonie  est  exempte 
de  toutes  impositions  pendant  50  ans.  Ces  établissements  sont  coûteux 
sans  doute,  mais  c'est  une  avance  faite  par  le  gouvernement  dont  les  sujets 
retirent  tous  les  ans  un  intérêt  qui  ne  cesse  d'augmenter  et  qui  rentre  au 
gouvernement  sous  différentes  formes  par  l'accroissement  de  la  population  et 
de  la  consommation. 


\  /    1/  OQli     i"        H    !/>//  V<      11/'     /"" 
DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Ktai    di     Acadii 

IA        I    ,1    \    '      I    \><   H    il 
outhampton  119 

i\n  \.i-i.  i. -m       r  m  m. 
I  \  Bri  toi 

[Pris  à  bord  'l'  iron 

i  Efoohefoi  i .  Boulogne,  S   M  ■  • 
l  »  i m    ii  N<m\ elle  Angleterre,  le  M  I,  la  Pen 

la  Caroline  <fec      i  10  i 


Total  12, 


\        «  >n  i><    -.tr.inl  H   pa 

que  il- ■-   \<  ftdieni  cl  An 

MÉMOTRE   16  avril  171 

qui  oj  la  reddition  de 

Louisbourg  et  celle  du  Canada,  étoienl  à  la  fin  de   1763,   de 
personnes,  j  compris  celles  venues  en  dernier  lieu  d'Angl  terre  sur  les  invi 

talions  de  Monsieur  le   Duc  <le  Ni\ernois. 

D'après   les  lettres  écrites  par  Monseigneur  dans  les  diffi 
résident  ces  babitans  pour  les  engager  i  passer  aux*  Colonies,  il  B'en 
embarqué  environ  500  tant  pour  Saint  Domingue  et  la  Martinique  que  pour 
les  Isles  Saint  Pierre  et  Miquelon,  il  y  a  en   outre  actuellemei  Morlaii 

vingt  a  vingt-quatre  familles  formant  environ  cent  personnes  qui  demandent 
à  passer  à  Cayenne. 

Monsieur  l'abbé  Le  Loutre  ayant  été  chargé  par  Monseigneur  d'all< 
Morlaix  et  à  Saint  Malo  pour  déterminer  les  familles  qui   résident  dans 
deux   ports   a    s",  tablir   a    Belle  Isle  a  réussy  dans   sa    mission,  ii  se  trouve 
soixante  dis  sep'   familles  piétés  à  passer  dans  cette  Isle  qui  peuvent  former 
un  objet  de  quatre  cents  personnes,  mais  pour  assurer  leur   établissement 
avec  tous  les  avantages  qui  leur   ont    été   annoncés,    les    ! 
demandent  le  payement  de  50,000  livres  d'indemnité  qui  leur  ont 

-  pour  la  non  jouissance  du  Douai  ne  de  Belle  Isle,  pendant  les  deux 
années  que  les  Anglois  l'ont  possédée,  si  Monseigneur  l'approuve  on  écrira 
sur  cet  objet  à  Monsieur  le  Controlleur  Général. 

Monseigneur  avoit  précédemment  arrêté  qu'il  seroit  envoyé  en  Tou- 
raine  cent  cinquante  de  ces  familles  qui  auroient  formé  un  objet  de  sept  à 
huit  cents  personnes,  au  moyen  de  quoy  il  n'en  seroit  plus  resté  dan- 
ports  que  douze  ou  quinze  cents.  Mais  Monseigneur  ayant  changé  d'avis 
par  rapport  à  cet  établissement,  il  paroît  qu'il  restera  encore  plus  de  deux 
mille  personnes  dont  la  subsistance  devient  de  plus  en  plus  à  charge  à  la 
caisse  des  Colonies  puisqu'elles  persistent  à  ne  vouloir  pas  passer  les  mers, 
et  qu'elles  se  fondent  dans  leur  refus  sur  les  promesses  qui  leur  ont  été  faites 
en  Angleterre  de  la  part  du  Roy,  qu'elles  trouveroient  à  s'établir  en  France. 
Il  paroitrait  convenable  d'écrire  aussy  sur  cette  objet  à  Monsieur  le  Con- 
trolleur général  pour  renouveller  la  demande  qui  a  été  faite  à  Monsieur  Ber- 
tin  il  y  a  six  mois  de  placer  ces  familles  dans  quelques-unes  des  Provinces 
du  Royaume. 

Copie  de  la  dernière  lettre  écrite  par  le   Sieur  Perrault  aux   Accadiens  de 

Miquelon,  le  16  septembre  1764- 

Messieurs  et  chers  frères, 

J'ay  receu  l'honneur  de  votre  réponse  à  laquelle  je  vous  prie  de  trouver 
bon  que  je  vous  fasse  faire  des  réflections  sur  tout  ce  qu'elle  contient. 


216  i  Ri  //  / 1  E8  OANA  DIENNBB 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

1°  Voua  me  dites  que  les  offres  que  le  Ministre  vous  fait  à  Cayenne 
vous  paraissent  très  avantageuses,  mais  qu'un  pays  aussi  chaud  que  celui  de 
cette  colonie  vous  coûteroit  trop  cher,  que  vous  l'avéfl  éprouvé  par  le  climat 
exœssivemenl  chaud  où  lea  Anglois  roua  a  voient  transportés. 

Vous  n'avéa  peut-être  pae  examiné  qu'avant  d'arriver  dans  ce  climat 
vous  étiéa  tous  plus  morts  que  vifs  par  1<'  mauvais  traitement  que  les  An- 
gloia  vmis  faiaoient  dana  leurs  vaisseaux  où  vous  y  étù's  si  presséa  que  c'est 
par  un  effet  de  la  Divine  Providence  si  quelqu'un  de  vous  en  ont  réchappes, 
on  peut  donc  conclure  de  là  que  c'est  plustôt  la  misère  qui  vous  a  tués  que 
la  chaleur  du  pays. 

2°  Vous  me  dites  que  quelqu'avantage  qu'on  vous  propose  ou  quelles 
menaces  qu'on  vous  fasse,  vous  préférerés  toujours  la  vie  à  tout  et  que  jam;ii> 
vous  n'accepterés  de  quitter  climat  ici. 

Je  n'entends  point  ce  que  vous  voulés  dire  par  ce  mot  de  menaces,  je 
vous  prie  de  relire  la  lettre  que  j'ay  eu  l'honneur  de  vous  écrire  et  de  repasser 
dans  vos  mémoires  ce  que  j'ay  eu  celui  de  vous  représenter,  je  ne  crois  pas 
que  vous  trouviés  ni  dans  l'une  ni  dans  les  autres  aucune  aparence  de  con- 
trainte à  prendre  le  parti  que  je  vous  propose  si  ce  n'est  par  la  raison  et 
par  l'avantage  que  vous  y  trouveriés  à  tous  égards. 

Je  vous  ai  fait  voir  et  vous  convenez  tous  du  peu  de  ressources  qu'il  y 
a  sur  les  Isles  Saint-Pierre  et  Miquelon  avec  les  fâcheux  événemens  que 
vous  y  pourries  éprouver,  vous  convenés  même  qu'il  est  comme  impossible  de 
vous  y  soutenir.  Permettés-moi  de  vous  dire  qu'il  paroît  du  caprice  de  votre 
part  de  ne  vouloir  pas  quitter  ce  climat  puisque  la  France  ne  possède  que 
ces  deux  Isles  dans  toute  la  partie  du  nord  de  l'Amérique  Septentrionale, 
pourquoi  donc  ne  voudriés-vous  pas  passer  dans  aucun  autre  endroit  du 
ressort  du  royaume  de  France  où  vous  êtes  libres  et  même  invités  d'aller  et 
où  le  Ministre  pourra  vous  faire  un  bien  durable. 

3°  Vous  me  dites  que  le  nombre  de  vos  Accadiensest  petit  après  en  avoir 
perdu  la  majeure  partie  par  la  faim,  la  prison  et  les  mauvais  traitements 
des  Anglois. 

Vous  me  .confirmés  dans  ce  que  je  vous  marque  à  mon  premier  point, 
que  c'est  la  misère  qui  vous  a  iués  et  non  la  chaleur  du  pays. 

4°  Vous  m'exposes  les  maux  que  les  Anglois  vous  ont  fait  souffrir  pour 
vous  faire  changer  les  sentiments  et  l'affection  que  vous  avés  envers  le  Roy 
de  France. 

C'est  parce  que  vous  êtes  de  bons  sujets  que  le  Roy  notre  bon  Maitre 
veut  bien  vous  recevoir  dans  le  sein  de  son  royaume,  il  veut  vous  faire 
oublier  les  peines  que  vous  avés  endurées  par  le  bon  traitement  qu'il  veut 
vous  faire  dans  un  endroit  où  vous  pourrés  passer  vos  jours  heureusement 
et  n'être  plus  exposés  à  subir  le  même  sort  que  vous  avés  cy-devant  éprouvé. 

Vous  vous  plaignes  de  ce  qu'on  vous  propose  d'aller  à  Cayenne,  vous 
êtes  persuadés,  dites-vous  qu'un  climat  aussi  opposé  à  celui  de  votre  nais- 
sance est  contraire  à  vos  santés,  vous  en  êtes  même  certains  à  ce  que  vous 
m'avés  dit  verbalement,  par  le  mauvais  tableau  qu'on  vous  en  a  fait. 

Pour  juger  du  climat  de  cette  colonie  il  faudroit  le  voir  vous-mêmes  et 
vous  le  pouvés  sans  exposer  vos  familles. 

J'ay  eu  l'honneur  de  vous  le  dire  depuis  et  je  vous  le  répète  que  le  Roy 
ne  vous  force  pas  d'y  aller,  qu'au  contraire  il  vous  laisse  libres,  mais  il  me 
semble  que  pour  votre  bien  particulier,  votre  honneur  et  soutenir  votre  qua- 
lité de  bons  sujet5*,  vous  ne  devriés  pas  vous  en  rapporter  à  la  description 
affreuse  qu'on  vous  fait,  dites-vous  de  Cayenne,  et  qu'il  conviendroit  que 
vous  y  fussiés  au  moins  quatre  des  plus  experts  d'entre  vous,  vous  reconnoi- 
trés  la  vérité  du  pour  ou  du  contre  de  ce  qu'on  vous  dit  vous  serés  à 
même  de  repasser  en  France  ou  de  revenir  icy  aussstôt  que  vous  le  désirerés, 
et  vous  pourrés  justement  faire  vos   représentations  avec  connoissance  de 


m  \  /   1/  OGIB  m       U   i/'//  \       ii/'    /""  (  »//  •  / 


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que  voua  pou  ri  i     rai  ounM  blemenl   d<    iroi 

\ '.m  i  •  ei  ii              m  pi  t.       M-     îeui  •  '     liei    fn 

uulement    la    moindi  e  idée  qu'un  raiid    Ministre    qui  n 

mi,  ni  khi     que  de   i  endi e  If  laiti  ••  lieui  eu>     •  ou 

oon1  raindre  «I  ha bil ei  un  pay  i  où  voi  oii   d«                  le 

tombeau,  oommo  je  voua  croi  ijeta  du  1  Loy  r 

\  ou-,  u  li.  -.M  i  i .     point    *  prendre  le  dernier  parti  que  \>- 

.d'autant  plus  cluii  iim'-s  <|ue  vou  i  d'ôtre  conter       J'ai   liion 

unir  de!  tv,    ri 

Copie  cFum    réponse  fait*   pat  let   Acadi&n      ■  luit 

I  »<•  M  iquelon  l<-  1 6  7 bre  1 7' 

Monsieur,  Noua  avons  reçue  l'honneur  de  votre  lettre  psi  laquelle 
voua  parlée  dea  grands  avantage*  qu'on  nouapropo  eenacci  ptanj  le  parti  de 

er  a  Cayenne,  suivant    les  intentions  du  Mini  tre  de  France,  ton!  • 
paroit    très  avantageux,  mais  m  us  vous  prion  .  Moi  de  faire  attention 

qu'un  paya  aussi  chaud  que  Cayenne    mou-,   ooûteroil   trop  cher  de  m 
que  les  p.us  chauds  nous  ont  coûté  où  lea  Angloia  ont  transporté  n< 
par   la    force  «l'un  climat  bî    es  ement    chaud    en    comparaison    de 

celui  de  l'Amérique  <lu   Nord   qui  est    tempéré  et   d'autant   plus  Bain  pour 

nous  qu'il  est   notre  paya  natal. 

Quelqu'avantage  qu'on  noua  propose  en  acceptant  ce  parti   et  quelques 

menaces  (pion  nous   fasse    pour    le    faire    nous    préférerons    toujours  1  «   I 
tout  et  jaina's  nous  n'accepterons  le  parti  de  quitter  ce  climat   ici. 

C'est  le  sentiment  commun  de  tout  notre  inonde  quoique  le  nombre  eu  soit 
petit  après  avoir  perdu  la  majeure  partie,  tant  par  la  faim,  la  prison  et  les 
mauvais  traitemens  des  Anglois  pour  nous  faire  accepter  leur  parti  el  changer 
de  sentimens  pour  notre  grand  Roy,  mais  rien  n'y  a  pu  réussir,  l'affection 
pour  notre  grand  Monarque  et  notre  patiie  l'a  emporté  sur  toutes  les  peines 
des  fers  et  toutes  sortes  de  mauvais  traitemens  que  nous  avons  sou  fie  rt  de 
l'ennemi,  ainsi  le  petit  nombre  que  nous  sommes  «'tant  rechapés  de  tant 
de  maux,  et  rentrés  dans  le  sein  de  notre  patrie,  nous  espérons  que  notre 
bon  Roy  de  France,  notre  Père,  voudra  bien  nous  traiter  comme  se9  pauvres 
enfans  et  fidèles  sujets  de  son  grand  pouvoir  en  ne  nous  contraignant  pas 
de  passer  dans  un  climat  si  opposé  à  celuy  de  notre  naissance,  qu'au  con- 
traire nous  espérons  de  sa  bonté  qu'il  nous  fournira  les  secours  possibles  pour 
conserver  des  jours  que  nous  coulerons  en  demandant  sans  cesse  que  la 
bénédiction  du  Seigneur  tombe  sur  un  si  bon  Monarque  et  son  Empire,  en 
attendant  qu'il  nous  fournisse  l'occasion  de  verser  notre  sang  pour  sa  défi» 
et  celle  de  son  Empire  comme  ont  fait  nos  pères  et  que  nous  sommes  pi 
de  faire  dans  mille  rencontres. 

Voici,  Monsieur,  nos  derniers  sentiments  à  ce  sujet  et  nous  espérons 
que  notre  bon  Roy  de  France  ne  nous  en  traitera  pas  plus  mal  attendu  qu'il 
n'y  a  rien  contre  sa  volonté,  son  intention  étant  de  ne  contraindre  personne 
à  passer  à  Cayenne,  et  vous  prions  de  nous  croire  très  respectueusement, 

Monsieur 
Vos  très  humbles  et  très  obéissants  serviteurs 
Les  Acadiens  de  M  iquelon 
Signés  : 
Maurice  Como  Toussaint  Blanchar 

Jacques  Eberre  Pierre  Richard 

Baptiste  Maurice  [Vigneau]     Jean  Baptiste  Landri 
Pierre  Gotro  Joseph  Sirs 

Charles  Le  Blanc  Jacques  Moyen  (Chiasson) 

18—46     11-16 


218 


\/;<  Il  i\  ES  <\\  IDIEXXUH 


Pierre  LeBlanc 
Jacques  Leblanc 
Joseph  Landri 
M  ichel  Chiasson 
(  'harles  Boudro 
Pierre  Arsenau 
Abraham  Vigneau 
Benoit  Quomau  (Comeau.) 
Jean  Bertrand 
Joseph  Bourgeois 
Jean  Eberre 
Paul  Bourg 
Joseph  Cormier 
Jean  Cormier 
Joseph  Vignau 
Jacques  Vignau,  frère 
Jean  Eberre 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Jean   Vignau 

François  Cormier 
Jacques  Bourgeois 
Paul  Sirs 
Jean   Sirs 
Claude  Bourgeois 
Joseph  [Vigneau]  Maurice 
Magloire  Eberre 
Joseph  Vigneau  dit  Maurice 
Pierre  Jause 
Jacques  Vigneau 
Louis  LeMale 
Jean  Boudro 
Pierre  Vigneau 
Jean  Terriot 
Pierre  Sirs 


Copie  d'une  lettre  écrite  par  le  Sieur  Perrault  aux  Acadiens  le  l'r  sertembre 

1764. 

A  tous  mes  frères  compatriotes  et  amis  les  Accadiens  à  Miquelon. 

Je  vous  prie  de  trouver  bon,  mes  chers  amis,  que  je  me  réjouisse  avec 
vous  de  votre  bonheur  d'être  sortis  de  dessous  une  nation  que  vous  n'avez 
jamais  aimé  pour  rentrer  dans  une  qui  vous  est  si  chère  et  après  laquelle 
vous  avés  tant  soupiré,  vous  avés  surmonté  tous  les  obstacles  que  les 
Anglois  ont  opposé  à  vos  justes  desseins  et  vous  êtes  enfin  parvenus  au 
but  que  vous  vous  êtiés  proposé  de  revenir  dans  le  sein  de  votre  chère  patrie  ; 
que  vos  sentimens  sont  louables  et  peu  communs  mes  chers  amis,  parmi 
tant  de  personnes  qui  doivent  avoir  le  même  intérêt  que  vous  à  suivre  une 
religion  qui  doit  faire  notre  bonheur,  combien  y  en  a-t-il  qui  vous  imiteront  ? 
Peut-être  que  le  nombre  en  sera  bien  peu  considérable. 

Vous  êtes  maintenant,  mes  chers  frères,  avec  les  François,  mais  il  ne 
suffit  pas  d'y  estre,  il  faut  tâcher  de  ne  se  plus  trouver  dans  le  cas  d'en  être 
exclus  par  la  suite,  permettes  moi  de  vous  représenter  en  qualité  de  com- 
patriote que  les  Isles  Saint  Pierre  et  Miquelon  ne  sont  pas  des  endroits  où 
vous  puissiés  raisonnablement  penser  être  heureux,  vous  avés  assés  de  bon 
sens  pour  prévoir  que  vos  familles  seront  considérables  en  peu  de  tems. 

Vous  êtes  trop  bons  pères  et  bonnes  mères  pour  n'être  pas  occupés  con- 
tinuellement du  bien-être  de  vos  enfans  et  de  leur  assurer  des  établisse- 
mens  solides  où  ils  pourront  exercer  leur  religion,  vous  êtes  ainsy  que  moy 
comme  des  Israélites  qui  cherchés  la  terre  promise,  il  faut  faire  en  sorte 
de  la  trouver,  il  n'y  a  point  dans  les  Isles  Saint  Pierre  et  Miquelon  de  ruis- 
seaux qui  coulent  le  lait  ni  le  miel,  au  contraire,  on  peut  regarder  ces  Isles 
comme  susceptibles  des  plus  tristes  événemens  et  leur  peu  d'étendue  jointe 
à  la  stérilité  du  terrain  nous  annoncent  que  plus  il  y  aura  d'habitans,  plus 
il  y  aura  de  malheureux. 

Le  Roy  notre  bon  maitre,  mes  chers  frères,  nous  offre  un  sort  bien  plus 
gracieux,  nous  destinant  une  nouvelle  colonie  où  il  nous  fait  des  avantages 
considérables  en  nous  nourrissant  nous  et  nos  familles  pendant  trois  ans 
sans  compter  d'autres  bienfaits  qu'il  veut  bien  nous  accorder  afin  de  nous 
procurer  les  moïens  d'y  former  des  établissemens  où  nous  pourrons  être 
heureux  dans  la  suite  et  y  vivre  tranquillement  à  l'abry  des  calamités  de  la 
guerre. 

Il  n'en  sera  peut  être  pas  ainsy  c\e  Saint  Pierre  et  Miquelon,  faites 
réflexion  que  ces  iles  ne  nous  sont  utiles  que  pour  la  pêche  que  par  le 
traité  de  Paix  nous  ne  pouvons  y  faire  aucune  fortification,  il  est  à  présu- 
mer que  sy  la  guerre  recommence  le  premier  soin  des  Anglois  sera  de  nous 


Oi  \  I    1/  Otlll     01        14    l/'//  \        I  i  /  '     !Wi  i    11 
DE  LA  SESSION  No   IH 

prend 1 1  ■  ■  <     Ltlea  et  il    pourront  d'autanl   mi 

inouï-  d'ob  i  icli   ,  dan     quel  ci  trouvei        o       poui  eut-étn 

obligea  de    ubir  !<•  mémo  loi  i  que  vu 

plua  ma li rail <     que  vous  ne 

mais  lu  guerre  peul  n  comment  er  d<     l  année  proi  haine,  peut 

ans,  peul  être  dam    ix,  peul  être  dan    di)    ma  que  plu     elle 

longtemp  i  à   i  ecommem  er,   plu  Eamilli      cronl 

aun      perdu    de    I ema  <i    plua  vou     vou     trouvei 

repi ...  h,     ii.   »  ou    fei  i<     vou     pa      i  vo 

tion   dea    A.nglois,   dispersés  de  ootd  el   d'autre    ipr»  •  otre 

bonheur  de  la  bonté  du  Roj  '    Quelle     repn   -  ntatioti     aun  '  de 

faire   à  la  cour  de  France      ipi       n'avoir  paa    voulu   profil 

qu'elle  veut  bien  vous  accordei     Fait*     attention,  m<  impatri 

m   ce  je    que    voua    marque,    ne    me  mme    on    homme 

qui    a    son    intérêt     particulier    à     voua    dire    oea    choses    ma      comme 

un   homme  qui   voua   parle  aveo  l'abondance  d'un  cœur  qui  v< 

tablement  attaché  el  qui  oherche  a  arracher  le  voile  au  Li 

ne  pouvéa  reconnottre  la  vérité.     Il  rie  peul  y  avoir  que  de  mauvaii    pi 

ou  plutôt  des  mensonges  qui  voua  font  prendre  le   bon   parti,  on 

vous  a   représenté   Cayenne  comme  un  pais  affreux  où  il  y  même  quantité 

de  personnes  qui  y  meurent  et  moi  je  voua  assure  par  les  connoi  que 

j'en  ai   qu'où  n'y  meut  paa  plua  qu'ailleurs,  ma  lement   quand  il   plait 

à  Dieu  comme  dana  tous  les  pays  du  monde,  moi  même  je  vout  donne 

pie,  vousm'avés  vu  aller  retirer  ma  famille  du  Canada  et  je  vais  m'établira 

Cayenne,  croies  vou8  que  ma  famille  el  ma  santé   me  soient  moins  cl 

que  les    vôtres  1  Croïez-vous  que  j'ay  pria  ce    parti   Bans  faire  de   m 

réflexions?  Non  je  ne  pense  pa    que  vous  me  c  z   dépourvu  de  bon 

sens  pour  cela  ? 

Je  vous  préviens,  mes  chers  compatriotes,  que  je  suis  chargé  de  la  part 
du  Ministre  qui  n'est  occupé  que  de  notre  bien-être,  de  vous  communiquer 
les  avantages  que  le  Roy  notre  bori  maître  veut  bien  nous  faire  à  Cayenne  et 
de  vous  engager  à  en  profiter,  il  ne  vous  y  force  pas  au  contraire  il  vous 
laisse  libres  de  vos  volontés  pareequ'il  vous  regarde  comme  de  très  bons 
sujets  et  non  comme  des  esclaves,  c'est  à  nous  de  tâcher  de  répondu 
bontés,  lui  marquer  notre  attachement  en  remplissant  ses  intentions,  nous 
y  sommes  obligés  par  le  devoir  de  bons  sujets,  et  nous  le  devons  avec  d'au- 
tant plus  vie  joie  et  moins  de  répugnance,  que  c'est  pour  notre  bien  que  8a 
Majesté  nous  offre  un  asile  où  nous  pourrons  vivre  heureusement. 

Croïés-moi,  mes  chers  frères,  venés  vous  mettre  dans  le  sein  de  la  flûte 
La  Nou  ous  y  trouvères  Monsieur  Gilbert  qui  vous  sera  un  bon  père  et 

qui  ne  vous  laissera  manquer  de  rien,  vous  emporterés  avec  vous  tout  ce 
qui  vous  sera  nécessaire  en  arrivant  dans  cette  colonie  ;  ce  brave  capitaine 
nous  a  donné  plusieurs  fois  des  marques  de  son  attachement  et  par  la  suite 
il  vous  en  donnera  de  plus  grandes  preuves. 

C'est  à  vous,  Messieurs  Joseph  et  Jacques  Maurice  comme  chefs  à  qui 
je  m'adresse  particulièrement,  je  vous  connois  pour  des  hommes  remplis 
de  zèle,  toujours  prêts  à  vous  sacrifier  pour  les  intérêts  du  Roy  et  ceux  de 
vos  compatriotes,  vous  sçavez,  Monsieur  Joseph,  que  lorsque  je  fus  à  Che- 
dabouctou  vous  y  étiés  comme  ensevelis,  Ce  vous  rappelai  à  la  vie  en  vous- 
informant  des  intentions  du  Roy,  vous  m'assurâtes  que  vous  étiés  prêt  à  les 
remplir  et  que  vous  ne  doutiés  pas  que  vos  familles  ne  fussent  dans  les 
mêmes  intentions  que  vous. 

Faisons  tous  trois  de  bonne  besogne,  mes  chers  amis,  rendons  heureux 
malgré  eux  des  personnes  qui  ne  regardent  que  le  tems  présent  et  qui  ne 
voient  pas  que  la  suite  pourroit  leur  être  funeste,  faisons  notre  possible 
pour  prévenir  cette  suite,  travaillons  en  vue  de  Dieu  pour  les  intérêts  de 
notre  Prince  et  ceux  de  nos  frères. 

18— 46J 


220  m:< m\  EB  CA  \\i>//:\  \ 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Je  \  ien  \  de  \  oua  met  I  re  bous  lee  yeux  j > ; l i •  écrit,  mes  Chera  compatriotes, 

avant  i.\    que    lf*   Roy   voua  offre  à  Cayenne  le  peu  de  rea 

(jue  vous  avés  Bur  lee  [slea  Saint  Pierre;  et  Miquelon,  et  les  fâcheux 

Qemeoa  que  voua  y  pourries  éprouver,  je  vous  prie  aussi  de  me  répondre 

par  écrit,  me  marquer  v<»s  Intentions,  vos  vues  et  Les  raisons  qui  pourroienl 

voua  obliger  à  refuser  les  avantages  que  le  Roy  v<»us  offre  dans  cette  Colonie. 

.le  suis,  mes  chers  frères,  et  serai  toute  ma  vie  le  meilleur  de  vos  amis 

et  le  ]>lus  humble  de  vos  serviteurs. 

COLON  II 

•j:}  mai-  177  I. 

La  perte  de  l'Isle  Royale,  de  L'Acadie  el  du  I  ianada  dont  les  habitants 
sont  retournés  en  France  pi  us  tôt  que  de  rester  sous  une  domination  étran- 
gère avoit  déterminé  le  Gouvernement  à  donner  une  subsistance  à  ces 
familles,  il  s'est  glissé  beaucoup  d'abus  et  ce  n'est  qu'avec  peine  qu'on  a  pu 
parvenir  à  les  faire  cesser. 

Toutes  les  familles  de  l'Accadie  ont  été  vérifiées,  il  en  a  été  fait  un  rôle 
particulier  remis  à  Monsieur  le  Contrôleur  Général  qui  à  compter  du  pre- 
mier juillet  1773,  s'est  chargé  de  pourvoir  à  leur  subsistance. 

Les  familles  de  l'Isle  Royale  et  du  Canada  sont  divisées  en  trois 
classes. 

La  première  est  composée  de  militaires  et  nobles.  La  seconde,  des 
officiers  d'administration.     La  troisième  des  habitants. 

Il  avoit  é:é  accordé  aux  pères  et  mères  des  familles  militaires,  nobles 
ou  vivant  noblement,  des  pensions,  et  un  traitement  aux  enfants  jusqu'à 
l'âge  de  dix  huit  et  vingt  ans,  aux  habitants  une  subsistance  de  six  sols  par 
jour,  et  de  trois  sols  jusqu'à  l'âge  de  dix  huit  ans,  le  fonds  fixé  pour  cet 
objet  étoit  primitivement  de  54,200  /. 

Mais  la  mort  de  plusieurs  et  le  passage  de  quelques  autres  à  18  et  20 
ans  ont  réduit  ce  fonds. 

Savoir  : 

105  officiers  d'épée 22,900  l 

23  officiers  d'administration 4,900 

147  habitants 17,718 

45,518 

Le  bénéfice  est  de 8,682 

Indépendamment  de  ces  traitements,  il  y  avoit  encore  444  individus 
de  tous  métiers  auxquels  le  Roy  payoit  la  subsistance  et  sur  laquelle  Mon- 
seigneur avoit  ordonné  une  réforme  par  sa  dépêche  du  treize  février  1^3  à 
compter  du  premier  avril  de  la  même  année,  ces  subsistances  formoient  un 
objet  de  47,952  l 

Parmi  les  personnes  dont  la  subsistance  avoit  été  suprimée,  il  s'en 
trouve  qui  sont  absolument  hors  d'état  de  subsister  et  d'autres  auxquelles 
on  ne  peut  refuser  de  continuer  le  traitement  jusqu'à  dix-huit  ans  ;  il  en  a 
été  fait  un  examen  rigoureux,  Monseigneur  verra  par  l'état  cy -après  que  le 
nombre  en  est  réduit  à  cinquante  trois  personnes  qui  ne  coûteront  que 
4,322  L 

Il  y  a  donc  un  bénéfice  de  43,630  l. 

Il  résulte  que  les  familles  de  l'Isle  Royale  suivant  le  premier  arrange- 
ment, coûtoient  : 

Pour  les  pensions 54,200  /. 

"       subsistances 47,952  l. 

102,152  /. 

Elles  ne  coûtent  présentement  que  : 

Pour  les  pensions 45,51 8  L 

11      subsistances 4,320  /. 

49,838  l. 

Le  bénéfice  actuel  est  de 53,314  L 


i.i  \  i    1/  in.ii    ni        h    i/'//  \.      il/'     /"/<  /  :/ 


DOC.  DE  LA  SESSION  No   I» 


17HI 


M.  m  eigneur  pu  i    .  *  *  i .  |  -  «    lia  du  10  1 
mière  i  éfoi  me  .<  c(  >mpl  ei  du  i  tvi      :  i  i  ;    n 

court ,  et  plu  ieurt  ayant  pri    di  i  bei  l<     I  ■  >u 

ne  faii  e  <• roencer  dan     to  port    lu  pi  omi< 

du  premier  juillet   I  i  i 

Léo   personne    'i111     i    trouvent   rayéi    du  i  Ole  pai  '•   pi 
n  m -ni  Beroient  trop  malheureu  e     i  on  fui  oil  <  •■    ei    ui  lo  cham]   l<  i 

menti  on  propose  de  le  let n  ervei  i  paiement    ju  II"-' 

1771,  a  cette  époque   il  n'y  aura  plus  que  le    pei  oni mpri 

pré  ent  <  >ta( . 

La  plus  grande  partie  de  oei  familli      i  tant   dan  inisj   d 

conviendra  de  faire  à  l'avenir  le  fond    de    -  à    Rochefi 

autres  ports  à  s'entendre  avec  ce  dernier  pour  l'acquittement 
du  dans  chacun.      Cette    réunion   fera   connoitre  plu     facilement 
total,  ifec  .  at„  a<-.  ( a  I 


DE3    VCADIENS  DE  Si    BdALO  VE1   LENT  ALLEK    \   BOSTO 

\  wït.s    \   LA   LOI   imw  i 

La  perte  de  l'Isle  Royalle,  de  l'Accadieet  «lu  Canada  dont  les  ha 
sont   revenus  en   France  pour  ne  pas  rester  bous  la  domination  étranj 
avoit  déterminé  le  Gouvernement  à  donner  une  subsistance  Fami 

Toutes  ces  familles -étant  une  charge  pour  l'Etat,  acune  utilité,  on  a 

d'abord  formé  le  projet  d'établir  celles  de  l'Acadie  sur  les  terres  'i'-  M< 
le  .Marquis  de  Pérusse  et  on  a  dressé  en  conséquence  un    rolle  exact  dea 
familles  vraiment  acadiennes,  il  a  été  remisa  Monsieur  le  control  leur  général 
qui  s'est   chargé  de   pourvoir   aux  frais   de   leur  établissement,  quant 
familles  de  L'Isle  Royale  et  du  Canada  elles  sont  restées  à  la  charge  du  !  » 
tentent  dos  Colonies,  de  sorte  qu'à  compter  du  l"  juillet  1774.  le  fonds  pour 
les  pensions  de  ces  familles  a  été  fixé  à  50,000  l. 

Au  mois  de  février  dernier  (6)  les  Aeeadiens  établis  dans  l'évêché  de 
Saint  Malo  ont  représenté  par  doux  Députés  que  pour  décharger  l'Etat  de 
la  solde  que  le  Roy  a  bien  voulu  leur  accorder,  ils  désireroient  d'aller  s'éta- 
blir à  Boston  et  de  s'y  livrer  aux  travaux  que  chacun  d'eux  pourroit  em- 
brasser. Cette  demande  mise  sous  les  yeux  de  Monseigneur  a  sale- 
ment adressée  à  Monsieur  le  controlleur  général  qui  a  renvoyé  les  Députés 
chez  eux  en  leur  annonçant  qu'il  verroit  ce  qu'il  y  auroit  à  faire  lorsqu'on 
auroit  essayé  des  établissemens  en  Corse. 

C'est  dans  cet  état  que  Monsieur  Sourdeval  annonce  qu'il  vient  d'être 
informé  que  le  subdélégué  de  l'Intendance  de  Bretagne  que  les  Aeeadiens 
résidants  à  Nantes  et  auxquels  il  étoit  chargé  de  payer  la  subsistance  dé- 
voient s'embarquer  pour  la  Nouvelle  Orléans  sur  un  bâtiment  espagnol. 

Ce  commissaire  demande  quelle  conduite  il  doit  tenir  en  cette  occa- 
sion surtout  d'après  les  ordres  qu'il  a  reçus  précédemment  de  veiller  à  ce 
qu'il  ne  fût  pas  fait  d'émigration  dans  les  pays  étrangers,  il  ajoute  que  dans 
le  nombre  de  ces  Aeeadiens,  il  y  en  a  une  partie  de  classés  tant  matelots 
que  charpentiers. 

Les  Aeeadiens  de  l'émigration  desquels  il  s'agit,  tiennent  au  Départe- 
ment de  la  finance  qui  leur  a  fait  payer  jusqu'à  ce  jour  des  pensions,  il 
paroit  que  Monsieur  le  controlleur  général  veut  s'en  décharger  en  leur  pro- 
curant un  établissement  à  la  Louisianne,  la  Cour  d'Espagne  fait  sans  doute 
les  frais  du  transport,  il  semble  que  Monseigneur  auroit  du  être  prévenu  de 
l'arrangement  qui  a  été  fait  à  ce  sujet. 

(a)  Pour  la  suite  et  fin   de  ce  document,    voir  le  bas   du  folio  283  jusqu'au  folio  285  du 
volume  8-1  de  la  série  cottée  Acadie,  aux  archives  du  Canada. 

(b)  Ifl  février  1784. 


222  \i;<  il  l\  E&   CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
\l    SUJET  DE  L'ÉMIGRATION  DE  BO  FAMILLES  \«'.\l)IKNNKs  EN  CORSE. 

Copit  de  In  Ifttn  dn  Si  ur  du  I)  zert  à  S. A. S.  M.  le  Coude  de  la  Marche. 

I  ;i    lettre  que   mon   frère  a  eu    L'honneur   de    recevoir   de    Monsieur 

Desjobert  dattée  du  3  du  présent,  m'a  déterminé  à  repasser  à  Saint  Malo 

pour  en  faire  part  à  Monsieur  (îuillot  qui   m'a  communiqué  les  ordres  qu'il 

a  reçus  de  Monsieur  de  Boynes  concernant  Les  quatre  vingts  familles  accadien- 

ï,  il  a  reçu  100,000/.  en  papier  payables  dans  Le  mois  de  juin  prochain. 

Par  la  Lettre  de  Monsieur  le  Ministre  il  compte  qu'en  accordant  trois 
sols  par  lieue  que  ce  n'est  que  pour  la  nourriture  des  éoiigrants  et  il  n'y  a 
rien  d'accordé  pour  le  transport  de  la  colonie  et  des  bagages,  Monsieur 
Guillot  et  moy  supposons  qu'il  y  aura  de  nouveaux  ordres  pour  ce<  arti  I'-. 
il  paroît  aussi  qu'il  nous  faut  aller  par  terre  mais  je  prends  la  liberté  de 
représenter  à  Son  Altesse  Sérénissime  que  notre  émigration  par  terre  cou- 
teroii  beaucoup  plus  à  l'Etat,  que  cette  voye  seroit  très  pénible  et  languissante 
pour  tout  le  monde  et  particulièrement  pour  les  femmes  et  les  enfans,  et  d'icy 
a  trois  mois  nous  ne  serions  arrivés  en  Corse,  que  sy  nous  allions  par  Toulon, 
nous  serions  obligés  d'y  faire  un  séjour  de  quinze  jours  ou  trois  semaines  pour 
nous  refaire  des  fatigues  des  colons,  ce  qui  feroit  une  augmentation  de  frais 
pour  le  gouvernement,  de  plus  il  faudroit  encore  louer  des  bâtiments  pour 
nous  porter  à  notre  destination,  et  quoique  le  trajet  de  Toulon  en  Corse 
soit  court,  il  couteroit  quasy  autant  qu'en  partant  d'icy  et  aller  en  droiture 
en  Corse. 

Si  Monseigneur  a  la  bonté  de  mettre  en  considération  ce  que  j'ay  l'hon- 
neur de  luy  représenter  et  de  nous  faire  parvenir  trois  sols  de  plus  par  lieue, 
tant  pour  nourriture  que  pour  transport  des  colons  et  de  leurs  bagages, 
nous  profiter  ns  de  deux  bons  bâtimens  destinés  pour  cet  objet  et  qui  sont 
tout  prêts  de  sortir,  alors  le  Gouvernement  sera  déchargé  de  tout  soin  jus- 
qu'à notre  arrivée  en  Corse,  et  le  monde  à  son  arrivée  seroit  en  état  de  tra- 
vailler à  chacun  son  morceau  de  terre. 

Si  Monsieur  le  Ministre  entend  payer  par  lieue  pour  aller  en  droiture 
en  Corse,  il  y  a  650  lieues  d'icy,  ainsy  en  accordant  trois  sols  par  lieue, 
chaque  personne  auroit  eu  quatre  vingt  dix  livres  pour  son  passage  et  c'est 
ce  qu'on  nous  demande,  peut-être  les  armateurs  demanderoient-ils  un  peu 
moins,  mais  je  n'en  réponds  pas. 

Le  nombre  de  personnes  dont  chaque  famille  sera  composée  que  nous 
supputons  monter  à  plus  de  quatre  cents  de  tout  âge  et  de  tout  sexe,  Mon- 
sieur de  Boynes  ne  les  fait  monter  qu'à  trois  cent  vingt  en  tout  et  ne  donne 
des  fonds  que  pour  ce  nombre,  ainsy,  l'affaire  n'est  qu'à  moytié  chemin. 

M.  d.  L.R.    ,  MÉMOIRE. 

Son  Altesse  Sérénissime  espère  que  sur  la  lettre  dont  la  copie  est  cy- 
j ointe,  le  Ministre  accordera  de  nouveaux  ordres  pour  faire  avancer  le 
transport  de  ces  quatre  vingts  familles  Accadiennes  en  Corse. 

La  conduitte  par  terre  seroit  à  tous  égards  la  plus  onéreuse,  et  les  frais 
de  celle  par  mer  seront  allégés  par  un  ordre  du  Ministre  pour  que  ces 
familles  soient  embarquées  dans  deux  ou  trois  des  vaisseaux  de  moyenne 
grandeur  qui  ne  font  rien  à  Saint  Malo  et  qui  suffiront  pour  transporter  ces 
familles  en  Corse. 

A  l'égard  du  nombre  des  personnes,  le  Ministre  n'ayant  fait  compter  les 
fonds  que  pour  la  nourriture  de  trois  cent  vingt  personnes  à  raison  pour 
chacune  de  trois  sols  par  lieue  et  ces  80  familles  étant  composées  de  plus  de 
400  de  tous  âges  et  sexes,  c'est  le  cas  de  la  nécessité  d'augmentation  aux 
100,000  l.  proportionnément  au  plus  grand  nombre. 


01  \  i   i  /  "i.ii    m       WADIRS       i  '  /  '    /""  '  su  \  i 

ix  m      DE  LA'  Sf  •  No  in 

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iliriii,,  < 

M   Prévoi  .1,.  mpplie  ■  le   m.    |m  t  ciuolc]  >ù  le 

Mini  bre  pareil  p  bre  de  ii  cei  le  i  bienfait    du  H 

le  même  ijue  le  l  ;  depui    qu  elli 

ont  rél  '     projel  m'enl  raim  '•  qui  les 

irde  .  je  vais  m  ttre    ou    le    j  eu  i   tout  ce  qu 

pour  --il \   le*  if  >\ en    que   le  MiniHtèn 

peu\  enl   l'e  pérei  a  ■■  oenf 

Le  Ministère  s'oRt  toujôur    prop  I  bachei 

il  l'a  regai dé  comme  le  m  ni  ni<>\ en  qui  pût  leu 
certaine  pour  annéantir   le  besoin  de  Etal    leur  doit  el  I  •  -  »  j  * 

orde,  et  décharger  le  Gouvernement   des  inqui<  [ii'il   ne  p 

pécher  d'avoir  sur  un  peuple  qui  tnérit 

On  n'a  ^oinl  varié  but  ce  projet,  ce  but  à  atteind  le  seul  mo 

nui  ait  occupé,   il  es!    li  première  promesse  (ju'on  a  faîteaux  A.<  ,   ils 

vont  mis   boute  leur  espérance,   le  refus  qui   leui  fait    pi  foi 

de   les   laisser   passer  a  une  domination   étrangère    (demande  à  laquelle  la 
misère  extrême  el    l>    crainte  d'être   trouvés  trop  à   charge 
toujours  été  appuyé  du  motif  qu'on   voulait    les  rendre  propriétaires  et  les 
dédommager  «le  l'abandon  des  bien*  qu'ils  possédoienf  en  A.cadie. 

Je  \ai>  discuter  autant  que  j*'  le  pourrai,  ce  qui  peut  assurer  la  i 
du  moyen  qu'on  se  propose  au  moment   pour  leur  établissement. 

Les    Accadiens  ont  été  si   constamment   entretenue    dai  mee 

d'être  attachés  à  la  glèbe  qu'ils  ont  eu  presque  c  ntinuellemi 
d'association  pour  le  moment  où  le  Gouvernement  mettroit  s.'-  promesses  à 
exécution,   j'ai    été  mny-même    chargé  de  les  assurer  de  cea  vues,  je    1  ai 
t'ait  et  je  ne  dois  p  >int  Le  laisser  ignorer,  on  ne  peut  leur  faire  perdre  i 
espérance  sans  les  jetter  dans  le  désespoir. 

Il  n'est  pas  impossible  de  remplir  leurs  vœux  par  les  m 
propose,  mais  tel  qu'il  se  présente  il  est  trop  dépendant  de  tiers  'opéra- 
teurs qu'il  faudrait  acquérir  et  mettre  en  action  au  moment,  et  encore  y 
mit-on  la  plus  grande  activité  ce  moyen  s'évanouira  sans  fruit  si  on  ne 
luy  donne  pas  plus  de  force,  ce  peuple  consommera  journellement  pour  les 
premiers  besoins  indispensables  le  secours  que  le  Roy  veut  bien  luy  accor- 
der et  restera  dans  la  misère  d'où  on  veut  le  retirer.  Seroit-il  possible  que 
l'Etat  L'abandonne  ? 

(à).'..  (Ci-suit  de  longues  explications  sur  l'état  des  Acadiens,  leurs 
occupations  actuelles,  les  secours  accordés.  Comme  le  gouvernement  a 
décidé  de  les  secourir  pendant  G  années,  le  mieux  serait  de  capitaliser  la 
somme  qui  serait  dépensée  en  3  ans  et  qui  ferait  1,942  l.  par  famille  et  de 
l'employer  à  leur  établissement  en  leur  assignant  des  terres.  L'établisse- 
ment de  78  familles  à  Belleisle,  début  des  essais  qui  n'ont  pas  eu  de  suite, 
il  en  a  coûté,  en  total  56,000  L  On  a  bâti  à  chaque  famille  un  logement 
composé  dune  grande  chambre,  une  autre  moins  grande,  un  fourni,  une 
grange  et  é table,  une  aire.  Chaque  logement  est  revenu,  couvert,  garni  de 
ses  portes  et  fenêtres,  serrures,  en  un  mot  la  clef  à  la  main,  a  421  /.  Les 
Acadiens  y  ont  travaillé  comme  charpentier  et  manœuvres  et  on  a  donné  à 
chaque  famille. 

1   paire  de  bœufs   I 

1   vache  ensemble  180      17 

1   cheval  ! 

(a)  Ce  qui  suit  jusqu'à  la  un  de  la  parenthèse  signée  :  E.  R.,  est  une  analyse  faite  par 
feu  Edouard  Richard.  La  partie  analysée  comprend  vingt  folios  qui  sont  ici  omis.  On 
les  trouve  du  folio  3*26  au  folio  346  du  vol.   8-1  de  la   séri  Acadib,   aux  archives  du 

<  '  inada. 


224 


MU  lll\  ES  CA  \  M'II  VNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 


l   attelage  pour  les  chevaus 

I   joi  >urroiea 

l   charrette 

I   charrue 

l   essieu  de  rechang 

Fers,  charbons  el  main  d'à  ui  i  e 

I    bêche 

i   tranche 

1   fourche 

I   croc 

1    pelle  ensemble 

1    faulx 

•H  faucilles 

1    brouette 

1  civière 

2  scoillaux 
Mêmes  frais  étrangers  aux  bâtiments  et 


(  ■  1 1  9<  •  i  ■  i  » . 


25 


10 


ustensiles 


681     10 


Plus  36  L  9.  8.  à  chaque  famille  pour  l'achat 
de   botes  à  laine 


36 


717    19 

Il  faut  dire  que  l'abbé  Le  Loutre  n'a  jamais  voulu  rien  recevoir  des 
états,  même  le  remboursement  de  ses  frais  personnels. 

Dans  le  projet  de  M.  De  Lille  pour  l'établissement  des  Acadiens  en 
Corse  il  devait  être  donné  ou  plutôt  prêté  pour  5  ans  à  chaque  famille 
l'équivalent  de  1,500  L  Chaque  famille  devait  avoir  13^  arpents  et  payer 
une  redevance  de  50  sols  par  arpent. 

Avait  soumis  son  projet  dès  1766.     Suggère  que  les  Intendants 

de  Province  et  les  Officiers  des  Eaux  et  Forêts  soient  priés  de  faire  rapport 
des  terres  susceptibles  de  culture  dans  leurs  gouvernements.   E.  R.) 

Qu'il  me  soit  permis  d'indiquer  des  terreins  que  je  connois  et  que  je 
crois  susceptibles  d'être  concédés. 

Il  est  dans  le  courteau  de  Blaye  un  terrein  au  Roy  appelé  le  Bois  au 
Ro}7,  il  est  de  mille  journaux  qui  sont  environ  sept  cents  arpents  mesure  des 
eaux  et  forêts  ;  dans  les  mille  journaux  sont  trois  cents  journaux  de 
bois  taillis  fort  dégradés  où  il  existe  quelques  balivaux  de  mauvaise  venue 
et  propres  seulement  à  faire  du  bois  de  chauffage  très  peu  de  mérein,  mais 
qui  cependant  pourroit  être  utile  pour  la  charpente  de  bâtiments  tels  que 
ceux  qui  peuvent  convenir  aux  Accadiens,  le  Roy  en  donnera  un  nombre 
fixe  ou  gratis  ou  à  une  taxe  fort  basse,  la  vente  actuelle  de  la  couppe  pleine 
de  balivaux  et  du  tailly  pourroit  se  faire  en  1776,  à  son  terme  payeroit 
l'établissement  de  huit  à  dix  familles. 

Les  sept  cents  autres  journaux  sont  en  landes  bruyères,  terreins  noyés, 
un  mot  ne  peuvent  être  qualifiés  que  terreins  vagues  et  veins  la  terre  y  en  est 
propre  à  certaines  productions  comme  seigle,  sarrasin,  bled  et  pommes  de 
terre,  à  faire  des  prairies  artificielles,  plusieurs  endroits  sont  propres  à  la 
vigne,  le  plus  mauvais  sol  peut  produire  des  pins. 

Ce  terrein  joint  les  communes  de  Blaye  auxquelles  sont  intéressées 
vingt  cinq  paroisses,  le  bétail  y  paît  indifféremment  comme  dans  la  com- 
mune de  Blaye. 

Un  petit  ruisseau  d'eau  bonne  à  boire  borde  en  partie  le  bois  un  autre 
le  traverse. 

Ce  terrein  est  de  la  paroisse  de  Reynacq  à  ce  que  je  crois,  il  y  a  vers 
le  nord  les  villages  de  Mouret,  de  Chaves  et  de  Verdon,  et  au  sud  le  bourg 


DOC.  DE    I  A  81  SSION   No   18 

do  Siiulgon,  il  •    '  i"1     iu  enolavt*  dani  lea  domaine    de  M  <  .  I 

epi  cent    joui  nau \  oui  f< >nt  oii 

,  m  |  arpent     par  famill    d<     Ix  pei  arvii   u  bablii  vin^l  famill< 

terrain  me  p&rotl  on  ne  peu(  plui  convenable,  toul    len  rappori    qu'on  n 

trouvé    oonforni  •      ur  la  qualité    productive  du    "I  et 
oroi     la  n    le  oaa  de  pouvoir  6 

in  .In   ce  terrein    touchant    la   commune  de   B  xnmune 

i   i  de  la  contenance  de   aepl    mille   journaux  ou  oin  |    mil  elle 

apparl  lent  &  \  ingl  cinq  paroi  li  en  ont  I 

pour  aeulement  y  pacager  leurs    l"    tiau      et    •    prend  elle 

ne  aert  plua  que  pour  pacage,  le    bois  ont  ■  imenfc,  il  ii 

i  date  plus. 

Des  vingt  cinq    paroi    i  n  j    en  a  que    \%  qui   peuvent   en  tirer  de 

l'ut  ilit (;,  les  iiui  i .  ont  t  rop  éloignés. 

[Monsieur  Boutin,  [n tendant   de    Bordeaux   aur  c<  ion  en 

1764,  représenta  l'utilité  qu'on  pourroit  retirer  >ient 

mises  en  culture  ;  sur  ses  représentationa  il  fut  rendu  le  3  mara  an  arrêt  au 
Conseil  quiordonnoit  qu'un  arpentage  dea  sept  milles  journaux 
cet   irpentage  partagé  entre  lea  vigt  cinq  Paroisses  en  proportion  du  nombre 
effectif  des  h  ibitants  de  chacune,  et  ensuite  une  subdivision  de  la  portion  échue 
à  chaque  paroisse  à  raison  de  chaque  habitant,  et  qu<  les  portions  revenai 
dix  neuf  Paroisses  seraient  vendues  au  plua  offrant  et  dernier  <  nchérisseur 
Bon  de  deux  arpents  jusqu'à  dix,  maie  seulement  au  proffit  des  gentilshommes 
bien  tenants  et  autres  domiciliés  dans  le  comté  pour  le  produit  ètreempkr 
l'utilité  de  chacune   des  dix  neuf  Paroisses  sous  la  direction  dea  ju  rats  de 
Blaye,    la  dite   vente  à  la  charge  d'un  cens  annuel  emportant  lods  et  ven 
le  Roy  accordant  l'exemption,   etc    L'arpentage  a  été  fait  par  le  Sieur  La 
Cour,   ingénieur   géographe,  j'ai   le  détail  des  répartitions   le*    choses  sont 
restées  en  cet   état,  la  portion  trouvée   revenante   aux   dix    neuf  Paroi 
est  de  59,000  [sic]  journaux  ou  4130  arpents. 

Il  me  semble  que  de  l'opération  de  Monsieur  Boutin  et  de  l'arrêt  du  Con- 
seil on  peut  induire  la  possibilité  d'établir  un  nombre  de  familles  sur  les 
portions  des  dix  neuf  Paroisses. 

Il  est  jugé  sur  avis  de  l'Intendant  de  la  Province  que  le  terrain  est 
susceptible  de  culture  et  qu'il  est  intéressant  de  le  mettre  en  valeur,  l'arrêt 
du  Conseil  ordonne  que  le  terrein  sera  vendu  il  est  vrai  qu'il  restreint  la 
vente  en  faveur  des  biens  tenants,  des  domiciliés,  en  un  mot  des  intére 
aux  terreins,  mais  si  la  propriété  qu'ils  ont  sur  le  terrain  leur  a  donné  le 
droit  d'acheter,  ne  leur  donne-t-elle  pas  celui  de  céder  ce  droit  à  qui  le  Gou- 
vernement permettra  de  l'acquérir. 

Il  est  jugé  que  ces  terrains  sont  inutiles  aux  dix-neuf  Paroisses  au  titre 
qu'elles  le  possèdent  c'est  à  dire  en  pacage,  qu'il  convient  de  les  mettre  en  va- 
leur, et  que  ne  pouvant  le  faire,  il  est  pemnis  de  le  vendre  à  leur  profit,  on  peut 
je  le  crois  conclure  qu'ils  doivent  remplir  les  viies  du  Gouvernement  et  que 
s'ils  ne  le  veulent    ou  ne  le  peuvent  il  convient  qu'ils   cèdent  leurs  droite. 

Les  épargnes  de  la  troisième  année  suffiront  et  au-delà  pour  l'acquisi- 
tion du  terrain,  si  le  Roy  veut  l'acquérir  ou  permettre  aux  Accadiens  de 
l'acquérir,  le  journal  est  estimé  sur  les  lieux  50  sols  le  portant  à  3  livres 
l'un  dan«  l'autre  le  prix  de  la  totalité  des  5,900  [sic]  journaux  seroit  de 
dix  sept  à  dix  huit  mille  livres. 

Je  crois  cependant  qu'il  ne  faut  pas  prendre  tout  afin  de  ne  pas 
dépouiller  le  propriétaire  en  entie?',  il  faut  luy  laisser  au  delà  de  ce  qu'il  peut 
exploiter,  la  moitié  sutfira  à  l'aise  pour  quatre-vingt  quinze  à  cent  familles, 
elle  ne  coûtera  qu'une  somme  de  huit  mille  livres  fut-ce  seize  mille,  l'excé- 
dant de  fonds  qui  se  trouvera  sur  la  troisième  année,  tous  les  établissemens 
formés  ne  sera  pas  beaucoup  diminué. 


226  l  R(  Il  l\  ES   r  \\  \i,i  l.\  \  ES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Suivant  L'arresl  du  Conseil  du  .')  Mars,  cette  somme  doit  être  donnée  aux 
dix  neuf  Paroisses  au  pro  rata  des  portions  qu'on  prendra  sur  elles,  l'objet  leur 

peu  irn  v,  mais  il  leur  restera  encore  de  quoy  profiter  de  l'avantage 

<[uc  l'arresl  leur  n  et  au  delà  de  leur  pouvoir,  oonséquamment  de  quoy 

taire  taire   leurs  représentations,  l'opposition  que  les  parroisses  pourraient 
app  eroil  si  déraisonnable  renfermant  dans  la  plus  exacte  jus- 

tice on  pourrait  n'y  avoir  aucun   égard,  qu'ils  défrichent  ou  qu'ils  laissent 
défricher. 

De  plus  ne  peut-on  pas  donner  aux  Accadiens  qualité  de  domiciliés  de 
Blaye,  de  Saint  Surin,  et  de  Passai,  .'.<•.  Ne  peut-on  pas  en  distribuer 
dans  chacune  des  dix  neuf   Paroi  Le    Roy   ne  peut-il  pa-  les  yfixer? 

Blaye   inontreroit  je  crois   l'exemple  de  les  accepter. 

•Je  ne  donnerai  de  détails  que  de  ces  deux  portions  de  terrein,  mais  il  en 
est  tant  de  cette  nature  et  dans  tant  de  lieux  que  la  concession  de  terrein 
ne  me  paroît  pas  une  difficulté  pour  les  établissent* 

J'observe  que  la  distribution  des  terreins  aux  familles  exigent  des  com- 
binaisons (jui  ne  peuvent  être  faites  que  d'après  les  leurs  particuliers,  elle 
exigera  aussi  des  soins  et  peut  être  une  main  ferme  pour  les  protéger  dans 
leurs  défrichements. 

Les  moyens  que  je  viens  de  proposer  sont  entre  les  mains  du  Koy,  l'ex- 
écution en  est  facile,  rien  n'arrestera  si  les  fonds  des  six  années  sont  accordés 
et  faits  en  trois. 

Si  Monsieur  le  Contrôleur  Général  se  prête  à  cet  arrange  ment  les  parti- 
culiers propriétaires  de  bons  terrains  en  friche,  verront  trop  d'avantages  à 
se  charger  de  familles  pour  n'en  pas  demander,  ils  n'auront  que  des  avances 
légères  à  faire,  leur  remboursement  sera  assuré,  ils  n'auront  que  l'œil  à  don- 
ner aux  défrichements,  ils  augmenteront  leurs  revenus  et  le  nombre  de  leurs 
vassaux  pour  aiusy  dire  sans  bourse  déliée,  s'ils  n'abbandonnent  pas  la  pro- 
priété de  tout  ce  qui  sera  deffriché,  ils  peuvent  en  abandonner  la  plus  forte 
partie. 

Tout  ce  qui  sera  traitté  parles  Accadiens  avec  les  particuliers  doit  l'être 
avec  bien  des  précautions  les  usages  des  Provinces  doivent  guider  à  beaucoup 
d'égards,  et  quoyque  la  cupidité  doive  être  satisfaite  de  tirer  quelque  fruit 
de  rien,  elle  est  si  prédominante  sur  les  actions  des  hommes  ordinaires,et  s'in- 
sinue si  aisément  dans  l'esprit  de  ceux  qui  l'on  peu  senti  faute  d'occasions, 
qu'il  est  peu  de  ceux  avec  qui  l'on  fera  contracter  les  Accadiens  qui  puissent 
exempter  de  l'attention  les  plus  grands. 

D'ailleurs  si  les  précautions  peuvent  être  regardées  comme  inutiles  vis- 
à-vis  des  contractants  actuels  elles  peuvent  devenir  essentielles  pour  leurs 
successeurs  ou  leurs  représentans. 

Il  faudra  pour  chaque  Province  un  traitté  particulier,  mais  dont  la  baze 
sera  toujours  de  transmettre  la  propriété  aux  familles,  de  les  laisser  jouir  des 
deffrichées  pendant  un  certain  nombre  d'années  en  toute  franchise,  que  les 
terres  seront  exemptes  de  lods  et  ventes  à  la  première  mutation,  même  à  la 
seconde,  entre  Accadiens  seulement  et  ne  seront  point  sujettes  au  retrait 
féodal  pour  un  terme  aussy  étendu  qu'il  sera  possible,  il  faudra  y  spécifier  for- 
mellement toutes  les  conditions  particulières,  en  un  mot  entrer  dans  le  plus 
grand  détail  des  engagements  et  de  leur  réciprocité. 

J'observe  qu'il  est  essentiel  de  faire  goûter  aux  Accadiens,  le  projet  qui 
seia  arresté  par  le  Ministère  adopté  par  eux,  ils  se  porteront  avec  zèle  à  son 
exécution,  au  contraire,  s'ils  y  répugnent,  que  de  peines  pour  eux  d'exé- 
cuter, et  pour  ceux  chargés  de  le  leur  faire  exécuter,  pour  y  parvenir  il  faut 
discuter  avec  eux  les  hommes  voient  mieux  et  plus  dans  leur  propre  affaire 
que  les  tiers  les  plus  zélés  pour  leurs  intérêts. 

Je  crois  qu'avant  d'arrester  un  projet  il  seroit  bon  de  sonder  les  chefs 
qui  ont  le  plus  de  crédit,  le  plus  grand  nombre  entraîné  le  re^te  suivra,  pour 
cela  il  faudra  les  voir,  raisonner  avec  eux,  leur  faire  sentir  la  bonne  volonté 


<,i  \  i  1/  oail    m       i<   \i>ii  \      i  :  /  '    novt  i//  \  / 


!..  C.  Dl    I  A  61  SSION  N«,   18 


du  (  \o\x\  et  nement  tc.u!  e  lu  recoin 
qu'il  i   doit  enl    fait  e  poui  pondi  e 

m  i.iu  po  iti< '",    ur  1<      n  >|n<    <|u  ili  ont  A  courii     il    n<  profita 
boni  es  des  Miuisti  ni    leur  faire  bien  '  i  e  le  ' 

que  leur  d<  i  ouoiw  ni  e1  l<  m  ucl  ivit<   lou  r  prom 

■  Imii, .ni    de      n  jel  i  de  mé  uni  enl >nt       I  •  nontéen 

elle  ■    on!    remplies   «l  i  lée  -    chimi  i  iqui  torl  une,   il   faul    l- 

d  m    le    i  ii   l«-  leur  po  M  ion,  le  l<  ur  dîi  e  • 

I  ,i  i  echerobe  de    terrein    est  instante,  il  n  de  inomenl    a  pei 

pour  les  oonnoitre,  il  e  I  oh   ne  peut,  plu     in  \>-  pouvoir  o| 

r  i  ni  drs  le  pei  n  printemp  i,  le  retara  i  on  omi 

choix  i  en  ïaiie  eel  Lut t,  non  i euleroent 

vidus  surtout  de    marins  qu'il  faut  placer  le  plu    prè    qu'il    era  p  d< 

o?tes  ni. n-    au  tison  des  Provinces  e1  de  l'<   prit  d<  □    que  l'on 

sera  forcer  de  donner  aux  A.ccadi)ns     [1  n'est  pas  douteux  que  dau    plu 
endroits,  ils  seront  rêgai  dés  eu  mauvai  <  œil,  quoyque  les  deffrii  bernent    q 
devront  faire,    ne  puissent  qu'être  avantageux  a  ceux   qu'il  ineront. 

Messieurs  les  Intendants  des   Provinces,  M<  officiersdi 

forêts   ne  peuvenl  mettre  trop  d'activité  à  remplir  les  ordres  qui  leut 
donnés,  si  l'on  tarde,  on  entamera  la  finance  au  détrinn  ni  de  la  cho 

J'ay  observé  dans  un  autre   mémoire  combien   il   e 
saisir  le  premier  moyen   qui  se  présentera    pour  le  mettre  en    i 
conviendra-1  il  que   celui  que  le    Ministère   voudra  envoyer  dans  les    ti 
de  résidence  des  Accadiens  pour  les  instruire  de    ses  vues,   déveloper   leur 
façon  de  penser  et  sonder  aussy  celle  des  particuliers,  Boil  authorisé  à  mettre 
à  exécution  du  consentent  m  réciproque  des  parties,  ceux  qui 
ront,   des   instructions  sur  ce    point  doivent  fixer  ses  démarches.      I 
essentiel  de  saisir  au   moment  la  volonté  des  particuliers  qui  voudraient 
charger  de  familles,  ou  les  placer  sur  leurs  domaines   un  début  quelconque 
fera  mieux  connoître  les  vues  du  Ministère  (pie  tous  les  mémoires  possibles, 
l'exemple  est  la  plus  sûre  des  excitations. 

Tl  n'y  a  qu'un  point  à  décider  qui  est  l'aoc )rd  en  trois  année  >nds 

destinés  à   établir   les  familles,   ce   point  accordé,  la  réi.i  '    certa 

je  ne  vois  aucunes  difficultés  qui  ne  soient  aisées  à  lever,  pour  mieux  dire 
je  n'en  vois  aucunes.  Je  ne  vois  au  contraire  qu'impossibilité,  si  le  Ministère 
ne  prend  pas  ce  party. 

PLACET 

i  Jfons iigntur  le   Maréchal  de  Castries  Ministre  et  Secrétaire  à* Etal 

de  la  Marine. 

21  février  1784. 

Monseigneur, — Les  Accadiens  établis  dans  le  Département  de  l'Evéché 
de  Saint  Malo  en  Bretagne,  vous  représentent  très  humblement  qu'animés 
du  désir  de  décharger  l'Etat  de  la  solde  que  le  Roy  a  bien  voulu  leur  accor- 
der, et  en  se  consacrant  aux  travaux  que  chacun  d'eux  peut  embrasser,  ils 
désirent  avec  ardeur  qu'ils  soyent  fixés  pour  toujours  sous  l'hémisphère  qui 
leur  a  été  proposé  par  le  Gouvernement. 

L'attachement  et  la  fidélité  que  cette  nation  a  dans  tous  les  tems 
témoigné  pour  son  Souverain  lui  a  mérité  cette  preuve  d'estime  qu'elle  a  été 
mise  à  choix  sur  la  Louisianne,  le  Mississipi,  la  Floride  Espagnolle  ou  une 
contrée  du  continent  de  Boston  pour  y  couler  le  reste  de  leurs  jours. 

D'une  voix  unanime  et  d'un  commun  accord,  les  Accadiens  se  sont  dé- 
cidés pour  Boston,  ils  acceptent  avec  la  plus  vive  reconnoissance  la  propo- 
sition qui  leur  est  faite  d'y  aller  demeurer,  voilà  ce  qui  forme  aujourd'hui 
l'objet  de  leurs  vœux,  ils  ont  tout  lieu  d'attendre  qu'ils  seront  exaucés. 

Un  autre  motif  leur  fait  désirer  d'être  transportés  à  Boston  les  An- 
lois  s'étant  rendus   les    maîtres  de  l'Accadie,    tous   les    Accadiens    furent 


228  l/?<  ///i/>  ''  t  \  \iui.\  \  ES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 


dispersés  e\  -  à  la  fureur  de  l'ennemi  de  la    France,  ceux  à  qui  la  fai- 

blesse de  l'âge  ne  permît  pas  de  s'y  dérober  restèrent  aux  mains  de  leurs 
vainqueurs  et  par  eux  emmenés  a  Boston  où  ils  ont  été  élevés  et  instruits 
suivant  les  rites  de  la  secte  angloise. 

Quel  sujet  éternel  de  n  lonnoissance  pour  les  Bupliants  de  se  voir 
rendus  à  leurs  entants,  réunis  à  leurs  neveux  '  les  familles  incertaines  de 
leur   sort  béniraient  à  jamais  la  main   bienfaisante  qui  leur  auroit  procuré 

avantage:  la   fermeté  et  l'attachement   dont  ils  ont  toujours  donné 
marques  pour  leur  religion,  le  libre  exercice  qu'ils  en   feraient  sous  les  yeux 
<le  leurs  alliés,  de  leurs  descendants  et  de  leurs  compatriotes,  rappelleraient 
ceux  cy  du  sein  de   l'erreur,  et  les  détermineraient  infailliblement  à  l'aban- 
donner pour  l'embrasser  et  suivre  la  foy  de  leurs  aveux. 

Protégés  donc,  Monseigneur,  les  pauvres  et  malheureux  Accadiens, 
appuyés  s'il  vous  plait  de  votre  protection  et  de  vos  bons  offices  leur  juste 
réclamation  et  ils  redoubleront  leurs  vœux  pour  la  précieuse  conservation 
de  Votre  Grandeur. 

Présenté  par  les  Députés  des  Accadiens 

du  Département  de  Saint  xMalo  ce  19  Février  1784. 

Lettre  adressée  à  Monsieur  le  Comte  de    Vergenneê. 

A  Versailles  le  4  avril  1784. 

J'ay  reçu,  Monsieur,  la  lettre  que  vous  m'avés  fait  l'honneur  de  m'écrirele 
31  du  mois  dernier,  ainsy  que  la  copie  d'une  lettre  de  Monsieur  le  Chevalier  de 
Hérédia  avec  le  mémoire  qu'il  y  avoit  joint  et  qui  avoit  été  présenté  à  Monsieur 
le  Comte  d'Aranda  par  plusieurs  Acadiens  retirés  en  France  qui  demandent  à 
passer  à  la  Louisianne  où  Sa  Majesté  Catholique  consent  qu'ils  soient  reçus  et 
transportés  à  ses  frais.  Je  crois,  Monsieur,  que  c'est  à  Monsieur  le  Contrôleur 
Général  et  non  à  raoy  à  mettre  cette  proposition  sous  les  yeux  du  Roy, 
attendu  qu'il  est  question  d'une  émigration  hors  du  Royaume  et  que  le  sort 
de  ces  anciens  Sujets  de  Sa  Majesté  est  à  la  charge  de  la  finance. 

11  n'est  resté  à  la  charge  de  mon  Département  que  des  pensions  à  distri- 
buer aux  veuves  et  enfants  des  officiers  militaires  et  civils  qui  étoient 
employés  dans  cette  ancienne  partie  de  nos  possessions  en  Amérique  ;  le 
Trésor  Royal  fait  fonds  à  ce  sujet  d'une  somme  de  50,000  francs  tous  les 
ans  entre  les  mains  des  receveurs  généraux  de  la  marine. 

Si  vous  pensés,  Monsieur,  que  ce  soit  à  Monsieur  le  Contrôleur  Général 
en  effet  de  prendre  les  ordres  du  Roy  sur  la  lettre  de  Monsieur  le  Cheva- 
lier de  Hérédia,  j'ay  l'honneur  de  vous  renvoyer  cette  lettre  et  les  pièces 
y  annexées  pour  que  vous  puissiés  les  faire  passer  à  Monsieur  de  Calonne, 
à  qui  d'autres  Accadiens  qui  désirent  se  transporter  à  Boston  se  sont  déjà 
adressés. 

J'ay  l'honneur  d'être  avec  un  très  sincère  attachement,  Monsieur,  votre 
etc. 

Lettre  adressée  à  Monsieur  le  Maréchal  de  Castries. 

A  Versailles  le  31  mars  1784. 

J'ay  l'honneur,  Monsieur,  de  vous  envoyer  !a  copie  d'une  lettre  que  j'ay 
reçue  de  Monsieur  le  Chevalier  de  Hérédia  ainsy  que  du  mémoire  qu'il  y  a  joint 
et  qui  avoit  été  présenté  à  Monsieur  le  Comte  d'Aranda  par  plusieurs  Accadiens 
retirés  en  France,  vous  y  verres  la  demande  qu'il  fait  au  nom  et  par  ordre 
de  la  Cour  d'une  permission  du  Roy,  qui  autorise  ces  Accadiens  à  passer  à 
la  Louisianne  où  Sa  Majesté  Catholique  consent  qu'ils  soient  reçus  et  trans- 
portés à  ses  frais. 


Ui  \  l    1/  '"■//     /'/        L<    l/'//   \        il/'     /""  i   M  KSI  WB 

DOC.  DE  LA  SI  No   IH 

J e  vo u    pri«,   Mon  i  e  u  r ,  d  o  m  e  1 1  re  ce  t  b   d e n i a n (J u 

el  de  m  •  i""'i  i  "  '-n  uil  kt  d'instruire  M omieur  le  <  il 

do  lu  i  léol  îou  1 1(   Wa   Vlaji 

I  .1 1  l'In mneui  d'<  liemenl ,  M 
u.     humble  et  ti      obéi     ml    erviteui 

DE   \  I  riGKl 

M    h-  \l  u  qui    in   Caitru 

i  i  mari  i .    I  Les     \-  ca< lien     établi     i lan     li     D<  par! emenl  I 

MiImcd  Bretagne,  représentent  que  voulant  décharg<       i.  que 

le  lio\   ;i  bien  voulu  leur  aoeorder,  il     d<  ei  poui   toujoui 

l'hémisphère  qui  leur  a  été  propo  i    pai    l<    Gouvernement,  il  en 

conséquence  d'un  commun  accord  la  proposition  qui  leui 
s'établira  Boston  ou  ils  se  livreront   au  i   que  chacun 

embrasser.     La  préférence  qu'ils  donnent  à  Bo  fondée,  di  ^m 

sur  ce  que  dans  le  temps  qu'ils  furent  oblige     de  :  pour 

traire  au  Gouvernement  anglois  et  attaches  à  la  Fran  fants 

qui  ii«'  purent  les  suivre  furenl   transporta      par   le     Angloii    à    B 
instruits  dans  la  religion  anglicane,  ce  qui  leur  t';iit  désirer  de  lir  à 

eux  pour  les  ramènera  la  religion  <lc  leui 

0B8BBVATI0N& 

Les  Acoadiens  ont  en  effet  abandonné  leur  patrie  par  attachement  }><>u  t 
la  franco,  on    leur   a   fourni  d'abord  une  subsistance,  mais  cette   dépi 
étaut  trop  onéreuse,  on  a  voulu  leur  fournir  des  établissements  dans  diffé 

rentes  Provinces  et  même  en  Corse,  des  essais   ont   été    tentés   en  vain, 
qu'on  ne  leur  ait  pas  fourny  des  moyens  suffisans,  soit  que  les  terres    di-tii- 
buées  ayent  été  mauvaises,  soit  que  ces  habitants    accoutumés  à  habiter  un 
sol  fertile  et  étendu  n'ayent  pas  pu  trouver  leur  subsistance  dans  un  terrein 
resserré  et  au  moins  d'une  qualité  médiocre,  on  a  envoyé   à  Saint-Domii 
et  à  Cayenne  t  >ut  ee  qui  pouvoit  y  être  placé,  et  le  département  des  tin  m 
ces  a  conservé  aux  autres  un  traitement  modique  dont  le  payement  a 
souvent  retardé. 

II  a  été  question  il  y  a  quelques  années  de  les  faire  passer  soit  à  Loui 
sianne  où  il  y  en  a  déjà  beaucoup,  soit  à  l'Accadie  même  dont  on  suppo- 
soit  alors  la  réunion  possible  aux  Etats-Unis  d'Amérique  ;  c'est  sans  doute 
des  ouvertures  que  leur  fit  alors  à  ce  sujet  Monsieur  Coste  chef  de  l'un  des 
bureaux  du  contrôle  général  qui  s'en  expliqua  avec  le  bureau  des  Colonie-, 
que  les  députés  Accadiens  entendent  aujourd'hui  parler,  ils  sont  en  effet 
dans  le  département  de  Monsieur  le  controlleur  général,  auprès  duquel  Mon- 
seigneur ne  peut  qu'employer  ses  bons  offices  pour  engager  ce  Ministre  à  leur 
procurer  les  moyens  de  repasser  dans  l'autre  hémisphère  ;  la  politique  conseil- 
leroit  peut  être  de  préférer  la  Louisianne. 

Remarques  du  ministre — Envoyer  cette  lettre  tout  de  suite  à  Saint- 
Malo  pour  connoître  le  nombre  et  pour  prendre  les  plus  grands  renseigne- 
ments sur  ce  projet  d'émigration. 

A  Versailles  le  ...  mars  1784. 

M.  le   Contre-  ..■»*■'•  ,  •>  -,    , 

leur  général  a  Vous  trouvères    cy-joint,  Monsieur,    un  mémoire  par  lequel   les  Acca- 

conyié  les  dé-  diens  établis  dans  votre  département  représentent  que  voulant  décharger 
enkuramioï  l'Etat  de  la  solde  que  le  Roy  leur  a  accordé  ils  désirent  d'un  commun  accord, 
çant  qu'il  ver- daller  s'établir  à  Boston  où  ils  se  livreront  aux  travaux  que  chacun  d'eux 
voit  ce  qu  il  y  peut  embrasser.  Vous  voudrés  bien  me  faire  connoître  leur  nombre  et  pren- 
lorsqu'ôn  au-  dre  de  Pms  grands  renseignements  sur  l'objet  de  cette  émigration.  Vous 
roit  essayé  des  me  renverrés  ensuite  le  mémoire  avec  vos  observations. 

enaCoreementS  ^ar  une  décision  du  19  aoust  1767,  Monsieur  le  Duc  de  Praslin  arrêta 

18  avril  1788.    Ie  rôle  des  familles  de  l'Amérique  Septentrionale  à  qui  Sa  Majesté    avcit 


230  AR(  ///i/>   (    l  \  IDIENKE& 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

accordé  d<  -  pensions  en  dédommagement  d(  -  pei  tes  qu'elles  avoient  faites  à 
l'Isle  Royale 

On  ne  trouve  point    le  Bon  du  Roy  qui  pouvoif  exûter  dès  1758. 

L'état  des  pensions  montoil  à  la  somme  de    ...  54,140/. 

Le  Département  de  la  Marine  étoit  encore  chargé  de  subsistance  qu'on 
payoit  à  un  grand  nombre  d'Accadiens  <|ui  après  la  paix  de  1763  avoient 
quitt/'  t'Âcadie  pour  ne  pas  rester  sous  la  domination  angloi 

Ces  pensions  et  subsistances  raontoienl  «n  1773  à  234,000Z.  La  finance 
voulut  s'en  débarrasser  en  procurant  des  établi? sements  aux  Accadiens,  Mon- 
sieur Le  Moine,  Commissaire  général   fut   chargé  de  cette   opération,  et  il 

ne  resta  plus  a  la  charge  de  (a  .Marine  que  les  pensions  des  familles  (Je 
L'Amérique  Septentrionale,  qui  suivant  une  lettre  de  Monsieur  de  Boynes 
à  Monsieur  Daubenton  du  31  mars  1771,  montoientà  L9,838£  dont  le  fonds 
de  voit  être  fait  à  Rochefort. 

On  joint  copie  de  cette  lettre,  depuis  cette  époque  on  a  toujours  fait  un 
fonds  de  00,000/.  à  Kochefort  parce  que  chaque  année  on  a  complétté  les  pen- 
sions, soit  en  accordant  de  nouvelles  pensions  aux  indivi<  us  de  ces  familles, 
non  compris  dans  les  rôles  précédents,  soit  en  accordant  des  augmentations 
aux  pensionnaires  (jui  à  présent  ne  peuvent  pas  vivre  comme  en  1766  avec 
1  oO  livres  ou  200/.  par  an. 

Ensuite  est  écrit  de  la  main  de  Monseigneur  :  Faire  cesser  ces  pen- 
sions à  mesure  qu'elles  s'éteindront. 

Pour  copie 

BOUVIER. 


Calais,    1765, 


HABITANTS    DU    CANADA. 

Liste  des  diverses  personnes  provenant  du  Canada,  repassées  en  ce  port  par 
la  voie  d'Angleterre  et  arrivées  en  ce  lieu  le  14  Oct.  1765  sur  ]e 
Hardwick  venant  de  Douvres. 

Mde  du  Sablé,  veuve  de  M.  du  Sablé,  Capitaine  des  troupes  des  Colo- 
nies. 

Mde  de  Bécancour,  veuve  de  M.  de  Bécancour,  ChUer  de  S1  Louis, 
Capc  id. 

Md0  Baralong,  épouse  de  M.  Baralon  enseigne  des  troupes  actuellement 
en  France. 

Mde  de  la  Corne,  religieuse  de  l'Hôpital  Général  de  Québec. 

Joseph  Naud,  de  Nantes,  Sergent  des  dites  troupes  de  S:  Luc  La  l'orne, 
fait  prisonnier  par  les  Sauvages  en  allant  au  secours  de  Niagara  «jui  l'ont 
gardé  pendant  6  ans.  Renvo)^é  par  le  Général  Johnson  à  la  Nouvelle  York, 
d'où  il  est  repassé  à  Londres  et  de  là  en  ce  port  sur  le  bateau  L'Aigle 
commandé  par  le  Capitaine  Gouppy,  étant  muni  d'un  passeport  de  M. 
Bloisel,  ministre  de  France  à  la  Cour  de  Londres,  en  date  du  10  de  ce  mois. 

Fait  à  Calais  le  14  Oct.  1765 

(Signé)     PORQUET. 


ai  \  /  1/  mm   m      waihes      wm   ihh  '  \ik\i 


DOC.  DE  LA  SESSION  No    l>< 


Liste    de    famille    ac  idienne    de  Beau  iijour  qui    >■     mi 

loll    Cl    .Mil  M'M   «-llltt.il  i|l|i  .  •      |,  M    ni  i  h  .•  •!•      M      l<     i 

m  li-  briganl  io  /  •     Di  u  >  Amù    poui  i  I  re  n  u 
porl  de  France,  aux  ordr<     clcs  Mon  eigneui  le  Du<   •     I         oui 


I  '.i  isage 


r  .1  i.i 


i.ii.l. 


Su  | 

s  '    l  '  ;  i  l  m     i  ;  ;  i  1 1 1  1 1 1 1  i 


\  la  i  m  ii  m  on  I inaire 


Jean    Irieneau  âgé  de 

.Lui    \  i  .  .  i . .  i  ii   1 1 1  h  i  i 

Basil  A  meneau  M 

L.  Mil  \  I     <    II.   .Ml      . 

Pierre    V i  eneau  M 

Judil  li  Boudreau    i  fem 

M  iohel    \  i  eni  au  fil  .11 

Etienne        id         "  7     " 

.lus.' pli  l.l  "        

i  laine  id  Aile 1 

pli  llrli.it                       80     " 

I  ionise      "    ta  fille  I 

Marie  Héberl     id          18    " 

Miohel  Boudrol 26    " 

.1  udie  Poiriei  ia  femme           Lfl 

Miohel  Bourg W    " 

Joseph      '"     son  frère 80    " 

René  Poirier 18     " 


T..  m. 

.!• .  .  |.l.  i 


12 

M..           mil 

Polonie         id 

Mode  te      m  H  la 

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Piei            " 

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Ma  ■  lelaim   id  sa  fille 

i<l 

Je  prie   M.  de  Etocheblave,  propriétaire  du   brigantin   Let  Deux  A 
etc.,  etc.   Fait  quadruple  au  bourg  de  l'île  S'  Pierre  le  11  Nov.  1765. 

BARBEL 

Joint  à  la  lettre  de  MM.  Dangeac  et  Barbe]  du     1   Nov.   17' 


Familles  Acadiennes  qui  sont  maintenant,  aux  îles  S'  Pierre  •     Micjuelon 
suivant  le  recensement  d'icelles,  fait  le  15  mai  1767. 


"    Pierre    Gauthier    (venu    de  Louis- 

bourg*) 30  ans 

Jeanne  La  Forest  son  épouse 31  " 

Jean  Gauthier  leur  fils 4  " 

Marie       "           "     fille 13  " 

Adélaïde"          "      "  9  " 

Victoire  "          "      "   5  " 

Anne*     "          "      "  2  " 

Le  SrD%ibourg  Hardy  leur  associé.  32  " 

«    Pierre  Arseneau   (venu  de  Chéda- 

bouctou) 29  ans 

Theophiste  Bourgeois  sa  femme. . .  25  " 

Marie  leur  fille 5  " 

w  Louis   Le    Maie    (venu    de    Chéda- 

bouctou)     38  ans 

Marie  Cormier  sa  femme 29  " 

Joseph  Le  Maie  fils  d'un  1er  lit. . .  11  " 

Kosulie  Vigneau   leur   fille  id     .  .  11  " 

François          "            "       fils     ici      ..  9  " 

Louis  Le  Maie         "       "              . .  4  " 

Nicolas                     "      "              . .  2  " 

La  Ve  Arseneau  (■venue  id) 56  ans 

**  François  Cormier  son  fils  d'un  1er 

lit 36  " 

Marie  Bourgeois  sa  femme 31  " 

Marianne  Cormier  leur  fille  ....  10  " 

Paul                  "                 fils 7  " 

Jean                  "              "  5  " 

Madelaine        "                 fille'".'...'  3  " 

*Anastasie  id                 "         1  " 

*née  en  cette  colonie. 


Pierre  f  îormiei  fils  de  la  \  <  im  e  A  i 

seneau  1er  lit  27 

Mod<  Bte  Cyr  sa  femme 21      " 

Marie  Cormier  fille  de  Pierre  ...  1 


Jean  Cormier,  fils  de  la  dite  veuve.  26    •- 

Modeste  Vigneau,  femme  de  Jean 

Coimier 21     m 

*Jean  Cormier  fils  de  Jean 1     .• 

Joseph  Cormier  (venu  id 35  an- 
Anne    Vigneau     dit    Maurice    sa 

femme 29     .. 

Rose  Cormier  leur  fille 7     ■■ 

Louise    id                n       5     .. 

Anne      id                ..       2    « 

Jean  Cormier  (venu  id) 30  ans 

Rose  Vigneau  Maurice  sa  femme.  .24     .. 

*Anne  Cormier  leur  fille 2     .. 

*Jean  Baptiste  id  leur  fils 1     h 

Joseph  Cormier  (venu  id) 33  ans 

Marie  Vigneau  Maurice  sa  femme.  25     .. 

Marie  Cormier,  leur  fille 5     m 

*Louise      n                m       3     m 

*  Joseph      n                fils 1     ii 

Jacques  Vigneau  (venu  de  Boston).  68  ans 

Marguerite  Bourg,  sa  femme.     ...  78     .. 
*  née  en  cette  colonie. 


232 


AR(  Ill\  ES   '    l  SAD11  A 


Jean  li                 du  de  Boston)          H  ans 

I   i.t:i-'  il»     Ai-'H'                 -    Hum- ....    i'.H  ,, 

Jean  Boudrol  leur  til-  . .  1  ^ 

Angélique  Boudrot  leur  tille  .          17  » 
l .                       ii               .....       l."> 
i:    alie             ••                                  7 

inné  ..  .,      

I  *iei  re  Vigneau  (  venu  id)       . .         ,41 

M.. ■!•  I  une  l                                  ....  41  » 

Piei  re  \  igneau  lenr  fila 21 

M.i--'.  fille 19 

•  ■     14 

M;i  ii  .S      .. 

[ues      ii              fila ....               •'•  ■• 
guérite  Vigneau  leui  fille  ... 

I .    'lis  „  fils ...      1 

Jacques  Vigneau  (venu  de  Boston).  31  uns 

Rose  Cyr,  sa  femme M  h 

Basile  Vigneau  leur  fils 13  .. 

fille 8 

iip  .  h     6    m 

.. 1  .. 

Biais-             .,                 fils 3  .■ 

Joseph  Vigmau  ( venu  id) 36  ans 

Marie  Bourge  ris  sa  femme 33    n 

Angéliqne  vigneau  leur  fille 12  .. 

Louise                 ..                   n     fi  ,, 

* Joseph  n  fils 3    .. 

'Antoine          n                ......     1  .. 

Abraham  Vigneau  (venu  id) 33  ans 

Marie  Bourg,  sa  femme 25  .. 

Rebecca  Vigneau  leur  fille 10     .. 

Henriette      i>  h     

Isaac              m                fils 4  .. 

*Modeste       .,  fille 3    „ 

Joseph   Vigneau   (venu  de  Chéda- 

bouctou) GO  ans 

(  atherine  Arseneau,  sa  femme. ...  53  n 

Nicolas  Vigneau  leur  fils 27  « 

Marguerite  Sire  sa  femme 23  n 

lean  Vigneau,  fils  de  Joseph 22  .. 

Pierre        n            n            20  .. 

Paul           n            ..            m       ....  18  m 

Louis         m            n            M     14  ii 

Michel  Bourg  (venu  de  Pigiquit). .  .   47  ans 

Maguerite  Bourgeois,  sa  femme. . .  45  n 

Michel  Bourg,  leur  fils 17  « 

Madelaine  u              fille   15  m 

Marie          n                n    11  .. 

Melem         n  fils s 

Jacques  Bourgeois  (venu  de  Boston)  57  ans 

Marie  Bourg,  sa  femme 50  m 

Joseph  Bourgeois,  leur  fils 20  .. 

Anastasie  Bourg,  leur  nièce 16  n 

Jean  Vigneau  d1  L'écrivain  (venu  de 

Boston)  33  ans 

Marie  Bourgeois,  sa  femme 31  , 

Etienne  Vigneau  leur  fils 12  .■ 

Jeanne          n  •              fille 9  .. 

Marie            n                   n    7  m 

*Jean             m                 fils 3  n 

Jean  Cyr  (venu  id) 57  ans 

Anne  Bourgeois,  sa  femme.. 54  .. 

Armand  Cyr,  leur  fils ...  23  m 

Marie        n              fille 17  n 

François    M               fils 14  .. 


*né  en  cette  colonie. 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Ji  au  <  \  i  | 1  enu  de  <  ihédabouctou). .  27  ans 

M  irgui  rite  D  »  femme 24    .. 

Jean  <  îyr  leui  nu        3    .- 

lit  n  (  \  r  leur  fils 1     n 

Paul  Cyr  (venu  de  Boston)  46  ans 

•  ;  ichard,  sa  femme 44    .. 

Marie  Çyr  h  ui  fille 18    .. 

i      .■  fils 16 

L«»ui  fille 13 

Piei  '  fils   9    .• 

Paul      ■■  ■•   6 

Rosalie  <  !yr  leur  fill<- 4    .. 

Joseph     .-  fils 1     .- 

ph  Richard  (venu  de  Pigiquit)  36  ans 

Annne  Poirier,  sa  femme 32    .. 

Melem  Richard,  lenr  fils 15    .. 

Marie  .-  fille lu     ,, 

Joseph        •■  fil-     fi    u 

•  Lan  ..  "    4      .. 

Anne         ,.  fille 1     ,, 

<  rermain     ..  frère 24    .. 

M.  gloire  Hébert  (venu  de  Boston).  52  ans 

Anne  Cyr,  sa  femme 42 

Félix  Hébert  leur  fils 22    ., 

Charles    ..  ■•      lfi    •■ 

Anastasie  Hébert  leur  fille lu    .. 

Madelaine       ..  ••      8     .- 

Joseph  -.  fils 5     •■ 

Jacques  Hébert  (venu de  Boston)..  59 

Anne  Arseneau  sa  femme 56    .. 

Jacques  Hébert  leur  fils 23     n 

Charles  >■       19 

Ambroi.se     ..  ..        17      • 

Jean  Hébert   1'  «Jros  Jean  (venu  de 

Boston)   43  ans 

Marie  Hébert,  sa  femme   38     t, 

Madelaine  Hél>ert  leur  fille 13     .. 

Charles  Jean     n  fil- 8     .. 

Jean  Hébert  (venu  id) 31  ans 

Josette  Cyr,  sa  femme 23    m 

Jacques  leur  fils 2     •■ 

Joseph  Cyr  (venu  id) 20  aus 

Josette  Hébert,  sa  femme 25     ■< 

Joseph  leur  fils 5     n 

Charles       n       2     .t 

Marguerite  Vigneau,  fille  de  Joseph  12  ans 
Gratien  m        fils  i.    t      9     h 

La  Ve  Bourg  (venue du  fort  Cumber- 

land) 61     „ 

Michel  son  fils 32     n 

Joseph         .■     22     ., 

Anne  sa  fille 36    .. 

Pierre  son  fils 20    -. 

Madelaine   sa  fille  femme  de  Jean 

Hébert 22     „ 

Jean  Hébert,  son  gendre 25     u 

Jean  Aiseneau  orphelin  de  père  et 

de  mère 17     " 

Amand    Bonnevie     (venant    d'Ha- 
lifax)   31  ans 

Catherine  Gaudet,  sa  femme 24     .. 

Pierre  leur  fils 3     .. 

Marie      m     fille 1     <- 

Charles  Richard  (venu  d'Halifax). .  29  ans 

Anne  Bonnevie,  sa  femme 27     >■ 

Joseph  leur  fils. 8     u 

Marie      n     fille 2     .. 

*  Anne  Charlotte  leur  fille 1     >■ 

Marie  Bonnevie,  leur  belle-sœur. .  29     .. 

*  né  en  cette  colonie. 


(Il    M    [LOU11      l'I  \<    1/'//    N         II/'      l>>»   \    M' 


DOC.  DE  LA  SESSION  No   1H 


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I  'l'    I  I  .       I.    III     lll 

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Paul  I  lii'i  rt  I  tapradi  (\  enu  «!• 

ton) 
M  .m  ii'in  V ilalon,  m  femme, 

Fran 
(  îéclle,  leur  Hlle 

J<  i  eph  Hébert  i  venu  de  Beauséjour) 
[  tils  de  Jacques  Hèbei  I   el    Vlai 

rite  A  raeneau  |     

I louise  I '"  uih.it.  >.i  Femme      .... 

Louise,  leur  fille 

Marie  ..  

Jean,  leur  fila 


.m  ani 

i 

20    .. 


29  ans 

21      H 

I 

29  ana 

I 

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M  . 

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M 

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Mai  Mit 

M  i  km   fille. 

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M,  fille 

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id.  )  !  veul  iii-  Aune  I 
I .  \ m  !■..!.  ion  fil 
Marguei  ite,  -  >  fille 
Anne  ••        .... 

I    tber 
Jacques,  son  til- 


Joseph  Bourgeoia   (venu  de  Chéda- 

bouctou) .    . . 

Marguerite  Hébert,  sa  femme 

Marguerite,  Leur  fille 

V  iol  h  

Anne  m  


Paul  Bourg  i  venu  de  Boston  I 
Madelaine  <  îyr,  s,\  femme . . 

Mi-an.   leur  fila 

•Joseph      ..        


Pierre  Sir.-  (venu  id) 

Madelaine  Poirier,    -a  femme 

Charles,1  leur  fils 

Rosalie      -■     fille 

Laurent    ■•     fils 

Victoire     ..     tille 

Pierre        •■    fils 

Jacques     h     fils  (venu  de  Chéda- 

bouctou) 

Angélique  Dugas,  sa  femme  

Adélaïde,  fille  de  Jacques 

Anastasie        m  m       

Jean  Terriau  (venu  de  Boston). 

Marie  Sire,  sa  femme 

Louis,  leur  fils 

•Marie     ..    fille 

Jean        m    fils   


83  ans 
34     „ 

Il  .. 
!»  ,. 
5     •■ 

29  ans 

23    .. 

2      ., 
1      .. 

53  ans 
46     m 


23 
17 
15 

14 


•  la<-.;  DU  '1  Hal  ' 

Ani                              m  me. . . 
Joseph,  leur  61a .  

Jean  

Main-  leur  tille    .  .        .         

Jean                    venu  d'Halifax  - 
Mai  ie  Ar»  neau,  sa  femme 

n,  leur  fils 

Marie,  leur  hlle    



Joseph  Arseneau,    leur  cousin  or- 
phelin   

François  Arseneau  (venu  id.) 

Anu-  m  me  .    ... 

Pierre,  leur  fils.    ...  

Marguei  ite,  leur  fille 

1  lenriette  .. 

Fi'lele,  leur  hlle  cousin  orphelin. 

A-tasie  fiJle 

Adélaide  ,,       

Appolonie  ■■ 


i 

I 
1 


l 

1~  ana 

7 

SI  ans 


L'.)  n 

22  .. 

3  .. 

1  ,. 

39  ans 

20  „ 

6  .. 

3  .. 

2  ,. 


ph  Guilbaud  (venu  id.). . . 
Charlotte  LaTour,  bs  femme 
David,  frère  de  Joseph.    ... 

Joseph,  leur  fils 

*Donat        m         

Rose  Arseneau,  orpheline. . . . 


Claude  Poirier  (venu  de  la  pointe  à 

Beauséjour) 52  ans 

Marguerite  Sire,  sa  femme 48  n 

Alain,  leur  fils 24  m 

Jacques      ■■         18  m 

Louis          n       J5  m 

Jean  .■      9 


Joseph    Vigneau    (venu   de   Chéda- 

bouctou) 

Magdeleine  Sire,  sa  femme 

Anastasie,  leur  fille 

Magdeleine      

Pierre  Sire  (venu  du  fort  Pesuit).  .  . 

Anne  Poirier,  sa  femme   

Anastasie,  leur  fille 

Geneviève         ..        


*  nés  en  cette  Colonie. 


Paul  LeBlanc  (venu  d'Halifax). .    . 
Anne  de  la  Tour,  sa  femme 


2 

13  M 

51  M 

25 

■i-i 

20  ■■ 

15  ans 

13  ■■ 

io  ,. 


29  ans 

3    •■ 

1    .. 
17    •■ 


28  ans 
26    .. 

5        M 

1    .. 

34  ans 

29  « 

4 

2        H 

30  n 

- 


18-47     r-16 


234 


W.V7//I  /  >    (    \\   \im  \  \  I  v 


<  lharles,  le\,r  fil— 7  ans 

I  >•        I                leur  fila  . ,  •">    ■• 

inné,  leur  Mlle 1    .> 

eBlanc  [\  enu  id.  »...  29 

Marguerite  Boudrot,  -a  femme....  26    h 

Polyoarpe,  leur  fila Ru 

Simon                   •,         2    ii 

Anselme,  orphelin 20    << 

»h  [sic  pour  (  îharles]  <  raut  rot, 

(venu  id.) :>•_*  ans 

Marie  Bourg,  sa  femme 24    .. 

(  lharles,  leur  fils 3    .. 

Nicolas  Gautier  (venu  d'Halifax).   .  29  ans 

\m:<'  ï ..  i >l:i ii t -,  as  femme 25    .. 

Victoire,  leur  fille 4    .. 

Chorlotte        m        2    » 

Jean  Gautier,  frère  de  N  icolaa  21    •  • 

Anastasie  Boudrot,  orpheline lf>    n 


Pierre    Boudrot  (venu    de    111e    S' 

Jean     46  ans 

Magdeleine  Bourg,  sa  femme    ...  39 

Marie  Josette,  leur  fille 17 

Félix                       ii     fils 15 

Louis                     n       ii 8 

Jean                       .. 8 

Céleste                  m     fille 7 


Alexis  Renaud  dit  Provençal  (venu 

ici.  )    .    35  ans 

Françoise  Douce*",  sa  femme.  25  n 

Pierre,  leur  fils 4  n 

*François     M     ....       1  n 

Jacques  Renaud,  neveu  d'Alexis. .   15  m 

La  Ve  Renaud,  belle-mère 71  m 

Joseph  Comeau  (venu  id.) 41  ans 

Anne  Doucet,  sa  femme 33  -i 

Anne,  leur  fille. 16  n 

Germain,  leur  fils 9  n 

Etienne       h      h 6  .. 

Modeste      ,,     fille   4  ., 

*Louise       n       m    1  n 

Marin  Doucet,  beau-frère 18  n 

Honoré  Comeau  (venu  id.) 55  ans 

Marguerite  Poirier,  sa  femme 57    m 

Anne,  leur  fille 26    m 

Monique       n    21    n 

Marguerite  n    16    <> 

Joseph,  leur  fils 18    n 

Louis  Béliveau  (venu  id.) 56  ans 

Louise  Haché,  sa  femme 49  m 

Athanase,  leur  fils 21  n 

Marie,  .,     fille 17  m 

Marie  Magdeleine,  leur  fille 15  n 

Rose,  leur  fille 10  .. 

Pierre  m     fils 8  -i 

J     Michel  Doucet  (venu  de  l'île  S1  Jean)  29  ans 
Louise  Béliveau,  sa  femme. .....     27    n 

Jeseph,  leur  fils     4    m 

Charlotte,  leur  fille 1    m 

Jean  Doucet,  frère  de  Michel 21    m 

Joseph  Gaudet  (venu  id.) 27  ans 

Marie  Bourg,  sa  femme 22    m 

Marie,  leur  fille  3    n 

Joseph  Boudrot  dit  Castor  (venu  de 

Chédabouctou) 46  ans 

Marguerite  Chiasson,  sa  femme.  .  .   40    .. 

Marie,  leur  fille 16    m 

Anne  n        13    << 


5^6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

•••lie,  leur  fille        11  ami 

Michel    leur  fils !*    ,, 

Louise      m    fille 6 

R  «alie     4 

Marguerite,  leur  fille 15    n 

(  'ha                              :••  l'Ile S'.f i  an)  M  ani 

Ma                             Mm- 47    h 

Augustin,  leur  fila 24    n 

•  pfa                18     „ 

Félix                13    n 

Miî               leur  fille 10    .. 

h     Landry,     [veuf     de     Main 

I '.!•  au ]  ( \ enu  de  ( ihédabouctou)..  t9  ans 

Aime  Landry,  sa  fille 27    h 

Alexandre,  bod  tils .   .  13    ., 

Baptiste,  son  père  (veuf  de  Marie 

Boudrot) :«'• 

François  Blanchard  (  vearx  de  l'ili 

Jean) 27  ans. 

Marie  Deveau.  sa  femme 27    >> 

Marie,  leur  fille 1     .1 

François  Blanchard,  père 93    .1 

Catherine,  sœur  de  François 27    ■< 

Jean,  frère  rie  François 23    -■ 

Agathe,  sœur        m        1!» 

Jacques  Chiasson  (venu  id.) 36  ans 

Marie  Boudrot,  sa  femme 35    .1 

Jean,  leur  61s 9    ■■ 

Marie    .,     fille 4    n 

Magdeleine,  leur  fille 1    n 

Pierre  La  Pierre  (venu  id.) 29  ans 

Cécile  Blanchard,  sa  femme 27    << 

Pierre,  leur  fils 3    .1 

I  Charles  Boudrot  (venu   de   Chéda- 
bouctou)    31  ans 

Magdeleine  Chiasson,  sa  femme. . .  31    n 

Louis,  leur  fils 11    n 

Firmin  m         6    n 

Joseph    m           2-i 

Isabelle  Chiasson,  veuve  de  Pierre 

Cormier,  leur  sœur 211    n 

Xi  colas  Cormier,  fils  de  Pierre. .. .  4    h 

Paul  Chiasson  (venu  de  l'île  S*  Jean)  41  ans 

Louise  Boudrot,  sa  femme 31    n 

Basile,  leur  61s 11    n 

Germain     n       ... 9    n 

L' Amand  n       .    5    ■■ 

Rose,  leur  fille .....    2    h 

Michel  Chiasson  (venu  id.) 35  ans 

Marguerite  Boudrot,  sa  femme.  . .  27     n 

Pierre,  leur  61s 6     n 

Marie      m     fille 4     « 

La   veuve    Boudrot   [Judith  Belli- 

veau]  (venue  de  Beauséjour) ....  53  ans 

Pierre,  son  fils 21     n 

Marie  Arseneau,  orpheline 3    >i 

La  veuve  Chiasson  (venue  id.) 27     h 

Joseph  son  fils 13     n 

Pierre        n       .    .  4     ■■ 

Claude  Boudrot  (venu  id.) 31  ans 

Magdeleine  Ausselet,  sa  femme. . .  30    m 

Marie,  leur  fille 5     h 

Anne          m         3     ■■ 

Magdeleine   1     n 


cl  \  i   \i  in.li    i>:        WA1HI  il/'     /""  '   ■// 


M 


.  01     I  A  SESSION  No  18 


1  i  (venu  (1    ' 

I  KMlOb  lll)  .lui 

Mûrit*  Ai  .min 

•  i  .  ,,11,  ii  m  iil  29 

I,     \.,,.i.„l  ,, 

Mai  \\  i  un  >l   I  • 

Ml 

i".  i  ■  -.' .  li m  ni  80 

\ nn«  I -I  "ii  I.  ii •  Il  i 

IV  :  i  ,<  'mu,  .m  I   •  m  iif  i 

M 

I .  i  Veuve  I  .<  I  - 1  ;  »  i  •  >    (venin    di     I 
ton) 

Si  m  81     h 

..•lli-      n  il,  27    » 

1*161  n    I .'  Blaw  <  venu  ■  !« ■  I  i"  Ml 

Mu      Bourgeois,  sa  femme  •'•',  h 

Mu  ie  leur  fille  7  m 

Pierre    n     fila  5  h 

Une     ..     Bile....  2  h 


lueH  l.i  'Blanc  i  venu  id.) 

\ . ,  i . ,  '  ■   Breau   it  Fem  nv         .... 
M  arie  leur  fils. . .  

Simon        m       

I  sabelle  leur  fille       

Marguei  ite    n       

Anne  h       

Charles  LeBlanc  (venu  de  Boston) 

Marie  Bariot,  sa  femme 

Pierre  leui  fils  

Joseph      m         

Marie,  leur  fille 

[gabelle      m       

Anne         «       

Charles  leur  fils 


.".  I  ans 

9    ■■ 

s     .. 


Pierre  Gautreau  (venu  de  Chéda- 

bouctou) 

Elisabeth  Terriau,  sa  femme 

Honoré,  leur  fils 

Benoit         m      

Marie  leur  tille 

Rose         n        

Marguerite  leur  tille 


Joseph  Melançon  (venu  id. 
Aune  Hébert,  sa  femme 
Anne  Adélaïde,  leur  tille 


Charles  Gaudet  (venu  de   Beausé- 

jour) 

Marguerite  Bourg,  sa  femme.  . . . 

Pierre,  leur  fils 

Félix    leur  fils 

Rosalie    m    fille  

Marie       "  

Joseph  leur  fils 

Paul  Hébert  (venu  id.) 

Marguerite  Arseneau,  sa  femme. . 

Marie  leur  fille 

•  li  an  leur  fils 

Pierre  Richard  (venu  de  Chédabouc- 

tou) 

Marguerite  LeBlanc,  sa  femme.. .  . 
Pépin,  leur  fils 

Ursuline  de  Sc  Castin  Y'  d'Amours 

(venue  d'Halifax)    

Joseph  D'Amous  Déchauffour  son 

fils.     

(  ienevièt  e  Roy,  sa  femme 


71  ans 


49 
44 


mu 

I  I 

I 

I  i 
dunnii  m   iill-  M 

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A  mbroi  ■■■  u  mi  ti! 

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pli  I  )uga*  '  venu  d'H 

I.i  iiii-'      \  i    '  :  •  I    U 

Bph  I<-iii    til 

Marie  fill. 


Joseph  Babin  (venu  <!  1 1 
l*'i'.iii'i •'      I  ' 


! 


43 

ans 

37 

M 

16 

n 

1  l 

,, 

il 

,, 

7 

•  > 
•» 

58 

;in- 

,, 

24 

,, 

18 

M 

22 

II 

20 

II 

14 

II 

30 

ans 

21 

u 

1 

n 

47 

ans 

43 

,, 

8 

,, 

19 

ans 

17 

ii 

6 

m 

3 

u 

30 

ans 

23 

n 

4 

.. 

i 

" 

69 

ans 

67 

n 

20 

n 

Jean  <  îuédi  y  (  \  enu  id.  ) 

Mai  M   I.i  Bl 

Jean,  leur  fils P» 

Joseph     ..        .... 

Marie  leur  fille  8    •< 


Louis  Gaudet  (venu  de  Beau» 

Marie  Hébert,  sa  femme  :  7     n 

Marie,  leur  fill<-           U 

Magdeleine  leur  fille I" 

1 '.asile  leur  fils 5     » 

Marguerite  leur  fille 2    •■ 

La  Veuve  Girouard  (venue  id.  | ....  4: 

Dominique  Girouard,  son  fils...   .  16    •■ 

Modeste,  3a  fille 13    .. 

Theotiste      n      

Michel  son  fils  5    » 


Paul  Gaudet  veuf  (venu  id.) 34  ans 

Pierre,  son  fils G 

Jean   Sire   (venu   de   Fran 

frais) 27  ans 

Toussaint  Blanchard  (venu  de  Ché- 

dabouctou) 65  ans 

Angélique  Bertrand,  sa  femme.  . .   65  • 

Ambroise,  leur  fils 33     » 

Michel  .,        26  ., 

Joseph  .ii        21  ii 

Marie  leur  fille ....   25 

Magdeleine  n     23  <■ 

Jean  Bertrand  (venu  id.)     36  ans 

Marguerite  Blanchard,  sa  femme..  36 

Nicolas,  leur  fils 3     m 

Marie         n     fille  1     » 

Anne  Doucet,  veuve  Bertrand. ...   71     <• 

Abraham  Dugas  (venu  d'Halifax). .   40  ans 
Marguerite  LeBlanc,  sa  femme.. . .  38     h 
Marguerite,  leur  fille 17     m 


18- 


47i 


236  \i;<  Hi\  i>  <   i  \  m//.  \  w> 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


Anne,    leur  fille L5  ans        Marie  Landry  leur  fille 1  an 

Françoise     n      13    n 

clique    • !•    m  Olivier  Pitre  (Tenu  de  Louùbourg).  24  ans 

Douise          "      1     "           Marie  Moise,  sa  femnje 22    .. 


Fabien  I  (aigle  oi  pbelin   12 

Landry  d'  Labbë  gendre  >Y  \ 

braham 28 

Mari  ■  I  >ug         i  femm<  30 


Joseph,  leur  fils 3 

Mari.-       .,       fil).- 2 

Louis  Moyse  frère  de  Marie 38 


Total  des  Acadiens. 


APPENDICE  H 

DE   L'EXPULSION   A   LA  PRISE   DE  QUÉBEC 

Extrait  du   Journal   que  fay  tenu   sur  les  différents  événement  qui    se   sont  passés 
VAcadye  depuis  la  prise  du  fort  de  Beauséjour  ( 1  ). 

20  juillet  1755 

Les  Anglois  après  la  prise  de  Beauséjour  et  avoir  désarmé  tous  les  habitants  qui  en 
dépendent  vinrent  dans  six  bâtiments  tant  senauts  que  goélettes  au  nombre  de  deux 
mille. 

Les  Accadiens  et  les  sauvages  que  j 'a vois  mis  pour  s'opposer  à  leurs  descentes  tout 
épouvanté  de  la  prise  de  Beauséjour  et  de  la  perte  de  douze  hommes  qu'ils  avoient  fait 
la  veille,  les  Anglois  les  ayant  surpris  le  long  de  la  mer  à  la  découverte  ne  firent  point 
grand  résistance  n'ayant  que  trente  hommes  de  garnison  les  deux  bastions  du  côté  de 
la  mer  écroulés  au  point  que  de  l'entrée  du  havre  l'on  voyoit  la  place  du  fort,  n'ayant 
que  quatre  canons  de  huit  très  mal  en  batterye,  l'artillerie  et  munition  qui  me  venoit 
de  Louisbourg  étant  prise,  ne  pouvant  avoir  aucun  secours  de  Canada,  je  prit  le  party 
de  faire  sauter  mon  fort  au  plus  tôt,  les  maisons  et  de  me  batre  en  retraite  jusquesdans 
les  détroits  de  cette  rivière  qui  en  sont  à  un  quart  de  lieue  où  l'ennemi  croyant  ne  pou- 
voir y  trouver  que  du  désavantage  à  vouloir  m'y  forcer  se  retira  le  vingt  cinq. 

Le  vingt-six  je  rendit  compte  à  Monsieur  de  Vaudreuil'e  de  ce  qui  se  passoit  et  je 
fut  approuvé  de  luy  pour  la  conduitte  que  j'avois  tenue  en  cette  occasion  ayant  empêché 
les  habillants  de  tomber  sous  la  domination  des  Anglois  et  d'avoir  touts  les  mauvais 
traitements  qu'ils  font  souffrir  à  ceux  de  Beauséjour. 

Il  me  marqua  par  là  même  qu'il  me  laissoit  'ibre  de  me  mètre  en  camp  volant  dans 
l'endroit  que  je  jugerais  le  plus  convenable  et  même  de  m'en  retourner  cà  Québec,  ne 
pouvant  me  donner  pour  le  présent  aucuns  secours  toutes  les  troupes  et  milices  étant  en 
campagne  je  prit  cependant  le  party  de  rester  jusques  à  l'automne,  espérant  que  nos 
affaires  pouvoient  assés  bien  tourner  pour  avoir  du  seDours  d'icy  à  ce  temps. 

Le  dix  huit  aoust  a}Tant  apris  que  la  plus  grande  partye  des  Accadiens  de  la  prise 
[sic  pour  pointe]  de  Beauséjour  étoient  faits  prisonniers  et  prêts  à  être  embarqués  pour 
être  transférés  dans  des  pays  étrangers,  et  les  autres  retiré-*  dans  les  bois  exposés  à 
toutes  sortes  de  misères,  je  formay  le  dessein  de  les  aller  secourir  avec  ma  petite  troupe 
joint  aux  sauvages  de  cette  rivière,  formant  en  tout  un  détachement  de  cent  vingt  cinq 
hommes. 

Le  vingt  je  party  pour  Petkekodiaque,  j'arrivay  le  sixième  de  mon  départ,  je 
parcourut  tout  les  endroit  où  je  crut  pouvoir  trouver  les  ennemis  cherchant  toujours 
l'avantage  mon  détachement  n'étant  point  considérable,  ayant  apris  qu'd  étoit  party 
trois  bâtiments  du  fort  Beauséjour  avec  an  détachement  de  trois  cent  hommes  pour 
brûler  les   habitation   de   Chipoudy   et   ensuite   celles   de  Petkekodiaque  et  autres,  j'y 

(1)  Cette  relation  m'a  esté  envoyée  le  vingt  septembre  1755  par  Monsieur  de  Boishébert,  lieutenant 
d'Infanterie  et  Commandant  a  la  Rivière  Saint-Jean,  il  a  esté  fait  Capitaine  en  175G  en  considération  des 
services  qu'il  a  rendus  dans  cette  expédition. 

(Cette  note,  non  signée,  est  du  marquis  de  Vaudreuil. — PL  G.) 


01  \r  ILOQU    Dï       \<   iDli  \       11/  0  DOOl  i//  n  /  237 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  1H 

traversay  la  nuit  en  canot,  je  ne  put    len  emncHchei   de  brûlei    tout< 
oel  be  pi < * 1 1 1 1 <  i  e  ri vii  transportant   nvc<    leui     i  halou|>e     plu 

|i.)ii\ ois  le  Paire  dan    lei  diféren    vila  ;es. 

w  pouvanl  i  eu    ir  je  rei  inl  à  I  '<  il  kekodiac,  I-      \ 
montèrent  le  plue  haut  qu'ils   purtnt  le  flof    el    invoyèreri 

brasier  en  descendant,  ce  qui  fit  que  je  le    joignit  à  un  d<     vi  ■       • 

je  donnai  sur  eu*   ven  quatre  neun     apr<     midy,   l'action  Put        •  i  d< 

d'autre  pendant  une  d<  mie  heure  et  dura  troi    \n  ur<     enviroi 
voyant  que  j'en  vouloit  venir  aux  mains,  je  les  poursuivit  jusqu<  I  m< 

e  jetant  à  la  mer  pour  pouvoir  y  gagner  l<  i  :<u\\r    ton 
dans  la  vase,  ils  firent  voile  à  mer  liant»   pour  Beauséjour,  apn     i 
coups  de  canon  qui  n'eurent  aucun  effet,  ils   ortirent  de  la  rivièi  nt  put  njA( 

Peu  qu'à  six  maisons  avant  que  je  put  le    rejoindre  je  couchay  ls  nu  bioi 

tee. 

Les  Anglois  ont  perdu  sur  le  champ  cinquante  homm(       s  Col 
légers  el  un  officier,  soixante  blessés  qu'ils  avoient  après  avoir  gagni    i    •    bâtiment 
trois  cent   qu'il   étoient,  j'ay    perdu    un   homme,    trois  bl( 
plusieurs  autres  qui  ont  reçu  des  coups  Port  légi 

Les  AccadienR  sortirent  pour  lors  des  bois  et  recueillirent  i-  avoir 

subsister  j'encourageay  les  uns  à  prendre  patience  en  attendant   ■• 
venir  tirer  de  leur  captivité  sous  laquelle   ils  gémissent,   j'engageaj  Pamill< 

plus  embarrassées  a  venir  à  la  Rivière  Saint  Jean  où  je  me  Bui    ren< 
bre  le  vingt  deuxième  que  j'en  étoit  party. 

Le  vingt  trois  Septembre  j'écrivit  à  Monsieur  de  Vaudreuil  et  luy  rendit  c<  mpte  de 
ce  « [U i  venoit  de  se  pa'sser,  de  la  Bit  nation  de  mon  poste,  de  la  né<  i  envoyer  des 

vivres,  que  j'étoit  réduit  depuis  trois  m<  ie  à  mander  du  bled  d'Inde  et  de  la  graie 

Le  vingt  quatre  je  lit  repartir  le  Sieur  de  Nrverville  pour   Petkekodia  ec  un 

petit  détachement   pour  m'assurer  de  la  nouvelle   qu'un  Accadien   venu 
m'avoit  rapporté  que  les  milices  angloisea  a'estoient  révoltées  sur  ce  que  le  Commandant 
les  avoit  voulu  anvoyer  avec  lents  troupe  a  légers  brusler  les  habitats 

J'ordonnay  à  cet  officier  d'interrompre  autant  qu'il  seroit  en  son  pouvoir,  les  trans- 
ports de  Beauséjour  à  la  Baye  Verte,  d'aller  au  dernier  poste  y  brûler  un  in  ou 
je  sçavois  que  les  Anglois  avoient  mis  tout  nouvellement  des  vivres,  ce  que  j'en  avois 
put  faire  exortant  les  trente  familles  à  [sic]. 

Le  vingt-cinq  de  Septembre  je  party  pour  Memeramcouq  havre  qui  est  au  bas  de 
la  rivière  Saint-Jean,    pensant  bien   qu'après  ce   que  je  venoit  de  faire  les  Ângloi 
manqueroient  pas  d'y  venir  voir  s'ils  nous  surprendraient  de  nouvelles  troupes  et  tf 
peut-être  d'y  faire  un  débarquement. 

Duplicata  de  la  lettre  de  M.   de    Vaudreuil  au  ministre. 

Montréal,   18  octobre  1755. 

Monseigneur, — Par  mes  lettres  du  20  et  21  Juillet,  j'ay  eu  l'honneur  de  vous 
informer  que  les  Anglois  s'étoient  rendus  maîtres  du  fort  de  Beauséjour,  et  que  Mon- 
sieur de  Boishébert,  commandant  à  la  rivière  St-Jean  avoit  bruslé  son  fort  ne  pouvant 
s'opposer  à  la  descente  de  l'ennenry  ;  et  que  je  lui  avois  donné  l'ordre,  de  se  concerter 
avec  le  R.  P.  Germain  missionnaire  pour  hiverner  à  la  rivière  St-Jean,  ou  revenir  à 
Québec,  suivant  les  bonnes  ou  mauvaises  dispositions  des  Accadiens  et  des  sauvages. 

Monsieur  de  Boishébert  et  le  Révérend  Père  Germain  m'ont  rendu  des  bons  témoi- 
gnages de  la  conduitte  et  du  zèle  des  Accadiens  et  sauvages  Monsieur  de  Boishébert 
m'a  aussy  rendu  compte  de  ses  mouvemens  pour  s'opposer  aux  vues  des  Anglois. 

Les  Anglois  ne  se  sont  point  bornés  à  la  prise  de  Beauséjour,  ils  ont  voulu  assu- 
jettir tous  les  Accadiens  à  prêter  serment  de  fidélité  au  Roy  de  la  Grande  Bretagne  et 
à  prendre  les  armes  contre  nous  :  mais  ne  pouvant  réussir  ils  les  obligèrent  à  remettre 
leurs  armes  à  feu   après  quoy   ils  les   rassemblèrent   au   fort   de   Beauséjour  (qu'ils  ont 


238  M;<  il!  |    YNADI1  NNEB 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

nommé  le  forl  Gumberland)  -  de  leur  faire  part  de  L'arrangement  du  gouver 

neur  d'Halifax  pour  la  conservation  de  leurs  U  rrea  et  ils  les  retiennent  prisonniers  au 
nombre  de  l()(>  :  chef*  de  famille.  Ils  envoyèrent  deux  de  ces  Accadiens  de  !  i  part  du 
commandant  pour  dire  à  leurs  femmes  d<  nir  prêt  embarquer,  e1  que  sur  leur 

refus,  ils  feroient  brûler  Leurs  habitations. 

Bien  Loin  par  Les  familles  accadiennes  d'obéir  à  cet  ordre,  elles  fuyreni  dans  les  bois, 
leur  refus  porta  les  An-lois  ,(  brûler  entièrement  le  village  de  ta  rivière  Chipoudy, 
en  excepter  L'église. 

Monsieur  de  Boishébert  à   la  tête  de  125  Accadiens  ou  sa  jnit  à  la 

rivière  Petkoudias  ;  il  Les  attaqua  et  lea  combattit   pendant   trois  heures  il  les  i 
vivement  ju«ques  à  leurs  batimens.      Les  Angloia   eurent    12  hommes  tués  ei   L5  ble 
Monsieur  Go rhant,  officier  angloia  très   zélé  fut  du   nombre  des  blessés,  nous  perdîmes 
un  sauvage  et  eûmes  trois  de  blessés,  8Î  Les  sauvages  eussent  été  moins  vifs  il  n'auroit  pas 
échippé  un  seul  Angloia.   .Monsieur  de  Boishébert,  passa  la  nuit  .sur  le  champ  de  bataille, 
il  facilita  le  liens  à   recueillir  une  partie  de  leu»s  grains  retirer  dans  les 

ivec  leurs  i<  mmes  et  enfans  il  leur  a  envoyé  une  grande  gabarre  pour  accélérer 
leur  retour  a  la  rivière  S'  Jean. 

Bauvages  ne  peuvent  qu'être  annimés  contre  les  Anglois;  ils  ont  coupé  par  mor- 

x.  !  1  sauvages  de  la  mission  de  la  rivière  S'-Jean  qu'ils  surprirent  le  long  des  habi- 
tations anglois 

Les  Anglois  ont  pris  contre  le  droit  des  gens,  le  nommé  Grandcour,  sergent  du 
détachement  de  Monsieur  Boishébert,  bien  avant  qu'ils  ûssent  pris  Beauséjour.  Ce 
sergent  avoit  été  par  ordre  de  Monsieur  de  Boishébert,  dans  une  chaloupe  à  la  recherche 
de  neuf  soldats  qui  s'étoient  écartés  de  Plsle  de  la  Perdrix  ;  il  avoit  un  ordre  de  son 
commandant  par  lequel  il  réclamoit  même  l'assistance  des  Anglois  si  le  cas  i'exigeoit. 

Je  n'ay  rien  négligé  pour  sçavoir  la  situation  des  Anglois  à  Beauséjour  ils  sont  au 
nombre  d'environ  900  hommes,  ils  avoient  commencé  à  rétablir  l'intérieur  du  fort,  niais 
depuis  qu'ils  détiennent  les  habitans  ils  ont  cessé. 

J'ay  donné  ordre  à  Monsieur  de  Boishébert  de  se  maintenir  à  la  rivière  S'-Jean 
Monsieur  l'Intendant  lui  a  fait  passer  les  secours  nécessaires  pour  y  hiverner.  Le  Révé- 
rend, Père  Germain  est  à  Québec,  et  j'espère  qu'il  ne  tardera  pas  à  aller  joindre  ses 
sauvages.  • 

Plusieurs  raisons,  Monseigneur,  m'obligent  à  faire  rester  Monsieur  de  Boishébert  à 
la  Rivière  Sl-Jean. 

1.  Tant  que  j'occuperay  cette  rivière  et  y  auray  un  détachement,  je  conserveray  au 
Roy  la  possession  de  l'Accadie,  et  les  Anglois  ne  pouront  pas  dire  qu'ils  ont  forcé  les 
François  de  l'abandonner. 

2.  Je  m'assureray  de  la  fidélité  des  Accadiens  et  des  sauvages,  qui  sans  cela  se  croi- 
roient  abandonnés  et  se  livreroient  peut-être  d'eux-mêmes  aux  Anglois. 

3.  Monsieur  de  Boishébert  attirera  à  luy  tous  les  Accadiens  ceux  qui  sont  à  sa 
portée  comme  ceux  qui  en  sont  éloignés  ;  s'attachera  à  les  réunir  avec  leurs  familles  et  à  en 
former  un  orps.  Les  Accadiens  ainsy  réunis  seront  obligés  pour  leur  propre  sûreté  à 
repousser  vivement  l'ennemy  s'il  se  présente. 

4.  Il  s'occupera  également  de  la  réunion  des  sauvages  et  en  formera  un  corps  égale- 
ment considérable,  il  correspondra  avec  Monsieur  Manach,  missionnaire  à  Miramichy,  et 
suivant  que  le  cas  l'exigera  il  joindra  les  sauvages  de  cette  mission  aux  siens,  pour  s'op- 
poser aux  progrès  de  l'ennemy. 

5.  Il  sera  en  état  d'avoir  constament  des  découvreurs  à  Beauséjour,  et  à  Halifax, 
et  de  faire  quelques  prisonniers  qui  l'instruiront  de  la  situation  et  des  forces  des  Anglois. 

6.  11  poura  former  des  partis  d' Accadiens  et  de  sauvages  pour  harceler  continuelle- 
ment l'ennemy  à  Beauséjour  et  l'empêcher  de  faire  son  bois  de  chauffage. 

7.  En  conservant  la  rivière  St-Jean  je  pourray  avoir  en  tout  temps  des  nou\  elles 
de  Louisbourg,  il  ne  s'agira  que  de  traverser  de  l'Isle  St-Jean  à  Chédaik  ou  en  suivant 
les  terres  après  avoir  passé  le  passage  de  Fronsac   aller  à  ChéJaic  ou  à  Cocagne. 

J'ay  donné  mes  ordres  en  conséquence  à  Mr  de  Boishébert  et  je  lui  ai  essentielle- 
ment recommandé  d'agir  dans  toutes  les  occasions  avec  beaucoup  de  prudence  et  de  se 
concerter  avec  le  Révérend  Père  Germain. 


i,i  \  i  \  1 1,1,1 1    in      \<  i  m i  .      M/*    i">i  i  i//  .  /  289 

DOC.  DE  LA      i 

.1  e  |  i  i e    \I"M  eigneui 
l  année  prochaine,  el    upposo  qun    ou    décidiez  qu'il  n'ont  pu 
A  ngloia  de  l'Aceadie   nj  1  tenir  de  tu  »l 

Je  pourra^  Paire  venir  dam  le  cœur  de  là   Colonie   le      v 
Acoadien     «-n   •>>  al   peu* enl   oonui  n\  iron  hommi 

,  1 , 1  1  p u  x  <  j  u ' i  Ih  1  c  A ngl oi 

Je  iu  1  profond  re  pect,   Mon  < 

\  otre  très  humble  el  ob<  1    fini 

V  \i  DREUIL 

A-///.  'A'  .1/.  </<    Vandteuil  an  m 

MON  I 

MEoNSBKiNi  1  r,     Depuis  l<  s  lettres  que  j'ay  eu  l'honneur  «I  rii       oncern  ■ 

l'Aceadie,  Monsieur  de  Boishébert  m'a  rendu  compte  de  ce  qui 

Les   Anglois  ont  enlevé  de  force  tous  les  Accadiei 
habitations  de  Tintamare^  «lu  Lac,  du  Ponl  à  Buot.     Monsieur  de  Boishébert   ne  p 
arriver  aasé  tost  pour  les  en  empocher. 

Il  ne  restoil  que  ceux  de  Petkekoudiak,  Memeramooucke,  el  Chiboudy  qu'il  a 

Les  Anglois  ont  cependant  enlevé  plusieurs  habitans  «le  ces  contrées  qui 
intimidés  à  la   publication  qui  fut  faite  le  15  aoust  de  l'ordre  du  commandant  de  B 
séjour. 

Ils  ont  fait  fustiger  deux  femmes  et  les  ont  fait  mou  ri  1  sous  leurs  coups,  ils  en  ont 
aussy  fait  fustiger  plusieurs  autres  et  usent  de  toutes  sortes  de  violences  à  leur  égard. 
Ausvsy  Monsieur  de  Boishébert,  pour  se  venger  de  ces  cruautés  se  propose  de  ne  point 
racheter  les  prisonniers  que  les  sauvages  feront  à  Beauséjour. 

Monsieur  de  Boishébert  suivant  nies  ordres  fera  passer  à  Chedaik  toutes  les  femmes 
et  enfans  à  l'arrivée  des  petits  batimens  que  je  lui  ai  fait  expédier  à  Cocagne,  et  d'abord 
après  qu'il  les  aura  mis  à  couvert  de  l'insulte  de  l'anglois,  il  mettra  tout  en  usage  pour 
interrompre  le  transport  des  anglois  à  la  Baye  verte;  il  ne  négligera  même  rien  pour 
leur  faire  abandonner  le  fort  de  Gaspereaux.  * 

VAUDREUIL. 

Lettre  de  M.  de  Vaudreuil  au  ministre. 

A  Montréal,  le  1"  juin  1756. 

Monseigneur, — J'ay  l'honneur  de  vous  rendre  compte  de  ce  qui  s'est  passé  k 
L'accadie  depuis  la  lettre  que  j'ay  eu  celuy  de  vous  écrire  le  6  febvrier. 

Le  15  janvier  les  sauvages  ont  surpris  et  pris  à  l'abordage,  au  havre  à  L'Etang,  une 
Goélette  angloise  armée  de  6  canons  et  de  10  hommes  d'Equipage  chargée  de  l'approvi- 
sionnement de  la  garnison  de  Port  Royal,  il  y  avoit  dans  cette  Goélette  un  officier  d'ar- 
tillerie destiné  à  commander  celle  du  fort  de  Beauséjour,  ces  sauvages  ont  amené  cette 
Goélette  à  Menacoèche  {a).  M.  de  Boishébert  l'a  fait  entrer  dans  la  rivière  de  Belle  Isle 
où  elle  est  en  sûreté.  Les  sauvages  en  ont  fait  présent  au  Roy  mais  ils  se  sont  appro- 
priés la  plus  grande  partie  de  sa  cargaison. 

Le  20  janvier  M.  de  Boishébert  partit  de  Cocagne  à  la  tête  de  120  hommes  de 
troupes,  accadiens  ou  sauvages  pour  aller  à  la  rencontre  de  l'ennemy.  Le  24  les  sauva- 
ges n'ayant  pas  de  quoy  subsister  dans  son  camp,  se  hazarderent  à  aller  tuer  des  bœufs, 
au  Lac  Jolicœur  ;  où  ils  furent  apperçus  de  quelque  anglois,  M.  de  Boishébert  fut  infor 
mé  par  ses  découvreurs  que  l'ennemy  n'étoit  qu'à  un  quart  de  lieue  de  son  camp,  il  mar- 
cha aussitôt  pour  l'attaquer,  mais  il  (l'ennemi)  feignit  de  dénier  pour  s'en  retourner  et  ne 
fit  paraitre  dans  la  pleine,  qu'environ  50  hommes  Le  reste  consistant  en  450  soldats  de 
troupes  réglées  et  milices,  êtoit  caché  M.  de  Boishébert  qui  ne  se  méfioit  pas  donna  sur 
(a)  Menagouech. 


240  AROHn  />   OANADIE2TNE& 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

eux,  La  troupe  qui  êtoil  embusquée  l«'  laissa  engager  et  le  chargea  d'assés  prés.  La 
plus  grande  partie  des  sauvages  reculeront,  M.  de  Boishebert  soutint  cependant  le  choc 
avec  ses  troupes  et  (les)  accadiens  il  ôtoit  heureusement  au  vent  et  à  la  faveur  d'un 
brouillard  il  lit  sa  retraite,  sans  quoy  il  au  mit  été  enveloppé,  nous  ne  perdimes  pas  un 
hominp  ny  n'en  eûmes  pas  de  blessé.  Il  n'en  fut  pas  de  même  de  l'ennemy  à  en  juger 
par  les  traces  de  sang  qu'on  s  vu.  M.  Scot  commendant  a  Beausejour  avoit  envoya 
détachement  au  devant  de  M.  de  Boishebert  sur  la  reconnoissance  qu'il  avoit  eu  de  sa 
marche,  par  trois  accadiens  enlevés  au  moulin  de  Memeramcoucke,  et  un  suisse  déserteur 
de  chés  Les  anglois  étably  depuis  trois  ans  à  l'accadie. 

Suivant  mes  ordres  M.  de  B  rishebert  détacha  20  hommes  pour  aller  brûler  à  la 
Baye  Verte  un  bâtiment  de  100  tonneaux  que  les  anglois  y  construisoient  et  une  goélette 
qu'ils  nous  avoient  cy  devant  pris,  laquelle  ôtoit  assés  prés  du  fort,  ce  détachement  brûla 
ces  bâtimens,  tua  7  anglois  et  mena  un  prisonnier. 

Le  8  febvrier  (a)  un  bâtiment  anglois  vint  dans  le  bas  de  la  rivière  St-Jean,  il  fit 
des  signaux  françois  et  envoya  sa  chalouppe  à  terre  pour  demander  un  pilote,  disant  qu'il 
venoit  de  Louisbourg  chargé  de  vivres,  un  accadien  eut  la  légèreté  d'aller  à  son  bord 
mais  il  n'y  fut  pas  plus  plutôt  que  le  capitaine  fit  hisser  son  pavillon  et  fit  une  décharge 
de  son  artillerie  sur  les  accadiens  qui  étoient  à  terre,  après  quoy  il  se  rendit  dans  le 
havre,  mais  les  accadiens  s'embusquèrent  et  firent  un  feu  si  vif  de  leur  mousqueterie 
qu'ils  l'obligèrent  à  s'en  retourner  à  port-Royal. 

Les  anglois  ayant  pris  et  fait  embarquer  de  force  à  port-Royal  36  familles  acca- 
diennes  faisant  nombre  de  226  personnes  dans  un  bâtiment  portugais,  pour  aller  à  la 
Caroline,  ces  accadiens  se  révoltèrent,  et  s'étant  rendus  maitres  du  bâtiment  le  menè- 
rent à  la  rivière  St-Jean  le  12  febvrier  (b).  M.  de  Boishebert  n'a  pu  éviter  de  le  faire 
brûler  parce  que  le  vaisseau  anglois  qui  l'excortoit  n'étoit  pas  éloigné  et  qu'on  craignoit 
qu'il  le  reprit. 

200  habitans  de  port  Royal  demandent  à  venir  à  la  rivière  St-Jean  et  plusieurs  de 
Memeramcoucke  sont  arrivés  à  Jedaïque.  J'espère  que  ceux  de  Pékoudiac  qui  sont 
obstinés  à  rester  sur  leurs  terres,  les  imiteront.  M.  de  Boishebert  prend  toujours  des 
justes  mesures  pour  retirer  à  la  rivière  St-Jean  tous  les  accadiens  et  les  disposer  ainsy 
que  les  sauvages  à  faire  tous  leurs  efforts  pour  rendre  inutiles  les  mouvemens  des 
anglois. 

M.  de  Boishebert  a  envoyé  à  Québec  la  plus  grande  partie  des  prisonniers  qui  sont 
à  la  rivière  St-Jean.  Comme  j'espère  que  le  nombre  de  ces  prisonniers  grossira  et  qu'il 
seroit  dangereux  de  les  laisser  à  la  rivière  St-Jean  j'ay  donné  ordre  à  M.  de  Boishebert 
de  les  faire  conduire  à  Caraquet  qui  est  à  20  lieues  de  miramichis,  où  ils  trouveront  une 
chalouppe  pour  les  recevoir  et  les  mener  àGaspé,  d'où  ils  seront  envoyés  à  Québec  par  les 
premières  occasions. 

Suivant  le  raport  de  ces  prisonniers  et  les  connoissances  que  j'ay  par  les  papiers  pris 
aux  anglois,  il  y  a  1,000  hommes  de  garnison  à  le  Pointe  à  Beauséjour,  150  hommes  à  la 
Baye  Verte,  et  150  hommes  au  fort  Lawrence.  Les  anglois  ont  reçu  l'habillement  pour 
trois  régimens,  qu'ils  attendent  de  la  vieille  angleterre,  ils  doivent  venir  le  printems  à 
la  rivière  St-Jean  ;  ils  sont  prêts  à  placer  une  batterie  à  Oueskaks  ;  s'ils  y  parviennent 
ils  repareront  à  leur  avantage,  la  faute  que  nous  avons  faite  en  négligeant  cette  pointe, 
cette  batterie  est  capable  d  empêcher  tous  les  débarquemens  que  l'on  pourroit  tanter  de 
faire  dans  la  rivière  de  Beauba^sin.  Leur  projet  est  de  ravager  tout  le  bas  de  la  rivière 
de  Canada  et  de  prendre  possession  de  gaspé,  il  y  avoit  à  Alifax  deux  vaisseaux  de 
ligne  et  17  navires  françois,  pris  l'été  dernier,  lesquels  doivent  server  à  l'expédition  de 
la  rivière  St-Jean  pour  laquelle  ils  doivent  mettre  2,000  hommes  sur  pied. 

J'aurois  bien  souhaitté,  Monseigneur,  recevoir  vos  ordres  au  sujet  de  la  rivière  St- 
Jean,  et  des  accadiens.  Je  mettray  autant  que  la  situation  de  la  Colonie  me  le  per- 
mettra, M.  de  Boishebert  en  état  de  s'y  maintenir,  en  luy  faisant  passer  des  vivres  pour 
secourir  les  accadiens  et  les  sauvages.  Je  n'oublie  pas  les  munitions  de  guerre,  et  vous 
pouvés  juger,    Monseigneur  des  comptes    que  j'ay  l'honneur  de   vous   rendre,   que  les 

(a)  L'abbé  LeGuerne  dit  le  9  février. 

(b)  C'est  le  8  février  qu'il  faut  lire. 


<,i  \  I   i  /  in.ii    m        [CADUCS       il/'     /""  t  MKN1 

DOC.  DE  LA  SESSION   No    18 

Ordres  que  |  .i\  iloiiiii's  pour  l<-    un  h  1  it-n      et   li 

vain,  m  oui    point   èU    infructueux      Je  d(    ire  qui          i  inj   le 

oourabb  de  oe  n ienl   tu    y  bonne    que  celles  qu<  Je  ne 

rappelleray  M   de  Boi  beburt  nv  le    mu    ionn.iins  <  i  y  w  m  -m.  r.r    i> 

le  oœur  de  la  Colonie  qu'à  la  dorniei    i    bremib               [u'il  nu-    ■  i  i  n.  niip'i» 

Me  ili     Lui  .•   inirii  \ 

Je  mu  pi  •  »fon< I  n    | >oct ,  Mon  cigneur, 

Votre  i  y     bumble  et  '  i  • 

\  ai  fDREl  il 

trait     <hili<      hlfr-      <l>       Vtmirrutl     il"      ni' 

\    Mus  i  rJ  m..   l«-   l"<  juin   1 7" 

MoNSEIQN]  i  i;. 

*******  »»»*** 

J'attens,    incessamment    des   nouvelles   de    i'accadie,    }<•    ne  puis  que  les 

anglois  n'y  feront  pas  de  nouveaui  progrés,  je  u'ay  pa     manqué  de  <  l« »i i m- j   nu      ordrec 
à  tous  égards  a  M.  de  Boishebert,  mais  je  dois  tout,  craindi  ne  l'eni 

en  état  démettre  Bur  pied  des  l'ouverture  de   la    navigation  cet    officier  suivant  mes 
intentions  doit  avoir  formé  une  ambuscad<    p< >vi r  enlever  les  cou  iera  d'Alifai  a  i 
Bejour  et  s'il  v  a  réussi  je  recevrai  dans  ce  mois  les  dépêches  dont  ils  êtoient  charg 


Duplicata  de  la  Jet! ri  de    Vaudreuil  au   minisi 

A  Moin  i:i';ai,  le  fi  aoust  1 7 

MONSEIGNEUR, — Il  me  tardoit  de  recevoir  des  nouvelles   de  la  rivie  an   n'en 

avant  pas  eu   depuis  cet  hyver  je   craignois  que   les  secours   que  j'avoia   envoyé    aux 
accadiens,  et  les  ordres  que  j'avoia  donné  à  M.  de  Boishebert,   ne  pussent   !<■  m< 
état  de  résister  aux  forces  que  j'étois  prévenu  que  l'ennemy  devoit   mettre  Bur  pied. 

Les  lettres  que  j'ay  reçu  par  trois  différens  courriers  m'ont  bien  rassuré,  je 
pas  été  peu  satisfait  d'apprendre  que  mes  soins  à  animer  les  accadiens  et  les  sau\ 
a  voient  rompu  les  projets  de  l'ennemy. 

J'avois  donné  ordre  à  M.  de  Boishebert  de  s'attacher  à  prévenir  l'effet  des  mesures 
que  l'anglois  pourroit  prendre  pour  interrompre  la  transmisgration  des  accadiens  sur  nos 
terres,  je  me  doutois  bien  qu'il  y  auroit  des  croiseurs  entre  le  cap  tourmantin  et  l'isle 
St-Jean,  et  à  l'entrée  de  la  Baye  Verte,  l'un  de  ces  croiseurs  armé  de  6  canons  vint  se 
remettre  en  carène  à  l'entrée  de  la  rivière  de  Gasparos,  un  party  de  sauvages  qui  If 
guétoit  saisit  l'instant  que  l'équipage  de  ce  batteau  fut  au  fort  de  Beauséjour,  il  y  mit 
le  feu  et  en  vain  les  anglois  voulurent-ils  essayer  de  l'éteindre. 

Il  reste  encore  un  autre  croiseur,  M.  de  Boishebert  surveillera  k  le  faire  égale- 
ment brûler  ou  a  le  prendre. 

Un  détachement  de  sauvage  que  cet  officier  envoya  a  merligueche  tua  sur  l'isle  20 
habitans,  brûla  deux  grands  magazins,  prit  une  femme  et  trois  de  ses  enfans,  cette 
femme  a  dit  être  native  de  Caën  en  normandie,  qu'elle  avoit  été  transportée  depuis 
deux  ans  sur  cette  isle  et  qu'il  y  avoit  beaucoup  de  françois  qui  y  habitoient,  malgré 
eux,  il  est  fâcheux  que  les  coups  de  nos  sauvages  ayent  directement  porté  sur  des 
françois  surtout  s'ils  ne  sont  point  de  leur  bon  gré  à  Merligueche,  j'écris  à  M.  de 
Boishebert  de  sçavoir  de  cette  femme  s'il  ne  seroit  pas  possible  d'induire  ces  françois  à 
une  révolte,  je  luy  observe  que  cette  tentative  exige  beaucoup  de  circonspection,  il 
seroit  heureux  qu<*  ces  françois  pussent  exécuter  un  coup  d'éclat,  comme  de  brûler 
Merligueches  et  de  décamper  ensuitte  sur  nos  terres. 

15  sauvages  envoyés  au  port-Royal  ont  tué  5  anglois  à  l'habitation  du  cap. 


242  ARCHH  E8  <   t  \  \l>ll  \  \EH 


5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 


21  Bau>  ittaquen  I   anglois  qui  bis  'lu  fort   d  •  ta  Baye  verte; 

pour  faire  du  b  le  canon  rt,   uoi  sauvages  oe  1  il  que  cinq  coups  de 

fusils  ils  firent  leur  cri,  foncèrent  sur  ces  anglois  dont  la  plus  grande  partie  n'étoienl  pus 
armés,  ils  les  mirent  eu  fuite  et  en  tuèrent  ou  bl  \i  plus  des  trois  quarts  à  coup  do 

beils  les  poursuivirent  jusqu'au  désert  qui  entourre  le  fort,  ils  ne  purent  lever  que 
1  1  chevelure  artillerie  de  l'ennemy  les  ayant    oblig  tirer,  il  n'y  eut 

qu'un  abenakia  de  L       ibenakis  ont   frappé  plusieurs  fois  aux  enviions  du  fort 

de  Beausëjour. 

le  pictou  ont  fait  plusieui  elures  cet  hyver,  Lis  on  1  été  les  porter 

à  louisbourg. 

Environ  50  anglois  débarquèrent   nuitament  à  chipoudi  ils  surprirent   dans   une 
-on  qu'iN  n'avoient  point  encore  brûlé   2  accadiens  et  deux  ei  ls  les  interrogè- 

rent après  quoy  ils  tuèrent  les  deux  hommes,  l'ennemy   n'a   point  fait  d'autres   prog 

J'aurois  bien  soubaitté,  Monseigneur,  que  les  coups  de  nos  Sauvagi  -  eussent  été  plus 
considérables,  je  m'en  plains  à  M.  de  Boishebert  et  à  Mr~  les  Missionn  irtoutparra- 

port  à  l'inaction  des  accadiens  j'espère  qu'ils  feront  mieux  a  l'avenir  cependant  ils  ont 
en  partie  rempli  mes  vues  puisque  les  anglois  n'osent  pas  sortir  de  leurs  forts  et  que  lors- 
qu'ils y  sont  absolument  obligés  ils  n'y  laissent  que  très  peu  de  monde. 

M.  de  Boishebert  m'écrit  qu'il  ne  craint  plus  pour  son  poste  il  a  fait  placer  néan- 
moins en  batterie  dans  un  détroit  de  la  Rivière  deux  canons  de  calibre  de  8,  deux  du 
calibre  de  2,  et  12  pierriers  il  y  a  fait  un  retranchement.  Sa  position  est  des  plus  favo- 
rables, et  il  espère  que  si  l'anglois  s'engage  dans  la  rivière  nous  aurons  l'avantage  sur  luy 
je  luy  recoramende  expressément  d'avoir  attention  à  ne  pas  faire  des  ouvrages  qui  puis- 
sent en  cas  d'événement  fâcheux  luy  être  nuisibles  et  de  se  conserver  toujours  la  liberté 
de  se  retirer  et  se  mettre  à  portée  dinquietter  vivement  l'ennemy  la  nuit  comme  le  jour 
jusqu'à  ce  qu'il  l'aye  réduit  à  la  dure  nécessité  de  rembarquer. 

La  disette  de  vivres  a  obligé  M.  de  Boishebert  de  faire  passer  sur  l'isle  S'-jean  49 
familles  il  en  a  aussy  envoyé  quelques  unes  à  quebec  il  a  eu  600  personnes  outre  les  sau- 
vages à  nourir  pendant  l'hyver  il  a  prés  de  luy  30  familles  de  port  royal  il  y  a  encore 
1,000  personnes  dans  les  rivières,  qui  pour  la  pluspart  sont  dans  l'extrême  besoin,  il  me 
prévient  que  je  seray  obligé  de  lui  envoyer  des  vivres  pour  la  subsistance  de  250  person- 
nes qui  vont  venir  à  luy. 

Les  habitans  des  Rivières  luy  ont  envoyé  des  députés,  il  leur  a  dit  de  se  retirer  le 
plus  avant  qu'ils  pourroient  dans  les  bois  en  attendant  qu'il  put  les  secourir. 

Il  a  reçu  aussy  des  lettres  des  habitans  des  mines  retirés  dans  les  bois  et  de  ceux  de 
port  Royal  qui  sont  au  cap  de  Sable  depuis  l'automne  les  uns  et  les  autres  le  prient  de 
vouloir  bien  les  recevoir,  ceux  de  Gibouctou  (a)  après  avoir  commercé  avec  les  anglois 
ont  été  surpris  et  enlevés  par  un  détachement,  je  pense  que  cette  avanture  ne  contribué 
pas  peu  au  désir  des  habitans  des  mines  et  de  port-Royal  pour  venir  sur  nos  terres. 

il  est  arrivé  à  la  rivière  S1 -Jean  5  familles  d'accadiens  faisant  nombre  de  50  person- 
nes revenant  de  la  Caroline,  ces  accadiens  ont  dit  à  M.  de  Boishebert  qu'il  venoit  encore 
environ  80  personnes. 

Ils  ont  raporté  que  le  gouverneur  de  la  Caroline  leur  a  donné  leur  passeport  jusqu'à 
la  Virginie  où  le  Gouverneur  les  retiendroit  ou  les  renverroit,  que  celuy  cy  leur  ayant 
dit  qu'ils  pouvoient  s'en  retourner  d'où  ils  etoient  venus,  ils  acceptèrent  une  chalouppe 
furent  à  newyork  où  le  Gouverneur  leur  donna  un  pilote  pour  les  conduire  ils  n'ont  pas 
voulu  entrer  dans  Baston  ils  ont  continué  leur  route  et  sont  arrivés  le  16  juin  à  la 
Rivière  S'-Jean. 

ils  ont  ajouté  que  15  accadiens  avoient  été  envoyés  à  Londres  où  ils  avoient  été 
mandés. 

Que  300  habitans  des  mines  étoient  prêts  à  s'embarquer  que  les  uns  leur  disoient 
que  c'étoit  pour  aller  en  angleterre  d'autres  pour  Louisbourg  ou  quelqu'autre  endrois  où 
ils  verroient  des  francois. 

Les  9  accadiens  qui  étoient  revenus  du  fort  duquêne  sont  arrivés  en  même  tems  à 
la  Rivière  S'-Jean  le  récit  qu'ils  feront  des  cruautés  de  l'anglois  ne  pourra  qu'animer  les 
accadiens  et  les  sauvages,  je  renouvelle  mes  ordres  à  ce  sujet  à  M.  de  Boishebert,  et  je 
prie  Mrs  les  missionnaires  d'y  concourir  en  tout  ce  qui  dépendra  d'eux,   il   ne  seroit  pas 

(a)  Chibouctou  aujourd'hui  Halifax. 


i.l   \  I    M  Ullll     1)1         H    \l>'l   \         II/'      1HH  I 

D0<  IH 

n.ii  urel  que  le  i  ui 

oe '     de  leui    •  l-   pour  l«  Il 

Tou  ii  -.ni  •  i  M    ii 

a  moi    iu<    M  >i  amie  h  i    i  ni  nndi  uîm  où  il    < 

prochain,  que  la  lai 

quebeo  ils  eapei ent  de  i 

si  Jean  lirfioulté  du  transport  par  th< 

leur  demande,  i  a  )  donné  ordre  à  M.  de  6 

bdiena  qui  lont  ue  de  môme  que  boufc  I    n 

i.i  i; i v  [ei i    3 1 -Jean  et    a    en 
ivoir  el  met  t  re  a  M.  l'intend 

pluaieur    i  la  ci     i  lé|  >ut      m'ont    ollicil  <•  1 1 

qui  m  "ut   été  i  «-iin  oyés  de  la    1  î  i  v  i  femm< 

autres  parens  qui      ni  detunus  au  forl  de   Beausejour  je  le  leu 

itour  de  ces  prisonniers  pourrait   noua  et  ranimer  la 

fiance*  de  ces  accadiens  aux  frai  I  le    engagei    à  frapper,   je  leui  >rdé  le  < 

mandant  du  batteau  anglois  que  nous  :i\»>ns  pi  Ontario  n'ayant  j 

liberté  ny  le  berna  de  rien  voir  nj   icavoir  de  m  tation. 

Les  Sau  de  pentagoèt  ayant   occa  ionm    une   grandi 

à  la  rivière  St  .Iran  je  me  Buis  décidée  lesrappellei  ire  au  R 

de  les  mener  à  la  Bausse  < > î i  nous  pourrons  aisément   el  à  peu  de  î\  turir,  ils 

it  d'ailleurs  à  portée  de  me  dédommager  des  d 
allant  en  party  Bur  l'anglois  avec  nos  domiciliei 

Comme  je  n'ay  pas  reçu  vos  ordres,   Monseigneur,  concernant   les  arrangement  que 
j'ay  pris  je  ne  puis  me  dispenser  de  les  continuer  il  est  indispensable  de  mettre  les 
•  liens  en  Bureté  pour  pouvoir  les  envoyer  en  guerre  de  là  dépend  la  conservation  de  la 
Rivière  St  Jean,  le  peu  de  bestiaux  qui  reste  s  .r  les  terres  seroit  détruit  les  reçoit 
mAme  les  semences  consommées  et  enfin  nous  serions  obligés  d'abandonner  l'accadie. 
Je  suis  avec  un  ti«;<  profond  respect,  Monseigneur, 

Votre  tivs  humble  et  très  obéissant  Berviteur, 

VAUDREUIL. 

Dupl\  la  lettre  de  M.  de  Vaudrenil  au  minisfo 

A  Montréal,  le  7  aoust  17" 

MONSEIGNEUR, — Quoique  je  sois  persuadé  que  M.  le  chev"  de  Drujourt  vous  rend 
le  compte  le  plus  exact  de  tout  ce  qui  concerne  la  partie  de  l'isle  St-jean,  néanmoins 
comme  je  m'en  occupe  sérieusement,  je  dois  avoir  l'honneur  de  vous  informer  de  ce  que 
M.  de  Villejoin  m'écrit  sur  les  ordres  que  je  luv  ay  donnés. 

Je  luy  avois  recommandé  de  porter  les  accadiens  et  sauvages  à  rechercher  l'occasion 
de  frapper  l'anglois  je  sçavois  qu'elles  étoient  rares  de  ce  côté  là,  mais  ma  prévoyance 
n'a  pas  été  absolument  infructueuse.  11  envoya  7  sauvages  aux  environs  de  péjeguit  qui 
levèrent  deux  chevelures  et  luy  menèrent  un  prisonnier. 

Il  fit  aussy  frapper  les  accadiens  qui  ont  hyverné  à  cobéguit  ils  luy  ont  envoyé  •"> 
déserteurs,  ils  étoient  7  lorsqu'ils  les  appercurent  ;  ils  en  tuèrent  un,  les  3  autres  furent 
repris  par  les  anglois. 

La  misère  est  grande  dans  l'isle  St  Jean,  la  pluspart  des  habitans  sont  sans  pain 
M.  de  Villejoin  ayant  nourri  depuis  l'automne  1257  personnes  réfugiées  il  en  a  reçu  ce 
printems  230  de  cocagne  mais  ils  a  été  obligé  de  faire  passer  quelques  familles  à  quebec 
par  ordre  de  M.  de  Drucourt  et  suivant  mes  intentions  il  s'est  débarassé  des  habitans 
les  moins  laborieux. 

Il  a  envoyé  à  tatamigouche  quatre  batteaux  ou  Goélettes  pour  chercher  des  habitans 
et  des  bestiaux,  il  a  du  monde  en  campagne  sur  les  terres  de  l'accadie  qui  travaillent 
aussy  à  en  ramasser  il  espère  tirer  encore  des  bons  habitans  du  côté  de  cobéguit,  mines 
ou  péjeguit  qui  sont  aisés  en  bestiaux  et  en  argent  lesquels  joints  à  ceux  qu'il  a  seront 
surhsans  pour  former  des  bons  établissemens  sur  l'isle  St-Jean. 


244  ARCHIVES  CA NADIENN 1  S 

5-6  EDOUARD  VII.  A.  1906 

Un  bâtiment  que  M.  de  Villejoin  avoil  eagne  a  mené  à  l'isle  St-Jean 

87  accadiena  dont  16  sont  du  nombre  <l  'a  50  qui  sont  revenu»  de  la  Caroline. 

Les  accadiena  ont  fait  les  mêmes  raports  à  M   '1"  Villejoin  qu'à  .M.  d<-  Boiahebert, 

ils  ont  ajout»'  : 

qu'ils  n'avoient  été  nourris  qu'un  mois  el  deray  en  arrivanl  <ju<-  les  anglois  leur 
avoient  dit  qu'il  n'avoient  qu  à  travailler  pour  gagner  leur  ue. 

qu'ils  leur  ont  proposé  à  tous  de  prendre  des  habitations  et  de  signer  pour  eux. 

qu'il  y  avoit  1,100  accadiens  à  la  Caroline  el  600  à  1 1  Virginie  que  1ijs  anglois  ont 
fait  embarquer  qu'ils  ont  fait  courir  le  bruit  qu'ils  les  menoient  à.  la  \ieille  angleterre 
pour  les  ('changer  avec   la  franco. 

Que  les  habitans  de  la  Virginie  ont  été  bien  inquiétés  et  ont  perdu  beaucoup 
de  monde  par  les  sauvages  même  leurs  ancien?  ail 

Qu'ils  ont  oui  dire  aux  anglois  qu'ii  leur  étoit  arrivé  22  vaisseaux  de  guerre  pour 
toute  la  nouvelle  angleterre. 

Il  paroit,  Monseigneur,  que  les  anglois  congédient  1ns  accadiens  qui  leur  sont  à 
charge,  je  ne  négligeray  rien  pour  acquérir  bous  ceux  qu'ils  renverront. 

Deux  goélettes  qui  avoient  été  envoyées  de  Louis  bourg  à  l'isle  St-Jean  chargées  de 
vivres,  ayant  été  obligées  de  relâcher  aux  3  Rivières  pendant  qu'une  frégate  et  un 
senault  anglois  croisoient  dans  la  Baye  M.  de  Villejoin  ordonna  aux  capitaine1-  de 
mettre  en  dépôt,  la  moitié  de  leur  cargaison  et  de  profiter  du  premier  vent  favorable 
pour  se  rendre  au  port  de  l'isle  Sl-Jean  en  prenant  leurs  précautions  peut  éviter  les 
bâtimens  anglois. 

L'une  de  ces  Goélettes  se  rendit  heureusement  mais  l'autre  fut  apperciie  des  anglois 
qui  la  poursuivirent  avec  des  berges  elle  ne  put  gagner  la  Rivière  du  ouest  où  M.  de 
Villejoin  avoit  placé  un  détachement  elle  fut  s'echoiier  dans  ceîle  du  nord-est  L'équipage 
n'eut  que  le  moment  de  se  sauver. 

Les  anglois  n'ont  pas  reparu  depuis  dans  la  Baye  M.  de  Villejoin  a  profité  de  ce 
tems  pour  tirer  des  bestiaux  des  terres  de  l'accadie,  il  a  eu  jusqu'à  présent  de  tatami- 
gouche  et  de  ses  environs  autour  de  400  bêtes  à  corne  il  en  a  envoyé  178  à  Louisbourg. 

Si  nous  avions  des  forces  dans  la  Baye  ou  que  nous  pussions  y  agir  s^ns  opposition 
de  la  part  de  l'anglois,  M.  Villejoin  se  flatteroit  de  bien  munir  l'isle  St-Jean  et  de  pou- 
voir par  la  suite  subvenir  aux  besoins  de  Louisbourg,  il  pourroit  aussy  bien  inquiéter 
l'ennemy. 

conformément  à  mes  ordres  M.  de  Villejoin  a  disposé  les  habitans  à  agir  suivant 
les  circonstances,  il  leur  a  fait  distribuer  de  la  poudre  et  des  balles  il  n'a  pu  envoyer 
des  fusils  à  ceux  qui  n'en  ont  pas  il  n'en,  avoit  que  200,  sur  qu->y  il  a  armé  la  jeunesse 
qu'il  a  cantonné  sur  la  côte. 

Il  a  transporté  ses  magazins  dans  la  Rivière  du  nord-est  qui  est  bien  peuplée,  il  a 
envoyé  dans  le  haut  de  cette  Rivière  les  femmes  qui  étoient  prés  de  luy,  il  a  conseillé 
aux  habitans  de  mettre  leur  famille  et  leurs  bestiaux  dans  le  bois  afin  qu'ils  n'ayent  à 
penser  qu'à  se  défiendre. 

En  cas  d'attaque  il  peut  descendre  cette  Rivière  et  si  louisbourg  ne  pouvoit  luy 
procurer  des  secours  en  troupes  ou  autrement  il  prendroit  le  party  de  faire  poster  à  l'em- 
bouchure de  cette  Rivière  trois  canons  qu'il  a  qui  ne  peuvent  luy  servir  que  pour  signal, 
n'étant  pas  même  en  batterie  et  ne  sçachant  où  les  placer  sur  la  pointe  qu'il  habite. 

M.  de  Villejoin  ne  sçauroit  dans  les  circonstances  présentes  être  trop  muni  en  co- 
mestib'.e,  munitions,  armes  et  vètemens  pour  faire  face  à  tout  soit  pour  les  réfugiés  soit 
pour  les  Sauvages. 

Les  bleds  et  les  autres  semences  annoncent  une  assés  bone  récolte  a  l'isle  St  Jean. 

Je  suis  avec  un  très  profond  respect,  Monseigneur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 


VAUDREUIL. 


<i  \  I   VL0Q1Ë  DES    LO  Wll  \       W'FA     '"><  !   Mi      i 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

/',  / ni ,,    1,1   ,i     ,,  '  ii ,     ,1,    1/  ,/,    Vaudretiil  au  mini*h 

\      M'.N  I  Kl     VI   .     le    "-    h-     -Ii.l.i  | 

M . >\  i  n.  \  i  i  i.,     Comme  il  n'y  à  pt     i  douter  d'apn     le  raport  do  tou  pi 

oiera  Anglois  que  l'ennemy    n  tii  •  ur  Loui  Ixj  qu'il  pourroit   bien  entre 

prendra  de  '  utei  th     le  petil  printem  inl    mieui   qu'il  roire 

qu'il  oonnoit  parfaitement    l'état  de  cette  place,  el  '|  i  il  n'<  irel  de  pen  ei  qu'il 

attende  qu'elle  toit    dans  le  meilleur  état  de  déffen  prévenu  M.  de  Drucourt  que 

i'a voit  donné  ordre  à  M .  de  Boisheberl    Commandai  uter 

tous  ceux  qu'il  luy  donnera  suivant    l'exigeanee  dea  cas  prient  qu'il 

luy  demandera  en  accsdieui  et  poui     e   rendra  par  l'i  le  î  port 

Toulouse  et  de  la  aux  environa  de  Loui  ibourgen  joignant  à  aon  détachement  le    Micraack 

n  pourroit,  Monseigneur,  se  placer  aisément   dans  une    iluation 
pour  harceler  constamonl  l'ennemy  h  favoriser  dea  fréquente)     orti  troupe 

dirigerait  si  manœuvre  relativement  aux  signaux  que  ftf.de   Drucourt  luy  don i 

Je  8uia  bien  perauadé,  Monseigneur,  que  M.  de  Drucourt  me  syaura  bon  gré  de  < 
prévoyanoe,    il  est  certain  que  si  lora  du     iege  de   Louiabourg  le  gouverneur  de  i 
place  .- *  v  «  * 1 1   accepté  la  proposition  quo  luy  fit  M.  Marin  de     j  transporte)    ivec  un  déta 
ohement  do  Canadiens  et  Bauvagea  l'ennemy  n'auroit  pas  j > r  i    Louiabourg 

Quand  M.  de  Boisheberl  ne  rasaembleroit  que  200  volontaires,  200    au  '  les 

Micmack  il  seroil  en  état  de  former  un  camp  de  6  à  7<<(|  hommes  et  M.  «I«-  Drucourt 
pourroit  frequament  mettre  les  assiegeans  entre  deux  feux. 

Au   surplus,    Monseigneur,  je  n'ay  pas  manqué  de  prescrire  à  M.  de  Boishebert  les 
justes  mesures  qu'il  devoit  prendre  pour  )a  surette  de  la    Rivien    S    •  in   pendant 
absence. 

Je  n'ay  pas  laissé  ignorer  à  M.  de  Drucourt  la  disette  extrême  <>u  nous  somme 
vivres  et  qu'il  doit  essentiellement  s'attacher  à  vous  en  demander. 
Je  suis  avec  un  très  profond  respect,  Monseigneur, 

Votre  très  humble  ai  très  obéissant  serviteur, 

VAUDREUIL. 

Lettre  de  M.  de  Vaudrev.il  au  ministre. 

A  Montréal,   18  avril   1757. 

Monseigneur, — Quoique  je  suis  persuadé  que  Monsieur  le  chevalier  de  Drucourt 
ne  vous  laisse  rien  ignorer  de  tout  ce  qui  concerne  l'fsle  S'-Jean,  néanmoins  je  dois  avoir 

l'honneur  de  vous  informer  de  mouvement  que  M.  de  Villejoint  a  fait  faire  en  exécution 
de  mes  ordres. 

Un  accadien  enleva  deux  esquifs,  l'un  sous  le  fort  de  Gasparaux  et  l'autre  à  une 
petite  distance  de  ce  fort  il  n'y  restoit  qu'un  troisième  esquif  que  Monsieur  de  Ville- 
joint  aura  vraisemblement  fait  brûler. 

Un  détachement  de  60  accadier.s  de  bone  volonté  prit  un  nombre  de  chevaux  et 
quarante  bœufs  aux  environs  du  fort  de  Pégéguit,  tua  13  anglois  et  en  blessa  quatre  se 
rendit  maître  d'un  magazin  dans  lequel  il  y  avoit  trois  cents  barriques  de  bled^  60  barri- 
ques de  farine,  quatre-vingt  dix  quarts  de  lard  et  dix  tierçons  de  beurre  et  après  avoir 
fait  des  provisions  il  y  mit  le  feu,  il  brûla  aussy  cinq  cents  gerbes  de  froment,  deux 
granges,  une  boulangerie  et  un  moulin. 

Les  anglois  blessés  raportèrent  à  Monsieur  de  Villejoint,  qu'il  y  avoit  trois  régi- 
ments à  Alifax  de  1,000  hommes  chacun,  qui  fournissent  les  garnisons  de  Port  Royal 
et  des  portes  de  l'Accadie  occupés  par  l'anglois,  qu'on  fortifioit  Alifax  en  gazons,  qu'il 
y  avoit  seize  vaisseaux  de  guerre  dans  le  port,  que  les  anglois  se  flatent  de  prendre 
Loùisbourg  cette  année  et  ensuite  le  Canada. 

Monsieur  de  Villejoint  a  réussy  à  attirer  tous  les  habitans  qui  étoient  du  côté  de 
Cobéguit,  Tatamégouche  et  des  mines,  il  a  fait  passer  plus  de  500  bœufs  à  Loùisbourg 
il  ne  néglige  rien  pour  enlever  des  bestiaux  à  l'ennemy. 

La  récolte  de  l'Isle  St-Jean  a  été  extrêmement  mauvaise  outre  que  Monsieur  de 
Villejoint  n'a  pas  reçu  de  grands  secours  de  Loùisbourg. 


246  ARi  un  ES  <  \  \  \i>n.\  \i:s 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

Suivant  les  ordres  <!«•  .M<>iiM<'ur  de  Drucourt,  il  a  évacué  boq  poste  des  bouches  inu- 
tiles cependanl  il  luy  restoit  environ  L300  personnes,  qui  vivent  très  misérablement. 

[1  est  à  souhaiter  qu'il  ne  soit  pas  obligé  de  détruire  ces  animaux  car  L'Isle  St- 
Jean  seroit  bientôt  déserte. 

Enfin  Monsieur  de  Villejoint  n'avoit  tout  au  plus  que  pour  sis  semaines  de  vivres 
à  donner  aux  réfugiés  <-t  plusieurs  des  anciens  habitans  n'avoient  point  'le  quoy  subsis- 
ter, ni  faire  leurs  semences  !<•  piintems,  les  femmes  et  fille.-  n'osent  point  sortir  ne 
pouvant  couvrir  leur  nudité,  il  <-n  est  d<   même  de  nombre  d'habitans. 

L'Isle  St-Jean   mérite  attention,  il  seroit  bien  dommage  de  la  perdre,   d'autant 
mieux  qu'il  y  a  actuellement   G000   bêtes   à  «orne,   il   est  donc  bien  essenciel,  Monsei- 
gneur, que  le  Roy  ait  destiné  des  frégates  pour  cette  Isle,  et  même  qu'il  y  en  hyverne, 
sans  eela  les   anglois  pourront   fort    aisément  piller  et  brûler  les  habitations  qui  sont 
<  éloignées. 

.le  suis  avec  un  tiVs  profond  respect,  Monseigneur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

VAUDREUIL. 
Lettre  de  M.  de  VaudreuU  au  ministre. 

A  Montréal,  19  avril  1757. 
Monseigneur, 

Par  la  lettre  que  j'ay  eu  l'honneur  de  vous  écrire  le  3  novembre  de  Tannée  dernière, 
j'ay  eu  celuy  de  vous  rendre  compte  des  ordres  que  j'avois  donnés  à  Monsieur  de  Bois- 
hebert,  pour  qu'il  exécutât  ceux  qu'il  recevrait  de  Monsieur  le  Chevalier  De  Drucourt  et 
se  transportât  avec  un  détachement  de  sauvages  et  d'accadiens  au  lieu  qu'il  luy 
indiqueroit  pour  s'opposer  à  la  descente  de  l'ennemy  dans  le  cas  qu'il  fit  un  armement 
pour  réduire  Loùisbourg. 

Cet  officier  suivant  mes  intentions  a  envoyé  vingt  accadiens  des  mines  sur  route 
qui  tiennent  les  couriers  qui  vont  d'Alifax  à  Port  Royal  avec  ordre  de  s'embusquer 
pour  tâcher  d'intercepter  les  lettres  des  Anglois.  Il  a  en  même  teras  envoyé  dix 
hommes  à  Alifax  pour  guetter  l'occasion  de  faire  quelque  prisonnier,  ils  dévoient  y 
arriver  le  dix  Mars,  qui  est  le  tems  que  les  anglois  peuvent  avoir  des  vaisseaux. 

Il  a  donné  ordre  à  ce  petit  détachement  de  se  diviser  à  Tatamegouche  et  d'aller 
informer  Monsieur  de  Drucourt  de  la  quantité  de  vaisseaux  qu'il  y  aura  à  Alifax  et  des 
mouvemens  apparens  des  anglois.  Il  se  préparera  à  recevoir  les  ordres  de  se  Gouver- 
neur, il  luy  à  écrit  le  premier  Janvier  qu'il  les  attendrait  à  Miramichis,  il  luy  expose  sa 
situation  par  raport  aux  vivres,  elle  est  d'autant  plus  critique  qu'il  ne  peut  trouver 
aucun  secours  à  l'Isle  St-Jean. 

Il  observe  à  Monsieur  de  Drucourt,  que  si  les  anglois  ne  font  aucune  tentative  sur 
Loùisbourg,  et  qu'il  obligé  soit  d'attendre  ses  ordres  à  Miramichis  jusqu'à  la  fin  d'avril, 
il  luy  sera  impossible  de  se  transporter  à  la  rivière  St-Jean  qui  pourrait  être  attaquée, 
les  rivières  et  les  lacs  qui  y  communiquent  étant  dans  ce  temps  la  impraticables. 

Il  fait  faire  néanmoins  des  canots  qui  luy  serviront  pour  aller  à  Loùisbourg  si  le 
cas  l'exige,  et  il  m'assure  qu'il  mettra  tout  en  usage  pour  exécuter  les  ordres  de  Monsieur 
de  Drucourt. 

Je  suis  avec  un  très  profond  respect,  Monseigneur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

VAUDREUIL. 

(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  du  6  May  1760.) 

Copie  de  la  let're  du  commandant  Henry  Schomoerg  a  l'abbé  Maillard. 

T.   V  17. 

Son  Excellence  M.  le  brigadier  General  Edouar  Witmort  Gouverneur  de  Loùis- 
bourg, et  mon  gênerai  m'ayant  fait  l'honneur  de  me  choisir  pour  vous  porter  ses  senti- 
mens,  je  profite,  Mon  Révérend  Père,  de  cette  iraportunité  [sic]  pour  vous  témoigner  ses 
pensées. 


01  m   ihOQll    "I       U    i/'//  \       ii/'    D0< 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

La  pavillon  blanc  que  mon  canol  irou    porl  ute  l'an 

avec  laquelle  je    riens,  quoiqu'un   peuple  qui   ne  m«'*i 

in.i ii  iv,   ei me   bem    mon  nd   PAre  il  fa 

capitale  Québec  ■  ■  ■  i  r<  ndu  au  mon  m 

ate  |  Bic  |,  iiuiH  que  i  •  \  oui  et  v< 
i  .i  i  on        II  r.uii   absolument   que  i  ou     p< 
avoii  de    eoour 

Si  donc  mon  Révérend  Pè n     vou     /oul<     biei  dholh  i 

vous  envoyé  el  me  mettre  en  j  ion  de       i  i\   que   vo  ni   pri 

rendre  bout  à  m  lia  commandé  de 

toua  v.»s  bien  ,  vol  ra  libei  té,  pi  opi  iél 
vous  verréa  par  le  manife  te  que  j'ay  L'honneur  de  vov 

si  mon    Révérend   Père  voua  doutée  <!<•  la   aincérib    de   mon  cœui 
échanger  de  ■  »   charmé  l'honneur  de  I  de  ma 

frégatte,  mea  oentimena  étanl   humain    •  mi     ordre    et  a 

roaité  dea  angloia  à  quelle  [nation]  j'ay  l'honneur  l'être.     Mu    ai  par  malhetu 
mes  eapérancea  voua  refuaei  mea  offreti  ohn  iu    itôl   que  le  pavillon  blan 

retour,  je  feray  signal  d'un  pavillon  rouge,  marque  de  l'indignation  de  mon  Roy,  ce  *  |  »  j  *  - 
\mis  m'obligerés  d<*  faire.  Je  n<-  Bçauray  répondre  des cruautéa  quem< 
résolus  de  taire  passer  tout  au  (il  de  l'épée. 

promessea  mon   Révérend    Père  ne  sont  point   téméi  ent 

réels.     Ainsi   je   voua  prie  au   nom  du  Bon  Dieu  de  ne  point  e3tre  l'inatrumenl  de  me 
faire  verser  du  sang  humain  et  de  porter  les  horreura  de  la  guerre  à  d  <i"i  ont 

encore  dans  l<ur  pouvoir  de  jouir  de  paya  et  de  l'abondant 

J'ay  l'honneur  Mon  Révérend  Pèred'êtrei  éa  humble  <  rviteur. 

HENRY  SCHOMBERG. 

Dattée'à  bord  de  ma  frégate  :  en  mer,  le  _<>  *'"'  17.r>9. 


(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  du  6  May  1760.) 

Copie  de  la  tettri  du  commandant  Henry  Schomberg  au  capitaine  [Alexandre]  LeBJanc . 

M  N°  10 

Monsieur, — Monsieur  le  digne  prêtre  Maillard  vous  fera  l'honneur  de  vous  signifier 
tous  ce  qui  vous  regarde  à  mon  sujet. 

Comme  le  tems  presse  voilà  en  peu  mes  pensées,  il  faut  absolument  vous  rendre 
avec  vos  prises  à  moi  aussitôt  que  vous  pourrés,  je  viendrai  vous  chercher  dans  le  prin- 
temps et  alors  vous  serez  reeeu  avec  toute  l'honêteté  possible  et  soulagé  de  tout,  enfin 
vous  n'aurés  rien  à  plaindre.  Le  droit  de  la  guerre  vous  a  donné  ces  prises,  le  droit 
de  la  paix  que  je  viens  de  faire  me  le  rends.  Je  vous  dis  cela  et  vous  écris  celle-cy  par 
amitié,  crainte  que  si  vous  refusés  ce  que  Monsieur  Maillard,  vous  commandera  faire, 
vous  repentirés  quand  il  est  trop  tard. 

Je  vous  salue,  Monsieur,  je  suis  très  humblement  à  vous. 

HENRY  SCHOMBERG, 

Commandant  des  troupes  et  vaisseaux,  armée  d", 

roi  de  la  Grande-Bretagne. 

Donné  à  Marasromish  23  Novembie  1759. 


248  AJtCHI]  ES  CAJk  WIÏ 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

fit  .i  U  :  •  Monsieur  de  Vaudreuil  du  6  may   17- 

Q  N     l  i. 

nsi i:i :k, --Si  vous  n'a.  ù  chez  vous  le  capitaine  commandant  et  Mous 

M.OS8,  à  qui  nous  avoue  _       le  nous    rendre  a  des   conditions  assurément  bonnes 

et  raisonna  s  en  ay  détournés  pai  équentes    remontrance 

ût  £a  -  :is<jues  qu'ils  couroient  a  i  ion  extrêmement  avancée, 

je  me   rais  en   même  tems  cl      _  >us   faire  savoir  notre  accomodement  ;  de  vous 

inviter  à  faire  de  même  m  vous  ne  pouvez   mieux,   il  y  vas  plus  de  notre  int-  tous 

que  vous  ne  le  {.♦•use/,  pezée  a  quelles  conditioi.  le  ferez  ^i  vous  le  faites  et  ? 

si  jamais  un  ennemi  vainqueur  peut  vous   en   proposer   de    plus   ^rat:  iisez  ensuite 

-  1  avenir  et  voyez  ce  à  quoi  nous  nous  exposons  en  nous  opiniâtrant,  si  Québec 
n'étoit  pas  pris  nous  aurions  meilleure  grâce  à  mener  encore  pour  quelque  tems  la  vie 
errante,  vagabonde  et  misérable  que  nous  menons  déjà  depuis  plus  d'un  an  et  notre 
opiniâtreté  alors  seroit  excusable  mais  dans  le  cas  où  nous  nous  trouvons  je  t 
nous  ne  pouvons  mieux  faire  que  d'accepter  la  branche  d'olivier  qui  nous  e^t  offerte,  vous 
n'en  serés  quitte  que  pour  rendre  vos  bâtimens,  rien  de  plus  en  nous  rendant  aux  con- 
ditions proposées  vivons  de  telle  sorte  sous  le  nouveau  gouvernement  qu'on  n'est  pas 
lieu  de  se  plaindre  de  nous,    les  tems  changeront  et  notre  patrie  nous  révérera,  mais  au 

lue  ce  qu'on  nous  promet  ne  s'effectue  pas,  nous  pourrons  sans  qu'on  puisse  nous 
refuser  demander  à  être  rendus  à  notre  patrie.  Le  beau  langage  de  quelques  François 
et  de  plusieurs  sauvages  ne  m'en  impose  j  as  icy,  car  j  en  connois  tout  le  vain  et  tout  le 
faux,  il  est  certain  que  de  s  opiniâtrer  dans  cette  conjecture  cy  c'est  agir  d'une  manière 
forte  imprudente,  des  ressources  sûres  pour  subsister  et  ne  pas  périr,  assurance  certaine 
que  parmi  nous  tant  françois  que  sauvages  il  n'y  aura  point  de  faux  frères  espérance 
fondée  où  sur  des  secours  qui  doivent  incessament  nous  parvenir  ou  sur  une  paix  pro- 
chaine. 

\  oilà  je  pense  ce  qui  doit  déterminer  tout  bon  citoyen  à  user  de  patience,  ces  trois 
articles  demeurent  inséparables,  l'un  sans  l'autre  ne  vous  met  pas  suffisamment  à  l'abri, 
il  faut  pour  pouvoir  continuer  à  nous  tenir  rencoignez  dans  le  fond  des  bois  que  nous 
soyons  sûrs  d'y  subsister,  que  certaines  personnes  ne  nous  revêlera  et  que  bientôt  ce 
tems  rinira,  1 1  malice,  l'impatience  et  le  caractère  volage  de  nos  insulaires  me  sont  trop 
connus  pour  que  dans  ces  circonstances  cy  je  my  fie,  et  ce  pitoyable  état  où  je  vois 
presque  toutes  nos  familles  françoises  réduites  me  forcent  invinciblement  à  écouter  les 
propositions  du  vainqueur  et  en  les  écoutant  comme  je  fais  je  sers  plus  ma  patrie  que 
beaucoup  de  va'ns  clabaudeurs  qui  ne  sont  rien  moins  dans  le  cœur  que  ce  qu'ils  s'effor- 
cent de  paroistre  par  leurs  grands  termes  de  constance,  de  fidélité  et  d'attachement 
inviolable  à  la  patrie  ;  n  ais  ne  croyez  pas,  Monsieur,  qu'après  tout  ce  déduis  j'aye  des 
sein  de  vous  engager  à  marcher  sur  mes  brisées,  à  bouder  si  vous  voulés  dans  votre 
sens,  ne  faitt^s  rien  qu'après  y  avoir  bien  réfléchi,  pourvoyez  à  votre  sûreté  si  vous  ne 
voulez  pas  nous  imiter  abstenez  vous  seulement  de  blâmer  des  démarches  que  nous 
n'avons  pas  faites  ivoir  mûrement   réfléchi,   je    n'ai    pu   dans   cette   occasion  cy 

m'accomoder  au  proverbe  qui  dit  chacun  pour  soi  et  Dieu  pour  tout. 

Je  saurai  en  tems  et  lieux  en  produire  les  raisons.  Saluez  pour  moi  Madame  votre 
épouse  et  croyés  que  je  suis  avec  un  tendre  et  sincère  attachement. 

Monsieur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

A  Matagomich,  27  novembre  1759.  P.  MAILLARD,  prestre. 


01  \i  ILOQIl    Dï       ii  IDIl  \.     il/'    D0(  '  •■//  ■ 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

•  1 1 •■  de  M   de  \  sudreuil  «lu  8  maj   1 76< 

(  '../        '       i  Mailla 

P.    N     13, 

Moi  ii     iprèi  avoii  pi  l  ■•• 

si-iil  pari  i  que  \  ou*  n\  -  ■  *   i  pu n.lr  ••  i-  i    d  \\v  vou      con  formel   i  ■  que 

c  li  nation  '|in  noua  subjugue  puisque  *}u< 
reprit  il  ne  nou  i  Impoi  I  •   boul  ent  lèi e  qu  il  faul 

jouera  bien  ou  mal    pool    dou     mettre   bien,  pour  notu  tant    mis 

peut  \ru\   *  in  m  c  que  par  prévoyance  à    voua  donnée    préeJablei  ton* 

lient    bien  pour  non     l'ann<  e  procha 

que   |.-  ii  ivndu   1rs  atlairrs  rn  1 1< » 1 1 1   moins  blOD    DOUr  moi,    quand    je    'ii      poill     moi 

i tmprena  tous  oeux  qu  nt  rendi  I'!"' 

siti<»n  toujours  de  ni  b  je  aai   que  oe  que 

sert  eooore  prépondérant.   Enfin  je  —  ti  |  ►  |  »•  ^  -  «  -  que  tout  aille  mal  pour  m 
(jui  nous  domine  se  voye  partout  mail  ooi  que   no 

de   nous   féliciter  d'avoir  si  bien  su  prendre  nos  mesun  inoe.  Je  ne   ■"      en 

pas   davantage    là-dessus  «-n   homme  moi   et    laissés  clabauder  di 

l  ependanl  si  voua  oonnoissi  -  quelque  chose  de  mieux   dit«-->  le  moi  Je  n  en  | 
tenu  pas  parce  que  les  des  soi  •    m'en  repentir  je  ne  le  pourra 

Buffiaament    ruminé  sur  cette  affaire,  ay<      loin  de  m<>   l >i»-n  lire  pour  me  comprendre 
et  après  m'avoir  compris  metto  >fit  pour  \"us  .-.•  . j n ♦  •  vont  aurez  lu  :  attende  -  vous 

de  voir  inooosament  Monsieur  ftioss,  il  est  délégué  du  Gouvernement  pour  cela,  je    vous 
l'annonce  comme  une  personne  en  qui  j'ay  et  do  icoup  de  confiai 

avec  lui  comme  je   fais,  je  ne  vous  parle  |«h  de  le  bien  traiter  car  votre  ordinaire  est  de 
taire  toujours  sccueuil  à  tout  le  monde  :  cependant  pour  raison  monta 
cas  cy  homme  capable  d'user  <!<■  discernement   «le  bons  témoigi 
valent  quelquefois  des  fortunes. 

Je  crois  que  quand  nous  nous  verrons  et  qu  il  nous  sera  permis  de  communiquer 
ensemble  de  vive  voix,  vous  ne  marchanderez  point  a  faire  même  route  que  moi  si  vous 
écouT  grands  raisonnemens  vous  donnerés  dans  des  idées  jreuses  qui  vous  mèneront 

à  rien,  vous  croyés  que  je  veux  parler  des  mauvais  dont  le  nom  ne  se  sig  :ale  qu<*  par 
l'opiniâtreté  la  plus  déraisonnable,  ce  n'est  pas  seulement  d'eux  mais  encore  de  tout  autre 
qui  à  leur  instar  se  trouveroit  estomaqués  du  parti  qu'on  a  pris  sans  auparavant  le  luy 
avoir  communiqué,  des  hauteurs  semblables  sont  de  vraies  impertinences,  il  faut  savoir 
s'accomoder  au  tems  aux  personnes  et  aux  lieux,  des  opiniâtretés  semblables  n'ont  pour 
fondement  que  beaucoup  d'orgueil  de  vanité  et  de  jactance  où  tout  ce  qui  n'a  pa-  de 
fondement  n'est  que  pure  chimère,  on  ne  peut  jamais  par  une  pareille  conduite  n'en 
imposer  que  pour  un  tems  malheurs  à  de  pareils  sujets  quand  on  est  parvenus  à  les  con- 
noitre,  j'aime  les  gens  dociles  et  qui  ne  s'en  font  point  accroire,  je  suis  tout  disp< 
faire  voir  aux  Maurices  que  je  leur  suis  dévoué  pour  les  servir  en  toute  occasion  autant 
que  je  pourrai  le  faire,  mais  n'estai  pas  bien  juste  qu'en  vrais  chrétiens  et  en  honnêtes 
gens  ils  ayent  des  égards  pour  leur  pasteur.  Ne  savent  ils  pas  que  c'est  mépriser  Jésus- 
Christ  que  de  mépriser  ses  ministres. 

Salués  pour  moi  bien  particulièrement  Mr  et  M me  Le  Maigre,  Paulette  et  Madame 
son  épouse  votre  sœur  et  Monsieur  Latour  et  toute  votre  famille,  s'ils  ont  à  cœur  de 
m'imirer  ils  feront  sagement,  nous  n'en  demeurerons  que  plus  amis. 

Je  salue  par  vous  tous  ceux  et  celles,  qui  veulent  bien  m'honorer  de  leur  amitié  ;  je 
voudrois  pouvoir  vous  voir  de  tems  en  tems,  nos  devis  et  nos  conversations  sur  tout  ce 
qui  se  passe  ne  tariroient  pas,  je  saliie  Abraham  et  sou  épouse,  donnés  moi  de  vos  nou- 
velles aussitôt  que  vous  pourr 

Je  m'attendois  que  les  deux  courriers  que  je  vous  ai  dépêché  auroient  été  en  partie 
dédomagés  par  tous  les  habitans  pour  les  peines  qu'ils  ont  prises,  j'aviserai  à  ranger  le 
tout. 

Je  suis  avec  un  tendre  et  sincère  attachement. 

Monsieur, 
Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 
A  Matogomich,  le  31  Décembre  1759.  P.   MAILLARD. 

18—48     r16 


250  A  Ri  lin  I  fi   (   l  \  à  IHKNNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  du  6  May  1760). 

(  'opte  de  la  lettre  de  l'abbé  Manach  au  sievr  lUmrdow. 
0.   Nli'. 

M<»\mki  i:,  — J'ay  l'honneur  de  vous  informer  par  cette  occasion  des  démarches  que 
nous  avims  faites  visa  vis  la  nation  angloise,  qui  par  générosité  nous  a  ouvert  les  bras 
dans  le  tnns  où  nous  nous  attendions  le  moins  a  échaper  soit  a  la  cruauté  ou  à  la  famine 
où  nous  réduit  la  guerre,  vous  verres  par  la  copie  du  manifeste  que  nous  a  adressé  Mon- 
sieur Witemore,  le  bon  traitement  qu'on  nous  fait,  nous  sommes  comme  vous  savez  sans 
ressources  d'aucune  part,  sans  vivres,  poudre,  ni  plomb.  Nous  étions  d'ailleurs  dans  le 
cas  de  voir  égorger  ces  familles  par  notre  proximité  de  l'ennemi,  c'est  donc  savoir  à 
propos  user  des  temps  et  des  circonstances  pour  conserver  des  sujets  au  Roi  très 
chrétien  que  d'en  user  ainsi.  L'officier  anglois  qui  est  arrivé  icy  depuis  cinq  jours 
et  avec  qui  je  suis  obligé  de  me  rendre  au  fort  de  Beauséjour,  pour  la  ratification 
de  la  paix,  m'empêche  d'écrire  à  Monsieur  le  Général,  pour  cela  il  me  faudroit  plusieus 
jours,  vous  savés  mieux  ce  qu'il  faut  penser  et  faire  en  pareil  cas,  ainsi  je  ne  vous 
dis  rien  sinon  de  vous  attendre  à  être  recherché  à  toute  outrance  de  bon  printems,  voilà 
ce  que  je  sais,  et  passé  cette  année  plus  de  grâce,  encore  une  fois  voyez  ce  qui  est  à 
propos  de  faire  pour  conserver  ces  sujets  au  Roi  plus  sûrement.  Vous  supprimerez  si 
vous  voulés  le  manifeste  que  je  vous  addresse,  nous  ferons  dans  ce  cas  comme  dans  les 
Pays  Bas,  dont  les  peuples  sont  tantôt  à  la  France,  tantôt  à  l'empire,  aujourd'hui  à 
l'Espagne  demain  à  l'Angleterre. 

Je  vous  souhaitte  comme  à  tous  vos  Messieurs  de  prendre  le  parti  qui  sera  le  plus 
à  la  gloire  de  Dieu,  et  à  l'utilité  de  la  France. 

Bien  mes  assurances  de  respect  à  Madame,  à  qui  je  suis  comme  à  vous, 

Monsieur, 
Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

MANACH,  prêtre. 
A  Richibouctou,  le  27  janvier  1760. 

(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  du  6  May  1)60.) 

Copie  d'une  lettre  en  forme  de  manifeste    de  Monsieur  Bourdon  aux  habitans 
de  la  Baye  des  Ouines  et  de  Richibouctou. 
N.     N°  11. 

A  Messieurs  les  habitans  de  la  Baye  des  Ouines  et 
Richibouctou. 

Messieurs, — Je  suis  extrêmement  surpris  que  vous  ayés  fait  aucuns  accords  avec 
les  Anglois  sans  m'en  donner  avis,  Monsieur  le  Général  ne  sera  pas  moins  surpris  que 
moi  d'avoir  agi  ainsi  sans  savoir  aucune  nouvelle  de  Québec,  vous  vous  êtes  comme  des 
étourdis  mis  dans  un  vilain  Sac,  ils  vous  regarderont  comme  juste  avec  mépris  et  ils 
auront  raison  vous  voyant  si  vatillar  et  changeant,  ou  est  donc  ce  zèle  pour  la  patrie, 
cette  fermeté  pour  la  religion,  quoi  dans  un  moment  tant  d'années  de  jeûnes  et  de  fuites 
faittes  au  travers  les  bois,  exposés  à  mille  dangers  sont  aujourd'hui  perdus. 

Enfin  je  ne  puis  vous  consevoir  de  ne  pas  ouvrir  les  yeux  et  de  ne  pas  vous  apperce- 
voir  qu'ils  ne  garderont  jamais  un  serpent  dans  leur  sein  et  que  les  prêtres  qu'ils  veulent 
vous  donner  ne  sont  que  de  faux  prétextes  qu'ils  prennent  pour  vous  mieux  surprendre 
et  vous  récompenser  des  trahisons  qu'ils  prétendent  que  vous  leur  avés  faittes,  Souve- 
nés  vous  que  Dieu  est  et  qu'il  abandonne  ceux  qui  l'abandonnent. 

Je  vous  prie  de  faire  réflextion  à  cette  lettre,  il  ne  sera  peut-être  plus  tems  de 
demander  grâce  et  miséricorde  à  Celui  que  vous  avés  abandonné  ;  Dieu  en  a  que  trop 
fait  de  vous  avoir  mis  au  monde,  et  le  Roi  de  France  de  vous  avoir  nourris,  habillés 
depuis  dix  ans  comme  il  l'a  fait. 


u  m  iLOOIE  DEl    10ADIE  \.     iVBi    DOOX  Mi  v 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Je  vous  apprend  i  qu  il  y  <■  an  moi    e(  demi  que  Mon  lieur  de  I         étoil 
tin,  avec  trois  réçimenM,  oinq  uonl    cuini    i«i    i  ■>  «  j  «  i  ».  »  i  •    milk   limnm* 

pour  monter    h    Vn   saulf,  le      -  .  1 1  «  •  1 1 .  •      muiI    |  m-  <om|it<ril  rr  de 

tance  si  l'on  fait  retirer  les  nation    qui   ion(    nornbn  i  wmi  i  n    un»- 

grande  maladie,  on  ne  prend  paa  la  peine  de  le   entem  r  on  le    jettent  à  i  i  nu  r, 

J'attend     Inoe    ament   là   nouvelle  de  la  repri  e  de  la  rille  de  Queb» 
j'en  saurai   je  v<  >ui  an  foré    parti 

je  suis  en  espérant  tout  à  voui ,  Me 

Vo\  pe  In     humble  et  <  rèa  obéiai  ant  i  ar, 

BOUREH  I 
A  Ristigouche,  ce  I  I  té\  rier  1 7<"i<). 


(Joinl  h  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  «lu  6  fcfaj  1760.) 

Copié  dé  la  requête  déé  habita/ne  dé  Riokiboueiou  ou  CommondarU  du  Fort  Cumberland, 

X.  N"  L9. 

(l'as  de  date     mais  évidemment  après  le  6  février  17*50.; 

A  Monsieur  le  Colonel  Fraye, 

Commandant  au  fort  Cumberland. 

Les  habitans  de  Richibouctoa  étant  informés  que  Mr.  Manach  avoit  fait  un  accord 
se  disant  député,  de  leurs  pars,  sitôt  les  habitans  ont  envoyés  deux  hommes  a  la  Haye 
des  Ouines  savoir  ce  qu'il  avoit  fait,  lequel  il  nous  a  envoyée  l'article  de  soumission  fait 
de  sa  part  dattée  du  (>  février,  ce  qui  a  beaucoup  surpris,  n'ayant  jamais  connu  M* 
Manach  que  missionnaire  pour  les  sauvages  et  n'a  jamais  été  employé  de  la  part  de  ceux 
qu'il  se  dit  être  à  la  tête  ny  député  de  leur  parti. 

.Monsieur,  vous  savés  que  nous  avons  reçeu  de  son  Excellence  le  général  Witmort 
un  édit  duquel  personne  ny  est  contrevenùe,  auquel  nous  ferons  réponse  le  plutôt  qu'il 
nous  sera  possible,  rien  ne  vous  le  prouve  mieux  que  la  façon  d'agir  des  habitans  par 
leur  commerce  et  la  bonne  intelligence  avec  les  sujets  de  votre  gouvernement,  c'eat 
pourquoi  nous  nous  en  tenons  à  l'édit  envoyé  de  la  part  de  son  excellence,  et  qui 
toutefoy  est  de  la  part  du  roy.  Soyés  persuadé  Monsieur,  que  de  la  part  duquel  cela 
est  vernie,  nous  oblige  de  révoquer  tout  ce  que  Monsieur  Manach  a  fait,  et  de  dire  avec 
toute  vérité  que  jamais  nous  n'avons  fait  d'élection  pour  envoyer  des  députés  et  même 
ceux  qui  ont  signé  cela  n'a  été  que  de  la  part  de  Monsieur  Manach  pensant  n'estre  que 
la  paix  suivant  l'édit  de  la  part  de  Monsieur  Witmort,  qui  n'est  toutefois  qu'une 
neutralité,  en  foy  de  quoi  les  habitans  ont  signé. 

(Pas  de  signature  sur  cette  copie.) 


(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  du  6  May  1760.) 

Copie  de  la  lettre  écrite  par  les  habitans   de  Pekoutiac  au  Colonel  Frye    commandant 

au  Fort  Cumberland. 
Y.  N°  20. 

13  février  1760. 

Monsieur. — Suivant  vos  ordres  à  mon  arrivée  à  Pékoutiak  où  je  n'ai  rien  eu  de 
plus  pressé  que  de  vous  dépêcher  les  députés  que  vous  m'aviés  demandés,  ils  sont  char- 
gés de  la  part  du  public  d'agir  en  tout  en  conformité  à  ce  dont  nous  sommes  convenus 
exceptés  dans  les  articles  qui  leur  sont  propres,  ils  ont  entendu  comme  moi  que  la 
demande  que  vous  leur  faites  comme  à  nous  de  se  ranger  avec  leurs  familles  à  la  Pointa 

18—481 


252  Ai;<  ill\  />  CANADIEN* 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

de  Beauséjour  ce  printems  ne  vient  que  de  ce  que  nous  rouléd  Lee  embarquer  pour  aller 
ou  lea  placer  là  <m  bon  semblera  au  gouvernement  et  cela  a  sorti  de  quelqu'un  de  votre 
nation,  ce  qui  a  causé  quelques  murmures.  Car  dit  on  Le  traité  accorde  la  possession  de 
ses  biens  indistinctement,  si  donc  on  nous  embarque  pour  nous  mettre  ailleurs,  on 
contrevient  aux  accords  de  pays  ou  à  Bes  prérogatives  et  bî  on  nous  manque  dans  un 
point  ne  devons  nous  pas  justement  nous  défier  qu'on  nous  manquera  dans  un  autre, 
voilà,  Monsieur,  le  raisonnement  que  l'on  fait,  ils  ont  quelques  demandes  à  vous  faire 
concernant  toujours  ce  qui  nous  est  déjà  accordé  comme  de  pouvoir  se  retirer  en  France 
quand  bon  leur  semblera,  suivant  ce  qui  est  émané-  de  Monsieur  le  général  Witmore, 
d'avoir  toujours  des  prêtres  pour  planter  et  arroser  la  religion  qu'ils  ont  toujours 
professé  ils  ont  quelques  doutes  sur  le  mot,  sujets  renfermés  dans  les  articles  de  la 
ratification  du  G  février  que  je  le  leur  ai  lu,  ils  désireroient  entendre  de  vous  ou  de 
votre  générosité  que  vous  leur  expliquassiez  ce  mot  qui  selon  eux  a  deux  façons  de 
s'entendre.  Le  premier  disent  ils  sur  ces  mots  du  3°  article  : — "  pour  qu'ils  reçoivent 
le  meilleur  traitement  que  les  constitutions  du  royaume  peuvent  accorder  à  des  sujets 
en  pareil  cas  :  "  ils  ne  savent  s'il  est  pris  strictement  ou  généralement  c'est  à  dire  pour 
parler  clairement  selon  leur  language,  si  on  veut  par  là  les  regarder  comme  véritable- 
ment sujets  ou  comme  quasi  sujets  ;  ils  prient  humblement  votre  bonté  de  leur  donner 
sur  tous  ces  sujets  des  réponses  claires,  ils  promettront  la  neutralité  parfaitte  comme 
nous  l'avons  fait,  c'est  «à  dire  qu'ils  n'agiront  ni  directement  ny  indirectement  contre  le 
gouvernement  britannique  tel  que  l'édit  porte  ainsi  Monsieur,  sont  ils  convenus  et  je 
leur  sers  de  secrétaire  pour  vous  exprimer  le  résultat  de  leur  assemblée.  Je  vous  souhaite 
un  prompt  rétablissement  de  votre  santé  comme  de  me  croire  avec  respect. 
[La  copie  de  cette  lettre  ne  porte  pas  de  signature,  mais  cette  lettre  a  été  évidemment 
écrite  par  l'abbé  Manach.] 

(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  VTaudreuil  du  6  May  1760.) 

Copie  de  la  lettre  du  sieur-  Jean  [sic  pour  Joseph]  Dugas  à  Monsieur  l'abbé  Manach. 

V.   N°  18. 

Monsieur, — J'ay  l'honneur  de  faire  reponce  à  celle  qu'il  vous  a  plût  m'honorer  à 
l'égard  de  ce  que  vous  me  faites  l'honneur  de  me  marquer  touchant  ceux  qui  ont  été  à 
Beauséjour  avec  vous  il  est  vrai  qu'ils  sont  au  repentir,  cela  ne  doit  pas  vous  sur- 
prendre, mon  frère  (a)  rapporte  qu'il  a  toujours  évité  autant  qu'il  a  pu  de  ne  pas  se 
trouver  dans  les  affaires  publiques,  et  aujourd'hui  il  se  trouve  à  la  tête  parce  qu'il  a  été 
obligé  de  faire.  Je  suis  persuadé.  Monsieur,  que  vous  n'êtes  pas  homme  à  leur  avoir 
fait  faire  chose  qui  ne  soit  pas  à  propos,  mais  c'est  toujours  trop  quand  on  est  engagé  à 
quelque  chose  et  que  l'on  pourroit  l'éviter,  permettes  moi  de  vous  dire  que  quand  vous 
êtes  partis  vous  ne  leur  avés  pas  fait  entendre  qu'ils  alloient  pour  le  public,  duquel  ils 
ont  été  des  plus  surpris  quand  vous  les  avez  mis,  n'étant  pas  élus  par  les  habitans,  ce 
qui  fait  que  les  habitans  ont  lieux  de  représaille.  Si  toutefois  ils  ne  trouvent  point  ce 
qui  a  été  à  propos,  voulant  se  conformer  à  l'édit  qui  vient  de  Loùisbourg,  sauve  à  eux  de 
faire  des  accords  avec  les  gouvernements  duquel  ils  dépendront  par  l'édit  qui  nous  a  été 
envoyé  que  nous  serions  possesseurs  de  nos  biens  comme  nous  a  fait  entendre  Mon-ieur 
Mass  que  nous  serions  libres  d'aller  où  nous  jugerions  à  propos  ;  dans  les  discours  des 
habitans  l'accord  que  vous  avés  fait  n'est  pas  telle  puisque  les  habitans  de  ces  rivières 
sont  obligés  de  venir  à  Peauséjour  trouvé  bon  en  nous  de  vous  dire  que  je  pense  qu'il 
auroit  été  plus  à  propos  de  persister  de  faire  entendre  que  les  habitans  n'étoient  pas 
dans  le  cas  de  tromper  ni  de  violer  l'offre  qui  leur  est  offerte  par  l'édit  de  Loùisbourg, 
vous  pouvés  être  persuadé  que  tout  ce  que  l'habitant  fait  n'est  que  pour  leur  sûreté  et 
celle  de  la  nation  dominante  duquel  ils  ne  veulent  point  tromper  celon  les  promesses 
qu'ils  feront  avec  leurs  gouvernemens. 

Nous  espérons  avoir  l'honneur  d'aller  vous  chercher  dans  la  fin  de  la  semaine  qui 
vient  toute  la  famille  prend  la  liberté  de  vous  assurer  de  leurs  respects,  nous  nous  recom- 

(a)  Abraham. 


i,i  \  /   1/  OOIE   m        U    i/'//  \       il/'     D0(  ' 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

mandons  à  vos  bonne    prière   e1  moi  en  particulier,  i  n  inl  I  honn< 

qui  iui   i  '    ei  ai  tonte  m  •  vie  je     il    i  ec  tonte  '  ni    ion  ,  humble 

et  1 1  et  obéi    ani    en  iteui . 

A  rliohibouotou  le  27  février  17<  [J.   D\ 


(Joint  •!  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  du  6  M 

J.   n     s.    Copie  de  la  lettre  dé  dioneieur  Vabbé  Manach  écrit*   an    ieut   [Joneph]   D 

Monsiki  Et,  J'ay  vu  par  votre  lettre  que  vous  désaprouv<  notre  dernière  démarche 
de  la  Pointe  et  que  vous  vous  déchargés  mêrn  ftunille,  tou(  le  mal, 

s'il  n  en  a  sur  moy   et  quel  i' leinenl  je  \  ->us  prie  en  avés  voue,  «■'  étiez  von    de  boi 

foy  en  acquiesçant  aux  accords  faits    I'.  par   Monsieur   Maillard,   2    par  les  dépui 
vous  l'étiés  vous  sériés  au  jugemenl   des  bonni  Bns,  dan  torl  nir 

aujourd'hui,  si  vous  n'étie    que  si  maileinent   consentant,  vous  donné  par  là  à  entendre 
que  vous  êtes  dans   la   fausse  persuasion  qu'on   peut  violer  sans  manquer  à  I  bonn 
homme  tous  oontraots  ou  promesses  solennelles  vis  à  vis  son  ennemi,  ov  bonne  : 

si  elle  n'est  pas  chés  nous  comme  vous  a\  es  pu  voir-  chez  vous,  J  »y  cherché  h  m  exempter 
du  voyage  de  la  Pointe,  plusieurs  lettres  reçu,  sollicitation  de  toutes  pari 
du  Colonel  pour  me  chercher,  Pierre  Surete  et  votre  beau-frère  avec  tous  les 
peuvent  rendre  témoignage  puce  qu'ils  ont  vu  que  je  ne  pouvois  me  dispenser  de  fai 
soumission,  j'ay  donc  été  dans  ces  \  lies  et  pas  dans  d'autres,  comme  j'appréhendois  juste- 
ment  qu'on  m'obligea  à  faire  quelque  chose  je  vous  dit  ma  pensée  comme  aux  autres  et 
ajoutois  (pie  je  ne  voulois  rien  faire  sans  votre  participation,  sur  quoy  je  demandois  que 
vous  vinssiés  en  personne,  je  redoublois  même  mes  instances  j'en  fis  de  même  vis  à  vis 
Joseph  Maurice,  je  ne  répète  pas  vos  réponses  flateuses  pour  moi,  sur  vos  excuses,  je 
demandois  ceux  avec  qui  j'ay  fait  tout,  qui  ont  vu  tout  et  ont  acquiesces  librement  en 
tout,  la  veille  du  jour  que  nous  signâmes  les  articles  que  vous  voyez  je  demandois  mon 
congé  sur  quoi  il  me  fut  dit  qu'il  y  avoit  quelque  chose  à  nous  faire  faire  et  qu'il  falloit 
attendre  le  lendemain.  Je  dis  cecy  à  nos  gens  et  après  avoir  délibérés,  nous  convînmes  de 
ne  pouvoir  nous  soustraire  aux  demandes  qu'on  nous  feroit  si  elles  ne  derogeoient  en  rien 
au  manifeste.  Le  lendemain  nous  vînmes  aux  articles  et  nous  jugeâmes  qu'ils  ne  conte- 
noient  rien  qu'on  ne  fut  en  droit  d'exiger  d'un  peuple  vaincu,  et  ne  blessent  en  rien  les 
prérogatives  de  l'édit  ;  il  ne  falloit  pas  paroître  opiniâtre  par  une  résistance  qui  nous 
auroit  peut  être  attiré  pire. 

Les  hommes  sont  difficiles  à  concevoir,  on  voira  dans  la  suitte  mieux  qui  a  bien 
pensés  fasse  le  ciel  que  pour  le  salut  de  vos  enfants  et  de  toutes  les  familles  vous 
puissiés  vous  arranger  mieux  et  prévenir  les  malheurs  dont  vous  êtes  comme  moi 
menacés,  si  vous  n'allez  au  devant  des  coups,  de  bouche  vous  connoitré  peut  être 
qu'en  accordant  rien,  vous  n'aurez  rien,  je  demande  au  Bon  Dieu  que  ce  que  je  crains 
n'arrive  pas,  si  vous  désaprouvé  ma  conduite  vous  prendrés  les  Rheines  de  la  Barque  et 
moi  je  m'en  irai  pour  ne  pas  m'enveloper  dans  vos  malheurs. 

Voyés  à  présent  pendant  qu'il  est  temps  avec  Mons:eur  de  Nivervilie  ce  qui  est  à 
propos  de  penser  afin  qu'on  nous  mette  du  moins  en  sûreté  pour  le  petit  printemps. 

Je  vais  voir  avec  les  habitans  ce  qui  est  encore  à  propos  de  penser  par  raport  a  la 
lettre  que  j'ay  reçeu. 

Je  suis  avec  respect  votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

[MANACH.] 
A  la  Baye  des  Oui  nés,  le  3  Mars  1760. 


254  ARC IU\  ES  OANADIBX  S  ES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  du  G  May  1760.) 

Copie  du  certificat  du  nommé  Joseph  Guilbaut,  courier. 
S.  X°  16. 

.Je  certifie  Joseph  Guilbaut  courrier  de  Ristigouche  à  Miramichis  pour  y  porter 
une  lettre  de  Monsieur  Bourdon  ;  commandant  aux  habitans  de  la  Baye  des  Ouines  et  de 
Richibouctou,  a  testé  que  Monsieur  Manach  prêtre  et  missionnaire  a  interceptée  la  dite 
lettre,  sans  en  donner  connoissance  aux  dits  habitans  les  dites  lettres  étant  déposées 
chez  le  nommé  Dupuis,  pour  aller  exécuter  les  ordres  de  Monsieur  Bourdon  dans  lesquels 
intervalle  le  dit  S'  Manach  a  été  ouvrir  ma  malette  et  a  pris  les  dites  lettres.  En 
foi  de  quoy  j'ay  donné  le  présent  pour  preuve  de  ce  qu'il  ne  m'a  pas  été  possible  d'appor- 
ter les  réponses  ainsi  qu'il  me  l'avoit  été  ordonné  par  Monsieur  le  commandant. 

a  Ristigouche  ce  13e  mars  1760.  Ne  sachant  pas  signer  j'ay  fait  ma  marque 
ordinaire 

Marque  de  JOSEPH  GUILBAU  t 


(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  du  6  May  1760.) 

Copie  de  la  lettre  de  Joseph  Maurice  au  sieur  Jean  Castillon. 
R.   N°  15. 

(Pas  de  date,  mais  avant  le  6  mai  1760.) 
Si  j'ay  receu  votre  lettre  c'est  par  avanture,  c'est  que  Monsieur  Manach  n'a  pas  mis 
la  main  dessus  il  nous  a  gardé  celle  que  Monsieur  Bourdon,   nous  a   fait   l'honneur   de 
nous  écrire  vu  que  nous  sommes  bien  mécontents,  car  il   n'est  pas  françois,  mais  pour 
nous,  nous  le  sommes. 

JOSEPH  MAURICE. 


(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  du  6  May  1760.) 

Corne  de  la  lettre  de  Monsieur  de  Boishébert  écrite  à  Monsieur  Vabbé  Manach,  mission- 
naire  des  Sauvages  de  Beaubassin,  réfugié  à  Miramichi. 

H.  N°  7.  [De  la  Rivière  St-Jean],  le  21  février  1760. 

Monsieur, — Je  souhaite  que  celle  cy  vous  parvienne,  elle  doit  vous  interresser,  je 
serois  fâché  de  vous  laisser  ignorer  les  discours  que  l'on  tient  de  vous,  Il  m'a  été 
raporté  que  vous  avés  fait  tout  votre  possible  pour  engager  les  françois  et  sauvages  à 
aller  faire  la  paix  avec  les  Anglois,  que  vous  avés  même  paru  avoir  peu  de  confiance  au 
gouvernement  françois. 

Je  ne  puis  m'imaginer  quelles  sont  les  raisons  qui  vous  y  ont  engagé,  seroit-ce  la 
peur  de  l'ennemi  1  je  ne  puis  le  croire,  puisque  vous  êtes  toujours  dans  le  cas  de  fuir 
les  coups,  c'est  l'indépendance  où  ceux  de  votre  état  veulent  toujours  être,  ou  l'envie  que 
vous  avés  de  faire  revenir  ce  despotisme  dont  jouissoient  vos  prédécesseurs  dans  l'Accadie 
qui  est  ce  qui  peut  vous  authoriser  à  engager  les  Accadiens  à  faire  l'aveu  aux  Anglois 
qu'ils  sont  leurs  sujets  en  se  soumettant  à  eux,  vous  voudriés  présentement  qu'ils  fissent 
leur  paix  particulière,  c'est  parceque  vous  y  trouvés  votre  intérest,  ce  n'étoit  point 
autrefois  de  même,  car  si  nous  avons  la  guerre  et  si  les  Accadiens  sont  misérables  souve- 
nés  vous  que  ce  sont  les  prêtres  qui  en  sont  la  cause. 

J'ay  été  envoyé  snr  cette  côte  pour  les  engager  à  persévérer  dans  l'attachement 
qu'ils  ont  témoigné  jusqu'à  présent  pour  la  france  et  j'ay  le  chagrin  de  voir  que  ceux 
qui  devroient  le  plus  les  y  entretenir,  sont  les  premiers  à  les  en  éloigner,  il  semble 
même  que  vous  vous  êtes  tous  entendus  pour  cela. 

Monsieur  Cocquard,  part  de  Québec  sans  ordre  de  son  Evêque  avec  un  passeport  de 
Monsieur  Murrai,  seulement,  et  n'a  rien  de  plus  pressé   sitôt  son  arrivée  à  la   rivière 


i,\  \  i  ■  1/  0011    Dï       10  IDIBN8    iVBO  DOOl  mi  S  \ 
DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

St-Jean,  que  d'aller  faire  sa  soumi    ion  ain  I  que  plu  ieui 

d.ini  du  fort  Latour,  l'on  m'a  dit  même  que  le  P  rmain  devoit  rou    »v<  l  de 

oette  authomne  pour  faire  un  traité  de  pahi      oettc  oonduitte  ne  donne  suoune  bonne 
Idée  étant  au  préjudioc  de  l'Ktat,  au  n-  t<-  n  pa  ,    M«»n  h-ui,  «pi.-  <-    soit   pn 

bion  de  ma  pari. 

Je  ne  irouH  marque  cecy,  que  pour  que  ^ou    pui     i<     on  di      iad<  r  Vfi 
rai.  à  qui  j"  vais  en  rendre  compte^ 

.Je  suis  avec  bien  du  respeot,  Monsieur,  &c. 


(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  du  6  May  1760 
Copie  de  l'i  lettre  de  Vabbé  Mcwiach  à  Monsieur  le  liovrquie  de  I  audn  uil. 

D.      N     •'>.  Dl    RlOHIBOUOrOUj    le    10   mars    1760. 

Mhnsikuk,    -J'ai  reçu  l'honneur  <!<•  eôtre  lettre  par  Monsieur  de  Niverville,  qu 
arrivé  aveo  la  nouvelle  que  les  Angloifl  svoient   embarqué  l<is  babitam  (!«•  la   Kivière 
St-Jean  pour  Chibouctou  contre  la  bonne  foi  désaccorda  que  nous  avions  t'ait  . 
lui  le  11*  Novembre,  forées  par  la  raison  de  le  faire  et  non  pas  par  d'autre  motif,  vous 

verres,    Monsieur,  par  le  manifeste  que  vous  recevrés   <pi  il  nous  promet    la  po  n   <!<• 

tous  nos  biens,  le  libre  exercice  de  nôtre  religion,  avec  cette  conditi<  n  que  non-  ne  noui 
mêlions  ni  directement,  ni  indirectement  dans  la  querelle  présente  après  Québec  pris 
et  [sic  pour  ai]  reçu  la  nouvelle  que  le  Père  Germain  et  Monsieur  .Maillard  s'étaient 
rendus  :  les  habitans  et  sauvages  s'assemblent  pour  me  demander  quel  parti  ils  doivent 
prendre,  je  leur  demandois  à  quelle  intention  ils  venoient,  Nous  voulons,  me  répon- 
dirent-ils nous  rendre  et  vous  ne  sçauriés  vous  même  nous  donner  un  autre  cou 
autrement  il  nous  faut  infailliblement  périr  de  misère,  nous  sommes  à  bout  de  tout,  la 
pluspart  de  nous  l'auroient  fait  sans  attendre  que  les  anglois  nous  y  invitassent  eux 
mêmes  il  s'agit  aujourd'hui  de  le  faire  tous  ensemble,  les  conditions  sont  bonnes,  l'ex- 
trait de  l'édit  émané  du  Roy  de  la  Grande  Bretagne,  nous  fonde  et  nous  met  à  même  de 
nous  plaindre  si  on  devoye  à  ce  qu'on  nous  promet. 

La  dessus  Monsieur,  ont  été  faites  les  premières  démarches,  et  depuis  ce  tems 
l'anglois  n'a  point  manqué  d'assister  les  pauvres  familles  qui  s'y  sont  transportées  ou 
qui  sans  s'y  transporter  ont  été  chercher  des  vivres,  mais  nous  commençons  grandement 
à  nous  appercevoir  que  ce  n'est  que  pour  nous  mieux  tromper  qu'il  en  use  ainsi,  mais 
nous  allons  par  une  nouvelle  députation  savoir  ce  qu'il  pense  ou  s'il  ne  veut  pas  répondre 
sur  ce  qu'il  a  transporté  les  habitans  de  la  rivière  St-Jean  à  Chibouktou,  ou  sur  le  mau- 
vais traitement  des  gens  de  Petkekoudiac,  nous  saurons  ce  que  cela  ou  son  silence  voudra 
dire,  et  alors  les  familles  prendront  le  parti  qu'elles  voudront,  mais  Monsieur,  où  pouvoir 
se  transporter  sans  vivres  et  comment  échapper  à  cet  ennemi  qui  passera  les  glaces  pour 
nous  venir  enlever  ;  mais  encore  quelle  cruauté  n'exercera-t-il  pas  envers  nous  si  nous 
manquons  aux  promesses  1  Et  dans  le  cas  où  nous  sommes  ne  vaut  il  pas  mieux  qu'il 
nous  manque  que  nous  de  manquer  ?  Enfin,  Monsieur,  vous  verres  ce  qui  sera  à  propos 
de  nous  ordonner  en  pareil  cas,  pour  que  nous  agissions  en  conséquence,  nos  sauvages 
sont  allans  et  venans  au  fort,  et  comment  faire  autrement,  n'ayant  ni  hardes,  ni  plomb, 
ni  poudre,  ni  hache,  etc. 

Je  ne  manque  pas  de  leur  dire  que  les  tems  changeront  et  qu'il  ne  faut  se  rendre 
que  pour  un  tems,  qu'il  ne  faut  point  oublier  ce  qu'ils  doivent  à  leur  ancien  maître  que 
s'ils  reçoivent  quelques  avantages  temporels,  qu'ils  doivent  le  faire  sans  s'engager  car 
vous  savés  dis-je  souvent  qu'il  est  après  Dieu,  celui  à  qui  vous  vous  êtes  donné  avec 
grande  connoissance  de  cause. 

Nous  demandons  sans  cesse  au  Seigneur,  le  recouvrement  de  la  Colonie  et  nous 
espérons  de  ses  bontés  le  succès  de  vos  armes. 

Je  suis  avec  respect,  etc. 

MANACBL 


256  ARC  lin  ES  CÂ  V ADIEU  VE& 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

(Joint  -i  l.i  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreui]  du  6  May  1760.) 

<'<>]n>  delà  lettre  fie  Monsieur  de  Boishebert   écrite  au   Révérend  Père  Germain,  missio- 

naire  fie*  Sauvages, 

G.  N°  G.  Di;  la   Rivière  St.  .Juan,  le  21   février  1760. 

M<>\  Ki.vkim;m>  PÈRE, — Je  résponda  à  celle  que  vous  m'avés  fait  l'honneur  de 
m 'écrire  du  23  février  (?),  je  suis  très  satisfait  que  la  frégatte  qui  doit  arriver  aux 
environs  de  la  rivière  St-Jean  [à]  Pescadamocauty  ou  au  havre  à  l'Etang  puisse  y 
trouver  des  françoia  ei  sauvages  ponr  conduire  l'officier  ou  autre  personne  qui  sera 
chargé  des  paquets  de  la  Cour. 

J'ay  déjà  pria  copnme  nous  Baves  tous  les  arrangements  pour  qu'il  trouve  à  Medoctek 
sur  la  route  les  vivres  nécessaires  pour  se  rendre  en  toute  diligence,  d'ailleurs  je  marque 
à  Monsieur  de  Niverville  de  rester  à  la  rivière  St-Jean  jusqu'à  ce  qu'il  reçoive  de 
nouveaux  ordres  de  Monsieur  le  Général,  je  luy  ai  écrit  d'avoir  attention  à  ce  que  les 
bestiaux  et  tous  les  vivres  qui  sont  à  l'Isle  aux  Ours  ne  soint  point  dissipés  par  son 
détachement. 

Je  conçois  comme  vous  toute  la  conséquence  qu'il  y  a  de  les  conserver  1°  si  nous 
avons  le  bonheur  de  reprendre  Québec  et  que  le  guerre  continue  nous  pourrons  entre- 
tenir un  détachement  en  état  de  reprendre  le  fort  que  l'on  dit  être  en  très  mauvais  état. 

Si  nous  avons  la  paix  tous  ces  bœufs  et  quantité  de  grains  se  distribuera  par 
portion  égale  aux  habitans  qui  voudront  y  revenir,  d'ailleurs  cela  pourra  servir  à  être 
distribué  aux  sauvages  pendant  le  cours  de  l'été  et  les  empêcher  aux  anglois,  en 
attendant  que  nous  ayons  la  paix. 

Je  suis  dans  la  confiance  que  vous  les  entretiendrés  autant  qu'il  vous  sera  possible 
dans  l 'attachaient  qu'ils  doivent  à  la  France,   l'on  doit  s'en  raporter  à  vous  à  ce  sujet. 

Je  vais  sitôt  mon  arrivée  à  Montréal  parler  à  Monsieur  le  général  pour  qu'il  fasse 
sçavoir  ses  intentions  à  Monsieur  de  Niverville,  vous  saurés  par  là  notre  situation,  si  je 
savais  même  Québec  pris  je  pourrois  vous  envoyer  des  courriers  et  faire  armer  un  des 
.batimens  qui  sont  à  Ristigouche  pour  en  porter  la  nouvelle  en  France. 

Sovés  je  vous  prie  persuadé  que  je  ne  vous  laisserai  ignoier  de  rien  de  ce  qui 
pourra  être  nécessaire  pour  le  service  je  le  fêtai  toujours  avec  une  vraye  satisfaction. 

J'aurais  continué  ma  route  jusqu'à  Ecoubac  pour  aller  à  Richibouctou,  si  je  n'eusse 
point  appris  le  traité  qu'ont  fait  faire  aux  sauvages  Mrd  Maillard  et  Manach,  ce  qui 
a  engagé  les  habitans  à  aller  se  soumettre  à  Beauséjour,  tandis  qu'ils  auroient  pu 
passer  l'hivert  avec  les  vivres  qu'ils  avoient  et  la  pêche  abondante  qui  règne  tout  le  long 
de  cette  côte. 

J'ay  beau  examiner  leur  conduite,  je  ne  vois  rien  qui  les  rendes  excusables,  mais 
enfin  c'est  à  ces  Messieurs  à  en  juger,  et  je  suis  charmé  en  mon  particulier  que  le  hazard 
aye  fait  que  vous  soies  restés  à  votre  mission. 

Je  sais  que  tous  les  sauvages  que  j'ay  emmenés  avec  moi  ont  dit  à  tous  ceux  qu'ils 
ont  recontré  qu'on  les  traitoit  mal  en  Canada  et  que  tous  ceux  que  y  étoient  restés 
vouloient  dessendre  dès  le  printemps.  Je  conçois  bien  que  les  circonstances  où  se  sont 
trouvés  ces  Messieurs  les  ont  mis  dans  le  cas  de  ne  pouvoir  leur  donner  aussi  libérale- 
ment comme  les  années  dernières,  je  leur  rendrai  compte  de  leurs  sentiments  et  j'espère 
qu'ils  pourront  être  plus  en  état  ce  printems  qu'ils  n'ont  étés  jusqu'à  présent. 

J'ai  l'honneur  d'être,  etc. 


(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudrcuil  du  6  May  1760.) 
Copie  de  la  lettre  du  Révérend  Père  Germain  à  Monsieur  le  Marquis  de  Vaudreuil. 
E.  N°  4. 

Monsieur, — J'ay  reçu  la  lettre  que  vous  m'avés  fait  l'honneur  de  m'écrire  avec  les 
nouvelles  dont  vous  avés  bien  voulu  me  faire  part,  nous  ne  sçavions  icy  autre  chose 
sinon  que  l'anglois  nous  avoit  dit  que  La  france  le  tourmantoit  en  Europe. 


GENEALOGIE  DEM  ÂOADIEVê  UEO  DOi  TB 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

r~]l>n  10  au  20  mars  prochain  noa    devoni  apprend i  Kurop 

a  <r  que  ni  .1  i  ici  h  le.o mandant   angloi    du  fort  au  bas  de  ls  H  elle* 

son!  intéressante    je  feray  si  bien  que  j'en  donm  i    h  Mon  ieur  de  M  >i 

qu'il    V  "H       l«"       tasse     pal  \  Cil  î  I 

.i  ..y  m  rivé  à  la  rjvièi         I    ra  le  i"1"  de  11  Tou  i   |e  tn  b<  ui 

tout  lee  babitan    de  §endu    iu  Porl  angle  l<  ni    l'cm  m  i  1 1«  i  prendre  la 

résolution  d'aller  les  joindre  oomne  je  fie  huit  jourH  apn     dan    I  «  •  *  1  «  -    <\n  <i>- \>-   nnom 
pagner  où  on  les  conduiroil  pour  les  aider  une   partie  à    mourrir  «m  chrétien  dan 
batimens,   et  l'autre   partie  à  prendre  courage  dans    la  ini  Are  où  ils  pouroient    tomber 
comme  sont  les  autn     sot  tdieo    qui    ont  à  la  Nouvelle   \\ 
de  Providence,  Monsieur  Coquarl    prêtre  missionnaire  de     fran    »i     an 
demanda?  au   commandant  de  me  retirer'oe  qu'il  m'accorda  a  vit  un  pa    ep<ai  <  j  u  il  m»* 
donna  pour  rester  dana  mon  presbytère  où  je  nuis  actuellement,  et  où  j's  iremenl 

nouvelle  de  la  f régat te  qui  pourrait  arriver  â    Pe  Icaudaunokkauti   ou   ht 
les  choses  sonl  tellement  disposées  que  cela  est  immanquable,  sinsi  Mon  ieur  vou     pou 
rés  oroire  «pic  s  il  en  \  i < •  n t  les  paquet    <lr  la  (  Jour  voua  parviendront. 

Quand  je  fus  au  t'«>it  anglois  j'appria  «pi  il  y  avoit  i  les  babitan 

parler  au  commandant  du  fort  qui  lea  reçut  fort  bien  et  propo  a  de  faire  une  p 
eux,  ce  que  les  sauvages  acceptèrent,  cependant  ils  eurent  la  précaution  «!<•  venir  m<- 
donner  avis  de  ce  qu'ils  avoient  promis  à  I  anglois,  m*'  disant  que  ce  qu  ils  en  fai  oient 
ne  seroit  qu'autant  qu'ils  se  verraient  abandonnés  du  françois  dont  ils  n'espéroient  plus 
de  secours  Québec  étant  pris,  que  du  reste  ils  garderaient  toujours  leur  attachement 
pour  la  France  si  l'occasion  se  présentoit  «  1  \-  avoir  recours,  et  «m  cria  je  les  crois  iin< 

paire  qu'ils  aiment  plus  le  franrois    que  l'anglois  et  qu'ils  ne    paraissent   ne    ]  i  iloir 

perdre  la  religion  qu'à   l'extrémité  ainsi   leur  paii   n'est  qu'un  amusement  à  ce  «|ue  je 
puis  m'appercevoir  e';  de  ce  côté  là  l'anglois  ne  lea  gardera  pas  des  que   le  françois 
en  Canada. 

Pour  moi  Monsieur,  je  suis  venu  résolu  (le  passer  en  France,  si  je  vois  que  le  Canada, 
doive  tomber  entre  les  mains  de  l' Anglois  j'irai  par  Chibouctou  où  je  m'arrêterai  le  moins 
que  je  pourrai,  j'espère  recevoir  encore  une  de  vos  lettres  avant  de  me  dét  nniner  ei 
rement  et  savoir  par  là  si  Québec  est  repris,  si  c'étoil  la  paix  je  compte  l'apprendre    par 
ici  en  mais. 

Je  ne  vous  rends  pas  compte  de  létat  où  se  trouve  la  rivière  Sl-Jean,  Monsieur  de 
Niverville  en  a  informé  Monsieur  de  Boishébert,  qui  doit  vous  donner  un  détail  de  tout, 
je  prévois  qu'il  va  arriver  ce  printems  la  plus  grosse  partie  des  sauvages  de  cette  rivière, 
qui  iront  trafiquer  avec  l'anglois  et  que  Monsieur  de  Boishébert  ni  moi  ne  pourrons 
empêcher  dans  les  circonstances  présentes. 

Si  Québec  étoit  repris  je  vois  un  coup  à  faire  dans  cette  rivière  j'aurai  l'honneur  de 
vous  faire  part  de  mon  idée,  si  cela  tourne  bien  et  j'y  ajouterai  ma  façon  de  penser  sur 
le  reste,  jusqu'à  présent  tout  cela  ne  peut  rien  produire  ce  qui  fait  que  je  n'en  parle  pas. 

Il  me  reste  à  vous  témoigner  ma  reconnaissance  pour  l'estime  que  vous  avés  pour 
moi  je  tâcherai  d'y  correspondre  du  mieux  que  je  pourrai,  et  vous  pouvés  être  persuadé 
que  je  ne  vous  laisserai  ignorer  de  rien  dès  que  je  croirai  que  ce  sera  pour  le  bien  du 
service,  d'ailleurs  je  me  porte  d'inclination  à  tout  ce  que  je  pense  qui  peut  vous  faire 
plaisir. 

J'ai  l'honneur  d'être  avec  un  profond  respect, 
Monsieur, 

Votre  etc. 

GERMAIN,  jésuite. 
A  la  Rivière  St-Jean,  26  février  1760. 


(Joint  à  la  lettre  de  Monsieur  de  Vaudreuil  du  6  May  1760.) 

Copie  de  la  lettre  du  Révérend  Père  Germain  à  Monsieur  le  Marquis  de  Vaudreuil. 

Monsieur, — J'apprends  par  une  lettre  de  Monsieur  de  Niverville  que  les  habitans 
de  la  côte  de  Miramichi  sont  encore  la  plupart  le  long  de  cette  côte,  quoiqu'ils  ayent  fais 


258  ARCHIVEE  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

un  accommodement  avec  l  unL,rlois,  je  les  trouve  plus  heureux  que  ceux  de  cette  rivière 
qui  sans  accommodement  ont  été  emmenés,  aussi  quoique  Monsieur  Manach  paroisse 
avoir  été  un  peu  vite  dans  sa  soumission  je  conçois  <ju'il  a  en  tout  désespéré  et  qu'il  a 
tait  pour  le  mieux  ce  qui  est  vrai. 

Monsieur  de  Niverville  peut  remédier  i  la  chose  s  il  si  prend  bien,  pour  icy  je 
n'ai  aucune  autre  nouvelle,  dès  que  j'en  aurai  je  ne  manquerai  pas  de  vous  en  informer 
aussy  bieo  que  ce  que  je  pourrai  prévoir  être  pour  le  bien  de  ces  quartiers. 

J'ay  l'honneur  d'être  avec  un  profond  respect 

Monsieur 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

GERMAIN,  Jésuite. 
A  la  rivière  St-Jean,  le  16  mars  1760.   (a) 

(n)  La  lettre  de  M.  de  Vaudreuil  au  ministre,  du  6  mai  1700,  par  laquelle  il  porte  des  plaintes  gra 
contre  les  missionnaires  de  TAcadie,  devrait  précéder  les  copies  des  lettres  qu'il  y  a  jointes  et  qui  se  termi- 
nent ici. 

Lorsque  l'auteur  de  cette  compilation  de  documents  sur  l' Acadie  fut  requis  d'envoyer  son  manuscrit  à 
l'imprimeur  du  roi,  il  ne  peut  retrouver  la  copie  qu'il  en  avait  faite,  et  c'est  pourquoi  cette  pièce  fut  omise 
dans  ce  travail. 

Ce  long  et  important  document  comprend  les  folios  82  et  110  du  volume  coté  F  105  aux  archives  du 
Canada. 


APPENDICE  I. 


NOTES  CONCERNANT  LA  FAMILLE  ROBICHEAU 
PÉTITION  DE  LOUIS  ROBICHEAU  POUR  ÊTRE  TRANSFÉRÉ   AVEC  SA 

FAMILLE  DE  CAMBRIDGE  À  BOSTON. 

A  Son  Excellence  William  Shirley,  écr.,  capitaine  général  et  gouverneur  en  chef  de  la 
province  de  la  baie  du  Massachusetts  ;  à  l'honorable  Conseil  et  la  Chambre  des 
représentants. 

J'ai  toujours  vécu  parmi  les  Anglais  auxquels  j'ai  été  fidèle  et  dévoué,  et  pendant 
quarante-six  ans  ma  conduite  à  leur  égard  a  toujours  été  strictement  honnête. 

Au  commencement  de  la  guerre,  ma  famille  et  moi  avons  travaillé  à  la  réparation 
des  forts  à  Annapolis  ;  nous  fûmes  en  même  temps  chargés  de  la  surveillance  des  voi- 
tures qui  transportaient  le  bois  de  construction  et  c'est  en  risquant  ma  vie  et  celle  de 
ma  famille  que  j'ai  réussi  à  faire  transporter  ce  bois  pendant  la  nuit  à  l'insu  des  sauvages. 
En  outre,  des  membres  de  ma  famille  ont  averti  les  Anglais  de  l'approche  de  Du  Vivier, 
envoyé  pour  attaquer  le  fort  :  et  si  les  Anglais  n'avaient  pas  été  averti  à  temps,  le  fort 
aurait  été  pris.  Par  suite,  j'ai  été  fait  prisonnier  deux  fois  avec  ma  famille  ;  et  après 
avoir  été  emmenés  au  camp  français  nous  avons  eu  beaucoup  de  difficulté  à  nous  faire 
relâcher.  En  deux  autres  occasions  on  a  pillé  ma  maison  et  enlevé  mes  bestiaux  ;  et  ces 
faits  sont  bien  connus  des  Anglais  qui  résidaient  à  Annapolis  à  cette  époque.     Après  ces 


01  \r  IL0QI1    m       U   i/'//  \       WB<    DOOl  i//  '•  /  00 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

événements  j'étais  parvenu  s  me  relever  un   peu,   Ioi*h«ju«'  l'année  d«ini»re    h    n 
ElandAeld,  eu   nom  «lu  gouvernement  anglai  ,  m'enlev»    Loui  (•«•  «pu-  )<•  |  nu- 

laissa  libre  de  m'expatriai  ou  il  me  plairait      •'  ai  mieux  aim<    venii   dan     la  Nouvelle- 
Angleterre,  parce  que  je  oroyai    qu'ioi  on  i  onnai  tait    ma  fid< 

m'attendais  <l  \    trouver  toute  l'indulgence    »    laquelle    j'ai    droit       Maintenant    je   me 
permets  de  faire  part  à  Votre  Excellence  et  eux  honorable    membre    d<  i  liam 

bref  qu'à   mon  arrivée  dane  oette  province,  j'ai  ét<  en  Boston  ivec  ma  famille  où 

nous  avons  demeuré  ju  qu'à  oette  lemaine      Pendant  le    troi    moi    .|i>.-  n< >n  hm.hh  pav 
à  oet   endroit,  notre  conduite  a  été  irréprochable  et  j'ai  pourvu  n  un-     t- 
de  ma  t'a  m  il  le    Aujourd'hui  nous  avons  été  I  ransférl  i  à  Cambridge  où  je    ui 
bonté  .   mais  je  ne  pui  trouver  de  l'ouvrage  i<i  comme  ;i  Ko  ton,  «  t  non      «  -mi, 
sairement   s  charge  à  la  province.     De  plus,  les  oon  eillers  de  Cam'orid<.M'  ;\\>\< 
donné  inutilement  beaucoup  de  peine  pour  nous  procurer  une  mai  on,   noui  on 
qu'ils  n'ont  pas  <!<•  logis  en  vue  pour  non-,  .'t  qu'ils  ne  lavent  où  nom  in  baller.     Bn  oon 
séquence,  je  nous  sollicite  de  me  laisser  retourner  à  Boston  ou  non    uoe    oonduiron 
comme  des  gens  paisibles  et  respectables.     Cette  Eaveur  ne  pourra  servir  de  précédent, 
car  personne  s'est  trouvé  dans  les  mêmes  circonstance!   que  nous.     En  m'accordent  ma 
demande,    Votre  Bxcellenoe  <vt  vos  honorables  membres  des  deux  Chambre   obligeront 
beaucoup  votre  malheureux  pétitionnaire. 

Cambridge,  10  septembre  1756. 

Au  Conseil,  le  10  septembre  1756.  Le  pétition  ci-dessus  eet  lue  et  il  «--t  résolu 
d'accorder  au  pétitionnaire  la  liberté  de  Be  transporter  à  Boston  avec  sa  famille.  Cette 
pétition  est  envoyée  à  la  Chambre  des  représentants  pour  approbation. 

TIIOS  CLARKE,  bous 

LOUIS  ROBICHEAU  (le  pétitionnai.*;. 

A  la  Chambre  des  représentants,  10  septembre  1756. 
Lue  et  rejetée. 

T.   HUBBARD,  orateur. 
No  523. 

Tableau   indiquant  les  noms,   les   âges  et  l'état  de  santé  des  membres  des  familles  fran 
(•aises  envoyées  à  Cambridge  par  ordre  du  gouvernement. 

Noms.  Age.*-. 

Lewis  Robeshaw,  54,  santé  bonne,  a  perdu  deux  doigts. 

Jane  Robeshaw,  49,  très  faible  et  incapable  de  travailler. 

Frederick  Robeshaw,  25,  souffre  d'un  cancer. 

Edwd.  Robeshaw,  22,  capable  de  travailler. 

Otho  Robeshaw,  15,  santé  bonne. 

Klorence  Robeshaw,  10,  santé  bonne. 

VillBong  Robeshaw,      8,  très  faible. 

Esther  Robeshaw,  18,  santé  bonne. 

Monit  Robeshaw,  13,  santé  bonne. 

Hannah  Robeshaw,        5,  santé  bonne. 

Joseph  Wite,  28,  santé  bonne. 

Magaret  Wite,  27,  santé  bonne. 

Mary  Wite,  2,  santé  bonne. 

Total,  13  personnes. 
30  novembre  1757. 


260 


ARCHIVES  CANADIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Tableau  indiquant  la  distribution  des   Fraw  \i>  neutres  dans  Le  comté  de  Middlesex, 
par  le  comité  choisi  par  la  Législature  et  le  Conseil. 


X < un-  dea  bourgs  où  Lia  fuient  ••n\- 


XolIlS. 


(  lambridge. 


Lewia  Etobeshaw 
Jane,  sa  femme 

Frederick 

Edward 

Oto 

Florence 

YillBong 

Esther    

M.-llv 

Hannah 


âges. 


.... 
51 
27 
24 
18 
13 
11 
26 
16 
6 


Nom- 
bre 


10 


Charles  town 


Jose])h  White 

Marg.  sa  femme 

Mary,  sa  fille 

Un  bébé  (a) 

Marg.  Richard,  veuve. 

Victor 

Marg 

John , 

Munich.? 

David 


30 

29 

4 

56 

23 

18 

14 

9 

8 


1" 


(a)  Mai-guerite,  née  le  10  décembre  1760. 

Requête    transmise,    par   Mascarène    au    S'crétaire    d'Etat    dans    une    lettre 

du  9  décembre  1745, 

A  l'Honorable  Paul  Mascarène  Ecuyer  Lieutenant  Gouverneur  Commandant  en  chef 
dans  la  Province  de  Sa  Majesté  la  Nouvelle  Ecosse  &c,  et  aux  Illustres  Messieurs 
du  Conseil  du  Roi. 

Messieurs, 

Nous  osons  nous  assurer  toujours  de  vostre  Bonté  c'est  ce  qui  fait  que  nous  prenons 
la  liberté  de  réclamer  toujour  vostre  Protection  qui  nous  est  nécessaire  plus  que  jamais 
dans  la  triste  Conjecture  ou  nous  nous  trouvons,  étant  accablés  d'un  Coté  et  menacés  de 
l'autre,  vous  Sçavez,  Messieurs,  en  quel  Etat  nous  réduisent,  et  les  François  et  les 
Sauvages  dans  tout  leurs  Courses,  ceux-cy  nous  Ravagent  pillent  tuent  ceux  la  nous 
accablent  de  peines  et  de  traveaux  ne  nous  donnant  pas  le  temps  de  respirer,  et  d'un 
Autre  Coté  on  nous  fait  entendre  qu'on  viendra  de  Boston  pour  nous  Réduire  entière- 
ment, aquoy  on  auroit  pas  grand  peine  étant  déjà  bien  abbattus  en  toute  manière  : 
quoy,  Messieurs,  voudriez  vous  nous  abandonner  de  même  que  nous  présumons  autre 
chose  de  vous. 

Il  est  vray  Messieurs  vos  Ennemis  trouvent  de  la  Subsistance  chez  nous,  mais  qui 
que  ce  soit  qui  habitent  n'y  trouveront-ils  pas  egallement  ou  de  gré  ou  de  force. 

On  travaille  pour  Eux  dans  leur  Besoins  n'y  forceront  ils  pas  vos  plus  affidés? 

On  leur  porte  avec  un  certain  plaisir  ce  qu'il  demande  on  le  fait  par  force  pour  se 
maitre  a  Couvert  d'un  plus  grand  mal  efc  malgré  tout  cela  nous  traitent  d'Anglois  et  nous 
font  il  mille  paines. 

De  prendre  les  Armes  ou  en  Serions  nous,  Messieurs,  Sy  nous  les  avions  prises  vous 
auriez  ceux  qui  vous  Restoient  sur  les  Bras  à  nourrir  dépouillés  de  tout  et  tellement 
accablés  de  chagrin  qu'ils  seroient  hors  d'état  de  vous  rendre  Service  Et  toujours  si  nous 
faisons  par  foy  quelque  chose  pour  vos  Ennemis  selon  le  sort  de  la  Guerre,  nous  voyez- 
vous  dez  que  nous  sommes  libre  courir  a  tout  ce  que  vous  demandez  de  nous,  avec  quelle 
peine  et  quelle  fatigue  ne  vous  avons  nous  pas  fourni  les  Bois  que  vous  nous  avez 
demandé  toujours  disposé  à  vous  rendre  service  a  quelle  Epreuve  n'a  t-on  pas  mis  notre 


i,i  \  i   iLOQll    DJ       i'   IDU  \       m/'    /""  / 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

fidélité   .in.  que  n  Q    ayon     rien   fail   de  oe  qui  peu!  avoii  liaporl  au>    \m  .       <- 
I .l.utii  .i  la  Vi  i  ii«    Mei  ieun  qu'il  )  en  <|ll<•l<|ll<• i  un  qui  on!  «   té  infidèlle  |>ai  une< 
conduite  et   indiioretion      Haï     roudra-t-on   perdre  plu  ieui     Innocent    poui    quelque* 
coupable.     Permettez,  Me    ieura,  que  noua  vou    demandioo    plual  a  pour  < 

prétendre  l«-    |u  I  ifter,  Et  an  ce     de  reoidh  e   aou  i  aen  promu 

doui  eaperona  que  voatre  olemenoe     urpai  ai  i   leur   malice,  el    leui   Kechuti    a 
munis  ae  Qraoe,  et  voetre  bont<   nou  i attachera  de  plu    en  plun  à  K«  M  britannique 

et  par  Conséquent  aux  honorables  pei  onne    qui   nou     tiennent  donc 

Messieurs  par  Qraoe  ce    ei   no    Frayeurs  en   nou     b    m. un  rostre   protection  que  noui 
baoherons  de  mériter  de  plus  en  plus  par  noa  attentioi  nivre   ro    Ordi 

ftdels  au  Gouvernement    et  a  offrir  nos* Vœux  pour  que  le 
vous  ses  plus  speoials  faveurs  étant  dans  un  trez  profond  lî-   | 

l  >>•  \  os  honneur 

Le  t  rea  humble  ei  t  rez  obéi    ant    i  ri  item 

[  JEAN  simon   LEB1   \' 
|  Marque  de       J08:   ROBICHA1 
Députez  faisant  pour  Les  Habitants  |  marque  de    t    BAPTISTE  l'KLLKl;  AIN 
de     la      Rivière     d'Annapolis-  [  marque  de    I    JEANT  MKLA\so\ 
Royalle,  I  marque  de    :    CHARLESQ]  ROIB 

!  marque  de    i    CLODDE  ORANGER 
[  LOUIS   ROBICHAU* 
Annapolis  Royal  ce  vingt  et  uniesme  juin  1745. 


ACTE    DE    BAPTÊME    DE    LOUIS    ROBICHAU. 

Ce  10°  d'aoust  de  l'année   mil  sept  cent  quattre,  moy  soussigné  faisant  le?  fonctions 

curiales  dans  cette  paroisse,  ay  baptisé  Louis  Robuchau,  né  du  9'  du  susdit  mois,  fils  de 
Prudent  Robuchau  (a)  et  de  Henriette  Petitpas,  légitimement  conjoins.  Il  a  ont  pour 
parrain  Msieur  Louis  de  Charcornacle,  capitaine  de  compagnie  et  pour  marraine  damoi- 
selle  Jeanne  Tibaudau,  épouse  de  Msieur  DeGoutin  lieutenant  général  de  cette  pro- 
vince.    En  foy  de  quoy  j'ay  signé  avec  eux  ce  mesme  jour  et  an  que  dessus. 

CHARCORNACLE 
JEANNE   DEGOUTIN, 
f.    FÉLIX  PAIN,  recollet,  curé  de  Port  Royal. 


MARIVGE    ENTRE    LOUIS    ROBICHAU    ET    JEANNE    BOURGEOIS 

Le  septième  jour  du  mois  de  février  mil  sept  cent  trente  j'ay  soussigné  René 
Charles  de  Breslay,  prêtre  missionnaire  curé  de  la  paroisse  de  St-Jean  Baptiste  à  Anna- 
polis  Royale  dans  la  Nouvelle-Ecosse  ou  Acadie  et  grand  vicaire  de  Monseigneur 
l'évêque  de  Québec  après  avoir  publié  un  ban  du  présent  mariage  le  cinquième  jour  du 
dit  mois  et  an  et  n'y  ayant  paru  aucun  empêchement  et  après  avoir  accordé  la  dispense 
des  deux  autres  et  avoir  pris  le  mutuel  consentement  des  deux  parties  et  de  leurs  parents, 
donné  la  bénédiction  nuptiale  à  Louis  Robichau,  demeurant  dans  cette  paroisse,  âgé  de 
vingt-cinq  ans,  fils  du  sieur  Prudent  Robichau,  sindic  et  chef  du  conseil  françois  à  la 
dite  Annapolis  Royale,  et  de  dame  Henriette  Petitpas,  ses  père  et  mère  d'une  part,  et 
à  Jeanne  Bourgeois,  demeurant  aussi  en  cette  paroisse,  âgée  de  vingt  et  un  ans,  fille  du 
sieur  feu  Germain  Bourgeois,  marchand  bourgeois  de  la  dite  Annapolis,  et  de  Dame 
Marie  Magdeleine  Dugas  ses  père  et  mère  d'autre  part.  Le  dit  mariage  a  été  fait  en 
présence  du  dit  sieur  Prudent  Robichau,  du  sieur  Prudent  Robichau,  fils,  marchand, 

(a)  Prudent  Robichau  fut  nommé  juge  de  paix  à  Annapolis  Royal,    le   5  avril  1727,    par   Lawrence 
Armstrong,  lieutenant-gouverneur. 


262  ARCHIVEE  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

députe  «les  habitants  françois  <le  la  dite  Annapolis,  frère  du  dit  époux,  du  sieur  Joseph 
Bourgeois,  aussi  dépote  «les  dits  habitants,  de  Joseph  Kobichau,  habitant  de  la  dite 
paroisse,  frère  du  dit  époux,  du  sieur  Denis  Petito  dit  St  Seine,  chirurgien  major  de  la 
dite  Annapolis  et  de  plusieurs  autres  parents  et  amis  lesquels  avec  la  dite  épouse  ont 
déclaré  ne  scavoir  signer  de  ce  interpellés  suivant  l'ordonnance  à  la  réserve  des  dits 
époux,  Prudent  Robichaud,  père,  et  du  dit  sieur  Denis  Petito  qui  ont  signé  avec  moi. 

LOUIS  KOBICHAU 

PRUDENT  ROBICHAU 

ST  SCEINE 

JOSEPH  BOURGEOIS 

JACQUES  ÏERRIOT 

R.   C.   dkBRESLAY,  grand  vicaire. 

ACTE    DE    BAPTÊME    DE    MARGUERITE    ROBICHAU  \. 

Ce  29  de  juillet  1731,  j'ay  administré  les  cérémonies  de  baptême  à  Marguerite,  née 
le  30l  may  de  l'année  1731,  fille  de  Louis  Robichaux  et  de  Jeanne  Bourgeois.  Le  par- 
rain a  esté  Prudent  Robichaux  la  marraine  Elizabeth  Robichaux  lesquels  ont  déclaré 
ne  scavoir  signer. 

ANT.  GAULIN  ptre  miss. 

BAPTÊME    DE    FREDERIC    ROBICHAUX. 

Le  douzième  avril  mil  sept  cent  trente  trois,  par  nous  prêtre  soussigné,  missionnaire 
de  la  paroisse  de  St-Jean  Baptiste  à  Annapolis  Royale,  dans  la  Nouvelle-Ecosse  ou 
Acadie,  a  été  baptisé  Frédéric  né  le  dixième  du  dit  mois  du  légitime  mariage  de  Louis 
Robichaux  et  de  Jeanne  Bourgeois.  Le  parrain  a  été  Joseph  Landry  et  la  marraine 
Jeanne  Robichaux  tous  habitants  de  la  dite  paroisse.  Le  père  et  le  parrain  ont  signé 
comme  seuls  scachant  le  faire  de  ce  requis. 

LOUIS  ROBICHAUX, 

JOSEPH   LANDRI, 

DE  ST-PONCY  DE  LA  VERNÈDE,  prêtre. 

ACTE    DE    BAPTÊME    DE    EDOUARD    ROBICHAUX. 

Le  premier  novembre  mil  sept  cent  trente-cinq,  par  nous  soussigné  prêtre  mission- 
naire, etc.,  a  été  baptisé  Edouard,  né  le  vingt-neuvième  octobre  du  légitime  mariage  de 
Louis  Robichaux  et  de  Jeanne  Bourgeois.  Le  parrain  a  été  Joseph  Granger  et  la  mar- 
raine Anne  Robichaux  tous  habitants  d'Annapolis  lesquels  ont  déclaré  ne  scavoir  signer 

DE  ST-PONCY  DE  LA  VERNÈDE,    prêtre. 

ACTE  DE  BAPTÊME  DE  JACQUES  ROBICHAUX. 

Le  19  juin  1738,  par  nous  soussigné  prêtre  missionnaire,  a  été  baptisé  Jacques,  né 
le  même  jour  du  légitime  mariage  de  Louis  Robichaux  et  de  Jeanne  Bourgeois.  Le 
parrain  a  été  Jean-Baptiste  Richard,  et  la  marraine  Anne  Robichaux,  tous  habitants  de 
cette  Daroisse  lesquels  n'ont  scu  signer. 

ST-PONCY  DE  LA   VERNÈDE,  prêtre  miss. 

AC1E    DE    BAPTÊME    DE    MARIE    ESTHER    ROBICHAULT. 

L'an  1740,1e  12aoust  a  esté  baptisée  par  nous  prestre  soussigné,  Marie  Esther 
Robichault,  (a)  née  du  même  jour,  du  légitime  mariage  de  Louis  Robichault  et  de  Jeanne 

(a)  Décédée  à  Québec,  le  5  fév.  1818. 


i,i  \  i   i  /  0011    DJ        i'    i  /'//  \ .      ii/'     OOi  I   ■'  i      i 
DOC.  DE.  LA  SESSION  No   1H 

Bourgeois  •«•    pèreel  mère      A  su  pool  parrain    I  ■  riobicnauH  • 

Bfarguei  ite  Etooiohault.     Le  pai  i  ain  h  e  noi 

il;  \v  "i      ROBICHA1 

\    \l  '«,.1    LU 

m   i  i.    i.i     BAPTEMI     i'i     "i"'    ROBICH 

L'an  mil  sept   oent  quarante-deui  <•»  le  dngt-neuf  i'avril  a  éfa    ba.pl 
soussigné  grand  vicaire  de  l'A cadie,  faisant    le    fonction    ouri  la  paroi  J 

IL,  Odo,  né  meeme  jour  et  an,  fili  de  Louii  Elobichaut  el  de  Jeanne  lioui 
Le  parain  a  été  Stanislai  Qourdeau  el  |i  marraine    Mai  Robicbau  qui  ont   tooe 

déclare*  ne  «savoir  Bigner  de  ce  enqui 

0    DE  LA  UOUDAL1  i.    U    v 

\(  i  i.    Dl    BAP1 1  Ml    Dl    M0NIQU1    ROBICH  i\ 

Le  douze  avril   1744,  a  esté  baptisée  Monique,   née  du  même  jour,  fille  légitime 
Louis  Robicbeau  el  de  Jeanne  Bourgeois,  son  épouse.     L<  parrain  P  u- 

deav  et  la  marraine  Tbéotiste  Uourdean  qui  n'ont  bcu   Bigner  de  ce  enquis  selon  IVm 
donnanoe. 

DESENCLAVES  |  -■  tn 

\<  n;    i>k    BAPTÊMl    Dl    ii<»i:i.\i     ROPIOHBAU. 

Le  second  octobre  1746,  a  esté  baptisé  Florent,  né  du  jour  précédent,  fils  légitime 
de  Louis  Robicheau  et  de  Jeanne  Bourgeois,  son  épouse.  Le  parrain  a  e  b  Frédéric 
Robiclieaud  et  la  marraine  Marguerite  Etobicheaud  qui  n'ont  sec  Bigner. 

DESENCLAVES  prêtre. 

ACTE    DE    HAÏTI. ME    DE    F1HM0ND    ROBICH  «AU. 

Le  vingt  avril  1749,  ont  été  suppléés  les  cérémonies   du   baptême  à  Firmond,  né  le 
vingt  huit  janvier,  fils  de  Louis  Robicheau  et  de  Jeanne   Bourgeois.      Le  parrain  a  e 
Isidore  Gourderot  et  la  marraine  Félicité  Bourgeois  qui  n'ont  scu  signer. 

DESENCLAVES,  prêtre. 

ACTE    DE    BAPTÊME    DE    VÉNÉRANDE    ROBICHEAU. 

Le  deux  may  mil  cept  cent  cinquante  trois  ont  esté  supplées  les  cérémonies  de 
baptême  à  Vénérande,  née  du  premier  mars,  fille  légitime  de  Louis  Robicheau  et  de 
Jeanne  Bourgeois  son  épouse.  Le  parrain  a  esté  Claude  Dugast  et  la  marraine  Marie 
Esther  Robicheau  qui  n'ont  scu  signer  de  ce  enquis  selon  l'ordonnance. 

DESENCLAVES,  prêtre. 

SÉPULTUKE    DE    VÉNÉRANDE    ROBICHAUD. 

Le  vingt  cinq  novembre  mil  huit  cent  trente  neuf,  nous  prêtre  curé  de  Québec, 
soussigné,  avons  inhumé  dans  la  chapelle  Ste  Anne  de  l'église  paroissiale  de  Québec, 
demoiselle  Vénérande  Robichaud  fille  légitime  de  feu  Louis  Robichaud  et  de  défunte 
Jeanne  Bourgeois,  décédée  le  vingt  deux  du  courant  en  cette  paroisse,  âgée  d'environ 
quatre  vingt  quinze  ans.  (a)  Presens  Louis  Basile  Pinguet,  Pierre  Evariste  Gagnon, 
écuyers  et  les  sieurs  Mathieu  Bardy,  Ignace  Gagnon  et  Antoine  Parant  qui  ont  signé 
avec  nous. 

Louis  B.  Pinguet  Ignace  Gagnon  P.  E.  Gagnon 

Mathieu  Bardy  Antoine  Parent  Bourgeois 

CHL.  F.  BAILLARGEON  ptre. 

(a)  Sic  pour  86  ans,  8  mois  et  21  jours. 


26  J  à  Ri  'Il  1 1  B8  CANADIEN*  /■>' 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


A  Québec,  le  l <s  juillet  177">.  eut  lieu  le  mariage  entre  Olivier  LeBlanc,  lille  de  feu 
Paul  et  de  Madeleine  Forêt,  de  U  paroisse  de  8t-Charl<  Mines,   et  ISlonique   Kobi- 

chaud,  lille  de    Louis  et  de   .Jeanne  Bourgeois,  de  la  paroisse   de    l'As  omption  du  Port 
Royal,  avec  dispense  du  .'}  au  I  de  paient.-.     Assistèrent  a  ce  mariage  les  personnes  mi i 

vaut  i 

Joseph  l><>u<-<-t.  beau -frère  de  l'époux,  Grégoire  Brun,  ami,  Louis  Robichaux,  père 
de  l'épouse,  Edouard,  Otho,  Florent,  Villebon,  Bsther  et  V^énérande  Robichaux,  frères 
•>t  sœurs  de  Y'  (  >nl  aigné  sur  le  registre  : 

Olivier  LeBlanc,  Villebon  Robichaux, 

Otho  Robichaux,  Edouard  Robichaux, 

Louis  Robichaux,  Vénérande  lîobichaux, 

BEAUMOXT,  ptre. 

A  Québec,  le  22  septembre  1777,  mariage  entre  Jean  Bte  Dumont,  de  la  paroisse 
de  Belœil,  fils  du  Sr  Jean  Baptiste  Dumont,  négociant  en  cette  ville,  et  de  D*"lle  Marie 
Joseph  Villedonné,  et  D  tlle  Marie  LeBlanc,  fille  de  feu  Joseph  LeBlanc  et  de  Marguerite 
Robichaux,  en  présence  de  Jean  Baptiste  Dumont,  de  Louis  Robichaux,  etc. 

A  Québec,  le  28  octobre  1775,  inhumation  de  Firmand  Robichaux,  décédé  le  jour 
précédent,  âgé  de  26  ans,  fils  de  Louis  et  de  Jeanne  Bourgeois. 

SÉPULTURE    DE    LOUIS    ROBICHAUX. 

Le  vingt  un  décembre  mil  sept  cent  quatre  vingt  par  nous  curé  de  Québec,  soussi- 
gné a  été  inhumé  dans  le  cimetière  des  picotés,  le  corps  de  Louis  Robichaux,  Acadien, 
époux  de  Jeanne  Bourgeois,  décédé  d'hier,  âgé  de  soixante  dix  sept  ans,  muni  des  sacre- 
ments, présents,  Yalière,  Poiré  et  autres. 

AUG.  D.   HUBERT  ptre. 

Sépulture  de  Jeanne  Bourgeois. 

Le  dix  neuf  Mars  mil  sept  cent  quatre  ving  dix  par  nous  vicaire  de  Québec  sous- 
signé a  été  inhumé  dans  le  cimetière  des  picotés  le  corps  de  demelle  Jeanne  Bourgeois, 
veuve  de  Louis  Robichaux  décédée  hier  sur  le  minuit,  âgée  de  quatre  ving  neuf  ans 
environ  munie  des  sacrements,  étaient  presens  Mrs  Joseph  Pèlerin,  Mondolet  et  plusieurs 
autres  tant  parents  qu'amis. 

J.  BTE.  DUBORD  ptre. 

Extrait  des  registres  de  Notre  Dame  de  Québec. 

Le  14  août  1775,  nous  curé  d'office  avons  supplée  les  cérémonies  de  l'Eglise  qui 
manquaient  au  baptême  de  Louis  Edouard,  âgé  de  13  ans  et  sept  mois,  et  de  Marie 
Madelaine,  âgé  de  19  ans  et  neuf  mois  qui  leur  avait  été  donné  au  cas  de  danger  de 
mort,  au  premier  par  Denis  Petitaut,  et  à  la  fille  par  Denis  Petitaut,  le  garçon  né  à 
Boston  (a)  et  la  fille  au  Port  Royal  (b)  tous  deux  du  légitime  mariage  de  Joseph  LeBlanc 
et  de  Marguerite  Robichaux.  Le  parrain  du  garçon  a  été  Gabriel  Mességué,  et  la 
marraine  Théotiste  Quessy  épouse  du  parrain,  le  parrain  de  la  fille  a  été  Louis  Robi- 
chaux, ayeul  du  côté  maternel,  et  la  marraine  Madeleine  Robichau,  tante  du  cote 
maternel  (c).  Ont  signé  avec  nous  les  parrains  et  Messires  Dubois,  prêtre  Vicaire, 
Lefebvre,  di  cre,  Thomas  Bédard,  Dumouchel,  Deronne,  Diacres,  Fortin  et  Perrault, 
sous-diacres  et  plusieurs  autres. 

Mességué,  LOUIS  ROBICHAUX. 

J.  M.  Lefebre,  diacre,         Perrault,  sous  d. 
J.  N.  Bedard,  diacre,  J.  B.  Dubois,  ptre 

J.  J.  Deronne,  diacre,         Edouard  Robichaux, 
Fortin  S.  diacre  Venerande  Robichaux, 

Dumouchel,  diacre,  L.  Beaumont,  ptre. 

(a)  le  5  février  17fi2. 

(b)  en  novembre  1755. 

(c)  C'est  la  grand,  tante  qu'il  faut  lire  ;  cette  Madeleine  Robichaud,  naquit  en  1701.     Elle  était  sœur 
de  Louis  et  a\ait  épousé  Charles  Pellerin. 


i,i  \i   1/  0011    "i       U   iDJl  \       m/''  DOi  I  VI   •  /•  X>> 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

SéPULTUBi    Dl    HAÏ  II    L0U1    I     rHIBODEAl      11  OHURGH      IIBAMICHI 

Le  1 7  août  1 82 1,  j'ai  supplée  Ion  «  ■  n  -mm. un  >  fnm  -  § -.  • .  ■  ■  -    un  ■  i         f  •  «j  i  • 

Thibodeail,  décédée  et    inhumé»  l'automne  «li-rnuM-,    .  :'■  ■    <l  «  n\  non  '  ■iM'|u;uii<- 

de  sieur  Otho  Robichaud,   en   préHonce  de    Bruno   Poii  d'Oliviei    H  i  qui 

n'uni  bu  ligner. 

THOM  18  0(  M  -M.,'      ni 

m  ri  in  i.i.    m     «.i  HO    BOBIOH  m  i». 

Le  2 1  décembre  1824,  j'ai  inhumé  dam  le  oimetière  de  8te  Anne  de  Barnl  Church 
le  oorpe  de  Otho  Elobichaud,  décédé  il  y  a  deux  jours,  n^'-  «l  «mi \  non  ■•  (i<»u/.« 

en  présence  de  Otho  Robiohaud,    on  fils,  «de  Michel  Alain  el  déplu  mtn 

\\'M.  DOLLARD,  ptre  mi 

OTHO    ROBIOB  kUD    RT    M  \ ni i:    LOI  i    i.    i  n  [BOD1  \i 

(  mariés  l«'  18  août    1 7- 

EnfwnJU 

Adélaide,  né  26  juin  1790  ;  mariée  à  Joseph  Poirier,  de  Caraquet. 

Lou%$%   né  30  novembre   1791  ;  marié  le  31  janvier  1815,  à  Ans  ts  ie  Poirier.     Il 

mourut  le  14  janvier  L869,  et  sa  femme  le  7  janvier  1880.      (d) 

Frédérte,  né  en  1793  ;  marié  lo  28  juillet  1819,  à  Marguerite  Savoie,  fille  de  Firmin 
et  de  Marie  Rose  Bastarache. 

Marguerite^  (jumelle),  née  1795  ;  mariée  7  janvier  1818,  à  Raphaël  Poirier,  de  Caraquet. 
Marié-Jeanne,  (  jumelle),  née  179")  ;  mariée  à  Bruno  Poirier,  de  Caraquet. 
Otho,  né  L2  mai  1797  ;  mort  non  marié. 
Marie-Monique^   née   30  décembre  1798  ;  mariée  4  février  1822,  à  Germain  Poirier,  de 

Caraquet. 
Olivier,  né  en  1801  ;  marié  à  Judith  Thibodeau. 
Vénérende,  née  3  juin  1803  ;  mariée  2  août  1824,  à  Pierre  Allain. 
Marie- /fat  h  er,  née  18  novembre  1806  ;  mariée  à  Michel  Allain,  fils. 
Geneviève,  née  15  janvier  1809  ;  mariée  à  Pierre  Dugas,  de  Caraquet. 
Suzanne,  née  vers  1812  ;  mariée  à  Clément  Lausier  ^né  11  juillet  1796)  veuf  de  Julie 

Dugalet,  de  Tracadie. 

Extrait  du  Registre  des  Baptêmes,  Mariages  et  Sépultures,  de  la  Paroisse  de  St- Pierre  de 

Caraquet  pour  Vannée  1815. 

Le  trente  un  janvier  mil  huit  cent  dix-huit,  après  la  publication  d'un  ban  de  ma- 
riage, vu  la  dispense  des  deux  autres  et  le  consentement  des  parens,  j'ai  marié  Louis 
Robichaud,  cultivateur  de  Nigaweck,  fils  d'Otho  Robichaud,  écuyer,  et  de  Marie-Louise 
Thibodeau,  avec  Marie-Anastasie  Poirier,  de  Caraquet,  fille  majeure  de  Joseph  Poirier, 
cultivateur,  et  de  Charlotte  Léger,  et  leur  ai  donné  la  bénédiction  nuptiale,  suivant  le 
rit  de  l'église  catholique,  en  présence  de  Frédéric  et  de  Marie-Jeanne  Robichaud  et  de 
Joseph  Poirier,  et  de  Joseph  Poirier,  fils,  qui  avec  les  époux  ont  signé. 

Louis  Robichaud.  Joseph  Poirier,  fils. 

Anastasie  Poirier.  Frédéric  Robichaux. 

Joseph  Hubert  Poirier.  Marie-Jeanne  Robichaux. 

T.  COOKE,  pter  miss. 
Copie  conforme  à  l'original,  faite  par  le  soussigné. 

J.  THÉOPHILE  ALLARD,  ptre, 

Curé  de  Caraquet. 
1er  août  1902. 


(d)  Prudent,  leur  fils,  naquit  le  12  oct.  1832.     Il  épousa  Théodoréc  Lausier,  de  Tracadie. 

18—49     k-16 


266  AR(  lin  />   0 AN  AD  II  VNEB 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Fi:i.M.i:i< rrOH,  15  février  1788. 

Cheb  monsieur,     Les  deux  lettres  ci-incluses  ont  i \té  adn  du  Canada,  à  mes 

soins,  et  je  Buis  heureui  de  profiter  de  la  présente  occasion  pour  vous  les  faire  parvenir 
immédiatement. 

Je  suis  la  personne  que  vous  avez  connue  lorsque  les  circonstances  me  permettaient 
de  faire  de  fréquentes  visites  a  la  famille  du  colonel  Yassall,  à  Cambridge.  Ma  sœur 
Penny  dont  vous  voua  souvenez  sans  doute  me  charge  de  vous  transmettre  ses  saluta- 
tions. Nous  demeurons  tous  les  deux  à  Frédéricton  où  nous  serions  très-heureux  de 
voua  recevoir.     Je  serai  toujours  enchanté  de  vous  rendre  service. 

Permettez-  moi  de  voua  assurer  de  mon  estime  et  de  mon  amitié. 

Votre  très  humble  serviteur, 

ED.    WINSLOW. 

Robaib's  Island  (Miramichi),  lundi  22  sept.  1788. 

Cher  monsieur, — Depuis  que  j'ai  eu  le  plaisir  de  vous  rencontrer  ici,  j'ai  eu  l'occa- 
sion de  m'entretenir  avec  M.  Keed  et  M.  Graham  au  sujet  de  notre  demande  au  gouver- 
nement en  vue  d'établir  des  coure  de  justice  dans  ce  comté.  Ils  m'ont  paru  bien  décidés 
d'appuyer  cette  demande  et  m'ont  prié  de  vous  inviter  à  venir  chez  moi,  vendredi  ou 
samedi  prochain,  afin  de  vous  joindre  à  nous.  Je  vous  prie  de  ne  pas  manquer  de  venir, 
car  il  s'agit  d'une  chose  dont  nous  avons  grand  besoin.  Sans  l'établissement  de  cours 
de  justice,  la  propriété  ne  peut  être  longtemps  en  sûreté  dans  cette  contrée.  J'attends 
quelque  chose  de  vous — je  vous  en  ai  fait  mention  lors  de  notre  dernière  entrevue.  . 
£10  ou  plus,  si  vous  pouvez  disposer  de  cette  somme,  apportez-la.  Thom  me  prie  de 
vous  transmettre  ses  bons  souhaits  ainsi  qu'à  Florence  [sic  pour  Florent]  et  à  tous  nos 
bons  amis  de  Negawack 

J  e  suis  votre .  .  . 

J.  FRASER. 
M.  Otho  Robichaux, 

Marchand, 

Negawack. 

Frédéricton, 

Cher  Otho, — J'ai  ici  un  parent  qui  s'est  dévoué  beaucoup  à  la  colonisation  de  ce 
pays,  et  je  suis  très  désireux  de  faire  obtenir  à  cet  ami  un  siège  à  la  législature.  C'est 
avec  difficulté  que  j'ai  réussi  à  lui  faire  dire  qu'il  remplira  son  mandat  s'il  est  élu.  Le 
bref  d'élection  vient  d'être  émis  pour  votre  comté.  Comme  j'ai  raison  de  croire  que  per- 
sonne parmi  vous  n'a  l'intention  d'encourir  les  dépenses  inhérentes  à  cette  charge,  ]e 
prends  la  liberté  de  vous  recommander  le  major  Harris  William  Hailes.  Je  sais  que 
vous  jouissez  d'une  grande  influence  parmi  les  colons  français  et  je  suis  flatté  de  croire 
que  vous  serez  heureux  de  l'employer  en  faveur  de  mon  ami  ;  cependant,  je  ne  vous 
demande  de  l'appuyer  que  si  votre  jugement  personnel  vous  engage  à  le  faire.  Le  major 
Hailes  réside  au  siège  du  gouvernement,  descend  d'une  famille  de  gentilshommes  et 
vous  représentera  loyalement.  Permettez-moi  de  vous  exprimer  cette  conviction,  sans 
laquelle  je  n'aurais  pas  mentionner  son  nom.  J'ai  écrit  à  Nicholson  à  ce  sujet.  J'ai  eu 
le  plaisir  de  rencontrer  vos  sœurs  à  Québec  ;  lorsque  vous  aurez  des  lettres  à  leur  envoyer, 
je  serai  heureux  de  les  leur  faire  parvenir. 

Je  suis,  avec  un  estime  profond, 

Votre  ami,  etc., 

ED.  WINSLOW.  . 
Monsieur  Otho  Robichaux. 

Miramichi,  23  août  1791. 

Cher  monsieur, — Je  suis  chargé  par  les  autres  magistrats  de  vous  faire  connaître 
que  la  proportion  de  la  somme  qui  doit  être  prélevée  dans  le  comté  pour  l'érection  d'une 
prison  et  d'un  palais  de  justice  a  été  fixé  à  <£3  9   8,  pour  le  district  de  Neguack,  y  com- 


i,i  \  i  ILOOIE  m       U   \i>ii  \       il/'    DOi 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

pris   Arnaud  S;iv«»y.       Lei  ma  "i    ii  fl'u  i i . i •  |  i •  •  ;  I 

d'une  i  épa ri  >'  ion,  1 1  prop irt  ion  de  l'impôt    qu'il 

de  votre  iugemenl  «•'  de  ros  aptitudes.      M  il  ;r<    le      orni  •     que  non 

non  .  éprouvent  de  grandes  difficulté     h  \  un  mon!  ml     ufl  pri 

Min  qui  iera  bientôl  tormim'e       I.--  pui<  menl    uni  fii 

dronl  cet  bi  i  iole  à  M 

Vous  auras  lfl  bonté  de  leur  explique!  le    condition    qui   '  ni    im| ■■■ 

leur  donner  en  vertu   de   la    i  autorité  de   Paire   leui     paiemenl     au   • 

Quant   ii  ceux   qui     adret  eronl     i   vou    pour  Faire  leui    pain  i  ni  i 

M .  Frai  i  pour  le  montant. 

J'espère  que  la  réponse  ci-incluse  du  colonel   \\  m  Ion  bre   letl 

\  (IS     \   II. 

Veuillez  présenter  mes  salutation!  à  madame  Robichaud. 

» 

Je  suis  votre  très  humble  el  obéissan!  serviteur, 

MIT  i:   NICHOLS<  i 
M.  ( )tli»)  Robichaux 
Neguack. 

MARCHÉ  DE  VENTE  FAITE  EN    FAVEUB    DE  MONSIEUR   AUTEAU 

ROBIOHAUX. 

L'an  I7S1  et  le  28  mai,  m<>i  Pierre   Loubère  reconnais  el   certifie  par  l< 
vendre  un  droit  il»'  terre  avec  une  maison  bâtie  dessus,  avec  magasin,  grange  ef  Boulan 
gerie  que  j'ai  à  Nigawouèke  dans  la  baie  de  Miramichi,  que  j'ai  t'ait,  el  fait  £air<  à  m«-s 
frais  et  dépens  et  dont,  j'ai  joui  jusqu'au  teins  que  j'en  ai  vendu  la  jouissance  au  dit  sieur 
Autrui  Robichaux  pour  le  prix   et  somme  de  quarante  piastres  autrement  dit  Louis 
courant  d'Halifax.      La  borne  de  la  dite  terre  prend  au   premier   ruisseau  du  nord  est 
d'un  côté,     De  l'autre  côté,  du  bord  du  sud  ouest,   [elle]   prend  à  la  première  bouchure 
qui  est  entre  Jean  Savoie  et  moi,  ou  autrement,  pour  mieux  expliquer,  entre  s;t  ma 
et  la  mienne,  qui  est  une  clôture  de  ligne  qui  a  été  faite  entre  nous  deux.     Il  y  a  encore 
une  pré  qui  [est]  sur  l'isle  au  foin  un  mille  de  la  maison  du  bord  du  surouest  de  l'isle  et 
deux  morceaux  à  la  grande  Dune  [un  peu  plus   bas   que  la  pointe  au  Chêne]  ousque  jai 
coupé  huit  chartées  de  foin  par  an.     Le  tout  compris  seue  la  dite  vente  faite  en  faveur 
du  dit  Monsieur  Auteau  Robichaux  dont  j'en  ai  reçu  le  parfait  paiement  à  Nigawouèke 
ce  28  may  de  l'année  1781. 

P.   LOUBÈRE. 

Parmi  ces  papiers  de  famille  il  y  a  deux  contrats  de  mariage,  savoir  :  celui  de  Louis 
Robichaux  avec  Jeanne  Bourgeois,  fait  à  Port  Royal  le  6  février  1730,  et  celui  de  Otho 
Robichaux,  leur  fils,  avec  Marie  Louise  Thibodeau,  fait  à  Miramichi,  en  1789. 
La  dernière  partie  de  celui  de  Otho  Robichaux  est  comme  suit  : 
11  La  dite  coutume  (de  Paris)  sera  observée  dans  ces  présentes  ordonnances  en  faveur 
"  duquel  mariage  le  dit  futur  époux  a  donné  ou  donnera  la  somme  de  cent  louis  courant 
"  égal  à  quatre  cents  piastres  d'Espagne  en  espèces,  ainsi  que  la  moitié  de  tous  les  bi^ns 
"  qui  se  trouveront  après  la  mort  du  dit  futur  époux  savoir  :  argent,  marchandises,  terre, 
11  maison,  magasin,  animaux  de  toute  espèce  cela  pendant  sa  vie  durante." 

Lettre  de  Vabbé  Maillard  à  Louis  Robichav se. 

Louis  Robichaux,—  Je  ne  manque  point  cette  occasion  pour  vous  faire  sçavoir 
combien  je  désirerais  d'être  à  proximité  de  vous,  et  de  tous  les  autres  catholiques  dis- 
persés ça  et  là  dans  les  contrées  de  Boston  et  d'ailleurs  pour  votre  consolation  à  tous  et 
pour  la  mienne.  Mais  il  convient  que  nous  vivions  plus  que  jamais  résignez  entièrement 
à  la  volonté  du  Seigneur,  en  nous  soumettant  surtout  de  bon  cœur  à  tout  ce  qu'il  luy 
plaira  faire  de  nous. 

18—491 


268  ARCHn  W&  <\\  \im:\  \ /> 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

J'approuve  volontiers  que  vous  receviez  le  consentement  mutuel  exprimé  par  la 
parole  de  prégens  de  tous  œui  et  celles  qui  voudront  s'unir  en  mariage,  mais  faites  cela 
en  présence  d'un  nombre  de  témoins  requis  à  ce;  Donnez  vous  garde  d'approuver  ceux 
qui  voudraient  contracter  dans  des  dégrez  prohibez  ou  deffendus;  et  autant  que  faire  se 
pourra,  donnez  moy  avis  de  tout  ce  qu'il  vous  arrivera  de  faire  à  cet  égard.  Etant  vicaire 
général  de  toute  cette  paroisse  de  l'Amérique  Septentrionale  j'ay  droit  de  commettre 
une  perzonne  de  confiance  pour  recevoir  de  pareils  consenternens  et  c'est  vous  que  je 
convients  pour  cela  à  l'égard  de  tous  ceux  qui  sont  aux  environs  de  Baston  et  dans 
Baston  même  auront  envie  de  se  marier  bien  entendu  que  vous  tiendrez  un  mémoire  de 
tous  ceux  de  qui  vous  aurez  reçu  le  consentement.  Quand  il  s'agira  de  dispenses,  il  faut 
m'en  donner  avis,  puisqu'il  est  vray  que  vous  êtes  à  portée  de  pouvoir  consulter  la  Puis- 
sance Ecclésiastique  dont  je  suis  revêtu.  Je  vous  adresse  une  dispense  cy-inclus  que  je 
vous  prie  de  lire,  et  que  je  vous  prie  de  remettre  à  la  personne  qui  l'a  demandée,  mais 
observez  de  luy  faire  remplir  les  conditions  auxquelles  je  luy  accorde.  Je  scay  que  tout 
cela  vous  donnera  des  misères  cependant  vous  y  en  serez  que  mieux  devant  Dieu  qui  un 
jour  à  venir  y  aura  égard,  si  vous  avez  en  tout  cecy  intention  de  servir  le  prochain,  et 
de  m'aider  en  même  temps  pour  l'amour  de  luy. 

Comme  nous  avons  icy  une  grande  liberté  pour  vaquer  aux  fonctions  de  notre  Stc 
Religion  dans  notre  oratoire  de  la  grande  Batterie  d'Halifax,  nous  avons  par  conséquent 
la  consolation  de  pouvoir  y  recevoir  le  S1  Sacrement,  devant  lequel  nous  entretenons 
jour  et  nuit  un  luminaire,  et  pour  le  pouvoir  faire  plus  lontemps,  j'écris  à  tous  nos  frères 
de  Chiguenitou,  de  Péciguit,  de  Louisbourg  et  d'ailleurs,  qu'ils  ayent  à  se  joindre  à  nous 
pour  cette  dépense  et  qu'ils  prouvent  par  là  qu'ils  nous  sont  unis  pour  ne  faire  tous 
ensemble  qu'un  seul  pain,  et  qu'un  seul  et  même  corps  en  Jésus  Christ  qui  est  notre 
chef.  Mais  remarquez,  que  je  ne  m'adresse  en  cela  qu'à  ceux  qui  sont  vrayement  péné- 
trez de  la  vérité  de  ce  grand  et  redoutable  mystère,  c'est  que  je  laisse  à  part  les  indiffe- 
rens.  Remarquez  en  outre  que  je  ne  demande  pas  des  sommes  mais  seulement  qu'un 
chacun  fournisse  selon  ses  facultez.  Du  liard  donné  d'un  bon  cœur  à  cette  intention  vaut 
une  pistolle  à  celuy  qui  ne  peut  faire  plus. 

Si  dans  ce  que  j'espère  recevoir  de  la  piété  de  chaque  fidèle  je  pourois  y  trouver 
de  quoy  entretenir  en  ornemens  propres  et  décents  notre  oratoire,  je  serais  bien  aise, 
d'autant  que  je  ne  puis  actuellement  par  moy-même  fournir  à  cette  dépense,  proposez, 
s'il  vous  plait,  cet  article  dans  votre  assemblée  de  Prières  au  Saint  jour  du  Dimanche  ;  et 
si  vous  voyez  que  les  esprits  soient  disposés  à  cette  bonne  œuvre,  faites  une  Collecte,  au- 
trement une  quête.  Vous  ne  pouvez  douter  que  je  ne  me  trouve  ici  fort  à  l'étroit  du 
côté  d'un  certain  Bien  être  où  je  ne  revois  plus,  c'est  ce  qui  fait  que  j'ay  recours  à 
vous  tous  pour  vous  engager  à  faire  honneur  par  quelques  largesses  de  votre  part  au 
temple  du  Seigneur  où  se  célébreront  tous  les  jours  les  S. S.  mystères,  auxquels  vous  avez 
part,  puisqu'aussi  bien  comme  nous,  vous  êtes  membres  de  l'Eglise  Catholique. 

J'ay  soin  tous  les  dimanches  de  vous  avoir  présens  en  esprit,  et  de  vous  regarder 
alors  comme  joins  à  nous  dans  l'action  du  S1  Sacrifice  ;  j'en  fais  mention  expresse  en 
présence  de  tout  le  peuple  fidèle  qui  m'entoure.  Faites  de  même  par  rapport  à  vos 
prières  communes.  Bientôt  vous  recevrez  une  plus  ample Faites  bien  mes  com- 
pliments à  votre  épouse,  à  votre  Sœur  Nanniche  et  à  toute  votre  famille  ;  aussi  bien  qu'à 
tous  ceux  qui  ne  m'ont  pas  encore  oublié.  Louis  Petitpas  et  son  épouse  Marie  Joseph 
Dugas  vous  saluent  très  affectueusement. 

Je  suis  avec  un  tendre  et  sincère  attachement  votre  très-humble  et  très  obéissant 
serviteur 

P.  MAILLARD,  Ptie, 
Vicaire  général  du  Diocèse  de  Québec. 
A  Halifax,  17  7bre  1761. 

Lettre  de  Vabbé  Bailly  à  Louis  Robichaux. 

A  Halifax,   17  juillet  1771. 

Monsieur,— J'ay  été  surpris  de  n'avoir  reçu  aucune  nouvelle  de  vous  en  consé- 
quence de  celle  que  je  vous  avois  écrite  l'année  dernière.     Il  me  semble  que  vous  devriez 


i,i  \  i  1/  OQJl    m  .     \<   \iui  \       ii/''  D0(  UMEN1  ^'ti 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

regarder  comme  un  devoir  d'entretenu  >-Mr  | l.nr  nuire  <i<-  i.. 

velle  I1.' 

L*  Je  vous  avois  mandé  d'interdire  la  prière  commune   pend» ni  i  mi  < 

coupables  qui  avoicni  ét<  i|«i'  do  t'unii  parle   lien  du   mi  de 

leur  ordonner  de  notre  part  de  vivre    éparé    quand   au  ht      S'il    ont  obéi,   apn    qu 
auront  jeûné  un  jour  en  <•  pril  de  pénitence,  demandé  pardon  en  | •  t -*  du   j><  uple 

omble,   roui  lei  réhabiliterez;  sinon,  o'ettà-dire,     il     n'ont  point  I  rottre  leai 

obéiHHance  et  o'étoit  ce  que  j  %\  \\    dit,  roui  nou    lai    •  re    connottrc   pour  que  non     pro 
oédiom  selon  les  ordres  de    Mon  eigneur  notre    Evoque  à  reti  mel  ■  iin'inlm 

roui  pus  du  oorpa  dea  fidèles  par  l 'excommunication.     Pour  oeui  dont  rou    me  demandai 
la  dispense,  s'ils  ont  attendu  Mgr  ne  permet  de  vous  l'accorder,   et     on     pourrai 
marier.     S'ils  sont  déjà  mariés  contre  les  lois  de  l'Eglise,  vou  le  manderez  a 

il  sera  procédé  contre  eux,     Si  les  uns  et  les  autn  ni  bien  comporta      leui 

sera  de  six  dollars  chacun)  que  roua  donnerai  par  le  aux  plus  pauvres  et  l'auti  en 

rovée  par   le  nommé  Bédard,  porteur.     La  soumission  à   I  Egli  e  et  aux    pui    anc< 
Dieu  a  établies  pour  gouverner  ses  peu]  t  le  caractère  de  tout  catholique    Je  • 

faohé  d'apprendre  que  nos  frères  qui  sont  dans  ls  Nouvelle-Angleterre  cru    ent  être  < 
tholique  sans  cela     Nous  n'avons  rien  de  particulier  à  roui  dira,  la  longue  lettre  qui 
vous  ay  éorite  est  suffisante,  «'t  il  faut  la  lin-  souvent, 

Tous  les  dimanches  je  fais  mémoire  de  vous  à  la  Sainte  M  |  me  recommandée 

vos  prieras  aussi.    Je  croyais  qu'en  conséquence  «le  ce  que  je  vous  avoû    mandé,  ri 
m'auriez  envoyé  quelque  chose.     Je  pense  que  vous  donnant  part  dans  nos  prierai  et  an 
sacrifioe  de  la  sainte,  messe  vous  devez  contribuer  comme  les  autres  à  mon  entretien,  et 
la  générosité,  la  religion  engagera  un  chacun,  rien  du  tout   même  si  cela  vous   paraît 

étrange.      Une  réponse  sur  l'état  do  la  religion  de  nos  frères  (jui  sont  auprès  de  Je 

vous  recommande  de  prier  particulièrement  pour  Mgr  l'évêque, 

Je  suis  dans  l'union  de  vos  prières  et  en  Notre  Seigneur  Jésus  Christ,  Monsieur, 
votre  très-humble  et  très  obéissant, 

CHARLES  FRAN'  BAILLY 

plr"  mi 

P  S.  Je  vous  demande  de  prier  Dieu  pour  l'âme  de  mon  père,  que  j'ai  eu  le  mal- 
heur de  perdre  le  10  mars  1771. 

Extrait  des  registres  de  Notre-Dame  de  Québec. 

Mariage  entre  Jean-Baptiste  Thibodeiu  &  Isabelle  Landry. 

Le  vingt  cinq  novembre  mil  sept  cens  soixante  six,  vu  la  dispense  de  l'empêchement 
de  parenté  au  troisième  degré,  accordé  par  M1'  Maillard,  prêtre  et  vicaire  général  du 
Diocèse  en  date  du  premier  juillet  mil  sept  cent  soixante  et  un,  à  Halifax,  en  la  Nou- 
velle-Ecosse, en  faveur  de  Jean-Baptiste  Thibodeau  et  d'Isabelle  Landry  ;  vu  l'acte  de 
célébration  de  mariage  contracté  à  Baston,  le  dix  sept  novembre  de  la  dite  année  mil 
sept  cens  soixante  et  un,  par  les  dits  Jean-Baptiste  Thibodeau  et  Isabelle  Landry,  seule- 
ment en  présence  de  témoins  laïques,  ne  se  trouvant  point  de  prêtre  catholique  en  la  dite 
ville  de  Baston  ;  sur  la  dispense  des  trois  bans  de  mariage  accordée  par  Monseigneur 
l'évêque  au  dit  Jean  Thibodeau,  natif  de  la  rivière  Ste  Croix  en  Acadie,  demeurant  en 
cette  ville,  fils  de  Jean  Baptiste  Thibodeau  et  de  feue  Marguerite  Boudrot,  et  à  la  dite 
Isabelle  Landry,  native  de  la  Grand  Pré,  paroisse  St-Charles,  en  Acadie,  aussi  demeurant 
en  cette  ville,  fille  de  Germain  Landrj-  et  de  Cécile  Forêt  d'autre  part  ;  ne  connaissant 
aucun  autre  empêchement  au  dit  mariage,  nous  curé  de  Québec  soussigné  avons  reçu  leur 
mutuel  consentement  et  leur  avons  donné  la  bénédiction  nuptiale  suivant  la  forme 
prescrite  par  notre  mère  la  Ste-Eglise,  en  présence  des  témoins  ci-dessous  nommés,  et  à 
l'instant  de  leur  mariage  les  dits  époux  ont  déclaré  avoir  eu  ensemble  deux  enfants 
actuellement  vivants,  sçavoir  Isabelle  Hélène,  âgée  de  trois  ans,  environ,  et  Marie 
Marguerite,  âgée  de  deux  mois  ;  ce  qu'ils  ont  déclaré  à  l'effet  de  faire  connaître  les  dits 
enfants  pour  légitimes  et  en  présence  de  Jean  Lacroix  Thibodeau,  cousin,  de  Paul 
Thibodeau,   aussi  cousin  des  dits   époux   et  de  François   Patouel  dit  Derozier,  qui  ont 


270  Ah'(  HI\  ES  CANADIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


déclaré  ne  Bçavoir  signer,  ainsi  que  L'épouse.     L'époux  a  signé  avec  nous.     Lecture  faite, 

I    8    Antoine  LaRocque  étant  aussi  présent. 

JEAN  BAPTI8TE  THIBODEAU 
LAROCQUE,  témoin. 
J.   FEL.   RECELER,  curé. 

Extrait  des  registres  de  la  Pointe-aua  Trembles,  Montréal 

Mariage  entre  Timotée  Bourgeois  et  Elizabeth  Ouinète, 

Le  vingt  huit  décembre  mil  sept  cent  soixante  quinze  moi  prêtre  mission,  soussigné 
ai  reçu  le  mutuel  consentement  de  mariage  de  thimotée  Bourgeois  et  d'Anne  Leblanc, 
et  «I  Elizabet  Ouinète  fille  de  Guillaume  Ouinète  et  de  Lisette  Robichaud  ses  père  et 
mère  de  L'acadie  et  leur  ai  donné  la  bénédiction  nuptiale  en  présence  du  Claude  Melançon 
et  d'Edouard  robichaud  et  autres,  ils  avoient  entre  eux  deux  une  fille  âgée  de  cinq 
ans  fruit  de  leur  mariage,  car  ce  n'a  été  que  la  réhabilitation  de  leur  consentement.  Ils 
avoient  été  mariés  à  Baston  en  la  nouvelle  Angleterre  le  dernier  du  mois  de  janvier  mil 
sept  cent  soixante  neuf  par  Louis  Robichaux  en  vertu  des  pouvoirs  à  lui  accordés  par 
Monsieur  Maillard  ptre  et  vicaire  général  du  diocèse  de  quebec,  missionnaire  des  Fran- 
çois et  des  sauvages  en  Lacadie  pour  recevoir  le  mutuel  consentement  des  personnes 
catholique  voudroient  contracter  mariage  ensemble  dans  cette  province  comme  aussi 
daccorder  dispense  à  tel  et  tel  degré  de  parenté  tant  d'affinité  que  de  consanguinité  et 
qui  a  reçu  leur  consentement  mutuel  en  présence  de  pépin  Bourgeois,  de  frederic  richard 
de  françois  dupuy,  qui  ont  signés  sur  le  dit  contrat  qu'il  en  a  fait,  et  de  plus  leur  a 
adonné  dispense  de  parenté  de  consanguinité.du  deux  au  troisième  degré  pour  ce  il  a  reçu 
vingt  quatre  francs  pour  les  pauvres.  Aucun  des  Epoux  ni  témoin  de  cette  rénovation 
de  mariage  n'a  su  écrire  de  ce  requis. 

F.  NOISEAUX  ptre. 

Mariaye  d'Anselme  Babin  >  t  de  Marie  LeBlanc. 

Le  second  jour  de  septembre  mil  sept  cent  soixante-seize,  après  en  avoir  conféré 
avec  Monseigneur  l'évêque  de  Québec,  nous  curé  du  dit  Québec  soussigné  avons  réhabi- 
lité le  mariage  de,  et  reçu  le  mutuel  consentement  d'Anselme  Babin,  et  de  Marie 
LeBlanc,  lequel  consentement  le  Sr  Louis  Robichaux  avait  reçu  à  Salem,  suivant  ses 
pouvoirs,  comme  il  appert  par  l'acte  qu'il  en  a  passé,  dont  voici  la  teneur  : 

"  A  fait  à  Salein,  l'an  mil  sept  cent  septante  quatre,  en  vertu  des  pouvoirs  accordés 
"  à  nous  Louis  Robichaux  par  Mr.  Charles  François  Bailly,  prêtre  vicaire  général  du 
"  diocèse  de  Québec  à  présent  à  Halifax,  missionnaire  des  Sauvages  et  des  Français, 
"  pour  recevoir  le  consentement  mutuel  des  personnes  catholiques  qui  voudront  sunir 
"  ensemble  dans  cette  province  ;  comme  aussi  d'accorder  dispense  à  ceux  qui  voudront 
"  se  marier,  à  tel  et  tel  degré  tant  d'affinité  que  de  consanguinité  à  ceux  qui  en  auront 
"  besoin  ;  je  confesse  avoir  reçu  le  consentement  mutuel  de  mariage  d'Anselme  Babin, 
"  d'une  part,  et  de  Marie  LeBlanc  de  l'autre  part,  étant  du  trois  au  quatre  degré  de 
"  consanguinité  de  parenté,  je  confesse  avoir  reçu  la  somme  de  deux  piastres  et  demie 
"  qui  doivent  être  remises  aux  pauvres.  lies  dites  parties  ont  promis  et  promettent  que 
"  par  la  première  occasion  qu'ils  trouveront  un  prêtre  approuvé  de  la  Sle  Eglise  Catho- 
"  lique,  Apostolique  et  romaine,  recevoir  la  bénédiction  nuptiale,  le  dit  mariage  a  été 
"  fait  en  présence  des  témoins  ici  bas  nommés  :  les  dites  parties  ont  déclaré  ne  savoir 
"signer.  Ainsi  signer:  Louis  Robichaux,  i-tho  Robichaux,  les  autres  ont  fait  leurs 
"  marques.  François  Doucet,  Golin,  Timothée  Bourgeois,  Anselme  Babin,  Marie 
"  LeBlanc." 

Nous  curé  de  Québec  soussigné  leur  avons  donné  la  bénédiction  nuptiale  selon  la 
forme  prescrite  par  notre  mère  la  Ste  Eglise  et  en  présence  de  Pierre  Vincent,  soussigné 
ami  et  cousin,  Simon  Doucet,  Jean  Belliveau,  cousins  de  l'époux,  Pierre  LeBlanc,  frère, 
Esther  LeBlanc  Bourdage,  cousine  soussignée,  Jean  Marie  Bourdage,  cousin  de  l'épouse, 
les  autres  ont  déclaré  ne  savoir  signer,  lecture  faite. 

PIERRE  VINCENT. 
E.  L.  BOURDAGES. 
AUG.  D.  HUBERT,  p,re- 


>,i  \r  [LOGU    l'i       U   \i>n  \       il/'    /""  /  ^71 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

/ ■',  1 1  ,i ,i     r/<  hfimhaiilt 

I ,(•  \  ingl    ept  lènae  jour  «In  moi    d  octobi  b  mil 
du   Cap   Lauzon,   Seigneurie  «l  K  •  ii  iml»<  ni,    \mv»\  '       i 

Miclirl  Elobjohau,  Cadien,  el   Marguerite   Lan  h      i  n<  monta 

un  écrit  par1  lequel  il  est  dit  qu'ayant  éti    fail     prinonniei     pai    le     ^nglai    i 
leur  payi  fauta  de  reoevoii  les  levons  et  la  doctrine  de    minNtn      \n  ii»-ni 

mariés  en  présence  de  leur    p  irenta  assemblés  el  de     ieill 

Angleterre,  dans  l'espérance  de  renouveler  leur  marin   i     i  jamai    iU  pou  nber, 

leur  prison  iini'\  entre  let  main    de    prêtre    fram  ii  ,  leui  donné  la  bénédiction 

nuptiale  selon  les  formes  <•'   oérémonie    présente     par   notre   mi  leur 

faisant  entendre  'i"1'  '  ''  '     eulemen^  renouveler  leur  mutuel  con  entement,  le 
B'étant  unis  pai    n  d   Is    Nouvelle  Angleterre  devant    d<      snciei  e   de 

prêtres. 

Fait  et  passé  à  D'Esohambeau,     le  jour  et  an  lusdit. 

M  EN  \<;r..  I  tan  de  E  pb. 

Ont  signé  sur  le  registre  :  Tite  rXobiohaux  et  Michel  rlobichs 

En  la  même  paroisse  le  11  novembre  1766,  réhabilitation  du  ma 
M  Kobiohaux,  Cadien,  »vt  Marie  Landry,  Oadienne. 

Le  reste  <  lo  l'acte  est  identique  au   précédent. 

Ont  signé  :  Tite  Robichaux  et  Marie  Landry. 

Le  26  novembre   176(>,  en   la  même  paroisse,  mêmes  cérémonies  pour  u  Oh 
'•  Babin,  fils  de  Joseph  Babin  et  d'Angélique  Landry,  et  Marguerite  Racbel  Robichaux." 

Le  reste  de  l'acte  est  la  même  formule  que  pour  les  deux  précédent 

Ont  signé  :  Joseph  Landry  et  Tite  Robichaux. 

Michel  Robichaux,  était  né  à  Port-Royal,  le  29  sept.  1737,  de  l'union  entre  Je 
Robichaux  et  Marie  Forêt.     Il  mourut  à  Deschambault,  le  7  février  1767,  et  le  1     août 
1768,  Marguerite  Landry,   sa   veuve,   fille   de  Jean  Landry  et  de   Marguerite    Daigle, 
convola  en  secondes  noces  à  L'Assomption,  avec  Etienne  Pelletier. 

Marguerite  Robichaux,  née  et  baptisée  à  Deschambault,  le  16  novembre  1766,  fille 
de  Michel  et  de  Marguerite  Landry,  est  décédée  en  la  même  paroisse  le  20  février  1767. 


APPENDICE  J. 

A  la  cour  St.  James,  le  11  juillet  1764. 

Présent  : — 

Sa  Très-Excellente  Majesté  le  roi  en  Son  Conseil. 

Après  la  lecture  du  rapport  ci-après  des  Très  Honorables  lords  du  comité  du  Conseil 
des  Colonies,  en  date  du  26  juin  dernier  : — 

11  Attendu  qu'il  a  plu  à  Votre  Majesté  de  soumettre  à  ce  comité  un  rapport  des 
11  lords  du  Commerce  et  des  Colonies  exposant  :  Qu'ils  ont  reçu  dernièrement,  du 
"  gouvernement  de  la  Nouvelle-Ecosse,  une  lettre  par  laquelle  celui-ci  demandait  des 
"  instructions  au  sujet  de  la  conduite  à  suivre  à  l'égard  des  Acadiens  qui  sont  encore, 
"  dit-il,  très  nombreux  dans  cette  province,  s'ils  manifestent  de  prêter  le  serment  d'allé- 
"  geance  et  de  fidélité  au  gouvernement  de  Votre  Majesté  ;  que  l'acquisition  d'un  nom- 
11  bre  aussi  considérable  de  bons  habitants  serait  certainement  très  avantageuse  pour  la 
"  province  et  contribuerait  à  en  développer  rapidement  la  colonisation  ;  que  pour  cette 
"  raison  les  lords  du  Commerce  et  de-?  Colonies  demandent  à  Votre  Majesté  s'il  ne 
"  serait  pas  préférable  de  les  reconnaître  comme  habitants  de  cette  province  avec   l'es- 


272 


A  R(  II 1 1  ES  (  'A  XA DIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

"poir  qu'en  leur  permettant  de  prêter  le  serment  d'allégeance,  cette  bonté  de  votre 
"  part  noua  attirerait  Lear  reconnaissance,  plutôt  que  d'aggraver  leur  ressentiment  en  les 
"proscrivant  Impitoyablement,  ce  qui  les  pousserait  peut-être  au  désespoir  et  par  suite 
'•  qous  obligerait  d'encourir  'les  dépenses  considérables  pour  les  déporter  de  force;  qu'en 
"outre,  le  gouverneur  Wilmot  nous  a  informé  que  cette  population  est  profondément 
"attachée  au  gouvernement  français,  et  que  si  une  nouvelle  guerre  éclate,  il  serait  à 
•'  craindre  que  sous  l'empire  de  ce  sentiment,  elle  ne  cause  de  grande  embarras  à  Votre 
"  Majesté  :  et  qu'en  prévision  de  cette  éventualité,  s'il  plaisait  à  Votre  Majesté,  après 
"avoir  examiné  les  renseignements  ci-dessus,  de  leur  accorder  la  faveur  de  devenir 
"colons  du  gouvernement  de  Votre  Majesté,  en  prêtant  le  serment  d'allégeance,  il  sera 
"  argent  de  les  disperser  en  petit  nombre  parmi  les  autres  sujets  de  Votre  Majesté-  dans 
"  des  endroits  qui  ne  leur  permettront  d'entretenir  aucune  relation  ou  correspondance 
••  avec  les  sujets  du  roi  de  France  des  îles  Saint-Pierre  et  Miquelon  où  plusieurs  de  leurs 
"  amis  sont  allés  s'établir,  car  des  relations  de  ce  genre  alimenteraient  les  préjugés  que 
"  leur  inspirent  la  religion  et  les  intérêts  de  leur  nationalité  :  En  conséquence,  les  lords 
"  du  comité,  après  avoir  considéré  les  représentations  ci-dessus,  sont  unanimes  à  informer 
"  humblement  Votre  Majesté,  qu'ils  conseillent  de  permettre  aux  Acadiens  de  prêter  le 
"serment  d'allégeance  et  de  devenir  colons  du  gouvernement  de  Votre  Majesté  tel  que 
"  proposé  par  les  lords  du  Commerce  et  des  Colonies  ;  et  à  cette  fin  les  lords  du  comité 
"  proposent  qu'il  plaise  à  Votre  Majesté  de  charger  les  lords  commissaires  de  préparer 
"  la  teneur  d'une  instruction  qui  sera  transmise  à  cet  effet  au  gouverneur  de  la  Nouvel- 
11  le-Ecosse,  et  qui  sera,  au  préalable,  soumise  à  Votre  Majesté  en  Son  Conseil  pour  y  re- 
"  cevoir  Votre  sanction  royale." 

Il  a  plu  à  Sa  Majesté  d'examiner  aujourd'hui  le  rapport  ci-dessus  et  de  l'approuver, 
conformément  à  l'avis  de  son  Conseil  privé,  et  d'ordonner  comme  il  est  ordonné  par  les 
présentes  de  permettre  aux  Acadiens  de  devenir  colons  du  gouvernement  de  Sa  Majesté, 
conformément  aux  conditions  proposées  par  les  dits  lords  du  Commerce  et  des  Colonies, 
c'est-à-dire  en  exigeant  d'eux  le  serment  d'allégeance  ;  à  cette  fin,  les  lords  commissaires 
devront  préparer  la  teneur  d'une  instruction  qui  sera  transmise  à  cet  effet  au  gouverneur 
de  la  Nouvelle-Ecosse  et,  au  préalable,  soumise  à  Sa  Majesté  en  Son  Conseil  pour  y  rece- 
voir Sa  Sanction  royale. 

W.  BLAIR. 


Représentation  à  Sa  Majesté  avec  la  teneur  d'une  instruction  additionnelle  pour  au- 
toriser le  gouverneur  de  la  Nouvelle-Ecosse  à  permettre  aux  Acadiens  de  devenir 
colons  de  cette  province. 


A  Sa  Très- Excellente  Majesté  le  roi. 

Qu'il  plaise  à  Votre  Majesté. — Conformément  à  l'ordre  de  Votre  Majesté  en 
Son  Conseil,  en  date  du  11  courant,  nous  avons  préparé  une  instruction  additionnelle,  et 
nous  demandons  humblement  par  la  présente  la  permission  de  soumettre  à  Votre  Majesté 
en  Son  Conseil,  cette  instruction  par  laquelle  le  gouverneur  de  la  Nouvelle-Ecosse  est 
requis  de  permettre  aux  Acadiens  de  demeurer  dans  la  province  comme  colons,  confor- 
mément aux  conditions  et  règlements  proposés  dans  notre  humble  rapport  à  Votre  Ma- 
jesté en  date  du  19  juin  1764. 


Le  tout  vous  est  très  humblement  soumis. 


HILLSBOROUGH 
GEO.  RlCE 

BAMBER   GASCOYNE 
J.  DYSON. 


Whitehall, 
16  juillet  1764. 


,,i  \i  IL0GI1    l'i       U   i/'//  \       ii/'    DOl  i 

DOC.  DE  LA  SESSION   No    18 

/.fs  /(>/■(/;  du  Cotnm&rci  ■<   Wilmot  nn  répon  du    /"  u 

's  jani  "■'•    \\ 

w  in  1 1  m  »  1 1     i  S  juillei 

MoNNlM'IC. — 

Nous  ne  pou  von     i    mnei  la  responsalité  do  •  i  ■  ■  1  •  i  •  - 1    i  l<     Acorîien    doivent  n 
dans  la  Nouvelle  I  i   condition  qu'ils  préteni  le    ithmmii   d'ail'  uni 

question  trop  importante  pour  nou   à  résoudre     C'est  pourquoi  non 
sa  Majesté  en  môme  temps  que  no   comment  l  dou    avoi 

arguments  induiront  Se  M  ijesté  i  permettre  aux  Acadien    de  devenii  en  leui  im 

posant  les  restrictions  n  b  nou    espéron    trous  transmettre  bientôt  les  insl 

i  ions  de  Ss  Ma  je  il  é  à  ce  •  u  jet , 

v  o   ami   dé vo 

III  LLSBOROUGB 

QEO.   RU  i. 

BAMBEB   QA  E 

.1.    \>\  SON 


LETTRE    DES    ICADIEN8    DÉTENDS    i    HALIFAX. 

Il  \i,m\\,  30  juillet  1764. 

Messieurs, — D'autant  que  la  paix  est  faite  Entre  Les  Couronne  de  france  et  d  En 
gleterre  et  ne  savons  point  ce  que  l'on  veut  faire  de  nous,   nous  avons  demandé  notre 
congé  pour  nous  en  aller  au  françois.     I  e  Major  Hamilton  non-,  n  dit   que  le   Roi  de 

france  ne  vouloit  point  de  nous,   que  nous  étions  anglois.      Nous   lui  avons  demandé   un 
perrai  pour  cinq  a  Six  Hommes  pour  aller  en  france  afin  <1"  savoir  ce  «pie  l'on  veut  fain 
de  nous,  et  Si  nous  aurons  quelque  protection  de  france.   Nous  espérons  obtenir  ce  Congé 
ou  permi  du  Gouvernement. 

Nous  vous  le  fesona  savoir  a  cette  fin  que  nous  nous  unissions  d'un  Corps  tant  poul- 
ies fraix  que  pour  le  Choix  des  Gens  que  nous  Envoirons.  Vous  joignant  a  nous  vous 
voudrés  bien  envoyer  des  Gens  sur  lesquels  vous  voudrés  bien  vous  Reposer  en  môme 
teins  pourrons  repondre  Etant  autorisé  de  vous  tous  des  dépences  pour  ce  Sujet,  dépêché 
vos  Raisons  et  intentions  que  nous  espérons  au  plutôt. 

Vous  obligerez  vos  frères  et  amis  Les  Acadiens  qui  sont  à  Halifax. 
Adressé 

A  tous  Les  accadiens  François  qui  sont  à  Pigiguit  et  au  Fort  Comberlan  à  la  pointe 
Beau  Séjour. 

Gouvernement  des  Iles  sous  le    Vent 

Charles  ïheodat  Comte  D'Estaing  &c,  Nommé  et  admis  chevalier  des  ordres  du  Roy, 
Lieutenant  General  de  ses  armées  navales,  Gouverrneur  général  Représentant  La 
Personne  de  Sa  Majesté  aux  Isles  sous  le  vent  de  l'Amérique  tfe  Mers  adjacentes. 

Faisons  scavoir  à  tous  les  Acadiens  résident  à  la  Nouvelle  Angleterre  que  tous 
d'entre  eux,  hommes,  femmes  et  enfants  qui  voudront  passer  aux  Colonies  françoises  de 
St-Dominique  pourront  s'adresser  à  sieur  Jean  Hanson,  négotiant  à  la  Nouvelle  York 
qui  leur  fournira  tous  les  vivres  nécessaires  et  les  moyens  de  passer  aux  dittes  colonies, 
où  ils  seront  bien  reçus.  Il  leur  sera  concédé  du  Terrain,  et  ils  seront  entretenu  par  le 
Roy  pendant  les  premiers  mois  de  leur  séjour  à  ce  qu'ils  puissent  gagner  de  quoi  vivre 
par  eux  même. 

Au  Cap  François,  Isle  St-Dominique  le  26  juin  1764. 

Estaing 
Par  ordre 

MARTIN. 


274  M;<  lll\  l>   <\\  IDIE  WEB 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

WUmoi  au  oomte  <l'  Halija 

Il  m.ii'ax.   Noi  \kli.i;  Ecosse,  29  août  L764, 

Milord,  J'ai  apprû»  dernièrement  que  pi osieut  a  familles  acadiennea  <|ui  résident 
dans  l<'  voisinage  de  Conao  el  formant  une  population  de  cent  cinquante  personnes,  se 
sont  adressées  aux  magi  itrats  pour  obtenir  la  permission  d'aller  s'établir  à  l'île  St-Pierre  : 

que  cette  permissioo  leur  a  été  refusée,  mais  qu'elles  rien  sont  pas  moins  parties  immé- 
diatement pour  cet  endroit. 

La  copie  ci-incluse  d'une  circulaire  qui  a  été  distribuée  i<-i  au  nom  «lu  gouverneur 
ial  des  îles  françaises  sous  le  Vent,  aux  Indes  Occidentales,  apprendra  a  Votre 
Seigneurie  des  méthodes  dont  on  se  sert  pour  arracher  les  gens  des  possessions  de  Sa 
Majesté.  -Je  ne  puis  dire  l'effet  que  cette  circulaire  produira  sur  eux  .tant  donné  qu'un 
grand  nombre  de  ceux  qui  s'étaient  rendus  de  Philadelphie  au  Cap  François,  y  sont 
morts  dernièrement,  et  que  la  nouvelle  de  cette  mortalité  a  profondément  affecté  ceux 
qui  demeurent  ici.  Je  désire  assurer  Votre  Seigneurie  que  je  surveillerai  strictement 
leurs  intrigues  et  leurs  mouvements. 

A'  comte  t£  Halifax  aux  lords  commissaires  du  commerce  et  des  colonies. 

St-James,  11  septembre  1764. 

Milord, — Conformément  à  l'ordre  du  roi,  je  transmets  ci-incluses  à  Vos  Seigneuries  les 
copies  d'une  lettre  du  gouverneur  de  la  Nouvelle- Ecosse  (a)  et  d'une  pétition  (b)  (contenue 
dans  cette  lettre)  qui  fut  présentée  denièrement  au  gouverneur  au  nom  d'un  grand  nom- 
bre d'Acadiens  dans  laquelle  ils  déclarent  ne  reconnaître  d'autre  souverain  que  le  roi  de 
France  et  demandent  en  conséquence  leur  transport  dans  quelque  parties  des  possessions 
françaises.  Je  dois  en  même  temps,  conformément  au  bon  plaisir  de  Sa  Majesté,  charger 
vos  Seigneuries  d'examiner  la  dite  pétition  ainsi  que  la  situation  actuelle  de  la  province 
de  la  Nouvelle- Ecosse,  de  communiquer  ensuite  à  Sa  Majesté  le  résultat  de  votre  examen 
et  d'indiquer  les  mesures  que  vous  croirez  nécessaire  pour  la  paix  et  la  sécurité  de  la 
province  :  mesures  rendues  nécessaires  par  l'aveu  notoire  que  les  Acadiens  viennent  de 
faire  de  leur  attachement  indestructible  au  service  et  aux  intérêts  de  la  France.  Je 
suis,  milord,  de  vos  Seigneuries,  le  plus  humble  et  le  plus  obéissant  serviteur. 

DUNK  HALIFAX. 

Aux  lords  commissaires  du  commerce  et  des  colonies. 
Reçue  le  12  septembre  1764. 
Lue  le  29  octobre  1765. 

Wilmot  aux  lords  du  commerce  et  des  colonies. 

Nouvelle-Ecosse,  Halifax,  5  novembre  1764. 

Milords, — J'ai  eu  l'honneur  de  recevoir  de  Vos  Seigneuries,  les  lettres  du  15,  du 
10  et  du  13  juillet  concernant  M.  Robins  et  contenant  le  relevé  des  terres  qui  doivent 
être  concédées,  les  mesures  adoptées  par  vos  Seigneuries  pour  réglementer  le  commerce 
avec  les  sauvages,  les  lettres  destinées  aux  surintendants  en  même  temps  que  les  instruc- 
tions du  roi  au  sujet  des  Acadiens  et  des  cens  et  rentes. 

*  *  *  *  *  *  * 

Très  récemment,  j'ai  pris  en  considération  au  Conseil  (c)  les  mesures  à  prendre  à 
l'égard  des  Acadiens,  et,  conformément  aux  instructions  de  Sa  Majesté,  il  leur  a  été 
assigné  pour  établissements,  des  endroits  où  il  ne  pourront  en  aucune  façon  avoir  des 
relations  qui  favoriseraient  leurs  pernicieux  projets.  Il  a  été  préparé  aussi  une  formule 
de  serment  d'allégeance  dans  laquelle  ce  devoir  est  énoncé  d'une  manière  très  explicite 
et  sans  la  moindre  équivoque  ;  mais  chez  cette  population  entêtée  les  impressions  sont 

(a)  Lettre  de  Wilmot  du  2  juin  1764. 

(b)  En  date  du  12  mai  1764,  et  signé  de  Belonie  Roy  et  autres. 

(c)  Aux  séances  tenues  les  28  septembre  et  22  octobre. 


01  \  i   iLOQli    i>i       U    Wll  \       N/'    DOi  i  Mb 

DOC.  Dl    I  A  BE88ION  No  18 

profonde!  et  il  cmt  i m p<»     iU<-  «!»•  !••    l'ain-  disparaît iv  proinptemonl      I  •    ■      '  ; 

rent  dans  la  ville  et  aux  environs  on  I    |>éreraptoiremen1    refum    de  prêter  h    ermei 

forment  le  projet  de  partir  ] r  le  cap    François,   poui    d<  pi  •  i 

ensuite  à  l'Illinoi      el  je    ni    informé  qu'ils  on!    l'intention  de  formel  m  mon! 

i  œ  dernier  endi "il . 

J'attends  présentement  le   résulta!    de   leurs  délibération  in!    qu'il    on! 

contre  de  grandeu  « liiin-uii .  .  dans  Icui    pi ■••nn<  m-    tentât  m-    d<*  mcttri)  <•«  projet 
tion  et  qu'ils  devron!  en  surmonter  de  plus  grande  ii  les 

moyens  nécessairoH  pour  iiinriicr  à   mi<*ux    comprendre    leura   propn 

Seigneuries  trouveron!  oi  indu  ic  une  copie  de  In  formule  de  tcrmenl   qui  leur  i 
proposée  e!  une  li  te  des  endroits  qui  on!  étéchoi  i    poui  l<  ilir 

Reçue  lo  1 6  fé\  pier.  i   .  ■ 

i  tue  i»'  - '•'  i  >c!  oore.     | 

Liité  oontênut  dans  une  letton  de  "  iltnot  aux  torde  du  commercé  et  det  colonû  ,  tu 

tint'  i/n   /  novenibn   176  )■ 

Liste  des  terres  assignées  aux  Â.cadiens  français  qui  veulent     établir  dans  la  Non 
voile  Bcoase  ;  accompagnée  de  la  formule  de  lermen!  qui  leur  fut  j  »  i  *  »j  .■  ■  i  endroits 

ci  dessous  et  dans  les  alentours. 

A  la  l»aic  Ste  Marguerite .  ...          .  .  10  familli 

11  Chester 10 

"  Lunenburg 15 

11  Dublin 10 

"  Liverpool 10 

"   Barrington 10 

M  Yarmouth   1" 

M  Annapolis 10 

"  Montague  Town 10 

"  Cornwallis <» 

"  Horton 10 

"  Falmouth.  .    10 

"  Newport 10 

11  Halifax  et  ses  alentours 30         " 


165  familles. 
990  personnes. 

Chaque  Acadien  qui  prêtera  le  serment  recevra  une  étendue  de  terre  équivalente  à 
celle  assignée  et  concédée  conformément  aux  instructions  de  Sa  Majestée  Royale,  aux 
soldats  et  aux  marins  ainsi  qu'à  leur  famille,  c'est-à-dire  quarante  acres  à  chaque  chef 
de  famille  et  dix  acres  en  sus  à  chaque  personnes  y  compris  les  femmes  et  les  enfants, 
dont  se  compose  chaque  famille. 

En  outre,  coûtes  ces  terres  devront  être  éloignées  du  rivage  de  la  mer  et  situées  en 
arrière  des  autres  établissements,  afin  de  prévenir  autant  que  possible  tout  commerce 
avec  les  îles  St-Pierre  et  Miquelon. 

SERMENT  de  fidélité  proposé  aux  françois  qui  voudroient  rester  dans  l'acadie. 

De  par  Son  Excellence  Montague  Wilmot,  Ecuyer,  Capitaine  Général,  Gouverneur 
en  chef  et  Vice  Amiral  de  la  Province  de  la  Nouvelle-Ecosse  et  de  ses  dépendances, 
Colonel  du  80e  Régiment,  etc,  etc,  Commandant  les  troupes  de  Sa  Majesté  dans  la  dite 
Province. 

UNE    PROCLAMATION 

D'autant  qu'il  a  plû  au  Roy  de  me  signifier,  que  de  sa  bonne  grâce  et  de  son  bon 
plaisir,  il  veut  bien  permettre  aux  françois  Acadiens  de  rester  dans  cette  Province  et  je 
s'y  établir  pourvu  qu'ils  prêtent  un  serment  de  fidélité  et  d'obéissance  à  son  gouverne- 
ment. 


276  \i:<lll\  ES  C'A NA DIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

1 1  est  donc  requis  par  ces  présentes  de  tous  les  françois  acadiena  qui  voudront 
accepter  les  bénéfices  et  les  avantages  qui  leur  nonl  si  gracieusement  offerts,  qu'ils  prê- 
tent un  serment  de  fidélité  tant  a  la  personne  de  Sa  Majesté  qu'à  son  Gouvernement 
dans  les  termes  BUN  ans. 

Je tait  serment  et  promet  solennellement  et  sincèrement  devant  Dieu, 

que  je  serai  fidelle,  a  Sa  Majesté  Britannique  sacrée  Le  Koy  Georges  troisième,  que  de 
tout  mon  pouvoir  je  le  détendrai  contre  tous  ses  ennemis,  et  contre  toutes  conspirations 
et  trahisons,  et  contre  tout  attentat  qui  pourroit  se  faire  contre  sa  personne,  sa  couronne 
et  sa  dignité,  et  que  je  ferai  tous  mes  efforts  pour  découvrir  et  informer  Sa  Majesté  et 
ses  successeurs  de  toutes  trahisons,  conspirations  ou  attentats  quelconques  contre  luy  ou 
contre  eux,  et  toutes  ces  choses,  je  promets  de  tenir  sincèrement  et  de  bonne  foy  suivant 
et  dans  le  sens  des  paroles  par  moi  prononcées,  sans  équivoque,  restriction  mentale  ou 
réserve  quelconque,  et  je  fais  cette  reconnoissance  et  promesse  de  tout  mon  cœur,  sans 
contrainte  et  en  toute  vérité  sur  la  foi  d'un  chrétien. 

Ainsi  Dieu  me  soit  en  aide  et  la  Sainte  Evangile. 

Et  j'ai  trouvé  à  propos  de  publier  cette  proclamation  afin  de  faire  connoître  aux 
dits  françois  Acadiens  plus  efficacement  les  conditions  sur  lesquelles  ils  peuvent  rester 
daiiB  cette  Province  et  s'y  établir. 

Donné  à  Halifax  sous  mon  seing  et  le  cachet  de  mes  armes  le  septième  jour  de 
Novembre  1764  et  dans  la  cinquième  année  du  règne  de  Sa  Majesté. 
Par  Commandement  de  Son  Excellence. 

RICHARD  BULKELEY  Sec. 
M.  WILMOT 
Vive  le  Roi  ! 

Wilmot  au  comte  d?  Halifax. 

Nouvelle-Ecosse,  Halifax,  9  novembre  1764. 

MiLORD, — J'ai  l'honneur  d'accuser  réception  des  dépêches  de  Vos  Seigneuries 
du  1 1  août  au  sujet  des  actes  de  piraterie  commis  sur  les  Espagnols  et  concernant  l'éta- 
blissement du  transport  des  lettres  par  la  postes,  l'impôt  du  timbre  et  le  trafic  de  con- 
trebande. J'ai  reçu  en  même  temps  la  lettre  de  Vos  Seigneuries  concernant  les 
Acadiens  et  je  dois  vous  dire  que  je  donnerai  la  plus  sérieuse  attention  à  toutes  ces 
questions  afin  de  répondre  à  vos  vues  et  d'obtenir  les  résultats  que  vous  désirez. 

Conformément  à  la  volonté  de  Sa  Majesté  qui  m'a  été  signifiée  par  votre  lettre  du 
9  juin,  et  aux  institutions  de  Sa  Majesté,  du  20  juin,  permettant  aux  Acadiens  de  prêter 
le  serment  d'allégeance  et  de  s'établir  dans  cette  province,  j'ai  communiqué  le  tout  au 
Conseil  qui  en  conséquence  a  rédigé  une  formule  de  serment  en  termes  aussi  explicites 
que  possible  et  assigné  pour  leur  établissement  dans  cette  province  les  endroits  les  moins 
propres  à  favoriser  leurs  projets  pernicieux.  Mais,  Milord,  ces  gens  ont  été  trop 
longtemps  égarés  et  attachés  au  roi  de  France  et  à  leur  religion  pour  renoncer  bientôt 
à  l'un  et  l'autre,  et  lorsqu'il  en  est  question,  leur  infatuation  ne  connaît  plus  de  bornes. 
Quelques  prisonniers  faits  pendint  la  guerre  et  qui  ont  demeuré  ici  ont  contribué  beau- 
coup à  les  entretenir  dans  ces  sentiments,  lesquels  sentiments  et  l'invitation  qu'ils  ont 
reçue  du  gouverneur  des  îles  françaises  sous-le-Vent  ont  été  cause  que  tous  ceux  qui 
demeurent  dans  cette  ville  et  aux  environs  ont  refusé  péremptoirement  de  prêter  le  ser- 
ment d'allégeance.  D'après  les  renseignements  les  plus  certains  que  j'ai  pu  obtenir  à 
l'égard  de  leurs  projets,  ils  ont  l'intention  de  s'en  aller  directement  au  Cap  François  pour 
se  rendre  de  là  au  Mississipi  et  de  ce  dernier  endroit  à  l'Illinois  où  ils  se  proposent  de 
former  un  établissement.  Ils  ont  avoué  leur  dessein  d'aller  au  Cap  François  et  m'ont  de- 
mandé des  transports  et  des  provisions  pour  ce  voyage.  J'ai  repoussé  comme  elle  le  méri- 
tait une  demande  aussi  hardie,  ce  qui  les  a  obligés  d'avoir  recours  à  leurs  moyens  per- 
sonnels et  de  ne  compter  que  sur  eux-mêmes  pour  mettre  leur  projet  à  exécution.  Cepen- 
dant je  les  crois  en  état  d'entreprendre  ce  voyage,  car  les  salaires  élevés  qui  leur  ont  été 
payés  pour  les  travaux  qu'ils  ont  faits  durant  les  quatre  dernières  années,  leur  ont  per- 
mis d'accumuler  un  montant  considérable. 


,  /   i/  OQll    DJ       10  i/'//  n       LFJ  0  DOCJ  VI  N-  I  '/ï? 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Il  m  est  impoH  il>l<-  |>m:  <-iii<niiiii   d<-  communiquer    i  \  otr<  iri<    lu  d<  1er  mi 

Dation  finale  que  prendront  «•  mai    il  ■   I  tn     probable  que  pluiieui    d'entn 

perdront  la  rie  avant  d'atteindre  l'Illinois,  i  •>    an     rand   oombi 
partiii  dernièrement  <l<-  quelque   une   de  no   oolonie    du  iud  poui  l<-  <  ip  ri 
morte  durant  le  trajet     liais  je  ne  pui    me  tromper  en  affirmant  à  Voti  que 

lé  départ  d'une  population  au   >j  nombreu  l<     int<  n  i 

prête  à  oontribiK-i  a  l.i  <l.  ,i  rii.i  lui   «I.-  «cite   pn.\n,  i.ui  un  effet  taluts 

habitants  te  mettraient  à  l'œuvre  avec  une  rigueui    r i •  •  n \  « -l  1  •  •  et   le  n«>»ii i »r  <•  de    oolon 
i  ugmenterait  spn     leur  dépai  I 

l  ,     i  i  m    m    établi     i  8t- Pierre  ont    presque  terminé  l'érection  de  t  m. ai 

<-i  complété  tout  i  t  qui  leui  «•  I  neoe    aire  pour  leurs  pêcherie     1 1    ont  actu< 
trois  cents  chaloupes  pour  faire  la  pécne  et  sont   muni    dune  quanti!  dérable 

Bah  n  [boitte]  que  nos  bateaux  de  pêche  de  Terreneuve  leur  ont  foui  nia.     Di>  ou  d 
i\r  ces  bateaux  onj  été  prii  l'été  dernier  par  les  va  du  roi,  qui  malgré  leui 

lanoe  n'ont  pu  empêcher  les  t  rafiquants  américains  de  t  ran  jporter  de    marchand 
endroit  et  six  de  I ■    navires  ont  été  vu    dans  le  port  8t  Pierre  dernièrement. 

S/m/c   <i     W'ihmil. 

Monsibi  Et,  J'ai  l'honneur  de  vous  informer  que  depuis  le  dépari  de  ma  I  *  - 1 1  j  «  -  d  hier, 
les  Français  m'ont  transmis  leur  décision  finale  «le   ne   ps  i  le    erment  qui  leur  a 

été  proposé.     Ils  paraissent  craindre  beaucoup  la   détresse  dans  laquelle  |il<>rc_"-i 

leur  refus,  surtout  durant   l'hiver,  mai*  ils   comptent    «pie    VOUS  auriez.  pitié  de  leur  situa 
tion  et   j'ai  permis  à  (\v\\\  d'entre  eux  de  se   rendre    à    Halifax  pour  implorer  votre  COm 

passion. 

,lc  serais  heureux  de  connaître  si  je  devrai  retenir  ces  gens,  dans  le  cas  on  ils  mani 
testeraient  l'intention  de  se  transporter  dans  quelque  autre  endroit  de  cette  provim 

dans  un  autre  pays.      J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur,  votre  très  humble  et  très  obéissant 

serviteur, 

WILLIAM  SHAW, 

Officier  commandant  à  Anyiapot 'i g  Royal. 
Awatolis  Royal,  28  novembre  1764. 

Wilmot  aux  lords  du  commerce. 

Nouvelle-Ecosse,, Halifax,  17  Dec.  1701. 

Milords. — Dans  ma  lettre  du  cinq  novembre  dernier,  j'ai  eu  l'honneur  de  vous 
communiquer  d'autres  renseignements  à  l'égard  des  dispositions  manifestées  par  les 
Acadiens  après  qu'il  leur  fut  proposé  de  prêter  le  serment  d'allégeance  et  de  s'établir 
dans  cette  province. 

Depuis  cette  époque  les  propositions  les  plus  raisonnables  n'ont  pu  avoir  raison  de 
leur  affection  pour  la  France  et  de  leur  aversion  pour  le  gouvernement  anglais  ;  et  un 
grand  nombre  ont  résolu  de  quitter  cette  province  Dernièrement  ils  ont  nolisé  des 
navires  a  leurs  frais  personnels  et  depuis  trois  semaines,  six  cents  personnes  y  compris 
des  femmes  et  des  enfants  sont  parties  pour  les  Indes  Occidentales.  D'après  les  derniers 
renseignements  que  j'ai  obtenues,  ils  ont  le  dessein  de  cultiver  à  cet  endroit  les  terres 
qui  sont  impropres  à  la  canne  à  sucre.  Bien  qu'ils  fussent  au  courant  que  le  climat  de 
ce  pays  avait  été  fatal  à  un  grand  nombre  de  leurs  compatriotes  de  la  Géorgie  et  de  la 
Caroline,  ils  n'en  persistèrent  pas  moins  dans  leur  résolution.  Il  en  est  resté  un  nombre 
beaucoups  plus  considérable  dans  différents  endroits  de  la  province  qui  ont  l'intention 
de  partir  pour  le  même  endroit,  dès  que  le  printemps  leur  permettra  d'entreprendre  ce 
voyage. 

Leur  départ,  milords,  va  nous  débarrasser  d'une  population  qui  a  été  la  peste  de  la 
province  et  la  terreur  de  ses  établissements.  Ces  gens  se  sont  rendus  coupables  de 
plusieurs  méfaits  ;  ils  ont  par  leur  zèle  et  leur  dévouement  à  servir  les  Français,  comme 
espions  et  comme  partisans,  par  la  persistance  avec  laquelle  ils  ont  récemment  refusé  de 


278  ARCHIVES  CANADIEN*/  s 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

prêter  le  Berment  d'allégeance  et  leur  insolent  aveu  de  ne  reconnaître  que  le  roi  de 
France,  paralysé  le  puplement  de  cette  province  et  enrayé  le  progrès  de  l'industrie. 
(  \-s  considérations  jointes  au  danger  qui  nous  menacerait  en  cas  de,  guerre,  par  suite  de 
leur  nombre,  de  leurs  relations  avec  Les  sauvages  et  de   leur  connaissance  parfaite  de  la 

topographie  de  cette  province,  ont  décidé  le  Conseil  à  une  séance  à  laquelle  assistait 
lord  Oolvill,  contre-amiral  de  Sa  Majesté,  de  prendre  la  résolution  de  ne  fias  s'opposer  à 
leur  départ.  Il  est  certain,  milords,  que  si  nous  avions  pria  des  mesures  pour  les 
empêcher  de  mettre  leur  projet  à  exécution,  il<  se  seraient  retirés  dans  les  endroits  situés 
à  l'est  de  cette  province  et  de  là  se  seraient  transportés  promptement  et  facilement  à 
St-Pierre  et.  Gkfiquelon  avec  l'aide  des  amis  qu'ils  ont  dans  ces  îles.  De  la  sorte,  ils 
devenaient  une  acquisition  précieuse  pour  les  Français  qui  y  demeurent  et  auraient 
rendu  de  grands  services  à  ceux  qui  font  la  pèche,  sans  compter  que  leui  voisinai:'' 
aurait  été  un  danger  pour  cette  province,  tandis  que  leur  départ  pour  les  Indes  Occi- 
dentales  les  éloigne  de  nous  et  il  est  à  présumer  que  le  climat  de  ce  pays  qui  est  mortel 
pour  les  natif-  des  contrées  du  nord  les  empêchera  de  rendre  de  grands  services  aux 
Français  de  cette  colonie. 

Reçue  le   25   mai  l   ,  _  .  - 

Lue  le  29  octobre  J 

Halifax,  14  novembre  1764. 

OBSERVATIONS   ET   REMARQUES   AU   SUJET   DE   L'ARPENTAGE    DES 
CÔTES   DE  LEST  DE  LA  NOUVELLE-ECOSSE   ET  DES  PARTIES 
SITUÉES  À  L'OUEST  DU  CAP-BRETON,   PAR  ORDRE  DE 
SA  MAJESTÉ  ET  CONFORMEMENT  AUX  INSTRUC- 
TIONS DU  26  JUIN  DERNIER. 

Baie  de  Chédaboucïou. 

*  *  3c  *  *  * 

Quatorze  familles  acadiennes  ont  résidé  à  cet  endroit,  mais  on  y  constate  peu 
d'améliorations,  c'est  à  peine  s'il  y  a  cinq  acres  de  terre  défrichés.  Ces  gens  ne  s'occu- 
paient que  de  faire  la  pêche  durant  l'été  et  de  construire  des  vaisseaux  pour  Louisbourg 

durant  l'hiver. 
****** 

Les  terres  sont  aussi  riches  ici  qu'à  la  Nouvelle-Ecosse  et  un  canton  de  colons 
industrieux  y  prospérerait  bien  vite. 

ILE    MADAME. 

Cette  île,  située  dans  la  baie  de  Chédabouctou,  a  cinq  lieues  de  long,  six  milles  de 
large  au  sud-est  et  deux  milles  au  nord-ouest.  Il  s'y  trouve  plusieurs  baies  et  plusieurs 
ports  et  elle  contient  à  peu  près  vingt-cinq  mille  acres  de  terre. 

*  *  -X-  *  *  * 

Le  terrain  est  rocheux  aux  environs  du  Pe^it  de  Grat.  Il  existe  ici  un  établisse- 
ment français  depuis  plusieurs  années  ;  les  terres  sont  défrichées  et  il  y  a  400  acres  de 
terre  à  pâturage  aux  environs  du  port;  cette  étendue,  qui  n'est  pas  clôturée  et  qui  ne 
paraît  pas  l'avoir  été  jamais,  sert  de  vaine  pâture.  Actuellement  il  y  a  ici  18  familles 
acadiennes  qui  ont  fait  la  pêche  durant  l'été  ;  elles  ont  pris  environ  trois  mille  quintaux 
de  poisson.  Un  brick  de  Guernesey  est  venu  cette  année  prendre  un  chargement  de 
deux  mille  quintaux  pour  le  marché  européen.  Environ  deux  milles  à  l'ouest  du  Petit 
de  Grat  se  trouve  le  havre  de  Narischak,  appelé  Port  Sainte-Marie  par  les  Français. 
On  trouve  dans  ce  havre,  qui  a  un  mille  et  un  quart  de  profondeur  et  un  demi-mille  de 
largeur,  tous  les  avantages  voulus,  la  profondeur  de  l'eau  est  de  9  à  10  brasses  et  le  fond 
est  vaseux  ;  une  flotte  de  grands  navires  pourrait  y  jeter  l'ancre  en  toute  sûreté  et  y 
trouverait  abri  contre  tous  les  vents.     L'île  Pichot  se  trouve  à  l'entrée  de  ce  port,   dans 


01  SE  Ai  OQJi    i>i       U    \i>ii  \.      iVBO  DOi  t  Ml.  279 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   IH 

lequel  les  goélettes  qui  font  li  pèche  viennent  mouiller     il   \'\  trou  .•  .|.  l.m 

i  m-  ;  endroit  i  excellent    pour  lu  pA<  ! 

[1  y  a  ici  actuellement   10  famille*  acadienm     •  n > | <l< >\  •  <     \>m   il<-     m;n  <  ). 
lifax  pour  faire  lu  pèche    elle   ont  pri    environ  deu)  mille  qui 

-    I    fil  BRI     Dl      I .N  i      D1      <    M'   i.l:l    i 

Saint  Pierre  (a)  était  l'un  des  prinoipaux  établi  lements  de  I  Ile  du  ( 

familles  em  iron  résidaient  •  adroit 

*  #  *  #  * 

CHA8     \l"i:i;i 

.1  rpenU  ur  en  <l"  i . 

LE  PRÉSIDENT  DU  CONSEIL  DE  MARINE    \    M     DANGEAC   El 
BEAUDEDUIT,  A    VERSAILLES  LE  I      IOUST   17 

.r.n,  M  ,  rendu  compte  au  Roy  de  tout  ce  que  vous  m  av<     i  crit  tant   en  commun 
qu'en  particulier  au  sujet   des   Aocadiens  qui   se  sont    réfugiés  aux    i  !<•     >    1  *!«-*-» 
M  iquelon. 

Suivant,  œ  que  vous  avés  marqué  il  paroit  que  ces  habitac    dan    la    ne  de 
traire  à  la  domination   Angloise  onerchent    tous   les  moyens  de  : 
votre  Gouvernement  :  Sa  Majesté  a  été   bien  éloignée  de  blâmer  les  mouvement 
compassion  qui  nous  ont  engagé  à  leur  accorder  des  Becours  de  vivres  lorsqlle  ces  familles 
ont    été  débarquées,   mais  comme  il  n'est  pas  possible  de  les  conserver  dans  nn  p*yi  qui 
ne  leur  offre  aucune  espèce  de  ressource,  Boit  du  côté  des  cultures,  puisque  la    terre  n  en 
est  point  susceptible,  soit  par  la  pêche  parce  que  ces  familles  n'y  sont  pas   propre 
est  indispensable  de  prendre  définitivement  un-parti  pour  faire  ceas4  r  les  d<  penses  ©ont 
dérables  qu'elles  occasionnent. 

Sa  Majesté  m'a  ordonné  de  vous  dire  en  conséquence  qu'Elle  leur  laisse  la  liber  * 
de  retourner  en  Accadie  ou  de  venir  en  France.  S'ils  viennent  en  France  on  leur  pro- 
curera des  terres  à  cultiver  et  la  subsistance  en  attendant  la  première  récolte  et  «jue 
quelle  que  soit  la  détermination  que  ces  familles  prendront  lorsque  vous  leur  aurés  fait 
part  des  intentions  de  Sa  Majesté,  ces  familles  ne  doivent  point  espérer  qu'on  leur  four- 
nisse aucune  espèce  de  ration  à  compter  du  mois  de  may  de  l'année  prochaine.  La  plus- 
part  se  contentent  de  vivre  aux  dépens  du  Gouvernement  sans  rien  faire  et  ne  servent, 
comme  M.  le  Duc  de  Choiseul  vous  l'a  marqué  au  mois  de  décembre  de  l'année  dernière, 
qu'à  consommer  le  bois  de  Miquelon,  tandis  qu'on  a  bien  de  la  peine  à  se  procurer  celui 
qui  est  nécessaire  aux  pécheurs,  enfin  elles  sont  à  charge  aux  finances  sans  aucune  espèce 
d'utilité,  au  lieu  que  si  elles  viennent  en  France,  elles  pourront  du  moins  travailler  à 
l'agriculture  et  Sa  Majesté  qui  connoit  leur  zèle  pour  la  Religion  et  leur  attachement 
pour  sa  personne  les  traitera  avec  la  même  bonté  que  les  autres  Accadiens  qui  sont  en 
France. 

J'aurai  le  temps  de  recevoir  votre  réponse  à  cette  dépèche  pour  en  rendre  compte  à 
Sa  Majesté  et  pour  que  je  puisse  prendre  des  mesures  relativement  au  parti  que  ces 
familles  prendront  soit  de  repasser  à  l' Accadie  ou  de  venir  en  France,  il  faut  que  vous 
me  marquiés  : 

1°  Si  vous  avés  à  St  Pierre  et  Miquelon  comme  je  le  présume  un  nombre  suffisant 
de  bâtiments  pour  les  ramener  à  l'Accadie  avec  les  vivres  nécessaires. 

2°  Quel  est  le  nombre  juste  de  ces  habitans  qui  se  détermineront  à  y  retourner. 

3°  Le  nombre  de  celles  qui  voudront  venir  en  France  afin  que  je  puisse  vous 
envoyer  des  bâtiments  en  proportion  pour  les  y  embarquer  avec  les  vivres  pendant  leur 
traversée. 

Je  vous  répète  que  le  Roy  ne  veut  absolument  souffrir  aux  isles  S1  Pierre  et  Mique- 
lon que  des  pêcheurs  ;  il  faut  que  vous  l'expliquiés  positivement  à  ces  habitants,  et  Elle 

{a)  C'est  le  port  Toulouze  du  temps  de  l'occupation  de  la  place  par  les  Français. 


280  mu  un  ES  0  \\mhi:\  \i> 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

nous  défend  expressément  de  recevoir  d'antres  A.ccadiens,  pour  prévenir  qu'il  ne  vous  en 
arive,  Elle  veut  que  voua  Eassiés  passer  des  a\is  à  l'Accadie  pour  avertir  les  habitants 
qu'il  ne  trouveront  aucune  espèce  de  secours  dans  vos  [sles  ;  «ju*^  Sa  Majesté  vous  a  def- 
Eendu  de  leur  donner  les  rations  et  que  vous  trouveriez  obligé  de  les  renvoyer  par  les 
mêmes  bâtiments  qui  les  auraient  transportés.  J'attendrai  avec  impatience  votre  réponse 
avec  les  détails  que  je  vous  demande. 

Enfin,  M  ,  voua  Baves  mieux  (jue  personne  que  ces  [sles  n«i  peuvent  comporter  que 
30  ou  40  familles  :  c'est  à  ce  nombre  qu'il  faut  réduire  celles  qui  les  habitent,  ce  qui 
excéderait  les  40  familles  ne  sauroit  y  subsister  qu'aux  dépens  du  Roy,  le  pays  n'en  peut 
pas  faire  vivre  davantage  du  produit  de  la  pêche  qui  est  le  seul  moyen  qu'elles  ayent 
pour  y  subsister.  Je  vous  recommande  de  vous  occuper  sans  perte  de  temps  de  l'exécu- 
tion de  cet  arrangement  et  de  m'envoyer  la  liste  des  familles  qu'il  conviendra  de  conser- 
ver dans  les  deux  isles  avec  le  nombre  de  personnes  qu'elles  composeront  et  la  liste  de 
celles  qui  seront  dans  les  cas  de  repasser  en  France,  il  convient  à  tous  égards  de  donner 
la  préférence  aux  anciens  habitants  de  l'Isle  Royale,  toutes  les  fois  cependant  qu'ils  seront 
propres  à  la  pèche. 

No.   3.  Franklin  au  comte  de  Shelburne. 

Halifax,  Nouvelle-Ecosse,  24  octobre  1767. 

Milord. — J'ai  l'honneur  d'informer  Votre  Seigneurie  que  le  22  de  ce  mois  une 
petite  goélette  est  arrivée  de  St  Pierre  et  Miquelon  avec  un  certain  nombre  d'Acadiens 
munis  d'un  passeport  en  date  du  31  août  dernier.  Ce  passeport  était  signé  du  gou- 
verneur et  de  l'intendant  et  leur  accprdait  la  liberté  d'aller  où  il  leur  plairait. 

Ces  Acadiens  s'étaient  enfui  clandestinement  de  la  province  il  y  a  deux  ans  ;  ils 
m'ont  informé  qu'une  frégate  du  roi  de  trente  six  canons  était  arrivée  de  France  aux 
îles  St  Pierre  et  Miquelon  le  printemps  dernier,  et  que  la  cour  avait  envoyé  à  M.  d'An- 
geac  l'ordre  de  renvoyer  tous  les  habitants  qui  demeuraient  dans  ces  îles,  à  l'exception 
de  quarante  familles.  Le  dénombiement  de  la  population  eut  lieu,  et  il  fut  trouvé  qu'en 
sus  de  ce  nombre  il  y  avait  alors  une  population  de  douze  cents  âmes  exclusivement  aca- 
dienne.  De  ce  nombre,  deux  cents  préférèrent  revenir  dans  cette  province  plutôt  que 
d'être  transportés  en  France  avec  les  autres  qui  devaient  être  embarqués  sur  trois  trans- 
ports et  partir  pour  ce  pays  vers  le  vingt  du  mois  dernier. 

Quelques-uns  de  ces  Acadiens  sont  aussi  arrivés  dans  le  voisinage  de  Canso  où  ils 
ont  prêté  le  serment  d'allégeance  dont  la  portée  leur  a  été  bien  expliquée.  Ceux  qui 
sont  arrivés  ici  sont  désireux  de  suivre  cet  exemple  ;  ils  semblent  déterminés  à  devenir 
de  bons  sujets  et  disent  que  tous  les  autres  sont  dans  les  mêmes  sentiments. 

Quelques  sauvages  natifs  de  cette  province  sont  aussi  arrivés  avec  ces  Acadiens  et 
m'ont  appris  que  M.  d'Angeac  ne  voulait  pas  les  garder. 

La  frégate  est  partie  de  St  Pierre  pour  la  France  vers  le  milieu  du  mois  d'août. 

J'ai  cru  qu'il  était  de  mon  devoir  de  communiquer  ces  faits  à  Votre  Seigneurie. 
J'ai  l'honneur  d'être  avec  le  plus  profond  respect,  de  Votre  Seigneurie,  le  plus  humble 
et  le  plus  obéissant  serviteur, 

MICH1  FRANKLIN. 

No.   4.  Hilfoborough  à  Franklin. 

Whitehall,  26  février  1768. 

Monsieur, —  Vos  lettres  marquées  desN03 1-8,  adressées  au  comte  de  Shelburne  sont 
arrivées  à  destination  et  ont  été  communiquées  au  roi. 

Sa  Majesté  a  été  heureuse  d'apprendre  par  votre  lettre  N°  3,  que  les  Acadiens  ont 
enfin  compris  que  leurs  véritables  intérêts  consistent  dans  leur  entière  soumission  à  son 
gouvernement  et  qu'ils  ont  exprimé  le  désir  sincère  d'en  mériter  les  bienfaits.  Sa  Majesté 
croit  qu'il  serait  à  propos  d'encourager  ces  bonnes  dispositions  en  leur  démontrant  qu'ils 
peuvent  compter  sur  tous  les  avantages  qui  ne  sont  pas  incompatibles  avec  la  sécurité 
publique.   En  conséquence,  ne  manquez  pas  de  leur  promettre  la  protection  et  les  faveurs 


i,i  \i   1/  OOIB   DJ       U    i/'//  Vt      ii/'    /""  ■'  i//  n  / 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

dt  Sa  Majesté  el  de  leur  communiqué  i  8  on  de 

nue   possible    de      ["•'  '  •'     '|  '  ■         ni  1 1  r     l'Iltt'M 

France. 

N     II.  Franc klin  au  couitê  •{■    Shelbun 

Nouvelle- Eco    i     Halifax,  20  1 

Mi  lord,     Le  renvoi  de  plusieui  i  ramil  de  Si  Pi( 

leur  résolution  de  devenir  de  bons    uje(  ,  détail    que  j'ai  eu  l'honneur  d< 
h  Votre  Seigneurie  par  ma  lettre  N    S  du  24  a  tobre  derni<  r,  ont  produit  une  imj  n 
■i  profonde  Bur  tous  oeui  qui  demeurent  dan    Les  limita  ivernemenl  qu< 

le  moment  favorable  d'exiger  de  tout,  une  déclaration  complète  de  1< 
qu'ils  avaient  jusqu'ici  refusé   péremptoirement  de   prêter  le    erment   d'ail» 
majesté.     En  conséquence  après  avoir  pria  l'avis  «lu  Conseil,  une  proclamation  dont  vous 
trouverei  une  copie  ai  incluse,  a  été  publiée. 

Cette  proclamation  a  produit   l'effet   d<  de  la 

part  de  tous  1rs  Acadiens,   demander  des  coi  rre  el  la  permi    ion  d(   . 

le  lennent  conformément  à  une  lettre  du  comte  d'Halifax,  en  date  du  '.'juin  1 7'»  I  et 
instructions  additionnelles  de  Sa  Majesté  en  date  du  20  juillet  1764,  sur  lesquelles  j'étais 
autorise  a  promet  t  ie  quatre  vingts  acres  de  tei  re  pour  chaque  chef  de  famille  et  quai 
acres  en  sus  pour  chaque  autre  personne  dont  se  composait  chaque  famille,  je  me  propose 
de  faire  arpenter  les  terres  que  nous  avons  l'intention  de  leur  concéder,  I   que  la 

saison  le  permettra  mais  comme  je  veux  agir  avec  la  plus  grande  prudence  dans    toutes 
les  circonstances  sérieuses,  j'ai  consulté  particulièrement   M.  le  juge  en  chef   Belcfo 
sujet  du  mode  de  tenure  à  adopter.     J'ai  l'honneur  de  vous   transmettre  ci-jointe  une 
copie  des  vues  qu'il  a  eu  la  bonté  d'exprimer  à  ce  su 

Bien  que  je  n'aie  pas  le  moindre  doute  que  les  instructions  additionnelles   d<     9 
Majesté,  du  20  juillet  1764,  m'autorisent  entièrement  de  concéder  des  terres  aux 
diens,  je  prie  cependant   Vos  Seigneuries  de  faire  connaître   a  Sa  Majesté  les  circons- 
tances particulières  dans  lesquelles  se  trouvent  ceux  qui  sont  arrivés  de  St-Pierre  et 
Miquelon.      En  outre,  ces  Acadiens  étant  tou^  catholiques  romains,  je  ti<  onnaître 

avant  d'apposer  le  sceau  à  aucune  concession,    si  c'est   le   plaisir  de  Sa  Majesté  que  ces 
terres  soient  concédées  en  propriété  héréditaire. 

De  plus,  considérant  que  la  plupart  de  ces  Acadiens  sont  très  pauvres  et  que  les  terres 
qui  leur  seront  concédées  sont  en  friche,  que  plusieurs  d'entre  eux  ti2iment  des  fermes 
appartenant  à  d'autres  habitants  et  qu'on  les  a  trouvées  particulièrement  utiles  pour  la 
culture  et  l'amélioration  dss  terres  marécageuses  qu'il  faut  endiguer,  et  que  les  autres 
colons  ne  sont  pas  aussi  familiers  avec  ce  genre  de  travaux,  je  demande  qu'il  me  soit 
permis  de  leur  accorder  dix  années  au  lieu  de  trois  pour  améliorer  leurs  terres.  Cette 
faveur  permettrait  à  ceux  qui  sont  industrieux  de  se  procurer  des  bestiaux  et  les  autres 
choses  nécessaires  et  les  tiendraient  dispersés  les  uns  des  autres  dans  la  partie  la  plus 
centrale  et  la  mieux  établie  de  la  province  où  ils  se  trouveraient  bientôt  noyés  dans  la 
masse  des  habitants  protestants.  J'ai  l'honneur  detre  avec  le  plus  profond  respect,  de 
Votre  Seigneurie,  le  plus  humble  et  le  plus  obéissant  serviteur, 

MICHL.  FRA^XKLIX. 

Proclamation  sommant  les  Acadiens  de  prêter  le  serment  d'allégeance. 

Par  l'honorable  Michael  Francklin,  écr.,  lieutenant  gouverneur  et  commandant  en 
chef  de  la  province  de  la  Nouvelle-Ecosse  ou  Acadieet  de  ses  dépendances,  etc.,  etc.,  etc. 

PROCLAMATION. 

Attendu  qu'il  est  resté  plusieurs  Acadiens  français  dans  cette  province  et  qu'un 
grand  nombre  y  sont  revenus  dernièrement  qui  n'ont  pas  prêté  le  serment  d'allégeance 
et  de  fidélité  au  roi. 

18—50     r-16 


282  '  /// 1  / .>  C  i  \  \hii:\  \  r.s 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

.hii  cru,  conformément   k  l'avis  du   Conseil  de  Sa  Majesté,  qu'il  «-tait  opportun  de 

publier  cette  proclamation  par  laquelle  tous  les  Acadiens  français  qui  n'ont  pas  encore 

prôté  le  serment  d'allégeance  et  de  fidélité  à  Ss  Bkfajesté  sont  sommés  de  le  faire  avant  le 

nier  jour  du  mois  de  juin  prochain  ;  et  avis  est    par  les   présentes  donné  que  toute 

onne  qui   ne   se  sera    pas  conformée  à  cet  ordre  à  la  date  fixée  sera  poursuivie  et 

comme  la  loi  l<*  prescrit. 
Donnée  sous  mon  seing  et  sceau,  à  Halifax,  ce  5me  jour  de  novembre  1767,  dans  la 
huitième  année  du  règne  de  Sa  Maj< 

MICHL.  FRANCRLIN. 


Opir  gale)  du  juge  Belcher  concernant  les  concessions  de  terres  av  i  Acadiens  eiv  leur 

qualité  de  catholiques  romains. 

Aucun  acte  du  parlement    n'empêche    les   papistes  de  recevoir  et  de  posséder  dea 

terres  en  Amérique  et  de  jouir  du  droit  de  propriété  au  même  degré  que  les  autres 
sujets.  Les  lois  d'exclusion,  particulièrement  les  décrets  11  et  12  Guil.  III  qui  se  rap- 
portent principalement  à  la  question,  ne  s'appliquent  qu'à  l'Angleterre,  au  pays  de  Galles 
et  à  Berwick. 

Une  loi  provinciale  empêche  les  sujets  britanniques  de  la  Nouvelle-Ecosse  de  trans- 
porter des  terres  aux  catholiques  romains,  même  lorsque  ceux-ci  sont  reconnus  comme 
sujets. 

Le  droit  de  la  couronne  (qui  en  vérité  ne  peut  être  lié  par  une  loi  provinciale,  si 
celle-ci  va  jusqu'à  frapper  des  sujets  d'incapacité  sans  la  permission  expresse  de  8a  Ma- 
jesté) est  sauf. 

Il  est  certain  que  la  Couronne  peut  faire  des  concessions  de  terres  aux  Acadiens, 
bien  qu'ils  soient  papistes  ;  mais  dans  le  cas  actuel  cette  prérogative  doit  être  accordée 
par  Sa  Majesté  sous  sa  signature,  et  ne  doit  pas  être  exercée  en  vertu  d'une  commission 
octroyée  au  gouvernement. 

Le  transport  de  terre  en  Amérique  à  d'autres  qu'à  des  sujets,  est  expressément 
défendu  par  les  décrets  7  et  8  Guil.  III  :  sans  l'autorisation  cie  Sa  Majesté  signifiée  par 
un  décret  du  Conseil. 

Nc  12.  Hillsborough  à  Franchira. 

Whitehall.  21  juin  1768. 

Monsieur, — J'ai  reçu  et  communiqué  au  roi  avec  les  pièces  adjointes  vos  lettres,  nM 
9,  10  et  11,  écrites  à  lord  Shelburne. 

Par  ma  lettre  du  26  février  dernier,  je  vous  ai  déjà  informé  des  sentiments  bienvei- 
llants de  Sa  Majesté  à  l'égard  de  ses  sujets  acadiens  qui  se  soumettent  au  gouvernement  de 
Sa  Majesté  et  donnent  des  preuves  sincères  de  leur  allégeance  et  de  leur  fidélité.  Je 
dois  ajouter  dans  la  présente  lettre,  que  Sa  Majesté  approuve  entièrement  les  mesures 
que  vous  avez  prises  à  l'égard  de  ceux  qui  ont  exprimé  le  désir  de  se  mettre  sous  la  pro- 
tection de  Sa  Majesté. 

Conformément  à  l'opinion  des  autorités  les  plus  compéten'es,  les  Statuts  de  la 
Grande  Bretagne  qui  excluent  les  papistes  du  privilège  d'acquérir  et  de  posséder  des  terres, 
soit  par  achat  ou  par  concession,  ne  s'appliquent  pas  aux  colonies.  Aussi,  considérant 
que  les  lois  ne  s'opposent  pas  à  la  concession  de  terres  aux  sujets  acadiens  et  que  la 
nécessité  et  l'urgence  de  ces  concessions  ne  peuvent  être  mises  en  doute,  il  semble  n'exis- 
ter aucun  empêchement  de  mettre  à  exécution  les  instructions  additionnelles  du  20 
juillet  1784,  et  c'est  le  plaisir  de  Sa  Majesté,  de  concéder  à  Ses  sujets  acadiens  qui  se 
conformeront  à  la  sommation  que  vous  leur  aviez  adressée  au  mois  de  novembre  dernier, 
des  terres  à  titre  de  propriétés  héréditaires  dans  la  Nouvelle-Ecosse,  dans  la  proportion 
et  aux  conditions  proposées  par  le  Conseil. 


fil   \  I    \l  in.ll     1)1  ■      l'    i  lui   \        ii/<     U(H  i    1/  /    •  / 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

N"     l.  /  '  Vr»  //./  //  //    i/     ////  il, 

i       M 

ORD,     I  .<•  D  courant  j'ai  eu  l'honneui  de  rec<  voii  ave<  l< 

|  de  v,.- 1 e  Soi {neurie     lei  uuméi o    | 

<  \  m  t  ■  m  m-  nui  1 1    .m  |    m    I  ru.  I  [o  i     M  i  ■      '  •     |  ,n    <|. 

ont  prête  le  serment  l'assurance  de    faveui    et   de  la   protection  d  que  l'inten 

bion  de  Sa  Majesté  de  le    dédommage!    de    avantages  duni    il     nui   .t.  |M  leur 

désobéissance      Je  croii  que  nous  ] von    compter  sui  leui  n 

plusieurs  district      il     piS  bent  tOU     le     |OUn  le    <  r  u  i<  •  n  t  «I  <!<•     que  les  rompt»-     n-n 

lujet  m"  seront  parvenus,  je  me  ferai  un  devoir  d<-  vou 

\     1."».  l'm ii>kl i n  n  Hillêborough, 

\<»i  \  i  1 1  i   Eîoo    i     Halifax,  20  juillet  1 7' 

MlLORD,  *  *  * 

<  'es  dëtachementa  de\  ronl  être  la  i  pendant  quelquea  am  erflu 
ire  remarquer  à  Votre  Seigneurie  que  la  population  de  toute  la  province  ne  compte 

que  quinze  mille  habitants  de  race  blanche,  y  compris  deux  mille  catholiques  romain 
que  les  établissements  sont  dispersés  sur  une  étendue  de  deux  cents  milles  carré       I 
pourquoi  noua  ne  pourrons  compter  Bur  le  prompt  secours  d'une  population  aussi  disp 
si  nous  en  a\  ons  besoin. 

Je  croie  en  même  temps  dc\  oir  demander  à  Vol  re  Seigneurie,  d'informer  Sa  Ma 
que  je  m'efforcerai  de  mettre  la  milice  sur  un  aussi  bon  pied  que  me  le  permettra  la 
situation  des  habitants  ;  que  j'ai  fait  tous  mes  efforts  pour  nous  attirer  les  saui 
évitant  <le  leur  donner  aucun  motif  de  se  plaindre,  et  que  je  continuerai  d'agir  ainsi  à 
leur  égard  :  et  que  je  me  suis  appliqué  à  convaincre  les  Acadiens  de  l'erreur  qu'ils  ont 
commise  jusqu'ici  en  restant  si  profondément  attachés  aux  intérêts  de  la  France.  Je  puis 
dire  que  j'ai  réussi  au  delà  de  mon  attente,  car  à  l'exception  de  quelques-uns,  ils  ont 
tous  prêté  le  serment  d'allégeance  au  roi,  serment  dont  la  portée  leur  a  été  clairement 
démontrée  et  ils  ont  tous  déclaré  qu'ils  prendraient  les  armes  avec  empressement  pour 
défendre  le  gouvernement  de  Sa  Majesté,  aussi  bien  contre  les  habitants  français  que 
contre  les  autres  ennemis  du  roi. 

Francklin  à  Hilhborough. 

Nouvelle-Ecosse,  Halifax,  20  juillet  1768. 

Milorp, — Par  ma  lettre  n°  13  que  j'ai  eu  l'honneur  d'écrire  à  Votre  Seigneurie,  je 
vous  ai  transmis  beaucoup  de  renseignements  au  sujet  des  sauvages  de  cette  province, 
mais  j'ai  omis  intentionnellement  de  vous  informer  que  lord  William  Campbell  étant 
persuadé  que  le  gouvernement  ne  pouvait  différer  plus  longtemps  de  remplir  la  promesse 
qui  leur  a  été  faite  de  leur  fournir  un  prêtre,  lorsque  la  paix  fut  conclue  avec  eux  la 
première  fois,  a  cru  devoir  écrire  au  général  Carleton,  gouverneur  de  Québec,  pour  lui  en 
demander  un.  Ce  dernier  a  eu  la  bonté  de  s'assurer  des  services  d'un  jeune  Canadien 
du  nom  de  Baillie  [Bailly],  expressément  ordonné  par  l'évêque  pour  cette  mission.  Il 
descend  d'une  famille  respectable  qui  possède  une  propriété  dans  cette  province.  Ce 
monsieur  qui  a  prêté  le  serment  d'allégeance  à  Sa  Majesté,  est  venu  à  la  rivière  St  Jean 
à  la  fin  de  l'automne  dernier  et  de  là  est  arrivé  dans  cette  ville  depuis  quelques  jours, 
pour  recevoir  les  instructions  relatives  à  sa  conduite  future. 

Depuis  son  arrivée,  j'ai  pris  tous  les  moyens  pour  connaître  ses  sentiments,  je  l'ai 
placé  sous  la  surveillance  du  révérend  M.  Breynton,  homme  très  perspicace  et  recteur 
de  cette  paroisse.  Nous  avons  constaté  qu'il  a  des  idées  libérales,  sans  le  moindre  esprit 
de  bigoterie  et  il  semble  bien  convaincu  qu'il  est  de  son  devoir  de  déployer  toutes  les 
qualités  d'un  bon  sujet.  Il  est  résolu  de  se  conformer  à  toutes  les  instructions  qui  lui 
seront  transmises  et  il  a  péremptoirement  refusé  les  secours  de  son  ministère  aux  quel- 
ques Acadiens  qui  ont  jusqu'ici  refusé  de  prêter  serment.     En  outre,  considérant  que  ce 

18— 50J 


284  ÂRCHH  /.>   CA  VADIENNE& 


5-6  EDOUARD  VU,  A.  \  905 


monsieur,  par  ces  rapporta  avec  les  sauvages  peut  rendre  de  grands  services  au  gouver- 
nement et  contribuer  a  nous  attirer  L'affection  des  Acadiens  qui  ont  promis  'le  devenir 
de  bons  sujets,  il  est  à  espérer  que  Sa  Majesté,  au  moment  ou  la  situation  en  Amérique 
est  loin  d'être  rassurante,  approuvera  ce  que  ie  gouvernement  vient  de  faire. 

En  vue  de  Dous  1»'  rendre  favorable  j'ai  cru  nécessaire  de  lui  promettre  =£50.  que  je 
me  propose  de  tirer  sur  la  somme  votée  par  le  parlement  pour  les  dépenses  imprévues  de 
cette  province,  et  en  outre,  une  magnifique  récompense  tous  les  ans,  si  le  gouvernement 
est  satisfait  de  sa  conduite.  L'abbé  Maillard  a  reçu  jusqu'à  sa  mort  £100  par  année 
pour  ses  services,  et  si  Votre  Seigneurie  consenl  à  accorder  ce  montant  à  M.  Baillie, 
cette  générosité  l'induira  à  se  dévouer  pour  le  gouvernement. 

C'est  l'intention  du  gouvernement  de  ne  le  laisser  accorder  les  secoui  n  minis- 

tère qu'aux  Acadiens  et  aux  sauvages  devenus  sujets  de  Sa  Majesté. 

J'ai  l'honneur  d'être  avec  le  plus  profond  respect,  de  Votre  Seigneurie  le  plus  hum- 
ble et  le  plus  obéissant  serviteur, 

MICHL.  FRANCKLIN. 
Au  très  honorable  comte  de  Hillsborough, 

l'un  des  principaux  secrétaires  d'Etat  de 
Sa  Majesté,  etc.,  etc. 

N°  25.  Campbell  à  Hillsborough. 

Halifax,  Nouvelle-Ecosse,   1er  octobre  17G8. 

MilorDj — J'ai  l'honneur  d'accuser  réception  de  votre  lettre  n°  12,  par  laquelle  vous 
m'avez  informé  des  dispositions  favorables  de  Sa  Majesté  à  l'égard  des  sujets  acadiens 
qui  se  sont  généreusement  soumis  à  leur  situation  et  en  ont  accepté  les  devoirs,  et  m'avez 
aussi  transmis  l'ordre  de  faire  une  enquête  sur  l'état  et  la  condition  de  la  ville  de 
Louisbourg,  et  des  endroits  environnants  et  de  présenter  un  rapport. 

Conformément  à  cette  instruction,   je   me   suis   occupé,   immédiatement  après  mon 
arrivée,  de  faire  une  enquête  aussi  complète  que  possible,  afin  de  fournir  tous  les  rei 
gnements  dont  il  est  fait  mention  dans  la  lettre  de  Votre  Seigneurie. 

J'ai  l'honneur  d'être  avec  le  plus  profond  respect,  de  Votre  Seigneurie,  le  plus  hum- 
ble et  le  plus  obéissant  serviteur, 

WILLIAM  CAMPBELL. 

N°  23.  Hillsborough  à  Campbell. 

Whitehall,   12  octobre  1768. 

Milord, — Depuis  la  lettre  que  j'ai  adressée  à  Votre  Seigneurie,  le  12  du  mois  der- 
nier, j'ai  reçu  du  lieutenant-gouverneur  Francklin  les  dépêches  n08  11  à  19. 

Entre  autres  sujets  dont  il  est  question  dans  ces  lettres,  je  suis  chargé  de  vous 
faire  parvenir  les  instructions  de  Sa  Majesté  à  l'égard  du  choix  de  M.  Baillie  qui  doit 
exercer  son  ministère  chez  les  sauvages,  et  du  besoin  de  conserver  un  magistrat  en  chef 
en  fonctions  à  Louisbourg,  car  d'après  M.  Francklin,  cette  protection  après  le  départ 
des  troupes  est  nécessaire  pour  prévenir  la  destruction  des  maisons  du  roi  ;  et  vous  dé- 
viiez de  temps  en  temps  transmettre  un  rapport  de  la  situation  de  cette  place  et 
observer  les  agissements  des  Français  de  St  Pierre  et  Miquelon. 

Je  suis  heureux  de  vous  informer  que  Sa  Majesté  approuve  la  nomination  de  l'abbé 
Baillie  et  la  continuation  des  services  d'un  magistrat  et  que  des  mesures  seront  prises  à 
l'égard  des  traitements  recommandés  par  M.  Francklin  à  ce  sujet. 

Sa  Majesté  croit  que  ces  établissements,  surtout  celui  de  Louisbourg,  seront  très 
utiles  et  je  dois  vous  informer  de  sa  part,  que  vous  devrez  "vous  assurer  des  aptitudes  et 
de  la  compétence  du  magistrat  nommé  pour  résider  à  cet  endroit,  et  lui  faire  savoir 
qu'il  devra  observer  attentivement  les  démarches  des  Français  de  St  Pierre  et  Miquelon, 
et  faire  à  ce  sujet  des  rapports  complets  qui  me  seront  transmis  pour  être  soumis  à  Sa 
Majesté.  Sa  Majesté  désire  que  ces  rapports  contiennent  les  renseignements  les  plus 
exacts  concernant  le  nombre  d'habitants  de  ces  îles,  le  nombre  de  leurs  vaisseaux,  l'état 


,,/  w  \ii», ii    lu  .     \<  \hii  \  ii/'    DOOi  '//  \  /                         888 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

.,,:  |  p.  oherie»,  et     urtoul  forment    au  traité  de   Pai  i 

L'érigei  de   tortifleationi   et  d'introduire  dan    ■•  plu    d<           •     M"1 

par  oe  traité.     Ces  rapport!  devront   autel   dou  informel     i  i 

nement  dei  marchand!  e   aux  ooloniei  de  S*  Ms  i  I  ju  qu  i  quel  i"""'  '  '  '  '  ,:" 

illicite,  s'il  a  lieu,  peut  affecter  le  commerce  et  le  manufacture   du  royaume 


N'  impbêll  à  HHUborough. 

\  1 1 1  \  i  i  m   i         i .   1 1  1 1 1 1    i     10  mai     l  H 

Milord,     J  ai  L'honneur  d'accuser  réception  de  la  lettre  o    23,  d<    S  otn 
du  12  octobre  dernier,  m'informent  que  8s  M  ail  approuva   la  nomination  de  M. 

Bailly  pour  exercer  Le  ministère  de  prêtre  parmi  le  auvage  el  la  continuation  des  w 
rioec  dun  magistrat  à  Louisbourg. 

Je  n'hésite  pas  à  assurer  Votre  Seigneurie  que  le  prêtre  no ié   pou  on 

ministère  parmi  les  Bauvages  aéra  en  po  ition,  par  aa  conduite  et  on  influenoe,  i 
torrespondre  aux  graoieuses  intentions  de  Sa  DdajeHté  en  faisant  disparaître  habilemei 
leurs  mauvaises  intentions  et.  en  les  instruisant  de  leurs devoii  tin. 

Quant  à  la  stricte  surveillance  des  îles  St  Pierre  et  Miquelon   que  le  ma 
Louisbourg  sera  tenu  d'exercer  et  <|ui  constituera   le  devoir  essentiel 

-  \ous  dire  que  cet te  surveillance  ue  peut  produire  les  résultats  que  nous  avons  en 
vue  concernant  les  renseignements  à  L'égard  des  habitants,  de  Leurs  pêcheri 
fortifications  de  ces  îles,  sans  laide  d'un  petit  vaisseau  nolisé  de  temps  en  ten 
effet  :  car  il  n'existe  à  proprement  parler  aucune  loi  régissant  Les  relations  commerciales 
entre  ces  îles  et  l'île  du  Cap  Breton,  et  le  magistrat  de  Louisbourg  se  trouverait  dans 
l'obligation  de  baser  ses  rapports  sur  les  informations  qu'il  obtiendrait  de  ceux  qui  font 
du  commerce  illicite  et  qui  sont  pour  la  plupart  des  ignorants,  étant  donné  que  cette 
contrebande  est  pratiquée  presque  exclusivement  par  des  Âcadiens  et  des  saui  >nt 

les  rapports  ne  peuvent  être  acceptés  comme  exacts. 

En  vue  d'éviter  de  faux  renseignements  et  de  nous  procurer  les  informations  néces- 
saires, j'ai  cru,  Miloid,  qu'il  était  urgent  de  noliser  une  petite  goélette  et  je  me  flatte 
maintenant  qu'en  confiant  cette  tâche  à  des  personnes  judicieusement  choisies  et  munies 
d'instructions  précises,  nous  obtiendrons  des  renseignements  tellement  utiles  qu'ils  com- 
penseront suffisamment  les  dépenses  encourues. 

Tous  les  navires  et  petits  vaisseaux  de  Sa  Majesté,  à  l'exception  d'un  vaisseau  de 
vingt  canons,  se  trouvant  actuellement  à  Boston  et  ne  devant  pas  revenir  prochai- 
nement, il  m'a  été  impossible  de  me  procurer  un  vaisseau  de  Sa  Majesté. 

J'espère  que  les  mesures  que  j'ai  cru  devoir  prendre  pour  répondre  aux  intentions 
de  Sa  Majesté  mériteront  Sa  gracieuse  approbation. 

J'ai  l'honneur  d'être  avec  le  plus  profond  respect,  de  Votre  Seigneurie 

le  plus  humble  et  le  plus  obéissant  serviteur, 

WILLIAM    CAMPBELL. 

No.  48.  Campbell  à  Hilhborough. 

Milord, — Par  ma  lettre  No  39,  du  20  mars,  j'ai  informé  Votre  Seigneurie  de  la 
nécessité  de  noliser  une  petite  goélette  afin  d'obtenir  des  renseignements  concernant  la 
situation  actuelle  des  Français  de  St  Pierre  et  Miquelon,  conformément  aux  instructions 
de  Sa  Majesté  que  vous  m'avez  transmises  par  votre  lettre  No  23,  du  12  octobre. 

J'ai  retenu  les  services  d'une  goélette  au  prix  de  trente  livres  par  mois,  monnaie 
courante,  prête  à  prendre  la  mer  à  la  prochaine  occasion,  afin  de  l'envoyer  aussitôt  que 
possible  aux  îls  St  Pierre  et  Miquelon  et  d'apprendre  si  les  sujets  canadiens  de  Sa 
Majesté  ou  ceux  de  cette  province  font  le  commerce  avec  les  habitants  de  ces  îles. 
J'ai  confié  cette  tâche,  à  M.  Woodmass,  citoyen  de  cette  ville  très  au  courant  des 
questions  commerciales,   et   qui  doué  d'un  jugument  sûr  et  d'un  grand  discernement 


286  ARCHH  /->  (   i  \  VDIE  \  VES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

fera  tous  ses  efforts  pour  suivre  à  la  Lettre  les  instructions  que  je  lui  ai  données.  Votre 
Seigneurie  trouvera  ci-incluse  une  copie  de  ces  instructions  et  j'espère  que  Sa  Majesté 
les  approuvera. 

J'ai  l'honneur  d'être  avec  le  plus  profond  respect,  de  Votre  Seigneurie,  le  plus 
humble  et  le  plus  obéissant  serviteur. 

WILLIAM  CAMPBELL 
Comte  de  Hillsborough. 

No.   29.  Hillsborough  à  Campbell. 

Wiiitehall,  7  juin  1769. 
Lord  William  Campbell. 

Milokd, — J'ai  reçu  et  transmis  à  Sa  Majesté  les  lettres  Nos.  39,  40,  41  et  42  de 
Votre  Seigneurie. 

Bien  que  Sa  Majesté  approuve  en  général  votre  zèle  à  remplir  les  instructions  que 
je  vous  ai  transmises  par  ma  lettre  No  23,  cependant  il  est  nécessaire  de  vous  faire 
remarquer  qu'en  examinant  attentivement  les  directions  contenues  dans  cette  lettre,  il 
ne  s'y  trouve  rien  qui  autorise  Votre  Seigneurie  de  noliser  un  vaisseau  aux  frais  du 
gouvernement  pour  obtenir  des  renseignements  concernant  la  situation  actuelle  des  îles 
St  Pierre  et  Miquelon,  et  je  ne  sais  co:ument  Votre  Seigneurie  pourra  se  faire  rembour 
ser  les  dépenses  déjà  encourues.  La  prudence  induira  sans  doute  Votre  Seigneurie  à 
mettre  fin  immédiatement  à  ce3  dépenses  en  abandonnant  à  l'officier  de  Louisbourg  le 
soin  de  recueillir  des  renseignements  en  observant  le  cours  régulier  des  événements. 

Je  suis  &e., 

HILLSBOROUGH. 

Lord   Wm.   Campbell  à  Hillsborough. 

Nouvelle-Ecosse,  Halifax,  5  juillet  1769. 

Milord, — Je  profite  du  départ  d'un  brigantin  pour  Whitehaven  pour  informer 
Votre  Seigneurie  que  le  vaisseau  que  j'avais  envoyé  à  St  Pierre  et  Miquelon  est  revenu 
hier  et  que  les  Français  n'ont  pas  érigé  de  fortifications  sur  ces  îles  et  qu'ils  n'y  ont  pas 
introduit  plus  de  troupes  que  le  nombre  stipulé  par  le  traité  de  Paris. 

Le  départ  immédiat  du  navire  ne  me  permet  pas  de  vous  transmettre  les  autres 
renseignements  que  j'ai  obtenus  concernant  le  commerce  et  la  situation  des  îles,  mais  je 
me  propose  d'en  préparer  immédiatement  un  rapport  que  je  vous  expédierai  à  la  prochaine 
occasion. 

Monsieur  Dangeac,  le  gouverneur  des  îles,  qui  réside  à  St  Pierre  à  dit  à  M. 
Woodmass  auquel  j'avais  confié  cette  mission,  qu'il  s'attendait  à  une  semblable  visite 
cette  année.  J'ai  l'honneur  d'être  avec  le  plus  profond  respect  de  Votre  Seigneurie,  le 
plus  humble  et  le  plus  obéissant  serviteur, 

WILLIAM  CAMPBELL. 

Lord  William  Campbell  à  Jos.  Woodmass. 

[17  mai  1769]. 

INSTRUCTIONS  À  SUIVRE  AU  SUJET  DES    RENSEIGNEMENTS    CONCERNANT    LES    ILES    ST    PIERRE 

ET    MIQUELON. 

1°  Le  nombre  de  maisons  et  d'habitants. 
2°  La  topographie  des  townships. 

3°  S'il  y  a  des  magasins  appartenant  au  roi,  quel  est  leur  contenu  .' 
4°  S'il  y  a  des  troupes,  quel  en  est  le  nombre,  et  à  quels  corps  appartiennent-elles  % 
5°  Si  des  travaux  de  fortification  ont  été  exécutés,  et  ceux  qui  doivent  l'être. 
6°  Le  nombre  de  vaisseaux  employés  pour  la  pêche  qui  appartiennent  à  ces  îles,  leur 
tonnage,  et  le  nombre  d'hommes  qui  les  montent. 


GENEALOGIE  Di       W ADIEU       iVEi    D0CUAIES1  Ml 

DOC.   DE  LA  SESSION   No   18 

7"  s'il  y  a  des  lauvages,  l'assurer  soigneusement  s  quelle    tribus  ils 

8°  s'il  y  i  <!<■.  <  lanaaieni  eu  <l<- 1  A-  iadi< m  ,  i  quel    ai  trict    sp]  irtiennenl  lli 

9°  Quelle  quantité  de  poisson  ohaque  lie  peut  fournir  annuellement  à  i  ISurope 

|ir    S'il  y  a  deH  mu  in-  -  «mi  de  -,  fn-gah-  .  «lu   roi,   Ictn      in  .m  -,   l.-ui    tonnage  <-t  !■ 
..minaudants,   ;i\«'<-   le   1 1<  *Mi  I  >l  <  -  ■  I  I  loliiliH  •  i  et    (!»•   canon  .,    6t0. 

il'    Le  nom  du  gouTerneur  «t   de  tous  lai  principaux  officiel     du 
ai  h  ri  que  bous  les  autree  renseignements  qui  pourraient  «  tr«  •  •  t  il*-  - 

WILLIAM    I   AMl'L.LLL 
A  Joseph  \Vo«m1im .i 

IVoodtnass  à  lord  M  illianx  Campoelli 
9  juillet  1769. 

Mii.oko,— Conformément  aui   instructions  que  j'ai  reçnee  de  Votn  teurie,  le 

on/»*  mai  dernier,  je  me  suis  rendu  aux  îles  Bt  Pierre  et  Miquelon  «t  je  roui  tran  met 
ci  inclus  les  renseignements  que  j'ai  pu  obtenir  et  mes  observation  concernant  ces  lies 
11  se  trouve  sur  l'île  Miquelon  cinquante  à  soixante  familles  <  1  «  *  i  »  t  la  plupart  lont  pai 

de  li  Nouvelle  Ecosse  et  quelques  unes  «lu  Oap  Breton. 

Pour  faire  la  péobe  <|ui  est  leur  unique  ressource,  elles  avaient,  cette  année,  cin 
Huante  ohaloupes  et  quatorze  goélettes.    Huit  de  ces  goélettes  ont  été  construites  lluvei 
dernier  dans  une  partie  de  l'île  appelée  Langley,  où  se  trouve  dit  on  du  b 
traction  pour  plusieurs  années.     Cependant  ce  bois  qui  n'est  pas  de  bonne  qualité  • 
une  grande  distance  de  l'endroit  où  demeurent  les  familles  :  en  outre,  la  mer  détruit 
tous  les  hivers  les  ohaffauds  sur  lesquels  on  fait  Bêcher  le  poisson  et  la  a  té  de  les 

reconstruire  tous  les  ans  est  un  grand  inconvénient  pour  ee  genre  de  pêche.    Il  \ 
année,  dix  chaffauds  dans  l'île. 

11  y  a,  cette   année,  à  Miquelon,  un  vaisseau  de  Bayonne,  de  300  tonneaux  et 
des  ohaloupes  qui  font  la  pèche  appartiennent  à  ce  vaisseau.     C'est  le  seul  gros  vai^ 
de  France  qui  se  trouve  à  Miquelon  actuellement,    mais  deux  autres  sont   partis  de  cet 
endroit  le  printemps  dernier,  avec  un  chargement  de  poisson  frais  pour  Dieppe. 

On  m'a  informé  que  la  quantité  de  poisson  séché  exportée  de  cette  île  les  années 
dernières  a  été  de  sept  à  huit  mille  quintaux  par  année,  mais  cette  année,  avec  huit 
goélettes  de  plus,  on  croit  pouvoir  exporter  douze  mille  quintaux. 

On  se  sert  en  général  pour  construire  les  maisons  de  petits  pieux  de  sapin  que  l'on 
recouvre  de  planches  et  de  bardeaux  importés  de  la  Nouvelle-Angleterre.  Avant  mon 
arrivée,  on  déchargeait  une  goélette  venue  de  cet  endroit  qui  avait  été  vendue  avec  son 
chargement  de  planches  et  de  bardeaux,  mais  le  capitaine  et  l'équipage  de  cette  goélette 
avaient  trouvé  le  moyen  de  disparaître. 

Les  magasins  sont  tous  petits  et  construits  avec  des  pieux  comme  les  maisons,  sur 
la  partie  rocheu-e  de  la  baie.  Un  seul  marchand  français  s'occupe  sérieusement  de  faire 
du  commerce  ;  cependant,  lors  de  ma  visite  il  n'avait  ni  marchandises,  ni  provisions. 
Le  prix  des  vivres  était  de  trente  francs  le  quintal  pour  le  biscuit  de  mer  et  de  vingt- 
sept  francs  et  demi  pour  chaque  cent  livres  de  farine. 

Les  produits  des  Indes  Occidentales  se  vendent  à  un  prix  beaucoup  plus  élevé  que 
dans  toute  autre  partie  des  colonies  anglaises.  Le  sucre  ordinaire  qui  ne  vaut  guère 
mieux  que  la  mêlasse,  se  vend  7d  la  livre,  le  café,  ls  6d  la  livre,  et  le  rhum,  trois 
shillings  et  six  pence  le  gallon. 

Il  n'y  a  pas  d'animaux  de  boucherie  ;  je  n'y  ai  vu  que  quelques  vaches  maigres, 
quelques  brebis  et  quelques  agneaux  qui  mouraient  de  faim  et  qui  avaient  été  amenés  de 
France,  m'a-t-on  dit,  car  ils  n'ont  jamais  reçu  ni  bétail  ni  provisions  des  autres  parties 
de  l'Amérique. 

Dans  l'île  Miquelon,  se  trouvent  une  maison  pour  l'officier  commandant  en  second, 
une  petite  caserne  pour  une  quinzaine  de  soldats  (qui  forment  la  garnison  de  cette  place) 
et  un  magasin  de  provisions  pour  cette  garnison  :  mais  je  n'ai  constaté  aucun  indice  de 
fortification  ni  de  magasins  militaires. 

J'ai  rencontré  un  grand  nombre  d'Acadiens  que  j'ai  connus  à  Halifax  et  j'ai  eu 
l'occasion  de  les  questionner  au  sujet  de  leur  situation.     En  général,   ils  m'ont   déclaré 


288  ARC  HJ\  /:>  CANADIEN  \i> 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

qu'ils  étaient  allés  en  France  demander  protection,  mais  que,  par  ordre  du  roi,  ils  avaient 
été  envoyés  dans  ces  U68  à  cause  de   leur  expérience  avec  le  genre  de  vie  qu'on  y  mène. 

Que  pour  tout  encouragement,  ils  avaient  reçu  une  ration  de  pain  durant  les  trois 
première*  années,  mais  que  privés  de  ce  secours  présentement,  ils  avaient  beaucoup  de 
peine  à  vivre  à  cause  de  la  cherté  des  vivres,  etc. 

Un  grand  nombre  de  ces  gens  me  demandèrent  de  leur  délivrer  des  passeports  pour 
retourner  à  la  Nouvelle-Ecosse,  et,  sur  mon  refus,  il  me  déclarèrent  qu'ils  étaient  déter- 
minés de  s'y  rendre  à  tout  hasard,  a  la  fin  de  l'année. 

Quant  aux  relations  commerciales  qu'ils  ont  eues  avec  les  habitants  des  côtes  de  la 
Nouvelle-Ecosse,  j'ai  appris  que  deux  chaloupes  s'étaient  rendues  à  l'île  Madame,  au 
mois  d'octobre  dernier,  que  l'une  y  avait  transporté  de  la  toile  à  voile  qu'elle  avait 
échangée  contre  un  petit  vaisseau,  avec  un  Acadien  qui  demeure  à  cet  endroit  et  que 
l'autre  y  avait  transporté  un  baril  de  rhum  qu'elle  avait  vendu.  On  m'a  informé  aussi 
qu'une  chaloupe  chargée  de  blé  d'Inde,  de  raves  et  de  patates  était  partie  de  la  Nouvelle- 
Ecosse  pour  se  rendre  à  ces  îles,  mais  qu'elle  avait  fait  naufrage  et  s'était  perdue  dans 
la  baie  St  Pierre. 

St  Pierre  étant  le  principal  endroit,  c'est  la  que  demeure  le  gouverneur  Dangeac 
avec  deux  officieurs  et  trente  hommes  sous  ses  ordres,  quand  les  cadres  sont  remplis  ; 
actuellement  ce  nombre  n'est  pas  complet,  car  le  gouverneur  m'a  dit  qu'il  avait  perdu 
sept  ou  huit  hommes  durant  l'hiver  dernier. 

Un  commissaire  et  son  substitut  sont  chargés  du  soin  des  provisions. 

Il  y  a  un  contrôleur  des  comptes  du  commissaire,  un  chirurgien  et  son  assistant  à 
St  Pierre  et  un  chirurgien  à  Miquelon. 

Il  y  a  un  prêtre  pour  chaque  île. 

Je  n'y  ai  vu  ni  magasins  militaires  ni  artillerie,  excepté  six  canons  de  trois  livres 
placés  dons  un  endroit  élevé  de  la  baie  et  montés  sur  des  pièces  de  bois  ;  leurs  affûts 
sont  à  une  certaine  distance,  près  des  magasins.  Cependant,  à  l'endroit  où  ils  se  trou- 
vent, ces  canons  commandent  l'entrée  du  port  et  j'en  fis  la  remarque  à  M.  Dangeac  qui 
m'assura  qu'ils  ne  devaient  servir  qu'à  donner  l'alarme  par  les  temps  brumeux  et  que 
pour  empêcher  de  croire  qu'il  avait  l'intention  de  les  employer  pour  une  autre  fin,  il 
n'avait  pas  voulu  les  faire  monter  sur  leurs  affûts. 

On  n'y  trouve  ni  fortifications  ni  indication  qu'on  ait  l'intention  d'en  ériger. 

Le  mouillage  dans  le  port  de  St  Pierre  est  beaucoup  plus  sûr  qu'à  Miquelon  ; 
aussi  la  plupart  des  vaisseaux  qui  viennent  de  France  jettent  l'ancre  à  St  Pierre  et  le 
commerce  se  fait  surtout  à  cet  endroit  ;  car  à  Miquelon  il  consiste  exclusivement  dans 
les  produits  de  pêche. 

On  trouve  actuellement  dans  le  port,  quarante  goélettes  dont  six  ont  été  construites 
durant  l'hiver  dernier  à  cet  endroit  de  Miquelon  appelé  Langley,  et  quatre-vingts 
bateaux  pouvant  porter  304  hommes  chacun  qui  appartiennent  presque  tous  aux  vais- 
seaux marchands  qui  viennent  tous  les  ans  de  Bayonne,  de  la  Rochelle  et  de  Bordeaux 
(il  n'est  venu  aucun  vaisseau  de  Bordeaux  cette  année.)  Un  grand  nombre  de  person- 
nes retournent  en  France  chaque  automne,  de  sorte  qu'il  y  a  moins  de  monde  qu'à  Mique- 
lon durant  l'hiver. 

On  compte  cette  année  vingt  chaffauds  dans  le  port  pour  l'utilité  des  bateaux  de 
pêche  ;  ces  constructions  sont  exposées  aux  mêmes  accidents  que  celles  de  Miquelon 
durant  l'hiver,  avec  cette  différence  qu'il  faut  aller  chercher  à  une  distance  beaucoup 
plus  grande  le  bois  nécessaire  à  leur  construction. 

La  plupart  des  gens  qui  demeurent  à  cet  endroit  étaient  autrefois  de  Louisbourg. 

Tous  les  vaisseaux  de  France  viennent  mouiller  dans  le  port  de  St  Pierre  et  pour 
cette  raison  toutes  les  marchandises  qu'il  y  a  à  vendre  sont  emmagasinées  à  cet  endroit. 
En  conséquence,  j'ai  visité  tous  les  magasins  et  dans  les  plus  considérables  même  je  n'ai 
trouvé  des  marchandises  qu'en  petite  quantité  et  de  qualité  inférieure  ;  et  elles  se 
vendent  tellement  cher  qu'il  serait  impossible  de  les  écouler  dans  les  colonies  anglaises. 

Il  n'y  a  que  le  vin  qui  pourrait  servir  à  un  commerce  illicite,  mais  j'ai  constaté  qu'il 
n  y  avait  pas  un  seul  tonneau  de  bon  vin  dans  la  place  et  que  le  peu  qui  s'y  trouvait 
était  un  vin  français  de  mauvaise  qualité  et  de  peu  de  valeur. 


QEN1   1/  OQJE  DJ        U    i/'//  \       il/'    /"><  1  i//  zW 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Le  principal  marchand  de  i  endroit  m  a  appi  il  qu  il  y 
été  obligé  de  renvoyer  en  PYanoe  uue  quantité    cou  idérube  <l«    n 
qui  n'avaient  pas  le    qualité    rcquine    pour  le  commerce  qu'il    e  proponait   di 
les  colonies  anglaise  ,  comme  au   temp    où    Louisbourg  appa  I  J  ai 

trouvé  ioi   < l«*u \    raisseaui  de  l'Ile  Si  Dominique,   chargé    de 
dentale 

L'entretien  que  j'ai  eu  avec   les  capitaine     m'a  donné   la  bude  que  1<   pi 

leurs  marchandises  était    tr.     élevé  et,  que  oeux-ci   ne  prenaient  ps    plu    d<  mille 

quintaux  de  poisson  de  rebut    pai    année  pour  le     [ndei  Occid<  poui  lequel  ils 

m'ont  dif  payei  !«•  prix  élevé  de  16    par  quintal. 

Les  maisons  sont  très  petites  et  construites  de  ta  même  manière  qu'à  Mi 
l'exception  de  celles  du  gouverneur  et   ^es  autres  officier*  ainsi  que  le    nrmga  iris  pour 
lesquels  on  s'est    servi  <!»•  charpente  comme    »   la    Nouvelle  Eco  elle 

Angleterre. 

J'ai  rencontré  dans  le  port  !<•  capitaine  d'un    >n    eau  «!«•  la  Nouvelle  A  r , 
avec  son  équipage.     11  m'a  informé  qu'il  avait  vendu    on  vaisseau  avec     >n  chargement 
depuis  ilcu\  mois  et  qu'il  attendait   encore  une  occasion   pour  s'en   retourne!  ds 
pays.     Quant  au  commerce  avec  <■»•!  endroit,   je   ne   puis  découvrir  qu'il    «  fs 
ment  que  par  les  vaisseaux   de  la    Nouvelle- Angleterre  qui  y   transportent    du   bc 
construction.     A  ce  sujet    M.  Dangeac  m'a  déolaré  qu  il  serait    heureux  de  leui 
prohiber  l'entrée  «tes  tlea  parce  que  ops   vaisseaux   n'y  apportent  ni  pain  ni  farine  ni 
autres  provisions  qui  seraient  plus  utiles  que  du  lois  de  construction. 

Le  prix  du  poisson   est    de   vingt    livres  par  quintal   et   on  ma  a  sure  que  tout  le 
poisson,  est  envoyé  directement  en  France  ou  le  prix  est  plus  élevé  qu'en  Espagne  e 
Portugal. 

La  quantité  de  poisson  exporté  annuellement  des  deux  des  est  Ole  quarante  mille 
quintaux,  mais  cette  année,  on  s'attend  à  exporter  cinquante  mille  quintaux.  Ce  chifire 
indique  Je  commerce  total  de  ces  îles.  Et  pour  le  maintenir  il  en  coûte  de-  sommes 
considérables  au  gouvernement  qui  non  seulement  entretient  des  officiers  à  ces  endroits 
mais  se  trouve  dans  l'obligation,  durant  l'hiver,  de  fournir  du  pain  aux  habitante  a  un 
prix  moins  élevé  qu'il  ne  cjûte  et  de  dépenser  de  cette  manière  des  montants  considé- 
rables. 

Bien  que  les  Français  de  ces  îles  n'aient  pas  beaucoup  de  relations  commerciales 
avec  notre  province,  néanmoins  en  poursuivant  mon  voyage,  j'ai  visité  tous  les  ports,  et, 
près  de  Canso  où  se  trouvent  un  grand  nombre  d'Acadiens,  j'ai  constaté  que  presque 
tous  portaient  des  vêtements  confectionnés  avec  des  marchandises  françaises,  et  les 
renseignements  qui  m'ont  été  fournis  m'ont  appris  que  ces  vêtements  provenaient  de 
l'île  de  Jersey  et  avaient  été  apportés  par  des  gens  venus  de  cet  endroit  pour  faire  la 
pêche.  Ces  vêtements  consistaient  en  vestons  de  laine  et  ces  articles  sont  faciles  à 
distinguer  de  ceux  provenant  des  manufactures  anglaises.  Et  comme  leur  introduction 
à  cet  endroit  est  de  nature  à  léser  le  commerce  de  la  Grande-Bretagne  je  crois  humble- 
ment devoir  en  informer  Votre  Seigneurie. 

JAS.  WOODMASS 
Halifax,  9  juillet  1769. 

N°  49.  Lord  Wm.  Cahipbell  à  Hillsborough. 

Halifax,  7  août  1769. 

Milord, — J'ai  appris  à  Votre  Seigneurie,  par  ma  lettre  du  5  juin,  que  j'avais  nolisé 
une  petite  goélette  le  1er  avril  et  que  j'avais  engagé  M.  Woodmass  pour  se  rendre  immé- 
diatement, sur  ce  vaisseau,  aux  îles  St  Pierre  et  Miquelon.  Il  s'est  acquitté  de  cette 
tâche  avec  beaucoup  de  diligence  et  de  discernement,  comme  vous  le  constaterez  par  son 
rapport  du  9  juillet  1769  que  j'ai  l'honneur  de  vous  inclure  dans  cette  lettre  et  qui 
méritera,  je  l'espère,  l'approbation  de  Sa  Majesté. 

Je  continuerai,  milord,  à  surveiller  attentivement  ces  îles  et  je  m'occuperai  sérieu- 
sement des  Acadiens   mentionnés  au   13ème   paragraphe  du  rapport  de  M.  Woodmass 


290  \i:<  H  i\  /.>  <   i  \  M  m.  \  \  /  6 

5-6  EDOUARD  VII.  A.   1906 

qui  sont  désireui  (i«-  quitter  ces  îles  et  de  revenir  dans  cette  province.  La  grande  bonté 
cl<»nt  Sa  Majesté  a  fait  preuve  envers  les  Acadiens  et  les  sauyages  BU    leur   donnant   M. 

lïailly  pour  directeur  spirituel  a  déjà  produit  les  meilleur!  effets,  et  ce  prêtre,  par  l'exer- 
cice de  son  ministère,  vtk  contribuer  pui>-a  m  ment  à  faire  de  ces  gens  des  sujets  loyaux 
de  Sa  Majesté.  ïl  n'y  a  pas  que  la  persuasion  et  Le  temps,  milord,  capables  de  déraci- 
ner les  préjugés  dont  ils  sont  imbus  par  suite  de  leur  éducation. 

Les  dépenses  occasionnées  par  le  voyage  de  M.  Woodmass,  y  compris  le  nolisement 
de  la  goélette,  etc.,  s'élèvent  à  cent  livres  sterling  ;  j'espère  que  Votre  Seigneurie  trouvera 
<c  montant  tics  raisonnable  et  qu'Ëlle  me  donnera  l'autorisation  de  le  réclamer  de  M. 
Cumberland,  agent  de  la  province.  Votre  Seigneurie  aura  la  bonté  de  fixer  le  montant 
que  je  devrai  payer  à  M.  Woodmass  pour  s'être  acquitté  de  sa  mission  avec  autant  de 
su<  '<  Bfl  de  diligence. 

J'ai  l'honneur  d'être  avec  le  plus  profond  respect,  de  Votre  Seigneurie,  le  plus 
humble  et  le  plus  obéissant  serviteur, 

WILLIAM  CAMPBELL. 
'     inte  de  Hillsborough. 

N°  33.  Hillsborowjh  à  Campbell. 

Whitehall,  9  décembre  17' 

MlLORD, — Par  ma  lettre  du  4  novembre  je  me  suis  exprimé  entièrement  au  s 
de  votre  détermination  d'envoyer  M.  Woodmass,  sur  une  goélette,  à  St  Pierre  et 
Miquelon  pour  y  recueillir  des  renseignements,  aussi  je  n'ai  qu'à  vous  informer  que  j'ai 
reçu  votre  lettre  n°  49  relative  à  ce  sujet  et  votre  lettre  n°  50  contenant  les  lois  adoptées 
à  la  dernière  session  de  l'Assemblée  et  les  journaux  du  Conseil  et  de  la  Chambre  ;  le 
dernier  de  ces  journaux  et  ses  pièces  adjointes  ont  été,  par  ordre  de  Sa  Majesté,  transmis 
au  Conseil  du  Commerce. 

Je  suis,  etc., 

HILLSBOROUGH. 
Lord  William  Campbell. 

N°  56.  Lord  William  Campbell  à  Hillsborough, 

Nouvelle-Ecosse,  Halifax,  12  janvier  1770. 

Milord, — J'ai  l'honneur  d'accuser  réception  de  la  lettre  n°  32  de  Votre  Seigneurie, 
par  laquelle  je  suis  informé  entre  autres  choses  que  vous  avez  reçu  mes  lettres  jusqu'au 
n°  50  inclusivement. 

Je  suis  peiné  d'avoir  si  mal  compris  les  instructions  de  Votre  Seigneurie  concer- 
nant des  renseignements  à  obtenir  de  St  Pierre  et  Miquelon.  Permettez-moi  d'assu- 
rer Votre  Seigneurie  que  si  la  surveillance  de  ces  îles  n'eût  pas  été  une  question  d'inté- 
rêt national,  que  s'il  eût  été  possible  d'obtenir  ces  renseignements  par  d'autres  moyens 
et  que  si  je  n'eus  pas  considéré  que  cette  somme  peu  considérable  après  tout,  pouvait 
être  facilement  prise  sur  le  montant  accordé  annuellement  par  le  parlement  pour  les 
dépenses  imprévues  de  la  province,  je  n'aurais  ni  pris  cette  mesure  ni  encouru  cette 
dépense.  *  *  * 

No.  70.  Lord  William  Campbell  à  Hillsborouyh. 

Nouvelle-Ecosse,  Halifax,  22  décembre  1770. 

Milokd, — On  m'a  proposé  dernièrement  d'établir  en  permanence  dans  un  endroit 
propice,  à  proximité  de  cette  ville  un  nombre  considérable  de  sauvages.  C'est  un  projet 
dont  il  est  question  depuis  longtemps  et  dont  on  a  souvent  désiré  la  réalisation,  mais  lé 
manque  de  ressources  en  a  empêché  jusqu'ici  l'exécution.  Aujourd'hui,  M.  Bailly, 
missionnaire  de  ces  sauvages,  non  seulement  en  presse  la  réalisation,  mais  pour  les 
meilleures  raisons  se  sert  de  son  influence  auprès  des  principaux  et  se  propose  d'établir 
sa  résidence  au  milieu  de  cet  établissement. 


i.i  \i  m  OOIi    DBi     U   10/1  \       W'Ei    OOi  I  Ul  ^'4i 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

I  'ru-  f.»i     i  ,is  ,.muI»|.  niMiilili-   <m,  :  . •  iii«*n t     j 

IOn  I"-  i    ••"       '"     ■  ^  ilonl,    <-t    il      •  i  i    ii    ■.■ 

i  ,    lit-     fin      *  1 1  j  ils    |...iii  rnii 

lujet     utile     el    pacifique       La 

pi»     des  iiviuii  qu'il  y  a  u   retire]    de    emblabli 

ipprouve  ce  projet,  je  ferai  tou    me    eflfurl    poui  le  taire  adopta»  ■■' 
m  ion. 

ne  rendrais  pas  juiticr    .    M     [iuilly  bi   j'oubliai     «!'•  ■■•  qu«-  ••••-t  un  hoiniip- 

empt  de  bigot  i  l'espril  libéral,     l'om  pi  !«•    ■■    m«-n»ee,jed< 

m. -ni  i.,n  «j.  ■•>.••>  i-iioi  |ioui    'i'i.Miu'i    lr    [»i  f-  que  lee  ] 

f i .iii  ûenl  lititil'-iiK-ii'    < m-     puni  'fH  i-\  N-h  <<>n\  qu  il 

est  de  leur  devoir  d'ob  ouvernement  bien  qu 

la  même  religion  qu  eux.      Il  a  ult.n  p«-nd.mt.   l« 

la  rivière  St-Jean  et  il  l  dû  revenir  dans  cette  allée    il  reçoit  actuellei 
que  requiert  ion  étal     Cel    ne  l'empêche  dm  cependant  m  mini  I   • 

inili<u  des  siiuv.i  il.-  Iimii  ;ij»jii»-ndre  h  |'ii«*r  pour  le  roi  •  '  potxi  le  bonheui  du 

■m  de  Sa    Majesté.     En  lenoe,   permettes-moi  de  qu'il  m 

toute         Paveurs  que    Vol  >ira  à  propos  d'accord**!   à  un  liomn  • 

dévoué. 

J'ai  l'honneur  d'ôl  c   le  plus   profond   n  gneurie,   le  plus 

hun  !••  plus  <>i"  it  aanl     m  iteur, 

William  CAMPBELL. 

s  honorable  comte  Hillsborough,  l'un  des  princip  3     ,; 

HUUborough  à  CampbeU, 

W'hii  bhall,  1  I  mai  1771. 

Milord, —  L'opportunité  et  L'utilité  de  formel'  un  établissement  permanent  pour   • 
sau\  :.  ma   un  endroit  à  proximité  de  la  ville  d'Halifax,  ne  peuvent  être  mise 

doute.     C'est  pourquoi,  j'engage  Votre  Seigneurie   à  pousser   le   projet  et  a  le  mettre  a 
exécution  sans  obérer   les   finances  de  la  province.     Je  serai  heureux  de  profiter  de  la 
première  occasion  pour  encourager  l'augmentation  des  émoluments  de  M.  Bailly  et  de 
faire  tout  ce  qui  est  en  mon  pouvoir  pour  l'aider  à  remplir  La  tâche  louable  qui  lui  a 
Bée. 

J'ai  l'honneur  d'être, 

HILLSBOROUGH. 

Campbell  au  comte  Hillsborough. 

Nouvelle-Ecosse,  Halifax,   29  août  1771. 

Ml  LORD, — Sachant  que  Votre  Seigneurie  approuve  entièrement  le  projet  de  former 
un  établissement  pour  les  sauvages,  je  prendrai  les  mesures  pour  le  mettre  à  exécution 
dès  que  M.  Bailly  sera  de  retour  d'un  voyage  qu'il  a  entrepris  de  faire  à  travers  la  pro- 
vince. 

n  qu'il  soit  probable  que  cette  entreprise  sera  menée  à  bonne  fin,  sans  encourir 
de  dépense,  cependant  si  des  circonstances  imprévues  nous  obligeaient  de  débourser  uu^ 
certaine  somme,  une  somme  raisonnable,  ne  dépassant  pas  £100  et  qui  sera  judicieuse- 
ment employée  à  la  réalisation  de  ce  projet,  j'espère  que  Votre  Seigneurie  ne  voudrait 
pas  pour  une  semblable  considération  renoncer  à  une  entreprise  qui  peut  avoir  d'excel- 
lents résuit 

J'ai  l'honneur  d'être, 


WILLIAM  CAMPBELL. 


Au  très  honorable  comte  Hillsborough. 


292  ARCHn  />   CAX  IDIE  S  VE8    , 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
N°  i  Francklin  à   UUlshurough. 

NOUVBLLE-ECOSSB,    Halifax,    26  juin    1772. 

Milord,— Il  est  de  mon  devoir  d'informer  Votre  Seigneurie  que  les  vacances  qui  se 

sont  produites  dan-  le  Conseil  par  la  maladie  et  l'absence  de  quelques-uns  des  membres, 
rendent  très  difficile  l'administration  des  affaires  publiques  surtout  celles  qui  requ ièrent 
une  assemblée  générale  à  laquelle  il  faut  la  présence  de  cinq  membres  pour  former  un 
quorum.  Il  n'y  a  que  six  membres  du  Conseil  en  ville  actuellement,  y  compris  M.  Green 
et  l'on  craint  que  ce  dernier  ne  soit  plus  jamais  capable  de  prendre  part  aux  délibéra- 
tions. Trois  autres  membres  sonl  âgés  «le  plus  de  soixante  ans  et  infirmes  \  eu  sorte 
que,  si  un  seul  membre  tombait  malade,  non-  serions  dans  l'impossibilité  de  convoquer 
une  assemblée  générale  du  Conseil.  Je  dois  donc  prier  Votre  Seigneurie  de  faire  con- 
naître au  roi  la  nécessité  pressante  de  remplir  les  vacances  causées  par  le  décès  de  M. 
Collier  et  le  départ  de  M.  Gorham  pour  Plaisance,  Terre-Neuve,  où  il  est  allé  remplir 
depuis  longtemps  déjà  la  charge  de  lieutenant-gouverneur  ce  qui  l'oblige  de  résider  à  cet 
endroit 

J'ai  l'honneur  d'être, 

*■  *  *  *  * 

N°  90  Lord  Campbell  au  comte  Hillsborough. 

Nouvelle-Ecosse,  Halifax,   l'r  octobre  1 7 7 _ . 

Ml  LORD, — Je  suis  informé  par  les  marchands  de  cette  ville  que  depuis  plus  de  deux 
ans,  il  se  fait  un  commerce  illicite  dans  plusieurs  ports  des  côtes  du  nord-est  de  cette 
province,  notamment  depuis  Canceau  jusqu'à  la  baie  des  Chaleurs  où  les  pêcheurs  achètent 
des  marchandises  de  contrebande.  Je  crois  humblement  que  des  goélettes  armées  qui 
stationneraient  à  ces  endroits  mettraient  fin  à  cet  état  de  chose,  sans  compter  que  leur 
présence  serait  une  protection  et  un  encouragement  pour  la  pêche  qui  est  très  considé- 
rable dans  ces  parages. 

J'ai  cru  qu'il  était  de  mon  devoir  d'informer  Votre  Seigneurie  de  ces  faits,  afin 
.qu'elle  prenne  les  mesures  qui  lui  paraîtront  propres  à  enrayer  ce  genre  de  commerce. 

J'ai  l'espoir  de  pouvoir  bientôt  faire  connaître  à  Votre  Seigneurie  la  quantité  de  pois- 
son pris  et  séché  dans  ces  endroits,  quantité  si  considérable  que  la  pêche  qui  s'y  fait  ne 
doit  pas  rapporter  beaucoup  moins  qu'à  Terre-Neuve. 

J'ai  l'honneur  d'être, 

WILLIAM  CAMPBELL. 

Au  très-honorable 

comte  Hillsborough, 

l'un  des  principaux  secrétaires  d'Etat  de  Sa  Majesté. 

Le  comte  de  Dartmouth  à  lord  William  Campbell. 
Xord  William  Campell. 
(N°   2) 

Milord, — J'ai  été  heureux  de  recevoir  la  lettre  n°  89  de  Votre  Seigneurie,  en  date 
du  22  septembre  *  *  *  *  *  * 

Je  suis  peiné  d'apprendre  que  l'établissement  d'une  importante  pêcherie  sur  les  côtes 
du  nord-est  de  la  Nouvelle-Ecosse  a  donné  lieu  à  du  commerce  de  contrebande.  Il  sera 
dimeile  de  prendre  des  mesures  pour  y  mettre  fin  avant  d'avoir  obtenu  des  renseigne- 
ments exacts  à  ce  sujet.  Je  dois  admettre  cependant  que  cette  question  mérite  notre 
attention  et  je  serai  heureux  de  recevoir  de  Votre  Seigneurie  des  renseignements  supplé- 
mentaires indiquant  quels  sont  les  articles  introduits  en  contrebande  et  de  quelle  manière 
on  opère. 

Je  suis,  etc. 

DARTMOUTH, 


0B!N1   1/  OOIi    l'i       ICA  "ii  ii/'    D0(  i  Mi   i 

DOC.   DE   LA  SESSION  No 

Lord    II  illiam   Campbell  ""    c&niU    Dartmouth 

\oi   \  i  il  i     I  K,     I  I  \  m 

Ce  dooumenl  m(  le  Diéme  que  eelui  du  il  1772J 

Vil  LORD,  J'ai  l'honneur  d'accuser  réception  de  la  lettre  n 
I  t.i  i-  laquelle  vous  me  demandez  de  ron  ei^nement  au  ujet  de 
(lr  marohandi  e    introduite!  en  contn  bande,  iui  •  du  noi 

1 1  pon  e,  j  ai  i  bonneui  d  Informel    Vol  n  e  que 

mente  que  j'ai  pu  obtenir,  oe  oommi  entre  l<     I  »  'i111  h.-ibiti  ■ 

Pierre  si  Miquelon  et  le  population  de  If  cote  m"1    '•|,,",1  ■'    (  '■■iM^-au  p. 
Chaleurs.     Les  sujets  de  8î  Maje  I    qui   forment    cette  population 

m    n  .   ;      A  iip  il-  .1  m    e(  'i'     Européens  auxquel    l<     I  i  I  Piem   et  M 

fournissent  du  vin,  de  l'eau  de  vie  et   d'i  itre    produ 
reçoivent  en  échange  dea  fourrures  et  des  pell<  Je  doi    informel   \  oti 

quà  l'époque  "n  j'ecrivaii  à  lord  Elillsborough  pour  le  mettre  su  courant  de  ce  commei 
illicite,  je  faisais  le  même   rapport  au  comte  Sandwich  qui  m'a  donné  l'a    urao 
rement  que  l'amiral  Montage  recevrait  l'ordre  de  faire    itationnei  un 
endroits  pour  enraj  lommeroe  illic  * 

/,<  7  •    à    Da  rtmoiith. 

H  mu  w,  2  1   mai    1  77  1. 

Milord,     Les  dernières  instructions  concernant  les  ventes  de  terre  dan 
vince,  n'indiquent  pas'  que  les  concessions  de  tem    ne  doivent 
sonnes  appartenant  à   telle  ou  telle  religion.     Les  premiers  gouvei 
faire  des  cencessions  de  terre  aux  catholiques  romains  en  général  ;  la  permission  de  o 
céder  aux  Acadiens  nés  de  parents  fidèles  à  la  Couronne  et  qui  avaient  fait  leur  sou  m 

aion  en  prêtant  le  Berment  d'allégeance,  ne  fut  dbnn [u'au  dernier  gouverneur.    Au 

je  ne  Buis  pas  certain  si  c'est  l'intention  de  Sa  Majesté  d'exclure  les  catholiques  romains 
du  privilège  d'acheter  «les  terres  et  je  prie  Vb1      9    gneqrie  de  Boumetl  ion 

à  la  considération  de  Sa   Majesté  afin  qu'Elle  me  transmette  les   instructions  qu'£ 
croira  nécessaires  en  cette  occurrence.     Je  crois  devoir  informer  Voti  neurie  q 

par  les  l«>is  de  cette  province  les  papist.es  sont  exclus  de  l'acquisition  de  terres  ou  de  pro- 
priétés soit  par  acte,  par  testament,   excepté  ceux  qui  ont  reçu  de-  —ions  de 
directement  de  la  couronne.                       * 

Rapport   concernant   Vétai  et   Jes  conditions   d'-   la  province  de  la  Nouvelle-Ei 

Maj'"sf':  en  17?  \. 
13  et  14.  Habitants. 

Le  nombre  d'habitants,  d'après  les  derniers  calculs,  serait  d'environ  17,000  sans 
compter  les  Acadiens  français  qui  forment  une  population  de  1,300.  On  fait  actuelle- 
ment le  dénombrement  exact  de  la  population  qui  nous  apprendra  si  les  nombres 
dessus  doivent  être  diminués  ou  augmentés,  mais  il  a  paru  important  de  ne  pas  attendre 
que  ce  dénombrement  soit  terminé  pour  transmettre  ce  rapport.  Le  nombre  de  la  race 
noire  n  'excède  pas  vingt. 

John  Binney  à  Legge 

Canso,  27  juin  1774. 

Monsieur, — Je  profite  de  la  première  occasion  depuis  mon  arrivée  ici  pour  trans- 
mettre mes  respectueux  hommages  à  Votre  Excellence  et  vous  informer  de  tout  ce  qui  s'est 
passé  dans  ce  district  de  votre  gouvernement,  dont  l'administration  m'a  été  confiée. 
Trois  voiliers  et  deux  grandes  goélettes  sont  arrivés  ici  avec  des  équipages  pour  faire  la 
pêche  à  la  morue  et  vingt  familles  acadiennes  sont  venues  de  la  vieille  France  sur 
quelques-uns  de  ces  vaisseaux  par  Jersey.  Les  chefs  de  ces  familles  m'ont  demandé  la 
permission  de  prêter  le  serment  d'allégeance  et  de  fidélité  à  Sa  Majesté  le  roi  George 
III  et  m'ont  exprimé  le  désir  de  s'établir  dans  ce  district.     Je  demande  à  Votre  Excel- 


294  ARi  lin  Eê   CA  VADIENNE8 


5-6  EDOUARD  VII.  A.  1906 


lence  de  me  faire  connaître  Sa  volonté  à  leur  égard  :  si  je  dois  leur  permettre  de 
s'établir  ici  ou  s'ils  doivent  se  fixer  dans  d'autres  parties  de  votre  gouvernement.  Il  y 
b  ici  actuellement    quarante  chaloupes  appartenant  à  des   Acadiens  français  de  cette 

province,  dont  ils  se  servent  pour  faire  la  pê  ?he  a  la  morue.  Il  serait  néeessaire  de  faire 
stationner  dans  ce  port  un  vaisseau  armé  de  8a  Majesté,  car  nous  avons  allaite  a  un 
certain  nombre  de  gen^  très  indociles,  sans  compter  qu'un  certain  nombre  de  vaisseaux 
viennent  ici  de  toutes  les  parties  du  continent,  que  les  capitaines  commencent  leur 
déchargement  et  prennent  à  bord  des  marchandises  contrairement  à  l'acte  du  commerce 
et  que  je  me  trouve  dans  l'impossibilité  de  les  faire  arrêter.  Je  crains  qu'il  ne  soit  bien 
difficile  de  faire  la  perception  de  l'excise  et  des  droits  sur  les  importations  si  le  gouver- 
nement ne  me  vient  en  aide.  A  Louisbourg  où  j'en  ai  fait  l'essai,  ils  ont  tous  refusé  de 
payer,  à  l'exception  de  M.  Cavenaugh  et  de  deux  autres.  Je  suis  estropié  d'une  jambe 
et  j'ai  été  retenu  à  la  maison  depuis  cinq  semaines  ;  je  me  rendrai  à  Louisbourg  dès  que 
je  serai  guéri  et  je  prie  Votre  Excellence  de  transmettre  aux  magistrats  civils  l'ordre 
de  nu 'aider  à  percevoir  l'excise  et  les  droits  sur  les  importations  à  cet  endroit  Je  me 
ferai  un  devoir  de  communiquer  de  temps  en  temps  à  Votre  Excellence  tous  les  incidents 
de  quelque  importance  qui  se  produiront  dans  cette  partie  de  son  gouvernement.  Je 
souhaite  à  Votre  Excellence  une  saison  agréable  et  heureuse. 

Je  suis  très  respectueusement  de   Voire  Excellence  le  plus  humble  et  le  plus  obéis- 
sant serviteur, 


JOHN  BINNKV 


Canso,  27  juin  1774. 

A  Son  Excellence  Francis  Legge,  écr. 


Legge  à  Darimouth. 

Nouvelle-Écossk,  Halifax,  13  juillet  1774. 

Milokd, — Je  prie  Votre  Seigneurie  de  me  transmettre  des  instructions  au  sujet 
des  terres  du  roi  qui  seront  vendues  à  l'avenir  dans  cette  province  ;  les  catholiques 
romains  peuvent-ils  en  devenir  les  acquéreurs  ? 

Les  terres  confisquées  sont-elles  comprises  parmi  celles  que  les  instructions  de  Sa 
Majesté  enjoignent  de  vendre  ? 

Suis-je  autorisé  d'accorder  des  permis  provisoires  (qui  pourraient  être  résiliés  en 
tout  temps)  à  certaines  personnes  qui  font  la  pêche,  de  faire  usage  de  lots  à  cet  effet 
comme  la  chose  s'est  pratiquée  jusqu'aujourd'hui  ? 

Legge  à  Dartmouth. 

Halifax,  20  août  1774. 

Milokd, — M.  Knight  récemment  arrivé  d'Angleterre  étant  sur  le  point  de  partir 
pour  Boston,  je  profite  de  cette  occasion  pour  vous  adresser  cette  lettre. 

Par  la  présente,  je  me  propose  particulièrement  de  mettre  Votre  Seigneurie  au  cou- 
rant du  commerce  qui  se  fait  entre  Fîle  du  Cap-Breton  et  les  endroits  adjacents  et  les 
îles  voisines  de  St  Pierre  et  Miquelon.  La  situation  géographique  de  ces  endroits  et  le 
peu  de  distance  qi  i  les  sépare  favorise  ce  genre  de  commerce  et  il  n'y  a  pas  d'officiers 
pour  l'empêcher,  autres  que  ceux  installés  à  Louisbourg  et  à  Canso.  En  outre,  il  y  a 
plusieurs  autres  ports  que  celui  de  Louisbourg  dans  l'île  du  Cap-Breton  et  un  si  grand 
nombre  de  vaisseaux  anglais  passent  par  le  détroit  de  Canso  pour  se  rendre  à  Québec  ou 
pour  aller  faire  la  pêche  à  L'île  St-Jean  et  à  la  baie  des  Chaleurs,  venant  de  toutes  les 
colonies  de  ce  continent,  que  ce  genre  de  commerce  pourrait  être  beaucoup  plus  consi 
dérable  qu'il  ne  l'est  présentement  et  les  moyens  d'introduire  des  marchandises  françaises 
dans  nos  colonies  sont  si  multiples  et  si  fréquents  que  malgré  la  plus  active  surveillance 
il  sera  à  peu  près  impossible  d'entraver  entièrement  cette  contrebande.  J'ai  fait  tous  mes 
efforts  pour  y  mettre  fin,  j'ai  écrit  à  ce  sujet  au  chef  d'escadre  Shuldham  de  Terreneuve 
le  21  juin  1774  et  vous  trouverez  ci-incluse  une  copie  de  cette  lettre.  J'ai  aussi  trans- 
mis des  ordres  (voir  20  juin  1774)  aux  magistrats  de  Louisbourg  leur  défendant  de  per- 
mettre sous  aucun  prétexte  l'exploitation  ou  l'exportation  de  charbon  de  terre,  car  il 
paraît  que  les  Français  de  St-Pierre  ont  reçu  des  combustibles  de  cet  endroit. 


GfJ    \  /    1/  OQIi     Kl  \<    \hl  I    \         II/'      l><"   i    1/  /    \  /  M6 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Afin  de  bien  vous  faire  comprendre   V     rapport     qui 
aotueli   de  la   partie  est  de  cette  province  m  .  ,-w .  ,\,    lien  Si  Piei  Hiqueloi 

mettez-moi  de  ?oui  informer  que  Ion    de  la  oe    Ion  di 
France,  lea  Français  ont  aollioit  A.cad  illei   demi  . 

il. -s  ci  qu'ils  en  ont    persuadé   autant  qu'il    ont   pu,  en  leur    fourni    ant 
des  vaisseaux  pour  faire  la  pèche    De  bêla  encouragerm  ni  icn  di  I  un  \»>n  nombre 

à  quitter  cette  province  et  à  allei    établir  dan   ee   Ile      I  anirde 

mutuelles  entre  eux,  le     Acadien     formèrent   un  établi    ement     ui  l'île  Madam<    et    un 
autre  sur  cette  partie  de  I  tle  Bt  Jean  la  plu    rappro<  hée  de  cette  dernii  re    I  ■■ 
de  l'île  Madame  sont  devenus  m   nombreux   qu'ili  emploient  an    moin 
loupes  pour  faire  la  pèche  j  et    tous  lea  ans  ils  sollicitent  leura  parents  d'allei    i 
avec  eux.     M.  Binney,   percepteur  au  poH   de  Can  o,  m'informe  par  une  lettre  du  27 
juin  1774,  qu'au  moins  vingt  Acadiena  sont   arrivi     de    Frana 
familles,  par  Jersey,   Il  est  facile  <!<•  comprendre  jusqu'à  quel  point  cet  relation    peuv< 
être  préjudiciables  au  commerce  «I»'  la    Grande-Bretagne,   en   lavoriHant    l'cntive  de* 
marchandises  françaises  (qui  sont  facilement  Introduites,  comme  je  l'ai  déjà  mentionne, 
par  les  vaisseaux   qui   fréquentent   opb  porta  et   dont    lea  propi  meurent 

endroits).     Après  avoir  reçu   la  lettre  de  M.  Binney,  j'ai  écrit  à  l'amiral  Graves  pour 
lui   demander  d'envoyer  au  moins  une  goélette  armée   pour  supporter  les  offiev 
empêcher  autant  que  possible  «•<•  commerce  illicite. 

Je  prends  la   liberté  de  faire  observer  à  Votre  Seigneurie  que  les  Acadient  jont 
tous  catholiques   romains,   qu'ils  ne  se  mêlent  paa  aux   nôtres,  que  les  mari 
Aeadions  et  Anglais  sont  à  peu  près  inconnus.     En  outre  bien  qu'ils  prêtent  le  serment 
d'allégeance,  et  Be  comportent  comme  des  sujets  de  la  Grande  Bretagne  en  temps  de  paix, 
ils  sont  de  t'ait  tellement  attachés  aux  Français  que  si  la  guerre  se  déclarait  nous  ne  pour- 
rions compter  sur  eux  ;  de  plus,  considérant  leurs  relations  avec  les  sau\  ont 
choisi  pour  y  faire  leur  résidence   des   endroits  généralement  éloignes  des  Anglais,  il  • 
à  craindre  qu'en  temps  de  guerre  ils  n'incitent  les  sauvages   à   commettre  dea  méfaits, 
car  ces  derniers  pourront  avoir  recours  à  eux  pour  se  procurer  des  munitions  et  d<     : 
visions  sans  lesquelles  cette  petite  peuplade  ne  saurait  subsister  sûrement. 

J'ai  cru  qu'il  était  nécessaire  de  communiquer  à  Votre  Seigneurie,  mon  opinion  à 
ce  sujet,  car  je  constate  par  la  lettre  du  comte  Hillsborough,  n  12,  en  date  du  21  juin 
1768,  qu'on  lui  a  écrit  à  l'égard  de  ce  peuple.  Sa  Majesté  permet  de  recevoir  les  Aca- 
diens  qui  se  soumettront  au  gouvernement  de  Sa  Majesté  et  qui  donneront  des  preuves 
de  leur  allégeance  et  de  leur  fidélité,  et  de  leur  concéder  des  terres  sur  lesquelles  ils 
^'établiront  avec  leurs  familles.  D'autre  part,  il  m'est  défendu  par  les  dernières  ins- 
tructions que  j'ai  reçues  de  Sa  Majesté  de  leur  concéder  des  terres,  et  comme  ces  Aca- 
diens  devront  trouver  eux-mêmes  un  genre  de  travail  qui  leur  permettra  de  pourvoir  à 
leur  subsistance,  et  que  naturellement  ils  se  réfugieront  dans  les  parties  de  la  province 
où  il  leur  sera  facile  et  avantageux  de  faire  la  pêche,  il  s'en  suivra,  comme  je  l'ai  déjà 
fait  remarquer,  qu'ils  auront  des  relations  avec  les  Français  de  St-Pierre  et  Miquelon. 

J'ai  cru  devoir  faire  part  à  Votre  Seigneurie  des  circonstances  particulières  dans 
lesquelles  je  me  trouve,  afin  que  vous  me  transmettiez  vos  instructions  à  ce  sujet. 

FRANS.  LEGGE. 
Au  très  honorable 

comte  de  Dartmouth. 

Legge  à  Dartmouth. 

Nouvelle-Ecosse,  Halifax,  25  août  1774 

Milord, — M.  Bailly,  le  prêtre  que  le  gouvernement  a  accordé  aux  sauvages  dans 
cette  province,  a  obtenu  la  permission,  au  mois  de  mai  1772,  d'aller  à  Québec  pour  des 
raisons  personnelles.  Il  n'est  pas  encore  de  retour  et  depuis  son  départ  je  n'ai  reçu  de 
lui  aucune  nouvelle  ;  aussi  vais  je  cesser  de  payer  ses  émoluments  à  son  agent  depuis  le 
commencement  de  cette  année,  en  attendant  les  instructions  de  Votre  Seigneurie.  Je 
dois  ajouter  que  ce  prêtre  a  eu  une  maladie  grave  et  que  nous  avons  appris  dernièrement 
qu'il  était  mort, 

FRANS.  LEGGE. 


296  \i;< m\  ES   OA  VADIE  S  VE8 

5-6  EDOUARD  VII.  A.   1906 

Dartmouth  à  Legge. 

WhïTEHALL,  7  septembre  177  t. 

Monsiki  Et,     Depuis  ma  dernière  lettre  j'ai  reçu  vos  nombreuses  dépêches  (n°*  8  à  16) 

les  ai  transmises  au  roi. 

J'ai  reçu  aussi  de  L'amiral  Montagu  le  plan  exact  de  toute  la  province,  dont  il  a  été 
<iut^ti<>!i  dans  votre  Lettre  du  24  mai. 

Je  ne  connais  pas  de  loi  concernant  les  colonies,  par  laquelle  les  papistes  sont 
exclus  du  privilège  d'obtenir  des  concessions  de  terres  delà  Couronne;  et  l'exception 
en  leur  faveur,  dan-  la  loi  provinciale  qui  les  frappe  d'inhabileté  et  d'incapacité,  semble 
admettre  qu'il  doit  en  être  ainsi.  Cependant  il  ne  faudra  pas  perdre  de  vue  que  vous 
devrez  vous  servir  du  pouvoir  de  faire  des  concessions  de  terre  qu'avec  la  plus  grande 
discrétion  ;  de  plus  je  suis  chargé  de  vous  transmettre  l'ordre  de  Sa  Majesté  de  ne  faire 
aucune  concession  de  terre  dans  la  province  de  la  Nouvelle-Ecosse  à  aucune  personne 
pratiquant  la  religion  de  l'Église  de  Rome  avant  que  le  roi,  après  avoir  pris  connaissance 
des  renseignements  que  vous  devrez  transmettre  dans  chaque  cas  sur  la  condition  et  le 
caractère  de  la  personne  à  laquelle  il  sera  proposé  de  faire  une  concession,  n'ait  fait  con- 
naître son  bon  plaisir. 

Huant  aux  autres  sujets  dont  il  est  question  dans  votre  lettre  du  13  juillet,  il  n'y  a 
pas  de  doute  que  les  terres  confisquées  sont  comprises  parmi  celles  que  les  instructions 
de  Sa  Majesté  vous  enjoignent  de  vendre,  et  que  ces  instructions  ne  vous  empêchent  pas 
d'accorder  temporairement  des  permis  d'occuper  certains  endroits  pour  faire  la  pêche. 


Dartmouth  à  Legge. 

Whitehall,  5  octobre  1774. 

Monsieur, —Jai  reçu  vos  lettres  nos  17  et  18  et  je  les  ai  communiquées  au  roi. 

Sa  Majesté  est  très  satisfaite  de  l'attention  que  vous  avez  donnée  aux  relations 
dangereuses  et  désavantageuses  entre  les  établissements  situé»  à  l'est  de  la  province  et 
ceux  des  Français  de  St-Pierre  et  Miquelon,  et  elle  approuve  les  mesures  que  vous  avez 
prises  en  vue  de  mettre  les  officiers  de  Canso  et  de  Louisbourg  sur  leurs  gardes  et  d'em- 
pêcher l'exportation  de  charbon  de  l'île  du  Cap-Breton. 

Vous  avez  donné  des  ordres  très  sages  en  cette  occurrence  et  l'état  actuel  de  votre 
gouvernement  ne  vous  permet  pas  de  faire  plus.  Quant  aux  relations  entre  les  ports 
de  l'île  du  Cap- Breton  et  les  îles  St-Pierre  et  Miquelon,  pour  y  mettre  fin,  il  faudra 
que  les  commandants  des  flotilles  que  Sa  Majesté  a  envoyés  dans  ces  mers  fassent 
surveiller  activement  par  des  croiseurs,  les  endroits  fréquentés. 

L'augmentation  des  établissements  acadiens  à  l'île  Madame  mérite  bien  notre 
attention  et  cet  état  de  choses  ne  doit  pas  être  négligé.  En  conséquence,  vous  ferez 
bien  de  me  faire  connaître  à  la  prochaine  occasion,  l'état  de  cet  île,  le  nombre  d' Aca- 
diens qui  y  sont  établis,  les  améliorations  qu'on  y  a  faites,  la  nature  de  ces  améliorations 
et  en  vertu  de  quelle  autorité  elles  ont  été  effectuées.  Avant  d'avoir  obtenu  ces  rensei- 
gnements, il  m'est  impossible  de  décider  si  nous  devons  permettre  la  formation  de  sem- 
blables établissements  dans  cette  île  et  les  réserves  et  les  conditions  à  faire  si  cette 
permission  est  accordée. 

La  suppression  des  émoluments  de  M.  Bailly  était  bien  à  propos  dans  les  circons- 
tances que  vous  nous  avez  fait  connaître  ;  si  vous  apprenez  sa  mort  de  source  certaine, 
je  dois  vous  informer  que  c'est  l'intention  de  Sa  Majesté  de  ne  pas  le  remplacer,  à  moins 
que  les  sauvages  n'insistent  ardemment  pour  lui  faire  nommer  un  successeur,  confor- 
mément à  la  stipulation  du  traité  qui  seule  leur  a  valu  une  condescendance  aussi  extra- 
ordinaire, 

Je  suis,  etc., 

DARTMOUTH. 


\  /    I  /  in,  Il     IH         I  i    I  /»//   \         II/'     /""  i    l/i   VI  VI 

DOC.  DE  LA  SLS->ION   No   18 

Il  m. m  \  \,    1  '   novembn     I  « 

Milord,  Je  vien  de  reoevoii  an  rapport  (en  date  du  17  octobre  17" 
liant  l'état  des  établi  ementi  de  llle  do  Oap  Breton  et  de  ltl<  Madame  J 
transnieti  une  oopie  qui  vou    fournira  dei  ren  oignenu  i    itnation  i 

nombre  det  habitante  de  ce    endroits      Votre  Seiflneuri □ 

romain  j  forment   une  population  desixoent  quatre-vingt    ix,  «••■  qui  < 

[a  population  protestante  «iul  '"'  dôpanH»  pas  troi   cent  v\\  nptei    q 

certain  nombre  de  eee  dernier!   i ni  pt    établit  d'une  manièi  r  Ils 

ne  viennent  à  œi  endroit»  m1"'  durant  I  j né  pool  faire  la  pécha     Le  jnge  de  paix  i  h 

arvioe  de  la  police   civile  éprouve  souvent   de  grands  «mlmcrn    dan 
semenl  de  ses  devoirs,  et  l'application  de    loi  ,  au  sein  d'une  populace  qui    n 

est  pour  lui  nn.su  jet  de  crainte  continuelle.   Parmi  o        a    bien]  '  munis 

de  permis  pour  occuper  certains  endroita  ou   11    font  la  pêche      L      Vcadien    fran 
qui  forment  une  population  de  cinq  cent  deux  &m<  >lî   dans  de  endroits  qu'il* 

ont  ohoisis  sans  la  permission  du  gouvernement   et   la   plupart     e    ont    in  balli     a   l'île 
Madame  et  à  8t  Pierre  mr  le  coté  ouest  du  Oap  Breton.   J'ai  déjà  informa    Votn 
un. Mine  par  ma  lettre  n°  17,  qu'avec  le  tempe,  la  présence  de  oc    Acadien    frai 
viendra  une  source  d'embarras  pour  le  commerce  et  autrement  .  aussi  je  me  ferai   un 
devoir  de  oharger  les  magistrats  de  Canso  et    de  Louisbourg  de  surveiller  ment 

leurs  agissements  et  de  me  transmettre  des  renseignements  de  temps  en  temp 

Je  suis,  etc  , 

FRANS.   LEOOE. 

Legge  à  Dartmouth. 

Halifax,  l v  novembre  1 77  1. 

Milori), — Je  me  ferai  un  devoir  de  mettre  en  pratique  les  remarques  que  Votre 

Seigneurie  a   cru  devoir  m 'adresser  au  sujet  des  concessions  de  terres    aux  catholiques 
romains,  je  m'appliquerai  en  même  temps  à  suivre  strictement  les  instructions  d< 
Majesté,  en  vous  transmettant  des  renseignements  au  sujet  des  circonstances  particu- 
lières de  chaque  demande  et  concernant  la  situation  et  le  caractère  de  la  personne  qui 

fera  une  demande  de  concession. 

*  *  *  *  * 

Archives  d'État,  Amérique  et  Indes  Occidentales  1759.      Vol.  89  "  Public  Record  Office.'' 

RAPPORT  DE  LA  MARCHE  DES  TROUPES  LORS  DE  L'EXPÉDITION  SUR 

LE  HAUT  DE  LA  RIVIÈRE  ST-JEAN  ET  À  LA  BAIE  DE  FUNDY, 

SOUS  LE  COMMANDEMENT  DU  COLONEL  MONCKToN. 

(A.D.)1758.  . 

il  septembre  Apres  avoir  embarque  les  vivres  et  tait  monter  a  bord  les  troupes  com- 

posées du  35e  rég*  du  2e  bataillon  R.  A.  R.,  et  des  compagnies  de  "  Rangers  " 
des  capitaines  McCurdy  et  Brewer  et  d'une  partie  des  compagnies  des  capi- 
taines Goreham  et  Stark,  nous  partîmes  du  port  d'Halifax  sous  l'escorte 
du  vaisseau  de  guerre  SquirreL 

13  septembre  Le  major  Morris  nous  quitta  le  soir,  pour  aller  au  cap-de-Sable  avec  son 

détachement  composé  de  300  hommes. 

18  septembre  Nous  avons  jeté  l'ancre  près  de  l'ile-aux-Perdrix  située  à  l'entrée   de 

la  rivière.  Cobb  et  Rogers  sont  allés  dans  l'île  où  ils  ont  rencontré  deux  ou 
trois  p  rsonnes. 

lî»  septembre  Nous  sommes  allés  dans  le  port  où  nous  avons  jeté  l'ancre  à  2  heures. 

Nous  fîmes  ensuite  entrer  tous  les  transports  et  comme  il  était  tard  je  remis 
le  débarquement  au  lendemain  matin  —J'ai  envoyé  Cobb  à  Chignectou  pour 
en  ramener  la  compagnie  de  Rangers  de  Danks,  avec  des  barges,  et  les  quel- 
ques prisonniers  français  qui  avaient  été  pris  le  printemps  dernier. 

18—51     r-16 


298 


•/.'<  HI\  ES  <   i  \  \hll  \  \/> 


pt«iiibre 
22  septembre 


•  ptembre 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Kr«'  J  ai  donne  le  signal  du  débarquement  à  ^  heures  environ,  et  immédia- 

tement après,  les  bateaux  chargés  de  400  hommee  accostèrent  près  du  vieux 
fort  sans  rencontrer  d'opposition.  La  2""  division  étant  débarquée  j'ai 
envoyé  le  major  Scott  en  reconnaissance  avec  300  hommes  d'infanterie 
légères  et  des  rangers  ;  je  l'ai  fait  suivre  fie  deux  compagnies  de  grenadiers 
afin  de  le  secourir  <*n  cas  de  nécessité.  Le  major  est  revenu  après  s'être 
rendu  au-dessus  des  rapides  où  il  a  trouvé  quelques  pistes,  mais  pas  le 
moindre  signe  de  chemin  ou  de  sentier.  Le  bois  est  tics  épais  et  la  marche 
difficile.  Les  troupes  sont  toutes  débarquées  et  j'ai  donné  ordre  de  trans- 
porter les  tentes  ;  les  deux  régiments  devront  établir  leur  camp  en  arrière 
du  fort  tandis  que  1  infanterie  légère  et  les  rangers  s'installeront  un  peu 
au-dessus  sur  une  élévation. 

Nous  transportons  les  vivres,  etc.,  sur  le  rivage. 

Le  détachement  chargé  de  l'artillerie  débarque  aujourd'hui  et  nous 
sommes  à  installer  les  trois  pièces  de  campagne  sur  le  rivage.  J'ai  envoyé 
Rogers  à  Annapolis. 

Après  avoir  envoyé  plusieurs  détachements  dans  différentes  directions, 
il  résulte  des  rapports  qui  ont  été  faits,  qu'il  n'est  pas  possible  de  nous 
avancer  par  terre.  En  outre,  nos  vaisseaux  étant  trop  gros  pour  entre- 
prendre de  franchir  les  chutes  et  l'étroit  chenal,  je  me  suis  décidé  de  réparer 
le  vieux  fort  et  d'y  rester  jusqu'à  ce  que  nous  ayons  reçu  les  vaisseaux  dont 
nous  avons  besoin — j'ai  écrit  déjà  aux  officiers  commandant  au  fort  Cum- 
berland  et  à  Annapolis  pour  leur  demander  de  nous  envoyer  immédiatement 
des  goélettes  ou  des  sloops  qui  pourraient  se  trouver  à  ces  endroits. — Après 
avoir  pris  cette  détermination  nous  avons  commencé  à  réparer  le  fort. 

Bien  que  l'endroit  où  nous  sommes  se  trouve  un  peu  commandé  par 
une  élévation  située  en  arrière,  j'ai  cru  néanmoins  devoir  y  fixer  notre  camp 
parce  que  des  travaux  considérables  y  ont  été  exécutés.  En  outre,  cet 
endroit  commande  le  port  et  nous  permet  de  débarquer  facilement  notre 
matériel,  car  nous  sommes  dans  l'obligation  de  tout  faire  transporter  par 
nos  hommes  et  nous  aurons  eu  de  grandes  difficultés  à  surmonter  si  nous 
étions  installés  loin  du  rivage.  D'autre  part,  considérant  que  la  saison  est 
avancée  et  que  nous  devrons  remonter  la  rivière  j'ai  choisi  cet  endroit  parce 
qu'il  nous  permettait  de  nous  y  installer  promptement.  Quant  à  l'élévation 
qui  commande  notre  camp,  il  y  faudrait  des  canons  pour  nous  faire  du  mal 
et  l'ennemi  ne  pourrait  en  transporter  à  cet  endroit  qu'au  prix  de  bien 
grandes  difficultés  ;  d'ailleurs,  nous  pourrons  prévenir  tout  danger  de,  es 
côté  en  y  érigeant  un  peu  plus  tard  des  fortifications. 

30  septembre  Les  travaux  avancent — 600   hommes   travaillent  tous   les  jours — des 

détachements  sont  fréquemment  envoyés  en  exploration,  mais  jusqu'à  pré- 
sent il  n'a  été  fait  aucune  découverte  importante — Cobb  est  revenu  du  fort 
Cumberland  avec  la  compagnie  de  rangers  du  capitaine  Danks,  cinq  barges 
et  neuf  prisonniers  français  qui  m'ont  informé  que  si  nous  avions  tenté 
d'avancer  par  terre  nous  aurions  rencontré  de  bien  grandes  difficultés  et 
que  nos  vaisseaux  auraient  couru  de  grands  dangers  si  nous  avions  essayé 
de  franchir  les  chutes. 

2  octobre  Les  travaux  avancent  toujours — les  casernes  des  officiers  sont  dressées. 

5  octobre  ^es  travaux  se    continuent.     J'ai    envoyé    Cobb  à  Pisiquid   avec    des 

vivres  pour  la  garnison  de  cet  endroit.  J'ai  envoyé  chercher  des  vivres 
à  Annapolis  de  crainte  que  nous  en  manquions.  J'ai  donné  ordre  en  même 
temps  d'y  emprunter  des  munitions. 

7  octobre  Les  travaux  se  continuent — J'ai  envoyé  le  transport  Isabella  chercher 

des  vivres  à  Halifax. 

8  octobre  Le  capitaine  Willock,  accompagné  de   plusieurs  capitaines   des  trans- 

ports, est  allé  sonder  les  rapides — Ils  ont  trouvé  la  profondeur  de  l'eau  suffi- 
sante— mais  il  n'est  possible  de  tenter  le  passage  que  pendant  l'espace  d'une 


UESl   1/  nt.n     m        [VA  lu  I  \       WEi     /""  '   i//  \  / 


DOC.  DE  LA  SESSION  No    18 


bobr« 

tobr« 
bobru 


tobre 


• 


. 


23  octobre 

24  octobre 

1  •  ibre 


tobre 


31  octobre 


qî  heure  à  ohequc  ruai  •  >■     loi  que  lu  m<  i 
rapides  et  du  ohenal  < •  t  1 1  i     foi  t. 
(  fobb  si  i  revenu  de  Pi  iquid, 

.l'ai  envoyé  Cobb  portei  une  lettre  tu  majoi  Morris  qui 
de  ik»u\ ellei  depui     on  d<  pai  I 

Lei  \  aisseau  i    ont  1 1  n  enu    d  A  onapol 

Les  travaux  ai  anoenf    tou  [oui       L  ette  P 

m-     lettre    du     OiajOI     M"iu         il  m'informe  qu'apns  av<»n 

contrer  les  babi tant.1  purcr  qu  il  n'a\  ait  pu   ■  <•  jn  -  «  m  ■  i    •  \<     %u 
tents     le  capitaine  Qoreham,  à  la  tète  d'un  faible  détachement 
pris  un  petit  \  illage  et  qu'il     était  emparé  du  prétn     M    Disenclav<    I  U 
laves]  et  de  60  ■<  7<»  personne  ,  nommes,  f<  mmei  1 1   i  nfant      et  que  ps 
prêtre  il  espérait  mettre  Is  m. un  mr  d'autres, 

Cobb  est  revenu  ce  soir  tan     avoir  découvert    le  ms  or   Morrii     J  ai 
renvoyé  la  goélette  Pilot  au  major  Morri    ain  i  que  le  tran  port  Alexandn 
// pour  transporter  les  prisonnier!  ici     Un  sloop  est  arriva    chai 
de  cbar|  ente. 

J'ai  envoyé  le  vaisseau    Wadi   avec  le  capitaine  Miller  à  Bo  I  m  pour 
en    rapporter   des    vivres  -I/c   capitaine  Qraemede  mon  bataillon 
pris  de  faire  le  voyage  dans  L'intérêt  de  sa  santé. 

Les  travaux  se  continuent     Ayant  maintenant  a   ma  disposition   plu- 
sieurs sloops  et  plusieurs  goélettes,  je  les  ai  fait  approvisionna  u  donné 
ordre  à  Cobb  et  à  Rogers  de  passer   les  rapides  afin  de  protéger    li 
seaux  qui  pourraient   peut-être  essayer  de  les  franchir.     Ils  se  mirent 
route — Cobb,  qui  était  le  premier,  franchit  le  chenal,  mais  ne  put  franchir  les 
rapides  parée  que  la  marée  était  trop  avancée  et  il  se  réfugia  dans  une  petite 
.use     Quant   à   VUli/886   capitaine  Rogers,  il  a  donné   sur  un  récif  en  fran- 
chissant le  chenal  et  a  été  entraîné  par  le  courant,  dans  un  crique,  au-de- 
de  Cobb  où  il  a  coulé  rapidement — et  ce  n'est  qu'avec  de  grandes  difficultés 
que  l'infanterie  légère  et  l'équipage  ont  été  sauvés — En  apprenant  cet  acei- 
d?nt,   j'ai  donné  ordre   à   Cobb,    qui  ne  se  trouvait  pas  dans  une  situation 
sûre,  de  redescendre,  et  plus  tard  nous  avons  constaté  que  s'il    était 
endroit,  à  l'eau  basse  il  se  serait  brisé  sur  les  récifs. 

Je  suis  allé  visiter  L  Ulysse — Le  capitaine  du  vaisseau  de  guerre 
(Squirrel)  se  propose  d'essayer  de  le  renflouer.  Un  vaisseau  est  arrivé  avec 
des  bestiaux  pour  les  troupes. 

Le  capitaine  du  vaisseau  de  guerre  a  fait  d'inutiles  efforts  pour  ren- 
flouer L'Ulysse. 

Le  nombre  d'hommes  employés  aux  travaux  est  réduit  à  300. 

Tous  les  petits  vaisseaux  ont  franchi  les  rapides — environ  1,200  hom- 
mes de  troupes  sont  embarqués — moi-même,  je  me  rends  ce  soir  à  bord  du 
sloop  York,  capitaine  Cobb— Je  confie  au  capitaine  Bellen  le  commande- 
ment des  troupes  que  je  laisse  en  arrière.  Comme  le  major  Morris  n'est  pas 
encore  revenu  et  que  L'Isabella  n'est  pas  de  retour  avec  les  vivres,  nous  ne 
pouvons  approvisionner  que  pour  deux  semaines — les  troupes  qui  vont  rester 
ici  n'en  auront  guère  pour  aussi  longtemps. 

Nous  avons  fait  voile  ce  matin,  mais  le  vent  étant  contraire  nous  avons 
fait  peu  de  chemin.  Le  sloop  qui  transporte  l'artillerie  est  en  danger  et  se 
trouve  obligé  de  jeter  l'ancre  dans  une  baie  située  au-dessus  des  rapides. 
J'ai  reçu  tard  ce  soir  des  lettres  de  Halifax  ;  ces  lettres  ont  été  apportées 
par  L'Isabella  qui  est  de  retour  et  a  jeté  l'ancre  en  bas  de  l'ile-aux- 
Perdrix  ;  le  vent  contraire  l'a  empêchée  d'entrer  dans  le  port — Considérant 
que  la  saison  est  déjà  avancée,  j'ai  cru  qu'il  aurait  été  imprudent  de  retar- 
der notre  départ  de  trois  ou  quatre  jours  pour  attendre  les  vivres 
qu'elle  devait  apporter. 

Nous  avons  mis  à  la  voile — -nous  avons  traversé  la  grande  baie  et  jeté 
l'ancre  à  la  hauteur  d'une  pointe  appelée  pôinte-aux-Tourtres  à  deux  lieues 

18—51* 


300  \i:<  il  i\  i:s  (\\  \im.\  \  i;> 

5-6  EDOUARD  V    ,      • 

environ  au dessus  de  Nirapis  où  les  Français  possédaient  autrefois  un  petit 
fort — Les  autres  vaisseaux  ont  jeté  l'ancre  au  dessous  (Je  Nirapis. 

1er  novembre  Nous  avons  fait  voile,  mais  le  vent  contraire  nous  a   empêchés   d'avan- 

cer beaucoup;  nous  avons  jeté  l'ancre  ce  soir  à  la  hauteur  d'une  lie  appelée 
l'île  am  Garces,  les  autres  vaisseaux  ne  se  sont  pas  rendus  aussi  loin — nous 
avons  débarqué  sur  l'ile  que  nous  avons  trouvée  magnifique — Il  y  a  du 

chêne,  du  bouleau,  du  noyer,  du  hêtre  :  on  n'y  trouve  pas  de  broussailles — 
la  rivière  est  large  et  la  profondeur  de  l'eau  suffisante. 
2  ,..,  ,  Nous  avons  fait  voile  de  bonne  heure  —une  goélette  qui  allait  en  avant 

ayant  atteint  un  endroit  où  l'eau  était  peu  profonde  et  nos  pilotes  nou-> 
avant  informés  que  le  passage  à  cet  endroit  de  la  rivière  était  difficile  à 
cause  des  bancs  de  sable,  nous  nous  rendîmes  à  la  hauteur  de  la  pointe-aux- 
Chênes  pour  sonder — ayant  découvert  le  chenal,  nous  levâmes  l'ancre,  nou> 
mimes  à  la  voile  et  nous  allâmes  mouiller  le  soir  en  bas  d'une  ile  appelée 
l'île  Longue.  La  contrée  que  nous  avons  traversée  aujourd'hui  est  unie 
et  couverte  de  bois  ;  nous  avons  rencontré  quelques  maisons  qui  ont  appar- 
tenu autrefois  aux  Robichaux  ;  jusqu'à  cet  endroit  nous  avons  trouvé  le 
pays  montagneu*  et  rocheux.  Nous  sommes  allés  sur  File  où  nous  avons 
trouvé  du  noyer  qui  ressemble  beaucoup  à  notre  noyer  anglais, 
membre  Nous  avons  mis  à  la  voile  au  point  du  jour  et  ce  soir  nous  avons  mouillé 

à  la  hauteur  de  l'entrée  de  la  rivière  Grimrose.  Ce  soir  j'ai  chargé  le  capi- 
taine Danks,  auquel  j'ai  confié  un  détachement  et  un  guide,  de  s'emparer 
d'un  prisonnier. 

4  novembre  Le  détachement  est  revenu  sans  avoir  fait  de  prisonnier — il  s'est  rendu 

jusqu'au  village  de  Grimrose  que  les  habitants  avaient  déserté  dernièrement 
— j'ai  donné  l'ordre  du  débarquement — avec  environ  700  hommes  rendus 
sur  1^  rivage,  nous  marchâmes  jusqu'à  l'extrémité  du  village  située  à  une 
lieue  de  distance  environ — nous  avons  constaté  des  traces  indiquant  que  les 
habitants  étaient  partis  récemment  et  avaient  emmené  leurs  bestiaux — 
nous  avons  aussi  trouvé  à  cet  endroit  la  chaux  qui  avait  été  transportée  sur 
une  goélette  le  printemps  dernier — nos  pilotes  croient  que  cette  chaux  a  été 
transportée  à  terre  à  cet  endroit,  dans  le  dessein  d'alléger  la  goélette  et  de 
la  cacher  dans  une  anse  ;  car  si  la  profondeur  de  l'eau  l'avait  permis,  cette 
chaux  aurait  certainement  été  transportée  jusqu'à  Sainte-Anne.  Comme  le 
jour  était  avancé,  j'ai  donné  ordre  de  brûler  les  maisons  et  les  bâtiments  au 
nombre  de  50  environ,  de  détruire  en  même  temps  une  quantité  considéra- 
ble de  grain  et  tout  ce  qui  aurait  pu  être  utile  à  ces  habitants. 

Après  avoir  tout  brûlé  et  tout  détruit,  nous  sommes  revenus  à  nos  vais- 
seaux et  nous  sommes  rembarques — le  matin  suivant,  au  moment  du  débar- 
quement, nous  avons  vu  quelques  canots  traverser  l'embouchure  de  la  rivière 
Grimrose— -et  près  de  l'endroit  où  nous  avons  débarqué,  nous  avons  constaté 
que  des  canots  ont  été  construits  dernièrement  avec  du  bouleau — une  quan- 
tité considérable  de  terres  sont  défrichées  et  la  contrée  est  belle — ce  village 
a  été  fondé  par  les  habitants  de  Beauséjour  qui  furent  chassés  de  cet  en- 
droit en  1755. 

5  novembre.  Nous    avons    mis    à    la    voile   vers  [sic]   et  nous  avons    continué    de 

remonter  la  rivière — nous  avons  rencontré  une  île  appelée  ile  Mettia 
appelée  ainsi  par  les  Français — Ici  nos  pilotes  ne  veulent  plus  assumer  la 
responsabilité  des  vaisseaux  parce  qu'ils  ne  croient  pas  l'eau  assez  profonde 
po.ur  nous  permettre  d'aller  plus  loin — Une  petite  goélette  que  nous  tenions 
toujours  en  avant  et  sur  laquelle  se  trouvait  un  homme  qui  avait  été  fait 
prisonnier  il  y  a  deux  ans  et  qu'on  avait  emmené  pour  remonter  la  rivière, 
ayant  pénétré  dans  le  chenal  de  tribord,  y  trouva  six  pieds  d'eau.  Voyant 
cela,  le  capitaine  Cobb  pénétra  immédiatement  dans  l'autre  chenal,  mais 
bientôt,  son  vaisseau  et  plusieus  autres  transports  s'échoirent  ;  cependant 
ces  vaisseaux  réussirent  à  se  tirer  de  leurs  fâcheuses  positions  parce  qu'ils 
s'étaient  arrêtés  sur  un  fond  de  sable.     Le   vent  contraire  nous  obligea  de 


01  \  i   i  /  0QJ1    i"        WA  DU  \       m/'    /""  !    //  \  /  W 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  1H 

lier  an  peu  afin  d'éviter  h     I  *n<     de     abl< 
environ  quatre  mille    on  ba    du  portu  ;e  qui  tru  >■>  <    l'i  thme  qui  condu 

ièr<  (  :  i  mu  1 1  •      \<i    le    "ii  j'ai  don n<  tranitporl 

1rs  bateau  m  à  terre  poui  ooupei  du  boi      et  j'a 
en  expédition  rdre  de  tout  d<  traire  oequ  il  rencontrerai! 

. u  \  >■    ici  quelque  ■  be  I  iau  n    que  nou     ■  ■  •  on    '  u< 
poi  ' 

I  h-  bonne    heure  ce  mal  in,  j'ai  en^  L) 

avec  leurs  compagnies  brûler  quelque!  mai  on   au  de    u    de  I  em  h   k  I 

rivière  Grimro  <■     J  ai  envoyi  en  môme  temp   le  capitaine  McCurdy  avee 

compagnie  à  Jimsege,  détruire  le    maison    et  le  grain  qu  cuverait, 

et  tuer  les  bestiaux,  oar  nou   en  avions  vu  plu  ieui  ion  pa  droil 

— Cet  établissement  avait  été  abandonné  depuis  quelque    ani  m  la  plu 

part  de  ses  habitante,  à  cause  des  inondations  qui  se  prodi  le  prin 

temps     Lèvent  étant  toujours  contraire  et  nos  pilotes  rei  le  conduire 

leaux  plus  loin  pour   les   raison      u  mentionné»  que 

nous  n'avions  des  provisions  que  pour  huit    joui     au  plu  .    je  p 

iusser  chemin.     Cependant  je  décidai  d'envoyer  auparavant  le  capitaine 

[logera  qui  t imandait  L'Ulysse  et  le  Beoond   pilote  du  vaisseau  de  gi 

SquirreU  qui  nous  avaient   accompagnés,   sonder   le  chenal  de  bâbord  que 
nous  avions  raison  de  croire  le  seul  endroit  par  où  nous  puissions  ] 
Ils  rapportèrent  qu'il  s'y  trouvait  un  banc  qui  s'étendait  dé  la  pointe  de  l'île 
Mettise  jusqu'à   la   rive   de    bâbord   et    que  sur  cette  étendue  ils  n'avaient 
pas  trouvé  plus  de  six   pieds  d'eau— Le  vent  étant    toujours  contraire  et 

Lstatant  que  la  moitié  de  nos  provisions  étaient  épuisées  :  en  outre,  ayant 
raison  de  craindre  que  la  glace  ne  se  formât  parce  que  l'eau  était  froide  et  le 
roulant  était  faible,  je  me  suis  décidé  après  avoir  reçu  le  rapport  ci-de 
de  retourner  et  de  tout  détruire  en  descendant — nous  nous  mimes  en  route 

rendus  a   Jemsege   nous   jetâmes    L'ancre    visa  vis   l'endroit    où  McCùrdy 
avait  brûlé  des  maisons  et  nous  tuâmes  les  bestiaux  qu'il  avait  trouvés.    Nous 

unes  l'ancre  et  nous  descendîmes  jusqu'à  un  endroit  appelé  Villeray  sur 
la  rive  oppose'e  ;  nous  y  passâmes  la  nuit  et  nous  brûlâmes  toutes  les  maisons. 
Après  avoir  détruit  les  maisons,  j'ai  donné  ordre  aux  capitaines  I>anks  et 
Brewer  de  se  rendre  à  l'isthme  et  de  tuer  tous  les  bestiaux  qu'ils  ren- 
contreraient; ils  revinrent  tard  le  soir  et  m'informèrent  qu'ils  avaient  r«  n 
contré  trois  ou  quatre  Français  qui  conduisaient  environ  quarante  têt<  -  de 
bétail  ;  que  les  hommes  s'étaient  enfui  mais  qu'ils  avaient  tué  presque  tous 
les  animaux  et  brûlé  les  maisons. 

7  novembre.  Nous  avons  fait  voile  avant  l'aurore — J'ai  envoyé  un  petit  détachement 

à  terre  brûler  l'établissement  de  Robicheau.  Le  soir  nous  avions  jeté  l'ancre 
un  peu  en  bas  de  l'île-aux-Garces. 

8  novembre.  Nous  avons  fait  voile  de  bonne  heure — un   vent   violent  soufflait  du 

nord-ouest — nous  jetâmes  l'ancre  au-dessus  des  rapides  à  l'endroit  où  nous 
embarquâmes  en  remontant  la  rivière — A  midi,  quelques-uns  des  autres 
vaisseaux  descendirent  à  leur  tour.  Le  soir  je  me  suis  rendu  au  fort  où  j'ai 
rencontré  le  capitaine  Morris  ;  il  était  revenu  depuis  quelques  jours,  mais 
des  habitants  du  cap-de-Sable,  il  n'avait  réussi  à  s'emparer  que  de  130  per- 
ronnes,  hommes,  femmes  et  enfants.  Le  capitaine  avait  embarqué  les  pri- 
sonniers à  bord  du  transport  que  je  lui  avais  envoyé  et  avait  donné  ordre  de 
les  conduire  à  Halifax. 

10  novembre.  Les  travaux  se  continuent — J'ai  reçu  par  le  Wade  revenu  de  Boston,  la 

lettre  du  lieutenant  colonel  Robertson  du  30  octobre. 

11  novembre  Le  dernier  des   vaisseaux  n'est   revenu   qu'aujourd'hui   du   haut  de  la 

rivière — Comme  il  est  probable  que  je  serai  retenu  ici  assez  longtemps, 
j'ai  envoyé  ce  matin  le  major  Scott  avec  l'infanterie  légère  et  les  rangers 
à  la  rivière  Pitcoudiak  ;  j'avais  appris  que  la  goélette  corsaire  se  trouvait 
à  cet  endroit  avec  une  de  ses  prises — le  major  avait  ordre  de  tout  ramener 


302 


ARCHIVES  '   \  \  MIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

et  de  s'emparer  de  tous  Les  habitants  qu'il  pourrait  rejoindre — de  brûler 
toutes  Les  maisons,  tous  les  bâtiments  et  de  détruire  les  bestiaux  et  le  grain — 
et,  au  moment  de  son  retour,  d'envoyer  le  capitaine  Danks  et  sa  compagnie 
au  fort  Cumberland. 

Comme  Le  nombre  d'officiers  fait  défaut  dans  mon  bataillon,  je  me  suis 
trouvé  dans  la  nécessité  de  distribuer  comme  suit  le  3-7  régiment  sur  la 
baie  ;  le  major  Morris  avec  trois  compagnies  doit  rester  dans  le  fort,  le  lieu- 
tenant-colonel Fletcher  avec  cinq  compagnies  doit  se  rendre  à  Annapolis 
Royal  et  deux  compagnies  doivent  aller  au  fort  Edward,  à  Pisiquid. 

]".  novembre  Le  capitaine  Fletcher  s'embarque  avec  deux  compagnies  pour  Pisiquid. 

Je  l'ai  chargé  de  transmettre  à  la  compagnie  43'*  l'ordre  de  se  rendre  sur  un 
transport  au  fort  Cumberland — et  un  détachement  du  3'  bataillon  l'ordre 
de  se  rendre  à  Halifax. 

17  novembre  Le  capitaine  Adams  arrive  d'Halifax  avec  des  vivres — Il  m'a  apporté  Les 

lettres  du  général  Amherst  du  9  et  du  10. 

Le  transport  Viscount  Falmouth  met  à  la  voile  pour  Boston  avec  l'équi- 
pement et  le  détachement  du  train  d'artillerie,  excepté  un  officier,  un  capi- 
taine, un  bomb  irdier,  deux  canonniers  et  dix  artilleurs  laissés  en  garnison. 
Le  major  Scott  est  revenu  tard  ce  soir  de  Pitcoudiack  ;  il  a  amené  la  goé- 
lette et  le  sloop,  et  trente  prisonniers,  hommes,  femmes  et  enfants  ;  il  a 
trouvé  la  goélette  et  le  slo^p  dans  deux  anses  à  la  source  de  la  rivière.  Les 
différents  partis  envoyés  en  expédition  par  le  major,  rapportent  qu'ils  ont 
détruit  au-delà  de  150  maisons  et  bâtiments,  beaucoup  de  grain  et  abattu 
un  grand  nombre  d'animaux.  Les  maisons  n'avaient  été  évacuées  que  der- 
nièrement. Le  lieutenant  McCormack,  de  la  compagnie  du  capitaine 
McCurdy,  et  trois  de  ses  hommes  et  deux  hommes  de  l'infanterie  légère 
du  35',  s'étant  avancés  trop  loin  furent  pris  par  les  prisonniers  [Acadiens  . 
Le  major  a  été  informé  que  le  capitaine  du  corsaire  qui  fut  blessé  au  talon 
le  printemps  dernier,  lors  de  sa  rencontre  avec  la  compagnie  de  rangers  du 
capitaine  Danks,  se  faisait  soigner  à  Miramichi.  Les  prisonniers  lui  ont 
appris  aussi  qu'il  se  trouvait  au-delà  de  200  sauvages  à  la  rivière  St-Jean 
lorsque  nous  y  arrivâmes,  mais  que  leur  chef  ne  leur  permit  pas  de  tirer  e: 
leur  fit  remonter  la  rivière — et  qu'une  fois  rendus  à  leur  établissement 
appelé  Oauckpack,  situé  à  deux  lieues  au-dessus  de  Sainte- Anne,  le  Père 
Germain,  leur  prêtre,  craignant  quelque  coup  de  trahison  de  notre  part, 
les  dirigea  vers  le  Canada.  Quelques  prisonniers  dont  on  s'était  servi  sur 
la  rivière  Saint-Jean  dirent  au  major  que  la  rivière  au-dessus  de  l'île 
Métis  n'était  navigable  que  pour  de  très  petits  vaisseaux. 

20  novembre  Le  transport  Lord  Blackeney  met  à  la  voile  pour   New  York  avec   les 

officiers  du  35e  et  de  mon  bataillon  qui  sont  chargés  de  faire  du  recrute- 
ment. Les  malades  du  35e  s'en  vont  à  Annapolis.  A  l'exception  de  ceux 
qui  doivent  transporter  mon  bataillon  à  Halifax,  j'ai  congédié  les  autres 
transports  et  soldé  les  montants  qui  leur  étaient  dus  conformément  à  leur 
charte-partie — nous  nous  servirons  de  petits  vaisseaux  pour  transporter  les 
troupes  qui  seront  placées  en  garnison  sur  la  baie.  Toutes  les  troupes  sont 
embarquées — le  2e  bataillon  R.A.R.  pour  Halifax — le  lieutenant-colonel 
Fletcher  avec  cinq  compagnies  pour  Annapolis — le  major  Morris  reste  ici 
avec  trois  compagnies — et  après  avoir  donné  tous  les  ordres  nécessaires  je 
me  suis  rendu  ce  soir  à  bord  du  Squirrel,  vaisseau  de  guerre. 

J'ai  laissé  les  trois  compagnies  de  rangers  des  capitaines  McCurdy, 
Stark  et  Danks  pour  couper  du  bois  de  chauffage  pour  la  garnison — comme 
les  ordres  du  général  Amherst  comportent  qu'aucune  de  ces  compagnies  ne 
doit  retourner  sur  le  continent  pour  le  moment  j'ai  donné  ordre  à  celle  du 
capitaine  McCurdy  de  se  baraquer  pour  passer  l'hiver  ici,  et  aux  deux 
autres  de  revenir  à  Halifax  sur  les  vaisseaux  que  je  leur  laissais,  après 
avoir  complété  la  provision  de  bois — j'ai  donné  ordre  au  capitaine  Goreham 
d'embxrquer  avec  le  reste  de  sa  compagnie   sur  le  sloop  qui  avait  été  pria  — 


OE  VE  VLOQIl    m       L(   [DU  \       IVEi    DÛ<  <  Ml  \  i  Ml 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

it  .in  oapil  •  -i.     I :•  ■     ■  ■ 

SOIllllr, 

|]  novembre  ti  qui  doivonl    •    rrrnlir  i  Annupoli    <>t  1 1  fai(  roilede 

heure  oc  matin     A  dix  heurts  environ,  no  ri(  roile  poui  Ha 

i;ol;i    MON(  KTO 
ooloneli  oommandanl  l<  tillon  d 

A  Bon  Excellon 

la  ii  Amhfl  End  i 

Journal  «lu  brigadit  i     i  titrai  Ekfom  Ict 
depui      on  i  lép/i  1 i  «I  I  In  lir.i  ■-.   m 
i  etour  de  la  rh  lèi 
Joint  a  la  loi t re  «lu  maj< 
Ainlifi  !  du  1 9  jani  ier  1 7 

Extrait  cFuni  '■■'  bf       •  '>■   au  fr'dMteftanJ  r,i»->ir  /<  £. 

(Copié  d<       (     il  mers  Paj  de  la  bibliothèque  de  N.l 

Etivii  m    8 1  •'  i    v   1  1  novembre  17 

#  *  #  *  « 

Je  regrette  de  ne  pouvoir  voua  transmettre  un  compte  rendu  plui  nt  de 

notre  expédition  sur  le  haut  de  cette  rivière  —  Les  retards  inévitables  que  nous  avons 
subis  et  les  obstables  que  nous  avons  rencontrés,  nous  ont  empêchés  de  remonte]  au 
de  vingt   trois    lieues — il  nous  aurait,   fallu  faire   dix  lieues   «Je  plus  pour   atteindre 
Anne.    Cependant  d'après  des  renseignements  exacts  que   j'ai  obtenus,  Ste-Anne  i 
qu'un  village  et  il  n'y  a  aucune  trace  de  fort  à  cet  endroit. 

Nous  avons  brûlé  un  village  [à  Grimrose]  et  quelques  maisons  .'par-'  tus  avons 

détruit  tout  ce  qui  aurait  pu  être  de  quelque  utilité  aux  habitants — aussi  je  crois  qu'ils 
seront  forcés  de  passer  au  Canada  le  printemps  prochain.  Une  fois  les  rapides  franchis 
j'ai  constaté  que  je  n'avais  jamais  vu  une  plus  belle  rivière. 

Nous  venons  de  terminer  ici  un  fort  assez  considérable,  à  l'endroit  où  était  situé  le 
vieux  fort  français — ce  fort  nous  sera  d'une  grande  utilité  à  l'avenir,  si  nous  avons  quel- 
que entreprise  à  poursuivre  dans  cette  localité. 

*  Le  major  Morris  passe  l'hiver  ici  avec  300  hommes. 

Amherst  à   William  Pitt. 

19  avril  1759. 

Un  rapport  du  major  Morris,  commandant  au  fort  Frederick,  rivière  St-Jean,  baie 
de  Fundy,  m'informe  que  le  capitaine  McCurdy  qui  commandait  une  compagnie  de 
rangers  à  cet  endroit,  a  été  tué  par  la  chute  d'un  arbre  lors  d'une  expédition  à  la  tête 
d'un  détachement  d'éclaireurs  ;  que  le  lieutenant  Hazzen,  après  cet  accident,  à  remonté 
la  rivière  St-Jean  avec  un  détachement  et  que  le  19  février  il  s'est  rendu  au-delà  de  Ste 
Anne,  qu'il  a  brûlé  et  détruit  ce  village,  tué  six  personnes,  fait  six  prisonniers  et  que 
cinq  personnes  ont  pris  la  fuite  ;  qu'ensuite  le  lieutenant  est  retourné  au  fort  le  5  mars 
avec  ses  prisonniers  sans  avoir  perdu  un  seul  homme  ;  que  l'un  des  prisonniers  nommé 
Beauséjour  était  porteur  d'une  commission  de  major  de  milice  pour  la  rivière  St-Jean, 
signée  de  monsieur  de  Galissonière  en  1749  ;  qui  d'après  certains  renseignements  la 
plupart  des  habitants  de  cette  rivière  sont  allés  au  Canada  l'automne  dernier,  que  la 
population  de  cette  localité  avant  l'arrivée  des  troupes  anglaises  se  composait  de 
quarante  familles  ;  que  quatorze  ou  quinze  familles  avaient  pour  chefs  des  jeunes  gens 
qui  s'étaient  enfui  d'Annapolis  en  1755  et  étaient  allés  s'établir  à  Grimrose  qui  a  été 
détruit  par  le  brigadier  général  Monckton  ;  que  le  reste  des  habitants,  maintenant  que 
le  lieutenant  Hazzen  a  brûlé  au-delà  de  cent  constructions,  tué  les  bestiaux  et  ravagé 
les  propriétés,  se  trouvera  dans  l'impossibilité  de  rester  dans  cet  endroit. 


304  ARCHH  /->  CANADIE  VNE& 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Extrait  du  journal  du  i         n  John   Burrbll  (a)    1759-1760. 

*  *  *  *  * 

Le  jeudi,  18  [octobre]  trois  Français  B€  sont  avancés  avec  un  pavillon  parlementai- 
re. Ils  nous  ont  informé  <jue  Québec  était  à  nous  et  nous  ont  offert  de  se  rendre  à  la 
nation  anglaise.  Québec  est  tombé  en  notre  pouvoir  le  17  septembre.  Le  vendredi,  le 
colonel  est  allé  à  Annapolis  ;  un  des  Français  la  accompagné  sur  le  petit  senau.  Le 
jeudi,  23  octobre  1759,  le  colonel  est  revenu  d* Annapolis.  Le  mercredi,  24,  un  détache- 
ment, composé  de  deux  capitaines,  trois  lieutenants,  trois  sergents,  trois  caporaux,  81 
soldats,  du  colonel  et  du  médecin  alla  au  haut  de  le  rivière  St-Jean  sur  un  vaisseau  venu 
d'Annapolis. 

Le  dimanche,  4  [novembre],  il  venta.  *  * 

Le  lieutenant  Hutchin  est  revenu  et  nous  apporte  la  nouvelle  que  les  Français  se 
rendaient  aussi  rapidement  qu'ils  le  pouvaient.  Le  lundi,  5,  une  famille  des  Français 
est  venue  au  fort  *  *  * 

Le  mercredi,  7,  le  colonel  et  tout  le  détachement  sont  revenus  avec  trente  familles 
françaises  y  compris  les  femmes  et  les  enfants.  * 

Le  mardi,  13,  environ  une  vingtaine  de  sauvages  se  sont  rendus  et  ont  eu  leurs  ra- 
tions ;  le  prêtre  lui-même  s'est  livré.  *  *  * 

Le  dimanche,  27  [janvier  1760]  notre  colonel  s'est  embarqué  pour  Halifax  avec  une 
partie  des  Français.  Le  lundi,  28,  les  femmes  et  les  enfants  ont  été  embarqués  et  le 
mardi,  29,  les  vaisseaux  sont  partis.  Le  mercredi,  13  [février]  notre  capitaine  Parker 
avec  un  détachement  est  allé  au  tort  Bobares.   [Boishébert]  * 

Le  mercredi,  12  [mars]  le  colonel  est  revenu  de  Halifax  avec  tous  ceux  qui  l'y 
avaient  accompagné.      Deux  familles  de  Français  sont  venues  de  Québec. 

ACADIENS    DE    P0B0MK0U    ET    DE    LA    RIVIÈRE    St.    JEAN. 

Le  25  janvier  1760,  le  Président  du  Conseil  de  Marine,  à  Versailles,  mande  à  M. 
Deshayes  qu'il  a  reçu  sa  lettre  l'informant  de  l'arrivée  à  Cherbourg  du  paquebot  anglais 
La  Marie,  avec  147  Acadiens  restant  de  152  embarqués  à  Halifax.  Il  lui  demande 
d'envoyer  une  liste  de  ces  nouveaux  arrivés  qui  seront  secourus  comme  les  autres,  et  con- 
sent à  la  dépense  de  3,235  livres  pour  leur  fournir  des  vêtements. 

Le  12  août  1760,  le  Président  du  Conseil  de  Marine  écrit  à  M.  D'Albadie  qu'il  a 
reçu  sa  lettre  par  laquelle  il  l'informe  de  l'arrivée  à  LaRochelle  du  paquebot  anglais  La 
Marie  Anne  partie  de  Louisbourg  le  12  juillet  avec  110  prisonniers,  parmi  lesquels  se 
trouvaient  9  familles  qui  s'étaient  réfugiées  à  l'Acadie  après  la  prise  de  l'isle  Royale,  et 
pour  lesquelles  M.  Maillart,  missionnaire,  a  capitulé  avec  les  Anglais. 

Le  16  du  même  mois,  le  même  écrit  au  même  qu'il  a  reçu  les  listes  des  habitants 
qui  s'étaient  retirés  dans  les  bois  pour  passer  à  Québec  lorsque  l'isle  Royale  a  été  prise 
et  qui  sont  venus  en  France  sur  les  Parlementaires  La  Marie  et  Le  Windsor. 

Séance  du  Conseil,  Halifax,  10  mars  1760. 

Présents  : 

Son  Excellence  le  gouverneur 

Jno.  Belcher 
Jno.  Collier 

Chas.  Morris         !    r*        .» 

D.  ,,,  D  ,,  ,         >  Conseillers 
Rien  d  Bulkley     ( 

Thos.  Saul 

Jos.  Gerrish 

Son  Excellence  communique  au  Conseil  l'extrait  d  une  lettre  qu'il  a  reçue  du  général 
Amherst  par  laquelle  celui-ci  déclare  qu'il  approuve   les  mesures  prises  pour  enlever  les 

(a)  Cet  officier  était  sergent  dans  la  compagnie  du  'capitaine  Moses    Parker,   des  troupes   du  Mass  a 
chusetts.     Cette  compagnie  fut  en  garnison  à  St-Jean,  N.B.,  de  1759  à  1760. 


(il   \  I    M  0(11  ti    /'/   i      \>     \I'H    \'t       II/'      I""   '    1//    \  /> 


DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

babitao     français  de  leun  établi    ementi  de  ta  I 

lence  da  les  transporter  en   Europe  comme  pri  onnier    de 

Sun  Bxcellenoe  informe  le  Conseil  que  de    ren«oignemen1    n  rland  lui 

ont  apprit   qu'il    y  avait    prèi  de  dousi    oenl     huiui  mi     h  r-emi,;. 

endroit,  el  qu'en  outre,  oe    habitant    étant  lur  !••  mAme  )>i<<l  qui 

Jean,  il  lerait  peut  être  pn  [érable  •  J«-  se   |in>euicr  de 

semble  en  Europe 

Le  Conseil  trouve  que  cette    mesur<    i   I    opportune  et  menu*  absolu meni 
pour  permettre  aux  personnes  venuei    du  continent  de  s'ét  inten 

..il   être  exj aux  incursion    des  habitant    françai    ;  une  foi  le  la 

province,  les  oolono  y  vivront  en  parfaite  lûreté  car  les  «auvi  ireux  rie 

vivre  en  i >«i  î x  et  des  I  rait  -    ont  déjà  été  conclui  avec  plu  leurs  tribu  , 


-  gné)    JNO,   DUPONT, 

secrétaire  «lu  ( 'on 


CHAS.   LAWRENt  I. 


EXTF  Mis    DBfl    àRCHH  EÉ    D1      M  181  H  Ht  O.  > 

Conformément  aux  ordres  de  le  législature  en  date  du  22  janvier  17">7,  la 
vante  des  habitants  français  de  la  Nouvelle  Ecosse  résidant  dans  le  loin-  de  Braintn 
..  été  préparée  par  les  conseillers  le  --r>  avril  1  7 ~> 7  ;  cette   liste  contient    les  noms  <:• 
habitants  et  des  renseignements  au  Bujet  de  leur  état  <1<-  santé,  etc. 


Nom-;. 


li  re  famille  : 

Pierre  Braux 

Anne  Braux  [  Anne  LeBlanc] 

Joseph  Braux  [Veuf  de  EJizabeth  Thibodeau].  ■  • 

Joseph  Braux,  Jr 

Amon  Braux 

Joseph  S.-iml.  Braux 

Margaret  Braux 

2me  famille  : 

Ammon  Braux 

Magdeleu  Braux  (Madeleine  LeBlanc) 

Mary  Braux 

John  Braux 

Joseph  Braux 

Magdelan  Braux 

Margaret  Braux 

3me  famille  : 

Francis  Leblond  [LeBlanc]  

Joan  LeBlond  [Jeanne  Hébert] 

James  LeBlond  [Jacques  LeBlanc]. 

Catherine  LeBlond  [Landry] 

Mary  Magdalen  LeBlond 

John  Baptist  LeBlond 

Beloni  LeBlond 


87  ans 

77 
:>i 
18 
17 
15 
19 

40 
36 

11  ou  12 

î) 

7 

5 

'6 

75 

72 
51 
49 
14 
12 
7 


]£tat  de  panté. 


<  ';i|-:il»l<-  ou   il 

pable  de  trai  ailler 


[nvali  le 
Invalide 
[n  valide 


Invalide 

•Sujette  aux  convulsion- 


Sur  le  point  d'accoucher 

Faible 


Invalide 
do 

Faible 
do 


Incapable 
do 

do 
do 
do 
do 
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(  lapable 
Incapal 
do 
do 
do 
do 
do 

Incapable 
do 

Capable  (en  part. 

(I  n 

<  «apable 

do 
Incapable 


Ire  famille. — N'a  que  deux  lits  dont  les  couvertures  sont  usées.  Ces  gens  n'ont  ni 
linge  ni  chemises  ;  les  vieillards  ont  reçu  les  pauvres  vêtements  qu'ils  portent  du  capi- 
pitaine  Thayer  avec  lequel  ils  ont  vécu,  tel  que  mentionné  dans  ce  rapport. 

2me  famille. — N'a  qu'un  lit  qui  ne  vaut  pas  mieux  que  celui  de  la  famille  précé- 
dente ;  tous  les  membres  de  cette  famille  sont  pauvrement  vêtus  ;  cependant  avec  l'aide 
de  M.  Ramson  avec  lequel  ils  demeurent,  ils  ont  pu  se  confectionner  eux-mêmes  des 
vêtements,  selon  le  témoignage  de  M.  Ramson. 

(a)  Ces  extraits  sont  reproduits  pour  établir  la  valeur  des  données  généalogiques  contenues  dans  les 
archives  du  Massachusetts  concernant  les  Acadiens  déportés  dans  cette  province  en  1755. 
(6)  Braintree  est  à  dix  milles  au  sud  de  Boston. 


306  ARCHIVI.s  r.w.ADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

3me  famille. — Possède  un  lit  médiocre  ;  cette  famille,  par  son  travail,  est  parvenue 
à  se  vêtir  convenablement. 
Signé  «les  conseillers.  | 

FAMILLE  DE  FRANÇOIS  LEBLANC. 

L'honorable  comité  nommé  par  la  Législature  de  la  province  de  la  baie  de  Massachusetts 
pour  placer  les  habitants  français  de  la  Nouvelle-Ecosse,  aux  conseillers  d'Oxford  doit 
pour  1  entretien  et  la  pension  de  Francis  LeBlanc,  de  sa  femme  et  de  ses  sept  enfants, 
du  6  octobre  1750  au  1er  mars  1757  y  compris  le  logement,  le  bois  de  chauffage,  etc. 
£15,  6,  6  en  monnaie  ayant  cours. 

Une  liste  des  vivres  fournis  à  Francis  Leblanc  et  à  sa  famille  du  6  octobre  175»'» 
au  l"r  mars  1757  par  Duncan  Campbell  sur  l'ordre  des  conseillers  [puis  vient  une  facture 
énumérant  tous  les  articles  qui  forment  un   montant  de  <£15,  8,  3.J 

Les  noms  des  membres  de  cette  famille  sont  donnés  ci-après. 

François  Leblanc  et  sa  femme  Marie,   âgée  d'environ  40  ans. 

Trois  fils  et  trois  filles,  savoir  : 

Joseph  LeBlanc,  fils  aîné  17  ans. 

François  Leblanc,  Jr.  9  ans. 

Jean  Baptiste  5  ans. 
filles 

Mary  LeBlanc  1 1  ans. 

Isabella  LeBlanc  8  ans. 

Margaret  4  ans. 

Une  fille  est  née  depuis  leur  arrivée  à  Oxford  il  y  a  quinze  mois  ;  elle  n'a  pas  de 
nom. 

Les  hommes  sont  employés  aux  travaux  des  champs.  Les  femmes  sont  employées 
à  filer.  Les  membres  de  cette  famille  ont  été  sérieusement  malades  durant  l'hiver 
dernier. 

Oxford,   11  août  1757. 

L'entretien  et  la  nourriture  de  Francis  LeBlanc,  de  sa  femme  et  de  ses  sept  enfants, 
du  1er  mai  1757  au  11  août  de  la  même  année,  y  compris  le  logement  se  montent  à  <£18, 
13,  8,  argent  ayant  cours. 

Rapport  concernant  la  famille  de  Francis  LeBlanc,  daté  de  Needham  le 

20  décembre  1857. 

Un  viellard  âgé  de  près  de  70  ans  et  sa  femme  ;  un  fils  dans  un  misérable  état  de 
santé  depuis  près  d'une  année  ayant  une  femme  et  trois  petits  enfants.  Le  père  et  la 
mère  n'ont  pu  rien  faire  pour  pourvoir  à  leur  subsistance  ;  un  autre  fils  a  été  malade 
aussi  pendant  plusieurs  mois  et  la  santé  d'une  fille  a  été  très  mauvaise  durant  l'été 
dernier. 

Liste  des  membres  de  la  famille  de  Francis  Landry. 

Francis  Landry  et  sa  femme,  âgés  d'environ  70  ans. 
Enfants — Charles  Landry  35  ans. 

Germain  30     m 

Ozet  26     m 

Ipswick,   31  janvier  1757. 

Liste  des  membres  de  la  famille  de  Jean  Landry. 

John  Landry  et  Margaret  Landry,  sa  femme. 
Enfants — Mary  Landry  12  ans. 
Margaret  10     m 

Nanne  8     u 

Ozet  6     ii 


<,i  \ i  1/ oan  dei    u  i/'//  \     ïvb(   ooi  i  mi  \  i  807 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

M.mIIiii  I    m, 

l'YillH    I  2         II 

M  John  i  p  u  lok  '  9  moi 

/./  \U  dé    mêmbi  ■    <!•  l&famill    ci    Paul  A     i 

Paul    l>re;m  et    M.uv  .!<»  rph,  su  femme 

Enfants     Joseph  l  l  uns. 

John  12    m 

Narine  8     h 

Mui\  8        M 

John  Baptiste 
Elizabeth  2  m< 

Rapport  préparé  conformément  aux  instructions  do  la  Législai 

et  l'étal  de  santé  des  Français  neutres  envoyés  au   bourg  de  Waltnam,  où   li 
nombre  de  1 1  d'abord  s'esl  augmenté  d  an  nouveau  né  depuis  leur  arrivi 
Augusl  Hebirt  [Hébert]  et  m  femme    Anne  Boudrot]  âgé  de  6  ue 

de  travailler 

Peter  Hébert,  leur  fila,  B9  ans,  capable  de  travailler  si    i  femme   Marie  Joseph 
CloatreJ  incapable  de  travailler  à  un  jeune 

entant  

Les  oinq  enfants  de  Peter  Hébert  et  de  sa  femme  :  savoir,  deux  fils  et  trois  fil 

dont  l'aîné  n'a  que  3  ans   , . .  •    

Àntwin  [Antoine]  Hébert,  fils  d'Auguste  et  sa  femme  âgé  de  26  ans,  en  boni 

santé  et  capable  «le  t  ravailler 1 

Mary  Hébert,  fille  d'Auguste  et  de  sa  femmeâgée  de  23  ans,  santé  délicate 1 

Margaret  Hébert,  fille  d'Auguste  etde  sa  femme,  âgée  de  21  ans,  en  bo 

et  capable  de  t  ravailler   1 

Margaret  Joseph  Hébert,  fille  d'Auguste  et  de  sa  femme,  âgée  de  19  ans,  en  bonne 

santé  et  capable  de  travailler 1 

John  Hébert,  petit  fils   d'Auguste  et  de  sa,   femme,   sourd   et  muet,  incapable  de 

travailler 1 

Sam  Wliite  |  Anselme  Leblanc]  dont  le  père  nous  est  inconnu,  est  âgé  de  27  ai 

souffre  de  l'asthme  et  est  incapable  de  travailler 1 

15 
SAMUEL  LIVKlïMORE  ]     r        .„ 

ISAAC  STEARNS  I     ^on*?lllers 

JONATHAN  SANDERSON  w  ,f,e 

DANIEL  CHILD  J     Waltnam- 

Les  Acadiens  de  Vile  Madame. 

A  Son  Excellence  Joseph  Frédéric  Wallet  DesBarres,  lieutenant-gouverneur  et  com- 
mandant en  chef  de  l'île  du  Cap-Breton  de  Sa  Majesté  et  des  territoires  adja- 
cents, etc.,  etc. 

Nous,  sujets  Acadiens  fidèles  à  Sa  Majesté,  habitants  de  l'île  Madame  qui  fait  partie 
du  gouvernement  du  Cap-Breton,  prenons  la  liberté  de  vous  exprimer  publiquement  notre 
satisfaction  d'apprendre  que  vous  avez  été  chargé  de  l'administration  de  cette  jeune 
colonie.  Nous  entretenons  l'espoir  de  jouir  entièrement  des  privilèges  réservés  aux  sujets 
britanniques  sous  le  gouvernement  de  Votre  Excellence. 

Nous  avons  choisi  cet  endroit  pour  y  former  un  établissement  et  nous  souhaitons  y 
jouir  de  cette  tranquillité  qui  nous  est  si  chère,  depuis  les  grandes  infortunes  et  les  nom- 
breux malheurs  qui  nous  ont  assaillis. 

Nous  espérons  que  les  rapports  que  Votre  Excellence  fera  à  la  mère  patrie  de  nos 
souffrances  et  de  notre  fidélité,  nous  mériteront  la  protection  et  l'encouragement  dont 
nous  avons  besoin  pour  le  développement  de  notre  industrie,  pour  rendre  les  services  que 


308 


ihcnn  />  t  i  \.i   //.  \.\  es 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

nous  avons  à  cœur  le  rendre  à  l'Etal  e<  devenir  un  peuple  prospère  et  heureux.  Nous 
avons  raison  de  croire  que  notre  conduite  lors  des  dernières  dissensions  en  Amérique 
nous  méritera  quelque  attention  à  l'avenir  et  que  nous  avons  donné  des  preuves  indis- 
cutables de  notre  allégeance  et  de  notre  loyauté  à  Notre  très  gracieux  Souverain  et  de 
notre  attachemenl  au  gouvernement  britannique. 

Nous  n'ignorons  pas  que  m&lgré  toul  votre  zèle,  Votre  Excellence  aura  des  diffii 
,  combattre  pour  assurer  la  prospérité  et  le  peuplement  de  cette  riche  contrée,  mais 
nous  Bornai  ts  convaincus  que  vous  p  tssédez  toutes  les  aptitudes  nécessaires  pour  vaincre 
tous  Les  obstacles  et  mettre  en  pratique  les  mesure--  sages  et  bienveillantes  que  la  mère- 
patrie  croit  nécessaires  pour  affermir  ^on  pouvoir  et  protéger  son  commerce  dans  ce*„te 
partie  du  royaume. 

Permettez-nous  d'adresser  nos  remerciements  à  Votre  Excellence  qui  nous  a  trans- 
mis par  une  lettre  publique  l'assurance  que  les  terres-  que  nous  possédons  nous  seraient 
concédées  aussitôt  que  les  circonstances  le  permettront  et  votre  intention  d'honorer 
notre  et  d>lissement  de  votre  visite  au  cours  de  l'été  prochain.  Nous  désirons  en  même 
temps  témoigner  notre  reconnaissance  à  Votre  Excellence  qui  nous  a  permis  d'ériger 
une  église  pour  l'exercice  public  de  notre  sainte  religion  et  une  école  pour  l'instruction 
de  nos  enfants. 

Nous  prenons  la  liberté  de  faire  remarquer  à  Votre  Excellence  que  la  pèche  est 
notre  seul  moyen  de  subsistance  et  que  nous  espérons  que  vous  aurez  la  bonté  de  faire 
exempter  de  toute  taxe  et  de  tout  impôt  nos  chaloupes  et  les  autres  matériaux  dont 
nous  avons  besoin. 

Nous  avons  l'honneur  d'être,  etc. 

Signée  de  soixante  et  dix  chefs  de  famille*. 


R.  Terrieaux. 

8.  Forrest. 

P.  Bauséjour. 

C.  Budro  de  L'Ardoise. 

M.  Porryere  [Poirier]. 

A.  Belfontaine. 

R.  LaBlanc. 

J.  Forgeron. 

P.  Forgeron. 

J.  Forgeron. 

J.  Forrest. 

A.  Landry. 

S.  Forrest,  Junr. 

S.  Terrieaux. 

A,  Muniel  [Morel]. 

V.  Terrieux  [Terriot], 

M.  Forrest. 

C.  Martel. 

C.  B.  Micip  [MiusJ. 

J.  Martel. 

S.  Brussare  [Broussard]. 

A.  Landry. 

J.  Budro  [Boudrot]. 

Arichat,  8  mars  1786. 
Endossée 


J.  Dugas.  L.  Benois. 

E.  Marchand.  C.  LaBlanc. 

L.  Marchand.  J.  Sanson. 

P.  Budro.  J.  Dugau  [Dugas]. 

C.  Porryere.  Senr.  [Poirier].  F.  Prévost. 


F.  LaBlanc. 
Jean  A.  Landrie. 
Josh.  A.  Landrie. 
H.  Forrest. 

F.  Forrest. 

J.  C.  Hibert  [Hébert]. 

A.  LaBlanc. 
P.  Porryere. 

G.  LaVache. 

J.  DeVoe  [De veau]. 
P.  Buik  [Bourque]. 
J.  Burk. 
J.  LaBay  Landrie. 

B.  Girraware  [Girouard]. 


J.  Forugere   [Fougère 
M.Budaine  [BabinouBoutin]  C   Fougère 
J.  Anrie  [Henry].  C.  DeVoe. 

G.  Charpentier. 


J.  Forgere. 

P.  Girraware. 

J.  LaBay  Landrie,  Junr. 

A.  L'A  vannier. 

M.  Budro. 

V.  LaBlanc. 

M.  LaBlanc. 

J.  DeRoche. 

A.  DeRoche. 
M.  Sanson. 

B.  Martell. 
S.  Fougère. 
J.  Richard. 
J.  Fougère. 
P.  Babane  [Pabin]. 


Le  8  mars  1786.  —  Adresse  des  Acadiens  au  gouverneur  DesBarres. 

Aux  fidèles  sujets  acadiens  de  Sa  Majesté  des  îles  Richmond  [île  Madame]  : — 

Messieurs, — J'ai  reçu  votre  adresse  affectueuse  C'est  avec  le  plus  grand  plaisir 
que  je  vous  donne  l'assurance  que  votre  fidélité,  votre  loyauté  et  votre  attachement  à 
Notre  Très  Gracieux  Roi  et  au  gouvernement  britannique  vous   vaudra  à  l'avenir  toute 


i.i  \  i   i  hOQli    i»i       WA  OH  \       [YEi    /">'  '  '//  \  /  M  i 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

la  protection  el  toul  l'encouragement  qu'il  ion  ai m  pouvoii 

\<»us  aideront  à  devenir  un  peuple  heureux  el  pro  p<  re 

J'ai  donné  des  inat motions  auivant    votre  d<   ir  au    uj< 
pêche. 

Je  Miis  avec  la  plu    grande  iinoé*rité\  votre  ftdMe  e(  obéisaanl    ai 

.1.  P,   DE8BARRE 

Sidney,  1 2  mars  1 786. 

Endossée  :  La  12  mars  1786.     Itépon  e  du  ^ouvcninur  n  1  ;i« 1 1  »-  -  -«• 

/'-  iition  oomu  1  nant  ls%  co\  aux  A  ad 

A  l'honorable  William   Bkfaoarmiok,  lieutenant  goi  u   de  l'Ile  au  Cap-B 

de  Sa  Majesté,  en  Amérique. 

La  pétition  «le   Richard  Gibbona,  éor.,  juge  <•»!  chef  et  président  du  1 
Majesté  de  l'île  du  Oap  Breton  el  de  ses  dépendances,  expose  humblement 

Qu'un  nombre  considérable  de  Familles  des    inciens  habitant    fran  ai    delà 
pelle-Ecosse  résident  actuellement   dans  la  dite  île  du  Cap-Breton  où  elle    font  la  pi 
e  li\  rcut  à  d'autres  1 r*\ aux  }>'»ui  \  n  re. 

Que  ces  gens  désirent    rester  dans  la  dite  île  et  s'j  rendre  utiles   pourvu  qo'on  leur 
fasse  des  concession!  «le  terres  c  mime  <»n  l'a  fait  à  leurs  compatriotes,  !' 
Nouvelle  Ecosse  ;  que  oes  concessions  leur  onl  été  refusées  jusqu  ■*-  pr<   ent  <i  une 

clause  des  instructions  (le  Sa  Majesté  prescrivant  que  toute  personne  avant  d'obtenir 
concession  de  terre,  devra  au  préalable   non  seulement  prêter  le  .sonnent;  d'allégeance 
de  fidélité  mais  faire  et  signer  une  déclaration  contre  la  transubstantiation  ;  qu'il 
incapables  en  leur  qualité  de  catholiques  romains  de  ligner  une  telle  déclaration. 

Que  ces  habitants,  à  moins  qu'ils  n'obtiennent  des  concessions  d»-  terres,    vont  |> 
bablement  s'en  aller  avec  leurs  familles  dans  d'autres  endroits  où  il  leur  Bera  permis  d 
quérir  et  de  posséder  des  terres  en  prêtant  le  serment  ordinaire,  sans  l'obligation  de  faire 
et  signer  une   déclaration    contre   la  transubstantiation  ;  que   votre   gouvernement,    | 
leur  départ,  perdra  un  nombre  considérable  de  bons  colons. 

Que    votre    pétitionnaire     croit    de    son    devoir  de    soumettre    à    Votre    Home 
telle  modification  des  instructions  de  Sa  Majesté   qui  vous  permettrait  de  faire  des  con- 
cessions de  terres  dans  Votre  Gouvernement  aux  personnes  ci-dessus  ou  à  d'autres  loya 
sujets  appartenant  à  la  même  religion  qui  désireraient   venir  s'établir  dans   cette  par 
des  possessions  de  Sa  Majesté. 

Le  tout  vous  est  humblement  soumis 

R.  GIBBONS. 

Sidney,  23  octobre  1787. 

Milord, — J'espère  que  Votre  Seigneurie  me  pardonnera  la  liberté  que  je  prends  des 
lui  apprendre  que  le  Conseil  de  Sa  Majesté  désire  ardemment  que  des  mesures  soient 
prises  pour  dispenser  à  l'avenir,  les  personnes  qui  désireront  obtenir  des  concessions  de 
terres  dans  ce  gouvernement,  de  cette  partie  du  serment  incompatible  avec  les  croyance- 
des  catholiques.  Je  veux  parler  du  serment  concernant  la  transubstantiation  ;  cette  for- 
malité est  un  obstacle  qui  empêche  de  faire  des  concessions  à  un  grand  nombre  d'habi- 
tants industrieux  à  Conway  Harbour  (a)  et  à  d'autres  endroits,  et  qui  sont  les  seuls  à 
faire  de  la  pêche  sur  l'île.  J'ai  écrit  au  gouverneur  Pair  pour  lui  demander  de  me  faire 
connaître  la  méthode  qui  avait  été  suivie  dans  son  gouvernement,  et  j'ai  l'intention  de 
suivre  la  même  conduite  en  attendant  que  j'aie  l'honneur  de  recevoir  les  instructions  de 
Sa  Majesté,  car  je  suis  alarmé  de  la  résolution  que  ces  habitants  industrieux  ont  prise 
de  quitter  l'île  si  on  leur  refuse  encore  des  concessions  à  cause  de  leurs  croyances  reli- 
gieuses. 

(")  Aujourd'hui  le  havre  d'Arichat,  situé  au -sud,  sud-ouest  de  l'île  Madame. 


310  M:<  m\  ES  <   1  S  i/>//.\  VI  > 


5-6  EDOUARD  VII.  A.  1906 


Comme  j'ai  raison  de  croire  que  les  concessions  de  terres  doivent  se  faire  sans  retard 
j'ai  fait  donner  avis  que  le  Conseil  de  Sa  Majesté  considérera  toutes  les  demandes  de 
concession  de  terre,  le  lundi  de  chaque  semaine  jusqu'au  mois  de  février  1788.  J'ai  aussi 
demandé  à  l'arpenteur  général  des  bois  de  8a  Majesté  de  nommer  un  substitut  pour  rem- 
placer M.  Rogera  (qui  a  quitté  l'île  sans  permission)  afin  (pie  notre  groupe  de  colons  ne 
soit  en  aucune  façon  privé  de  services  dont  il  pourrait  avoir  besoin. 

J'ai  l'honneur  d'être  Milord, 

de  Votre  Seigneurie,  le  plus  humble 

et  le  plus  obéissant  serviteur, 

W.  MACARMICK. 


A  une  séance  du  Conseil,  à  Sidney,  Cap-Breton,  le  samedi  27  octobre  1787. 

Présents  : 

Son  Honneur  le  lieutenant-gouverneur 

Le  juge  en  chef  Gibbons,  David  Mathews, 

William  Smith,  Thomas  Uncle, 

Le  lieutenant.colonel  Charles  Graham,  Abraham  Cuyler. 

L'honorable  lieutenant-gouverneur  informe  le  Conseil  qu'un  certain  nombre  de 
sujets  reconnus  comme  catholiques  romains  dont  les  uns  sont  de  l'île  du  Cap-Rreton  et 
les  autres  des  sujets-nés  britanniques  ont  demandé  des  concessions  de  terres  dans  l'île  du 
Cap-Breton.  Son  Honneur  exprime  son -incertitude  quant  à  son  pouvoir  de  faire  des  con- 
cessions de  terres  à  des  personnes  appartenant  à  cette  dénomination  religieuse,  sans  les 
obliger  à  se  conformer  entièrement  à  l'Acte  du  parlement  qui  s'oppose  fortement  à  leur 
.religion  ;  cependant  plusieurs  concessions  de  terres  ont  été  faites  à  des  catholiques  ro- 
mains dans  cette  île,  durant  l'administration  du  gouverneur  DesBarres  et  avant  de  ne  rien 
décider,  le  lieutenant-gouverneur  demande  l'opinion  du  Conseil.  Après  avoir  étudié  la 
question  le  Conseil  par  une  résolution  adoptée  à  l'unanimité  propose  à  Son  Honneur  de 
communiquer  aux  ministres  de  Sa  Majesté  dans  ses  dépêches,  les  circonstances  particuliè- 
res dans  lesquelles  se  trouvent  les  catholiques  romains  qui  demandent  des  terres,  et  la 
nécessité  de  dispenser  les  personnes  appartenant  à  leur  religion  de  l'obligation  de  signer 
la  déclaration  contre  la  transubstantiation,  vu  que  la  plupart  des  habitants  de  l'île  sont 
des  catholiques  romains  qui  sont  presque  seuls  à  faire  de  la  pêche  et  qu'il  en  sera  ainsi 
pendantlongtemps.  Le  Conseil  ayant  trouvé  dans  une  lettre  de  lord  Sydney  un  passage 
où  il  est  dit  que  des  ordres  et  des  instructions  concernant  le  gouvernement  de  cette  île 
seront  expédiées  par  lord  Dorchester  ;  puis  ayant  constaté  que  ni  ordres  ni  instructions 
de  cette  nature  n'avaient  été  transmises  par  le  lieutenant-gouverneur  DesBarres  (a)  à  Son 
Honneur  le  lieutenant-gouverneur  actuel,  propose  d'envoyer  immédiatement  à  Québec 
quelques  hommes  de  l'équipage  du  Relief  P acquêt  avec  des  dépêches  pour  lord  Dorchester 
afin  d'obtenir  les  ordres  et  les  instructions  que  Son  Excellence  peut  avoir  à  communiquer 
au  lieutenant-gouverneur  de  cette  île.  Le  Conseil  propose  en  outre  à  Son  Honneur  d'écri- 
re, à  la  prochaine  occasion,  au  lieutenant-gouverneur  Parr  à  Halifax  pour  le  solliciter  de 
faire  connaître  à  Son  Honneur  quelle  méthode  a  été  suivie  sous  son  gouvernement  pour 
faire  des  concessions  de  terres  aux  catholiques  romains  dans  la  Nouvelle-Ecosse  et  de  lui 
transmettre  une  copie  des  ordres  et  des  instructions  particulières  en  vertus  desquels  de 
telles  concessions  ont  été  faites,  avec  tout  autre  renseignement  à  ce  sujet. 

(a)  La  dernière  séance  du  Conseil  de  Sydney,  à  laquelle  DesBarres  a  assisté  est  le  lundi,  24  sept.  1787. 

La  séance  suivante  est  du  13  oct.  1787,  et  c'est  la  première  à  laquelle  assiste  le  colonel  William  Macar- 
mick,  successeur  de  DesBarres,  qui  ce  jour  mêm-î  s'embarqua  pour  l'Angleterre. 

Dans  une  lettre  datée  de  Sydney,  le  19  oct.  1787,  Macarmick  écrit  à  lord  Sydney  qu'il  a  fait  voile  de 
Gravesend  le  12  août  et  est  arrivé  à  Conway  Harbour,  [havre  d'Arichat]  le  7  oct.,  et  le  10  du  même  mois  à 
ydney. 


0J  \  /   1/  OQJi    i>i       U    \i'H  V<      iVEi    /""  i  l/l  •  ,11 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

NOTES  CONCERNANT  LA   DÉPORTATION    DE      tOADIEfl      PU! 

h  \\s  i.\   rie  \ i > i  rn>\   i;i    LE  901  \  BNIB 

Par  m    ii     ii    m    M  m  iuu  mi,   I 

Extrait     (0  > 

M  ichel  0  B  >n  frèn    l  *iei  pe  O  Bank    et  12  aul  rc    onl  m*rch< 

depuis  la  Caroline  da  Sud,  d'antre   disant  depuii  la  Sou  elle-Orléam  jn 

l;i  rivi»  rc  St    Laurent   i'l   <!<•  I:i  se    s<»n!     i  «-ik in      ■  n    ranof     ju   qu'à  (,'uriilx-r  lantJ 

\uriit  Leurs  femmes,  leurs  familles  e!  leur  terre  natale     l  0  Bu 

aux  environ!  da  M irarotohi. 

*  #  #  «  *  *  *  *  * 

Lee  A.oadiem  croient  que  les  Anglais  ont  < unis  Is  plu    grande  de  leui 

.■11  rit  usant  à  ceui  qui  oijl  été  déportée  de  Oumberlandel  de*  liine    1 1  lib 

gier  dans  1rs  ooloniee  «»ù  ils  auraient  préfère*  aller  et  bo  ne  ] -*-r iii«-i t ,-t itT  |..i    aux  ï> mmi-  »t 

aui  enfante  d'un  oertain  nombre  d'entre  eux  d'embarquer  bui  les  navires  1 

les  époux  et  les  pères  de  ces  infortunés  qui  furent   ensuite  mis  i  bord  de  vt 

s  (luis  d'autres  colonies  ;  procédé  qui  a  eu  pour  effet  de  démembrer  un  grand  non 
de  familles  <|ui  n'onl  pu  enoore  m  réunir.     Les  habitants  d  Annapoli    croient  qu'il  • 
cruel  <1«'  ne  pas  leur  permettre  de  disposer  de   leurs  bestiaux  et  de  U  nra  mobiliers  avant 
leur  départ. 

Lee  renseignements  concernant  Annapolis  et  les   Alinéa  ont    ét<    obi  de  Otbo 

Robichaux,  fils  de  Louis  Robichaux,  autrefois  d'Annapolis,  et  ceux  concernant  Cumber 
land  ont  été  fournis  par  plusieurs  t'ainillcs  du  nom  de  Savoix,  natives  de  Cumberland  et 
qui  résident  aujourd'hui  à  Miramichi.  Les  pères  <!<•  ces  familles  se  sont  évadés  du  fort 
Cumberland,  après  la  reddition  de  celui-ci  en  creusant  un  chemin  souterrain. 

En  1757,  M.  Beaubair  [Boisbebert,]  commandant  français  a  Miramichi 
que,  envoya   une  chaloupe  <iui  les  transporta  à  son   camp  avec  leur  famille  et  av; 
d'autres  proscrits   que  l'embarcation   pouvait   contenir.      Mais  à   cet  endroit   une  partie 
des  vivres  destinée  à  la  subsistance  des  troupes  et  des  Acadiens  ayant  été  trafiquée 
les  sauvages,   il  en  résulta  que  plus  de  500  Acadiens   moururent  à  la  pointe  Beaubair 
[Hoishébert]  durant  l'hiver  de  1758. 

(b)  PIERRE  BASTARACHE  ET  MARGUERITE  FOR  EST 
Mariés  à  Port-Royal,  le  19  janvier  1724. 

LEURS  ENFANTS  : 

Pierre,  né  le  21  novembre  1724,  baptisé  le  9  avril  1725,  épousa,  le  20  janvier  . 
Anne  Gaudet,  fille  de  Jean  Gaudet  et  de  Madeleine  Brun.  En  1751,  Pierre  émigra  de 
Port-Royal  à  Chinectou,  où  il  fut  fait  prisonnier  en  1755  et  transporté  à  la  Caroline  du 
Sud  avec  son  frère  Michel.  Tous  les  deux  revinrent  de  l'exil  en  1756  et  retrouvèrent 
leurs  femmes  et  leurs  enfants  qui  s'étaient  soustraits  à  la  déportation.  Pierre  mourut  à 
Bouctouche,  N.-B  ,  le  24  mars  1796  ;  ses  deux  fils  s'étaient  établis  à  cet  endroit  en  1784 
et  devinrent  les  ancêtres  de  tous  les  Bastarache  du  comté  de  Kent  et  des  autres  endroits. 
Ce  Pierre  Bastarache  est  le  Pierre  O'Bask  dont  parle  M.  Fraser. 

Jean- Baptiste,  né  le  17  avril  1726  et  baptisé  le  lendemain,  épousa  Marie  Joseph 
Comeau,  fille  de  François  Comeau  et  de  Marie  Laure,  de  Petkoudiack.  Il  s'est  soustrait 
à  la  déportation  et  plusieurs  années  après  il  retourna  à  Annapolis  avec  sa  famille  où  il 
mourut,  ne  laissant  qu'un  fils  et  plusieurs  filles  qui  s'établirent  dans  le  township  de 
Clare.  Son  fils  se  maria  et  devint  le  père  de  nombreux  enfants,  mais  comme  il  n'eut 
pas  d'enfant  mâle,  le  nom  de  Bastarache  est  éteint  aujourd'hui  à  la  baie  Sainte-Marie. 

(a)  Ces  extraits  sont  reproduits  du  tome  deuxième  de  la  Collection  des  documenta  inédits  tels  que 
publiés  en  1881),  par  Le  Cannda-Frnnrais,  page  94.     Ils  sont  très  incomplets. 

(b)  Né  à  Porc-Royal  le  18  juillet  1702  où  il  fut  baptisé  deux  mois  plus  tard,  il  décéda  au  dit  lieu  le  7 
mai  1751.  Il  était  fils  de  Jean  Bastarache,  ne  en  1658,  et  de  Huguette  Vincent.  Ce  Jean,  natif  de  France, 
est  la  tige  de  tous  les  Bastarache  acadiens.  Il  mourut  le  5  septembre  1733,  à  Port-Royal,  où  il  s'était 
marié  en  1680,  et  sa  femme  décéda  le  28  octobre  1717.     Les  Bastarache  avaient  le  surnom  de  Aubasque. 

(e)  Née  à  Port- Royal  en  1702,  de  René  Forest  et  de  Françoise  Dugas,  elle  y  décéda  le  27  mai  1747. 


312  ARCHIVES  t   I  \  IDIE  VNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


Annô,  née  Le  13  mats  17^^,  baptisée  le  28  avril  de  la  même  année,  épousa,  le  3 
février  17">1,  Jean- Baptiste  Gaudet  surnommé  Varna*/,  fils  de  Jean  Gaadet  et  de  Made- 
leine Brun.  Bile  mournl  &  Rlemeramoouk,  comté  de  Westmorland,  N.-B.,  le  31  août 
L814.  Anne  Gaudet,  leur  fille,  épousa  Charles  Gaudet,  bisaïeul  de  Placide  Gaudet. 
Ce  Charles  Gaudet  mourut  à  Memeramcouk  le  31  août  183G,  et  Anne,  sa  femme,  décé- 
da le  21  janvier  1840. 

Anne  Bastarache  et  son  mari,  Jean  Baptiste  Gaadet,  ne  furent  pas  déportés. 

àfichel,  né  le  7  février  1730,  baptisé  Le  s  avril  de  la  môme  année,  épousa,  à  Port- 
Etoyal,  le  12  juin  1753,  Marguerite  Gaudet,  fille  de  Jean  Gaudet  et  de  Madeleine  Brun. 
Il  émigra  a  Chincctou  où  il  fut  fait  prisonnier  et  envoyé  à  la  Caroline  du  Sud  d'où  il 
revint  en  175G.  En  1784,  il  s'établit  à  Tracadie,  comté  de  Gloucester,  N.-B.,  où  il 
mourut  le  15  janvier  1820.  Tous  ses  descendants,  qui  sont  très  nombreux,  portent 
aujourd'hui  le  nom  de  Basque  ou  de  Bask. 

Marguerite  née  le  19  novembre  1731,  baptisée  le  22  du  même  mois. 

Isabelle,  née  le  18  février  1734,  baptisée  le  18  avril  de  la  même  année. 

Xathalie,  née  le  22  juin  1738,  baptisée  le  lendemain,  épousa,  à  Petkoudiak,  le  17 
février  1756,  Justinien  Comeau,  fils  de  François  et  de  Marie  Madeleine  Laure.  Quel- 
ques mois  après,  Justinien  Comeau  et  son  épouse  s'en  allèrent  à  Miramichi  et  de  là  à 
Ristigouche.  Vers  1763,  ils  se  dirigèrent  avec  quelques  autres  familles  acadiennes  vers 
Annapolis  Royal,  où  i!s  résidaient  encore  au  mois  de  janvier  1770  d'après  un  rapport 
du  township  d'Annapolis,  du  5  janvier  1771,  dans  lequel  il  appert  que  Justin  Como  pos- 
sédait 100  acres  de  terre  couverte  de  bois,  trois  vaches,  deux  jeunes  veaux,  neuf  mou- 
tons, un  cochon  et  que  sa  famille  se  composait  de  cinq  enfants,  trois  garçons  et  deux 
filles. 

Jean  Bastarache,  son  beau-frère,  d'après  le  même  rapport,  avait  une  famille  de  six 
enfants  dont  un  garçon  et  cinq  filles  et  possédait  cent  acres  de  terre  couverts  de  bois, 
deux  bœufs,  trois  vaches,  quatre  veaux,  huit  moutons  et  2  cochons. 

Justinien  Comeau  quitta  Annapolis  pour  s'en  aller  à  St-Bernard  et  de  là  à  Meteg- 
han  River  où  il  mourut  le  23  janvier  1895  à  l'âge  de  95  ou  96  ans,  conformément  à  l'acte 
de  sépulture. 

Son  fils  Joseph  avait  12  ans  lors  de  son  établissement  à  la  rivière  Meteghan  dans  le 
comté  de  Digby.  Joseph  épousa  Perpétue  Baoin  de  Eel  Brook,  comté  de  Yarmouth  et 
s'établit  à  la  rivière  Meteghan.  Un  des  fils  de  Joseph  Hilaire  est  le  père  de  l'honorable 
Anbroise  H.  Comeau,  marchand  à  la  rivière  Meteghan  et  membre  sans  portefeuille  du 
Conseil  exécutif  du  gouvernement  de  la  Nouvelle-Ecosse,  (a)  M.  l'abbé  Désiré  Comeau, 
frère  du  précédent  est  curé  de  la  paroisse  de  Hamilton  (b)}  Bermudes  ;  Et  Justinien 
Comeau  un  autre  fils  de  Joseph  et  de  Perpétue  Babin,  est  le  père  de  M.  François  G.  J. 
Comeau,  d'Halifax  où  celui-ci  est  agent  général  pour  la  section  des  marchandises  de  la 
Dominion  Atlantic  Railway. 

Outre  les  six  enfants  susmentionnés  de  Pierre  Bastarache  et  de  Marguerite  Forest, 
ils  eurent  une  fille  nommée  Ursule,  qui  naquit  le  6  juin  1744  et  fut  baptisée  le  lendemain. 
Je  n'ai  pu  retracer  cette  dernière  ni  ses  sœurs  Marguerite  et  Isabella.  Il  est  probable 
que  les  deux  dernières  sont  mariées  à  Petkoudiak  avant  l'expulsion  et  qme  Ursule  est 
morte  jeune. 

Lettre  de  Pichon. 

Monsieur, — Vous  connoissés  mon  attachement  pour  la  Grande  Bretagne,  j'ai  fait 
mes  preuves  a  cet  égard  et  Vous  êtes  plus  en  état  que  personne  d'en  sentir  la  solidité . 
Les  Services  continuels  "que  Vous  rendes  à  la  Nation  par  l'attention  avec  laquelle  vous 
saississés  toutes  les  occasions  de  lui  être  utile,  m'engage  à  vous  faire  part  d'une  circons- 
tance qui  se  présente  actuellement,  et  qui  dans  des  mains  aussi  habiles  que  les  vôtres 
peut  devenir  très  importants  pour  peu  que  vous  daigniés  y  jetter  les  yeux  et  la  favoriser 
de  votre  protection.  Voici  le  fait,  Monsieur,  on  ne  craint  pas  de  vous  être  à  charge 
quand  on  vous  fournit  des  occasions  de  faire  du  bien. 

(a)  Il  est  aujourd'hui  (1910)  sénateur  à  Ottawa. 

(h)  Il  est  à  présent  (1010)  curé  de  Ste-Anne  du  Ruisseau-à-1'Anguille,  comté  de  Yarmouth. 


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DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

I  '  h  hou  m  m-  de  in.i  oonn  m  .un.  i  M    m  i.i  tin  il  Octobre  deu 

i-irni  arrivé   des  environ    de  Bain(  Malo  et  qu  '  comme  député    de  plu    oinq  oc 

(  iolons  do  1a  Nouvelle- I    •  ■    ■       C<       arniei      ont  au  iw  de  a  me 

ville  du  il ,  .ii  tendent  le  re  ultat  de  la  i  ion  de  leui  I 

que  j'ai  pu  reoonnoitre  <Iu  but  de  leur  de    ein     <  omme  il 
il  i  sont  ii' ■  •  ai  oo  dei  i  I  iblii  emen    hoi  ' em    où 

Britannique  firent  le  oonquôte  de  cette  presqu'i  le,  leui  at(  >•  lu  n 

,it  concevoir  le  projet  de  dem  tnder  au  i  i  aemenl   la  f i  mer  i 

établir  •ousln   promesse  qu'ils  fonl   de  faire    ermenl   d'olx  el   de  fidélité 

Majesté,  e(   de     •  conduire  ••n   boni  h   loyaux     ujel     de 
Outre  la  bonne  foi  di  n  ,    or  laquelle  je  ne  doute  ps  .    Mon  icur,  quon 

oompter,  il  esl  à  observer  qui  ne  furent  point  de  ceux  qui  a  la  Sollicitation  <!• 
prirent  les  armes  pour  <l<  fendre  le  fort  de  rieau  ejour,  loi    qu'il  fut  prie,  el  que  n 
plus  à  risquer  d'être  trompés  par  les  Mi    ion  mûres  François  qui  avoient  eu  la  i  de 

Les  rendre  suspects  au  Gouvernement,  œ    bonne  on 

aussi  branquile  que  celle  qui  fait   le  bonheur  de    Colonie     \"  endronl 

contredit  des  Sujets  très  affectionnés  et  vraisemblablement  trè   util<     ;  Je  < 
et  vous  en  sentirés,  Monsieur,   mieux  que  moi  la  raison.     Nés  et  habitués   à  un 

t'Àcadie,  il  eet  BÛr  qu'à  cet  égard,  à  la  connoi  [u  il    ont  du  pay    et  de  1 1  de 

culture  la  plus  propre  à  en  féconder  les  productions,  on  pourroit  tirer  d'eu  bon  parti 
pour  instruire  à  ces  divers  égards  les  nouveaux  (/nions  que  Le  <  Gouvernement  y  em 
encourager  leurs  travaux  par  leur  expérience  et  leur  industrie  relativement  pins  experte. 
Je  soumets  ces  observations  à  vos  lumières,  Monsieur,  je  joins  ici  I"  placet  au 
Roi  que  j'ai  consenti  à  dresser  en  faveur  de  ces  gens  dont  j'ai  connu  la  pins  grande 
partie.  Si  vous  jugés  à  propos  à  approuver  ce  que  j'ai  l'honneur  de  VOUS  exposer,  je 
crois  qu'il  en  peut  résulter  un  avantage  réel  pour  les  possessions  de  8a  Majesté  Britan- 
nique dans  la  Nouvelle  Ecosse.  Ils  consentent  d'aller  où  on  jugera  a  propos  de 
envoyer,  leur  Patrie  leur  est  chère.  Je  Souhaite  que  ce  projet  vous  paroisse  mériter 
votre  attention,  J'aurai  rempli  alors  mon  but  qui  est  depuis  longtems  d'être  utile  à  une 
Nation  à  laquelle  je  me  suis  consacré  par  attachement  et  pour  qui,  Vous  le  sçavés,  j'ai 
tout  sacrifié. 

J'ai  l'honneur  d'être  respectueusement,  Monsieur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur 

THOM8  TYRRELL. 

WOODSTOCK    STREET, 

Oxford  Road  le  22  janv  1768. 
P.S.  Les  deux  Acadiens  pendant  leur  séjour  icy  et  qui  me  fut  à  charge,  se  présen- 
tèrent à  Monsr  Maclaine  qui  promit  de  leur  délivrer  ce  qui  leur  est  nécessaire  pour 
se  rendre  tous  à  la  Nouvelle-Ecosse,  Monsr  Maclaine  m'ayant  fait  dire  de  l'en  faire 
souvenir,  je  l'ai  fait  plusieurs  fois  et  en  ai  reçu  les  mêmes  promesses.  Je  lui  avois  donné 
avec  le  placet  au  Roi  la  lettre  dont  je  l'avois  accompagné  pour  MyLord  Shelburne. 
Comme  le  Département  des  Colonies  est  devenu  celui  de  My  Lord  Hilssbouroug,  J'ai 
cru,  Monsieur,  devoir  m'adresser  à  Vous.  Ces  bonnes  gens  ont  déjà  pris  des  mesures  et 
fait  des  conventions  avec  quelques  habitants  de  l'Isle  de  Gersey  pour  pouvoir  partir  en 
Mars  prochain  et  se  réintégrer  de  bonne  heure  dans  leur  Patrie,  il  conviendroit  donc 
d'expédier  au  plutôt  Ce  qui  leur  est  nécessaire  à  cet  égard,  il  n'est  pas  moins  nécessaire 
qu'il  n'en  transpire  rien. 

Les  deux  Députés  me  dirent  en  partant  qu'ils  pourroient   être   plus   de  mille  qui 
désirent  comme  eux  de  retourner  dans  leur  ancienne  Patrie. 
Endossée  :     Woodstock  street. 

Oxford  Road,   22  janv.  1768 
M.  Tyrrell 

à 
M.  Pownall 
Reçue  :   23  janvier 
A— 2 

18—52     r-16 


314  AROHIYBB  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
PLACn     DM    AOADIBNB    DE    St-MàLO    au    KOI    d'Anglktekrk. 

Sun;,      Pierre  Du«»n  et   Pierre  Henri  Amiens  ('nions  de  la  Nouvelle  Ecosse  et  char- 

!u  j)OUVoir  d'environ  cinq  œnfl  d<-  leur  compatriotes,  vivant  actuellement  aux  enrô- 
le 8  M  il".  8e  jettent  très  humblement  aux  pieds  de  Votre  Majesté  et  la  supplient 
de  vouloir  laisser  tomber  sur  eux  quelqu'un»  de  ses  regards  consolateurs  qui  font  le 
bonheur  de  ••eux  qui  Voua  sont  soumis.  Les  Supplians  osent  exposer  s  Votre  Maj< 
tant  en  leur  nom  qu'en  celui  de  leurs  consorts,  que  trompés  par  Lee  Missionnaires  français 
dans  l'Acadie,  ils  eurent  le  malheur  de  devenir  suspects  au  Gouvernemental  >ritanique,  et 
que  lors  de  la  conquête  de  cette  partie  de  la  Nouvelle  Ecosse  par  les  Armes  de  Votre 
Majesté,  ils  furent  faite  prisonniers  de  guerre,  et  transportée  par  la  suite  en  France  où 
jusqu'à  présent  ils  ont  été  à  la  solde  du   Roi  très  chrétien. 

Depuis  longtems,  Sire,  ils  ne  cessent  de  soupirer  pour  leur  retour  dans  leur  Patrie  ; 
ils  se  regardent  comme  sujets  de  Votre  Majesté,  et  leur  plus  giande  passion  seroit  de 
vivre  sous  Ses  Loix  et  de  lui  donner  des  preuves  de  leur  inébranlable  fidélité*. 

Plaise  à  Votre  Majesté,  Sire,  de  favoriser  d'anciens  Colons  qui  n'aspirent  qu'au 
moment  de  se  lier  à  son  service  par  le  Serment  de  fidélité  et  de  dévouement  qu'ils  bru- 
lent  de  lui  faire  :  Daignés  leur  accorder  cette  grâce,  Sire  ;  ils  l'attendent  de  la  bonté 
d'un  monarque  qui  fait  la  félicité  de  ses  peuples  ;  Veuille  Votre  Majesté  entendre  leurs 
supplications,  ils  n'attendent  que  ses  ordres  pour  voler  ou  Elle  jugera  à  propos  de  les 
envoyer  dans  leur  Patrie.  Ils  supplient  aussi  Votre  Majesté,  de  joindre  à  cette  faveur 
précieuse  celle  des  moyens  de  subsistance  qui  leur  sont  nécessaires  jusqu'à  leur  rétablis- 
sement dans  leur  pays  :  rendus  alors  à  une  terre  qu'ils  chérissent  :  non  seulement  ils  ne 
seront  plus  à  charge,  mais  ils  épuiseront  tous  ce  qu'ils  ont  d'expérience  et  d'industrie 
pour  tâcher  d'être  utiles  aux  autres  Colons  Sujets  de  Votre  Majesté,  et  pour  concourir  à 
l'exécution  de  la  Sagesse  de  ses  vues  pour  le  bonheur  de  ceux  qui  sont  soumis  à  Ses  Loix. 
Les  Supplians  ne  cesseront  d'adresser  au  Ciel  les  vœux  les  plus  ardens  pour  la  prospérité 
et  la  longueur  de  votre  glorieux  règne. 

Endossé  :  Mémoire  au  roi.  Joint  à  la  lettre  de  M.  Tyrrell  à  M.  Pownal,  du  22 
janvier  1768. 


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DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

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ACADIENS  A  L'ILE  SAINT  JEAN,  21  JUILLET  1768. 




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Femmes. 

Garçons. 

Filles. 

Total. 

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5 

10 
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13 

5 
10 

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10 

17 

2 

13 

17 
5 

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12 

71 
25 

57 
5 

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2  chaloupes. 

A  la  baie  de  Fortune 

1  sloop  et  2  cha- 
loupes. 
1  chaloupe. 

A  Malpec 

2  goélette». 

41 

39 

68 

55 

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316 


ARCHIVES  CANADIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


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DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 


APPENDICE   K. 

EXTRAITS  DES  A.RCHIVE8  PUBLIQ1   i:-    Dl     i  0TICU1 

.i 

Loi  relative  à  une  répartition  équitable  déê  habitant  le  la  Nouvelle  l 

■  i,  pon  lie  colon  ■ 

Attendu  que  le  gouverm  ur  Lawrence  a  ei  in    oett<  colonie  un  certain  noml 

de  Français  confiés  maintenant  à  notre  oharge,  que  d'autres  doivenl  arriver  de  jour  en 
jour  ci  que  le  nombre  de  cet  déportés  atteindra  probablement    le  chiffre   de  quai 

cents  :  — 

Il  est  par  conseillent,  résolu  et  décrété  qu'un  comité  rompe-!  de  I  [esekiah  Hunl  ing 
bon,  de  Gurdon  Saltonstall,  de  Chrysbopher  Avery  e1   de  Pygan  Adams,  ou  <!• 
oeui  susnommés,  soil  constitué  et  chargé  de  recevoir  les  déportés  et  de  les  répartir  ds 

les  DOUrgS  ei  dessous  : 

New   London ..12     Norwick    19  Stonington Il 

Qroton    <s     Treston .   6  Lyme 

Saybrook 7     Killingsworth 4  Windham 8 

Lebanon    12     Coventry 5  Mansfield      5 

Poinïret    6      Killingly S  Woodstock 6 

Plainfield 4  ""Canterbury 5  Voluntown 

Hartford 13     Windsor 13  Weathersfield 9 

Middleton .  16     Glassenbury 4  Farmington 14 

Tolland 3     Haddan 3  East  Haddani 

Colchester 7     Hebron 5  Bolton 3 

-  Symsbury 6     Suttield 5  Enfield 3 

-Ashford 3     New  Haven 19  Guilford 11 

Branford 8     Milford 9    -Derby 4 

Wallingford 12   -Durham 4    -Waterbury 6 

Woodbury 9     Fairfield 17     Stratford Il 

Norwalk 12    "Stanford 9     Greenwicli  .....*. G 

-  Danbury 6     Newton 4 

Et  les  conseillers  de  chacun  de  ces  bourgs  sont  par  les  ^présentes  autorisés  et  re- 
quis d'accepter  le  nombre  de  déportés  qui  vient  d'être  fixé  et  qui  leur  enverra  le  comité 
ou  un  nombre  proportionnel  au  total  de  ces  déportés  dont  le  chiffre  ci-dessus  n'est  qu'ap- 
proximatif ;  en  outre,  les  conseillers  devront  s'entendre  avec  les  autorités  civiles  de  leur 
bourg  en  vue  de  prendre  soin,  de  diriger  et  de  supporter  ces  gens  conformément  aux 
lois  de  la  colonie  et  comme  s'ils  étaient  des  habitants  des  dits  bourgs.  Si  le  comité 
croit  que  certains  déportés  à  cause  de  leur  âge  avancé  ou  d'infirmité,  sont  incapables  de 
faire  le  trajet  ou  ne  peuvent  être  transportés  de  l'endroit  où  ils  se  trouvent  actuelhment, 
il  devra  pourvoir  aux  besoins  et  prendre  soin  des  vieillards,  des  malades  ou  des  infirmes 
qui  se  trouveront  dans  une  telle  situation  aux  frais  de  la  colonie. 

Et  afin  d'empêcher  ces  Français  de  déserter  cette  colonie 

Il  est  résolu  et  décrété:  Qu'aucun  d'eux  ne  pourra  sortir  du  bourg  ou  il  résidera 
sans  une  permission  écrite  de  l'autorité  civile  lui  en  accordant  le  privilège.  Si  quelque 
déporté  est  rencontré  dans  un  autre  bourg  que  celui  qui  lui  a  été  assigné  sans  une 
permission  écrite,  il  sera  du  devoir  de  l'autorité  civile  de  l'endroit,  où  cette  personne 
sera  rencontrée,  de  faire  enfermer  telle  personne  jusqu'à  ce  que  Ion  ait  découvert  le 
bourg  d'où  elle  est  partie  ;  de  l'y    renvoyer  ensuite    en   la    remettant    successivement 


318  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

«l'un  connétable  à  l'autre  jusqu'à  son  retour  a  l'endroit  où  elle  avait  été  placée,  et  les  au- 
torités devront  par  la  ^uitr  L'empêcher  de  partir  sans  une  permission  écrite.      Le  dit  co 
mité  «  st  par  les  présentée  requis  d<"  veiller  à  ce  que  lors  de  la  répartition  de  ces  gens,  les 
membres  d'une  même  Camille  ne  Soienl  pas  sépares  en  les  envoyant  dans  deux  ou  plusieurs 
boui 

Cette  loi  restera  en  vigueur  jusqu'à  ce  que  cette  législature  en  ordonne  la  révocation. 

Un  nombre  suffisant  de  copies  de  cette  loi  scia  imprimé  et  un  exemplaire  sera  trans- 
mis à  chacun  des  bourgs  ci-dessus. 

Février,  1756. 

Résolu  par  la  Chambre  d'assemblée,  que  Le  montant  de  dépenses  et  de  frais  occa- 
sionnés par  la  répartition  des  Français  neutres  et  leur  entretien  jusqu'à  leur  arrivée  au 
bourg  qui  leur  a  été  assigné  soit  déposé  sur  la  table  du  comité  des  comptes  publics 
qui  est  requis  par  les  présentes  de  le  vérifier  et  de  donner  ordre  au  trésorier  de  le  payer. 
Quant  au  mémoire  d  Elisha  Stoddard  et  autres  bourgs,  les  conseillers  du  bourg  de 
Woodbury  ayant  représenté  à  cette  assemblée  que  deux  familles  de  Français  neutres 
composées  de  trois  personnes  chacune,  étaient  arrivées  récemment  du  Maryland  dans  le 
dit  bourg  ;  qu'ils  avaient  déjà  reçu  leur  part  des  Français  neutres  envoyés  dans  cette 
colonie  par  le  gouverneur  Lawrence  et  qu'ils  attendaient  les  instructions  de  cette  assem- 
blée au  sujet  des  deux  familles  nouvellement  arrivées  :  Il  est  en  conséquence  résolu  par 
cette  assemblée  que  par  ordre  des  conseillers  de  Woodbury,  l'une  des  dites  familles  soit 
transportée  immédiatement  dans  le  bourg  de  Litchfield  et  l'autre  dans  le  bourg  de 
New-Milford  et  que  les  conseillers  de  ces  bourgs  soient  par  les  présentes  enjoints 
et  requis  de  recevoir  les  dites  familles  françaises,  de  pourvoir  à  leur  entretien,  de  s'en- 
quérir de  leur  état  de  temps  à  autres,  conformément  aux  intentions  d'une  loi  décrétée 
par  la  législature  de  cette  colonie  au  sujet  des  Français  envoyés  ici  par  le  gouverneur 
Lawrence  ;  et  que  les  dépenses  occasionnées  par  le  transport  des  dites  familles  françaises 
du  bourg  de  Woodbury  dans  les   bourgs  susmentionnés,  soient  chargées  à  cette  colonie 


APPENDICE  L. 
MINUTES  DU  CONSEIL. 

Séance  du  Conseil  tenue  à  la  maison  du  président,   Halifax,  le  jeudi  14  avril  1761 

Présents  : 
L'honorable  Jonn.  Belcher 

L'honorable  John  Collier  Jos.  Gerrick 

Chas.  Morris  Alexr.  Grant 

Richard  Bulkeley. 

Le  président  ayant  communiqué  au  Conseil  une  lettre  de  Son  Excellence,  le  major 
général  Amherst,  concernant  la  déportation  des  Acadiens  français  de  la  province,  le 
Conseil  avise  aux  moyens  à  prendre  pour  placer  les  Acadiens  qui  restent  dans  la  pro- 
vince sans  compromettre  la  sûreté  des  établissements.  Doit-on  leur  donner  des  terres 
en  propre  ou  les  disperser  dans  différents  endroits  ou  townships  ?  Après  avoir  considéré 
leur  nombre,  leur  profond  attachement  pour  la  nation  française,  et  d'après  les 
derniers  renseignements,  leur  détermination  à  l'heure  présente  à  tout  entreprendre  contre 
les  établissements  de  cette  province,  malgré  les  succès  remportés  par  les  armes  de  Sa 
Majesté,  le  Conseil  est  d'avis  qu'il  serait  très  dangereux  de  leur  accorder  la  possession 
de  terres  en  propre,  ce  qui  leur  permettrait, — et  ils  seraient  toujours  disposés  à  le  faire, 
— d'encourager  et  d'aider  les  sauvages  à  harasser  et  à  inquiéter  les  nouveaux  établis- 
sements. 


Qfj  \  /   ILOQIl    m       U   i/'//  \       m/'    DOi  / 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Apres  a  voir  oon  lidéi  é  dan  i  quel  i  ta       l»ip    il  fallait 

m. m  porter,  le  Con  '-il  décide qu  il*  ne  doivent  ps    i  tr<  in  tall<     pn     d<     froul 
ai  dans  l'intérieur  de  la  colonie,  parccque  >lm  I  •     <i  u 

voisinage  «les    sauvages    qui     habitent     l<  >n      «lu    nm  i    quel      i       entre 

biennenl  d'étroites   relut,  ions.     Il     im.ui  a  eraindre  qu'il    ne  fou  ri 

mente  à  ceux-ci  et  ne  les  pou    enl    \  de    tentative    pei  ni<  «•«•   qu<-  l<  lien* 

ont  fait  en  bout  temps  ol  tout  récemment  encon 

Après   avoir   oon  idéi  i  dan    quelle    partie    de  la  pi  moins 

dangereux  de  les  placer,  le  <  '« »n  ieil  déoide  que  les  town  bip   qui  doivent  • 
et  par  le  suite  oolonisés  surlaoôte,  entre   Halifax  et    Annapoli    (dont  le  noml 
axé  à  douze)  sont  1rs  plu-  avantageux   poui    l'in  ballation  en        D 

de oei   townships  dix  <>u  douze  Familles  pourraient   étr«  di    émim'-e    parmi   l<      »ujet* 
anglais  de  Sa  Majesté  ;  et  ainsi  éloignées  <l<*  toute  tribu  e,  leui 

pervers  seront    moins  à  craindre.     Cent    vin  ol  quarante  Camille    pourront  de  le 

sorte  être  placées  dans  ces  townships  ,  mais  le  Conseil  se  trouve  dani  un  grrand  embarras 

quant   aux  moyens  de  distribuer    sans   danger   <lan      <i  autres    endroit-   (!<•  I.i   |)ro\  iim<-,  les 

nombreuaes  familles  acadiennes  qui  restent  eni 

Mn  outre  le  Conseil  oroit   que  le  nombre  de  familles  qui  seront  réparties  dan 
townships  susmentionnée  qui  n'ont  pas  enoori  auront   besoin  p 

ou. trois  ans  de  l'aide  du  gouvernement,  c'est-à-dire  jusqu'à  ce  que  leurs  terres   afl 
ment  défrichées  leur  permettent  de  pourvoir  s  leurs  bi 

D'après  les  renseignements  obtenus,  le  Conseil  constate  que  le  nombre  de  familles 
aoadiennens  dans  la  province  est  comme  suit  : 


A  Ristigouche,  Miramichi,  etc 2"_'0  Camille  1,300  âm< 

AChignectou 60       "  240     " 

A  Halifax 90        "  445      " 


(Signé)     Jno.   Du  port, 

rétaire  du  Conseil, 


gné)     -I.   BELCHER. 


Séance  du  Conseil,  18  août  1761 


Le  commandant  en  chef  ayant  transmis  au  Conseil  plusieurs  lettres  de  Chignectou, 
mentionnant  qu'un  certain  nombre  d'Acadiens  français  qui  résidaient  encore  sur  la  !  tar- 
des Chaleurs,  avaienc  manifesté  leur  intention  de  ne  pas  se  rendre  et  se  proposaient  de 
dépouiller  les  nouveaux  colons  de  leur  bestiaux  pour  pourvoir  à  leur  subs:stance,  il  est 
jugé  nécessaire  d'ouvrir  une  route  entre  Halifax  et  les  townships  d'Onslow  et  de  Truro 
et  de  la  continuer  du  dernier  endroit  jusqu'au  fort  Cumberland.  Les  troupes  pouvant 
par  la  suite  se  mettre  en  marche  dans  toutes  les  saisons,  seront  en  mesure  de  protéger 
les  nouveaux  établissements.  Vu  qu'un  certain  nombre  de  troupes  sera  requis  pour 
construire  des  logements  et  ouvrir  cette  route,  il  est  proposé  de  demander  au  colonel 
Forster,  commandant  des  troupes  de  la  province,  un  détachement  de  vingt-cinq  hommes 
pour  exécuter  ces  travaux.  Les  dites  lettres  mentionnent  de  plus  que  le  capitaine 
McCleverty  du  vaisseau  Norwich  de  Sa  Majesté  avait  octroyé  des  passeports  à  plusieurs 
Acadiens  français  leur  permettant  de  parcourir  la  côte  depuis  Louisbourg  jusqu'à  Québec 
et  de  se  munir  de  certaines  armes,  le  colonel  est  d'avis  qu'une  telle  tolérance  peut  être 
dangereuse  et  décide  de  s'adresser  au  colonel  Forster  pour  obtenir  l'armement  de  deux 
vaisseaux  qui  seront  envoyés  à  la  recherche  de  ces  Acadiens  français  avec  instruction 
de  les  arrêter  dès  qu'ils  seront  rencontrés. 

(Signé)     J.  BELCHER. 
(Signé)     Jno.  Duport, 

secrétaire  du  Conseil. 

Séance  du  Conseil,  10  septembre  1761 

Le  commandant  en  chef  communique  au  Conseil  l'extrait  suivant  d'une  lettre  du 
général  Amherst,  inscrit  dans  les  minutes  et  qui  se  lit  comme  suit  : 


320  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

"  Je  dois  avouer  que  dans  notre  situation  actuelle  je  ne  vois  aucun  motif  de  crain- 
dre  que  les  Aca  liens  ou  lea  sauvages  ne  fassent  «le  mal  à  nos  établissements  ;  cependant 
je  ne  prétends  pas  que  les  Aoadiens  doivent  être  laissés  libres  de  s'établir  au  milieu  de 
nous,  sans  que  des  mesures  à  ce  sujet  -oient  au  préalable  prises  par  la  Législature  qui 
est  L'autorité  chargée  d'agir  en  semblable  occurrence,  mesures  que  les  intéressés  approu- 
veront ou  rejetteront  selon  qu'ils  le  jugeront    à   propos,  mais  je  crois  qu'il  n'est  pas  au 

pouvoir  des  BaUVages  OU  des  Acadiens  de  la  Nouvelle  Keos.se,  quel  que  soit  leur  nombre, 
d'enlever  aux  Anglais  la  possessions  de  leurs  établissements  si  nous  prenons  les  moyens 
de  les  en  empêcher. 

"J'approuve  de  tout  cœur  votre  intention  de  seconder  M.  Belcher  qui  se  propose 
d'aider  les  nouveaux  colons  et  de  réparer  les  digues  élevées  autour  des  marais,  afindVm- 
pécher  l'inondation  <\v*  terres  lors  des  grandes  marées.  J'espère  que  vos  efforts  seront 
couronnés  de  succès." 

Séance  du  Conseil,  28  novembre  1761. 

Le  capitaine  McKenzie  ayant  assisté  à  cette  séance  et  produit  un  compte  rendu  de 
son  administration  dans  le  district  de  Chignectou,  le  Conseil  adopte  une  motion  de  remer- 
ciements au  capitaine  McKenzie  en  reconnaissance  des  services  qu'il  a  rendus  à  la 
province  lorsqu'il  exerçait  le  commandement  au  fort  Cumberland,  où  par  son  activité, 
son  dévouement  et  sa  prudence  il  parvint  à  réduire  et  à  faire  prisonniers  au  delà  de 
sept  cents  Acadiens  français  de  la  baie  des  Chaleurs  qui  avaient  pris  les  armes  contre  le 
gouvernement  de  Sa  Majesté.  Et  le  Conseil,  voulant  ajouter  un  autre  témoignage  de 
sa  reconnaissance  envers  le  capitaine  pour  les  services  qu'il  rendit  en  cette  occurrence,  à 
Sa  Majesté  et  à  la  province  de  la  Nouvelle-Ecosse,  charge  le  colonel  Forster  de  trans- 
mettre une  copie  de  ces  résolutions  à  Son  Excellence  le  général  Amherst. 

(Signé)         J.  BELCHER. 
(Signé)     Jno.  Du  port, 

secrétaire  du  Conseil. 

Séance  du  Conseil,  21  septembre  1761. 

Le  commandant  en  chef  ayant  nommé,  pour  considérer  le  mémoire  qui  lui  fut  pré- 
senté par  M.  Henry  Green,  préposé  du  troc  à  la  rivière  Saint  Jean,  un  comité  composé 
de  John  Collier,  Richard  Bulkeley  et  Joseph  Gerrish  écrs.,  le  rapport  du  dit  comité 
présenté  ce  jour,  tel  que  donné  ci  après,  est  inscrit  dans  les  minutes  : 

'*  Halifax,  18  septembre  1761. 

*  *  *  *  « 

"  Nous  recommandons  aussi  d'avoir  quelques  égards  pour  le  père  Germain,  prêtre  à 
Saint  Jean,  et  de  lui  accorder  une  allocation  pour  les  services  qu'il  rend  en  exerçant  son 
ministère  au  milieu  des  sauvages  ;  nous  recommandons  aussi  d'accorder  une  allocation  à 

l'interprète  du  poste  où  se  fait  le  troc." 

*  -*  ■*  #  * 

"  Nous  croyons  que  les  familles  acadiennes,  composées  de  soixante  personnes  envi- 
ron, arrivées  récemment  du  Canada,  et  qui  s'établissent  de  nouveau  sur  la  rivière  Saint- 
Jean,   devraient  être  transférées  de  cet  endroit  le  plus  tôt  possible  et  que  des  mesures 

devraient  être  prises  pour  décourager  ceux  qui  auraient  l'intention  d'aller  s'y  établir. 

*  *  *  *  *  * 

"JNO.  COLLIER 
"RICH.  BULKELEY 
"JOS.  GERRISH." 

Là-dessus,  il  est  résolu  etc. 
d'accorder  une  allocation  de  <£50  par  année  au  père  Germain  et  à  l'interprète  du   poste 

où  se  fait  le  troc. 

*  ■  *  *  *  *  * 

De  s'adresser  au  colonel  Forster  pour  faire  transférer  les  familles  acadiennes  com- 
posées de  soixante  personnes  environ,  arrivées  récemment  du  Canada  et  qui  s'établissent 
actuellement  sur  la  rivière  Saint-Jean. 


1,1  \  i  [LOOIE   DJ       \<   [DU  \.     11/'    D0(  i  Mi 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Un  autre  rapport  du  mdme  comité,  oonoi  rnanl  le  ri   ièi        uni   I 
au  (  '"'i  ieil  le  même  jour 

u  Le  romih-  1 1 •  > 1 1 1 1 1 1 •  -  |..-i i •!••   ( 'Oiisril  piMir  irtudiei  Le  de  construire  un   che 

de  Halifax  au  fort  Baokville,  oroil   qu'il  eel  impo    ible  de  brou  or  de    joun 
faire  les   travaux  el  qu'il  faudra      h  Ire    ei  au  colonel  I  di   '  n    pour  oljtonir  un 
nombre  de  prisonnier   Aoadien    h  rlalii 

M  Le  comité  oroil  qu'il  e  I  urgenl  d'adopter  el  de  met!  ion  le  : 

sible,  aux  frais  du  gouvernement,  1<  projet,   oumi    pai  li  oapitaine  Mcl 
(l,i ni  en  ohef,  de  réparer, d'équiper  et  d'armer  l<    chaloupe   qu  il  mentionna  eiller 

Lesoôtes  il»'  If  baie  \  erte  et  de  Kistigouche,  loumettn 
des  vaisseaux  qui  sont  encore  en  leur  p  m. 

"JNO,  COLLIEB 
"RIOHD,   BULK  BLE 
"JOS    GERRISH 


>.  ance  «lu  <  onseil,  '-'7  mars  1 76  1. 

Le  "oin cnicur  demande  au  Conseil  de  considérer  si  la  situation  de  la  province 

modifiée  et  si  par  suite  il  serait  à  propos  aujourd'hui  de  mettre  à  exécution  le  projet,  <i  y 
établir  les  Acadiens,  ou  si  la  sûreté  et  la  paix  de  la  colonie  exigent  leur  expul  ion  coin 
plète. 

Apres  avoir   considéré  cette  question  le  Conseil   répond  qu'il    n'est  survenu    aucun 
changement  dans  l'état  de  la  province  de  nature  à  changer  l'opinion  qu'il  a  déjà  exprimée 
plusieurs  fois  à  ce  sujet,    mais  qu'au  contraire  les  dispositions  que  ces  gens  ont  manifi 
tées  constamment  ont  convaincu  davantage  le  Conseil  que  la  sûreté   de  cette   provii 
dépend  de  l'expulsion  totale  des  Acadiens  français. 

Séance  du  Conseil,  15  mai  1764. 

Le  gouverneur  présente  au  Conseil  une  requête  des  Acadiens  demandant  leur  trans- 
port en  France  et  exposant  qu'ils  n'ont  jamais  reconnu  et  ne  reconnaîtront  jamais  d'autre 
souverain  que  Je  roi  de  France.  Le  Conseil  recommande  d'envoyer  en  prison  les  per- 
sonnes qui  ont  contribué  à  la  rédaction  et  à  la  présentation  de  cette  requête,  comme 
coupables  de  trahison  en  cherchant  à  détourner  les  sujets  de  Sa  Majesté  de  leurs  devoirs 
envers  leur  souverain. 

Séance  du  Conseil,  28  septembre  1764. 

Le  gouverneur  communique  au.  Conseil  les  instructions  de  Sa  Majesté  permettant 
aux  Acadiens  français  de  devenir  colons  de  cette  province  à  condition  de  prêter  le  ser- 
ment d'allégeance  et  une  lettre  du  très  honorable  comte  d'Halifax  concernant  la  manière 
de  répartir  ces  gens  dans  les  différents  établissements.  Les  instructions  et  la  lettre  ci- 
dessus  sont  référées  à  John  Collier,  Joseph  Gerrish,  Henry  Newton,  Michael  Francklin 
et  Sébastian  Zouberbuhler,  écrs.,  qui  forment  le  comité  du  Conseil. 

Séance  du  Conseil,  22  octobre  1764. 

Le  comité  nommé  pour  étudier  les  instructions  supplémentaires  de  Sa  Majesté  au 
sujet  des  Acadiens,  présente  son  rapport  qui  est  lu  et  inscrit  dans  les  minutes  comme 
suit  :  "  Que  les  membres  du  comité  recommandent  d'admettre  comme  colons  les  Acadiens 
français  auxquels  le  serment  d'allégeance  et  de  fidélité  aura  été  entièrement  et  clairement 


322  ARC  il  1 1  ES  CANA  DIENVB8 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

expliqué  et  qui  le  prêteront  sans  i  a  Sa   Majesté  et  de  les  répartir  dans  les  propor- 

tions suivantes  dans  Les  townships  ci  -dessous  et  leurs  environs,  savoir  : 

Baie  Ste  Marguerite  et  alentours   10  familles 

Chester  et  alentours 10 

Lunenburg  et  alentours 10  m 

I  )ul)lin  ».  h  1  ~>  h 

Liverpool       ti  m  10 

Yarmouth      h  '< 10 

Barrington    m  m  „ 10  » 

Annapolis      ri  n  10  m 

Montague,  bourg  et  alentours 10 

Cornwallis  et  alentours 10  h 

Iïorton  ii  m  10  ii 

Falmouth      m  n  10  m 

Newport       m  n         10         m 

Halifax  n  m  30  n 


165  familles,  990  âmes. 

"  Le  comité  recommande  de  plus  de  concéder  à  tout  Acadien  qui  prêtera  le  serment 
qui  lui  sera  proposé,  la  même  étendue  de  terrain  que  les  instructions  de  Sa  Majesté 
Royale  enjoignent  d'accorder  aux  soldats  et  aux  marins,  savoir  ;  cinquante  au  chef  de 
famille  et  dix  acres  en  plus  à  chaque  personne  y  compris  les  femmes  et  les  enfants  qui 
composent  cette  famille. 

11  Et  conformément  aux  instructions  de  Sa  Majesté,  le  comité  recommande  de  leur 
concéder  des  terres  éloignées  de  la  côte  et  situées  en  arrière  des  établissements,  afin 
d'empêcher  qu'ils  aient  des  relations  avec  les  îles  St  Pierre  et  Miquelon." 

Au  Conseil,  28  septembre  1765. 

Lecture  d'un  mémoire  de  M.  John  Anderson,  surintendant  des  sauvages  à  la  rivière 
St-Jean,  exposant  que  ceux-ci  ont  de  nouveau  demandé  un  prêtre  pour  administrer  les 
sacrements  de  mariage  et  de  baptême  parmi  eux  et  qu'ils  prétendent  avoir  besoin  d'un 
missionnaire  d<  puis  longtemps.  Là  dessus  il  est  résolu  d'informer  les  sauvages  de  cet 
endroit  qu'il  sera  permis  à  un  prêtre,  muni  de  bonnes  recommandations  du  gouvernement 
du  Canada,  d'exercer  son  ministère  au  milieu  d'eux. 

Séance  du  Conseil,  30  mars  1767. 

Il  est  résolu  de  faire  prêter  le  serment  d'allégeance  aux  Acadiens  de  la  rivière 
St-Jean  qui  en  ont  exprimé  le  désir. 

Séance  du  Conseil,  29  août  1767. 

Le  gouverneur  présente  au  Conseil  une  pétition  d'un  certain  nombre  d' Acadiens 
(formant  onze  familles)  arrivés  à  la  rivière  St-Jean  et  qui  ont  manifesté  le  désir  de 
s'établir  à  cet  endroit. 

Des  renseignements  ayant  établi  que  les  terres  étaient  déjà  concédées  sur  cette 
rivière,  il  leur  est  permis  d'y  demeurer  jusqu'à  ce  qu'un  endroit  convenable  leur  soit 
assigné. 

Au  Conseil,  5  octobre  1767. 

Dix-huit  familles,  qui  demeurent  au  cap-de-Sable,  ayant  demandé  des  terres  pour  s'y 
établir,  il  est  proposé  de  leur  en  assigner  dans  le  voisinage  de  Barrington  et  de  Yarmouth 
à  condition  qu'elles  prêtent  le  serment  d'allégeance  au  gouvernement. 

Au  Conseil,  31  octobre  1767. 
Le  lieutenant-gouverneur  informe  le  Conseil  que  plusieurs  Acadiens  étaient  revenus 
dernièrement  de  l'île  St-Pienre  à  l'île  Madame  et  que  de  là  ils  s'étaient  répandus   vers 
l'est  de  ce  port. 


0J  \  /■  ILOOIE  m       \<   i/'//  \       iw  0  D0(  /  Ml 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

llr.i  résolu  de  publier  une  proclamation  enjoignant    -  idien    do  pi 

le  termenl  d'allégeance  au  roi  avant  lepremiei    jour  de   juin  prochain  ul  de  quoi 

ils  seronl  poun  uii  il  et  puni    comme  la  l<»i  le  pr<  01  ii 

A  i.  •  libre   !  , 

Deux  Ar.i.ii.ns,  Michel  Bourg  et  Rem  Terriot,  ayant  pn  au  nom 

de  vingt-deus  A.oadiens,  pour  obtenir  de    terres,  il  <*m1  i-  «»lu  ci,-  i, 
quagne  (Cocagne)  endroit  voisin  de  Jediak  (Go< 

s.'.i n.<-  du  Conseil,  Halifax,  23  décembre  Kr>7. 

Prêtante  : 

L'HONOB  \  I  :  I .  I  :    I.IK"    I  IN  \M   <■"'   Wl;\li    R 

L'honorable  Jonat  h.  Belcher 

John  (  ollier  (  lharle  i  Moins  j 

Kicli'd  Bulkeley      Henrj   Newton     Conseillei  , 
Jonath,  Binney       ••«>  epb  (  lorham  I 
\jc  Lieutenant  gouverneur  informe  1<-  Conseil  que  plu  lui     Aoadien     n  idant  dam 
le  oomté  d'Annapolis  et  dans  le  township  de   Windsor  ont  exprimé  leur  intention  de 
devenir  de  bons  sujets,  leur  détermination  «le  prêter  l<-  serment  d'ail»  au  roi  et 

qu'ils  demandent  des  terres  pour  s'établir. 

Le  Conseil  propose  de  leur  concéder  «les  terres  dans  la  proportion  de  quati 
acres  pour  chaque  chef  de  famille  et  de  quarante  acres  en  plus  pour  chaque  femme  et 
chaque  enfant,  sur  présentation  d'un  certificat  attestant  (ju'ils  ont  prêté  le  serment  d  al- 
légeance. 

Atnherst  à  Belcher. 

New-York,  lô  avril  1701. 
Monsieur, — Je  dois  accuser  réception  de  votre  lettre  du  19   mars   et  du  duplicata 
de  celle  du  11  du  même  mois  ;  j'ai  déjà  eu  l'occasion  de  répondre  à  cette  dernière. 

Permettez-moi  de  différer  d'opinion  avec  ceux  qui  vous  représentent  que  les  troupes 
qui  vont  être  laissées  dans  la  province  seront  à  peine  suffisantes  pour  la  protection  des 
établissements  éloignés.  Il  n'en  reste  plus  qu'il  n'en  faut  dans  les  circonstances  actuelles, 
car  il  ne  faut  pas  perdre  de  vue  que  le  danger  que  le  gouverneur  avait  raison  de  craindre 
l'année  dernière  n'existe  plus.  Les  quelques  insoumis  de  Ristigouche  qui  n'ont  pas 
voulu,  doit-on,  se  soumettre  aux  articles  de  la  capitulation  ne  peuvent  rien  faire,  même 
s'ils  s'obstinent  à  persister  dans  leur  erreur.  Soyez  sûr  qu'ils  ouvriront  bientôt  les  yeux 
et  seront  heureux  de  nous  voir  accepter  leur  soumission. 

Belcher  aux  lords  du  Commerce. 

Halifax,  14  avril  1761. 
Milords, — Le  nombre  d'Acadiens  restés  dans  cette  province,  surtout  dans  les 
endroits  éloignés,  mérite  à  mon  sens  notre  sérieuse  attention  et  peut  devenir  un  danger 
pour  la  sécurité  de  nos  nouveaux  établissements,  car  il  y  a  actuellement  deux  cent 
quatre-vingts  familles  formant  une  population  de  1,540  personnes  dans  le  district  du 
nord-est  qui,  avec  les  sauvages  des  environs,  n'ont  pas  encore  fait  leur  soumission.  Loin 
de  là,  ces  gens  préparent  et  arment  des  vaisseaux  pour  courir  sus  aux  vaisseaux  de 
commerce.  Malgré  les  succès  des  armes  de  Sa  Majesté,  j'ai  cru  qu'il  était  de  mon  devoir 
de  m'entendre  avec  le  Conseil  quant  à  la  ligne  de  conduite  à  suivre  en  cette  occurrence 
et  j'ai  aujourd'hui  l'honneur  de  communiquer  à  Vos  Seigneuries  l'opinion  du  Conseil 
concernant  l'urgence  de  prendre  des  mesures  à  l'égard  des  Acadiens  qui  sont  restés 
dans  la  province  et  de  soumettre  humblement  la  situation  présente  à  la  considération 
de  Vos  Seigneuries. 

J'ai  l'honneur  d'être,  de  Vos  Seigneuries, 

le  plus  obéissant  ec  le  plus  dévoué  serviteur, 

(Signé)     JONATHAN  BELCHER. 
Les  très-honorables  lords  Commissaires  du  Commerce 
et  des  Colonies. 


324  ARCHIVES  OA  VADIENN1 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Béleher  au  général  Amherst, 

Halifax,  15  avril  17*11 

Monsieur, — Je  ne  doute  pas  que  le  colonel  Forster  ait  profité  de  la  présente  occa- 
sion pom-  transmettre  à  Votre  Excellence  les  renseignements  qu'il  a  reçus  au  sujet  des 
desseins  hostilles  des  nombreux  Acadiens  de   Ristigouche  el  des  environs  qui  équipent 

actuellement  des  vaisseaux  pour  exercer  le   métier  de   piraterie  contre  les  sujets  d< 
Majesté  et  pour  vous  informer  en  même    temps    (pie    lord   Colville  prend  les  mesures  les 
plus  énergiques  pour  entraver  leurs  plans. 

it  un  devoir  impérieux  pour  moi  de  représenter  à  Votre  Excellence  mes  craintes 
au  sujet  des  établissements  qui  doivent  être  formés  durant  l'été  dans  le  district  de  Clrig- 
nectou  ;  il  est  notoire,  «m'en  tout  temps,  les  Acadiens  se  sont  montrés  disposés  à  com- 
mettre tous  les  attentats  contre  les  établissements  actuels  de  cette  province  et  je  crois 
qu'ils  ont  profité  des  circonstances  actuelles  pour  affirmer  une  fois  de  plus  leurs  dispo- 
sitions malveillantes  et  leur  opiniâtre  entêtement.  Et  nonobstant  la  conquête  du  Canada 
et  l'humanité  et  la  douceur  dont  on  s'est  servi  envers  ceux  qui  ont  fait  leur  soumission, 
ils  ne  se  sont  pas  seulement  contentés  d'empêcher  les  sauvages  de  leur  voisinage  de  faire 
la  paix,  mais  ils  forment  aujourd'hui  de  pernicieux  projets  qu'on  ne  peut  imputer  à  la 
nécessité  de  se  procurer  des  vivres,  car  ils  savent  qu'en  faisant  leur  soumission  ils  obtien- 
dront les  secours  dont  ils  pourraient  avoir  besoin.  Permettez-moi  de  faire  remarquer  aussi 
à  Votre  Excellence  qu'aucun  Acadien  n'a  volontairement  fait  sa  soumission,  mais  que  la 
nécessité  et  la  terreur  uniquement,  les  ont  poussés  à  se  rendre.  Ceux  du  village  de  Ste- 
Anne  sur  la  rivière  St-Jean,  qui  forment  un  groupe  de  quarante  personnes  en  fournissent 
la  preuve,  car  ayant  réussi  à  se  procurer  leur  subsistance  par  l'intermédiaire  des  sauvages 
ils  n'ont  pas  encore  manifesté  l'intention  de  se  rendre  et  des  renseignements  de  bonne 
source  m'ont  appris  dernièrement  qu'ils  ont  vainement  fait  des  tentatives  malveillantes. 

Outre  les  motifs  que  je  viens  d'énumérer  à  Votre  Excellence  il  existe  encore  une 
raison  sérieuse  de  craindre  quelques  attentats  de  la  part  de  cette  population.  En  effet, 
parmi  les  nombreux  Acadiens  de  Ristigouche  il  y  en  a  qui  possédaient  autrefois  quelques- 
unes  des  terres  du  district  de  Chignectou  et  qui  par  suite  de  certaines  suggestions  des 
prêtres  et  des  Français  ont  conservé  l'espoir  de  les  recouvrer.  Il  est  au  moins  probable 
qu'au  début  ces  gens  mettront  des  obstacles  à  la  formation  des  établissements  à  cet  en- 
droit ;  et,  dans  de  semblables  circonstances,  deux  ou  trois  pertes  de  vie  produiraient  une 
terreur  qui  non  seulement  chasserait  les  colons  de  deux  ou  trois  townships  mais  pourrait 
paralyser  les  établissements  dans  d'autres  endroits.  Le  défunt  gouverneur  était  si  bien 
convaincu  de  la  nécessité  d'assurer  la  sécurité  des  nouveaux  colons  qu'il  différa  la  forma- 
tion de  ces  établissements  jusqu'à  l'époque  où  le  danger  aurait  disparu. 

J'ai  informé  le  ministère  de  tout  ce  qui  concerne  les  Acadiens  et  comme  cette  ques- 
tion concerne  dans  une  large  mesure  la  partie  du  service  de  Sa  Majesté  qui  m'incombe, 
je  sollicite  de  vous,  monsieur,  l'aide  dont  j'ai  besoin  .pour  congurer  le  danger  qui  nous 
menace,  et  connaissant  votre  zèle  pour  le  bien  public  et  surtout  pour  la  prospérité  de 
cette  province,  je  m'adresse  à  vous  avec  la  plus  entière  confiance.  J'ai  l'honneur  d'être 
avec  le  plus  profond  respect,  de  Votre  Excellence,  le  plus  obéissant  et  le  plus,  dévoué 
serviteur 

(Signé)         JONATHAN  BELCHER, 
A  Son  Excellence 

le  major  général  Amherst. 

Belcher  aux  lords  du  Commerce. 

Halifax,   17  avril  1761. 

Milards, — Le  Conseil  de  Sa  Majesté  a  cru  qu'en  considération  des  dangers  qui 
menaçaient  les  établissements  qui  doivent  être  formés  à  Chignectou  durant  Tété,  il  était 
nécessaire  d'informer  Son  Excellence  le  major  général  Amherst  des  intentions  et  de  la 
conduite,  à  l'heure  présente,  des  Acadiens  de  Ristigouche  et  de  Miramichi  qui  n'ont  pas 
fait  leur  soumission  à  Sa  Majesté.  Conformément  à  la  décision  du  Conseil  j'ai  de  nou- 
veau écrit  au  général  pour  lui   demander  de  reconsidérer  son  opinion  au  sujet  des  mesu- 


01  \i  ILOQIE   Dl  ■     i''  i/'//  VB    IVBO  DOi 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

i  prendra  en  »  ne  de  pretégei  1a  provina     ontr<    i 

rd  de      ujel     de  Sa    Majcsi        i    m <-rt h-  |.  1 1 1 <•  •  j >< •  • 

oontienl  an  exposé  oomplet  di  dont   l'exactitude  m   d(      n 

mente  aura  et  que  j'ai  d<     motif  que  \< 

cet  i  c  pr< >\  i nec  ox  ige  que  dos  mesure    aoietib  pi 
('(  voua  en  brar  met  i  re  une  c< >pie  qui   fournil  i    •    Vo 
ment    noce    aire    ci  moei  na  nt  lea  i  le*  oira  imporl  ant 
bent  dana  l'adminiatration  de    affaire    du  gouvernement. 

Je  me  permettrai,  mil  l'ajouter  une  autre  observation,     [1  résult  rnicr 

artiole  de  la  oapitulation  de  Montréal,  qui  fui    n  •>■  lequel  M.  de  Vaudreuil  de- 

mandait que  t"'i    lea    A.oadiena  pri  onniera  eu  la    Nouvelle  Angleten 
dana  leur  paya,  que  le  gouverneur  du  Canad  n  1er  l< 

en  rapatriant  oea  Acadien    dan    la  Nouvelle-Eco    e,  en  dépit  de  la  reddition  du  Canada 
lui-môme.     Je  me  permeta  d'ajouter  que  le     Acadien  queM.de  VTaudi 

appelait  prisonniers  de  la  Nouvelle  Angleii-rn-  n  .t\.u.  nt  p.is  c  j  «  •  i  î  «  •  .  i  <>uv»  ;»<  in<nt  i  auto 
rite  de  Sa  Majesté  que  oeux  de  Etiatigouoh  •  et  de  Miramichi.      Je  aoum<  t    humblement 
a  Vos  Seigneuries  la  décision  à  prendre  à  l'égard  <!<•  ce    dernii  i    ;  doil  on,  dan     le 
constance*  astuellea,  ka  garder  dana  la  province  ou  le    expul  er  entièrement  '    J'ail 
iii'ur  d'être  avec  le  plus  profond  respect,  milorda, 

JONATHAN   BELOHEH 


Lb  général  M X  rray  au  lietUenant-gouverneur  Belcher. 

Qukih.i  ,  l'O  décembre  1761. 

Monsieur. — Après  en  avoir  reyu  l'instruction  du  général  Amberat,  j'ai  envoyé  il  y 
a  quelque  temps  une  personne  (a)  à  Ristigouche  pour  faire  le  dénombrement    d 
diens  de  cet  endroit  et  de  ceux  dispersés  dans  les  autres  parties  de  cette  région. 

Le  rapport  qui  m'a  été  remis  m'apprend  que  leur  nombre  est  beaucoup  moil 
dérable  que  je  ne  le  croyais  et  que  plusieurs  d'entre  eux  ont  quitté  cet  endroit  pour  aller 
à  Beauséjour  et  à  Louisbourg,  attiré*1,  dit-on,  par  les  encouragements  et   les  proni> 
qu'ils  ont  reçus  de  ces  endroits. 

Je  dois  faire  remarquer  que  leur  changement  de  localité  est  diamétralement  opposé 
aux  vues  du  général  Amherst  et  à  ses  ordres  qui  sont  de  les  transporter  ici,  en  vue  de 
les  établir  quelque  part  dais  le  Haut-Canada,  à  moins  que  leur  translation  n'occasionne 
des  dépenses  trop  considérables  au  gouvernement.  Je  suis  chargé  de  vous  demander  si 
vous  vous  proposez  de  les  établir  dans  la  Nouvelle-Ecosse  et  de  me  transmettre  votre 
réponse  par  la  voie  des  lacs,  car  si  telle  est  votre  intention  je  renoncerais  à  l'idée  de  les 
faire  transporter  ici  Tannée  prochaine  aussitôt  que  la  saison  le  permettra,  la  saison  ac- 
tuelle étant  trop  avancée  pour  entreprendre  leur  translation  à  l'heure  présente.  Vous 
pouvez  mieux  que  nous  prévoir  les  conséquences  que  pourrait  avoir  leur  établissement 
au  milieu  de  vous.  En  vérité  cette  solution  ne  me  paraît  pas  très  avantageuse,  car  ces 
endroits  rappelleront  aux  généiations  futures  les  malheurs  que  la  génération  actuelle  a 
subis  et  ces  douloureux  souvenirs  briseront  peut  être  pour  toujours  l'affection  qu'elles 
pourraient  avoir  pour  le  gouvernement,  si  juste,  et  si  équitable  qu'il  puisse  être.  Je  suis 
avej  respect,  monsieur,  votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

JA.  MURRAY. 

A  Jonathan  Belcher,  écR., 

lieutenant-gouverneur  de  la  Nouvelle-Ecosse. 

(Pour  copie  fidèle) 

H.  T.  CRAMAHÉ,  secrétaire. 


(a)  Pierre  Du  Calvet. 


326  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Belehi  /•  à   M  urray. 

Halifax,   25  mars  1762. 

MONSIEUR,— La  lettre  de  Votre  Excellence  adressée  au  lieutenant-gouverneur  de 
cette  province  n'est  arrivée  à  destination  que  le  10  courant.  Je  l'ai  immédiatement 
communiquée  au  Conseil  qui  partage  entièrement  votre  opinion  à  l'égard  des  Acadiens. 
Nous  croyons  fermement  qu'il  De  serait  pas  prudent  de  conserver  les  Acadiens  en 
qualité  de  colons  dans  cette  province  pour  les  motifs  que  vous  avez  judicieusement  men- 
tionnés et  (ju'il  sera  plus  avantageux  sous  tous  rapports  pour  le  service  de  8a  Majesté 
de  les  établir  dans  quelques  localités  lointaines  du  Canada  si  toutefois  il  leur  est  permis 
de  rester  en  Amérique.  Ceux  d'entre  eux  qui  sont  ici,  y  ont  été  amenés  avec  l'appro- 
bation de  Son  Excellence  sir  Jeffrey  Amherst.  Ils  ont  fait  leur  soumission  et  attendent 
la  décision  que  Son  Excellence  ou  Sa  Majesté  prendra  à  leur  égard. 

J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur, 

de  Votre  Excellence  le  plus  humble  serviteur, 

JONATHAN    BELCHER. 

A  Son  Excellence  le  gouverneur  Murray. 

Le  gouverneur  Murray  au  comte  d  Egremont. 

Québec,  7  juin  1762. 
Milord, —  *  * 

Depuis  que  j'ai  commencé  à  écrire  cette  lettre  j'ai  reçu  la  réponse  du  lieutenant- 
gouverneur  Belcher  à  ma  lettre  du  20  septembre.  Vous  trouverez  ci-jointes  une  copie 
de  cette  dernière  et  la  réponse  elle-même  ;  mais  celle-ci  m'étant  parvenue  très  tard  et  le 
nombre  restreint  de  petits  navires  que  r_ous  avons  sur  le  fleuve  étant  indispensables  pour 
transporter  les  vivres  que  nous  attendons  d'Europe  de  jour  en  jour,  je  crains  qu'il  ne  soit 
pas  possible  de  faire  transporter  tous  les  Acadiens,  cette  année. 

En  véiité  il  ne  me  parait  pas  désirable  de  laisser  des  Acadiens  ou  des  Canadiens 
s'établir  sur  le  golfe  St-Laurent,  car  si  quelques  îles  devaient  être  cédées  à  la  France 
lors  de  la  conclusion  de  la  paix,  pour  y  faire  sécher  le  poisson,  il  serait  possible  à  celle-ci 
de  faire  constamment  un  commerce  illicite  qui  serait  très  préjudiciable  à  celui  de  la 
Grande-Bretagne. 

J.  A.  MURRAY. 

Belcher  aux  lords  commissaires  du  commerce  et  des  colonies. 

Halifax,   11  janvier  1762. 

MlLORDS, »  *  *  *  * 

Je  dois  surtout  faire  part  à  Vos  Seigneuries  de  la  sagacité  du  capitaine  Rode- 
rick  McKenzie,  des  Montagnards  de  Montgomery,  commandant  au  fort  Cumberland,  qui 
a  rendu  des  services  signalés  à  la  province.  Après  m'a  voir  fait  entendre  que  le  contin- 
gent d' Acadiens  de  Ristigouche  et  de  Miramichi  (dont  j'ai  eu  l'honneur  de  vous  faire 
connaître  la  désobé'ssance  et  les  mauvais  desseins)  pourraient  être  soumis,  deux  petits 
vaisseaux  furent  immédiatement  équipés  et  le  capitaine  avec  une  partie  des  troupes, 
partit  vers  la  fin  d'octobre  pour  le  rendez-vous  de  ces  Acadiens  où  il  réussit  à  sur- 
prendre sept  cent  quatre-vingts  personnes  y  compris  les  femmes  et  les  enfants.  Il  en 
amena  trois  cent  trente  cinq,  la  saison  avancée  ne  lui  permettant  pas  d'en  transporter 
un  plus  grand  nombre.  Les  autres  firent  leur  soumission  et  promirent  de  se  rendre  dès 
qu'ils  seraient  sommés  de  le  faire.  Le  succès  de  l'expédition,  milords,  à  laquelle  ne 
prirent  part  que  cinquante  hommes  de  nos  troupes  est  dû  à  l'activité  et  aux  manœuvres 
secrètes  du  capitaine  McKenzie,  car  si  les  Acadiens  avaient  eu  vent  de  ses  desseins,  ils 
se  seraient  réfugiés  dans  les  bois  et  l'entreprise  aurait  complètement  échouée.  Confor- 
mément aux  ordres  de  Vos  Seigneuries  m'enjoignant  de  communiquer  les  faits  de  ce 
genre  au  secrétaire  d'Etat  de  Sa  Majesté,  je  transmets  en  même  temps  que  la  présente 
au  très  honorable  comte  d'Egremont  un  compte-rendu  de  cette  expédition.  Je  lui  fais 
connaître  aussi  le  grand  nombre  d' Acadiens  qui  se   trouvent^  actuellement  prisonniers 


ai  \r  iwaii  m     i'  \i>n  \     11/'   uoci  \n  \  / 


327 


DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

<lc  guerre  dam  la  provinoe  el    je  lui  fai     remarquer  humblement    que  leur  conduite 
qu'à  06  jour,  démontre  qu'il    erail  dangereux   de  leur  permettre   d<   r<  ir  habit 

de  cette  provinoe*     Lé    uccès  de  oette  expédition  nui  i-n.-nt     n'-Miltat  •  j«.ur  i- 

nouveaux  établissement      itués dans  le  voi  ina^i-  «le    <-t ••  ) i  •  <i t     (m  • 
troubler  <'t  ra va,stQv  h  leur  aim*. 


PRISONNIERS  Â.CADIENS  Al'    PORT  EDOl  ARD  l     L7< 

L76S  KT  1764. 

A  la  date  «lu  •»  octobre  1761,  le  nombre  de   pbi  onviih     u  ldibni  entn  h 
fort  Edouard  était  de  82,  et  le  12  juin  (762,  de  91. 

Le  nombre  de  ramilles   \<  ldibnnbs  an  fort    Edouard,  le  5  octobre  1761 
28lJ  et  le  1 1  octobre  1762  de  217. 

Le  hombbe  de  prisonniers  aoadienb  entretenue  au  fort  Edouard,  du  13  juin  1763 
au  18  mars  176 1,  a  été  de  343. 

Les  détails  à  ce  sujet  se  trouvent  dans  le  compte  rendu  officiel  ,-i  après,   par  lequel 
il  est  certifié  que  durant  les  intervalles  mentionnés,  tels  nombre    d'Acadiens,   indiqué 

sur  le  tableau,  <>nt  été  «Mit  retenus  au  fort  Ivlouanl 


Année  L763. 


Du  1.)  juin  au  l'ô  juin 

..  26  juin  au  3  juillet  .    .  . 

m      4  juillet  au  24  juillet  .    ... 

n  25  juillet  au  '31  juillet 

m  1er  août  au  28  août  ...... 

.t  21)  août  au  25  septembre.  . 

n  26  septembre  au  23  octobre. 


1  >u  24  octobre  au  30  octobre 

n  21  octobre  au  4  décembre. . . . 
n  5  décembre  au  12  décembre. 
n    13  décembre  au  25  décembre. 


Année  1764. 


Du  26  décembre  au  22  janvier. 
h    23  janvier  au  20  février. .  . 
•t    20  février  au  18  mars 


Mil'   8. 


335 

368 

376 
391 

380 
371 


371 
390 
360 
230 


311 

284 
288 


Jour*. 


14 

7 
21 

7 
28 
28 
28 


7 
36 

7 
14 


28 
28 
28 


1,690 
2,506 

2,632 

10,948 
10,640 
10,388 


49,469 


2,5!»7 

13,650 

2,520 

3,220 


8,708 
7,952 
8,064 


96,180 


Fort  Edouard,   19  mars  1764. 


(Signé)     IS.  DESCHAMPS. 


(a)  A  Pisignit  aujourd'hui  Windsor,  N.-E 


328  •  1 1'(  'Hn  ES  0ANAD1 ENNE8 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


APPENDICE   M. 

NOTES  si'K   LA   FAMILLE  DUGAS.  (a) 
ST  MÉLOIR—  1762. 

Des  5  Paquebots. 

Jean  Baptiste  Dugast,  43  ans,  [né  1719  à  Cobéguid]. 

Anne  Bourg  39  ans,  sa  femme. 

Olivier  Dugast,  12  (sie)  ans,  leur  fils. 

Jean  Baptiste,  20  ans,  idem  (h). 

Marin  Dugast,  15  ans,  idem. 

Perpétue,  9  ans,  leur  fille. 

Françoise  née  en  1761.  idem  +  morte  le  2  x  bre  1762. 

Grégoire  Blanchard,  18  ans,  fils  d'Anne  Bourg  d'un  1er  lit. 

Marie  Toussay,  43  ans,  veuve  Bunel. 

Marie  Cécile  Bunel  9  ans,  sa  fille. 

ST  MÉLOIR— 1763. 

Des  5  Paquebots. 

Jean  Bte  Dugast,  44  ans,  de  l'Acadie 
Anne  Bourg — 40  ans  sa  femme 
Olivier  duGast  13  (sic)  ans,  leur  fils. 

Jean  Bte  Dugast,  21  ans.     Idem.     Marié  à  Marie  Brault.     Cy-après  à  f l  154  23e 
famille — A  l'hopal.     Le  25  juin  1764.     Sorty  le  21  juillet  suivant. 
Marin  Dugast,  16  ans.     Idem. 
Perpétue  Dugast  10  ans,  leur  fille. 
Marie  Dugast,  14  ans,  Idem. 

+  Françoise  Dugast,  2  ans.     Idem — Morte  le  2  x  bre  1762. 
Grégoire  Blanchard,  19  ans,  fils  d'Anne  Bourg  ci-dessus  d'un  1er  lit. 
Marie  Toussay,  de  I'Isle  Royale — 44  ans,  veuve  Busnel  dre  à  St-Servan 
Marie  Cécile  Busnel  dud.  10  ans  sa  fille,  dre  à  St-Servan 

ST  MÉLOIR— 1764. 

Des  5  Paquebots. 

Jean  Bte  Dugast,  45  ans,  de  l'Acadie 
Anne  Bourg — 4i  ans  sa  femme  dud. 
Olivier  Dugast — 22  ans,  leur  fils,  dud. 

Jean  Bte  Dugast  21  ans,   Idem.   dud.   marié  à  Marie  Brault,  ci-après  £*  158,  à  St. 
Suliac. 

Joseph-Firmin  Dugast,  né  à  St-Suliac,  le  31  x  bre  1764. 
Marin  Dugast  17  ans,  Idem.  dud. 

Perpétue  Dugast,  1 1  ans,  fille  de  Jean  Baptiste  de  l'Acadie. 
Marie  Dugast,  15  ans,  Idem.  dud. 

(a)  Ces  notes  généalogiques  sont  tirées  du  "  Rolle  général  des  habitans  des  lies  Royale  et  St-Jean" 
pour  les  années  1762  à  1773,  à  St-Malo  et  paroisses  avoisinantes. 

[b)  Marié  en  1763,  à  Marie  Breau,  native  de  la  Rivière-aux-Canards,  fille  de  Séraphin  Breau  et  de 
Brigitte  Martin,  il  immigra  en  1774,  en  la  province  de  Québec,  et  s'établit  avec  sa  famille  à  St- Jacques  de 
l'Achigan  où  il  décéda  le  21)  juillet  1805. 


QENEAL00I1    DJ       \'   \i>ii  \       ii/'    D0CUHEN1  MB 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

MmiIiiimm  Dagast,  né  17  maji  1784,  leur  fil 
\iiur  l tugasl ,  M- ••■  Led.  jour  leur  fille. 
<  Grégoire  Blanch  i ■  <  1   10  ans,  fil  i  d  Ai.n.    :  d  un  p   Li 

st  mi  i.i.ii;     1, 

I  >,  .1  '.i.jiii-Ii.iI 

J6U   l»l«'   Dugast,    16  ans  de  I'  A<a<  lie. 
A  ti ih -   I  toUTg       I  '-'  ans,  sa  !<• 

oii\  ier  l  tagast,  23  ans,  leurs  lils. 

Marin    I  >Uga8t ,    I  s  ans,    Idem. 

Perpétue  l tagast,  1 2  an  ,  leur  lilli-. 
Marie  l  tugast,  1 8  ans,  [dem 

Mat  luirin    I  tugast  )  ,  -..  , 

. .  o  enfanta  lumeaux,  nés  en  I  î  '»  i. 

Anne    DUgaSl  I 

Grégoire  Blanchard,  21  ans,  nu  d  Anne  Bourg  de  L'autre  part. 

Jean   Bt€   Dugast,  22  ans,  de  l'A'-adie,  <l"    a  Si    .M.  loir. 

Marie   Urault,  20  ans,  sa  femme. 

Joseph   Kinnin    Dugast,  ué  <-n    I7»>1,  leur  lils. 

BT  MÉLOIB   -1766. 

Des  6  Paquebo 

Jean-Bte  Dugast,   1 7  ans  de  l'Acadie. 
Anne  Bourg,    !•">  ans,  sa  femme. 
Olivier  Dugast,  24  ans,  leur  fils. 

Marin         "         19  ans,  idem,  marié  à  Françoise  Boudrot. 
Perpétue    "         13  ans,  leur  fille 
Marie         "         17  ans,  idem. 
Mathuiïn   "  2  ans,  leur  fils. 

Anne  "  -  ans,  leur  fille. 

Grégoire  Blanchard,  22  ans,  fils  d'Anne  Bourg. 

Jean-Bte  Dugast,  23  ans  de  l'Acadie,  à  l'hôpital  le  26  7,,n   17(50,  sorty   le    24  xbre, 
dre  à  S1  Servan. 

Marie  Brault,  21  ans,  sa  femme,  idem. 
Joseph  Firmin  Dugast,  2  ans,  leur  fils. 
Pierre  Cirille  "        né  19  9brp  1766,  idem. 

ST-MÉLOIR— 1767. 

Des  5  Paquebots. 

Jean-Bte  Dugast,  48  ans,  de  l'Acadie. 

Anne  Bourg,  44  ans,  sa  femme. 

Olivier  Dugast,  25  ans,  leur  fils,  le  13  avril  à  Terre-Neuve  sur  le  Sage  débarqué   à 

Belle-Isle  le  23  8bre. 

Marin  Dugast,  20  ans,  dre  à  S1  Servan  avec  sa  famille. 

Françoise  Boudrot,  28  ans,  sa  femme. 

Joseph  Augustin  Dugast,  né  le  20  aoust  1767. 

Grégoire  Cloccinet,  11  ans,  fils  de  Françoise  Boudrot  d'un  1er  lit. 

Jeanne  Cloccinet,  7  ans,  sa  fille  d'un  1er  lit. 

Perpétue  Dugast,  14  ans,  fille  de  Jean-Bte. 

Marie  "        18  ans,  idem. 

Mathurin  )  .  0 

»  >  jumeaux,  ô  ans. 

Grégoire  Blanchard,  23  ans,  fille  d'Anne  Bourg,  à  l'hop.  le  10  juillet  1767,  sorty  le 
15  aoust. 

18—53     r16 


330  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Charles  Dugast,   [né  1724,]  43  ans,  de  l'Acadie. 

Aime  Naquin,  32  ans,  sa  femme. 

Marie  Anne  Qautrot)  <i  ans,  fille  d'Anne  Naqain,  d'un  l,r  lit. 

Rose  Marie  Qautrot,  5  ans  idem. 

ST-MÉLOIR— 1768. 

Des  5   Paquebots. 
Jean-Bte  Dugast,  48  ans,  de  l'Acadie. 
Anne  Bourg,  4")  ans,  sa  femme. 

Olivier  Dugast,    26  ans,   leur  fils,   le   25  avril   à  Terre  Neuve   sur   la   Charmante 
Suzanne,   capitaine  Folain,  revenu  le  30  8brf  17»iv. 
Perpétue  Dugast,  15  ans,  leur  fille. 
.Marie  Dugast,  19  ans,   idem. 
Mathurin  Dugast,  4  ans,  idem. 
Pierre  Dugast,   4  ans,  idem. 
Grégoire  Blanchard,  24  ans,  fils  d'Anne  Bourg,  d'un  1er  mariage. 

ST-MÉLOIR— 1769. 

Des  5  Paquebots. 

Jean-Bte  Dugast,  49  ans,  de  l'Acadie. 

Anne  Bourg,  46  ans,  sa  femme. 

Olivier  Dugast,  27  ans,  leur  fils,  le  22  avril   à  Terre  Neuve  sur  le  Dauphin,  passé 

sur  l'Apoline,  resté  à  Guernesey,  revenu  à  S1  Malo  le  24  xbre  1769. 

Perpétue  Dugast,   16  ans,  leur  fille. 

Marie  Dugast,  20  ans,  idem. 

Mathurin  Dugast   )   K 
.  -r-v         ,n         >  5  ans,  mmeaux. 

Anne  Dugast  J  '  J 

Grégoire  Blanchard,  25  ans,  fils  d'Anne  Bourg  d'un  1er  mariage. 

Charles  Dugast,  45  ans,  de  l'Acadie. 

Anne  Naquin,  34  ans,  sa  femme. 

Marie  Anne  Gautrot,  8  ans,  fille  d'Anne  Naquin  d'un  1er  mariage. 

Rose  Marie  Gautrot,  7  ans,         idem. 

Jean  Bte  Dugast,  26  ans,  de  l'Acadie. 

Marie  Brault,  24  ans,  sa  femme. 

Joseph  Firmin  Dugast,  5  ans,  leur  fils. 

Pierre  Cirille  Dugast,  3  ans,  idem,  +  mort  le  5  8bre  1769. 

Marie  Josephe  Dugast,  née  en  1768,  leur  fille. 

A  ST-MÉLOIR— 1770. 

Jean-Bte  Dugast,  50  ans,  de  l'Acadie. 
Anne  Bourg,  47  ans,  sa  femme. 

Olivier  Dugast,  28  ans,  leur  fils,  le  13  avril  à  Terre  Neuve  sur  le  Neptune,  retour 
sur  le  Fidelle,  le  16  8bre  1770. 

Perpétue  Dugast,   17  ans,  leur  fille. 

Marie  Dugast,  21  ans,  idem. 

Mathurin  Dugast,   6  ans,  leur  fils. 

Anne  Dugast,         idem,     jumeaux. 

Grégoire  Blanchard,  26  ans,  fils  d'Anne  Bourg  d'un  1er  mariage. 

Charles  Dugast,  46  ans,  de  l'Acadie. 

Anne  Naquin,  35  ans,  sa  femme. 

Marie  Anne  Gautrot,  9  ans,  fille  d'Anne  Naquin  d'un  1er  mariage. 

Rose  Marie  Gautrot,  8  ans,  idem. 

Jean  Bte  Dugast,  27  ans,  de  l'Acadie  dre  à  la  Gouenière. 

Marie  Brault,  25  ans,  sa  femme. 

Joseph-Firmin  Dugast,  6  ans,  leur  fils. 

Marie-Josephe  Dugast,  2  ans,  leur  fille. 

Anne- Julienne  Dugast,  née  le  28  8bre  1770. 


01  \  i  1/  OOIE  DES  .1''  i/'//  \-     t  i  EO  DOi  I 
DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

ST.  MELOIfl     177  1 

l  )«•    S  Paquebot 

Jean  l ite  I  >uga  ' .  51  an  ,  de  I  A.oadie 
A  âne  l  k>urg,  48  b  "  ,    i  femme 

Olivier  Dugast,  29  ans,  leur  fils,   le  13   c1     1771,  permi    de     ombai  intei 

•  m  l'Ecluse. 

Perpétue  Dugast,  18  ans,  leur  fille. 
Marie  Dugast,  22  uns,  leur  iill<-. 

M.ii hurin  I dugast,  )  m 

,  . ,         :  M  mis,    umeaux. 

Aime    Dugast  j 

Victor  Dugast,   26  ans,  de  I  \«  a. l n-,  venu  <i«-  Bre  I  A  eomptei  du  I 
1771,  permis  de  s'embarquer  à  Nantes  sur  l'Ecluse. 

Qrégoire  Branphard,   27  ans,  fils  d'Anne   Bourg  d'un  i     mai  Charles 

Dugast. 

Charles  Dugast,  46  ans,  de  L'Acadie. 

Aime  Naquin,  36  ans,   s.i   tcminc 

Marie  Anne  Gautrot,  LO  ans,  sa  fille  d'un  1  '  niant: 
Rose  Marie  Gautrot,  9  ans,  idem. 

ST.  MELOIR     1772. 
201' 

Jean  Bte  Dugast,  51  ans,  de  L'Acadie, 

Anne  Bourg,  1(.)  ans,  sa  femme. 

Olivier  Dugast,  24  ans,  leur  fils,  le  13  xbre  1771,  permis  de  s'embarquer  à  Nan' 
sur  l'Ecluse,   Congédié  à  Brest,  le  3  7bre  1772,  de  retour  à  St.  Malo  le  6  7hrf   1772  ;    le 
1  x'1"   1772,  expédié  pour  aller  s'embarquer  à  Lorient  sur  le  Beaumont. 

Perpétue  Dugast,  19  ans,  leur  fille. 

Marie  Dugast,  23  ans,  idem. 

Mathurin  Dugast  I  0 
.  -r^         i         ;  o  ans,  i  umeaux. 

Anne  Dugast  I  J 

Victor  Dugast,  26  ans,  [né  1746],  leur  tils,  venu  de  Brest  le  13  x,,re  1771  permis  de 

s'embarquer  à  Nantes  sur  l'Ecluse;  le  20  juillet  1772  permis  de  s'embarquer  à  Nantes. 

Grégoire  Blanchard,  28  ans,  fils  d'Anne  Bourg,  d'un  1er  mariage. 

ST-MELOIR— 1773. 

201e. 

6s.  Jean-Bte  Dugast 

6s.  Anne  Bourg 

5s.  Perpétue   Dugast      [  payé  le  3  août  1773. 

5s.  Marie  Dugast  f  idem  le  16  9bre  1773. 

3s.  Mathurin  Dugast 

3s.  Anne  Dugast 

5s.  Victor  Dugast,  absent  à  la  mer. 

K      ^    /     •       r>i       uj)  payé  à  luy-même  le  30  juillet  1773. 
5s.  Grégoire  Blanchard  }  ^         ^  le  ^  £bre  m3 

A  ST-SERVAN-  1767. 

Jean-Bte  Dugast,  24  ans,  de  l'Acadie. 

Marie  Brault,  22  ans,  sa  femme,  à  l'hôpital  le  19  janvier    1768,  sortie  le  9  février. 

Joseph  Firmin  Dugast,  3  ans,  leur  fils. 

Pierre  Cyrille  Dugast,  né  en  1766,  idem. 

18— 53J 


332  Ah'din  i:s  OA  \.\mi.\  \i.  - 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
A  ST-SERVAN— 1768. 

.Jean-Bte  Dugast,  25  ans,  de  l'Acadie,  ''"  à  S1  Mdoir. 

Marie  Brault,  23  ans,  sa  femme,  à   l'hôpital  le   19  janvier  1708,  sortie  le  9  février. 

Joseph  Firmin  Dugast,  4  ans,  leur  fils. 

Pierre  Cirille  Dugast,  2  ans,  idem. 

Marie  Josephe  Dugast,  née  7  x  br,:  1768,  leur  fille. 

LA  GOUENIÈRE— 1771. 

Jean-Bte  Dugast,  28  ans,  de  l'Acadie. 

Marie  Brault,  26  ans,  sa  femme,  drf  à  Château  Malo  en  S1  Servan. 

Joseph  Firmin  Dugast,  7  ans,  leur  fils. 

Marie  Josephe  Dugast,  3  ans,  leur  fille. 

Anne  Julienne  Dugast,  née  le  28  8bre  1770. 

A  ST-SERVAN— 1772. 
191fl 

Jean-Bte  Dugast,  29  ans,  de  l'Acadie,  dre  à  Château  Malo. 

Marie  Brault,  27  ans,  sa  femme. 

Joseph  Firmin  Dugast,  8  ans,  leur  fils. 

Marie  Josephe  Dugast,  4  ans,  leur  fille. 

Anne  Julienne  Dugast,  1  an  J,  idem. 

Pierre  Cirille  Dugast,  né  8  may  1772. 

A  ST-SERVAN— 1773. 
191e 
6s.  Jean  Bte  Dugast 

0  '  T        ,    t-,.      .     t.  y  payé  à  Frse  Boudrot,  le  3  aoust  1773. 

3s.  Joseph  firmin   Dugast         r  J 

3s.  Marie  Joseph  Dugast 

t  S^ga5t  |  w à  *-  *«*.  le  13  9"re  1773- 

A  ST-SERVAN— 1768. 

Marin  Dugast,  21  ans,  de  l'Acadie,  à  l'hôpital  le  5  aoust  1768,  sorty  le  12  dud. 

Françoise  Boudrot,  29  ans,  sa  femme. 

Joseph  Augustin  Boudrot  [sic],  né  en  1767,  leur  fils. 

Grégoire  Cloccinet,  12  ans,  fils  de  Françoise  Boudrot  d'un  1er  mariage. 

Jeanne  Cloccinet,  8  ans,  fille,  idem. 

ST-SERVAN— 1769. 

Marin  Dugast,  22  ans  de  l'Acadie. 
Françoise  Boudrot,  30  ans. 
Joseph  Augustin  Dugast,  2  ans,  leur  fils. 
Jean  Bte  Dugast,  né  le  18  may  1769. 
Grégoire  Cloccinet,  13  ans,  d'un  1er  lit. 
Jeanne  Cloccinet,      9     "        " 

ST-SERVAN— 1770. 

Marin  Dugast,  23  ans,  de  l'Acadie,  le  21  8brelevé  pour  Brest,  a  reçu  10e  de  conduite 
revenu  en  février  1771. 

Françoise  Boudrot,  31  ans,  sa  femme. 


i.i  m  [LoaiE  i>i      i'  i/>//  \     ii/'   ooa  i//  \  /  M 


DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

.)().^'|ill    A  HL',11     t  III     I  >ll;'  i  li         l'iii     h! 

.Ii'.lll     l'.lr     |  )u^usl  ,    11"'     I  8    lu   I  I      I    r 

(  Grégoire  e(  Jeanne  (  Hoocinel 


l-l.liv.w 
109 

Mai  ni    I  Mil1  m    ,   'li-   I   A'-.idir. 

Françoise  Boudrot ,  33  au ,    i  femme. 

Joseph  Aii-ust m  Dugast  ,  leur  lil  ,       morl  l<-  171 

.Iran  Bte  Duga  i.  3  ans,  idem,    i    moH  le  3  S      1772. 
Olivier  Marc  Dugast,  né  30  avril  UT7  I       mort  le  12  9     177 

((  Grégoire  el  Jeanne  (  'loocin< 

STSi;i;\AN      I77l\ 
187" 

Jean  Suc,  6 i  an-,  de  L'Acadie. 

Etfarie  Joseph  Sébert,  63  ans,  m  Femme. 

Pierre  Sire,  28  ans,  leur  fils. 

Félioité  Sire,  19  ans,  leur  fille,  mariée  à  Jean  i'>i<-.  Etobicheau,  1<-  l  t  nier  17 

Joseph  Sire,  29  ans,  leur  lils,  marié  à  Catherine  Gauthier  a  compter  'lu  1 1  x     1772, 

Pan)  Quessy,  1(>  ans,  fils  de  Margte  Sire. 

STSERVAN— 1772. 

169' 

Pierre  Marin  LeBlanc,  28  ans,  de  l'Acadie. 
Margte.  LeBlanc,  23  ans,  sa  femme. 
Margte  Blanche  LeBlanc,  2  ans,  leur  fille. 
Anne  Julie  LeBlanc,  née  11  7bro  1772. 

SI  COULOMB  -1762. 

Des  5  Paquebots. 

Paul  Dugast — 51  ans  [né  1711]. 

Hélène  Blanchaid,  43  ans,  (2e  femme). 

Simon  Dugast,  14  ans,  fils  d'un  1er  lit  [avec  Anne  Marie  Hébert]. 

Marie,  15  ans,  fille,  idem 

Elizabeth,  9  ans,  fille  idem 

Marie  Auzite,  née  en  1761,  fille  du  2e  lit. 

Pierre  Aucoin,  20  ans,  fils  d'Hélène  Blanchard  de  son  1er  lit. 

Joseph  Aucoin,  19  ans  M 

Fabien       "         13    " 

Hélène       "         13     "    fille 

ST  SULIAC-1762. 

Du  Tamerlan. 

Pierre  Dugast,  [né  1709]  53  ans,  veuf  d'Elizabeth  Bourg. 

Margueiite  Josephe,  24  ans,  sa  fille,  mariée  à  Charles  Blanchard. 

Elizabeth  Dugast  22  ans,  sa  fille 

Agnès —    20     "         " 

Prosper      10     "     son  fils. 

Rémy  6     "  "         +mort  19  mars  1763. 


334  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
A  ST    si'LIAC— 1762. 

>i'<     Dugas,  [né4  L 724]  38  ans,  fils  de  Joseph. 
Joseph  Dugast,  18  ans  [20  né  171  1-1742],  frère  de  Charles. 
Anastasie  Henry,  21  ans,  sa  femme 

Joseph  Dugast,  leur  fils  né  1  I    mai  17G2. 
Anne  13  ans,  [née  1749],  sa  sœur. 

Alexis  Dugast — 35  ans,  [né  1727]. 

Marguerite  Moise,  37  ans,  sa  femme  -f  morte  11  mai  17G2. 
Anne  Joseph  Dugast,  leur  fille,  13  ans. 
Maiir  llose,  née  11  mai  17G2,  idem. 

Arabroise  Dugast  10  ans,    [né  1752,  fils  d'Ambroise,   né  en  1729  et  de    Marguerite 
Henry]. 

Pierre  Dugast,  29  ans,  [né  1733  fils  de  Joseph]. 
Anne  Joseph  Henry  30  ans,  sa  femme. 
Joseph  Dugast,  leur  fils,  né  17    avril  1762. 

ST  SULIAC— 1762. 
Basile  Henry.     21   ans. 
Eulalie  Dugast,  sa  femme  24  ans. 
Alexis  Henry,  leur  fils,  né  en  1760. 
Cécile  Henry,  leur  fille,  née  en  1761,  x  morte  28  sept.  1762. 

PLOUER— 1762. 

Des  5  Paquebots. 

Pierre  Dugast,  34  ans,  [né  1728  fils  de  Claude]. 

Marguerite  Daigue  38  ans,  sa  femme. 

Anne  Ozite  Dugast,  9  ans,  leur  fille. 

Margte  Blanche         7     m    idem. 

Anne  Marie  née  en  1761,  idem. 

Amand  Dugast,  15  anc,  né  1747  frère  de  Pierre. 


ST  ENOGAT 


Anne  Marie  Benoist,  57  ans,  [née  1705]  Veuve  de  Charles  Dugast. 
3.  Jean  Bte  Dugast.     25  ans,  son  fils  [né  1737]. 

1.  Anne  Dugast,  29  ans,  [née  1733]  sa  sœur,  mariée  à  Olivier  Boudrot. 

2.  Marie  Madeleine  27  ans  idem,  [née  1735]. 


Marie  Joseph 

22 

h       h        [née 

1740]. 

Victoire 

13 

h       h 

r1751]. 

Pierre  Ignace 

19 

h  leur  frère, 

né  1743]. 

Pierre 

17 

m            h               [17451 

Antoine 

15 

[1747]. 

r 

'67. 

Venus  des  Isles  de  St  Pierre  et  Miquelon  sur  la  goélette  la  Créole  à  compter  du 

18  9bre  1767. 
I09c,ue 

à  6s.  Joseph  Dugas,  54  ans,  natif  de  l'isle  Royale,  fils  de  feu  Joseph,  négociant  et  navi- 
gateur. 

à  6s.  Louise  Arseneau,  53  ans,  sa  femme. 

à  5s.  Joseph  Dugas,  19  ans,  leur  fils,  charpentier  et  navigateur. 

à  5s.   Marie  Dugas,  16  ans,  leur  filla. 

T  1  >7cme 

Abraham   Dugas,   39  ans,   natif  de  Louisbourg,   fils  de  feu  Joseph,    navigateur,   a 
à  6  s.  a  laissé  sa  femme,  5  enfants  et  l'orphelin  à  Miquelon. 


<;i  \i.  ILOQIB  DJ       U   i/'//  Vi     i  i  i  '    DOOl  ITJ   i 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

176 
109 

Joseph  I  >uga  it,  mil  il"  de  l'Iale  Royale,  fils  de  feu  Jottoph,  n< 
>i  ans.     Passes  à  81  Pierre  et  Miquelon  le  16  mai 
et  payé  de  la  iub  i  I  anoe  jusqu<      l  ooropi  <    Le  dit  jou 
i  6     Louise  Arseneau,  53  an  ,    i  femme,  de  l'Âoadie. 

Joseph  Dugast,  (9  ans,  leur  fils,  de  1  loadie,  Miquelon  sur  le  < 

Marie   I  tugast,    I  ,;  an   ,   Il  ur  fille. 


Abraham  Dugast,  39  ans,  Datif  de  Louisboui  de  fou  Josepl  [ateur,  a 

laissé  sa  femme,  5  enfants  et  l'orphelin  à  M  iquelon  Pierre  et  Miquelon  lur  la 

goélette  la  Créole  I»'  18  mari  1768   «'t.  paye   de  ss  lubsistanee    ju  ques  «•»  oompri 

dit  jour. 

r.\    1769. 

Venue  de  Boulogne  tut  U  Brigantin  />•  Hasard,    M    Jean   Palette, 

101 

Charles  Dugast,  32  ans,  de  l'Aoadie  dre  à  Plouer. 

Margte  Oranger — 30  ans,  sa  femme,  à  l'hôpitalle  2  juin  1709,  sortie  le  23  du  dit. 
Marie  Joseph  Dugast,  7  ans,  leur  fils. 
Jean  Charles  Dugast,  4  ans,  idem. 
Pierre-Olivier  Dugast,  3  ans,  idem. 
Joseph-Simon,  né  5  janvier  1769. 

Amand   Dugast,   21  ans,  frère  de  Charles,  le  23  9,,re  17G7  sur  la  Charmante,    de 
retour  le  4  février  1769. 

ST-SULIAC— 1771. 

Joseph  Dugast,  27  ans,  de  l'Acadie. 

Anastasie  Bariot,  30  ans,  sa  femme. 

Joseph  Dugast,  9  ans,  son  fils. 

Marie  Dugast,  7  ans,  sa  fille. 

Cécile  Anne  Dugast,  6  ans,  idem. 

Elizabeth  Eulalie  Dugast,  3  ans,  idem. 

François  Dugast,  né  2  avril  1771. 

Alexis  Dugast,  44  ans,  de  l'Acadie  veuf  de  Margte  Moyse. 

Marie  Rose  Dugast,  9  ans,  sa  fille. 

Ambroise  Dugast,  19  ans,  fils  de  feu  Ambroise 

Pierre  Dugast,  38  ans,  de  l'Acadie. 

Cécile  Moïse,  47  ans,  sa  femme. 

Joseph  Dugast,   9  ans,  leur  fils. 

PLOUER— 1771. 

Pierre  Dugast,   43  ans,  de  l'Acadie. 
Margte  Daigue,  47  ans,  sa  femme. 
Anne  Ozite  Dugast,  18  ans,  leur  fille. 
Margte  Blanche,  16  ans,  idem. 
Anne  Marie,  11  ans,  idem. 
Marie  Victoire,  7  ans,  idem. 


336  ARCHIVES  <   I  \  IDIENNES 


ST  ENOGAT,    1771 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


Marie  Benoist,  veuve  de  Charles  Dugast,  60  ans,  de  l'Acadie. 

Marie  Joseph  Dugas,  31  ans,  sa  fille. 

Victoire  Dugast,  22  ans,  ra  lille. 

Pierre  Ignace  Dugast,  28  ans,  son  fils. 

Pierre  Dugas,  26  ans,  idem. 

Antoine  Dugas,  24  ans,  idem. 

Jean-Bte  Dugas  3  I  ans. 

Marie  Groasin,  32  ans,  sa  femme. 

Anne  Marie  Dugast,  .'>  ans,  leur  fille. 

Victoire  Marie  Dugast,  née  11  juillet  1770. 

Jean  Grégoire  Dugast,  né  8  mars  1772,  leur  fils. 

FAMILLES   ACADIENNES   SORTIES    DES   PRISONS    D'ANGLETERRE   ET 

RAPATRIÉES  EN  FRANCE  EN   1763. 

Année  1763. 

Provenant  de  la  fregatte  du  Roy  La  Dorothée  commandée  par  le  S.  La  venant  arrivée 
a  St.  Malo  Le  21  May  1763  et  nourris  a  bord  de  lade  fregatte  Jusqueset  Compris  Le  23 
dud.  mois  à  l'Exception  des  malades  qui  ont  été  débarquées  Le  21  et  mis  à  l'hôpital. 

A  compter  du  24  May  1763. 

23e  famille. 

Michel  Bourg,  (a)  de  L'acadie,  46  ans  dre  a  St.  Suliac  avec  sa  famille. 

Brigite  Martin  (b)  48  ans,  sa  femme 

Mathurin  Bourg  19  ans.   leur  fils 

Charles  Bourg  13  ans.  fils  de  Michel 

Pierre  Bourg  11  ans.  Idem 

Magdelaine  Bourg  17  ans,  leur  fille,  mariée  à  Joseph  Gravois. 

Victoire  Bourg  16  ans,  Idem.  drc  a  St.  Suliac 

Marie  Bourg  2  [sic  pour  12]  Idem.     Idem 

Jean  Bapt0  Brault  20  ans,  fils  de  Brigite  Martin  de  l'autre  part  d'un  pcr  Lit.  Idem. 

Marie  Brault  18  ans.  Idem,  mariée  à  Jean  Bapte  duGast. 

Magdelaine  Brault  17  ans.     Idem 

Joseph  Gravois  24  ans,  neveu  de  la  dte  Martin.  Marié  à  Magdeleine  Bourg  cy-dessus. 

Année  1764. 
23e  famille. 

Michel  Bourg  de  l'Acadie  47  ans,  dre  à  St.  Suliac  avec  sa  famille. 
Brigite  Martin  49  ans,  sa  femme. 
Mathurin  Bourg  20  ans,  leur  fils. 
Charles  Bourg  14  ans,  Idem. 
Pierre  Bourg  12  ans,  Idem — 
Victoire  Bourg,  17  ans,  Idem. 
Marie  Bourg  3  [sic  pour  13]  ans,  Idem. 

Jean  Baptiste  Brault,  21  ans,  fils  de  Brigite  Martin,  ci-dessus  d'un  per  Lit. 
Marie  Brault,  19  ans,  fils  de  Brigite  Martin,  d'un  ltr  lit  mariée  à  Jean  Bapte  Dugast 
ci-devant  à  fo.  57. 

Magdelaine  Brault,  18  ans.     Idem 

Joseph  Gravois  25  ans.     Neveu  de  la  de  Martin  de  l'autre  part  dre  a  St.  Servan. 

Magdelaine  Bourg.   18  ans,  sa  femme  dre  a  St.  Servan. 

Angélique  Marguerite  Gravois,  née  16e  May  1764. 

(a)  Marié  en  lres  noces  avec  Anne  Hébert. 
(h)  Mariée  en  lres  noces  avec  Séraphin  Breau. 


i,i  \  /   i  /  0011    DJ        i'    \i>i i  Vi      il/'     /""  i 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

\m  i  171 

Michel  Bourg  48  an    de  I  Aoadi<  d     I  Bl  Suli  i  I      ille. 

I  (rigil  te  M.n  i  m  .">o  anH,  m  femme 

Mat  liui'in    Bourg  21   ans,  leur  lils. 
(  'haï  le,    I  k>Urg    I  •'  ans.       Idem 

Pierre  Bourg  1 3  ans.     [dem 

Viotoire  Bourg  là  ans,  leur  iill<' 

\  1 .- 1 1 - 1  <  •  Bourg  i  [sio  pour  141  ans,  Aile  de  Michel 

Jean    I  •  ;  1 1  >  '     Brault,   22  ans,  lil.s  de   Brigite   Martin  dun   p       I. 

Sdagdelaine  Brault,  20  ans,  lill<'  [dem. 

Joseph  Gravois  26  ans,  neveu  de  la/lite  Martin,  d1    à  St  Servao 

Magdelaine  Bourg     19  an  .    a  Femme  <l"   [dem 

Angélique  Marg*  Gravois,  leur  fille,  née  en   1764. 

A  s  vi  i    1 766. 

Michel  Bourg,  49  ans,  de  l'Acadie  d"  à  8i  Servan  avec    t  famille. 
Brigite  Martin  .*> i  ans,  sa  femme 

Mathurin   Bourg  22  ans,  leui   lils. 

( 'harles         "       1 6  ans,  idem. 
Pierre  "        I  1  ans,  idem. 

Victoire        "       !'.>  ans,  leur  fille,  à  l'hôpital  le  27  Février  1767,  sortie  le  5  avril. 
Marie  "        15  ans,  leur  fille,  à  l'hôpital  le  4  juillet  1766,  sortie  le  '■'>  aoust. 

Jean  lïte  Brault.  '23  ans,  lils  de  Brigitte  Martin  d'un  l'r  lit. 
Magdelaine  Brault.  21  ans,  fille  de  Brigite  Martin  d'un  l'r  lit. 

Joseph  (îravois,  27  ans,  neveu  de  la  dite  Martin  d"'  à  St.  Servan  avec  sa  famille,  à 
l'hôpital  le  2  juillet  17GG,  sortie  le  17  aoust. 
Magdelaine  Bourg,  20  ans,  sa  femme 
Angélique  Marguerite  Gravois,  2  ans,  leur  fille. 
Marie  Félicité  "         née  21  avril  1766,  idem. 

Année  1767. 
23°  famille. 

Michel  Bourg,  50  ans  de  l'Acadie,  dro  à  St  Servan 

Brigite  Martin,  52  ans,  sa  femme. 

Mathurin  Bourg,  23  ans,  leur  fils,  le  22  7bre  permis  d'aller  étudier  la  philosophie  à 
Paris. 

Charles  Bourg,  17  ans,  leurs  fils. 

Pierre  Bourg,  15  ans  idem,  le  27  mars  1767,  en  remplacement  sur  la  Marie  Magde- 
laine Me  Mathurin  Chevalier  au  pl  Cabotage 

Victoire  Bourg,  20  ans,  fille  de  Michel,  à  l'hôpital  le  27  fév.  1767,  sortie  le  5  avril. 

Marie  Bourg,  16  ans,  leur  fille. 

Jean  Bte  Brault,  24  ans,  fils  de  Brigitte  Martin  d'un  1er  m  mage,  le  22  7bre  permis 
d'aller  étudier  la  philosophie. 

Magde  Brault,  22  ans,  fille  idem. 

Joseph  Gravois,  28  ans,  neveu  de  la  dite  Martin,  dre  à  St  Servan  avec  sa  famille, 
passé  en  Angleterre,  sa  subsistance  jusques  et  compris  le  24  Février  1767  à  payer  à  Mlh' 
Groulier  cousine  de  l'abbé  Gilbert. 

Magdelaine  Bourg,  21  ans,  sa  femme,  passée  en  Angleterre  le  24  février  1767. 

Angélique  Marguerite  Gravois,  3  ans,  leur  fille. 

Marie  Eélicité  "        née  en  1766. 


338  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Anni.k   1768. 

28    famille. 

.Michel  Bourg,  5 !  ans,  de  l'Acadie  <l    à  St.  Bervan. 
Brigite  Martin  53  ans,  sa  femme. 

M  B  tu  lin   Bourg  -I  ans,  leur  fils,  étudie  pour  être  prestr.-. 

Charles  Bourg,  18  ans,  leur  fila. 

Pierre  Bourg,  1G  ans,  idem. 

Victoire  Bourg,  21  ans,  leur  lille. 

Marie  Bourg,   17  ans,  idem. 

.Jean  Bte  Brault,  25  ans,  idem,  fils  de  Brigite  Martin,  étudie  pour  être  prestre. 

Mag*  Brault,  .5  ans,  sa  fille. 

Année  17G9. 

23-  famille. 

Michel  Bourg,  52  ans,  de  l'Acadie,  dre  à  S*  Servan. 

Brigite  Martin,  54  ans,  sa  femme. 

Mathurin  Bourg,  25  ans,  leur  fils,   étudie  pour  être  prestre. 

Charles  Bourg,  19  ans,  leur  fils. 

Pierre  Bourg,  17  ans,  idem. 

Victoria  Bourg,  22  ans,  sa  fille,  à  l'hôpital  le  l,r  xbre  17G9,  sortie  le  28  janvier  1770. 

Marie  Bourg,  18  ans,  idem. 

Jean-Bte  Brault,  26  ans,  fils  de  Brigite  Martin,  étudie  pour  être  prestre. 

Magdelaine  Brault,  24  ans,  si  fille. 

Année  1770. 

23e  famille. 

Michel  Bourg,    53  ans,  de  l'Acadie,  dre  à  S1  Servan. 

Brigite  Martin,  55  ans,  sa  femme. 

Mathurin  Bourg,  26  aais,  leur  fils,  étudie  pour  être  prestre. 

Charles  Bourg,  20  ans,  leur  fils,  à  l'hôpital  le  7  mars  1770,  sorty  le  25  du  dit,  à 
l'hôpital  le  3  avril  1770  sorty  le  22  du  dit. 

Pierre  Bourg,  18  ans,  idem,  le  31  aoust  en  remplacement  sur  la  barque  la  Ste-Anne 
de  l'Isle  Dieu,  Me  Jean  Diet  P.  C. 

Victoire  Bourg,  23  ans,  leur  fille,  à  l'hôpital  le  1er  xbre  1769,  sortie  le  28  janvier 
1770. 

Marie  Bourg,  19  ans,  idem,  mariée  à  Joseph  Richard  le  22  janvier  1771. 

Jean-Bte  Brault,  27  ans,  fils  de  Brigite  Martin,  étudie  pour  être  prestre. 

Magdel6  Brault,  25  ans,  fille  idem. 

Année  1771. 
23e  famille. 

Michel  Bourg,  54  ans,  de  l'Acadie,  le  3  juillet  à  Chatelaudrain  ;  à  l'hôpital  le  9 
7bre  1771,  sorty  le  19  du  dit  (mois). 

Brigite  Martin,  56  ans,  sa  femme,  dre  à  S1  Servan. 

Mathurin  Bourg,  27  ans,  leur  fils,  étudie  pour  être  prestre. 

Charles  Bourg,  21  ans,  idem. 

Pierre  Bourg,  18  ans,  idem,  le  31  aoust  1770,  en  remplacement  au  Petit  Cabotage 
sur  la  barque  la  Ste-Anne  de  l'Isle  Dieu,  revenu  le  12  juin  1771  ;  à  l'hôpital  le  7  8bre 
1771,  sorty  le  19  9bre  ;  le  3  janvier  1772  à  Cadix  sur  la  Duchesse  de  Duras. 

Victoire  Bourg,  24  ans,  leur  fille,  à  l'hôpital  13  7bre  1771,  sortie  le  24  8bre  1771. 

Joseph  Richard,  30  ans,  de  l'Acadie. 

Marie  Bourg,  20  ans,  mariée  le  22  janvier  1771  à  Joseph  Richard,  à  l'hôpital  le  11 
may  1771,  sortie  le  6  juin  1771. 


QBm  iLOGIE   i>i       WADIEÙ       iVEi    DOi  I    '  M 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

.Iran  Joseph  Riohai  I,  né  le  80        1771,  leur  I 

Jean  Bte  Brault,  2Î  an  .  Alt  de  l'.u  [itc  m  krtin  él  idic  poui  ôtre  pi 

Magdrl'     I  '.raiill  ,    26  I  D        fil      l'I'in. 

Si    Si.k\  \n       Asm  i      1  -  | 
II, 

M  [ehel  Bo  i  an  (,  de  l'Acadie 

8s.    Brigite  Mait in      > ,  an     .1  femme 

6s,   .Maihuiin  Bourg,  28  ad     Al     de   Michel,  étudie  poui  i''1   tre,    an  i 

déclaré  qu'il  était  au  1  îanada. 

.  Charles  Boui  in  .  leur  fila,  !<■  20  mai    p  J  poui  aller  à  i  A 

suivant-  la  déolaration  <lc  m  sœur  \  iotoire: 

'  .   Pierre  Bourg,  L9  ans,  idem,  !«•  S  janviei   177       i  la  l>m-l  nu 

le  'i  <»<  t.  L772, 

5s.   Victniic  Bourg,  26  ans,  leur  fille,  demeure  avec  Joseph  Richard, 
fia  Jean  \l>i^  Brault,  29  ans,  fili  de   Brigitte  Martin,  étudie  poui 
beaupère  a  déclaré  qu'il  était  au  Canada. 
B&   Ma^     Brault.  -Vans,  fille,  idem. 

1 1  s- 
fis.  Joseph  Richard,  31  ans,  «1»'  l'Acadie 
fis.  Mario  Bourg,  21  ans,  sa  femme 
3s.  .)"  Joseph  Richard,  né  le  30  8b"  1771. 

Si    Si;i;\  a\       AnnÉK    1  7 7.5- 

117^ 

Gs.  Michel  Bourg—  1  paye  le  28  juillet  1773 

Gs.  Brigitte  Martin  )  idem  le  8  9brc. 

5s.  Pierre  Bourg —  1  payé  à  Marie  Bourg,  le  27  juillet  1773 

5s.  Victoire  Bourg.  j  idem  à  elle-même,  le  9  9brc. 

5s.  Magd"e  Brault  payé  à  Michel  Bourg,  le  28  juillet  1773. 

118e 

Gs.  Joseph  Richard  )  ,  ,    0*.  .    .,,  ,   Kr-Q 

n      „     T  D  }  paye  le  27  millet  1  / 1  o, 

Gs.   Marie  Bourg  j  ^  J  â 

3s.  Jn-Joseph  Richard    ]  idem— 9  9bre  1773 

3s.   Pierre  Michel  Richard,  pa}ré  à  sa  mère  le  9  nov.  1773 

Archevêché  de  Québec, 

Québec,  le  16  juillet  1902. 
Monsieur  Placide  Gaudet, 
Ottawa. 
Monsieur, — Je  suis  heureux  de  pouvoir  vous  transmettre  le  document  ci-inclus,  en 
réponse  à  votre  lettre  du  13  du  courant. 

Ce  document  confirme  vos  assertions  au  sujet  de  l'abbé  Bro. 

Nos  archives  font  aussi  mention  de  l'ordination  de  M.  l'abbé  J.  Mathurin  Bourg,  à 
Montréal,  le  9  septembre  1772. 

Veuillez  agréer,  cher  monsieur,  avec  mes  hommages  respectueux,  l'assurance  de  mon 
entier  dévouement. 

J'ai  l'honneur  d'être, 

Votre  humble  serviteur, 

EUG.  C.  LAFLAMME,  Ptre, 

Asst-  Secrétaire. 


340  m;<ii  i\  ES  0  I  VADIENNBB 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
JoANNES-OLIVARIUS    BRIAND, 

I  ><-i  et  Apostolicae  ttedis  gratia  Episoopus  Quebecensis,  univer-i-  pi  aesentes  litteras 
inspecturis  Balutem  et  benefictionem  in  Dno. 

Notuin  t'aciiims  quod  anno  1772  die  9brifl  15°  in  fcsto  Stae-Gertrudis,  Dominica 
23a  post  lVnt ecosten,  illust .■rissimus  et  Reverendissimus  Ludovicus-Philippus  Mariau- 
oheau  Desgly,  Episcopus  Dorylensis  et  Coadjutor  Quebecensifl,  missam  in  pontificalibus 

célébrons  in  ecolesia  Seminarii  nostri  Quebecensis,  Dilectos ;  necnon 

Joannem  Bro  Diaconum  Acadiensem   ad  sacrum  presbyteratus  ordinem,  extra  tempora, 
neque  scrvatis  interstitiis   super  quibus  cum  praedictis   juxta  facultalcm   Nobis  a  Sta 
le  concessam  dispensavimus,  de  nostra  licentia  promovit. 

QujEBECI,  die  et  anno  supradictis. 

(8ign.)  t     J.  ÔL.    EPUS   QUEBECENSIS. 

La  présente  eopie  est  conforme  à  l'original  conservé  dans  les  archives  de  l'Arche- 

\  tché  de  Québec.     En  foi  de  quoi 

EUG.    C.    LAFLAMME,  Ptre, 
Archevêché  de  Québec,  le  16  juillet  190-\  Asst.-Secrétaire. 

(Traduction.) 

Nous  Jean-Olivier  Briand,  par  la  grâce  de  Dieu  et  du  Siège  Apostolique  Evêque 
de  Québec,  à  tous  ceux  qui  verront  les  présentes  lettres  salut  et  bénédiction  en  Notre- 
Seigneur. 

Nous  faisons  savoir  que,  le  15e  jour  de  novembre  1772  en  la  fête  de  Sainte 
Gertrude,  le  23e  dimanche  après  la  Pentecôte,  l'Illustrissime  et  Révérendissime  Louis- 
Philippe  Mariaucheau  Desgly,  Evêque  de  Dorylée  et  coadjuteur  de  Québec,  à  la  messe 
pontificale  célébrée  dans  l'église  de  notre  Séminaire  de  Québec,  a  promu,  avec  notre 
permission  nos  chers.  .  .  .  ainsi  que  Jean  Bro  diacre,  de  l'Acadie,  à  l'ordre  sacré  de  la 
prêtrise  avec  les  dispenses  extra  tempora  et  des  interstices  accordées  en  vertu  des  pou- 
voirs que  le  Saint  Siège  nous  a  concédés. 

Québec,  aux  mêmes  jour  et  an  que  ci-dessus. 

(Sign.)  f     J.  01.  Evêque  de  Québec. 

Archevêché  de  Québec, 

Québec,  le  21  juillet  1902. 
Monsieur  Placide  Gaudet, 
Ottawa. 
Monsieur, — En  réponse  à  votre  honorée  du  17  du  courant,  je  me  fais  un  plaisir  de 
vous  adresser  le  document  ci-inclus. 

Je  vois  dans  nos  archives  que  les  abbés  Jean  Bro  k  Jos.  Mathurin  Bourg,  ont  été 
promus  au- Diaconat  le  même  jour,  29  juin  1772,  fête  des  SS.  Apôtres  Pierre  à  Paul, 
dans  l'Eglise  du  Séminaire  de  Québec. 

Veuillez  agréer,  Monsieur,  avec  mes  hommages,  l'assurance  de  mon  entier  dé 
vouement. 

J'ai  l'honneur  d'être, 

Votre  humble  serviteur, 

EUG.    C,    LAFLAMME,  Ptre, 

Asst.-Secrétaire. 

JOANNES-OLIVARIUS   BRIAND 

miseratione  divina  et  Stae  Sedis  Apostolicae  Epus  Quebecen ... 

Universis  praesentes  litteras  inspecturis  salutem  et  benedictionem  in  Domino. 

Notum  facimus  quod  anno  Dni  millesimo  septingentesimo  septuagesimo  secundo, 
die  décima  nona  septeinbris,  Sabbato  quatuor  temporum,  missam  in  pontificalibus  celé- 


i,i  \i   [L00I1    DI       U   Wli  \.      ii/'     DOi  i  \n  \  i  341 

DOC.  DE  LA  SESSION   No   18 

brante     lo  BOOlesia  nosocomii  a  Sto  •  )<>  cph  in  civil  île    in  u ianopolil    !        I  » 

.  .  .  .  ;  eodem  <Ih-    Dileotoi    aosti  nnom    liapti  tam    Vital. -m    Poujet,    diaconutc 

iiiiii'in.ii<i|nilii;uiiiiii,  et  Joseph    Hat  ni  i ii ii ik   Bourg,  clificoiniiii  firiulini  itiitapi 

non  autena  i  po  teriore,  intei  bitiis,  super  quibu   di  m   Nobi 

a  Sla  Sri  le     eoneessam,  .i-l  sacrum   pu-   liyteratii      onlin»in   i<l<>i 

duximui  promovendo  ,  ac  in  Ddo  nt<-  et  oanonioe  promovimu 

+    .1.  <  >l.    Kpu     Qui  1m 
Pour  vraie  copie  OOnformfl  à  I  original  <<.n  .-i..    «lin      les    an  i 

de  Québec.     En  foi  de  quoi 

El  G  C    i.  \i  i.am  \ll.   I" 

A  i;<  m  \  i  <  m.  di  Qi  ébec,  le  21  juillet  1902. 

(  Timhirt ,, 
Nous  Jean  Olivier   P.riainl,  par  la    gfâce    de     I  >ifu    et     du    saint  '!"♦•, 

c\  èque  de  Québec, 

à  tous  ceux  que  Les  présentes  lettres  verront  salut  «'t.  bénédiction  en  Jésu   Obri 

Nous  attestons  que,  l'an  du  Seigneur   177-,   le    19  septembre,     amedi  des  Quatre 

Temps,  à  la  messe  pontificale  célébrée  .i   1  hôpital   Saint  Joseph   <1<-  Is  ville  de  M 
nous  avons  promu,  les  trouvant   aptes,  capables  et  dignes,    à  l'ordre    a<  ré  de  le  pf  I 
nos  ohers  fils  Jean    Baptiste   Noël    Poujet,  diacre  <l»*  Montréal,  et  Joseph   Ifatburln 

Bourg,  diacre  de  l'Aeadie,  avec  oltser\anee  pour  le  premier,  non  pour  le  second  dei  mt.r  - 

tices,  desquels  nous  avons  dispensé,  selon  la   faculté  à  nous  concédée  par  le  SaintSiège. 

(Signé)        t  J.  01.  Evêque  de  Québec. 

Archevêché  de  Québec. 

Québec,  le  30  juillet  1902. 
Monsieur  Placide  Gaudet, 
Ottawa. 
Monsieur, — J'ai  l'honneur  de  vous  accuser  réception  de  votre  dernière,  en  <late  du 
23  juillet. 

J'ai  fait  quelques  recherches  au  sujet  des  abbés  Bro  et  Bourg  et  tout  ce  que  j'ai  pu 
trouver,  le  voici  : — 

"  Les  abbés  Jean  Bro  et  Jos.  Mathurin  Bourg,  acolytes  acadiens,  ont  été  promus 
au  Sous-Diaconat  dans  l'église  du  Séminaire  de  Québec,  le  13  juin  1772.  L'Evéque 
Consécrateur  était  Mgr  J.  Oliv.  Briant." 

J'ai  parcouru  nos  registres  quelques  années  en  arrière  de  la  date  ci-haut  mentionnée 
et  il  n'y  est  point  question  des  abbés  Bro  et  Bourg.  Seraient-ils  venus  au  pays,  après 
avoir  été  promus  aux  Ordres  Mineurs  en  France  1  Le  silence  du  registre  semblerait 
l'indiquer. 

Veuillez  me  croire,  monsieur, 

Votre  humble  serviteur, 

EUG.  C.  LAFLAMME,  Ptre, 

Asst.-Secrét. 

L'abbc'  Jos.  Math.  Bourg  à  VEvêque  de  Québec. 

8  octobre  1773  et  8  novembre  1773. 

Monseigneur, — Souffrez  que  je  prenne  la  liberté  d'écrire  une  seconde  fois  à  votre 
Grandeur.  C'est  au  sujet  d'un  Acadien  nommé  Arseneault,  demeurant  à  Cocagne.  Cet 
Acadien  a,  comme  Votre  Grandeur  a  du  en  être  instruite  par  Monsieur  Bailly,  plusieurs 
ornements  d'église,  une  partie  appartenant  à  Monsieur  Monach,  [Manach]  une  autre  à 
Monsieur  Le  Loutre.     Il   a  de   son  côté,    une  donation  en  forme,  de  Monsieur  Manach 


342  A  lie  lin  ES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

dont  je  vous  envoie  la  copie,  mais  quand  à  Monsieur  Le  Loutre,  il  n'a  aucune  lettre  qui 
prouve  que  le  dit  .Monsieur  Le  Loutre  lui  Casse  présent  de  ces  effets. 

Voici  ce  qui  en  est  :  .Monsieur  Manach  a  dit  plusieurs  fois  a  cet  Aadien,  que  Mon- 
sieur  Le  Loutre  loi  avait  fait  présent  de  tout  ce  qui  pouvait  lui  appartenir.  Comme 
Monsieur  lî.-iilly  m'avait  parlé  de  ces  ornements  avant  mon  départ  de  Québec,  je  n'ai  pas 
manqué  d'en  parler  au  dit  Monsieur  Arsenault.  Il  m'a  dit  n'avoir  pas  encore  touché  à 
ers  ornements,  et  qu'il  était  prêt  à  se  conformer  en  tout  aux  ordres  de  Sa  Grandeur. 
Ainsi,  c'est  À  elle  à  décider  si  les  ornemente  lui  appartiennent  ou  s'il  est  obligé  de  les 
remettre  entre  les  mains  de  quelque  prêtre  sans  rien  exgiger  pour  ces  ornements.  Mon- 
sieur Béquet,  prêtre;  de  l'île  Miquelon,  les  lui  a  demandé,  mais  le  dit  Acadien  ayant  pro- 
duit ses  papiers,  Monsieur  Béquet  lui  dit  qu'il  n'avait  rien  à  dire  contre  cette  donation. 
Encore  une  fois,  votre  Grandeur  en  décidera. 

Voici  la  copie  de  la  lettre  de  Monsieur  Manach,  il  y  a  encore  deux  autres  sembla- 
bles à  celle-ci. 

"Je  soussigné,  prêtre-missionnaire  de  l'Acadie,  embarqué  abord  du  navire  \  Fourcy  ' 
[FoweyJ,  donne  entièrement  et  sans  réserve  quelconque  à  François  Arsenault,  pour  lui 
et  sa  famille,  tout  ce  qui  m'appartient,  tant  concernant  mon  ménage,  que  bestiaux  et 
argenterie,  que  tout  ce  qui  m'appartient  aussi  concernant  l'église,  siuf  et  excepté  la 
sommes  que  j'ai  touché  ici  de  Monsieur  Franclin  par  le  crédit  à  Monsieur  Maillard  dont 
il  sera  rendu  compte  au  dit  Monsieur  Maillard  que  [sic  pour  par]  le  dit  Monsieur 
Arsenault." 

Tout  ceci  est  de  ma  pleine  et  libre  volonté. 

Le  11  avril  1771  [sic  pour  1761]. 

Monarch.      [sic  pour  Manach]. 

Voilà  la  copie  exacte  de  la  lettre  de  Monsieur  Manach.  Je  prie  Votre  Grandeur 
de  me  faire  savoir  ses  volontés  sur  ce  sujet  ;  il  est  prêt  à  agir  conformément  aux  ordres 
de  Votre  Grandeur. 

Monseignur, — J'ai  parcouru  tous  les  différends  endroits  où  il  y  a  des  Acadiens, 
compris  toute  la  Baie  des  Chaleurs  jusqu'à  Memramcouk,  Pédécoudiac  et  Ménaudy,  je 
suis  actuellement  de  retour  de  [sic  pour  à]  Cocagne.  J'espère  me  rendre  sous  peu  à  la 
Baie  des  Chaleurs,  malgré  les  travaux  et  fatigues  que  j'ai  eu  à  supporter  dans  ces  diffé- 
rents voyages.  J'ai  toujours  eu  le  bonneur  de  jouir  d'une  parfaite  santé.  Je  prie  Dieu 
que  la  présente  trouve  Votre  Grandeur  jouissant  de  ce  même  avantage.  Je  suis  avec 
tout  le  respect  possible  et  l'attachement  le  plus  sincère, 

Monseigneur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

JOSEPH  MATHURIN  BOURG, 

Missionnaire  de  la  Baie  des  Chaleurs. 


\  De  Cocagne.  ] 
\     le  8  8bre,      )■ 
1773        j 


Copie  de  la  Réponse.     (Précis)  <£  & 


Grande  joie  et  consolation  pour  tous  les  travaux ....  Remerciements  pour  huîtres. 
Approuvé  ce  qu'il  fera  de  concert  avec  Mr.  McDonald.  Confirmations  de  pouvoirs 
dont  Mr.  Bailly  lui  a  donné  notice,  pour  tous  les  endroits  dont  je  l'avais  chargé,  jusqu'à 
nouvel  ordre ....  Le  Sr  Manach  a  agi  contre  les  canons  en  léguant  à  un  laïc  les  orne- 
ments et  vases  sacrés.  Ainsi  Arseneault  ne  peut  les  garder  en  sûreté  de  conscience  ; 
vous  ne  pouvez  l'admettre  qu'il  ne  les  vous  ait  rendus.  Vous  les  renverrez  ensuite  au 
séminaire  qui  s'engagera  avec  obligation  de  les  remettre  lorsque  l'évêque  en  aura  besoin 
pour  ses  Acadiens. 

(Québec,  le  8  novembre  1773). 


ci  \r  ILOGIE  m       U   [DU  \       ii/'    DOi  !  '//  \  i 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Extrait  den  registres  dt    Votn   Dam    d    Q 

Le  11  juillet  1774,  nous  vicaire  de  Québec    ou    i^né  u  on 
de  L'église  qui  manquaient  au  baptême  de  Marie  -i"  eph  l.  ther,  donné  pai 
le  sieur  Michel  Bourg,  àOersai,  liil'-  de  Jean    Bapti  te   \)\ 
épouse,  Le  parrain  a  été  Me    ire  J  »  eph  Maturin  Bourg,  de  Mo 

de  Québec  en  la  baye  des  Chaleui  ,  et  ts  marraine  Dselle  I .  thei    i  ■•  ■  I  II  <<<■   qui  om  iig 
avec  noue  ainsi  •  | m   plu  ieur    paren    <'t  /unis,  le  père  : i ï *  onl 

.).  M.  BOURG   VI  G  i:    L    BOl  HD  101 

PIERRE  BOURO,  J0ANNB8   M  ARIA    BOURDAOE 

BENJAMIN   BOURDAOES  LOI  [8  BEAI  MON!  | 

Séance  du  Conseil  .ni  ohàteau  Bt  Louis  dann  la  ville  de  Québec,  l<-  Lundi,  13  mai  177  1 

PréêètUê  : 

L'honorable  II.  T.  Cramahé,  écr.,  Lieutenant-gouverneur. 

Thomas  I  Ninn 
(  tolin  I  >i  uiunioiid 
John  Collins 
Bdward  Barrison 
John  (  arden 

Le  lieutenant-gouverneur  fait   part  au   Conseil   qu'il  a  été  averti  que  quelque 
milles  aoadiennes,  formant  un  total  de  quatre-vingt-une  personnes,   étaient  arrivées   de 

France  par  Jersey  à  la  baie  des  Chaleurs,  avec  l'intention  de  s'établir  dans  cette  provil 
et  qu'elles  avaient  demandé  à  prêter  le  serment  d'allégeance  ;  que  M.  Charles  Robin,  l'un 
des  propriétaires  des  deux  vaisseaux  qui  avaient  transporté  les  émigrés  Acadiens,  avait 
été  requis  par  M.  Smith  sous-percepteur  des  douanes  à  Bonaventure,  à  la  demande  de  M. 
Vanfelson,  juge  de  paix  à  cet  endroit,  de  fournir  une  caution  de  £500  sterling,  confor 
mément  aux  instructions  du  gouvernement  au  sujet  de  ces  colons  avant  qu'il  ne  lui  fut 
permis  de  les  débarquer. 

Le  Conseil  est  d'avis  que  ni  M.  Smith  ni  M.  Vanfelson  n'avaient  le  droit  d'em- 
pêcher les  Acadiens  de  débarquer  et  que  par  conséquent,  la  caution  fournie  par  M.  Robin 
à  M.  Smith  doit  être  cancellée  ;  en  outre,  que  les  Acadiens  arrivés  récemment  à  la 
baie  des  Chaleurs  et  tous  ceux  qui  y  arriveront  par  la  suite,  pourront  s'établir  à  cet 
endroit  ou  dans  toute  autre  partie  de  la  province,  à  condition  qu'à  partir  de  l'âge  de  16 
ans  inclusivement  ils  prêtent  le  serment  de  fidélité  à  Sa  Majesté  ;  et  que  M.  Smith 
soit  commissionné  pour  le  leur  faire  prêter. 

Extrait  du  registre  des  baptêmes,  mariages  et  sépultures  de  la  paroisse  de  S1  Laurent 
pour  l'année  mil  sept  cent  quatre  vingt  dix  sept. 

Le  vingt  et  un  avril  mil  sept  cent  quatre  vingt  dix  sept,  par  nous  Vicaire  général 
a  été  inhumé  dans  le  sanctuaire  de  l'Eglise  de  cette  paroisse  le  corps  de  Messire  Joseph 
Mathurin  Bourg,  curé  de  cette  paroisse  décédé  hier  matin  âgé  de  cinquante  trois  ans 
deux  mois  et  onze  jours,  muni  des  Sacrements  de  l'Eglise.  Etaient  présents  Messires 
Lemaire,  Rivière,  Houdet,  Périnault,  Desgaretz,  Orfroy,  Prévôt,  et  Chenet,  tous  prêtres 
qui  ont  signé  avec  nous. 

ROUX  Vie.  Gén. 

Prévôt  ptre,  Lemaire  ptre 

Périmault  ptre  Ep.   Chenet  Ptre 

Rivière  P.  S1  S.  C.  Houdet  Ptre 

Dagarets   ptre  Orfroy  prêtre. 


344  !//'  7//i  />  'i  \  \im:\  \ 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

Nous  Prit  ri.  Curé  Soussigné  certifions  le  présent  extrait  mortuaire  être  en  tout 
conforme  à  l'original  coiimt\  •'•  dans  les  archives  de  cette  paroisse. 

Fait  à  S'  Laurent  ce  dix  huitième  jour  du  mois  de  mars  mil  huit  cent  quatre 
vingt  dix. 

P.   BEAUDET,  Ptre,  0.8.0. 

BXTBAI1    DE   sum  i  w  M    DE    l/Ai:i:i'    JEAB    RRO. 

Le  quatorze  janvier  mil  huit  cent  vingt  quatre,  Noun,  Prêtre  soussigné,  avons 
inhumé  dans  l'église  de  cette  paroisse,  le  corps  de  Messire  Jean  Bro,  ancien  et  premier 
curé  de  St-Jacques  décédé  avant-hier,   âgé  de  quatre-vingts. 

Présents  : 

(Signé)  A.  Arsenault,   Ptre 

J.   R.  Morier,   Ptre 
J.   R.   Paré,   Ptre 
11  Raizenne,  Ptre. 


APPENDICE   N. 

De  la  Galissonnière  et  Bigot  au  ministre. 

A  Québec,  le  3    7,,re  1748  (a). 

Monseigneur, — Nous  avons  vu  par  la  lettre  que  vous  avés  ecritte  à  Mr  de  la  Galis- 
sonière  le  3  juin  que  Louisbourg  nous  sera  rendu,  et  que  les  habitants  qui  y  étoient 
établis  ont  la  liberté  des  a  présent  d'y  aller  reprendre  leurs  établissements,  et  comme  il 
est  nécessaire  de  prendre  d'avance  des  précautions  pour  y  faire  faire  du  bois  pour 
chauffer  la  garnison  qui  s'y  rendra  l'année  prochaine,  Mr  de  la  Galissonière  envoit  à  la 
bras  d'or  dans  l'isle  royale  25  a  30  soldats  des  troupes  de  cette  colonie  avec  deux 
officiers  pour  y  en  couper,  il  mande  au  gouvernement  anglois  qu'il  n'envoit  ce  déta- 
chement que  pour  contenir  les  sauvages  et  qu'il  fera  du  bois  pour  la  garnison  françoise 
lors  de  l'évacuation.  M.  Bigot  leurs  a  fait  donner  des  vivres  pour  jusqu'à  la  fin  de  juin, 
il  en  a  usé  ainsi  a  l'égard  des  habitans  de  l'accadie  et  de  l'isle  royalle  qui  étoient  ici  et 
que  nous  renvoyons  chés  eux  ;  ces  derniers  doivent  pareillement  faire  du  bois  pour  la 
garnison. 

Mr  de  la  Galissonière  a  envoyé  un  détachement  de  25  hommes  des  troupes  de  l'isle 
royalle  a  iisle  S1  Jean  pour  y  hyverner  jusqu'à  l'évacuation,  Mr  Bigot  a  fait  tenir  par  le 
battiment  qui  les-porte  aux  habitans  de  cette  isle  des  vivres  pour  leurs  subsistances 
leur  récolte  ayant  entièrement  manqué.  Mr  Benoist  qui  commande  ce  dernier  déta- 
chement a  ordre  de  faire  son  possible  pour  attirer  dans  cette  isle  des  accadiens  et  de 
promettre  de  l'aide  de  la  part  du  roy  a  tous  ceux  qui  voudront  s'y  établir  et  y  emmener 
des  bestiaux,  il  a  écrit  en  même  tems  aux  missionnaires  de  l'accadie  de  contribuer  en 
tout  ce  qu'ils  pourront  a  la  renaissance  de  cette  colonie,  nous  vous  informons  Monsei- 
gneur de  bonne  heure  que  la  récolte  a  été  ici  très  médiocre  et  qu'on  ne  peut  pas  se 
nater  de  tirer  de  l'année  prochaine  du  Canada  aucun  secours  de  vivres  pour  louisbourg. 

Comme  il  est  indispensable  d'envoyer  ici  des  nouvelles  levées  pour  recruter  celles  de 
Canada  dont  les  compagnies  seroient  a  peine  a  18h.  on  reformoit  tout  ce  qui  doit  l'être 
ou  epar gneroit  beaucoup  en  laissant  ici  300  hommes  de  recrues  qui  ont  été  faites  pour 
lisle  royalle  que  vous  remplaceriés  a  moins  de  frais  en  les  envoyant  en  droiture  a  louis- 
fa,)  A  l'automne  de  1747,  le  chef  d'escadre  Knowles  fut  remplacé  au  commandement  de  la  garnison 
anglaise  de  Louisbourg,  par  le  colonel  P.  T.  Hopson,  le  même  qni,  en  1752,  devint  gouverneur  de  la 
Nouvelle-Ecosse. 


#,/  \  /   1/  0011    i>i       U   \i>ii  \       ii/'    /""  I  afi  '•  I 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

bourg,  il  ieri  bon  mon  i  igneur  que  von     i        la  bonfc  d<     n<  u    dom 

,n.  de  bonne  heure,     août   omnx  m  profond  r    peol  M  buna 

M.-    ,i  in     obéi   'Mit      orviteui 

I.  \   GAI  'l  l:l. 

BIGOl 

PROCÈS  VERBAL  DE  L  \   REPRISE  DE  ?<  »     i.     h  •"■  DE  L  :  3LE  i.< .  .  m.i. 

ET   DE  SES    DÉPEND  INCI  •    1740. 

Aujourd'hui   vinai  troi  ieme  du  moii  de  juillet  mil  ni  quarante 

Charlea  De  herbier,  Chevalier  de  l'ordre  militaire  do  Saint  l  .•• 
commi  le  Sa    &faje  U    Trèa  Chrétienne,   pour  la   repri  e  de  ion  de  il 

Royalle  et  autres  qui  en   dépendent',   et  c pendant   pour  Sa  d 

I  si  es  et  dépendance  ,  avons  reçu  de  Vf  on  ieu'i   Perigrine  Hiomaa  Hopaoi  i  olonel 

d'infanterie  oy-devant    Commandant  pour  Sa  Maji    U    Britannique  à   M    •     Royalle,  la 

ville  et  les  fortiffii  de  Loui  bourg,   lea  battei  oralement   ton! 

[aléa  qui  en  dépendent,  dont  nous  avona  pria,  et  prenons  poa  oh  ion,  au  nom  d  I  i 

j  es  té  Très  Chrétienne,  auquel  effet   noua  avons  ce  jourd'l  illon  da 

principaux   endroits  de  cette  isle,  batteri  i    la   ville  de   L 

laquelle  noua  Bommea  entréf  à  la  tête  des  troupes  que  Sa  Maj<  nir 

garnison,  et  dont  noua  avona  reçu  lea  clefs  «le  Monsieur  8.  Eiopson,  qui 

les  troupes  de  Sa    Majesté  Britauniqne  j  conformément 

nous  le  troisième  juillet  de  la  présente  année,  et  au  prélimin 

L  »  tau  nu»'  guerre  de  la  Buooesa  on  d'Autriche  qui  tenait  l'Europe  en  feu  depuis  17  M  touchait  a  aa  fin. 

L.  a  préliminaires  de  la  paix  avaiem  été  signée  à  Aii  la  Chapelle,  le  30  avril  l' 

Le  3  juin  1748,  le  comte  de  Maurepae  écrivait  de  Versailles  à  de  la  GalissonièreetHooqu 
qu'en  conséquence  des  articles  préliminaires  de  la  paix,  Ai*  la  Chapelle  1<     0       il,  le  roi  avait  pu 

blié  une  ordonnance  portant  Buspension  d'armes  par  b  rre  et  par  mer.     Le  ministre  leur  manda 
des  ordres  aux  officiers  faisant  campagne  dans  les  colonie-  anglaises  de  Buspendre  leurs  opérations.     I!  i 
apprenait  que  par  ces  préliminaires  ae  paix,  l'Isle   Royale  serait  restitué*  France,  mais  il  ignorait 

cette  restitution  pourrait  s'effectuer  cette  année.     [1  ne  pourrait,  en  tout  •   question  de  fairi 

i  Louisbourg  des  troupes  du  Canada  avant  l'année  suivante.     H  ajoutait  en  terminant  qui  titu- 

tion  se  faisait   cette  année,  le  mi  se  contenterait  d'envoyer  de  France  un  détachement  de  troupes  pom 
prendre  possession  de  la  colonie  et  d'y  passer  l'hiver 

Une  autre  lettre  du  même,  de  la  même  date,  à  de  la  Gai  .  dit   que  les  habitants  qui  étaient 

établis  à  L'Isle  Royale  auront  la  liberté  d'y  aller  reprendre  Leurs  établissements,  mais  il  serait  b  irer 

qu'on  pût  en  attirer  d'autres,  particulièrement  les  Acadiens,  soit  à  l'Isle  Royale  -  lit  a  Llsle  St-Jean. 
circonstance-,   ajoute-il,   paraissent   très  favorables    quant  a  ces  derniers.      11  lui  donne    curte  blanche  de 
prendre,  sans  autres  ordres,  les  mesures  qui  lui  paraitront  les  plus  convenables  à,  cet  égard. 

One    autre  lettre,  de  la  même  date,  et  du  même,  à  de   la  Galissonière  et  Hocquart,  leur  mande  qu'en 
raison  de  la  suspension  d'armes,  la  frégate  Le  Zépkir.  qui  devait  escorter  les  bâtiments  affrétés  pour  l'Isle 
Royale,  partira  seule  pour  le  Canada   pour  y  porter  les  ordres  du  roi  au  sujet  de  la  suspension  d'arme 
transporta  r  M.  Bigot  qui  va  remplacer  M.  Hocquart  en  qualité  d'intendant  de  la  Nouvelle-France. 

Ar  Z, ,  kir  arriva  à  Québec  le  1er  septembre  1748,  et,  le  3  du  même  mois,  de  la  Galissonière  et  Bigot 
écrivirent  en  commun  au  ministre. 

La  paix  d'Aix-la-Chapelle,  signée  le  1S  octobre  1748,  restituaità  la  France  l'Isle  Royale  et  ses  déj>en- 
dances,  comme  il  en  avait  été  convenu  lors  de  la  signature  des  préliminaires  au  mois  d'avril  précédent. 

Il  ne  restait  plus  que  d'aller  en  reprendre  possession,  et,  à  ce  sujet,  voici  en  substance  ce  qu'écrivait,  le 
28  février  1749,  le  comte  de  Maurepas,  à  de  la  Galissonière  et  Bigot,  à  Québec  : 

Les  arrangements  pour  la  reprise  de  l'Isle  Royale  sont  arrêtés,  et  dans  le  cours  du  mois  de  mars  MM. 
1  tesherbiers  et  Prévost  dont  le  premier  est  nommé  commandant  et  l'autre  ordonnateur,  partiront  pour 
Louisbourg,  avec  une  partie  des  habitants  qui  étaient  passés  en  France  lorsque  les  Anglais  s'emparèrent 
de  la  place  en  1745. 

Il  a  fait  armer  pour  cette  expédition  Le  Tiare,  commandé  par  le  chevalier  d'Urtubie,  Le  St-Esprit,  par 
le  S*  Dolabarath,  tt  quatre  autres  navires  affrétés  pour  transporter  une  nombreuse  recrue  que  le  roi  a  l'in- 
tention d'ajouter  à  la  garnison  de  l'Isle  Royale. 

Tous  les  officiers  et  soldats  de  l'ancienne  garnison  qui  se  trouvent  en  Canada,  devront  repasser  à 
Louisbourg  dans  le  cours  du  mois  de  juin,  et  les  anciens  habitants  de  cette  Isle  qui  se  sont  retirés  en 
Canada  pourront  en  faire  autant  s'ils  le  désirent. 

M .  Bigot  devra  s'embarquer  sur  La  Diane  qu'on  arme  actuellement  à  Rochefort  à  destination  de  Québec. 

L'expédition  qui  s'apprête  à  partir  pour  Louisbourg  sera  suivie  incessamment  de  deux  autres. 

Une  autre  lettre  du  même,  et  de  la  même  date,  à  Bigot,  lui  mande  que,  sur  sa  proposition,  M.  Prévost 
a  été  nommé  commissaire-ordonnateur  à  l'Isle  Ro}'ale. 

Le  roi  a  agréé  qu'il  aille  lui-même  à  Louisbourg  pour  remettre  les  différentes  parties  du  service  dans 
l'ordre  et  appliquer  les  règles  requises  a  cette  fin.  Il  prendra  ses  dispositions  tant  pour  y  passer  sur  L<< 
Diane  et  pour  ne  pas  laisser  trop  longtemps  en  souffrance  son  service  au  Canada. 

Il  est  bon  de  noter  ici  que  Bigot  fut  commissaire-ordonnateur  à  l'Isle-Royale  de  1739  à  1745,  et;  que 
Prévost  avait  déjà  séjourné  dix  ans  à  Louisbourg  de  1735  à  1745,  en  qualité  d'écrivain  principal. 

Le  vaisseau  du  roi  Le  Tigre  mouilla  dans  le  port  de  Louisbourg  le  29  juin  à  midi,  et  la  reprise  de  pos- 
session de  l'Isle  Royale  et  de  ses  dépendances  eut  lieu  le  23  juillet  1749. 

18—54     u-lG 


346  ARCB1  VBA   i  AN  A  Dit  A  *  I.  G 

5-6  EDOUARD  VII.  A.   1906 

part  et  d'autre,  le  dixième  juillet  pour   procéder    à   la   présente   évacuatian  et  reprise  de 
possession,  lesquelles  pi  ront  jointe!  M  présent  avec  les  procès-verbaux  conformes, 

que  nous  ferons  dresser  par  l'Ingénieur  en  chef,  et  par  le  commandant  de  l'artillerie  de 
cette  îsle  1  ÎSl ;^  de  DXMU  et  de  Monsieur  Prévost  commissaire  de  la  Marine,  ordonnateur 
en  cette  Isle  et  autres  en  dépendants,  pour  constater  en  ce  jour  l'état  des  fortifications 
et  de  l'artillerie,  en  foy  de  quoy  nous  avons  sîgnéfl  l<'  présent  pour  certiffier  et  attester 
l'exécution  des  ordres  respectifs  du  Roy  Très  Chrétien,  et  de  Sa  Majesté  Britannique  à 
Monsieur  Desherbiers  et  à  Monsieur  Hopson,  pour  la  prise  de  possession  et  l'évacuation 
de  l'Isle  Royalle  et  dépendances  conformément  et  selon  l'article  neuf  du  traité  de  paix 
conclu  à  Aix  la  Chapelle  le  dix-huit  octobre  dernier. 
Fait  à  Louisbourg  les  jours  et  an  cy-dessus. 

Signé 

DESHERBIERS,   HOPSON   rc  PKBVOST. 

Pour  copie  certifiée  conforme  aux  originaux  doubles  restés  entre  les  mains 
de  Monsieur  Desherbiers  et  de  Mr  Hopson,  et  aux  expéditions  adressées  tant 
en  commun  par  Mr  Desherbiers  et  moy,  que  par  chacun  de  nous  en  particulier 
a  Mgr  Rouillé,  Ministre  de  la  Marine,  avec  les  procès  verbaux  de  l'Etat  des 
fortifications  et  de  l'artillerie,  par  nos  dépêches  du  mois  de  juillet  1749. 

PREVOST. 
L'abbé  Le  Loutre  au  ministre. 

Louisbourg,  le  29  juillet   1749. 

Monseigneur, — Comme  je  suis  chargé  des  Sauvages  Micmacs  de  l'Acadie,  et  que  le 
Comte  de  Maurepas  m'avait  ordonné  de  l'informer  de  la  situation  de  ce  pays,  je  prends 
la  liberté  de  faire  un  détail  à  Votre  Grandeur  de  ce  qui  s'}7  passe  :  il  y  a  un  mois  que  les 
anglois  sont  arrivés  à  Chibouctou  avec  22  vaisseaux  de  transport  tant  navires  que  bri- 
gantins  et  desquels  il  y  en  a  de  24  pièces  de  canon  ;  il  y  a  600  familles  dans  ces  vaisseaux  : 
à  leur  arrivée  le  général  que  l'on  nomme  Cornwallis  a  fait  passer  un  courrier  a  Monsieur 
Mascarène  Gouverneur  du  Port  Royal  pour  l'en  informer,  le  général  \  donné  ordre  aux 
députés  des  Mines  de  se  transporter  sous  huit  jours  à  Chibouctou  avec  200  bœ  fs  défense 
aux  habitans  de  l'Acadie  de  faire  passer  bœufs  ou  moutons  à  Louisbourg  sous  peine  de 
punition  corporelle  et  de  confiscation  de  leurs  biens. 

Le  général  va  faire  travailler  incessamment  au  portage  de  Chibouctou  aux  Mines,  il 
doit  y  faire  travailler  les  habitans  de  l'Acadie  jusqu'à  ce  qu'il  y  ait  un  chemin  à  y  faire 
passer  les  charettes,  leurs  vaisseaux  ne  font  présentement  qu'aller  de  Chibouctou  a 
Baston  pour  le  transport  des  vivres  et  autres  choses  nécessaires  pour  leur  établissement. 

Les  anglois  ont  deux  corsaires  en  croisière  depuis  le  cap  de  Sable  jusques  par  le 
travers  de  Chibouctou  pour  empescher  les  Bastonnais  et  les  bastiments  de  l'Acadie 
d'aller  à  Louisbourg  ils  ont  deux  autres  corsaires  destinés  pour  la  Baye  Verte  et  qui 
doivent  prendre  les  bœufs  et  moutons  qu'ils  pourront  trouver  à  Beaubassin,  ils  payent 
partout  bien  gros,  sèment  et  n'épargnent  point  l'argent.  Les  anglois  qui  étoient  à 
Louisbourg  vont  à  Chibouctou,  ces  messieurs  comptent  avoir  2,000  soldats  pour  mettre 
les  habitans  à  couvert  des  incursions  des  Sauvages. 

Les  anglois  font  tout  ce  qu'ils  peuvent  pour  gagner  les  Sauvages  de  l'Acadie  ;  ils 
chargent  de  présens  tous  ceux  qu'ils  peuvent  rencontrer,  ils  voudroient  les  avoir  pour 
amis,  tandis  qu'ils  se  bâtissent  et  se  fortifient,  les  anglois  doivent  faire  hiverner  une 
partie  de  leurs  troupes  dans  les  Mines  pour  contenir  les  habitans  françois  et  éloigner  les 
Sauvages,  et  une  fois  établis  aux  Mines  et  à  Chibouctou  ils  doivent  passer  à  Beaubassin 
et  faire  un  fort  à  la  Baie  Verte. 

Voilà,  Monseigneur,  le  dessein  des  anglois  et  la  situation  de  l'Acadie  les  habitans 
françois  sont  dans  une  consternation  générale,  ils  se  voient  à  la  veille  de  se  voir  anglois 
pour  la  vie  et  pour  la  religion  ou  de  quitter  et  d'abandonner  leur  patrie,  les  anglois 
ont  chassé  Monsieur  de  la  Goudalie  des  Mines,  ils  ne  veulent  pas  souffrir  Monsieur 
Brossart  (a)  envoyé  de  Québec  à  Beaubassin. 

(a)  L'abbé  François-Xavier-Nicoias-Marie  Brassard,  né  le  2  décembre  1721  et  ordonna  le  19  décembre 
1744.  Il  fut  le  4e  curé  de  la  paroisse  de  Saint-Augustin,  P.Q.,  où  il  décéda  le  26  juillet  1 76.r.  ;  il  desservait 
cette  paroisse  depuis  17  ans  4  mois  et  10  jours. 


QBNBALOQIB  DBi     iOÂDIBNi     iVBi    DOOVMBVTl  347 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Monsieur  do    M  iniiit*    np.i     .•    m    Ii.m..-     j  <  »m      ••      intiiiiiii.    ,    il 

Monsieur  l><  enclave*  au  Port    Royal,   Mon  khi  ( 'humn-ulx   i  r  >\  \\>>u 

Girard  à  Cobeguith,  loi  anglois  font,  uhhc/  «iii.ii«Ii<-  iju'ïIm  non  veulent  pe  "*  et 

une  foii  bien  établie  ili  trouveront   quelque  prétexte  poui  ohei  •  T"  .'» 

lentement , 

Votre  Grandeur  me  permettra  de  lui  n-pn  .iiu-i   .(  Utrecbt 

les  angloii  doivent  lai    <i  lei   locadiens  pai  iblc   mir  leur*  I  *  ï  «  - 1  <•  M. m-  ■    • 

do  lu  Religion  (  'm  bolique  et  en  i  od  léquenoe  souffrir  dea  inisnionnaire    poui 

.r.i\  \u  Monsieur  Deeherbiei  .  MM    Bigot   et    Prevo  I   oui   m'ont    promi 
•eoours  pour  ooneer ver  les  Hauvug(*H  dan»  la   religion  et  la   naélit<    qu'il 
MTajesté,  je  vaii  partir  en  conséquence  poui  l'Aoadie,  je  feraj  mon  po  lible  poui 
bler  met  Sauvages  et   oomme  on  ne  peut     oppose)    ouvert»  im-nt   .m-  entreprises  de 
angloia,  je  pense  qu'on  ne  peut  mieux  hure  que    l'exciter  ontinut  i 

faire  la  guerre  aux  angloia  mon  deasein  est  d'< 

angloia  qu'ils  ne  souffriront  pas  que  l'on  Casse  de  nouveaux  établis  ement    dan    i  \' 
qu ils  prétendent  qu'elle  doit  rester  où  elle  étoit  avant  la  guerre,  «pie    i  I«t 

■latent  dans  leur  dessein  les  Sauvages  ne    eront  jamais  en  paii  an  et  décls 

i  eront  une  guerre  éternelle. 

Mes   Sauvages  en  conséquence   vont   envoyer  des  députes  cbei  tiom 

pour  tes  convier  de  s'unir  avec  eux  afin  de  s'opposer  aux  entreprise    'I'    angloi    et  de 
les  empêcher  de  former  leurs  établissemens. 

Voilà,  Monseigneur,  le  parti  que  je   raia  prendre  pour  le  bien  de  l'Bt  le  la 

Religion,  et  je  ferav  mon  possible  d<>  faire  paroître  aux  anglois  que  oe  dessein  rient  dei 
Sauvages  et  que  je  n'y  suis  pour  rien,  j'auraysoin  d'informer  Votre  Grandeur  plus  parti 
culièrement   par  le  dépari  de  V Intrépide^  comme  je  seray  dans  l'Acadieje  c'éparg 
rien  pour  me  mettre  au  fait  des  démarches  des  anglois. 

J'ay  l'honneur  d'être  avec  un  profond  respect,  Monseigneur, 

Notre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

J.  L.   LELOUTRE. 

Comme    -Monsieur  Maillard  n'est  pas   encore   à   Louisbourg  et  qu'il  est  parmi   a  - 
Sauvages,    il   ne  pourra   écrire  à  Votre  Grandeur  par  la  frégatte,  et  s'acquittera  de   soi 
devoir  au  départ  des  autres  vaisseaux. 

Bigot  au  ministre. 

A  Louisboukg,  30  juillet  1749. 

Monseigneur, — Le  Sieur  Gautier,  acadien  et  qui  est  bon  françois  arrive  de  1  Ao 
cadie,  il  m'a  confirmé  l'établissement  des  Anglois  à  Chibouctou,  il  prétendt  qu'il  y  a  déjà 
près  de  trois  mille  personnes  rendues  tant  hommes,  femmes  et  enfants,  et  qu'on  y  atten- 
doit  les  troupes  qui  sortent  d'ici.  Le  gouvernement  anglois  a  deffendu  depuis  quelques 
jours  la  sortie  des  bestiaux  de  l'Acadie,  ce  qui  fera  grand  tort  à  Louisbourg. 

J'espère  cependant  que  les  Accadiens  qui  sont  attachés  à  la  France  nous  en  porte- 
ront, et  je  passerai  un  marché  avec  quelques  Anglois  pour  porter  ici  des  vaches  afin  de 
les  distribuer  dans  les  anciennes  ménageries,  et  s'il  peut  même  fournir  une  certaine 
quantité,  j'en  prendrai  pour  métré  sur  l'Ile  S^Jean. 

J'aie  l'honneur  d'être  avec  un  profond  respect,  Monseigneur, 

Votre  très  humble,  &c, 

BIGOT,  (a) 

(a)  Bigot  arriva  ,à  Louisbourg,  sur  La  Diane,  vers  le  même  temps  que  Desherbiers,  et  en  repartit  le  21 
août  suivant  pour  retourner  à  Québec. 

Une  lettre  du  roi,  en  date  du  11  avril  1749,  lui  ordonnait  de  passer  à  l'ile-Royale  dans  le  but  d'orga- 
niser et  de  mettre  en  marche  de  concert  avec  Desherbiers,  les  divers  services  de  la  colonie,  après  quoi  il 
devait  repasser  à  Québec. 

On  a  de  lui  plusieurs  lettres  écrites  de  Louisbourg  au  ministre  de  la  Marine  par  lesquelles  il  lui  rend 
compte  de  la  mission  dont  il  avait  été  chargée. 

18—54* 


348  ARCHIVES  CANADIEN*/:* 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 
Dexherbiers  et   Prévost  au  ministre. 

A    Loi  [8BOUBG,    15   aoust    17  1'.' 

MoNsi.h.M.i  m,  -\'ous  avés  été  informé  par  nos  lettres  particulières  de  rétablis- 
sement que  les  Anglois  font  à  Chibonctou. 

Six  ou  sept  chefs  de  familles  accadiennes  voisines  de  ce  port  sont  venus  nous  en 
avertir  et  nous  demander  dea terrains  dans  l'isle  royalle  voulants  s'y  retirer  ;  nous  avons 
suivis  les  intentions  du  Koy  en  leurs  promettant  toute  -  >rte  de  secours  tant  pour  leur 
subsistance  que  pour  leur  établissement,  nos  promesses  leurs  ont  fait  d'autant  plus  de 
plaisir  qu'ils  ne  8'attendoient  pas  à  être  bî  bien  reçus,  ils  ont  été  chercher  leurs  femmes 
et  leurs  enfants,  et  ils  nous  ont  assurés  qu'ils  seroient  suivis  par  d'autres  familles  de 
la  côte  de  l'Est. 

Nous  avons  envoyés  deux  batteaux  avec  des  vivres  les  chercher  à  Tatemegouclie  et 
à  Remchic  OÙ  ils  passeront  par  terre  de  la  côte  de  l'Est  avec  leurs  bestiaux.  Ces  sept 
familles  font  cent  persones,  et  ils  ont  demandés  de  s'établir  à  la  baye  des  Espagnols. 

Nous  avons  déjà  placés  à  l'Indienne  et  à  Morgaine,  trois  ou  quatre  autres  familles 
arrivées  depuis  peu  avec  leur  bétail. 

Mais  afin  qie  le  gouvernement  anglois  ne  se  doute  point  de  cette  manœuvre  les 
équipages  de  ces  batteaux  sont  accadiens,  et  ils  paraissent  naviguer  pour  leur  compte  et 
ils  n'ont  aucun  ordre  par  écrit  de  notre  part.  Ils  ne  feront  qu'aller  et  venir  pendant  le 
reste  de  la  navigation.  L'abbé  LeLoutre  un  des  missionnaires  des  sauvages  de 
l'Accadie  y  passe  sur  un  de  ces  bastimens,  Monsieur  Desherbiers  l'a  chargé  de  leurs 
distribuer  les  présents  ordinaires,  et  Monsieur  Bigot  luy  a  doné  une  augmentation  en 
étoffe,  couvertes,  poudre  et  balles  au  cas  qu'ils  voulussent  inquietter  les  Anglois  dans 
leur  établissement  à  Chibouctou.  Ce  missionnaire  doit  les  y  engager,  il  avertira  aussi 
les  Accadiens  des  traittements  que  le  Roy  fait  à  ceux  qui  se  sont  retirés  à  l'isle  royalle 
et  à  l'isle  S1- Jean  et  il- espère  en  attirer  quantité. 

La  rivière  des  habitants  qui  est  dans  l'isle  royalle  et  située  près  du  port  Toulouze 
sera  très  propre  pour  les  recevoir,  la  terre  y  est  bonne  et  il  y  a  quantité  de  foin,  plu- 
sieurs ont  déjà  fait  demander  à  y  aller  demeurer.  La  baye  des  Espagnols,  la  rivière  de 
Miré,  le  fonds  de  la  Brasd'or  seront  dans  le  même  cas,  il  sera  de  la  dernière  conséquence 
d'engager  touts  ceux  qui  s'y  retireront  de  ne  s'ocuper  qu'à  la  culture  des  terres  et  aux 
prairies  et  de  les  détourner  de  la  pêche. 

Sept  ou  huit  familles  accadiennes  se  sont  retirées  de  Beaubassin  au  port  Lajoie, 
isle  St-Jean,  le  printems  dernier  faisant  en  tout  cinquante  ou  soixante  persones,  on  leurs 
fait  délivrer  des  vivres  ;  il  s'est  présenté  d'abord  quelques  difficultés  pour  les  placer,  la 
rivière  du  port  Lajoie  et  celle  de  Brouillan  se  trouvant  concédées,  la  première  à  deux 
ou  trois  familles  qui  n'ont  défrichés  qu'aux  environs  de  leur  maison  et  la  seconde  à 
Messieurs  Duchambon  et  Pensens  officiers. 

Mais  comme  il  s'agit  de  doner  des  emplacemens  à  ces  Accadiens  dont  on  puisse 
tirer  du  secours  et  de  penser  sérieusement  à  faire  habiter  la  dite  isle,  nous  avons  ordonés 
à  Mr  Bonaventure  que  Mr  Desherbiers  y  a  envoyé  commandant  et  à  Monsieur  De- 
goutins  subdélégué  de  l'Intendant  du  Canada,  de  leurs  concéder  les  terrains  qui  ne 
seront  point  ocupés  ou  qu'en  partie  par  les  anciens  concessionnaires,  et  que  si  ces  der- 
niers y  font  quelque  opposition,  ils  représenteront  leurs  titres  auxquels  on  aura  égard 
s'ils  sont  bien  fondés,  en  obligeant  ces  nouveaux  habitans  de  payer  les  cens  et  rentes 
suivant  ce  que  le  Roy  en  ordonera. 

Ils  pouroient  être  réglés  sur  le  même  pié  que  ceux  que  l'on  paye  en  Canada,  qui 
sont  un  sols  par  arpent  de  superficie  ;  un  |  minot  de  blé  ou  20s  par  chaque  arpent  de 
front,  mais  nous  doutons  fort  que  persone  ait  des  titres  qui  puissent  exiger  des  cens  et 
rentes,  ils  ne  consistent  à  ce  que  nous  pensons,  qu'en  de  simples  permissions  d'établir. 

Monsieur  Roma  a  un  terrain  immense  aux  Trois-Rivières,  dans  la  dite  isle  de  huit 
ou  dix  lieues  de  front  sur  autant  de  profondeur,  dont  il  n'y  a  que  les  environs  de  la 
maison  où  il  loge  qui  soient  défrichés  ;  il  ne  conviendroit  pas  qu'en  considération  de 
cette  concession  on  ne  put  y  mètre  des  Accadiens,  nous  avons  ordoné  d'y  en  envoyer  s'il 
s'en  présentoit  qui  voulussent  s'y  établir. 


0BN1  1/  OGIR   Dl       U   \i>n  \-     ii/'    /""  / 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Non   .1  \  i  m    pi  &  é  dans  la  rivière  Brouil  «  •  i  ■ 

Aooadien  ,  qu  i   e  sont  di  tingui    dans  la  dernière  guerre  ot  oui  on!  abandon i 
biens  par  raport  à  la  l 'i b m  i      n  »n    ï"i  '  ■'  fait 

donéa  tout  ce  qu'il*  ont   demand<     tant   pour  leur    battiment     de  mei   el   d<    terre  q 
pour  leur    ubsiataneo,  cl  ils  s.-i <>ni  . . i < I •     dan    ce  qu'il    pouronl  rendre 

Voua  |  ••  m  \  é  i  i  '  i  o  ]  i  .    VI  m  i  :   ii-iii ,  que  ao  il   nôt  i 

attiré*  li      i,<    tdien     mis  que  le  Gouvernement   angloi     pûl  ondemenl 

que  o'eat  par  nôtre  canal  el  non    oontinueron    de  même  chacun  de  notre 

Il  e  i  foi  '    •    ouhait ter  qu  on  élè> e  quanl  il ê  de  i> 
Royal  le,  cela  doil  être  le  principal  objet  dei  habitan       On  ne  poura  pen  ai  de 
années  d'en  tirer  du  Canada,  qui  a  de  la  peine  à  en  fournir  poui  m  ommation,  el  il 

bien  à  oraindre  qu'on  n'en  pui    ••  tirer  pat  la    uittc  de  la    Nouvelle  An 
i  \.-,  adie  par  le    me  ai  e    que  le    A  mjloi  ni  pi  endre  pou 

N.mis  vous  prions  <!<•  vouloir  bien  donner  l'année  prochaine  une  déci  ion     ur  le 
terrains  des  deux  isles  qui  auronl  cy-devant  été  concédé     et   non  habib 
on  aura  placé  de     Vccadien 

Monsieur  Desherbier  a  envoyi  Mon  ieur  Bonaventure,  premier  capitaine  de  cette 
garnison,  commander  à  l'Isle  St  Jean,  en  attendant  que  le  I  toy  y  ait  nomé  un  lieutenant 
de  Roy,  qui  y  Boit  attaché,  il  esl  n<  e  qu'il  y  en  ait,  un,  puisque  l  intention  de 

Majesté,  est  <l Vi  iblir  solidement  cette  Laie. 

Nous  nous  prions  de  vouloir  bien  accorder  à  ce  capitaine  une  gratiffi  tation  de  cinq 
cents   livres,   elle  a  été  accordée  à   Monsieur   Duhaget  lorsqu'il  y  commanda,  pendant 
l'absence  du  lieutenant  de  Roy,  el  Monsieur  Bigol   l'a  fait  employei   sur  l'état  du   R 
pour  mémoire. 

Nous  avons  l'honeur  d'être  avec  un  profond  respect,  Monseigneur, 

Vos  très  humbles  et  très  obéissai 

DESHERBIERS  .   PROVOST 

Bigot  "a  niinist: 

A  LouiSBOuao,  9  août  1749. 

Monseigneur,  —La   frégatte  du  Roy  "  La  Dianne  "  arriva  ici  le  0  de  ce  mois  <1< 
Québec,  cl'e  vient  me  chercher  pmr  my  raporter,  je  ne  peux  partir  que  vers  le  20  ou 
de  ce  mois  pour  m'y  rendre,  quelque  instance  que  me  fasse  Monsieur  de  la  Jonquière» 
d'accélérer  mon  départ,  cette  frégatte  la  trouve  mouillé  au  Bicq,  dans  la  rivière  où   il 
étoit  depuis  le  -0  juillet,  je  le  compte  rendu  à  Québec  depuis  plusieurs  jours. 

On  travaille  à  force  à  mètre  les  magasins  en  ordre  Monsieur  Dolobarats  dédiai 
les  effets,  qu'ont  été  embarqués  sur  Y  Intrépide,  il  ne  va  pas  aussi  vite  qu'il  voudroit- 
le  garde  magasin  ne  pouvant  en  recevoir  journellement  qu'une  petite  partie  pour  éviter 
la  confusion,  et  je  crois  que  ce  vaisseau  ne  sera  en  état  de  partir  pour  France,  que  dan- 
les  huit  premiers  jours  de  septembre. 

Je  suis  occupé  à  concilier  un  chacun  dans  la  prise  de  possession  de  leurs  terreins 
qui  se  trouvent  bouleversés  pour  la  plupart  pour  les  bornes  les  anglois  les  ayant  mêlés. 
On  n'a  jamais  eu  tant  besoin  d'arpenteur  dans  la  Colonie  qu'à  présent,  il  ne  s'y  présente 
personne  capable  d'excercer  ces  fonctions.  Aussitôt  mon  arrivée  à  Québec  j'en  ferai 
chercher  un  et  je  l'enverrai  cette  année  si  cela  se  peut. 

Plusieurs  habitants  de  l'Acadie  ofrent  à  venir  s'établir  à  l'isle  royale  ou  à  l'Isle  St. 
Jean,  je  leur  fais  procurer  par  desssus  main  toute  sorte  de  facilité  ;  ils  en  mennerons 
leurs  bestiaux,  il  y  a  deux  bâtiments  partis  pour  aller  en  chercher  et  pour  avoir  de  quoy 
faire  subsister  pendant  l'hyver  ce  bétail  ;  j'ai  prié  Mr  Desherbiers  de  faire  des  détache- 
ments de  soldats  pour  aller  couper  les  foins  nécessaires. 

Je  vais  faire  au  premier  jour  l'achat  de  vivres  qui  sont  nécessaires  pour  compléter 
la  subsistance  des  habitans  pendant  un  an,  ils  sont  déjà  2000  sans  compter  les  Accadiens 
qui  sont  venus  et  qui  viendront. 

L'Isle  St-Jean  est  encore  afligée  cette  année  de  sauterelles  qui  ont  ravage  leur 
récolte  qui  a  voit  la  plus  belle  aparence  du  monde  :  il  y  a  huit  ou  dix  familles  accadienne^ 


350  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

rendues  dès  ce  printems  dam  la  ditte  isle,  elles  me  demandent  des  vivres  ainsi  que  les 
habitants  mourants  de  faim  j'y  envois  un  batteau  chargé  de  faiine  qui  arrive  dans  l'ins- 
tant de  Québec,  j'en  attends  encore  un  autre  que  j'y  ferai  passer,  au  moyen  de  quoi  ils 
seront  fournis  jusqu'à  l'été  prochain  les  missionnaires  se  serviront  de  ces  vivres  pour 
leurs  sauvages,  s'ils  s<»nt  dans  le  dessein  de  s'oposer  à  l'établissement  de  Chibouctou. 
Je  suis  avec  un  profond  respect,  Monseigneur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

BIGOT. 


Bigot  au  ministre. 

A  LouiflBOUHG,   20  aoust  1749. 

•  Monseigneur, — J'ay  l'honneur  de  répondre  à  la  lettre  que  Monsieur  le  comte  de 
M  au  repas  m'a  écrite  le  1 1  avril  par  laquelle  il  me  prescrivoit  ce  que  je  devois  faire  pen- 
dant mon  séjour  à  Louisbourg. 

Je  me  suis  fait  rendre  compte  de  tous  les  envoys  en  vivres  que  l'on  a  fait  de  France 
et  de  Canada. 

Et  comptant  sur  1,200  hommes  de  garnison  et  2,000  habitans  qui  sont  jusques  à 
présent  à  la  ration,  j'ay  vu  qu'il  nous  manquoit  pour  pouvoir  les  faire  subsister  pendant 
un  an  près  de  2,000  quintaux  de  farine  et  1,400  quintaux  de  bœuf  salé  ou  îard. 

J'ay  trouvé  ce  dernier  article  chez  les  fournisseurs  anglois  et  je  l'ay  fait  achepter, 
il  nous  la  vendu  assés  cher,  le  quintal  de  bœuf  à  35  livres  et  45  livres  celuy  de  lard  ;  il 
la  tenu  à  ce  prix  parce  qu'il  avoit  à  nôtre  défaut  sa  vente  assurée  à  Chibouctou. 

Je  n'ay  pu  encore  faire  sufisament  d'achapt  de  farine,  n'en  ayant  achapté  que  700 
quintaux  de  fleur  et  de  189  quintaux  de  biscuit  sur  le  pied  de  18  livres  le  quintal,  la 
farine  et  de  20  livres  le  biscuit.  Monsieur  Prévost  a  ordre  de  prendre  celle  qui  se  pré- 
sentera jusques  à  6  mille  quintaux  à  compte  de  laquelle  quantité,  j'ay  fait  un  marché 
avec  un  anglois  pour  nous  en  fournir  4  mille  quintx  cet  automne  et  le  printemps  pro 
çhain  mais  il  n'a  cependant  pas  voulu  s'y  engager  affirmativement  et  il  doit  faire  scavoir 
incessament  à  ce  Commissaire  de  Baston  où  il  a  esté  ce  qu'il  poura  faire.  Je  rencontre 
beaucoup  plus  de  difficulté  à  tirer  des  vivres  de  la  Nouvelle-Angleterre  que  je  n'en  avois 
avant  la  guerre  :  Ceux  qui  nous  en  fournissoient  et  qui  sont  icy  ne  veulent  plus  s'en 
charger  par  les  pertes  qu'ils  ont  faites,  leurs  retours  ayant  esté  confisqués  plusieurs  fois. 
Il  y  a  d'ailleurs  de  nouvelles  deffenses,  à  cause  de  l'établisement  de  Chibouctou,  de 
nous  porter  des  vivres. 

Il  faudrait  avoir  icy  pour  plus  d'un  an  de  farine,  je  compte  y  en  faire  l'année  pro- 
chaine des  envoys  considérables  de  Québec  ayant  esté  informé  que  la  récolte  avoit  une 
belle  apparence.  J'auray  l'honneur  de  vous  en  instruire  aussi tost  mon  arrivée  dans 
cette  ville.  J'ay  fait  achepter  en  outre  300  quintaux  de  bœuf  salé  pour  les  Accadiens 
retirés  et  qui  se  retireront  cà  l'Isle  St-Jean,  et  les  missionnaires  doi\  ent  s'en  servir  aussi 
pour  les  sauvages  s'ils  se  donnent  des  mouvemens  à  L'Accadie. 

Cette  isle  ne  laissera  pas  de  nous  consommer  des  farines,  le  blé  ayant  esté  ravage 
par  les  sauterelles  quelque  temps  après  estre  sorti  de  terre  et  cette  consommation  extra- 
ordinaire avec  celle  qui  sera  occasionnée  par  les  sauvages,  par  les  habitans  qui  doivent 
venir  de  France  et  les  Accadiens  qui  doivent  se  retirer  à  l'Isle  royale,  m'ont  engagés  à 
recommander  à  Mr  Prévost  de  tirer  s'il  pou  voit  les  dits  6  mille  quintaux  de  farine  de 
l'étranger. 

Les  Acadiens  qui  avoient  coutume  de  nous  porter  des  bœufs  avant  la  guerre  en 
avoient  fait  passer  ce  printemps  au  port  Toulouze,  près  de  cent  cinquante  qu'ils  ont  con- 
duit icy  aussitost  après  l'évacuation.  Un  particulier  a  entrepris  la  fourniture  de  la  bou- 
cherie jusqu'à  Noël  et  un  chacun  y  paye  la  viande  ; 

J'ay  eu  l'honneur  de  vous  rendre  compte  le  15  de  ce   mois  en  commun   avec    Mon 
sieur  Desherbiers  de  ce  que  nous  avons  fait  à  l'égard  des  Acadiens  qui  veulent  se  retirer 
à  l'Isle  roj^ale  et  à  l'Isle  St-Jean. 


GENEALOGIE  Dl       WÂDIEH       LFJH    DOCUMMWTê  361 

DOC.  DE  LA  SESSION   No   18 

Voilà   Monseigneur,   tout  les  oomptes  que  je  p<  "    ITionneui  àt 

mon  dépari  meprivanl   de  bien  deH  opération     que  j'aurui    pu  fain 

mais  Monsieur   rrOVOtl   y  Suppléera  <-i    jn     nu  p.r   nul-    qu  il      <n  Acquittera  DÛ  D 

Je  compte  partir  demain  lur  "  le  Diane     pour  rHunnu-i   a  <v»u«i»<  « 

Je    m 

BIOOl 

Btgoi  "  "   m  i  a  i  Ui  ■ 

a  (h  i  m <  le  $0   eptembre  1 7 1 

Monsiignii  i:,     -i  ai  mande  a  M.  Prévost  de  faire  payer  an  Sieui  Qautier,  babi 
de  l'Aoadie  les  oinq  oenl  i  franoa  de  gratification  extraordinaire  qui    '>nt  employé    «ur 
ivt.it  (lu   Roj  de  oette  oolonie.     si  roua  roules,  Mon  eigneur,   La  lui  oontinuei  on  en 
partie  oe  fera  à  Louiabourg  où  il  faudra  qu'il  la  touche      Noua  rou  u   une 

lettre  oommune  de  vouloir-  bien  lui  en  accordai  une  ordinaire 

J'ai  procure*  a  ce  particulier  pendant  le  léjour  que  j'ai  tai(   al  il»-  Ro 
facilitée  dont  il  a  eu  besoin  pour  ton  établissement  k  l'Ile  Saint  Jean     J'ai  eu  l'honneur 
de  vous  <>n  rendre  compte.     Il  a  fait  ce  qu  il  a  pu  par  écrit  pour  engager  de     A- 
a  se  retirer  dans  cea  lies,  mais  si  1rs  Angloia  exéoutent  ce  qu'ila  ont    projeté  d'oblig 
lea  Aoadiena  à  prendre  lea  armea  contre  Lea  aauvagea  et  à  défendre  leur    terre    coi  I 
tous  oeux  qui  entreront  chez  eux,  il  en   lortira  beaucoup.     L'abbé  Leloutre  nou    minde 
que  ai  le  gouverneur  angloia  lea  oblige  à  prêter  nn  nouveau   serment,  ila  prendront  les 
armea  a*\  eo  lea  sauvages. 

Lea  M icmaca  font  oourir  le  collier  chea  nos  sau\ agea  domiciliée  pour  ai oir  de  aecoura 
et  s'opposer  à  l'établissement  de  Chibouotou.     Ils  en  ont  présenté  an  à  M.  de   Lajon 
quière  pour  lui  demander  dos  troupes.     Il  les  a  refusées  disant  (pic  nous  étions  en  pa 
avec  L'Angleterre,  mais  je  leur  ferai  donner  des  préaents  et  j'envoie  dans  le  bâtiment 
où  passe  M.  le  Chevalier  de  la  Corne  qui  commande  le  détachement  que  Mr  de  la  Jon 
quière  envoyé  à    Chedaique,  des  étoffes  et  fusils  et  autres  munitions  tant  pour  eux  que 
pour  les  Accadiens  qui  voudroient  prendre  lea  armes  avec  eux  et  le  tout  n'est  envoyé  que 
sous  prétexte  de  traiter  avec  les  sauvages  leurs  pelleteries. 

Je  suis  avec  un  très  profond  respect,    Monseigneur,  votre  très  humble  et  trèa  obéis 
sant  serviteur, 

BIGOT. 

Bigot  au  ministn . 

Québec,  le  29  septembre  1749. 

MONSEIGNEUR, — M.  LeLoutre,  missionnaire  à  l'Aoadie,  nous  a  envoyé  un  Courier 
pour  nous  apprendre  que  le  gouverneur  de  Chibouctou  voulut  obliger  les  Acadiens  à 
prêter  un  nouveau  serment  de  fidélité  au  Roy  d'Angleterre  par  lequel  ils  s'engageraient 
de  défendre  leurs  biens  et  leurs  terres  contre  tout  étranger  qui  entreroit  sur  l'Acadie  et 
qu'ils  se  joindraient  aussi  à  eux  contre  les  sauvages,  supposé  qu'ils  les  inquiétassent. 

Ces  Acadiens  se  sont  assemblés  à  Beaubassin  et  ont  résolu  de  ne  point  prêter  ce 
serment,  s'en  tenant  à  celui  qu'ils  avoient  prêté  ci-devant  et  qu'ils  veulent  bien  renou- 
veler, M.  LeLoutre  nous  assure  qu'ils  quitteront  plutôt  l'Acadie  que  de  s'y  soumettre 
et  qu'ils  se  retireront  sur  nos  terres. 

Je  donne  en  conséquence  au  Chevalier  de  la  Corne  (a)  qui  va  commander  à  Pecou- 
diak,  Memeramcoucq  et  Chipoudy  qui  sont  trois  rivières,  où  il  y  a  de  belles  terres,  des 
étoffes  et  autres  effets  nécessaires  pour  engager  les  Acadiens  à  se  retirer  de  son  côté. 

Ce  missionnaire  ajoute  que  les  sauvages  vont  faire  courir  le  collier  chez  leurs  voisins 
pour  avoir  du  secours  et  s'opposer  à  l'établissement  de  Chibouctou.  Que  s'ils  sont  forcés 
et  qu'ils  soient  les  plus  faibles  ils  se  retireront  du  côté  de  nos  postes,  qui  sont  les  dite? 
trois  rivières. 

(a)  De  la  Corne  partit  de  Québec  le  14  oct.  1749. 


352  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

M.  de  Lajonquière  a  l'honneur  de  vous  instruire  au  long  de  ce  qui  s'est  passé  à  ce 
sujet,  et  a  l  égard  des  limites  entre  la  Nouvelle-France  et  l'Acadie  qu'il  est  absolument 
aëcessaire  de  fixer.  M.  le  Comte  de  la  Galissonière  a  pris  tous  les  éclaircissements  qu'il 
a  pu  sur  ces  limit- 

.J'ai  L'honneur  d'être  avec  un  très  profond  respect,  Monseigneur, 

Votre  fcrès  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

BIGOT. 

La  Jont/uière  et  Bigot  ait  ministre. 

A  Québec,  le  1er  oct.  1719. 

MONSEIGNEUR, — Nous  avons  l'honneur  de  répondre  à  votre  lettre  du  30  avril 
dernier. 

Les  détachements  que  Mr  de  la  Galissonnière  avoit  envoyés  hiverner  à  l'Ile  Boyale 
y  ont  fait  une  grande  quantité  de  bois,  ce  qui  estoit  bien  nécessaire  pour  le  chauffage 
des  officiers  et  des  troupes,  mais  on  ne  pourra  en  profiter  qu'en  partie,  n'y  ayant  point 
suffisamment  à  Louisbourg  de  bâtiments  pour  l'y  porter  et  on  a  esté  obligé  d'avoir 
recours  au  charbon  de  terre  pour  les  casernes.  M.  Bigot  a  eu  l'honneur  de  vou 
informer. 

Il  vous  a  pareillement  instruit  que  quantité  de  familles   accadiennes  se  proposoient 

de  s'établir  à  l'Ile  Royale  et  à  l'Ile   Saint-Jean  c'est  ce  gouvernement  qui  doit  le   plus 

les  y  engager  ;  nous  ferons  de  notre  côté  tout  ce  qui  dépendra  de  nous  à  cet  égard.      M. 

de  la  Jonquière  a  eu  l'honneur  de  vous  informer   des   ordres  qu'il   a  donnés  à  M"  de  la 

Corne  et  Boishebert  pour  engager  ceux  qui  ne  sont  pas  à  portée  de  l'Ile  Royale  et  de 

l'île  St-Jean  de  se  retirer  en  deçà  de   nos    limites  du  côté  de  pecoudiak,    rnemeramcoue 

et  chedaïque  où  les  terres  sont  bonnes  pour  y  faire   quantité  d'établissements  et  pour  y 

élever  des  bestiaux  qui  pourroient  servir  à  la  subsistance  de  Louisbourg. 

****** 

Bigot  au  ministre. 

A  Québec,  le  11  octobre  1749. 

Monseigneur, — Nous  venons  de  recevoir  dans  l'instant  des  lettres  de  M.  Bona- 
venture,  Commandant  à  l'isle  Saint-Jean,  par  la  goélette  qu'on  y  avoit  envoyée  à  la  fin 
d'aoust  porter  des  vivres  et  quelques  effets  pour  les  habitants  qui  n'en  avoient  plus.  Il 
nous  marque  que  les  sauterelles  ont  entièrement  ravagé  la  récolte  ;  qu'il  n'y  a  point  de 
blé  dans  l'île  pour  faire  la  semence  prochaine  ni  assez  de  farine  pour  fournir  à  la  subsis- 
tance des  habitants  et  de  ceux  qui  s'y  sont  réfugiés  de  Faccadie  ;  que  le  Sr  Gautier  en 
arrivoit  et  l'a  voit  assuré  que  quantité  de  familles  accadiennes  se  préparoient  à  passer  cet 
automne  à  l'île  Saint-Jean,  à  cause  du  nouveau  serment  que  les  Anglois  exigent  d'elles  : 
que  M.  le  loutre  lui  demande  d'ailleurs  des  vivres  pour  les  sauvages  qui  se  mettent  en 
mouvement  ;  qu'il  lui  en  a  envoyé  avec  des  étoffes,  mais  qu'il  ne  lui  feroit  plus  nul  envoi 
ne  voulant  pas  s'exposer  à  mourir  de  faim  et  à  se  dénuer  de  tout  ;  qu'il  neus  prie  de  lui 
envoyer,  aussitôt  la  lettre  reçue  des  farines  et  des  effets  afin  de  le  mettre  en  état  de 
fournir  à  la  subsistance  des  habitants,  de  ceux  de  l'accadie  et  même  des  sauvages. 

Nous  renvoyons  sur  le  champ  la  même  goélette  chargée  de  trois  cents  quarts  de 
farine  ou  environ  de  sept  à  huit  cents  niinots  de  blé  pour  la  semence  prochaine  parce 
qu'il  nous  mande  qu'il  est  nécessaire  d'avoir  du  blé  pour  semer  dans  les  terres  hautes  dès 
le  petit  printemps,  et  que  eelui  qu'd  recevra  en  Juin  sera  employé  pour  les  terres  basses. 

Cette  île  Saint- Jean  coûte  beaucoup  au  Roy  depuis  l'année  dernière,  on  y  a  envoyé 
des  vivres  et  des  effets  en  quantité.  J'ai  ordonné  de  les  faire  payer  aux  habitants  qui 
seroient  à  leur  aise. 

J'y  enverrai  encore,  dès  le  petit  printemps  huit  à  neuf  cents  minots  de  blé  pour 
semence,  avec  des  farines  pour  leur  subsistance  pour  l'été,  comptant  que  leur  récolte  leur 
suffira  pour  l'hiver  suivant. 

J'aurai  l'honneur  de  vous  adresser  par  les  derniers  navires  l'état  de  ces  envois  et  je 
ferai  tirer  des  lettres  de  change  pour  en  rembourser  la  colonie. 


0j    \/    \l  ,„,ll      hl  \,     \hll    \  M  /  '      D0(   I    1//    '.  / 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Je  suis,   ;i\rr   un    h-       profon  I    fl     |"  I  t,    r 1 1 •  »r i    .-i     neil  tn       liunr  "l»li 

géant    sr\  iteur. 

I  ;  I  < .  •  i  i 

lioiêlu  bnrt  à  M   <l>  la  Oaliëëon 

\   i;«  oupa<    (Rn  ti  rr  Eh  J  i  m),  le 

.1  ai  iivii  le  deux  de  ce  mois  la  lettre  que  *ou    m'avea  fait  l'honneur  de  m 
le  Père  (  lermain. 

J'aurai  l'honneur  de  vou    marquer  par  celle-ci  <e  <|m   s\  <•  «l.-|.  . 

dans   "ii  po 

.le  commencerai  d'abord  par  lea  nouvelle!  qui  me  ion!  en  premiei    I  i 

Bdaubaaain.     Le  nommé  Melançon  habitant  deœl  endroit,  àqui  j'i 
m 'écrire  supposé  qu  il  se  pa    &1  quelque  ohose  de  nouveau  de  >lonii   n 

l'ordre  de  M.  Cjornwallis,  gouverneur  en  ohef  de  I  Acadie,  r<   idenl  à  Chibou 

.1  ai  l'honneur  de  vous  en  envoyer  la  copie  que  *oui  trou  i  joint* 

Monsieur,  qu'il  est  ordonné  aux  Acadiens  de  prêtei    lerment  de  fidélité  au  Itoy  d  \ 
terre  et  de  ne  point  sortir  d?  leur  pays  pour  aller  commercer     m    pa    eporl  ce  q 
très  mal  pour  les  Bauvages  revenus  du  Canada  qui  pour  la  plupart  retiroient  leu 
de  cri  endroit.     De  plus,  il  leur  est  défendu  de  ne  point  couper  d'arbres  que 
terres;  leur  dessein  est  de  mettre  dea  habitante  angloi      ur  celle    qui 

établies.     Il  seroit  à  souhaiter,  Monsieur,] i   cette  colonie  que  la  guerre  eut  «n- 

mencer  ;  nous  Berions  peut  être  plus  heureux  à  en  faire  la  conquête  que  nou    i 
cette  guerre  dernière.     Ce  sont  là,    Monsieur,  les  nouvelles  qui  mi 
de  l'Aoadie. 

Le  8  décembre  (a),  Monsieur,  des  Bauvages  que  j'avois  mis  en  vedetto 
rivière  vinrent  me  rapporter  qu'il  y  avoit  trois  vaisseaux  anglois  dans  le  h     ;         |u'à  la 
manœuvre  qu'ils  faisoient,  il  n'y  avoit  point  à  douter  qu'ils  ne  voulussent   établir.      I 
Bauvages  revenus  du  Canada  que  j'avois  pour  lors  à  mon  poste   vinrent    me  dire  qu'ils 
vouloient  v  aller  et  s'opposer  à  leur  entreprise,  voyant  bien  qu'il  m'en  coûteroit  bea 
coup  s'il  falloit  qu'ils  vinssent  à  m'y  accompagner.      Pour  ra'assurer  de  la  nouvel!, 
rien  qui  ne  fut  à  propos,  je  pris  le  parti  d'y    envoyer  mon  sergent  avec  deux  autres  sau- 
vages qui  revinrent  le  lendemain  et  amenèrent,  avec  eux  un  habitant  chargé  de  la  lettre 
du  commandant  anglois  par  lequel  il  m'invitoit  à  venir  à  Menacouehe  afin  de  décider  du 
tout. 

Je  suis  parti  le  onze  de  ce  mois  et   suis   arrivé   le  deuxième   jour  de  mon  départ  à 
Menacouehe  sur  les  quatre   heures  du  soir.     Je  campai  à  la  vue  des  bâtiments 
me  présenter  de  là,  pavillon  déployé,  au  bord  de   !a   mer.      La  chaloupe    vint  aussitôt   à 
terre  avec  deux  officiers. 

Gomme  je  manquerai  peut  être,  Monsieur,  à  vous  marquer  exactement  comme  tout 
s  est  passé  et  ce  dont  nous  sommes  convenus,  je  vous  envoie,  Monsieur,  la  lettre  de  M. 
Cornwallis  et  ma  réponse  aux  propositions  du  capitaine  Rous.  J'espère,  Monsieur,  que 
vous  ne  trouverez  pas  mauvaise  la  conduite  que  j'ai  tenue  en  lui  faisant  montrer  a 
ordres  et  ne  lui  montrant  point  les  miennes.  La  proposition  à  laquelle  j'ai  fait  adhérer 
le  capitaine  Rous  qui  est  de  rester  dans  la  rivière  Saint-Jean  jusqu'au  printemps  pro- 
chain, ne  nous  donne  que  du  dessus  dans  cette  affaire  cy.  L'entretien  particulier  que 
j'ai  eu  avec  le  Sv'  How  adjoint  à  cette  députation  n'a  pas  laissé  que  de  bien  m'éclairer 
des  prétensions  qu'ils  disent  avoir  sur  la  rivière  Saint  Jean.  Une  de  leurs  meilleures 
raisons  est  la  commission  de  M1'  de  Subercase  signée  de  la  Cour  qui  le  fait  gouverneur  de 
TAcadie,  c'est-à-dire  depuis  l'isle  verte,  qui  est  devers  Canso  renfermant  toute  la  cote 
maritime  en  dehors  et  en  dedans  de  la  baie  françoise  jusqu'au  Squinibiquy.  Il  seroit 
bon,  Monsieur,  de  prendre  des  précautions  de  ce  côté  là. 

Le  R.  P.  Germain,  Monsieur,  qui  a  servi  d'interprète  aux  sauvages  vous  marque 
l'accord  qu'ils  ont  fait  avec  les  Anglois.  La  députation  qu'ils  ont  à  Chibouctou  ne  peut 
aller  à  conséquence  doutant  que  ce  ne  sont  point  les  chefs  qui  y  sont  allés. 

(a)  Evidemment  une  erreur. —C'est  le  8  de  ce  mois  qu'il  faut  lire. 


354  ARCHIVES  OA  VADIENNBS 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

J'ai  fait  distribuer  le  présent  marqué  sur  l'état  aux  sauvages  de  cette  rivière.     Les 
maladies  qu'ont  essuyés  ceux  revenus  du  Canada  les  ont  fait  séjourner  quelques  temps 
à  mon  poste.     Je  n'ai  pu  faire  autrement  que  de  leur  donner  un  peu  de  vivres  pour  se 
rendre  jusqu'à  leurs  villages  où  je  pense  qu'ils  auront  bien  de  la  peine. 
J'ai  l'honneur  d'être  avec  un  très  profond  respect, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

Signé  :    "     BOISHEBERT. 

Lettre  du  sieur  Rotut  capitaine  aw/lais,  écrite  au  sieur  Boishébert  de  la  rivière  St. 

Jean  le  31  juillet  1749. 

Monsieur, — J'ay  ordre  du  Roy  mon  maître  de  faire  recherche  et  d'examiner  les 
différents  ports,  havres  et  rivières  de  la  province  de  Sa  Majesté  la  nouvelle  Ecosse  et 
suis  présentement  icy  pour  cet  effet  ;  étant  informé  que  vous  êtes  dans  cette  rivière 
avec  un  détachement  du  Roy  de  france,  je  serois  bien  aise  de  sçavoir  par  quelle  autorité 
et  à  quel  dessein  vous  menez  une  pareille  procédure.  Cela  me  feroit  d'autant  plus  de 
plaisir  sy  je  pouvois  avoir  l'honneur  d'une  conférence  avec  vous,  tête  à  tête,  pour  vous 
convaincre  du  droit  du  Roy  mon  maître. 

Je  seray  ravi  du  plaisir  de  voir  quelques  uns  des  principaux  des  Sauvages,  pour  les 
informer  de  la  paix  et  de  la  bonne  union  qui  subsiste  entre  les  deux  couronnes,  aussi 
bien  que  pour  conférer  avec  eux. 

En  attendant  l'honneur  que  j'espère  de  vous  voir,  je  suis  très  parfaitement,  Mon- 
sieur, votre  très  humbre  et  très  obéissant  serviteur, 

JOHN  ROV- 

Lettre  de  Boishébert  à  Cornwalli*. 

Menacouche,  le  12  aoust  1749. 

Monsieur, — J'ay  vu  Tordre  par  lequel  il  est  ordonné  au  Sieur  Rous  capitaine  d'un 
de  vos  vaisseaux  du  Roy  de  me  faire  désister  des  entreprises  supposé  que  j'en  ai  fait 
quelques  unes  au  bas  de  la  rivière  St-Jean,  comme  il  paroît  inutile  de  troubler  ce  qui 
paroît  si  bien  affermi  entre  nos  couronnes  en  enlevant  une  petite  difficulté  qui  peut  être 
est  déjà  décidée  je  n'en  ay  fait  aucune. 

Je  n'ay  donc  ordre  de  mon  général,  Monsieur  le  Marquis  de  la  Galissonière,  de  me 
tenir  sur  ces  costes  cy,  de  n'y  point  bâtir,  mais  de  n'y  point  souffrir  que  l'on  y  bâtisse, 
afin  de  nous  en  conserver  la  possession  comme  il  sera  bientôt  décidé  par  nos  deux  cou- 
ronnes. 

J'ai  l'honf  eur  d'être,  etc. 

BOISHÉBERT. 

COLONIES. 

29  aoust  1749. 
Lu  au  Roy. 

Les  nouvelles  qu'on  vient  de  recevoir  de  l'Acadie  par  les  lettres  qui  sont  arrivées  de 
Loùisbourg,  annoncent  l'exécution  des  projets  qui  ont  fait  tant  de  bruit  en  Angleterre 
pour  de  nouveaux  etablissemens  dans  cette  première  colonie. 

On  apprend  en  effet  qu'il  y  étoit  déjà  arrivé  environ  600  familles  qui  ont  été  débar- 
quées à  la  Baye  de  Chibouctou  ;  que  leurs  premiers  etablissemens  doivent  être  placés  le 
long  de  la  côte  depuis  cette  baye  jusqu'à  celle  de  La  Hève  ;  qu'on  doit  les  étendre  dans 
la  profondeur  des  terres  jusqu'aux  Mines,  et  de  là  jusqu'à  la  Baye  verte  ;  qu'à  cet  effet 
on  alloit  commencer  par  ouvrir  un  chemin  dans  les  bois  depuis  Chibouctou  jusqu'aux 
Mines  ;  et  que  le  Gouvernement  Britannique  doit  entretenir  dans  cette  Colonie  une 
garnison  de  2,000  hommes  dont  l'un  des  deux  Regimens  qui  étoient  à  Loùisbourg  fait 
partie. 


,,i  w  IL0GI1    DJ       10  LD/J  I       11/'    D(H  !  Vi  I  I  8H 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

061  détails  l'aooordenl  avec  leti  « i •  po  ition    qui  ont  •  ■'•   faib     eu    ingleton 
remont  ,i  06i  projets  dont  l'exéoution  ne  pourrait  avoir  que  «i-  <    uii 
pour  nous. 

1     Los  famille»  angloises  *e  multiplient  ami  a  I  A«-ad  mi  une  garni  on 

oonsiderable,  les  snoiens  habitant  qui  avoionl  toujour   oonssrve4  lo  do  >»•  et  l'esp< 
de  rentrer  rous  la  domiuation  de  la  franco,  neront  obligea  de  ren  l'un   et  à  1  lutrc 

et  do  m  soumettre    lérieusement  et  pour  toujour    s  la  domination  angloi  •       et 
n'aura  plus  effectivement  loi  mêmes  facilites  qu'on  au  roi  I   eties  jusqu'à  pre  en(    poui 
prendre  œ  pays  là  iur  les  Anglois. 

l'"  Cette  Colonie  deviendra  formidable  pour  oelle    deCanads  •  i       Royale, 

particulièrement  pour  la  dernière.     <>utn-  Ims  forceH  qu'elle  pourra  trouver  dai 

pladOj  dèfl  qUO  les  ports  de  ChÎDOUCtOU    «'t     de  la    Hève    seront    liicn  établis,   l<- 

de  guerre  anglois  y  trouveront  en  temps  de  guerre  de  gran  les  faciliti    tant  pour  le   <•" 
t  reprises  contre  l'îsle  Royale  et  le  Canada,  que  pour  leurs  <roi  i«*r< 

Enfin  l'îsle  Royale  sern  privée  des  bccouth  qu'elle  tiroit  de  l'Acadie  poui 
banos  ;    et  c'est,  un  inconvénient  qui  s'y  fait  déjà  lentir,  les  Anglois  avant   fait  i 
Aoadiens  des  deffenses  très  sévères  de  fournir  pour  cette  tsle    ni  I»-  ni  auti 

ohOSes,  et  avant  pris  des  mesures  pour  1rs  en  empêcher. 

Telles  sont  en  gênerai  les  fâcheuses  oonsc<  pic  m*»  «pu  résulteront  nécessairement  de 
ces  projets  si  les  Anglois  peuvent  parvenir  s  les  exécuter.     Dans  l'impossibilité  <>n   I 

est    ds  s  y  opposer  ou\  ert ement,    | >uis<ju'ils  sont  en  droit    de  faire  ;i   l'Acadis    tell  établis 

semens  qu'Us  jugeront  à  propos,   tant   qu'ils  n'en  passeront,  pas   les  limites,   il   n< 
qu'à  y  apporter  autant  d'obstacles  indirects  qu'il  sera  possible  sans  se  compromettre, 
a  prendre  des  mesures  pour  se  mettre  à  l'abri   des  entreprises  que  les  Anglois   peuvent 

envisager  dans  le  succès  de  ces  etablissemens. 

Le  seul  moyen   qu'on  puisse  mettre  en  usage  pour  y  faire  naître  des  obstacl< 
de  faire  sentir  aux  Sauvages  de  l'Aoadie  et  des  environs  combien  il  est  intéressant  pour 
eux-mêmes  d'empêcher  que  les  Anglois  ne  s'y  fortiffient,  de  le  iger  à  s'y  opposer  ou- 

vertement, et  d'exciter  les  anciens  habitans  à  soutenir  ces  sauvages  dans  leurs  opposi- 
tions autant  qu'ils  pourront  le  faire  sans  s'exposer  eux-mêmes.  Les  Missionnaires  des 
uns  et  des  autres  ont  des  ordres  et  sont  disposés  à  se  conduire  selon  ces  vues.  Mais  il 
est  à  craindre  que  malgré  l'attachement  que  ces  sauvages  et  les  habitans  ont  toujours 
conserve  pour  la  franco,  et  malgré  l'aliénation  où  ils  ont  toujours  été  contre  les  Angloi-. 
ceux-cy  ne  parviennent  ou  à  les  gagner  avec  des  presens  qu'ils  prodigueront  aux  Sau- 
vages, ou  à  les  intimider  et  les  réduire  par  la  supériorité  des  forces.  Peut-être  même  se 
porteront-ils  à  expulser  les  Missionnaires  au  préjudice  d'un  des  articles  du  Traitté 
d'Utrecht  quoiqu'il  ait  été  toujours  exécuté  à  cet  égard.  C'est  sur  quoi  l'on  aura  plu> 
d'eclaircissemens  à  la  tin  de  l'année  par  le  retour  des  vaisseaux  de  l'îsle  Royale  et  de 
Canada. 

Quoiqu'il  en  soit,  le  plus  sûr  parti  qu'il  y  ait  à  prendre,  c'est  de  mettre  le  plus 
promptement  qu'il  sera  possible,  ces  deux  Colonies  en  bon  état  de  deffense  et  à  l'abri  des 
entreprises  qui  peuvent  être  projettées  contre  elles.  Independament  des  arrangemens 
qui  sont  proposés  pour  cela  dans  un  autre  Mémoire  il  y  a  des  dispositions  particulières  à 
faire  par  raport  à  l'Ile  Royale  :  c'est  d'établir  solidement  l'îsle  St-Jean  qui  en  dépend, 
et  qui  pourra  lui  être  d'un  très  grand  secours,  particulièrement  pour  sa  subsistance  en 
temps  de  paix  et  en  temps  de  guerre.  L'on  a  donné  des  ordres  d'y  attirer  autant  de 
familles  accadiennes  qu'il  sera  possible,  et  de  profiter  pour  cela  du  degout  et  du  mécon- 
tentement que  ne  peuvent  manquer  de  causer  parmi  elles  les  opérations  des  Anglois  à 
l'Acadie  ;  et  l'on  proposera  incessament,  d'autres  expediens  pour  cet  établissement  de 
l'îsle  St-Jean.  Mais  les  circonstances  de  ce  qui  se  passe  à  l'Acadie  doivent  faire  sentir 
de  plus  en  plus  la  nécessité  qu'il  y  a  de  ne  pas  perdre  de  temps  pour  la  consommation 
de  tous  les  arrangemens  généraux  et  particuliers,  surtout  de  celui  qui  regarde  l'augmen- 
tation de  Trouppes  pour  toutes  les  Colonies  ;  Car  la  Loùisianne  et  les  Isles  du  vent  et 
sous  le  vent  seroient  encore  bien  plus  exposées  si  le  Canada  et  l'îsle  Royale  n'etoient 
pas  en  sûreté. 


316  ARCHn  />   (\\  IDI1  \  w  > 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Les  opérations  qui  B€  ioni  k   l  Acad  e  font  encore  oonnoître  combien  on  a  eu  raison 
dd  demander  que  les  limite-   -  n    oient  fixées,  et    combien  il  est  important  de  parvenir  à 
>•  i  eglement 

Non  signe. 

Déclaration  de  gu>  m  <l     Micmacs  an  gouverneur  tf Halifax, 

SEIGNEUR,  -L'Endroit  ou  tues,  l'endroit  ou  tu  te  loge,  l'endroit  ou  tu  fais  une 
Fortification,  l'endroit  ou  tu  veux  Présentement  t'établir,  l'endroit  dont  tu  yeux  absolu- 
ment te  rendre  le  Maître,  Cet  endroit  m'appartient.— Je  suis  sorti  de  cette  Terre  (comme 
une  Heine)  moi  Sauvage  Je  suis  né  la   (de  père  en   Fils). 

Cet  ESndroii  est  ma  Terre,  de  le  Jure,  ("est  Dieu  qui  m'adonne  cette  Terre  pour  être 
mon  Pais  a  Perpétuité. 

Je  te  découvre  d'abord  ce  que  mon  Cœur  pense  vers  toi,  car  il  ne  se  peut  que  les 
Ouvrages  que  tu  fais  a  Chebouctouk  ne  me  donnent  fortement  matière  a  réfléchir.  Mon 
Roi  et  ton  Roi  ont  fait  entre  eux  la  distribution  des  Terres.  C'est  ce  qui  fait  que  pré- 
sentement ils  sont  en  Paix  ;  Mais  pour  moi  Je  ne  puis  faire  alliance  ni  paix  avec  Toi. 
.Montre/,  moi  ou  moi  sauvage  pourrois  me  retirer,  Tu  me  chasse,  Toi,  montrez  moi  donc 
ou  tu  veux  que  Je  me  réfugie. 

Tu  t'es  Emparé  de  presque  toute  cette  Terre,  de  sorte  que  Je  n'ai  pour  toute  ressource 
que  Chebouctouk.  Cependant  tu  m'envie  encore  ce  Morceau,  et  même  tu  veux  m'en 
Coasser.  C'est  ce  que  me  fait  connoître  que  tu  m'engage  Toi  même  a  ne  cesser  de  vous 
faire  la  guerre,  et  a  ne  Jamais  faire  alliance  ensemble. 

Tu  es  Glorieux  de  ton  grand  Nombre,  pour  moi  qui  suis  en  très  petit  Nombre,  Je  ne 
puis  mieux  faire  que  de  me  Confier  au  Dieu  qui  connoit  ce  dont  il  s'agit. 

Un  Vermisseau  Rampant  scait  se  deffendre,  quand  il  sent  qu'on  l'attaque,  assuré- 
ment, moi  Sauvage  vaux  un  peu  plus  qu'un  vermisseau  a  plus  forte  Raison  dois-je  savoir 
nie  bien  deffendre  quand  on  m'attaque.  Je  vais  t'aller  voir  incessamment,  oui  certes, 
bientôt  Je  te  verrai  et  J'espère  que  ce  que  J'entendrai  de  toi,  me  remettra  un  peu  le 
Cœur. 

Je  te  Salue. 

Tous  les  Sauvages  de  l'Isle  Royale  et  de  Nalh-ick  ou  neich  au  port  Toulouse,  6  jours 
avant  la  S1  Michel. 

Cornwallis  à  Desherbiers. 

Chebouctou,  21  septembre  1749,  V.  S. 

Monsieur, — J'eus  l'honneur  de  celle  de  Y.  E.  de  l'llme  d'Aoust.  Je  vous  [suis]  très 
obligé  pour  le  soin  que  vous  aviez  [avez  eu]  de  ces  Anglais  pris  par  les  sauvages — Par  un 
Vaisseau  qui  arriva  l'autre  jour,  M.  Maillard  m'envoye  une  copie  de  la  lettre  que  V.  E. 
écrit  aux  Sauvages  de  l'Isle  Royale.  J'y  reconnois  votre  caractère,  Je  suis  charmé  qu'a 
la  fin  Les  Gouverneurs  des  Colonies  des  deux  Nations  et  leurs  Habitans  peuvent  se  fier 
les  uns  aux  autres.  Jl  semble  que  quelqu'uns  ont  cru  qu'il  fut  permis  même  pendant  la 
paix  d'exciter  les  Sauvages  alliés  d'une  Nation  a  faire  tout  le  mal  qu'ils  pourroient  a 
l'autre.  Pour  moi  il  m'a  toujours  paru  étrange  qu'entre  les  Particuliers  rien  nVst  si 
infâme  que  de  louer  un  Assassin  pour  venger  un  Affront,  ou  tuer  un  Rival,  mais  qu'entre 
deux  Nations  on  pourroit  souffrir  la  Coutume  barbare  de  exciter  ces  Sauvages  a  leur 
Guerre  Assassine. 

Monsieur, — A  mon  Arrivée  dans  cette  Province  les  Sauvages  de  l'Accadie  venoient 
ici  tous  les  Jours.  Je  les  trouvai  tranquilles  et  charmés  de  revoir  la  Paix.  Il  ne  se 
lassoient  point  de  m'assurer  de  leur  Amitié  aux  Anglois — 'e  ma  part  ils  furent  bien  reçus 
et  assurés  de  tout  sorte  de  protection.  Ils  dévoient  s'assembler  cette  automne  pour 
reconnoitre  S.  M.  Britannique  à  recevoir  les  presens  qu'elle  leur  envoyé — Pour  ceux  de 
L'Isle  Royale  Je  n'eus  point  de  leurs  Nouvelles,  Je  n'ai  rien  à  faire  avec  eux — et  Je  suis 
persuadé  que  les  Sauvages  n'ont  ni  assez  d'Esprit  ni  assez  de  bêtise  pour  se  mêler  de  leur 
chef  de3  Affairs  qui  ne  les  regardent  en  aucune  façon.  D'où  vient  donc  Monsieur  que 
depuis  l'Evacuation  de  Louisbourg  tout  est  si  changé?  Vous  savez  ce  qui  est  arrivé  a 
Canso — Vous  Aurez  entendu  ce  qu'ils  viennent  entreprendre  a  Chinectou,  Monsieur  Je 


<,i  \  1  ILOOIB  01 ...    L(   i/'//  \       LW  I    DOOl  >//  \  I 
DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

oroirois  vous  dire  la  plus  grande  Injure  de  vou    an  >nnei  lai  n  u    J 

la  Raison  «lu  mondfe]  de  présumer  que  quelqu'un    qui 

autrui 

J'ai  été  informé  qu'un  I  rançoi   -•  |  renu  de  Loui  bourg  «S  h  pu 

oaisqu'un  oertain  rretre  noi Leutre     ie  pour  L  Loutre   e  •  depui    quelque  tera 

aveoleiSauvfl  qu'il  étoit  à  Obineotou  quand  ils  attaquèrent  le    \ 

oomme  cette  homme  est  renu  de  Franoe  dani   la  Ohabanm    il  dépend  d< 
nemenl 

\  oua  me  permettrei  de  w>u  ■  demandei     il  est  entré  dan    oetl     Pro  im 
permission  ou  contre  \  >   un  In -s.     V.w  tuui   r.-i     .l<    vuu     prie  d  tppellei  el  de  I 

examiner  sa  Conduite      Les  Prêtre   doivent  aavoir  qu'il  leur  est  défendu  d'entrei 
oette  Province  sans  avoir  obtenu   ma  permi    ion.     V*ou     pouver  conter  que  ceux  qui 
viendront  de  votre  part    teront  bien  reoeua  et    proteg<   ,   tna    n    ilution  étant  di 
aux  Sujets  François  de  S.  M    Brit.  aui   i   bien  qu'aux  leur 

Religion  mais  pour  oeux  qui  présumeront    officier  dan     <■•      Provin  <  •  i"' 

Benté  une  lettre  de  la  part  de  V    E.  ou  de  M.  Jonquiere,  -1  ecuter  qui 

ogardent     Je  fairai  bout  mon  po  Bible  pour  que  o  as  qui  doivent  diriger  l<     I 
oienoes  des  autres  Boient  eux   mêmes  honnêtes  bommea      Le     Mi    iona  n  titent 

qu'ils  ont  oonverti  ies  Sauvages  de  ces   Tais,  si  o'est   être  Chrétien  que  de  commettre 
boutes  sortes  dé  Crimes  de  Vols  et  d'A   tas  inats  il  vaudroit  mieux  qu 
toujours  Sauvages    Payons.     Un  Sauvage   honnête   bomme   vaux   dix   mille  Chretiena 
Fourbes. 

Mons'  depuis  que  Je  scais  que  lea  Sauvages  Be  s.. ut,  retirés  a  S1  Pierre  dai 
Royale  avec  le  vaisseau   Anglois  qu'ils  prirent  a  Can  ;    mon  devoir  de  von 

demander  la  restitution.     Et  Je  ne  doute  nullement  que,  V,  E.  ne  me  le  faira  renv< 
au  plutôt,    Au  moins  si  qui  que  ce  suit,  alloit  mener  un  Voisseau  François  dana  un  Port 
de  la  Nouvelle  Ecosse,  Je  croirais  mon  Gouvernement  bien  foible  ou  bien  l.i  Je  ne 

vous  le  renvoyois  sur  le  Champ,  &  même  je  me  croirais  obligé  de  punir  ceux  qui  l'avoient 
pris  en  Corsaires,  ou  de  vous  les  livrer  pour  être  punis  a  votre, Gré.  A  L'égard  des 
menaces  de  vo9  Sauvages,  vous  voyez  que  Je  ne  les  soupçonne  pas  sans  l'entervention  de 
quelques  François  Malintentionnés  et  Grâces  au  Dieu  nous  Sommes  à  l'Abri  de  toutes 
leurs  Entreprises. 

Je  suis  avec  le  plus  sincère  Estime,  etc. 

Desherbiers  à  Cornivallis. 

A  Louisbourg.  le  15  octobre  1749. 

Monsieur, — J'ay  receu  la  Lettre  que  votre  Excellence  ma  fait  l'honneur  de  m 'écrire 
Le  21  Septembre,  par  Les  mains  de  Mr  Scot.  .  .  .  Vous  me  rendes  Justice  Monsieur  En 
me  croyant  incapable  d'exciter  les  Sauvages  a  commettre  aucun  Acte  d'hostilitée  de 
quelque  nature  qu'ils  puissent  estre  Et  je  suis  charmé  que  vous  ayés  vu  La  Lettre  que 
J'ai  Ecritte  aux  Sauvages  pour  les  remercier  des  prisoniers  que  je  vous  ay  renvoyé  S'ils 
avoient  amenés  Le  Batteau  dans  le  Port  de  cette  Isle  ou  il  y  a  Garnison  Je  l'aurois 
renvoyé  avec  les  Prisoniers  et  leur  en  aurois  Payé  la  rançon  comme  je  leur  ay  fait  payer 
celle  des  prisoniers.  Mais  J'ay  toujours  ignoré  ou  ils  ont  menés  ce  bâtiment,  Et  je  suis 
informé  par  le  commandant  du  Port  Thoulouze  et  par  Mr  Labé  Maillard  que  le  batteau 
n'a  point  été  conduit  a  S1  Pierre  et  qu'ils  ne  savent  point  ou  il  est. 

Si  les  Sauvages  etoient  Sujets  du  Pvoy  (comme  vous  le  croyez)  il  n'est  pas  douteux 
que  je  Les  aurois  obligés  a  rendre  le  batteau.  Mais  votre  Excellence  ne  doit  pas  ignorer 
qu'ils  ne  sont  que  sur  le  pied  d'Alliés  dans  toutes  nos  Colonies  etquenous  n'exigeons  rien 
d'eux  par  autorité.  Il  est  vray  que  Mr  l'Abbé  le  Loutre  a  passé  de  ffrance  icy  Sur  le 
Vaisseau  le  Chabanne  et  que  le  Missionaire  a  été  rejoindre  les  Sauvages  de  sa  Mission 
a  l'Accadie  je  ne  scay  Monsieur  si  ce  Missionaire  n'étant  emploies  que  pour  les  Sauvages 
Seulement,  a  cru  estre  obligé  de  ce  présenter  devant  vous,  C'est  le  Roy  de  ffrance  qui 
la  envoyé  a  sa  Mission,  mais  je  suis  très  sur  que  Sa  Majesté  ne  luy  a  donné  aucun  ordre 
de  faire  ce  dont  vous  l'accusés. 


358  ARC  H  H  ES  CANADIEN  A  \  > 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Si  ce  Missionaire  fait  quelque  chose  contre  les  Règles  de  votre  Gouvernement  et 
qu'il  ait  outre  passé  les  fonctions  de  son  Ministère,  ce  n'est  ni  directement  ni  indirecte- 
ment par  mes  ordres,  ainsi  je  ne  suis  ny  comptable  ny  responsable  de  ses  Actions. 

Je  ne  puis  luy  donner  ordre  de  revenir  icy  n'étant  point  employé  d?ms  l'Etandue  de 
mon  Gouvernement,  étant  dans  les  parties  du  Gouvernement  gênerai  de  la  nouvelle 
France. 

A  l'égard  du  François  que  V.  E.  me  mande  avoir  passé  d'icy  à  l'Accadie  et  aux 
Mines,  J'ignore  qu'il  est  et  ce  qu'il  peut  y  avoir  été  faire.  Je  prie  votre  E.  qu'en  Cas 
que  vous  trouviés  quelque  François  dans  votre  province  qui  excite  des  troubles  de  le  faire 
arrester,  Et  je  vous  promets  d'en  faire  bonne  Justice,  s'il  est  habitant  de  mon  Gouverne- 
ment, et  s'il  est  de  quelqu'autre  Province  de  le  faire  conduire  Sûrement  à  son  Comman- 
dant pour  qu'il  soit  puni  a  toute  rigueur  suivant  l'exigence  du  cas. 

Je  vois  avec  horreur  et  Indignation  les  Cruautés  et  les  trahisons  des  Sauvages,  mais 
cette  nation  malgré  les  Principes  de  Religion  qu'on  tache  de  leur  inspirer  conserve 
toujour  sa  première  férocité  il  seroit  à  souhaiter  qu'on  put  les  Corriger,  mais  par  le 
raport  que  m'a  fait  Leur  Missionaire  cela  me  paroit  impossible,  il  est  triste  à  des  Gens 
d'honneur  d'estre  exposé  à  la  Surprice  de  ces  Gens  là. 

Je  prie  votre  E.  d'estre  persuadé  que  je  n'ay  ni  n'auray  de  ma  vie  aucune  part  a 
leurs  Actions  et  que  je  fairay  tout  mon  possible  pour  conserver  la  bonne  .intelligence  et 
l'union  qui  doit  être  entre  les  deux  Nations. 

J 'aprens  ce  soir  par  une  lettre  du  Commandant  du  port  Thoulouze  qu'un  de  vos 
Batteaus  de  Guerre  est  toujour  mouillé  dans  nos  havres  entre  les  deux  passages,  ce 
commandant  a  Envoyé  un  officier  à  son  bord  pour  luy  demander  S'il  a  besoin  de  quelque 
chose  et  savoir  les  Raisons  qui  l'oblige  à  se  tenir  ainsi  à  l'écart. 

Je  prie  votre  E.  de  vouloir  bien  ordonner  à  vos  Vaisseaux  de  s'adresser  directe- 
ment a  moy  Lorsqu'ils  feront  quelque  Séjour  dans  quelque  port  de  cette  isle,  et  s'ils  ont 
besoin  de  secours,  Je  leur  feray  donner  ce  qui  leur  sera  nécessaire. 

Si  je  puis  découvrir  ou  est  le  Batteau  que  les  Sauvages  ont  pris,  Je  tacheray  de  le 
retirer  de  leur  mains  pour  vous  le  renvoyer,  mais  je  ne  puis  les  y  contraindre  par  la 
fforce. 

Je  suis  avec  toute  la  considération  et  l'estime  possible  Monsieur 

Votre  très  humbre  et  très  obéissant  Serviteur, 

DESHERBIERS. 

L'abbé  LeLoutre  au  ministre. 

Beaubassin,  4  {a)  octobre  1749. 

Monseigneur, — J'ay  [eu]  l'honneur  d'écrire  de  Louisbourg  à  Votre  Grandeur  pour 
l'informer  des  entreprises  desanglois  sur  l'Acadie,  trois  semaines  après  l'évacuation,  j'en 
suis  parti  pour  me  rendre  à  l'Acadie  et  j'ay  vu  par  moy  même  que  l'Anglois  n'épargnoit 
rien  pour  venir  about  de  son  dessein.  J'ay  eu  l'attention  d'informer  Monsieur  Desher- 
biers gouverneur  de  l'Isle  Royale  de  toutes  ses  démarches  et  je  luy  ay  communiqué  toutes 
les  ordonnances  du  Général  Cornwallis  et  je  pense  qu'il  vous  les  aura  fait  passer  ;  à  mon 
arrivée  à  l'Acadie  j'ay  fait  passer  trois  de  mes  sauvages  jusqu'à  Québec  pour  informer 
Monsieur  de  la  Jonquière  nouvellement  arrivé  de  la  triste  scituation  des  Acadiens,  et 
je  viens  d'apprendre  par  des  lettres  qu'il  a  pris  la  résolution  de  continuer  le  plan  de 
Monsieur  de  la  Gallissonnière,  et  de  soutenir  le  projet  qu'il  avoit  commencé  faisant 
prendre  possession  de  la  rivière  St-Jean  par  l'un  de  ses  officiers  avec  ordre  d'y  faire  un 
fort,  de  faire  un  corps  de  milice  des  habitans  qui  y  sont  establis,  deffence  faites  à  ces  dits 
habitans  de  reconnoître  d'autre  maître  que  le  Roy  de  France  pour  soutenir  cette  entreprise, 
Monsieur  de  la  Jonquière  a  fait  partir  deux  bastiments  de  Québec  pour  Cocagne  qui  est  le 
port  de  mer  le  plus  proche  du  Cap  Tourmentain,  [nous]  attendons  tous  les  jours  ces 
battiments,  et  suivant  les  lettres  que  nous  en  avons  reçu,  ils  ne  doivent  pas  tarder. 

Monsieur  le  Chevalier  de  la  Corne  est  à  la  tête  d'un  détachement  coneidérable,  il  a 
ordre  d'établir  le  port  de  Cocagne  et  d'y  faire  un  fort,  de  conserver  la  rivière  S^Jean,  de 

(a)  Sic  pour  14. 


0J  \/  ILOGIE  i>i  ■     U  LD/J  n.     IFJIf    DOCUMl  \  359 

DOC.  DE  LA  SESSION   No    18 

prendre  p<>8H<'K8ion  (1<'H  t'oinautrei  rivière  Cbippoudy,  Petkoodiai   el    tfemei 
i  trouvent  sur  la  même  coste,  <l<-  faire  on  corps  de  milice  det  habitan    qui    ont  i  tabli 
dans  oee  ditei  rivière*,  d<-  leur  faire  défense  de  r.«i,n  h<h  1 1  .•  (l'autre  maitre  que  le  l  : 
Prauœ  et  d'employer  touteH  hch  forcoN  tant  du  <'6t<   d<  ■>  ii  an  çoi>    qm-  d<  •    >.m\ 
ie  maintenir  dans  cette  pi  in»- de  posuc    ion  ci  mj»<»u    <  r  i.    anglois  s'i  ennenfc 

Monsieur  <!<'  la  (  lallissonnière  c|ui  panne  en  Knmce  informera  \  otre  Qrand(  ai  de  la 
situation  de  ces  Rivières  et  de  la  oôte  depul    le  Cap  Tourmentin   jusqu'à  Qasp 
le  commencement  du  fleuve  B(  Laurent  el  de  l'avantage  el  de  I  utilité  qu  d  en  reviendra 
a  l'état  pour  cette  prise  de  possession. 

Cette  démarche  des  puissances  du  Oanads  console  el  anime  tellement   I<     Ai  idien 
au'ils  ont  pris  la  résolution  de  députer  l'un  d'entre  eux   <••    nommer    Mon  icui  José] 
Vigneau  pour  voui  Informer,  Monseigneur,  de  leur  tri  te    ituation  ti   implorei  ITio 
n"ur  de  Votre  protection,  el  je  prends  la  liberté  d'expo  ei    n  V  otre  Grandeur  nue   I 
trouvera  plus  de  mille  familles  aoadiennes  pour  établir  l<    rivières  el   le  côte  dont  on 
vient  de  prendre  possession,  elles  sont  toutes  piétés  à    1 1  soumettre  à  l'obvia  ance 
Majesté  Très  Chrétienne  et  à  se  sacrifier  pour  soutenir  ls  gloire  et  l'intérêt    de  l'étal 
mais  comme  il  se  trouve  quelques  difficultés,  vous  m.-  permettrez,   Mon 

les  exposer. 

Les  Acadiens  François  de  nation  onl  tombé  par  les  malheun  de  ls  guem  n  le 

gouvernement  de  Monsieur  de  Suberoase  bous  la  domination  de  la  Grande  Br<  en 

171.*  l'Aoadie  ayant  <;té  cédée  aux  anglois  par  ls  traitté  d'Utrecht  et  ds  les 

plus  amples,  les  anglois  prétendent  avoir  toute  l'étendue  de  l'Aoadie  portée  dam  la 
commission  de  Monsieur  de  Suberoase  gouverneur  de  Port  Royal  et  prétendent  qu<- 
cette  étendue  va  jusqu'au  Cap  Desrosiers  qui  est  à  l'entrée  du  fleuve  Si  Laurent. 

Le  Général  Cornwallis  envoyé  de  la  part  du  Roy  d'Angleterre  pour  l'établissement 
de  Chibouctou  prétend  que  les  Acadiens  ne  peuvent  plus  sortir  de  l'Aoadie,  <|ue  tous 
ceux  qui  en  sortent  sont  et  doivent  être  r<  gardés  comme  déserteurs  et  puni-  comme  b 
en  conséquence  le  général  a  fait  défence  aux  Acadiens  de  sortir  sous  de  graves  peines, 
il  fait  passer  dans  les  Mines  7  à  S00  hommes  et  il  fait  travailler  à  construire  un  fort 
pour  contenir  et  soumettre  l'habitant  à  sa  volonté,  et  il  y  a  continuellement  deux  basti- 
ments  armes  dans  l'entrée  des  Mines  pour  empescher  les  habitans  d'en  sortir  avec  leui^ 
petites  voitures,  la  raison  de  ce  général  est  que  par  le  traitté  d'Utrecht  les  Acadi- 
a  voient  un  an  pour  délibérer  et  choisir  de  demeurer  ou  sortir  de  l'Acadie  avec  leurs 
effets  mobiliers,  que  les  Acadiens  ayant  choisi  d'y  demeurer,  il  ne  doit  plus  être  dans  le 
pouvoir  d'en  sortir,  vu  que  depuis  1714  ils  sont  devenus  les  véritables  sujets  du  Roy 
d'Angleterre. 

Il  est  vray,  Monseigneur,  que  l'Acadie  a  été  cédée  à  l' Anglois  dans  toute  son  éten- 
due et  dans  les  termes  les  plus  amples,  mais  avec  cette  close  que  les  deux  couronnes 
nommeraient  des  expers  pour  placer  les  bornes  de  l'Acadie  et  la  séparer  des  terres  du 
Canada,  ce  qui  n'a  pas  encore  esté  fait  jusqu'à  présent,  les  puissances  du  Canada  pré- 
tendent que  l'Acadie  n'est  qu'une  péninsule,  une  presqu'isle,  et  qu'en  donnant  aux 
Anglois  cette  péninsule  on  leur  donnera  toute  l'étendue  de  l'Acadie,  et  qu'aussy  il  faut 
leur  donner  depuis  le  Cap  Tourmentain  ou  la  Baye  Verte  où  est  le  portage  d'une  grande 
lieue  qui  fait  et  constitue  l'Acadie  péninsule,  toute  la  partie  du  Sud  en  traversant  la 
Baye  Françoise  suivant  la  coste  de  l'Est  jusqu'à  l'Isle  de  Campceau  exclusivement,  re 
nant  par  le  passage  de  Fronsac  jusqu'au  Cap  Tourmentain  ou  à  la  Baye  Verte. 

Voilà  ce  que  nous  appelons  l'Acadie  et  voilà  ce  que  les  puissances  de  Québec  veu- 
lent donner  à  l' Anglois  et  rien  d'avantage,  et  en  conséquence  ces  messieurs  ont  fait 
prendre  possession  de  toute  la  côte  depuis  le  Cap  Tourmentin  jusqu'à  Gaspé  avec  la 
partie  du  nord  de  la  Baye  Françoise  où  se  trouve  la  rivière  St-Jean  et  les  trois  autres 
rivières,  je  pense  que  Votre  Grandeur  soutiendra  ce  que  ces  messieurs  ont  fait  et  par  ce 
moyen  les  Acadiens  trouveront  des  terres  à  cultiver. 

Quant  à  la  défense  faite  par  le  Général  Cornwallis  aux  Acadiens,  je  pense  qu'elle 
ne  doit  avoir  lieu,  et  Votre  Grandeur  me  permettra  de  luy  exposer  comme  les  Acadiens 
se  sont  comportés  depuis  la  paix  d'Utrecht. 

Les  experts  n'ayant  point  esté  nommés  pour  placer  les  bornes  de  l'Acadie  et  la 
séparer  des  terres  du  Canada,  et  les  Anglois  leur  faisant  entendre  qu'ils  avoient  jusqu'au 


36'J  '  JLRCHn  />   CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Cap  Desrosiers,  les  habitana  D€  Bâchant  où  aller  pour  cultiver  des  terres  franeoises 
demeurèrent  dans  L'Acadie  oomme  une  populace  matinée  refusant  de  prester  le  serment 
de  fidélité  au  Roy  de  la  Grande  Bretagne,  faisant  la  guerre  avec  les  Sauvages  aux 
Angloia  el  ((«fendant  aussy  leurs  terres  et  leur  religion  jusqu'à  l'année  1727  dans  laquelle 
ils  firent  un  traité  particulier  avec  Monsieur  Philip  (a)  général  de  cette  province  et  envoyé 
de  la  part  du  Roy  d'Angleterre,  par  lequel  les  dits  Acadiens  promettent  d'être  fidèles 
an  Roy  George  li  ei  luy  obéir,  et  en  vertu  de  ce  Berment  le  général  Philip  leur  accorde 
au  nom  du  Royson  maître  la  jouissance  paisible  de  leurs  biens,  le  libre  et  public  exercice 
de  leur  religion  avec  la  liberté  d'avoir  des  prêtres  catholiques  et  romains  pour  les  ins- 
truire, l'exemption  de  porter  les  armes  contre  qui  que  ce  soit,  la  liberté  de  se  retirer 
ailleurs  quand  bon  leur  semblera,  et  qu'ils  seront  déchargés  de  fidélité  dès  qu'ils  ne 
out  plus  sur  les  terres  de  la  Grande  Bretagne. 

Vous  me  permettrez,  Monseigneur,  de  vous  faire  remarquer  que  le  Roy  George  a 
approuvé  ce  que  son  général  avoit  fait  pour  la  tranquilité  de  sa  province,  et  qu'en  consé- 
quence les  Acadiens  ont  joui  jusqu'à  présent  de  ces  privilèges,  que  même  pendant  cette 
dernière  guerre,  Monsieur  Mascarène  gouverneur  d'Annapolis  Royale  a  laissé  les  Aca- 
diens tranquilles,  et  ne  leur  a  jamais  parlé  de  prendre  les  armes  pour  la  défense  de  la 
province,  qu'il  les  a  toujours  exhorté  à  garder  le  traitté  qu'ils  avoient  fait  avec  le  Général 
Philip  et  leur  a  promis  de  les  faire  jouir  aussi  longtemps  qu'ils  seroient  fidèles,  des  pré- 
rogatives que  le  général  leur  avoit  promis  au  nom  du  Roy  son  maître. 

Les  Acadiens  prétendent  en  vertu  de  ce  traitté  être  en  droit  de  sortir  de  l'Acadie 
avec  leurs  effets  mobiliers,  et  en  conséquence  ils  ont  représenté  au  Général  Cornwallis 
pour  répondre  à  ses  ordres  une  requeste  signée  de  plus  de  mille  personnes,  par  laquelle 
ils  refusent  de  prêter  un  nouveau  serment  et  de  prendre  les  arme;  contre  les  françois  et 
les  Sauvages  pour  la  défense  de  cette  province,  et  protestent  tous  qu'ils  sont  prêts  à 
sortir  de  leur  patrie  plustôt  que  de  se  soumettre  à  ses  ordres. 

Mais  comme  une  populasse  ne  peut  rien  contre  une  puissance  qui  à  la  force  en 
mains,  les  Acadiens  réclament,  Monseigneur,  votre  protection  et  prennent  la  liberté 
d'implorer  votre  secours  ;  ils  espèrent  que  votre  Grandeur  voudra  bien  s'intéresser  pour 
eux  auprès  du  Roy  leur  premier  maître,  et  c'est  dans  cette  vue  qu'ils  ont  député  Mon- 
sieur Vignau  qui  aura  l'honneur  de  vous  présenter  une  requeste  de  leur  part,  et  comme 
la  justice  parle  pour  eux  et  que  la  France  est  la  ressource  des  malheureux,  j'espère, 
Monseigneur,  que  vous  voudrez  bien  prendre  sous  votre  protection  ce  peuple  abandonné 
et  que  vous  obtiendrez  de  Sa  Majesté  et  la  liberté  de  sortir  de  l'Acadie  et  les  moyens 
de  s'établir  sur  les  terres  françoises  et  de  transporter  leurs  effets  soit  dans  la  rivière 
St-Jean  soit  dans  les  autres  terres  dont  les  puissances  du  Canada  viennent  de  prendre 
possession. 

'Les  Acadiens  soutiendront  aux  dépens  de  leur  vie  cette  prise  de  possession,  travail- 
leront avec  courage  à  cultiver  les  terres,  feront  fleurir  le  commerce,  fourniront  l'Isle 
Royale  de  rafraichissemens  de  toute  espèce,  et  en  cas  de  guerre  on  trouvera  plus  de 
mille  hommes  portant  les  armes  soit  pour  la  défense  de  Louisbourg,  soit  pour  reprendre 
l'Acadie,  et  dans  ces  circonstances  on  verra  les  Acadiens  marcher  contre  l'Anglois  et  se 
battre  en  braves  contre  l'ennemi  de  l'état. 

Monsieur  Desherbiers  m'a  demandé  un  état  de  ma  mission,  des  noms  des  villages 
qui  en  dépendent  et  le  nombre  des  Sauvages  qui  la  composent,  je  luy  ay  envoie  exacte- 
ment, vous  verrez,  Monseigneur,  que  j'ay  perdu  beaucoup  de  Sauvages,  que  j'ay  beaucoup 
de  veuves  et  d'orphelins  depuis  cette  guerre,  j'en  compte  cependant  cent  quatre-vingt 
en  état  de  porter  les  armes,  je  les  ay  trouvés  dans  une  extrême  pauvreté  ;  mes  Sauvages 
étant  de  l'Acadie  qui  a  esté  le  théâtre  de  la  guerre,  n'ont  pu  s'occuper  au  jardinage  ni 
pour  leur  chasse  ordinaire. 

Ils  ont  esté  de  tous  les  partis  et  ont  suivi  tous  les  détachements  j'ay  obtenu  de 
Monsieur  Bigot  que  j'ay  vu  à  Louisbomgdes  présens  extraordinaires  pour  recompenser 
leur  fidélité,  je  les  leur  ay  distribués  à  mon  arrivé  à  l'Acadie,  et  j'ay  eu  cette  consolation 
de  les  entendre  promettre  une  fidélité  inviolable  au  Ptoy  de  France  leur  père.  Je  les  ay 
trouvé  bien  zélés  pour  la  religion  catholique  ;  je  les  ay  vu  mépriser  les  présens  du  géné- 
ral Cornwallis  ils  continuent  à  faire  la  guerre  aux  anglois,  ils  sont  présentement  à  Chi- 

(a)  C'est  avec  Wroth,  l'envoyé  d'Armstrong,  et  non  avec  Philippe,  que  ce  traité  fut  fait  en  1727. 


QBNË  ILOQIB  DJ       U   WI1  Vi     iVl  0  DOOi  VB*  \  361 

DOC.  DE  LA  SESSION   No   18 

bouotou  <*t  iont  bien  déterminés  à  aider l<-    Aeadien  .  -|u  il  •.  r<-  u«i.  m  <  -.ii,n,<-  i<  m    jr.  > . 

à  sortir  (le  1  Anidm  et  Hiiuvcr  leurs    !><■  .1  i.i u  \  el   l>.i 

Si  les  anglois  continuent  de     establir  dans   l'Ai-iulii-, 
rnes  Sauvages,  je  pense  que  nous  nous  retireron    à  il  le  Royale,  js    uis  oblig<   dab 
donné  des  cette  année  mi  iiiiHsion  de  ( 'lii^Mil)iMinkii(l\,   i<     - 1 1  •  '  i  ■  - 1  *  »  «  »i  »  p« 

Je  suis  obligé  d'aller  de  côté  si   d'antre,    le   sngloi    on(  juré  dis  perte  •'     Il    r 
n'attraper  s'en  est  lait  de  ms  pei  tonne,  j  hiverneray,  cependant,  <  i    i 

longtemps  qus  ma  préseï m  de  quelqu  utilité  pour  le  bien  •!<•  l'état  et  de  I  on, 

je  serai   à    Beeubassia  ■  port<     des  officiers  de  Québec,  je  pourray  communiqué! 
eux,  ri  j'observeray  les  démarches  des  anglois  pour  en   informai    M  i    De  berbii 

si  les  puissances  «lu  (  lanada 

Jai  l'honneur  d'être  avec  un  |>r<>t'<>nd  re  pa  t.  de  Votre  Grandeur, 

Votre  t  rè  -  bumble  el  I  res  ob  I 

.1.  L   LELOl   i  RE   pt*    d 
Requête  des  Aoadiens  au  Roy  de  France. 

Sun:,  Les  Atooadiens  francois  el  catholiques  implorent  Is  puissante  protection  de 
Votre  Majesté. 

La  presqu'isle  qu'ils  habitent  a  été  cédée  à   1s  couronne  d'Angleterre  par  le  ti 
d'Utrecht,  confirmé  dit  on  par  celuy  d'Aix   la  Chapelle      Par  ce  premier  traité  Us  doi- 
vent jouir  du  libre  exercice  de  leur  religion  en  cas  qu'ils  restent  dans  cette  pre  et 
ils  ont  la  liberté  pendant  un  an  d'en  sortir  avec  tous  leurs  effets  mobiliers,   loin  de  n 
traindre  ces  conditions,   1>  gouvernement  anglois  a  para  leur  en  accorder  d'encore  plus 
favorables,  non  seulement  en  exigeant  d'eus  aucun  serment  ny  aucun  engagement   peu 
dant  les  doute  années  qui  ont  suivi  la  paix  d'Utrecni  mais  encore  plus   par    les  claui 
que  ce  Gouvernement  a  mis  luy  mémo  en  1727  au  serment  qu'il  a  demandé. 

Ces  clauses  ne  se  peuvent  séparer  du  serment  les  habitans  en  les  acceptans,  et  le 
Gouverneur  en  les  leur  accordant  au  nom  du  Roy  Georges  Second  n'ont  rien  t'ait  que  ce 
qui  étoit  une  suitte  naturelle  du  traité  d'Utrecht  et  qui  ne  soit  conforme  aux  loix  de  la 
Grande  Bretagne  ou  les  actes  proposés  par  le  peuple  acquièrent  lorsqu'elles  sont  approu- 
vés par  l'authorité  Royalle  une  force  que  le  Roy  même  ne  peut  pas  leur  ôter. 

Le  Sieur  Cornwalis,  nouveau  Gouverneur  de  l'Accadie  prétend  cependant  obliger 
tous  les  habitans  à  un  nouveau  serment  sans  condietions  et  leur  annonce  par  la  même 
ordonnance  une  conduitte  toute  contraire  à  celle  de  ses  prédécesseurs  et  c'est  à  quoy  les 
Buplians  luy  ont  déclarés  qu'Us  ne  pou  voient  se  soumettre. 

1  Sur  l'article  de  la  religion  il  paroit  que  le  Gouverneur  anglois,  voulant  se  char- 
ger de  leur  fournir  des  prêtres  et  ne  voulant  pas  même  que  ces  nouveaux  Missionnaires 
reconnoissent  l'authorité  de  Monseigneur  l'Eve?que  de  québec  ne  cherchent  qu'à  les  leur 
ôter  entièrement. 

2°  Par  l'obligation  qu'on  veut  leur  imposer  de  faire  la  guerre  et  par  les  autres  décla- 
rations qu'il  a  faites  il  paraît  qu'il  veut  les  forcer  à  prendre  les  armes  contre  les  sauva- 
ges, ce  qui  non  seulement  est  contre  toute  justice  puisque  les  sauvages  ont  toujours  bien 
vécu  avec  eux,  mais  que  c'est  audessus  de  leurs  forces. 

3°  En  déclarant  que  l'année  accordée  aux  habitans  de  l'Accadie  pour  se  retirer 
avec  leurs  effets  mobiliers  est  expiré  en  1714,  il  paroit  un  dessein  forcé  de  ruiner  ces 
habitans  qu'on  a  endormis  depuis  ce  tems  là  par  la  tranquillité  ou  on  les  a  laissés  jusqu'en 
1727  et  par  les  conditions  apposés  au  serment  qu'on  leur  a  fait  prêter  depuis. 

A  ces  causes  les  dits  habitans  suplient  Sa  Majesté  de  vouloir  bien  non  seulement 
par  sa  bonté  paternelle  pour  le  nom  francois  et  son  attachement  pour  la  religion,  mais 
par  le  droit  qu'elle  a  de  faire  exécuter  le  traité  d'Utrecht,  engager  le  Roy  de  la  Grande 
Bretagne  à  révoquer  les  nouvelles  ordonnances  du  Sieur  Cornwalis  et  maintenir  les  dits 
habitans  dans  le  libre  exercice  de  la  religion  catholique  et  ce  en  conséquence  de  ce  droit 
d'avoir  des  Missionnaires  francois  envoyés  par  Monseigneur  l'Evêque  de  québec  et  qui 
prendraient  comme  cy  devant  la  permission  du  Gouverneur  anglois  pour  exercer  leur 
ministère. 

2°  Les  dispenser  de  l'obligation  de  prendre  les  armes. 

18—55     r-16 


362  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

3°  Comme  ils  ne  peuvent  douter  que  l'intention  du  nouveau  Gouvernement  anglois 
ne  soit  de  les  gêner  en  leur  consienee  et  que  plusieurs  d'entre  eux  ont  déjà  été  proscrits 
sans  aucune  forme  de  justice,  ils  demandent  que  l'année  pour  se  retirer  avec  leurs  effets 
mobiliers  ne  commence  que  du  jour  de  la  publication  du  traité  nouveau  qui  interviendra 
ou  de  l'ordonnance  qu'ils  es]  <  r»  rit  que  Sa  Majesté  Britannique  donnera  à  cet  égard. 

Enfin  ne  pouvant  savoir  quel  effet  auront  Leun  représentai  ions,  ila  mettent  toute  leur 
confiance  dans  la  charité  du  Roy  et  ils  luy  demandent  de  vouloir  bien  donner  ses  ordres 
pour  qu'il  leur  soit  accordé  des  concessions  sur  les  terres  de  France  voisines  de  l'Accadie 
avec  les  mêmes  grâces  que  Sa  Majesté  a  accordé  aux  habitans  de  l'Isle  Royale. 

Les  suppliants  ont  joints  a  la  présente  requette  lea  pièces  en  soutien,  Bçavoir  :  la  pre- 
mière ordonnance  de  Monsieur  de  Cornwalis  du  .',  *  Juillet  1749. 

La  requette  des  suppliants  audit  Sieur  de  Cornwallis  datée  du  huit  Septembre  17  19, 
numére  un  et  deux. 

La  deuxième  ordonnance  du  Sieur  Cornwalis  du  T2^  Aoust  1749  ;  la  réponse  à  cette 
requette  du  /'7  Septembre  1749. 

Je  soussigné  commandant  à  Louis  bourg,  certifie  que  le  présent  acte  m'a  été  remis 
par  un  habitant  de  l'Acadie  chargé  des  pouvoirs  de  la  plus  grande  partie  des  habitans  de 
cette  Province,  à  Louisbourg  le  douze  Octobre  1749. 

.   '  DESHERBIERS 

Requête  des  Acadien*  à  Cornwallis. 

A  Son  Excellence  le   Sieur   Edouard   Cornwalis,  Capitaine   Général   et   Gouverneur  en 

Chef  de  la  Nouvelle  Ecosse  ou  Akadie. 

Représentent  très  humblement  les  habitans  de  l'Acadie. 

Après  avoir  mûrement  examiné  les  demandes  qui  nous  ont  été  faites  par  Votre 
Excellence,  et  après  avoir  délibéré  par  assemblée  tous,  nous  prenons  la  liberté  d'exposer 
à  Votre  Excellence  qu'il  nous  est  impossible  de  prêter  le  nouveau  serment  que  vou< 
exigés  de  nous  à  cause  des  suites  fâcheuses  qu'il  pourroit  nous  attirer  de  la  part  des 
sauvages  et  comme  étant  contraire  au  premier  serment  que  nous  avons  prêté  à  Sa  Majesté 
le  Roy  Georges  Second  et  annulant  les  prérogatives  qui  nous  avoient  été  accordés  de  sa 
part  en  vertu  du  dit  serment,  et  comme  Votre  Excellence  pourroit  en  ignorer  le  contenu 
nous  avons  l'honneur  de  vous  en  présenter  une  copie. 

Copie  du  serment  de  fidélité. 

Je  promets  et  je  jure  sincèrement  que  je  seray  fidèle  et  obéiray  véritablement  à  Sa 
Majesté  le  Roy  Georges  Second.     Dieu  me  soit  en  aide. 

Je  Robert  Wroth,  En  Seigne  Adjudant  de  Sa  Majesté  le  Roy  Georges  Second  pro- 
mets et  accorde  au  nom  du  Roy  mon  maître  et  de  l'Honnorable  Lawrence  Armst  rong. 
Ecuier  son  Lieutenant  Gouverneur,  le  commandant  en  chef  de  cette  Province  aux  habi- 
tans de  Chiguitou  et  villages  dépendans  qui  auront  signé  le  serment  de  fidélité  au  Roy 
Georges  Second,  les  articles  cy  dessous  qu'ils  m'ont  demandés,  sçavoir  : 

1°  Qu'ils  seront  exempts  de  prendre  les  armes  contre  qui  que  ce  soit  tandis  qu'ils 
seront  sous  la  domination  du  Roy  d'Angleterre. 

2°  Qu'ils  seront  libres  de  se  retirer  où  bon  leur  semblera  et  qu'ils  seront  déchargés 
du  seing  qu'ils  auront  faits  aussy  tôt  qu'ils  seront  hors  la  domination  du  Roy  de  la 
Grande  Bretagne. 

3°  Qu'ils  auront  leur  pleine  et  entière  liberté  de  leur  religion,  et  d'avoir  des  prêtres 
catholiques,  apostoliques  et  romains. 

Fait  et  donné  à  Messagoueche,  Chignitou,  en  la  première  année  du  reigne  de  Sa 
Majesté  le  Roy  Georges  Second,  ce  vingtième  Octobre  1727. 

(Signé)         ROBERT  WROTH. 

Nous  avons  l'honneur  de  prier  Votre  Excellence  de  faire  attention  que  c'est  au  Roy 
Georges  Second  que  nous  avons  prêté  le  dit  serment  et  que  c'est  de  sa  part  et  en  son 
nom  qu'on  nous  a  accordez  les  dites  prérogatives. 


<,i  \i  IL0QI1    Dï       w  i/'//  \.     il/'    i><><  i  mi  \  i  MS 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Noui  pentoni  <|u<-  Sa  Maje  i-  e  I  trop  ju  te  e(  trop  i  [iiitable  poui   i 
un  nouveau  serment  et  août  privai  de    graoî     qu'il  nous  u  .niée*,  v  m*  <ju«-  n- 

luy  avons  étés  toujouri  fldel   ef  que  oou    d 

Que  ij  Votre  I      i  lenoe  nouobttant   ao    trt     humble    repn  01  iuloif  oo 

forcer  de  prêter  le  serment  «  §  1 1  *« - 1 1 «  -  exige  de  uou  .   non    avon     ton    ■•'  d  on 

mune  résolu  de  ne  jamais  prêter  de  nouveaux  serment    et  d'< 

que  nous  Hoininrs  ions  pi  >rtii  du  |..n    h  quitter  notre  patrie  plut  de  mous  y 

soumet  i  re. 

Ki  dans  le  cas  <|u«-  Votre  Excellence  veuille  absolument  nou   cha 
a  nous  retirer  ailleurs  nous  la  supplioo    tr<     humblement 
an  pour  sortir  et  emporte  r  nos  eflets  moluliuires,  conformément  au  traité  d'1  I 
entre  les  deux  couronnes  dont  nous  preqon    La  liberté  de  fou    donner  co] 

( 'Kmpitré  i  /'.  (o  } 

Et  comme  cette  dernière  paix   renvoi!    tout   a  la   paix   d'Uirecbl    etqw 
doivent  rester  dans  le  même  état  qu'elles  étoient  avant  la  guerre,  nous  pensons  que  no 
sommes  en  droit  de  jouir  des  privilèges  qu'elle  nous  accorde  et  qu'en  con  équence  Vol 
Bxoellenoe  nous  accordera  L'espace  d'un  an  pour  nous  retirei  et  transporte!  no  où 

bon  nous    plana. 

Que  si  Votre  Excellence  se  laisse  fléchir  à    no    tn     humbles  prier* 
blement  nos  justes  demandes  et   nous  accorde  les  mêmes  pn  é  le 

Roy  Georges  Second  nous  a  déjà  accordée  nous  sommes  tous  prêts  à  renouveller  le  m<  me 
serment  et  nous  vous  promettons  une  fidélité  inviolable 

Nous  avons  l'honneur  d'être  avec  un  profond   respect  et  une  soumission  parlai 
De  Votre  Excellence, 

Vos  très  humbles  et  très  obéissants  serviteurs, 

LES  HABITA  N<    DE   I/AKAMK 

Je  certifie  La  copie  de  la  présente  requette  conforme  à  celle  qui  m'a  été  envoyée  de 
l'Acadie,  à  Louisbourg  le  douze  Octobre  1749. 

DESHERBIEZ 

Réponse  de  S.  E.  le  Gouverneur  aux  Députés. 

Le  5  7bre  1749. 

Messieurs, —  Nous  avons  raison  d'être  bien  étonné  de  votre  conduite.  Voicy  la 
troisième  fois  que  vous  êtes  venus  icy  de  vos  départements  et  vous  ne  faites  que  repéter 
les  mên?es  choses  sans  le  moindre  changement.  Aujourd'huy  vous  nous  présentés  une 
lettre  signée  de  mille  personnes  où  vous  déclarés  ouvertement  que  vous  ne  voulez  être 
sujets  de  Sa  Majesté  Britannique  qu'à  telles  et  telles  conditions. 

À  ce  qui  paroit,  vous  vous  croyez  indépendant  de  tout  gouvernement  et  vous 
voudrez  traiter  avec  le  Roy  sur  ce  pied  là,  mais  vous  devez  sçavoir  que  depuis  la  fin  de 
l'an  stipulé  dans  le  traité  d'Utrecht  pour  l'évacuation  du  pais  ceux  qui  ont  choisi  de 
rester  dans  la  province  devinrent  d'abord  sujets  du  Roy  de  la  Grande  Bretagne  le  traité 
les  déclare  tels.  Le  Roy  de  France  déclare  dans  le  traité  que  tous  les  françois  qui  reste- 
roient  dans  ces  provinces  seroient  sujets  de  Sa  Majesté  Britannique. 

Aussy  seroit-il  contraire  au  sens  commun  de  suposer  quedemeurans  dans  la  province 
et  y  possédans  des  terres  et  des  maisons  vous  ne  seriez  pas  suJ3ts  au  Souverain  de  cette 
Province. 

Ainsy,  Messieurs,  vous  vous  trompés  si  vous  croyez  d'être  en  liberté  de  choisir  si 
vous  voulez  être  sujets  du  Roy  ou  non.  Depuis  l'année  1714  cela  n'a  plus  dépendu  de 
vous,  dès  ce  moment  vous  devîntes  sujets  aux  loix  de  la  Grande  Bretagne,  et  précisé- 
ment sur  le  même  pied  que  les  autres  sujets  catoliques  de  Sa  Majesté. 

(a)  sic  pour  article  14e.     L'article  en  question  qui  n  est  pas  reproduit  ici,  se  trouve  dans  les  Mémoires 
des  Commissaires,   tome  II,  pp.  128-129. 

18— 55  J 


364  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Etant  donc  indubitablement  sujets  de  Sa  Majesté  Britannique,  vous  deviez  avoir 
prête  serment  de  fidélité  à  Votre  Roy,  le  moment  qu'on  l'a  exigé. 

Voila,  Messieurs,  où  VOUS  avez  toujours  manqué  à  votre  devoir  ;  vous  avouez  que 
vous  avez  toujours  refusé  de  prêter  ce  serment  sans  une  réserve  sous  entendue.  Vous 
me  dites  que  Monsieur  le  Général  Philippe  vous  a  accordé  la  réserve  que  vous  demandiez 
et  je  vous  dis,  Messieurs,  que  le  général  qui  vous  accorda  de  telles  réserves,  n'a  point 
fait  son  devoir,  je  vous  dis  plus,  que  ce  serment  n'a  jamais  rien  diminué  de  vos  obliga- 
tions d'agir  toujours  et  en  toutes  circonstances  comme  un  sujet  doit  agir  selon  les  loix 
de  Dieu  et  de  votre  Roy. 

Messieurs,  vous  vous  laissés  mener  par  des  gens  dont  l'intérêt  est  de  vous  faire 
égarer.  On  vous  a  fait  imaginer  qu'il  n'y  a  que  votre  serment  qui  vous  lie  aux  Anglois, 
on  vous  trompe  ;  ce  n'est  pas  le  serment  qu'un  Roy  fait  prêter  à  ses  sujets  qui  les  rend 
sujets,  le  serment  suppose  qu'on  l'est  déjà,  le  serment  est  un  gage  ou  lien  des  plus  sacrés 
de  la  fidélité  de  ceux  qui  le  prêtent. 

Ce  n'est  que  par  pitié  de  votre  scituation  et  de  votre  inexpérience  dans  les  affaires 
du  gouvernement  qu'on  descend  à  raisonner  avec  vous,  autrement,  Messieurs,  il  ne  s'agit 
point  de  raisonner,  il  s'agit  de  commander  et  d'être  obéi. 

Sa  Majesté  elle-même  dans  sa  déclaration  imprimée  vous  assure  vos  possessions  et 
votre  religion  Songez  un  peu  à  ce  que  vous  avez  fait  de  votre  part.  Vous  me  parlez 
beaucoup  de  vos  services  rendus  au  Gouvernement,  depuis  mon  arrivée  dans  la  province 
quelles  preuves  m'avez  vous  donnez  de  votre  zèle  et  de  votre  attachement  à  votre  Roy  ? 

Je  serois  charmé  de  pouvoir  dire  à  Sa  Majesté  que  vous  vous  comportiés  en  bons 
sujets  et  que  vous  aviés  fait  tout  ce  qui  dépendoit  de  vous  pour  assister  cette  colonie. 

Au  Heu  de  vos  consultations  fréquentes  ensemble,  au  lieu  de  messages  au  Gouver- 
nement f rançois,  au  lieu  de  vos  lettres  signées  de  mille  personnes,  si  vous  m'aviez  envoyez 
une  centaine  d'hommes  pour  travailler  au  service  de  Sa  Majesté  vous  auriez  mieux  fait 
et  vous  y  auriez  trouvé  votre  compte. 

Voilà,  Messieurs,  plus  de  trente  quatre  ans  passés,  depuis  que  vous  êtes  sujets  delà 
Grande  Bretagne  et  que  vous  avés  jouis  en  entier  de  vos  possessions  et  de  votre  religien. 
Faites-nous  voir  à  présent  que  vous  êtes  reconnoissants  et  prests  à  servir  votre  Roy 
quand  vos  services  sont  demandés. 

A  votre  retour,  vous  trouvères  des  troupes  de  Sa  Majesté  aux  Mines,  je  les  ai 
envoyez  pour  votre  protection,  quand  j'aurai  de  leur  nouvelle  que  j'entende  que  vous  les 
avez  aidé  et  assistés  autant  que  vous  pouviez,  je  les  ai  ordonné  de  payer  leurs  provisions 
et  ceux  qui  travaillent  pour  eux  en  argent  comptant  ou  de  vous  donner  des  certificats 
que  d'abord  vu  je  paierez  sur  le  champ. 

Faites  en  sortes  que  je  voye  icy  en  dix  jours  cinquante  de  vos  habitans  que  j'em- 
ploierai à  assister  les  pauvres,  à  bâtir  leur  maison  pour  les  mettre  à  l'abry  du  mauvais 
teras,  ils  seront  payés  en  argent  comptant  et  nouris  des  provisions  du  Roy. 

Je  certifie  la  présente  réponce  conforme  aux  copies  qu'on  m'a  envoyées  de  l'Acadie 
k  Louisbourg  le  12  Octobre  1749. 

DESHERBIERS. 

Requette  des  habitans  du  Port  Royal  à  Monsieur  de  la  Jonquière. 

Acadie,  xbre  1749. 

Monseigneur, — Ce  n'est  absolument  parlant  ny  la  contrainte,  ny  l'ancienneté  qui 
nous  force  à  recourir  à  vous,  c'est  l'amour  qui  nous  fait  agir,  l'amour  de  notre  religion 
dont  l'exercice  n'est  pas  assez  libre,  l'amour  de  notre  patrie  contre  laquelle  on  voudroit 
nous  faire  déclarer,  en  nous  faisant  prêter  un  serment  qui  nous  oblige  à  prendre  les 
armes  pour  deffendre  cette  province  de  tous  les  ennemis  de  son  souverain,  et  quoy  que 
nous  croions  bien  que  le  lien  du  serment  ne  seroit  pas  assez  fort  pour  nous  empêcher  de 
laisser  tomber  nos  armes  de  foiblesse  plutost  que  de  les  tirer  contre  nos  compatriottes  ; 
cependant  la  seulle  pensée  de  ce  serment  nous  trouble  et  nous  a  enfin  fait  prendre  la 
résolution  de  nous  approcher  des  f  rançois,  puisque  le  Seigneur  n'a  pas  permis  qu'ils 
vinssent  avec  nous  ;  on  sait,  Monseigneur,  quelles  ont  toujours  été  nos  dispositions, 
quelques  attachés  que  nous  ayons  paru  aux  intérêts  des  Anglois  en  conséquance  de  notre 
serment. 


QBNBAL0QI1    DBA    WÂDIBNB  AVBi    DOGUMBVTM  3<».r> 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

On  Mbit  combien  de  tempi  nou  evon   tenuii  ntd<  non 

à  leur  domination,  tout  petit  nombre  que  non,    tommes,  on  n's  qu'à  lire  llii 

l'ère  Charlevoix,  OU  seuil  OOmbidO  ii'>u,  avon  I-  i  l<  .m-  in  l.iii' ■•••  •'  ii  ■  m'-  aux 
violences  qu'oïl    rions  .1    fuit    pour  non      iniv   pn     t.  i     le     semient     <  '     «  j  u«-     non      n<     le   hmes 

qu'après  que  Monsieur  le  Gouverneur  de   Louisbourg  nous  eût  'lit  qu'il  falloil  tâchei  ds 

laOOOmoder  avec  ces  Me.  khi     <i  encore  n'en   roulant  jamui    •  -i.i.-u'li  ••  |  ••    «iiien'. 

quelques  menacée  el  peinee  Qu'on  noue  fil  qu'après  quon  n'en  eût  éparé  l'obligation  de 
prendre  lee  armes  contre  nos  oheri  franooi  .  on  ne  reuf   plu     l'en    ép  •  ourd'h 

ainsi  nous  voulons  nous  en  aller. 

Nous  espérons,  Monseigneur,  que  le  Roy  nous  aiders  e(  favori  ers   notn 
ainsv  nous  roua  prions  très  intimement  de  vouloir  nous  pi...  m.  i  de    i >.* 1 1 m<-ri    •  •  vivres 
pour  pouvoir  nous  retirer  dans  quelque  Rivière  do  bas  <l"  fleuve  Saint  Laurent  <\^>-  roue 
jagerei  commode  pour  des  laboureurs  et  pour  des  pécheur  .  '>u  il  y  ail  du  foin  aflu  d 
pouvoir  vivre  oom me  bons  catholiques  et  lideU  et   obéis  ant  de  notre  Roj   de 

Pranœ. 

Nous  souhait  itérions  Bdonseigneur,   sçavoir  quand  <>n   pourrai!    nous  envoyei    d 

Uàtiinens,  il  seroit  d'une  nécessité  pour  nous  d'être    arriv.       .,   tomSOU  QOU     d( 

pour  noue  mettre  en  état  de  passer  l'hiver,  et   même  pouvoir  avoir  des    bâtimen 
transporter  les  planches  de  nos  maisons,  cela  nous  seroit  d  un  grand  avantage  n'ayant 
pu  avoir  permission  de  faire  aucun  battimenf  ;  on  nous  fait  de  grandes  oftre  .  mail  si  le 
Roy  de  Franoe  reut  nous  recevoir  nous  aimons  mieux  nous  retirer,  mais  pourrion 
croire  que  nous  ne  serions  point  les  bienvenus  ohéz  nos  compatriottes  puisque  dei  d< 
teurs  v  sont  bienvenus  quoy  qu'on  ait  pas  grande  assurance  de  leur  fidélité. 

Nous  espérons,  Monseigneur  que  VOUS  ferez  exacte  attention  a  toute-    UO  '.uni 

blés  supplications  et  que  vous  voudrez  bien  nous  protéger  dans  un  besoin  si  pressant,  et 
nous  de  notre  côté  nous  exciterons  le  plus  qu'il  nous  sera  possible  à  prier  le  Seigneur 
pour  la  conservation  de  votre  digne  personne.  ACADIK,  x'"    1749. 

N"  Cette  Requête  singée  par  125  personnes. 

.1  M.  de  la  Jonquière  Gouverneur  Général  du  Canada. 

Monseigneur,— C'est  de  la  part  des  pauvres    habitans  de  cette    Rivière   que  je 

prends  la  liberté  de  vous  écrire  avec  le  plus  profond  respect  pour  réclamer  votre  charité 
et  votre  bonté,  au  millieu  des  allarmes  que  nous  ont  données  certaines  personnes  que 
vous  n'entreprendriés  rien  sans  ordre  du  Roy  de  France  et  que  vous  ne  pouviez  pas  loger 
tant  de  monde,  et  que  deviendrons-nous  désormais  si  nous  n'avons  pas  ce  refuge,  ayant 
entièrement  rompu  avec  le  Gouvernement  anglois,  et  qui  sans  doute  nous  traiterait  bien 
plus  rigoureusement  s'il  voyait  que  ce  n'étoit  qu'à  la  force  que  nous  nous  soumettions  à 
ce  qu'il  exigeroit  de  nous. 

Nous  croyons,  Monseigneur,  que  jamais  le  Roy  de  France  ne  trouvera  mauvais  que 
vous  donniez  le  couvert  et  un  peu  de  pain  à  ses  bons  sujet  qui  sont  dans  la  dernière 
misère  et  ont  recours  à  vous  parce  qu'ils  ne  veulent  point  avoir  d'autre  Roy. 

Nous  savons,  Monseigneur,  que  peut-être  quelques-uns  pourroient  nous  reprocher  que 
nous  avons  bien  voulu  nous  mettre  dans  cet  embarras  en  ne  voulant  pas  nous  joindre 
aux  partis  qui  sont  venus  icy,  mais  nous  vous  prions  de  faire  attention  : 

Premièrement  :  Que  nous  étions  liés  d'un  serment. 

Deuxièmement  :  Que  nous  nous  exposions  par  là  à  toute  la  fureur  des  Bastoiinoi?, 
enragés  contre  nous,  et  qui  ne  demandoient  que  jour  pour  fondre  sur  nous. 

Troisièmement  :  C'est  que  nous  ne  pouvions  voir  aucune  sûreté,  tandis  que  nous  ne 
voyons  point  de  vaisseaux  dans  le  bassin  et  en  effet,  où  en  serions-nous  à  présent,  mais 
ce  n'étoit  pas  que  nous  ne  souhaitions  bien  de  voir  icy  les  françois,  et  c'est  un  crève 
cœur  pour  nous  de  voir  tant  de  démarches  que  l'on  faisoit  pour   ce   pays  réussir  si  mal. 

Au  reste,  Monseigneur,  nous  croyons  que  le  Seigneur  veut  que  nous  nous  en  allions,, 
car  outre  que  tout  le  monde  si  est  déterminé  dès  lors  d'une  commune  voix,  c'est  ce 
qu'homme  vivant  n'avoit  encore  vu,  quelque  tems  après  la  mer  s'est  si  fort  enflée  dans- 
le  tems  de  la  grande  marée,  qu'elle  a  mise  en  ruine  presque  tous  nos  marais  et  par  con- 
séquant  ne  pouvant  être  semés  de  trois  ans,  et  nous  n'avons  point  icy  des  terres  hautes 
bonnes  à  semer,  ainsy  il  nous  faut  partir  nécessairement  au  printems. 


366  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

C'est  pourquoy  nous  vous  suplions  d'avoir  pitié  de  nous,  nous  prions  le  Seigneur 
pour  la  conservation  de  votre  digne  personne,  surtout  moy  qui  ay  l'honneur  d'être  avec 
Je  plus  profond  respect  Monseigneur. 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

Signé  :     CHARLES   PRÉJAN, 

faisant  fonctions  de  notaire. 

La  Galissonière  au  ministre. 

A  Québec,  le  26  juin  1749. 

Monseigneur, — Les  anglois  ayant  fait  dès  l'automne  dernière,  du  côté  de  l'Acadie 
principalement  quelques  mouvements  prématurés  et  ayant  du  côté  des  lacs  tenu  aux 
sauvages  beaucoup  de  discours  ttndant  à  les  engager  à  la  révolte,  j'ai  cru  devoir  prendre 
quelques  mesures  pour  suspendre  au  moins  jusqu'à  de  nouveaux  ordres  l'effet  de  leur 
mauvaise  volonté.  En  conséquence,  j'ai  envoyé  d'une  part  le  Sr  de  Boishebert  au  bout 
[bas]  de  la  rivière  St-Jean  avec  un  petit  détachement  pour  rassurer  les  habitants  contre 
les  menaces  du  Sr  Gorham,  officier  anglois  envoyé  par  M.  Mascarène  pour  faire  renouveler 
à  ces  habitants  un  serment  de  fidélité  qu'ils  n'ont  jamais  du  prêter.  J'ai  écrit  en  même 
temps  à  M.  Mascarène,  je  joins  ici  ma  lettre  et  sa  réponse. 

Du  côté  des  lacs,  j'ai  envoyé  le  Sr  de  Celoron  avec  un  détachement  de  deux  cents 
françois  et  de  trente  sauvages,  il  a  ordre  d'aller  dans  la  Belle  Rivière  ou  rivière  Oyo  et 
de  la  descendre  en  partie  tant  pour  chasser  les  Hurons  qui  ont  assassiné  des  françois  et 
ramener  quelques  autres  sauvages  qui  se  sont  écartés  de  leur  devoir  que  pour  éloigner 
les  anglois  qui  viennent  trafiquer  dans  ces  cantons  où  ils  se  proposoient  d'établir  cette 
année  un  poste.  *  *  *  *  * 

LA  GALISSONIÈRE. 


La  Galissonière  au  ministre. 

A  Québec,  le  25  juillet  1749, 

Monseigneur, — Vous  aurez  appris  par  ma  dépêche  du  26  juin  et  par  les  pièces  qui 
y  étoient  jointes  les  mouvements  que  les  Anglois,  avant  même  qu'ils  eussent  la  conclusion 
de  la  paix  avoient  commencé  à  se  donner  nonseulement  envers  les  Acadiens  mais  envers 
des  habitants  françois  placés  sur  des  terrains  qui  sont  indubitablement  du  Canada.  Vous 
avez  cru  aussi  l'envoy  que  j'ai  fait  à  la  rivière  de  Saint-Jean  du  Sr  de  Boishebert  et  d'un 
détachement  et  la  lettre  que  j'ai  écrite  à  M.  Mascarène,  gouverneur  de  Fort  Royal.  Cette 
lettre  et  le  détachement  ont  produit  en  partie  l'effectque  j'en'attendois  en  faisant  rendre 
le  jeune  Abénakis,  enlevé  par  le  Sr  Gorham  ce  qui  a  contenté  les  Abénakis  et  nous  les  a 
attachés  de  plus^eE  plus.  Mais  il  paroit  par  la  réponse  de  M.  Shirley  que  les  Anglois 
ont  dessein  de  soutenir  leurs  injustes  prétentions  et  que  par  conséquent  si  on  veut  éviter 
une  rupture  ouverte  en  ce  pays-ci  on  doit  prendre  des  mesures  en  Europe  pour  arrêter 
leurs  entreprises. 

La  rivière  Saint-Jean  n'est  pas  le  seul  poste  qu'ils  voudroient  envahir,  ils  prétendent 
toute  la  côte  depuis  cette  rivière  jusqu'à  Beaubassin,  depuis  Canceaux  jusqu'à  Gaspey  et 
toute  la  profondeur  des  terres,  ce  qui  non  seulement  leur  donneroit  contre  tous  les  traités, 
plusieurs  postes  dans  le  golfe  Saint-Laurent,  mais  encore  les  endroits  souverains  de  tous 
le  pays  occupé  par  les  Abénakis  catholiques  et  sujets  du  roy,  nation  qui  n'a  jamais 
reconnu  ni  du  reconnoître  leur  domination  et  qui  est  la  plus  fidèle  que  nous  ayons  en 
Canada.  Si  nous  abandonnions  à  l'Angleterre  ce  terrain  qui  comprend  plus  de  cent 
quatre  vingt  lieues  de  côtes,  c'est-à  dire  presqu'autant  qu'il  y  en  a  de  Bayonne  à  Dunkerque, 
il  faut  renoncer  à  toute  communication  par  terre  de  Canada  avec  l'Acadie  et  l'isle  Royale 
■et  à  tout  moien  de  secourir  l'une  et  reprendre  l'autre.  Il  faut  ôter  à  presque  tous  les 
Acadiens  toute  espérance  de  refuge  sur  les  terres  françoises  la  plupart  n'étant  pas  à 
portée  de  l'isle  Saint-Jean  dont  d'ailleurs  les  terres  ne  sont  pas  trop  attirantes. 


GENE  ILOGIE  tu  .     U   IDIl  \       iVBi    DOOl  »//  \  I 

DOC.  DE  LA  SESSION   No   18 

Par  oel  abandon  on   mettra  !■■     A ■  •  •  1 1-  m     m  d<  -   poir,  '  ^  mron(  , 

nulle  r.ii:i»n  <lr  1rs  un  n  i;'d ,  ih  v  détruiront  ,i  i.iii  .1 1  m  la  n  ligioD  i  '  i  friront 

de  m ission na 1 1 <    enfin  il    empêcheront   la  communication  de  I  \ 
dont,  lu  lubaii  tance  dépendra  absolument  <l  • 

Toute      ■<    ;   \  lies  se    m.i  ni  l'es!  m  t     <|.|i     clairement     taill     dan        lllll'ttn     '!•      M 
qUO  par  les  proeédill  es  laite     a  Anna  poli      Royale,  pal    leui 

à  Beaubaaiin  et  aux  Min<  ,  par  les  levées  qu'ili  root  en  Europe  pou i  peupler,  d 
leur  Nouvelle  Booaae,  enfin  pai  toute  leur  conduite 

Ce  n'est  pas  d'aujourd'hui  qu'ils  oui  formi  ambitieux  projet  i  cite 

une  grande  carte  que   j'ay  vue  ei    à  laquelle  ils  ont  donné  poui  titn       l'empire  anglois 
(/aux  VAmérique  avec  les  conquêtes  sur  las  Espagnols  et 

Ils  \  étendent  leur  Nouvelle  EBoo  e  ju  qu'au  fleuve  Saint  Laurent  dont  le  bord  du 
Sud  Leur  appartiendra  presque  jusqu'à  Québec    i  on    en  rapportoit  à  cette  carte. 

Elle  n'est  pai  aujourd'hui  leur  seul  tîlra  et  lia  font  beaucoup  de  fond  sur  celle  qui 
se  trouve  dans  l'histoire  du  Canada  du   Révérend  Père  Charl  quelle  on  a 

copié  par  inadvertance  une  partie  de  cette  carte  angloi  e     Je  ne  dois  \><i*  diasimuler  un 
titre  beaucoup  plus  apparent    mais  que  je  connoii  que  par  les  citations  de  l< 
c'est  u  n-*  concession  faite  par  Louis  Treize  dam  laquelle  on  a  joint  ;i  I  \ 
entes  depuis  la  Nouvelle-Angleterre,  o'eat-à-dire  depuis  Rinikiki  jusqu'à  G  maie 

il  est  manifeste  que  1»^  plénipotentiaires  d  Utrecht  n'ont  eu  nulle  connoiasance  de  i 
pièce,  car  ils  u'auroient  pas  déclaré  aussi  positivement   qu  ils  ont  tait    que  le  golfe  Saint 
Laurent  nous  appartenait  en  entier.     Cette  pièce  obscure  n'a  pas  pu  donner  au  oonti 
nent  le  nom  d'Acadie  connu  de  tout  le  monde  pour  une  presqu'île  et    VAcadi* 
set  anciennes  limites  est  la  presqu'île  bornée  par  sou  isthme. 

Après  ces  préliminaires  et  pendant  la  longue  paix  qui  a  suivi  le  traité  d  l  trecht  ils 
ont  essayé  d'établir  de  fait  leur  domination  qui  n'étoit  qu'idéale.  Ils  ont  escroqué  de 
quelques  sauvages  par  pression  ou  par  menaces  des  reconnoîssanoes  contraires  a  la 
fidélité  qu'ils  doivent  au  Roy  ;  ils  en  ont  fait  autant  des  habitants  de  la  rivière  Saint 
Jean  qui  étoient  demi-sauvages  eux-mêmes  et  ne  connoissant  d'autres  françois  que  ceux 
de  la  presqu'ile  de  l'Acadie  cédée  par  le  traité  d'Utrecht  ont  cru  devoir  suivre  leur  sort. 
•  le  ne  sçais  s'ils  n'ont  pas  obtenu  aussi  les  mêmes  soumissions  des  habitants  de  Chipoudy, 
Peekoudiac  et  Memeramcouc  ou  du  moins  de  quelques-uns  d'eux.  Ces  pauvres  habi- 
tants sont  presque  tous  sortis  de  familles  acadiennes,  ils  ont  été  presque  entièrement 
abandonnés  du  Canada  et  de  la  France  depuis  la  paix  d'Utrecht  et  les  Anglois  leur  ont 
fait  entendre  qu'ayant  obéis  ci-devant  au  gouverneur  françois  de  Port  Royal,  ils  dé- 
voient la  même  obéissance  au  gouverneur  anglois.  Tous  ces  habitants  qui  sont  en  assez 
grand  nombre  n'en  sont  pas  moins  françois  et  placés  sur  terre  de  france  edmme  il  est 
assez  facile  de  s'en  convaincre  en  jetant  les  yeux  sur  le  traité  d'Utrecht  et  sur  toutes 
les  cartes  antérieures  à  ce  fastueux  empire  anglois  et  même  sur  les  livres  de  géographie 
où  l'Acadie  est,  ce  me  semble,  toujours  qualifiée  de  presqu'isle  ;  il  en  est  ainsi  dans 
toutes  les  cartes  imprimées  dans  leur  pilote  anglois  quoiqu'elles  soient  très  nouvelles  et 
qu'elles  leur  donnent  les  unes  plus,  les  autres  moins  de  notre  terrain  mais  aucune  que 
j'aie  vu  n'a  encore  poussé  la  fraude  jusqu'à  étendre  le  nom  d'Acadie  en  dehors  de  la 
presqu'isle. 

Plus  on  étudiera  cette  matière,  plus  on  verra  que  par  le  traité  d'Utrecht," en  cédant 
aux  anglois  l'acadie  suivant  ses  anciennes  bornes  on  n'a  rien  cédé  du  continent  du 
Canada  et  que  les  anciennes  bornes  de  la  Nouvelle  France  et  de  la  Nouvelle  Angleterre 
qui  ont  été  posées  d'un  commun  accord  au  Kinibeki  en  1700,  et  n'ont  point  été 
ébranlées.  Ainsi,  bien  loin  que  Mr  de  Boishébert  soit  sur  leur  terrain  à  Medoctet  et  à 
Menacouche  ce  sont  eux  qui  pendant  la  dernière  paix  ont  bâti  sur  le  notre  le  fort  Saint- 
Georges  près  de  Kinibeki  et  Chouaguen  sur  le  lac  Ontario  et  nous  sommes  en  droit  d'en 
demander  la  restitution. 

Je  ne  dis  rien  sur  leur  récrimination  contre  le  fort  Saint-Frédéric,  elle  n'a  pas  le 
moindre  fondement  étant  connu  de  tout  le  monde  non  seulement  que  ce  lac  a  été  décou- 
vert par  le  Sr  Champlain  avant  qu'aucun  anglois  ou  flamand  en  eut  approché,  mais 
encore  que  nous  avons  conquis  sur  les  Iroquois  tout  ce  canton  et  jusqu'au  village  des 
Anniers  inclusivement,   et  que  depuis  plus  de  cinquante  ans   on  a  regardé   de  part  et 


368  ARCHIVES  OAyADIENNBB 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

d'autre,  par  une  convention  tacite,  la  hauteur  des  terres  en  cet  endroit  comme  la  borne 
entre  les  françois  et  les  anglois  ce  que  ces  derniers  ont  du  trouver  alors  avantageux, 
puisqu'en  vertu  de  nos  expéditions  contre  les  villages  Iroquois  nous  pouvions  pousser 
beaucoup  plus  loin  nos  prétentions.  Aussi  quelque  nuisible  qu'ils  aient  prévu  que  leur 
serait  le  fort  St  Frédéric,  ils  n'ont  fait  que  je  sache  aucun  acte  contre  son  établissement* 
au  lieu  que  M.  le  Mls  de  Vaudreuil  s'est  toujours  plaint  du  fort  Saint-Georges  et 
que  M.  le  Marquis  de  Beauharnois  a  protesté  contre  celui  de  Chouaguen. 

Tl  seroit  bien  à  souhaiter  qu'on  ne  s'en  fut  pas  tenu  là,  surtout  à  l'égard  de  ce  der- 
nier. Il  n'y  a  nulle  apparence  que  l'Angleterre  eût  voulu  soutenir  ce  poste,  l'usurpation 
étoit  trop  manifeste  mais  enfin  il  ruine  et  ruinera  de  plus  en  plus  cette  colonie  ci  non 
seulement  parce  qu'il  lui  enlève  une  grande  partie  des  pelleteries  mais  par  l'esprit  de 
révolte  qu'on  y  inspire  aux  sauvages  au  milieu  même  de  la  paix. 

Ce  que  je  dis  ici  sur  Chouaguen  n'est  pas  si  étranger  à  mon  sujet  qu'on  le  croiroit 
d'abord.  Quoique  nos  raisons  pour  revendiquer  ce  poste  et  celui  du  fort  Saint  Georges 
près  de  Kinibeki  soient  très  bien  fondées  en  justice  on  ne  peut  guère  se  flatter  de  les 
faire  goûter  en  Angleterre,  mais  peut-être  qu'en  mettant  notre  droit  dans  toute  son 
évidence  et  en  relâchant  une  partie  on  pourroit  obtenir  l'autre,  c'est  à-dire  qu'en  con- 
sentant que  le  fort  Saint  Georges  restât  aux  anglois  ils  pouroient  peut  être  nous  rendre 
Chouaguen. 

Et  il  est  à  remarquer  : 

Pmo  Que  tous  les  établissements  maritimes  tiennent  toujours  plus  à  cœur  aux 
anglois  que  les  autres. 

Sd0  Que  Chouaguen  ne  dépend  pas  à  proprement  parler  de  ia  Nouvelle 
Angleterre  proprement  dite  (autrement  Massachussett)  mais  de  New  York  ou  plustot 
d'Orange  qui  est  celui  de  leurs  établissements  à  l'Amérique  à  qui  ils  s'intéressent  le 
moins  parce  qu'il  est  habité  principalement  habité  par  des  flamands  que  les  Anglois 
méprisent  et  haïssent.  On  pourroit  entamer  cette  négociation  en  se  plaignant  en  Angle- 
terre du  ton  aigre  dont  m'écrivent  Mrs  Shirley  et  Clinton.  On  peut  juger  par  mes  let- 
tres que  j'ai  envoyées  avec  les  leurs  si  je  me  le  suis  attiré,  car  quoique  j'ai  cru  devoir 
m'opposer  avec  fermeté  à  leurs  entreprises,  il  me  semble  que  je  l'ai  fait  en  termes  assez 
mesurés. 

Aussi  ai-je  lieu  d'espérer  qu'à  l'arrivée  de  ma  première  lettre  l'affaire  des  prison- 
niers avec  M.  Clinton  aura  été  décidée  car  elle  me  paroit  extrêmement  claire  en  elle- 
même  et  peu  intéressante  pour  les  couronnes.  Il  n'en  est  pas  tout  à  fait  ainsi  de  celle 
que  j'ai  traitée  dans  cette  lettre-ci  à  laquelle  je  joins  : 

Pm0  la  réponse  de  M.  Shirley  gouverneur  de  Massachussett  à  la  lettre  j'avais 
écrite  le  quinze  janvier  dix-sept  cent  quarante-neuf  avec  la  traduction  françoise. 

2°  L'ordonnance  en  anglois  et  en  françois  du  Conseil  d'Annapolis  Royal  contre 
le  Sieur  Brassard,  prêtre. 

3°  La  requête  présentée  à  M.  l'Evêque  de  Québec  par  les  habitants  de  Piziguit. 

4°  La  lettre  du  Sieur  Brassard  à  M.  l'Evêque  de  Québec. 

5°  Un  extrait  d'un  mémoire  du  feu  S1'  de  la  Mothe  Cadillac  sur  les  limites  de 
l'Acadie. 

6°  Un  mémoire  du  R.  P.  Germain,  jésuite,  où  il  donne  une  idée  très  juste  des  habi- 
tations situées  dans  le  continent  de  Canada  et  sur  lesquelles  les  Anglois  forment  des 
prétentions. 

J'observerai  sur  ce  mémoire  qu'il  est  fort  aisé  d'empêcher  les  anglois  d'envahir  ces 
terrains.  Il  ne  peuvent  aller  à  la  plupart  qu'en  traversant  des  bois  ou  le  long  des  riviè- 
res fort  étroites  et  tant  que  nous  serons  maîtres  des  Abenakis  et  que  les  habitants  seront 
sûrs  d'être  secourus  ou  seulement  avoués  par  la  France,  les  Anglois  ne  s'exposeront  pas 
à  les  aller  attaquer  chez  eux. 

J'observerai  aussi  que  si  on  prend  ce  party  il  faut  avoir  attention  à  envoyer  de 
Louisbourg  des  marchandises  propres  à  la  consommation  des  habitants  et  à  la  traite 
avec  les  sauvages. 

Quelque  longue  que  soit  cette  lettre  il  faut  que  j'y  ajoute  que  deux  raisons  princi- 
pales m'ont  engager  à  défendre  aux  Abenakis  aucune  soumission  envers  le  gouverne- 
ment anglois. 


01  VBALOOIB  DBB  AOÂDIl  v.s-  ITMO  DOOl  HWl  M 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

La  première,  que  <•«•  gouvernement  li    reul  regarde!  oomm<  d<         et»  < 

ii  jetl  «  1 1 ■   K<»y. 

La  deuxième  o'e  «  que  M   Clinton  n'e  jamal    roulu  souffrit  qui  le   Aon  •  > 
ioi  faire  dee  eoumi  dons  pour  ravoir  leun  prieonnien     Je  n'ai  oependai 
tendu  que  lei  annieri  reoonnu  iienl  le  ro?  pour  leur   ouverain,  quoique  nou 
prétendre  avec  plui  de  droit  que  loi  AngloiH  n'en  mil   m  le    Aln-nakis. 

An  reste  je  ne  suit  pas  le  premier  oummandant  on  gou<  i  i 

qtti  met  sois  opposé  depuis  le  traité*  d  Ut  reelil     aux  pivtenl  ion     il 

Saint  Jean    et   je  le  puis  prouver  pur  bien  <!<•     titre     m  u      ji    nui    contenu     <1< 

jointe  «l'uni-  lettre  de  .M.  l<*  marquis  <!<•  Vaudreuil  à  M    Dumm< 

Je  ne  diffère  de  lui  qu'en  Une  olioso  à  quoy  il  me    paroi I  es  ,<-nt  ici  d<-  i .m  •    att<  ntio 

que  par  des  ménagements  qui  lui  étoient  prescrits  «'t.  dont  le    rai  on    ne  lubti 
aujourd'hui  à  oe  que  je  orols,  il  n'attaquoit  les  usurpation    angloi  e    que  com 
sur  les  terres  abenakises,  au  lieu  que  jai  oru  devoir  les  attaquer  oomm< 
terrain  François,     La  première  de  ces  tournures  si  on  continuait  I    eu  tendroit 

rendre  équivoque  notre  droit  qui  me  paroit  Inoontei  table,  ou  du  moins  le  fer»  it  di 
•  le  la  nation  abenakise. 

Je  orois  donc  qu'on  doit  persister  dans  Is  mienne  -ans  abandonner  I  autre  1 1  qu< 
lea  oiroonstanees  ne  permettent   pas  d'en  tirer  avantagea  présent  ou  interrompre  du 
moins  par  la  la  prescription  en  attendant  quelque  occurrence  plu 
en  avertissant  que  je  ne  suis  pas  suffisamment   instruit,  n'ayant   actuellement   pi 

point  de  livres  et  très  peu  de  titres. 

J'ai  l'honneur  d'être  avec  un  très  profond  respect,   Monseigneur,   votre  très  humble 

et  très  obéissant  serviteur. 

LA  GALISSOS  I  I  I 

MÉMOIRE  TOUCHANT  LA  SITUATION  DU  LA  RIVIÈRE  ST.JKAN  El   DES 
ENVIRONS  DE  L'ACADIE,  DRESSÉ  EN  1749. 

1.  La  rivière  St-Jean  descend  dans  la  Baye  françoise,  son  entrée  se  trouve  vis  a  \is 
de  la  rivière  du  Port- Royal  aiant  environ  neuf  lieues  d'une  terre  à  l'autre  et  douze  lie 
du  havre  de  la  rivière  St-Jean  au  fort  du  Port  Royal. 

2.  Depuis  la  rivière  St-Jean  c'est  un  continent  l'espace  de  trente  lieues  qui  va  du 
côté  de  Beaubassin,   après  ces  trente  lieues  on  trouve  un  endroit  appelle   Chipoudy 

il  y  a  quarante  à  quarante-deux  habitans  françois  et  de  quoy  en  mettre  encore  autant 
a  peu  près  entre  ce  lieu  dit  Chipoudy,  et  un  grand  cap  vis  à  vis  où  l'on  faisoit  la  garde 
dans  le  tems  du  détachement  à  Beaubassin,  il  y  a  une  rivière  large  d'une  demie  lieiie 
qui  à  deux  lieues  dans  les  terres  va  former  deux  autres  rivières  dont  l'une  est  nommée 
Petkoudiak  et  l'autre  Memeramcouk. 

3.  Ces  deux  dernières  rivières  Petkoudiak  et  Memeramcouck  contiennent  chacune 
quarante  deux  ou  quarante  trois  habitans  capables  d'en  tenir  encore  autant  surtout 
Memeramcouck  qui  tire  plus  vers  Beaubassin. 

4.  Du  cap  vis  à  vis  de  Chipoudy  il  y  a  une  espèce  de  baye  ou  bassin  qu'on  appelle 
Beaubassin,  depuis  ce  cap  en  suivant  tousjours  ce  continent  de  la  rivière  St-Jean.  sépare 
cependant  par  cette  rivière  qui  forme  Petkoudiak  et  Memeramcouck  a  deux  lieues  dans 
les  terres  et  qui  est  large  d'environ  une  demie  lieiie,  comme  j'ai  dit  cy-dessus  de  ce  cap 
dis-je,  en  suivant  toujours  le  continent  de  la  rivière  St-Jean  il  y  a  deux  bonnes  lieues  à 
arriver  à  l'endroit  appelle  Beaubassin,  Chygnitou  ou  Messagouesse  où  est  l'église  et  où  il 
y  a  des  françois  établis  depuis  longtems.  De  cet  endroit  il  y  a  une  petite  rivière  par 
où  on  monte  à  la  baye  Verte  jusqu'à  une  lieiie  et  demy  de  portage  qu'il  faut  faire  ensuit- 
te  pour  arriver  à  la  baye  Verte  quand  on  va  par  terre  on  compte  de  Chygnitou  à  la  baye- 
Verte  quatre  (a)  lieues. 

5.  Selon  l'idée  commune  et  les  anciennes  cartes  c'est  la  terre  ferme  et  continente 
de  ce  cap  à  aller  jusqu'au  bois  qui  se  trouve  dans  le  fond  de  Chygnitou  appelle  Tinta- 
mare  que   doivent  se  mettre  les   limites  de  l'Acadie,   c'est  ce  qu'en  a  regardé  comme  tel 

(a)  Dans  une  autre  copie  de  ce  document  qui  est  dans  le  vol.  F.    113  B,  aux  Archives  du  Canada,  on  y 
lit  au  folio  336,  au  lieu  de  quatre  lieues,  ce  qui  suit  :  "  5  lieues  suivant  le  P.  la  Corne.*' 


370  ARCHIVES  CANADIENM  G 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

puisqu'ailleurs  il  n'y  avoit  pas  d'habitans  dans  le  tems  du  tiaitté  d'Utretcht,  et  c'est  où 
se  trouve  une  preequ'i&le  D'ayant  tout  au  plus  que  quatre  lieues  d'une  mer  à  l'autre  et 
même  qu'une  lieue  et  demie  si  on  monte  par  la  petite  rivière  du  portage  de  la  baye 
verte. 

G.  Depuis  le  commencement  de  ce  bois  dans  le  fond  de  Chygnitou  appelle  présente- 
ment Tint  amarre  où  il  y  a  quinze  ou  vingt  habitans  en  traversant  à  l'autre  coté  du 
golfe  on  trouveroit  ce  qu'on  appelle  le  cap  Tourmentin  qui  est  trois  (a)  lieues 
plus  vers  Gaspé  que  n'est  la  baye  verte.  Ce  cap  Tourmentin  a  certainement 
vis  à-vis  de  luy  l'Isle  St  Jean,  et  je  crois  qu'il  correspond  à  peu  près  au  Port  LaJoy>>, 
il  seroit  difficile  de  mettre  plus  loin  les  bornes  de  ce  qu'on  a  app  'lié  ci  devant  Acadie, 
les  anglois  disent  cependant  qu'en  leur  cédant  le  Port  Royal  on  leur  a  cédé  ce  qui  en 
dépendoit  et  que  la  rivière  Saint-Jean  en  aiant  dépendu  autrefois,  ils  ont  par  consé- 
quent cette  rivière  et  tout  le  continent  de  là  jusqu'à  Chygnitou,  voilà  le  plus  fort  de 
leurs  discours  que  j'ay  ouï. 

7.  Si  on  veut  prendre  les  limites  de  l'Acadie  autrement  que  selon  cette  terre  ferme 
du  bassin  de  Chygnitou  suivant  depuis  le  cap  jusqu'au  fond  du  bois  au  delà  de  l'endroit 
appelle  aujourd'huy  Tintamarre,  qui  sont  les  dernières  habitations  françoises  sur  le  con- 
tinent depuis  ce  cap  en  tirant  vers  la  mer  du  golfe,  il  faut  tirer  la  chose  extrêmement 
de  loin  et  chercher  bien  des  chicanes,  quiconque  verra  la  situation  de  l'endroit  ne 
pourra  en  disconvenir,  au  lieu  que  tout  naturellement  et  suivant  le  sens  ordinaire  des 
choses  les  limites  se  trouveront  sans  peine  en  les  prenant  du  fond  du  bassin  en  suivant 
l'allignement  du  cap  à  se  rendre  à  la  mer  du  golfe. 

8.  Pour  faire  un  fort  de  la  rivière  St-Jean,  il  faudroit  le  placer  après  le  détroit  que 
jamais  les  Anglois  ne  passeroient  quand  ils  seroient  six  cents  s'il  y  avoit  seulement 
soixante  ou  quatre-vingts  hommes  à  leur  opposer.  Ce  détroit  environ  une  lieue  et  demie 
de  longueur  au  dessus  de  l'entrée  de  la  rivière  à  la  mer. 

9.  Pour  établir  Petkoudiak  et  Memeramcouck  on  pourroit  envoyer  trente  ou  qua- 
rante hommes  vers  la  fin  de  7bre  par  Chedaïque  environ  trente  quatre  lieues  plus  bas 
que  la  mis'ion  du  P.  de  la  Corne  de  là  étant  averti  à  la  rivière  St-Jean  on  envoieroit  les 
attendre  pour  les  faire  passer  le  portage,  il  faudroit  que  ce  bâtiment  se  retira  à  l'Isle 
St-Jean  ou  à  Louisbourg,  on  pourroit  même  envoyer  un  officier  convenir  sur  le  lieu  avec 
un  envoie  du  Gouverneur  du  Port  Royal  et  en  cas  qu'on  ne  s'accomoda  pas  prendre 
tousjours  possession  jusqu'à  ce  que  la  chose  fut  décidée  par  les  Couronnes.  Ce  seroit  le 
moien  de  s'assurer  la  rivière  St-Jean  sans  risque,  car  probablement  en  leur  disputant  les 
rivières,  l'anglois  n'aura  pas  envie  de  prétendre  considérablement  plus  loin,  puisqu'ils 
ont  bâti  le  fort  St-Georges  au  delà  de  Kinibiki,  nous  pourrons  bien  bâtir  au  delà  de 
l'Acadie. 

Terres  du  côté  du  golfe  de  Canada. 

1.  Il  y  a  la  baye  verte  assés  connue  qui  répond  au  bassin  de  Chignitou  entre  lequel 
bassin  et  la  mer  de  la  baye  verte  il  y  a  environ  quatre  lieues  de  terre. 

2.  Tirant  vers  Gaspé,  il  y  a  le  cap  Tourmentin  a  trois  lieues  (b)  de  la  baye  verte  ou 
deux,  je  ne  me  souviens  pas  au  juste.  Plus  loin  que  le  cap  Tourmentin,  toujours  vers 
Gaspée,  il  y  a  une  rivière  nommée  Ched  lique  environ  (c)  trois  à  quatre  lieues  du  cap 
Tourmentin,  puis  Cocagne  deux  lieues  plus  loin  où  haveroient  les  batimens,  goélettes 
envoyées  à  l'Acadie  du  tems  des  détachemens.  Le  Sieur  Gosselin  y  a  havre  deux  fois 
d'où  il  envoioit  prendre  langue  à  Beaubassin  pour  se  rendre  en  sûreté  à  la  baye  verte. 

3.  Quinze  ou  vingt  lieiies  plus  loin  que  Cocagne  il  y  a  Richybouctou  où  autrefois  il 
y  avoit  un  petit  village  sauvage  dont  la  pluspart  sont  morts,  et  de  là  à  douze  lieues  est  la 
mission  du  Père  de  la  Corne,  Récollet. 

4.  De  cette  rivière  appellée  Chedaïque  on  peut  par  un  portage  de  quatre  lieues  aux 
environs  se  rendre  aux  habitations  françoises  de  Petkoudiak   et  de  Mememramcouck   ce 

5 

portage  à  ce  qu'on  assure  communément  est  très  beau   et  très  facile   tous  grands  bois 

(a)  Au  folio  337,  du  vol.  F.  113  B,  au  lieu  de  trois  il  y  a  :  "  six  lieues  suivant  le  P.  Lacorne.  " 

(b)  Dans  l'autre  copie  de  ce  document,   après  le  "  Cap  Tourmentin  "  on  y  lit  :      "suivant  le  P.   la 
Corne  trois  lieues  ". 

(c)  Après  "environ  '"  on  trouve  dans  l'autre  copie  :    "  17  lieues  suivant  le  Père  la  Corne  '*. 


i,i  \  /   VLOQIi    /'/       L(    !/'//  n       il/'     D0<  /  371 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

francs  san  ■;  mollasse  ;    la  t:«  >m  in  u  1 1  ii-;it  ion  d<  •  n  I   i-ndroil    de  Ctiedai<JU6  A    I  '■  '  lk    BUT 

tout    scrvipw!    ;i  ju.M'iin  i     i  il  \    li.ihit.ans    (Ici  i.-ir       l'.u.r  il      li'  .  i  un 

fort    oui   Beroit    la    I  ireroil    ni  lénieni  -  ique   il  |U0 

<l;uis   Petkoudiak  et    Stfemeramoou  h    on  pourroii    ti  iote  bœui 

quatorze  à  quinte  oeol     minol    de  bled   un    taire  tort   au  ;  lu  lard,  kc  ,   le    babi 

tans  Boni  pour  la  pluepaii   bien  établii  e(    il  en  rieodroh   quantité  d<-    Min«  blir 

<l  m  i  le  françoi    v  i  '"it . 

5    L'avantage  qu'il  y  aurolt  à  avoir  ce  i  ine  par  là  on  commui 

tion  hiver  el  été  par  terre,  «•!  en  en    de  in  ,,m  on  pourroii  dan    déoembrc 
(reliée  de  Louisbourg  pour  faire  tenir  à  Qui  iu    i  bien  d<  Q 

les  fflaoee  surtout    si  on  evoit  un  canot  au  pa     ige  de  I  an<  eau*    et  utiendi 

l'un  l'autre.     Louisbourg,  l'Isle  Bt-Jean,  Chedaïque,    Petkoudiak,  la  rivièn  St-Jean,  le 
Canada,  tout  oela  pourrait  ourir  en  t  «  .m  tems  et  malgré  l'Angle 

(».  Jusqu'aujourd'huy  mois  de  juilllet  17  J  '. »   l'Angl 
dans  les  rivières  de  Chipoudy,    Petkoudiak   ni   Bfemeramoouck,  il  est  vrai  cependant 
que  oee  habitans  se  regardent   dépendants  de  l'Angloi    i  mm 

mais  si  on  oonvenoit   comme  il  y  a  grande  apparence,  que  oc     rivièn     ne  li  plus 

de  l'Acadie  que  la  rivière  St-Jean,   les  habitans  se  rangeraient  d'abord  du  côté  de  la 
France  avec  plaisir,  au  moins  à  en  juger  par  ce  que  j'en  connoii  je 

[Ici  finit  au  folio  243,  du  raL  ootë  F,  160,  le  document  qui  précède.     Mail  dan 
copie  de  cette  même  pièce,  au  folio  342  du  rai,  cote4  P.  1 13  B., on  y  lit  ce  qui  mit:] 

(1.)  Au  sujet  de  ce  que  les  gouverneura  angloia  «lisent,  que   les  habitants  de  la 
rivière  Bt-Jean  leur  ont  prêté  serment  <!<•  fidélité,  ils  ont  fait  cela  de  leur  cb 
des  Bauvagea  aussi  jama:a  l'Angloia    n'a  t-il  envoyé    aucun  ordre  aux   babit  la 

rivière  St-Jean  qui  devant  et  aprè  ;  leur  serment  ont  demande  et  reçu  les  concessions  de 
leurs  terres  du  substitué  de    Monsieur  de  Vaudreùil. 

(2.)   La  rivière  St-Jean  tient  au  continent  du  Canada  et  est  sur  la  côte  de   la 
\  «lie-Angleterre,  plutos  que  vers  l'Acadie  puisqu'il  y  a  entre  le    Port  royal   et    la  rivi 
une  distance  de  mer  de  9  à  12   lieues  et  ce  seroit  faire  un  grand    circuit    de  placer  la 
rivière   St-Jean  dans  l'Acadie  ainsi  que  les  anglois  l'aven t  regardé  connut'  le  milieu   de 
la  Nouvelle-Ecosse  ou  pas  ;     il  est  presque  sur  que  selon    la  situation  du   terrain  cela 
n'est  pas. 

(3.)  Je  crois  incontestable  que  la  Baye  verte  ou  certainement  le  cap  Tourmentin 
a  trois  lieues,  six  suivant  le  P.  LaCorne,  plus  vers  Gaspé  que  la  Baie  verte  se  trouv.- 
dans  le  golfe  ainsy  l'Acadie  doit  encore  finir  de  ce  côté  là  à  la  Baye  verte  et  même 
il  fau droit  tacher  de  borner  les  anglois  vers  Canceau  sans  les  laisser  monter  plus  vers 
Gaspée. 

(4.)  Je  crois  que  plusieurs  Accadiens  s'iroient  établir  à  la  rivière  de  la  mission  du 
P.  LaCorne  et  à  Chedaique  qui  est  l'endroit  du  coté  du  golfe  par  où  on  auroit  le  mieux 
communication  avec  les  habitans  de  la  rivière  de  Petkoudiak  et  de  la  rivière  Saint-Jean 
et  de  là  avec  Québec. 

[Non  signé,  sans  lieu,  ni  date,  mais  évidemment  fait  en  1749  par  le  Père  Germain, 
jésuite.] 

La   Galissonière  au  ministre. 

A  Québec,  le  4   juillet  1749. 

Monseigneur. —  *  *  *  * 

En  conséquence  de  celle  du  28  du  même  mois  (a)  je  me  dispose  a  passer  à  Louis- 
bourg dans  le  Léopard  pour  y  exécuter  les  ordres  que  je  dois  recevoir  par  ce  vaisseau. 

J'ai  fait  partir  pour  cette  place  tous  les  officiers  qui  en  composoient  la  garnison  à 
la  reserve  du  S.  du  Chambon  de  Vergor  à  qui  j'ai  accordé  la  permission  de  rester  ici 
pour  y  terminer  quelques  affaires. 

J'y  ai  aussi  renvoyé  tous  les  soldats  à  la  réserve  de  quelques  uns  que  M.  Daillebout 
m'a  indiqués  comme  ayant  été  complices    delà   sédition  de  1745.     Jai  crû   bien  faire 

(a)  Lettre  du  ministre  à  la  Galissonière,  28  janvier  1749. 


372  ARCHIVES  CANADIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


d'oter  de  cette  garnison  ce  mauvais  brain  et  je  les  ai  incorporés  dans  les  troupes  d'ici  ou 
ils  ne  sont  pas  à  beaucoup  prè*  si  dangereux  et  où  étant  connus  des  officiers  majors  et 
sans  appui  de  leurs  camarades  ils  n'oseront  branler  ou  du  moins  ne  le  feront  pas  impuné- 
ment. Outre  ceux  la,  il  y  en  a  un  très  petit  nombre  que  je  n'ai  pu  refuser  aux  familles 
dans  Lesquelles  ils  s'étoient  établis  OU  que  j'ai  <ru  devoir  garder  pour  d'autres  raisons 
qui  m'ont  paru  bonnes  et  qui  seraient  trop  longues  à  détailler  ici,  mais  que  vous  verrez 
par  les  apostilles  que  je  joindrai  à  l'état  que  je  compte  vous  envoyer  ci-après. 

Je  suis,  avec  un   très  profond  respect,  Monseigneur,   votre  humble  et  trèi  obéissant 
serviteur 

LA  GAL1SSOMKKK. 


De  la  Jonquière  au  ministre. 

A  Québec  le  9  septembre   1749. 

M-ON8EIGNBUR, — Je  reprends  le  fil  des  affaires  avec  les  Anglois  au  point  où  les  ont 
laissées  les  dernières  lettres  de  M.  de  la  Galissonière  ;  elles  sont  très  instructives  et 
je  ne  sçaurois  rien  ajouter  de  mieux. 

Il  a  voit  donné  ses  ordres  le  vingt  et  un  juillet  [1749]  au  S.  de  Boishebert,  com- 
mandant à  la  rivière  St-Jean,  d'envoier  défendre  aux  habitants  de  toute  la  côte  de  la 
baye  françoise  située  en  dehors  de  la  presqu'isle  de  l'acadie  et  par  conséquent  dépendant 
du  gouvernement  de  Canada  de  ne  point  reconnoître  celuy  des  anglois. 

Je  ne  sçais  si  le  S1"  Boishebert  aura  pu  le  faire,  car  avant  qu'il  eut  reçu  cette  lettre, 
il  étoit  venu  au  bas  de  la  rivière  St-Jean  trois  vaisseaux  de  guerre  anglois  commandés 
par  le  capitaine  Rous  envoie  par  M.  Cornwallis,  gouverneur  de  l'acadie  et  destinés  uni- 
quement à  faire  valoir  leur  injuste  prétention.  Vous  verrez,  Monseigneur,  par  les  pièces 
cy-jointes  ce  qui  s'est  passé  entre  le  commandant  de  ces  vaisseaux  et  le  Srdc  Boishebert. 

Je  demande  à  cet  officier  de  ne  plus  entrer  en  pareilles  conférences,  mais  comme 
il  paroit  que  les  anglois  ne  s'en  tiendront  pas  là  et  qu'il  nous  est  surtout  important  de 
nous  assurer  des  habitants  de  Pekoudiak,  Chipoudy  et  Memeramcoucq  voisins  de  l'is- 
thme qui  nous  sépare  d'avec  l'acadie.  J'ai  pris  le  parti  d'augmenter  jusqu'à  trente 
hommes  le  détachement  que  j'avais  destiné  pour  ce  quartier,  il  sera  demandé  par  le  S' 
chevalier  de  la  Corne  dont  on  connoit  les  talents  et  la  bravoure  ;  il  connoit  parfaite- 
ment le  pays,  il  y  est  aimé  des  françois  et  des  sauvages,  craint  des  anglois  et  estime 
de  tous.  Il  aura  sous  luy  le  Sr  Desligneris  autre  officier  très  capable.  Je  luy  donnerai 
ordre  de  se  placer  de  façon  à  n'être  pas  facilement  attaqué  et  de  maintenir  autant  que  les 
petites  forces  qu'il  aura  le  pourront  permettre  l'autorité  du  Roy  sur  les  habitants  et  en 
cas  que  les  anglois  voulussent  s'y  établir  de  les  sommer  de  ne  pas  le  faire  et  de  s'y 
opposer  par  la  force  des  armes  s'ils  vouloient  aller  contre. 

Cela  ne  sera  pas  tout-à-fait  sans  difficulté  quoique  la  plupart  des  dits  habitants 
soient  françois  d'inclination  comme  ils  le  sont  par  leur  langue  et  le  terrain  qu'ils  occupent, 
mais  il  y  a  si  longtemps  qu'ils  se  regardent  comme  aux  anglois  ayant  été  abandonnés 
au  point  que  c'est  d'eux  que  la  plupart  tiennent  leurs  concessions  et  qu'ils  leur  ont  prêté 
serment  de  fidélité. 

Cette  affaire  est  d'une  très  grande  conséquence  et  il  importe  qu'elle  soit  bientôt 
décidée  par  les  deux  couronnes,  car  cette  partie  étant  la  clef  de  ce  pays-cy  du  côté  de 
l'x\cadie,  il  est  essentiel  de  nous  la  conserver,  de  la  bien  fortifier  et  d'y  tenir  une  bonne 
garnison  pour  arrêter  les  entreprises  des  anglois,  conserver  nos  françois,  ceux  qui  pour- 
ront y  venir  de  l'Acadie  et  protéger  toutes  les  nations  sauvages  qui  nous  sont  fidèles. 
Ces  postes  sont  d'ailleurs  d'un  très  grand  secours  à  l'isie-royale  qui  ne  peut  tirer  des 
vivres  que  de  là  et  je  crois  qu'il  conviendroit  qu'ils  fussent  gardés  par  des  troupes  de 
Louisbourg,  le  gouverneur  de  cette  place  étant  plus  à  portée  d'y  faire  passer  ses  ordres 
et  de  pourvoir  à  sos  besoins. 

Je  suis,  avec  un  très  profond  respect,  Monseigueur,  votre  très  humble  et  très  obéi- 
sant  serviteur, 

LA  JONQUIÈRE. 


GENEALOGIE  DES  A.OÂDIENI     iVEi    DOOl  IfJ  w 

OOC.  DE  LA  SESSION   No   1H 

Lu  Jonqtà  "  i  •  h  ii  nu  h  i  tti  • 

\  Qi  i  i:m  ,  le  '' l    eptetnbn    \\  I 

Monsbiostiub,    J'aj  L'honneui  de  vous  envoyei    oi-jolnl   I*  carte  au* 
de  la  baya  françoise,  par  laquelle  vou  qun  i<-    imni-^  «i«-   i  \<  uii»-  u  •  -il'- 

France  doivent  être  naturellement  à  lu  hauteur  d" .  inn-,  min-  l.-i  i- 
rivière  (a)  qui  tombe  dam  le  Beaubaesin  .  ot,   pur  eonNéquent,  I-     po  tes  que   je 
faire  occuper  du  ooté  de  Tintamare,  Memeramoouoq,  Petkekoudiak  e(  Chipoudj  non 
appartiennent    indubitablement    jusqu'à  \»   rivière  8t  I  b)  pai    le     limitai  qui 

durent    être  réglée*  en  dil   Mot    ClMits;    le-,    .iihh'ihm-s     limites    de    ee    rontiiniil     .l..n-i,t    ,-, 

la  rivière  Kinibiki  qui  est  vingt  lieuse  plui  loin  en  allant  du  «",'  de  Bo  ton 

Je  suie  avec  un  très  profond  respect,  Monseigneur,  votre  trè    humble  et  tr«    obéi 
lant  set  \  iteur. 

LA  JONQ1   i  ERE 

I j\  Jbnou "ri'  h n  m i n i -t r- 

\  Qt  i  n,  .  le   l  17 19. 

Monseigneur,     Depuis  la  lettre  que  j'ai  eu  l'honneur  de  vou    écrire  le  9  eptembre 
dernier,  j'ai  fait  toutes  les  recherchée  qui  ont  été  en  mon  possible  pour  tacher  de  d< 
\  rir  quelques  pièces  qui  puissent  établir  le  peu  de  fondement  des  prétention   des  Anglois, 
sur  les  terres  de  la  Nouvelle-France.     Je  n'ai   trouvé  que  trois  mémoire    dont    M.   le 
marquis  de  la  Galissonière  a  pris  des  copies  pour  vous  en  rendre  compte. 

Ces  mémoires  indiquent  plusieurs  pièces  justificatives  dont  lapluspart  m'ont  paru 
assez  Indifférentes  à  La  question,  puisqu'il  ne  B'agit  que  de  régler  les  véritables  limil 
L'Acadie  à  la  Nouvelle-France.  D'ailleurs,  M.  de  la  Galissonière  s  parfaitement  bien 
traité  cette  matière  par  sa  lettre  du  26  juillet  dernier  et  a  pris  tous  les  éclaircissements 
qu'il  a  pu  tirer  de  la  Colonie,  pour  pouvoir  conférer  avec  vous  sur  cette  affaire.  Tout  ce 
que  j'ai  pu  faire  de  mieux  ça  été  de  faire  faire  les  deux  cartes  ci-jointes  des  limite 
l'Acadie,  du  Canada,  de  la  Nouvelle-Angleterre,  suivant  lesquelles  il  est  plus  aisé  de  voir 
que  les  Anglois  n'ont  pas  droit  d'étendre  leurs  possessions  sur  les  terres  en  contestation. 
Cette  discussion  exige  une  attention  des  plus  particulières  et  je  ne  saurois  assez  vous 
exprimer  combien  il  importe  à  la  colonie  qu'elle  soit  bientôt  décidée,  à  cause  des  tenta- 
tives que  les  anglois  font  et  qu'ils  ne  cesseront  de  faire  pour  s'agrandir  sur  les  terres 
qui  de  tous  temps  nous  ont  appartenu  ;  leur  conduite  en  est  une  preuve  et  vous  verrez, 
Monseigneur,  par  le  compte  que  je  vais  vous  rendre  des  nouvelles  que  j'ai  eues  du  S  de 
Boishebert,  du  R.  P.  Germain  et  de  M.  l'abbé  LeLoutre  combien  je  dois  prendre  des 
mesures  pour  nous  maintenir  dans  nos  possessions  et  empêcher  que  les  anglois  y  forment 
aucun  établissement. 

Les  anglois  continuent  de  molester  les  habitants  françois  de  l'Acadie  et  veulent 
les  contraindre  à  quitter  leur  religion  et  se  déclarer  fidèles  sujets  du  Roy  de  la  grande- 
Bretagne. 

Ces  pauvres  habitants  qui  n'ont  jusqu'à  présent  reçu  aucun  secours  de  nous  se 
voyant  comme  abandonnés  et  hors  d'état  de  se  soustraire  aux  persécutions  des  anglois 
ont  pris  le  parti  de  présenter  une  requête  à  M.  de  Cornwallis,  Gouverneur  de  la  Nou- 
velle-Ecosse, le  1er  aoust  par  laquelle  ils  demandent  qu'il  leur  soit  accordé  des  prêtres  et 
l'exercice  libre  et  public  de  leur  religion  ;  ils  conservent  même  leur  attachement  pour  la 
France  jusqu'au  point  qu'ils  demandent  aussi  qu'ils  ne  soient  pas  obligés  de  porter  les 
armes  en  cas  de  guerre  quand  même  la  province  seroit  attaquée.  Sur  cette  requête  le 
Sr  de  Cornwallis  a  rendu  une  ordonnance  le  dix  du  dit  mois  portant  :  Primo  :  que 
pourvu  que  les  dits  habitants  continuent  d'être  fidèles  sujets  du  Roy  de  Grande  Breta- 
gne, il  leur  accordera  des  prêtres  et  l'exercice  public  de  leur  religion,  bien  entendu 
qu'aucun  prêtre  n'officiera  sans  sa  permission  et  avant  avoir  prêté  serment  de  fidélité  au 
Roy  de  la  Grande  Bretagne.     Secundo.    Que  les  dits  habitants  ne  seront  point  exempts 

(a)  la  rivière  Mesagouetche. 

(b)  dans  l'état  du  Maine. 


374  ARCHIVES  OANADIBNNB& 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

de  défendre  em  mêmes   leurs  habitations   leurs   terres  et  le  gouvernement.     3°  Qu'ils 
ermenl  de  fidélité  au  Roy  de  la  Grande  Bretagne  avant  le  vingt  six  de  ce 
mois  et  que  pour  cet   effet  il  enverra  «les  officiera  Bur  les  établissements  franoois  savoir  à 
la  rivière  d'Annapolis,  à  la  Grande  pré  et  a  chinictou. 

Il  est  facile  d<  concevoir  rembarras  ou  ont  été  les  dits  habitants  en  recevant  cette 
ordonnance.  Le  S:  de  Boishebert  qui  m'en  a  informe  par  sa  lettre  du  treize  septembre 
me  marque  < j u  i l s  ne  sauraient  être  plus  consternés,  qu'ils  désirent  de  trouver  asile  chez 
nous  à  Petkekoudiac,  Memeramcouqc  et  Chipoudy  et  qu'ils  sont  très-disposes  à  s'y 
réfugier. 

Je  lui  ai  t'ait  répondre  le  29  Septembre  qu'il  devoit  non  seulement  recevoir  les  dits 
habitants  mais  même  les  inviter  à  venir  s'établir  dans  les  terres  de  son  poste  ou  en  des 
sus  du  portage  de  la  baye  verte  et  leur  donner  tout  secours  et  assistance  quand  ils  y 
seroient.  Je  lui  marque  aussi  d'en  user  de  même  avec  les  Mikmak  s'ils  sont  obligés  de 
quitter  l'Aoadie,  mais  je  lui  recommande  d'agir  avec  toute  la  circonspection  possible 
pour  ne  pas  nous  compromettre  avec  les  anglois. 

La  lettre  que  le  R.  P.  Germain  m'a  écrite  est  dans  les  mêmes  termes,  celle  de  M. 
1  abbé  le  L»utre  me  paroit  si  intéressante  que  j'ai  1  honneur  de  vous  en  envoyer  copie. 
M.  Bigot  auquel  cet  abbé  a  écrit  pour  le  même  sujet,  vous  en  rendra  compte. 

Les  trois  sauvages  qui  m'ont  porté  ces  dépêches  m'ont  parlé  relativement  à  ce  que 
M.  l'abbé  le  Loutre  marque  dans  sa  lettre,  je  n'ai  eu  garde  de  leur  donner  aucun  conseil 
là  dessus  et  je  me  suis  borné  à  leur  promettre  que  je  ne  les  abandonnerois  point.  Aussi 
ai-je  pourvu  à  tout,  soit  pour  les  armes,  munitions  de  guerre  et  de  bouche,  soit  pour  les 
autres  choses  nécessaires. 

Il  seroit  à  souhater  que  ces  sauvages  rassemblés  pussent  parvenir  à  traverser  les 
anglois  dans  leurs  entreprises  même  dans  celle  de  Chibouctou.  Ils  sont  dans  cette  réso- 
lution et  s'ils  peuvent  mettre  à  exécution  ce  qu'ils  ont  projeté  il  est  assuré  qu'ils  seront 
fort  incommodes  aux  anglois  et  que  les  vexations  qu'ils  exerceront  sur  eux  leur  feront 
un  très-grand  obstacle.  Ces  sauvages  doivent  agir  seuls,  il  n'y  aura  ni  soldat,  ni  habi- 
tant, tout  se  fera  de  leur  pur  mouvement  et  sans  qu'il  paraisse  que  j'en  aie  connaissance. 

Cela  est  très  essentiel,  aussi  ai-je  écrit  au  Sr  de  Boishebert  d'observer  beaucoup  de 
prudence  dans  ses  démarches  et  de  les  faire  très  secrètement  pour  que  les  Anglois  ne 
puissent  pas  s'apercevoir  que  nous  pourvoyons  aux  besoins  des  dits  sauvages. 

Ce  seront  les  missionnaires  qui  feront  toutes  les  négociations  et  qui  dirigeront  les 
pas  des  dits  sauvages.  Ils  sont  en  très-bonnes  mains.  Le  R.  P.  Germain  et  M.  l'abbé 
LeLoutre  étant  forts  au  fait  d'en  tirer  tout  le  parti  possible  et  le  plus  avantageux  pour 
nos  intérêts,  ils  ménageront  leur  intrigue  de  façon  à  n'y  pas  paroître. 

Ils  se  concerteront  dans  tous  les  cas  avec  les  Srs  de  la  Corne  et  de  Boishebert  et 
entretiendront  une  correspondance  exacte. 

Tout  ceci  prouve  l'utilité  du  détachement  que  j'envoie.  Le  Sr  de  la  Corne  partira 
incessamment,  tout  étant  prêt. 

Si  tout  réussit  comme  je  l'espère,  il  s'en  suivra  premièrement  quo  nous  nous  main- 
tiendrons dans  nos  terres  et  que  les  anglois  ne  pourront  y  faire  aucun  établissement 
avant  que  les  limites  aient  été  réglées  par  les  deux  couronnes. 

En  second  lieu,  que  nous  soulagerons  et  retirerons  insensiblement  des  mains  des 
anglois  les  françois  de  l'acadie. 

Enfin  que  les  sauvages  s'opposant  de  toutes  leurs  forces  aux  entreprises  des  Anglois 
et  les  vexant  de  plus  en  plus  cela  pourra  les  desencourager  et  les  porter  à  renoncer  aux 
prétentions  qu'ils  ont  mal  à  propos  sur  les  terres  de  sa  majesté,  qu'ils  n'ont  imaginées 
que  pour  se  mettre  à  portée  de  nous  nuire. 

Je  sens,  Monseigneur,  toute  la  délicatesse  de  cette  négociation,  soyez  persuadé  que 
je  la  conduirai  avec  tant  de  précautions  que  les  ançlois  ne  pourront  pas  dire  que  mes 
ordres  y  ont  eu  part. 

Je  suis,  avec  un  très-profond  respect,  Monseigneur,  votre  très  humble  et  très  obéis- 
sant serviteur, 

La  JONQUIÈRE. 


01  VI  ILOGIl    DJ       i<   [DU  \       ii/'    DOi  i  171 

DOC.  DE  LA  SESSION   No   1H 

.1/  1/   >/<  In  Jonquière  et  Bigot  un  min 

\  Qi  i  i  il  i  .  I.    il 

Mon  BBiONi  i  i;,     Monsieur  de  Bon na vent ure  vient  de  no u   informai  «pu-  i<  ■  ■   ;mii 
ont  entièrement  ravagé  1<    récolte    del'IsloSaint-J^an  cenui  l'obi  <  nabi 

leur    ub  i  I an<  e,  qu  il  n  h  point   uh  i     <l.    t  irine  | 
1(     \l  i    i.  •mi.)  ire  a  <l<-  l'Âcadie  luy  «-n  ont  envoyé  chercha 

qu'ils  luy  oui  demandé  pour  faire  vivre  et    habillei    le  en  mouvement 

dans  oette  pro>  inoo, 

Il  ajoute  que  ta  lituation  est  d'autant  plu    cachou  e  que  fl  de 

l'Acoadie  luy  a  assuré  «pu-  quantité  de  famille  .h  <-.mIi.  mu-   .- 1 ] l •  •  i •  - 
Jeen,  ne  voulant  point  faire  le  nouveau  lerment  <pi<'  le    An- 
quel  ils  voudraient  les  engager  à   prendre   le    arme    contn 
tous  étrangers  qui  entreroient  dam  l'Acadie. 

Ce  Commandant  nous  demande  de  luy  envi  ir  le  champ  d<  [uelques 

marchandises  pour  les  Missionnaires,   isni  quoy   les  habitao      eroient   dan 
mourir  do  faim,  Monsieur  Bigot    fait  en  conséquence  expédier  un  bâtiment   qu 
chargé,  il  i  l'honneur  d<-  vous  <'n  rendre  compte  en  détail, 

Nous  sommes  avec  le  plus  profond  re  pi  et     M  eur, 

Vos  t  rèa  humbles  et  t  rèa  obéi 

LAJONQUIÈRE, 
BIGOT. 


Le  Clr  dé  LaCorne  au  ministre. 

A    MeMEEAMKOUC,    le   31    mars    17* 

MONSEIGNEUR, — J'ay  rendu  compte  à  M.  Le  Mls  De  la  Jonquière  de  mou  arri\ 
ESjaidaïk  le  19  9bre  Dernier  où  je  me  suis  rendu  36  jours  après  mon  départ  de  C^uebee, 
contrarié  par  les  vents.  Aussitôt  mon  arrivée  j'ay  Eté  dans  Les  trois  rivierea  de 
Chipoudy,  Memeramkouc  et  Petitkouliac  où  j'ay  fait  prêter  serment  de  fidélité  aux 
habitans  ce  qu'ils  ont  faits  avec  grand  plaisir,  espérant  que  sa  Majesté  ne  Les  abandon- 
nera point,  ensuitte  j'ay  formé  trois  Compagnies,  dont  une  dans  chaque  rivière  et  leur 
ay  remis  Les  Commissions  dont  M.  Le  Mis  de  la  Jonquière  m'avoit  chargé.  Je  Luy  en 
ay  envoyer  Les  Roi  les. 

Nous  Sommes  sur  le  point  Monseigneur  d'avoir  difficultés  avec  Les  anglois  qui 
doivent  envoyer  icy  des  forces  considérables,  Suivant  Le  raport  qui  m'en  a  Eté  fait.  Je 
rassemble  toutes  mes  forces  en  françois  et  sauvages  pour  m'opposer  à  Leurs  Entreprises 
Suivant  Les  ordres  que  j'en  ay,  en  attendant  que  Les  Couronnes  ayent  décidé  des 
Limites. 

Un  détachement  anglois  arrivé  à  Copeguit  a  Enlevé  M.  Girard  curé  avec  quatre 
députés  de  La  ditte  paroisse  qu'il  a  conduit  à  Chibouctou.  L'officier  du  Détachement  a 
voulu  desarmer  Les  habitans  ce  qu'ils  ont  refusé  :  quelques  jours  après  deux  envoyez 
exprès  Sont  venus  me  demander  azile,  ce  que  je  Leur  ay  promis  supposé  qu'ils  pussent  se 
rendre  à  mon  poste  ce  qui  Leur  est  à  présent  bien  difficile. 

Les  Sauvages  de  ces  cantons  cy  harcellent  de  temps  en  temps  Les  anglois,  ce  qui 
paroit  Les  inquietter  Beaucoup  je  ne  Les  y  ay  pas  incité,  et  ils  avoient  commencé  avant 
mon  arrivée  je  n'y  entre  que  pour  Leur  donner  azile  comme  à  nos  alliez. 

J'ay  rendu  compte  à  M.  Le  Gouverneur  deLouisbourg  suivant  Les  ordres  de  M.  Le 
M ""  de  La  Jonquière  et  Luy  ay  demandé  200  hommes  de  troupe  de  renfort  ayant  trois 
postes  à  garder. 

Je  suis  avec  un  très  profond  respect  Monseigneur 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  Serviteur. 

Le  Ch"   De  LaCORNE. 


376  ARCHIVES  '   l  \  IDIENNE8 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

La  Jonguière  à  Comwallis. 

Québec,  le  2  avril  1750. 

MLoNSIEUB, — 1*1  lettre  que  vous  m'avez  fait  l'honneur  de  m'écrira  le  1er  décembre 
dernier  (a)  me  parvient  hier  soir  seulement,  je  ne  scay  à  quoy  attribuer  ce  retardement, 
le  courrier  qu'on  m'a  dépéché  aiant  fait  toute  la  diligence  possible. 

Vous  me  marquez  en  propres  termes,  qu'en  vérité,  il  est  difficile  qu'un  homme  tel 
qu«'  moi  ait  pu  approuver  la  lettre  de  M.  de  la  Galissonière. 

Je  vous  réponds  qu'il  est  également  difficile  de  concevoir  qu'un  homme  tel  que  vous 
ait  pu  penser  que  je  ne  sentirois  pas  le  poids  et  le  fondement  des  bonnes  raisons  dont 
cette  lettre  est  remplie.  Je  vois  bien  que  vous  voulez  en  ignorer  la  justice  et  vous 
croyez  qu'en  me  témoignant  votre  surprise,  \n,  serois  assez  facile  de  vous  en  croire,  en 
quoy  vous  vous  trompez. 

Vous  êtes  extrêmement  surpris,  me  dites- vous,  que  j'aie  envoyé  des  détachements  à 
Peteoudiac,  Memeramcouc  et  Chipoudy,  et  que  vous  pensez  que  j'aurois  eu  soin  de 
donner  mes  ordres  pour  que  les  troupes  n'arrivèrent  point  dans  ces  postes. 

En  vérité,  je  suis  moy-même  plus  que  surpris  de  vous  voir  penser  de  mé.ne,  et  je  ne 
puis  croire  que  vous  ayez  dit  sérieusement  que  je  ferois  retirer  mes  troupes.  Je  ne 
fais  rien  que  je  n'y  sois  fondé  de  droit,  et  ma  fidélité  pour  le  Roi,  mon  maitre,  devoit 
eoua  prévenir  que  quand  un  homme  tel  que  moy  entreprenoit  quelque  chose,  il  étoit  en 
état  dans  la  résolution  de  le  soutenir.   Faite  attention  que  le  Roy  de  France  est  le  premier 

-  ur  de  tout  ce  continent,  et  que  nous  avons  fait  les  premiers  établissements  dans 
cette  partie  de  la  Nouvelle-France  depuis  Kibioiki  jusqu'au  fond  de  la  baye  françoise, 
d'où  il  faut  conclure  que  la  rivière  St-Jean  et  les  poste3  que  je  fais  occuper,  qui  sont  en 
deçà  du  portage  de  la  baye  Verte  de  Beaubassin,  qui  est  l'endroit  de  le  péninsule  de 
l'Acadie,  nous  doit  appartenir  indubitablement,  attendu  que  le  Roy  de  France  n'a  cédé 
au  Roy  d'Angleterre  que  l'Acadie  par  le  traité  de  Paix  de  1713. 

Vous  nommez  mal  à  propos  ce  continent  la  Nouvelle-Ecosse,  J'en  suis  chargé  pal- 
mes lettres  patentes  (ainsi  que  tous  mes  prédécesseurs  l'ont  été),  comme  faisant  partie  de 
la  Nouvelle-France,  et  je  suis  par  là  autorisé  à  ne  pas  céder  un  pouce  de  terrain,  jusqu'à 
ce  que  le  Roy,  mon  maitre,  m'en  aye  ordonné  autrement. 

C'est  dans  ces  vues  que  je  vous  ai  fait  part  de  la  décision  des  deux  couronnes.  Par  ma 
lettre  du  25  octobre  dernier,  j'ai  rendu  compte  au  Roy,  mon  maitre,  de  ce  que  j'avois 
ordonné  aux  officiers  que  j'ai  envoyés  commander  dans  les  dits  postes,  de  ne  point  souf- 
frir que  qui  que  ce  soit  s'y  établit,  et  de  s'y  opposer  par  la  force  des  armes  après  avoir 
signifié  à  ceux  qui  voudroient  les  troubler  ce  que  je  viens  vous  marquer,  sans  néanmoins 
leur  avoir  ordonné  de  faire  aucune  fortification  jusqu'à  ce  que  les  commissaires  qui 
doivent  avoir  été  nommés  aient  réglé  les  véritables  limites  de  l'Acadie  à  la  Nouvelle 
France  ;  ces  limites  n'ont  jamais  été  réglées,  puisque  vous  convenez  vous-même  qu'on  a 
nommé  des  commissaires  pour  cet  effet,  et  sur  quoi  je  suis  fondé  à  envoyer  des  troupes 
pour  garder  les  dits  postes  jusqu'à  la  décision  des  deux  couronnes. 

J'espère  que  vous  ferez  vos  reflexions  sur  ce  que  je  vous  marque,  ne  doutant  pas  que 
vous  n'aiez  rendu  compte  au  Roi,  votre  maitre,  de  tout  ce  qui  se  passe,  et  comme  vous 
me  dites  qu'en  attendant  ses  ordres,  vous  ferez  ce  qui  est  de  votre  devoir,  je  vous  pré- 
viens que  je  ne  manquerai  pas  non  plus  de  faire  le  mien. 

Je  viens  d'apprendre  que  le  Sieur  Goram  avoit  arrêté  M.  l'abbé  Girard,  curé  de 
CoPequit,  j'ignore  les  raisons  pourquoy  on  la  fait  mais  comme  c'est  un  sujet  du  Roy,  mon 
maitre,  je  vous  prie  de  le  renvoyer  incessamment  dans  sa  patrie. 

LA  JONQUIÈRE. 

Le  ministre  à  la  Jonquière. 

Il  septembre  1750. 
J'ai  rendu  compte  au  Roy  de  votre  correspondance  avec    M.  Cornwallis  gouverneur 
de  l'Acadie  ;  ii  est  certain  que   la  dernière   lettre   que  ce  gouverneur  vous  a  écrite  le  5 

(a)  Cette  lettre  est  datée  d'Halifax,  le  1er  novembre  1749,   vieux    style,  ce  qui  correspond  aul2nov., 
selon  le  calendrier  réformé. 


01  M   ILOQIl    l'i       U    i/'//  S       il/'    DOi  i  ■  377 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

mai    1750  '    '   l'or!     imli  irnh  I   I  <>n  ti«-  «loi!   j 

.1.  approuver  de  la  oour  'I  Vnglot<  i  il  faut  oonvenir  au    i  que  >  i 

a  laquelle  la    ienne    ervail  «le  répon  <■  é\  lit  en  généra]  d'un     Lyl<*  un  |»<u  i r«»ji 
\ iinriii  .i  oellefi  qu'il  \ ou  u  qu'alor  ,  (6) 

I .(•  i e   inquiet   el    entrepi enan!    d<     M    ( 

doit  Paire  craindre  qu'il  ne  tente  ds  nouvelle    i  ntn  pri  e     pour  enlever  de 
de  la  rivière  Bain!  Jean  el  celui  de  Pecoudy.  (o) 

/    ,-/,- r,i/ 1,  )■</'■  In  Corné  au    ieur  d(   I 

M  I   Ml   I;  VM  S('j)tc|l»l>r«-    I  7 

Monsieur,    J'ai   reçu    votre   1< -t  1 1 . ■    qui    m'est    arri  aiouit     Bile   i 

envoyée    |'ar    Pe relie   qui    OOininundn  m    for!   Toulon  < .      .)< 

voua  envoyer  dee  Canadien    .  maie,  outre  <jue  plu  habitant 

obligé  d'en  envoyer  à  W  de   Bailleul   qui  en  demande.     V 

L'eunemi.     Lee  À.ngloia  on!  toujours  dessein  de  venir  toi,  m 

en  nombre      Snivan!  le  rapport  <l<^  9  n  1  «.ut  Déput     qui  arrivent 

de  Chibouotou  e!  <!<'  Port  Royal,  île  n'onl  pas  hui!   bâtimen 

<l ii i  les  empêche  de  nen  entreprendre      A  la  vérité,  ils  ont  'lit  qu'ils  avaien!  tr<>i^  mille 

hommes  j  mais  o'est,  je  crois,  pour  en  imposer  aux  Sauvage  .    M    Cornwallis  ajoute  qu'il 

i-.ait  six  oents  Sauvages  à  Beaubassin  avec   des  Françoi    pou 
mais  qu'il  saurait  les  réduire  ;  que  l'Ile  St.   Jean  n'ava  t  pour  un  moi    de  vivre     et   que 
moi-môme  j'en  manquerais  avant  trois  mois.     Par  tout  cela,  ou  voit   que  l'Anglais  don- 
nerait toute  chose  au  monde  pour  avoir  des  nouvelles  d'ici     L'important  pour  m 
de  nous  bien  garder  «'t  de  ne  pas  le  craindre. 

.J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur,  votre,  etc., 

LE  CHEVALIKK   DE  la  CORNE 

Le  Chevalier  de  la  Corne  au  Sieur  de  Lery. 

1 1    septembre   17 

Monsieur, — Il  nous  faut  préparer  à  recevoir  l'ennemi,  (a)  Suivant  le  rapport  de 
nos  courriers  qui  ont  vu  plus  de  quatorze  bâtiments  stationner  aux  Mines,  les  Anglais 
doivent  profiter  du  premier  bon  vent  pour  nous  arriver.  Ils  n'ont,  il  est  vrai,  que  six 
cents  hommes  de  Chibouctou,  mais  ils  se  proposent  de  prendre  deux  cents  Acadiens  et 
de  les  forcer  à  marcher  devant  eux.  Afin  de  faire  paraître  leur  flotte  plus  considérable, 
ils  vont  construire  à  Port  Royal  sept  ou  huit  esquifs.  Les  Sauvages  m'ont  prévenu  que 
le  Major  Lawrence  doit  m'envoyer  son  second  et  que,  sous  prétexte  de  parlementer,  il 
doit  me  faire  enlever,  ainsi  que  Mr  de  Ligneris.  Ces  Sauvages  veulent  le  saisir  et  le 
faire  hiverner,  disent-ils,  dans  leurs  cabanes,  tout  près  des  Hébert,  chez  lesquels  ils  ont 
l'intention  de  s'établir.  Les  choses  étant  ainsi  faites  réunir  toutes  les  familles  en  un 
lieu  sûr,  ainsi  que  leurs  bestiaux  ;  engagez  les  hommes  les  plus  déterminés  à  rester  et  à 
mettre  le  feu  à  leurs  maisons  et  à  leurs  granges,  de  manière  que  quand  l'ennemi  arrivera, 
il  ne  trouve  plus  que  des  ruines.  J'envoie  dire  aux  habitants  de  profiter  du  premier 
vent  favorable  pour  se  rendre  ici.  Il  en  viendra  beaucoup  de  Chipoudy.  Tous  les  gens 
du  Père  Germain  sont  résolus  à  se  bien  défendre.  Que  Mr  Le  Loutre  rassemble,  de 
son  côté,  le  plus  de  Sauvages  qu'il  pourra.  Envoyez  des  vivres  à  Oueskak,  farines, 
lards  et  bœufs  ;  mais  ne  faites  passer  que  la  charge  d'un  esquif.      Gardez  les  prisonniers 

(a)  Je  n'ai  pu  me  procurer  cette  lettre. 

(b)  Pouchot  dans  ses  mémoires,  écrit  :  "  M.  de  la  Jonquière,   homme  de  mer,  était  plus  franc,  mai-s  il 
'  se  piquait  aisément,  disait  des  injures  à  son  adversaire  et  en  vint  jusqu'à  des  défis " 

(c)  Chipoudy. 

(a)  La  flotte  anglaise  parut  dans  les  eaux  du  Beaubassin  le  13  septembre  1750.     Elle  était  composée  de 
17  voiles. 

Voir  à  ce  sujet  le  Journal  de  ce  qui  s'est  passé  à  Chicnitou  et  autres  parties  des  frontières  de  l  Acadie. 
depuis  le  15  septembre  1750  jusqu'au  28  juillet  1751,  par  La  Vallière,  capitaine,  page  388. 

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378  ARCHI1  E&  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

anglais,  comme  je  le  fais  ici.     L'ennemi  ne   manquera  pas  de  mouiller  à  Oueskak  ;  sur- 
veillez-le, et  s'il  veut  parler,  expliquez-vous  le  plus  brièvement  possible. 

Il  n'est  allé  à  la  rivière  St-Jean  que  pour  surprendre  Boishébert  et  s'emparer  de  sa 
personne.     Avec  ces  précautions,  tout  ira  bien.     J'ai  l'honneur  d'être,  monsieur,  etc. 

LE  CHEVALIER  DE  LA  CORNE. 

Bigot  au  ministre. 

< Québec,  20  aoust  1750. 
Monseigneur,  *  *  * 

M.  de  Bonnaventure  Commandant  à  L'Isle  St-Jean  m'écrit  du  22  Juillet  que  les 
Accadiens  se  ref  ugioient  dans  cette  Isle  avec  grande  précipitation,  qu'ils  y  amènent  même 
leurs  bestiaux,  il  y  a  cinq  ou  six  batimens  qui  ne  sont  occupés  qu'à  ces  transports, 
dont  ceux  que  j'avois  envoyé  ce  printemps  pour  porter  des  Vivres  à  Chedaik  sont  du 
nombre,  cet  officier  me  demande  du  secours  pour  faire  vivre  ce  monde  Et  il  m'observe 
qu'ils  sont  tous  nuds,  une  partie  ayant  été  obligée  de  s'échapper  les  armes  à  la  main. 

Aussitost  sa  Lettre  reçue  j'ai  fait  partir  deux  Batimens  chargés  d'environ  2,400 
quintaux  de  farine  et  Biscuit  et  de  couvertes  et  Etoffes  pour  distribuer  à  ce  peuple,  dont 
on  tirera  le  meilleur  parti  qu'on  pourra  pour  Le  payement  Et  je  Luy  marque  de  me  faire 
sçavoir  par  le  retour  de  ces  Batimens  Sa  situation,  pour  me  mettre  à  même  de  Luy 
envoyer  de  nouveaux  secours  dans  L'arrière  Saison,  suposé  qu'il  en  eût  besoin. 

Comme  Tous  ces  Accadiens  ne  se  retirent  Sur  nos  Terres  que  sur  Les  promesses 
que  nous  Leur  avons  fait  faire  de  Les  Soutenir  Les  premières  années,  nous  ne  pouvons 
nous  dispenser  de  tenir  nôtre  parole  et  Sa  Majesté  sera  bien  dédommagée  des  dépenses 
qu'ils  Luy  occasionneront  par  L'avantage  qu'elle  Trouvera  en  peuplant  cette  Isle  et  Les 
frontières  du  Canada  du  costé  de  L'acadie. 

J'ay  eu  attention  de  prévenir  M.  Prévost,  ordonnateur  à  Louisbourg  des  secours 
que  je  faisois  passer  à  la  dite  Isle,  afin  qu'il  n'y  eût  point  de  doubles  employs. 

Je  fais  tenir  pareillement  à  Chédaïk  tout  ce  qui  est  nécessaire,  tant  pour  la  Gar- 
nison que  M.  Le  Marquis  de  Lajonquiè~e  y  a  mis  des  Troupes  du  Canada  et  de  l'Isle 
Royale  qui  y  doivent  hiverner,  que  pour  les  Sauvages  que  nous  y  entretenons  et  pour 
Les  accadiens  qui  s'y  réfugient,  j'auray  L'honneur  de  vous  rendre   un  compte  exact  et 

détaillé  de  toutes  ces  dépenses  cet  automne. 

*  *  *  *  * 

Je  suis  avec  un  profond  respect,  Monseigneur,  votre  très  humble  et  très  obéissant 
serviteur, 

BIGOT. 

Bigot  au  ministre. 

Québec  le  25  7bre  1750. 

Monseigneur, — J'avois  eu  l'honneur  de  vous  informer  par  ma  Lettre  du  20  aoust 
dernier  qu'on  avoit  pris  à  Chédaïk  pour  le  transport  des  Accadiens  à  l'Isle  St-Jean  une 
partie  des  batimens  que  j'y  avois  Envoyé  chargés  de  Vivres.  Le  Batteau  Le  Loudon, 
capitaine  Jalain,  En  est  un  et  M.  de  LaCorne  qui  commande  dans  ce  poste  me  marque 
que  les  Anglois  s'En  sont  Emparé  vers  la  fin  d'aoust,  En  allant  de  la  Baye  Verte  au 
Port  Lajoye,  où  M.  LeLoutre  missionnaire  l'Envoyoit  porter  quatre  déserteurs  anglois 
et  quelques  femmes  Accadienes  avec  leurs  Enfants  et  de  là  il  devoit  revenir  icy  porter 
ses  Lettres  et  celles  de  M.  Bonaventure  Commandant  au  dit  Poste  ;  Que  le  dit  Jalain 
n'avoit  pas  eu  la  présence  d'Esprit  de  jetter  ses  papiers  ni  Lettres  à  la  mer  qui  consis- 
toient  en  la  facture  déchargée  des  vivres  et  munitions  remis  de  ma  part  à  ce  mission- 
naire et  En  plusieurs  Lettres  qu'il  Ecrivoit  icy  et  Entre  autres  une  à  moy  par  laquelle 
il  m'Exposoit  son  Estât.     M.  de  la  Corne  n'a  point  heureusement  Ecrit. 

L'Anglois  a  pris  ces  papiers  et  je  suis  persuadé  qu'ils  seront  Envoyés  à  la 
Cour  d'Angleterre. 

J'ay  l'honneur  de  vous  adresser  Cy-joint  Copie  de  cette  facture,  afin  de  pouvoir  la 
confronter  avec  celle  qu'on  pourroit  présenter.     J'avois  eu  la  précaution  de  mettre  en 


01  w   ILOQIl    DJ        \c  i/>//.  \.      1  i  i  <    doOI  Ml  \  i  3'/9 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Titre  qu' Elle  Es  toit   pour  les  preeeo    di  !  i   que  <l<-  tout 

temps  i .«    l>'<>v   leur   En  fait  Annuellement   el    il     ne  peuvent 

ignorant  le  montant  des  pi  ordinaire     El   8a  M.  d'ailleui  o  de 


MON     gniCe.M 

reooi 


Je  ne  scey  à  quoy   pensoit  oe  mi    p. nu  m'-  de  m'Eorire   par  mer,     J< 
loommandé  de  n'En  rien  Paire  el    de  profitoi   <!••    ••uini.i     r j u j     on!    fréquei  I 

même  fait  aoooi >der  pour  cet  BSflel  on  chemin  depuii  Le  Lai  i  de  reini  qouate  |u  q 

la  Rivière  du  Loup,  de  aorte  qu'on  vienl  ic)  de  Chedaïk  dan    dii  {oui    el  En  buil 
la  Rivière  St  Jean. 

Comme  nous  avons  Enoor  un  Bâtiment  ohargë  de  V*i  Caire  partir  pour  Che- 

d.uk,   !\i.  de  La  Jonquière  s  ordonne*  à  ia  frégatte  «lu  Itoj    La  Diane  de  I  1   E 
Elle  part  au  premier  jour  el  Elle  ira  de  la  à  Loiii  bourg. 

Nous  avons  armé  en  guerre  un   Brigantin  <le   130  Tonnea        Commandé  pai    M 
Vergor,  Capitaine,  ou  il  y  a  •'!')  Soldais  pour  Escorter  une  goélette  ol  le  Vivn    \ 

la  Rivière  St-Jean,  sur  le  Compte  que  nous  s  rendu  M   de  Boi  bebert  qui  r  Commande, 
qu'il  En  manqueroil  oel  hyver  malgré  l'Envoyqueje  luy  En  avoî    fail   le  printempi  par 
un  Brigantin  de  120  Tonneaux.     Il  nous  marque  aussi  que  de    Batimens  Angloî 
en  guerre  bloquoient  L'Entrée  de  La  Rivière,  qu'il  v  En  avoit  môme  eu  un  qui  l  enu 

Enlever  dans  le  port.  le  dit  Brigantin,  mais  qu'il  l  avoit  joint  el   que  comme  il  montoil  à 
Bord  d'un  ooaté,  les  Anglois  descendoient  de  l'autre  \  qu'il  avoil  même  le  ordres  du  Capi 
baine  anglois  qui  avoil   fail   cette  opération,  à  qui   il   n'avoil  pas  voulu  Lee  rendre,  par 
Lesquels  il  luy  Est  Enjoint  de  prendre  ou  de  couler  bas  tous  batimens  François  qui  ion 
droient  Entrer  dans  cette  Rivière.     M'  de  La  Jonquière  vous  rendi  doute  corni 

de  oe  qui  B'est  passé  à  ce  sujet. 

'Tous  ces  Envoys  de  Vivres  et  armement  de  batimens  Coûtent  des  sommes  immenses 
et  il  n'y  a  jamais  eu  autant  de  dépenses  faite  pendant  la  guerre  qu'il  y  en  aura  cette 
année,  suivant  ce  que  je  peux  prévoir. 

Je  ne  peux  avoir  l'honneur  de  Vous  rendre  aucun  compte  pour  le  présent,  j'ay  e 
malade  fort  Longtemps  et  je  peux  à  peine  travailler,    Mais  j'Espère  y  satisfaire  par  les 
derniers  Navires. 

Je  suis  avec  un  profond  respect,  Monseigneur,  etc. 

De  la  Jonquière  et  Bigot  au  ministre. 

A  Québec,  le  5  8bre  1750. 

Monseigneur, — Nous  avons  l'honneur  de  répondre  à  votre  Lettre  du  23  may  dernier 

Nous  voyons  que  Sa  Majesté  souhaitte  que  l'Isle  St-Jean  et  l'Isle  Royale  se  peuplent 
autant  qu'il  sera  possible  d'accadiens,  il  seroit  de  la  dernière  conséquence  de  pouvoir 
réussir  et  ce  qu'on  put  défricher  promptement  les  terres  de  la  première  Tsle  afin  que  par 
la  suitte  Elle  fut  en  état  de  procurer  des  vivres  à  L'Isle  Royale. 

Nous  avons  fait  Jusqu'à  présent  tout  ce  qui  a  dépendu  de  nous  pour  insinuer  à  ces 
habitans  de  se  retirer  sur  nos  terres  :  il  y  en  a  passé  6  ou  700  sur  l'Isle  St-Jean  à  ce  que 
nous  mande  M.  Bonnaventure,  Et  il  y  en  passe  tous  les  jours,  mais  pas  avec  autant  de 
vivacité  que  s'il  n'y  avoit  pas  eu  de  batimens  Anglois  pour  les  en  empescher. 

Nous  y  avons  envoyé  des  farines  suffiament  pour  les  faire  subsister,  des  pioches,  des 
haches,  clous,  socs  de  charrue  et  quelques  effets  pour  les  vêtir,  la  plus  grande  partie  étoit 
nus,  s'étant  échapés  comme  ils  avoient  pu  à  L'ouverture  de  la  navigation  L'année  pro- 
chaine, nous  y  renverrons  d'autre  farine  et  légumes  pour  leur  subsi^tence. 

M.  Bigot  n'ayant  point  trouvé  cet  automne  de  batimens  pour  leur  faire  tenir  des 
pois  faute  de  pratique,  il  les  a  fait  passer  à  Louisboug  pour  qu'ils  leur  fussent  envoyés 
nous  Souhaitons  fort  qu'ils  les  reçoivent  sans  quoy  ils  ser oient  réduits  au  pain  sec,  hormis 
qu'on  ne  leur  envoyé  de  l'Isle  Royale  des  Salaisons. 

M.  Duvivier  est  en  effet  fort  aimé  des  Acadiens  et  ils  seront  charmés  de  l'avoir  pour 
Commandant  et  M.  Bigot  qui  connoit  la  parenté  qu'il  a  à  L'Acadie  et  qui  est  fort  étendue 
pense  qu'il  a  assez  de  pouvoir  sur  son  Esprit  pour  les  faire  passer  tous  dans  son  Comman- 
dement. 

18— 56J 


380  M;<  lll\  ES  CANADIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


La  gratification  de  400  livresque  vous  avez  eu  la  bonté  de  procurer  au  Sieur  Gautier 
fera  aussi  un  bon  effel . 

Le  accadiena  qui  se  sont  retires  dans  cette  Ule,  y  ont  passés  trop  dénués  de  tout 
pour  avoir  pensé  à  faire  la  pesehe  la  môme  année  et  encore  moins  avec  nos  batimens  qui 
n'estoienl  occupés  qu'à  aller  et  venir. 

Le  parti  Monseigneur,  que  voua  ave/  pris  d'y  interdire  la  pesehe  est  le  meilleur 
pour  faire  réussir  la  culture  des  terres,  tout  habitant  qui  devient  pescheur  ne  peut  se 
déterminer  d'y  travailler.      La  culture  ne  rend   pas  des   produits  si  apparents,  mais  ils 

sont  plus  Solides. 

M.  Bigot  qui  connoit  Le  terrein  de  cette  Tsle  compte  qu'elle  sera  un  jour  bien  utile 
a  L  Islc  I loyale,  la  terre  y  étant  bonne,  il  ne  s'agit  que  d'y  attirer  des  habitans  et  de  les 
avder,  nous  y  contribuerons  en  tout  ce  qui  dépendra  de  nous  et  nous  ne  perdrons  pas  de 
vue  cet  objet  qui  est  de  grande  Conséquence. 

Nous  avons  l'honneur  d'estre,  (te. 

M.  Biyot  au  ministre 

A  Québec,  Le  18  8bre  1750. 

Monseigneur, — J'ay  vu,  par  la  Lettre  que  vous  m'avés  fait  l'honneur  de  m'Ecrire 
le  Sept  juin,  que  le  Roy  est  dans  la  disposition  de  favoriser  autant  qu'il  sera  possible  les 
Cultures  des  terres  dans  l'Isle  Royale  Et  St-Jean  et  d'y  recevoir  tous  les  accadiens  qui 
voudront  S'y  retirer,  en  leur  procurant  les  secours  qui  leur  seront  nécessaires. 

J'avois  prevû,  Monseigneur,  son  intention  à  ce  sujet  dés  l'année  dernière  pendant 
mon  séjour  à  Loiiisbourg  ;  Lorsque  j'y  arrivay  j'apris  que  les  Sauvages  de  L'accadie 
avoient  Esté  recevoir  des  présents  à  Chibouctou  et  qu'ils  Estoient  amis  des  Anglois  ;  Nous 
convinmes  Mr  LeLoutre  et  moy  qu'il  faloit,  à  quelque  prix  que  ce  fut,  rompre  cette 
alliance,  Et  je  pris  sur  moy  de  luy  promettre  armes,  munitions,  vivres  Et  Etoffes  de 
Québec  ;  j'avois  même  Eu  la  précaution  d'Emporter  avec  moy  Environ  200  aunes  [sic], 
dans  l'Idée  ou  j'Estois  que  les  Anglois  auroient  débauché  nos  Sauvages  et  qu'il  faudroit 
les  faire  revenir  à  Nous  et  je  le  luy  donnay. 

Je  priai  aussi  ce  Missionnaire  de  promettre  aux  Accadiens  leur  nourriture  pour 
trois  ans,  s'ils  vouloient  se  retirer  sur  nos  terres  et  que  je  ne  les  Laisserois  pas  manquer. 

Il  s'acquitta  au  mieux  de  tout  ce  qu'il  s'Estoit  proprisé  de  faire  et  à  mon  retour 
icy,  je  luy  Envoyay  des  Secours  L'automne.  Les  Sauvages  Estant  en  guerre  avec  l'An- 
glois  ont  aussi  contribué  à  la  transplantation  des  accadiens  sur  les  terres  françoises,  Ils 
En  ont  même  forcé  à  rompre  toute  Liaison  avec  luy. 

Il  est  sûr  sans  que  ce  missiounaire  qui  a  fait  croire  aux  accadiens  ce  qu'il  a  voulu 
et  qui  leur  a  promis  beaucoup,  ils  seroient  très  tranquiles  et  que  les  Anglois  seroient  de 
même  à  Chibouctou  Et  très  amis  des  Sauvages,  qui  se  seroient  adonnés  à  Eux  si  nous  les 
Eussions  abandonnés. 

Je  continùeray  de  mon  costé  à  contribuer  en  tout  ce  qui  dépendra  de  moy  à  leur 
sortie  de  L'accadie. 

Je  suis  bien  sensible  à  la  grâce  que  vous  avés  faite  à  M.  du  Chambon  Vergor  de 
luy  procurer  une  Compagnie  à  L'isle  Royale,  mais  vous  me  faites  l'honneur  de  me 
marquer  qu'il  ne  peut  avoir  son  changement  pour  le  Can-da,  qu'autant  qu'il  s'y  presen- 
teroit  un  Capitaine  qui  voudroit  passer  à  Loiiisbourg.  Comme  je  vois  cependant,  Mon- 
seigneur, que  vôtre  intention  seroit  de  mélanger  les  officiers  des  troupes  de  françois  et  de 
Canadiens,  du  moins  M.  de  la  Galissonière  me  dit  à  son  départ  qu'il  vous  le  proposeroit. 
vous  pourries,  Monseigneur,  accorder  à  M.  Vergor  une  Compagnie  icy  de  celles  qui 
vaquent,  je  ne  le  verray  jamais  servir  dans  cette  colonie  que  par  cette  voye,  car  il  ne 
se  présentera  point  d'officier  de  Canada  pour  passer  à  Loiiisbourg  dans  le  même  grade  ; 
ce  seroit  une  satisfaction  pour  moy  bien  grande,  ayant  vécu  avec  Luy  depuis  que  je  sers 
dans  les  Colonies  et  je  vous  suplie  Monseigneur  de  vouloir  bien  me  Tac  order.  Cet 
officier  est  à  la  mer,  sans  quoy  il  auroit  l'honneur  de  vous  demander  cette  grâce. 

M.  de  Lery  m'a  remis  cette  année  les  Toisés  que  je  luy  ai  demandé. 
J'ay  l'honneur  d'Estre  avec  un  profond  respect 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

BIGOT. 


Ql  \  I   1/  OOIE  01        U    \i>i  i  \       il/'     in, il  \i  i  \  i 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

,,,.;.■■'         i  , 

Monseigneur,     Je  répond    à  la  Lettre  que  vou  h    l'honneur  de  m'i 

I.-  |i  '  .1  mu  dei  niei 

M .  «le  Bonns \  ent  ure  C< >mm  mdant  à  ITmIi         i 
retour  du  Bâtiment  qui  lujavoil  apporté  L/ann<  s  demi  i .  tri 

de   farine  et  du  bled  pour  Semence,  qu'il     mourroienl   de   I  d<    \j 

aussi  tost  sa  Lettre  reçue  de    vivres,  ce  que  je  fi     u r  le  champ,     I  ! 
averti  par  Luy  qu  il     j  refugioil  quantité  de  famille 

tendoH  point  et  qu'il  Leur  falloit  des   rivri  lié  de    Batinx 

qui  leur  en  onl  porté,  avec  des  Btofes  pour  habillemen  ,   Tanl    pour  Ica  h 
pour  !'";  acadien    qui  se  refugioient  boul  sud  ,  i  ce  qi  lommandanl  me  mandi 

qui  gèle roient  cet  byver  si    |«-   n'y   pourvoi       J  turay  l'honneur  de 
les  derniers  Navires  un  Estai  aprécié  de  ces  ESnvoys  qui  doivent   | 
de  l'Isle  Royale,  mais  je  ne  croi    pa  ■  pouvoir  vous  en  Envoyei   i.      déchai 
recevras  cette   année   que  celles  des  dépen  es  faite    pour  cet!  il  '   ' 

Royale  en  1 7  11». 

.le  n'ai  fait  aucun  de  ces  Sortes  d'Envoys  que  je  u  iy  ordonné  au  garde  maga  m  'lu 
port  La  Joye  d'En  Enregistrer  exactement  la  Livraison,  pour  e  tn  i  en  E  I   f 
le  payement  des  habitans  de  L'Isle,  aussitost  qu'il  Seroit    possible,   Je   l'ay   néantmoii 
prévenu  que   Les  aoadiens  dévoient    recevoir  La    Ration  gratis  au  moins  cTeu 
sestant  retirés  que  bous  ces  conditions,  ils  ne  pouroient  pas  subsister  autrem 

Quant  aux  Envoya  faits  à  I ^l  Rivière  Si  Jean  et  à  Chedaïk,  comme  i1   do 
suportés  par  La  Colonie,  Je  ne  vous  en  En  verray  point  de  décharges,  ni  pour  cette  ann 
ni  pour  1749,  mais  seulement  dos  tëtats  apréciés  qui  vous  feront  connoître   Le  montant 
de  ces  dépenses  qui  Sont  Enormes  et  que  je  ne  fais  que  par  i  té  pour  ne  pas  !- 

prendre  ces  Terrains  aux  Anglois. 

Le  Roy  y  nourit  et  Entretient  pour  ainsy  dire  tous  les  Sauvages  de  ces  cantons 
qui  gardent  ces  postes  et  si  Les  Anglois  ne  fussent  pas  Informés  qu'ils  y  sont,  ils  auraient 
tenté  d'en  chasser  Les  françpis  et  ils  y  auraient  réussi  n'y  étant  qu'en  très  petit  nombre. 

M.  de  La  Corne  a  d'ailleurs  gardé  des  Batimens  pour  Transporter  les  acadien 
qui  coûtera  Et  celuy  que  j'avois  envoyé  à  M.  Boishebert  à  la  Rivière  St-Jean  ce  prin- 
temps chargés  de  vivres  y  a  été  pareillement  retenu  par  cet  officier  pour  y  Transporter 
des  familles  de  Beaubassin,  mais  La  veille  qu'il  devoit  sortir  pour  les  aller  chercher,  un 
Vaisseau  de  60  Canons  parût  devant  cette  Rivière  avec  un  Batteau  armé,  ce  dernier  y 
entra  et  Le  Capitaine  présenta  à  M.  Boishebert  ses  ordres  qui  portoient  de  couler  1 
les  Batimens  françpis  qui  y  entreraient  et  de  prendre  ceux  qui  en  sortiraient.  Ce  der- 
nier officier  renvoya  L'anglois  avec  promesse  de  Luy  faire  tenir  Lorsqu'il  seroit  au  Large 
Ses  ordres  qu'il  avoit  gardé  ;  Lorsqu'il  fut  rendu  à  son  Bord,  il  Luy  cria  que  S'il  ne  les 
Lui  renvoyoit  pas  sur  Le  champ,  il  alloit  amariner  Le  bâtiment  françois  qui  étoit  dans 
La  Rivière  et  qui  étoit  celuy  que  je  Luy  avois  Expédié  ce  printemps.  Il  le  fit  En  effet  ; 
M.  Boishebert  en  ayant  été  averti  fut  Le  reprendre  et  comme  il  entrait  d'un  coté  à 
Bord,  Les  anglois  Sortoient  de  L'autre,  mais  Néantmoins  L'anglois  garda  à  son  Bord  six 
matelots  françois  qu'il  avoit  fait  passer  en  amarinant  notre  Brigantin,  J'ignore  jusqu'à 
présent  ce  qu'il  en  a  fait,  il  ne  Les  avoit  pas  rendu  au  départ  du  Courier  que  M.  Boishe- 
bert nous  a  depesché  Le  15  aoust  dernier. 

Les  ordres  que  cet  officier  anglois  avoit  de  prendre  nos  batimens  nous  ont  déter- 
miné à  armer  un  Brigantin  de  130  à  140  Tonneaux  de  10  Canons,  et  70  hommes  d'Equi- 
page dont  32  soldats,  pour  convoyer  une  goélette  chargée  de  vivres  que  M  Boishebert 
Et  Le  P.  Germain  nous  ont  demandé  par  Le  même  Courier  pour  passer  L'hy  ver  ; 
C'est  Encore  une  augmentation  de  dépense  bien  considérable  et  qui  est  cependant  Indis- 
pensable, Je  suis  persuadé  que  cette  Colonie  coûtera  plus  au  Roy,  jusqu'à  ce  que  Le 
règlement  des  Limites  soit  arresté,  que  Les  acadiens  soient  Etablis  sur  nos  Terres  et 
que  les  Sauvages  des  pays  d'enhaut  soient  revenus  à  Leur  devoir,  qu'elle  n'a  fait  pendant 
La  guerre.  Les  dépenses  sont  immenses  et  hormis  d'abandonner  Tout  aux  Anglois,  Je 
ne  prévois  pas  que  cela  puisse  estre  autrement. 


382  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Ayant  vu  que  Les  Envoys  qui  sont  faits  à  Chedaik  et  à  la  Rivière  St-Jean  estoient 
considérables,  .J'ay  envoyé  ce  printemps  dans  ces  denz  postes  un  garde  magasin,  à  qui 
j'ai  donné  «les  Instructions  qui  portent  de  ne  rien  délivrer  sans  un  ordre  par  Ecrit  du 
Commandant,  mais  qu'ils  pourraient  vendre  toutes  fois  avec  sa  permission,  Et  J'ay 
réglé  le  prix  de  chaque  nature  d'Effets.  J'ay  recommandé  à  ces  Mr"  beaucoup  d'écono- 
mie, elle  est  bien  difficile  avec  des  Sauvages  qui  sont  Insatiables  ;  il  faut  en  outre  nou- 
rir  et  habiller  Leurs  familles,  parce  qu'on  les  empesche  d'aller  en  chasse. 

On  me  demandoit  dans  ces  deux  postes  avec  Instance  des  Lards,  J'y  ay  fait  passer 
ceux  que  vous  avez  eu  La  bonté  d'envoyer  par  Le  Tourneur  pour  Les  Troupes,  ils  sont 
venus  fort  à  propos,  n'y  en  ayant  point  dans  La  Colonie,  ceux  destinés  pour  Les  postes 
d'en  haut  doivent  y  avoir  déjà  été  envoyés.  Les  Troupes  en  garnison  dans  Les  trois 
villes  mangeront  du  bœuf  frais  jusqu'au  printemps  et  pour  Lors  Le  fournisseur  ne 
manquera  pas  de  Salaison. 

J'ay  fait  refaire  le  chemin  qui  va  de  La  Rivière  du  Loup  au  Lac  Témiskouata, 
d'où  L'en  descend  au  poste  de  M.  Boishebert  ;  J'Etablis  L'année  dernière  deux  gardiens 
avec  un  petit  magasin  de  vivres  où  Les  Couriers  qui  nous  viennent  de  Chedaik  et  de 
la  Rivière  St  Jean  en  prennent  Lorsqu'ils  vont  et  viennent  ;  nous  avons  des  nouvelles 
sous  8  jours  de  ce  dernier  poste,  et  en  10  ou  12  du  premier. 

Ce  chemin  avoit  été  fait  du  temps  de  la  guerre,  mais  les  bois  qui  avoient  repoussés 
et  quelques  fossés  comblés  commençoient  à  le  rendre  impraticable,  cette  réparation  a 
coûté  6,  ou  700  livres. 

♦    J'ay  l'honneur  d'estre  avec  un  profond  respect  Monseigneur 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur, 

BIGOT. 

Bigot  au  ministre. 

Québec  1er  9bre  1750. 

Monseigneur, — Comme  je  ne  veux  point  Vous  Laisser  ignorer  Les  dépenses  que  Les 
Postes  de  La  Rivière  St-Jean  et  de  Chedaïque  ont  occasionnés  la  présente  année,  j'ay 
L'honneur  de  Vous  adresser  un  Etat  aprécié  des  Vivres,  munitions  et  Effets  qui  y  ont  été 
envoyés  Tant  pour  La  garnison  qui  est  considérable  que  pour  Les  habitans  et  les  sauva- 
ges, ils  sont  pourvus  jusqu'à  L'Eté  prochain,  Vous  verrez,  Monseigneur,  que  cet  Etat 
monte  en  munitions  et  Vivres  à  297,389  livres  19  sols. 

Je  compte  que  Le  Roy  y  a  nouri  près  de  2,000  personnes  tant  en  troupes  que 
familles  acadiennes  et  familles  sauvages  qui  ne  font  rien  d'abord  que  Le  chef  est  employé, 
il  a  fallu  d'ailleurs  munir  ces  sauvages  de  leur  nécessaire  ayant  été  continuellement 
en  guerre. 

Comme  cette  dépense  est  passée  dans  la  Colonie,  elle  a  fait  un  objet  assez  considé- 
rable pour  que  les  Dépenses  générales  paraissent  estre  plus  fortes  mais  je  compte  que 
cette  partie  diminuera  des  trois  quarts  L'année  prochaine,  attendu  que  ces  postes  seront 
établis  et  les  magasins  bâtis  et  que  L'ordre  y  sera  mieux  observé  et  qu'y  tenant  un  plus 
grand  nombre  de  troupes,  celuy  des  Sauvages  diminuera  et  par  conséquent  Leurs  familles 
qui  mangent  et  consomment  continuellement  quand  elles  Sont  à  la  charge  du  Roy. 

J'ay  l'honneur  d'estre,  &c. 

Cornwallis  aux  lords  du  Commerce. 

Halifax,  30  avril  1750. 

Milords, — Conformément  à  l'avis  du  Conseil,  je  vous  envoie  cette  lettre  aujourd'hui 
par  un  estafette.  C'est  avec  un  grand  regret  que  j'abandonne  le  sloop  bien  armé  et  bien 
monté  qui  devait  faire  voile  aujourd'hui  même  pour  la  baie  Verte. 

Vos  Seigneuries  se  convainqueront  de  l'urgence  d'envoyer  un  estafette  en  apprenant 
que  La  Corne  et  le  Loutre  sont  à  la  tête  de  2,500  hommes  à  Chignectou,  que  le  major 
Lawrence  s'est  vu  dans  l'obligation  de  rembarquer  avec  son  détachement  le  jour  même 
de  son  arrivée  à  cet  endroit  et  que  tous  les   habitants  de   la   rivière-aux-Canards,  des 


01  \  i   1/  OGJB  DJ       i'   \i>n  SB    11/'    DOOl  »//.  \  \  ''K\ 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Minet,  «l<>  Pisiquid  <-t  de  Oobequid  que  [/* Corne*  I  le  Loutre  ont  •'-(*« ni  pu  lu  j»n-H 

peotive  d'un  ddi  isaore  général,  ir  le  point  de  quitta  r  la  provina 

retenir  plus  longtemps  le  sloop  qui  d«»ii    imn  j  .< .  1 1 .  i   . .  -,  .|.j,..in  m<  u  <!•• 

demandera  Vos  Seigneurie   de  prendre  connai    unr»-  dr  mu  li-t.tn 

le  duc  de    !'.<•<  1 1'«  >n  I,   H    du   0  ■  in|-l  ••   i  «  inlu   que   lui  B    I  I  I     '  i  I  □    D  "   de 

oette  province,  et  dans  lequel  te  trouve  au    i  mon  opinion  p<  i  onnelle. 

.l 'espère  que  V os  Seigneuries  donneronl  tion  leui  tion  imméd 

Si  nous  reoevons  un  nombre  Butfisanl  de  troupes  je  me  fai    fort  de  mettre  bientôt  Is  j  po 
vince  dans  un  état  aussi   prospère  qu'elle  ne   l  en  dépit  de  la  détermination  que 

prendront  les  habitant  ;  françai    de    6  retirer  ou  de  re  fcer     m  u      n     un  renfort  efl 
nous  ne  poui  oni  rien  faire. 

(  'munie  <•(  qui  oe  passe  actuellement  ooncerne  également  tout* 
le  vais  envoyer  un  compte  rendu  des  manetuvre  de    Françai    i  le  la  baie 

du  SuTassachusetts  et  du  Ne*  BEampshire.  Je  prie  Vo   Seigneuries  de  leur  faire  pai 
l'on  lie  de  bous  assister  et  de  faire  cause  commune  aveonou   dan    i  tuation  actuelle. 

Sans  vos  instructions  à  oet  effet,  nous  ne  pourron    rien  obtenir  de  leur  i 

Je  sui  i  <fec 

(8igné)     EDWARD  CORNWALL1 
Aux  lords  «lu  <  bmmerce. 


Joint  à  lu  lettré  de  Cornwallis  aux  lords  du  Commero*  du  10  juillet  1760, 

Nonvelle-Eoosse     Kkcit  DE   LA    KfABOHM    DU    DÉTACHEMENT   COMMANDE    PAB    LB  MAJOB  LAW 
1760.  BENCE,  A. PRES  son  BNTRÉB  dans  LB  BASSIN  DB  CHIGNBCTOU. 

Vendredi^  ~0  avril  1750 — Sur  la  nuit  tombante  par   un   temps  clair  et  beau,   nous 
jetâmes  L'ancre  immédiatement  après  avoir  franchi  l'entrée  du  bassin  de  Chigneotou.   La 

marée  montante  ayant  cessé  dès  que  nous  fûmes  mouillés,  je  délibérai  avec  le  capitaine 
Rous  quant  aux  moyens  de  nous  renseigner  sur  l'endroit  où  nous  devions  aller,  la  force  de 
l'ennemi  et  les  dispositions  des  habitants.  Nous  n'avions  pu  obtenir  aux  Mines  aucun 
renseignement  à  ce  sujet,  excepté  les  paroles  de  Charles  Leblanc  que  nous  avions  forcé 
de  monter  à  bord  avec  un  autre  habitant  de  cet  endroit,  paroles  qu'il  proféra,  dans  son 
mécontentement  et  sa  colère  de  se  voir  entraîné  malgré  lui,  et  qui  n'étaient  pas  de 
nature  à  nous  encourager,  En  vue  cFobtenir  des  informations  plus  précises,  nous  déci- 
dâmes d'envoyer  trois  bateaux  bien  montés  et  bien  armés  à  un  village  situé  du  côté  sud 
du  bassin,  croyant  qu'il  y  avait  moins  de  danger  de  rencontrer  de  l'opposition  à  cet 
endroit.  Le[s]  capitainefs]  Clapham  [et]  Cobb,  avec  un  pilote  français  et  30  des  meil- 
leurs hommes  de  Goreham  et  de  Cobb,  reçurent  Tordre  de  s'embarquer  dans  les  bateaux, 
de  se  diriger  en  toute  diligence  vers  le  village  désigné  et  d'en  ramener  3  ou  4  habitante, 
s'il  était  possible.  Le  détachement  partit  vers  la  onzième  heure,  mais  un  changement 
s'était  produit  dans  l'atmosphère  depuis  le  moment  de  notre  mouillage  et  les  bateaux 
rencontrèrent  un  si  çros  temps  que  l'un  d'eux  fut  presque  rempli  ;  les  deux  autres 
furent  bien  près  de  se  perdre,  aussi  et  tous  revinrent  sans  avoir  atteint  le  village.  Le 
samedi,  21,  nous  levâmes  l'ancre  à  la  marée  du  matin  et  nous  nous  avançâmes  de  trois 
lieues  dans  le  bassin,  mais  nous  fûmes  obligés  de  mouiller  encore  une  fois,  car  le  temps 
était  horriblement  pluvieux  et  mauvais.  Dans  l'après-midi,  j'ai  envoyé  le  capitaine 
Bartelo  en  reconnaissance  sur  le  vaisseau  de  Cobb  ;  j'ai  fait  embarquer  avec  lui  Landry 
le  délégué  des  Mines,  auquel  j'ai  confié  une  lettre  conciliante  que  je  l'ai  chargé  d'aller 
délivrer  aux  délégués  sur  le  rivage.  Je  lui  appris  avant  son  départ  que  pour  m'assurer 
de  sa  bonne  foi  j'avais  donné  instruction  au  capitaine  Hanfield  de  garder  sa  femme  et 
ses  enfants  comme  otages  ;  que  cette  lettre  renfermait  ma  volonté  et  mes  intentions  à 
l'égard  des  habitants  ;  que  j'espérais  qu'après  l'avoir  reçue,  les  délégués  conformément  à 
leur  devoir,  se  rendraient  à  bord  du  vaisseau  de  Sa  Majesté,  YAlhany,  pour  y  recevoir 
mes  instructions  et  que  lui-même  devait  revenir  à  bord  immédiatement  après  avoir 
remis  cette  lettre,  s'il  était  possible.  Yers  les  onze  heures  du  soir,  Cobb  revint  avec  son 
vaisseau  après  avoir  transporté  Landry   à   terre  sur  un  canot  dont  il  s'était  muni  pour 


384  M:<  lll\  ES  CAS ADIEUX  \ 

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cela.      Cobb  ne  Le  revit   pas  ensuite  et   m'informa  que  les  maisons  que  nous  avions  remar- 

quéefl  dans  la  partie  basse  de  la  ville  brûlaient  depuis  onze  heure-  do  matin  et  qu'elles 
avaient  été  toutes  réduites  en  cendres,  à  L'exception  de  quelques-unes  situées  dans  un 
certain  endroit    que  le  capitaine  Bartelo  croit    avoir  irgnées  par  l'ennemi  dans  le 

y  installer  et  de  b'j  défendre.     Oes  renseignements  me  firent  croire  que  les 
habitants  étaient  mécontents  et  que  s'ils  ne  se  sentaient  ps  forts  pour  s'opposer  à 

notre  débarquement^  ils  étaient  détermina  retirer  dans  les  bois  et  à  faire  tout  le 

mal  possible  pendant  L'absence  de  Cobb.  Olapham,  Goreham  et  le  détachement  qui 
avaient  déjà  tenté  d'atteindre  le  village  devaient  partir  une  seconde  foi-  en  reconnais- 
sance, mais  le  temps    au  lieu  d<-  s'améliorer    était  devenu    plus  mauvais   et   le  projet    fut 

jugé  impraticable  ;  d'autre  part  Le  délégué  Landry  étant  détenu,  il  eut  été  impossible  de 

rencontrer  les  délègues  de  l'endroit  et  d'obtenir  aucun  renseignement  concernant 
l'ennemi.  Après  avoir  renoncé  à  cette  tentative  il  fut  décidé  de  mettre  tous  les  vais- 
seaux (excepté  YAlbauy  qui  ne  pouvait  sans  danger  avancer  davantage)  sous  voile  a  la 
marée  du  matin,  de  s'approcher  de  la  place  autant  que  possible  et  de  débarquer  les 
troupe  s. 

Par  conséquent,  le  dimanche,    22,    le  temps  étant  beaucoup  plus  favorable,  nous 
levâmes  l'ancre  avec  l'intention  de   débarquer   les   troupes  du   côté  des  marais  situés  au 
nord  du  village,  afin  d'éviter  les  ennuis  que   nous  aurions  eu  à  subir  en  débarquant  le 
soir    précédent.     Ces    digues    sont    situées   sur  le   côté  opposé    de    la  rivière  et  s'éten- 
dent vers  la  baie  Verte.   Nous  atteignîmes   l'endroit   désigné   avec  de  grandes  difficultés 
au  moment  de  la  marée  haute  et   en  moins  d'une   heure  et  demie  les  dernières  troupes 
étaient  rendues  sur  le  rivage  sans  avoir  rencontré   la  moindre  opposition.     Au  moment 
où  les  troupes  prenaient  leur  position,  la  pluie  commença  de  nouveau  à  tomber.     Nous 
aperçûmes  en  même  temps  deux  paysans  qui  agitèrent   plusieurs  fois  un  grand  drapeau 
blanc  qu'ils  plantèrent  ensuite  sur  une  digue   élevée  à  une  distance  d'environ  un  quart 
de  mille  de  notre  gauche.    Je  crois  que  c'était  un  pavillon  parlementaire  ;  je  chargeai  le 
capitaine  Scot  d'aller  s'enquérir  et  d'informer   ces   personnes  que  je  n'entamerais  aucun 
pourparler  avec  qui  que  ce  soit  avant  que   les   délégués   ne   se  rendissent  auprès  de  moi 
conformément  à  mes  ordres  de  la  veille.     Le  capitaine  revint  et  m'informa  que  les  deux 
hommes  (qui  étaient  des  habitants)  avaient   reçu   ordre  de  planter  le  pavillon  à  cet  en- 
droit pour  marquer  la  frontière   des   territoires   du   roi  de   France  ;  qu'ils  n'avaient  pas 
reçu  de  lettre  de  moi  et  qu'un   officier  de   M.   de  la   Corne   était  en  route,  chargé  d'un 
message  pour  moi.     A  l'arivée  de  l'officier,  j'envoyai  une  seconde  fois  le  capitaine  Scott 
auquel  je  donnai  ordre  dédire  au  messager  du  commandant  français  que  Son  Excellence 
le  gouverneur  de  cette  province  enjoignait  à  M.  de  la  Corne  de  se  retirer  immédiatement 
des  territoires  de  Sa  Majesté,  sinon,   que  les   ordres   qu'il   avait  reçus  de  M.  de  la  Jon- 
quières  ou  d'autres  ne  m'empêcheraient  pas  de  le  traiter   comme  un  incendiaire  public. 
L'officier  répondit  au  nom  de  M.  de  la  Corne  qu'il  souhaitait  que  j'attendisse  un  peu  et 
que  le  commandant  français  lui-même  se  proposait  de  me  rencontrer  si  je  le  lui  permet- 
tais, et  de  me  montrer  ses  ordres.     Dans  l'intervalle,  je  remarquai  que  la  digue  susmen- 
tionnée était  couverte  de  sauvages  jusqu'à  la  mer,   qu'à  l'une  de  ces  extrémités  se  trou- 
vait un  bois  épais  et  à  l'autre  une  rivière.    J'eus  l'intention  de  faire  tirer  sur  cette  digue 
dans  le  dessein  d'atteindre  le  pavillon  mais   après  avoir   considéré  ce  qui  aurait  pu  en 
résulter  et  avoir  demandé  l'avis  du  capitaine  Bartelo,  il  fut  convenu  que  cette  tentative 
eut  été  téméraire  dans  les  circonstances  et  qu'elle  eut  pu  avoir  des  résultats  désastreux, 
qu'il  était  plus  prudent  de  rester  tranquilles  jusqu'à   mon  entrevue  avec  de  la  Corne,  et 
dans  l'intervalle,  de  reconnaître  la  rivière  qui   coulait  à  notre  droite  et  que  nous  étions 
obligés  de  franchir  pour  sortir  de  l'endroit  où   nous   étions.     A  ce  moment,  je  découvris 
que  nous  étions  entourés  de. tout  côté  par  des  ennemis  nombreux  disposés  de  manière  à 
profiter  de  tous  les  avantages  du  terrain  contre  des  adversaires  qui  n'en  avaient  pas  la 
moindre  notion. 

C'est  alors  que  j'envoyai  Cobb  avec  un  détachement.  Bien  qu'il  ne  pût  nous  don- 
ner des  notions  utiles  sur  l'endroit,  celui-ci  était  considéré  comme  le  plus  familier  avec 
cette  région  : 

Il  devait  examiner  la  rivière  et  trouver  l'endroit  le  plus  favorable  pour  la  traverser, 
afin  d'atteindre  le   village  de  Chignectou  qui  à  ce  moment  était  désert  et  réduit  en 


Ql  \r  ILOGIE  DEB    \<   \i>n  \.     i  i  /  '    DOi  !  l/i  '•  / 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

oendrei  .  i  I  sxoepl  ion  d  une  doai  tins  de  mai  on    qui 
du  village  t'»"1  le  re  I  s  él  a  il  con  um<   j  coin  pi  i 

A   ion  retour  Cobb  m'apprit  qu'on  ne  pouvait   travei  ui    la 
on  embouchure  .  je  donnai  01  dre  aui  bateau  ■  d< 
di    iui\  re  et  au  i  <  roupe    de    \  i  endi  e  en  longeant  le  i 

A  oe  n uni ,  \l    de  la  Corne  m'<  nvoya  un  parlementaire  me  dire  i\\\  il  une 

entrevue     J  allai  le  renoontrer  en  cou  d<     •  ipitaim     Kart  lo  i  \  d 

.ni  i\  èe   i»-   lui  adre   lai   toutes   le     que  i  ion  i  que  je  ci  u 

,   pérant  obtenir  quelques  renseignement    l'unnTimni  •  •■    t'* >< 

et  aei  intentions,     Entre  .min-    qu<   bion  ,  je  lui  demandai  de  qui  il  i  Ire 

de  pénét  rer  but  les  tei  ritoirei  d<-  Ba    Ma  )i   té  et 

dentl  I  i  me  répondit  qu'il  était  envoyé  par  M  de  la  Jonquière    pour  prendre  po    e    ion 

de  Ohipoudy,  de  la   rivière  St-Jean,  de    tfemeramcouk,  de    l'  la 

contrée  située  sur  le  baut  de  la  rivière  qui  coulait  à  notre  droite,  comme  appartenant 

roi  de  Pranoe  et   qu'il  avait  reçu  instruction  de  défendre  el  de» 

partie  du  pays,  jusqu'à   ce  que  la   question   des  frontièn    entr  ix  cour 

réglée  par  des  commissaires  nommés  à  cette  fin.     Je  lui  demandai  où  étaient  les  babi 

tantsl  11  me  répondit  qu'ils  étaient    dispersés  sur  leurs  territoir»        0  ient 

déléguées  1  Qu'il  n'j  en  avait  pas.     Qui  avait  inoendié  Beaubaasin,  qu'il  admit  appartenir 

au  roi  d'Angleterre?    Les  sauvages,  dit-il,  qui  réclamaient    cet    endroit   comme   leur 

propriété.     Qui  les  avait  conseillés?  Il   L'ignorait  entièrement.     (>n  était  I  able  le 

Loutre,  Lequel  en  sa.  qualité  de  prêtre  dis- je,  s'est,  livré  a  dej  intrigues  inffti  lel- 

Les (La  Corne)  comme  militaire  doit  prendre  part     Je  demandai  à   voi  11 

parut  tout  d'abord  enclin  k  me  les  montrer,  mais  il  finit  par  refuser  complètement   Bi 

ses  réponses  péremptoires  furent  données  «le  façon  à  me  convaincre  que    e    projets 

étaient  bien  arrêtés  et  qu'il  avait  rassemblé  dans  cette  partie  <!<'  \a  contn  ton 

suffisantes   pour  s'y    maintenir   même   contre  des  ennemis  beaucoup  plus  puissants  que 

nous,     U  m'avoua  aussi  sans  scrupule  qu'il  avait  un  nomlue  considérable  de  Canadiens 

avec  lui,  comme  une  lettre  de  Mascarène  nous  l'avait  appris. 

En  somme,  le  commandant  français  avait  judicieusement  pris  ses  posi  ions  et  fait 
preine  d'un  grand  jugement  En  effet,  avec  la  digue  susmentionnée  à  sa  droite,  une 
élévation  boisée  en  arrière  et  un  bois  à  sa  gauche,  il  commandait  tellement  tout  Le  • 
de  la  rivière  qui  servait  de  démarcation  entre  le  terrain  qu'il  réclamait  et  Beauba--in 
qu'il  nous  concédait,  que  je  craignis  qu'il  nous  fût  impossible  de  lui  disputer  cette  partie 
de  la  contrée. 

Avant  mon  départ,  je  rappelai  à  son  attention  une  partie  du  message  que  je  lui 
avais  transmis  déjeà  par  le  capitaine  Scott,  mais  convaincu  de  ses  forces  supérieures  et  de 
ses  avantages  il  parut  dédaigner  mes  représentation  et  désirer  qu'on  en  vint  aux  prises. 

Il  me  demanda  même  ce  qu'il  devait  attendre  de  moi  1  Je  lui  répondis  que  j'étais 
venu  pour  protéger  les  sujets  de  Sa  Majesté,  chasser  de  la  province  les  sauvages,  nos 
ennemis  et  tous  nos  autres  ennemis,  quels  qu'ils  fussent.  Après  l'avoir  quitté,  je 
commençai  les  préparatifs  pour  traverser  la  rivière  et  prendre  pied  à  l'endroit  qu'il  lui 
plût  d'appeler  notre  terrain,  car  il  eut  été  imprudent  sinon  impraticable  de  tenter  un 
effort  contre  la  digue  située  sur  notre  gauche,  sans  compter  qu'une  grosse  pluie  commen- 
çait à  tomber  et  que  le  temps  devenait  aussi  mauvais  que  je  ne  l'avais  vu. 

Dès  que  nous  nous  mîmes  en  mouvement,  l'ennemi  mit  le  feu  aux  maisons  qui 
avaient  été  épargnées.  La  destruction  des  dernières  maisons  et  le  temps  affreux  qu'il 
faisait  en  ce  moment,  me  firent  considérer  si  nous  devions  traverser  la  rivière  et  quel 
profit  nous  en  aurions  retiré.  Je  conclus  que  nous  ne  pouvions  en  retirer  aucun 
avantage  ;  qu'au  contraire,  ce  mouvement  serait  extrêmement  harassant  et  fatiguant 
pour  les  troupes,  que  nos  vaisseaux  laissés  à  sec  seraient  tombés  au  pouvoir  de  l'ennemi, 
que  nous  nous  serions  exposés  à  nous  faire  couper  toute  communication  avec  nos  vais- 
seaux par  des  forces  infiniment  supérieures  et  que  dans  de  semblables  circonstances  le 
détachement  aurait  été  totalement  anéanti.  Je  me  suis  servi  à  dessein,  en  parlant  des 
forces  de  l'ennemi  de  l'expression  infiniment  supérieures  pareeque  j'avais  la  conviction, 
après  avoir  constaté  que  la  contrée  avait  été  incendiée  (celle  qu'on  avait  admis  nous 
appartenir)  qu'on  avait  emmené  tous  les  bestiaux  et  que  M.  de  la  Corne  affichait  un  air 


336  M;<  lli\  />   CANADIEN  VE8 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

de  supériorité,  j'avais  La  conviction,  dis-je,  que  les  habitants  juscju'au  dernier  s'étaient 
révoltés  et  réunis  au  commandant  français.  Après  avoir  considéré  le  nombre  de  villages 
et  de  maisons  et  les  comptes  rendus  de  Winit,  de  Miller,  de  Clapham  et  autres,  je 
présumai  que  le  nombre  de  ces  habitants  ne  devait  pas  être  au-dessous  de  mille,  sans 
compter  les  sauvages  qui  pouvaient  être  rassemblés  à  quinze  jours  d'avis,  et  tenu  compte 
des  troupes  régulières  de  la  Corne,  des  Canadiens  et  des  habitants  révoltés  de  toutes  les 
parties  de  la  province,  qui,  après  avoir  commis  de  semblables  aetes  de  désespoir,  ne 
devaienl  reculer  devant  rien,  je  me  déterminai  en  face  de  ces  difficultés  et  après  avoir 
consulte'  quelques-uns  des  officiers,  de  donner  ordre  aux  troupes  de  rembarquer,  au 
moins  pour  la  nuit. 

Une  fois  retourné  à  bord,  je  considérai  sérieusement  la  position  et  les  avantages  de 
l'ennemi,  nos  propres  forces  et  les  chances  d'opérer  un  débarquement  le  lendemain  matin. 
Nous  ne  pouvions  nous  retirer  nulle  pirt  parce  que  tout  avah  été  ravagé  et  nous  serait- 
il  resté  un  endroit  pour  nous  installer  que  le  fait  de  prendre  position  sur  un  coté  de  la 
rivière  et  de  laisser  l'ennemi  sur  l'autre,  eut  été  dans  les  circonstances  un  aveu  tacite  de 
la  justesse  de  ses  réclamations.  Quant  à  le  chasser  de  sa  position  (la  seule  chose  à  faire) 
il  aurait  fallu,  selon  l'avis  de  tous  les  officiers,  une  force  beaucoup  supérieure  à  celle  dont 
nous  disposions,  car  les  habitants  que  nous  avions  l'espoir  de  gagner  à  notre  cause, 
s'étaient  révoltés  et  les  communications  qu'il  nous  aurait  fallu  entretenir  entre  la  baie 
Verte  et  Beaubassin  étaient  devenues  impossibles.  Je  me  vis  donc  forcé  de  conclure 
que  nous  avions  été  frustrés  des  avantages  et  des  profits  que  nous  attendions  de  notre 
expédition  par  un  ennemi  qui  avait  pour  lui  la  supériorité  du  nombre,  de  la  force  et  de 
la  situation,  et  qu'un  engagement  dans  de  telles  circonstances  n'eut  pas  manqué  d'être 
décisif  et  même  fatal. 

A  ce  moment,  il  me  parut  évident  qu'en  restant  davantage  à  cet  endroit,  je  ne 
ferais  qu'encourager  et  augmenter  l'insolence  de  l'ennemi  et  qu'il  ne  me  restait  plus  qu'à 
tenter  de  le  harceler  à  Chipoudie  ou  à  Memeramcouk,  s'il  était  possible.  Après  m'être 
arrêter  à  ce  dernier  projet,  nous  descendîmes  le  bassin  sur  les  transports  et,  la  même 
nuit,  nous  rejoignîmes  YAlbany  à  minuit.  Le  lendemain  matin,  je  fis  part  de  mon  pro- 
jet au  capitaine  Rous  et  à  la  plupart  des  officiers  qui  ne  l'approuvèrent  pas  ;  au  con- 
traire, ils  pensèrent  que  dans  l'intérêt  du  service  de  Sa  Majesté  nous  devions  retourner 
aux  Mines  en  toute  diligence,  de  crainte  que  quelques  sérieuses  déprédations  ne  fussent 
commises  dans  cette  partie  de  la  province,  basant  leur  appréhension  sur  le  peu  de  succès 
de  notre  expédition  à  Chignectou  et  sur  les  dispositions  malveillantes  que  les  habitants 
avaient  manifestées  à  notre  égard  lorsque  nous  partîmes  de  cet  endroit.  Nous  décidâ- 
mes donc  de  rebrousser  chemin  directement  et,  après  un  rude  voyage,  nous  arrivâmes 
aux  Mines,  le  26  avril  1750. 

(Signé)         CH.  LAWRENCE. 

Le  chevalier  de  la  Corne  à  Monsieur  Desherbiers,  gouverneur  de  Vile  Royale. 

Memeramkouc  .......  1750 

Le  premier  may  les  feux  des  signaux  ont  paru  à  trois  heures  (?)  du  soir  ;  deux 
heures  après  on  a  vu  dans  la  baie  sept  bâtimens  anglois  qui  ont  été  mouillez  à  Oueskak, 
havre  nommé  le  Grand  Maringouin,  où  ils  ont  passé  la  nuit.  Il  y  avoit  une  garde  vis- 
à-vis  les  bâtimens  de  vingt  hommes  pour  les  observer,  et  une  autre  de  six  hommes  à 
une  lieue  en  deçà.  Je  rassemblai  mon  monde  des  deux  rivières  (a)  à  Memeramkouc  où 
j'avois  mon  camp.  Monsieur  de  Bayeuil  que  j'avois  mis  commandant  à  Oueskak  m'en- 
voya un  exprès  m'avertir  que  les  sept  bâtimens  étoient  mouillés  au  Maringouin,  sans 
avair  fait  des  mouvemens  dans  la  nuit.  Je  fis.  partir  cinquante  Sauvages  qui  furent  à 
Oueskak  avec  le  père  de  la  Corne,  (6)  et  j'y  arrivai  à  la  pointe  du  jour  avec  les  François 
et  les  Sauvages  qui  me  restoient. 

A  huit  heures  un  bateau  portant  flamme  se  détacha  des  autres  pour  aller  à  Beau- 
bassin  où  est  l'église,  il  y  mouilla  et  sa  chaloupe  avec   une   petite  pirogue  où  il  mit  un 

(a)  Petitcoudiac  et  Chipoudy. 

{b)  Religieux  récollet,  missionnnaire  des  micmacs  à  Miramichi,  et  frère  du  chevalier  de  la  Corne. 


01  m:  ILOGIB  DJ  •     LO  LD/J  VS    I  I  /  0  DO01  IfJ  '-  \  869 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Aoadien  des  Mines  pour  porter  une  lettre  en  forme  rl'oi 
pouf  se  rendre  à  bord  du  bâtiment  du  Roj  nomni   I  Alba\ 

L'homme  arrivé  i  terre  trouva  les   Micmacu  qui  brûloienl  li     ma  I  M  lu 

ohapelle  Sic  A.nne      II  •  is  lai  tirent  du  dit  en  de  le  lettre  et  le  gard<  r<  ni  la  n 

avec  eux  ;  le  londemaio   matin,  l'ont   envoy<    pai    di  ilonsieui   II. 

.t  liuii i  heures  bî  t  bâtiment  furent  mouilles  un  peu  plu    bs    qu<    lies  i  ta    in  où  toul 

en  feu,  mis  par  les  Sau  âges  de  Mon  ieur  LeLout ;  ,  ■. .,  |, 

à  terre  leurs  troupes  à  la  pointe  à  Beauséjour,    ur  i  ty  de  la  rivière  qu  poi 

tage  de  ls  Baie  N  ert< ,  au   ûtôl  le  capitaine  de  la  côte  de  Is  dite  point 
leur  parler  avec  uu  pavillon  blanc,  et  leur  dit  qu'il  avoit  ordre  de  ne  le    ps    lai    ei  mettre 
b  terre,  par  le  commandant  françoi    qui  i  roi!  pri    po    i     ion  de  i  adroit  su  nom  de 

Majesté  Très  (  'hrét  ienne. 

L'Angloia  demanda  à   parler  au  commandant  .   Monsieui    de   Bayeuil  qui 
alors  fut  leur  parler  \  ils  continuèrent  à  demander  le  commandant 
tant  «'t  m'y  transportai  avec  Monsieur  de  Ligneris  où  étant   k  demi  chemin,  Moi 
Scott  capitaine  vint  parler  .:i  Monsieur  de  Ligneris  qui  demanda  son  commandant. 

Oe  monsieur  lui  répondit  qu'il  ne  sçavoit  pas  b  il  i  iendroit  parce  qu  11  étoit  colonel. 
Monsieur  de  Ligneris  lui  réplique  que  s'il  ne  venoit   pas  j'allois  m'en  retourner  et  suii 
mes  ordres.     Oc  Monsieur  fut    parler  à  son  commandant  qui  vint  avec  un  capitaine 
un  ingénieur  François.     Il  me  «lit  qu'il  étoit   bien  surpris  de  voir  un  pareille  incendie  et 
de  nous  voir  sur  les  terres  du  Roy  sou  maître,  qu'il  avoit  ordre  de  Son  Excellence  lion 
sieur  de  Cornwallis  de  médire  de  me  retirer;  que  c'étoit  aller  contre  le  droit  des  ge 
et  contre  la  bonne  foy  de  venir  sur  leurs  terres  et  d'engager  les  Sauvage    a  leur  faire  la 
guerre,  et  taire  révolter  les  Acadiens  contre  le  K<>y. 

Je  leur  repondis  quej'étois  sur  les  terres  du  Roy  mon  mestre,  et  que  j'avois  ordre  <l- 
mon  général,  Monsieur  le  Marquis  de  la  Jonquière  de  m'y  maintenir  à  la  Corée  des  ara 
s'ils  vouloient  y  faire  des  descentes,  et  que  j'allois  exécuter  mes  ordres  s'ils  ne  se  reti- 
re ient  sur  le  champ,  qu'au  surplus  Monsieur  de  Cornwallis  étoit  informé  du  sujet  d<-  mon 
voyage  par  une  lettre  que  Monsieur  le  Général  lui  avoit  adressée  l'automne  passée  à  la- 
quelle il  avoit  répondu,  que  si  les  Sauvages  ont  mis  le  feu  à  Beau  bassin  ce  n'étoit  pas 
par  mon  ordre  et  qu'il  avoit  tort  d'avoir  cette  pensée,  ainsy  que  celle  de  croire  que 
j'avois  fait  révolter  les  Acadiens. 

Nous  nous  laissâmes  et  à  l'instant  ce  commandant  fit  le  signal  à  sa  troupe  de  se 
rembarquer,  ce  qui  fut  exécuté  à  l'instant. 

Pendant  notre  pourparler  les  bâtimens  s'échouèrent  vis-à-vis  les  troupes  qui  étoient 
à  terre,  et  lorsque  la  mer  fut  haute  la  nuit,  les  bâtimens  furent  mouiller  au  Grand 
Maringouin  où  étoit  le  Seneau.  Ce  bâtiment  étoit  de  200  tonneaux  de  18  pièces  de 
canons  ;  et  les  autres  en  avoient  aussi,  ils  partirent  tous  pour  les  Mines  où  ils  sont 
actuellement.  J'ai  appris  par  un  exprès  que  j'ay  envoyé  aux  Mines  porter  votre  lettre, 
Monsieur,  à  Monsieur  Cornwallis,  que  le  même  détachement  qui  étoit  venu  à  Beaubassin 
étoit  à  Pigiguit  où  ils  faisoient  un  fort,  et  qu'il  y  avoit  actuellement  dans  la  baie  des 
bâtimens  qui  croisoient  et  qui  envoy oient  leurs  chaloupes  à  terre  pour  prendre  du 
monde  ;  qu'à  Cobeguit  ils  avoient  pris  trois  hommes,  et  deux  autres  à  l'entrée  des  Mines, 
qui  y  faisoient  la  garde  par  ordre  de  monsieur  Le  Loutre,  et  quils  avoient  arrêté  plu- 
sieurs habitans  qui  se  sauvoient  des  Mines  avec  leurs  effets  ;  que  même  ils  avoient  fait 
feu  sur  les  derniers.     Ils  tiennent  ces  habitans  dans  leur  fort. 

Monsieur  Cornwallis  attendoit  quatre  mille  hommes  de  Baston  au  petit  printemps 
qu'il  avoit  demandé  l'année  dernière  avec  plusieurs  bâtimens  ;  mais  ils  ont  refusé  et 
même  fait  révolte  à  ce  sujet. 

Les  troupes  qu'ils  ont  amenées  à  Beaubassin  ont  refusé  d'embarquer  (a)  aux  Mines, 
disant  qu'il  ne  vouloient  pas  se  faire  lever  la  chevelure  par  les  Sauvages.  L'on  pense 
que  les  officiers  n'en  pensoient  pas  moins  ;  cela  a  paru  être  par  leur  échaffburée. 

LE  Chev.  De  LaCORNE. 


(a)  Ce  doit  être  "de  débarquer." 


388  ARt  un  E&  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

JOUIINAL  de  ce  qui  s'est  passé  à  Chicnitou  ei  autres  parties  des  frontières  de  l'Acadie 
depuis  le  L5  septembre  1 750  jusqu'au  28  juillet  1751. 

tredeMon-  Relation  faite  par  Le  Sieur  de  la  Valière,    capitaine    des   troupes  de 

lieur  le  comte  L'Isle  Royale  qui  était  présent   à  tout  ce  qui  B'esl   passé  sur  les 

l!'  .';  •v""""  frontières  de  l'Acadie  entre  les  françois  et  les  anglois  sur  laquelle 

•lu  26  octobre  ,  .      ,  »  G  l 

L751,  I  ai  tiré  le  mémoire  que  j  ai  fait  concernant  cette  petite  guerre. 

Le  douze  Septembre  L750  au  matin,  les  anglois  ont  paru  dans  la  Baye  de  Beau- 
bassin  au  nombre  de  dix  sept  voiles,  tant  brigantins,   que  bateaux  et  goélettes.     Ils  se 

sont  rapprochés  Le  treize  de  Weskak  où  ils  ont  mouillé,  le  quatorze  ils  n'ont  point  fait  de 
mouvement,  le  quinze  une  partie  a  levé  l'ancre  et  est  allée  à  Beaubassin  où  les  Anglois 
ont  tenté  la  descente,  à  laquelle  les  sauvages  au  nombre  de  soixante  et  les  Acadiens  au 
nombre  de  trente  s'opposèrent,  et  firent  longtemps  feu  derrière  un  retranchement  que 
Monsieur  L'abbé  Le  Loutre  avoit  fait  faire,  qui  régnoit  depuis  la  rivière  des  Planches 
jusques  à  la  Rivière  de  Mezagoùesch,  les  Anglois  détachèrent  une  petite  goélette  pour 
entrer  dans  la  Rivière  de  Planches  et  prendre  en  flanc  les  sauvages  et  acadiens  qui 
étoient  retranchés,  son  feu  leur  fît  abbandonner  la  levée  ayant  été  très  vif 'pendant  quel- 
que temps. 

Une  autre  goélette  qui  étoit  entrée  dans  la  Rivière  de  Mezagouech  pour  le  même 
dessein  fût  fort  maltraittée  par  le  feu  des  sauvages  et  accadiens,  et  avoir  amené  ne  pou- 
vant plus  faire  aucune  manœvre. 

Les  Sauvages  et  accadiens  incommodés  du  feu  de  l'autre  furent  obligés  de  l'abban- 
donner  et  prirent  la  fuite,  les  Anglois  voyant  cette  manœuvre  donnèrent  le  signal  pour 
la  descente  qui  se  fit  tout  de  suite  en  très  bon  ordre,  les  Sauvages  et  Accadiens  ne  tirant 
que  très  foiblement,  malgré  les  Pères  Germain  et  Lalerne  [sic  pour  La  Corne],  Mission- 
naires qui  les  encourageoient,  et  qui  eurent  beaucoup  de  peine  à  se  sauver  la  déroute 
étant  venue  généralle,  les  Anglois  marchèrent  droit  au  cimetière  qui  étoit  entouré  d'un 
mur  de  trois  à  quatre  pieds  d'hauteur  et  d'environ  un  pied  d'épaisseur  où  ils  se  logèrent 
tout  de  suitte  les  sauvages  et  accadiens  en  petit  nombre  tirèrent  toujours  quelques 
coups  de  fusil  mais  hors  de  portée. 

Pendant  ce  tems  là,  Monsieur  le  Chevalier  de  La  Corne  au  mouvement  que  les  An- 
glois avoient  fait  pour  s'approcher  de  JBeaubassin,  s etoit  porté  avec  une  partie  de  ses 
troupes  et  accadiens  sur  la  pointe  à  Beauséjour  et  avoient  laissé  Monsieur  de  la  Vallière 
à  Weskak  avec  son  détachement  et  deux  cent  accadiens. 

Les  troupes  en  accadiens  qui  étoient  avec  Monsieur  de  La  Corne  étoient  au  nombre 
d'eviron  deux  cents,  les  Anglois  détachèrent  du  senaut  et  des  bâtiinens  qui  étoient  restés 
mouillés  devant  Weskak,  deux  barges  armées  de  vingt  hommes  chacunes  avec  un  pavil- 
lon sur  le  devant  pour  venir  s'emparer  des  pirogues  qui  étoient  dans  la  Rivière  de  Wes- 
kak prestes  à  transporter  du  secours  à  la  pointe  à  Beauséjour  si  on  le  demandoit. 

Monsieur  de  la  Valière  fit  partir  de  son  détachement  quarante  hommes  avec  deux 
ofiieiers  pour  s'y  opposer,  lorsque  les  Anglois  s'aperçurent  de  cette  manœuvre,  ils  brûlè- 
rent deux  amorces  de  fusil  pour  nous  engager  sans  doute  à  tirer,  mais  lorsqu'ils  virent 
qu'on  ne  tiroit  point,  ils  tirèrent  deux  coups  de  fusil  à  balle,  on  répondit  par  une 
décharge  qui  leur  tua  leur  patron  de  chaloupe  et  blessa  quelques  hommes  ce  qui  leur  fit 
prendre  le  party  de  se  retirer  à  leurs  bâtimens,  ils  tirèrent  quelques  coups  de  fusil  en  s'en 
retournant  auxquels  on  répondit  sur  le  même  ton. 

Le  même  jour  Monsieur  de  la  Corne  envoya  ordre  à  Monsieur  de  la  Vallière  de  se 
transporter  avec  tout  son  monde  à  la  pointe  à  Beauséjour  à  la  réserve  de  trente  hommes 
et  un  officier  qu'il  laissa  dans  le  poste.  ^û. 

A  son  arrivée,  il  rendit  compte  à  Monsieur  de  la  Corne  de  ce  qui  s'étoit  passé  pour 
l'engager  à  s'opposer  à  l'établissement  que  les  Anglois  formoient  ayant  commencé  à 
nous  déclarer  une  guerre  en  tirant  sur  nos  troupes,  mais  Monsieur  de  la  Corne  ne  fût 
point  de  cet  avis. 

Les  Anglois  depuis  ce  jour  ont  vivement  travaillé  à  faire  un  fort,  quelques  jours 
après  le  Sieur  Bertetol,  commandant  une  compagnie  franche  de  soixante  hommes,  s'étant 
avancé  dans  le  bois  pour  faire  la  découverte  à  son  ordinaire  et  ayant  passé  la  rivière  de 
Mezagouetch  et  être  venu  sur  nos  terres  comme  il  avoit  déjà  fait  souvent,  fut  rencontré 


01  \i   IL0QI1    m        L(    \im  \       VVRi    i><»  !   " 
DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

par  un  party  de  sauva  iu  nombre  de  trente  cinq  qui  firent 

un  oombat  oppini&tre,  tuèrent    le   Capitaine,   blc    6renl   ol    firent    prUonn 

.  |,i  hommes,  tu<  rent  le  rc  te  <  il  r<   i  i  ■  •  du  I . i ■  ni  .nuit  - 1  d  •  i  inq  ou    il  bomn 

(pli  se  sau\<  rrnt    dans  Lui    ir!  i  an-lnne-ii  ! ,    il   y  ■•ul    doil  dont    m  n 

mourut  quelque  tem    apn     •!<■    i  l»l«-    m  <■   l«  i lloii  ni  tout* 

nuii'  tirer    ur  leur  camp,  tuoient  toujoui    quelqu  un  el  amenoi<  ni  don 

Lee  A  ngloi  •  onl  mal  travaillé  avec  vigueur  à  l<  m  for!  q 

de  lei  recevoir  ven  le  commencement  d'octobre. 

Le  vingl  trois  Septembre  les  famit I<    de    IMumiir  .  Wi  Icok,   m  in,  les 

Hébert,  Menoudy,  dont  le    babitans  étoienl  déjà  à  la  pointu    i    I 
et  pa   tèi  enl  Bur  nol  re  terrain,   les  cadien    mireni  l< 

son  inges  qui  et nt    pleines  de   bled  el    de  foui  de 

ette,  et  oblige  de  nourrir  tout  familles  aux  dépen    du  H  perdu   même 

une  grande  partye  de  leurs  be  tiaux  dans  cette  oecs  ion  et  le  n  adant  I 

n'ayant  point  eu  de  tel  pour  saller  ce  qu'il    avoient  pu  réchapper,  les  oho  i     ont    conti 
nué  dans  |(>  môme  état , 

Lorsque  les  Anglois  furent  t'ait  leur  établi  sèment  dan    le  fort,  le  Capitaine  I 
détacha  dans  une  pirogue  armé  de  vingt  hommes  et  fût  pendant  la  nuit  à  Chipoudy  ou 
il  enleva  un  habitant  dans  sa  maison  «pu  étoit    sur  le  bord  de  la   mer,   et    l'ammens 
Beaubassin  <>ù  il  fut  interrogé  par  monsieur  llow  sur  notre    ituation  et 
n'ayant  pu  rien  tirer  de  luy,  il  le  lit  mettre  aui  forts  ou  il  a  re  té  pendant  cinq  ou  six 
jours,  après  quoy  il  sei contenta  J<-   le  faire   lier  seulement)   Le  dit    habitant    trouva   le 

moyen  un  mois  et   demi  après  de  s'évader  et   de  revenir. 

Monsieur  le  Chevalier  (le  la  (orne  partit   de  la  pointe  a    I  Va  u   .jour  le  huit   OctODl 

et   fût  relevé  par  monsieur  de  Saint  Ours  des  ('haillon 

Vers  le  quinze  Octobre  les  sauvagee  qui  s'étoient  aperçus  et    qui  étoient  informés 

que  Monsieur  Hovv  Commissaire  des  troupes  angloises,  venoient  souvent  se  promener  sur 

le  bord  de  la  rivière,  où  il  avoit  déjà  eu  plusieurs  conférences  avec  les  officiers  et  m 

sionnaires,  parler  aux  hahitans,  et  tâcher  de  les  engager  à  revenir  à  eux    en  leur  faisant 

beaucoup  de  promesses,  furent  avec  des  accadiens  B'embusquer  pendant  la  nuit  derrii 
une  levée  qui  règne  le  long  de   la   Rivière,   et  sur   les   huit   heures  du   matin    Etienne 
Bâtard  Sauvage  dit   Père  la  Corne  fût  avec  un  pavillon  sur  le  bord  de  la  Rivière  ou  les 
Sauvages  et  Accadiens  étoient  embusqués. 

Monsieur  How  vint  aussy  avec  un  Pavillon  vis  à  vis  de  l'autre  bord  de  la  Pi\ 
le  sauvage  après  avoir   fait  quelques  questions   à   Monsieur   How   jetta  son  pavillon  et 
donna  le  signal  à  ses  gens  qui  firent  feu  tout  de  suitte  sur  Monsieur  How  et  le  blessè- 
rent mortellement. 

Monsieur  Lawrence  qui  s'aperçut  de  cela,  détacha  de  son  fort  pour  retirer  Monsieur 
How,  les  sauvages  et  Accadiens  firent  toujours  feu,  et  après  quelques  coups  de  fusil 
donnés  de  part  et  d'autre  on  l'enleva  et  l'on  le  porta  au  fort  Lawrence  ou  il  n'a  vécu  que 
cinq  ou  six  jours. 

Les  Sauvages  et  Accadiens  ont  toujours  continué  d'harceller  les  Anglois  à  peu  près 
dans  le  même  tems  les  Anglois  ayant  passé  au  nombre  d'environ  cent  sur  nos  terres  vis- 
à  vis  l'isle  la  Vallière,  Monsieur  de  Saint  Ours  ignorant  leur  dessein  marcha  à  eux  avec 
ses  troupes,  les  Anglois  à  son  approche  repassèrent  la  rivière  et  se  replièrent  sur  leur 
fort,  sans  avoir  non  plus  que  nous  tiré  un  coup  de  fusil. 

Le  fort  Lawrence  fit  pondant  ce  tems  le  feu  sur  nous  de  son  artillerie  mais  sans 
effet,  ayant  une  levée  devant  nous  qui  nous  couvroit. 

Le  jour  de  la  Toussaint  les  sauvages  et  Accadiens  au  nombre  d'environ  une  quin- 
zaine furent  pendant  la  nuit  aborder  une  goélette  qui  étoit  sortie  le  même  jour  du 
ruisseau  de  Galop  et  qui  étoit  échouée  à  l'embouchure  de  la  Rivière  de  Mezagouesch  sur 
notre  bord  ;  après  avoir  tué  un  ou  deux  matelots,  fait  prisonnier  le  capitaine  et  le  reste 
de  l'équipage,  avoir  enlevé  ce  qu'ils  trouvèrent  à  bord,  mirent  le  feu  et  la  firent  consumer. 

Ils  trouvèrent  dans  cette  goélette  un  Accadien  des  Mines  qu'ils  avoient  pris  de  force 
pour  les  piloter,  Monsieur  Le  Loutre  l'a  gardé  jusques  dans  l'hiver  qu'il  a  euvoyé  cher- 
cher sa  famille  qui  est  actuellement  sur  nos  terres. 


390  ARCHIVE*  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Vers  le  quinze  novembre,  le  capitaine  Cox,  comman  lant  un  battcau  armé  de  trente 
soldats  de  la  Compagnie  de  Gorom  et  de  sii   canons  <|ui  croisoil  depuis  le  Cap  Enragé 

jusqu'à  Iïeaubassin  aperçut  une  chaloupe  qui  BOrtoitde  l  I  Rivière  Petkoutiak  commandée 
par  Biichau  d  Amboise  faisant  route  pour  la  Rivière  Saint  Jean,  luy  donna  chasse  toute 
la  journée  et  la  força  sur  les  quatre;  heures  du  soir  d'échouer  a  pleines  voiles  sur  le  Cap 
des  Demoiselles  sur  la  côte  de  Chipoudy,  il  tira  beaucoup  du  canon  sur  elle  des  qu'il  la 
vit  échouée,  fit  descendre  vingl  hommes  qui  furent  à  la  chaloupe,  poursuivirent  cinq 
hommes  qu'il  y  avoit  et  qui  l'avoient  abandonnée  et  se  retiraient  en  faisant  feu  sur  eux. 

Ils  prirent  dans  cette  chaloupe  la  grande  voile,  un  lit  de  plume,  quelque  peu  de  lard 
et  des  poids  et  apportèrent  son  ancre  au  large  à  la  longueur  de  son  câble. 

Le  Sieur  de  Baurant,  officier  des  troupes  de  Louisbourg,  qui  étoit  commandant  de 
ce  poste  et  qui  étoit  à  deux  lieues  de  là  ayant   été   averty    b'v  porta  avec  environ  trente 

liens  et  s  embusqua  à  portée  de  la  chaloupe  où  il  passa  la  nuit  avec  son  monde,  après 
avoir  fait  rapporter  l'ancre  à  terre  et  fait  décharger  en  partie  la  chaloupe  afin  qu'elle 
pût  flotter. 

Le  capitaine  Cox  s'etant  aperçu  qu'il  étoit  arrivé  du  monde  par  les  cris  sauvages 
que  les  Accadiens  faisoient,  fit  tirer  beaucoup  du  canon*  pendant  la  nuit  qui  ne  fit  aucun 
effet,  le  jour  étant  venu,  les  Anglois  ayant  découvert  le  Sieur  de  Baurans  et  son  monde, 
continuèrent  à  faire  un  feu  très  vif  de  leur  artillerie,  mais  qui  fût  toujours  sans  t  ffet 
étant  sur  la  pente  d'un  ruisseau  qui  luy  servoit  de  retranchement. 

Vers  les  quatre  heures  du  soir  aprè  avoir  tenté  de  mettre  du  monde  à  terre  dans 
deux  piroques  armées  d'environ  douze  à  quinze  hommes  chacune,  et  ayant  été  repousses 
par  trois  fois,  ne  voyant  point  d'apparence  de  réussir,  le  capitaine  Cox  fit  lever  l'encre 
et  abandonna  la  chaloupe,  n'ayant  pu  se  rendre  à  sa  destination,  le  capitaine  Cox  ayant 
toujours  dans  cette  partie  croisé  sa  cargaison  qui  consistoit  en  vingt  banques  bled  ou 
farine  et  un  quart  de  lard,  a  été  prise  pour  le  compte  du  Roy  et  distribuée  par  ordre  à 
Monsieur  de  Saint  Ours  à  une  partie  des  habitans  qui  n'ayant  pu  faire  leur  moisson 
dans  son  tems  ayant  été  employés  aux  gardes,  tant  de  Chipoudy  que  de  la  pointe  à 
Beauséjour  avoient  tout  perdu  et  étoient  réduits  à  périr  si  on  ne  leur  avoit  point  donné 
du  secours  d'autant  que  Monsieur  de  la  Corne  leur  avoit  promis  au  nom  du  Roy  qu'ils 
seroient  dédomagés  de  teutes  les  pertes  qu'ils  feroient  ce  qui  n'a  été  exécuté  que  très 
foiblement. 

Il  y  a  toujours  eu  depuis  le  mois  de  May,  cinq  Postes  dans  cette  partie,  sçavoir  : 
au  cap  Enragé  deux  hommes  pour  mettre  le  feu  au  bûcher  qui  servoient  de  signaux  si 
tôt  qu'ils  verroient  des  bâtimens  pour  rassembler  tout  le  monde,  deux  à  la  Potrie,  deux 
à  Haha,  deux  à  l'Embuscade  ou  pointe  de  Chipoudy,  deux  au  cap  des  Demoiselles  pour 
le  même  objet,  tous  ces  signaux  se  communiquoient  les  uns  les  autres  et  avertissoient  le 
camp. 

Ils  ont  subsisté  jusqu'au  quinze  Septembre  que  les  Anglois  ont  fait  leur  établisse- 
ment, on  a  indépendamment  de  ces  postes  toujours  entretenu  un  corps  de  garde  de  dix 
hommes  jusqu'à  la  fin  de  Décembre  toutes  ces  gardes  étoient  nourries  aux  frais  du  Roy. 

Depuis  la  descente  des  Anglois  à  Beaubassin,  indépendament  des  troupes  qui  étoient 
à  la  pointe  à  Beauséjour,  il  y  avoit  quinze  hommes  de  Chipoudy,  quinze  de  Petkoutiak, 
quinze  de  Memeramekouk,  le  lac,  la  coupe,  tintamarre,  et  la  près  des  Bourgs  et  les 
Réfugiés  fournissoient  environ  une  cinquantaine  d'hommes,  tant  à  la  pointe  à  Beausé- 
jour qu'à  point  à  Buot  ou  il  y  avoit  une  garde  de  trente  hommes,  tout  ce  monde  se  réle- 
voit  tous  les  huit  jours  et  étoient  nourris  aux  vivres  du  Roy. 

A  la  fin  de  Novembre,  Monsieur  de  Saint-Ours  ayant  assemblé  les  habitans  pour 
leur  demander  de  faire  les  logemens  pour  l'hyvernement  des  troupes  qui  étoient  dans  des 
granges,  fournir  du  bois  et  de  l'eau  qui  se  trouvoient  fort  loin,  ils  répondirent  que  la 
chose  n'étoit  point  praticable,  n'ayant  plus  dans  cette  partie  que  très  peu  de  bœufs  et 
même  hors  d'état  de  pouvoir  charroyer,  faute  de  fourage  qu'ils  n'avoient  pas  pu  faire, 
et  la  saison  trop  avancée  pour  lever  les  écorces  et  couvrir  les  maisons,  là  dessus  Monsieur 
de  Saint  Ours  prit  le  party  de  laisser  un  officier  à  la  pointe  à  Beauséjour  avec  une  garde 
de  vingt  accadiens  qui  dévoient  se  relever  tous  les  huit  jours  et  d'aller  hyverner  au  Lac 
distant  d'une  lieue  et  demie  où  il  a  fait  faire  des  barra.ques  couvertes  de  foin  pour  être  à 
portée  du  bois  et  de  l'eau. 


>,i  \  i   [LOOIE    m        i'    \i>i i  \-      m/'     D0(  / 

DOC.  DE  LA  SESSION  No    18 

l  !  ,i  établi  un  poste  au  pont    à    Buol ,   c'est-à-dire  à  la 
de  la  Rivière  de  Mozagouesch,  dam  le  haut  à  uo  quart  de  lieue  de    on  oamp    w    \ 
étoit  conjpo  ■«'■  de  dix  homme  ,  oommandi     par  M<  -  ieui    '  !at« 
à  l'Eguillette  qui    e  relevoient    bou     les  quinze   joui     depu  a  de  la  poin 

Beauséjour  qui    e  I  faite  vei    le  oomroencemcni  <l«-  l>< '-■■•■min  ■ 

Les  Sauvages  se  sont  oabannés  derrière  nou    el  alloienl  h 
1er  les  Anglois  qui   les  on!    poursuivi!   plu  leui     foi     âvement   el  nomroén 

mois  de     ï<\  i-  i  i  •  i-  ;    1rs    sawva^r.s    ri     arra<  I  n-ii  :,    ayant     .!»'•    a    leur    ordinaire     I,  |     |en 

Anglois  qui  faisoient  du  l><»is,  Monsieur  Lawrence  détacha  d<  irontro 

hommes  qui  poursuivent  les  sauvages  et  accadiens  au  nombre  d'environ   o 
ponté  Buot  passèrent  la  rivière  et    émirent  en  batall 

Monsieur  de  Saint  Ours  ayant  été  averti  l'y  transports    ur  le  cl 
pes  et  tous  les  Aocadient  qu'il  pût  rassembler,  de   que  les  tirent,  i 

seront  la  Rivière  et  se  retirèrent  à  leur  fort,  Mon  ieur  de  Saint  Oui     ei  y%  les 

Sauvages  et  accadiens  les  baroelloient  toujour   et  leur  tuoient  toujour   du  mon 

Vers  le  quinze  Février  un  batteau  venant  de  Ba  ton,  fai  ant    routte  pour  B 
sin  fût  poussé  par  nu  coup  de  vent  sur  la  côte  de  We  ' 

Dès  que  I»'  capitaine  >•  î t  qu'il  n'avoit  point  <l<-  rei  ource,  il  fût   s  □   mond< 

jetter  entre  les  bras  de  Monsieur  de  Bailleul,  officier  de  Canada  qui  étoit  commandant  à 
Weskak,  qui  Biir  la  nouvelle  qu'il  eût  par  Monsieur  de  Léry,  l'aîné,  et  Mon  ieur  de 
Langy,  officiers  de  Canada  qui  y  avoient  été  envoyés  par  Monsieur  de  Saint  Ours  que 
les  sauvages  venoient,  les  fît  cacher  dans  le  moulin  de  w  ,  d'oà  ils  on 

portés  k  la  Pré  des  lîourgs. 

Dès  que  les  sauvages  furent  arrivés  ils  furent  à  bord  du  batteau   qui  estoit   cl 
de  rhum,  sucre,  caffé,  vin  de  Madère,   planches,  madriers  et  autres  provisions,  pillèrent 
le  tout,  et  ce  fût  pendant  deux  jours  un  désordre  parfait,  malgré  ce  que   pût    faire  Mon 
sieur  Le  Loutre  et  trois  officiers  de  Canada  qu'il  y  avoit. 

Après  que  les  accadiens  et  sauvages  eurent  mis  à  terre  après  le  pillage,  ce  qu'il  y 
avoit,  on  fît  mettre  le  feu  par  les  sauvages.  Monsieur  de  Saint  Ours  renvoya  deux  ou 
trois  jours  après  le  capitaine  et  son  Equipage  au  fort  Lawrence,  après  les  avoir  sauvés 
des  mains  des  sauvages  qui  dans  la  boisson  les  demandoient  hautement  et  vouloient  Le* 
tuer,  Monsieur  de  Lawrence  écrivit  à  cette  occasion  là  une  lettre  de  remerciments  à 
Monsieur  de  Saint  Ours  fort  polie. 

Pendant  le  cours  de  l'hyver  Monsieur  de  Saint  Ours  ayant  eu  de  Monsieur  de  la 
Jonquière  ordre  de  faire  faire  un  fort  à  la  pointe  à  Beauséjour  et  l'autre  à  la  Rivière  des 
Gasparaux,  et  de  les  faire  faire  gratis,  fit  assembler  en  conséquence  les  habitans  pour 
faire  faire  tout  de  suitte  les  pieux  qui  étoient  nécessaires. 

Les  habitans  promirent  de  faire  pour  leur  part  les  pieux  et  les  transporter  sur  les 
lieux,  ce  qui  ont  exécuté,  le  reste  de  l'ouvrage  devoit  être  fait  par  les  troupes  et  Cana- 
diens, les  habitans  ne  dévoient  y  entrer  pour  rien,  Monsieur  de  Saint  Ours  ayant  même 
ordre  précis  de  ne  point  les  employer  à  cause  de  leurs  travaux  au  commencement  d'avril. 
Monsieur  de  Montesson,  officier  de  Canada  arriva  avec  un  détachement  de  cens  cana- 
diens et  cens  Sauvages,  les  canadiens  furent  placés  à  la  butte  à  Roger,  et  à  la  pointe  à 
Beauséjour  sous  les  ordres  de  Messieurs  Denis  la  Ronde  et  Langy  officiers  de  Canada. 

Les  sauvages  ont  cabanné  au  Lac,  le  garde  des  Accadiens  qui  étoient  à  la  pointe  à 
Beauséjour  et  celle  qui  étoit  au  pont  à  Buot  furent  congédiés  et  remplacés  par  des 
Canadiens. 

Après  l'arrivée  des  sauvages  de  Canada  il  se  fit  un  party  composé  de  Micmacs, 
Amalécites,  Canibas  sauvages  de  Canada,  accadiens  et  canadiens  matachés  et  déguisés 
au  nombre  de  trois  cent  cinquante  avec  un  Missionaire  qui  furent  s'embarquer  [s'embus- 
quer] auprès  du  fort  Lawrence  et  qui  firent  tout  ce  qu'ils  purent  pour  engager  les  Anglois  à 
une  sortie,  leur  tuèrent  deux  hommes  à  la  porte  de  leur  fort,  tirèrent  longtems  sur  les  fenê- 
tres du  commandant  qui  fût  obligé  de  faire  fermer  les  contrevents  de  ses  fenêtres  pour 
se  mettre  à  l'abry,  personne  ne  sortit  hors  du  fort  pendant  deux  fois  vingt  quatre  heures 
que  dura  cette  manœuvre  pendant  laquelle  nous  éiions  en  bataille  au  pont  à  Buot  pour 
donner  du  secours  aux  Sauvages  s'ils  étoient  repoussés  jusques  sur  nos  terres,  les  sauva- 
ges ayant  manqué  leur  coup  se  retirèrent  et  continuèrent  toujours  leur  petite  guerre. 


392  ARCHn  ES  CANADIEN  VES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Peu  de  tempe  après  Monsieur  de  Saini  Ours  se  transporta  à  la  pointe  à  Beauséjour 
avec  toutes  ses  troupes  et  y  établit  son  camp.  A  Bon  arrivée  l'on  commanda  des  soldats 
et  Canadiens  pour  t  ravailler  au  fort  de  la  pointe  à  Beauséjour,  qui  ont  travaillé  pendant 
quelque  tems,  mais  très  mollement,  et  qui  onl  enfin  représenté  que  n'ayant  point  ny  eau 
de  vie,  ny  bas,  ny  souliers,  presque  nus  et  mauvaise  nourriture  il  leur  étoit  impossible 
de  travailler. 

Sur  cela,  Monsieur  de  Saint  Ours  voyant  la  nécessité  de  faire  le  fort  et  la  diligence 
qu'il  fallait  y  apporter  prit  la  résolution  de  payer  et  de  faire  travailler  vivement,  ayant 
d'ailleurs  reçu  sa  pièces  d'artillerie,  sçavoir  :  deux  de  six  et  quatre  de  huit,  et  ne  pouvant 

s'empêcher  de  la  mettra  en  suret.  . 

Vers  le  commencement  du  mois  de  May,  les  sauvages  et  accadiens  désespérant  de 
pouvoir  rien  faire  sur  les  Anglois  au  fort  Lawrence,  firent  un  party  d'environ  cent  trente 
avec  trois  ou  quatre  accadiens  pour  leur  servir  de  guide,  et  furent  à  Chibouctou  ou 
Halifax  où  ils  tuèrent  une  trentaine  de  personnes  et  amenèrent  environ  une  dizaine  de 
prisonniers,  le  coup  fait  ils  revinrent  à  la  pointe. 

Vers  la  fin  de  Juin  les  Sauvages  de  Canada  ennuyés  de  rester  ont  commencé  à  def- 
ffiler  pour  s'en  retourner  en  Canada,  et  en  chemin  faisant  ont  tué  les  moutons,  cochons, 
jusques  aux  veaux  des  habitans,  partout  où  ils  ont  passé  et  même  à  la  pointe  à  Beausé- 
jour sans  qu'on  ait  pu  les  empêcher,  ce  qui  a  fait  un  tort  considérable  aux  habitans. 

Le  onze  Juin,  un  détachement  de  troupes  angloises  au  nombre  d'environ  trois  cens 
sortit  du  fort  Lawrence  avant  le  jour  et  passa  par  le  derrière  pour  nous  cacher  sa  marche  , 
à  la  pointe  du  jour  il  se  trouva  à  la  vu  du  pont  à  Buot.  * 

Le  Sieur  de  Saint  Blin,  cadet  qui  commandoit  dans  ce  poste  fit  avertir  sur  le  champ 
Monsieur  de  Saint  Ours,  et  ayant  vu  que  les  Anglois  avoient  passé  la  Rivière  et  avoient 
môme  tiré  des  coups  de  fusil,  fît  faire  feu  de  sa  mousqueterie  et  de  deux  pierriers  qu'il 
avoit  et  tua  trois  ou  quatre  hommes,  ce  qui  fît  retirer  les  Anglois  qui  s'aperçurent  que 
tout  le  monde  se  rassembloit. 

Monsieur  de  Saint  Ours  qui  à  la  nouvelle  qu'il  avoit  eu  que  les  Anglois  étoient  à 
ce  poste,  étoit  party  avec  toutes  ses  troupes  pour  luy  donner  du  secours,  apprit  en  che- 
min leur  retraitte  et  resta  à  la  butte  à  Roger,  les  Sauvages  et  quelquesXanadiens  passè- 
rent la  Rivière  et  poursuivirent  vivement  les  Anglois  de  ce  côté  là,  tandis  que  sur  notre 
bord  nous  les  côtoyâmes  en  faisant  un  feu  continuel  jusqu'à  la  porte  de  leur  fort. 

Monsieur  Delangy  officier  de  Canada  reçut  une  balle  dans  la  cuisse,  les  soldats 
conadiens  et  accadiens  qui  étoient  partis  à  la  débandade,  tirèrent  longtemps  sur  les 
bâtimens  qui  firent  .un  feu  très  vif  de  leur  artillerie,  mais  sans  effet,  tout  ce  monde  étant 
retranché  derrière  une  levée  tout  le  monde  rentra  vers  midy,  il  n'y  eût  personne  de  tué 
de  notre  côté. 

Les  Sauvages  canadiens  et  accadiens1  même  ont  toujours  inquiété  les  bâtimens  qui 
portoient  des  provisions  au  fort,  à  l'abry  d'une  levée  qui  règne  tout  le  long  de  la  Rivière 
et  ont  tué  à  peu  près  dans  le  même  tems  le  second  d'un  bâtiment  avec  deux  matelots  ; 
peu  de  tems  après  les  Anglois  firent  passer  du  monde  la  nuit  qui  enleva  six  bœufs  des 
habitans  qui  étoient  dans  le  marais. 

Le  lendemain  Beausoleil  accadien  et  deux  sauvages  passèrent  sur  leur  bord  pendant 
la  nuit  et  enlevèrent  quatre  vingts  moutons  et  une  pirogue,  deux  ou  trois  accadiens  d'un 
autre  coté  enlevèrent  aussy  sur  leur  terrain,  sept  ou  huit  chevaux  qui  y  avoient  passé. 

Quelques  jours  après  le  capitaine  du  navire  qui  est  mouillé  vis  à  vis  de  Weskak 
envoya  une  pirogue  armée  pour  prendre  un  canot  qui  étoit  dans  la  rivière,  Monsieur  de 
Saint  Ours  averty  de  cette  manœuvre  détacha  le  Sieur  de  Beaurans  officier  des  troupes 
de  Louisbourg  avec  vingt  hommes  mais  qui  arriva  trop  tard,  les  Anglois  ayant  déjà  le 
canot  à  leur  bord. 

Les  Anglois  dès  qu'ils  l'apperçurent  tirèrent  sur  luy  deux  coups  de  canon  qui  ne 
blessèrent  personne,  ils  en  tirèrent  cinq  sur  notre  fort,  deux  jours  après  en  représailles 
de  ce  que  les  sauvages  et  accadiens  avoient  tiré  sur  une  chaloupe  qui  entroit  dans  Meza- 
gouesh,  leurs  boulets  tombèrent  fort  loin  de  notre  fort  qui  leur  répondit  de  sept  coups 
qui  firent  cesser  leur  feu,  nos  boulets  allant  jusqu'à  eux. 

Vers  le  commencement  de  Juillet  une  goélette  venant  de  Baston,  faisant  route  pour 
Beaubassin  fut  poussé  par  un  coup  de  vent  sur  notre  côte,  à  la  portée  du  canon  de  notre 


Ql  w   1/  OQli    Dï        [C  \hll  \.      il/'     OOi  i  \n  \  i 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

fort  ci  vis  à  vis  <lu  h.lv  ira  .ui:'l"i    tnouilli 

(i.     mi.-  avec  de     \    ladien    i  I  (  lanadien  ,  il      embu  qu<  renl 

jusque  ;  .i  marée  liu'.si-  <|ii  il     -  nt  i.  i  i-ul   'I  m 

Mon   ieur  de  Bainl  (  'in  i  \   envoya    M<- s  khi ■  <   de   I  .•  i  \   ai  m    «l    \l<»nt«-HHOn  ofli 

(  '.Mi.ldapoUr    |  ri  il  il     (le  i    mini  .   i|.'.     .iii\.r;r      |<-   r.ipl  lui  M<  •   H     mal  II      I. 

l'y  transport*  aussi  bout   ce  qu'ils  parent    tain  le  retirer  le  < 

aura  firent  ensuitte  défonoer  tout  ce  qu'ils  purent  d'eaa  de  rie,  rhana 

»l   liqueurs,  lors  <pie  I»-,     ,.iu\ . i-'<,    I-.MI  i-li' n      i'  lii'ii     i  un  M'    pilli 

bâtiment  on  v  ■  mi  ■  le  feu,  on  i    rové  de  I  incendie  d<  be   qui  ont 

•  i  pour  cabanner. 

Le  même  jour,  dam  le  terni  <|n<-  le   Sauvage*  étoient   apr<     Mon  ieur  Hun 
Lutrell,  commandant  ■  Beaubassin,  écrivit    k    Mon  ieur  d  Oui     puur  le  ; 

vouloir  bien  donner  du     eoouri  au  oapitaine  et    matelots  du  bâtiment  échoui 
(cncs  et  de  Elire  en  sorte  de  sauver  le   bâtiment   qu'il   luy  auroit  toute  l'obligation 
ible. 
Deux  jours  après,  Monsieur  de  Saint  Ours  luj  renvoya  le  capitaine  et   ion  Equi] 

n'ayant  pu  les  renvoyer  ]  >  1  u  l  «  »  t ,  les  laUVagee   qui    n'avoient    point   dessoûlé  les  demandant 

hautement,  Monsieur  LeLoutrepaya  leur  rançon ainsy qu'il  ■  toujours  été*  pratiqué ponr 
les  prisonniers  et  chevelures. 

Monsieur  Hungreford  n'a  point  <lu  tout  parlé  dans  tes  lettres  de  la  réception  de 
ce  Capitaine  il  a  seulement  fait  remercier  Monsieur  de  Saint  Ours  par  i' 
rans  qui  t'ùt  Le  oonduire  jusque  sur  leurs  terres. 

Monsieur  de  Saint  Ours  vers' le  quinze  Juillet  voyant  l'impossibilité  qu'il  y  avoit 
de  faire  lubsister  les  sauvages,   les  familles  réfugiées  et  ses  troupes  n'ayant  point  de 

vivres  et  le  pays  étant   entièrement   ruiné,    prît   la    résolution    de  congédier  les  saui 
Micmacs  jusqu'à  la  Saint  Michel   qui  étoient  les  seuls  qui   restoient  et  qui  étoient  en 
grand  nombre,  leurs  femmes  et  leurs  enfants  étant  avec  eux. 

Le  lendemain  du  départ  des  sauvages,  six  soldats  de  troupes  de  Canada  passèrent 
ehés  les  Anglois  et  leurs  apprirent  leur  départ.  Le  même  jour  le  sieur  de  Baurans  fût 
envoyé  par  Monsieur  de  Saint  Ours  pour  apporter  une  lettre  à  Monsieur  Lutrel  par  la- 
quelle il  demandoit  raison  de  ce  que  les  matelots  ou  soldats  du  navire  mouillé  devant 
Weskak  étoient  venus  sur  notre  terre  poursuivre  des  habitans  qui  alloient  à  la  pointe 
à  Beauséjour. 

Monsieur  Lutrell  fit  dire  au  Sieur  de  Baurans  qu'il  répondroit  le  lendemain,  la  nuit 
il  fit  passer  la  rivière  et  sur  nos  terres  à  un  détachement  de  ses  troupes,  soutenu  de 
deux  pièces  de  campagne  qui  restèrent  sur  le  bord  de  la  rivière  de  leur  côté  qui  abatit 
une  partie  d'une  levée  qui  règne  le  long  de  la  rivière  et  d'où  les  Sauvages  et  accadiens 
retranchés  a  voient  toujours  inquiété  les  bâtimens  qui  leur  portoient  des  provisions  et 
qui  s'échouoient  à  mer  basse  dans  le  ruisseau  de  Galop. 

Le  Sieur  de  Baurans  ayant  été  le  lendemain  pour  chercher  la  réponse  de  Monsieur 
Lutrell  il  luy  fît  dire  par  un  officier  que  la  réponse  n'étoit  pas  prête  qu'elle  le  seroit 
dans  deux  ou  trois  jours  il  rendit  compte  à  Monsieur  du  Saint  Ours  de  sa  mission  et  en 
même  tems  de  l'ouvrage  que  les  Anglois  avoient  fait  sur  nos  terres. 

La  nuit  du  26  au  27  qui  étoit  le  lendemain,  Monsieur  Lutrell  fit  encore  passer 
environ  cent  hommes  sur  un  ponton  vis  à  vis  leur  bâtiment  mouillé  dans  le  ruisseau  de 
Galop  sous  le  canon  du  fort  et  soutenu  de  deux  pièces  de  campagne  pour  achever  de 
démolir  la  levée,  le  matin  on  s'apperçut  de  leur  manœuvre  y  travaillant  eucore  au 
grand  jour. 

Monsieur  de  Saint  Ours  fit  battre  la  généralle  et  envoya  dans  les  côtes  avertir  les 
habitans  de  se  rendre  tout  de  suite  au  fort.  Les  Anglois  s'étant  apperçus  de  cette  ma- 
nœuvre, repassèrent  la  rivière  et  reprirent  le  chemin  du  fort. 

Monsieur  de  Saint  Ours  leur  a  écrit  pour  leur  demander  raison  de  tous  ces  actes 
d'hostilité,  la  démolition  de  cette  levée  est  extrêmement  préjudiciable  aux  habitans, 
leurs  maraits  étant  actuellement  innondés  par  ce  moyen  là, 

18—57     R-16 


394  ,1  lt<  Ul\  ES  CANADIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


Après  le  départ  des  Bauvagea  Micmacs,  il  y  en  a  eu  deux  de  la  Mission  du  Père  La 
Corne  qui  avoient  resté  et  qui  furent  avec  un  Pavillon  parler  aux  Anglois  que  dès  qu'ils 
les  eurent  aperças  leur  envoyèrent  un  canot  pour  passer  la  ri\i<re. 

[la  les  reçurent  fort  bien,  leur  firent  des  présens,  cherchèrent  tous  les  moyens  de 
faire  la  paix  avec  eux-  Monsieur  de  la  Vallière  représenta  à  Monsieur  de  Saint  Ours 
qu'il  seroit  à  propos  pour  l<*  bien  du  service  de  faire  arrêter  ces  gens  et  de  les  envoyer 
en  Canada  ou  à  l'Tsle  Royale,  mais  il  ne  le  jugea  pas  à  propos. 

Ils  ont  continué  d'y  aller  trois  ou  quatre  fois  depuis,  c'est  le  même  sauvage  qui  fut 
avec  un  pavillon  qui  fit  tuer  Monsieur  How,  ils  sont  partis  du  camp  le  27. 

Le  même  jour  le  fort  de  la  pointe  •.  Beauséjour  n'étoit  point  encore  perfectionné.  Le 
corps  de  cazernes  étoit  à  demi-couvert,  de  même  qu'un  corps  de  garde,  la  poudrière 
n'étoit  point  encore  en  état  de  recevoir  la  poudre,  il  n'y  avoit  que  trois  plateformes 
finies,  les  autres  s'étant  éboulées  et  presque  hors  d'état  de  servir,  les  pieux  du  fort 
n'étant  point  assujettis  par  aucune  terrasse  n'y  en  dehors  n'y  en  dedans  ont  été  tous 
»  branles  par  les  pluyes  et  les  gros  vents  qu'il  a  fait,  on  y  travailloit,  mais  molement. 

Le  fort  de  Gasparaux  n'est  point  perfectionné  non  plus. 

Il  y  avoit  à  la  pointe  à  Beauséjour  tant  de  troupes  de  Canada  que  de  Louisbourg 
environ  soixante  dix  ou  quatre  vingts  Canadiens. 

A  la  butte  à  Roger  il  y  en  a  trente. 

Au  Pont  à  Buot,  il  y  en  a  vingt. 

A  Westkak,  dix. 

A  la  Baye  Verte  il  y  a  douze  soldats  de  Canada. 

Aux  Gasparaux,  il  y  en  a  dix. 

Il  y  a  dans  les  côtes  environ  cinq  cent  cinquante  Accadiens  portant  les  armes, 
sans  compter  une  partie  de  réfugiés  et  ceux  qui  arrivent  tous  les  jours. 

Le  total  des  troupe3  ou  Canadiens  est  de  deux  cent  vingt  deux  hommes  sans  com- 
prendre les  officiers. 

Bigot  au  ministre. 

A  Québec  le  6  9bre  1750. 

Monseigneur,— Mr  Le  cher  de  la  Corne  cy  devant  Commandant  à  Chedaïk  et  que 
M.  de  S1  Ours  Capitaine  de  cette  garnison  a  été  relever,  arriva  hier  au  soir,  il  nous  a 
apporté  pour  nouvelles  que  Les  françois,  aussitôt  que  les  anglois  eurent  pris  possession 
de  Beaubassin,  travaillèrent  à  se  retirer  du  côté  de  Chedaïk  et  qu'ils  firent  en  consé- 
quence passer  leur  bestiaux  par  les  bois. 

Les  anglois  avertis  de  leur  Evasion  furent  au  nombre  de  fiO  les  attendre  dans  des 
passages,  mais  30  Sauvages  qui  en  furent  informés  les  attaquèrent  et  les  chassèrent  après 
en  avoir  tué  17  et  pris  10. 

Toutes  les  familles  de  Beaubassin  sont  sur  nos  Terres,  mais  dénuées  de  toutes  sortes 
de  Vêtemens  n'ayant  pu  rien  Emporter  par  les  bois,  Et  je  suis  bien  charmé  d'y  avoir 
envoyé  provisions  de  Vivres. 

M.  Le  cher  de  la  Corne  m'a  dit  que  la  plus  grande  partie  des  effets  que  j'avois  fait 
passer  à  Chedaïk  avoient  été  consommés  par  Les  Sauvages,  et  que  ces  acadiens  soufri- 
roient  beaucoup  pendant  L'hyver,  n'Estant  pas  possible  qu'on  puisse  leur  procurer  en 
Entier  leurs  besoins  en  Etofes.  ils  sont  au  nombre  d'Environ  1,500.  Tant  hommes  femmes 
qu'Enfants,  et  une  partie  compte  se  retirer  à  Québec  L'année  prochaine  et  nous  demander 
des  terres  :  Si  les  Limites  étoient  par  lors  réglées,  ils  conviendroit  mieux  qu'ils  restas- 
sent où  ils  sont,  ce  seroit  mon  avis,  étant  de  conséquence  d'avoir  le  Voisinage  de  L'acadie 
bien  peuplé  et  bien  défriché,  Tant  pour  donner  du  secours  en  Vivres  à  L'Isle  Royale, 
que  pour  tomber  en  tems  de  guerre  sur  L'acadie. 

J'ay  l'honneur,  àc. 

De  la  Jonquière  au  ministre. 

A  Québec,  le  6  9bre  1750, 
Monseigneur, — J'ay  eu  l'honneur  de   vous   marquer  par  ma  lettre  du  3  du  mois 
dernier  que  nous  faisions  partir  le  navire  le  Joseph  de  Nantes  pour  transporter  à  Ejedaïk 


i,i  \i   IL0QI1    /'/  •      U    i/'//  V«      ii/'     /""  !   '■'/  '-  /  M 

DOC.  DE  LA  SESSION  No    18 

un  détachement  de  230  hommes,  avec  l<<    \i  (.    ..un.-   h  munitioi  nous 

u'avou  i  pu  m  vie  ni  arrangement  par  la  nui  m-  i  .i  i  on  qui  n<»'i    om{><?< 
la  fregatte  la  Diane,  les   Pilotte     pratiqui     nou  . 

également   exposé  à  cou  ri  i   dru  ^rand      ri:,i|ii<'M    i-l,    <|ii  il      m  ut   point   f«»il     «lu  ht 

oonduire  à  l>"n  port|  tirant  trop  d'Eau,  ce  'i"i  nom  a  contraint  d'abandonner  e*   pi 
et  à  faire  partir  deux  petits  bâtiments     ur  lesquels   uou  ts  les 

vivres  h  munitions  de  guerre  aveo  un  détachement    le      '  borome    dont   I  otti<  u  > 
cadets  à  l'Eguillette  et  57  loldat    et  18  Canadien   su  moyen  de  quoy  «-t.  <l<-  500  hommes 
acoadiens  qui  sont  sur  nos  terres  à  la  vérité  peu  gnerriei     Le  Sieui  D<  chaillon    i 
Ours  sera  pourvu  et  faire    on  possible  pour    op]  entrepi  is.     l»>^ 

le  petit  printems  prochain,  nous  serons  en  état  de  luy  envoyer  utn  augmentation  plus 
oonsidérable  de  1 1  oupes. 

Le  s.  (  'h"  «le  i.-i  (  '«.i  ae  vient   d'arriver  dan    le  moment   aveo  le  fi    IX   ligneris,  i 
m'ont  rendu  compte  «in'ils  ayoient  remis  le  poste  au  «lit  S.  de  leur 

départ  tout  paraissoit  fort  tranquille.  Il  j  a  eu  néanmoins  deux  petit 
mes  précédentes.     L'une  d'un  party  de   15  Sam  I  de  15  accadii 

Anglois  qui  Avoient  été  placés  dans  un  poste  pour  s'opposer  "i  pa  bge  de  Accadienn 
sur  nos  terres,  ils  les  ont  attaqué,  en  <>nt  tué  17  <-t,  fait  10  prisonnier  <  I  l'antre  par  an 
party  de  quelques  Sauvages  qui  se  sont  rendus  maîtres  d'une  chaloupe  et  ont  tué  cinq 
Anglois  <  { u  i  la  m<  noient. 

('«•s  deux  affaires  ne  peuvent  <iu<-  tain  un  bon  effet  et  je  i  oint  en  peii 

les  Sauvages  n'avoient  tous  décampes  pour  aller  faire  leur  chasse.     J  e  père  que  les 
que  leurs  missionnaires  se  donneront  ne  contribueront  pas  i»<mi  à  les  faire  revenir,  ce  qui 
est  essentiel,  n'aïant  point  discontinué  de  leur  écrire  en  conséquent  quils 

ne  pussent  point  réussir  suivant  les  nouvelles  que  j'auray  cet  hivert  et  les  compte 
me  seront  rendus,  Je  me  determineray  ày  envoyer  un  party  de  nos  Sauvages  domicilies. 

Le  S.  de  S1  Ours  me  marque  par  sa  lettre  du  10  8bre  qu'il  y  a  grande  apparence 
que  les  Ânglois  hiverneront  à  Beaubassin,  qu'ils  y  ont  baty  un  fort  et  qu'il  y  a  600 
hommes. 

A  L'Egard  du  poste  de  la  rivière  St-Jean  le  S.  de  Boishebert  qui  y  commande  m'a 
envoyé  la  prétendue  Commission  du  Capitaine  Anglois  qui  s'étoit  emparé  d'un  de  nos 
Brigantins,  ce  qui  n'est  rien  moins  que  ce  qu'il  me  faisoit  espérer,  l'Anglois  le  trompa 
et  au  lieu  de  luy  remettre  ses  ordres  il  luy  laissa  une  commission  de  1747  qui  luy  avoit 
été  donnée  pour  remplir  une  Compagnie  à  Louisbourg. 

Je  compte,  Monseigneur,  apprendre  par  les  premiers  vaisseaux  qui  viendront 
l'année  prochaine,  la  décision  de  nos  limittes,  sans  quoy  nous  ne  serons  point  tranquiles 
et  on  sera  exposé  à  faire  des  dépenses  très  considérables. 

Au  surplus,  Monseigneur,  j'ay  l'honneur  de  vous  rendre  compte  que  les  Abénakis 
de  Nanansouack  qui  avoient  refusé  de  se  joindre  aux  Abénakis  de  St-françois  qui  ont 
fait  coup  sur  des  habitations  Angloises,  ont  pris  le  party  de  se  retirer  icy,  appréhendant 
les  anglois. 

Ils  sont  venus  au  nombre  de  22  et  tout  le  village  doit  arriver  dans  peu,  Ils  m'ont 
demandé  à  S'établir  à  la  Beausse  à  dix  lieues  d'icy,  ce  que  je  leur  ay  accordé,  et  comme 
c'est  une  bonne  acquisition  à  tous  égards,  nous  leur  donnerons  quelques  secours  pour  les 
mettre  en  état  de  cultiver  des  terres. 

Je  suis  avec,  &c,  <fcc, 

LA  JONQUIÈRE. 

Mémoire  joint  à  la  lettre  de  M.  le  Marquis  de  Puyzieulx  du   15  septembre  1750.     Le 
même  jour  il  a  esté  remis  au  cte  d'albermarle,  ambassade  d'Angleterre. 
On  a   fait  deux  observations  essentielles   dans   la   réponse  au  Mémoire   remis  à 

Compiegne  par  Mr.  le  Cte  d'albermarle  à  Mr.  le  Mi3  de  Puyzieulx  sur  les  plaintes  portées 

par  Mr  Cornwallis  gouverneur  de  l'acadie. 

1°  Qu'il  n'estoit  pas  juste  quant  aux   violences  que   ce  Gouverneur  imputoit  aux 

Officiers  francois,  de  s'en   raporter  à  sa  seule  exposition  ;  que  Sa   Mle  se  feroit  rendre 

18— 57J 


396  ARCHIVES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

compte  de  ce  qui  s'estoit  passé,  et  que  si  les  faits  dont  il  se  plaignoit  étaient  fondés,  Sa 
Mtt  in-  balanceroif  pas  a  en  faire  justice. 

2°  Sur  l'objet  principal  relatif  aux  limites,  < ju**  Sa  M"  alloit  renouveller  les  ordres 
les  pins  positifs  au  Mu  de  la  Jonquière  pour  < ju« -  tout  se  passart  (sic)  de  la  part  des 
françois  de  son  Gouvernement  de  la  manière  la  plus  conforme  à  la  bonne  correspon- 
dance des  ux  denations  et  aux  intentions  de  Sa  M'1  pour  son  affermissement  dans  la  con- 
fiance que  Sa  M"  Brit*  voudroit  bien  donner  de-  ordres  réciproques  aux  gouverneurs 
de  ses  colonies,  de  se  conduire  sur  les  mesms  principes. e. 

(  ta  ne  peut  pas  encore  avoir  reçu  la  vérification  que  Sa  Mte  a  ordonnée;  Mais  par 
des  lettres  qu'on  vient  de  recevoir  du  M1"  de  la  Jonquière  et  de  Mr  desHerbiers  Com- 
mandant, de  l'Isle  lloyale,  on  se  trouve  en  estât  de  mettre  le  Ministère  Brit"  à  portée  de 
juger  luy  mesme  combien  les  deux  observations  qu'on  vient  de  rapeller  estoient  fondées. 

Dès  le  mois  de  mars  Mr  Cornwallis  se  prépara  à  un  armement  considérable  pour 
lequel  il  envoya  mesme  à  Boston  pour  demander  un  secours  de  milices  de  cette  Colonie. 

Sur  la  fin  du  mois  d'Avril  il  fit  en  effet  embarquer  sur  plusieurs  Batimens  con- 
voyés par  la  frégate  Y  Albanie  de  18  canons,  des  Troupes  avec  quelques  pièces  de  Cam- 
pagne sous  les  ordres  du  major  Laurence,  pour  aller  attaquer  le  Ch"  de  la  Corne  Capi- 
taine des  Troupes  de  Canada  dans  les  postes  qu'il  occupoit  dans  le  Continent,  s'emparer 
de  ces  postes,  et  forcer  les  habitans  françois  et  les  Sauvages  à  se  soumettre  aux  condi- 
tions qu'il  luy  plairoit  de  leur  imposer. 

L'apareil  de  cet  armement  et  les  menaces  dont  il  avoit  esté  précédé  de  la  part  du 
gouverneur  Cornwallis  qui  n'avoit  pas  fait  mistere  de  son  projet,  avoient  irrité  les  Sau- 
vages et  allarraé  les  habitans  mesmes  de  quelques  endroits  de  l'Acadie,  desjà  effrayés  des 
innovations  et  des  propositions  de  ce  Gouverneur  ;  En  Sorte  que  les  bâtiments  étant 
allés  mouiller  dans  une  Zaone  de  la  Baye  françoise  appellée  le  Grand  Maringouin,  et  l'un 
d'eux  s'étant  détaché  du  costé  de  Beaubassin,  les  habitans  de  cet  endroit  prirent  le  parti 
de  l'abandonner  et  les  Sauvages  y  mirent  tout  de  suite  le  feu.  Ce  fait  se  passa  le 
deux  May. 

Le  mesme  jour  le  Major  Laurence  fit  débarquer  les  troupes  angloises  à  la  pointe  de 
Beauséjour  sur  le  continent  ;  Le  Capitnc  de  la  coste  alla  leur  parler  avec  un  pavillon 
blanc,  leur  représenta  que  ces  teires  appartenoient  à  la  france,  et  qu'il  avoit  ordre  de  ne 
les  y  point  souffrir. 

Les  Anglois  demandèrent  alors  à  parler  au  Commandant  françois  ;  Le  Chever  de  la 
Corne  qui  sur  les  avis  qu'il  avoit  reçus  de  leur  marche  s'estoit  rendu  de  ce  costé  là, 
demanda  luy  mesme  à  conférer  avec  le  Commandant  Anglois  ;  Après  quelques  pourpar- 
lers entre  des  Officiers  subalternes,  le  Major  Laurence  consentit  à  la  conférence,  et  le 
Chevalier  de  là  Corne  fit  la  moitié  du  chemin  pour  le  joindre. 

Le  Commandant  Anglois  dit  au  Chever  de  la  Corne,  qu'il  estoit  bien  surpris  de 
l'incendie  de  Beaubassin,  et  de  trouver  les  françois  sur  les  Terres  Angloises  ;  Qu'il  avoit 
ordre  du  Genal  Cornwallis  de  luy  dire  de  se  retirer,  et  que  c'estoit  aller  contre  le  droit 
des  gens  et  contre  la  bonne  foy,  de  venir  sur  ces  terres  et  d'engager  les  Sauvages  à  faire 
la  guerre  aux  Anglois. 

Le  Commandant  françois  repondit  au  Major  Laurence,  qu'il  ne  devoit  pas  estre 
surpris  de  le  trouver  dans  les  postes  qu'il  occupoit,  puisque  Mr  de  la  Jonquière  en  avoit 
instruit  M.  Cornwallis,  Que  c'estoit  sans  aucun  fondement  qu'il  luy  reprochoit  les  mou- 
vements des  Acadiens  auxquels  il  n'avoit  pas  plus  de  part  qu'à  l'incendie  de  Beaubassin 
dont  les  Sauvages  estoient  seuls  les  auteurs  ;  Qu'au  surplus  il  avoit  ordre  de  ne  souffrir 
aucune  descente  sur  cette  coste  appartenante  à  la  france,  et  de  repousser  la  force  par  la 
force. 

Le^  deux  Commandants  se  séparèrent  là  dessus  et  tout  de  suite  le  Major  Laurence 
fit  signal  à  sa  Troupe  de  se  rembarquer,  ce  qui  fut  exécuté. 

Tel  est  le  détail  exact  de  ce  qui  s'est  passé  dans  l'aventure  à  l'occasion  de  laquelle 
Mr  Cornwallis  a  jugé  à  propos  de  commencer  le  per  à  porter  ses  plaintes  ;  Il  S'ac- 
corde avec  ce  qu'il  en  a  dit  luy  mesme  pour  la  marche  de  ses  Troupes  ;  mais  il  en  resuite 
que  les  françois  ne  sont  point  entrés  dans  la  Péninsule  de  l'Acadie,  ainsi  qu'on  l'avoit 
avancé  ;  Qu'ils  n'ont  eu  aucune  part  aux  excès  des  Sauvages   et  aux  mouvements  des 


01  \  i ■  1/  OQIB  DBS    10  i/'//  Vi     il/'    DOOl  i//  \  /• 
DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Acadiens  j  que  M  '  de  Cornwallis  doit  Les  attribuer  uniquement  k  le  conduite  qu'il  a  < 
avec  les  uni  e(  les  autres,  e(  que  g '•■  I  très  inju  bem  qu'il  reui 

Ce  qu'on  avanoe  sur  la  conduite  de  oe  gouverneur  n'eut  poin!  I.  r 

puisqu'on  y  en  a  fail  de  ■  mlui  ion    publique  . 

Les  disposition    el  l'objet  de  l'armernenl  de  M    <    •  ■  •  t  *'  -  < J .i  r . 

Qazette  do  lioston,  dans  la  nouvelle  Mci  io]  «>n    il    a   •  •■••■ 

d'hosl  Hité  de  sa  pari  • 

On  a  fait  imprimer  à  Londres,   le  26  aou  I  dernier  de    lettn    d'Halifax,  nui 
tiennent  non  ueulem'  un  détail  de  tous  les  préparatifs,  de  cette  expédition  ;  ra 
les  oiroonstanoes  d'une  avanture  qui   l'avoîl    précédé  dan     l'interieui    de  la 
entre  des  Troupes  A  ngloises  et  des  8auvage 

Selon  le  témoignage  même  de  oes  lettres  le  I ;  m     ( 
une  guerre  ouverte  el  deolarée  oontre  contre  les  hab  er 

nement,  et  mesme  contre  les  françois  qui    ont    ujel    du  Roy. 

Le  bruil  estoit  gênerai  dans  ce    mesmes  Pays  la,  que  le  me  neui  de 

encore  faire  d'autres  entreprises  ;  ESl  nue  lettre  qu'il   s  écrite  au    M     de  la  Jonqui< 
le  6  ni.iv  vieux  stile,  de  laquelle  on  joint  icy  copie,  ne  permet  pa    de  doutei  d<    di  po  i 
tions  peu  pacifiques  où  il  estoit. 

Le  Uoy  a  Lieu  d'attendre  de  la  justice  «l»-  8a  Ma    l'.ric  qu'elle  voudra  bien  donner 
des  ordres  que  M1  Cornwallis  observe   une  conduite  plus  modérée  et  plus  conforn 
intentions  des  deux  cours  pour  l'affermissemenl  de  la  paix  et  qu'elle  ne  permettra  | 
qu'il  se  livre  à  des  voyee  de  fait  si  contraires  aux   stipulations  des  Traita     d  I  ,r    (ht, 
d'Ais  la-Chapelle,  et  à  l'esprit  de  la  Commission  < i u i  est  établie  k  Pai 

Le  Roy  répète  ioy  que  si  ses  officiers  faisoient  des  entreprises  de  cette  i  tant 

qu'ils  n'y  seront  pas  contraints  pour  repousser  la  force  par  la  force,  Sa  .Ma'  ne  balan 
mit  pas  d'en  faire  une  punition  exemplaire;  Elle  leur  a  fait  expliquer  et  renouveller 
intentions  à  cet  égard  de  manière  qu'ils  n'y  conviendront  pas  ;  On  peut  mesme  assurer 
que  dans  leurs  correspondances  avec  les  Officiers  de  Sa  M,c  Britannique  ils  ne  se  livre- 
ront jamais  à  des  déclamations  qui  ne  seroirnt  pas  mesme  avouées  dans  la  guerre  la  plus 
vive  ;  On  laisse  à  Sa  M  ite  Brit'  à  juger  du  stile  de  la  lettre  de  Mr  Cornwallis  à  Mr  de  la 
Jonquiere,  dattée  d'Halifax  le  5  may  vieux  stile. 

On  finira  par  observer  que  le  Mls  de  la  Jonquiere,  à  la  réception  des  ordres  du  Roy 
qui  furent  échangés  l'hiver  dernier  avec  ceux  du  Roy  de  la  Grde  Bret°  pour  l'échange 
des  prisonniers,  a  fait  remettre  sur  le  champ  tous  ceux  qui  estoient  en  son  pouvoir 
à  un  officier  Anglois  du  Gouvernement  de  la  nouvelle  Yorck  et  donné  les  ordres  les 
plus  précis  dans  tout  son  Gouvernement  de  procurer  toutes  les  facilités  possibles  aux 
Anglois  pour  le  rachapt  des  prisonniers  qui  se  trou  voient  chez  les  Nations  Sauvages  ;  Il 
n'a  pas  mesme  attendu  pour  ces  opérations  les  seuretés  qu'il  auroit  esté  en  droit  d'exiger 
des  Gouverneurs  Anglois,  et  le  mesme  Ministère  Britannique  peut  juger  par  là  des  dispo- 
sitions particulières  du  Gouverneur  françois,  et  des  ordres  qui  luy  ont  esté  donnés  pour 
tout  ce  qui  a  raport  à  l'union  des  deux  nations  ;  On  espère  que  les  Gouverneurs  Anglois 
en  auront  usé  avec  la  mesme  bonne  foy  et  la  mesme  exactitude  pour  le  renvoy  des  pri- 
sonniers françois,  et  l'on  ne  doute  pas  qu'à  tout  événement  la  Cour  d'Angleterre  ne  se 
porte  à  leur  en  renouveller  l'ordre  pour  prévenir  toutes  plaintes  à  cet  égard. 

Le  marquis  de  la  Jonquiere  au  gouverneur  Cornwallis. 

A  Québec,  le  23  9bre  1750. 

Monsieur, — Je  n'ay  pas  c;u  devoir  faire  parvenir  jusqu'à  vôtre  Excellence  le  ressen- 
timent que  je  ne  puis  qu'avoir  de  l'insulte  que  vous  avez  fait  faire  cette  année  en  diffé- 
rentes occasions  au  pavillon  du  Roy  mon  maître,  parce  que  j'ay  d'abord  pensé  que  vous 
n'y  aviez  aucune  part  et  que  du  moment  que  vous  en  seriez  informé,  vous  vous  empres- 
seriez non  seulement  de  me  renvoyer  le  batteau  françois  Le  Loudo?i,  avec  les  gens  de 
son  équipage,  de  même  que  les  six  matelots  du  Brigantin  le  S t- Jean- Baptiste,  mais 
encore  de  m'offrir  telle  satisfaction  que  j'exigerois  pour  un  pareil  acte  d'hostilité  et  pour 
tous  les  autres  que  vous  avez  fait  commettre  cependant  je  vois  que  non  contems  de 
rester  dans  un  profond  silence  à  cet  égard,  vous  avez  eu  la  témérité  de  faire  combattre 


398  \i;<  lll\  ES   CANADIENNES 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 


]«■  Brigantia  le  Sa  Majesté  tree  chrétienne  le  St- François,  commandé  par  le  Sr  de 
Vergor  capitaine  dea  troupes  détachées  d<-  la  marine,  de  le  faire  prendre  et  de  le  détenir 
prisonnier  près  de  voua  avec  boq  équipage,  sans  m'en  donner  le  moindre  avis  et  comme 
votre  procédé  est  à  tous  égards  contraire  et  aux  traittés  de  paix  et  à  la  bonne  intelli- 
gence qui  doit  régner  parmy  les  sujets  de  nos  Gouvernement,  Je  vous  somme  de  me 
déclarer  pourquoy,  comment  et  <'n  vertu  de  quoy  vous  ave/  t'ait  prendre  le  dit  batteau 
le  Loudon  et  le  dit  Brigantin  le  St  Françoiê. 

a  l'égard  du  S1  de  Vergor,  dv^  dits  bâtiments  et  de  leurs  Equipages,  Je  n'ay  aucune 
demande  à  vou3  faire  et  il  me  suffira  d'en  rendre  compte  au  Roy  mon  maître.  Votre 
Excellence  doii  savoir  ce  qu'elle  a  à  faire  pour  Réparer  une  pareille  entreprise  et  pré- 
venir les  suittes  auxquelles  elle  pourrait  donner  lieu. 

Vou^  aurez  vu,  Monsieur,  par  toutes  les  lettres  que  j'ay  eu  l'honneur,  de  vous  écrire 
que  je  n'ay  mis  des  troupes  sur  les  terres  du  Roy  mon  maître  que  pour  m'y  maintenir 
et  nous  sommes  en  quelque  façon  convenus  que  les  choses  de  part  et  d'autre  resteraient 
dans  leur  premier  état  Jusqu'à  la  décision  des  commissaires  nommés  par  les  deux  couron- 
nes pour  régler  nos  limittes,  mais  bien  loing  d'attendre  cette  décision  vous  avez  etably 
et  fortifié  Beaubassin,  vous  y  avez  mis  un' détachement  de  troupes  et  placé  plusieurs 
pièces  de  Canon,  Vous  n'avez  pas  même  dissimulé  que  vous  avez  prémédité  des  nouvelles 
entreprises  sur  les  terres  du  Roy  de  france,  c'est  pourquoy  Je  vous  somme  aussi  de  me 
déclarer  quelles  sont  vos  vues  à  cet  égard. 

Au  surplus,  il  m'est  revenu  Monsieur,  que  vous  menacez  de  faire  razer  tous  les 
villages  où  sont  les  pavillons  franco; s,  et  que  vous  voulez  faire  des  établissements  sur  les 
terres  du  Roy  mon  maître,  ce  qui  m'oblige  de  vous  sommer  également  de  me  déclarer  si 
vous  avez  des  ordres  à  ce  sujet. 

Je  fais  ces  trois  sommations  à  Votre  Excellence  au  nom  du  Roy  mon  maître,  Je 
suis  fondé  à  vous  les  faire  par  les  traittés  de  paix  faits  entre  Leurs  Majestés  les  Rois  de 
france  et  d'Angleterre,  et  vous  ne  pouvez  me  [sic  pour  vousl  dispenser  de  me  déclarer 
nettement  si  vous  avez  des  ordres  exprès  du  Roy  votre  maître  pour  enfreindre  et  même 
anéantir  ces  traittés,  et  pour  que  j'en  sois  bientôt  informé,  je  me  hatte  d'écrire  à  Votre 
Excellence. 

Je  vous  prie  Monsieur  de  vouloir  bien  m'honorer  d'une  réponse  positive  pour  que 
je  scache  à  quoy  m'en  tenir  et  dans  le  cas  que  vous  ne  me  fassiez  pas  la  ditte  réponse,  Je 
vous  signifie  que  votre  silence  Joint  à  tous  vos  actes  d'hostilité,  me  mettront  dans  la 
dure  nécessité  d'user  de  représailles  sans  aucun  ménagement. 

J'ay  l'honneur,  etc. 

LAJÛNQUIÈRE. 

MÉMOIRE    SUR   LES    COLONIES    DE    LA    FRANCE  DANS  L'AMÉRIQUE 

SEPTENTRIONALE. 

Décembre  1750.  N°  1.   Ce  mémoire  est  tel  qu'il  avoit  été  rédigé  par  M.  M.  Silhouette 

et  de  la  Galissionière,    mais    M.  le    Maréchal    de    Noiailles    ayant  trouvé 
qu'on  etendoit  trop  les  inconveniens  on  la  Réduit  comme  dans  la  copie  n°  2. 

[Voici  l'article  qui  a  trait  à  l'Acadie]. 

Article  5  e 
Des  etablissemens  des  françois  dans  le  Golfe  Saint  Laurent,  de  l'Isle  R-oyale  et  de 

l'Acadie. 
On  ne  dira  qu'un  mot  sur  les  Etablissemens  que  la  france  possède  tant  sur  la  coste 
dite  de  Labrador,  que  dans  le  Golfe  Saint  Laurent  pour  la  pèche  du  Loup  marin.     Ces 
etablissemens    sont    utiles    pour  le   commerce  en   tems  de  paix,   mais  ils  donnent  peu 
d'avantages  sur  les  ennemis  en  tems  de  guerre. 

La  perte  de  l'acadie  a  obligé  d'avoir  une  attention  très  particulière  pour  l'Isle 
Royale,  ou  l'on  a  bâti  et  fortifié  Louisbourg.  L'acadie  faisoit  autrefois  partie  du  Canada, 
et  c'est   sans  doute   une  des  pertes    des  plus  importantes  que  l'on   ait  faite  à  la  paix 


i,i  m  ILOQIB  ni       U   \i>n  \       11/'    /""  I   >//  '■  /  M 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

■  I  I :  i  ivdii .     L'établi    mu  ut    de    Loui  boui  •   par  ou  l'on  a  cherché  i  la  rej 
qu'il  étoit  possible,  n'oit  qu'un  foible  dédommagent! 

1 1  est  uiii\ er  ellement  rooonnti  p  ,  •*' 

mi  m-  peut  trop  !<•   répéter,  que  li  au  oommen<  i  menl  de   '  prochaine  l     ' 

m-  plein I  |>.i  .  l'Aoadie,  I  \« tadie  prendra  ou  fera  Loinl>ei   Loui  I 

<  >n  uni  doit  pa    cependant  oonolure,  comme  il  parott   que  pi  l'ont 

fait  dans  la  dernière  guerre  que  la  con  srvation  du   i 

celle  de  Louisbourg.     On  a  éprouvé  que  le  Canada   pouvoit    i    outenir  tan  i    lace; 

mail  il  n'en  est  pa    moins  vray,  qu'elle  lui  est  d'une  tn    grande  utilité  en  tem 

l,i  simple  vue  de  la  po  ition  de  Lou  di  peu  •  ■  d'entrei  dan    aucn  détail  ■•*. 

oet  égard  ;  mais     il   e  I   évidemment  utile  h  la  nouvelle  i  ii    .noin    a 

L'anoienne  aoil  en  berna  de  guerre,  wil  en  tenu  de  i  i 

Lee  ports  de  l'isle  Eloyale  surtout  celui  <le  Loui  bon  re  la 

plus  favorable  pour  lervir  de  relâche  aui  eaux  qui  reviennent  <\  _"    d«- long 

court,  ainsi  que  pour  donner  retraite  aui  armateur  ,  et  lea  mettre  s  portée  de  ruiner  le 
oommerce  des  ennemies,  puisque  en  ortant  de  ce  port  on    e  trouve  pr<  r  le  ] 

de  tous  les  Navires  riches  du  monde. 

Enfin  c'est  après  l'Aoadie  la  situation   Is  plus  avantagea  e  pour  la  pech  mche 

de  commerce  aussi    utile   pour  l'argent   qu'elle  épargne  au    Royaume  et  qu'elle    y  fait 
entrer,  que  par  le  grand  jan  -in  l>re  de  matelots  qu'elle  occupe,  qu'elle  <  quelle  endurcit 

au  travail,  sans  les  exposer  à  des  maladies  ai  mortelles,  que  n'ont  point 

les  riches  Colonies  du  Tropique. 

L'importance  de  ces  objets  doit   engager  à  faire  plus  d'attention  que  jam 

moyens  «l'assurer  la  conservation  de  l'isle  lîoyale  et  d'arrêter  lesprogl  Ânglois  du 

cote  de  l'Aoadie,  en  sorte  que  les  établissements  qu'ils  y  font  ne  nuisent  au  Canada 
Louisbourg  que  le  moins  qu'il  sera  possible. 

Il  n'est  rien  de  plus  essentiel  pour  la  conservation  de  l'isle   royale,  que  de  lui  con 
servei    lea    moyens    de  communiquer  avec  le  Canada,  et  de  ne  rien  épargner  pour  faire 
des  établissement   de   vivres   et  surtout  de  bestiaux,  tant  dans  l'isle  Royale  même  quoi 
qu'ils  ne  puissent  être  ni  considérables  ni  sulîisans,    que  dans  l'isle  Saint-Jean  qui  en 
est  plus  susceptible,  et  dans  la  partie  du  Canada  qui  avoisine  la  Baye  de  Saint-Laurent. 

Il  y  a  une  partie  de  l'année  où  l'on  ne  peut  communiquer  de  Louisbourg  au  Canada 
par  le  fleuve  Saint  Laurent  ;  Et  qu'il  n'y  a  de  route  praticable  que  par  la  rivière  Saint- 
Jean. 

C'est  une  des  principales  considérations  qui  rend  intéressante  la  conservation  de 
cette  partie  du  Canada  que  les  Anglois  voudroient  s'approprier  sous  le  nom  d'Acadie. 
Le  terroir  par  lui  même  en  est  peu  fertile,  on  ne  pourroit  pas  même  y  faire  subsister  des 
detachemens  considérables  d'ici  à  quelque  tems,  mais  la  Rivière  Saint  Jean  qui  tra- 
verse ce  pays  est  la  seule  voye  par  laquelle  on  puisse  communiquer  durant  six  mois  de 
l'année  de  Louisburg  à  Québec  ;  c'est  la  seule  par  où  puissent  pénétrer  de  foibles  partis 
qui  répandus  dans  les  bois  et  soutenus  parles  Sauvages  sont  souvent  capables  de  décon- 
certer les  projets  des  Anglois  et  de  leur  en  rendre  l'exécution  dificile  et  meurtrière.  S'ils 
étoient  maitres  de  cette  communication,  on  perdroit  en  même  tems  le  secours  des  Sau- 
vages, Louisbourg  se  trouveroit  livré  trop  souvent  et  trop  longtems  à  ses  propres  forces, 
pour  ne  point  succomber  aux  premières  entreprises  des  ennemis,  Et  les  environs  de  Que- 
bec  se  trouveroient  exposés  à  leurs  courses  par  la  facilité  qu'ils  auroient  de  s'y  porter  en 
remontant  la  rivière  Saint-Jean  dont  les  Sources  avoisinent  les  établissements  qui  sont 
sur  le  bord  du  fleuve  St-Laurent.  Tant  et  de  si  puissantes  raisons  font  sentir  toute  la 
nécessité  de  veiller  à  la  conservation  de  cette  partie  du  Canada. 

Il  en  resuite  qu'on  ne  peut  aporter  trop  d'attention  à  la  manière  dont  on  réglera 
les  Limites  de  l'Acadie  :  Dans  la  vigueur  des  Traités,  et  suivant  les  anciennes  descrip- 
tions de  cette  Province  ;  La  cession  faite  aux  Anglois  se  termine  au  Port  royal  avec 
sa  banlieue,  et  à  la  partie  des  cotes  qui  s'étend  depuis  l'extrémité  de  la  Baye  françoise 
jusqu'au  cap  Canceau.  Ils  ne  doivent  rien  posséder  sur  la  Baye  de  Saint-Laurent,  ni 
du  coté  de  l'Isthme,  ni  du  côté  appelle  les  Mines,  dont  les  habitans  sont  françois  et 
Catholiques.  Si  cependant  pour  le  bien  de  la  paix,  on  se  determinoit  à  leur  céder  la 
partie  de  la  Péninsule  qui  ne  leur  appartient  pas,  il   paroit   qu'on  ne  devroit  le  faire 


400  ARC  En  ES  CANADIEN  \l  > 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

qu'en  considération  de  quelques  avantages,  et  qu'on  nt  pouroit  le  faire  avec  sûreté  qu'en 
y  apposant  quelques  conditions,  sans  lesquelles  i]  vaudrait  peut  être  mieux  rester  avec  les 
prétentions  réciproques,  el  dans  la  resolution  de  les  maintenir  par  la  force  au  casque 
Lnglois  l'employassent  pour  «'tendit'  leurs  possessions  au  delà  de  ce  qui  leur  appar- 
tient légitimement. 

Les  conditions  auxquelles  l'on  présume  que  la  france  pouvoit  céder  la  partie  de  la 
Péninsule  qui  lui  appartient,  sont: 

1°  Que  les  Anglois  ne  pouvoient  faire  aucun  fort,  aucun  établissement  Sédentaire, 
ni  aucune  culture,  dans  l'isle  de  Canceaux  qui  resteroit  neutre  ;  ni  le  long  de  la  coste 
de  la  Péninsule  depuis  le  cap  Canceaux  jusqu'à  la  Baye  verte  ;  que  cette  coste  resteroit 
aux  Sauvages  ;  que  l'Isthme  ne  seroit  point  fortifié  de  part  ni  d'autre  à  trois  ou  quatre 
lieues  de  distance,  Et  que  le  passage  en  resteroit  libre  aux  françois  pour  aller  d'une  mer 
à  l'autre  ;  que  les  Anglois  ne  pouroient  passer  le  détroit  de  Canceaux,  ni  naviguer  dans 
le  Golfe  ;  Et  pour  ne  leur  point  donner  lieu  de  Se  plaindre  qu'on  exigeroit  des  condi- 
tions exhorbitantes,  On  pouroit  stipuler  que  la  france  de  son  costé  ne  feroit  aucun  fort 
à  trois  lieues  de  la  coste  des  Etchemins  et  de  la  Baye  française,  et  qu'elle  ne  formeroit 
aucun  établissement  de  pèche  dans  cette  partie  de  la  mer. 

2°  Qu'il  seroit  permis  à  tous  les  habitans  françois  de  sortir  de  la  domination 
Angloise  avec  leurs  effets  et  leurs  bestiaux,  et  que  pour  cet  effet  il  leur  seroit  accordé  le 
terme  de  18  mois,  à  compter  du  jour  qu'ils  auroient  commencé  à  jouir  de  cette  permis- 
sion. 

3°  Que  les  Limites  de  la  nouvelle  Angleterre  demeuroient  fixées  à  la  Rivière  de 
Kinibequi  ou  à  telle  autre  dont  on  conviendroit  et  qui  seroit  au  moins  à  vingt  lieues  de 
distance  de  la  rivière  Saint  Jean  tirant  vers  baston  ;  qu'au  surplus  les  Abénakis  seroient 
maintenus  dans  la  possession  de  leurs  villages'de  Narantsouak  et  Panaouamské,  et  con- 
tinuèrent à  jouir  de  la  protection  de  la  france. 

4°  Qu'à  l'avenir  les  eaux  pendantes  serviroient  de  bornes  réciproques  aux  deux 
Nations  dans  l'étendue  des  frontières  entre  la  nouvelle  Angre  et  les  autres  Colonies  qui 
régnent  le  long  de  la  même  coste  jusques  et  y  compris  la  Géorgie  d'une  part,  et  de  l'au- 
tre le  Canada  et  la  Louisiane,  ce  qui  entraineroit  de  la  part  des  Anglois  l'abandon  du 
fort  de  Chouaguen,  sans  quoi  il  sera  impossible  d'entretenir  une  paix  solide  entre  les 
deux  Colonies,  et  c'est  ce  qui  doit  faire  sentir  combien  cette  dernière  condition  est  essen- 
tielle.    L'importance  en  sera  developée  de  plus  en  plus  dan?  l'article  suivant. 

MÉMOIRE  REMIS  À  L'AMBASSADEUR  D'ANGLETERRE,  À  PARIS, 

EN  1751. 

Les  papiers  publiés  ont  annoncé  depuis  quelques  mois  diverses  entreprises  de  la 
part  des  Anglois  contre  les  bâtiments  françois  dans  le  golfe  Saint  Laurent  et  sur  les 
côtes  de  la  Nouvelle-France.  Mais  ces  nouvelles  paroissent  si  contraires  au  droit  des 
gens  et  aux  dispositions  amiables  dont  la  Cour  Britannique  a  donné  tant  de  marques 
depuis  l'heureux  rétablissement  de  la  paix  que  l'on  étoit  fort  éloigné  d'y  ajouter  foi.  Et 
ce  n'est  qu'avec  une  extrême  surprise  qu'on  vient  d'apprendre  par  les  lettres  de  Canada 
et  de  l'isle  Royale,  que  les  vaisseaux  anglois  en  usent  dans  ces  mers  là  comme  ils  pour- 
roient  le  faire  dans  une  guerre  ouverte. 

Ces  vaisseaux  se  sont  répandus  durant  tout  l'été  dernier  [1750]  jusque  dans  le  fond 
du  golfe  Saint-Laurent,  arrêtant  et  insultant  tous  les  bateaux  françois  qu'ils  rencontroient 
Ils  ont  tenté  d'enlever  un  brigantin  qui  étoit  mouillé  à  la  rivière  St-Jean  où  il  avoit  été 
envoyé  par  l'Intendant  de  Canada  pour  porter  des  provisions  aux  détachements  des 
troupes  du  Roy  qui  sont  dans  ces  quartiers  là,  et  n'ayant  pu  y  parvenir  un  capitaine 
anglois  a  pris  quelques  matelots  du  brigantin  que  M.  Cornwallis  gouverneur  de  l'A- 
cadie  a  renvoyés  à  l'isle  Royale.  Mais,  sans  entrer  dans  le  détail  de  toutes  les  irrigu- 
larités  et  de  toutes  les  violences  de  la  part  des  vaisseaux  anglois,  on  se  borne  ici  à  deux 
faits  qui  ne  sauroient  manquer  d'exciter  l'indignation  de  Sa  Majesté  britannique  contre 
tous  ceux  de  ses  officiers  et  de  ses  sujets  qui  y  ont  participé.  Le  premier  est  la  prise  faite 
par  deux  senauts  anglois  armés  en  guerre  du  bateau  françois  le  Loudon,  capitaine 
Jacques  Jalain. 


1,1  \  i  \i  0011    "I       10  iDIl  VS    iVBi    DOOl  i//  \  /.  ICI 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Ce  bateau  avoit  ét<    envoyé  pai  L'Intendant   «lu  •  i  <'ln-d,ui. 

Saint-Laurent    pour  y  portei  de    provi  ion    aux  trou  pu    du  l<       h.  m  nn'-m<  de 

iiiiimi! ions,   marchandises  el  vivre    poui    le    pr<  qm«    i  M 

I  ii    i^r   de  faire  faire    uu\  d'une    mi     i  »u  ti.m   oi  '  I  [nie 

pour  à  |  (  'hedaïk  où  oc  b  i  tl  foi!  pemi  i    on  (  monl   qu  il  I 

Un  .in  m. .i  i  d'Aousi  i  750  ent  re  le  ootc  de  i  tan      [1  lot  en 

conduit  à  I  Ihibouotou  où  il  fui  confl  que. 

Le  deuxième  est  encore  le  pri  e  d  un  brigantin   fi  •■  du 

Roy  de  la  Grande  Bretagne    main   prise  d<»ni    l<  -  <-n  <  <»n  i  .m<  • 

ia  M.i|r-,ir  Britannique  bien  pluH  aggravante   < j m-  <■< -Iles  <l<-  h  pr«-mi< 

Le  marquis  de  la  Jonquière  ayant  été  Informé  de  la  conduite  d<      Lngloi      doi 
avoit  inutilement  porté  dee  plaintes  à  M.  Oornwalli  >ulant    I  secours 

nécessaires  aux  détaohementa  de  troupes  qui  lontdn  ooté  de  Is  i  prit 

le  parti,  au  mois  de  Septembre  dernier    de  faire  armer  à  Québec  le   brigantin  le  Saint 
Françoi*  pour  escorter  une  goélette  sur  laquelle  l'intentant  avoitfait  chai  oui 

II  donna  au  sieur  de  Vergor  Capitaine  des  troupes  le  commandement  de  ce  bi 
armé  de  dix  petits  canons  et  d'un  équipage  de  boixante  bommes  v  oompr    trente  soi 
Dans  L'instruction  qu'il  donne  au  Capitaine  VTergor  il  Lui  défendit  positivement  de  rien 
entreprendre  contre  les  bâtiments  anglais  qu'il  pourroit   rencontrer,  et  daneleoaeoù  il 
en  renoontreroît  quelqu'un  qui  voulut  s'opposer  à  son  |  il  lui  ordonns  de  ne  tirei 
sur  Un  qu'après  que  L'Anglois  auroii  commencé  si  menu  après  ravoir  averti  au  il  comman 
doit  un  bâtiment  du  Roy  de  FVancet  armé  pour  aller  porter  dt 

Le  16  d'octobre  11  7A01  le  Brigantin  et  la  goélette  se  trouvant  à  deux  lieues  à  l'< 
des  îles  îles  Loups  Marins,  au  cap  de  Sable,  Le  capitaine  Vergor  eut  connoissano 
onse  heures  du  malin  d'une  frégate  angloise qui  vint  par  son  travers  et  arriva  tout  d'un 
coup  vent  arrière  sur  lui,  mettant  toutes  voiles  dehors.    Une  demi-heure  après  la  n 
tira  un  coup  de  canon  à  halle  dans  l'arrière  de  son  brigantin  et  mit  son  pavillon.    Le  Capi 
taine  Vergor  fit  mettre  sur  le  champ  sa  flamme  et  son  pavillon  et  les  assura  d  un  coup 
de  canon  continuant  toujours  sa  route.      La  frégate   continua  aussi   la  chasse  et   l'ayant 
atteint    une  demi  heure   après  à  la  portée  d'un  canon  de  six,   elle  lui  en  tira  un   second 
coup  et  mit  aussi   sa    flamme.      Peu  de  temps  après,   elle  lui  tira  un   troisième  coup  de 
canon  dont  le  boulet  traversa  la  moitié  de  son   petit  hunier.      Il  fit  alors  ses  préparatifs 
pour  le  combat  en  cas  de  nouvelle   insulte  et  la  frégate  s'étant  encore  approchée  lui  tira 
quatre  coups  de  canons  à  boulet  sur  ses  voiles. 

Conformément  aux  ordres  qu'il  avoit  du  marquis  de  la  Jonquière,  il  fit  crier  en 
françois  au  Commandant  de  la  frégate  q\iil  étoit  bâtiment  du  Roy  de  France  et  qu'il  alloit 
porter  des  vivres  et  munitions  aux  troupes  de  sa  Majesté.  Ce  commandant  lui  ayant 
fait  répondre  d'amener  ou  qu'il  le  couleroit  bas,  il  lui  fit  encore  repeter  le  même  avertis- 
sement en  anglois,  mais  pour  toute  réponse,  la  frégate  lui  envoya  toute  sa  volée  de 
canons  dont  il  eut  deux  nommes  tués.  Se  voyant  ainsi  forcé  à  se  défendre,  il  arriva 
sur  la  frégate  et  lui  envoya  sa  volée  de  canons  et  de  mousqueterie.  Le  combat  dura 
près  de  cinq  heures  mais  le  brigantin  se  trouva  enfin  si  maltraité  dans  son  grand  mât 
qui  fût  coupé,  dans  ses  voiles  et  dans  toutes  ses  manœuvres  que  le  capitaine  Vergor  fut 
obligé  de  se  rendre  après  avoir  eu  plusieurs  hommes  tués  ou  blessés.  Sa  chaloupe  avant 
aussi  été  mise  hors  d'état  de  servir  le  capitaine  anglois  lui  envoya  la  sienne  pour  le  faire 
passer  à  son  bord  où  le  Capitaine  Vergor  reconnut  que  cette  frégate  étoit  Y  Albanie 
armée  de  quatorze  canons,  vingt  huit  pierriers  et  cent  vingt  hommes  d'équipage  et  com- 
mandée par  le  capitaine  Rous.  Ce  capitaine  fit  aussi  passer  à  son  bord  l'équipage  et 
les  soldats  du  brigantin  où  il  ne  laissa  que  les  blessés  et  fit  route  tout  de  suite  pour 
Chibouctou  menant  le  brigantin  à  la  remorque. 

Ce  ne  fut  que  le  dix-neuf  du  même  mois  d'octobre  qu'ils  arrivèrent  à  Chibouctou. 
Le  lendemain  M.  Cornwallis  envoya  chercher  à  bord  de  la  frégate  le  Capitaine  Vergor 
qui  fut  d'abord  dans  une  chambre  de  la  maison  du  gouverneur  où  il  fut  enfermé.  Une 
demi-heure  après,  M.  Cornwallis  fut  le  trouver  dans  cette  chambre  qu'il  fit  encore 
fermer  à  clef  et  lui  dit  d'abord  qu'il  étoit  bien  fâché  de  ce  qui  étoit  arrivé  et  que  le 

(a)  Le  Loudon  repartit  de  Gédaik  le  1G  août  pour  le  Port  LaJoye.     C'est  en  revenant  de  l'Isle  St-Jean 
qu'il  fut  pris,  d'après  d'autres  documents. 


402  m:<  lll\  ES  CANADIENNES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

capitaine  Roua  avoil  perdu  beaucoup  de  monde.  Il  répondit  qu'il  étoit  lui-même 
très  t'âdit-  de  l'aventure  et  qu'elle  ne  devoil  être  attribuée  qu'au  capitaine  Rous  dont 
il  lui  rapporta  la  conduite.  M.  Comwallia  répliqua  que  si  les  choses  B'étoient  passées 
comme  il  1»'  disoit  le  capitaine  Etoua  avoit  tort  et  qu'au  surplus  il  tiendroit  son  conseil 
le  lendemain  pour  en  décider.  Ce  conseil  fut  effectivement  tenu.  Le  capitaine  Rous, 
son  second  et  quelques  gens  de  son  équipage  y  furent  appelés.  On  y  fit  ensuite  entrer 
le  capitaine  Vergor  qui  déclara  Lee  faita  tels  qu'on  vient  de  les  détailler.  Le  capitaine 
Kous  ne  put  s'empêcher  de  convenir  qu'il  avoit  commencé  le  premier  à  tirer  un  coup 
de  canon  à  boulet  dans  le  hunier  du  brigantin.  Sur  cela  le  gouverneur  se  leva  et 
ayant  fait  entrer  dans  la  chambre  du  Conseil  les  officiers  du  brigantin  qu'on  avoit  fait 
venir  d'avance  dans  une  chambre  contigue  on  leur  demanda  qui  est-ce  qui  avoit  tiré  le 
premiercoup  ?  Et  ils  répondirent  tous  que  c'étoit  le  capitaine  Rous  qui  avoit  tiré  deux 
volées.  On  leur  lut  tout  de  suite  la  déclaration  du  capitaine  Vergor  et  tous  l'attes- 
tèrent véritable  dans  toutes  ses  circonstances.  Cependant  le  Conseil  ne  décida  rien  ni 
dans  cette  séance,  ni  dans  cinq  ou  six  autres  qui  furent  tenues  depuis.  Mais  deux  ou 
trois  jours  après  la  première,  M.  Cornvvallis  demanda  au  Capitaine  Vergor  ce  qu'il  lui 
falloit  pour  mettre  le  brigandin  en  état  de  reprendre  la  mer  lui  offrant  de  le  lui  faire 
fournir.  Il  lui  représenta  qu'il  ne  pou  voit  pas  se  passer  d'un  grand  mat  et  de  quatre  pièces 
de  cordages.  Le  gouverneur  lui  promit  tout,  fit  en  effet  couper  un  grand  mât  qui  fut 
tiré  des  bois  par  l'équipage  du  Brigandin  et  dit  au  Capitaine  Vergor  de  travailler  à  faire 
raccomoder  les  voiles,  les  haubans  et  les  autres  choses  qui  lui  étoient  nécessaires.  Ce 
capitaine  alloit  prendre  des  mesures  pour  cela,  lorsque,  tout  d'un  coup,  l'affaire  fut  portée 
par  le  capitaine  Rous  à  l'amirauté  où  le  brigantin  fut  confisqué.  Par  une  lettre  que  M. 
de  Cornwallis  a  écrite  à  Mr  Desherbiers,  Commandant  à  l'Isle  Royale  en  lui  renvoyant 
le  S*  Vergor  et  l'équipage  du  Brigantin  avec  les  armes  des  soldats  qui  en  faîsoient  partie, 
il  dit  que  l'amirauté  a  prononcé  cette  confiscation  pour  avoir  fait  un  commerce  illicite 
dans  la  province  de  sa  Majesté  Britannique.  Ce  sont  les  termes  dont  il  se  sert.  On  croit 
devoir  se  dispenser  ici  de  toute  discussion  sur  un  motif  de  cette  espèce.  Il  s'agit  d'un 
Bâtiment  armé  pour  le  service  du  Roy,  commandé  par  un  officier  de  sa  Majesté  attaqué 
et  combattu  comme  en  pleine  guerre.  Les  principes  connus  de  la  conduite  de  sa 
Majesté  Britannique  rendent  inutiles  les  reflexions  que  présente  une  entreprise  si  opposé 
à  toute  sorte  de  lois  et  il  n'est  sans  doute  pas  nécessaire  d'insister  à  cet  égard. 

Mais  le  Roy  ne  peut  s'empêcher  de  demander  expressément  1°  la  restitution  du 
brigantin  le  Saint- François,  du  bateau  le  Loudon  et  des  effets  qui  se  sont  trouvés  sur 
l'un  et  sur  l'autre.  2°  Une  punition  exemplaire  tant  contre  le  Capitaine  Rous  et  les 
Commandants  des  deux  bâtiments  qui  se  sont  emparés  des  bateaux  que  contre  tous  les 
autres  officiers  qui  ont  participé  aux  deux  prises  et  contre  les  officiers  de  l'Amirauté  de 
Chibouctou.  3°  des  ordres  de  sa  Majesté  Britannique  à  tous  les  officiers  de  ses  vaisseaux 
et  de  ses  colonies  qui  leur  fassent  si  bien  connoître  sa  volonté  pour  le  maintien  de  la 
paix  qu'ils  n'osent  plus  rien  entreprendre  qui  puisse  l'altérer.  4°  Ses  défenses  particu- 
lières à  ses  Vaisseaux  de  fréquenter  sans  nécessité  le  golfe  Saint-Laurent  et  surtout  d'y 
interrompre  en  aucune  façon  la  migration  des  François. 

De  la  Jonquière  au  ministre. 

A  Québec,  le  1er  mai  1751. 

Monseigneur,- -J'ay  l'honneur  de  vous  rendre  compte  de  tout  ce  qui  s'est  passé 
dans  nos  postes  établis  sur  les  frontières  de  l'acadie  depuis  les  lettres  que  j'ay  eu  Celuy 
de  vous  écrire  par  les  derniers  navires. 

J'ay  d'abord  pris  le  party,  de  concert  avec  M.  Bigot  de  faire  établir  trois  magazins, 
un  à  la  rivière  du  Loup,  l'autre  à  Themisouata  et  le  troisième  au  dessus  du  portage  du 
Themisouata  ;  nous  y  avons  fait  faire  un  chemin  et  nous  y  faisons  construire  des  bat- 
teaux  plats,  de  manière  qu'en  hivert  nous  avons  fait  transporter  sur  les  glaces  par  des 
traînes,  les  besoins  les  plus  pressants  de  la  rivière  St. -Jean  et  en  été  nous  pourrons  faire 
faire  ce  transport  par  des  charretes  et  par  des  batteaux  plats  ;  ces  établissements  nous 
sont  utiles  et  indispensables,  pour  que  ce  poste  ne  manque  de  rien,  en  supposant  que  les 
anglois  continuent  d'arrêter  les  battiments  que  nous  y  envoyons. 


Ql  \  /  VLOQli    m       U   i/'//  \.     il/'    i><"  UMEW1 
DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Oomme  !»•■.  angloi      o    ont  ventée  qu'il    iroïenl     établi]   ù  lu    I  .Iran   « 

donné  ordre  au  >s-  de    Boi  heberl   qui   v  oommende   de  rétablir  l'anciei 
Menaooohe  (a)  qui  est  an  bi    de  la  rivi  Pain?  m»  logrmrni  pom  i< 

hommea  de  garniaon,  de  moine  quo  les  ma^aziri    ueei      tin         I  .••  i  ou 
e1  J'ay  reoom  mandé  brea  exprei  ément  au  dit  8,  de  \'«>i  heberl  de  le  Eain   I  'il 

en  rouir  rien  au  Roy,  ou  du  moine  bien   peu,  al    poui    oel    effel    d'j    I 
soldais  et  lei  milicien  -  i  anadien  >  par 001 

J'ay  fait  part  au  dit  S.  de  Boithebert  de  toutes  1<    réflexion     qui    j'ai   mit  le 

retabiitàement  deoe  Port,  le  plus  essmiiriir,  ,  ci.  <  |  u  il  y  ait  «l<-  i<-aa    ai  quoy  il  i 
pae  encore  rendu  un  oompte  bien  positif,  mai     j'ay  lieu  de  penseï   qu'il  n'en  manqtu 

Le    béra   ea  <!«•  os  Port  ont  24  à  26  pieda  de  baut  en  deboi     et  12  en  dedao 
qui  le  met  en  état  de   résister  .i  une  vire  attaque,  le  canon  ne  pou1  un 

impression  sur  ces  térasses,  Je  dois  y  Paire  plaçai   quatre  oanoni  de  6   L  poui  oanonet 

les  vaisseaux  qui  pourront  l'ai  baquer  n  ;m  pis  aller  le  Commandant   n'auroil  qu'a  lai    si 
faire  grand  t'ru  à  L'ennemy   et  se  tenir  prel  A  Paire  une  avec  tonte    i  ti  >'îl 

Yuult.it  Paire  une  descente. 

Co  fort  est  à  tous  égards  nécessaire  et   je  ne  puis  me  dispen  ei  de  le  rétablir,  i 
que  si  nous  abandonnions  le  bas  <!••  le  rivière,  lesanglcda  en  prendraient  poi  a  Vy 

établiroient, 

J'ay  fait  partir  le  12  février  dernier  sur  1rs  glaoea  un  détachement  de  cinquante 
Canadiens  pour  augmenter  la  garnison  <!<•  cr  poste. 

Lo  S.  do  Gaspé  Lieutenant  d'Infanterie  que  j'ay  destiné  pour  aller  réle  S.  de 

Boishebert  et  sa  garnison  consistant  à  20  soldats   doit   partir  au  commencement   de  ce 
mois  sur  un  bâtiment  destiné  pour  Ejedaick  d'où  il  se  rendra  avec  sa  troupe  en  canot 
par  les  lettres  à  la  rivière  St  Jean   dont  il  prendra  le  commandement.    Je  luy  ay  donné 
les  mémos  ordres  qu'au  dit  S.  de  Boishebert. 

Je  ne  dois  pas  moins  Monseigneur,  appréhender  que  les  anglois  n'attaquent  le  S.  de 
St-Ours,  ils  sont  fort  à  portée  de  le  faire  avec  les  forces  qu'ils  ont  à  Beaubassin  et  on 
prétend  même  qu'il  doit  leur  venir  un  régiment  d'infanterie  de  Chibouctou. 

J'ay  donc  donné  ordre  au  dit  8.  de  St-Ours,  par  une  lettre  du  8  9hre  [1750]  de 
faire  faire  un  fort  de  pieux  à  la  pointe  de  Beausejour  avec  des  cazernes  un  logement 
pour  les  officiers  et  un  magazin  pour  les  vivres  il  doit  établir  ce  fort  le  plus  avantageu- 
sement et  le  plus  prés  des  habitations  françaises  qu'il  se  pourra. 

Je  luy  ay  aussi  donné  ordre  d'établir  un  autre  fort  à  la  Baye  verte  et  d'y  mettre  un 
petit  détachement  pour  empêcher  les  anglois  de  s'établir  de  ce  coté  là  et  avoir  l'entrée 
de  la  rivière  des  Gasparaux  libre. 

Je  dois  luy  envoyer  12  canons  dont  quatre  de  8  L,  quatre  de  6,  et  quatre  de  4,  qu'il 
placera  dans  ces  deux  forts. 

Le  S.  de  Lery,  fils,  dirigera  tous  ces  ouvrages  auxquels  les  soldats  et  les  canadiens 
doivent  également  travailler  par  corvées,  afin  qu'il  en  coûte  peu  au  Roy. 

Le  dit  S.  de  Lery  doit  avoir  l'honneur  de  vous  envoyer,  par  la  voye  de  Louisbourg, 
Les  mémoires  et  cartes  que  je  l'ay  chargé  de  faire  pour  donner  une  idée  aussi  parfaitte, 
qu'il  sera  possible,  de  la  situation  et  des  avantages  de  nos  postes  ;  Je  luy  ay  recommendé 
d'y  comprendre  la  Baye  verte,  de  faire  ses  cartes  bien  justes  et  bien  instructives. 

A  l'Egard  du  poste  de  Ejedaick  le  S.  de  St-Ours  y  laissera  un  officier  et  quelques 
soldats  pour  la  garde  des  magazins. 

Il  mettra  une  petite  garde  au  pont  Buot  et  dans  tous  les  autres  endroits  qu'il 
jugera  nécessaires  pour  evitter  toute  surprise. 

dans  la  belle  saison  il  s'établira  avec  toute  sa  troupe  à  la  pointe  de  Beausejour, 
afin  d'empêcher  les  anglois  de  s'établir  sur  no3  terres,  en  deçà  du  portage  de  la  Baye  verte. 

J'ay  renforcé  sa  garnison  de  150  canadiens  et  100  Sauvages  de  St.  françois  de 
Bekankourt,  du  Lac  des  deux  montagnes  et  du  Sault  S1  Louis  que  j'ay  fait  partir 
sous  le  commandement  du  S.  de  Montesson  Enseigne  d'infanterie,  en  même  tems  que 
le  détachement  de  la  rivière   S1  Jean. 

(a)  La  véritable  orthographe  de  Menacoche  est  Mcnagouèche. 


404  ARCHH  EB  C  INADIE  MES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

ont  d'un  très  grand  secours  au  clic  S.  de  S'  Ours,  ceux  qu'il 
avoil  menaçoient  de  le  laisser  :  je  n'ay  pas  eu  peu  de  peine  a  parvenir  à  luy  en  procurer 
une  centaine  dam  le  cours  de,  l'hivert  des  mi>M<wi>  des  RR.  W.  Germain,  La  Corne  et 
de  M.  L'abbé  LeLoutre  nos  domiciliés  leur  tairont  reprendre  courage  et  il  faut  espérer 
qu'ils  en  attireront  de  toutes  part-. 

Du  reste  le  dit  S.  de  S1  Ours  mira  faire  L'exercice  les  dimanches  et  les  fêtes  aux 
accadiens  qui  sont  incorporés  dans  les  milices,  risittera  leurs  armes  et  les  tiendra  prêts 
a  les  prendre  à  la  première  alerte  pour  se  deffendre,    si  le  cas  le  requiert. 

Les  familles  accadiennes  qui  se  sont  retirées  sur  nos  terres,  sont  actuellement  au 
nombre  de  £88  personnes  suivant  le  compte  que  m'en  a  rendu  M.  L'abbé  Le  Loutre  ;  il 
doit  nous  en  venir-  encore  beaucoup  et  pour  qu'on  ne  puisse  pas  imputer  aux  fran<;ois 
leur  évasion  ils  se  servirent  de  leurs  charrois  pour  leur  rétraitte. 

Ce  missionnaire  m'aïant  informé  que  le  nommé  Jacob  Maurice  [Jacques  Vigneau] 
vouloit  se  rendre  indépendant  et  avoit  refusé  de  prêter  serment  de  fidélité  au  Roy,  J'ay 
rendu  une  ordonnance  par  laquelle  J'ay  déclaré  que  tous  ceux  qui,  huit  jours  après  sa 
publication,  n'auront  pas  prêté  ce  serment,  et  ne  seront  roint  incorporés  dans  les  com- 
pagnies de  milices,  seront  avérés  rebeles,  et  comme  tels  chassés  des  terres  dont  ils  sont 
en  possession.     Cy  joint  copie  de  la  ditte  ordonnance. 

<t>uantaux  entrépises  des  Anglois  elles  sont  à  peu  prés  les  mêmes  dans  l'intérieur  de 
nos  frontières. 

Le  S.  de  Boishebert  m'a  rendu  compte  par  sa  lettre  du  22  8bre  [1750]  qu'un 
navire,  un  Senault,  un  batteau  et  cinq  grands  esquifs  anglois  se  présentèrent  à  l'entrée 
du  havre  de  la  rivière  S1  Jean,  que  les  trois  bâtiments  s'y  tinrent  et  envoyèrent  les 
cinq  esquifs  armés  de  40  hommes  à  dessein  de  faire  une  descente  ;  qu'ils  furent  dans  le 
havre  et  s'arrêtèrent  sur  une  pointe  pour  examiner  un  lieu  propre  à  leur  débarquement, 
que  les  gens  qu'il  avoit  mis  en  vedette  firent  feu  sur  eux,  reçurent  plusieurs  coups  de 
fusil  et  les  obligèrent  de  se  retirer,  il  ne  s'est  pas  passé  autre  chose  de  remarquable  dans 
ce  poste. 

Dans  celuy  du  S.  de  St-Ours,  il  y  a  eu  bien  des  petits  echafourés. 

Le  22  8bre  les  anglois  firent  passer  80  hommes  sur  nos  terres  pour  faire  entrer  leurs 
bâtiments  dans  la  rivière  de  Beaubassin  en  les  tirant  à  la  cordelle,  ils  a  voient  fait  des- 
cendre des  canons  de  campagne  ;  les  sauvages  les  obligèrent  de  se  rétirer,  les  anglois 
tirèrent  sur  les  françois  deux  coups  de  canon  à  mitraille  et  trois  coups  de  boulets  de 
Beaubassin,  Sans  que  le  S.  de  St-Ours  pût  leur  riposter.  Sa  mousquerie  ne  pouvant 
les  atteindre. 

Le  3  9bre  un  batteau  anglois  fut  à  Chipoudy  et  donna  chasse  à  un  de  nos  esquifs 
chargé  de  vivres  pour  la  rivière  S1  Jean,  cet  esquif  se  jetta  à  la  côte,  les  Anglois  envoyè- 
rent deux  chaloupes  dans  son  bord  qu'ils  pillèrent,  ils  vouloïent  amener  cet  esquif  avec 
eux  et  ils  y  seroïent  parvenus  si  dans  la  nuit  les  habitants  de  Chipoudy  n'avoïent  été 
deffendre  cet  esquif,  et  obliger  les  Anglois  de  L'abandonner. 

Les  Sauvages  ont  pris  nôtre  revanche. 

du  moment  que  les  anglois  furent  arrivés  à  Beaubassin,  ils  brûlèrent  plusieurs 
habitations. 

Ils  ont  tué  le  s.  How  par  trahison  ainsi  que  j'ay  eu  l'honneur  de  vous  en  «erdre 
compte  en  répondant  aux  plaintes  de  M.  de  Cornwallis  ;  les  Anglois  ont  fait  une  i^ande 
perte,  le  dit  S.  How  étoit  conseiller,  Commissaire,  trésorier,  en  un  mot  tout  rouloit  sur 
luy.  C'etoit  un  très  habile  homme  et  quoyqu'il  fut  l'auteur  de  toutes  les  usurpations,  on 
ne  peut  s'empêcher  de  plaindre  le  sort  tragique  qu'il  a  suby  par  son  imprudence. 

La  nuit  de  la  Toussaint  ils  brûlèrent  une  goélette  angloise  qui  s'étoit  échouée  de 
nôtre  coté  et  prirent  cinq  anglois. 

Ils  ont  fait  huit  autres  prisonniers  et  harcèlent  souvent  les  Anglois. 

Un  batteau  anglois  s'etant  échoué  à  Oueskak,  les  Sauvages  y  accoururent,  Ils 
s'ennivrerent  et  on  fut  obligé  de  jetter  plusieurs  quarts  d'Eau  de  vie  à  la  mer,  ils  pillè- 
rent ou  dissipèrent  tout,  on  sauva  environ  sept  à  huit  cents  planches  qui  seront  très 
utiles  pour  nos  deux  forts,  ces  Sauvages  ont  prétendu  qu'elles  leur  appartenoient  et 
vouloient  en  être  paies.  J'ay  donné  ordre  au  S.  de  St-Ours  de  s'en  rendre  maître  et 
au  pis  aller  de  faire  donner  quelques  bagatelles  à  ces  sauvages.     Le  S.  de  Bailleul  sauva 


GENE  ILOQIR  DJ       LO  ID/J  »      I  I  I  '    i>(>rl  VJ  '•  ÉH 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

la  vie  au  Capitaine  et  à  oinq  mal  loi     d<  en  le    delivi  >.  ■     d«- <•.-. 

■sitiiv  len  ren \ oïsnt 

Enfin  le  10  fevriei    ci        lu  ■  <  i      ont    i  ehevelun1   n  cinq  »tr»^l<»i  |  un 

l iris*  »ii n  1er,  les  anglois    ortironl  de  ieui  i"i  I  au  nombre  de  300  homi 

Sauvages  jusqu'au  pont  Buot,  comuae  i  ni    m  do    terri 

aveo  sa  troupe  el    les  Angloi    te  retireront  d'abord      i        u'il  fut    dan     la  l«- 

leur  dire. 

1 1  est  certain  que  oe  que  «n  «  nui  n-  |.  <-omp<-n  ■  •  an  n 

oe  qu'ils  oui  fait  contre  riouN  icrion    t < •  f  i  à  dent  de  y  n 

mais  noue  avoni  à  noui  plaindre  su  lujef  du  batteau  le  Loudon  cl  du  brigantin 
|  li-  Si  François]  qu  il    nou    oui  pri    et  qu'ils  ont  fait  rendre. 

Je  ne  in  i    ps  •  .-i\  ««n  de  \<i\  r  plus  lure  pour  .iMiir  '  ion,  que  de  donner  ordre 

a  Ed.  Pesherbiers  d'user  de  représailles  et  pour  cet  efl'H  de  du  pn-mier  batim< 

anglois  qui  ira  à  Louisbourg,  pour  nou    dédomager  de  la  pri  e  du  batteau. 

Oelle  du  Brigantin  m'i  d   à   luy  renouveller  mon  ordre  et  de  luy  ordonner  de 

plus,  d'arrêter  deux  autres  bâtiments  pour  le  remplacer  par  la  lettre  que  je  luj 
29  9bre  |  175Ô],  par  l'acadie. 

[1  m'a  marqué  en  réponse  qu'il  voui  avoil   rendu  compte  «lu  pn  ordre  que  je 

luy  avois  donné  et  qu'il  se  conformeroil    à  ce  que  voui  luy  pre  cririez  I      Je 

luy  marque  qu'il  pourra  attendre  jusqu'à  ros  premier     nouvelles  pou  >ir    il  d 

user  de  représailles  et  que  si  rous  luy  en  donniez  l'ordre  il  ite  pour  le  batteau  et 

pour  le  Brigantin. 

Il  ne  m'est  guère  possible  d'user  de  représailles  dans  le    po  tes  que  nper 

aussi  dois  je  mettre  tout  en  œuvre  pour  faire  nuire  aux  anglois  dan  >n  . 

J'ay  donné  ordre  au  S.  de  StrOurs  de  faire  courir  continuellement  dei 
la  Baye  verte  pour  nous  en  conserver  le  passage. 

de  faire  piller  par  les  Sauvages  tous   les  bâtiments  anglois  qui  pourront  s'ecb 
sur  nos  terres  et  de  les  excéder. 

de  faire  chasser  par  les  sauvages  les  anglois  qui  seront  obligés  de  venir  sur  nos 
terres  tirer  à  la  Corderelle  leurs  bâtiments  qui  vont  a  Beaubassin. 

C'est  une  bien  petite  vengeance  et  je  pense  que  les  sauvages  s'y  porteront  très 
volontiers,  puisqu'ils  voyent  que  les  anglois  arrêtent  nos  bâtiments. 

Et  pour  que  ces  Sauvages  agissent  avec  beaucoup  de  courage,  quelques  accadiens 
habilles  et  inattachés  comme  les  sauvages  pourront  se  joindre  à  eux  pour  faire  coup  sur 
les  anglois. 

Je  ne  puis  evitter  de  consentir  à  ce  que  ces  sauvages  fairont,  puisque  nous  avons  les 
bras  liés  et  que  nous  ne  pouvons  rien  faire  par  nous  mêmes,  au  surplus  Je  ne  crois  pas 
qu'il  y  ait  de  l'inconvénient  de  laisser  mêler  les  accadiens  parmy  les  Sauvages,  parce  que 
s'ils  sont  pris,  nous  dirons  qu'ils  ont  agy  de  leur  pur  mouvement  et  d'ailleurs  cela  ne 
contribuera  pas  peu  a  nous  attirer  les  familles  accadiennes  sur  nos  terres. 

Il  n'y  a  pas  le  moindre  lieu  de  douter,  Monseigneur,  que  les  anglois  tiendront  des 
bâtiments  de  guerre  à  la  Baye  verte  et  dans  tous  les  autres  parages  pour  arrêter  les 
bâtiments  qui  iront  pour  nos  postes.  Jay  envoyé  à  M.  Desherbiers  l'ordre  dont  coppie  est 
cy  jointe,  pour  qu'il  le  remette  aux  Capitaines  des  vaisseaux  ou  fregattes  du  Roy 
qui  arriveront  en  prime  [sic]  à  Louisbourg  afin  qu'ils  en  partent  et  aillent  mouiller  à  la 
Baye  verte  jusqu'au  passage  et  retour  de  nos  bâtiments,  à  l'effet  de  les  protéger  et  em- 
pêcher les  anglois  de  leur  faire  La  moindre  insulte  :  Je  leur  ordonne  de  combattre  les 
vaisseaux  angiois,  Supposé  qu'ils  veuillent  s'opposer  à  leur  passage. 

L'Execution  de  cet  ordre  est  d'une  conséquence  infinie  pour  nous  et  il  est  à  souhaiter 
que  quelque  vaisseau  ou  frégatte  de  france,  puisse  arriver  assez  tôt  à  la  Baye  verte  pour 
assurer  le  passage  et  retour  de  nos  bâtiments  ;  car  il  est  constant  que  si  les  anglois  con- 
tinuoient  a  les  prendre,  nos  détachements  manquant  de  tout,  seroientdans  la  dure  nécessité 
de  déguerpir  des  terres  dont  ils  sont  en  possession  et  de  les  abandonner  aux  anglois. 

A  L'égard  des  plaintes  que  M.  de  Cornwallis,  j'espère  que  vous  approuverez  ma 
réponse,  il  est  essentiel  que  vous  portiez  une  plainte  à  la  Cour  d'Angleterre  et  deman- 
diez la  satisfaction  qui  nous  est  due,  vous  pouvez  soutenir  tout  ce  que  Jay  avancé  dans 


406  ARCHn  E&  <   i\  .1 />//.. \  VES 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

•  réponse,  Je  n'y  uy  employé,  que  la  vérité,  an  Lieu  que  les  anglois  n'employent  que 
le  mensonge. 

Je  n'ay  point  fuit  réponse  à  la  lettre  de  M.  Cornwallis  et  il  me  sutlit  de  luy  avoir 
fait  avofier  par  ecril  qu'il  a  autorisé  L'arrestation  de  dos  bâtiments. 

Je  vous  Buplie,  Monseigneur,  d'être  bien  persuadé  que  je  ménageray  toutes  choses 
de  fa<;<m  à  rie  pus  me  compromettre  et  que  je  ne  relacheray  pus  un  pouce  du  terrein  qui 
appartienl  au  Roy.  Tl  seroit  tems  que  les  limittes  fussent  réglées  et  que  nous  sçussions 
positivement  à  quoy  en  tenir,  soit  pour  mettre  fin  à  toutes  les  hostilités,  soit  pour  evitter 
les  dépenses  immenses  qu'elles  occasionnent. 

Je  suis,  avec  un  très  profond  respect,  Monseigneur, 

Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur 

LAJONQUIÈRE, 


ORDRE  DE  LA  JONQUIERE  AU  SIEUR  DE  LERY. 

Il  est  ordonné  au  Sieur  de  Lery,  Lieutenant  d'Infanterie,  de  faire  construire  un 
fort  en  pierre  à  la  Pointe  de  Beauséjour,  et  un  autre  à  la  rivière  Gaspareaux,  en  se 
conformant  aux  ordres  que  nous  avons  donnés  à  ce  sujet  à  Mr  d'Eschaillons,  capitaine 
d'Infanterie. 

Fait  à  Québec,  le  12  avril  1751. 

LA  JONQUIERE. 
■ 

La  Jonquière  au  ministre. 

A  Québec,  le  3  novembre  1751. 

Monseigneur, — Les  Anglois  se  sont  bien  fortifiés,  ils  ne  discontinuent  pas  leurs 
travaux  ce  qui  m'autorise  de  plein  droit  à  faire  faire  sur  les  frontières,  dans  les  quartiers 
où  M.  de  La  Galissonière  et  moy  avons  établi  des  postes,  les  fortifications  qui  peuvent 
être  nécessaires  pour  en  assurer  la  défense. 

Si  le  général  Cornwallis  se  plaint,  je  répondray  qu'après  la  fortification  qu'il  a  faite 
à  Beaubassin,  sans  doute  contre  les  intentions  du  Roy  son  maître,  puisqu'il  est  certain 
que  cet  endroit  n'est  pas  compris  dans  la  cession  faite  par  le  traité  d'Utrecht,  ou  que  du 
moins  il  est  contentieux,  j'aurois  cru  manquer  à  la  fidélité  que  je  dois  à  Sa  Majesté  si  je 
n'avois  pas  pris  sur  moy  de  travailler  aussi  à  mettre  en  sûreté  les  postes  françois  de  même 
que  les  habitants. 

Les  Anglois  se  donnant  beaucoup  de  mouvement  du  côté  des  nations  du  pays  d'en 
haut,  et  le  général  Cornwallis  du  côté  de  l'Acadie,  ce  sont  des  preuves  sensibles  qu'ils 
n'ont  point  usé  des  ménagements  que  la  Cour  Britannique  dit  leur  avoir  prescrit.  La 
prise  du  batteau  françois  Le  Loudon  et  du  Brigantin  du  roi  Le  Saint-François  sont  des 
insultes  que  Sa  Majesté  ne  doit  pas  laisser  impunies. 

Je  ne  négligeray  rien  pour  la  conservation  des  postes  établis  sur  les  frontières  de 
l'Acadie.  Je  ne  doute  point  que  M.  de  Cornwallis  n'ait  formé  quelques  projets  contre 
ces  postes  durant  l'hiver  dernier,  et  tout  m'a  persuadé  qu'il  n'auroit  point  hésité  à  les 
mettre  en  exécution  si  j'eusse  été  moins  en  surveillant.  Il  est  fâcheux  que  le  travail 
des  Commissaires  assemblés  à  Paris  pour  le  règlement  des  limites  ne  soit  point  aussi 
avancé  qu'il  seroit  à  désirer  qu'il  fût.  Il  importe  que  vous  donniez  vos  ordres  pour 
améliorer  ce  règlement,  en  attendant  je  prendray  toutes  les  mesures  pour  contenir  les 
Anglais  et  donneray  confiance  aux  Acadiens  et  aux  sauvages.  A  quelque  extrémité 
que  se  portent  les  Anglois  je  ne  leur  céderay  pas  un  pouce  de  terrain,  et  je  maintiendray 
sur  nos  terres  par  la  force  des  armes  les  détachements  que  j'y  ay  mis. 

La  JONQUIÈRE  (a). 
(a)  Quatre  mois  plus  tard  le  marquis  de  La  Jonquière  décédait  à  Québec,  le  17  mars  1752,  âgé  de  67  ans. 


(,i  \  l   VLOQU    m       i'   i/>//.  V-      '.  i  /  '     /""  /  407 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

.1/    </•    Longuûuxly  yo  au  m     ■  ! 

Ql  ,  i  , 

\|..\  BIONIOB,     Quoyque  l'Iale  St- Jean   dépend*    directement  d  ment  de 

Loùiabourgi  el  que  je  ne  ...i    que  Commandant  do  (  la    mort    de    Mon  i«ur  l«^ 

Marquis  de  LaJonquière,   aéanmoina  j'aj  l'honneur,   Mon 
que  oc  généra]  a  eu  celuj  de  roue  rendre  eu    ujct  de  la  dite  l  le. 

M,. h  ieur  de  Bonnaventure  a  rendu  compte  i  feu  Mon  ieui  d<  LaJonquière  que 
l'I si»-  Royale  luy  avoil   fourni   touH  les  vivrr    n< 

lu  riande  \    mais  qu'il  v  i    ^randriiu'iit   l'inbarra     ■    |<>m     li.urnii     du    bN'd 

babitana  don!  la  grande  partie  n'en  ont  pa    an  grain  poui    i  m  i    i  ai 
Bommea  pas  en  étal  de  luy  <-n   procurer  di  oc  païi  oy  et  il  i  qu'il  ail 

faire  semer  tous  lea  babitani  en  obligeant  ceux  qui  peuvent  en  avoir  j>Iuh  «|u«;  1<mu  n<  < •<• 
iv  à  en  oéder  à  ceux  qui  n'en  ont  pa    du  bout. 

Monsieur  l'abbé  Girard  que  M.  I  Evoque  de  Québec  destina  l'automne  d< 
l'Iale  Bt-Jean  a  écrit  a  feu  Monsieur  de  la  Jonquière  qu  il    'j  "  udra  ce  printem    il  doit 
1  i  1  iv  aot  uellement  arrh  é. 

Ce  missionnaire  informe  ce  général  <|u«'  s<>n  départ    fera   peut  être  le     i 
impressions  Bur  l'esprit  de  ♦••r)  babitana  qu'il  laisse  à  Cobeguit,  Tagamigouche  et  ESmpehic 
[sic  pour  Elemsluc)  <juc  ceux  d<>  Cobeguit,  oui  témoigné  vouloir  se  soumetti  anglois 

et  ont  pour  cet  effet  écrit  à  Chibouotou  à  son  inaceu  que  en  eut  U  truit  il  n'aurait 

jhui  les  en  détourner  attendu  qu'il  s  prêté  aéraient  de  fidélité  aux  Angloia  <-t  donn< 
parole  d'honneur  à  Halifax  de  ne  paa  sortir  de  la  province  sans  permission. 

La  délicatesse  de  ce  missionnaire  me  paraissant  très  mal  placée,  je  n'ay  peu  me 
dispenser  de  luy  écrire  sans  prétendre  m 'ériger  en  casuiste  qu'il  aurait  peu  en  toute 
aureté  de  conscience  faire  usage  de  son  authorité  but  les  babitana  de  Cobeguit  pour  lea 
détourner  des  Anglois. 

En  effet  les  Anglois  n'ont  peu  avoir  de  raison  légitime  pour  exiger  le  serment  de  08 
prêtre  et  quoyqu'il  L'eût  prêté  il  est  constant  que  rien  ne  l'oblige  à  le  tenir,  qu'au  con- 
traire il  est  né  Prançaia  et  par  conséquent  sujet  du  Roy  que  d'aillleurs  son  état  exige 
qu'il  employé  son  zèle  à  augmenter  le  nombre  des  fidèles  et  à  plus  forte  raison  à  conser- 
ver ceux  dont  il  est  le  pasteur. 

Ce  missionnaire  informe  aussi  feu  Monsieur  de  la  Jonquière  que  Monsieur  deCorn- 
walis  a  permis  aux  babitana  de  la  Rivière  aux  Canards  d'avoir  un  prêtre  et  que  Mon- 
sieur le  Comte  de  Raymond  leur  en  a  promis  un,  il  est  certain,  Monseigneur,  que  ne 
pouvant  faire  passer  quant  à  présent  ces  habitans  sur  les  terres  du  Roy  nous  devons 
du  moins  concourir  à  les  maintenir  dans  leurs  sentiments  de  religion,  dans  leur  fidélité 
à  Sa  Majesté,  et  leur  faire  insinuer  qu'ils  ne  doivent  pas  manquer  l'occasion  de  se  reti- 
rer sur  nos  terres. 

Je  suis  avec  un  très  profond  respect, 
Monseigneur, 
Votre  très  humble  et  très  obéissant  serviteur 

LONGUEUIL. 

Lettre  du  ministre  à  MTS  de  la  Jonquière  et  Bigot. 

2  juillet  1751. 

Je  reponds  à  votre  lettre  du  5  octobre  concernant  la  transmigration  des  Acadiens 
tant  à  l'Isle  Royale  qu'à  l'Isle  St  Jean. 

Suivant  le  détail  que  Mrs  Desherbiers  et  Prévost  m'ont  fait  sur  cela,  il  paroit  qu'il 
n'y  a  pas  beaucoup  de  ces  familles  qui  soient  passées  à  l'Isle  Royale,  mais  qu'il  y  en 
a  voit  déjà  un  assez  grand  nombre  à  l'Isle  St-Jean.  Cette  dernière  isle  peut  aussi  leur 
fournir  des  ressources  du  côté  des  cultures  ;  et  je  sais  combien  l'établissement  en  est 
important,  même  pour  l'Isle  Royale.  C'est  par  cette  raison  que  je  vous  ai  recommadé, 
ainsi  qu'à  Mrs  Desherbiers  et  Prévost,  d'y  contribuer  en  tout  ce  qui  peut  dépendre  de 
vous  ;  et  les  mêmes  ordres  ont  été  donnés  à  M.  le  Cte  de  Raymont  successeur  de  M. 
Desherbiers. 


408  . 1  B<  Il  1 1  BB  CANADI1\  \  1. 8 

5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Il  m'étoit  revenu,  comme  vous  me  l'avez  marqué,  que  le  Sr  Du  Vivier  étoit  plus 
pmpre  qu'un  autre  à  attirer  des  Aocadiens  à  l'Isle  St.  Jean,  surtout  par  les  liaisons 
particulières  qu'il  avoit  depuis  longtema  avec  plusieurs  familles  de  l'Acadie  ;  et  c'est  par 
cette  considération  que  je  luy  avois  procuré  Le  Commandement  de  cette  Isle  avec  un 
traitement  fort  avantageux  pour  luy.  Mais  vous  avez  peut  être  appris  déjà  qu'il  n'a 
point  suivi  cette  destination  et  qu'il  ne  doit  plus  t'tre  question  de  luy.  Sur  les  témoi- 
gnages avantageux  qui  me  sont  revenus  du  Sr  De  Bonnaventure  qui  y  commande  par 
provision  depuis  deux  ans,  j'ay  proposé  à  8a  Majesté  vie  l'y  établir  Commandant  en 
qualité  de  Major,  et  Sa  Majesté  a  approuvé  c^tte  proposition.  J'ay  envoyé  à  cet  officier 
les  mômes  instructions  qui  doivent  être  données  au  Sr  Du  Vivier,  tant  par  rapport  à  la 
conduite  qu'il  doit  tenir  pour  ne  pas  se  compromettre  avec  les  anglois  dans  la  transmi- 
gration des  Acadiens,  que  sur  ce  qu'il  a  à  faire  pour  l'établissement  de  ces  nouveaux 
habitanSj  qui  doit  être  fixé  au  défrichement  des  terres  sans  aucune  entreprise  de 
pesche. 

Le  Roy  trouvera  bon  que  M.  Bigot  continue  d'envoyer  dans  cette  Colonie  les 
secours  qui  luy  seront  demandés  ;  .Mais  Sa  Majesté  espère  que  dorénavant  ils  ne  seront 
pas  aussi  considérables  qu'ils  l'ont  été  depuis  deux  ans.  Je  me  suis  expliqué  sur  cela 
avec  Mrs  Rayemond  et  Prévost,  et  j'ay  lieu  de  croire  qu'ils  seront  attentifs  à  y  faire  les 
retranchements  successifs  que  les  circonstances  pourroient  permettre,  vous  devez  y 
contribuer  de  votre  part  en  tout  ce  qui  dépend  de  vous.  Ce  n'est  qu'avec  beaucoup  de 
peine  que  j'ay  pu  pourvoir  jusqu'à  présent  à  ces  sortes  de  dépenses.  Si  elles  duroient 
encore,  il  ne  seroit  pas  possible  d'y  faire  face  longtems  ;  et  malgré  l'extrême  envie  qu'a 
le  Roy  de  favoriser  les  transmigrations,  et  de  s'assurer  des  avantages  qui  en  peuvent 
résulter,  Sa  Majesté  se  trouveroit  forcée  de  les  abandonner.  Il  faut  espérer  qu'Elle  ne 
sera  pas  obligée  d'en  venir  là. 

Vaudreuil  au  ministre. 

A  Montréal  le  24  Juillet  1755. 

Monseigneur, — J'ay  eus  l'honneur  de  vous  rendre  compte  le  5  de  ce  mois  conjoin- 
tement avec  M.  Duquesne,  et  par  ma  Lettre  particulière  du  10  du  même  mois  que  les 
Anglois  s'étoient  rendus  maîtres  du  fort  de  la  pointe  de  Beauséjour. 

J'appris  hier  au  soir  par  un  courier  que  M.  de  Boishebert  m'a  expédié  du  fort  de 
la  Rivière  St-Jean  que  le  27  du  mois  dernier  les  Anglois  ont  paru  devant  son  fort,  que 
les  Acadiens,  et  les  Sauvages  étant  encore  effrayé  de  la  prise  de  Beauséjour  ne  se  sont 
point  opposé  à  leur  débarquement,  que  bloqué  depuis  un  mois,  et  les  secours  qui  lui 
venoient  de  Louisbourg  étant  pris,  ainsi  que  l'artillerie,  ne  pouvant  faire  qu'une  capitu- 
lation onéreuse,  attendu  que  les  Anglois  sçavoient  sa  situation,  il  s'est  déterminé  à  faire 
sauter  son  fort,  n'ayant  point  de  moien  plus  seur  pour  éviter  que  les  habitans  de  ce  poste 
fussent  sous  la  domination  angloise  qu'il  s'est  retiré  dans  le  détroit  de  cette  rivière  où  il 
a  établi  un  camp  volant.  Qu'il  pense  que  trois  vaisseaux  de  la  flotte  qui  sont  partis  ont 
été  à  Port  Royal  pour  chercher  des  ouvrier  pour  rétablir  le  fort. 

M.  de  Boishebert  me  prévient  qu'il  n'est  pas  possible  de  rien  entreprendre  cette 
année  dans  la  partie  de  l'Acadie,  et  que  pour  réussir  il  faut  nécessairement  des  vaisseaux 
de  forces. 

J'ay  fait  partir  au  même  moment  un  courier.  J'ordonne  à  M.  de  Boishebert  de 
conférer  avec  le  P.  Germain  sur  le  parti  qu'il  convient  de  prendre,  que  si  les  Sauvages 
sont  toujours  dévoués  aux  françois,  et  qu'il  soit  nécessaire  pour  les  y  maintenir  de  rester 
avec  eux,  il  peut  m'adresser  un  état  signé  de  lui  du  P.  Germain  des  vivres  et  autres 
besoins  nécessaires  tans  pour  les  françois  que  pour  les  Sauvages,  pour  passer  l'hivert  et 
que  je  lui  ferai  envoyer. 

Je  lui  recommande  ainsi  qu'au  P.  Germain  de  ne  point  s'exposer  à  rester  avec  les 
Sauvages  pour  peu  qu'ils  prévoient  avoir  des  risques  à  courir  de  leur  part,  et  en  ce  cas 
de  revenir  à  Québec. 


1,1  \  /   i  LOQll    /><'        i  '    i  /'//  i     /  '     /"/'  !  I  409 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

.l 'aurai  l'honneur,  M  ueur,  d 

des  mouvemen  i  que  mon  soie  et  loi  conj 
pour  l'Acadie. 

.1.  in  tn     prof  >n<  :  1 1    pool    Moi  ir, 

\  otrc  tn     huinbl 

liii/ot  au  min    ! 

A   Qt  ii.i  o,  li 
MONBBIONI  i  R, 

Vous  aurez,  Mon  eigneur,  reçu  la  Capitulation  du  t 
M   «le  \  ergor  m'a  dit  quil  y  estoit  porté  que  lei  Angloia  ne  ;  rien  a 

qui  s'estoient  ran  l'autorité  du  lo>\  .  Cependant  les 

les  font  embarquer  pour  lei  tran  ferei    ailleurs.     M.  de   Boi 

missionnaire  nous  demandent   dei   vtvn  poudre,  balles  et  plomb  poui  d 

familles  qui  te  sont  réfugiées  dan  pour  nV  u<-  pas  pi  i  <       <  •»    .;  jus- 

qu'il va  les  chercher  à  Is  teste  de  quelques  soldat    qu'il  a  dans  la  R  <  il 

s'est  retiré  et  qu'il  emmènera  aussi  une  centaine  d<  il  me  prie  de  lui  en 

drs  secours  dsns  la  Baye  des  (  'haleurs  dans  un  port  «pi  il  m'indique  et  qu'il  les  ira  prs 
tire;  Je  fais  charger  sur  un  bâtiment  ce  qu'il  me  demande,  afin  qu'il  soit 
de  la  réponse  de  M.  de  Vaudreuil  ••»  qui  jai  depesché  un  courrier  — 

Voila  un  surcroit  de  dépense  à   laquelle  je  n<  m'attendoi    ps       M.  de  Boishe 
me  marque  qu'il  y  a  mille  .-mies  dans  1.-   bois  et  qui  y  moureroient  li  <U 

pas.  .le  ne  seais  pas  enooT  le  parti  «i'"4  M-  de  Vaudreuil  prendra  pour  reprend]  >rt, 

je  fais  faire  toujours  par  provision  des  milliers  de  raquettes  pour  les  diflR 
tions  de  l'hyrer  qu'il  poura  y  avoir  à  faire  et  je  compte  qu'il  y  en  aura  plusie 

.1  ai  l'honneur,  etc., 

BIGOT. 

ManiJèsU    d<    Boishébert  aux  Acadi 

Nous  Officier  Commandant  pour  le  Roy  à  la  Rivière  St-Jean,  et  de  toute  L'A< 
Françoise,  et  ses  dépendances. 

Comme  l'intérêt  sordide  plus  que  tout  autre  motif,  engage  les  Accadiens  a  s'exp 
à  un  danger  visible  d'être  pris  par  des  Anglois,  et  que  nous  avons  des  exemples  récentes 
des  risques  qu'on  courrut  quelques  mauvais  sujets,  qui  sont  peut  être  pris. 

A  cette  cause  défendons  à  tous  Accadiens,  sous  quelque  prétexte  que  ce  puisse  t'-tre, 
de  sortir  de  leurs  habitations,  ou  endroits  qu'ils  habitent,  sans  mon  agrément. 

Promettons  cinquante  livres  de  gratification  à  quiconque  nous  déclarera  à  l'avenir 
ces  malfaiteurs,  et  admonestrons  ces  derniers  de  trois  cents  livres  à  prendre  sur  les  meu- 
bles et  immeubles,  et  les  envoyrons  à  Québec,  comme  sujets  rebelles  et  préjudiciables  au 
bien  public. 

Ordonnons  à  tous  Capitaines  de  faire  publier  dans  leurs  rivières  et  dépendances  le 
présent. 

Auquel  avons  fait  apposer  le  cachet  de  nos  armes  pour  que  personne  n'en  prétende 
cause  d'ignorance  ;  fait  triple  à  mou  camp  le  20me  Décembre  1755. 

BOISHÉBERT. 

N.  B. — Pour  mes  armes,  trois  canards  regardants. 

A  Belair  vers  Cocagne  ce  10  Mars  1756. 

Copie  d'une  lettre  écrite  par  Monsieur  l'Abbé  le  Guerne  Missionnaire  des  sauvages  à 
l'Acadie,  à  Monsieur  Prévost,  Ordonnateur  à  l'Isle  Royale  et  dont  la  pareille  a  été 
aussi  adressée  à  Monsieur  le  Chevalier  de  Drucour,  Gouverneur. 

Monsieur, — Le  zèle  que  j'ai  toujours  eu  pour  les  Accadiens  dont  je  suis  Mission- 
naire depuis  quatre  ans,  m'engage  à  vous  écrire  en  leur  faveur. 

18—58 


410  Al<(  ill\  l  >    (    1  S  ADIEU  VI  - 

5-6  EDOUARD  VII.  A.   1906 

Je  vous  crois  amplement  informé  de  ce  qui  sest  passé  dans  cette  malheureuse 
contrée  depuis  le  siège  de  Beauséjour  jusqu'à  l'entrée  de  l'hyver.  Je  m  v  suis  trouvé 
dans  cet  interval  le  seul  prestre  et  presque   toujours  le  seul  fran^oiv 

.!  'avois  pria  des  arrangemens  avec  L  Anglois  en  faveur  de  mes  habitans  sans  déroger 
à  ce  que  la  patrie  exigeoil  de  ruoy,  et  j'ai  découvert  le  piège  qu'il  me  tendoit  et  j'ai  syu 
grâces  ;i  Dieu  me  retirer  à  temps. 

Me  voyant  le  seul  témoin  de  ce  qui  se  passoit  OU  au  moins  le  seul  capable  d'en 
donner  connoissance,  j'en  ay  dressé  quelques  mémoires  que  j'ay  crû  a  propos  d'envoyer 
en  France  et  en  Canada  Je  supprime  icy  la  plupart  de  ces  détails  qui  ne  vous  présen- 
teraient rien  de  nouveau  sans  rien  citer  de  ce  qui  s'est  pas--,  antérieurement  qu'autant 
(jue  la  liaison  des  faits  le  demandera  naturellement. 

Je  vous  marquerai  simplement  et  eu  abrégé  ce  qui  s'est  passé  parmy  non-  depuis  le 
commencement  de  cet  hiver,  vous  verres  par  là,  les  embarras  que  nous  traversons,  les 
dangers  que  nous  courons,  les  besoins  qui  nous  pressent,  et  sil  n'est  pas  en  votre  pouvoir 
d'user  de  compassion  et  de  bonté  à  notre  égard. 

A  la  fin  de  l'automne  Monsieur  de  Boishébert  fit  exécuter  l'ordre  de  Monsieur  le 
Général  qui  prescrivoit  aux  Accadiens  de  se  retirer  dans  les  bois,  vis  à  vis  de  leurs  habi- 
tations (Monsieur  de  Niverville  fit  aussy  dans  ce  temps  là  six  prisonniers  sur  les  An- 
glôis.) 

Dès  lors  il  n'y  avoit  dans  l'Accadie  françoise  qu'environ  deux  cent  cinquante 
familles  placées  dans  la  Rivière  de  Chipoudy,  Petcoudiac  et  Meineramcouk,  cette  der- 
nière étoit  la  plus  exposée  n'étant  éloignée  que  de  sept  lieues  de  Beauséjour  ;  mais 
l'habitant  reculé  d'une  demie  lieue  dans  le  bois  si  trouvoit  en  sûreté,  le  peu  de  grains 
qu'il  avoit  cueilly  joint  à  ses  bestiaux,  lui  promettoit  une  subsistance  suffisante  pour 
l'hiverner  et  le  conduire  à  l'embarquement,  heureux  encore  s'il  avait  gardé  la  retraite 
mais  l'intérest,  l'indocilité,  l'inexpériance  et  la  fausse  sécurité  ont  toujours  été  fatale  aux 
Accadiens. 

On  s'imagina  bientôt  que  l'Anglois  étoit  incapable  de  voyager  dans  la  rigueur  de 
l'hiver,  j'essayai  en  vain  de  les  désabuser,  on  reparut  dans  les  déserts,  plusieurs»  même  i-e 
relogèrent  dans  leurs  maisons. 

L'Anglois  toujours  inquiet  s'il  ne  se  formoit  pas  quelques  projets  contre  luy  envoya 
à  Memeramcouq  trente  hommes  à  la  découverte  qui  prirent  trois  des  nôtres  la  veille  des 
Rois  Ce  fût  le  plus  grand  de  nos  maux,  notre  principale  force  consistoit  dans  l'ignorance 
ou  étoit  l'ennemi  sur  notre  situation. 

Dans  ce  tems  là  même  Monsieur  de  Boishébert  marchoit  à  la  tête  d'un  party  de 
deux  cent  cinquante  hommes,  tant  Sauvages  qu' Accadiens  pour  frapper  à  la  Baye  Verte 
et  aux  environs  de  Beauséjour,  mais  dès  lors  il  augura  mal  du  succès  de  son  expédition, 
il  jugea  même  qu'il  la  falloit  différer  au    moins  de  quinze  jours. 

Mais  voici  le  plus  fatal  de  nos  malheurs,  nous  cares-ions  un  serpent  qui  nous  a  pres- 
que tués. 

Un  certain  Daniel,  Suisse  de  Nation,  soy  disant  habitant  et  déserteur  de  Ghibouctou 
se  tenoit  parmi  nous  depuis  quatre  ans,  il  avoit  été  domestique  de  Monsieur  Manach  et 
de  quelques  uns  de  nos  Commandans,  il  servoit  d'espion  à  Monsieur  le  Loutre  contre  l'An- 
glois, il  étoit  cet  hy  ver  l'homme  de  confiance  du  Père  Germain,  on  le  chargeoit  même  de 
quelques  commissions  concernant  les  affaires  du  Roy. 

(a)  Un  capitaine  Anglois  que  nous  avons  prisonnier  à  la  Rivière  Saint-Jean  a  dé- 
claré que  ce  Dan:el  a  e^té  trois  fois  aux  Anglois  dans  le  conrs  de  l'esté  passé.  Pour  le 
coup  nous  croyons  n'avoir  plus  de  traîtres,  parmy  nous  et  nous  espérons  que  l'Anglois 
ne  sera  plus  si  à  portée  de  nous  molester,      (a) 

Ce  malheureux  sur  quelques  légers  mécontentemens  passa  chez  les  Anglois  vers  le 
quinze  de  Janvier  ;  on  ne  sçau roi t  exprimer  tout  le  mal  qu'il  nous  a  causé,  il  a  de  l'esprit, 
écrit  assés  bien,  parle  avec  facilité,  s'informe  de  tout  et  raisonne  en  politique. 

Ce  malheureux  a  rapporté  à  Monsieur  le  Commendant  de  Beauséjour  la  situation 
et  les  dessins  des  habitans  qui  aux  Mines,  au  Port  Royal,  et  dans  ces  quartiers  se  sont 
échappés  aux  Anglois,  les  projets  des  françois  pour  emmener  ces  pauvres  fuyards,  où  ils 
doivent  s'embarquer,  en  un  mot,  comme  ils  sçavoit  tout  il  a  tout  mis  au  jour  et  a  ajouté 
mille  impostures. 


,,i  \  i   1/  0011    i"        U    i/'//  \       iVEi     i""  i  Mi  ••  411 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

En  arrivant  au  fort  il  trouva  M    Bool   dan     d<     \  le  long 

côt€   surprendre  le  oamp  de  Mon  ieui  de  Boi  héberl       i  ne   fit-il   pa     p 

L'en  oou  rage  i  '  mai    heureusement  poui  .m.  .nu,  -s  <ju  il  <l<.i  ■■  point 

m    lervirent  qu'à  persuader  Monsieur  Soot  do  l'impo    ibilit<    ou  il  < 
«■ut  reprise  par  terre 

Il  a  «Ht,  enoore  bien  à  | •  i < > f ••  »    poui  nou  .  qu  ici  un  officiel  tout  llii 

une  quantité  de  Sau>  Ce  malheureux  détermina  encore  M< 

piroque  pour  allei     s    ai  il  de    Père    (iiermuiii   ri    «I»-   lu  \'.\<>. ■■.*■  « j u i  d< 

maisons  su  haul   de  Petooudiak   à  quinse  lieue    de    I  ■■  maii  la 

glaoea  ou   plut. m    la   Providence  fll   échouer  ce  projet.     Je  ne  6niroi    | 
suivre  oe  traître  dan    toute     s   démarchée  indignes. 

Je  tiens  ses  détails  de  Pierre  Sure!  qui  n  i  ■  mrnrni  «le  IIchu  •  joui      i 

mit  l'anglois  à  portée  a  nous  faire  bien  «I"  mal,  nous  travaillons  «  <  i  ■ 
danl  a  nous  en  garant  ir  en  donnant  une  nouvelle  I  u  affaire  .  mou    avons  chai 

notre  oamp  el    les  babitans  leurs  retraite     nous  nous  tem  leui        i  i 

t  bout  oe  que  nous  pouvons  faire.      Mai    je  revien    à  Mon  icur  de  Boishétx 

Il  se  remit    en  compagne  vers  le  vingt   Janvier,   il   ignorait    aloi    la  d 
Daniel,  il  avoit  tout  à  espérer  «le  la  U>nne  volond  -.  .    •    \>v*  • 

lui  annonçaient  dea  occasions  favorables,  ma*s  il  rie  pensoil  le   Daniel   instrui 

alors  les  Anglois  pour  te  surpendre, 

Ce  malheureux  savoit  à  peu  près  où   il  devoit   camper,  l'angloii  profita  de 
noiasanoes,  sortit  le  vingt  oinq  «lu  même  mois  avec  deux   cent    trente  homm 
tonilter  avant  le  jour  sur  une  maison  Bcituée  dans  les  bois,  à  une  demie  heure  du  camp 
de  Monsieur  de  Boishébert. 

(//)  Monsieur  Seot,  eominandoit  lui-même  ce  perty,   il   se  croyoii    iûr  de  proi 

Monsieur  de  Boishébert  et  <lr  s'en  faire  pilottej  à  Co  Ogne  | a). 

Il  comptoit  l'y  surprendre,  mais  n'y  ayant  trouvé  personne  et  craignant  d 
plus  avant,  il  reprit  le  chemin  de  Beauséjour  après  avoir  allumé  le  feu  dans  cette  maîaon. 

Monsieur  de    Boishébert   «;toit  à  l'abri  de  la  surprise,    il  avoit  pluaû  irâet 

avancées  qui  l'avertirent  des  approches  de  l'ennemy  comme  il  partoit   luy   même 
jour  pour  aller  se  gabioner  sur  le  chemin  de   Beauséjour,  et  partit  à  la  pointe  du 
par  des  routes  détournées  et  tomba  avec  ses  plus  braves  sur  l'arrière  garde  de  L'ennei 
il  en  auroit  fait  un  grand  carnage  si  tous  ses  gens  l'avoient  suivi,  une  grande  partie 
effrayée  par  le  nombre  des  ennemis  et  craignant  d'ailleurs   d'être  investi  n'osa  sortir  du 
bois  ;  on  engagea   cependant  l'action   qui   dura   une   demie-heure,    l'anglois   voyant  son 
arrière  garde  trop  foible,  fit  replier  l'avant  garde  pour  la  soutenir  et  se  mit  en  devoir  de 
nous  investir. 

Monsieur  de  Boishébert  ne  voyant  à  ses  côtés  qu'un  petit  nombre  de  braves  et  par 
conséquent  se  trouvant  dans  l'impossibilité  de  résister  avec  une  force  infiniment  supé- 
rieure se  retira  prudemment  de  manière  que  l'ennemi  jugea  qu'il  usoit  de  feinte  et  n'osa 
le  poursuivre. 

L'Anglois  eût  quelques  blessés  et  perdit  deux  hommes  dont  un  étoit  fort  considéré 
de  ses  gens,  tous  les  nôtres  se  retirèrent  sains  et  saufs. 

Entre  tems  vingt  sauvages  envoyés  par  Monsieur  de  Boishébert  à  la  Baye  Verte, 
y  brûlèrent  deux  bâtimens,  firent  sept  chevelures  et  un  prisonni*  r  qui  a  déclaré  qu'on  y 
travailloit  fortement  à  faire  des  raquettes,  et  qu'il  étoit  arrivé  à  Chibouctou  des  habil- 
lemens  pour  trois  Régimens  qui  doivent  venir  ce  printems  d'Angleterre  à  l'Accadie. 

Pendant  son  séjour  dans  ces  quartiers,  Monsieur  de  Boishébert  a  travaillé  conjoin- 
tement avec  le  Père  Germain  à  la  subsistance  des  familles  les  p]us  nécessiteuses  et  de 
quatre  à  cinq  cents  familles  sauvages  qu'il  arrêtoit  icy  pour  les  parties.  Les  fonds  qu'il 
avoit  reçu  cet  automne  de  Canada  ne  pouvoient  y  suffire,  il  a  fallu  achetter  plus  de  six 
cents  bêtes  à  cornes,  dépense  qui  a  excédé  plus  de  quatre  vingt  mille  livres  en  trois  mois 
et  demy  qu'il  a  été  à  Cocagne  il  comptoit  y  faire  un  plus  long  séjour,  de  nouveaux  inci- 
dens  l'ont  rappelé  incessamment  à  la  Rivière  Saint-Jean. 

Le  huit  janvier  il  y  est  arrivé  un  petit  navire  chargé  de  trente  deux  familles  du 
Port  Royal  qui  fesoient  nombre  de  deux  cent  vingt  cinq  personnes,  on  les  emmenoit  à 

18-58J 


412  '///i/>   (   I  \  IDIE  y  VE8 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

Baston  niais  s'étant  écarte  d'un  gros  bâtiment  qui  les  convoyoit  ils  se  rendirent,  maîtres 
du  navires  où  il  n'y  avoil  que  huit  personnes  d'Equipage  et  arrivèrent  heureusement  à  la 
Rivière  Saint  Jean  où  ils  scavoient  trouver  un  refuge. 

Cette  prise  fut  suivie  de  près  dune  autre  dont  nous  regrettons  encore  le  mauvais 
usage,  dix  sauvais  surprirent  «le  nuit  une  grosse  godette  dans  le  havre  de  l'Etang. 

(a)  Les  sauvages  en  ont  débarqué  les  meilleurs  effets,  et  ont  conduit  le  Bâtiment  à 
La  Rivière  Saint-Jean,  mais  il  n'y  restoit  plus  qu'une  petite  quantité  de  lard  et  de 
rhum   (a). 

Cette  prise  étoit  riche  elle  contenoit  des  effets,  des  provisions  pour  les  officiers  du 
Port  Royal  avec  quelques  lettres  de  conséquence  et  des  Gazettes. 

(h)  La  dernière  gazette  étoit  du  dix  huit  Décembre,  elle  rapportait  que  Monsieur 
de  Rigault  gouverneur  des  Trois  Rivière  a  esté  tué  dans  la  première  bordée  dans  l'affaire 
où  nous  avons  perdu  deux  vaisseaux  et  que  Monsieur  le  Baron  Dyesco  que  nous  avons 
crû  mort  est  dans  la  Nouvelle  York  et  qu'on  espère  qu'il  guérira  de  ses  blessures.  Il 
est  encore  mention  dans  les  Gazettes  que  la  Hollande  veut  garder  la  neutralité  et  que 
la  reine  de  Hongrie  veut  interposer  sa  médiation  (6). 

Mais  faute  d'un  bon  interprète  on  n'a  pu  les  comprendre  suffisamment,  on  a  com- 
pris cependant  que  les  Anglois  ont  été  défaits  vers  le  fort  Saint  Frédéric  et  qu'ils  pro- 
jettent d'établir  à  la  Rivière  Saint  Jean  à  l'entrée  du  printemps  comme  un  poste  impor- 
tant, en  quoy  ils  me  paroissent  bien  connoître  leurs  intérests. 

Cette  Rivière  en  effet  donne  une  entrée  facile  dans  le  Canada,  les  met  à  portée  de 
chasser  au  loin  toutes  les  nations  sauvages,  leur  assure  la  possession  entière  de  toute 
l'Accadie  et  de  la  côte  de  Pentagouet,  une  pleine  liberté  dans  la  baye  françoise  avec 
beaucoup  de  havres  commodes  en  toute  saison  et  faciles  à  deffendre,  sans  parler  d'ail- 
leurs que  cette  Rivière  fournit  du  champ  à  une  province  bien  établie  ou  la  bonté  de  la 
terre  jointe  à  la  pesche  rapporteront  au  delà  du  nécessaire. 

Rien  ne  les  a  convaincus  de  l'importance  de  ce  poste  que  la  conduite  de  Monsieur 
de  Boishébert  lequel  avec  une  poignée  de  gens  s'y  est  soutenu  cet  esté,  et  par  les  petites 
sorties  qu'il  en  a  fait,  les  a  harcelles  au  point  de  les  mettre  au  désespoir  comme  je 
rapprends  de  Pierre  Suret. 

Le  neuf  Février  un  bâtiment  anglois  mouilla  sous  pavillon  françois  dans  le  havre 
de  la  Rivière  Saint  Jean  et  ayant  apperçu  deux  bâtimens  qui  passoient  par  hazard  il 
envoya  quatre  déserteurs  françois  à  terre  qui  feignirent  qu'ils  étoient  suivis  de  plusieurs 
navires  françois,  qu'ils  venoient  tous  de  Louisbourg  pour  prévenir  l'Angloi9  qu'on  savoit 
dans  le  dessein  de  s'établir  bientôt  à  la  Rivière  Saint  Jean  et  qu'ils  cherchoient  un 
praticien  de  l'endroit  pour  mouiller  dans  le  fonds  du  havre. 

Des  gens  plus  rusés  auroient  apperçu  le  danger  qu'il  y  avoit  à  s'engager.  Un  de  nos 
malheureux  Accadiens  donna  directement  dans  le  piège  tout  visible  qu'il  étoit.  A  peine 
fut  il  à  bord  que  l'anglois  mit  son  pavillon  et  l'assura  d'un  coup  de  canon. 

Les  familles  du  Port  Royal  dont  j'ai  déjà  fait  mention  estoient  cabanées  au  voisi- 
nage (on  les  a  fait  passer  dernièrement  au  haut  de  la  rivière)  et  ayant  accouru  au  bruit, 
ils  s'apperçurent  que  l'Anglois  s'approchoit  pour  enlever  le  Bâtiment  où  ils  s'étoient 
sauvés  ;  sans  perdre  de  temps  ils  en  débarquèrent  quelques  pierriers,  et  les  ayant  placés 
avantageusement  et  apporté  toutes  les  armes  qu'ils  pou  voient  avoir  d'ailleurs,  ils  firent 
un  tel  feu  sur  l'Anglois  qu'il  fût  contraint  de  se  sauver  comme  il  étoit  venu.  Ce  Bâti- 
ment venoit  en  apparence  du  Port  Royal  pour  chercher  des  nouvelles. 

Tous  ces  evénemens  demandoient  la  présence  de  Monsieur  de  Boishébert,  il  est  donc 
parti  de  Cocagne  le  quinze  Février,  laissant  à  sa  place  Monsieur  Grandpré  de  Niverville 
son  second  avec  un  nombre  de  Sauvages  pour  continuer  à  harceller  l'ennemy  et  pour 
favoriser  l'évasion  des  habitans. 

Comme  j'ai  fait  évader  les  familles  qui  l'automne  dernier  ont  passé  de  ces  quartiers 
là  sur  l'Isle  Saint  Jean,  et  que  sur  l'apparence  des  affaires,  je  -suis  dans  les  mêmes  senti- 
mens  à  l'égard  de  ceux  qui  nous  restent  encore,  il  m'a  prié  de  continuer  mes  soins  sur 
ce  sujet  de  concert  avec  M.  de  Niverville. 

Nous  travaillons  donc  présentement  à  faire  sauver  ces  pauvres  Accadiens  qui  n'ont 
point  voulu  se  rendre  à  l'anglois  ;  le  nombre  à  la  vérité  en  est  peu  considérable  et  encore 
sont  ils  dispersés  et  dans  des  situations  les  plus  fâcheuses,  mais  enfin  ils  sont  françois, 
ils  nous  coûtent  chers  ils  sont  chrétiens,  et  coûtent  beaucoup  à  Jésus-Christ. 


qi  \  /  i /  ooji  /'/     n  i /»//  n     »  i  /  '  /""  i  vi  \ 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Voilà  dei  mot  p  m  m  . 

Subir,  au  Porl  Royal,  aux  Mine   et  enfin  dam  n 
et  (  'hipoudy. 

Des  oourrien  venu  lu  Port  Royal  .  Sa  de   i» 

qu'il  n  est   point   de  t  rahi  cm  dont  l'An^loi    n«- 
I  emmener,  soif  pour  tond  rétentions. 

On  a  supposé  une  lettre  de  Mon  ieui  La  Loutre  i  M 
«i  ie  Le  premier  de  .  .•     Missionn  ill<-  <l  ai 

(•ruts  (  Canadiens. 

On  i  vu  plus  d'une  foii  de  prétendu!  officieri  Pranooii  qui 
d'une  armée  ou  (lune  Motte.     Il  a  paru  plusienr   couriern  particuli 
o'étoient  dee  flottée,  des  fçégates  partlei    pour  s'op]  l'enlèv< 

o'ét  oient  «les  espérances  les  plus  tlateu  i 

On  n'enlcvoit,  (lirait  ou  U>>   familles  que  pour  le    empêcher  de  porter   1- •-  arn 
le  françois,  suivant  des  ordres  donl  Monsieur  Booquaii    étoil    port  ir,  «-t  que  la   paix 
ramèneroil  un  chacun  sur  son  ancienne  habitation. 

Nous  sçùnics  de  ces  oourrien  qu'il  ne  i'eef  sauvé  du  Porl  Royal  q 
familles  dont  la  majeure  p.ntic  s.  m  retirée  dans  les  \x,  Sabla, 

l'autre  se  tient  au  bois  aux  environs  du  lieu.     Les  gens  du  Oap  Sable  o'onl    pas  en 
été  inquiétés,  ils  se  sont  oonfinés  dani  les  bois  et  ont  avec  eux  Monsieur  Deeenc 
»\  devant  Missionnaire  du  Port  Royal. 

Je  n'ai  pu  SÇavoir  s'ils  avoient  le  dessein  de  se  retirer  Wl  nous,   je  |  il  volon- 

tiers qu'ils  veulent  attendre  dans  les  bois  quelle   sera  l'issue  de  la  guerre,    lit  «  » r i  t  en 
chercher  les  nouvelles  chés  les  fugitifs  du  Port  Hoyal,  ceux  cy  les  ont  envoyés  chercher 
chés   nous   comme  je   l'ai  dit  et  veulent   tout   mettre  en  œuvre  pour  se  rendre  a  n 
Nous  leur  avons  promis  toute  l'assistance  qui  dépendra  de  nous. 

(a)  Messieurs  Daudin,  Chauvreux  et  Lemaire  ont  été  arrêtés  vers  la  my  Juillet,  con- 
duits à  Chibouctou  et  mis  dans  des  vaisseaux  séparément  :  c'est  tout  ce  qu'ont  en  scait. 

Vers  la  fin  de  l'automne  il  ne  restoit  plus  aux  Mines  que  quatre  vingts  familles  (il 
y  en  avoit  aux  Mines  avant  ces  troubles  environ  un  millier  d'habitans)  et  j'apprends 
tout  récemment  qu'il  n'en  reste  plus  que  dix  ou  onze  qui  sont  cachées  dans  les  bois 
et  qui  demandent  du  secours  pour  se  sauver. 

Dans  nos  rivières  de  Memeramcouc,  Petcoudiac  et  Chipoudy,  il  reste  comme  je  l'ai 
dit  environ  deux  cent  cinquante  familles,  de  ce  nombre  sont  soixante  femmes  dont  les 
maris  ont  été  emmenés  en  Angleterre  [sic  pour  Nouvelle- Angleterre].  Pour  bien  faire 
connoître  la  situation  de  ces  familles,  il  faut,  ce  me  semble,  reprendre  les  choses  d'un 
peu  plus  haut. 

Dès  que  les  affaires  commencèrent  à  se  brouiller  dans  ce  pays,  je  jugeai  qu'on 
n'avoit  rien  de  mieux  à  faire  que  de  se  jetter  entre  les  bras  des  françois,  dès  lors,  à  la 
vérité,  la  plupart  des  habitans  s'étoient  rendus  aux  forts  anglois  y  étoient  détenus,  et  je 
n'avois  pu  m'opposer  à  cette  démarche  en  effet  en  regardant  l'anglois  comme  son  maître 
on  se  croyait  en  seureté  sous  la  foy  de  la  capitulation,  on  se  croyoit  obligé  à  l'obéissance. 

Messieurs  de  Vergor  et  le  Loutre  avoient  dit  en  partant  qu'il  étoit  de  l'intérest  de 
l'habitant  d'être  bien  soumis,  l'Anglois  cachoit  son  dessein,  paraissoit  même  travailler  à 
perfectionner  les  établissemens. 

L'ordre  vint  de  se  rendre  au  fort  pour  prendre  disait  on,  des  arrangemens  concer- 
nant les  terres,  dans  de  telles  circonstances  je  ne  pouvois.leur  conseiller  la  désobéissance 
sans  me  charger  de  tous  les  malheurs  qui  sont  arrivés. 

Si  en  effet,  j'eus  conseillé  alors  de  refuser  l'obéissance,  la  majeure  partie  des  habi- 
tans persuadée  qu'elle  retrouveroit  l'ancienne  tranquilité  sous  le  règne  de  l'anglois,  et 
attentive  uniquement  à  une  aveugle  interest  pour  leur  terre,  ne  m'auroit  jamais  écouté 
et  la  rébellion  des  autres  auroit  fourni  à  l'Anglois  un  prétexte  spécieux  et  unique  pour 
enlever  tous  ceux  que  les  promesses,  la  violence  et  quelqu'autre  voye  auroit  mis  sous  sa 
main. 

Je  ne  pouvois  manquer  alors  d'être  regardé  comme  l'auteur  des  malheurs  de 
l'Accadie,  l'habitant  peu  capable  de  démesler  les  vrais  ressorts  qui  font  agir  l'Anglois 
n'auroient  pu  penser  autrement  et  partout  il  m'auroit  rendu  responsable  de  ses  désastres. 


414  éLBi  HFPE8   CANADIEN  w  S 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

Ajout»/  ,i  toutes  ces  raisons  que  restant  le  seul  prestre  dans  ces  quartiers,  au  point 
île  vue  ou  les  choses  se  montraient  la  religion,  la  charité,  l'intereet  même  de  la  France 
exigeoient  d<*  moy  tontes  1  *  m  -sur -s  possibles  pour  m'y  maintenir,  et  que  pour  cet  effet 
avois  été  <<l>!iur,;  de  promettre  Amplement  à  l'Anglois  de  ne  point  toucher  aux  affaires 
d'Etat,  et  que  voyant  d'ailleurs  que  l'Accadien,  soit  pour  faire  sa  cour,  soit  par  impru- 
dence, informoit  au  fort  de  tout  ce  qui  se  passoit,  je  ne  ponvois  ouvrir  la  bouche  contre 
l'Anglois  sans  m 'exposer  à  des  grosses  affaires  < pi i  auroienl  tourné  autant  au  préjudice 
.  habitant  qu'à  ma  perte. 

Ces  raisons  ^<>nt  presque  sullisantes  pour  justirrier  ma  conduitte  dan9  cette  conjec- 
ture difficile  et  pour  n"  point  juger  rigoureusement  les  habitans  qui  se  rendirent  au  fort 
Anglois. 

Je  reviens  maintenant  à  ceux  qui  se  trouvèrent  en  liberté  envers  lesquels  j'ay  agy 
autrement.  f^m 

Dès  que  je  vis  les  autres  arrêtés  au  fort,  je  vis  bien  que  les  ménagemens  vis  à  vis 
l'Anglois  étoient  déplaces  et  que  je  ne  pouvois  mieux  faire  que  de  sauver  pour  la  religion 
et  pour  la  France  le  reste  de  mon  troupeau. 

Le  commandant  anglois  par  ses  promesses  séduisantes,  des  offres  captieuses  et  par 
des  présens  même  que  je  n'osai  refuser  pour  la  première  fois,  avoit  crû  me  mettre  dans 
ses  interests  ;  se  croyant  donc  assuré  de  moy,  il  me  manda  qu'il  souhaitoit  me  voir 
incessamment,  il  me  connoissoit  mal. 

La  première  qualité  d'un  Missionnaire  s'il  est  digne  de  son  nom  c'est  d'être  honnête, 
homme,  et  le  premier  devoir  d'un  honnête  homme  c'est  une  fidélité  inviolable  à  la  patrie. 

Je  me  gardai  donc  bien  des  embûches  qu'il  me  tendoit  et  je  lui  répondis  poliment 
et  en  substance  que  je  ne  me  défiois  point  de  son  Excellence,  mais  que  j'appréhendois 
qu'il  ne  reçut  de  son  Général  des  ordres  peu  favorables  aux  Missionnaires,  qu'il  seroit 
obligé  d'exécuter  contre  moy  même,  et  puisqu'on  lui  commandoit  d'embarquer  les  habi- 
tans que  le  seul  parti  qui  me  restoit  étoit  de  me  retirer,  que  je  resterai  encore  au  pais 
sous  son  bon  plaisir  s'il  recevoit  un  contre-ordre  pour  les  habitans. 

A  une  autre  lettre  où  il  me  pressoit  encore  de  bannir  toute  défiance  et  de  me  rendre 
au  fort,  je  lui  répondis  que  je  me  souvenois  que  Monsieur  Maillard  avoit  été  embarqué 
malgré  une  assurance  positive  d'un  Gouverneur  anglois,  et  que  j'estimois  mieux  me  retirer 
que  de  m'exposer  en  aucune  manière. 

On  peut  bien  penser  qu'en  ce  temps  là  et  depuis  je  me  suis  gardé  sérieusement  pres- 
que toujours  dans  les  bois  d'où  je  sors  quand  il  est  nécessaire  pour  rendre  quelque  service 
aux  habitans,  sans  m'arrêter  en  lieu  risquable,  et  je  me  flatte  avec  la  grâce  du  Seigneur 
que  l'ennemi  n'aura  point  de  prise  sur  moy. 

Dans  cette  position  je  conseillai  très  fort  et  mille  fois  aux  habitans  qui  se  trou- 
vèrent hors  du  fort  de  ne  point  s'y  rendre.  Je  donnai  le  même  conseil  à  toutes  les 
femmes  qui  recevoient  des  ordres  fréquemment  pour  s'aller  embarquer.  Je  leur  repré- 
sentai qu'en  se  rendant  à  l'anglois  elles  s'ôtoient  toute  espérance  de  retour  et  se  met- 
toient  dans  le  cas  de  perdre  la  religion  avec  toute  leur  postérité,  qu'il  falloit  s'acheminer 
vers  les  françois  que  la  patrie  leur  tendoit  le  bras,  qu'avec  un  peu  de  courage  et  de 
fatigue  on  pouvoit  en  approcher,  que  j'agirai  de  toutes  mes  forces  ponr  leur  procurer  de 
l'assistance,  que  la  vue  de  leur  misère  toucheroit  nos  compatriotes  et  qu'en  ce  cas  on 
revoindiqueroit  leurs  maris  en  quelques  endroits  qu'on  les  transportât,  qu'autrement, 
elles  s'exposoient  à  tous  les  malheurs  ensemble. 

Ces  raisons  que  la  suite  des  événements  n'a  justifié  que  trop  ne  furent  guère 
évitées  que  dans  mon  ancienne  mission  qui  comprenoit  les  Rivières  de  Chipoudy,  Pet- 
coudiac,  Memerancouq,  Tintamard  avec  ses  dépendances  et  j'ay  eu  la  consolation  de 
voir  que  jusqu'aujourd'huy  aucune  femme  ne  s'y  est  embarquée,  excepté  quatre  ou  cinq 
qui  ont  été  surprises  et  enlevées  de  force  à  Chipoudy. 

Dans  le  reste  du  pais,  je  veux  dire  aux  environs  de  Beauséjour  cy  devant  desservis 
par  Messieurs  La  Loutre  et  Vizien  et  où  depuis  quelques  années  les  gens  paroissoient  plus 
fiers,  plus  factieux,  et  moins  respectueux  à  l'égard  des  prêtres,  je  ne  trouvai  qu'un  petit 
nombre  qui  voulût  defférer  à  mes  conseils. 

La  plupart  de  ces  malheureuses  femmes  séduites  par  les  fausses  nouvelles,  intimidées 
par  des  craintes  spécieuses,  emportées  par  un  attachement  excessif  pour  des  maris  qu'elles 


,,i  \  i   1/  0011    Dk       U    i/'//  *       iVKi    DOt  UÈiBl  110 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

.-ut   parmi  i  lion  de  •  oii  trop    ouvent ,  foi  nu 
leur  M  i    i  (  i  n .  1 1  r  •  -  .i  .i  toute  i  on  il  l<  rai  ion  i  u  onnal 
par  dése  poil  i  lan  i  lea     li    taux  a  ng  •  i  de  cent  qu 

I  )n  a  \  il    il  m  n  lo    plu  •    '  ■•        ; 

Femmes   ii«. ni   point   voulu  embarquai  ellei  l**u i  tiiu-s  <t   U 

1)118  p(  IUI'    I"'   seul    ni'  >t  it      '  l 

(  »M  «-ut  dit  que  li   '  ai  on  "■  ndoit    poui    leur  d(  i  leui  d< 

mte,  que  n'auroient-ellea   paa  fait    aloi     pourji   réparai     je  l'a  :         ; 

le  m. il  u.'  m mili i ut  plu     de  rera<  de 

Le  commencement  de  oel  te  affaire    m  i  i  •  i  •■  •  i    le  dix  d'Aoust 
quèrenl  rare  la  Saint  Michel,  et  enfin  vers  le  dîj  octobre  on  le    •  nmeoi 
al  environ  cent  quarante  autrei  habitons  qu'on  a  t,ou    \ 

:  [on  i  à  la  (  îarol  ine. 

Ceux  qui  te  sont  embarqi  Por(  Royal  at  aux  Mine    onl  •'•  po 

par  lea  mêméa  motifs  .  ils  sont  cependant  pi  epen  lant  on  peut  l>i 

le  pauvrea  habitana  d'ailleurs  qui  rit  trouvés    au  »n   d'un  ami 

traitre  et  orual)  l'étant  trouvé      m     Mi    ionnaire  qui  pût  le    ronseillei  et  dans  un  éloi 
gnement  qui  rendoit  leur  évasion  bien  difficile. 

[la  ont  présentement  tout  la  loisir  pour  regretter  lea  offres  que  M  l.    L 

leur  avoit  si  souvent  réitérées  s'ils  vouloient  i  ver.  (  >n  les  a  pis 
Baston  où  ils  ont  le  chagrin  de  voir  jusqu'à  leurs  plus  tendras  entai 
vice  des  particuliers  de  rein-  ville. 

Tandis  qu'une  partie  des  Â.coadiens  estoit  dans  la  route  d'Angleterre,  ri<  pour 
Nouvelle-Angleterre]  un  autre  se  rapprochoit  des  f  rançois,  les  Cob  endirent 

sur  l'Isle  Saint  .Iran  comme  vous  le  sçavi 

Je  fis  passer  aussy  environ  cinq  cents  amee  de  l'environ  de  Beauséjour  et  de  Tinta 
uiar  sur  la  même  [aie  sous  le  bon  plaisir  de  Monsieur  de  Villejouin  dont  je  ne  scaurois 
assez  louer  la  politesse  la  bonté  et  la  charité  pour  ces  pauvres  fugitifs. 

Je  passe  rapidement  sur  ces  faits  qui  vous  sont  connus  pour  ne  point  abuser  <U- 
votre  patience  par  une  longueur  outrée.  Je  me  proposois  d'être  moins  étendu,  mais  les 
faits  sont  tellement  liés  ensemble  et  se  présentent  s'y  naturellement  les  uns  après  les 
autres  que  je  n'ai  pu  tout  à  fait  leur  refuser  l'entrée  dans  une  relation  où  ils  ont  tous 
un  égal  droit  de  paraître,  mais  enfin  il  faut  reprendre  les  derniers  détails  sur  notre  situa- 
tion actuelle. 

On  compte  icy  comme  je  l'ay  déjà  marqué  plus  d'une  fois  deux  cent  cinquante 
familles  dont  la  situation  est  fort  à  plaindre. 

La  résolution  où  est  l'anglois  de  ne  plus  souffrir  d'Accadiens  dans  ces  cantons,  les 
menaces  réitérées  qu'il  fait  d'ammener  tous  ceux  qu'il  pourra  atteindre,  la  grande  diffi- 
culté ou  est  le  Canada  déjà  assez  occupé  d'ailleurs  de  leur  fournir  des  troupes  et  des 
vivres,  l'incertitude  du  succès  en  cas  de  guerre  par  rapport  aux  secours  qu'on  attend  de 
France,  la  grande  dizette  et  l'extrême  misère  dont  on  est  menacé  et  qu'on  éprouve  même 
déjà  en  partie,  toutes  ces  raisons  jointes  à  un  infinité  d'autres  dont  le  détail  seroit  trop 
long  démontrent  clairement  à  tous  ceux  qui  refléchissent  la  nécessité  de  travailler  où  ils 
sont,  sans  plus  tarder,  suivant  les  intentions  ou  moins  provisionnelles  de  Monsieur  le 
Général. 

On  devait  tous  dans  le  printemps  s'approcher  du  bord  de  la  mer  pour  passer  en 
Canada,  mais  deux  raisons  p  irticulières  nous  ont  engagé  à  prévenir  cette  saison  et  à 
presser  de  se  rendre  sur  les  glaces  incessamment  aux  lieux  de  l'embarquement. 

La  première  c'est  que  dans  le  printemps  les  portages  sont  impraticables  et  qu'en 
différant  de  les  passer  plus  tard  on  s'expose  à  être  pris  de  l'Anglois  ou  à  manquer  de  voi- 
tures s'il  faut  absolument  se  retirer. 

La  deuxième  c'est  que  tandis  que  les  Accadiens  sont  en  voisinage  de  leurs  habita- 
tions et  de  leurs  maisons,  ils  ont  toujours  quelque  prétexte  pour  sortir  du  bois  (il  y  en  a 
qui  espèrent  insensément  de  pouvoir  semer  ce  printemps  les  choses  comme  elles  sont). 
Sur  ces  entrefaites  l'Anglois  vient,  en  prend  quelques  uns  et  les  emmène. 

Et  le  plus  grand  mal  n'est  pas  qu'on  emmène  quelqu'un,  mais  que  l'ennemi  apprenne 
par  là  la  triste  situation  de  nos  affaires.     L'anglois  est  venu  trois  fois  cet  hiver  à  Même- 


416  '<  H1TE&   <  A  \.\hll.\  SI  - 


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ouq,  la  pre  :  >i>  il  .surprit  trois  hommes,  la  deuxième  trois  autres,  La  troisième 

fois,  s  Y-tant  fait  pilloter  par  un  de  ceux  qu'ils  nous  avoit  pris  cy  devant,  il  s'avança  de 
nuit  dans  le  bois  jusqu'à  un  endroit  ou  plus  de  vingt  familles  avoient  cabane  mais  par 
bonheur,  la  crainte  avoit  poussé  C6fl  pauvres  gens  plus  avant^dans  la  forest  cinq  ou  six 
jours  auparavant;  ainsy  l  Anglo's  ne  trouva  que  les  vieilles  cabanes  et  ne  peut  exécuter 
ses  ordres  cruelles. 

Pierre  Suret  a  rapporté  que  le  Commandant  de  ce  parti  avait  ordre  de  se  saisir  de 
tous  les  Accadiens  dans  cet  endroit,  de  faire  mourir  incontinent  tous  ceux  qui  s'y  trouve- 
roient  en  état  de  porter  les  armes,  de  leur  lever  la  chevelure,  d'emmener  tout  le  reste 
apr<s  avoir  laisse  au  bout  d'un  piquet  une  lettre  à  Monsieur  de  Boishébert  à  peu  près 
dans  ce  stile  : 

"  Vous  avez  commencé  nous  continuons  sur  le  même  ton  jusqu'à  ce  que  vous  vous 
"  retiriés  de  ces  cantons  avec  vos  Sauvages.  On  dit  chez  vous  aux  Sauvages  qu'autant 
"  d'anglois  qu'ils  tueront,  que  ce  sera  autant  d'échelons  pour  aller  en  Paradis,  nous  ajou- 
'.*  terons  que  c'en  sera  deux  pour  nos  gens  par  autant  d'Accadiens  qu'ils  détruiront." 

(a)  Cet  homme  nous  a  die  que  c'est  le  traître  Daniel  qui  a  suggéré  cet  avis  aux  An- 
glois  comme  le  seul  moyen  de  faire  retirer  Monsieur  de  Boishébert  qui  les  désole  avec 
ses  Sauvages  et  pour  empêcher  les  Accadiens  de  frapper  sur  eux. 

Le  malheureux  Daniel  a  dit  aussy  aux  Anglois  que  les  Sauvages  étant  allés  trou- 
vés Monsieur  Manach  pour  parlementer  sur  la  guerre,   ce  Missionnaire  leur  parla  ainsy. 

11  Est-ce  à  moy  qu'il  faut  venir  faire  des  parlemens,  n'y  a-t-il  pas  un  officier  du 
"  Roy,  mais  allés  autant  d'Anglois  qne  vous  tuérés,  ce  sera  autant  d'échelons  pour  mon- 
"  ter  au  Paradis."  (a) 

Il  paroît  par  ce  que  je  viens  de  marquer  qu'il  n'y  a  plus  de  seûreté  aux  Rivières 
pour  les  Accadiens  et  que  leur  meilleur  parti  c'est  de  profiter  des  glaces  pour  se  rendre 
au  bord  de  la  mer,  où  ils  seront  bien  plus  seûrement  par  rapport  à  l'ennemy  et  à  portée 
de  tout,  soit  pour  rembarquer  s'il  le  faut  absolument,  soit  pour  avoir  les  vivres  qu'il 
faudra  leur  apporter  si  on  veut  les  conserver  sur  ces  côtes,  et  qu'ils  ne  pourroient  avoir 
sans  s'exposer  en  venant  les  chercher  icy  des  Rivières,  sans  parler  que  nous  avons  plu- 
sieurs familles  absolument  incapables  de  transporter  des  vivres  pour  des  portages  de  sept, 
dix  et  même  de  vingt  lieues,  telles  sont  sans  contredit  les  femmes  dont  on  a  enlevé  les 
maris  et  qui  pour  la  plupart  n'ont  que  de  jeunes  enfans  incapables  de  leur  porter  aucune 
assistance. 

Je  leur  ay  souvent  proposé  ces  raisons,  je  me  suis  rendu  au  bord  de  la  mer  pour 
leur  chercher  un  azile,  et  depuis  un  mois  je  ne  cesse  de  les  appeler,  mais  malheureuse- 
ment on  ne  se  dépesche  guère. 

L'Accadien  est  d'une  irrésolution  qui  a  de  quoy  surprendre  en  général,  on  ne  vou- 
droit  pas  être  pris  pour  quoi  que  ce  soit  au  monde,  on  estimeroit  plutôt  être  mené 
jusqu'à  Michel  Machina. 

D'un  autre  côté  il  faut  se  résoudre  à  un  grand  sacrifice,  si  on  va  au  Canada,  il  faut 
dire  à  Dieu  à  son  pays,  à  son  habitation,  à  sa  maison,  abandonner  les  animaux  et  tant 
d'autres  objets  pour  lesquels  on  a  attachement  demezuré,  il  est  dur  d'y  penser  seule- 
ment, on  s'imagine  avec  quelque  raison  d'ailleurs,  qu'il  faudra  essuyer  bien  de  la  misère 
avant  de  s'embarquer  pendant  la  traversée,  en  Canada  même  (nos  habitans  iroient 
plus  volontiers  sur  l'Isle  Saint  Jean  ou  à  la  Rivière  Saint  Jean  mais  ils  craignent 
la  famine  dans  ce  dernier  endroit  et  l'Anglois  dans  l'autre)  on  se  figure  avec  quelque 
espèce  de  trouble  qu'une  fois  en  Canada  on  ne  reviendra  plus,  c'est  l'exil. 

Telle  est  la  façon  de  penser  de  ces  bonnes  gens  qui  n'ont  jamais  encore  sorti  de  leur 
païs,  à  les  entendre  on  est  misérable  partout  ailleurs,  on  ny  mange  de  viande  que  le 
quart  de  saoul.  L'accadie,  disent-ils,  jusqu'à  ces  dernières  années  étoit  un  Paradis  sur 
terre. 

On  pense  encore  que  nous  aurons  la  paix  incontinent  ou  que  l'Accadie  sera  peut- 
être  reprise  par  une  flotte  françoise  dans  le  cours  de  l'été  prochain  ou  dans  deux  ans 
au  plus,  qu'on  pourroit  se  cacher  seûrement  en  attendant  et  vivre  de  ses  bestiaux  (ce 
qui  n'est  qu'à  la  portée  d'un  petit  nombre)  on  voudroit  encore  attendre  des  nouvelles  du 
Canada,  on  s'assemble,  on  délibère,  on  demande  l'avis  d'un  Missionnaire  ou  d'un  officier 
et  puis  on  fait  à  sa  teste,  l'un  se  cache  bien,  l'autre  mal  caché  le  découvre  :  est-il  pris 


.,/  m  ILOQU    Di  S    h   i/'//  SU    il/'    D(H  i  »//  \  117 

DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

quelqu'un  I  On  1  rernble,  on  \  sut  •  en  all< 

une  fa  m  •  e  I  ranquilité,  on  vil    dan    d<    •   péi   nées  ilat< 

Telle  i- 1  l.i  «  « •  r i <  1 1 1 1 1 •  -  di •  «■«•  peuple  que  I  •  ncc*  rond  mal heu 

■oit,  j'espère  que  toutoi  loin    r<  llexion    t  de  lu 

mer  ai  ani  Ii  ftn  printemp 

Non-  avoui  icy  actuellement  environ    oixan te  famille     VI< 
autre    Rivière    imiteront  pie. 

Mais  le  toul  n  ei  I  pa    de    e  i  endi  mer,  il  faut 

et  \  oilà  nu  des  point  -  lei  plui  embai  ri 
qu'une  très  petite  partie  de  la  moisson. 

Cest  ce  qui  a  réduit  une  grande  partie  «lu  monde  a  \  uni 

quement,  et  <•<•  sera   la  seule  nourriture  des  trois  quarl 
menœment  de  May  ;  on  peut  donc,  dires  vous,  vivre  simplement   de  \iand<-  <t  ces  h. du 

tans  n'en  doivent  pas  manquer  dans  un  j.ii  h »vi ru i  d  anini.-i 

.F«-  réponds  à  cet  te  objection  : 

Premièrement  :  on  \it  simplement  de  viande  maie  malheureusement  ;  il  faudroil  un 
tempérament  sauvage  pour  v  tenir,  aussy  avons  nous  une  e  p<  «  e  de  maladie  épydémique 
causée  en  apparence  par  des  indigestions,  accompagnée  de  migraine,  de  point 
suivie  d'une  forte  dissenterie.     Cette  maladie  est  Longm  buellement 

plusieurs  personnes. 

Deuxièmement     On  subsisteroit  quoique   bien   mal  avec   la  via 
bonne,  mais  désormais  on  ne  peut  espérer  de  pareille  qu'au  retour  de  l .  • 

Oet  automne  les  animaux  étoient  en  état,  on  en  a  tait  des  provision*  de  viandes 
bonnes  à  la  vérité  mais  en  trop  petite  quantité  :  on  n'a  pu  faire  que  très  peu  de  l'ouvrage 
et  encore  dans  l'arrière  Baison  :  ueur  petite  quantité  jointe  a  la  mauvaise  qualité  ne 
sçauroit  entretenir  les  animaux,  ils  sont  maigres  et  foiblee  au  point  [ne  plusieurs  ne 
peuvent  marcher  jusqu'au  bord  de  la  mer. 

Voilà  cependant  sur  quoy  il  faut  vivre  jusqu'à  ce  que  la  Providance  nous  envoyé 
des  vivres  d'ailleurs.      Jugés,  Monsieur  de  notre  scituation,  en  vérité  ces  viandes  sont  si 
chétives  que  les  sauvages  les  rebutent  tout  carnaciers  qu  ils  puissent  être.      On   ne 
plus  que  donner  à  une  quantité  de  ces  nations  qu'on  a  gardé  icy  pour  aller  au  besoin  sur 
ï'ennemy. 

Troisièmement  :     Enfin   la  maigreur  des  animaux   surtout  sans  autres   vivres  en 
augmente  la  consommation  ordinaire  du  double  et  au  delà.     (Quelle  dépense  d'ailleurs 
pour  entretenir  des  sauvages  1     II  faut  l'avoir  entrepris  pour  le  comprendre;  ajout 
tout  cela  qu'il  y  a  des  pauvres  gens  qui  n'a  voient  que  très  peu  d'animaux,  d'autres  en 
ont  perdu,  d'autres  ont  eu  le  chagrin  de  voir  enlever  leurs  bestiaux  par  les  Anglois. 

J'ose  donc  assurer  que  s'il  ne  nous  vient  pas  du  secours  en  deçà  de  l'été,  que  la 
famine  fera  voir  icy  le  plus  cruel  des  spectacles.  Monsieur  Bigot  me  mande  qu'il  en- 
verra icy  des  vivres  le  plutost  qu'il  pourra,  Monsieur  le  Général  me  le  marque  aussy, 
mais  les  glaces  et  les  précautions  nécessaires  dans  la  position  des  affaires  rendront  ces 
secours  trop  tardifs,  nous  sommes  déjà  dans  une  grande  mizère. 

C'est  pourquoy  je  prends  la  liberté  de  m  adresser  à  vous  pour  obtenir  des  secours  à 
l'ouverture  même  de  la  navigation  Nous  avons  besoin  de  tout,  farines,  lard,  pois,  graisse, 
poudre,  plomb  Royal  surtout,  des  balles  aussy  et  des  postes,  un  peu  de  vin,  de  mélasse, 
d'eau  de  vie,  pour  les  malades,  il  y  a  plus  de  trois  mois  que  nous  n'avons  plus  aucune 
sorte  de  boisson,  hameçon,  toiles,  lignes,  couvertes  avec  un  peu  de  tabac  pour  nos  pauvres 
gens  qui  pâtissent  beaucoup  dans  une  situation  comme  la  nôtre  ou  la  livre  se  vend  jus- 
qu'à dix  et  vingt  livres  ;  avec  les  secours  que  vous  pourries  nous  envoyer  nous  serions  à 
même  d'attendre  les  envois  du  Canada, 

Je  vous  ai  déjà  marqué  que  nous  sommes  dans  ces  quartiers  environ  deux  cent 
cinquante  familles,  vous  jugerés  par  là  aisément  de  la  quantité  de  l'envoy  dont  nous 
avons  besoin  en  attendant  un  plus  abondant. 

Je  m'apperçois  que  ce  Mémoire  est  bien  étendu,  il  me  reste  cependant  à  détailler 
quelques  nouvelles  qui  pourront  paroître  de  quelque  conséquence  regardant  quelques 
desseins  que  l' Anglois  laisse  entrevoir  pour  ce  printemps. 


418  IR(  il  i\  E8  CANADIEN  \ /.  - 

5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

Je  le  tiens  de  Pierre  Suret  dont  j'ai  déjà  t'ait  mention.  Cet  homme  étoit  cy  devant 
Capitaine  de  Milice  a  IVteoudiae,  il  a  de  l'esprit,  raisonne  fort  bien  est  entendu  dans  les 
affaires  et  a  été  souvent  employé  par  nos  Messieurs  officiers  dans  des  conjonctures  déli- 
cates. L'Anglois  l'avoit  gardé  cel  hiver  au  fort  comme  un  homme  d'esprit  bien  au  fait 
du  païs  et  qui  pouvoit  Leur  être  utile.  Sa  conversation  agréable  luv  a  donné  un  accès 
facile  auprès  de  .Monsieur  Scot  qui  b'od  croyant  assuré  lui  parloit  assés  ouvertement,  il 
sçait  la  langue  angloise  et  entroit  par  là  en  conversation  avec  tout  le  monde  qui  - 
accoutumé  insensiblement  à  n'avoir  plus  de  réserve  vis  à  vis  de  luv. 

Il  B'est  échapé  de  Beauséjour  le  vingt  six  du  mois  passé,  quatre  jours  après  il  est 
venu  nous  joindre,  et  nous  a  rapporté  ce  qui  suit  : 

(a)  Il  faut  se  souvenir  en  général  (jue  Messieurs  les  Anglois  sont  fort  dans  le  goût 
de  9  en  taire  à  croire,      (a). 

Monsieur  Scot  continue  de  commander  à  Beauséjour.  J'ai  lieu  de  penser  qu'il  est 
connu  à  Loaisb  >urg  ;  j'aurois  pu  sans  cola  détailler  icy  le3  différents  traits  que  j'ai 
d  ;m  vslt's  dans  son  caractère 

De  cet  officier  je  dirai  simplement  en  passant,  qu'on  le  regarde  avec  quelque  raison 
comme  l'auteur  de  la  plupart  des  desseins  qui  concernent  l'Accadie. 

Il  n'y  a  dms  les  trois  forts  de  Beauséjour  de  Mezigoueche  et  de  Gasparaux  qu'en- 
iron  cinq  cent  nommas  tout  compris  la  milice  et  la  troupe  réglée.     On  les#a  distribués 
assez  également  pour  la  garde  de  ces  trois  Places. 

La  plus  considérable  sortie  que  l'Anglois  aye  pu  faire  cet  hiver  en  réunisant  les 
forces  de  Beauséjour  et  de  Mesigoueche  n'étoit  que  de  deux  cent  trente  huit  hosmmes. 

Monsieur  Scot  a  ordre  de  faire  partir  bientôt  un  certain  nombre  de  ses  Miliciens 
pour  aller  renforcer  la  garnison  Chibouctou. 

Cet  officier  a  dit  qu'à  l'ouverture  du  printemps  il  viendra  douze  cents  hommes  dans 
ces  quartiers  pour  donner  entièrement  la  chasse  aux  nations  Sauvages  et  se  saisir  des 
Accadiens  qui  s'y  tiennent  cachés,  qu'il  y  aura  de  bon  printemps  pour  cet  effet  des  Cor- 
saires vers  Gedaic  et  vers  les  embouchures  de  la  Rivière  Saint  Jean  par  où  on  sçait  que 
les  Accadiens  des  Mines  et  du  Port  Royal  doivent  se  sauver. 

(a)  Nous  comptons  faire  la  garde  pour  nous  deffendre  ou  fuir  en  cas  de  besoin.  Ce 
dernier  parti  ne  nous  sera  pas  autrement  difficile  par  le  moyen  des  canots  et  l'avantage 
des  lieux. 

Il  seroit  à  souhaiter  aussy  que  quelqu'une  de  nos  frégates  croisât  quelque  temps  sur 
les  costes  pour  assurer  nos  convois  et  couvrir  le  départ  des  habitans  s'il  faut  se  retirer 
Mais,  dans  ce  cas  il  faudroit  convenir  d'un  signal  pour  la  reconnoître.     (a). 

On  ne  veut  plus  souffrir  d'Accadiens  dans  ces  contrées,  on  nous  menace  surtout  des 
Montagnards  d'Ecosse  dont  on  attend  quinze  cents  pour  l'Accadie  et  des  Sauvages  an- 
glois de  ces  derniers  on  n'a  qu'une  disaine  actuellement  à  Beauséjour. 

Les  Anglois  entendent  fort  indifféremment  parler  des  Accadiens  qui  se  sauveront 
cet  automne  chez  le  françois  et  affectent  même  de  n'en  rien  dire. 

On  dit  que  nos  gens  se  plaisent  à  la  Caroline  (ce  que  j'ai  de  la  peine  à  croire)  qu'on 
se  trouve  bien  d'eux,  qu'on  a  fait  une  quête  pour  eux  dans  la  colonie,  qu'on  leur  a  four- 
ny  des  planches  et  des  doux  pour  se  loger  et  marqué  des  habitations  qu'on  leur  a  cepen- 
dant limité  un  certain  district  d'où  ils  ne  peuvent  sortir  sous  peine  d'estre  tués  par  le 
premier  Sauvage  ou  anglois  qui  les  rencontreroient  hors  les  bornes  assignées. 

On  dit  que  la  maladie  s'est  mis  dans  un  des  Bâtimens  chargé  de  nos  Accadiens  et 
qu'il  en  est  mort  une  quantité  considérable. 

Au  départ  de  Pierre  Suret  on  paroissoit  ignorer  à  Beauséjour  l'aventure  des  deux 
Bâtimens  que  nous  avons  pris  vers  la  Rivière  Saint  Jean  et  les  derniers  avantages  que 
nous  ont  procuré  les  sauvages  dans  les  pais  d'en  haut. 

On  soupçonne  qu'un  autre  Bâtiment  chargé  d'habitans  du  Port  Royal  s'est  encore 
sauvé  ;  on  a  eu  le  même  soupçon  sur  un  Bâtiment  chargé  de  familles  du  haut  de  la  Baye. 

Monsieur  Scot  a  avoué  à  Suret  que  quand  on  a  enfermé  les  habitans  dans  les  forts 
qu'on  vouloit  essayer  avant  toutes  choses  de  les  faire  signer  purement  et  simplement 
pour  l'Anglois  et  qu'on  ne  s'est  entièrement  déterminé  à  les  emmener  que  quand  on  a 
vu  clairement  que  l'habitant  n'y  vouloit  rien  entendre. 


w   ILOOIE   01  ■     \<   \i>n  \       ii/'    OOi  i 

DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

L'habitant   pensoit    lageinent  que  dan     le  ca    d<  un 

plus  beau  ohamp  DOU1    le     emmener  et   «-h    di   p  •.  .  i     i    •  i    i  n.  que  la    n 

jamais  rappeler  de  i  ien  en  leur  fa  i  eui 

Monsieur  Scol   1e  promet  beaui  et    merveille    h    on  ordinaire      II  dit  que 
ooup  du  Ciel  lea    Anglois  vont    conquérir  in<  ment    l  de  l'Amériqui 

brionale,  qu'ils  ont  trente  eaux  de  Ligne  (il  bivem  d<  ctou) 

deux  gros  mortiers  avec  quarante  mille   hommes  poui     ervii  dan 
et  par  mer  I  été  prochain,  que  tels  sont,  l<-s  ordre    de  leur    '  ■  ■  w  i  i 

Celuy  qui  commandera  par  terre  descendra  par  le    haut    du  Canad         qu'à  <p. 
en  brûlant   et    ravageant  tout  sur    on   pa    âge,    tandi    que   le  •  ■  n-  i  il  de   l.i   Hotte  apn 
avoir  pris  Louisbourg  en  fera  autant  en  montant  la  Rivi< 

Leur  dessein   par    la  68 1    d'obliger  les    peupl-  •  j"nn     les 

a  lia  mer  el    les  réduire  ain  rendre  |  >r<  >m  pi  l  n  ient . 

Ce  dessein  seroit  fort  bon  si  on  les  laissoit  Paire      [1  avance  contre  toute  appan 
que  les  Anglois  ont  pour  eux  cinq  têtes  couronnées,  que  l'Espagne  era  une  part 

neutralité;  que  la  franco  est    dénuée  de  forces  maritimes  :  que  le   Etoy  de   franc* 
point  de  sentiment  s'il  ne  tin-  point  vengeance  de  ce  qu'on   lui  a  fait    dan     l'affaire  de 
Beauséjour  j  11  avoue  cependant  que  les  François    ont  i  I  qu'ils  r  plus 

à  oraindre  * | u**  quand  ils  le  paraissent  moins. 

Ces  Messieurs  prétendent  enoore  qu'ils  nous  on'  pris  de  veù  seaux  marchands  qui 
retournoient  en  france  l'automne  passé.  Je  ne  soais  si  oe  ne  lont  pas  des  vaisseaux  de 
la  (  Compagnie  des  I  odes. 

Ils  avouent  qu'on  travaille  à  la  paix,  et  disent  qu'il  y  aura  grande  guerre  ou  grande 

paix. 

Fasse  le  ciel  «pie  ce  soit  une  paix  constante  et  durable,  digne   de  la    bonne  foi  que 

nOUS  axons  eue  pour  un  ennemi  qui  à    notre   égard    s'est    comporte,    j'ose  le  dire,  en   vrai 

forban. 

Monsieur  de  Boishébert  fait  partir  vingt  deux  Sauvages  canibas  des  plus  braves 
qui  vont  faire  un  coup  vers  Beauséjour. 

Monsieur  le  Général  nie  manda  dernièrement  que  son  intention  est  qu'on  ne  donne 
aucun  repos  à  l'ennemi,  qu'on  le  harcèle,  qu'on  le  déconcerte  à  toutes  forces. 

Il  mande  à  Monsieur  de  Boishébert  de  faire  passer  les  Accadiens  sur  l'Isle  Saint 
Jean  ou  à  la  Rivière  Saint  Jean,  mais  je  pense  que  cet  ordre  n'est  que  provisoire  et  on 
voit  assez  clairement  même  parce  qu'il  me  fait  l'honneur  de  m'écrire  qu'il  attend  l'ordre 
de  la  Cour  pour  disposer  des  Accadiens,  sans  vouloir  rien  statuer  de  son  chef  sur  l'éva- 
vacuation  de  ce  pais. 

(a)  On  nous  dit  que  Monsieur  le  Général  a  gardé  un  profond  silence  sur  les  dernier* 
pacquets  que  vous  lui  avez  envoyé  qu'il  n'en  a  rien  transpiré  absolument,  ce  quia  surpris 
le  public  ;  on  a  cependant  vu  les  mouvemens  se  multiplier  et  Ton  [sic  pour  la]  con- 
jecture est  bien  éloignée  de  vouloir  abandonner  l'Accadie.  (a) 

Monseigneur  Lévesque  me  marque  que  Monsieur  le  Général  ne  veut  point  prendre 
sur  luy  de  faire  passer  les  Accadiens  en  Canada  quoiqu'il  en  soit,  j'appelle  toujours 
mes  habitans  au  bord  de  la  mer  ils  y  seront  plus   sûrement  et  seront  à  portée  de  tout. 

Comme  j'ai  eu  l'honneur  de  vous  l'écrire  plus  haut,  Monsieur  de  Boishébert  vient 
de  faire  passer  en  Canada  les  Equipages  des  deux  bâtimens  pris  à  la  Rivière  Saint 
Jean,  il  y  fait  passer  aussi  six  prisonniers  que  Monsieur  de  Niverville  avoit  fait  cet 
automne. 

Cette  dernière  prise  a  été  faite  en  exécution  des  premiers  ordres  que  Monsieur  de 
Yaudreuil  a  donné  dans  l'Accadie  et  sur  laquelle  il  a  donné  des  marques  d'une  satis- 
faction bien  sensible  à  Monsieur  de  Niverville. 

Je  vous  prie,  Monsieur,  d'excuser  la  longueur  de  cette  relation.  J'ai  appréhendé 
en  voulant  trop  abréger  de  retrancher  quelque  fait  utile  ou  même  important. 

Dans  ces  sortes  d'écrits,  il  me  semble  que  le  parti  que  j'ai  suivi  est  le  moins  sujet 
à  inconvénient. 


420  RCHIV1  IDIEXXE& 


5-6  EDOUARD  VII.  A.  1906 


Je  voua  rappli*  eoevoir  cett(  le  mémoire  comme  une  assuri 

(!<•  la  haute  •  lu  profond  res]  •  ••<■  la<ju- 

J'ai  l'houneui  Monsieur, 

Vol  humble  e1  serviteur, 

Signé:      LE  GUERNE, 

Prêtre  Missionna  ire. 

Pour  copie  conforme  à  L'original 

Signé  :     Illisiblement. 


5-6  EDOUARD  VII 


DOCUMENT  DE  LA  SESSION  No  18 


[NDEX   [NDIQ1   \\l    l.\   PROVENANT  I.  DEH  PIECES  PI  l'.I.H 
DANS  LA  GÉNÉALOGIE  DEH    l  Wlll.l.l  -    \«   VDI1  \\l  - 

w  IC    |mm   I   M!.\ 


\    bdienM d<  Pobomki  m  el  ilo  larn  iéi  e  Si  Joan,  i 
i  An.iU  •      de  ]  idouai  l    Richard,    rtappni 
1  •  m . ,,  vol  I  p  308  •  t  i-  310)     \ir  J    p  804. 
Adam  .,    \ brahain,   i  Win  li  »w  .    Vnn  ipo      H      il,  H 

déc    i ,  . ..     (Ji  .in  h. il  de  \\  in  al  »w.)     App    i 

A  h pas*  1 1<  i    Vcfti ii.  ii .   !•    l'iU)   Modai  eph 

Fredi  ri(  U  W  allet  Des!  trichai 

1780      (Si  rie  M    110    p    I""        Vpp   -1 
Amherst    i    w  illiam   Pitt,    19  %\  rîl  1759.    i  Prove 

Miiiin  1 1 1 1 1 1 •  1 1 1 •  ■■■  i     \  pp,  .1 .  p,  803. 
Anihersl  a  llelcher,  N'eu  \..ik.    I  > avril  1781,  l 

rie  M.  S06lf,  p.  62.)     \pp.  L 
Apthorp  A  Son  et  Hancock,   armateurs,  aux  oapi 

baines  des  trana|>orts,    deatinéa  .i  déporter   lea 
liei       r  H   août,  22  ao  I  août 

..    (Journal  de  \\  inslo*  ,  |     Ipp.  B.  p 
articles  oonoernant  les  faveur*  occordéea  aux  ha 

bitanta  de  111e  .si  Jean,  Louiabourg,  '••  juin  L746. 
rie  M    896  '   p.  172).     App,  0.  p.   LOI. 
Baptême  el  décès  de  Marguerite  Robichaux,     (Re« 

gistre de  Desohambault.)    App.  I.  p,  271 
Beloher  aux  lorda  du  Commerce.  Halifax,  n  avril 

L761.     (Série  M.    163  p,  L89.J     App.  L  p.  823. 
Belcherà  Araherst.    Halifax,  16  avril  L761.     (Série 

M.  153  p.    L95,  el  M.  39611'   p.  85.)     App.  L.    p. 

324. 
Beloher  aux  lords  du  Commerce.   Halifax,   17  avril 

1761.     (Série  M.  153  p,  209.)  App.  L.   p.  ."24. 
Beloher  a  Murray.   Halifax,  25 mars  1762.    (Série 

Q1  p.  39.)    App.  L.  p.  326. 
Beloher  aux  lords  du  Commerce  «'t  d.-s  colonies. 

Halifax.  U  janvier  1762.      (Série  M.  455  p.  109.) 

App.  L,  p.  326. 
Bigot  au  ministre.  Louisbourg,  30  juillet  1749. 

rie  F.  160,  p.  156.)     App.  X.  p.  347. 
Bigot  au  ministre.  Louisbourg,  !»  août  1749.    (Série 

F.  160,  p.  157.)    App.  N.  p.  349. 
Bigot  an  ministre.  Louisbourg,  20  août  1749.  (Série 
'  F.  L60,  p.  173.)    App.  N.  p.  350.  _ 
>t  au  ministre.  Québec,  30  sept.  174'.).    (Série  F. 

93,  p.  272.)     App.  N.  p.  351. 
Bigot  au  ministre.  Québec,  29  sept.  1749.  (Série  F.) 

Vpp.  N.  p.  351. 
Bigot  au  ministre,    Québec,  11  oct.  1749.  (Série  F. 

98,  p.  313.)     App.  N.  p.  352. 
Bigot  au  ministre.     Québec,  20  août  1750.  (Série  F. 

96,  p.  4)  App.  N,  p.  37S. 
Bigot  au  ministre.     Québec,  25  sept.  1750.  (Série  F. 

96,  p.  8)  App.  N,  p.  378, 
Bigot  au  ministre.     Québec.  18  oct.  1750.  (Série  F. 

96,  p.  34)  App.  N,  p.  380. 
Bigot  au  ministre.     Québec,  22  oct.  1750.  (Série  F. 

96,  p.  47)  App.  N,  p.  381. 
Bigot  au  ministre.     Québec,    1er  nov.    1750.  (Série 

V.  96,  p.  95)  App.  X,  p.  3*2. 
Bigot  au  ministre.     Québec,  6  nov.  1750.  (Série  F. 

96,  p.  99)  App.  N,  p.  394. 
Bigot  au  ministre.     Québec,  5  sept.  1755.  (Série  F. 

202,  p.  131)  App.  X,  p,  409. 
Boishébert  à  de  la  Galisonnière.     Ecoupac,  26  août 

1749.  (Série  F.  93,  p.  156)  App.  X,  p.  353. 
Boishébert  à  Cornwallis,  Menacouche,  16  août  1749. 

(Série  M.  3953-\  p.  234)  App.  N.  p.  354.  (Il  faut 

lire  16  au  lieu  de  12  août.) 
Campbell  à  Hillsborough.     Halifax,  1er  oct.  1768. 

(Série  M.  471  p.  158)  App.  J,  p.  284. 


,11  m 

ipp.  •'.  y 
I  f  al  il  i 
M    178  p 
pbell  a  W 

el  Mi.p  ">1    173  ■ 

p.  2 
pliell  a  H  ilUborough      H 

;  208)  App.  .1,  p.  2 

I  [ilUborough      H  i 
iS.  m.    M     178  ;     280)  App.  .1. 

I I  ilUborough.     Ha 

•    M     182  p.  «     Ipp.  -I.  !■ 

<  lampbell  a  1 1  ilUborough.       1 1 

M      |82  p     !'•■      \: 

Cainpbell  à  H  ilUborough       Rama  it   1771. 

pp.  .1,  p.  291. 
Campbell  A  HiUsborough.     Halifax,   U  Î72 

ri<   M    184  p   101)  App.  .1,  p  29 

<  ahipi..  ;  uouth.    i  kvril      i  r 

(Série  M.  185  p.  85)  App.  J,  p.  2 
Certificat  des  abbés  de  la  Gouladie  <-t  de  Soin 

ville,    •■'• 

\   bdiena  des  Minée,    par  Phillips,    l< 

1730.     App.  1'..  p.  si. 
Certificat    de   Joseph  Guilbaut,    18    mars   17 

(Sérte  F.  105,  p.  1M.)     App.  H,  p.  254. 
Circulaire  de  Lawrence  auxgou 

tin. -ut.     Halifax,     11    août    1755,        J       mol    de 

W  inslow.)     App.  1'.,  p.  71. 

Circulaire  'in  comte  D'Kstaing  aux   Acod 
portés  en  la  Nouvelle-Angleterre   pour  les  en- 
gager à  passer  aux  colonies  françaises   'le  111e 
St-Dominique,    aux  [les  sous  le  vent.    26   juin 
17<i4.     (Série  M,  463,  p.  64.)    App.  J,  p.  273. 

Conseil  <!»•  guerre  tenu  a  Louisbourg,  7  juin  1 T 4*3. 
rie  M.  395» p.  169.)     Api».  Ç,  p.  10 

Copie  'lu  serment  de  fidélité  prête  par  les  Aca- 
diens  en  1727.  (Série  F,  87tor  p.  2<>3.)  App. 
N.  ]>.  3<  12. 

Cornwallis  aux  Acadiens,  première  déclaration 
de,  Chebouctou  14  juillet  1749.  (Série  F,  93 
p.  152 .)     App.  C,  p.  109. 

Cornwallis  aux  Acadiens,   seconde  déclaration 
Cheboucton,     1er    août    1749.       (Série  F,    »7tv:r 
p.  192.)    App.  C,  p.  110. 

Cornwallis  aux  lords  du  Commerce  et  des  Colo- 
nies, Chebouctou,  11  sept.  1749.  (Série  M, 
395»  p.  44.)     App.  C,  p.  110. 

Cornwallis  à  Desnerbiers.  Chebouctou,  21  sept. 
1749,  v.  s.  (Série  M,  395»  p.  63.)  App.  N, 
p.  356. 

Cornwallis  aux  lords  du  Commerce.  Halifax, 
30  avril  1750.     (Série  M,  395'^  p.  286.) 

Cotterell  à  Hopson.  Au  bureau  du  Secrétaire, 
1er  octobre  1753.  (Série  M,  442,  p.  137.)  App. 
C,  p.  114. 

Dartaiouth  à  Campbell.  Whitehall,  9  déc.  1772. 
(Série  M,  484,  p.  128.)    App.  J,  p.  292. 

Dartmouth  à  Legge.  Whitehall,  7  sept.  1774 
(Série  M,  487,  p.  248.)     App.  J,  p.  296. 

Dartmouth  à  Legge.  Whitehall,  5  oct.  1774. 
(Série  M,  487,  p.  276.)    App.  J,  p.  296. 

Décès  de  Michel  Robichaux.  (Registre  de  Des- 
chambault).     App.  I,  p.  271. 


422 


INDEX 


I  >•  claration  <1<-  guerre  «1<  -  Idicmaoi  au  gouverneur 
d'Halifax.      Port  Toulouse,    6  jours    avant    la 
St.  Michel,  1749.    (Si  ri<   M.  395      p.  80).    App. 
N.  p.  366. 
Déclaration  de  Shirley  aux  Acadiens,  1717.  (8k 

M.  395  "p.  88).     App.  0,  p.  104. 
Dénombrement  des  Acadiens  à  l"il«'  St-Jean,  1-  *-'l 
juillet   1768.      (Série  M.   171,  p.  48).      App.  J, 
.  1 5 
Dernière  lettre  écrite    par  le  rieur  Perrault   aux 
l  cadiens  de  Miquelon,  Le  16  sept  1 7  •  '►  4 . 
v.  123A  p.  21 1).    App.  <;.  p.  215. 

I  ><  m  Acadiens  de  8t  Maio  veulent  aller  à  Boston, 
ceux  de  Nantes  a  la  Louisiane.  (Série  F.  123  A 
p.  286.)    App.  G,  p.  221. 

Deschamps  à  Winslow.     il'  sept.  1756. 
(Journal  de  Winslow)  App.  I».  |>.  30 

Desherbiers  et  Prévost  au  ministre.  Louisbourg, 
15  aofit  1749.  (Série  F.  160  p.  10.)  App.N.  p. 
348. 

Desherbiera  à  Cornwallis.     Louisbourg,  15oct.  1749. 
rie  M.  395"  p.  79)  App.  N,  p.  357. 

Extrait  <le  mariage  entre  Louis  Robichau  et  Jeanne 
Bourgeois.  (Série  M.  70  p.  78)  App.  I,  p.  261. 

extrait  de  baptême  de  Louis  Elobichau  (Registre 
de  Port-Royal.  (Série  M.  69,  p.  34)  App.  [,261. 

Extrait  <!<•  baptême  de  Marguerite  Robichau.  (Re- 
gistre  de  Port-Royal.  (Série  M.  70,  p.  158)App.  I. 
p.  262. 

Extrait  de  baptême  de  Frédéric  Robichau.  (Re- 
gistre de  Port-Royal.  (S.  irie  M.  70,  p.  LS6.)App.  T, 
p.  262. 

Extrait  de  baptême  de  Edouard  Robichau.  (Re- 
gistre de  Port-Royal. (Série  M.  70,  p.  267) App.  I, 
p.  262. 

Extrait  de  baptême  de  Jacques  Robichau.  (Re- 
gistre de  Port-Royal. (Série  M.  70,  p.  327) App.  I. 
p.  262. 

Ex  trait  de  baptême  de  Marie  Esther  Robichau. 
(Registre  de  Port-Royal.  (Série  M.  70,  p.  379) 
App.  I,  p.  262. 

Extrait  de  baptême  de  Odo  Robichau.  (Registre  de 
Port-Royal.    (Série  M.  71,  p.  26.)  App.  I,  p.  263. 

Extrait  de  baptême  de  Monique  Robichau.  (Re- 
gistre de  Port-Royal.  (Série  M.  71,  p.  61.)  App. 
I,  p.  263. 

Extrait  de  baptême  de  Florent  Robichau.  (Registre 
de  Port-Royal,  série  M.  71,  p.  107)  App.  I,  p.  263. 

Extrait  de  baptême  de  Firmond  Robichau.  (Re- 
gistre de  Port-Royal.  (Série  M.  71,  p.  163)  App.  I, 
p.  263. 

Ext  ait  de  baptême  de  Vénérande  Robichau.  (Re- 
gistre de  Port- Royal.  (Série  M.  71,  p.  262)  App.  I, 
p.  263. 

Extrait  de  sépulture  de  Vénérande  Robichau.  (Re- 
gistre de  Notre-Dame  de  Québec)  App.  T,  p.  263. 

Extrait  de  mariage  entre  Olivier  LeBlanc  et  Mo- 
nique Robichau.  (Registre  de  Notre-Dame  de 
Québec)  App.  I,  p.  264. 

Extrait  de  mariage  entre  Jean- Baptiste  Dumont  et 
Marie  Robichau.  (Registre  de  Notre-Dame  de 
Québec)  App.  I,  p.  264. 

Extrait  de  sépulture  de  Louis  Robichau.  (Registre 
de  Notre-Dame  de  Québec)  App.  I,  p.  264. 

Extrait  de  sépulture  de  Jeanne  Bourgeois.  (Regis- 
tre de  Notre-Dame  de  Québec.  )    App.  I,  p.  264. 

Extraits  de  baptême  de  Louis-Edouard  et  de  Marie- 
Madeleine  LeBlanc.  (Registre  de  Notre-Dame 
de  Québec.  )     App.  I,  p.  264. 

Extrait  de  sépulture  de  Marie-Louise  Thibodeau. 
(Registre  de  Burnt  Church,  Miramichi.)  App. 
I,  p.  265. 

Extrait  de  sépulture  de  Otho  Robichaud.  (Regis- 
tre de  Burnt  Church,  Miramichi.)  App.  L  p. 
265. 

Extrait  du  mariage  entre  Louis  Robichaud  et  Marie 
Anastasie  Poirier.  (Registre  de  Caraquet.) 
App.  T,  p.  265. 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Extrait  de  mariagi  entre  Jean-Baptiste  Thib>deau 
et    [sabelle  Landry.    (Registre  de  Notre-Dame 
de  Québec  i    App.  I,  p,  269. 
Extrait  de   mariage  entre  Thimoté   Bourgeois  et 
Elisabeth  Ouimète.     (Registre  de  la  Pointe-aux- 
Trembles,  Montréal.)    App.   I,  p.  27". 
Extrait  de  mariage  « -i 1 1 1-*-  Anselme  Babin  et  Mai 
LeBlanc.  (Registre  de  Notre-Dame  de  Québec.) 
App.  I.  p.  27ft 
Extrait  <)<•  mariage  «-ntr.-  Michel  Elobichau  et  Mar- 
guerite  Landry.      Registre  de   Deschambault. ) 
App.  I.  p.  271. 
Extrait-  de  mariage  entre  I  it<-  Robichaux  et  liane 
Landry  et  Charles  Babin  et  Etfarguerite-Rache] 
Robichaux.  de  Deschambault.)    App. 

I,  p.  271. 
Extrait  de  baptême  de  Main-  Joseph  Esther  Dugas, 
le  11  juillet  1774.     (Registre  de  Notre-Dame  de 
Québec)    App.  M,  p.  343. 
Extrait  de  sépulture  de  l'abbé  Joseph   Mathurin 
Bourg,  h1   21    avril    17!*7.     (Registre   de   Saint- 
Laurent,  près  de  Montréal.)    App.  M.  p.  343. 
Extrait  de  sépulture  de  L'abbé  Jean  Bro,  le  14  jan- 
vier 1824.    (Registre  <!<•  Saint-Jacques  de  l'A- 
chigan,  P.  Q.)     App.  M.  p.  344. 
Extrait  du  journal  du  sergent  John  Burrell,   17 

1760.     App.  .),  p.  804. 
Etat  de  l'île  du  Cap-Breton,  le  1»»  octobre  1774. 

(Série  M,  487,  p.  286.)    App.  «T,  p.  816. 
Extraits  des  Archives  de  la  baie  du  Massachusetts. 
(Pour  provenance  voir  explications  à  l'appendice 
E.)    App.  E,  p.  139. 
Extraits  du  journal  de  Winslow  pour  les  9,  10,  11, 
13,  16  et  18  août  1755.     App.  B,  pages  66  et  67. 
Extraits  du  journal  de  Winslow  pour   les  4,  6,  7,  M, 
9  et  10  octobre  1755.     (Journal   de   Winslow). 
App.  B,  pages  85  et  86. 
Extrait  du  journal  de  Winslow  pour  le  12  octobre 

1755.     (Journal  de  Winslow.)    App.  B,  p.  88. 
Familles  acadiennes  sorties  des  prisons  d'Angleter- 
re et  rapatriées  en  France  en  1763.     (Série  F, 
232-242.)    App.  M,  p.  336. 

Familles  acadiennes  qui  sont  maintenant,  aux  îles 
St-Pierre  et  Miquelon  suivant  le  recensement 
d'icelles,  fait  le  15  mai  1767.  (Série  M,  793 1. 
App.  G,  p.  231. 

Famille  de  François  LeBlanc,  déportée  à  la  baie 
du  Massachusetts,  (Tirée  des  Archives  du 
Massachusetts).     App.  I,  p.  306. 

Formule  du  seiment  proposé  aux  Acadiens  en 
1764.     (Série  M,  463,  p   107).     App.  I,  p.  275. 

Fragment  du  contrat  de  mariage  entre  Otho 
Robichaux  et  Marie  Louise  Thibodeau.  Mira- 
michi, 1789.  (Documents  de  la  famille  Robi- 
chaud, à  Nigaouec).     App.  I,  p.  267. 

Francy  à  Mistral.  A  Cherbourg,  13  mars  17<>7. 
(Série  F,  123 A  p.  245).     App.  G,  p.  197. 

Francklin  au  comte  de  Shelburne.  Halifax,  24 
octobre  1767.  (Série  M,  468,  p.  139).  App.  J, 
p.  280. 

Francklin  à  Shelburne.  Halifax,  20  février  1768. 
(Série  M,  469,  p.  125).     App.  J,  p.  281. 

Francklin  à  Hillsborough.  Halifax,  21  mai  1768. 
(Série  M,  470  p.  59).     App.  J,  p.  283. 

Francklin  à  Hillsborough.  Halifax,  20  juillet 
1768.     (Série  M,  471  p.  23).     App.  J,  p.  283. 

Francklin  à  Hillsborough.  Halifax,  20  juillet 
1768.     (Série  M,  471,  p.  31).     App.  J,  p.  283. 

Francklin  à  Hillsborough.  Halifax,  26  juin  1772. 
(Série  M,  484,  p.  49).     App.  J,  p.  292. 

Guet-apens  de  Monckton  pour  s'emparer  des  habi- 
tants français  du  district  de  Beauséjour,  1755. 
(Journal  de  Winslow).     App.  B,  p.  6(5. 

Handfield  à  Winslow.  Annapolis  Royal,  31  août 
1755,     (Journal  de  Winslow).     App.  B,  p.  73. 

Handfield  à  Winslow.  Annapolis  Royal,  8  oct. 
1755.     (Journal  de  Winslow).     App.  B,  p.  87. 


y  s///  \ 


DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

1 1 iIImI  orough    A    Kranoklin       Whitehall 
1708.     {£  .,.    M    n.'i   |.    18  \|.|>  J 

1 1  mi  i>. -i ■  »i i ; •  1 1    .    i  i Bnoklin      w  lu'  i    |uin 

i.cs     ,.s.  ,,,   \i    i,i.  m    136)     \,.,.  .i    ,.   2    ■ 
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■    \l    i,  I,  p    100  i     \i.|.    i    |. 
Ilili  borough  •  (  .iini'i"  H    W  Int.  h  ill,  i  i  mai  1771. 

(Série  M.  183,  i •       Kp\t  J,   p    !91 

I  l«l|.  |.    I   l|.  .       .1  II  \      |.  U  ■  I    |    .|l|     <    '■  ■ !..  W     llll.    Il.lll 

lin  I.  ■.:      (Sei  ii     VI,    III,   |.    128)       \|.|.    I  . 

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I  I    .|'-  •  >n    .m  \     I.  >i  .1      .lu  (  '■  .un .1     .1.       <  '■  .1.  .i 

Halifax,  10  .1. .  ■  m  lin    1752     8(  ri<   M   187,  |>    18 

ipp  o,  p  ua 

1 1.  >|is.  .u  .h  i\  loi .  I  du  (  'on  m  u  i . .  Halifax,  l<  i  oct, 
1763     (S,...    \i    142,  p    126)   \pp   C,  p    m 

llo|.oii  .i  Bownall,  K'm.  si  .i.ini. -m,  30  niai  i.  -i 
(Série  M    M8,  p    I  >)  Ipp  <  '   p   m. 

I  nliiiiii.it  ion  de    l'uni. nul     Kol  ncli:i  1 1. 1 .       (Registre  (il 

Notre  I  >.uii.  de  Québec)   Ipp,  I .  p   20  i 

Instructions  d<     Lawrena    au   capitaine    Mnri 
Halifax,   0  aoûl    I'  <  <     (Joui  cal  i  le  W  in  >1<  m  i 
\pp.  B,  p.  ';7. 

tractions  de  | ,.iw  i .ti.  «■  i  \\  m  low.     I  [alifax,  1 1 
(Joui  ii. il  de  W  m  ili  »w)  \  pi'    B,  '•', 

Instruction  <lu    roi    «   Cornwallis,   29  avril    L749. 
12  p,  1)  \|'i'  C.  i'.  108. 

Journal  tenu  par  de  Boishébert  sur  les  différents 
événements  qui  se  sonl  passéi  en  Vcadie  depuis 
la  prise  du  port  de  Beauséjour.  (Série  F.  L2o  \. 
I>.  175)    A  pp.  H,  i».  236 

Journal  <l«  œ  oui  s  "est  passé  à  Chignictou  et  autres 
frontières  <l«'  l'Aoadie  depuis  le  16 sept.  17"»" 
jusqu'au  28  juillet  17M.  (Série  F.  s7'"  p.  222) 
App.  N,  p.  888. 

Knowles  A  Newcastle.  Louisbourg,  s  juillet  17m, 
(Série  M.89690  p.  181)    App.  G,  p.  102, 

Knowles  à  Newcastle  Louisbourg,  18  sept.  1 7  K». 
(Série  M.  S9696  p.  29)  App.  0,  p.  99. 

Knowles  à  Newcastle.  Louisbourg,  20  janv,  1717. 
(Série  M.  395»8  p.  1)  App.  C,  p,  103, 

L'abbé  Jos.  Math.  Bourg  à  l'évôqui  de  Québec. 
Cocagne,  s  oct.  1773.  (Série  M.  793)  A r p.  M. 
p.  341. 

L'abbé  Eug.  C.  Laflamme  à  Placide  Gaudet.  Qué- 
bec, 16  Juillet  1902.  (Série  M.  793)  App.  M. 
P.  339. 

L'abbé  Eng,  0.  Laflamme  à  Placide  Gaudet.  Qué- 
bec, 21  juillet  1902  (Série  M.  7113)  App.  M. 
P.  340. 

L'abbé  Eug.  G.  Laflamme  à  Placide  Gaudet.    Qué- 
bec, 30  juillet  1902.    (Série  M.   793)    App.   M. 
t  P.  341. 

L'abbé  LeGuerne  à  Prévost,  ordonnateur  à  l'île 
Royale.  Belair  vers  Cocagne,  10  mars  1756. 
(Série  F.  S7'"  p.  358)  App.  X,  p.  409. 

L'abbé  LeLoutreau  ministre,.  Louisbourg,  29  juillet 
1749.  (Collection  de  documents  relatifs  à  la 
Nouvelle- Fiance,  vol.  III  p.  437)pAp.  N,  p.  346. 

L'abbé  Le  Loutre  au  ministre.     Beaubasein,  14  oct. 

1749.  (Collection    de    documents   relatifs  à  la 
Nouvelle-France,  vol.  III  p.  456)  app.  N,  p  358. 

LaGorne  au    ministre.     Memeramkouk,    31  mars 

1750.  Série  F.  96,  p.  134)  App.  N.  p.  375. 
LaCorne   a   Desherbiers.     Memeramkouk . . .  1750. 

(Collection  de  documents  relatifs  à  la  Nouvelle- 
France,  vol.  III  p.  499)  App.  N,  p.  386. 
LaCorne  à  deLéry.     Memeramkouk,  5  sept.   1750. 
(Nos  gloires  nationales,  vol.   II,  p.   108.)     App. 
N,  p.  377. 

LaCorne  à  deLéry.  11  sept.  1750.  (Nos  gloires 
Nationales,  vol.  Il,  p.  109.)     App.  N,  p.  377. 

La  Galissonière  et  Bigot  au  ministre.  Québec.  3 
sept.  1748.  (Série  F,  90-91,  p.  6.)  App.  N.  p. 
344. 

La  Galissonière  au  ministre.  Québec,  26  juin  1749. 
(Série  F,  93,  p.  139.)    App.  N,  p.  366. 


MM 


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1760.     (Sérii    i 
l..i  Jonquii  re  su   mini  ' i 

«s.  rie  F,  97,  p.  10.)     tpp,  N    p 
I ..  Jonquiére   au    mini  -t  re.     i  j 

1701.     (1  M     de  la  Jontj 

p.  202.)     App,  N.  p.  106 
Lav«  rence  à   Vlonck  ton.     I  [alifs  • .  31    juilli 

(Aikins    Sélections  from   tbe  public  docui 

..t  the  lv..\  in  88.)    App. 

B,  p.  64. 
La*  Monckton.      Halifa 

(Aikins    Sélections  from  the  public  docui 

of  the  Province  of  Nova  Sootia,   p.   209.)     App. 

B,  p.  65. 
Lawrence    à    VVinalow.     Halifax,    il    août    17 

(Journal  de  Winslow).     App.  B,  p  72. 
Lawrence  à  Winslow,  Halifax.  11  sept.  17"< 

liai  de  Winslow.  I      App.    B.   | 

Lawrence  à  Murray,  Halifax,  30  sept.  175ô.     Jour- 
nal de  Winslow.)    App.  B.  p.  si. 
Lawrence  à  Winslow.  Halifax,  30  sept,  17".'.    .i 

nal  de  Winslow.  i      App.   B.  p 

Lawr.net' à  Winslow,  Halifax,  1er  oct.  17"»5.  (Jour- 
nal de  Winslow.  )     App.  B.  p, 

Lawrence  à  Winslow,  Halifax,  27  oct.  1755.   (Jour- 
nal de  Winslow.)    App.  B.  p.  Jil. 

Legge  à  Dartmouth,   Halifax,  24   niai  1774. 

M.  486,  p.  104.)     App.  J.  p.  293. 
Legge  à  Dartmouth,  Halifax,  13  juillet  1774.    S 

M.  486,  p.  186.)     App.  J.  p.  291 
Legge  à  Dartmouth,   Halifax,  20  août  1774. 

M.  486.  p.  198.)    App.  J.  p.  294. 
Legge  à  Dartmouth,  Halifax,  25  août  1774.      (Série 

M.  486,  p.  206.)     App.  . T.  p.  295. 
Legge  à  Dartmouth,  Whitehall,  12nov.  1774.  (S< 

M.  487,  p.  280.)     App.  J.  p.  297. 
Legge  à  Dartmouth,  Halifax,  18  nov.  1774.     (S 

M.  487,  p.  315.)      App.  J.  p.  297. 
Lettre  des  Acadiens  détenus  prisonniers  à  Hal 

à  ceux  de  Pigiguit  et  du  fort  Cumberland.  17»'»4 

(Série  M.  463,  p.  57.)     App.  J.  p.  273. 
Lettre  de  l'abbé  Bailly  à  Louis  Robichaux.  Halifax, 

17  juillet  1771.     (Documents  de  la  famiile  Robi- 

chaud,  à  Nigaouec. )     App.  L.  p.  268. 
Lettre  de  Jonathan  Binney  à  Legge,  Canso,  27  juin 

1774.     (Série  M.  486,  p.'  145.  )    App.  J.  p.  293. 
Lettre  de  Boishébert  au  Père  Germain.  2î  f év.  1760. 

(Série  F.  105,  p.  120.)     App.  H.  p.  256. 
Lettre  de  Boishébert  à  l'abbe  Manach,  21  fév.  17 

(Série  F.  105,  p.  124.)     App.  H.  p.  254. 
Lettre  au  marquis   de  Castries,  1 4  mars  1784,  rela- 
tive aux  Acadiens  retirés  à  St-Malo  qui  veulent 

passer  à  Boston.     (F.  123  A.,  p.  362.)     App.  G. 

p.  229. 


424 


lXDliX 


■   du  oomte   de  Vergenn<  il   de 

.  le  :<1  mars  1784,  au  lujet  de  la  permis- 
-,  ioo irdëe  sus   \<  adiej  i  □  France  de 

la  Louisiane.     (Série  F.  128  A.,  p.  361.) 
App.  <■.  p.  : 
Lettre  adressée    •  M.   le  comte  de   Vergenues,  Vei 
■aillei  I  avril  1784.  au  sujet  des  Acadiei 
cm  France  qui  roulent  passer  à  la  Louisiane 
rie  I'.  Il'-  a.,  p.  S  !-.  G  o,  228. 

I..  mi.-  du  Sieur  'lu  Désert  à  S. A. s.  M .  h-  oomte  de 
1;l  Marche  an  sujet  de  l'émigral  ion  de  80  familles 
acadiennes  en  Corse,    (Série  F.   1 23  A.,  p.  298.) 
App,  <;.  i>.  322. 
Lettre  de  •'.   Dugai  a  l'abbé  Manacb,  27  f< 

L760.     (Série  F,  LOS,  p.  L56.)    App.   H,  p.  262. 
Lettn  deJ.  Fraser  k  Otho  Robichaux.    Ile  a  Bois 
hébert,  Miramichi,  22  sept.    1788.     (Documenta 
de  la  famille  Robichand,  a  Nigaouec.)    App.  I, 

p.    266. 

Lettre  du   Père  Germain  à  VaudreuiL    26  février 

1760.     iSérie  i\  105,  p.  105.)    App.  H,  p.  256. 
Lettre  du   Père  Germain  à    vaudreuil.     10  mars 

1760.    (Série  F.  106,  p.  109.)    App.  H,  p.  257. 
Letl  redu  oomte  d'Halifax  aux  lords  eonmnssairesdu 

commerce  et  des  colonies.     St-James,    11  sept. 

1764.     (Série  M,  163,  \>.  67.)    App.  J,  p.  274. 
Lettre  de  l'abbé  Maillard  à  Edward   How.     Delà 

rivière  de  l'Orignal,   3  nov.    1740.     (Série    M, 

395",  )..  I"'.).)    App.  C,  p.  103. 
Lettre  de  l'abbé   Maillard    à  Alexandre  LeBlanc. 

27  nov.  1759.     (Série  F.  105,  p.  145.)    App.  H, 

p.  247. 
Lettre  de  l'abbé  Maillard  à  Alexandre  LeBlanc.  31 

déc  1759.     (Série  F,  105,  p.   130.)     App.    H.    p. 

240. 
Lettre  de  l'abbé  Maillard  à  Louis  Robichaux.    Ha- 
lifax, 17  sept.   1701.     (Documents  de  la  famille 

Robichaud,  à  Nigaouec.)     App.  I.  p.  207. 
Lettre  de  l'abbé  Manach  à  Bourdon.     27  janvier 

1700.     (Série  F,  105,  p.  136.)    App.  H.  p.  250. 
Lettre  de  l'abbé  Manach  à  J.  Dugas.    3  mars  1760. 

(Série  F,  105,  p.  127.)    App.  H,  p.  253. 
Lettre  de  l'abbé  Manach  à,   Vaudreuil.     10  mars 

17<i0.     (Série  F,  105,  p.  111.)     App.  H,  p.  255. 
Lettre  de  Joseph  Maurice  à  Jean  Castillon  (avant 

le  G  mai  1700.)    (Série  F,   105,  p.  150.)    App. 

H,  p.  254. 
Lettre  de  Arthur  Nicholson   à   Otho  Robichaux. 

Miramichi,    23  août  1791.     (Documents   de   la 

famille  Robichaud,  à  Nigaouec.)  App.  I,  p.  207. 
Lettre  du  sieur  Perrault  aux  Acadiens  de  Mique- 

lon,  le  1er  sept.  1764.     (Série  F,   123  A,  p.  223.) 

App.  G,  p.  218. 
Lettre  de  Thomas  Pichon-Tvrell  a  Pownall.     Ox- 
ford Road,  22  janvier  1768.     (Série  M,  409,   p. 

94.)  App.  J.  p.  312. 
Lettre  de  Henry  Schomberg  à  l'abbé  Maillard,  26 

octobre  1759.     (Série  F,  105,  p.  152.)     App.  H, 

p.  246. 
Lettre  de  Henry  Schomberg  à  Alexandre  LeBlanc. 

23  nov.  1759.     (Série  F.  105,  p.   131.)     App.  H, 

p.  247. 
Lettre  de  Vaudreuil  au  ministre.     Montréal,   24 

juillet  1755.     (Série  F,  202,  p.  109.)    App.  N, 

p.  408. 
Lettre  de  Vaudreuil  au  ministre,  relative  aux  Aca- 
diens.    Montréal,    18  octobre    1755.     Série   F, 

100,  p.  101.)    App.  H,  p.  237. 

Lettre  de  Vaudreuil  au  ministre  relative  aux  Aca- 
diens du  district  de  Beauséjour.  Montréal,  30 
oct.  1755.  (Série  F,  100  p.  157).  App.  H,  p.  239. 

Lettre  de  Vaudreuil  au  ministre  relative  aux  Aca- 
diens. Montréal,  1er  juin  1756.  (Série  F,  101, 
p.  19).     App.  H,  p.  239. 

Lettre  de  Vaudreuil  au  ministre,  extrait  d'une. 
Montréal,  15  juin  1756.  (Série  F,  101,  p.  40). 
App.  H,  p.  241. 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Lettn  le  Vaudreuil  au  ministre,  extrait  d'une. 
Montréal,  G  août   1756.       Séi       1  ',  101,  p.  73). 

App.  H.  p.  241. 
tre  de  Vaudreuil   au  ministre.     Montréal,   7 
■  L756.  (Série  F,  101,  p.  83).   App.  H,  p.  243. 

I.  •  de  Vaudreuil  au  ministre.  Montréal,  3 
n. a.  1764  F.   101,  p.   1 15.)     App.  H, 

p.  245. 

Lettre  de  Vaudreuil  au  ministre.  Montréal,  H 
avril  1 7 ~. 7 .    (Série  F.  102,  p.  8).    App.  H,  p.  24f>. 

Lettre  de  Vaudreuil  au  ministre.  Montréal,  19 
avril    17  rie    F.    102,    p.  28).     App.   H, 

p.  246. 

Lettre    de     Ed.     Winslow     a    Otho     Robichaux. 

dericton,    15  fév.  17NH.     (Documents  de  la 

famille  Robichaud,  à  Nigaouec).  App.  I,  p.  266. 

Lettre  de  Ed.  Winslow  a  Otho  Robichaux. 
(Documents  de  la  famille  Robichaud,  a  Ni- 
gaouec).    App.  I.  p.  266. 

I.  ite  des  habitants  français  de  îa  Nbuvi  lie  I 
résidant   dans  h-  bourg  de  Braintree,  pré| 
par  les  conseillera   h-  25  avril  17"»7.     (Tirée  des 
Archives  du  Massachusetts).     App.  I,  p.  305. 

Listes  (\>'>  membres  des  familles   de  François  et 
Jean  Landry,    en    1757.     (Tirées  des  Ai 
du   Massachusetts.)     App.  1,  p.  306. 

Liste  des  membres  de  la  famille  de  Paul  Breau, 
en  1757.  (  Tiré*-  des  Archives  du  Ma>sachusetts.) 
App.  I,  p.  307. 

Liste  des  Français  qui  désirent  passer  en  Franc»-, 
jointe  à  la  lettre  du  24  août  1763.  (Série  M, 
470,  p.  43.").)     App.  F,  p.  103. 

Liste  des  terres  assignées  aux  Acadiens  français 
qui  veulent  s'établir  dans  la  Nouvelle-Ecosse, 
1764.     (Série  M,  403,  p.  105.)     App.  I,  p.  2 

Liste  de  diverses  personnes  provenant  du  Canada, 
repssés  au  port  de  Calais  par  la  voie  d'Angle- 
terre et  arrivées  en  lieu  le  14  oct.  1765  sur  le 
ffarwick  venant  de  Douvres.  (Série  M.  703.) 
App.  G,  p.  230. 

Liste  des  familles  acadiennes  de  Beauséjour  qui 
-  >nt  réfugiées  à  Miquelon  et  autres  embar- 
quées par  ordre  de  M.  le  Gouverneur  et  les  nô- 
tres, sur  le  brigantin  Les  Deux  àmit  pour  être 
remises  à  terre  au  premier  port  de  France,  aux 
ordres  de  Monseigneur  le  Duc  de  Choiseul. 
(Série  M,  793.)     App.  G,  p.  231. 

Le  ministre  à  la  Jonquière.  Versailles,  11  sept. 
1750.  (Le  chef  d'escadre,  M'"  de  la  Jonquière, 
p.  196.)     App.  X,  p.  370. 

Le  ministre  à  la  Jonquière  et  Bigot.  Versailles, 
2  juillet  1751.  (Série  F,  202  p.  25).  App.  N, 
p.  407. 

Le  président  du  Conseil  de  marine  a  M™  Dang^ac 
et  Beaudeduit.  A  Versailles,  1er  août  1766. 
(Série  F,  192  p.  222.)    App.  J,  p.  279. 

Les  lords  du  Commerce  à  Phillips.  Whitehall, 
20  mai  1730.  (Série  M,  39517  p.  37.  )  App.  D. 
p.  125. 
Les  lords  commissaires  a  Newcastle.  Whitehall, 
23  avril  1746.  (Série  M.  395-°  p.  74)  App.  C, 
p.  99. 
Les  lords  du  commerce  à  Cornwallis,  Whitehalls.  16 
février  1751  (Série  M.  395 ;;4  p.  51) App  C,  p.  112. 

Les  lords  du  commerce  à  Hopson.  Whitehall,  28 
mars  1753.    (Série  M.  440  p.  100)App.  C,  p.  113. 

Les  lords  du  commerce  à  Hopson.  Whitehall,  9 
juillet  1753.  (Série  M.  442,  p.  32)App.  C,  p.  113. 

Les  lords  du  commerce  à  Lawrence.  Whitehall. 
4  avril  1754.  (Série  M.  443   p.  82) App.  C,  p.  116. 

Les  lords  du  commerce  à  Wilmot.  Whitehall,  13 
juillet  1764.  (Série  M.  463,  p.  27)App.  J.  p.  273. 

Les  habitants  de  Pekoutiac  au  colonel  Frye,  com- 
mandant au  fort  Cumberland,  16  fév.  1760. 
(Série  F.  105  p.  160)  App.  H.  p.  251. 


IND1   f 


DOC.  DE  LA  SESSION  No  1H 
Loi  l elal  iva  i  uns  répartition  .  .|ini.ii,i.    d( 

tant  i    1 1  .ni'  ii  i  (li     li    Nouvnlli 

«Lui  i  l.i  c >l< mie  du  '  lonn»  utioul      ■) an    •  i  i .  A] 

i  \  i  il  ii  m -m  ci  >li  ii  h  ii  li  i  ilu  <  '■  >ii  H. .  i  h  ni ,  vol,  l"   p 

162)  \|.|..  K  |,  :;i, 
Longueuil  au  miniatn      •.»•!•  • 

m-  !•'  de  ii  258)   Vpp    N,  p    i". 
La  roi  d'Angleterre     m  I  i       tl<      m  ( 

iii'i'i  >i  ilf  i  •<  i  mil  lii  .n  d<  de\  enii 

n  iloni  i   la  Nouvelle- 1  \      >  '     I<'  Si 

•  i. ■-.  1 1  pull'  1 1704       •  m.  \l    MIS  p    18)   \|'p 

•  i    p  271, 

M  .illlli-.il-  »|n    l'."|.,|,,    ln-1  I    .111  \     \i     l'I  H   II     ,   -.'<l.  |,   ,        |  . 

iKn'i\  1 1 1  -lui  n  il  Journal,  vol    I,  p  88)  App   n 

p    108, 
\l.uiiii    te  du  Bourdon  aux  habitant*  d*  ls  liay<  di 

«  Kiinai  et   de   Kichibouctou.    Il    fttoriei     ' 

(Série  F.  106,  u   133)  App.  il.  p  260 
M.urhi-  de  venté  faite  en  favi  ur  de  monsieui   Vuteau 

Rohichaux,    iiar    Pierre    Loubèn     28  mai   1781. 

(  Deoumentû  de  la  fainille  Fiobii  hati  kouec) 

App.  I.  p,  267. 
Mariage   <li-    Marguerite    Lnndrj    veuve  de  Michel 

riobichaux,  -w  oc   El  ienne   l ell<  t  ier.       I«'  . 

de  L'Aaaomption,  p.  2)  \pp.  I.  p.  271. 
Maeoarène  a  Newcastle.    \miip..r     l;  .ni 

17»:..    (Série  M.  896     p   18)  Ipp,  (;.  p 
Maacarène  h   Shirley.     Printemps  de  1746.  (S< 

M    890      n.  Il)  app,  0,  p.  96. 
Maacarène  a  Newcastle.     Annapolii  Royal.  2S  |an 

vier  171''.  7.  (SérieM.  896      p.  22)App.  C,  p.  LOS 
M;n(  Sarmick  au  se<  rétaire  d'Etat.     Sydney,  23  oct. 

1787.    (SérieM.  U0<  p.  124)  App.  J,  App.  309. 
Mémoire  relatif  k   la   fondation  aHalifax  et  à  la 

situation  dea   Aoodiena.    29  août    17 19,     (Série 

F.  94  p.  22)  App.  N.  p.  854. 
Mi -n  loin-  touohant  la  situation  de  la  rivière  St  Jean 

et  dea  environs  de  L'Aeadie,  dreeséen  17  19  par 

le  Père  Germain.     (Série  F.   LIS*1  p.  334  «'t    F. 

160  p.  286)  App.  N.  p.  869. 
Mémoire  en  réponse  aux  plaintes  portées  par  Corn- 

wallis.   L760.    (SérieF.  96,  p.  213)  App.  N,  p.  895. 
Mémoire  but  les  Colonies  de  la  France  dans  l  Amé- 
rique septentrionale.     Dec.    1750.     (Série  F.  96, 

p  L75,  «'t  p.  L89.J    App.  N.  p.  398. 
Mémoire    remis  à  l'ambassadeur  d'Angleterre,    à 

Paris,  en  1751.    (Série  F.  93,  p.  210. J    App.  N. 

P.  400, 
Mémoire  sur  les  Acadiens,  Londres,   février  1703. 

(Série  M.  193.)    App.  G.  p.  209. 
Mémoire  du  16  avril  1703,  concernant  les  Acadiens. 

rie  F.  123  A.,  p.  210.)    App.  G.  p.  215. 
Mémoire  sur  les  Acadiens  en  France,  23  mars  1774. 

-  rie  F.  123  A  .  p.  2SO.)     App.  G.  p.  220. 
Mémoire  au  sujet  de  l'émigration  de  80  familles  aca- 

diennes  en  Corse.      (Série  F.   123  A.,   p.  289.) 

App.  G.  p.  222. 
Mémoire  pour  établir  les  Acadiens  vers  Blaye.  (Sé- 
rie F.  123  A.,  p.  324.)     App.  G.  p.  223. 
Mémoire  au  sujet  des  pensions  accordées  aux  Aca- 
diens réfugiés  en  France,  1784.  (SérieF.  123  A., 

p  365.)    App.  G.  p.  229 
Mesures  prises,  le  30  août  1755,  par  Winslow  avec 

Murray  pour  s'emparer  des  habitants  français  du 

district  des  Mines.     Arrivée  des  premiers  navi- 
res  pour  déporter  les   Acadiens.     (Journal    de 

Winslow.)     App.  B.  p.  73. 
Mistral  au  duc  de  Praslin.     A  Paris,  21  mars  1767. 

(Série  F.  123  A.,  p.  247.)    App.  G.  p.  198. 
Monckton  à  Winslow.    Camp  du  fort  Cumberland, 

6  août  1755.     (Journal   de  Winslow.  )     App.  B. 

p.  66. 
Monckton  à  Winslow.     Fort  Cumberland,   7  oct. 

1755.     (Journal  de  Winslow.)    App.  B.  p.  87. 
Monckton  à  Delancey,  Rivière  St.  Jean,   14  nov. 

1758.     (Provenance  indiquée  )     App.  J.  p.  303. 
Murray  à,  Winslow.     Fort  Edouard,  31  août  1755. 

(Journal  de  Winslow.)    App.  B.  p.  74. 

18- 


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•    W  .u  ri  n.     Whitehall,    1 1   lepi,    17»"» 

(S-  .  ii    \l    39     .  ■     190        \pp.  '  ',  p 
whiten  ill  1 1  n. 
\pp  0,  i 
lillon  'l'un. 

Whitehall,  30  mai  174' 
\pp-  <  I,  p   L04. 
Nombre  de  catholi<  '>aae  le 

1er  ianvier  L767  App. 

•  i.  p  818 
Nombre  de  constructions,  <'U:.,  brûlées  en  175:'»,  j«;ir 

le  lieutenant-colonel  Winslow  dans  les  diatnctx 

dea  Min  (Journal  de  Winslow.)    App. 

B,  p.  93. 
Nomenclature  dea  enfai  d'Otho  Robichaud 

«•t  de  Marie  Louiae  Thibodeau.    (1  liver* 

\  pp.  I .  p.  21 
Nomenclature  dea  enfanta   iaauade  l 

cbeel  de  Marguerite  par  l'auteur  d 

travail.     App.  .1,  p.  SI  1. 

la  famille  Dugaa.      Pi  :        d  liquée 

au  bas  de  La  page.  !     App.  M.  p.  3 
Notes  sur  le  projet  de  M.  Tressas  pour  établir  un 

certain  nombre  d 'Acadiens  dans  le  coml 

Bitche,  en  Lorraine.     (Série  M,  793.)    App.  G, 

p.  209. 
Notes  concernant  la  déportation  des  Acadien 

sées   dans  la  tradition   ec  le  souvenir,   par  M. 

Fraser,  de  Miramichi,  1815.     (Série   M,   65L  p. 

331.)     App.  J,  p.  311. 
Observations  et  remarques  au  sujet  de  l'arpentage 

des  côtes  de  l'est  de  la  Nouvelle- Ecosse  et  des 

parties  situées  à  l'ouest  du  Cap-Breton  par  ordre 

de  Sa  Majesté  conformément  aux  instructions 

du  20  juin  1704.     Halifax,  14  nov.   1704. 

M,  463,  p.  131.)     App.  J,  p.  278. 
Oliver  à  Mauduit.     Boston,  24  août  1763.     (Série 

M,  476,  p.  431.  )     App.  F,  p.  191. 
Opinion  légale  du  juge  en  chef  Belcher  concernant 

les  concessions  de  terres  aux  Acadiens  en  qualité 

de  catholiques  romains.     1768.     (Série  M,  469, 

p.  131.)     App.  J,  p.  282. 
Ordination  à  la  prêtrise  de  l'abbé  Joseph  Mathu- 

rin   Bourg,    le  19  sept.    1772.     (Série  M,  793.) 

App.  M,  p.  341. 
Ordination  à  la   prêtrise  de  l'abbé  Jean  Bro,  le  15 

nov.  1772.     (Série  M,  793.)     App.  M,  p.  340. 
Ordre  de  la  Jonquière  à  de  Léry  pour  la  construc- 
tion du  fort  Beauséjour,   Québec,  12  avril  175L 

(Nos  gloires  nationales,  vol.  II  p.  III.)  App.  N. 

p.  406. 
Ordres  du  jour  au  camp  du  fort  Cumberland  (Beau- 
séjour)  2  août  1755.       (Extrait?  du  journal  de 

Winslow.)     App.  B.  p.  65. 
Ordres  du  jour.     Camp  du  fort  Cumberland,  7  août 

1755.     (Journal  de  Winslow.)     App.  B.  p.  66. 
59 


426 


INDEX 


Ordres  du  jour.    Camp  du    I        '      oberland,   Il 
août  I7.v>.    (Journal de  Winalow.)    App.  B.  67. 

Ordres  «!<■   Winslow    aux   oapitainei  des  oavirea. 
(Journal  de  Wïnslo*  I    App.  B.  p 

Ordre-,  d'appareiller  transmis  par  Winsl 

ines  des  vaisseaux,     (Journal  de  Winalow.) 

App.  b.  p.  ôa 

oa  à  Winslow.   Lee  Mines,  L8déo.  L756.  (Jour- 

m;i1  de  Winslow. *    App.  B.  i>.  94. 

•  od  .1  Winslow.  Grand  Pr<  i .  20  d<  c.  L766.  (Jour- 

nu]  de  Winslow. )    App.  B.  p.  95. 
Pepperell  à    Newosstle.     Louisbourg,  4  nov.  I7l">. 

rie  M.  •;'.'.".    .  p.  208,)     App.  C.  p,  97. 
Pepperell  à   Newcastle,   Louisbourg,    1  nov.   17T' 

'-.  p.  97. 
Pétition  de  Louis  Robicheauau  gouverneur Shii  : 

Cambridge,    10  sept    1766.      (Série   M.  177.  p. 

1  15.)     App.  I.  p. 
I '.  :  ii  ion  «ii-  Gibbons  concernant  les  —ions  de 

terres  aux  Acadiens  de  111e  Madame,  et  la  décla- 
ration contre  ta  transubstantion  <'n  17S7.    (Série 

M.  410*,  p.  s:,.,     App.  .1.  p.  309. 
Phillips.     Son  arrivée  a  Canso,   1 7-'.».  App.  I  >.  123. 
Phil!ip>  a  Newcaatle.     Canso,  2  oct.  1729.    (Série 

M.  3951S,  ]..  122.)     App.  I).  p.  123. 
Phillips  à  Newcastle,  Annapolis  Royal,  25noV.  1729. 

(Série  M.  3951'  .  p.  141.)    App.  ï).  p.  123. 
Phillips  aux  loi  ls  du  Commerce.   Annapolis  Royal, 

8janviei  17:ï'>.     (Série  M.  395ir,  p.  3.)   App.  D. 

p.  124. 
Phillips  a  Newcastle.     Canso,  2  sept.  1730.     (Série 

M.  395n  p.  52.)     App.  1).  p.  121. 
Phillips  aux  lords  du  Commerce.   Annapolis  1  i'>yal, 

26  nov.  1730     (Série  M.  39517  p.  157.'    App.  D. 

P.   125. 
Phillips  à  Popple.     Annapolis  Roval,  2(5  nov.  1730. 

is.  rie  M.  3H517,  p.  153.)     App*  D.  p.  127. 
Placet  envoyé  au  duc  de  Praslin  par  le  duc  de  Ni- 

vernois,  le  10  janvier  1707.     (Série  F.  123  A.,  p. 

242.  )    App.  G.  p.  200. 
Placet  des  Acadiens  de  St-Malo  au  roi  d'Angleterre. 

Janvier  1708.     (Série  M.  469,  p.  99)  App.  J,  p. 

314. 
Placet  envoyé   au   maréchal  de  Castries,  présenté 

par  les  députés  Acadiens  du  département  de  St- 
Malo,  le  19  février  1784.  (Série  F.' 123  A.  p.  367) 

App.  G,  p.  227. 
Plaidoyer  de  Belcher,  le  28  juillet  1755,  pour  expul- 
ser les  Acadiens.     Série  M.  446.  p.  38)  App.  C, 

p.  120. 
Popple  à  Phillips.     Whitehall,  20  mai  1730.  (Série 

M.  39517  p.  35)  App.  D,  p.  126. 
Pownall  à  Hopson.  Whitehall,  28  mars  1754.  (Série 

M.  443,  p.  37)  app.  C,  p.  115. 
Prebble   à  Winslow.     Camp  Cumberland,    10  oct. 

1755.  (Journal  de  Winslow)  App.  "B,  p.  87. 
Précis  de  la  réponse  de  l'évêque  de  Québec  à  l'abbé 

Bourg.     Québec,    8  nov.    1773.     (Série  M.  793) 

App.  M,  p.  342. 

Pré  j  an,  Charles,  à  de  la  Jonquière.  1749.  (Série  F. 
87ttr  p.  218)  App.  N,  p.  365. 

Prisonniers  acadiens  au  fort  Edouard  (Windsor)  en 

1761,  1762,  1763  et  1764  (Archives  du  Canada,  P. 

255-6,  p.  30)  App.  L,  p.  327. 
Procès-verbal  de  la  reprise  de  possession  de  l'île 

Royale  et  de  ses  dépendances  en  1749.     (F.  160 

p.  146)  App.  N,  p.  345. 

Proclamation  de  Winslow).     Grand-Prée,  5  sept. 
1755.     (Journal  de  Winslow.)     App.  B,  p.  76. 

Proclamation  aux  Acadiens  delà  Nouvelle-Ecosse, 

avec  la  formule  du  serment  qu'ils  doivent  prêter. 

Halifax,  7  nov.  1764.     (Série   F.    123   A  p.  189) 

App.  J.  p.  275. 
Proclamation  sommant  les  Acadiens  de  prêter  le 

serment  d'allégeance.  Halifax,  5  novembre  1767. 

(Série  M.  469,  p.  129)    App.  J.  p.  282. 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

l'ro  •  ilissemenl  des  familles  acadiennefl  pour 

concilier  les  offres  de  M.  le  marquis  d<   Pi 

nitt  ntions  du   minisb  rie  1'.  L28 

Ip.  812     ^.pp.  G.  <!.•  p.  '-'"•">  a  p.  L" 

Rapport  de  la  ma  relu-  des  t  roupes  loi  >  d.-  l'expédi- 
tion sur  le  haut  de  la  rn  ière  Si  Jean  «'t  à  la  baie 
de  l'iimlv.  bous  le  commandement  du  colonel 
bfonckton.  (La  provenano  idiquée)  App. 

.1.  p.  297. 

Rapport   concernant  l'état  et   1"-  condition-  de  la 
province  de  la  Nouvelle-Ecosse  du  Sa  Ma 
.  n  177»     Habita]  u  M.  m;,  p.  23)  App. 

.1.  p.  -J" 
□sèment  nominatif  <\,->  familles  établies  a  i'A 
lie,  1671.  17'.'.  N,  p.  2i  App.  A  p.  57. 

I;     ;t  de  la    marche  du   détachement   commandé 
pai  le  major  Lawrence,  après  son  entrée  dans  le 
bassin  d.-  Cbignecton.     1760.     (Série  M.  S 
p.  250)  App.  N.  p.  388. 

K>  m-  des  Acadiens  de  la  ri\  ière  Annapolis  de  fi 
arpentez  leui  1731.    (Série  M.  3961  p 

l!»7i  App.  I),  p.  133. 

Réponse  de  Cornwallis  aux  députés  de  l'Acadie, 
eptembre  1749.    (Série  F.   B9*»p  208)  App. 
X.  p.  363. 

•on se   f ail  ir  Perrault. 

De  Miquelon,  le  16  sept.  1764.  (Série  F.  123  A., 
p.  219.)     App.  G.  p.  217. 

Réponse  de  DesBarres  à  l'adresse  d»-s  Acadiens. 
Sydney,  12 mars  1786.  (SérieM.  410-  i».  106.) 
App.  J.  p.  308. 

Représentation  à  Sa  Majesté  Georges  III  avec  la 
teneur  d'une  instruction  additionnelle  pour  auto- 
riser  le  gouverneur  de  la  Nouvelle  i  per- 

mettre  aux  Acadiens  de  devenir  colons  d<-  cttt.- 
province.  Whitehall,  16  juillet  1764.  (SérieM. 
463,   p.  36.)     App.  J.  i>.  272. 

Requête  des  Acadiens  à  Phillips  par  laquelle  ils  de- 
mandent de  prêter  le  Bel  ment  d'allégeance.  An- 
napolis Royale,  1729.  (Série  M.  395' I,  p.  9.) 
App.  D.  p.  129. 

Requête  de  l'abbé  de  Breelay  à  Phillips,  23  décem- 
bre 1729.  (Série  M.  3951,;,  p.  167.)  App.  D.  p. 
127. 

Requête  des  Acadiens  au  roi  de  France,  1749.  (Sé- 
rie F.  87tor,  p.  196.)    App.  X.  p.  361. 

Requête  des  Acadiens  à  Cornwallis,  1749.  (Série 
F.  87terv  p.  202.)    App.  N.  p.  362. 

Requête  des  habitants  de  Port  Royal  à  de  la  Jon- 
quière. Acadie,  décembre  1759.  (Série  F.  ST^1-. 
p.  214.)     App.  X.   p.  364. 

Requête  des  Acadiens  à  Lawrence.  Aux  Miees, 
24  juin  1755.  (Série  M.  296s,  p.  166.)  App.  C. 
p.  118. 

Requête  des  Acadiens  à  Lawrence.  Aux  Mines, 
10  juin  1755.  (Série  M.  396*,  p.  159.)  App.  C. 
p.  117. 

Requête  des  députés  de  la  rivière  d'Annapolis 
Royale  à  Mascaiène,  le  21  juin  1745.  (Série  M. 
39525,  p.  29.)    App.  I.  p.  260. 

Requête  des  habitants  des  Mine<s  et  de  la  rivière  aux 
Canards  à  Lawrence,  juillet  1755.  (Série  M. 
396*,  p.  202.)    App.  C.  p.  llî). 

Requête  des  Acadiens  à  Lawrence.  Pisiquit,  22 
juillet  1755.  (Série  M.  396%  p.  200.)  App.  C. 
p.  119. 

Requête  des  Acadiens  de  la  rivière  Annapolis  à 
Lawrence,  juillet  1755.  (Série  M.  3968  p.  194.) 
App.  C.  p.  118. 

Requêtes  à  Winslow  par  les  Acadiens  de  la  Grand- 
Prée,  le  11  sept.  1755,  où  ceux-ci  lui  transmet- 
tent les  pièces  établissant  les  garanties  accordées, 
en  avril  1730,  par  Phillips  lorsqu'ils  prêtèrent  le 
serment  de  fidélité.  (Journal  de  Winslow.)  App. 
B.  pp.  80  et  81. 

Requête  des  habitants  de  Richibouctou  au  comman- 
dant du  fort  Cumberland.  après  le  6  fév.  1760. 
(Série  F.  105,  p.  158.)    App.  H.  p.  251. 


/  \in  .\ 


427 


DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

i;,i,  m  i.   Lfl  oot    L766,  di  .,,.!,., 

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i  -       ,  i  1 1 1  -  1 1  -  i '  •     I  •  '• 

m. n .  176;     i  •  i  •  i    i  '••  \  ipp  ' • 

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l'Amérique    leptenti  l<    r< 

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bourg    |oinl  a  lu  lettre  d<   M    Mistral  dn  21  tu  n 

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SmuI  .i    Winslow,      \    bord  du  Seneau  Halifaae^   L2 

oot.  l  .'.'■'  (Journal  de  W  in  Iom  |  Vpp    B 
lu  •  Ion  -  il,    Halifax,  28   juillet  1756.  I 


M    396    p.  2 V.pp.  B,  p 

ce  «lu  (  '"ii ■•"  il    tenue  i\  Halifax,  le  lo  n 


L760 


Sr.llnv 

(M.  89610  p.  if.i  \pp.  •'    r  804, 
Séance  du  Conseil,    Halifax,  il  avril   1.761,     <s 

M    3961'  p   n..  |  Vpp,  I-.  p  8 
Séanoe    lu  Conseil,    Halifax,    L8 août  L761.     (8< 

M.  39610  i>.  261]  A|.|..  L,  p.  319. 
Séance  Au  Conseil,    Halifax,   10  sept.  1761 

M    S9610  p,  268)  App.  L,  319. 
Séance  du  (  'onseil,   1  ttuifax,  L8  sept.  1761 

M.  89610  p.  264)  App.  L,  p.  320. 
Séanoe  du  Conseil,  Halifax,  21    sept.  L761.     (Séri 

M.  39610  |».  263)  App.  L.  p.  320. 
Séance  du  Conseil*  Halifax,  28  nov,  L76L  (Série  M. 

89610  p.  294]  App,  L.  p,  320. 
Séanoe  du  (  'onseil  tenue  a  Halifax,  le  1 8  août  1763,  au 

Bujet  de  la  correspondance  relative  au  rapatrie 

ment  en  France  des   Acadiens  déportés  dans  Les 

colonies  anglaises.  t.M.  3961S  i>.  190)  App.  F.  <!<■ 

p.   1!».")  a  D.  197. 

Séance  du  Conseil,  Halifax,  27  mars  1764.     (Série 

M.  39613  p.  3)  App.  L,  p.  821, 
Séanoe   «lu   Conseil,   Halifax,    16  mai  1764.     (Série 

M.  39613  p.  46)  App.  L,  p.  321. 
Séance  du  Conseil,  Halifax,  28  Bept.   1764.     (Série 

M.  396ia  p.  94)  \pp.  L,  p.  321. 
Séanoe  du  Conseil,    Halifax,  26  oct.  1764,     (Série 

M.  39618p.  98)  App.  L,  p.  321. 
Séance  du  Conseil,  Halifax,  28  sept.  1766.     (Série 

M.  896"  p.  50)  App.  L,  p.  322. 
Séance  du  Conseil,   Halifax,   30  mars  1767.     (Série 

M.  3961*  p.  116)  App.  L,  p.  322. 
Séance  du  Conseil,  Halifax,   29  août  1767.     (Série 

t  M.  396"  p.  154)  App.  L,  p.  322. 
Séance  du  Conseil,  Halifax,  5  oct.  1767,     (Série  M. 

390Yi  p  162)  App.  L,  p.  322. 
Séance  du  Conseil,  Halifax  31  oct.   1767.    (Série  M. 

396 "p.  163)  App.  L,  p.  322. 
Séance  du  Conseil,  Halifax,   13  nov.   1767.     (Série 

M,  396",  p.  170.)    App.  L,  p.  323. 

Séance  du  Conseil,  Halifax,  23  déc.  1767.  (Série 
M,  396i-i,  p.  177>)    App>  L>  p>  323. 

Séance  du  Conseil  au  Château  Saint-Louis,  dans  la 
ville  de  Québec,  13  mai  1774.  (Série  E,  vol.  C, 
p.  144,  verso.)     App.  M,  p.  343. 

Séance  du  Conseil  tenue  à  Sydney,  C.-B.,  le  27  oct. 
1787.     (Série  M,  411»,  p.  132.)    App.  J,  p,  310. 

Scènes  déchirantes  du  10  sept.  1755,  lors  du  pre- 
mier embarquement  à  bord  des  transports,  ra- 
contées par  Winslow.  (Journal  de  Winslow.) 
App.  B,  p.  78. 

Serment  d'allégeance  prêté  et  signé  par  les  Aca- 
diens de  la  rivière  Annapolis  en  décembre  1729. 
(Série  M,  39517,  p.  15.)    App.  D,  p.  131. 

18- 


-lu  i 
cittid  -      ' 

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\;   :       I 

Tableau  indupiuni 

i  i  indiquant  la  di  tribut 

1 1 .  .mi.  d«  M id  -  1 761 

M.  176         \|'P    I    P 
I . 

I 

Kdonard.     (Journal  de   W  A  pp.  I 

•IIX 

I 
(.loin nal  de  \N  intlon .  |     App.  B.  p.  76. 
\\  noua  V  wroa  itle.    Loi 

App.  C,  i- 

\\  an.  n  .1  N. ■Hi';i-!  le.     Louise  n<i\ .    l , 

(S.ne  M.  396»,  p.  223.)     App.  C,  p.  '-'7. 
WaiTMi  et  Peppereil  i  N"<  Louisbourg,  18 

i.  i-  L7«  6.     (S  rie  M.  •  ■'.•  ■  '.  p.  L      A] 

P.  98. 
Waii.  n  a   Townsend.     Louisbourg,    16  mai    1 7 1 '>. 

99 
Warrenà  Knowles.     Louisbourg,  2  juin  17* 

rie  M.  :•.'•»•"-".  p  L14.)    App.  C,  p.  1"". 
Wilmot  au  comte  d'Halifax.   Hali  H  1764. 

rie  M,  163,  p.  61.)    App.  J,  p.  274. 
Wilmot  aux  lords  du   commerce   •  olonief. 

Halifax,   5  nov.    1761.     (Série  M.    163,  p.  L00.) 

App.  J,  p.  274. 
Wilmot  au  comte  d'Halifax.     Halifax,  9  nov.  1764. 

(Série  M.  463  p.  118.)     App.  J.  p.  276. 
Wilniot  aux  lords  du  commerce.     Halifax,  17  déc. 

1764.  (Série  M.  463,  p.  170. ï     App.  J.  p.  277. 
Winslow  à  Lawrence.    Fort  Edouard,  18  août  1755. 

(Journal  de  Winslow.)     App.  B.  p.  68. 
Winslow  à  Shirley.     Au  camp  de  la  Grand-Prée, 

22  août  1755.       (Journal  de  Winslow.)     App.  B. 

p.  69. 
Winslow  à  Coffin.     Au  camp   de  la  Grand-Prée,  22 

août  1755.     (Journal  de  Winslow.)     App.  B.  p. 

69. 
Winslow  à  Lawrence,     Grand-Prée,  30  août  1755. 

(Journal  de  Winslow.)     App.  B.  p.  73. 
Winslow  à  Murray.     Grand-Prée,   1er  sept.    1755. 

(Journal  de  Winslow.)     App.  B.  p.  74. 
Winslow  à  Murray.       Grand-Prée,   5   sept.   1755. 

(Journal  de  Winslow.)      App.  B.  p.  77. 
Winslow    à  Murray.      Grand-Prée,    7  sept.   1755. 

(Journal  de  Winslow.)     App.  B,  p.  78. 
Winslow  à  Murray.       Grand-Prée,  11  sept.  1755. 

(Journal  de  Winslow.)     App.  B.  p.  80. 
Winslow  à  Lawrence.     Camp  de  la  Grand-Prée,  le 

17  sept.  1755.     (Journal  de  Winslow.)     App.  B. 

p.  82. 
Winslow  à  Joshua  Winslow.     Camp  de  la  Grand- 
Prée,  19  sept.  1755.  (Journal  de  Winslow.)  App. 

B,  p.  83. 
Winslow  à  Saul.     Camp  de  la  Grand-Prée,  20  sept. 

1755.     (Journal  de  Winslow.  )     App.  B,  p.  83. 
Winslow,   Joshua,  au'  colonel  Winslow.  Fort  Law- 
rence, 23  sept.  1755.  (Journal  de  Winslow.  )  App. 

B,  p.  83. 
591 


indj;\ 


Winslow   a    .Monckton.     Camp  de  la   (irand-Prée, 
29  Mpt.  170."».     (.fouinai  di-  Winslow.)     A  pp.  B, 

83. 

Winslow  a  Lawrence.     Camp  de  la  Grand-Prée,  29 

sept.    1755.       (JoamaJ   de   Winslow.)       App.    B, 

p.  s». 
Winslow  à  Lawrence.     Grand-Prée,    10  oct.   1705. 

(Journal  de  Winslow.)    App.  B,  p.  87. 
Winslow  .i  Apthorp,  fils,  et  Hancock.     Camp  de  la 

Qrand-Pree,  lï»  oct.  1756.  (Journal  de  Winslow.) 

App.  B,   p.   90. 
Winslow  à  Shirley.     Camp  de la  Grand-Pn 

oct.  1755.     (Journal  de  W inslow.)     App.    B,  p. 

90. 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Winslow   à    \pthorp  et   Hancock.     22  oct.    1755. 

(Journal  de  Winslow.)     App.  B,  p.  91. 
Winslow  à  Lawrence.      Fort  Edouard,  27  oct.  1755. 

(.Journal  de  Winslow.)  App.  B,  p.  91. 
Winslow  à  Lawrence.     Fort  Edouard,  31  oct.  1755. 

(Journal  de  Winslow.)  App.  B,  p.  92. 
Winslow  à  Nathan  Adam».    Grand-Prée,  3  bot. 

1755.     (Journal  de  Winslow.)     App.  B,  p.  92. 

a  Monckton.     Camp  delà   Grand-Prée, 
1755.     (.fouinai  de  Winslow.)     App.    B, 


Winslow 

3  nov. 
p.  93. 

Winslow  à  Shirley.     Halifax,  lï)  dec  1755. 
nal  de  Winslow.)     App.   B,  p.  94. 


(Jour- 


r>  (>    I  [KillAHD    VII 


DOCUMI  NT  DE  LA  SESSION  No   1H 


1006 


i  n  i  >i  ;x 


<  I  kx  \<:\t  a  L 


)  KS 


DOITMNTX  RELATIFS  A  LA  GÉNÉALOGIE  DES  FAMILLES 

ACAMENNES. 


\cailn  ms.     Prétendent    avoir  été   l<   i      d<     \p\it* 
droit  .   117  J  pétiti<  -us  :i  Phillips  demandant  de 
i>i  -ici  Bermenl  d  alli  geanoo,  i  '">  LSI  ;  de  la  rivié 
i .     \  mi:i|Hi!i  .  1 1  i  n  .  ni  de  lui.    arpente)   leurs 
terres,  Lo8  134;  ayant  prête  le  Bermenl  d'allé 

i  noe,  LS  l  138  ;  n  déj  m  >rter  aux  ca  de  la 

Forteresse  n  Boston,  l  17  ;  offre  de  les  transporter 
à  Saint  Domingue.  lls;  demandent  un  p 
porl  pour  se  rendre  a  Si  Domingue,  I  18  I  19  ;  rap 
port  des  ad  nu  m  t  rat  t  mus  de  la  taxe  des  pauvres 
(Mass  |  concernant  les,  l  !!•  ;  exposMnl  leui  di 
tresse  au  gouverneur  de  la  baie  de  Massaohu 
setts,  160;  de  Boston,  sollicitent  des  secours, 
152;  demandent  d'être  transportés  au  Canada, 
1")|  156;  On  arrête  de  les  secourir,  L56;  extraits 
de  La  Ga  ttU  de  Québec  indiquant  le  nombre 
de  ceux  envoyés  au  Canada,  157;  s'établissant 
au  Canada,  L57;  implorent  de  l'assistance,  L61; 
ordre  d<  les  surveiller  étroitement  à  cause  de  la 
reddition  du  fort  William  Henry,  L72  ;  rapport 
du  comité  de  la  Chambre  des  Représentants 
(baie  de  Massachusetts)  touchant  la  fourniture 
d'aliments,  etc.,  aux  Français  neutres,  L88; 
liste  des,  désirant  passer  en  France,  193-195  ; 
liste  des,  à  qui  le  roi  de  France  accordera  des 
pensions,  195;  déportés  en  Angleterre  et  se  di- 
rigeant maintenant  vers  la  France,  1%. 

Ai-adiens  Rôle  des,  de  l'Amérique  du  Nord,  qui 
exercèrent  (tes  fonctions  militaires  et  actuelle- 
ment domiciliés  à  Cherbourg,  198;  familles  no- 
bles demandant  à  être  transportés  aux  îles  St- 
Pierre  et  Miquelon,  200;  liste  des,  à  Cherbourg 
eu  1707,  200-203  ;  à  Cherbourg  ne  peuvent  pro- 
duire de  preuve  touchant  leur  origine,  203  ;  rôle 
des,  infirmes  et  grabataires  résidant  à  Cher- 
bourg, 204  :  projet  d'établissement  des,  en  Fran- 
ce, 205;  état  gênerai  des,  en  France,  207  ;  mé- 
tiers qu'ils  exercent,  208  ;  état  des  dépenses  né- 
cessaires pour  la  formation  d'un  établissement 
de  10,  208  ;  projet  de  Tressa  n  de  les  établir  en 
Lorraine,  200  ;  nombre  d',  en  Angleterre,  4  mars 
1763,  200  ;  mémoire  relatif  à  1,500  déportés  à  la 
Virginie  et,  plus  tard,  en  Angleterre,  200  ;  mé- 
moire concernant  1,200  déportés  au  Maryland, 

209  ;  mission  secrète  de  M.  de  la  Rochette,  210  ; 
mémoire  concernant  les,  déportés  à  la  Caroline, 

210  ;  un  transport  à  destination  de  la  Pennsyl- 
vanie sombre,  210  ;  la  mort  décime  ceux  dépor- 
tés en  Angleterre,  210;  détenus  dans  divers 
ports  anglais,  surtout  à  Liverpool,  210  ;  détenus 
à  Liverpool  adressent  une  pétition  au  duc  de 
Nivernois,  210;  à  Liverpeol,  mission  de  la  Ro- 
chette, 210-211  ;  sermons  d'un  certain  prêtre 
écossais,  211. 

Acadiens.  Nombre  à  Southampton,  mission  de 
la  Rochette,  211  ;  nombre  à  Bristol,  mission  de 
la  Rochette,  211  ;  divers  projets  pour  les  établir, 
212-213  ;  état  des,  en  Angleterre,  en  France  et 
dans  les  colonies  anglaises  de  l'Amérique,  215  ; 


\.    .'h.  m         Su, t.  . 

en  l  i 

laint  Domingue.  ■>   la   Mai  tiniqui  , 

Saint    Pii 

nt  Malo  et  d<    M  ident  d< 

Belle  l-le,  215 ;   150  famille  il»li«s  en 

Tourain»  ,  215;  lettn     de  Pern       I   i        ■  Mi 
quelon,  ;  '       •  une 

en  I7'i^,  215  217  de  Pei 

rault,  1768,217;  de  Saint  Malo  qui  d< 
rendit    i  Bost   n    L784,  221 

la  Louisiane,  17  s  les 

établir  dan    la  Corse,   \  •  projet  de  les 

établira    Blaye,   228;  implorent   leur  renvoi  A 
Boston,  1784,   227;  demandent  de  passoi   A  la 
Louisiane,    1784,   228;    obtiennent    peine 
d'aller  à   I'.  «ton,   178 L,  229  ;  pen»i< »n 
280;  recensement  des  Llea  s. ont  Pierre  et   Mi- 
quelon.1767,  231  286;  des  Des  Saint  Piem 
Miquelon  partis  pour  la  France  sur  /.     / 
Ami»,  L765,  281  :  embarqués  sur  un   vaii 
s'en  rendent  maîtres  et  le  ramènent  à  la  rivière 
Saint-Jean,  240 ;  envoient  des    léputés  h  l 
hébertetà  Vaudreuil,  242-243;  déportés  à  l'île 
Saint-Jean,  souffrenl   beaucoup,  243-244.     Peu 

vent  devenir  colons  dans  la  Nouvelle  I 
arrêté'  du  conseil  impérial,  271  ;  rapport  des 
lords  du  commerce,  reoummendant  de  leur  per- 
mettre de  s'établir  dans  la  Nouvelle-Ecosse,  273  ; 
à  Halifax,  lettre  à  ceux  de  Pigiguit  et  de  Fort 
Cumberland  relative  aux  députés  à  envoyer  en 
France,  273  ;  instructions  additionnelles  leur 
permettant  de  se  fixer  dans  la  Nouvelle-Ecosse, 
273;  de  la  Nouvelle- Angleterre  autorisés  à  pas- 
ser dans  lee  colonies  françaises,  273  ;  réfugiés 
aux  îles  Saint-Pierre  et  Miquelon,  lettre  du  pré- 
sident du  conseil  de  marine  à  MM,  Dangeac  et 
Beaudéduit,  270  ;  revenus  des  îles  Saint-Pierre 
et  Miquelon  et  qui  ont  prêté  le  serment,  279  ; 
arrivés  à  Cherbourg  et  à  LaRochelle,  304  ;  de  la 
rivière  Saint-Jean  à  déporter  en  Europe  comme 
prisonniers  de  guerre,  304  ;  adresse  au  gouver- 
neur Des  Barres,  307  ;  mémoire  ayant  trait  aux 
terres,  par  R.  Gibbons,  309  ;  de  Saint-Malo, 
supplique  pour  permission  de  s'établir  en  Aca- 
die,  314. 
Acadiens.  Arrêtés  en  conseil  concernant  l'expul- 
sion des,  318  ;  de  la  baie  des  Chaleurs,  refusent 
de  se  rendre,  319  ;  qui  s'établissent  actuellement 
sur  la  rivière  Saint -Jean  devraient  être  expul- 
sés, 320  ;  établissement  dans  la  Nouvelle-Ecosse 
et  serment  d'allégeance,  321  ;  le  conseil  encore 
en  faveur  de  l'expulsion  entière  de  la  Nouvelle- 
Ecosse,  321  ;  arrêté  en  conseil  ordonnant  l'em- 
prisonnement des,  qui  rédigèrent  un  mémoire, 
321  ;  arrêté  en  conseil  concernant  les,  qui  veu- 
lent s'établir  sur  la  rivière  Saint-Jean,  322  ;  re- 
quis de  prêter  le  serinent  d'allégeance  avant  le 
1er  juin  1767,  322  ;  a  être  placés  près  de  Bar- 


430 


INDES. 


ii  m-    du  Ut  ■ 
rington  >-t  de   ïarmouth,  322;  obtiennent  dea 
t.  m  igné,  323  ;  d'Annapolie  etde  Wind- 

rroui  des  concessions,  328  ;  de  Ristigou- 
ohe  équipeul  des  corsaires,  324;  conduit* 
de  Riatigouche  et  de  Miramichi,  325  :  de  Riati- 
gouche  el  de  Miramichi  faits  prisonniers  par  1»- 
oapitaine  McKenzie,  326  :  s'établissent  an  Ca 
naaa,  326;  prisonnû  I  Edouard  en  1761- 
64,  827;  familles  retirées  des  prisons  d'Angle- 
terre et  rapatriées  en  France.  I7<d  1773,386;  qui 
teront  le  serment  de  fidélité  pourront  s'éta- 
blir dans  la  Nouvelle  Ecosse,  343;  requête  au 
roi  de  France,  plaintes  contre  les  Anglais,  requiè- 
rent desconcessi  ms  dans  quelque  provint  e  fran- 
beàCoi  Qwallis,  refusent  de  prê- 
ter Le  nouveau  serment,  -"ol'. 

Acte  pour  secourir  Les  habitants  de  La  N.-E.  dé- 
portés au  Massachusetts,  L40;  Bupplémentant 
Pacte  pour  secourir  les  habitants  de  la  X.  E., 
143;  pour  délier  toute  ville  ou  tout  district  de 
L'obligation  de  secourir  Les  habitants  de  la 
N.-E.,  111  ;  à  l'effet  de  défendre  aux  ex-habi- 
tants de  la  N.-E.  de  voyager  de  ville  en  ville, 
l  lu  ;  rotatif  aux  ci-devant  habitants  de  La  X.-  E. 
déportéfl  ici  par  ordre  du  gouvernement,  de 
celle-ci,  147;  pour  répartir  et  bien  diriger  Les 
Français  déportés  de  La  N.-E.,  au  Conneeticut, 
317.   ' 

Adams,  capitaine,  ordonné  de  se  rendre  à  la  pointe 
a  Boudreau,  92  ;  n'a  pu  répondre  plus  tôt  au 
colonel  Winslow,  ayant  été  occupé  à  embarquer 
Les  Fiançai  -. 

Amherat,  général,  au  sujet  de  l'expédition  Monck- 
ton   en    haut   de   la   Saint-Jean,    303  ;  il    reste 
ez  de  troupes  à  la  X.-E.   pour  protéger  les 
établissements,  323. 

Anglais  faits  prisonniers  par  les  sauvages  à  Canso, 
111;  prisonniers  envoyés  à  Québec,  240;  en 
Acadie,  force  des,  240;  établis  à  Chibouctou, 
mémoire  français  touchant  les,  354-355. 

Annapolis,  les  députés  d',  refusent  le  serment,  (î4  ; 
députés  d',  ordre  de  les  emprisonner,  64. 

Autrement,  Joseph  d',  sollicite  d'être  transporté  à 
Medfield,  178. 

Armes,  fournies  aux  Français  et  aux  Sauvages  par 
les  Français  du  Canada,  112. 

Armée,  services  pendant  le  siège  de  Louisbourg, 
'.'7. 

Arpentage  des  communes,  100  ;  sur  les  côtes  orien- 
tales de  la  Nouvelle-Ecosse,  et  parties  occiden- 
tales de  l'Ile  du  Cap-Breton,  278. 

Arsenault,  François,  ornements  d'église  en  sa  pos- 
session, 342. 

Assemblée  des  habitants  français  pour  entendre  les 
ordres  du  Roi,  73. 

Aucoin,  Jeanne.     Recensement  1671,  60. 

Aucoin,  Michelle.     Recensement  1671,  60. 

Babin,  Anselme,  extrait  de  mariage,  270. 

Babin,  Antoine.     Recensement  1671,  58. 

Babin,  Chs,  extrait  de  mariage,  271. 

Bagard,  Catherine.     Recensement  1671,  59. 

Baie  Verte,  établissement  à  y  former,  106. 

Bailly,  abbé,  pénitence  imposée  à  des  pei sonnes 
mariées  contre  les  lois,  269  ;  nommé  missionnaire 
des  sauvages  de  la  N.-E.,  283. 

Baiolet,  Barbe.     Recensement  1671,  61.  "X  *  \ 

Bastarache,  Pierre,  liste  de  ses  enfants,  etc.,,*Lk 

Bau,  Perrine.     Recensement  1671,  58. 

Bayou,  Rose.     Recensement  1671,  61. 

Beauséjour,  provisions  à,  pour  l'entretien  des  habi- 
tants français,  65. 

Belcher,  juge  en  chef,  opinion  sur  la  concession  de 
terres  aux  Acadiens  en  tant  que  catholiques 
romains,  282  ;  Acadiens  du  district  nord-est, 
qui  ne  se  sont  pas  soumis  équipent  des  vais- 
seaux, 323. 

Belliveau,  Anthoine.     Recensement  1671,  61. 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Belou,  Jacques.     Recensement  1671,  60. 

Bennawy,  Bday  et  autres,  demandent  leur  trans- 
port au  Canada,  roir aussi  ''  Benoit",  190. 

Benoit,  Edouard.  Voir  aussi  "Bennaway"  et 
"Benway  '. 

Benoit,  John.  Supplie  que  l'on  rassemble  sa  fa- 
mille, 186. 

Benway,   Claude.     Demandedene  pa  ren- 

\  oye  ft  (  'ambridge,  1 '»■">. 

Bernard,  IV-.  louchant  le>  misères  dea  Français  à 
Boston,  1  17  ;  dépêche  concernant  les  Ae.uîiens, 
rapport  du  comité  du  Conseil,  161  :  insiste  pour 
la  prise  eu  considération  par  le  Conseil  a 'une 
pétition acadienne,  L63;  le  gouv.  Murray  oon- 

L56. 

Bertrand.  Clément.     Receniement  L671,  61. 

Bigot,  l'intendant.  Lettres  au  ministre,  Louis- 
bourg  sera  restitué  à  la  France,  provisions  el 
soldats  expédiés  a  l'Ile  Royale,  341  ;  établi 
nient  à  Chibouctou,  exportation  du  bétail  dé- 
fendue en  Aeadie.  347  ;  acadiens  offrent  d'habi- 
ter lile  Royale,  achètera  provisions  ile  S.  Jean, 
349;  a  acheté  vivres,  qui  manquent  en< 
Acadiens.    350;    nou  nnent    requis  des 

Acadiens  de  la  N.-E.,  'le  les  persuader 

de  pusser  du  eût!-  français,  Indiens  s'opposent  à 
l'établissement  des  Anglais  à  Chibouctou,  351  : 
gratification  au  sieur  Gautier;  son  établisse- 
ment a  l'île  Saint-. Jean  ;  Acadiens  s'y  rendront 
pour  se  fixer;  sauvages  tentent  d'empêcher  les 
Anglais  de  s'établir  à  Chibouctou,  351  :  récoltes 
de  l'île  Saint-Jean  ra  acadiens  vont  s'y 

fixer,  vivres  nécee  a  enverra  un  peu,  351; 

Acadiens  réfugiés  à  l'île  Saint-Jean  ont  besoin 
le   secours,  a  farine,  etc.,  378  ;  i  ateau 

capturé,  Anglais  saisissent  correspondance  de 
Le  Loutre,  envoie  vivres  a  Boishébert,  380  ; 
encouragement  à  culture  dans  l'île  Saint-Jean, 
secours  seront  aceprdés  aux  Acadiens,  présents 
offerts  aux  sauvages  d'île  Royale,  remercie  pour 
compagnie  à  DuChambon  Vergor,  etc.,  381  ; 
vivres  expédiés  à  l'île  et  à  la  rivière  Saint-Jean, 
et  à  Cheôaïk  ;  La  Corne  a  gardé  bâtiments  pour 
transporter  Acadiens  à  lile  Saint-Jean,  chemin 
de  la  Rivière  du  Loup  au  lac  Témiseouata,  381- 
382;  dépenses  occasionnées  par  postes  de  la 
rivière  Saint-Jean  et  de  Chediù'k,  382  :  arrivée 
de  La  Corne,  nouvelles  de  l'Acadie,  304  ;  com- 
ment les  Anglais  traitent  les  Acadiens,  etc..  409. 

Binney,  John,  au  gouv.  Legge.  Acadiens  venus  à 
Canso  pour  s'y  établir,  commerce  de  contre- 
bande, vaisseau  devrait  stationner  ici,  percep- 
tion des  droits  d'accise  importants,  293. 

Blanchard,  Anne,  veuve  de  défunt  François  Guérin. 
Recensement  1671,  58. 

Blanchard,  Jehan.     Recensement  1671, 

Blanchard,  Martin,  Recensement  1671,  60. 

Blanchard,  Magdeieine.  Recensement  1671,  62. 
i  Boishébert,  M.  de.  Extrait  du  journal  sur  les  dif- 
férents événements  survenus  en  Acadie  depuis 
la  prise  du  fort  de  Beauséjour,  236  ;  demeurera 
à  la  rivière  Saint-Jean,  237  ;  bataille  de  Petkou- 
diac,  238  ;  combat  avec  Anglais  près  de  Cocagne, 
239  ;  ordres  de  Vaudreuil,  240  ;  son  poste  sauf, 
disette  de  vivres,  Acadiens  envoyés  île  Saint- 
Jean,  déportés  retournent  à  rivière  Saint-Jean, 
242  ;  lettre  à  Cornwallis,  touchant  sou  séjour 
sur  la  rivière  Saint- Jean,  251  ;  lettre  à  La  Galis- 
sonnière,  Acadiens  contraints  à  prêter  serment 
d'allégeance  au  roi  d'Angleterre,  prétentions 
des  Anglais  sur  rivière  Saint-Jean,  mission  du 
cap.  Rous,  entente  des  sauvages  avec  Anglais, 
353  ;  reproche  à  l'abbé  Manach  sa  soumission 
aux  Anglais,  254  ;  envoie  nouvelles  au  P.  Ger- 
main, conduite  des  abbés  Manach  et  Maillard, 
256  ;  manifeste  aux  Acadiens,  défendant  de 
quitter  leurs  habitations,  409. 

Boudreault,  Pierre,  implore  des  secours,  168. 


INDE  \ 


in 


DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

Boudrot,  J<  '  1 1 1 1  •       K't ,  m  ,  m.  ni  i  h,  i    mi 
! '>,, m li, it,  \l  .11    M'  i  ii  it       Itrcun  Mîinml   II 

B Irol ,  M  ii  lu  I.  K'  <  '  n  i  m.  ut   h.,  : 

Bour,  Bernard      K m.  ni  107  i 

B<  'm  .  J<  h  m      Reoen  i  u  •  n(  h-,  i    I 

Boun    (B i   I '■■  Lntho  m       lt««    n  •  un  ni 

n,,  i.  no 
Boun     M  1 1  •       I  «' n  m  ni  1(171,  61 

BoUI        T'  i  mil         ItuOI  n   .ni'  ni    167  i .  01. 

B don,     i<  u  .  aux   li.ii'ii  «  m  i  .  .'.  i  I  luinei 

ii    du    Kiohiboui  ton,    reproohi  I    leur 

•  ,m 

Bourg,  l'i  unooi        lioc<  i ni  i 

Hum g,   Fo     Nlfttluii  m,  ordonna  prêtre,  841  :  

i     •  I  .  •  1 1      'n  |>n    i     ion  (1   \  i  .  n. mil 

exl  rail  de  «'«pull  un», 
Bourgei  >i  .  <  'li.i  1 1.         ! .  eut  1071,  01 

Boi  Claude,  demande  d<      ■  ■   nu      101 

n  .  li    ,   .1  UO<  'i  ■         K    '••  ii  M  m.  ni     1071 

it  de  mariagi    201 
26  i 

I'. m;  i  icte  de  m  270. 

■  nt.it  i<  .n  .i  Philippe)  concer 
nanl  aea  <l.  n 

..l 'lin. ii  ion,  •'•il  :  exl  rail  de  tépull  ure, 
844. 

Brode  |  Breau  |.  Rem         l>  oen  i  nenl  1671,  59. 
Vin.  enl       i.  L,  Gl 

Brun,    Andrée.     R<  cen  »emen1  1671 

Bi  un,  l 'i  ançoise.     Recensement  167 1 . 

Brun,  M  i  fdeleine.     Reoen  i  m.  ni  L67 1 .  59. 

Brun,  Vincent.     Recensement  L671, 

Burrell,  Bergent  John.  Extrail  de  Bon  journal, 
1759  60,  304. 

Caissie,  voir  aussi  "  K  riessy  "  "  Kuessy  "  "  (  la 
et  "  Quessy  ". 

Campbell,  lord  Win.,  enquête  sur  l'état  de  Louis- 
bourg  et  desen\  irons  Bera  poursuivie,  284  ;  nomi- 
nation de  M.  Bailly,  approuvée  :  goélette  nolisée 
pour  savoir  ce  qui  se  passeà  Miquelon,  285;  Fran- 
çais n'ont  pas  construit  de  fortifications  à  St- 
rierre  et  Miquelon  et  ont  juste  le  nombre  de  trou- 
pes stipulé  par  le  traité  de  Paris,  286;  instructions 
a  Jos.  woodmass  a  »ncei  nant  Bon  \  oyage  aux  lies 
St  Pierroel  Miquelon,  286  ;  transmet  rapport  de 
Woodmass  à  Hillsborough,  Acadiens  consen- 
tent à  revenir  des  îles  Saint- Pierre  et  M  iquelon, 
289;  dépenses  de  la  mission  Woodmass,  290; 
Etablissement  Bauvage  près  d'Halifax,  éloges  de 
M.  Bailly,  L'iM  ;  commerce  illicite  dans  la  par- 
tie X.-lv  de  la  province,  pêcheries  considéra 
blés  :  292  ;  Renseignements  relatifs  à  la  contre- 
bande, 293. 

Cap-Breton.     Recensement  1774,  316, 

Cap  Neigre.     Sommaire  du  recensement,  1071,  57. 

Capitulation  de  Louisbourg,  V..  Louisbourg, 

Capture  des  déserteurs  français,  8t>. 

Carteel,  Peter,  jugement  pour  meurtre,  112. 

Catholiques  romains  :  dans  la  Nouvelle-Ecosse  en 
1707  ;  sur  l'île  Saint-Jean,  315  ;  encouragement 
donne  à  l'égard  de  leur  éducation  dans  les  écoles 
protestantes,  108. 

Cens  (Quit.rents),  On  ne  doit  demander  que  ce  qui 
est  dû,  113. 

Chebrat,  Jeanne.     Recensement  1071,  61. 

Chemin  à  construire  entre  Halifax  et  Fort  Sack- 
ville,  321. 

Chui-ch,  Cap.  Thomas.  Ordres  reçus  concernant 
déportation  des  Français  au  Maryland,  88. 

Claude,  Jehan.     Recensement  1071,  60. 

Clermont.  Paul,  demande  remise  d'une  convention 
passée  avec  Ray  Thomas,  171  ;  rapport  du  con- 
seil, 173. 

Collison,  Nicolle.     Recensement  1671,  58. 

Colons  qu'on  doit  envoyer  aux  nouvelles  communes, 
106;  aux  Mines:  Se  comportent  très  honnête- 
ment, 111. 

Commeaux,  Estienne.     Recensement  1671,  61. 


<  loiniiu  .1  I 

(  '. .nui  -  i  icul , 

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Loutn 

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•  In  ' 

(  lourpon,  8a>  inii  n  d<       R<  61 

i  .'u  ier.     R 

lie  inainti  nanl       l  l 
I  >.u  t  m  .ut  li  .i  (  lampbell,  ri 
gtx->ii.  ni 

:i\ ec  lies  8a int-J  M  iquelon  ;  den 

rapport   sur  Acadien 

traitement    de    Bailly,    295;  A    l.'i-v 

mande   prudence  dans  ; 

aux  (  «atnoliques,  296. 
Délégués  des  habitants,  leurs  d.  bention  ■   Salii 

prière  de  les  renvoyer  chez  eux,  119. 
Des  1  gou\ .,    i 

dieu-,  308  309. 
I  »•  schampe,  luit   en  subsl  letuc 

documents  français  à  lui   transn 

mémoire  '\<'>  habitants  neutre» 
1  leshei  ministre,  Acadii 

rant  s'établira  111e  Royale  :  Le  I.-  ut  i 

les  sauvages  :  missionnaires 
Desherbiers  a  Cornwallis  :  Prisonniers  angl    -  ran- 
çonnés; n'est   pas  responsable  des  act<     de  Le 

Loutre,  ni  de  ceux  d<  s  Indiens  qu'il  ne  peut 

contrôler,  357. 
Dobbs,   l'h.m.   Arthur,   gouverneur  généra]  de  la 

Caroline  du  N.,  lettre  de  Lawrence,  71. 
Doucet,  Germain.     Recensement  1671, 
Doucet,   Marguerite.     Recensement  1671,  62. 
Doucet,  Pierre.     Recensement  1671,  60. 
Doucett.     Voir  aussi  "Dowsett  "  et  "  Ducee." 
Dowsett,    Marguerite,    sollicite   d'être  envoyée   à 

Newberry,  104. 
Doucee,  Peter.     Permission  de  demeurer  dans  le 

comté  de  York,  162.     Voir   aussi    "Doucett," 

"Dowsett,"  etc. 
Dugas.     Notes  sur  famille,  328-334. 
Dugas,  Joseph,   implore  des  secours,  176  ;  lettre  à 

l'abbé  Manach  ayant  trait  aux  conditions  pour 

la  soumission,  252. 
Dugas,  Marie  Joseph  Esther,  extrait  de  baptême, 

343. 
Dugast,  Abraham.     Recensement  1671,  62. 
Dugast,  Anne.     Recensement  1671,  61. 
Dugast,  Marie.     Recensement  1671,  62. 
Dumont,  J.-Bte,  extrait  de  mariage,  264. 
Dupont  [Dupuis],  Michel.     Recensement 1071.  58. 
Duvivier,  arrivée  à  Anna  polis  accompagné  du  nou- 
veau gouverneur,  95. 

Eglises,  leur  nombre  dans  les  établissements  fran- 
çais ;  on  ne  doit  les  ériger  sans  eu  avoir  obtenu 
permission,  108. 

Ellie,  Madellène.     Recensement  1671,  62. 

Entremont,  d'.    Voir  aussi  "Antremont." 


INDEX 


Estaing,  comte  d'.     Acadieni  de  Nouvelle  Angle- 
terre invités  à  émigrer  aux  ooloniei  francs 
278. 

Expédition  sur  le  liant  <!<■  la  rivière  Saint-Jean 
dans  baie  de  Fundy,  rapport  des  opération* 
des  troupes  oommandéea  par  Monckton,  297. 

ETorest,  Michel  de.     Recensement  1671,  58. 

Fort  Oumberiand,  oampemenl  de,  billet  de  Monob 

ton  à  Winslow,  66. 

Fort  Edouard   arrivée  de  Winslow  à,  6b. 

Français  Neutres.  Voir  "Acadiens,"  "Français- 
neutres"  "Habitants  français,'1  admis  dans 
l'Etat  de  Massachusetts,  139;  rapport  du  Co 
mité  sur  L'étal  des  .  dans  le  transport  à  Bos 
ton.  189;  dans  le  comté  de  Middlesex,  Mass. 
Voir  aussi  :  Acadiens,  Neutres,  Habitants,  260. 

Français  de  Pimquid,  des  Mines,  de  La  rivière  aux 
Canards,   mémoires    touchant   serment   d'allé- 

f[eance,63;  on  devra  tenir  Becrète  décision  de 
eur  déportation:  trouver  quelque  Btratagème 
pour  B'emparer  d'eux,  décision  de  les  déporter 
dans  diverses  colonies,  de  noliser  vaisseaux  à 
cette  tin,  et  de  les  enlever  de  la  province, 
64  ;  décision  du  Conseil,  bétail  et  céréales 
confisques  au  profit  de  La  couronne  ;  le  bétail 
sera  épargné,  les  villages  détruits,  07  ;  les 
empêcher  de  s'échapper,  ne  pourront  ap- 
porter que  leur  argent  et  leur  mobilier,  leurs 
bestiaux  déclarés  confisqués  pour  Sa  Ma- 
jesté, faits  prisonniers  au  Fort  Cumberland 
par  Monckton.  ne  pas  révéler  leur  destination, 
enjoints  de  couper  foin  et  céréales  à  Piziquid, 
on  leur  enlèvera  leurs  armes  à  feu,  leur  fera 
croire  qu'ils  ne  seront  pas  déjx>rtés,  68;  leur 
empêcher  de  savoir  nouvelles  con semant  Brad- 
dock,  harangueurs  pris  sur  le  fait  seront  empri- 
sonnés, leurs  familles  et  voisins  les  nourriront 
pendant  incarcération,  Lawrence  ordonne  à 
Murray  et  à  Winslow  de  rendre  dent  pour  dent 
aux  sauvages  et  autres  s'ils  molestent  troupes 
royales,  08  ;  instructions  à  Winslow  concer- 
nant déportation  habitants  des  Mines,  ne  re- 
viendront pas  dans  province  ni  ne  renforce- 
ront Français  du  Canada,  09-70  ;  refusent 
de  prêter  serment  d'allégeance,  grâce  à  ceux 
qui  prêteront  ce  serment  ;  trouvés  en  armes 
au  fort  Beauséjour  seront  forcés  de  se  sou- 
mettre ou  expulsés,  71  ;  faudra  provision 
d'eau  suffisante  pour  voyage,  mobilier  inu- 
tile ne  sera  pas  embarqué,  Winslow  ne  fera 
aucun  cas  de  leurs  réclamations,  72-73  ;  faudra 
les  déporter  sans  retard,  expulsion  de  Grand 
Pré,  des  Mines,  de  rivière  aux  Canards,  d'Hab- 
bertong  (Habitant)  et  Gaspereau,  rassemblés 
pour  recevoir  ordres  du  roi,  73  ;  semblent  satis- 
faits de  sommation  faite  par  Winslow  à  leur 
égard,  permission  d'apporter  argent  et  mobilier, 
terres  et  bétail  confisqués  par  la  couronne,  78  ; 
n'essaient  pas  de  s'échapper,  quelques-uns  ma- 
lades, 78  ;  inimitié  entre  eux  et  soldats  occasion- 
nera mort  de  quelques-uns,  insubordination 
sera  punie,  78;  pétition  à  Phillips  demandant 
d'accorder  à  ceux  qui  prêtèrent  serment  libre 
exercice  de  leur  religion,  etc.,  serment  de  fidé- 
lité à  Georges  II,  différence  dans  serments 
prêtés  par  eux,  80  ;  pétition  à  Winslow  priant 
de  protéger  sujets  loyaux,  informés  que  terres, 
habitations  et  bétail  déclarés  acquis  à  Couronne, 
quelques-uns  demeureront  comme  otage,  tous 
arrêtés  sauf  quelques  vieillards  et  infirmes,  81  ; 
en  mettre  sur  bateaux  autaut  qu'ils  en  peuvent 
recevoir  familles  ne  seront  pas  divisées,  ne 
croient  pas  à  sincérité  de  Winslow,  jeunes  gens 
déserteurs,  leur  capture,  85-80  ;  s'évadent  du 
fort  Lawrence,  emmènent  leur  bétail  sans  en 
être  empêchés,  87  ;  déserteurs  en  liberté,  88  ; 
quelques-uns  se  sont  sauvés  dans  bois,  autre  à 
Grand  Pré  seront  déportés  aussitôt  que  possible, 


5-6  EDOUARD   VII,  A.   1906 

Français    Suite. 

93;  leur  dé^ortement  pendant  que  l'ennemi  était 
dans  la  province,  96;  conséquences  désastreuses 

(pii  résulteraient  de  leur  séjour  en  N.K.,  leur 
expulsion  d'ile  Saint-. Jean,  situation  a  Louis- 
l»ourg,  07  ;  on  ne  -aurait  avoir  confiance  en  eux, 

98;  de  Louisbourg  seront  transportés  en  France, 
emprisonnés  pour  avoir  correspondu  avec  enne- 
mi, 96-99  ;  ceux  qui  se  sont  conformés  aux  ordres 
royaux  conserveront  leurs  terres.  101;  liberté  de 
ter  sur  terres  dorant  bon  plaisir  royal,  102; 
fidèles  à  serment  d'allégeance  ne  >.•  lallieront 
pas  à  année  française,  payés  pour  provisions 

consommées     par    soldat-,     soldats    s'accordent 

bien,  103;  déclarations  de  Shirley  concernant 
confiscation  de-  terres,  104-106;  nombre  en  état 
de  porter  armes,  leur  nombre  en  province,  de- 
vront causer  aucun  dommage  avant  déportation, 
obéissance  aux  lois  première  condition  pour 
obtention,  d'indu]  ence,  griefs  contre  leur 
déloyauté,  leur  expulsion  de  province,  108; 
terres  ooncédées  a  ceux  qui  embrasseront  pro- 
testantisme, commerce  avec  sauvages,  étendue 
de  terres  qu'ils  cultivent,  liberté  de  conscience 
dans  les  mariages  mixtes.  108-109  ;  propriétaires 
fonciers  confirmés  dans  leur  possession  -ils 
embrassent  protestantisme,  seront  pas  tracassés, 
s'ils  prêtent  serment  d'allégeance,  10!)  ;  auront 
prêtre  de  leur  religion,  aucun  tort  exercé  contre 
ceux  qui  jureront  fidélité,  impossible  de  les 
exempter  du  serment,  110  :  arrives  avec  réponse 
définitive,  111  ;  quitteront  province  plutôt  que 
de  prêter  serment,  excitent  sauvages  contre 
Anglais,  111  ;  dispositions  réfractères  de  cer- 
tains ;  du  Canada  devront  être  chassés  d'établis- 
sement, très  utiles  à  province,  112;  attendre 
temps  propice  pour  faire  prêter  serment,  111- 
113;  formule  de  serment  qu'on  leur  fit  prêter, 
115  ;  remettent  armes  à  Handfield,  sollicitent 
indulgence  si  leur  requête  heurtait  sentiments 
du  gouverneur,  délégation  envoyée  à  Halifax, 
118  ;  demandent  délivrance  des  otages,  119  ; 
leur  séjour  dans  ou  expulsion  de  province,  con- 
sidérés comme  rebelles,  retard  dans  expulsion 
cause  embarras,  leur  conduite  depuis  traité 
d'Utrecht,  certains  refusent  de  prêter  serment 
s'allièrent  aux  sauvages  pour  détruire  pêcherie 
anglaise,  aidèrent  Du  vivier  à  surprendre  la  gar- 
nison, entretinrent  Canadiens  et  armés  contre 
gouvernement  ;  de  province  se  joignent  aux 
troupes  françaises  pour  attaquer  anglais,  120  ; 
cruauté  envers  prisonniers  anglais,  dangereux 
pour  province  de  leur  faire  piêter  serment,  121  ; 
nombre  en  divers  districts,  détournent  Colons, 
nulle  possibilité  de  les  expulser  après  rappel  des 
troupes,  122  ;  comité  s'enquerra  de  leur  état  à 
bord  des  transports  à  Boston,  138  ;  rembourse- 
ment pour  entretien  de  ceux  dirigés  sur  le 
Massachusetts,  140  ;  comité  chargé  de  subsis- 
tance des,  142  ;  résolution  soumettant  au  comité 
examen  des  comptes  pour  leur  entretien  (Mass), 
145  ;  pétition  au  gouverneur  de  baie  de  Massa- 
chusetts touchant  séparation  d'avec  leurs  en- 
fants, 146  ;  de  baie  de  Massachusetts,  rapport 
du  comité  sur  pétitions,  146  ;  habitant  Massa- 
chusetts, 1757,  305. 

Francklin,  Michael.  Au  comte  de  Shelburne  : 
Acadiens  revenus  des  îles  Saint-Pierre  et  Mi- 
quelon  et  assermentés,  280  ;  bons  résultats 
de  sa  proclamation  aux  Acadiens,  terres  à  con- 
céder, 281  ;  ta  Hillsborough  :  troupes  requises, 
mettra  milice  sur  excellent  pied,  donnera  satis- 
faction aux  sauvages,  Acadiens  prêtent  ser- 
ment, 283;  nomination  de  Bailly  comme  mis- 
sionnaire des  sauvages  de  la  Nouvelle-Ecosse, 
283-284  ;  nécessité  de  remplir  vacances  au  con- 
seil, 292. 


ISIH    I 


Ml 


DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 

Frajer,  (de  M  ii .  1 1 1 1 1 1  h  i ,    1815)      Nota    'i.    mémoire 
.  i  <i  .i|>i>     1a  tradition    ur  l'«i  pul  ion  d< 
diena.  8]  l. 

Fraeer,  j,      \<>iim  Robiohaux,  habitant     d<    Mi 

m 1 1 1  <  I  ■      il  .ni    "i  ;•  i  m    ■  i    <l-       I  l  lliiiii.ui  M,   '.Mili. 

(  laudi  i .  Auiii.     Km  'H  m  i1'.  i ,  61 

(  iaii'l'  I,    I  ».  ni  I  ;  ■  <  •  ii   «in.  ni    p.,  i 

<  taudel ,  Y  « ançoi  ■•       lt<  o<  n  i  m<  ni  187  l,  61 
(  taudel ,  .1-  h. m.     i;.  ' .  M  ■  m-  ni  H'.,  I 

<  laudel ,  Marie,  veuve  1    tiemx   Héberl       i;.  .  -  n  • 

lllelit    II.,  1 , 

»  taudet,  Mai  le.     H m<  al  L67  I 

<  iaul  u  i  hait    p] lin  i     iu\     M  ni'    I    l'.u     II  RU 

rajp   .  9  ■ 

«  i.iul  i.'i  .    Mail  in.  .       R<  r.  il  ..  •nu  ni    I'.,  I 

( lautrot,  Prançoi  .     !>*•  cen  i  m<  ni  16'  I .  59. 
i  ;.iui  i.  il    Marguei  ite      Rooen  lemenl  107  l .  ''I 
Qautrot,   Marie,  femme  de  Olaude  Ternau.     Re 

(••u   .ni.  ni    I  *  • .  I 

<  laul  roi .   Mai  ie,   f<  mm<    de   M  iohel   Dupui       K< 

OU  .  in.  ni   107 1 
Germain,  K.    P.,  agira  d'aocord  avec   Boishébert, 
lel  t  r>    a    Vaudreuil  ;    lui  ent  en  i   tout<  s 
nouvelle!  qu'il  apprendra,   habitante  'I'    Mira 

mi.  lu  u.  m  déporl  '  '  Beat  i'  "i 

t i ibbona,  R,  Pétition  ooncernanl  Lea  oonueesioni 
de  terres  aux  Acadiens  du  <  !ap  Breton,  309 

Girouard,  Françoi  ,     Recensement  L671,  60. 

Girouard,  Jaoot),     Recensement  1671,61. 

Girouard,  Magdelaine.     Reoensemenl  1671,62. 

Girouard,  Marie.     Recensement  1671,60. 

Gougeon,  Anthoine.     Recensement  1071,  01. 

Grand  Pré.  Arrivée  de  Winslow  et  de  eon  contin- 
gent à,  i»s  -,  palissades  qu'on  <l<>it  placer  de  Té 
glise  a  a  cour  de  l'église,  69  ;  vieillards  chargés 
par  Winslow  d'enlever  lea  objets  sacres  de  l'é- 
glise, 69. 

Grange,  Laurent.     Recensement  1671,  60. 

Green.     Nommé  à  la  charge  des  provisions,  '.ii>. 

Griddley.  Fera  partie  du  comité  nommé  pour  ex- 
aminer la  condition  (\i^  Français  sur  ces  trans- 
porte à  Boston,  IMS. 

Goélette  anglaise,  saisie  par  les  sauvages,  239. 

Gnérin,  François.     Recensemrnt  1671,  58. 

Guerre,  déclaration  de,  par  les  Micmacs  contre  les 
Anglais,  366. 

Guilbeau,  Joseph,  certifie  (pie  l'abbé  Manach  a 
intercepté  une  lettre,  159.  "^^T  Cj 

Guilltbeaue.  Pierre.     Recensement  1071,  G0. 

Guion,  André.     Recensement  1071,  61. 

Habitants  français.  Voir  aussi  "Acadiens", 
"  Français  ",  "  Neutres  "  de  la  Nouvelle-Ecosse 
demandant  du  secours,  102  ;  de  l'Ile  Royale,  de 
l'Acadie,  et  du  Canada  demandant  maintien  de 
leur  famille  en  France,  220  ;  du  Canada,  à  Ca- 
lais en  1705,  230  ;  de  Pekoutiac,  au  Col.  Frye  : 
conditions  de  la  paix,  251  ;  de  Richibouctou  au 
Col.  Frye  :  l'Abbé  Manach  ne  les  représente 
pas",  ils  le  répudient,  251  ;  de  la  rivière  d'Anna- 
polis  Royal,  à  Mascarene  :  demandent  sa  pro- 
tection, 200  ;  de  Port  Royal  :  pétition  à  La 
Jonquière  :  ont  toujours  refusé  de  prêter  le 
serment  d'allégeance  au  roi  d'Angleterre  :  sont 
attachés  à  la  France  ;  désirent  quitter  le  pays  ; 
demandent  l'assistance,  305. 

Halifax,  le  Comte  de  :  au  sujet  des  Acadiens  qui 
refusent  de  reconnaître  le  Roi  d'Angleterro 
comme  souverain,  et  qui  désirent  d'émigrer, 
274. 

Hall,  fait  partie  du  comité  chargé  de  pourvoir  aux 
besoins  des  habitants  français,  141. 

Handfield,  le  major  :  demandant  du  renfort  du 
col.  Winslow,  pour  le  transport  des  habitants 
français,  73  ;  informe  Winslow  d'un  malade 
parmi  ceux  qu'il  lui  a  envoyés,  87  ;  un  détache- 
ment lui  sera  envoyé  par  Winskw,  91. 

Hébert,  Anthoine.     Recensement  10<  1,  58. 


Il  ii     demandant  104, 

170 

||i  I;.  ■  ■  u  ■  un  i.t   10, 

u  •        I  » 
mi  I  •  ,  . 

1 1  il!  i 

mi   •'•  iji  tl< 

tilde   ;i    pi-.| 

diei  npi.i  II      A  i 

tion   d<     M     Baillj 

,   .t  d'un    •  " 
maison  i   du  ro      581 

m.  ut  d  une 

tion  i  de  M i'pn  !•  .n  d-  \\ 

de  la  S*  >\x\  elle  l 

i    r. niiv, 

I  [opson,  gouv.,   difficulté  de 

tant    n  n'-nt  d'à: 

[12  ;    c  »ngé  obtenu,    118  ;  rei    i 
□emenl  de  la  Nom  elle  l 

III;  infoi  me  le  Conseil  du  I 
m.  n •-  de  1'  bonne  conduite  d<  114. 

I I  •  •  •  1 1 1 1  <  i  •    .  établissemenl 

120. 

Ile  l;. . .  d.  p.  ndani  de 

leur  réel  itul  ion  a  la  I 
[natruotioni  au   lieut,  col.  Winslow,  •  du 

t  ranspoi  b  de    ha  *  M  ine 

I  nal  i  ucl  i'  .u-  f  >.\  •]'   ,  conditions  mir  l< 

A.cadiei      eronl  821. 

Joffriau,  raoqui  i.     Recenéemenl  1071.  60. 
Journal  du  colonel  Winslow  au  ïujet  de  ! 

tation  des   habitants   français  de   l'Acadii 

77;  expédition  a  la  rivière  Saint-Jean,  sona  la 

direction  du   colonel    Monckton,  297. 

Cnowlea,  nommé  gouverneur  du  Cap-Breton,  9 

informe   Newcastle  de    l'arrivée  du  CafUtrbury 
et  du  Norwick  à  Loui&bourg,  101. 

Krieeay  |  Kuessy]  Roger.     Reoenaement  1671,  56s. 

Labatte,  Jehan.     Recensement  1071.  60. 

Labrador.   Jean,   demande    p  fcia   pour 

Québec,  1M  ;  demande  du  teooura,  17Ô. 

La  Corne,  le  chev.  de,  fait  rapport  au  ministre  de 
son  armée  à  Memeramkouc,  a  atwembli 
hommes  et  les  sauvages  pour  résister  à  une  atta- 
que des  Anglais,  375  ;  enverra  des  Canadiens 
au  Sr.  de  Lery.  Les  Anglais  ne  se  trouvent 
pas  assez  forts  pour  faire  une  attaque,  377  ;  se 
prépare  à  repousser  les  Anglais.  Lui  donne 
des  instructions  à  cet  effet,  377  ;  lettre  à  Dee- 
herbiera  ;  vaisseaux  dv  l'expédition  anglaise 
mouilles  au  Grand  Maringouin  ;  conférence  entre 
les  commandants  français  et  anglais,  retour  de 
l'ennemi  aux  Mines,   387. 

Laflamme,  l'abbé  Eug.  C,  transmet  des  documenta 
à  P.  Gaudet. 

La  Galissionière,  M.  de,  au  ministre,  Louisbourg 
doit  être  rendu  à  la  France,  envoie  des  soldats 
et  des  provisions  à  l'Ile  Royale,  344  ;  a  envoyé 
Boishébert  à  la  rivière  Saint-Jean  pour  s'oppo- 
ser au  projet  des  Anglais  qui  demandent  aux 
Acadiens  de  prêter  le  serment  d'allégeance,  pré- 
tentions anglaises  sur  la  rivièe  Saint- Jean  et  sur 
le  littoral  jusqu'à  Beaubassin,  et  de  Canceau  à 
Gaspé,  etc.,  limites  de  la  Nouvelle-Ecosse,  etc., 
300  ;  se  rend  à  Louisbourg,  et  y  a  envoyé  des 
troupes,  371  ;  mémoire  sur  les  colonies  de  la 
France  en  Amérique  Septentrionale,  398. 

La  Goudalie,  l'abbé  de,  certifie  que  Phillips  avait 
promis  aux  habitants  français  de  les  exempter 
de  prendre  les  armes  contre  les  Français,  81. 

La  Hève,  projet   d'établissement  à,  100. 

La  Jonquière  au  ministre  :  mission  de  Boishébert 
à  la  rivière  St-Jean,  rencontre  avec  le  capt. 
Rous,  discussion  au  sujet  du  dit  territoire,  372  ; 
lui   transmet  une   carte  de  la  Baie  Françoise, 


434 


INDEX 


La  Jonquière  au  mini  il  re    Si 

indiquant  lea  Limites  de  l'Acadie,  .;7.'î  :  mé- 
moiret  rar  les  limites  de  la  Nouvelle  France, 
requSfe    d<     Acadiens  A  f  '  »i  rm  allia,  m  rép 

Lation   eq    Loadie,    378  j    s   Cornwallis,   au 
sujel  de  La  La  <  lali  .  lei  déta 

ohementi  eu  —  ion 

-ur  Lee  Limitée,  etc.,  ;>7u'  :  lettre  du  ministre 
la  correspondance  avec  Cornwallis,  .'<7o  :  trou 
•  t  gai  oisons  envi  i  l  hedalk,  arrive.-  de 

l 'orne  e1  Ligneris,  nouvelles  d'Acadie,  894  : 
à  Cornwallis,  Lui  demande  la  raison  de 
d'hostilité,   397  :     chemin  de  rivière-du  Loup 
au  p  le  Témiscouata,  sur  L'établissement 

d'un  forl  s  La  rivière  31  Jean,  y  a  envoyé  Les 
Canadiens,  construction  «l'un  fort  a  la  Pointe 
de  B  b  à  la   Baio  \>  i  te,  ot  que  font 

les  Anglais  et  Les  sauvages,  lui'  M»7  :  instruc- 
tion au  Sr.  de  Léry  de  construire  un  fort  en 
pierre  à  la  l'ointe  (in  Beauséjour,  l"7  ;  les  An- 
glais  se  fortifient  encore  sur  les  limites  de  l'A- 
cadie, il  a  du  faire  comme  eux,  406;  Bigot  au 
ministre,  bois  coupé  a  l'Ile  Royale,  colons  Aca- 
diens  a  Llle  Royale  et  l'Ile  Saint-Jean,  352  ; 
destruction  de  la  récolte  à  l'Ile  Saint  .Jean,  les 
Acadiens  qui  y  vont  auront  besoin  d'assistance, 
373;  établissement  d'Acadiens  à  l'Ile  Saint- 
Jean,  nécessité  pressante,  leur  a  transmis  de 
L'assistance,  recommande  Duvivier  pour  y  être 
nommé  commandant,  etc.,  379  ;  lettre  du  minis- 
tre, établissement  d' Acadiens  à  l'Ile  Royale  et 
l'Ile  Saint-Jean,  M.  de  Bonaventure  nommé 
commandant  à  l'Ile  Saint-Jean,  Bi^ot  conti- 
nuera d'aider  les  colons  en  cet  endroit,  407. 

Lalloue,  Armand,  sieur  de  Rivedu.     Recensement 
1071,  02. 

Lambelot,  Huguette.     Recensement  1071,  01. 

Lambert,  Radegonde.     Recensement  1071,  58. 

Landry,  Anthoinette.     Recensement  1071,  00. 

Landry,  Isabelle,  extrait  de  mariage,  209. 

Landry,  Marguerite.     Premier  extrait  de  mariage, 
secondes  noces,  271. 

Landry,  Marie,  femme  de  Germain  Doucet,  recen- 
sement 1071,  00. 

Landry,  Marie,  femme  de  Laurent  Grange.     Re- 
censement 1071,  00. 

Landry,  Marie,  femme  de  Tite  Robicheaux,  extrait 
de  mariage,  271. 

Landry,  Perrinne.     Recensement  1071,  00. 

Landry,  René,  l'ainé.     Recensement  1071,  01, 

Lanoue,  Pierre      Recensement  1071,  02. 

La  Pochette,  M.  de,  transport  des  français  neutres 
en  France,  195. 

La  Valière,  Sr  de.  Journal  de  ce  que  s'est  passé 
à  Chicnitou  et  ailleurs  sur  les  frontières  d'Aca- 
die depuis  le  15  septembre  1750  au  28  juillet 
1751,  385. 
Lawrence,  ordonne  à  Monckion  de  s'emparer  des 
habitants  pour  les  dépoi'ter,04  ;  lettre  à  Arthur 
Dobbs,  gouverneur  en  chef  de  la  Caroline  du 
Nord,  71  ;  lettre  à  Winslow  au  sujet  du  trans- 
port des  habitants  français,  72  ;  informe  le  col. 
du  succès  des  mesures  prises  contre  les  habitants 
français,  80  ;  informe  Winslow  d'un  change- 
ment arrivé  dans  le  transport  des  habitants 
français  ;  l'instruit  de  se  dépêcher  à  déporter 
les  gens  ;  l'informe  qu'il  a  donné  instructions 
pour  l'envoi  de  transports  aux  Mines  et  à  l'izi- 
quid,  85  ;  donne  instruction  à  Winslow  d'envo- 
yer un  détachement  au  major  Handfield,  91  ; 
sera  nommé  gouverneur  de  la  Nouvelle-Ecosse, 
110  ;  nommé  gouverneur  de  la  Nouvelle-Ecosse, 
110  ;  dédommagement  pour  l'envoi  des  Français 
à  l'Etat  de  Massachusetts,  140  ;  récit  de  la  mar- 
che d'un  détachement  sous  sa  direction,  1750, 
383. 
Leblanc,  François  et  Charles,  demandant  assistance 
pécuniaire,  102. 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

LeBlano,  Daniel     Recensement,  1071,  oi. 

LeBlanc.  François,  requête  poui  être  transporté  à 
Neednam  avec  sa  famille,  L62;  demande  soula- 
gement, ls7:  tes  obligations  au  médecin  seront 
|.a\ 

Leblanc,  Françoise.     Recensement  1671,60. 

Leblanc,  Jacques,  demande  du    secours.  170;  sup- 

iriie  que  son  fils  lui  soil  rendu,  177. 
»lai  Edouard,  extrait  de  baptême,  264. 

LeBlanc,  M  a  ne.  femme  de  J.-Bte  Dumont,  extrait 
de  mariage,  2';4  ;  femme  d'Anselme  Babin,  ex- 
trait de  mariage,  270. 

LeBlanc,  .Marie  Madeleine,  extrait  de  baptême, 
264 

LeBlanc,  Olivier,  extrait  de  mariage,  264. 

LeBlanc,  René,  on  peut  > "y  tier,  en  raison  de  sa 
bonne  conduite,  7  3. 

Leblanc       Voir  aUSSÎ  :    "  Wliit- 

Lefebvre,  Marie-Anne.     Recensement  1071,01. 
Lefrand,  genevief ve.     Recensement  1071 

Legge  à  Dartmouth,  droit  des  catholiques  ro- 
mains de  devenir  possesseurs  de  terre  dans  la 
ivelle-Eoosse,  293  ;  désire  être  instruit  au 
sujet  de  l'octroi  de  terres  :  commerce  de  contre- 
bande avec  St.  Pierre  et  Miquelon  ;  les  Aca- 
diens là  et  à  l'Ile  Madame,  leurs  dispositions, 
294;  concessions  de  terres  aux  catholiques  ro- 
mains, 294  ;  absence  de  M.  l'.ailly,  son  salaire, 
295  ;  fait  rapport  sur  les,  Acadiens  établis  à  l'Ile 
Madame,  297. 

LeGuerne,  l'abbé,  à  M.  Prévost.  Assiste  les  Aca- 
diens à  se  transporter  à  l'Ile  Saint-Jean,  traite- 
ment des  Acadiens  par  les  Anglais,  400-407  ; 
explique  sa  conduite,  407  ;  affaires  de  sa  mission, 
408  ;  les  Acadiens  n'ont  pas  l'intention  de  se 
transporter  au  Canada,  nouvelles  apportées  par 
Pierre  Suret,  qui  s'est  sauvé  de  Beauséjour,  on 
dit  que  les  Acadiens  déportés  à  la  Caroline  sont 
satisfaits,  409  ;  au  sujet  d'un  nommé  Daniel,  es- 
pion, et  l'attaque  des  Anglais  sur  Boishébert, 
410  ;  au  sujet  des  sauvages  et  les  Acadiens  de 
l'Acadie  française,  410. 

Leicester,  conseillers  de.  Pétition  au  sujet  du 
maintien  de  James  Morris  et  sa  famille,  168. 

LeJeune,  Catherine.     Recensement  1071,  59. 

LeJeune,  Edmée.     Recensement  1071,  59. 

LeLoutre,  l'abbé,  on  le  dit  être  à  la  tête  des  sauva- 
ges qui  ont  l'intention  d'attaquer  l'établissement 
de  Chibouctou,  111  ;  lettres  au  ministre,  son 
arrivée,  les  Anglais  à  Chibouctou  formeront  un 
établissement,  ils  tâchent  de  gagner  les  sauva- 
ges de  l'Acadie,  les  missionnaires  renvoyés,  les 
sauvages  empêcheront  les  Anglais  de  former  des 
établissements,  340-347  ;  (au  ministre)  desseins 
des  Anglais,  en  a  averti  Desherbiers,  LaJon- 
quière  poursuivera  le  plan  de  la  Galissonière  de 
s'emparer  de  la  rivière  Saint-Jean,  y  a  envoyé 
LaCorne,  revue  de  la  condition  des  Acadiens 
depuis  la  cession  à  l'Angleterre,  exposition  de 
leurs  griefs,  a  distribué  des  cadeaux  aux  sauva- 
ges, etc.,  358. 

Léry,  Sr.  de.  Instructions  de  La  Jonquière  de 
faire  construire  un  fort  en  pierre  à  Beauséjour, 
400. 

Logis,  doivent  être  trouvés  pour  les  habitants  fran- 
çais demeurant  à  la  baie  Massachusetts,  178. 

Longueuil,  M.  de.  Fait  rapport  au  ministre  de 
l'état  des  affaires  de  l'île  Saint-Jean,  407. 

Louisbourg.  Procès- verbaux  du  conseil  de  guerre 
à,  100  ;  articles  de  capitulation  de.  à  mettre  à 
exécution  le  plus  tôt  possible,  101  ;  desseins  des 
Anglais  contre,  précautions  à  prendre,  243-244  ; 
six  mille  Français  et  sauvages  destinés  à  saisir 
le  fort,  état  faible  de  la  garnison  à  cause  des 
mortalités  fréquentes,  danger  de  sa  prise  par  les 
Français,  nécessité  d'assistance,  97 . 


/  \  ///    V 


DOC.  DE  LA  SESSION  No  18 

\i;uii  u il.  r.ii lin ,  | ' ■     ■  •■>  ll( >ll  M 

•  lit  i|u  il  . ■  i  \ enu  i   •  •  I  i  il.-i  !■•  du  duo  d'Ain  il  In, 
implore  lu  i  l<  m<  n<  •  ■!• 

\,     r  II.    n     ,       103   ,        |       I  I      in  ullOll  •    l-l' 

IfM  i lition      I  I  ■  uulrn 

I ,i  u  m.  .    i  i.hi     ii    ,   l'învi  i •  d< 

nu  u  i  riobii  li  u,  i .  . 1 1 . | .i -  .m  .■  qu'il 

' .  iiH'iil   imitUi  'H' 

qui  m. mil, mi    ,  m  u  n  i  i  I  i  Nouvel 
en  l  .  1 1  '  •  1 1 .     ■  1  1 1  r  i  i  •  i  ' 
M .- 1 1 1 . i •  li.  l'.iiii.i ,  au  ai     liourdon       \    I 

i,   .  i    on    li    trait»    bi<  n.   l'invil  .    ,|, 

tin  ni..    "  iii  ;      i   .1  •  •    ■   |  .ii    I  Im  I  ■  ■■'  'ii 

.lu, 1 1  1 1 ,|   il,  .   f. iiulil  ii m 

:   m  n  |  n     d<    Vaudrouil      K  plique   1a 
oumi    ion  d<      Vcudii 

Marie,    Inné      I .  ■  ■    iimi  menl  1071 

Martin,    Andrée.     K 

Martin,  liarnab       I  ;•    en  ni  U171,  61 

Martin,   Mai  Kern  ei n!   1671,  Ul 

[Martin].  Marie      lt< 

Martin,  Mathieu      Kocon  temenl  !  I 

M ar t i  n ,  P ierre      i  '  en  1  1 67 1 

Mari  in,  l'i.i  ir,  le  jeune.     K  nenl  107  1 .  61. 

Maaoarene.     Kail  rapport  a  Newcaatleque  let  Lrou 
•  s    ont    failli    prendn     p 
de   11  1 1\  iôre  'I"  l'(  Iriginal,   103  :  augim  ni 
de  Balai re,  informe  Newcastle  que  les  nouvellea 
répandue!  de  l'arrivé»    prochaine  d'une  grande 
force  de  la    Nouvelle-Angleterre  n'avaienl  au 
oune  fondai  ion,  LOS. 

Massachusetts,     Habitants  fra  demeurant, 

17."»7.  S06 

Maurice,  Joseph,  à  Jean  Castellan.  A  reçu  sa  lettre, 
vu  que  l'abbé  Manach  ne  l'a  pas  interceptée,  254. 

Maui  10e.     V  oii  aussi  "  Vigm  au  "  ''t  "  Morris. 

Miomacs,  les  sauvages.  Oui  fait  un  attentai  con- 
tre la  colonie,  1 1 1  :  déclaration  de  guerre  au 
gouverneur  de  Halif 

Mieuse  :  voir  aussi  "  Mieux,  Mius,  Min 

Mieuse,  Laurent,  demandant  que  ses  griefs  soient 
entendus,  172. 

■Mieux  |  Mius],  Pilhipe,  Bieur  d'Entremont.  tlecen 
sèment  1671,  62. 

Melançon,  Belloni,  demandant  permission  de  rester 
à  Weymouth,  166. 

Melançon,  Charles.    Recensement  1671,  04. 

Melançon,  Pierre.    Recensement  1671,  64. 

Mémoire  sur  la  situation  de  la  rivière  St-Jean,  et 
les  environs  de  l'Acadie  :  dressé  en  1749,  non- 
Bigné,  sans  date,   369. 

.Mémoire  sur  les  colonies  de  la  France  dans  l'Amé- 
rique Septentrionale,  400. 

Mémoire  sur  les  colonies  françaises  dans  l'Améri- 
que Septentrionale  :  remis  à  l'ambassadeur 
d'Angleterre,  à  Paris,  en  1751,  398. 

Mercié,  Marie.    Recensement  1071,  58. 

Meuse,  voir  aussi  "  Mius  ". 

Meuse,  Charles  Aimant  :  prière  :  Rapport  du 
Conseil,  172  ;  priant  qu'une  convention  passée 
entre  lui  et  Roy  Thomas  lui  soit  donnée,  171. 

Meuse,  Charles,  demandant  soulagement,  183. 

Meuse,  François,  demandant  à  être  transporté  à 
Salem,  180-181. 

Michelle,  Joseph,  demande  du  secours  au  gouver- 
neur, 168-159. 

Milton,  conseillers  de,  transportation  des  habitants 
français,  179. 

Mines,  Les,  instructions  à  Winslow  d'établir  ses 
quartiers  autour  de  l'église,  08  ;  établissement 
qu'on  propose  d'y  faire,  100  ;  nombre  de  cons- 
tructions, etc.,  brûlées  par  Winslow,  93. 

Mius,  voir  aussi  "  Mieuse,  Mieux,  Miuse  ''. 

Mius,  Jean,  priant  d'être  transporté  à  Methuen, 
185  ;  demandant  du  secours,  184. 

Miuse,  François,  priant  d'être  transporté  à  Sa- 
lem, 171. 

Monckton,  fait  part  à  Winslow  comme  il  est  diffi- 


■  ili 

(lit  n, n    t   lu   • 

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du  Cap  Un  • 
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Murray,    !<•  gouv.    J 

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colons,  '  i 

d'Amhi 

;  au  comte  d'J 
les  <  lanadii  a 
blir  <lan-  i,  golfe  81  Laurent, 

\|,  <  larmick,  W.    a.   lord   Sydi 

t  re  la  trai  ni  iation  empôchi 

de  recet  oir  d 

McKenzie,  le  capt.,  remi  rcimi  nta  du  I  k>nseil  |H>ur 
iu  Fort  <  hunberland,  320. 

\     dham,  conseillera  de,    Au  sujet  d< 
nçaia  qu'i  n  y  a  i  nv<  >j  éa, 

\i'\n:isi  le  àSnirley,  les  nouvelles  qu'on  devait  ch 
les  habitante   français  de   leurs  p- 
n'ont  aucune  fondation,  loi  ;  félicitations  -ur  !•• 
Bucoès  des  armes  britannique  L         ourg, 

95. 

Nicholson,  Art.,  à  Otho  Robichaux,  impôt  prél 
but  chaque   habitant  du  district   ne  Ni  guack 
pour  la  construction  d'une  prison, 

Nicollasj  Ëllisabet.     Recensement  1671,  62. 

Noinville,  M  de,  certifie  que  Phillips  aurait  pro- 
mifl  aux  habitants   français  de  1  ir  de 

porter  les  armes  contre  ]  ais,  8L 

Xouvelle-Kcosse,  la,  rapport  sur  l'état  actuel  de  la 
province,  1774,  293. 

Oliver,  Andrew,  dépenses  du  maintien  des  français 
neutres,  191. 

Ordre  en  Conseil  (Impérial),  permettant  aux  Aca- 
diens  de  s'établir  dans  la  Nouvelle-Ecosse,  271  ; 
Cap  Breton,  recommandant  que  les  Catholiques 
romains  qui  recevront  des  terres  soient  dispen- 
sés du  serment  de  transubstantiation,  310  ;  Nou- 
velle-Ecosse, au  sujet  de  la  transportation  d>-~< 
Acadiens,  318. 

Ordres  de  marche  donnés  aux  maîtres  de  vaisseaux, 
88. 

Osgood,  le  cap.  a  prêté  serment  de  discrétion,  73  ; 
fait  part  à  Winslow  qu'il  a  embarqué  les  habi- 
tants français  laissés  a  Grand  Pré,  94  ;  fait  part 
au  col.  Winslow  que  tous  les  habitants  français 
dont  il  a  charge  ont  été  transportés,  95. 

Otis,  sera  du  comité  chargé  d'examiner  l'état  des 
Français  sur  les  transports  à  Boston,  138. 

Ouestuorouest,  Anne.     Recensement  1071.  61. 

Pâté,    Bernard,  A.,  documents  copiés  par,  138. 

Ouinète,  Elizabeth,  extrait  de  mariage,  270. 

Pèlerin,  François.     Recensement  1071,  59. 

Pèlerine,  Pierre.  Demande  du  secours.  187.  Voir 
aussi  "  Pelle rin  ". 


436 


INDEX 


Pellerin.     Voir  aussi  "Pèlerin  'et  "Pèlerine". 

Pelletier,  Rtianne,  mariage,  -71. 

Pelletret,  Jeanne.     Recensement  1671*61. 

Peltret,  Henriette.     Recensement  L671,  60. 

Pentagouet,  lommaire  du  recensement  de  1671,  57. 

PepperelL  nommé  baronet,  96;  de  l'armée 

au  siège  de  Louiaboui . 

Perrière*]  Ire   renoontre  celle  de 

Warren  au  <  San  <!«■  Stable,  1*7. 

!'•  -!.:,  Marie.     Recensement  de  1671,  61. 

Petitpas,  Claude.     Recensement  1671, 

Phillips,  Bon  arrivée  à  Canso  :  fait  pari  k  S(  *voastl< 
d-  -on  arrivé)  i  tanapolia  Royale,  123;  fait 
l>art  ;m  Conseil  «lu  Commerce  des  moyens  qu'il 
prendra  pour  la  Boum  ssi  >n  ■  es  Acadiens  :  féli- 
cité sur  son  bon  gouvernement,  123;  fait  p 
Newcastlede  l'état  des  affaires  dans  la  province, 
124;  objections  faites  aux  termes  <i;.  serment 
d'allégeance  :  fait  part  au  Conseil  'lu  Coran 
<lc  la  soumission  «les  habitants  français,  126. 

Pichon,  envoie  mémoire  de*  Acadiens  !<■  st.  Malo, 
liriaiit  d'être  permis  de  B'établir  en  A.cadie,  312. 

Pitre,  Jehan     Recensement  1671,  61. 

PiziquicL  embarcation  de  quatre  compagnies  «lu 
bataillon  de  Winslow,  pour,  <'>7. 

Pobomkou,  sommaire  du  recensement  de  1671,  57. 

Poirié,  Jehan.     Recensement  ir>71.  61. 

Poirier,  Marie.    Recensement  1671,  68. 

Poirier,  Marie- Anastaaie,  extrait  de  mariage,  2G5. 

Poirié,  Michel.    Recensement  1671,  61. 

Popple,  >ugure.-tions  à  l'égard  du  serment  d'allé- 
geance, 126. 

Port  Royal,  sommaire  du  recensement  de  1671,  57. 

Poupet,  J.  Bte.  Noël,  ordonné  prêtre,  341. 

Poulet,  Guillaume.    Recensement  1071,  62. 

Prebbe,  Jedidiah,  fait  part  à  Winslow  de  son 
inquiétude  d'embarquer  les  habitant-  français  au 
fort  Cumberland,  87. 

Prêtres,  seront  envoyés  à  Halifax,  68;  doivent  ob- 
tenir la  permission  du  commendant  en  chef 
j)onr  pouvoir  exercer  leurs  fonctions,  leur  nom- 
bre, 108. 

Prisonniers,  échange  de,  243. 

Proclamation,  qui  défend  l'exportation  du  blé, 
bétail  et  provisions,  de  s'emparer  de  terres  incul- 
tes sans  la  permission  du  gouverneur,  108  ;  qui 
demande  aux  Acadiens  de  prêter  serment,  et  les 
permettre  de  s'établir  dans  la  Nouvelle-Ecosse, 
275-276. 

Provisions  à  diviser  parmi  les  habitants  français,  78. 

Puyzieulx,  Marquis  de,  mémoire  inclus  dans  sa 
lettre  du  15  sept.,  1750,  395. 

Québec,  évêque  de,  visites  épiscopales  prohibées 
dans  l'Acadie,  108  ;  lettre  à  l'abbé  Bourg,  ayant 
trait  aux  ornements  d'église  en  possession  d'Ar- 
senault,  341. 

Ramsay,  M.  de,  se  retire  avec  les  troupes  à  Chi- 
gnictou,  103. 

Randin,  sommaire  du  recensement  de  1671,  57. 

Recensement  de  l'Acadie,  1671,  57. 

Richard,  Michel.    Recensement  1671,  62. 

Rimbault,  René.     Recensement  1671,  62. 

Robichaux,  Edouard,  extrait  de  baptême,  262. 

Robichaut,  Etienne.    Recensement  1671,  61. 

Robicheau,  Firmond,  extrait  de  baptême  et  d'in- 
humation, 263. 

Robicheau,  Florent,  extrait  de  baptême,  263. 

Robichaux,  Frédéric,  extrait  de  baptême,  262. 

Robichaux,  Jacques,  extrait  de  baptême,  262. 

Robichau,  Louis,  extrait  de  mariage,  261  ;  extrait 
d'inhumation,  264  ;  extrait  de  baptême,  extrait 
de  mariage,  261  ;  prie  d'être  transferré  de  Cam- 
bridge à  Boston,  260. 

Robichaux,  Marguerite,  extrait  de  baptême,  262  ; 
dates  ie  naissance  et  de  décès,  271. 

Robichaux,  Marguerite  Rachel,  extrait  de  ma- 
riage, 271 . 

Robichault,  Marie  Esther,  extrait  de  baptême,  262. 


5-6  EDOUARD  VII,  A.   1906 

Robiohaux,  Michel,  dates  de  naissance  et  de  décès  ; 
extiait  de  mariage,  271. 

Hobichaud,  Odo,  extrait  de  baptême,  267  ;    ma- 
riage, extrait  de   baptême,  263 ;  titre  de   \. 
en  faveur  de,  2<i7  ;  extrait  de  mariage,  extrait 
d'inhumation,  265;  extrait  de  mariage,  264. 

Robichaux,  Tite,  extrait  de  mariage,  271. 

Robicheau,  Vénérande,  extraits  de  baptême  et 
d'inhumation,  268, 

l«'  'lion,  le  Dr.  Sommation  à  lui  livrée  par  le  col. 
Winslow,  7'>. 

Roua,  le  capt.  lean  a  Boishébert.  Veut  savoir  par 
quelle  autorité  il  est  sur  la  rivière  St  Jean,  351. 

K    saell,  Jaroea.     Fera   parti    d'un  comité  cnai 

du  maintien  d'habitant-  français,  140. 

ie  (l'une  chaloupe  aux  Mines,  par  les  sauvagi 
95. 

Salé,  Marie.     Etecensemenl  L671,  60. 

Saul.  Georges.     Informe  Winslow  qu'il  a  approvi- 
sionne t  rois  des  transport 
ragea.     La  prospérité  de  la  province  dépend  de 
leur  fidélité,  111;  détestation  des  Anglais,  leur 
font  la  guerre,   etc.,  rendent     maîtres 

d'une  goélette  anglaise,  2:59;  ont  tué  20  habi- 
tants  a  Mirliqueche.  5  a  Port  Royal,  plusieurs 
à  la  Baie  Verte.  Pictou,  etc.,  241-243;  grande 
consommation  de  provisions,  243  ;  sur  la  rivière 
Saint-Jean,  demandent  un  prêtre,  322. 

Savoie.     Voir  "  Sçavois  ". 

Savoy.     Voir  "Sçavois". 

Sçavois.     Maintenant  écrit  "Savoie"  et  "Savoy.' 

Sçavois,  François.     Recensement  1671,  50. 

Sçavois.  Françoise.     Recensement  1671,  69. 

Schomberg,  Henry,  à  l'abbé  Maillard.    Lui  annon- 
ce la  cession  de  (Québec,  et  demande  aux  Aca- 
diens de  se  soumettre,  246-247  ;  au  capt.  Alexan- 
dre Leblanc.     Lui  demande  de' rendre  les  vais- 
us  pris  aux  Anglais,  etc.,  247. 

Serment  d'allégeance.  Clause  à  être  insérée,  114  ; 
traduit  en  français,  114-115  ;  copie  du,  362  ;  pro- 
l>osé  pour  les  Acadiens,  27;~>  :  a  <-tre  administré 
sur  la  rivière  St-Jean,  322. 

Shaw,  Guillaume.  Les  Acadiens  refusent  de  prê- 
ter le  serment,  277. 

Silhouette  et  la  Galissonnière.  Mémoire  sur  les 
colonies  de  la  France  septentrionale,  398. 

St-Jean,  l'Ile.  Activité  des  Acadiens,  mauvaise 
récolte,  besoin  d'assistance,  245-246. 

St-Jean,  la  rivière.  Situation  à,  240;  Boishé- 
bert ne  craint  plus  pour  son  poste,  242. 

St-Pierre  dans  l'Isle  du  Cap-Breton.  Sommaire 
du  recensement  de  1671,  57. 

Terres,  qu'on  doit  accorder  aux  colons  pour  les 
encouraerer,  107  ;  proclamation  qui  défend  la 
prise  de  ]>ossession  de  terres  incultes  sans  per- 
mission du  gouverneur,  107  :  assignées  aux 
Acadiens,  275  ;  donation  aux  Acadiens  ;  avis 
du  Juge  en  Chef  Belcher  à  ce  sujet,  282  ;  con- 
fisquées, à  être  vendues,  296. 

Terriau,   Bonaventure.     Recensement  1671,  60. 

Terriau,  Catherine.     Recensement  1671,  60. 

Terriau,  Claude.     Recensement  1671,  58. 

Terriau,  Germain.     Recensement  1671,  58. 

Terriau,  Jeanne.     Recensement  1671,  59. 

Terriau,  Jehan.     Recensement  1671,  58. 

The  Dote  (vaisseau),  parti  avec  les  habitants 
français   de  Grand  Prée,  94. 

The  Dunnîng  (vaisseau),  arrivé  de  Boston,  pour  le 
transport  des  habitants  français,  73. 

The  Elisabeth  (vaisseau),  ordres  donnés  au  capt. 
Nathanial  Milbury  par  le  gouverneur  Law- 
rence, pour  la  déportation  des  habitants  fran- 
çais, 75. 

The  Oooding  (vaisseau),  arrivé  de  Boston,  pour  la 
déportation  des  habitants  français,  73. 

The  Indeavour  (vaisseau),  ordres  donnés  à  Jean 
Stone  capt.,  de  déporter  les  habitants  français. 
74. 


l\hl   X 


DOC.  DE  LA  SESSION  No   18 
Tht  lndu$ti  \)  I 

<  iooilllir,        1    .l|.|l.llll«    ,         l-.lll         l.l         •!•     l--.ff.lll-.lt        (il      | 

habitant 

The    LrnfHird   (val  mciiii),     i.nlir      tloimt       ,111    capt 

Thoma    <  'lundi,  pat   i.    rouverneui    Lawn  i>-  • 
pour  la  d<  |" -i  t. ii  i' mi  '!•     ii. ii .m .mi    1 1  .h 
/'in  Mary  (vaisseau),  ordre   donm     pai   l<  gou 
n.  ni    ! ,.i\n  renoe  un   capitaine    Vndn    Duni 

DOUI    l:i  <l<  |x>i  lui  i>>n  i|i- 1  luiliil.tiil  i.    !  i  .ni'    h    ,71. 

Tht  .Xtfi/iim  (vaisseau),  ordrt     doniu  ■  pai  li 

,.  m    l  .:iw  i .  h  -    .m  capitaine  •''  mal  tian  I  )s 
vih,  pour  la  'li'i»  'i  tii  ion  'li'.  li.iint.iiii     h.ui 

Théi  iault,  ton-  "  Ti  1 1 1  m 

TKê  SvhUIou  (vain  eau),    parti   avec   le     habit 

h  .m.  .h    de  Grand  ri  i  i .  9 1 
Thibeaudeau,  l '\>  ri •       Receii  emeni  I ••,  i . 
Thibodeau,  •' ,  Bte      R  cl  rail  de  mariafp ,  w 
Thibodeau,    Mari»   Louise,     Extra.il   de   mariage: 

$xt rail    il  iiiliuni.it i< .ii.    eoii    .m i  i    " Tibt «o  " 

"  Thibeaudeau  ".  et 

Thomas,    David.     Déposition  au   sujet  des  griefi 

de  Joseph  Michel,  i 
Tibodo,    1  tammi  -ml.       Demandanl    soulagement, 

rapport  «lu  comité,  L80. 
Tildon,  Caleb.     Déposition  au  sujet  de*  BjrieW 

Joseph  Michell,  L59. 
Trahan,  Guilleaume.     Recensement  1871,  59. 
Trahan,  Jean.     Demande  soulagement,  161. 
Trahan,  Jeanne,     rleoensemenl  1671,57. 
Trahan,  Pierre.     Demande  soulagement,  L61  I 
Traité  d'Aix  la  (  Shapelle,  le,  ."- 16, 
Transportation    des    habitants    du     district    des 

Mines:  instructions  à  Winslow, 

Vaisseaux,  envoyée  reprendre  les  prisonniers  an 
glais,  lll  ;  attaqués  sur' la  rivière  St-Jean  i>ar 
les  Anglais  ;  chassés  :  un  vaisseau  anglais  brù- 
lé  ;  construction  à   la    Baie   Verte,   '240;  à   la 
Ki\  ière  Gasparos,  241. 

Vaudreuil  au  ministre.     Prise  du  Fort  Beauséjour: 
Fort  à  la  rivière  St-Jean  brûlé  par  Boishébert  : 

zèle  des  Acadiens  et  sauvages  ;  combat  à  IVtkou- 
diac,  assistance  envoyée  à  Boishébert,  qui  doit 
rester  à  la  rivière  St-Jean,  337-238;  rapport  de 

Boishébert  sur  l'Acadie;  mauvais  traitement 
des  femmes  par  les  Anglais,  239  ;  nouvelles 
d'Acadie;  prise  d'une  goélette  anglaise  par  les 
sauvages,  combat  de  Boishébert  près  Cocagne; 
vaisseau  anglais  brûlé  :  Acadiens  mis  à  bord 
d'un  vaisseau,  s'en  sont  emparés  et  l'ont  ramené 
à  la  rivière  St-Jean.  Moyens  pris  par  Boishé- 
bert pour  assembler  tous  les  Acadiens  à  la  ri- 
vière St-Jean,  prisonniers  envoyés  à  Québec, 
force  des  Anglais  en  Acadie  :  aidera  Boishébert 
de  se  maintenir  à  la  rivière  St-Jean,  239-240; 
attend  des  nouvelles  d'Acadie;  a  donné  ses 
ordres  à  Boishébert,  240  ;  nouvelles  de  la  rivière 
St-Jean  ;  vaisseau  anglais  brûlé,  ce  que  font  les 
sauvages,  Boishébert  ne  craint  plus  pour  son 
poste.  Acadiens  envoyés  à  l'Ile  St-Jean.  Habi- 
tants des  Mines,  etc.  sont  dans  les  bois  ;  les 
aidera,  a  reçu  des  députés  Acadiens,  241  ;  des- 
seins des  Anglais  sur  Louisbourg  ;  précautions  à 
prendre,  242-243  ;  ce  que  fait  Villejoin  à  l'Ile 
St-Jean:  activité  des  Acadiens,  force  des  An- 
glais à  Halifax  ;  mauvaise  récolte  sur  l'Ile  ;  a 
aidé  Louisbourg  ;  besoin  d'assistance,  245-246  ; 
détachement  envoyé  pour  intercepter  la  malle 
anglaise  entre  Halifax  et  Port  Royal,  Boishé- 
bert se  prépare  à  aller  aider  Louisbourg  en  cas 
d'attaque,  246  ;  prise  du  Fort  Beauséjour  ;  Bois- 
hébert a  fait  sauter  le  Fort  à  la  rivière  St-Jean, 
408. 

Vigneau,  voir  aussi  "Maurice"  et  "Morris''. 

Vigneau,  Catherine.     Recensement  1671,  59. 


Villejoin,  M 

•  lui  I  "Ht    l'Ill 

l'Ai 

lll.-  Si  .1 
Vin.  -  m,  Pii  i  ri       I.-  S] 

M,    h- -m 

i 
m  m  du  Cap  l'.i  '  t.  .ii 
ii. .h   -I. 
qui  ■  i  -  .nt  <|.   i .  |.i .  rid 

-    I  .-  •  |(  .|ili<     I-     goil  '.  •  l  le 

<lll   <  ";i|.    l'.O  ' 

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L'77 
Winslow,  Le  coL,  embarqué  A  Chinegtou   |m<im    le 

l<  -i  t     I  M-  rUard,    a\  >■>■   soldat  -  ;   a    pi 

di-  l'ancien  terrain  de  Wm.  Coran  au 
instruit  par  Lawrence  de  prendre  quai 
M  inea,  ■">'»  ;  tel  fere  de  a  sujet  cL 

transportât  ion  di  72;  exécuter 

ordres  du  gouverneur  Lan  r< 

capt.   Murray,  lui   faisant    part   qu'il    1- 

afin  de  conclure  tout  ce  qui  regarde  la  transpor- 
tation  des  habitants  Français,  71;  ordre  donné 
aux  habitants  de  Grand  Pré,  .Mm--    R 
Cannard,  etc.,  d<  bler  pour  entend] 

instructions;  a  pris  conseil  avec  le  capt.  Mur- 

ray  au  sujet  de  la  transportation  ih-s  habitants 

français,  75  :  a  livré  la  sommation  au  Di    R 

dion,  exécutable  de  suite  ;  conseil  avec  les  capi- 
taines sur  la  sommation  a  donner  aux  habita 
a  reçu  du  gouverneur  Lawrence  les  instructions 
du    Roi  pour  sommer  les  habitants  fran 

indulgence  accordée  aux  habitants  fran 
leur  annonce  qu'ils  seront  déportés  :  fera'  son 
devoir  malgré  la  peine  que  cela  lui  coût 
verra  que  les  habitants  français  ne  soient 
molestés  en  emportant  leur  argent  et  leurs  meu- 
bles, 7<>  :  a  500  prisonniers  ;  succès  du  cap-.  A. 
Muiray  en  aaississant  les  hommes;  enverra 20 
hommes  de  ses  prisonniers  pour  apprendre  aux 
femmes  la  détention  des  hommes  ;  enverra  des 
transports  au  capt.  A.  Murray  dès  qu'ils  arri- 
veront ;  a  fait  une  distribution  de  pain  aux 
habitants  français  ;  lettre  au  capt.  A.  Murray, 
lui  disant  que  les  habitants  français  sont  bien 
disposés  ;  a  permis  aux  meuniers  de  faire  leur 
besogne  :  fait  rapport  de  maladie  parmi  les 
habitants  français,  78  ;  est  inquiet  à  l'égard  de 
sa  barge,  78  ;  annonce  au  capt.  Murray  qu'il  a 
embarqué  230  habitants  français,  80  ;  annonce 
aux  habitants  français  que  leurs  terrains,  habi- 
tations, etc.,  sont  confisqués  à  la  Couronne;  à 
Lawrence,  qu'il  est  content  des  moyens  qu'il  à 
pris  et  les  approuve,  81  ;  'a  reçu  du  col.  Monck- 
tonune  barge  pour  transportation,  plus  de  vais- 
seaux pour  transporter  les  habitants  trançais  ; 
est  content  que  ses  procédés  ont  reçu  l'approba- 
tion de  Lawrence,  84  ;  annonce  au  col.  Monck- 
ton  qu'il  lui  manque  sérieusement  de  provi 
sions  ;  M.  Saul  devrait  être  envoyé  avec  des 
provisions  ;  dit  à  Josb.ua  Winslow  qu'il  est 
chargé  d'environ  2,000  personnes  ;  ne  comprend 


438 


INDEX 


•  m-  Le  coi.    Smt, . 

pourquoi  il  ne  reçoit  pas  des  pro visions,  H3  ; 
tractions  aux   capitaines  <!•■>  Bloupei  Three 
Fri,  i.iun,  et  Bançi  r  de  prendre  des  pro- 

visions  delà  iloupe&hotf;  les  transports  qu'on 
lui  envoie  d'Annapolis  partiront  dans  quelques 
jours,  88  ;  dit  au  gouverneur  Shirley  que  le  man- 
que de  transports  retarde  ['embarquement  des 
i8,  90  ;  embarque  les  neutres  à  plus  que  deux 
la  tonne,  attend  l'an  pour  la 

déportation  des  habitants  françai  •  de  <  Irand  Pré 
el  Gaspareau;  instruit  leoapt.  X.  Adainsdese 
mettreavec  L<  sus  ordres  «lu  major  Haud- 

field,  !>l  ;  étal  de  bâtis»  a  brûlées  par  ses  ordres, 
'.»:;:  a  envoyé  des  renforts  au  major  Handfield  : 


5-6  EDOUARD  VII,  A.  1906 

Winslow  le  col  —Suite. 

annonce  au  gouverneur   que  la  déportation  des 
habitants  français  se  fait  bien,  94. 

Winslow,  ES»,  fait  parvenir  dens  lettres  adressée 
Otho  Robohaus  à  ses  soins.  2GG  ;  recommande 
le  majoi  Marris  William  Bailes  comme  député 
pour  son  comté,  266. 

Wood,  Aaron,  rapport  du  Comité  sur  le  maintien 
des  Acadiens,  166. 

Woodmass  à  Lord  Wm.  Campbell,  rapport  sui 
mission  à  St-Pierre  Miquelon,  287. 

Wroth,  Robt,  promesses  aux  Acadiens  qui  signe- 
raient le  serment  d'allégeance,  362. 

S  oung,  J.   Baptiste,  recommandé  comme  pi]. 
100. 


La.  RA.bLLothe.quz 
Université  d'Ottawa 
Echéance 


Tho.  LlblaALj 
Uni  vers ity  of  Ottawa 
Date  Due 


0EC05198S 

***** 

0  6  MARS  1990 
2 1  MARS  te 


12  DEC.  19  38 
MAY  2  6  1999 


23  AOUT  19  M 


30  AOUT 

U  J    UL.U 

22  DEC.  fan 


1993 


cs    ôc,     .A3G3    nOb 


390 


03     0 


0 1 09 \  S  S  1  b